30/01/2009

Drame de l'imaginaire?

Drame de l'imaginaire.jpgL'imaginaire nous permet de nous évader des réalités qui nous entourent. Le drame de Termonde serait-il son côté noir?

 

Rappel des faits.

Vendredi 23 janvier, Kim De Gelder, un jeune de 20 ans prend sa bicyclette, quitte son domicile où il vivait seul. Il pédale 20 kilomètres pour rejoindre Termonde. Grimé, d'après quelques témoins en Joker de Batman, il se rend à une crèche qu'il observe pour y pénétrer. Il y entre par une porte dérobée, qu'il a repérée. Pas d'hésitations. Comme un automate, il commence un carnage en tuant deux bébés avec un couteau, en blessant cruellement d'autres et tuant une puéricultrice qui voulait s'interposer. Tuer un maximum d'enfants. Ses crimes effectués, il enfourche sa bicyclette et repart. Il sera rattrapé et incarcéré un peu plus tard. Le cauchemar a commencé. Une liste d'autres crèches sera trouvée dans ses bagages. Un meurtre d'une vieille dame, une semaine plus tôt, viendra naturellement, plus tard, à l'esprit des enquêteurs vu la similitude de l'arme utilisée. Massacre des innocents dans la crèche "Le pays des fables".

Le drame que nous venons de vivre à Termonde est inimaginable et terrible.

Il va traumatiser la ville de Termonde qui n'avait jamais rien connu d'autre que le calme d'un ville de province. C'est le choc et l'incompréhension.

Le pays en est ému et bouleversé. La population, les autorités se sont rendus sur place pour soutenir les victimes et les parents. Des témoignages de sympathie affluent. Une marche blanche dimanche. Nous sommes une semaine plus tard. Les questions sont là. Comment peut-on arriver à de telles extrémités?

Les psychiatres et les psychologues ont été interrogés. Psychotique, schizophrénie, psychisme sont les mots avancés jusque maintenant. Chômeur, il avait claqué la porte en octobre pour prendre parti d'un nouvel ami licencié. Il vivait seul, timide et n'avait pas d'antécédents agressifs selon les voisins. Personne pour penser à de tels risques. Seul des rires intempestifs pour faire penser à l'étrangeté.

A l'heure où j'écris ces lignes, il n'est toujours pas fait mention des mobiles de son acte. Le présumé coupable reste dans son mutisme devant les interrogateurs policiers et dévoile, seulement, à son avocat, qu'il ne se rappelle pas des heures qui ont entouré les faits. En plus, il avoue que son geste doit être puni s'il avait existé. Le trou noir?

Y a-t-il, d'ailleurs, un mobile et pas plutôt un passé trop lourd de solitude? Assassin par procuration en pleine schizophrénie? Double personnalité de son jeune assassin avec trop d'imagination qui s'est transformé en personnage de cinéma en hommage au Joker de Batman, semble-t-il. Difficile de rester objectif devant de tels faits et de les comprendre.

Sur Facebook, un groupe de soutien du jeune homme avait été ouvert et puis fermé, car ce n'est pas sous cette forme que l'on fera avancer l'enquête dans un drame pareil même s'il peut y avoir une bonne intention. Pas question, ici, d'apporter un soutien mais de tenter d'ébaucher la gestation de cet acte odieux pour orienter ensuite la correction du problème.

Aujourd'hui les psys tentent toujours d'expliquer. Psychotique est le diagnostique générique. Paris Match interrogeait le pédopsychiatre, Jean-Yves Hayer. Ses hypothèses: une déviance du type « tueur de campus ». Jeune homme négativiste qui cherche à exister dans l'exceptionnel qui pourrait très bien ne pas se souvenir de ses actes dans ses périodes de lucidité. Trouble majeur de la personnalité, dysfonctionnement de l'éducation, société du désespoir. Heureusement très rare (2-3%) des psychose schizophréniques.

Tête déboussolée et déracinée d'un adolescent? On apprend plus tard que les parents, relativement aisés, ont déjà eu des problèmes cinq ans plus tôt avec leur fils et ont voulu l'interner. Les trois psychiatres de l'époque ne s'étaient pas mis d'accord et n'auraient pas jugé bon de recourir à l'internement dans un asile psychiatrique pour la jeunesse. Il vivait dans un petit appartement payé par ses parents.

On frissonne encore à l'idée de ce qu'aurait été le drame dans un pays qui accepte la vente libre des armes à feu.

Folie programmée et préméditée car un ensemble de pièces à conviction le prouve: deux couteaux, une hache, un pistolet fictif, un gilet pare-balles, d'autres adresses de crèches, faisaient partie de l'arsenal caché dans le sac à dos de ce "Terminator" d'occasions. Les suppositions commencent.

La piste du personnage de cinéma qu'il a voulu jouer, une personnalité funeste. L'acteur de théâtre en connaît les plaisirs et les limites. Il le fait pour son public, dans un partage des rôles pour transmettre le rêve. Le rideau tombé, tout redevient comme avant.

Le Joker de Batman n'est qu'un personnage comme bien d'autres. Apparemment, pas pour ce jeune. L'imaginaire mène à tout à condition d'en sortir.

L'isolement, un mal être non maîtrisé, une revanche contre l'existence, un esprit livré à lui-même qui souffre de grandes faiblesses et qui ne parvient plus à freiner ses instincts qu'en prenant le chapeau d'un personnage de bande dessinée ? Les images, par leur réalisme ou leur exagération, parlent aux phantasmes. Discuter ce qu'on voit et ressent pour remettre les pendules à l'heure peut être le parachute.

Notre époque banalise la violence et laisse les faibles sans retour vers le réel. Aveux de dire que "la réalité dépasse souvent la fiction".

Le cinéma, la télévision ont tellement l'habitude de mélanger le bien et le mal en séquences non discontinues. La peur qui est très présente dans nos civilisations, y ajouter le sel et le poivre au suspense. Les jeux vidéo peuvent être un moyen de « liquider » les pulsions agressives, morbides ou les emphaser.

Les témoignages continuent d'arriver, durs, insoutenables. Miracle pour les parents d'autres bébés.

L'interdiction, appliquée aux tout jeunes dans la vision de films selon l'âge du spectateur, observées ou non, sont des garde-fous. L'enfant est aussi un consommateur, la censure devient trop souple dans les âges. La mention "-10" semble, souvent, très peu ajustée aux risques. La protection de l'esprit en formation est pourtant à ce prix. Ici, ce n'est même plus le cas à avancer.

La présence effective de garde-fous de la société et des parents restent les seuls moyens pour reprendre pied dans le monde du réel, éludant, du même coup, la passivité et la solitude. Que des contacts virils de réflexions existent, dans le réel de la vie ou le virtuel d'Internet, n'est pas le problème. C'est son absence qui l'est. La solitude détruit progressivement les seuls repères du réel pour devenir le masque de la guerre et de la criminalité.

Catastrophes humaines, traumatismes devant cette incompréhensible réalité. Dans cette affaire grave, où le rêve est devenu cauchemar, si la culpabilité est affirmée, ce sera naturellement "crime et châtiment".

Vu le malheur qu'il génère et son caractère insolite, il faudra se demander : comment on aurait pu l'éviter, tout d'abord. Et puis, comment on fera en sorte pour qu'il ne se reproduise pas. La crèche du drame ne sera plus utilisée en tant que telle. "La sécurité biométrique entre dans les crèches" est la première action de précaution. Remonter à l'origine du mal sera plus difficile. La nouvelle science la psychogénéalogie, la transmission des traumatismes de génération en génération et pas en ligne directe? (vidéo)

En attendant, être solidaire et soutenir les parents dans leur douleur.

 

L'enfoiré,

 

Qu'est-ce qu'on en dit sur la voix de l'agora? 

Mise à jour du 5/mars 

Mise à jour du 1/avril pas fou

22/01/2009

Ecrire en analogique ou en numérique

Ecrire en style analogique ou numerique_Plume.jpgUn copain me disait, récemment, à la lecture d'un de mes textes que j'écrivais souvent comme je programmais. Pas faux, me suis-je dis. Je l'avais même écrit dans un de mes anciens articles « Le mal au blog » en disant que je ne voyais pas tellement de différences dans les deux disciplines.

 

"Les gens aiment bien qu'on les aide, qu'on les amuse et il ne faut pas trop les fatiguer", m'informait-il. "L'écriture n'est pas de la programmation", ajoutait-il pour m'inciter à plus de réserve, plus de souplesse ou moins d'autres choses dont je laisserais des traces personnelles. La façon d'écrire ne fait que refléter une foule de préalables.

On a déjà écrit sur le sujet, mais il était plutôt question de technique.

Alors, je me suis interrogé, introspectivement. Serais-je trop hermétique, trop froid comme le prétendait mon copain ? Pas de sentiments à chaud.

S'ils existent, sont-ils trop distillés derrière des pare-feux? Le titre m'est venu par sa modernité. Qu'est-ce qui fait l'analogique? Comment devient-on numérique? Définir ce dernier petit nouveau est peut-être plus facile que de définir l'analogique humain.

Ecrire en style analogique ou numerique_Internet.jpgA la base, il y a le système binaire avec le 0 et le 1 comme outil pour créer tout le reste. Une porte est dès lors ouverte ou fermée en numérique. Pourrait-elle être entrouverte dans l'analogique?

L'idéologie de l'émotion communiquée par la chanson et la poésie serait dans le camp analogique dans son exclusivité. La froideur scientifique et de la raison dans l'autre.

Pourtant, question: Pourquoi comptait-on les pieds en poésie auparavant, sinon pour y associer le côté numérique? C'est bien beau un quatrain. L'habitude qui part et qui revient de plus belle dans le mouvement de la chanson "rap", revendicative, scandée même dans une litanie avec peu d'observations analysées et des rimes finales très approximatives. Le côté chantant n'est manifestement plus là quand il s'agit de revendiquer. L'agréable disparaît pour faire passer "le" message qui n'est plus aussi rose qu'on le voudrait. L'harmonie a du plomb dans l'aile. L'époque a changé. Nous sommes en crise et cela ne date pas d'hier. Internet a fait ressortir une lassitude de l'angélisme et la chanson d'amour des "Années bonheur". A la recherche de nouvelles valeurs, dit-on. Mais quelles valeurs? Cherche-t-on là où elles sont réellement? 

La programmation a une logique. La dichotomie du numérique s'associe normalement d'un arbre construit hiérarchiquement appelé organigramme comme squelette. L'écriture n'en aurait-elle pas?  L'analyse ne ferait pas partie de l'analogique.

Mes phrases seraient des instructions. Une erreur d'appréciation ou de tournure de phrase, un « bug ». Des erreurs d'écriture, des défauts qui se développeraient sans émotions. Alors que, dans les mains de l'artiste, les erreurs en deviendraient des diamants de beauté.

Nous retrouvons les sciences exactes face aux sciences humaines. Construire avec un préambule et des préalables à la thèse développée en chapeau. Des paramètres contenus et définis avant de procéder.  La recherche des sources comme moelle épinière. Le pied de l'article avec ses conclusions plus intimistes, plus subjectives. Voilà, ma technique. Aurais-je dévié à ma tâche en cherchant la structure en tout?

Le joueur d'échec, calculateur, aussi, voit, lui, plusieurs coups à l'avance. Un rédacteur qui se respecte ne devrait en connaître tous les coups de manière exhaustive. Il n'y a pas de hasard chez lui. Le scénario est connu, seule la forme est extensible ou non. 

Ecrire en style analogique ou numerique_Montre.jpgRemettre les pendules à l'heure se fait bien en analogique et en numérique dans le même espace temps. La montre bracelet associe souvent les deux systèmes sans confrontation. Le pouls de ce même poignet fait aussi dans l'émotion mais avec un rythme plus contrôlé. 

Le nouveau schisme de l'analogique et du numérique, n'en serait-il qu'illusion? La nouvelle lutte entre cœur et raison, peut-être aussi. Artiste ou scientifique ou technicien? Religion ou laïcité? Foi contre espérance. Oppositions surfaites et parfois bien faites. Le dernier Vif L'Express (3003) mettait d'ailleurs les pieds dans le plat avec un titre "Et si le monde se portait mieux sans Dieu?". Procès de Yahé, Allah ou Jésus Christ face à l'athéisme de Richard Dawkins qui définit les religions comme instruments du pouvoir et vice versa.  

Le programme de différences et d'idées pour éveiller l'intérêt, la curiosité du lecteur par l'information ou par les seuls états d'âme qui se rejoignent toujours à l'infini. Amour courtois ou platonique que l'on retrouvait dans l'histoire sans même parler de numérique.

Écrire est le reflet de soi. Question de philosophie d'écriture et de manière de vivre, très certainement. La "rigueur" du rapport des faits ou la "décoration" enjolivée du poème. Aboutissements de deux formes d'écriture. L'envie du texte littéraire opposé au rapport scientifique des faits. Serait-ce une bête propension ou un combat de l'hémisphère gauche du cerveau qui limiterait la pensée à son corps et de l'hémisphère droit qui au contraire traiterait l'info dans l'espace et le temps? 

Le temps pour accomplir cette entreprise humaine, donne aussi une différence notoire entre les deux styles et leurs approches. La méthode analogique se limitant dans l'instant et l'instinct sur un coin de table. La méthode numérique moins consensuelle qui prendrait plus de temps pour se structurer dans la rigueur et la recherche de preuves tout azimut. Une musique, construite avec des phrases qui se terminent par des rimes pour le suivant. Dans les deuxième cas, pourtant, de manière pragmatique, les mêmes 26 lettres d'un alphabet organisées en mots, en phrases, en chapitres. 

Est-ce faire preuve de trop peu de spontanéités que de prendre le temps pour écrire? Je suis persuadé du contraire. Écrire un billet, un article est une foule de spontanéités mises bout à bout et cela, pas nécessairement devant une feuille blanche. Les idées viennent quand on ne s'y attend pas. Avoir le bout de papier sous la main pour se rappeler d'une élucubration passagère dans la systématique est alors le secours.

Ecrire en style analogique ou numerique_LeChat.jpgAnalysons le phénomène, plus en détail, jusqu'à l'extrapolation.

 
Une construction programmatique ne joue pas dans le mélodrame. Elle se veut informative, exhaustive, sous forme de rapport le plus objectif et suggestif pour engendrer des réactions. Il y a les faits qu'il faut faire partager dans leur vérité en séquences chronologiques bien dissociées. Pas de panique. Du réel et du tangible. Des blocs de pensées avec une architecture structurée, complétés dans des temps plus ou moins longs, dans des espaces plus ou moins larges, appuyés par l'expérience et l'enseignement.

Pas de premier jet que l'on solde trop vite dans la boîte. Pas de répétitions, de redondances que les programmes détectent avec facilité. Pas d'endoctrinements, pas d'arrêt sur image. Des images qui se suivent du temps « x » au temps « y » avec des paramètres qui changent en permanence.

Technique de l'éprouver avec l'esprit en arrière plan et le cœur comme muscle plutôt qu'inspiration.

Pour parler dans le langage de la programmation, nous serions déjà à version 15.002 en gardant la mise à jour sous le manteau alors que le programme de l'autre serait toujours accroché à la version stabilisée n° 12.0.

Alors écrire, c'est quoi? Trouverons-nous des idées dans des rayons d'une même librairie ou de magasins différents?

La réponse trouve son origine derrière l'éducation et la formation de l'ego de son écrivain. 

Pas de différence pourtant dans le mal à sortir ses mots dans les deux cas. Le fond fait partie des deux versions mais la forme prend des couleurs différentes.

La préface du livre d'Olivier de Kersauson, "Ocean's songs" disait dans la préface que son livre lui avait été incitée suite à la rencontre qu'il a fait avec les fondateurs de Google. Rencontre entre celui qui avait passé sa vie à courir le monde et ceux qui l'ont apporté à domicile dans une dématérialisation du savoir. Deux personnes qui se ressemblent pourtant dans le virtuel ou réel mais qui restent sur de lignes parallèles, en se frôlant sans vraiment se toucher en dur. Deux mondes qui ne se comprennent qu'avec l'aide d'un mémento de vocables propres. 

Il est à constater que chez l'interlocuteur de l'autre bord, il se trouvera une certaine aversion si le texte en lecture ne correspond pas à sa propre approche.

Problème plus existentiel que l'on résume ou assume avec sa propre vision. Le dialogue devient aussi compliquer qu'entre le religieux et le laïc sans confession sinon celle de la raison.

Trouver des compromis sans compromissions devient la difficulté majeur. 

Les États-Unis sont un bouillon de culture des deux bords. Ils se chevauchent, s'imbriquent même avec des extrêmes incompréhensibles pour l'Européen. Créationnisme contre évolution. "Deux cent ans après la naissance de Darwin, la guerre continue", écrivait le dernier Nouvel Obs.  Même dans l'écriture, on dissocie les deux approches. Les événements sont des agents de rencontres et de liaisons. Pas d'hommes bioniques mais des hommes de chair et de sang qui raisonnent. Le « to be or not to be » pourrait-il se transformer en « Believe it or not » et en "God bless you" dans ce cas?

Ecrire en style analogique ou numerique_Evolution.jpgVoltaire, l'homme des Lumières, disait tour à tour "Moi, j'écris pour agir" et "Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer". Paradoxe de l'homme qui pense dans toute sa splendeur.

Gardons des interfaces, des vulgarisateurs, qui font les liens généralistes, sans gadgets entre ces deux pôles de l'attraction humaine.

Je m'en vais, dès lors, moi, "le numérique", compter les pieds de mon « poème ». A vous, « analogistes », de chercher les rimes. C'est décidé, je ne me lancerai qu'avec précaution dans les textes de chansons. Mais, imaginez ce que ce serait des chansons enfoireuses. Cela aurait du pied mais sans les mains.

Même Laurent Voulzy avouait que "Toutes les chansons racontent la même histoire".

Amusant de trouver dans la presse récente, ce choc des idées. Dans le même temps, on rencontre des périodiques qui rappellent que nous entrons en 2009 avec la tête dans les étoiles dont je parlais dans la "Théorie du tout" et qu'en même temps, fleurissent des articles qui on trait essentiellement à la religion. Sciences et vie, le côté "astronomie". Celui de l'astrologie, ailleurs. Historia parlait d'"Enfer et de Paradis", le magazine "Le monde des religions" de "La femme dans la religion".

Le Siècle des Lumières confronté à l'accroissement des créationnistes.

Caricatural tout cela? Pas vraiment.

Le magazine « Science et Vie » l'a très bien compris d'ailleurs. Il joue sur les deux tableaux. Car, la Nature avec un grand « N », celle qui navigue entre les deux, on en jouit ou elle devient une ennemie pour les deux parties.

Aucun fatalisme, aucun surnaturel, aux travailleurs de l'ombre et de la lumière. Mais, au fait, qu'en pense les robots? L'astrophysicien, Jean Pierre Petit, a même créer une genre nouveau la Bande Dessinée Scientifique dans un savoir-sans-frontières. Le 7ème ciel n'existe pas et n'est qu'un mythe. On vit seulement avec des illusions et des utopies que l'on retrouve comme la carotte devant l'âne de Buridan

Pour toucher à l'actualité, sommes-nous à une autre croisée des chemins qui se matérialise par une personnalité comme Barack Obama, qui a probablement plus un programme de tout changer sans rien changer? Paradis socialiste contre enfer capitaliste, lisais-je dans l'un des magazines. Un axe du mal ou du bien ? Certainement pas, surtout quand l'enfer, c'est toujours les autres. Prêter serment sur la Bible n'est pas aussi anodin. Son discours d'investiture va être très étudié sous toutes les coutures même s'il se termine par "God bless you". Une première allocution.

Ecrire en analogique.jpgDès le lendemain, c'était parti. Comment parviendra-t-il à renverser la situation? Un travail de Titan. Alea jacta est. Déjà, un Obamètre.

20090121Obama Israël.jpg

Aura-t-il un esprit plus analogique que numérique? Il faudra très probablement les deux. Il faudra comme disait Max Gallo en parlant de l'histoire "Imaginer avec prudence ce qui peut survenir et aussi s'y préparer, de tenter parfois de l'éviter et quelquefois de la favoriser". Pas de miracle, pas de prophétie à rechercher là-dedans. Du pragmatisme avec l'histoire qui reste le laboratoire de l'homme.

Nous l'avons, peut-être, échappé belle, d'ailleurs.  

Jean-Luc Hees écrivait dans son livre qui se voulait le plus humoristique sur le sujet "Obama, what else?". Le livre décrivait sans complaisance chacun des compétiteurs. 

20081026Habiller Palin.jpg

Miss Palin était, et pour cause, sa tête de pipe. Il était dit en substance: Elle vous emmerdait. Elle jouait cavalier seul. Elle pensait toute seule, buvait de la bière et tirait sur tout ce qui bouge à plume ou à poil. Elle incarnait l'Américain moyen qui ne connait que les frontières de son état ou au mieux de son pays. La femme du froid, de l'"average". Celle qui n'a pas besoin des Lumières car elle voyait l'homme et les dinosaures en contemporains. Elle imaginait probablement le plaisir, que cela devrait être de pouvoir tirer sur les ptérodactyles.

Obama avec « Yes, we can » pour saluer le "Retour du Jedi", de Rambo, du "Magicien d'Oz", avec, cette fois, « Out of Africa » vers un autre « American Dream » dans une "Stratégie du Choc" des idées et des mots, comme une autre? Un homme complet, honnête, intelligent, courageux, intègre, charmeur, humoristique, sérieux avec l'analogique dans le cœur et le numérique dans la tête. Tout un programme. Programme mis en opposition avec la manière plus numérique de Sarkozy. Bling-bling contre Bing-Bong, je suis là et bien là?

20080728Obama Paris.jpgIl faut retourner à la visite d'Obama chez Sarkozy pour en sentir déjà les prémisses et les suites pour l'Europe.20090111VanRompuyObamaDati.jpg

"La démocratie et la politique sont trop importants pour la laisser dans les seules mains des experts." disait quelqu'un.

Comme disait un article "Plaisir d'amour... plaisir d'écrire", la forme n'est que l'aspect en surface. Pour le fond, il faudra un peu plus creuser.

Écriture, une passion des lettres à partager comme moteur de contacts. Tellement, volatiles et volontaires, ces écrits.

20090120Obama président.jpgCes mots, constitués que d'un ensemble de 26 lettres dans notre langage. Bien suffisantes pour en faire un fromage. Les trous que l'on découvre dans celui-ci, une technique de la logique floue

Les acteurs-lecteurs de cet échange, eux, seront-ils, analogiques ou numériques dans un match du cerveau émotionnel contre néocortical?

Entrez vos mots de passe en minuscule, comme il est dit, et ne répondez surtout plus par la question: "Les chiffres, aussi en minuscules?"

Avoir les boules, ça se fait aussi bien avec le boulier compteur que par les coups de boules.

Oui, brasseur de l'information pour taquiner les neurones, iconoclaste à mes heures et avec humour, ça me botte...

 

L'Enfoiré,

 

 La manière d'écrire, une affaire de génome aussi à en voir les commentaires?

Sur Agoravox, fait-on dans la analogique ou le numérique?

 

 Citations,

 

  • « Réjouissons-nous de l'émergence du numérique et des services en ligne ou portables. La construction de gigantesques bases de données va permettre de retrouver la radio "en stock", c'est-à-dire quand on le veut, là où on le veut. », Jean-Marie Cavada

  • « Pourquoi les gens naissent-ils? Pourquoi meurent-ils ? Et pourquoi cherchent-ils dans l'intervalle à porter le plus souvent possible une montre à quartz numérique ? », Douglas Adams

  • « Je jette un bouquet avec des fleurs de toute nature en espérant que les gens se serviront à leur gré », Jacqueline Rousseau

  • « Quand les hommes veulent savoir l'histoire qu'ils font, ils tentent toujours de comprendre l'histoire que d'autres hommes ont faite avant eux, le plus souvent en ignorant le chemin qu'ils traçaient", Max Gallo 

 

 

15/01/2009

Un avenir de barbelés

Un avenir de barbelés_cadena.jpg

Se sécuriser, voilà le leitmotiv du citoyen d'aujourd'hui. L'ère GW Bush a ajouté quelques couches. Ne rate-t-on pas dans la manœuvre quelque chose de plus essentiel: la rencontre et la confrontation avec son semblable pour créer et prospérer dans l'harmonie globale? 

La violence a toujours existé. S'en protéger est une réaction naturelle. Mais ces derniers temps, nous sommes passés dans des extrêmes aussi bien du côté des bandits que de celui des gens dits "de bonne conscience". Les extrêmes des actions et réactions vis-à-vis des événements correspondent aux extrêmes de potentiels de notre temps.

Où est ce temps où la porte d'entrée du domicile était ouverte sans beaucoup de serrures? L'hospitalité n'était, alors, pas un vain mot. Aujourd'hui, il y a, devant certaines portes, des paillassons avec la mention "Welcome" mais qui ne laisse plus passer personne sans montrer "pattes blanches". Il n'y a plus que dans les pays à la population est assez pauvre de manière uniforme pour que l'hospitalité proverbiale sera apportée comme une obligation de courtoisie. Si, chez nous, dans les temps anciens, les bandits de grands chemins ont bien hanté les forêts, ce sont les villes qui attirent les nouveaux Calamity Jack pour cauchemarder les autres. Les risques de cambriolage ont considérablement augmenté et l'imagination est tout aussi fertile pour réaliser les casses que pour les contrer, cela au profit de tiers qui sont là pour fournir toute la sophistication désirée. Le commerce de la "sécurité" a, en effet, pris un essor non négligeable.

Qu'est-ce qui a changé? Dans notre civilisation de la consommation, l'argent est devenu le seul "roi". La publicité, son mentor, a créé l'envie de possession matérielle pour obtenir la reconnaissance de la société. Le coup pour coup des deux camps par l'escalade de moyens d'agressions et de défenses s'en est suivi. Le trop plein de produits en compétition avec le "meilleur rapport prix/performance" de la rapine. 

Les vols à la tire, les "Sack-jacking", ne faisaient plus seul recette et tombaient dans la banalité très peu punie. Ils n'étaient qu'une manière bien peu rémunératrice, dans le fond. Les "bougres d'enfants riches" savaient ce que veut dire "se protéger".

La proie suivante fut les banques. Elles détenaient dans ses coffres les fonds que l'homme, préoccupé par d'autres occupations, ne gardait plus chez lui.

Pour apporter plus de sécurité aux banques, des guichets protégés, inviolables et à l'abri des balles ont été, très vite, installés pour mettre le premier 'pont-levis' entre les employés de la banque et les braqueurs traditionnels. Mais, vu les difficultés, progressivement, les banques ne faisaient plus rêver les braqueurs.

Comme l'argent, devait, tôt ou tard, transiter de place en place, les fourgons transportant ces fonds se présentaient tout naturellement à leur prospection. Ce "besoin d'air" a été la cible avec de plus en plus de violence en fonction des barrières de protection qui renforçaient ces fourgons. Être "blindé", ne résolvait pas tout, être accompagné par une estafette de policiers, changer d'itinéraire à chaque déplacement, coutait cher et n'avaient pas été, manifestement, la panacée dans la sécurité. La confidentialité d'une opération trouvait, tôt ou tard, des "taupes" informatrices. Les distributeurs d'argent «Mister Cash» furent aussi visés. Ils ne furent plus alimentés qu'avec parcimonie, les banques déclarant forfait.

Les braquages se sont pourtant succédés à rythme soutenu, pour un temps. Après avoir laissé les leurs sur le carreau, les convoyeurs de fonds se sont mis en grèves pour réveiller le souci d'amélioration des protections. Beaucoup de convoyeurs de fonds étaient devenus des victimes et cela devait changer. La technologie a été appelée à la rescousse. La "valise intelligente", merveille de technologie, apportait un espoir d'accalmie en rendant inutilisable les fameux billets après le viol de la valise. Cette technique a, tout d'abord, été rejetée partiellement par les convoyeurs qui, syndicalisés, voulaient, au contraire, augmenter le nombre de collègues dans le transport de fonds. Puis, les choses se tassèrent. L'accalmie sur le front des attaques de fourgons, même avec des armes de guerre, n'allaient plus rapporter ce qui était escompté vu les nouvelles technologies. Le jeu n'en valait plus la chandelle. Dans ce monde-là, tout casse est calculé en fonction du rendement, du butin et des risques.

D'autres horizons plus fructueux devaient être trouvés. D'autres victimes devaient être désignées. Le Zorro, d'antan, était toujours là mais le cheval a fait place à des méthodes plus subtiles et surtout moins "fair play".

Le mouvement est venu souvent de l'Est où ces idées nouvelles ont germées. La voiture que l'on oubliait, tellement elle était entrée dans les mœurs, a pris soudainement la valeur réelle qu'elle avait perdue dans nos pays. Le "car-jacking" était né. Avec très peu de moyens et un "collègue" bien veillant, l'échange de propriétaires de voiture par la force pouvait commencer sans coup férir. La surprise étant l'atout majeur dans l'opération. Mais tout change, tout évolue, les protections du propriétaire au volant de sa nouvelle voiture aussi. Des systèmes antivols de plus en plus perfectionnés voyaient le jour. Cela allait jusqu'à l'emprisonnement du voleur dans la voiture qui accepte de suivre mais qui s'arrête un peu plus tard toutes sirènes dehors émettant sa position par satellite. Ces systèmes étant réservés aux véhicules dont le niveau correspondait précisément au désidérata. Le "car-jacking", une étape comme une autre, en définitive.

La modernité a fait place au "home-jacking", au "tiger-kidnapping" ou "hostage-jacking" en sont les derniers développements encore plus troublants. On ne va plus où est l'argent, on ne se fournit plus nécessairement à la source dans les coffres, mais, au besoin, on y accède par tierce personne interposée.

Alors, il y a le retour au stress de l'insécurité opposée à l'inflation de moyens engagés. La violence pour la violence. Les traumatismes des victimes qui suivent ces méfaits.

Car, s'il y a les maisons qui regorgent de biens durables, elles sont aussi habitées par des gens avec leur fragilité. Des débouchés qui peuvent s'envisager en douceur et sans témoins. Le "nettoyage" a pris forme sans effets collatéraux pendant un temps en l'absence des résidents. Mais ces "pauvres gens" n'étaient pas toujours en vacance de leur "home, sweet home" alors la technique a dû s'adapter aux circonstances sur le vif. Là, ça se corsait, vraiment.

Pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups? La voiture et la maison. Une visite impromptue pouvait redonner du tonus la "prospection". Le "Home-jacking" a ainsi fait son entrée, bien loin d'Arsène Lupin et de ses principes charitables. Les enfants de chœur ne faisaient plus partie de jeu-là. Ligotés les occupants, prendre le "directement utilisable" et les clés de l'auto dans le garage. Voilà le scénario de base. L'idée de retourner à la banque pour les casses suivants n'avait pourtant pas été perdue. On ne parvenait plus à prendre l'argent à la source, on allait se l'approprier par la terreur d'une tierce personne travaillant dans la banque avec otage interposé. Le "tiger kidnapping" a sorti ses griffes. La violence et le terrorisme nouvelle vague, cette fois. Plus on se montrait méchant, plus on avait du résultat. Prendre aussi des otages qui détiennent les clés de la banque et forcer ceux-ci à révéler la combinaison.

Il parait que les braquages sont en baisses. Les radios francophones en parlaient. Les assurances imposent de nouvelles sécurités dans leurs contrats à leurs clients.

L'imagination s'est mise, alors, tout doucement, au travail de l'autre côté de la barrière.

J'aurais pu humoristiquement titrer cet article de "Sale temps pour les voleurs" en comptant les degrés de sophistications nécessaire pour délester leurs concitoyens. Une "vie de chien" qui a de plus en plus de mal à trouver l'os à ronger car de l'autre côté, on commençait à se prémunir aussi contre les risques de tous ordres par les grands moyens. Pas nécessairement, toujours dans le bon chemin. Des quartiers protégés avec grilles, d'abord, des polices privées, ensuite.

Des systèmes de plus en plus sophistiqués de protection avec une ingéniosité sans pareil ont commencé à s'installer. Ça commençait par des serrures aux portes d'entrée de plus en plus sophistiquées, cela continuait par la porte blindée, armée avec des points d'ancrages multiples, les fenêtres renforcées à l'épreuve des chocs qui mettrons couche par couche à l'abri d'une intrusion non voulue. Ensuite, on est passé à l'environnement de vie lui-même. Des micro-villages, des villes dans la ville commencent à penser avec ses châteaux fortifiés retranchés derrière des grillages. Un Question à la Une lançait le 15 octobre 2008 le sujet avec un titre "Logements fortifiés, habitations de demain". Le top de la modernité ou le retour à l'époque du Moyen-Age?

Dans le même temps, les autorités vendaient leur job, leur semblant de sentiment de sécurité et de protection par les institutions de polices et de justice en place pour nous assurer de la meilleure vie possible et se plantaient souvent par l'ingéniosité et la complexité des moyens d'escroqueries et de rackets.

Le cinéma, internet avaient donné les ficelles et les idées du métier de cambrioleur. Le rôle de Mesrine est passés au cinéma récemment. Les spectateurs étaient partagés entre l'envie de voir le film et constater jusqu'où aller trop loin et la peur de le découvrir. L'Amérique, pays où la violence jalonne son histoire, nous avait apporté des modèles du genre et les Calamity Jane se sont succédés en y ajoutant audace et victimes. Les chausses trappes les plus diverses venaient en contre partie pour contrecarrer méfaits et holdups. Les séries télévisées adulées par le public dessinaient le portrait d'une société post 11 septembre déroutante et cruelle. Les coffres n'en seraient plus vraiment, donc pourquoi chercher à les ouvrir. Laisser l'accès au compte gouttes à l'argent disponible? D'autres banques taisent, depuis lors, les actions prises et laisseront la surprise sur le vif.

Le crime ne payerait-il plus ou la sécurité n'aurait-elle vraiment plus de prix? Elle se paye au contraire au prix fort. Nous assistons à un repli de chacun sur soi progressif. L'action de se protéger en réaction avec une insécurité grandissante et contre toutes incursions dans notre domicile est devenu le palliatif pour protéger un tant soi peu de biens ou de seul moyens d'existence. L'hospitalité ne faisait plus partie du vocabulaire dès l'entrée avec le paillasson "Welcome".

Un avenir de barbelés Plage.jpg

Avec les États-Unis pour précurseurs, nous sommes passés à la vitesse supérieure dans les "gated communities". Des quartiers entiers sont désormais entourés de barbelés ou de murs, de tours de guets, de gardiens armés qui surveillent, patrouillent en permanence et protègent des citoyens qui ne sont plus de la haute bourgeoisie mais se sont simplement réunis en comités protégés. Les "Country Club" qui se retrouvent souvent en Californie tel qu'à Palm Beach. Au Québec, cela inquiètait déjà en 2003.

Nouvelle manière de vivre qui s'est propagée aussi dans nos quartiers les plus privilégiés d'Europe. Conclusion: les plus de cinquante ans privatisent leur vie pour survivre mais sans plus vivre pleinement.

Les frais inhérents à l'installation de tous ces systèmes de sécurité font partie de la location. Le prix global a pris des proportions non négligeable bien supérieurs à celui de l'entretien d'un jardin. Pour la partie de ce "confort retrouvé", on compte minimum 150 euros par mois sans limites supérieures.

20081118Guantanamo retour.jpgPrisons à vendre? Ségrégation naturelle entre riches, moins riches et pauvres? Le "private" qui rend chacun chez soi en ne s'intéressant plus à l'autre.

A Mexico, les "privadas" fleurissent côte à côte, avec une infrastructure comprise de rues entières. Vivre en autarcie pour éviter le kidnapping et le meurtre. "BosqueReal" est équipé de mur, de caméra, de sa propre police patrouillant en permanence. Nous, riches et les autres.

Dans certains pays d'Amérique du Sud, ceux que l'on appelle "nantis" vont plus loin encore. Ils n'osent plus se déplacer en ville et cela même à bord de voitures blindées. Seul, l'hélicoptère leur est resté pour atteindre au départ d'un building un autre building.

"Absurdité du concept", disait une urbanise dans l'émission télévisée. Bulle sécuritaire pour éliminer ce qu'on ne veut plus voir. Le communautarisme d'"Indian Wells" impose aussi des règles internes strictes et punissables immédiatement. On se retrouve "flashé" à domicile dans ces quartiers de sécurité consentie dans l'extrême. Les portes ouvertes signifient une mise en garde et une punition à l'étape suivante pour éradiquer les erreurs à domicile même pour ses habitants.

"Développer les espaces publiques" n'est même plus envisagé. Qualité de vie, protection des enfants et ressemblance dans les relations avec autrui. Perte de pluralisme des idées aussi par l'homogèneté des relations. La communication virtuelle pour remède derrière les écrans d'ordinateurs.

Monaco est aussi devenu la ville de la sécurité par excellence. On y met le prix pour y entrer et pour garder cette place. Le droit d'entrée dans cette ville "select" n'est d'ailleurs pas à la portée du premier venu. Se promener dans les rues avec la panoplie de bijoux sortie des coffres a pour certains une valeur inestimable.

On s'assied de pied ferme dans l'égoïsme comme doctrine. Tout est bon et bien pour celui qui se préserve des regards de l'autre qui se trouve étranger devant les murs.

Patrick McGoohan vient de mourir. La série télévisée commencée en 1967, "Le prisonnier" est le reflet de notre monde actuel était-il dit. Village de sécurité, très "clean", mais aussi prisonnier. Télévisionnaire. 

Les états eux-mêmes se livrent au même raisonnement. Les murs "fleurissent" aux frontières des états. "Ces murs qui annoncent l'automne des démocraties". Des murs de la honte, aussi.

20090109Gaza.jpgIsraël, actuellement en fait les frais de ses volontés d'ignorer les voisins à vouloir construire des murs. Faut-il passer par ces extrémités dans notre monde de violence? "Gaz et Gaza sont dans un bateau" écrivait Paul Hermant de la RTBF. Rapprochement fortuit ou très révélateur? Histoire de tuyaux, de communications qui ne passent plus. "Tout part, mais rien n'arrive".  Il n'y a plus que le virtuel qui passe allègrement les frontières et tout le monde se réfugie derrière elles, comme si l'expérience de la ligne Maginot, du mur de Berlin qui a fini par tomber, de celui qui divise Israël du reste du monde, allaient tenir sans réactions des populations voisines. Gel politique. Internet blogueur qui se brûle dans la schizophrénie avec la violence, la guerre larvée et le racisme des extrêmes, sous le couvert de pseudos.

 

20090114Gaz Russie Ukraine.jpgSans vouloir transgresser les règles naturelles de sécurité, ne sommes-nous pas tombés dans les excès dans lesquels les autres n'auront plus droit de cité?

Un monde dans lequel, on ne se rencontrera plus que par GSM interposé, ou via Internet. Sera-ce, celui où on ne prêtera plus la moindre attention à son semblable?

En 1989, à la chute du mur de Berlin, les gens semblaient heureux de faire disparaître cette cicatrice. L'euphorie est retombée. On oublie vite. Les phobies s'auto-alimentent. En temps de crise, il y a encore plus d'incitation au vol et à l'envie.

Esprit de peur de l'agression gratuite ou non. Les causes, elles, sont plus insidieuses, moins reconnues: le moyen de réaliser en un coup, ce qu'une vie ne permettrait pas d'apporter.

  Un avenir de barbelés Domotique.jpgLes moyens, ce ne sont plus les barbelés, ce sont les moyens bien plus sophistiqués que l'on retrouve aussi de manière générale dans la domotique, une division de l'informatique appliquée. Effets secondaires ou dégâts collatéraux de la consommation? Rêve de sécurité ou cauchemar de la démesure?

20080629Radars BHV.jpgDe nouveaux extraterrestres prennent pieds chez nous pour nous surveiller en "Big brother". La sophistication n'a pourtant jamais donné toute la sécurité à 100%. Vivre en autarcie n'est pas encore à l'ordre du jour surtout dans un monde qui se veut mondialisé. Le risque est d'autant plus grand quand il faut sortir de ses murs de protection.

L'histoire étonnante d'un certain Christian Lestavel, "taupe" ou "indic" de son état, est caractéristique. Aujourd'hui, retraité, il avait écrit son histoire sous son "Nom de code: La Loutre". Toujours en marge de la société sans que personne ne connaissait sa situation à part ses patrons, il avait joué le rôle de flic et de voyou. Après des débuts "difficiles" dans lesquels vols et braquages avaient été monnaie courante, l'ex-taulard allait changer. Il s'était rangé mais rattrapé par son ancien destin, un commissaire lui avait proposé d'infiltrer le milieu. Coudoyer et étudier la pègre, il connaissait mais cela restait un jeu dangereux. Observer et remonter les filières de l'intérieur et faire tomber les têtes en flagrant délit. Tout un programme. Si ça tournait mal, il fallait encaisser et il le savait. Dans ce "travail", il remarquait que la police avait toujours un train en retard face à la logistique de pointe de ses nouveaux "collègues". La fameuse "longueur d'avance" qui fait toujours la différence.

Décidément, faudra-t-il mettre un tigre dans son moteur pour survivre contre les « tiger-jacking »?

Il y a, bien entendu, toutes les stratégies connues pour ouvrir son parapluie. Angélisme face à la progression de la violence pour ne compter que les points du passé? Une réponse aux problèmes, certainement pas.

Un quatrième film de Mad Max avait été prévu pour 2006. Il a été abandonné. Pourtant, la matière existe pour faire un projet en bonne et due forme dans l'actualité.  

Dans l'habitude de regarder vers son nombril pour le protéger, ce sera, demain, à qui sera le tour?

Ah, maudit pognon, maudit pouvoir, tu en auras fait des victimes sur ton passage!

 

L'enfoiré,

 

Libertés ou murs sur Agoravox?

 

Citations:

  • « La violence sucrée de l'imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel. », Roland Topor

  • "C'est au pied du mur que l'on voit le mieux le mur", Jean-Marie Bigard
  • "Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts.", Isaac Newton

 

 ------------- Extraits de journaux d'époque qui valent leurs piquants rocambolesques.

(19/01/2006) En 2005, des policiers ont retrouvé 459 voitures volées. Soit plus d'une par jour. Leur méthode? «Chaque matin, nous regardons dans la liste des véhicules qui ont été volés dans les dernières 24 heures. Qu'il s'agisse d'un vol simple, d'un car ou home-jacking.»  Certains pros retiennent d'une manière magique la liste des plaques par cœur, d'autres les notent toutes sur un papier. «La liste est encodée dans un lap-top que nous emportons dans la voiture», expliquent deux inspecteurs. Et tout en regardant attentivement les plaques qui défilent devant eux dans les rues, ils tapent sur leur clavier... En quelques secondes, leurs soupçons se précisent. Travaillant 24 h/24, les sept inspecteurs des huit sections de la brigade anti-agression parcourent les rues à la recherche du délit, le vol, l'agression... Certains sont à bord de voitures banalisées, d'autres à bord de véhicules de police identifiés. «Dans la voiture banalisée, l'un est en uniforme, l'autre non. Cela permet à celui qui est en civil de descendre du véhicule à la vue d'un suspect et de le suivre en attendant le délit.»  Et l'attente peut être longue... très longue. «Trois heures n'est pas une exception». «On le suit jusque quand il commet son délit. Mais il arrive aussi souvent que l'on se cache à un endroit précis.» Containers, poubelles sont des cachettes idéales! «Nous allons aussi chez des gens. Récemment, nous avons passé des heures derrière une porte à regarder par le trou de la boîte aux lettres!». Bâillonnée et attachée à son lit

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(24.02.2006, 12:42) La famille de la directrice d'une agence bancaire Dexia a été prise en otage par cinq malfrats. Sous la menace d'armes de gros calibre, la directrice a été contrainte de se rendre dans son agence située à Schaerbeek et de vider le coffre-fort de la banque. Le mari et la fille, âgée de 4 ans, de la victime ont été forcés durant ce temps de s'installer dans le véhicule familial. Les malfaiteurs ont pris la fuite à bord d'une voiture volée, qu'ils ont ensuite incendié. Les otages n'ont pas été blessés, selon la police.

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Lors d'un home-jacking, les auteurs jouent sur la terreur pour s'emparer d'une voiture et de cartes bancaires HEUSY Mardi, nuitamment, deux individus, encagoulés et gantés, sont entrés par effraction dans une maison située à Heusy. Un quartier cossu, situé à proximité du centre de Verviers. Une fois à l'intérieur de l'habitation, ils se sont directement dirigés vers la chambre à coucher, où dormait la propriétaire des lieux, une dame de 56 ans. Les auteurs étaient décidés à ne pas repartir bredouilles de leur excursion. Pour impressionner leur victime, ils l'ont tout simplement menacée avec une batte de base-ball, trouvée sur place. Pour que la terreur soit totale, les deux voleurs n'ont pas hésité à attacher leur victime à son lit, ainsi qu'à la bâillonner. Une fois neutralisée, les deux individus ont eu tout le loisir de visiter les lieux, de s'emparer des clés de voiture, de quelques objets ainsi que de trois cartes bancaires. Avant de prendre la fuite, ils ont obligé la propriétaire à leur donner les codes des cartes. La voiture retrouvée à proximité. La police a rapidement été avertie des faits. Accompagnées d'un chien pisteur, les forces de l'ordre n'ont pas mis beaucoup de temps à retrouver la voiture, une Volkswagen Golf achetée récemment. En effet, le véhicule, abîmé à l'avant, se trouvait à quelques centaines de mètres du domicile de la victime. Une enquête a été ouverte pour retrouver la trace des agresseurs. Le labo de la police a analysé le véhicule pour retrouver d'éventuelles preuves. Actuellement, les deux gaillards sont toujours dans la nature. Quant à la victime, même si elle n'a pas été blessée, elle a tout de même été fortement choquée par cette violente attaque.

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Du 4 août au 2 décembre 2005, cinq sac-jackings ont eu lieu au même feu rouge. Les sac-jackings se suivent et se ressemblent. Les malheureux conducteurs sortant du Ring pour se rendre à Crainhem ont tous vu leur vitre passager voler en éclat et leur sac partir entre les mains de deux jeunes gens, vêtus de pulls à capuche. La police est maintenant certaine qu'il s'agit à chaque fois des mêmes auteurs.

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(11 avril 2006) Reconstitution d'un home-jacking. Une propriété a revécu, hier matin, le home-jacking avec séquestration dont ses habitants ont fait l'objet. Le parquet a en effet procédé à une reconstitution des faits, en présence de l'ensemble des protagonistes. Cela a permis de mieux déterminer le rôle joué par chacun des quatre suspects, même s'il reste encore des zones nébuleuses.

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Attention : dans la hotte du brave saint Nicolas peuvent se glisser certains jeux vidéo vendus sur le marché belge et qui sont de véritables manuels initiant à la violence extrême.Le responsable de l'École des cadres de Charleroi pour le Service provincial de la jeunesse du Hainaut est indigné par cette dérive. St Nicolas n'enseigne pas le car-jacking. Un bijoutier a été victime d'un home-jacking dans la nuit de samedi à dimanche. Deux individus armés ont pénétré au domicile du bijoutier, l'ont ligoté et se sont fait remettre, sous la menace, les clés de son véhicule et de la bijouterie. Après avoir quitté le bijoutier immobilisé, les deux hommes se sont rendus à la bijouterie, sans savoir que leur victime avait pu se libérer de ses liens et qu'il avait averti les forces de l'ordre.

 

07/01/2009

Futurologues en goguette

Futurologues en goguette_Chat.jpgLa futurologie a de plus en plus de candidats à la recherche des tendances qui vont faire le futur. Et, si on faisait le travail à l'envers? Si on faisait un travail de Sherlock Holmes à la recherche des erreurs par une comparaison entre le budgété et l'actuel comme on le ferait en comptabilité?

(*)La goguette est une pratique chansonnière consistant à placer sur un air populaire un texte propre. Née, vers 1820, dans des sociétés secrètes.

 

De plus en plus, Madame Soleil, grand style, est concurrencée par de nouveaux "gourous", prédicateurs ou prévisionnistes... Le futur est décidément porteur. En période de crise, c'est encore plus flagrant. Beaucoup d'esprits à la recherche d'un peu de vision sur l'avenir sont demandés. On les appelle aujourd'hui en anglais de "trendwatchers", les "à l'affut des tendances", des sois-disantes "nouveautés" et des "moyen de répondre au présent".

Alors, quand il y a de la demande, il y a de l'offre. Elle devient en plus officielle et gratuite. Ce sont des interviews, des articles, des livres. Les résultats de la consultation de la boule de cristal se retrouvent dans les journaux économiques, scientifiques, informatifs... dans tous les domaines. Inflation de visions futuristes qui aident à y voir plus clair mais qui, aussi, tentent d'influencer les lecteurs dans la perte de repères de leurs ouailles. Internet est loin d'être absent dans cette mise en conformité avec la pensée dirigée. Ce n'est même plus de la pensée unique, c'est de la pensée tout azimut en controverse. S'en sortir pour débroussailler ce qu'on entend ou lit est devenu encore plus difficile dans ce dédale d'opinions. Est-ce un mal d'être averti et d'obtenir une vision d'extrapolation analytique sur l'avenir? Absolument pas à condition que cela ne cache pas un esprit plus pervers.

En début d'année, fleurissent les plus écoutés d'entre-eux. Jacques Attali, pour ne citer que lui, n'a jamais eu autant d'audience auprès de la presse et des émissions télé de tout ordre (la preuve). Ce n'est pas trop grave de donner son avis, de répondre aux interviewers, c'est plus grave si c'est faire peur aux gens déboussolés, si donner le tournis est le but de la manœuvre sans donner de solutions éprouvées et directives à la sortie des examens. Dernièrement, sur un site citoyen, je me suis fais torpillé par un commentaire qui suivait le mien qui se voulait le plus objectif. Je communiquait ce qui était dit dans la presse vis-à-vis des événements très controversés du conflit au Moyen Orient. "La télé, c'est de la m...", était-il répondu de manière un peu moins exotique par "J’aime toujours cette suffisance bebête qui consiste à relayer "ils l’ont dit à la télé". Nous sommes passé de l'exclusivité des médias à une foule de sources d'informations. Sur internet, se côtoient de nouveaux gourous mais qui, souvent, se basent sur des impressions et des intuitions tout aussi partiales. Le citoyen doit s'intéresser mais garder un esprit de plus en plus "analytique" pour se sortir d'un fouillis d'opinions.

La confiance a été perturbée en 2008. Les situations qui se présentent et désarçonnent le citoyen. Raison de plus de chercher par soi-même où sont les vérités et les tendances du futur en analysant tout ce qui se dit dans le monde sur un sujet donné. Étudier comment les choses fonctionnent demande du temps. Des spécialistes en ont fait leur métier. Extrapoler le passé pour donner une idée du futur immédiat d'accord. Aller plus loin relève de l'affabulation.

20080605Crise Pecheur.jpgPour les entreprises, avoir une vision stratégique dans le court terme se révèle déjà comme un jeu d'équilibristes. Le budgété pour un an est loin de faire respecter ses objectifs de rentabilité et n'est là que pour rappeler le but à atteindre. La stratégie n'est même plus transmise vers les membres inférieurs de l'organisation de peur d'être ridiculisé à terme échu. Trop de paramètres manquent devant l'imprévisible. Si par hasard ou miracle, les prévisions tombaient juste, ce sera "je vous l'avais bien dit", sinon ce sera le silence radio, le blackout. Paco Rabanne, avant le passage à l'an 2000, avait rassemblé les fatalistes derrière lui. La fin du monde, rien que ça. Il s'est moins vanté de ses prédictions, par après. J'avais en son temps, jouer ce jeu dans "Le bâton et plus beaucoup de carottes". Amusant, ce jeu de l'imagination. Un rêve de tendances mal contenues d'un auteur qui voudrait démontrer l'indémontrable, mais voulait passer un message en toile de fond.

Tirer les raisons, les tendances du passé sont déjà moins simples qu'il n'y parait avec la lecture des documents d'époque à interpréter pour les historiens. Aucune logique. Seule des hommes face à eux-mêmes et à leur manière de pensée à un moment donné. J'ai fait l'exercice par l'intermédiaire de l'uchronie que j'avais appelé par 'un néologisme l'Alterologie (Alterologie 1) (2 (3). C'est vrai qu'il suffit de tellement peu de choses pour faire changer la face du monde.

Pour le futurologue, s'il présente une suite de scénarios pour technique avec la seule méthode objective, nous pouvons espérer mais ce n'est pas toujours le cas. On passe vite du modèle scientifique au spéculatif et à l'étalage de sa propre peur.

L'Apocalypse est pour demain. 2012 n'est-ce pas une belle année pour en finir? Alors pourquoi pas jouer au terroriste? Faire passer son rêve au niveau du cauchemar est devenu souvent un moyen de faire parler de soi. la population aime se faire peur. Les bonnes nouvelles ne fait pas recette. Alors, la peur, cela mousse bien, ce shampoing-là.

L'écologie joue aussi dans l'effrayant amplifié par le cinéma dans le "Jour d'après". Je ne parle pas des écologistes de terrain qui eux ne font que constater et faire remonter les problèmes. Je parle de l'écologie politicienne et l'imagination du cinéma catastrophe très rémunératrice.

20080618Emplois du temps.jpgNe nous trompons pas sur notre compte: l'homme a été conçu dans l'évolution comme un prédateur et un déprédateur. Pas d'erreur, là dessus. Son intelligence a des effets secondaires notoires qui n'ont plus rien à voir avec l'instinct de la conservation de l'espèce. Les effet collatéraux au progrès sont bien réels même s'ils ont pris du champ dans la virtualité.

L'évolution et la nature restent, malgré tout, les chefs d'orchestre. Elles se chargeront de le lui rappeler, plus durement, s'il ne parvient pas à corriger le tir de ses excès. Raboter les extrêmes. Aucune fatalité là-dedans. Seul un jeu de « rollback » ou de « flowback » dans une autorégulation d'actions et réactions face à une foule de données enregistrées dans le passé.

Nous sommes dans une chaîne de vies et de morts en plusieurs chapitres. Toujours dans le même cycle parallèle de respect de l'un par rapport à l'autre. Les animaux apprennent, par le jeu, leur devenir de chasseur ou de chassé. Nous peut-être par le jeu vidéo. Toujours à la recherche d'un idéal parfait qui ne sera jamais atteint, ce qui fera le charme de l'inconnu à la poursuite de son salut. A nous de prouver que l'on peut passer les étapes les plus difficiles avec patience et réflexion. L'universalité d'internet dans la confrontation des idées est un atout à condition de ne pas le polluer.

Des exemples d'erreurs magistrales d'appréciation d'un futur possible sont nombreuses?

Dans les mois qui ont précédé, le pétrole est passé en quelques mois d'un prix de 150$ à celui de 40$. Spéculation? Évidemment. Mais, ce n'est pas tout. Il y a la demande qui a chuté et les stocks au zénith qui sont aussi des signes de gestion au coup par coup, soit suite à un hiver plus ou moins rigoureux, soit suite à une rationalisation des moyens.

20080609Clinton Obama.jpgIl y a l'"effet Obama" qui commence à apporter ses effets. En été, l'inflation n'avait jamais été aussi forte depuis plusieurs années, elle est tombée à 1% en fin d'année. Le dollar reprend du poil de la bête par rapport à l'euro. Nos exportations européennes reprennent du coup des couleurs. La Bourse, elle-même, qui anticipe toujours, a pris le chemin inverse à la descente aux enfers.

La pollution dans les villes est trop forte, on réduit les vitesse jusqu'au moment où cela s'arrête.

L'argent n'existait plus dans les caisses des états. La crise arriva et des geysers d'argent se présentèrent comme sorti de nulle part.

Les prix baissent quand il y a une perte de pouvoir d'achat.

20091207Prix baissent.jpgNon, la peur n'est pas le meilleur moyen de faire prendre conscience de l'avenir. Il y a les réactions aux réalités et, peut-être, l'utopie que l'on oublie et qui brise aussi certaines frontières. Les réalités ont tellement besoin de l'innocence pour se motiver.

Motiver par le rêve, l'envie d'apprendre, d'appréhender les réalités en connaissance de cause, voilà peut-être les moyens d'assumer le futur. Elle ne pourra se faire que de visu dans le monde du vivant sans intermédiaires.

La nature, elle sera toujours là comme professeur, comme garde-fous ou comme ennemie si l'on n'y prend garde. Voilà, une autre manière de présenter le futur. Abdel Malik chantait "Circule Petit, circule". Aller s'informer des situations sur place et en rapporter des anecdotes qui comblent les trous des écrits officiels et des dictionnaires. Alors que ce soit de "Vu du ciel" ou du plancher des vaches, il faudra s'y intéresser. Sortir de ses frontières pour aller voir sur place dans le monde. Trop de protestataires aux événements se brûlent les ailes à la seule question "êtes-vous allé sur place pour constater et vérifier?".

Du côté des bides dans la futurologie, il y en eu dans beaucoup de domaines: les fausses espérances de l'aviation, l'éclatement du bloc soviétique, la crise d'aujourd'hui, qui même si certains en sentaient les prémices, n'en ont jamais imaginé l'ampleur. Pourquoi le futur nous intéresse tant? Pourquoi vouloir vieillir plus vite que le temps? Questions sans réponse.

Et si on prenait le temps de faire l'analyse à postériori de certaines de ces prévisions? Comme j'ai quelques livres de futurologues de profession ou de tendance, je vais m'atteler à en retrouver les points forts et les faiblesses de leurs prédictions. Cela viendra bientôt.

Dans notre vie que l'on dit post-moderne, il faudra de plus en plus consacrer de temps au traitement de l'information analogique, celle des hommes, comme on s'est intéressé à celle du numérique avec les ordinateurs en fin du siècle dernier. Les conseilleurs ne sont toujours pas les payeurs et certainement pas en virtuel.

Car, tout est dans tout et inversement.

 

L'Enfoiré,

 

Sur Agoravox, des futurolgues?

 

Citations:

 

  • "Je préfère un futur imprévisible à un futur imposteur.", Maurice Schumann

  • "Je ne pense jamais au futur. Il vient bien assez tôt.", Einstein

  • "Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire". Nietzsche

  • "La futurologie consiste à prévoir des tendances fortes qui construisent l'avenir. On parle aussi de prospectives ou en anglais de"technological forecasting". Les anglo-saxons appellent aussi les futurologues des "futurists". En fait aujourd'hui, la futurologie s'appuie sur une série de méthodes bien définies telles que : l'extrapolation linéaire, l'analyse fonctionnelle, la simulation sur ordinateur, les Delphi, les arbres de pertinence et l'usage de scénarios. Le plus souvent, on fait une combinaison de ces différentes méthodes pour arriver à mieux étudier notamment les tendances convergentes. ", Joël de Rosnay


20090106Rois mage Israel.jpg"A regarder les télés, à écouter les radios, à lire les journaux, on se demandait, ces jours-ci, si la consommation n'était pas le surmoi des médias. Car voilà, j'ai passé deux semaines où les questions traditionnelles, du genre : « Y aura-t-il de la neige à Noël ? », furent remplacées par ces interrogations postmodernes et contemporaines que sont désormais : « La crise affectera-t-elle les cadeaux de Noël ? », « La récession aura-t-elle un impact sur les réveillons ? », « Les soldes vont-ils connaître une dépréciation ? »… Mais, au fur et à mesure, comme si l'on nous livrait des nouvelles du front, nous fûmes progressivement rassurés. Le cours de la dinde restait stable, comme celui du sapin et celui des paquets sous le sapin. Les cotillons avaient la cote, les confettis s'égaillaient, le feu d'artifice même fut de retour. Quant au premier jour des soldes, il se solda par un communiqué de victoire et pour ce qui était des séjours à la montagne, on nous fait vite savoir qu'il n'y avait plus un ski à louer ni une chambre à trouver. Nous vécûmes ainsi, 15 jours de confiance retrouvée. De sorte que l'on se demanda aussi de quel enthousiasme il nous faudrait encore faire preuve, nous autres consommateurs, pour que les médias s'en aillent dire aux bourses d'enfin rebondir et de sautiller encore. De sorte aussi que nous sortîmes de ces 15 jours passablement harassés : car ça oui, nous l'avions fait, notre boulot ! Petits porteurs de cadeaux et de cabas, sans doute, mais ouvriers qualifiés de la croissance positive, certainement. Aussi bien, nous autres qui sommes piètres économistes, voudrions avancer deux solutions qui n'en font qu'une : que les prix soient plus bas tous les jours et que ce soit fête toute l'année. Certains d'ailleurs l'ont bien compris puisque c'était hier l'Epiphanie et que c'est aussi demain. Nous aurons donc deux fois l'occasion de tirer les rois. Mais à bien y réfléchir, fêter deux fois Gaspard, Balthazar et Melchior n'est pas du luxe par ces temps bibliques. Car aujourd'hui, voyez-vous, on pense beaucoup aux Rois Mages et aux difficultés qu'ils auraient eu à choisir la bonne étoile avec toutes ces lumières dans le ciel, en terre sainte. Allez, belle année et puis aussi bonne chance." , Paul Hermant de la RTBF

 

 

01/01/2009

Hasard du temps et de l'espace

Le hasard du temps_Dés.jpgLe destin, dans la plupart du temps, est déterminé par un coup de chance ou de malchance. Souvent, un concours de circonstances va, ou non, orchestrer notre vie entière. En ce début d'année, examinons ce qui peut construire ou détruire le bonheur d'un homme.
 

L'Euromillion venait de tomber avant Noël en Belgique. Vainqueur du dernier tirage de l’Euromillion, un habitant de Riemst en Belgique a fait cadeau pour Noël de 3,75 millions d’euros – la moitié de sa nouvelle fortune – à répartir entre les familles en difficultés de sa ville.

Plus belle histoire pour Noël est difficile à trouver en ces temps où le mot "crise" apparaît sur toutes les lèvres. Personne ne se pose la question de savoir comment va pouvoir s'organiser la nouvelle vie de ce "chanceux". Des gagnants précédents existent et ont regretté leur vie d'avant.

Hasard du temps_2008.jpgAlors, le bonheur, est-ce l'indispensable illusion, comme l'écrivait le Nouvel Obs de cette fin d'année 2008. Sujet tellement actuel que la recherche du bonheur à tout prix ou quand une crise inhabituelle surgit.

Toutes les places, tous les sillons de la vie existent et sont prêts à fonctionner pour chacun d'entre nous. Un même parcours scolaire ne mène pas au même résultat. Qu'on appelle cela "destin", de "fatalité", de "chance" ou de malchance, il y a une foule de paramètres qui influencent.

Se retrouver dans les rangs d'un candidat qui fait partie d'une "dynastie" fera sauter votre ticket d'entrée d'une à plusieurs places. Quand le nombre d'appelés est limité, le nombre d'élus se minimise et les privilèges ressortent un à un de la boîte.

Les dynasties n'existent pas que chez les rois.

Nous naissons égaux, oui, mais il existe de "plus égaux" que d'autres ou de plus préparés à l'être. Il n'y a aucune injustice à ce que certains soient petits et d'autres grands. L'injustice réside dans la société qui accorde arbitrairement plus de privilèges à l'un au détriment de l'autre sans raison de qualités et de compétences. Une liste de fils et de filles qui ont suivi les traces des parents est assez explicite.

Les entreprises avec les activités qui se poursuivent de père en fils se perdent un peu évaporées derrière les multinationales encore plus gloutonnes que les fondateurs. Certaines professions comme les notaires, les médecins, les politiciens qui se retrouvent souvent chez les fils, sont des situations qui ne sont pas si rares.

LLe hasard du temps_Alpiniste.jpga filiation n'est pas une assurance de succès dans la vie. Porter le nom de son père quand on fait le même métier peut même se révéler un fardeau. Passer le flambeau peut ne pas être un cadeau. La comparaison entre l'original et la copie peut dégrader les mieux aguerris. Le népotisme qui pourrait se cacher derrière la relation peut se retourner contre le challenger. Maintenir ou accroître la notoriété familiale par l'intermédiaire des gènes peut être gênant en définitive. Enfants de chanteurs et de médiatisés de toutes sortes sont parfois les premières victimes. Les professions libérales (avocats, médecin, notaires...) entrent plus "normalement" dans ce jeu de transfert. Les coups de pouce, le réseau de relations vont favoriser en principe l'intronisation des "filles et fils de" dans la cour des Grands. Il est vrai que "tomber dans la marmite", dès la plus tendre enfance, donne un avantage indéniable par rapport aux jeunes anonymes moins chanceux par l'imprégnation du milieu professionnel et les études supérieures de leurs parents. Prendre la succession d'un indépendant en ne partant plus de zéro est aussi un plus pour le néophyte. Des dangers le guettent pourtant car le modèle peut malheureusement avoir amassé quelques tares au passage d'un environnement qui a dénoté. Sortir du carcan du cocon de la sphère familiale restera la meilleure porte de sortie en cas de distorsions incompatibles pour faire ses preuves avec un autre flambeau, sans le souci de devoir ressembler dans ses actes à ceux de papa. Celui-ci pourra alors, tout de même, penser s'effacer devant son rejeton l'âme en paix "travail accomplis".

A la naissance et un peu plus tard, une famille unie qui se penche ou non sur le berceau est le premier catalyseur, le premier succès. Les familles mono-parentales sont devenues tellement courantes que ce n'est pas une idiotie de le mentionner.

A l'école, il y a le bon prof qui montre le chemin et qui donne sa chance à un élève. Sera-ce "Mozart qu'on assassine" ou qu'on laisse exercer son besoin de faire de la musique?Hasard du temps_Elvis.jpg

Georges Bush a pu espérer prendre la présidence grâce à la fortune de papa. On connait aujourd'hui les problèmes que cela a créés. Priscilla Presley vit encore, rentière, grâce aux rentrées substantielles d'Elvis, son époux pour un temps, qui est actuellement la personnalité décédée qui génère le plus de dollars annuellement à titre posthume.

Dans l'instruction, des écoles privées ont plus de prestige que d'autres. Des professeurs "plus adaptés" y enseignent. Cela se sait et il ne faut pas chercher bien longtemps les classes dans lesquelles les mandarins auront envoyé leurs enfants. Le niveau de minerval nécessaire est une bonne source d'information. La RTBF programmait, il y a déjà 3 ans, un documentaire intitulé "École de rêve en Suisse". Le collège "Beau Soleil", dont il était question, n'hésite pas à fixer le montant du minerval à quelques 50.000 euros par an. L'exemple de Romain et Boris, deux élèves belges, étudiants dans ce collège alpin international réservé à une élite très aisée de fils d'hommes d'affaire, de stars ou d'hommes d'État. L'infrastructure des lieux était luxueuse, les activités faisaient rêver. L'objectif des cours, c'était de développer l'ambition par l'effort maximum, de cultiver la responsabilité et le respect. Le minimum ne menait à rien, telle était la doctrine. Rigoler uniquement quand c'était le moment. La journée commençait par une heure pour se préparer le matin, rendez-vous dans la salle de sport ou à l'extérieur pour le cours d'escalade. Ensuite, en uniforme, utilisation de matériel High Tech et les cours de Sciences Politiques, de langues du monde, de bonnes manières (jusqu'à l'usage des toilettes, pour l'ambiance et les moments de sourire). Le directeur était, en premier, un businessman, preuve de bonne préparation. Côté positif, peut-être, pour accompagner le bon enseignement, le port de l'uniforme, l'emblème de l'école pour souder le groupe en une entité dans laquelle chaque membre se sentirait heureux de faire partie. La mode n'y avait pas, en effet, droit de cité et le collège refusait la "dictature des marques".

Sans passer par cette filière prestigieuse, cela ne veut pas dire que faire son trou sans faire ce bond en hauteur pour viser des sommets où l'atmosphère est souvent raréfiée, ne soit pas possible. Une vie pleine, heureuse et réussie existe sans ces préalables exceptionnels. Certains jeunes vont plus loin, sautent toutes les barrières et n'en sont que plus méritoires s'ils réussissent.

Une interview m'avait interloqué. Une petite dame exerçait un métier sorti tout droit de l'ombre et de l'histoire et dont j'ignorais jusqu'à l'existence. "Stoppeuse", connaissez-vous ce métier hors du commun et pourtant très utile? (non pas une "auto-stoppeuse", du verbe flamand "stoppen": "repriser") Il faut se balader dans les rues de Bruxelles, du côté de la rue Haute, pour rencontrer cette vieille dame de 84 ans qui touchait au textile tous les 7 jours de la semaine depuis 68 ans. Unique "stoppeuse", elle répare costumes, robes et vêtements de toutes sortes qui auraient eu la mauvaise idée de s'égarer dans les fils barbelés par exemple. Retisser fil à fil, une passion pour elle. Jusqu'à la famille royale est cliente de cette bonne dame, sans pour cela, vouloir tailler une bavette avec elle malgré le doux accent du terroir plein d'humour. Les touristes ne décolleraient pas de sa vitrine. Elle ne savait toujours pas quand elle allait prendre sa retraite quand le reportage eut lieu. Autre époque, autres jobs.

Le film "Fauteuils d'orchestre" voyait le ratage de vocation par l'autre bout de la lorgnette. Les personnages du film qui apparemment auraient dû se sentir privilégiés par leur position ne l'étaient pas du tout en réalité.

Notre monde est ainsi fait. La chance de trouver la voie pour laquelle on a été fait n'est souvent qu'un hasard de circonstances dans lequel nos premiers pas se seront posés. Et le résultat est loin d'être garanti sur facture. Mais, chacun, dans le fond de sa mémoire, pourra dénicher une événement, une étincelle qui aura manifestment orienté sa vie future.

"J'aurais voulu être un artiste", chantait-on du temps de Starmania. Un article m'interpellait dans l'Echo à ce sujet. Il s'agissait du grand patron de Belgacom, Didier Bellens. Titre: "Ce qui m'est arrivé, je ne le souhaite à personne, pas même à mon pire ennemi". Il parlait des difficultés avec son conseil d'administration. Trop attentif aux chiffres, trop peu de visions et de stratégie, de ne pas prendre assez de risques, lui reprochait-on. Les médias le pointaient comme un "profiteur" avec des parachutes dorés, tout en ayant la crise à gérer en évitant les produits financiers structurés à haut rendement qu'il ne pouvait pas connaître et qui ont été, en définitive, les fossoyeurs de l'économie, aujourd'hui.

Nous sommes, un peu à l'instar des atomes, des entités qui se rencontrent, qui s'entrechoquent et qui prennent une direction à vue, à l'intuition, en rapport à la destinée de départ ou d'une autre moins encline à nous satisfaire. Mais chacune de ces "entités cosmiques" a sa raison d'être.

Hasard du temps_Salaire.jpgDe l'"Égalité des chances", un ministre s'en occupe, chez nous. Mais existe-t-elle vraiment tout azimut? C'est une notion infinitésimale par excellence. Jamais atteinte, toujours espérée. Créer des clones, qui ne pourrait que copier l'intérieur de soi, oublierait que le temps et l'environnement changent et évolue. Est-ce un mal? Un monde uniforme serait-il à la base du bonheur mondial? Rien d'évident. Que de présidents, de médecins, de patrons en perspective. Quelle dévaluation des tâches subalternes et du haut de gamme par la même occasion. Le pluralisme d'idées et de statuts restera la panacée de l'équilibre. Vouloir aller à gauche quand d'autres vont à droite donnera sinon du travail mais une motivation et une volonté de vouloir se sentir bien dans sa peau indépendamment du niveau social. Ce sera hasard du temps, de l'espace et du "moi".

Bien à propos, le Nouvel Obs de fin d'année relevait toutes les voies de la recherche du bonheur. Toute une histoire. "Une indispensable illusion dans la continuité" revue et entretenue par la philosophie, la Religion, la Science en transitant vers les psy. Un programme à multiples facettes qui incarnerait jusqu'à l'Immortalité, alors que tout le monde sait que le bonheur est fragile et éphémère et qu'il se réfugie dans des instants de joies très fugaces et très dépendant de paramètres souvent indépendants de nous mêmes. Bonheur dans l'innocence, dans l'incohérence joyeuse de l'optimiste ou dans le réalisme trop froid du pessimiste? Idéologie du progrès qui est loin d'avoir fait rimer ses aspirations avec les réalisations. La compétition était au détour du chemin avec ses dégâts et ses laissés-pour-compte.

J'ai déjà eu l'occasion de parler de philosophie par deux fois (1). et (2). Je ne reprendrai que les grandes lignes des articles du Nouvel Obs.

Par la philosophie, les Athéniens de l'antiquité ont inventé le bonheur, leur propre bonheur pour ceux qui en avaient le pouvoir, le temps et les moyens, en maître de leur vie, avec le plaisir comme fil rouge. Epicure, Aristote ("Ethique à Nicomaque"), Sénèque, Socrate en sont les moteurs principaux. La démocratie "à la grecque" comme outil de propagande par une publicité si pas mensongère mais certainement partiale. Marc-Aurèle, lui, pensait trouver le bonheur par le seul "devoir". Rencontre entre jouisseurs de plaisirs et masochistes de la vertu, stoïcisme et épicurisme, pour consentir au réel sans transformation.

Montaigne avait pris la lucidité et l'"amitié miraculeuse" comme guides. Amitié "magique" qu'il perdit très vite pour retomber dans la mélancolie. Spinoza inventa l'éthique humaniste de la joie de vivre avec la Nature à destination de l'être humain en parfaite connaissance de tous les acteurs et promoteurs dans une sorte de pacte social.

Utopies philosophiques qui s'étaient poursuivies au XIXème, le Siècle des Lumières? C'est à voir. Surtout à la charnière de plusieurs mondes qui se trouvent en difficulté, se cherchent un nouvel élan sans tomber dans le réalisme platonique de Kant ni dans la religion du bien-être avec un rendez-vous au paradis pour récompense.

Le hasard du temps Enfoiré.jpgLes neurosciences s'intéressent au Bouddhisme, au renoncement de l'ego, par la compréhension du monde trouvée par la méditation et l'altruisme.

 

La science, c'est pour le Nouvel Obs "La mélodie des neurones" et ce n'est jamais le bonheur qu'au bout du chemin... à l'infini. Le hasard du temps Peur.jpg

Chercher à tout expliquer ne rassure pas ses auteurs. Une théorie en efface une autre. La "Théorie du tout" que nous venons d'apercevoir ne répond pas à toutes les énigmes. Le bonheur n'est pas contagieux, est-il dit. Dans le monde de la science, on analyse et on comptabilise tout. "La diffusion du bonheur dépendrait plus de la fréquence des contacts que de leur profondeur". Quand il s'agit d'évoluer ou de mourir, seuls les psys tirent leur épingle du jeu. Pourtant, les pilules sans les effets secondaires, cela n'existe toujours pas. Une nouvelle dépendance pourrait renvoyer la question du choix de vie de la jungle vers le zoo.

La vision grecque de sagesse a été souvent reprise dans nos années 80 pour expliquer la tendance montante à l'occidentalisme. Celle de Montaigne s'est retrouvée exponentielle aujourd'hui sous forme de l'armée d'amis de Facebook. Celle de Spinoza pourrait bien servir en temps de crise à la recherche du "bien véritable". Morale de l'"utile propre", épanouie et sans préjugés. Exactement à l'opposé de la publicité qui a prôné dans la société de consommation.

Le hasard du temps Discours.jpgAujourd'hui, les espoirs se fondent souvent sur du sable, sur une impression. Sable qui peut tout faire ou défaire. La lune de miel avec Obama n'est qu'un exemple de cette décharge de responsabilités sur une tête. Trouvera-t-elle le succès dans la durée et le bonheur par son éclairage? Confiance dans la délégation de ses responsabilités sans le partage de celles-ci se termine souvent pas un problème plus important. Un nouvel équilibre du pouvoir économique mondial pour rendre viable l'interdépendance accompagnant la mondialisation. La philosophie américaine a envahi l'Occident par ses pratiques consuméristes. C'est la source des problèmes d'aujourd'hui a rectifier le tir en premier en finançant des investissements dans les secteurs de l'éducation, de la technologie d'avenir avant de se préoccuper de Wall Street. "2008, l'année du Rat" pour les Chinois. "2008: annus horribilis" pour les investisseurs, séisme pour d'autres. Les crises ne sont jamais inutiles. Elles sont les garde-fous des entreprises humaines.

Cette fois, Le hasard du temps Rat.jpgdans une courbe en graphique, pour retrouver le point zéro de l'abscisse, ce sera plus long, plus dur, proportionné à la profondeur de la chute de confiance. Épuisement des idéologies? Y a-t-il d'autres voies pour sortir des ornières de manière générale et fondamentale? Certains voient les erreurs de la productivité et de la compétition dont on sort difficilement tellement elle est ancrée dans des réflexes de survie jusque dans le sport, à la recherche des médailles pour se sentir exister. La solidarité poussée en avant comme secours de dernière chance a déjà reculé dans cette période de crise, en replis sensible, en simple auto-protection. Il est clair que la gouvernance économique mondiale devra trouver plus qu'un gendarme sur son chemin pour fonctionner dans le long terme et prendre un habit d'éclaireur. Pour en sortir, dans le court terme, on pousse, dès lors, à faire re-consommer en oubliant que c'est faire retourner la "machine" sans en changer les pièces ni le mode d'emploi. "La question n'est pas de savoir combien de temps la récession va durer, mais plutôt : dans quel état sera l'économie au sortir de la récession" (Joseph Stiglitz). "Eviter la déflation, pas la récession". Le défi consite à mettre ensemble en place une mondialisation politique pour réassurer la mondialisation économique" disait l'économiste Nicolas Baverez.

Contrairement à ce que croit l'homme post-moderne, il est possible de couper beaucoup de besoins qui n'existent souvent que par l'habitude. Les pays dit "en voie de développement" le prouvent. L'individualisme contemporain peut très bien être profitable à condition d'en prendre connaissance et de le partager en connaissance de cause avec le bien commun comme but final. L'argent est fait pour rouler, ne l'oublions tout de même pas trop, en prennant le contrepied à cette société qui a perdu ses repères.

Aux fusions de sociétés, préférer l'échange d'actions ne serait qu'une approche du problème en faisant progresser tous les acteurs plutôt que le dernier gagnant. Élimination de l'idée d'être zombies du travail en revenant à la réflexion.

En période de détresse, "fleurissent" aussi des charlatans, des gourous, dont il faudra toujours se méfier.

Dans le haut de gamme, on a pris l'habitude de s'acheter son paradis en se réfugiant derrière des Fondations. La crise va seulement rétrécir les budgets de la publicité et des dons. Wikipedia s'en est fait l'écho le premier sur toutes ses pages.

Les griffes au vestiaire pourrait-on souhaiter? Au contraire, être présent, à sa place et la revendiquer. "Taire le silence", ai-je écrit. Par la méditation qui part de l'intérieur pour aller vers l'extérieur. Chacun a son rôle à jouer. Le but à atteindre est clair, la technique l'est moins et sera toujours à adapter aux circonstances.

Faut-il avoir toujours un os à ronger devant le nez, une trique aux fesses pour faire avancer le schmilblick? Une sorte de fatalité fabriquée, orientée pourraient être une manière de la pensée moderne à évoluer. La démocratie moderne, celle que les Grecs n'avaient volontairement pas prônée, n'existera que quand le pouvoir sera attribué par projet et plébiscité en parfaite harmonie, par élection par tous et pour tous ceux qui, motivés, devront y participer. Humanisme égalitaire contrôlé en fonction des compétences et des motivations reconnues des deux côtés de la barre du commandement.

Gloire à ceux qui partent de rien, car, au moins, ils se trouveront face aux vrais valeurs. "Heureux ceux qui n'ont rien" disait sœur Emmanuelle, élevée à la personnalité féminine de l'année 2008 en France. Gloire, aussi, à ceux qui auront trouvé les clés du bonheur dans l'absence des gadgets et des passions aliénantes de nos existences pour le trouver dans le travail accompli, perdu, lui, dans les affres du pouvoir idiot qui avait trop pris le poil de la bête.

Le hasard du temps_Le Chat.jpgPour les autres, chantez : "Auteuil, Neuilly, Passy" avec les Inconnus, car... "On ne choisit pas les trottoirs de Manille, de Paris ou d'Alger, pour apprendre à marcher...", surenchérissait Maxime Le Forestier. Le capitalisme débridé, dérégulé a vécu. L'imbrication des peuples existe, bel et bien. Le problème du vieillissement, chez les uns, celui de la jeunesse sans travail ou très mal rémunéré, chez les autres.  

Alors, est-ce "Le bonheur d'en face"? A vous de le (re)découvrir pour 2009. Défit mobilisateur, que cette année.  

"Les ronchons et les tristes se sont moins bien débrouillés dans la lutte pour la survie", disait D. Lykken.

Le hasard du temps Félicitations.jpgA ce propos, les desseins pour 2009, notre bonheur ou malheur sont déjà fixés pour la Belgique. 

Cherchez pas Docteur, le bonheur, tout est dans la tête. Ce n'est pas une opération à cœur ouvert, ni une affaire d'abondance matérielle, mais toujours dans une communion de hasards à la rencontre du temps et de l'espace. Alors, regretter l'occasion d'avoir une joie de vivre ou au moins de survivre... en 2009, en 2010.

Le temps "temps" n'a pas été aussi froid depuis le réveillon de 78-79. Un signe? "Heureusement", il y a le réchauffement climatique qui va changer tout cela (oui, je sais climatologie et météorologie, c'est pas la même popote...). Du côté portefeuille, ce sera de nouveaux sketches en solde de manière encore plus exacerbée.

So, good luck, everybody. Yes, we can in 2009. If it's not the case, imagine it done...  

 

L'enfoiré,

 

Remerciements tout particulier à KIF et bonne année 2009 

 

Citations :

  

  • "Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul", disait Cyrano de Bergerac

  • "Chacun est le fruit d'une éducation mais le plus grand éducateur, c'est la personne elle-même", Ludmilla Oulitskaïa

  • "L'intelligence c'est l'étoffe, l'éducation est la teinture, or quand la teinture est mauvaise, elle gâte l'étoffe", Claude Tillier

  •  "L’homme qui est conduit par la raison est plus libre dans la société où il vit selon le décret commun que dans la solitude où il n’obéit qu’à lui-même.", Spinoza

 

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