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03/12/2005

Plus de rameurs, SVP

La course au pouvoir dans la vie des sociétés commerciales génère des situations "bizarres" qui ressemblerait à une course aux alouettes. Il serait intéressant de comprendre comment les choses se passent réellement. 

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Le but de tout un chacun dans un système capitaliste (ou non, d'ailleurs)  est de progresser dans la vie, de gagner de l'argent, et donc de grimper dans la hiérarchie et cela le plus rapidement possible.
Une tête bien faite et bien pleine, telle est la tendance. -Progresse, prouve-le, sinon tu n'es rien.


Avec cette envie toute légitime, on arrive à une situation bizarre: une pyramide inversée où la base des travailleurs, les exécutants, les ‘sans grade’ diminuent dangereusement par rapport au nombre croissant des dirigeants.

Comme il n'y a pas toujours de potentiel financier, un titre plus ronflant, une position à responsabilité, vient à l'esprit. Devenir "cadre" ou être "encadré" à vie?

En fait, tout le monde reste "encadré", mais chacun veut l'ignorer.

Décider de la direction des projets arrive à être moins ardu que de trouver les gens qui en assumeront la charge au plus bas niveau. Le patron de grandes sociétés a l'impression de sécurité, de bien "manager" son entreprise par l'idée que des gens de haut niveau motivés sont présents pour le seconder au mieux.  

De cet état de la société, on pourrait montrer une série d'effets pervers:

  • Vu le nombre de postes de direction qui augmentent, on remarque de plus en plus de directions cloisonnées  à la place d'une hiérarchie pyramidale, on se retrouve face à une série de "tubes" verticaux ayant un chef au sommet et quelques "sbires" au travail (quand il en existe). 
  • Les responsabilités sont diluées ou minimalisées. Serait-on devant le principe bien connu de "diviser pour régner"?
  • Les responsabilités sont tellement disparates et la ségrégation bien établie que pour discuter d'un problème, il faut disposer d'une grande table ou s'assurer d'une bande passante de télécommunication importante.
  • Des hiérarchies aux chaînons manquants ou n'aboutissant pas à l'exécution des projets eux-mêmes ne sont plus rares.
  • La  complexité grandissante des tâches est bien sûr à mettre sur le tapis comme raison principale, mais ce cloisonnement oblige d'avoir plus qu'une vision à trois dimensions en s'attelant à la quatrième du temps dans la synchronisation des agendas.
  • Chaque membre de ces assemblées à son rôle propre à jouer, son 'bifteck' à défendre, ce qui n'est pas nécessairement en accord avec le collègue en face de lui, ni avec le but à atteindre par la société. 
  • Les décisions se basent à la fois sur des expertises pointues tout en devant conserver une vue générale d'ensemble des procédures de la société. Ce qui pousse à trouver l'"oiseau rare".
  • Sans la présence de certaines personnes clés, les négociations se perdent souvent en conjectures interminables et infructueuses. Les conclusions ne sont certes pas prises au quart de tour.
  • Se risquer d'éliminer certains membres en réduisant les participants, c'est s'aventurer dans des décisions qui seront génératrices de situations non appréciées par les utilisateurs réels et donc rejetées in fine. 
  • L'élimination de personnes parfaitement au courant d'une situation et ayant une vue d'ensemble fait vite prendre des décisions qui semblent en correspondance avec le problème soulevé mais dont les fondements réels ont échappé aux interlocuteurs.    
  • Prendre la décision de se lancer dans ces conditions consomme souvent plus de temps que d'exécuter le travail lui-même.
  • Plus insidieux encore, un âge de plus de 40 ans pour un candidat qui briguerait une position de pur exécutant (comme développeur Java en informatique par exemple) paraît plutôt "louche".
     

Conclusions: Les lourdeurs de certaines structures de sociétés ne sont pas une illusion et la productivité en prend un coup pour le moins.    

entrepriseDans le passé, pour apporter la main d'oeuvre nécessaire dans la grosse industrie, l'immigration a été le sauveur de beaucoup de pays et d'entreprises qui ne trouvaient plus le personnel pour des boulots jugés désormais trop avilissants (mines, travaux d'entretien,...).

Aujourd'hui, il faut produire. Produire vite et au meilleur compte. Les titres ronflants sont prisés. Enfin, prisé est un mauvais mot car il ferait penser à prix, à valeur. Meilleur rapport prix-performances. Le supérieur n'est pas là pour vous gratifier d'une meilleur vie, mais de faire monter d'un cran, la sienne et de faire tourner le moulin. Après, il s'en fout. Si vous êtes arrivés trop haut pour vos compétences, ce sera la porte de sortie et un "amen" pour au revoir.

Les délocalisations et  l'outsourcing apportent, dans ces dernières années, un nouveau ballon d'oxygène aux entreprises pour trouver la main d'oeuvre bon marché et l'intelligence nécessaire au codage des programmes dans l'informatique de service.

En sera-t-il longtemps ainsi? Rien n'est moins sûr. Si le but des pays émergents, comme l'Inde et la Chine, de sortir de leur cocon est devenue la priorité majeure, il n'en est pas moins vrai que le désir de leur main d'oeuvre n'est pas de rester dans l'ombre bien longtemps, mais de progresser en salaire (et oui, on apprend vite !), en pouvoirs et en pouvoir d'achat. En Inde, la valse des changements de société pour augmenter ce salaire a d'ailleurs déjà commencé tout comme ce fut le cas dans les années "fastes" du travail dans nos pays.

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Juste une parenthèse pour faire rentrer la vapeur dans la locomotive: la société belge qui vient de gagner ces galons d'Entreprise francophone de l'année 2005 du marché belge est une petite société informatique "Callataÿ & Wouters" qui avec quelques 320 ingénieurs informaticiens spécialisés dans l'informatique bancaire et financière génère 33,6 millions d'euros de chiffre d'affaire, dont un quart dans le département R&D. 

A la question d'un journaliste au patron de la société: "N'avez-vous pas pensé à l'outsourcing en Inde?".

Sa réponse amusée fut:  "Nous sommes en pourparler pour envoyer des ingénieurs belges en Inde".

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"Allégoriquement vôtre", je vous présenterais notre sujet sous cet angle:

entrepriseLa vallée ne serait-elle pas assez belle, qu'il faille grimper absolument sur les sommets souvent enneigés et subir une atmosphère à l'air raréfié?

Plus gratifiant, bien sûr, de voir loin à partir des sommets. Les montagnes n'auront jamais de cesse d'être vaincues du côté Nord, Sud, Est et Ouest par des alpinistes ayant la connaissance et l'expertise nécessaire pour s'assurer le maximum de chance de réussite. Pourtant les accidents d'ascension ne sont pas rares et des décrochages mortels surviennent après les meilleures préparations. 

L'aventure toujours renouvelée n'arrêtera jamais cette motivation de vouloir se surpasser.

Les habitants de la vallée n'ont absolument pas moins de mérite malgré tout cela. Je dirais même qu'ils peuvent en trouver des avantages indéniables.

Avoir un projet à réaliser du début à la fin, en choisissant les techniques, les méthodes par eux-mêmes et pour eux-mêmes n'est certes pas à dénigrer ni à rabaisser. L'un ne va pas sans l'autre et l'oublier c'est s'assurer des échecs retentissants. 

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Albert Jacquard écrivait dans "Petite philosophie à l'usage des non-philosophes":

"Le vrai problème est d'éliminer du pouvoir ceux qui ne le cherchent que par goût du pouvoir. L'homme politique idéal est Cincinnatus, qui refusait le pouvoir et qu'il a fallu aller chercher, pour en faire un président, alors qu'il labourait son champ. Parmi les progrès nécessaires, la mise en place de procédures permettant de nommer chef celui qui ne désire pas être chef est particulièrement urgente. Vaclav Havel, poète, a été nommé président. Le voulait-il vraiment?"

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Au cours de ma carrière, j'ai connu un collègue qui avait atteint presque le sommet dans la hiérarchie de la société qui nous emploie (ceux qui me connaissent parmi les anciens s'en souviendront) et qui, un jour, a décidé de redescendre à un rang bien inférieur pour retourner au niveau technique où il se sentait plus utile encore et probablement plus en accord avec lui-même. Ce genre d'attitude n'est certes ni apprécié par l'entourage immédiat, ni par notre société qui n'a pas compris. Le prestige de l'étiquette, ça ne s'efface pas aussi facilement. Pourtant, l'obligation de prendre des décisions que l'on ne ressent pas, ou plus, dont on ne voit pas la finalité, mais qui sont imposées par plus haut encore, devient parfois insoutenable à la longue. Etre entre le marteau et l'enclume n'est jamais une position aisée. L'isolement du chef en fait un non-inclus de la masse, pas un "hors la loi", bien sûr, mais un "hors-groupe" que l'on tient à l'écart ou que l'on force à rester planer à une autre altitude. Le chef doit également tenir à l'oeil que la responsabilité qu'il a prise, l'oblige à avoir la reconnaissance du travail accompli par ses subalternes en partageant avec eux les mérites en cas de succès ou les plaies en cas d'échec. Mais cela, c'est dans le meilleur des mondes, bien sûr !

Comme je l'ai sous-entendu en préambule, le management a une place indispensable dans nos sociétés, il faut se rappeler cependant que les échelons de la hiérarchie font partie d'une échelle sans fin et qu'une fois le premier franchi, c'est parfois une période pendant laquelle le promu à de hautes destinées n'arrivera peut-être jamais à assouvir complètement son besoin de pouvoir. Le CEO, au sommet, a lui aussi des obligations vis-à-vis des actionnaires. Donc, une boucle de plus en définitive... 

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Certaines tâches manuelles sont délaissées pour la raison simple de ‘pas assez gratifiantes’ ou n’apportant pas le levier nécessaire à la reconnaissance dans la société.
Les parents d’aujourd’hui ont aussi leur part de responsabilité dans cette vision dévaluant le travail manuel.
Et pourtant de multiples postes restent vacants et cet état d’esprit génère artificiellement une pénurie. Cherchez un bon plombier de confiance et vous comprendrez aisément la difficulté de la tâche. Toutes les niches du travail devraient trouver un nombre suffisant d’occupants.
Le pluralisme des potentialités devrait à terme aboutir à l’équilibre.

Les mieux adaptés aux situations du moment arriveront à maturité. La sophistication n’est pas nécessairement l’apanage de la réussite ni de la satisfaction.

Alors, maintenant, ramons ensemble.

 

L'enfoiré

 

Dans le monde des insectes, même philosophie

 

Sur Agoravox, d'autres commentaires

 

Citations :

  • "Il faut savoir descendre les échelons de la hiérarchie au lieu de monter sur la tête des autres: on peut tirer un âne avec une ficelle, mais non le pousser.", Driss Chraïbi
  • "La nature nous a fait différents. 'Non égaux' ne veut pas dire 'supérieur' ou 'inférieur'. C'est notre société qui transforme les différences en hiérarchies", Albert Jacquard
  • "Il est plus facile de changer de chef que de faire changer le chef.", François Proust
  • "Sans les masses, le chef n'existe pas", Hannah Arendt
  • "La compétition, donc, la lutte pour la domination et le pouvoir, est le poison sournois et mortel de notre culture", Albert Jacquard

Commentaires

le grand démocrate autrichien A. SHICKELGRUBER disait que "la chance des chefs d'Etats est que les masses ne pensent pas" ... cliquer sur la signature

Écrit par : ANDREESEN | 03/12/2005

BRAVO POUR VOTRE BLOG !!

Écrit par : epo53 | 05/12/2005

Je pense comme toi que les parents ont une bonne part de responsabilité dans cet état de choses. Il y a quelques années l'amour-propre en aurait pris un coup s'il fallait dire que son enfant était un "manuel". Le bon ton était de faire des études "à tout prix" alors que l'enfant n'avait peut-être pas les capacité intellectuelles nécessaires mais aurait fait un super travailleur manuel. Dommage ! Surtout pour ceux qui ont dû subir cela car je pense que leur vie professionnelle en a certainement été perturbée. Ils ne sont peut-être -à cause de cela- arrivés à rien.

Écrit par : Nicole Durieux | 05/12/2005

Changer sa vision du monde, ou souhaiter que beaucoup changent leur vision du monde, ou déplorer que beaucoup n'aient pas une autre vision du monde, est-ce changer le monde?

Écrit par : Michel MARTIN | 06/12/2005

Nicole et Guy ,

Que de vérités criantes dans vos écrits.
Que de gachis dans notre société quels que soient les niveaux.

Blog enfin agréable à visiter

un des anciens rameurs ..... (lol)

Écrit par : Vincent | 16/01/2006

>Certaines tâches manuelles sont délaissées pour la raison >simple de ‘pas assez gratifiantes’ ou n’apportant pas le >levier nécessaire à la reconnaissance dans la société.

C'est pas un peu hypocritesn, ça ?
Si on disait simplement, que "ceux d'en bas", qui font tourner la boutique et qui sont finalement les plus indispensables sont aussi les plus mal payés, on ne s'étonnerait pas que tout le monde veuille grimper.

Écrit par : zoup | 05/07/2007

>Certaines tâches manuelles sont délaissées pour la raison >simple de ‘pas assez gratifiantes’ ou n’apportant pas le >levier nécessaire à la reconnaissance dans la société.

C'est pas un peu hypocritesn, ça ?
Si on disait simplement, que "ceux d'en bas", qui font tourner la boutique et qui sont finalement les plus indispensables sont aussi les plus mal payés, on ne s'étonnerait pas que tout le monde veuille grimper.

Écrit par : zoup | 05/07/2007

Zoup,

Il n'y a pas hypocrisie dans mon propos. Ceux d'en bas, doivent se faire payer à leur juste prix. C'est un "MUST".
A l'étage du dessus, crois-tu que tu es payé mieux?
Les heures sup et les heures de sommeil pour quelqu'un de véritablement responsable, ca ne compte pas.
Le "middle management", c'est pas la panacée, du tout. Etre entre le marteau et l'enclume, c'est la position la plus instable.

En fait, j'ai fait les 2 pas. En avant et en arrière.
Pas parce que je n'étais pas capable et que je ne pouvais pas la fermer, mais parce que j'ai trouvé qu'il n'y a que le top qui peut jouer les coudées franches. Pas les étapes intermédiaires. Mais avant d'y arriver, combien d'années de "souffrances" consenties.
Compris l'astuce, Zoup?

Écrit par : L'enfoiré | 05/07/2007

> Ceux d'en bas, doivent se faire payer à leur juste prix.

Lorsque le chomage atteint 10%, c'est irréaliste de demander ça aux gens. Chacun est déjà bien content de se raccrocher à son emploi. Pourquoi le chomage ne baisse pas alors que les politiques s'en "occupent" depuis des années ? Serait-ce parce qu'ils ont tout intérêt à ce que les gens soient maintenus dans cette peur de perdre leur emploi ? (non, là je suis surement trop cynique...)

Écrit par : zoup | 05/07/2007

Cher Zoup,

Bien sûr que je t'ai compris. Sur que je suis avec toi dans ton idée. Le chômage est la pire des situation quand on veut travailler. Le problème principal, tu peux en trouver certaines raisons dans d'autres articles que tu trouveras dans la table des matières. "Nous sommes tous responsables", "L'argent du beurre" par ex. Je ne suis pas dupe. Pas de miracle. Je ne donne pas de solutions. Si le monde entier avaient les mêmes fourchettes de salaires en fonction des qualifications et des motivations, nous n'aurions pas de distorsions qui créent les malaises.

L'article se voulait rassurant pour montrer que le bas de l'échelle est bien plus nécessaire qu'on le croit.

Le travail, contrairement à ce que disent certains, n'est pas tout. Manger à temps, oui. "Le travail mène à tout à condition d'en sortir", me semble la phrase du siècle.

Mon article, un peu futuriste, "Le bâton et plus beaucoup de carotte" était assez clair que les choses changeront.

La peur du lendemain existe maintenant sur plusieurs plans.
C'est vrai. C'est une ambiance et il faut être cynique et réaliste. Mais rêver, j'aime bien aussi et ce n'est pas de Mad Max.

Saltutations

Écrit par : L'enfoiré | 06/07/2007

Il ne faut pas confondre « intelligent » et « intellectuel ».

Il y a beaucoup d’intelligences. Il y a l’intelligence émotionnelle, seulement reconnue récemment. Il y a aussi l’intelligence du cœur. Certains prétendent que ça se travaille, d’autres que c’est inné. Le facteur chance joue-t-il ? Elle requiert une capacité de mémorisation, une capacité de calcul, une capacité de logique, etc. … Certains voudraient la mesurer par le QI ou l’Elo. On peut la reconnaître à ses fruits : celui qui a inventé ça, ça ne pouvait être qu’un gars intelligent. Notre monégasque, intelligente ?

Ensuite, il y a des gars qui ont de l’ « or » ou des « poils » dans les mains, d’autres qui ont une « lumière » ou du « plomb » dans la cervelle, parfois les quatre suivant les moments.

Il y a des « manuels intelligents » et des « intellectuels intelligents ». Dans le temps, c’était facile, on pouvait distinguer facilement les cols bleus – les exécutants - et les cols blancs – les décidants - … Les tâches manuelles étaient moins bien rétribuées, les tâches intellectuelles étaient bien remunérées. Pourquoi ? Parce qu’on rétribuait soi-disant l’intelligence.

Aujourd’hui, avec les outils, les machines, les robots, les automates programmables, les ordinateurs, l’AI … de plus en plus compliqués, cette distinction n’est plus possible. Il faut de l’intelligence partout ! Donc il faudrait rétribuer l’intelligence aussi bien pour les manuels que pour les intellectuels.

Il faudrait rémunérer trop. Alors « on » a eu l’idée géniale de renumérer selon la performance et le coût. On ne fait plus la subtile distinction entre manuels et intellectuels. Tout ce qu’on vous demande, c’est d’être intelligent pour produire toujours plus et pour toujours moins.

Dans le temps, un diplôme était signe et preuve d’intelligence. Aujourd’hui, c’est au pied du mur que l’on juge le maçon, c’est devant un PC qu’on évalue un dévelopeur, mais il faut devenir super intelligent et impérativement bon marché (« low cost »).

Que vous soyez manuel ou intellectuel n’a plus de sens (- d’essence pour votre carrière -).

Il reste que le manuel intelligent est toujours moins rétribué qu’un intellectuel intelligent. Quoique ? Quand je vois mes factures domestiques ? L’offre et la demande ?

Les temps changent, mais ne vous en faîtes pas. D’autres techniques de rémunérer l’intelligence sont déjà d’application.

Écrit par : Arthur | 06/07/2007

Qui est le boss? Il n'y en a pas...

Valve Corp. est une entreprise américaine qui fabrique des jeux vidéos, et qui a été fondée en 1996. Elle a une particularité, indique le Wall Street Journal : depuis sa création, elle n’a jamais eu de patron. Ses 300 employés travaillent en projets, et il n’y a donc pas de promotions, mais seulement de nouveaux projets. Et lorsque des employés décident de travailler ensemble sur un projet, c’est facile… Les bureaux sont équipés de roulettes pour les aider à se rassembler en équipes qui se modifient d’un projet à l’autre, en fonction de leurs compétences particulières. Le plus souvent, l’un d’entre eux s’impose naturellement pour prendre en main la coordination du projet, et lorsque personne ne veut en prendre la tête, c’est souvent le signe que le projet n’est pas valable.
Les payes sont souvent déterminées par les salariés, à l’exclusion du principal intéressé, qui déterminent ceux qui ont créé le plus de valeur. De même, les décisions de recrutement sont collégiales, et tout employé peut y participer. Le système a cependant des inconvénients. Il est plus difficile de repérer les employés les moins efficaces.
« De prime abord, c’est absolument inefficace », explique Terri Kelly, CEO de W.L. Gore, le détenteur du Brevet Gore-Tex, qui a adopté une organisation similaire. « Mais une fois que vous avez défini l’organisation… Vous obtenez rapidement l’adhésion et l’exécution », ajoute-t-elle.
Sur les dernières années, de plus en plus d’entreprises ont commencé à éliminer des niveaux hiérarchiques, souvent intermédiaires, pour éviter les goulots d’étranglement et les ralentissements de productivité. La petite minorité d’entreprises qui ont totalement éliminé la hiérarchie rapportent qu’elles ont constaté une plus grande motivation des employés et une plus grande flexibilité, même si cela implique que des tâches telles que les prises de décision et le recrutement réclament plus de temps pour être menées à bien.
Une étude réalisée par les chercheurs de l’Université de l’Iowa et l’Université A&M du Texas avait conclu que les équipes d’ouvriers qui se supervisaient eux-mêmes en usines étaient plus performantes que les équipes d’ouvriers organisées selon le système hiérarchique traditionnel, du moment que les membres de l’équipe s’entendaient bien entre eux. Cependant, d’autres études ont démontré que la hiérarchie peut stimuler l’efficacité du groupe, et qu’avoir un rôle bien défini aidait les gens à travailler plus efficacement.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=management&item=qui-est-le-boss-il-ny-en-a-pas&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 26/06/2012

'Les responsables de niveau intermédiaire ont 1,75 fois plus de valeur pour l’entreprise que l’employé moyen'

Petit-chef, chefaillon…. Les responsables de niveau intermédiaire sont généralement les mal-aimés des entreprises. Une étude du Chartered Institute of Personnel and Development's avait révélé que 49% d’entre eux indiquent qu’ils travaillent sous pression, bien plus que les autres catégories de professionnels.
Mais The Atlantic rapporte que selon une nouvelle étude d’Edward Lazear, un économiste de Stanford, qui a aussi été conseiller de George W. Bush, les managers du « middle-management » ne méritent guère cette mauvaise réputation, et qu’ils jouent un rôle très important dans l’entreprise, avec de véritables retombées en termes de productivité.
Pour les scientifiques, la valorisation du travail de ces cadres a posé un réel problème, d’abord parce que leur rôle est de gérer des équipes, et qu’il n’est pas toujours facile de quantifier l’apport de chaque équipier, mais aussi parce qu’il est difficile de déterminer quelle est la part du succès d’une équipe qui provient de la bonne gestion de cette équipe. Cependant, Lazear et ses collègues sont parvenus à le faire, après avoir analysé la performance de 23.878 employés et de leurs 1.940 patrons travaillant dans une très grande entreprise orientée sur le service client. Les employés devaient réaliser une tâche répétitive et tous les 4 mois, les responsables d’équipes devaient permuter entre eux pour diriger une nouvelle équipe, afin d’éliminer l’influence des variations de performances d'une équipe à l'autre.
Sans surprise, l’étude a montré que certains responsables étaient meilleurs que d’autres. Les chercheurs ont déterminé que le remplacement d’un des moins bons responsables avec l’un des meilleurs correspondait au rajout d’un membre supplémentaire dans une équipe de 9 personnes, ce qui est considérable. « si les patrons étaient de simples décorations, il n’y aurait pas de différence entre eux », écrivent les chercheurs. « Le fait qu’il y ait une différence très grande (…) implique que les patrons confèrent à leurs équipes un impact substantiel sur la productivité ».
Selon Lazear et son équipe, les bons managers peuvent se distinguer de deux manières : soit ce sont de bons coaches, qui savent bien motiver leur équipe, ou alors ce sont de bons mentors, capables de leur enseigner de nouvelles compétences. L'étude conclut que ce rôle de professeur compte pour deux tiers dans cet effet de productivité. Finalement, le secret d'un bon patron, c’est d’être un bon professeur.
Enfin, le rapport des chercheurs contient une conclusion intéressante, quoiqu’elle tienne plus de la spéculation que d’un véritable fait démontrable. Elle affirme que le responsable de niveau intermédiaire a 1,75 fois plus de valeur pour l’entreprise que l’employé moyen. Or, en général, ce ratio est également celui qui correspond approximativement à leur différence de rémunération.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=management&item=les-responsables-de-niveau-intermediaire-ont-175-fois-plus-de-valeur-pour-lentreprise-que-lemploye-moyen&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaig


Normal, non?
Un cadre est toujours à encadrer et à accrocher au mur. C'est moyen de te donner un chèque sans provision ou de devenir ministre sans portefeuille

Écrit par : L'enfoiré | 30/08/2012

10 questions auxquelles tout nouveau chef d'entreprise devrait être capable de répondre

✔ Pourquoi ai-je envie de démarrer une entreprise? Plus votre réponse est convaincante, et plus il est probable que votre entreprise rencontrera le succès.
✔ Suis-je capable de faire face aux échecs ? Toutes les entreprises ne connaissent pas forcément l’échec, mais il se trouve sur la voie du succès pour une grande partie d’entre elles. Certaines personnes rejettent totalement l’échec, et ne s’en remettent pas, tandis que d’autres en profitent pour rebondir, et apprendre.
✔ Pourquoi est-ce une bonne idée? Il est important de communiquer votre vision d'une manière convaincante pour convaincre les clients, les investisseurs et votre équipe de l’intérêt de votre produit ou service.
✔ Combien vais-je gagner d'argent ? Une bonne idée ne suffit pas, il faut aussi que la nouvelle entreprise soit profitable. Vous devez savoir à quel moment vous allez générer des recettes, et de quelle manière, avec quel produit.
✔ Est-ce que sais de quelles personnes je dois m'entourer ? Les bons chefs d’entreprise savent quelles personnes peuvent les aider à concrétiser leurs idées et ils savent comment s’entourer.
✔ Suis-je prêt à consacrer les 5 prochaines années de mon existence pour cette entreprise ? Peu d’entreprises décollent du jour au lendemain, et il faut souvent consacrer un certain temps, qui peut être de plusieurs années, avant de réaliser les premiers bénéfices et de pouvoir prendre un salaire. Vous devez être prêt à faire ce sacrifice.
✔ Qui sont mes clients? Savoir quels sont les gens qui vont acheter ce que vous produisez ou le service que vous rendez est essentiel pour adapter votre stratégie et marketer votre produit correctement.
✔ Quel est mon but ultime? Il n'y a rien de mal à démarrer une petite entreprise en ayant de grands rêves, du moment que vous restez réaliste. Les grands rêves vous permettront de savoir où vous voulez aller, et d’adapter votre stratégie en conséquence.
✔ Quelle sera ma stratégie de sortie ? Peut-être vendrez-vous vos parts pour vous libérer pour un nouveau projet, ou vous souhaitez léguer votre affaire à votre famille. Ce qui importe, c’est de ne jamais perdre de vue vos objectifs primordiaux et les motivations qui vous ont conduit à créer votre entreprise.
✔ Suis-je prêt pour être un employeur ? Etre patron n'est pas donné à tout le monde. Il y a une grande différence entre tout faire tout seul et déléguer certaines tâches à d’autres, et ce n’est pas forcément lié à votre capacité à développer et à concrétiser des idées. En outre, vous devez prendre en compte les autres responsabilités de la direction d’entreprise, telles que les travaux administratifs, que les entrepreneurs sous-estiment souvent de façon importante.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=management&item=10-questions-auxquelles-tout-nouveau-chef-dentreprise-devrait-etre-capable-de-repondre&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 08/10/2013

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