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28/03/2014

Cent ans et toutes ses dents

Le 28 mars 2014, un anniversaire prestigieux: le centenaire de la radio en Belgique.

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"A vos galènes ou à vos podcasts" annonçait l'exposition "Vu à la radio" qui s'ouvrait, alors, à Tour et Taxi.

L'histoire du télégraphie sans fil, la TSF, la seconde révolution industrielle commençait en 1820. Le rôle de la fée électricité, apportée par la lampe à incandescence, était primordiale. 

La radio était un moyen de transmission avant d'être un moyen d'information.

Les expériences de Nicolas Tesla qui expérimenta la première communication radio en 1893, avaient été occultées et ne seront reconnues que bien plus tard.

Pour citer tous les pionniers de la radio, il faut nommer Samuel Morse, Thomas Edison, Rudolf Hertz, Nicolas Tesla, Edouard Branly, Alexandre Popov, Gugliemo Marconi.  

Dès 1900, le Roi Léopold II demandait à Marconi, représenté comme l'inventeur de la TSF, de faire une démonstration de sa "radio sans fil". 

En 1913, il eut l'idée d'installer des relais radiotélégraphiques et un émetteur à Laeken pour envoyer des messages vers Congo.

A la fin de la même année, les premiers essais commençaient avec de la musique enregistrée en plaçant le phonographe face du microphone.

Le projet sera, plus tard, repris par Albert Ier qui le confia à Robert-Benedict Goldschmidt

Le premier concert fut diffusé le 28 mars 1914 à 17:00 et rejoué à 20:30 devant la famille royale en hommage à la Reine Elisabeth.

La Brabançonne et la Marseillaise s'intégraient aux opéras (dont la Tosca), aux opérettes et aux musiques à la mode de l'époque.

"Un ténor de la Monnaie, chantant à Laeken, est entendu à la Tour Eiffel" écrivit la presse en ignorant la filière complète de l'émission. 

Au début des années 1980, les radios locales, privées, associatives, publiques, plurielles et parfois pirates, allaient exploser.

La FM fit entrer la qualité de la stéréo, tout en restant limitée dans son rayon d'action. La publicité entra, en même temps, dans ce monde sonore via ses accents propres.

Il n'y avait plus qu'à choisir sa station préférée, mais de préférence en fréquences modulée avec un rayon d'action limité. Les longues ondes, les moyennes et les courtes perdront progressivement de leur attrait et ne seront plus sélectionnées que dans les cas de distances importantes avec les émetteurs.

Outil de persuasion, d'information et, parfois, de la propagande, la radio est devenue le média incontournable.

Le 13 février dernier était le jour de la radio au niveau mondial.

Les radios ont cherché une place sur le spectre des ondes.

Aujourd'hui, c'est la radio numérique qui va révolutionner nos ondes.

L'exposition représente les ondes radios qui évoluent dans l'espace par une représentation de cordes vibrants au son des voix. 

Un mur de photos des animateurs radio et ce sont les souvenirs qui reviennent chez les auditeurs.

Aujourd'hui, j’enserre la fiche de mes oreillettes dans le petit trou de mon portable, je ferme les yeux et je suis parti dans un autre monde.

L'électricité et la radio font causes communes, disais-je, plus haut.

L'ère de l'électricité sans fil est aussi arrivée. L'électricité en WiFi, présentée par WiTricity.  La technique se résume à une énergie créée par un champ magnétique comme «résonateur source », par une bobine électrique, branchée sur le secteur. La charge électrique rend le câblage électrique superflu grâce à une seconde bobine sans risque d'électrocution. La question de distance entre l'émetteur et le récepteur reste un problème d'ajustement des bobines pour atteindre l'efficacité requise. Les appareils électriques à la maison sont les premiers visés. Le chargeur pour la voiture électrique est en test et d'autres applications se préparent.

On n’arrête décidément pas le progrès surtout quand il travaille en commun.

Un clic pour revivre les images souvenirs de l'exposition "Vu à la radio".

"Radio kill the radio star". 


 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « La radio et la télévision fabriquent des grands hommes pour de petites gens. », Gilbert Cesbron
  • « Dans les années cinquante, on se réunissait en famille pour regarder la radio. Aujourd’hui, l’image est tellement banalisée qu’on écoute la télé. », Pierre Bouteiller
  • « La supériorité de la télévision sur la radio : vous n’entendez pas seulement les parasites, vous les voyez.», Anonyme

 

2017: année de la radio numérique En Norvège, le numérique a déjà tué la FM. Il y a trois semaines, le pays scandinave a en effet annoncé la fin de la radiodiffusion par modulation de fréquence (née en 1933) pour 2017. La diffusion en DAB + a débuté en 1995, 55 % des foyers norvégiens sont d’ores et déjà équipés d’un récepteur compatible et 56 % des auditeurs écoutent la radio numérique tous les jours. La transition définitive débutera dès janvier 2017 et se poursuivra région par région jusqu’à la fin de l’année.

13 février 2016: Journée de la radio alors un petit retour en arrière:podcast

Commentaires

Michel Serre était à la radio pour parler des cent ans de la radio

GL : - Pour les 100 ans de la radio, Bertrand, vous nous offrez un cadeau ce matin.
BH : - On a décidé de vous offrir de l’espoir.
GL : - De l’espoir carrément. Qu’est-ce que vous voulez dire par là ?
BH : - Je vous offre l’espoir d’un homme de 83 ans, de l’un des plus grands philosophes français vivants, c’est l’espoir de Michel Serres.
GL : - Et c’est quoi cet espoir ?
BH : - C’est le partage de la connaissance que la communication toujours plus poussée entre les individus permette aux nouvelles générations, qu’il appelle petites poussettes dans son livre parce qu’elles tapotent tout le temps sur leur smartphone on le voit bien, et donc que ces nouvelles générations partagent le monde de manière plus juste et plus fraternel, avouez que c’est pas mal.
GL : - C’est pas mal. Voici donc notre cadeau, l’interview d’un grand monsieur que vous avez rencontré pour nous, Michel Serres, hier à l’Académie française.
BH : - Bonjour Michel Serres.
MS : - Bonjour.
BH : - Est-ce que vous aimez la radio ?
MS : - C’est-à-dire que je l’écoute un peu mais surtout j’en fais si j’ose dire puisque ça fait déjà 11 ans maintenant que j’ai une émission spéciale sur France Info tous les dimanches et que j’adore ce métier-là parce que je deviens un petit peu le professeur de philosophie de l’homme de la rue. C’est ça qui m’intéresse le plus.
BH : - Le passage au numérique de la radio est en cours, comme dans le reste des médias d’ailleurs. Elle se révolutionne à son tour. Est-ce qu’à votre avis on écoutera encore la radio dans 100 ans ?
MS : - Oui probablement. Pourquoi ? Parce que le média par oreille est plus fondamental que le média par images contrairement à ce que l’on croit. En effet, si vous regardez par exemple le destin des aveugles, ils arrivent très très loin dans le domaine des sciences, de la recherche, de la culture ; alors que le sourd est déjà beaucoup plus handicapé. L’aveugle est moins handicapé que le sourd. Pourquoi ? Parce que l’image contrairement à ce qu’on croit est beaucoup plus faible que ce que dit le son. Le son est plus riche.
BH : - Donc la radio est promise à un bel avenir ?
MS : - Probablement encore.
BH : - Vous dites, c’est un des thèmes principaux de votre travail ces dernières années, que le passage au numérique c’est une évolution aussi importante que le passage de l’oral à l’écrit.
MS : - C’est ça.
BH : - Qui a fait entrer l’humanité de la préhistoire à l’histoire.
MS : - Oui absolument puisque l’histoire s’est justement fondée sur les documents écrits. Il y a eu trois révolutions à mon avis de cette affaire-là : le passage de l’oral à l’écrit dont vous parlez, ensuite le passage de l’écrit à l’imprimerie qui a été aussi important et aujourd’hui le passage si j’ose dire de ces deux stades-là au nouveau stade du numérique c’est-à-dire celui que nous connaissons depuis déjà 85-90 c’est-à-dire l’âge des petites poussettes en gros.
BH : - Et à chaque fois qu’il y a eu ces grandes transformations, ça a été décisif et accompagné de crises ou de mouvements qu’on comprenait mal, de grandes interrogations.
MS : - Il y a eu surtout des changements complets du point de vue de la science, du point de vue de l’enseignement, du point de vue de la politique, du point de vue du commerce. Parce qu’au moment où on a inventé l’écriture, on a inventé évidemment la monnaie et au moment où on a inventé l’imprimerie, on a inventé évidemment le chèque. Et du coup, les mouvements commerciaux et financiers ont été transformés donc la société entière a été transformée par ces deux événements dont le numérique est le troisième.
BH : - Vous dites que finalement ce n’est peut-être pas une crise qu’on vit, c’est un changement de monde.
MS : - Oui, c’est une bascule de civilisation parce que non seulement les rapports et les relations entre les hommes sont transformés mais le voisinage entre les hommes est transformé aussi et du coup, je crois qu’il n’y a pas une seule institution qui va sortir indemne de cette transformation-là.
BH : - Vous dites qu’il y a une obsolescence des institutions à ce nouveau monde qui est en train d’arriver.
MS : - Oui, c’est que les institutions sur lesquelles nous sommes ont été créées à un moment où le monde n’était pas ce qu’il est devenu en ce moment. Or ce qu’il devient en ce moment c’est sous l’effet du numérique et les institutions sont anciennes par rapport à ça, elles sont donc en grande partie obsolète, vous avez raison de le dire.
BH : - Ca veut dire quoi ? Qu’il faut des révolutions qui doivent encore suivre ? On n’est qu’au début de la révolution.
MS : - Prenez l’exemple de mon métier. Mon métier c’est l’enseignement et en particulier l’enseignement supérieur, aujourd’hui vous savez bien que l’enseignement lie où les facultés libres ouvertes à tout le monde sont générales aujourd’hui et la question est de savoir qu’est-ce que va devenir l’université étant donné cette nouveauté-là. Mais c’est vrai aussi pour la santé, c’est vrai pour la politique, c’est vrai à peu près pour toutes les institutions en effet.
BH : - Ce qui change profondément c’est l’accès direct, immédiat à la connaissance.
MS : - C’est deux choses qui changent. C’est d’abord en effet les relations humaines. Quand vous avez rapport à quelqu’un qui a accès à la connaissance, vous n’avez pas rapport à un ignorant. Et c’est vrai dans mon rapport moi à mes étudiants ou dans le rapport du médecin à son patient, etc…
Les relations humaines changent. Mais ce qu’on pense qui change surtout aujourd’hui, c’est la tête-même de la personne qui travaille sur l’ordinateur ou sur son portable.
BH : - C’est-à-dire ?
MS : - C’est-à-dire qu’on pense aujourd’hui dans les sciences cognitives que ce ne sont pas les mêmes neurones qui sont concernés que dans l’état précédent.
BH : - Le cerveau change ? Il s’adapte ?
MS : - C’est ça ! Mais vous savez, quand on est passé de l’oral à l’écrit, le cerveau lui-même a changé, la mémoire a changé, l’entendement a changé, la manière de penser les choses a changé. Et c’est ce qui nous arrive aujourd’hui. Il y a un effet, d’une certaine manière la tête ne sera pas la même.
BH : - Ca veut dire que quelque part, l’homme est profondément changé notamment vous avez parlé des rapports des hommes entre eux, mais l’homme lui-même dans son individualité ?
MS : - C’est ça que je viens de dire. Et d’ailleurs j’ai fait autrefois un livre qui s’appelait " L’hominescent " comme on dit l’adolescent ou le phosphorescent ou l’arborescent. D’ailleurs ce petit changement qui est en train d’arriver aujourd’hui et qui change en effet l’homme puisque j’ai dit " hominescent ".
BH : - Vous dites que c’est ni une mauvaise évolution, ni une bonne évolution. Vous ne réfléchissez pas en termes de bien ou de mal, de justice ou d’injustice.
MS : - J’essaye de ne pas juger. J’essaye de dire que cette chose-là a lieu, cette chose-là est en train de se faire, essayons de la décrire et de la voir avec le plus de lucidité possible. Les choses sont bonnes ou mauvaises selon qu’on les fait bonnes ou qu’on les fait mauvaises. C’est à nous à les faire bonnes. C’est à notre activité et à notre bonne volonté qu’il faut faire confiance.
BH : - Une des révolutions induites par les technologies numériques, c’est les réseaux sociaux qui sont là en permanence notamment pour les nouvelles générations mais ça s’étend. Pas mal de personnes critiquent aussi la communication peut-être faible des réseaux sociaux, on perd quelque chose d’organique, on est peut-être trop dans le virtuel, est-ce que ça n’a pas aussi toutes ces nouvelles technologies enfermé les individus ?
MS : - Le côté virtuel vous voulez dire ? Oui. Mais vous savez, nous sommes virtuels depuis très longtemps. Je vais vous raconter une histoire. Madame Bovary a fait l’amour virtuellement beaucoup plus que réellement. Flaubert a fait tout un roman pour le dire. Mais au fond, nous sommes tous pareils, nous avons tous fait l’amour virtuellement plus que réellement. Nous sommes des animaux virtuels bien avant cette affaire-là. Vous voyez ce que je veux dire ? Et même je dirais volontiers que l’essence de l’homme c’est d’être virtuel. Les animaux ne sont pas virtuels, une vache est sur une herbe verte. Tandis que nous, nous rêvons, nous imaginons etc… La virtualité est le propre de l’homme, il n’y a pas de doute.
BH : - Ça ne va pas prendre le pas sur les formes plus classiques de communication ?
MS : - Si ça va prendre le pas bien entendu.
BH : - Vous pensez que les formes plus classiques de communication vont tendre à disparaître ?
MS : - Non non elles ne disparaissent pas. Parce que ne croyez pas qu’une révolution détruise complètement ce qui précède. Ce n’est pas parce que nous avons écrit que nous avons arrêté de parler. Ce n’est pas parce que nous avons imprimé que nous avons arrêté d’écrire. Et ce n’est pas parce que nous avons un ordinateur qu’on arrêté d’imprimer puisque nous avons même une imprimante chacun à la maison, vous voyez ce que je veux dire ? Donc quelques fois c’est cumulatif. Donc je ne crois pas que les anciennes relations disparaissent. Mais elles vont être doublées ou même quelque fois remplacées par les nouvelles.
BH : - Michel Serres, l’accès permanent à l’information on en a parlé un petit peu tout à l’heure. Vous dites que c’est un nouveau pouvoir énorme.
MS : - L’information était déjà un pouvoir énorme.
BH : - Pour les nouvelles générations mais singulièrement que peut-être aucun humain n’a eu dans l’humanité.
MS : - Oui, je dis souvent que lorsque petite poussette a en main son portable, elle peut dire…
BH : - C’est cette jeune fille que vous décrivez dans votre roman qui, avec son pouce, a accès au monde.
MS : - C’est ça, petite poussette, l’héroïne du monde contemporain, je l’appelle comme ça dans mon nouveau livre qui s’appelle " Petite poussette ". Et je dis que quand elle a son portable en main, elle m’a fait découvrir ce que dit le mot " maintenant " en langue française. Maintenant ça veut dire aujourd’hui mais aussi main-tenant, tenant en main. Et qu’est-ce qu’elle tient en main petite poussette ? Elle tient en main tous les lieux du monde par le GPS, toutes les informations par Wikipédia et à peu près tous les gens. Vous savez, il y a un théorème qui dit qu’en 4 appels de téléphone on peut avoir n’importe qui dans le monde. Donc elle tient les lieux, elle tient l’information, elle tient les gens et elle peut dire " maintenant tenant en main le monde ". Or qui pouvait dire ça dans l’histoire ? Je ne sais pas moi, Auguste l’empereur romain ? Louis XIV ? Un milliardaire, des gens exceptionnels… Mais aujourd’hui, il y a 3,5 milliards de personnes dans le monde qui peuvent dire " maintenant tenant en main le monde ". C’est quand même une nouveauté extraordinaire. Et qui fait rêver d’une utopie disons démocratique tout à fait nouvelle qu’il faudrait bien inventer.
BH : - Et donc ça vous rend, cette révolution numérique vous qui l’observez depuis plusieurs années maintenant, ça a tendance à vous rendre plutôt optimiste ?
MS : - C’est-à-dire que tout ce qui ouvre l’accès à la connaissance pour quelqu’un qui a pour métier la connaissance c’est quand même une chose bonne. Et d’autre part tout ce qui accélère la possibilité d’une démocratie est aussi une chose bonne.
BH : - Je voudrais revenir aux 100 ans de la radio.
MS : - Bon anniversaire mon cher !
BH : - Merci Michel Serres. Et vous nous disiez que la radio c’est important pour vous. La Belgique c’est important aussi.
MS : - Oui je suis né très loin de la Belgique puisque je suis né dans le Sud de la France, je suis né au moment de la guerre. Et quand la guerre est arrivée, il y avait beaucoup de réfugiés que nous avons hébergés dans notre maison et parmi eux il y avait une famille belge dont la mère est morte, le père était aussi mort à la guerre. Mon père les a adoptés et par conséquent, dès l’âge de 8 à 9 ans, j’ai eu 4 petits frères et sœurs belges et donc j’ai eu un rapport à la Belgique un peu amoureux ou affectif depuis très longtemps. Et puis par la suite quand même, j’ai eu des amis de jeunesse et puis quand même comme ami de vieillesse j’ai eu Hergé avec qui j’ai lié des relations très affectueuses. Donc la Belgique pour moi, c’est presque mon ami. Adoptez-moi mon cher !

http://www.rtbf.be/info/emissions/article_speciale-100-ans-de-la-radio-en-belgique?id=8233067&eid=5017893

Écrit par : L'enfoiré | 28/03/2014

C'est du belge s'est mis sur son 21 pour l'occasion des souvenirs...

http://www.rtbf.be/video/detail_c-est-du-belge?id=1906687

Écrit par : L'enfoiré | 29/03/2014

La stratégie de Petit Poucet et les convictions de l'auteur qui donne vie à ce blog m'ont si bien semblé en phase avec celles de l'auteur de petite poucette que je n'ai pas résisté au plaisir de lui partager ce jeu de mots …

Pour moi, Michel SERRES entend remarquablement ce qui vient au monde et je voulais surtout vous remercier d'avoir mis ses paroles à portée de souris. Parce qu'elles sont invitation à "ne pas juger", à "dire que cette chose-là a lieu", …qu'elle "est en train de se faire" et à essayer de "la décrire et de la voir avec le plus de lucidité possible".

C'est bon d'entendre que "les choses sont bonnes ou mauvaises selon qu’on les fait bonnes ou qu’on les fait mauvaises". Que "c’est à nous à les faire bonnes". Et peut-être surtout que "c’est à notre activité et à notre bonne volonté qu’il faut faire confiance".

Merci aussi pour ce " maintenant tenant en main le monde " ! Oui,vraiment, il "fait rêver d’une utopie disons démocratique tout à fait nouvelle qu’il faudrait bien inventer".

Écrit par : marievalerie | 29/03/2014

Bonjour Marie Valérie,
Michel Serres apporte de la douceur à des propos et des idées qui ne le sont pas à priori.
Comme vous dites, les idées et dans ce cas, la radio, ne sont ni bonnes ni mauvaises au départ, c'est ce qui en fait par après qui peut le devenir.
Ne quittez pas, je vais en parler la semaine prochaine à la même heure.

Écrit par : L'enfoiré | 30/03/2014

La Première dans la tourmente

Dépeçage de la grille, courrier de la rédaction exprimant ses craintes sur l'orientation de la chaîne et dénonçant un management à la petite semaine... Le malaise couve sur La Première. Etat des lieux et décryptage en mode off.
Avec de bonnes notes dans le dernier bulletin délivré par le CIM (hausse de la part de marché comme de l'audience quotidienne et hebdomadaire pour les quatre premiers mois de l'année), et surtout quand on connaît l'obsession de la RTBF pour cette variable volatile, La Première semblait de prime abord à l'abri d'un chambardement de ses grilles pour la prochaine rentrée. Pas de séisme donc à attendre comme à France Inter, qui a viré sans ménagement, mais non sans remous, quelques piliers historiques de la trempe de Daniel Mermet. Raté. Mercredi, c'était la douche froide: comme la rumeur le colportait depuis quelques jours, on apprenait que plusieurs émissions phares de la station passaient à la trappe. Et les équipes qui les font tourner avec.
Toutes les tranches horaires sont touchées par ce coup de balai. Même si c'est à des degrés divers. Et avec des intentions apparemment différentes d'un cas à l'autre. Concrètement, la matinale changera de visage, ou plutôt de voix. Georges Lauwerijs ne souhaitant plus officier en première ligne, c'est Mehdi Khelfat qui reprendra assez logiquement la barre de l'info à l'heure du café (serré) et des croissants. Avec quels effets sur le contenu? Il est trop tôt pour le dire.
Plus difficile à comprendre, et à avaler pour les équipes de La Première, l'éviction de l'émission de Pascal Claude consacrée à la culture et aux médias (9h-11h), Tout le monde y passe, l'une des rares innovations portées par Corinne Boulangier pour la saison 2013-2014, qui était aussi sa première comme directrice d'antenne, fauteuil laissé vacant après le décès de Jean-Pierre Hautier. Le journaliste venu de l'info cédera le micro à un tandem bien connu des auditeurs de la radio publique, Xavier Van Buggenhout et Jérôme Colin. On nous assure en interne qu'il s'agit moins d'un changement sur le fond -jugé trop analytique- que sur la forme. En comptant sur la tchatche et l'expérience du duo pour dynamiser, glamouriser cette vitrine sur le monde artistique. On jugera sur pièce en septembre si la sauce a encore du goût après la cure de lol, tout en méditant sur la cruauté d'un métier qui propulse un jour au firmament médiatique un ambitieux (dans le bon sens du terme) pour mieux le lâcher comme une vieille chaussette le lendemain.

La case humour revue et corrigée
Autre victime du dépeçage: Utopia (15h-16h), qui n'aura pas survécu au départ de Martine Cornil, mais dont les thèmes (pour faire court, toutes les initiatives citoyennes pour un monde meilleur) devraient être recyclés. Mais c'est l'arrêt de On n'est pas rentré (16h-17h), le talk-show humoristique emmené par Olivier Monssens auquel collaboraient quelques pointures médiatiques talentueuses, de notre collaboratrice Myriam Leroy à Alex Wizoreck en passant par Raoul Reyers ou, occasionnellement, Pierre Kroll, qui cristallise l'attention et raidit les nuques. Même si en trois saisons, ONPR n'a jamais recollé avec les scores du Jeu des dictionnaires qu'il a remplacé, son audience frémissait légèrement, et Monssens and co avaient réussi à retourner à leur avantage une partie des sceptiques du début. Ici aussi, c'est le ton qui aura eu raison de la fine équipe. Trop sarcastique, trop branché, trop bruxellois pour une direction qui veut de la générosité à tous les échelons, même dans l'impertinence. Objectif non avoué: faire plus populaire. Au risque de marcher sur les plates-bandes de Vivacité. Et de brader une certaine ambition intellectuelle. Cette rampe de lancement cruciale vers l'avant-soirée sera rallongée et confiée à Walid, dont le CV zigzague entre des émissions télé de seconde zone (OUFtivi et le jeu Dotto), et radio, en particulier sur... NRJ et Fun Radio. Un casting pour le moins (d)étonnant.
Signe que le malaise couve, plusieurs journalistes, et non des moindres, ont envoyé dernièrement un courrier brut de décoffrage à la direction. Nous avons pu le lire. Morceaux choisis: "La direction ne laisse pas le temps aux nouveautés de s'installer ", "La Première est un bateau ivre, naviguant sans logique et sans cap de saison en saison", "les décisions sur les grilles de rentrée se prennent à la hussarde, tardivement, sans transparence, sans tenir compte de l'avis des intéressés". L'absence pour raison de santé du directeur général des radios, Francis Goffin, expliquerait en partie le cafouillage. Reste que les témoignages que nous avons recueillis confirment que le management bat de l'aile, entre volte-face, manque de vision et déficit de communication. Même si on nous jure aux étages supérieurs du navire que le contact a été rétabli. Et les craintes exprimées dans le courrier apaisées après explication du projet.
Quant aux appréhensions de voir La Première solder son âme, on peut difficilement les balayer d'un revers de la main sous prétexte qu'elles ne seraient que la manifestation paranoïaque d'une crainte du changement. En misant sur un quasi inconnu (qui ne le sera bientôt plus puisque Walid reprendrait les manettes de D6bels on stage et du Journal des Francos), la direction secoue elle-même l'épouvantail d'une Bel RTLisation de sa chaîne généraliste, appâtée par la perspective de rameuter les orphelins de Bouvard (remplacé sur la chaîne concurrente par Ruquier) et poussée dans le dos par le service marketing maison qui ne se prive pas de rappeler que l'auditeur de La Première n'est pas aussi cultivé qu'une certaine intelligentsia bruxello-centrée aime à le penser. D'où le choix d'un animateur plus pouêt-pouêt que Libé.
On n'a rien contre la générosité sauf si elle sert de paravent pour ripoliner la causticité, museler la part de délire borderline, bref prendre un dangereux virage commercial, dont Pure FM a d'ailleurs déjà fait les frais. Rappelons juste que la RTBF est une entreprise de service public, censée, et rémunérée pour ça par le contribuable, tirer le débat vers le haut. Elle doit être le moteur de l'intelligence, pas son fossoyeur sous prétexte de ramasser quelques miettes d'audience. On saura si La Première a signé ou pas un pacte avec le diable fin août lors de la présentation officielle des grilles (qui auront été préalablement validées ou non par le CA le 18 juillet). D'ici là, silence... radio.

Source: http://focus.levif.be/culture/musique/la-premiere-dans-la-tourmente/article-opinion-15149.html

Écrit par : L'enfoiré | 11/07/2014

La nouvelle patronne de la Première, Corine Boulanger, est accusée de manque de transparence, de trop vite décider sans concertation.
La concurrence avec la chaîne privée RTL TVI n'est pas neuve alors si 80 journalistes ont envoyé une lettre ouverte à la direction, cela craint.

Écrit par : L'enfoiré | 11/07/2014

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