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02/05/2020

Quand les livres délivrent

0.PNGRé-apprendre à lire et à écrire en période de confinement... Pourquoi pas?
"Lire ou écrire, c'est une manière d'écarter les
murs, voire de passer les murs et d'à nouveau se retrouver dans le monde, au milieux des gens", répondait Eric-Emmanuel Schmidt au JT du 19 avril sur France 2, invité pour parler de son livre "Félix et la source invisible" en invoquant son expérience de confiné. .
Si on se retrouve après la lecture ou l'écriture au milieu des gens, c'est que pendant, on le quittait, non?


Résumé de son livre: "Félix, 12 ans, est désespéré à cause de sa mère qui est tombée dans une dépression sans remède alors qu'elle incarnait le bonheur. Son âme vagabonde se cache-t-elle près de son village natal en Afrique? Pour la sauver, Félix entreprend un voyage qui le conduira aux sources invisibles du monde pour interroger les mystères de l'animisme, la puissance des croyances et des rites issus d'une pensée spirituelle poétique pour réveiller le chant d'amour d'un garçon pour sa mère".
Un conte philosophique, quoi...
On découvre son style de lecture au fur et à mesure au fur et à mesure des sources d'inspiration différentes dont il fait preuve.
Le magazine "Télépro" parlait des goûts de lectures de certaines célébrités médiatiques et les sujets étaient, pour le moins, éclectiques:

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Je me suis demandé si ce magazine parlerait un jour de ce que ces stars écrivent par elles-mêmes. Ce qui serait tout aussi intéressant sinon plus...

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Écrire, oui, mais comment et quoi?

Dans notre période de confinement, trouver un livre à lire comme passe-temps apporte une délivrance en sortant de sa "prison" involontaire.
Écrire, c'est passer de l'autre côté du miroir et aussi  une autre forme de bonheur.

L'envie d'écrire des fictions va en effet plus loin et demande l'imagination en apportant l'interactivité personnelle.
Oui, il y a les billets que j'écris couramment mais écrire des romans demandent quelques iotas de plus.
Pour écrire, il faut du fond à chercher au fond de ses idées, de la forme et un style propre.

Stephen King donnait 20 conseils d'écriture:

  1. Écrire d'abord pour soi, ne penser au lecteur qu'après.
  2. Ne vous préoccupez pas du qu'en dira-t-on.
  3. Avoir confiance en soi.
  4. Rester fidèle à son propre style.
  5. Écrire rend heureux.
  6. Soigner l'introduction.
  7. Écrire un mot à la fois.
  8. Ne pas utiliser la forme passive.
  9. Éviter les adverbes.
  10. Faire des paragraphes.
  11. Ne pas être obsédé par la grammaire.
  12. Ne pas être exhaustif dans les passages descriptifs.
  13. Laisser tomber les passages qui tiennent à cœur.
  14. Le travail de documentation ne doit pas supplanter l'intrigue.
  15. Écrire avec la porte fermée.
  16. Aménager une salle de travail de manière symbolique.
  17. Éteindre la télévision et éliminer les distractions.
  18. Respecter des délais.
  19. Faire une pause.
  20. Écrire et lire tout le temps.

Des conseils qui ne sont pas tellement différents de Bernard Werber.

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Que dit Werber en résumé?

0.PNGD'après Werber, si Darwin croyait à l'élimination des espèces fragiles et Lamarck défendait leur adaptation aux conditions de vie, le darwinisme des écrivains, c'est pas cool puisqu'il faut utiliser ses phobies avec le journal du matin et la bêtise humaine.

"Que nos doigts seront nos esclaves", nos doigts sont peut-être des outils, mais il oublie quelques éléments de plus plus indispensables.
"Qu'il faut avoir un côté vampire", y aura-t-il encore du sang quand il y aura plus d'écrivains que de lecteurs?
"Avoir un chat à ses côtés", cela ne veut pas dire qu'il faut ronronner avec lui quand on écrit.
"Être clair pour que les anges se magneront le cul pour aider", à la mode Boileau, on dirait "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément". Si écrire n'était qu'un problème de clarté, il n'y aurait que des lecteurs formatés au formol.
"Et en finale avoir une fin et assumer ses erreurs". En 1966, Tonia traduisait cela par un peu de poivre, un peu de sel, un peu d'amour, un peu de miel mais aromatisé par un petit meurtre avant le suspense pour connaitre le coupable.



Rebobinons... En fait, tout dépend de ce qu'on a envie d'écrire ou qu'on peut écrire plus que ce qu'on veut.
Quand on n'a pas de "matière" très personnelle à écrire, il faut l'inventer grâce à de l'inspiration et de l'imagination avant de penser à un style particulier.
En 2009, le magazine littéraire parlait de J.G. Ballard avec la science de la fiction.

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En général, je ne regarde pas trop les séries télés. J'ai fait une exception ces deux dernières semaines en regardant "Dérapages" en six épisodes, d’après son roman "Cadres noirs" de Pierre Lemaître. Série entre fiction et réalité, dans laquelle Éric Cantona incarne avec justesse, un homme anéanti par le chômage, prêt à tout pour retrouver un emploi. Le procès contre le système et le management déshumanisé est un sujet d'actualité, interpellant cette fois par la méthode choisie de la prise d'otages. Les monologues explicatifs de Cantona sont révélateurs de la méthode littéraire d'aborder ce sujet.
A partir du 5ème épisode, il se rend compte du pouvoir des médias et de l'écriture.

Chercher "le" sujet

Le film "L’atelier"

Olivia, une romancière parisienne connue, anime à La Ciotat un atelier d'écriture avec un groupe de jeunes en insertion. Elle est notamment intriguée par Antoine, un jeune homme taciturne et peu sociable, qui fait bientôt figure de mouton noir du groupe où il fait des propositions d'écriture que les autres jugent choquantes. Olivia et Antoine, qui cherche une échappatoire à son quotidien en s'imprégnant d'une idéologie d'extrême droite, nouent un rapport empreint d'attraction-répulsion.

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Des livres papier ou des eBooks?
"La période particulière que nous vivons serait-elle l'éveil des sens né du papier avec le bruit de la page qui se tourne, sa résistance sous les doigts, l'odeur de l'encre comme un virus thérapeutique" se demandait la rédactrice en chef du magazine télé.
Il est vrai que beaucoup de lecteurs ont ce papier ancestral ancré dans leurs habitudes.
Sur écran depuis des années, l'écriture d'un livre en numérique m'a permis de changer d'optique, de méthode et d'approche de l'écriture en perdant ce sentiment de jouissance à palper du papier.

Pour moi, le meilleur livre de fiction, c'est quand celui qui ne sent pas ni l'artificiel ni la naphtaline en s'ajustant avec les circonstances de son époque du moins, quand ce n'est pas un livre historique
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L'écriture d'un livre papier commence généralement par l'ébauche d'un plan de travail avec ses étapes dans l'évolution de l'histoire qui, une fois finalisée, arrive devant l'éditeur dans un manuscrit.
Les livres papier ne vivent que l'espace de temps de leur écriture. Une fois que le mot "Fin" vient à la dernière page et que le manuscrit est envoyé à l'éditeur, le livre n'appartient plus à son auteur mais à ses éventuels lecteurs et disparaît des étals de libraires plus ou moins rapidement.

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Ma méthode

Internet n'est pas limité au lieu de l'édition d'un livre papier.
Écrire en épisodes comme un feuilleton à la télé n'est-ce pas aussi une autre méthodologie d'aborder l'écriture d'un livre de manière plus moderne?
Je préfère savoir en gros où je commence le récit, où je veux arriver et laisser le hasard de mes idées s'introduire dans l'histoire au fur et à mesure.
Dans ce cas, il n'est plus péremptoire d'avoir écrit toute l'histoire dans son ensemble avant de l'envoyer à la publication.
Progresser de chapitre en chapitre permet de laisser vivre ses personnages en parallèle avec soi-même en ne prenant qu'un ou deux chapitres d'avance sur l'arrivée chez le lecteur.
Les lecteurs habituels pourront après la lecture d'un chapitre envoyer un commentaire qui apporterait une idée nouvelle et réorienterait l'histoire. L'écriture d'un livre peut parfaitement se construire dans un échange romancier-lecteur.
C'est peut-être cela qui permet d'oublier les peurs d'aborder l'écriture qui autrement devrait terminer son manuscrit avant de passer à l'étape de sa publication.
Sous forme d'eBook de fiction, la forme que j'ai choisie, il en va tout autrement.
La finition ou fignolage comporte quelques règles simples de base dans l'utilisation du riche vocabulaire de la langue française et du rejet des mots passe-partout comme les verbes "être", "avoir", "dire", "faire" et tant d'autres qui n'apprennent rien de plus. Trouver le mot juste, sortir le mot de sa brutalité par son synonyme ou son analogie. Cela demande parfois bien plus que des arrêt sur image pour la parfaire. il ne faut pas confondre l'espérance religieuse avec l'espoir philosophique.

Ce blog contient des billets hebdomadaires mais aussi mes eBook, des livres écrits sur le support virtuel d'internet en y restant pendant toute la vie du blog:

  1. "Le Grand Maître virtuel" a été mon premier eBook qui se déroule à partir de Paris avec un détour à Malte. "Le retour du dauphin virtuel", huit ans après. Le temps qu'il a fallu pour que ce dauphin sorte de prison après avoir assassiné son maître et pour finir dans un département d'enquêteurs et de dénicheurs de ce qu'il avait été auparavant, se déroulant à Bruxelles.
  2.  "Du rififi au forum" un fils virtuel et adoptif se déroulant dans le midi de la France.
  3. "Vengeance au futur antérieur" Les magouilles d'une entreprise pharmaceutique à San Francisco.
  4. "Le fauteuil blanc", un héritage de famille qui commence en Belgique et se poursuit dans une autre famille au Portugal dans "Veux-tu une nouvelle vie"
  5. "Le Syndrome du saumon" l'épouse d'un agent secret américain de la NSA. La version de l'agent secret "Sous le voile du secret" et enfin, celle du fils dans "La déchirure du secret".
  6. "L'Abbaye du crime de félonie" un crime maquillé dans une abbaye sur une île italienne.
  7. "L'envie dans le regard", une autobiographie romancée.

De formation littéraire, Sapanhine, aujourd'hui décédé, avait écrit le livre "Le phare des Lumières" dans le but d'être publié sur papier. Son livre raconte une expérience personnelle lors d'un long séjour à Cuba. A l'époque, il m'avait demandé de donner mon avis. Celui-ci accompagnait quelques conseils en me mettant à la place d'un lecteur, mais pas pour l'influencer.  Nos discussions sur le sujet de "comment écrire un livre ou un texte" ont été fastes de renseignements pour moi comme pour lui puisque nous n'étions pas du même milieu ni construit avec la même formation.
La conclusion était qu'il n'y avait pas de règles à l'écriture et que pour être un tantinet original, il fallait plutôt sortir de règles trop rigides, édictées par les standards de profession appris dans les écoles.
Il avait repris plusieurs fois son livre en main pour le parfaire dans une occupation sans fin. La perfection n'existe jamais et trop attendre perd de sa spontanéité.1.PNG
Je n'ai jamais appris que son livre avait été publié sur papier malgré son envie. Après son décès,
je me suis dit qu'il fallait au moins le sortir sur ce site dans la dernière version qu'il m'avait envoyé.
A mon avis, il ne faut pas attendre aussi longtemps avant de publier. Écrire à titre posthume n'est pas vraiment un but à atteindre.
Pour cela, pas besoin de construire une rédaction en passant par des maladies coronariennes avec du sang qui coule à la moindre piqure.

A lire, "La vie secrète des écrivains" de Guillaume Musso. Il reprend la citation Gabriel García Márquez  “Tout le monde a trois vies : une vie privée, une vie publique et une vie secrète…”. Son personnage dit: "L'histoire de l'art, c'est l'histoire de la transgression. Etre romancier, c'est être sur le qui-vive, à l'affût d'une idée qui passe qui pourrait venir nourrir un personnage". 
 Et en apostille, Musso répond à la question: "D'où vient l'inspiration? Tout est potentiellement source d'inspiration et matériau de fiction, sans être tel qu'on l'a vu, vécu ou appris. Comme dans un rêve étrange, chaque détail de réalité peut se déformer et devenir élément essentiel d'une histoire en gestation quand il devient romanesque, toujours vrai et plus réel. Un fait divers permet de démasquer un assassin en plus dangereux jusqu'à donner l'impression que le personnage existe par lui-même en reprenant goût à la vie dans un autre endroit du monde". 

"Pour écrire un bon roman, vous créez des personnages qui suscitent l'amour et la sympathie de vos lecteurs. Puis vous tuez ces personnages et vous blessez votre lecteur. Alors il souviendra toujours de votre roman", John Irving.


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Ré(d)actions au déconfinement

Avec le confinement y aura-il plus d'écrivains qui en sortiront de l'ombre de Facebook  où on clique sur le bouton "J'aime" sans se demander si à l'origine de l'image ou de la vidéo, ses propres sentiments et idées sont en concordance avec sa philosophie comme si on partageait le même repas?

L'écrivain même herbe peut très bien être partagé dans ses écrits entre darwinisme et humanisme beau tain par le lecteur à condition qu'il n'espère pas arriver au firmament des étoiles dès la première parution et qu'il ne désire pas se faire un nom de plume comme première classe dans une passe d'armes.

Combien d'écrivains y sont montés avec une première œuvre "géniale" et ont disparu ensuite parce qu'il n'ont pas pu retrouver le rythme et la fougue des débuts?

L'espace privé a tendance à parler au-delà de ce qu'il veut dire sans comprendre que derrière un masque de mots existe un deuxième degré ou même un troisième en pensant avoir un sentiment de disposer collectivement de ressources financières identiques pour faire face à une crise.

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Désormais dans mon cas de romancier en herbe, ce sont la tête et les deux jambes sans aucune autre à proximité trop proches qui servent de concert pour observer mon environnement et trouver des sujets de dissertation dans lesquels on met bas les masques psychologiques à la rencontre du physique devenu masqué avec la restriction "qui m'aime me suit" sinon j'invite les lecteurs de rester confiné dans leurs propres façons d'interpréter les choses. Ce n'est pas devant une page blanche que l'inspiration vient, mais en marchant. 
Quand l'interactivité entre écriture et lecture se lient et que la pâte monte, nait souvent une nouvelle passion commune. 
Souriez derrière votre masque comme si c'était la dernière fois et romancez vos sourires
"Sous le sable" dans l'intimisme d'un voyage même imaginaire dans la solitude.


Pas d'idée personnel ni de "matière"?

Ok. Documentez-vous et devenez un "nègre de l'écriture" qui interprète les idées d'autres personnes connues quand celles-ci n'ont pas l'étoffe suffisante pour l'écrire par eux-même.

Écrire le journal du confiné en dessin, je le laisse dessiner dans les mains astucieuses de Nicolas Vadot.

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0.PNGIl y a sept ans, j'écrivais un billet en relation avec le livre "Dans mes yeux" sensé raconter la vie de Johnny Halliday dans un échanges de "bons procédés" de capacité. Cela reste toujours une interprétation sujette à la compréhension d'un interlocuteur.
Est-ce un manque de matières et de vide personnel qui pousse le nègre à écrire pour quelqu'un d'autre?
Quand il y a de la matière et un sujet qui tiennent la route et la distance, le reste est de la routine pour l'écrivain même quand il s'agit de fiction.
En ce qui me concerne, j'écris avant tout pour mon propre plaisir avant de le partager avec un lecteur qui en a envie. Oui, l'écrivain doit s'en foutre de ses lecteurs et de ses plaisirs de lecture et d'écriture, sinon, il va se cloîtrer dans un genre pour ne plus jamais en sortir.0.PNG

Je disais quelque part que le confinement n'avait pas beaucoup d'impact sur moi en dehors de mes vacances ratées. Il faudra donc réinventer nos vacances à coup de plusieurs couches de résiliences.
Écrire un livre permet de voyager dans sa tête à bon marché.
Les suites d'un voyage est souvent un bon sujet d'écriture
Notre JT de dimanche dernier montrait "Bruxelles, belle et vide" avec un enregistrement dans la Galerie de la Reine qui évoquait des sentiments divers pouvant exister au sujet de ce vide qu'apporte le confinement
podcast?
0.PNGPour l'écrivain en herbe, pas besoin de contrat d'exclusivité sinon un contrat avec soi-même. Pas besoin d'écrire un best-seller en décrivant et traçant ses personnages pour étudier leur psychologie. Il suffit d'enlever leur masque en surface.
Le silence et la solitude sont propices à son plaisir d'écrire et à son inspiration.

Du 7 au 12 avril, j'avais présenté des chapitres du livre "Microfictions" en les enregistrant et en les poussant ensuite à la Ligue Braille. Celle-ci m'a répondu par un non-retour en m'imposant presque de recommencer avec leurs propres normes et règles de formes auxquelles j'ai refusé de participer.
Le fond d'une histoire reste toujours plus fondamental que la forme et le style mais peut paraître flouté supporté par une bibliothèque de livres en pensant que le passé sera de la même veine dans le futur.
Le sujet du "confinement" et du Covid 19 pourrait me donner de nouvelles idées de la même manière.
En fait, il n'y a pas tellement de différence avec le SIDA, quand on disait qu'il fallait rester couvert. La différence avec aujourd'hui, c'est qu'il faut le faire à un autre orifice.
0.PNGL'inspiration se met progressivement en place dans mon esprit et, puisque je suis plutôt optimiste de nature, cela ne veut pas dire que si cela pourrait commencer mal qu'il faille verser dans l'abîme du désespoir et de la dépression à la fin.
Les miennes seront des "Microfictions 2020" que j'appellerai "Virus blues".
En attendant, je dédie ce billet à mon épouse qui fête son anniversaire ce 2 mai.
Il pourrait lui expliquer mes absences dans mes songes et ce temps passé à ma table de travail parfois sans rien dire.
Il ne peut donc avoir qu'une fin heureuse qui justifie les moyens "Living in A Ghost Town".

Moi qui suis "Guy at Home", GuiHome pourrait donner quelques idées...

Déconfinement à la belge, une fois:

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...et le déconfinement français à la soixante quinze

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Allusion,

 

 

Décon-finons...

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8/6/2020: Joel Dicker parle de sa méthode au sujet  de son livre "L'énigme de la chambre 622"podcast

11/6/2020: Frank Thillier sort son nouveau livre "Il était deux fois"
podcast
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Commentaires

Lettre d'amour aux librairies indépendantes, par Isabelle Wéry
En ce 23 mai 2020, je t'écris d'amour et de feu, oui, une vraie lettre de feu et d'amour. Car que seraient nos vies sans toi, librairie ? Un tunnel sans début ni fin, un hiver sans halo de lumière, une ville sans centre-ville ? Poussez la porte d'une librairie indépendante et c'est une bouffée de connaissance qui vous fouette le visage, c'est histoire de l'humanité et ses mille chapitres qui vous sautent dans les bras.
J'aime ma libraire, j'aime mon libraire. Parce qu'il/elle a un visage, qu'il/elle me sourit, même derrière son masque et son écran plexi. Un/une libraire, ça vous aide à dégoter LE livre, LA perle que vous ne cherchiez pas et qui viendra bousculer votre perception du monde. C'est de la chair et des os, les libraires, ce n'est ni un écran ni une machine. C'est une présence humaine qu'aucune géante plateforme d'achats en ligne ne vous offrira.
J'achète mes bouquins dans les librairies indépendantes, parce que je veux donner mon fric à ces centaines d'artisans locaux appartenant à un réseau solidaire de 60 librairies pour la Belgique francophone. Et choisir à qui donner son fric, c'est déjà un acte de résistance dans ce grand et gras système capitaliste morbide-obsolète-mortifère.
Soyons clair, mon muscle préféré, c'est l'imagination. Et qu'est-ce que nous en avons besoin de notre imagination pour traverser cette crise covid19 ? Et qu'est-ce que nous en aurons encore besoin durant les mois à venir ? Car c'est elle, l'imagination, couplée à nos facultés intellectuelles, qui vient vivifier notre capacité à résister, à inventer de nouveaux moyens de survie. Et une librairie, ça vous booste l'imagination, ça vous démange, ça vous dérange, ça vous change la peau, ça enclenche, c'est percolateur.
Une librairie, c'est sensuel. On s'y sent cool, le temps y suspend son souffle ou alors c'est qu'il est devenu élastique, le temps, ça a un parfum inédit de livres qui vous enlacent le cou avec leurs promesses de renouveau. Non, vraiment, ça réconforte, même dans les moments les plus rudes, ça te prend dans ses grands bras de papier.
T'es belle, librairie indépendante, comme un arbre rempli de fruits intelligents, t'es sculptrice, tu viens raboter, peaufiner, lécher notre paysage mental. Tu es belle et tu as l'audace, celle des pavés dans la mare. Tu es la passeuse, l'entremetteuse, l'agitatrice. Tu es bombe. Et tu enlumines la vie de nos quartiers, tu contribues à l'économie locale, tu vitalises avec entrain toute la chaine du livre. Un quartier sans librairie, c'est triste comme un bord de mer sans mer.
Et puis, surtout, une librairie, ça participe à la mission-missile de certains livres, celle de percuter les dictatures.
Oui, décidément, j'achète mes bouquins en librairie indépendante.
Je t'avais prévenue, c'est une lettre d'amour... Merci d'être là, librairie, de résister et de nous permettre d'aiguiser mon muscle préféré: l'imagination

Une lettre d'Isabelle Wéry pour l'émission "Dans quel monde on vit ?" de Pascal Claude sur La Première RTBF.

https://www.rtbf.be/auvio/detail_dans-quel-monde-on-vit?id=2638228&mc_cid=823e67815f&mc_eid=9153d1a6e2

Écrit par : L'enfoiré | 25/05/2020

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Extrait de La vie secrète des écrivains" de Musso

Ce qui est compliqué dans l'écriture c'est son côté irrationnel. Ce n'est pas parce qu'il écrit 3 romans qu'il pourra écrire le 4ème. Il n'y a pas de méthodes, pas de règles, pas de parcours fléché. A chaque nouveau roman c'est le même saut dans l'inconnu. Passer à la postérité, l'écrivain s'en fout. Un roman ne s'explique pas pour en déduire ses préférences politiques ou sur sa vie privée. Rencontrer un écrivain parce qu'on aime son livre c''est comme vouloir rencontrer un canard parce qu'on aime le foie gras. La seule relation valable avec l'écrivain, c'est de le lire. "Le métier d'écrivain fait apparaitre celui du jokey comme une situation stable" dit Steinbeck. Croire un qu'un romancier possède ou ne possède pas les vertus morales qu'il prête à ses personnages, c'est être naïf et un peu con.
Personne ne peut apprendre à écrire à quelqu'un. Il faut apprendre seul. L'existence d'un écrivain est le truc le moins glamour du monde dans une vie de zombie, solitaire et coupée des autres, à s'abimer les yeux devant un écran en parlant à des personnages imaginaires qui finissent par rendre fou ou à passer des nuits à suer sang et eau pour torcher une phrase que les 3/4 des maigres lecteurs ne remarqueront pas.Il n'est pas là en démiurge à pouvoir rafistoler la réalité..

Écrit par : L'enfoiré | 31/05/2020

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Du côté lecteurs de fictions... et des bénéfices sur le plan psychologique
S'il parvient à s'y absorber à en faire un film dans la tête, cela devient une thérapie par son effet miroir.
Ajouté au rire et aux médiums modernes des images, de la musique et des films, cela donne un effet d'optimisme, d'espoir et d'idéal qui peuvent aider à vivre, à aborder la dysphasie de réception par l'acceptation d'une autre réalité qui sera ensuite reliée à l'empathie.
Les fictions révèlent des histoires de dimensions inconnues pour remettre les choses en perspective, pour donner des idées nouvelles et pour guérir des blocages à l'origine de souffrance d'une situation non acceptable

Écrit par : L'enfoiré | 31/05/2020

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Joel Dicker parle de sa méthode au sujet de son livre "L'énigme de la chambre 622"

http://vanrinsg.hautetfort.com/media/00/01/2579415865.MP3

Écrit par : L'enfoiré | 08/06/2020

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Frank Thillier sort son nouveau livre "Il était deux fois"

http://vanrinsg.hautetfort.com/media/01/00/713868115.mp3

Écrit par : L'enfoiré | 11/06/2020

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Nietzsche, la souffrance et la maladie

A l’âge de 4 ans, le jeune Friedrich Nietzsche perd son père, qu’il adorait.
Peu après survient la mort de son petit frère, Joseph.
Etudiant, il attrape la syphilis, une maladie infectieuse mortelle et très douloureuse.
Il passera le reste de sa vie accablé de nausées, de terribles maux de tête, de vomissements. Il restera parfois des journées entières dans une cécité complète. Il est obligé d’abandonner la carrière universitaire brillante qui l’attendait, et se réfugie dans une chambre modeste qu’il loue à un fermier au plus profond de la Suisse, seul endroit où sa santé fragile lui permet de survivre.
En hiver 1880, il tombe dans le “trou noir de son existence”. Il est au fond de l’abîme, au bord du suicide. Il rencontre une jeune Russe, Lou Salomé, et semble trouver enfin le bonheur. Mais l’aventure tourne au fiasco.
Elle laisse Nietzsche profondément blessé, en 1883 :
«Je ne comprends plus du tout à quoi bon vivre, ne fût-ce que six mois de plus. Tout est ennuyeux, douloureux, dégoûtant !», écrit-il.
Il n’eut que des déceptions avec les femmes, qui étaient il est vrai effrayées par son énorme moustache. “Grâce à ta femme, tu es cent fois plus heureux que moi”, écrit-il à un ami.
Mais la syphilis, qui attaque le cerveau, gagne du terrain. Il perd la raison. Il est interné en hôpital psychiatrique puis meurt dans une misère noire.
Ses livres ne connaissent, durant sa vie, aucun succès, tant il est en décalage avec ses contemporains. Nietzsche vit dans une grande pauvreté, presque totalement incompris.

Nietzsche avait l’expérience de la souffrance, et voici ce qu’il recommandait de faire
Nous avons tous des zones sombres dans notre vie. Nous avons tous des difficultés qui paraissent insurmontables. Nous connaissons tous des échecs.
La plupart des philosophes ont essayé de nous aider à réduire nos souffrances. Ils nous ont donné des conseils pour nous consoler, et nous aider à nous débarrasser de nos douleurs.
Friedrich Nietzsche ne voyait pas les choses ainsi.
Il pensait que toutes les sortes de souffrances et d’échecs sont en réalité la clé vers le bonheur, et devraient donc être accueillies avec joie.
Pour lui, il ne peut y avoir de joie que dans le fait de surmonter des défis.
Plus grands sont les défis, plus grande est la joie, comme l’alpiniste recherche des montagnes plus hautes et plus difficiles à vaincre. C’est du haut de ces montagnes que l’on peut contempler les vues les plus belles, respirer l’air le plus pur. Et les parois les plus vertigineuses sont aussi celles qui ont la plus fascinante beauté.

“A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire”
A l’inverse de tous les philosophes, Nietzsche pensait que c’était un avantage, que d’avoir de graves déconvenues dans sa vie !
Il écrivait :“À tous ceux à qui je porte intérêt, je souhaite la souffrance, l’abandon, la maladie, les mauvais traitements, le déshonneur ; je souhaite que ne leur soient épargnés ni le profond mépris de soi, ni le martyr de la méfiance envers soi; je n’ai point pitié d’eux, car je leur souhaite la seule chose qui puisse montrer aujourd’hui si un homme a de la valeur ou non : de tenir bon…”
Pour atteindre quoi que ce soit de valable, estimait Nietzsche, il faut faire des efforts gigantesques.
Nietzsche avait une vie routinière. Il se levait à 5h du matin, écrivait jusqu’à midi, puis allait marcher sur les immenses montagnes qui entouraient son village. De sa fenêtre, il pouvait contempler de magnifiques paysages qui parlaient à son âme.
“ Ne venez surtout pas me parler de dons naturels, de talents innés ! On peut citer dans tous les domaines de grands hommes qui étaient peu doués. Mais la grandeur leur est venue, ils se sont faits « génie » (comme on dit)”, écrivait-il.
Et ils l’ont fait en surmontant les difficultés.
“Ce n’est pas par le génie, c’est par la souffrance, par elle seule, qu’on cesse d’être une marionnette”, écrira après lui le philosophe nietzschéen Emil Cioran.

La difficulté est la norme.
Nous éprouvons de la douleur à cause de la différence que nous constatons entre la personne que nous sommes, et celle que nous pourrions être.
Mais évidemment, souffrir ne suffit pas. Sinon, nous serions tous des génies ! Le défi, c’est de bien réagir à la souffrance.
Nietzsche pensait que nous devions considérer nos problèmes comme un jardinier regarde ses plantes. Le jardinier transforme des racines, des oignons, des tubercules, qui paraissent très laides, en de jolies plantes portant des fleurs et des fruits.
Dans nos vies, il s’agit de prendre des choses qui paraissent “moches”, et essayer d’en sortir quelque chose de beau.
L’envie peut nous conduire à nuire à notre voisin, mais aussi à une émulation nous conduisant à donner le meilleur de nous-même. L’anxiété peut nous paralyser, mais aussi nous conduire à une analyse précise de ce qui ne va pas dans notre vie, et ainsi à la sérénité. Les critiques sont douloureuses mais elles nous poussent, en général, à adapter notre conduite.
Concernant la maladie elle-même, Nietzsche a écrit ceci :
« Quant à la longue maladie qui me mine, ne lui dois-je pas infiniment plus qu'à ma bonne santé ? Je lui dois une santé supérieure, que fortifie tout ce qui ne tue pas ! Je lui dois ma philosophie. Seule la grande douleur affranchit tout à fait l'esprit. ”
Mais bien entendu, les choses se passent en plusieurs temps : la “joie”, le “sens” de la maladie ne surviennent pas au moment où vous êtes en train de souffrir. Cela n’apparaît que lentement, et après coup, lorsque la vie offre une forme de répit. C’est alors, seulement, qu’on peut se retourner et voir le côté positif de l’épreuve.
“D’abord il y a la crucifixion ; ensuite seulement vient la résurrection”, me disait un ami. Mais au moment où l’on est cloué sur la croix, ce n’est jamais drôle, évidemment… Ce qui me fait penser que, au fond, ces réflexions de Nietzsche ne peuvent être comprises que par les personnes d’un certain âge, qui ont déjà vécu, eu le temps de cicatriser leurs épreuves, et de prendre du recul.
Tout le monde n’a pas cette chance, et Nietzsche qui est mort à 56 ans, un âge respectable pour l’époque, aurait sans doute pu insister un peu plus sur ce point...

Écrit par : L'enfoiré | 16/06/2020

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