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12/04/2006

Le miracle, c'est d'y croire

L'émission de la RTBF d'avril 2006 "Questions à la Une" lançait un pavé dans la marre des problèmes parallèles à la religiosité. Deux sujets basés sur le même canevas d'idéologie. En préambule, pas question ici de remettre en cause la foi ou l'engagement religieux de la population. 

Miracles ou arnaques ?   Les miracles sont des événements qui ne s'expliquent pas. Faut-il rechercher des indices d'intervention divine ou une explication scientifique? En ce 21ème siècle avec une médecine bien en place, des indices sont à traquer, sans parti pris, en recourant à la critique historique et à la science. 


L'enquête de la RTBF laisse perplexe : pas de guérisons miraculeuses avérées à Lourdes, pas de trace divine sur le Saint-Suaire de Turin, rien d'inexplicable dans le sang liquéfié de San Gennaio à Naples ni dans les stigmates de Padre Pio.  S'interroger sur l'exploitation lors des pèlerinages faite par l'Eglise de ces pseudo-miracles pour exploiter la soif de merveilleux plus que jamais ancrée dans les sociétés humaines. L'entreprise lucrative, car il s'agit bien de cela, a été le but de la dénonciation faite lors de l'émission. 

Il est écrit dans la Bible que les miracles sont la manifestation de Dieu. Est-ce bien de cela qu'il s'agit? Les critères de reconnaissance d'un miracle se font en fonction du côté instantané et durable du miracle. Rien qu'en Belgique, nous avons deux endroits de pèlerinages: Crupet-Beauraing et Banneux.

Mais, le lieu de pèlerinage le plus connu est Lourdes. Le 11 février 1858, une fillette de 14 ans, Bernadette Soubirous, affirme avoir vu une apparition d'une jeune fillette sans avoir dit qu'il s'agissait de la Vierge. La représentation qui en est faite est d'ailleurs refusée par Bernadette, elle-même. Une vénération s'en est suivie. L'eau de la grotte existant pourtant depuis toujours, souvent nauséabonde néanmoins, prend une tournure miraculeuse. Bernadette va dans la suite se réfugier dans un cloître avec la consigne du silence et mourir à 35 ans. Son histoire ne va pas se terminer là. A l'ouverture de son caveau, son cadavre momifié est resté entier et ne s'est pas décomposé. Apparemment, du moins.  La vérité, c'est que son corps a été enduit de cire de conservation et que des zones du corps sont bien en décomposition. Elle va être béatifiée et canonisée.

Lourdes compte 7 millions de pèlerins par an et 67 guérisons officiellement reconnues de malades. La part des pèlerins, par contre, qui ne retourneront pas chez eux ne se retrouve pas dans aucunes statistiques. Le premier cas, Pierre de Rudder aurait eu sa jambe guérie. Le malheur, c'est que la gauche ou la droite se confondent à l'analyse.

La Vierge a fait plus de 2000 apparitions dans le monde et jamais dans les endroits réputés saints par essence. Bizarre. Les Zététiques, qui doutent de tout, cite le Saint-Suaire de Turin comme une autre démystification. Pas de trace de sang et des formes humaines sur le Saint-Suaire parfaitement explicables. Pourtant, on continue à y croire. Padré Pio aurait le don d'ubiquité. Ses stigmates n'ont en fait rien de mystérieux et sont seulement une réelle mystification volontaire de l'intéressé. Cela lui a permis de récolter une véritable fortune pour l'église, qui entretient le doute. 

Le hors série de "Sciences et Vie" en septembre 2006 essayait d'analyser comment concevoir l'inconcevable. La Science a de tout temps apprivoisé au mieux les miracles. Seulement 67 guérisons depuis 150 ans sont reconnus comme miraculeuses. Depuis 1947, une décrue dans cette reconnaissance officielle se poursuit. Des probabilités statistiques, les exceptions médicales sont venues à la rescousse pour sortir de l'ombre du pont d'interrogation. Alain Bombard disait ironiquement qu'il n'y a que l'impossible qui arrive toujours. Serait-on dans la règle de l'entropie? La causalité par une relation statistique est semble-il impossible. Les placebos et la "Force de guérir" par le psychisme (Pr. Zarifian) sont du nombre des questions sans réponse.   

 

Comment devient-on saint ?   Les saints sont censés être des exemples présentés aux fidèles pour avoir vécu de manière héroïque les vertus de foi, de charité ou de tempérance.  Des vertus chrétiennes qui se sont étonnamment répandues depuis vingt ans. Depuis 1983, Jean-Paul II a canonisé, 2000 saints, sept fois plus à lui seul que tous les autres papes réunis avant lui. Pourquoi ? Et pourquoi les règles édictées par l'Eglise ont-elles changé au cours du temps ?  Pour répondre à cette question, il a fallu pénétrer dans le saint des saints, là où on décrète de manière très tatillonne la sainteté : la congrégation pour la cause des saints, au Vatican. La découverte que tous les saints présentés à la dévotion populaire étaient parfois très loin d'être des modèles de vertus.  Aujourd'hui, les martyrs, censés défendre la foi, sont rares : la sainteté se gagne surtout par l'influence et obéit trop souvent à des motifs politiques et idéologiques. Des règles strictes d'admission sont parfaitement définies mais ont évolué dans le temps. Actuellement, seul deux miracles et le ticket d'entrée est "dans la poche". Auparavant, de 50 ans à 100 ans étaient nécessaires pour être béatifiés et canonisés. Aujourd'hui, 5 ans sont plus dans la norme. Cette accélération suit la politique d'évangélisation et le besoin de "pureté" de chasteté édictée par le Vatican. Le créateur de l'Opus dei, de Escriva de Balaguer, a été le premier "bienheureux" et cela malgré les discours guerriers qu'il prodiguait de son vivant cautionnant la politique de Franco. A l'époque, renflouer les caisses du Vatican a été peut-être une justification plus réaliste. La béatification et la canonisation ne sont pas gratuites pour le demandeur. Aucun chiffre précis officiellement annoncés. Mais, 50 ans, à raison d'une estimation de 100.000 euros par an. Le pape, lui, a un pouvoir de décision discrétionnaire. Les pressions politiques et idéologiques ne devraient pas l'atteindre. A la mort de Jean-Paul II, la foule a réclamé sa sacralisation tout de suite. Gageons que les exceptions confirmeront la règle.    
Une véritable crise du logement au paradis serait-elle la conclusion?  

 

L'enfoiré,

 

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Citations: 

  • "Croire en quelque chose et ne pas le vivre, c'est malhonnête.", Gandhi 
  • "Il n'y a que deux façons de vivre sa vie : l'une en faisant comme si rien n'était un miracle, l'autre en faisant comme si tout était un miracle.", Albert Einstein
  • "Les vrais miracles font peu de bruit.", Antoine de Saint-Exupéry
  • "Je suis allé à Lourdes avec ma femme. Il n'y a pas eu de miracle. Je suis revenu avec.", Seymour Brussel 

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