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11/01/2022

Un univers entre magie et réalisme

0.jpgL'exposition "Double bill" au MIMA a fermé ses portes.

A Bruxelles, les expositions se chevauchent et parfois traitent du même sujet: le cinéma. 

Je suis allé voir celle qui est consacré à "Raoul Servais" au musée Bellevue sur la place des Palais à côté du Palais royale.

Le lien avec ce que je venais d'écrire dans "Le cinéma d'antan" est évident et je ne pouvais attendre de raconté ce que j'ai vu pour le présenter dans ce billet, les 7 jours fatidiques entre chaque billets pour suivre le rythme habituel tellement il y a de rapprochement dans les rêves de Raoul Servais et des miens.

 


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Trois  petites  salles en enfilade.0.jpg

L'une d'entre elles présente la vie de Raoul Servais à Ostende.

Il a atteint l'âge canonique de 93 ans.

A ses débuts et même beaucoup plus tard, il a vécu à Ostende. Comme il est dans les annonces: la mer, il n'a jamais pu se passer de son murmure et de son odeur saline avec la lumière du phare en arrière-plan. Ostende est une ville côtière de style victorien. Il rencontre Félix le Chat et Charlie Chaplin et veut devenir cinéaste.  A partir de la fenêtre de sa maison du 18ème siècle, il rêve et commence sa carrière de capteur d'images en devenant projectionniste. La magie et le mystère des images qu'il rassemble, opèrent une transformation en lui. Des crayons de couleurs sur un rouleau de de caisse enregistreuse dans laquelle il fait glisser sur une enveloppe à fenêtre pour créer l'animation, s'enchaînent par la construction d'un scénario.

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Avec la Seconde guerre mondiale, il est obligé de mettre un terme temporairement entre parenthèse sur fond de bombardements, d'oppression et de pauvreté.

Après la guerre, il reprend son rêve en allant s'inscrire à l'Académie Royale des Beaux Arts de Gand et il s'y instruit des arts décoratifs. Avec le mélange d'un seul pot de peinture à la couleur noire, d'une boite à cigare et d'un objectif et le voilà qui construit son premier dessin animé avec pour modèle Léon Spilliaert, James Ensor,  l'expressionnisme à Laethem-Saint-Martin et le surréalisme de Paul Delvaux et de René Magritte et aussi de Maurice Boel qui réunit la peinture et le cinéma sur les plateaux de tournage.

Après "Lumières du Port" et "La fausse note" qui sont primés d'emblée, vont s'enchaîner d'autres court-métrages comme "Chromophobia", "Sirène" montés sur une table de montage 35/16 mm avec un affichage bidimensionnel et de 2 bandes magnétiques pour le son à synchroniser avec l'image.  

En autodidacte, le rêve d'enfant pour donner du mouvement aux images est devenu réalité avec une source d'inspiration pour d'autres comme pour des films cultes.

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Les Fonds du Patrimoine et la Fondation Roi Baudouin sont devenus des mécènes et les œuvres se Servais des témoins de son temps par l'intermédiaire de 90 institutions partenaires en Belgique.

Rien de hollywoodien à espérer dans son art visuel du terroir belge, mais un caractère personnel et moderne avec la poésie de dans les gares de Delvaux avec en plus, une technique qu'il appelle Servaisgraphie qui allie dessin animés et vues réelles, colorisées à la main dans "Papillons de nuit" réalisé en 1997 avec un plaisir sans partage et le long-métrage comme Taxandria" avec ses villes utopiques; réalisé avec François Schuyten réalisé en numérique.0.jpg

Au changement du siècle, tout change avec le numérique, Servais ne se charge plus que du scénario et des dessins, laissant le reste à une jeune équipe.

Son nouveau film "Le Grand Gaillard" sort en 2021, raconte une histoire dans les tranchées de la Première Guerre mondial dans une confrontation entre un Français blessé et un jeune soldat allemand entre vues réelles symbolisant le le présent et et le film d'animation renvoyant le passé.

Ce n'est plus qu'un travail de direction pour le passé et le présent, des prises de vue et de supervision de la l'animation du montage réservé à Raoul Servais avec un message de pacifisme, d'humanisme ou par parodie du militarisme.

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"Réflexions du Miroir

J'ai aussi commencé à faire des films en 8mm ou ce qu'on appelait alors pour donner un plus "Super8".

Le prix d'un film Kodak s'élevait à l'époque à plus de 200FB pour 4 minutes de projection (sans l'inflation cela fait fait plus de 5 euros). Il fallait justifier cette dépense.

Tous les types de caméras sont passés en chaîne pour suivre mon obsession.

Un objectif, trois objectifs en tourelles et un objectif zoom pour finir qui valsait entre des focales de 50 et à 200 mm avec une taille dépassant les 15 cms et un poids qui dépassait celui du corps de l'appareil.

Plus tard, la photo a superposé le cinéma, mais avec le même fanatisme qui commence à la prise de vue, jusqu'au laboratoire pour le voir apparaître dans un révélateur et un fixateur en noir et blanc ou en couleur.

Tout cela s'est achevé avec l'apparition de la photo numérique qui a réduit le travail de plusieurs heures jusqu'à une manipulation d'un logiciel numérique de Photoshop.

J'ai raconté déjà cela en trois phases dans "Kodak, une société qui a raté son tournant?", "Anatomie des photos de vacances" et "Le petit oiseau est de sortie".

Je me suis rappelé de ma propre jeunesse avec la caméra 8mm à la main sans le son, de mon introduction dans un cours de photo qui n'était pas loin de chez nous et de ma sortie actuelle avec un tout petit appareil photo toujours enfiché dans ma ceinture près à prendre une photo insolite. 

Le numérique a changé globalement la production par le rythme de production du résultat.

L'imagination et l'invention sont des questions qui restent beaucoup plus personnelles à chercher en dépassant les règles préétablies de la photos.

En sortant de l'exposition, j'ai été attiré par deux hommes d'un certain âge qui regardait les photos encastrées derrière des boîtes de protection en plastique.

- Bonjour, je m'aperçois que vous êtes intéressés par une époque qui est très proche de la vôtre. leur dis-je.

Un sourire me répond et j'embraye.

- Savez-vous quel est l'avantage de vieillir? C'est d'avoir plus de souvenirs que les jeunes.

- A condition qu'on garde la mémoire, me répond l'un d'eux. 

- Pour ne pas perdre la mémoire, il n'y a qu'une solution, c'est d'écrire un journal personnel qui vous rappellera l'histoire et votre vécu avec vos propres yeux et visions. C'est ce que j'ai commencé il y a 17 ans. Cela s'appelle "Réflexions du Miroir".

En disant cela, j'ai fait un mouvement de la main circulaire autour de ma tempe. Les différences avec Raoul Servais: d'abord les vingt ans de décalage dans le temps, l'intégration des passions, avant de les dériver en fonction des circonstances qui souvent, passent sans tambour ni trompette. 

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Allusion

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