26/02/2009

Dilemme-moi

Dilemme moi_Cerveau.jpgA la croisée des chemins des choix s'imposent, mais ils sont des plus ardus et stressants car les risques sont parfois trop importants. Les dilemmes sont au rendez-vous avec nous. Alors espérons que nous prenons les bonnes décisions.

Agir, entreprendre, y aller ou ne pas y aller? Telle est la question. La vie suit une foule de questions et de décisions dans l'évolution de nos idées à mettre en compétition avec celles des autres. Véritable dichotomie de la pensée que ne rebuterait pas l'algèbre booléenne.
Prendre la porte gauche en lieu en place de celle de droite tout en gardant la pensée qu'il peut subsister une à l'avant et une autre à l'arrière donne souvent le vertige. Quelques petits exemples pratiques:
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La
technologie, d'abord, ne demeure pas en reste face aux problèmes, aux choix et aux solutions qui s'offrent dans ce déluge d'idées de développement qui foisonnent dans les esprits les plus fumeux de nos imaginations modernistes ou même post-modernes.
La miniaturisation est un exemple flagrant dans le domaine. Tout étant devenu possible en théorie, mais de plus en plus, aussi, en pratique. Dans ces conditions, garder les deux pieds sur terre et sortir du rêve demandent tout à coup un courage et un esprit dubitatif inattendu.

Un GSM miniaturisé au maximum est parfaitement dans les cordes du technicien. Mais dans cette optique, pour composer le numéro de sa "chère et tendre", il faudra s'escrimer avec l'énergie du désespoir pour le faire dans les temps avec les mini-touches dont notre beau joujou sera muni et, bien sûr, avec l'aide de lunettes adaptées sur le nez. Le numérique a oublié les contraintes de l'analogique. Voilà, ce qui nous attend si l'on n'y prend garde: l'inutilisable n'est plus loin. Le consommateur aura vite compris qu'il n'y a pas que l'avantage de la petitesse pour garer son fameux "G" dans la petite poche du haut et que la panacée du praticien est ailleurs. Quand on pense aux technologies successives dans son emploi général et généreux, on ne peut qu'appuyer l'idée de l'approche du seul gadget pour pousser à la consommation et par le marketing.

Grâce à la technologie, le dilemme ose disparaître dans cet appareil génial au passé assez récent mais qui a définitivement ouvert un futur illimité. Certains nouveaux mobiles se perdent un peu dans leurs fonctions disponibles. Gardant une esthétique avec un écran 65.000 couleurs de plus en plus précises et un format harmonieux, ils sont devenu tour à tour appareil photographique numérique avec résolution VGA avec zoom 4X, bloc notes d'images visualisés sur l'écran TFT, enregistreur de vidéo synchronisé par MMS, relié par Bluetooth à l'imprimante externe (tiens, externe !), lecteur de multimédia de fichiers audio de tous les formats usuels, chargeant tous les jeux et sonneries disponibles pour les moments de solitude, et, j'oubliais, en plus ils téléphonent avec une quatrième bande pour capter... probablement pour communiquer avec les Martiens. Au départ, les téléphones portables, avec quelques kilobits par seconde de transfert, permettaient, en plus du coup de fil, de diffuser des SMS et ses quelques caractères. La xème génération, les GSM se sont vu doté du GPRS en montant à 48 kbit/sec. L'UMTS a nécessité ses fameuses licences hors de prix pour les opérateurs de téléphonies arrivaient à 390 kbit/sec, ce qui permet d'écouter la radio, la vidéo téléphonie. Il a du plomb dans l'aile. Présenté à Barcelone, le HSDPA passera à la vitesse supérieure à 1,9 MBit/sec qui correspond à la vitesse de transfert de l'ADSL. Le conflit avec la téléphonie fixe n'est qu'à ses débuts mais il risque de faire des dégâts et pas nécessairement uniquement là où on croit. La télévision mobile sur son GSM a dépassé le rêve et est à portée de technologie comme cela l'a été d'abord en Asie. Nous revoilà en plein dilemme du besoin de grand écran sur mini portable pour garder l'espoir d'un cinémascope plus ou moins raboté sur les bord. Faire de la vidéo retransmise sur internet est annoncé comme une évolution intéressante. Des lunettes spéciales seront-elles fournies à l'achat?


Le PC portable, cet outil de tous les jours avec lequel on veut se voir accompagné dans tous nos déplacements, demande également à se faire tout petit dans certains cas et tout grand dans d'autres. Le Netbook lance la mode des mini-minis, petits et légers pour se faire oublier au maximum pendant le transport et le plus grand pour disposer d'un outil à bonne dimension pendant son utilisation. Le WiFi est devenu le seul moyen de vendre un PC portable. Pourtant un "Question à la Une", récent, se posait la question "Les ondes électro-maléfiques: une bombe à retardement?". Internet, dans la même émission s'inquiétait de notre vie privée. La prudence n'est-elle pas la mère de la sécurité?

Pour ce qui du clavier, n'en parlons plus, même désillusion que plus haut pour le GSM. La transcription de la voix n'est pas encore au point, et cela en toutes les langues. Alors, le clavier, les chiffres et les lettres se cachent toujours derrière un jeu que seul les habitués trouveront pratique.

Car, à l'écran, ça se corse fameusement aussi de ce côté! Ce n'est pas les dictionnaires internes qui faciliteront un utilisateur attentif en utilisant de manière aveugle la génération automatique des mots. Une taille réduite empêche de voir ses beaux tableaux de chiffres et des lettres en entiers avec l'aise requise à la décision délicate que nous sommes appelés à prendre quand la vue n'est plus ce qu'elle était dans la prime jeunesse. Des projets existent aussi pour supprimer la rigidité de l'écran et de pouvoir l'enrouler ou le plier pour lui donner une taille plus dans la norme. Compromis technologique, mais l'écran restera-t-il toujours aussi beau et lumineux?

Pour preuve que le dilemme de l'écran existe bel et bien et qu'il suscite des recherches dans les deux sens, il est intéressant de voir que des développements parallèles dans l'"infiniment" grand persistent et signent dans la voie opposée qui offre une vision des informations avec un confort de plus en plus grand.

Il existe un principe de base qui fait espérer que la machine a été conçues pour l'homme et pas pour l'homme esclave de la machine. L'échelle de l'un n'est qu'une borne de passage. Pour le vrai, c'est une borne infranchissable. Sinon, il faudra bien se demander pour qui nos engins modernes ont-ils été conçus? Le champion des minis ou des maxis, c'est bien pour épater la galerie, pas pour ceux qui en font partie.

Dans ce domaine du grand format, les profusions de possibilités et les idées foisonnent tellement que bientôt une confusion, une fusion entre la TV et le PC va tôt ou tard se produire dans un avenir très proche.

Les connections et la réception des images télés et d'Internet par le biais du câble, de ADSL ou même l'Internet par la prise de courant ont aussi donné un dilemme dans l'esprit de l'acheteur.

Les exemples, en cherchant bien, abondent et ce sont les études du marketing et les statistiques d'utilisation qui resteront pour aiguiller le développement de manière la plus efficace. Mais Microsoft a des idées sur le futur.
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20090111VanRompuyObamaDati.jpgFaire des lois en
politique est aussi un véritable parcours du combattant avec des dilemmes plein la vue. Élaguer les options nécessite transpiration, discussions orageuses et nuits pour accoucher du texte qui aura trouvé l'assentiment de tous les partis en présence. Les nuits épiques, avec un contrat obligation de solutions au "finish" et au "forcing" en dernière minute sont devenues à la mode dans les discussions gouvernementales. Cette manière de travailler est devenue un grand "classique", une tactique qui révèle une volonté de réussir coute que coute en utilisant l'aide de la fatigue qui donnera la souplesse nécessaire à la résolution de conflits majeurs. Quant au vote de la population il vaut mieux passer le sujet pour ne pas effrayer la galerie.

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La justice est réellement le nid des dilemmes les plus ardus. Pour le juge et pour les jurés, avoir à décider la culpabilité ou l'innocence d'un inculpé au risque de se tromper ou de décevoir la partie civile d'un procès fait partie des problèmes les plus durs qui soit pour le moral du décideur. Mon ancien article "Ote ton bandeau et ajuste ta balance" en a relevé les points marquants.

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20090211Fortis assemblée.jpgDans les
sociétés, le patron, qui appose sa signature au bas d'un contrat, doit avoir souvent ressenti la sueur perlée au bas du dos. Pour s'engager parfois pendant plusieurs années, ressasser les clauses du contrat et le cahier des charges en mémoire s'impose car les chemins du succès et de l'échec sont tellement proches.

On peut parler d'un véritable voyage d'exploration au "pays de la décision". Atteindre l'idéal à coup sûr dans ce domaine est un mythe qui ne trouve pas toujours sa place entre raison et pulsion. L'intuition féminine aide parfois en voyant des chefs d'entreprise du sexe dit "faible" qui réussissent très bien. La logique est souvent mise à mal dans les faits résultants d'une entreprise. Alors, la spontanéité, c'est bonjour les dégâts ou le coup de bol de la surprise. Deux individus différents confrontés à un contexte identique prendront très souvent des chemins différents. C'est dire qu'il est souvent bon de discuter longuement avec les "alliés" et de connaître le mieux possible l'autre côté du miroir avant le choix décisif. Les artifices du "vendeur" sont trop nombreux pour les sous-estimer. Véritable sport que de jouer avec l'autre partie, exercice sportif, aussi, de décider.

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Pour le véritable voyageur solitaire, les choses se corsent encore plus. Le Vent des Globes et autres courses du genre porte sa propre vie à bout de bras et de décisions et est à la clé du succès ou de la catastrophe dans la perte future de toutes décisions à prendre. Alain Hubert, explorateur des pôles et porteur du projet de nouvelles stations scientifiques belges au Pôle Sud a participé, en tant que "décideur de l'extrême" dans l'écriture du livre du théoricien de la décision, Jean Mossoux, ayant pour titre "La décision: entre passion et raison".

A la croisée de deux chemins, le dilemme est la pire situation face aux questions dont on ne connait pas les conséquences cachées. L'erreur de choix est humaine, bien sûr, et, parfois, elle a pu générer des progrès insoupçonnés et étonnement bien plus profitables. Cela est aussi un fait vérifiable dans l'histoire.

Au devant d'un dilemme, savoir qu'une autre alternative existe et est parfaitement réalisable si l'on y met le prix et la volonté, n'est ce pas la chance de l'Homme savant? Les certitudes, illusions d'optiques?

Cela devient carrément un cauchemar quand le dilemme d'agir ou de ne pas agir donnent le même résultat : la catastrophe. Intervenir ou non dans une prise d'otage. Un article d'Agoravox sur Musharraf prouvait qu'un dilemme était plus de l'algèbre Booléenne (1 ou 0 = 1) que de la dichotomie pure.

Mais, plus près de chacun, dans l'intimité de tous les jours, n'avez-vous jamais à vivre un dilemme qui entame la direction de votre vie?

Choisir parmi plusieurs solutions n'est pas le pire des moments. Terminer aux deux dernières, par contre, donne bien plus souvent le tournis et de stress.

L'âne de Buridan dans toute sa splendeur. Pavlov avait étudié les réflexes du chien qui a pris son nom, dans ce complexe, poussé par le réflex conditionnel. L'homme a-t-il aussi des réflexes conditionnels dans ses décisions? Probablement, un peu. La raisonnement devrait être le milieu à préférer.

Choisir une des deux voies, dans ces conditions, et pousser son "alea jacta est" est souvent suivi d'un soulagement. Décider et assumer les conséquences de son choix apportent les différents échelons de la responsabilité. Vraiment dur, dur d'être un homme responsable! Passons à plus futile. On va bientôt devoir y penser avec la crise dans les dents.

20090227Vacances.jpgOù irons-nous lors de nos prochaines vacances? Mer ou montagne?

Anodine, cette question? Question qui n'est plus d'actualité? C'est à voir.20090219VacancesSans Voiture.jpg

L'enfer est toujours pavé de très bonnes intentions.

Alors, dilemme, dis-le et aime-moi.

 

L'enfoiré,


Citations :
 

  • "Un dilemme, c'est une proposition philosophique dont l'énoncé fait jouir les belles consciences et l'application périr les démocraties.", Jacques Faizant

  • "L'homo sapiens postmoderne fait face à un dilemme de taille : être blasé ou s'étonner constamment", Jean Dion

  • "Il faut donc choisir de deux choses l'une : ou souffrir pour se développer, ou ne pas se développer, pour ne pas souffrir. Voilà l'alternative de la vie, voilà le dilemme de la condition terrestre", Théodore Jouffroy

19/02/2009

Rien que de bonnes nouvelles ?

 

Quand on s'adresse aux supérieurs, il vaut mieux rester positif. C'est bon pour la santé, pour son avenir, pour tout quoi... La positivité n'est pas qu'un leurre. Elle s'entretient de jour en jour par la contrainte et pas toujours par le consentement de ses acteurs.

Je parlais d'un hypothétique "porte-parole" de manière parodique dans mon article précédent. Nous ne sommes pas dans une période d'euphorie. Pas de secret. Cet article ne fera pas de révélations, mais une constatation par l'intérieur des sociétés, de la Société et de ses travers.

La condition humaine est ce qu'elle est. On veut bien entendre les problèmes des autres mais pas quand cela dérange trop ses propres activités et ses propres problèmes. La hiérarchie rend le dialogue et les confidences encore plus aléatoires et diaboliques. La "solidarité", le mot à la mode en temps de crise n'a souvent qu'une réalisation très théorique.

La pratique en l'entreprise, dans les relations employés-supérieurs d’une société est, elle, souvent franchement désynchronisée. Les mauvaises nouvelles sont très mal appréciées par les supérieurs. Trop préoccupés par les obligations de rendement que la crise a de fâcheuses tendances à rogner, écouter la base est devenu très sporadique. Les affaires ne tournent pas à la vitesse de croisière. Nul ne le conteste. Mais est-ce dire qu'il faille fermer la consultation au seul environnement proche de la direction? Plus il y a de paliers dans la hiérarchie, plus il y a de filtres. Entre le marteau et l'enclume, il y a tellement de place. Les couches de protections intermédiaires sont tellement nombreuses. Plus, elles sont nombreuses, plus elles se perdent en conjectures et dans le flou artistique. Plus personne ne parvient à trouver son chemin dans le labyrinthe du Minotaure moderne. Tout va toujours très bien Madame La Marquise. Les oiseaux de mauvaises augures sont pointés du doigt. La Fontaine peut encore déclamer son "Le corbeau et le renard".

20090211Fortis assemblée.jpgLa dernière "saga" de Fortis résume bien l'écartement de base et du sommet. Les actionnaires les plus fort ont mis leur véto. Le personnel se retrouvait entre deux chaises aux pattes en déséquilibre. Les actionnaires se questionnent toujours. Beaucoup n'ont pas compris.20090213Fortis belge.jpg

Point, à la ligne. "Y a qu'à", ensuite.

Alors, dans le bas de l'échelle, on fait "avec" et celui-là c'est, plutôt, la technique du "pour vivre heureux vivons cachés". Peut-être, une règle d’or à respecter pour avoir une chance de faire accepter le message vers le haut de la hiérarchie et espérer y monter les échelons, un jour. Stratégie qui ne fait, pourtant, pas avancer le schmilblick. Faire semblant de dire, faire semblant d'entendre, deux devises risquées. Dans ce monde torturé, tacher de remonter uniquement les bonnes nouvelles vers vos supérieurs n'apporte pas le respect de soi même et pourrait être le point de non retour d'une situation mal évaluée, avec des victimes qui iront au placard.

Les problèmes n’ont pas la cote chez les dirigeants trop préoccupés et trop loin des réalités de la base. De ce côté, c'est faire preuve d'intelligence d'écouter sans comprendre pour garder une chance d'être encore là, le lendemain. Alors on se tait des deux côtés et la peur règne.

20081008 Crise communautaire.jpgSi par la malheur, il n'est plus possible de cacher certaines vérités, s'empresser de rechercher au plus vite une solution plausible aux problèmes à signaler. Plus facile, qu'à faire.

Les autres nouvelles, moins réjouissantes, les redescendre à l’échelon inférieur si vous avez la chance d’en avoir un. Pourtant, si le management décide, c'est la base qui pourrait les connaitre, ces problèmes et parfois en subir les conséquences. Là, réside le dilemme de notre société post-moderne.

Ce foutu "politiquement correct" à prendre en compte. Comme l'écrivait Umberto Eco dans "A reculons comme une écrevisse", cette expression aurait, désormais, été utilisée en un sens politiquement incorrect. Les arguments qu'il en donnait pour l'expliquer, ne sont plus ceux qu'il exprimait dans son livre. Le "linguistiquement correct au regard des mœurs et des opinions dominantes" remplacerait son idée dans le même environnement Wikipedia auquel il faisait référence. Hors Amérique du nord, l'expression est l'équivalent de « langue de bois », de périphrases, d'euphémismes et d'expressions figées, selon la technique dénommée communément "noyer le poisson", comme il y était mentionné.

Dans le cas des affaires et des entreprises, nous ne sommes pas dans la politique ou la police des mœurs, il y a celle du meilleur rapport prix et performance avec le rendement comme cheval de bataille. Alors, le « tout va très bien Madame la Marquise » ne marche plus vraiment, même pour la base qui nombreuse possède les moyens de faire basculer les situations scabreuses. S'il faut prendre des gants, encore faut-il garder une main de fer en dessous et cela aussi bien dans les "n" partis présent ou absent dans l'ombre. "La confrontation, c'est la vie" écrivait récemment un rédacteur. Rien n'est plus vrai. "Ramer à contre-courant" n'est pas nécessairement une tare à rejeter comme on le ferait pour un "Enfoiré".

20080611Pouvoir dAchat TEC.jpgAlors, essayer d’approuver les décisions des chefs, dire simplement ‘oui’ dubitatif. Bof...

Entrer dans une "société toute faite" n'offre de places qu'à une petite minorité. Faudra s'y faire, mais pas trop. La responsabilité de faire partie d'une équipe oblige à certaines confrontations dont il faudrait respecter les idées à leur juste valeur. Il s'agirait donc de ne pas rater le coche en voulant affirmer un "ego" de manière trop brusque mais faire preuve d'objectivité, de productivité, se rappeler que "construire" et "défendre" sa thèse, n'est pas "détruire" de front l'idée du management. Le compromis fera, peut-être, la moitié du chemin, en apportant l'idée neuve tout en n'esquivant pas l'autre option. Une approche "responsable" qui peut apporter plus de succès. Tout pouvoir de management a souvent une foule de "casseroles" à trainer derrière lui. Pouvoir qui ne lui plait pas toujours mais qu'il a été habitué de respecter de guère lasse et sans originalité. La timidité n'est pas l'outil du progrès. Seul la confiance dans les deux sens peut l'apporter.

Quand il est trop dure d'approuver en bloc une décision, au pire, un "oui, mais" peut contourner temporairement le problème et paraître comme un éclaircissement pour mettre en avant certains points noirs aux solutions imposées qui auraient pu échapper. Le "mais" a toujours son importance.

Les notes de services écrites en anglais et surtout en provenance d'Outre Atlantique n’utilisent que rarement le mot « problem » et le remplacent avantageusement par « issue » notion moins négative. Ambiguïté involontaire ou fabriquée?

La mentalité indienne est parfaitement en concordance avec le principe de la courtoisie ajustée. Un Indien vous dira toujours 'oui' accompagné par un dodelinement de la tête qui avec un peu d’expérience ne devrait pas trop vous rassurer sur son acquiescement. Il veut simplement ne pas vous contredire, c’est sa culture qui lui intime cette attitude disons assez "castrée". J'avais appelé cela "Symphonie indienne". Cette culture est bien loin de l'esprit occidental plus cartésien et catégorique.

Connaître son interlocuteur est primordial. Savoir jusqu'où aller trop loin fait partie du baromètre de la sagesse. Dans certains cas, heureusement, le management n'est pas dogmatique au point de ne pas accepter une discussion franche, mais des tests de souplesse sont nécessaires pour s'assurer du point de non retour. Diplomatie ne veut pas dire manque de franchise.

Une attitude trop diplomate n’est pas saine et ne fait pas très vrais ni pro-active. Ne pas révéler la vérité peut entraîner des conséquences bien plus graves que de les maquiller.

20080619Agir.jpgNous avons pris l'habitude de n'entendre que ce qui ne va pas dans les actualités. Mais, ces vérités-là, on voudrait les garder pour les autres.

Les nouvelles à problèmes ont le droit de se trouver dans l'analyse des stratèges. L'étude, l'audit de la réussite est également riche d'enseignements pour l'exemple du futur. Supprimer les mots "fondamentalisme", "intégrisme" et tous ces mots qui ont pour suffixe "-isme" qui auront toujours une tendance insidieuse. C'est vrai. Mais il faut pourtant appeler un chat, « un chat ». Les bonnes nouvelles ne sont-elles pas trop suspectes?

La culture d'une entreprise qui fonctionne impose de garder une bonne ambiance de travail. Rester positif à tout prix mais avec la communication ouverte dans les deux sens. Le "nice to have" a garder pour le fun, mais pas pour afficher ce que l'on est pas.

Le « middle management » n'est pas le mieux placé pour exiger une situation meilleure pour ses subalternes. Il est devenu le "porte-parole" de mon article précédent. La question primaire est "s'en soucie-t-il?". Regarder vers le bas, ne donne-t-il pas le vertige? La couverture, elle, devient de plus en plus petite. La réaction "naturelle" est donc de protéger le sommet de la tête. Les pieds, il suffit de les garer en pliant les genoux. Ensuite, s'il subsiste un peu de place, on pensera à remiser plus au chaud le reste des troupes, plus tard. Mais, ce n'est, malheureusement, ni une obligation inscrite dans la charte, ni une tendance qui apporterait un plus pour celui qui se sentirait moralement impliqué. Téléphonez, écrivez au manager d'en haut, Il devrait en rester quelque chose.

Annoncer d'emblée que la nouvelle qui suivra en est une bonne, va faire lever la tête de l'auditoire tellement elle paraîtra inattendue. Enchaîner par un moins bonne. Pour être écouté, il vaut vieux mieux être jovial et plein de bonnes histoires à raconter que de pleurnicher sur les aléas de la vie. Le teint que l'on présente lors de l'interview a aussi son importance. Un bronzage a un effet différent de l'envie de vacances qu'il pourrait engendrer. Voila un candidat qui se paye des vacances, donc, il a gardé un esprit nécessairement pro-actif. Un dirigeant qu'est-ce que c'est : "La toute puissance d'un dirigeant" l'expliquerait-il? Parfois, un peu de jeunisme en suspension n'est pas mal non plus. Attention, l'expérience manquera vite.

20090302Poste.jpgLa rançon de la gloire ou de la descente en enfer, en cette période troublée, le fameux "C4", le papier de la honte et du renvoi de poste, dans la main comprime son détenteur entre famille et obligations dont il ne sort jamais indemne.

Quand il s'agit d'engager un chômeur de courte ou de longue durée, la décision devient sujette à des réflexions d'équilibriste. Ne va-t-on pas faire introduire le ver dans la pomme. Le risque est présent. Les intérimaires, une pub de chez nous, en faisait les choux gras en présentant le « Temporary Office Manager » comme la réceptionniste intérimaire. Ces artifices, on les appelle des incitants financiers offert généreusement par l'État ne sont pas pour rien pour équilibrer le plateau de gauche (ou de droite) en balancier plus "agréable".

Non, vraiment, c'est dur, peut-être, mais mentez toujours un peu. Sur ses qualifications, son âge, ses buts dans la vie... et montrez ce sein que je ne pourrais voir.

Ça pourra toujours servir et rapporter plus gros que le naturel. Quoi qu'on en dit, il y aura toujours plus dans plusieurs têtes que dans une seule.
20080919Offensif Defensif.jpgSurtout éviter de constater ou de dévoiler ses intentions de haut en bas et de bas en haut, par cette phrase: "Si vous avez des problèmes, surtout n'hésitez pas, ne m'en parlez pas". A bas les parapluies. Ne pas sortir les paresoleils à mauvais escient. Etre soi-même, tout simplement. 

Résister et résister, ne pas refouler ses idées. L'opposition, elle, doit continuer et continuer encore.

C'est un peu les principes que j'ai appliqué pendant de nombreuses années. Qui se sont affirmées en fin de carrière. Toujours vivant, pourtant. Ai-je eu de la chance? Très certainement.

Ce ne serait plus le "Grand Jeu" dans le cas contraire et le terrorisme gagnerait trop facilement tout azimut.

 

L'enfoiré,

 

Paroles de Socrate

Mise à jour du 05 août 2009: Le Grand Jeu continue 

Citations :

 

  • "Position inconfortable. Prix de la constance dans ses opinions.", Ambrose Bierce
  • "Même l'intelligence ne fonctionne pleinement que sous l'impulsion du désir", Paul Claudel
  • "C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas", Victor Hugo
  • "Une expérience bien faite est toujours positive.", Léon Daudet
  • "Mourir pour de idées, d'accord, mais de mort lente", Geoges Brassens
 

 

11/02/2009

Cherche porte-parole d'urgence

Un porte-parole doit dire, sans le dire, ce que la direction d’une société ou d’un homme veut dire. Il doit expliquer que la direction d’une société n’a, en réalité, pas voulu dire ce qu’on avait tous cru comprendre. Problème...

 

20090313Chef de cabinet.jpgEst-ce le parapluie de l'homme de paille ou la paille, imposée est-elle le suppositoire de celui qui n'a pas vraiment quelque chose de nouveau à dire qui impose cette interface?

Quand on n'a rien à dire pour sa défense ou pour étayer sa politique, il faut bien se réfugier derrière des paravents. N'est-ce pas plutôt "pare à vents"? En ces temps de tempête, rien de plus normal, non?

Le crédit, on aime en prendre les bénéfices en droite ligne. Le débit, lui, il s'agit de le filtrer, de l'embellir à tout prix quand il n'est pas à la pointe de ce qu'on nomme le "progrès".

Mais nous sommes dans la rubrique "Parodie". Alors, allons-y.


20090113Bush bilan.jpgQuand on pense, en plus, que le "job" n'est plus de tout repos et qu'il faut en plus être assez souple pour esquiver les chaussures qui ont une fâcheuse tendance à s'envoler toutes seules au moment où on s'y attend le moins. Il faut assurer, dès lors, ses arrières et ses avants. Quand aux coups de côtés, il vaut mieux ne pas trop en parler. Nos représentants en politique ou ailleurs, doivent de plus en plus se blinder et être montés sur ressorts. Ils étaient les bouées de sauvetages de notre économie, de nos pensées, de nos religions, de nos politiques. Cette fois, ils lanceraient bien des bouteilles à la mer avec un message qu'ils espèreraient ne jamais voir arriver à destination sur un rivage trop proche.

Les erreurs sont humaines. Ça leur fait une belle jambe, les autres n'en tiennent pas compte. Alors qu'ils s'étaient jurés de se donner à fond, voilà, qu'ils sont contrariés dans leurs manœuvres, hués même. Il n'y a plus de justice. Solidaire, on veut bien l'être, mais, il ne faut pas trop pousser, il faut aussi assurer. Il ne faut pas perdre la poule aux œufs d'or ou le veau gras selon la religion des administrés. La pensée unique a un sens unique qui lui est propre. C'est vrai, c'est parfois inique mais c'est bien connu on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs. Le populisme apportait la "bonne parole" et les "partis pris" pour celui qui avait oublier de rêver ou qui au contraire, ne parvenait plus à le faire. Qui sait, ils ne l'ont peut-être pas choisi. Enfin, c'est une supposition que l'on ne poussera pas trop par souci d'objectivité.

Pour les paroles, en amont, il y a les conseils, les lobbies. Pour compter sur eux, on peut dire qu'on la fait à fond. Encore une fois, ces conseilleurs ne sont pas payeurs bien que bien payés au départ. Ils se débinent souvent avec d'autres idées quand les patates sont brûlantes et qu'il faut se les refiler au plus vite. L'homme, le vrai, au milieu du cours, celui qui devrait assumer par contrat, se doit d'être le champion en tout. Donc, il doit s'entourer d'un maximum de chances de succès. Il est le parrain de toutes ces ouailles, de ces oies en perdition, parfois même, de ces oisifs par contrainte. Ils ont donc, tout de suite, pensé aux souffleurs dans la coulisse. Voilà les gardes du corps, les "Body guards", pour le physique. A la sortie, à la diffusion, il ne faut les perdre de vue, qu'il y a les porte-parole pour le moral et la pensée. Ceux qui dans le temps faisait cela précédé par un ra de tambour.

Tous en scène. Chacun son rôle. Tout dépend des circonstances. Au milieu, le courage, on le met en sourdine, l'espace d'un matin. Le "Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais", c'est mauvais pour l'exemple. Alors, on engage un porte-parole tout azimut pour faire passer le message. Premier de ligne, il faudra le former, ce poulain-là. Pas toujours d'accord, il s'en plaindra, peut-être, de devoir recevoir des coups et de devoir assumer les retombées, mais ce n'est pas grave, il est payé pour cela. Nouveau job de beau parleur, à la mode. "Tout va très bien, Madame la Marquise".


20090205_Foiré.jpgQuand on foire, car on le fait tous, il faut assumer et boire la tasse. On se doit de le dire sans honte et avec une envie de rectifier sans s'entêter. Enfin, ça, c'est encore de la théorie. Air du temps, on veut, aujourd'hui, un super-homme,un Zorro, sans peur et sans reproches, ou du moins "des considérés comme tels" qui ne s'entête pas trop. L'image de marque est affaire du bruit de roulements de tambours, pas de celui qui donne le cours du "comment le tambour raisonne ou comment l'utiliser". Mais il y a les formes et le fond patronné par une technique propre qui varie très fort dans ses principes en fonction de cette direction choisie et de son sens.

Dans ce métier, il faut surtout ne pas être l'oiseau de mauvais augure, avoir la communication dans le sang pour faire fléchir les idées dans le subconscient et pour les faire oublier. Pas question de rougir à la moindre question ou au moindre mensonge à prodiguer lors de l'interprétation du "package". Sensible s'abstenir. La source et les secrets de fabrication sont dans la boîte. Donc, c'est comme au théâtre, pas question de trahir le texte.

Sarkozy est l'ancien "routier". Ministre de l'Intérieur, Président, cela forme son homme. Ça lui rappellerait même son passé d'avocat. Il en a désigné de ces "porte-voix" en fonction des buts programmés et des responsabilités.

Obama, le petit nouveau, est l'espérance du moment. Il a l'aura actuellement. Il a aussi le sien.

Roulement des mécaniques mais avec plus d'huile à disposition pour l'un que pour l'autre. Les techniques sont pourtant différentes et à géométrie très variable.

Sarkozy le dit, il ne copie pas, il ne fait pas de l' « obamisme », il s'expose, cela fait partie de sa personnalité, il aime baratiner, contre vents et marées. Il aime les médias en se préoccupant peu du regard oblique "des passants honnêtes". Voilà, qu'il transmet son savoir à l'héritier, le Prince Jean. Dans le Vif L'Express belge, il était dit que sa pensée transmise à son héritier conseillait "N'écoute pas ceux qui te disent d'aller doucement". Quel cri du cœur! Deviendrait-il son porte-parole? Un peu plus loin, on disait pourtant "Les héritiers sont fait pour être guillotinés". Mazette, voilà qu'on révolutionne!

Le second, Obama corrige et avoue son erreur. En pleine jeunesse, probablement.

Changement de moyens, changement de politique? Là, faut voir.20090209Williamson.jpg

Tout est, donc, dans la manière et le style dessinés dans l'image de marque.

Chacun son truc en plume ou à poil. A vous de choisir la méthode que vous préférez.


20090206Sarkozy interview.jpgFaut pas confondre avec les prophètes qui marchent sur l'eau. Eux terminaient mal leur mandat.

Philippe Geluck, Le Chat, disait "On dit que seul les imbéciles ne changent pas d'avis. Je n'ai pas d'avis sur la question et cela n'est pas prêt de changer". Décidément, y en a qui ont du mal pour revenir sur terre...

Alors, on cherche l'éminence grise qui sort du lot, qui se doit de faire la publicité pour son protégé de l'ombre et surtout pas l'enfoncer. Il ramassera les coups et les questions. Et hop, un gladiateur sans filet...

Attention, précaution, la presse est avide de renseignements, de chaire fraîche et de scoops. Y comprennent rien à rien, les autres. Mais d'eux, il faut se méfier. Y veulent jamais comprendre que je leur veux du bien à ces diables. Et puis, il y a ceux qui analysent jusqu'à la virgule mal placée: les blogueurs. De la pire race, ceux-là. Il faut trouver quelque chose ou quelqu'un, pour survivre. Ce sera le porte-parole, sans peur. Il transpirera, c'est sûr.

Ce sera à lui de trouver la réponse au dilemme de comment ne pas en donner trop, pour garder le flambeau pour une autre étape, mais en même temps, en donner suffisamment pour ne pas décevoir l'auditoire avide de sentions fortes.

Non, je vous dis, non. C'est pas de tout repos. Il y a des gens qui ont du bagou, de la prestance, de la présence. M..., il en faut encore plus se le fabriquer. On saura le préparer, l'astiquer, lui rectifier la mèche rebelle qui s'est décalée du mauvais côté qui pourrait faire penser qu'on a changé de politique et de camp. On sait ce veut que veut dire "coaching", "briefing" et "débriefing". Cela fait partie de tout le programme.20081127PS Sego.jpg

Tout est prévu mais je ne vous dit pas le travail, c'est un sacerdoce pour ce punching-ball d'occasion. Enfin, d'occasions, faudrait pas trop que cela se reproduise trop souvent pour les retours de flamme. Et puis, "occasion", c'est peut-être un mot mal choisi.

Rideau. Mais où en étais-je? Je fais de la théorie. J'en perds le fil et je risque avec ma théorie de perdre mes candidats au suicide collectif.

Car, oui, je cherche un porte-parole, bien baraqué du côté intellect, bon parleur, bon répondeur qui dit la vérité mais pas trop.

Offre de service à faire parvenir d'urgence. Fonction: "Brain guard de la parole et de la pensée à commenter". Toujours le sourire au bout des mots. Du charme dans la phrase. Un peu de causticité. Monolingue, c'est pour la consommation locale. Car même un blogueur se doit de se protéger face à la foule sous tension. Ne parlons pas de salaire, ce serait mal à propos dans ce cas. On travaille gratis ou on travaille pas.


20080523Conseil Ministres2.jpgComme disait encore Le Chat, "Perdre un être cher est souvent un soulagement pour le budget. C'est perdre un être bon marché qui est parfois un déchirement économique".

Ce "gentil animal" osait même miauler plus tard : "Je me parle souvent à moi-même, mais je ne m'écoute pas toujours".

Ce Chat-là commence diablement à me les griffer et je ne vais pas le laisser me les gonfler dans son jeu du ronronnement de ventriloque.20090215Saitn Valentin belge.jpg

C'est décidé, je m'en vais reprendre son rôle dans un autre espace temps. Alors, je cherche l'oiseau rare pour mes blogs, "The" porte-parole d'un Enfoiré. Je fournirai les gilets pare-balles, pare-mots. Quand on pense qu'on annonce, pour bientôt, des écrans en relief, les impulsions de la "commentature" pourraient devenir dangereuses.

Je continuerai à suivre, mais de loin, dans mes quartiers d'hiver. La Belgique a tellement d'histoires savoureuses pour la Saint Valentin. "I have a dream" du "Yes, you can".

Mais au fond, pourquoi chercher?

Les Égyptiens anciens me donnent une idée...

Et, si je déléguais mon double de l'humour, à mon "ka" à strophes?

On n'est jamais mieux servi que par soi-même, non?

De la schizophrénie, là dedans? Non, une simple recherche de "copier-coller".

En attendant, je scrute le ciel avec appréhension.20090126Obama appréciation.jpg

Puis, comme Sébastien, pourquoi pas chanter:

Ah, si je pouvais fermer ma gueule,

Ça me ferait des vacances,

Ah, si je pouvais fermer ma gueule,

Ça ferait du bien à la France". 

 

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, un porte-parole?

 

Citations:

 

  • « Quand le Diable n'y peut rien, il délègue une femme. », Proverbe russe

  • « On peut déléguer des tâches mais pas les responsabilités. », Yannick Therrien

 

05/02/2009

Préfixe "évoluer"

Pour le mois de février, le "National Géographic" avait un article intitulé "De Darwin à la génétique". Le bicentenaire de laPréfixe évoluer_Darwin.jpg naissance de Darwin (12 février 1809) vient se juxtaposer dans le temps avec une recrudescence du créationnisme d'Outre Atlantique. La Biologie qui se mêlerait des affaires de l'homme contre les fondamentalistes en progrès et pourtant Darwin est conforté chaque jour.

Avant Darwin prévalait l'idée que Dieu avait créé les espèces indépendamment l'une de l'autre, de manière arbitraire, par groupe pour éviter l'extinction. "La Terre a été créée le dimanche 23 octobre de l'an 4004 avant l'ère chrétienne, à 9 heure précise du matin", s'écriait en 1650 l'archevêque irlandais Jacques Usher, du haut de sa chaire. "Quant au Déluge, il s'est produit en l'an 2349 avant l'ère chrétienne. Il plut quarante jours et quarante nuits, tout ce qui était vivant sur terre fut exterminé. Seuls Noé, sa famille et certains animaux purent se réfugier dans l'arche le dimanche 7 décembre 2349; ils en descendirent le mercredi 6 mai de l'année suivante". Voilà, l'interprétation biblique qui a dominé la géologie jusqu'au milieu du XIXème siècle.

Préfixe évoluer_Beagle.jpgLe comte de Buffon, fut, peut-être le premier naturaliste à estimer scientifiquement l'âge de la Terre, cette "bille de fer qui se refroidit". A partir du taux de la déperdition de chaleur d'un modèle, il en conclut que la Terre devait avoir 75.000 ans.

Est arrivé, Charles Darwin, ce 12 février 1809. Il n'a rien inventé, vraiment et pourtant il va bouleverser les idées. Comme naturaliste, le français, Jean-Baptiste Lamarque, utilisait le mot biologie pour la première fois, mais avait aussi vu l'intérêt de l'évolution obéissant au dynamique du métabolisme et une variétés d'impulsions pour s'adapter aux circonstances et aux besoins.

Préfixe évoluer_Anniversaire.jpgMais, curieux, intuitif, Darwin a simplement constaté certains liens étranges au cours de son voyage autour du monde, à bord du Beagle de 1831 à 1836. Ce voyage change sa vie. De pasteur presbytérien de campagne, il s'autoproclamera après son voyage de "naturaliste". Devenu voyage mythique avec l'étrange et les phantasmes qu'il soulevait chez les uns, quitte à fouler au pied les croyances de son époque. Voyage du hasard dû uniquement à l'amitié qu'il entretenait avec le capitaine du bateau, Fitz-Roy. L'image des Galapagos avec ses tortues géantes et le pinson, est une anomalie plutôt pour meubler l'envie touristique que faisant de partie de la révélation. Les Galapagos ne correspondaient qu'à la fin de son voyage. Les premières découvertes datent, elles, de trois ans en arrière. En Argentine, à la vue de fossiles, il a des révélations à la vue de certaines ressemblances avec les êtres vivants. Cela lui donne l'idée que ce serait une descendance dans ce qu'on dirait un arbre généalogique des espèces, avec les modifications dues à la sélection naturelle. Que le meilleur gagne. Sélection sexuelle, aussi. Les nandous distribués géographiquement l'intriguent. Son journal de bord deviendra le livre "Voyage d'un naturaliste autour du monde". Les cirripèdes, dont la balane, fossiles ou de son époque, vont le passionner jusqu'à l'indigestion. Richard Owen l'applaudira dans son travail.

 Préfixe évoluer_Homme.jpgVéritable bombe qui devait bouleverser des siècles de doutes et de mensonges contenus derrière une église qui voulait garder la barre de la manœuvre. L'idée que Darwin s'en faisait, tient à ce que l'évolution puisse se produire par des forces purement naturelles. La théorie de l'évolution sera admise de son vivant par ses contemporains sans, cependant, obtenir de décoration de la Reine Victoria. La sélection naturelle, elle, ce sera, bien plus tard, au 20ème siècle. Descendre du singe pour un homme, c'était difficile d'imaginer à première vue. Ses détracteurs n'ont pas manqué de lui faire ressentir. Torturé entre l'idée de conserver la respectabilité de son statut d'aristocrate et la volonté de faire part de ses constatations et de ce qu'elles entraînent.Préfixe évoluer_Singe.jpg Hypocondriaque, toujours maladif

A son retour de voyage, il passe de la religion à la science. Mais, il va tenir sous silence pendant vingt ans ses constatations en ne les divulguant qu'au compte goutte à des scientifiques, spécialistes dans chacune des espèces. Ce sera Richard Owens, anatomiste, pour tout ce qui concerne les mammifères. John Gould, pour les oiseaux. Thomas Bell, pour les reptiles. La ressemblance entre le bras d'un singe pour saisir, l'aile d'un oiseau pour voler et la nageoire d'un poisson pour nager, ne lui échappa pas.

La sélection naturelle, la lutte pour la vie s'accompagne insensiblement de la reproduction pour tomber dans une confrontation avec l'économiste Thomas Malthus qui extrapolait l'idée de "sélection" aux rapports entre la population et la production. Processus d'un humanisme partisan qui montrerait que seuls, les mieux adaptés, les supérieurs auraient une chance de survivre avec le contrôle de la croissance de la population comme corollaire. Darwin, avec ses 10 enfants, devait être contraire à la pensée malthusienne de la limitation de la reproduction devait couper l'évolution dans son élan. Malthus n'a jamais voyagé. Il s'intéressait lui aux chèvres qui dévastaient la végétation. Compilateur avisé se voulait en contradiction avec William Godwin qui expliquait la misère par l'incurie des gouvernements. La vision noire malthusianiste d'un monde qui se meurt, ne revient qu'en période de crise comme nous la vivons.

Préfixe évoluer TRex.jpgCe n'est qu'en 1859, poussé ou pris de vitesse par un certain Alfred Russel qui aurait les mêmes idées, qu'il sort "L'Origine des espèces" avec sa théorie de l'évolution. Ce sera en 1971 qu'il lancera complètement sa théorie en l'appliquant à l'homme. (La descendance de l'homme et la sélection en relation avec le sexe". Thomas Huxley sera son défenseur acharné. Comme le rappelait Paul Hermant, une réunion, à Oxford en 1860, mit aux prises les partisans de Darwin et ses opposants. Un évêque, Samuel Wilberforce et ce biologiste, Thomas Huxley, dans la lignée duquel on trouve un écrivain et pas n'importe lequel : Aldous Huxley, le Meilleur des Mondes. On disputa devant 700 personnes de cette origine des espèces et la controverse donna lieu à des réparties cinglantes mais malheureusement apocryphes. « Est-ce par votre grand-père ou votre grand-mère que vous descendez d'un singe, Monsieur Huxley ?» aurait demandé l'évêque. « Je n'aurais pas honte d'avoir un singe pour aïeul, mais bien d'être apparenté à un homme qui utilise son talent pour obscurcir la vérité » aurait répondu Huxley. Des idées telles que "la fonction crée l'organe", la "survie au plus apte", l'"adaptation au milieu", le "chainon manquant", les "animaux progressent ensemble", tout à tour, lui serviront ou lui desserviront dans ses convictions. Préfixe évoluer Girafe.jpg

La localisation géographique des espèces, c'est le météorologue, Alfred Wegener qui donnera une explication par la "dérive des continents". Il en avait déjà la conviction dès 1911, ayant constaté la ressemblance entre les côtes entre l'Afrique et l'Amérique. Mais les scientifiques avaient crié au scandale. Il parvient pourtant à les rallier à sa cause. L'idée de la Pangée était née. On trouvait des racines semblables sous des longitudes et des latitudes différentes. Il se trompait pourtant dans sa théorie des forces de la fuite des pôles et des marées dues à la Lune et au Soleil. Harold Jeffreysprouve par les mathématiques l'impossibilité. C'est Arthur Holmes et la tectonique des plaques, avec les courants de convection du magma profond qui va compléter la théorie. Le fossile reptile, lystrosaurus, découvert en 1968 en Antarctique, vieux de 203 millions d'années, rassemblait à un melting pot de caractéristiques, herbivore qui vivait comme l'hippopotame et avait un bec munis de deux dents.

L'ADN et la génétique apporteront d'autres preuves qui manquaient. Le même gène accomplirait le même travail chez des espèces différentes, sur des continents différents pour définir les paramètres de l'évolution. Les chromosomes en seraient les porteurs de cette information génétique. Les erreurs et leurs corrections pouvant se localiser au deux niveaux et engendrer de nouvelles pistes à l'évolution dans le "laboratoire" de la nature. C'est comme dans le domaine du verbe, les lettres, les mots constitueraient des livres différents par leur seul ordonnancement. Le génome humain est identique, mondial dans une homogénéité génitale à 99,9%.

L'erreur de Darwin est sa conception incohérente des mécanismes de l'hérédité et d'avoir eu la conviction que l'évolution ne procède jamais par bonds. L'acquis d'une génération, du père et de la mère ne se reflète pas automatiquement dans la suivante comme il le supposait. A l'hérédité, Grégor Mendel s'y intéressera plus précisément, et dont la théorie aurait très certainement désarçonné Darwin en reliant la race à un génotype particulier. Darwin considérait que le cerveau de la femme était plus petit et était inférieur alors que, non raciste, il ne voyait aucun inconvénient à se placer sur le même pied n'importe quel noir ou jaune.

20070913Extinction.jpgL'évolutionnisme a son néo-darwinisme. L'environnement n'est pour rien dans les mutations des individus par le génome. Les erreurs continueront d'exister. Le taux de reproduction en sera seulement plus bas en éliminant les mutations inutiles. L'interaction du génotype et de l'environnement détermine seulement le phénotype.

Quant à l'âge de la terre, le géologue de Charles Lyell proposa 240 millions d'années. Lord Kelvin calcula par la déperdition de la chaleur, l'âge de la terre à 100 millions d'années. Rutherford remarque que les éléments radioactifs ralentissaient le refroidissement. Un journal à sensation titrait, alors : "La fin du Monde est ajournée". Plus tard, Claire Patterson donna les chiffres actuels de 4,55 milliards d'années et beaucoup de savants pensent que notre planète serait à l'état d'équilibre.

20090203Religion révisionniste.jpgLe 28 octobre 1996, Jean Paul II acceptait que l'évolutionnisme fût plus qu'une hypothèse. Les polémiques sont devenues plus vives avec la résurgence des religions qui ont difficile d'associer l'évolution naturel au Dieu de la Création. Le créationnisme en 1990 n'en est que la forme, la plus concrète. Le créationnisme dans les écoles a reçu son antidote par le pastafarisme. Le pape Benoît XVI ressortait récemment de vieux démons de ses tiroirs pour éviter un schisme et devait se reprendre. "Retour à l'intégrisme", comme l'écrivait Christian Terras. A l'extrême droite de Dieu? Le créationnisme passe aussi par d'autres artifices tel que le dessein intelligent, la dianétique qui ne sont pas plus scientifiques. Un musée du créationnisme existe à Pittsburg. L'homme viendrait de la poussière et les dinosaures seraient contemporains des hommes pour respecter la Génèse.

Le chanoine Georges Lemaitre a tenté de faire le lien entre religion et science. Mais Darwin dérange encore. Car il y a aussi le néo-créationnisme qui avance un plan divin, d'intelligence supérieure pour expliquer la vie. William Paley qui ferait ressusciter une théologie naturelle. Certains vont plus loin et disent que Dieu aurait été un jour, un virus, une question de gènes qui se dédoublent pour ensuite laisser les deux copies vivre chacune leur propre vie.

Préfixe évoluer_Humour.jpgAlors, d'où vient cette peur d'évoluer? Est-ce un péché d'espérer un passé de construction progressive et naturelle pour espérer un avenir meilleur ou rejeter le pire par autre chose qu'une vision de Dieu, réductrice par sa stabilité, son conservatisme jusqu'au refus de la comparution et de la tolérance? S'il est vrai que la nature choisira le meilleur chemin, le plus durable pour évoluer à la suite de tests successifs, l'homme avec sa plaquette intelligence en sus se doit d'animer l'humanisme en assumant son présent sans peur. Il est clair que toutes les religions s'opposent au laïcisme de manière viscérale et originelle. Dieu devait être suicidaire d'avoir créé Darwin, penserait-on avec humour... Le Chat humorisait "En s'adressant au Seigneur, je tourne mon prie dieux vers la Mecque. Il vaut mieux être en bon terme avec tout le monde". Peut-être, et puis, là-bas, on n'est pas innocent non plus....20090313Vatican.jpg

Le Nouvel Obs avait écrit un dossier "Dieu contre la science". Beaucoup de réactions en sens divers. Match nul. L'hypocrisie, c'est de tomber dans l'idée de la tolérance et d'en même temps, de passer à la pensée dogmatique et à l'excommunication dans le cas du non respect de la "pensée unique". Moralité: quand on veut clouer le bec pour écarter de son désir... prudence. Les gourous ne sont pas loin.

Que adviendra-t-il de l'homme et après lui? Il n'occupe que tellement peu de temps à l'échelle de la planète. Si on pense à l'évolution, il y a toujours un début dont on essaye de donner une version dans la fin ("La théorie du tout"). La science fiction imagine le futur.

Le cinéma "magique" de Walt Disney, lui, avec WALL.E, ne se gène pas d'en donner une version robotique qui ne serait certes pas le meilleur filon par l'autodestruction. Le Cauchemar de Darwin n'était qu'une extrapolation sur notre mondialisation. Pas d'autres liens ni de contre indications.

Préfixe évoluer_Cauchemar.jpgLa paléontologie, la biologie, la génétique se disputent le flambeau de la connaissance de l'évolution. L'être humain, un animal comme les autres.

Comment cela a commencé? Très probablement, comme cela. Dans les 500 derniers millions d'années, il y a eu 5 extinctions massives. Nous vivons, peut-être, la 6ème. Le monde ne meurt pas, il évolue à son rythme. La spéciation et le flou du concept d'espèce essaye de l'expliquer.

 

20090210Darwin.jpgDe toute manière, c'est et ce sera une véritable saga, cette évolution avec mêmes quelques révolutions dont notre planète, la Terre vivante, garde encore les secrets... nous sommes seulement préfixés pour évoluer. Nous voilà affublés d'un ancètre commun, qui a eu le privilège ou l'inconvénient d'avoir des descendants avec modifications tout azimut par la sélection naturelle.

Une foi comme une autre, en fait.

 

 

L'Enfoiré,

Le Musée des Sciences naturelles avec sa partie sur l'évolution en photos 

Sur Agoravox, sera-ce une saga évolutive de commentaires?

Musée bicentenaire

Questions à la Une sur le sujet 

Le Vif L'Express se posait la question récemment "Et si le monde se portait mieux sans Dieu".

"Les Dossiers pour la Science" du mois d'avril avait comme titre "L'évolution, rien ne l'arrête". 

"Les Dossiers de la recherche" ont aussi un Hors Série sur Darwin 

Question à la RTBF toute la journée du 05 février, suite à un sondage, en radio 'Vivre "avec" ou "sans" dieux' et en télé

Dernière nouvelle, on en parle sur nos antennes à partir du musée de Bruxelles et pour l'anniversaire de Darwin.

A lire: de Marc Giraud "Darwin, c'est tout bête".  

Citations:

 

  • «  Les gens sont la mesure du temps et le temps lui-même est la mesure de leur évolution. », Jean O'Neil

  • « D'une certaine façon, la génétique n'est qu'une mémoire. Celle de notre évolution, incrustée dans notre chair. », Jean-Christophe Grangé

  • « Dieu a créé l'homme à son image. Ensuite, l'homme a évolué. Dieu, lui, on ne sait pas... », Philippe Geluck

  • "Il y a beaucoup de choses qui n'existe pas. Mais personne ne s'en rend compte", Philippe Geluck

  • "Rien n'a de sens en biologie, si ce n'est à la lumière de l'évolution", Theodosius Dobzhansky

 

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