23/03/2009

Les langues, un sacré jeu de langue

La semaine dernière, à l'occasion de la Journée de la Francophonie, Bruxelles tentait de réformer la langue française. Événement à polémiques entre progressistes et accrochés à la langue dans son statut actuel. Mais le français n'est pas seul.

0.jpgD'abord, qu'est ce qu'une langue? Wikipedia dit "la langue est un système de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuel, qui permet la communication entre individus".

Tout un programme avec une destination réelle d'"outil à la communication". Quand l'outil n'est pas utilisé par un grand nombre de personnes, le préserver à tout prix, car, ce n'est pas un outil tout à fait comme les autres. La diversité des cultures des hommes est intégrée dans cet outil. C'est donc normal. Il faut aussi répondre aux usages, aux prépondérances et aux préférences de ses utilisateurs. Les langues sont les véhicules de la pensée, du plus spécialisées au plus généralisées dans cette fonction et son cadre d'utilisation.

Que constate-t-on dans la pratique? Ce qu'en dit Wikipedia: l'anglais, comme langue du commerce et de la science, l'espagnol comme langue d'Amérique latine, le portugais au Brésil, le chinois et l'hindi pour l'Asie, le français dans la diplomatie. Objectivité par l'expérience ou par les convenances.

Le client à toujours raison par son pragmatisme intégré dans ses habitudes. Le client vit avec sa ou ses langues en même temps qu'avec son temps. Il l'adaptera ou les torturera à son usage et pas inversement. Il ne faut pas oublier que l'effort pour son apprentissage lui incombe. Il vaut que l'efficacité et que l'aisance de la conversation corresponde à ses aspirations. Il éliminera sans même l'avouer ou s'en rendre compte, ce qui ne lui parait pas nécessaire dans un jargon qui lui est personnel. Il baragouinera ce qui ne lui semble pas essentiel et cela pas uniquement dans une langue étrangère.

La réforme de la langue française, proposée la semaine dernière à Bruxelles, répondait à un besoin de rajeunissement pour simplifier en fonction des usages et des calages les plus flagrants de la langue française. Présentation de nombreuses modifications: Une langue, ce n'est pas rigide. Les Dix règles et exceptions et les 800 mots rectifiés en nouvelle orthographe sont sortis de l'analyse, quand je dis "orthographe", pourquoi pas, phonétiquement, ortografe. Dilemme entre réduction des "scories" inutiles de la langue et la peur de perdre les racines des mots de "sa" langue qui proviennent de l'histoire, du latin et du grec.  0.jpg

Après l'annonce et avec la liste des adaptations, un "chat" s'était ouvert, le mardi de la semaine, sur le site du journal Le Soir. La passion est vive dès l'entrée en matière quand on parlait d'une langue qui est sienne. J'y ai pris place sous mon pseudo et j'ai suivi, très attentif et loin d'être inactif. Beaucoup de stabilisateurs de la langue. Lancer quelques pavés dans la marre comme dire "si une langue n'évolue pas, elle meurt tôt ou tard", cela révulsait ou enchantait. Pas d'unanimité, c'était clair. "Réformer pourquoi faire? Elle est très bien comme elle est notre langue. 0.jpgSa richesse réside d'ailleurs derrière ses exceptions.", était-il répondu de manière péremptoire et volontaire. Pour tâter le terrain, je m'étais permis quelques entorses parallèles en parlant de l'anglais et de l'espéranto. Au sujet de l'anglais, il y eu des réactions, de l'espéranto, pas la moindre. Ce n'était manifestement pas la tasse de thé des interlocuteurs présents. En chercher les raison, je verrais plus tard?

Vendredi matin, à la Première radio, nouvelle approche de la langue française, celle des nouvelles technologies. Intermedias se proposait à une tâche d'intégration par l'intermédiaire des nouvelles technologies. Là, les choses changeaient et évoluaient pour suivre le rythme du modernisme à s'en perdre. Beaucoup de mots qui sortaient du chapeau mais pas du tout du dictionnaire, donc. Le besoin d'idée neuves et de vocables qui puissent les exprimer, faisait la loi. Le PostIt et la simplicité pour seule base. Les terminaux d'ordinateurs et des médias mobiles auraient doublé pour donner l'accès à l'information dans tous les cas de figure. Un mot exprimait ce mouvement, l'affordance, un état qui suggérait sa propre utilisation et le fait, parfois, en dépits de sa propre volonté. Ère de la vitesse et de la complexité des termes et des idées qu'il fallait harmoniser par le plus de compromis, à partager par l'obligation. Ne rien compliquer dans le processus et cela marcherait à plus ou moins court terme. En parallèle, si l'orthographe ne collait plus à l'actualité, elle changerait d'office.

Constatations et objectivités. Les SMS et les "chats" sur Internet imposent de nouvelles lois de la liberté. L'anglais dans les technologies se substitue aux autres mots, insidieusement, peut-être mais aussi par soucis de ne pas se fourvoyer dans une compréhension aléatoire par une traduction qui multiplierait les concepts sans plus les identifier. Le courriel, c'est bien joli, cela peut donc passer en parallèle avec "eMail". La fantaisie entre aussi dans les appréciations de ses clients pour créer de nouvelles représentations des concepts écrits. Quelle est la traduction française de "chat" d'ailleurs? L'animal pourrait bien être déçu.

Tout dépend de l'âge de l'utilisateur, en effet et cela du plus conservateur au plus avant-gardiste.

La langue anglaise subit, elle-même, des substitutions par les chiffres, pris dans leur seule prononciation (le 4 pour "for" anglais, par exemple). Réduire le temps de l'introduction et de la transmission comme seuls impératifs dans ce cas. Appréciée, elle se propage à la vitesse de la lumière. Pas de codification, pas de règles, langue qu'on ne comprend que par l'habitude. Est-ce détruire la langue originale ou est-ce l'originalité qui maintiendra la langue vivante?

C'est aussi un grand retour de l'écrit quand le virtuel a pris son envol. Tout ne passe plus par la voix.

Au cours de plusieurs articles sur l'antenne d'Agoravox, la langue française s'est vue défendue à juste titre mais souvent en opposition avec la langue anglaise. Antagonisme de bon ou de mauvais aloi? Guerre d'arrière garde, perdue d'avance par les habitudes ou au contraire une chance de se comprendre dans le monde?

Comme la Francophonie ne se sent pas suffisamment en force pour contrer, par le volume, l'usage et la suprématie de la langue de Shakespeare, les espérantistes se proposent de donner une alternative en Europe, en passant par l'Inde. La vérité sortirait même de la bouche des anglais. Et j'en passe. Les intentions ne sont pas nécessairement claires. Ca flaire bon le lobbying à plein nez, parfois, mais ce n'est pas nécessairement grave.

L'alternative de l'espéranto, peut-être déjà, judicieuse dans sa forme actuelle mais qui, à mon avis, pourrait toujours subir une réactualisation tout comme les autres langues. Facile et plus rapide d'apprentissage, plus logique, nul ne le conteste. Mais, avoir la chance d'être construite en dehors du circuit des langues maternelles et plus ou moins en vase clos, utilisée par les seuls initiés volontaires, impose encore plus de réflexions et d'analyse. Une langue, transmise par les parents, dès le plus jeune âge, s'utilise, mais c'est, sans contrainte et avec le reflex naturel du besoin. Ce n'est pas le cas ici. Je m'étais évertué sur les sites susmentionnés à montrer que rien n'était parfait en ce monde et que même si la perfection n'était pas loin, elle se verrait contestée si elle n'était pas remise en question. Comme en tout, on n'aime que ce qu'on connaît bien et la première étape, c'était tout de même de passer le cap.

Véritable croisade, donc, et qui continue sans discontinuer. Incompréhensions et tergiversations pour prouver que j'étais à côté de mes pompes. Simplifier ne se faisait pas en augmentant ce qui existait ailleurs ou en s'obligeant à les intégrer que pour la seule raison de la conformité avec ses antécédents concurrents.

Construire, c'est guérir les erreurs du passé, pas les reproduire. Oui, je l'ai dit, l'espéranto se veut logique avec peu de règles et des affixes pour composer les mots de son vocabulaire. Il est facile à apprendre, je répète. Il est vendu comme tel et c'est vrai. J'en ai suivi les bases et la construction. Un alphabet composé de plus de lettres que l'alphabet des langues européennes occidentales semble pour moi assez étrange dans le processus de la simplification même pour ajouter des sons qui ne sont en fait que des phonèmes concaténés. Cela impose, de fait, l'installation d'un software "eo" à son utilisateur sur les ordinateurs du monde. 0.jpgLes accents qui reviennent en force, sont en porte à faux avec la tendance actuelle à les éliminer. La composition des mots existe dans plusieurs langues et ne facilite pas nécessairement la compréhension ni la rapidité d'utilisation dans la conversation sans la mémoire du mot dans son entier. Le néerlandais, que nous utilisons en Belgique, par exemple, réunit des mots entiers différents pour en créer d'autres. C'est probablement une des difficultés importantes, presque insurmontables pour les Wallons vu la longueur des mots résultants. Schizophrénie du désintérêt, peut-être, aussi. C'est lors du plus jeune âge que l'esprit est le plus ouvert par le jeu et le moins corrompu par des envies ou des déviances de parti pris ou autres. Ce ne l'est plus dans la suite.

Changeons de crèmerie, on n'y arrivera pas ce jour-là.

Petit retour en arrière. Mercredi, changement de médias. La télé offrait notre émission contestataire hebdomadaire "Questions à la Une". Les commentaires qui se trouvent sur le site démontrent aussi le côté passionnel. Deux sujets comme d'habitude. Pas la moindre relation rappelée avec la semaine et la réforme du français mais sous-jacente très probablement.0.jpg

Le premier sujet, très local, "Sommes-nous capable d'apprendre le néerlandais" Manifestement, l'enseignement n'est pas au top de sa forme en Wallonie à de rares exceptions. Drame de la volonté ou de l'obligation des relations. "Aimer manger" ne se ferait qu'en mangeant pas en regardant les plats. Si le néerlandais ne semble pas à la portée des Wallons, l'enseignement dans des classes trop nombreuses et derrière un archaïsme des programmes, ne permettrait pas, non plus, de le parer au problème dans les meilleures conditions, à part dans certaines exceptions.

Le sujet suivant est plus général. Il annonce d'entrée que sur les 6000 langues dans le monde, la moitié risquerait de disparaître dans la centaine d'années si on n'y prend garde. Une disparition d'une langue toutes les deux semaines serait le rythme de l'extinction. Titre de la séquence "Bientôt une seule langue pour le monde entier". Catastrophe pour l'humanité car un peuple meurt à chaque perte d'une langue en emportant sa culture. L'originalité n'aurait de prix que dans la diversification. Une course des linguistes pour conserver les derniers utilisateurs de ces langues en perdition et de dialectes menacés d'extinction essaye d'enrailler le processus.

Dans l'histoire, l'exemple de l'Australie était caractéristique. Les 12 langues des Aborigènes, soit 95% du patrimoine linguistique de ce pays ont disparu. Drame de la colonisation et du génocide organisé, lié, au début du 20ème siècle et à des techniques de séparation des enfants de leurs parents métissés pour mieux les asservir. Éradiquer l'identité par l'obligation de parler l'anglais.

A constater, entre parenthèses, dans cette émission, les meneurs du débat, des linguistes, s'exprimaient en anglais.

0.jpgLa langue est identitaire, est un univers de poésie, de musique et de littérature, était-il dit. La perte de confiance en soi serait la conclusion de sa disparition. Une génération suffirait aussi pour que le risque de disparition menacerait une langue.

Mais les langues importantes dominent les autres comme rouleaux compresseurs, était-il ajouté par l'orateur très probablement américain.

Commence un défilement de langues plus ou moins exotiques pour nous.

En Chine, le mandarin est pratiqué par 874 millions de chinois. Les autres langues sont mises hors circuit par l'État et le Gshian et le Changsha-Hua disparaissent progressivement. Le mandarin est la langue la plus utilisée dans le monde quantitativement. Préférence avouée pour suivre le travail, c'est le mandarin. La chinoise de l'émission s'est forcée à se conformer au mandarin et imagine qu'un jour, cette langue pourrait dominer le monde.

Les Scandinaves ont 3 langues, le suédois, le norvégiens, le danois, et se comprennent partiellement sans l'avouer. Elles sont différentes probablement pour des raisons politiques. L'anglais fait le pont plus ou moins harmonieusement.

Au Mexique, le vocable "indien" est péjoratif. Supériorité de l'espagnol sur la langue totonac.

Le langage live, parlé par les livoniens, écartés par la force par lettonniens. Non transmise, non écrite, la langue meurt comme si elle n'avait jamais existé dans l'esprit du dernier ou de l'avant dernier pour lui faire la conversation. Cinquante langues qui ne sont plus parlées que par une seule personne dans le monde.

Le mlabri entre le Laos et la Thaïlande n'est plus parlé que par 300 personnes. Langues primitives que certains linguistes s'attardent à transcrire.

Le sheng, mélange de swahili et d'anglais, revit au Kenya dans un conflit de générations parce que ce sont les adolescents qui l'entretiennent et l'utilisent pour se dissocier des parents. Le sheng évolue plus vite qu'espéré même, jusqu'à ne plus se faire comprendre entre les quartiers. Il ne faudrait pas que le sheng oublie le but principal: communiquer. Cette voie est encore plus destructrice des autres langues qu'elle entraîne dans leur transformation.

Une langue vit grâce à son évolution pas à ses révolutions successives dans le court terme. Depuis 1000 ans, l'anglais a subit une foule d'influence en provenance de 350 langues différentes, était-il rappelé.

Les créateurs, les businessmen, s'expriment en anglais, aujourd'hui. L'effort pour communiquer est-là comme point de repère car le monde est devenu global. « Pas vraiment le choix, même si l'anglais n'a jamais appris, la langue n'a plus rien de local », reconnaissent des jeunes du tiers monde. Défit mondial urgent de conserver ce qui doit l'être, les langues et dialectes comme faisant partie de l'histoire mais modernisme qui impose sa propre loi. Linguistes au travail, donc, pour mettre en écriture l'oral qui mourrait sinon à coup sûr.

20080523Taire le silenceConseil Ministres.jpgDire "je t'aime" en toutes les langues n'est ce pas les premiers mots appris? L'émission le présentait en chaîne.  

Comment dit-on cela en langage SMS, d'ailleurs? On ne le dit plus, il est mémorisé dans ses variantes et choisi par sélection. Preuve que les automatismes sont le cheval de bataille d'aujourd'hui, impersonnel, mais efficace.

L'important, à coup sûr, c'est d'être compris, pas nécessairement de chercher à être correct à 100%. On baragouine mais dans beaucoup de cas, cela suffit. Comme une publicité pour l'étude des langues, le rappelait, il vaut mieux avoir compris quand une explosion est imminente, plutôt que s'escrimer avec l'accent ou l'orthographe ad hoc. Oser parler, communiquer, combattre sa timidité sont les moyens pour réussir le partage des idées de son "ego" et de celui des autres. La motivation fera toujours la différence pour étudier une langue. Puristes et intégristes contre la pratique et le temps. Le choix personnel reste plus que jamais en vigueur. L'immersion comme moyen de sauvetage et cela marche.

Mais, revenons une dernière fois, au titre iconoclaste de la séquence de l'émission: si l'humanité ne parlait qu'une seule langue? Le Magazine des Philosophies, se posait aussi la question. Un "global english" y était proposé et rejeté par Barbara Cassin. Le rêve de Leibniz d'une langue parfaite avec des caractéristiques universelles viendrait en contradiction avec la condition pluraliste de l'humanité. Si l'opacité des relations humaines serait réduite dans une même compréhension, ce serait le "desespéranto" comme l'appelait Michel Deguy et perdrait l'inventivité par la nécessité de la traduction.  

Bruxelles, ville bilingue, n'a pas été choisie au hasard dans ce débat des langues. Nous avons dans la capitale de l'EU plus de 30 langues qui se mélangent dans les rues ou dans quelques quartiers plus spécifiques.

Pragmatique, je dirais personnellement que connaître deux langues au minimum serait un "must", pardon une "obligation". Une pour la langue maternelle, une autre pour les relations internationales. Pour le migrant, la langue du pays d'accueil, en plus. Problème qui ne peut se résoudre qu'à la ou les sources: la mère, l'école ou l'expérience de la rue.

"Anglais, allemand ou espagnol? Japonais, grec ou russe? Pourquoi se compliquer l'existence à apprendre plusieurs langues, il suffit de ne pas voyager", citation qui ne tient plus quand un monde, devenu "village" et qui vient à vous. Dire connaître l'anglais ne veut rien dire. Une langue s'appréhende en fonction de son usage, pas dans l'absolu exhaustif des ses fonctionnalités.

Entre temps, de grâce, ne dites pas qu'il parle allemand à un Luxembourgeois. J'en ai fait l'expérience. C'est mal apprécié.

Tiens, je remarque que l'espéranto n'a pas effleuré l'émission de « Question à la Une ».0.jpg

Auraient-ils oublié quelque chose? Parti pris? Je ne chercherai pas la raison.

Le magazine "La Recherche" parlait, dans son numéro d'avril, de l'avenir des langues. Il se posait la question de parler en Spanglish, en Globish ou en Broken English? Il constatait qu'aucune langue n'a une durée de vie prévisible. Beaucoup de langues disparaissent mais d'autres apparaissent. Si les aborigènes de l'île d'Hokkaido n'ont pu retrouver leur langue aïnoue qu'en 1997, si le "lio" ou "kasabe" du Cameroun disparaissait faute de participant en 1095, les transferts linguistiques existent. Les créoles prennent de la vigueur. Le français parlé en Afrique ne sera plus nécessairement du pur français même situation qu'au Canada. Le croate et le serbe ne sont plus des dialectes depuis la division de l'ex-Yougoslavie. Véhicule de la mondialisation, en Europe, l'anglais gagne du terrain. Douze langues occupent 44% des locuteurs dans le monde. On parle en 253 langues sur Wikipedia, ce qui donne une bonne indication. Quant à l'Europe, quand va-t-on fixer une langue type "euro"?

Dernière question angoissante que l'orateur de l'émission « Questions à la Une » proposait de nous poser "Et si ma langue n'avait jamais existé?". J'y ajouterais aussi "Et si j'avais été muet, manchot et idiot?".

 

L'Enfoiré,

 

Sur Agoravox, un jeu de langue ou d'autre  choses? 

Mise à jour 10/4/2009: Claude Hagège apparaissait dans les actualités de France2. A la question "pourquoi si peu de Français qui connaissent l'anglais à la sortie des classes?" Réponse: "Parce le français serait une langue internationale mais bien loin de l'anglais". 

 

Citations:

  • "Un homme qui parle trois langues est trilingue. Un homme qui parle deux langues est bilingue. Un homme qui ne parle qu'une langue est anglais.", Claude Gagnière

  • "Le premier instrument du génie d'un peuple, c'est sa langue.", Stendhal

  • "La grammaire est l'art de lever les difficultés d'une langue ; mais il ne faut pas que le levier soit plus lourd que le fardeau.", Rivarol

  • "Les absents sont assassinés à coups de langue.", Paul Scarron

 

18/03/2009

Héros à titre posthume?

 Héros à titre posthume.jpgErostate, illustre inconnu? Alors qu'il ne devrait pas l'être. Il a tout fait pour ne pas l'être pourtant. Alors, y en a-t-il de très modernes comme le disait un edito?

Un article du Soir essayait d'expliquer l'inexplicable drame qui s'est déroulé récemment près de Stuttgart. Un autre drame, plus proche de nous, s'était produit et j'avais essayé de trouver les origines.

De peur qu'il ne disparaisse, je reprends l'edito du Soir de Marc Metdepenningen:

 

"Le drame de Stuttgart nous rappelle que dans l'Antiquité grecque, Erostrate se permit, le 21 juillet 356 avant notre ère, d'incendier le temple d'Artémis d'Ephèse, l'une des sept Merveilles du monde. Il avoua avoir commis son geste fou par le seul souci de « réussir quelque chose dans sa vie ». Son nom fut banni des conversations, sous peine de mort. La société d'alors voulait éviter que pareille infamie se reproduise. Dix-huit siècles plus tard, d'autres Erostrate se manifestent. Une trentaine en 20 ans. Tous jeunes. Tous voués à leur propre mort décidée, par désir suicidaire ou de se livrer aux balles de la police. Tous affublés des oripeaux de leurs fantasmes : des déguisements, des messages et des vidéos diffusés sur l'internet, ce merveilleux et redoutable outil de communication dont ne disposait évidemment pas Erostrate. Tous rongés par un désir de vengeance à l'encontre d'une société qui, croit-on, à les lire à défaut de pouvoir les interroger, les a bridés, humiliés, réduits à l'état de misérables pions. Lorsque ces « tueries de masse » surviennent aux États-Unis (ce qui fut encore le cas ce mercredi en Alabama), il est commode d'incriminer la libre et constitutionnelle disposition des armes pour tracer un début d'explication immédiate. Comme si seul le moyen emprunté pour s'adonner au pire procurait une clé de compréhension définitive et satisfaisante à l'acte commis. Les armes en vente libre aux États-Unis ont bon dos pour esquiver toute tentative plus profonde d'expliquer les tueries de Colombine ou d'ailleurs. Affaires classées : les armes utilisées sont les seules responsables ! Comme du temps d'Erostrate, les couvercles se déposent sur les marmites actuelles des révoltes les plus spectaculaires. La contagion à l'Europe (Stuttgart mais avant la Finlande et bien sûr Termonde chez nous) enseigne que les armes ne sont pas les seules explications à retenir. Car, plus que l'arme, c'est la motivation meurtrière de ces jeunes qui stupéfie : la déliquescence des liens sociaux, le « no future » imposé par une économie folle et cruelle, l'impossibilité de donner un sens à une vie de plus en plus régentée. Le désespoir d'autres Erostrate est à craindre…"

Tim Kretschmer aurait pu être un enfant de 14 ans comme les autres. Peut-être, refoulé ou non reconnu, il s'est embarqué dans une histoire dans laquelle il se condamnait d'avance. Comparer l'exemple avec un condisciple d'un autre milieu comme un rédacteur l'avait fait, n'explique rien et compliquait même le débat. Les armes à disposition feront toujours les outils de ce qu'on nommera toujours un drame de l'incompréhensible. D'autres Erostrate, il n'a pas fallu attendre très longtemps pour en découvrir. Le phantasme des tueurs en série a encore frappé le samedi 21 mars. 29 mars, une maison de retraite.  09 avril: Probablement un autre cas avec l'affaire Hissel

Le cerveau reste encore une boîte très noire. Trop noire. L'étudier pour prévenir l'insoutenable pour les autres sera le projet de ce 21ème siècle. Michel De Pracontal du Nouvel Obs, lui, avance que la société n'a pas su détecter les signaux de détresse de ce jeune. L'acte n'est pas l'énigme majeure mais c'est dans la manière dont la société le raconte.

Le drame de Stuttgart est affreux. Les dernières phrases de cet edito poussaient à aller plus loin, à peut-être l'extrapoler, à l'approcher par un autre bout. A notre époque, dans un monde d'indifférence dans lequel nous vivons, à force de souffrir d'un manque de reconnaissance dans le monde du travail, aussi, certains seraient poussés à des extrémités déviantes pour sortir de l'anonymat. Se retrouver dans les fais divers, dans les mémoires de ses contemporains par le drame et l'horreur est une autre forme de se faire connaître et reconnaître. Se retrouver dans le dictionnaire, avec les honneurs, est bien sûr la "pièce de luxe", même plus "efficace" que de propager son "ego" au travers de sa succession. Mais, le processus est variable et prend des techniques totalement différentes. Faire quelque chose d'utile, qui fasse avancer le schmilblick, n'est pas nécessairement le meilleur filon. Le showbiz est la phase la plus distractive. L'exhibitionnisme en est une dérive. La politique, celle de reconnaissance vis-à-vis des foules avec bénéfices postposés qui devra se revoir dans les élections suivantes. La postérité n'en demandait pas tant. L'image de surface fait la loi et se fait épauler par la malice. Les travailleurs de l'ombre, ce sera par petites touches, par récompenses, très vite oubliées. Monter dans la hiérarchie, faire partie d'un groupe d'élus, d'une association peut même, quitte à perdre son autonomie, propulser l'un de ses membres. Groupes de solidarité? Ce n'est pas sûr. Je constatais que l'on recherche même des points de repères chez ses idoles. Tout pour se rapprocher d'une élite ou de sortir de l'indifférence. La schizophrénie a des formes très différentes et touche tous les âges. L'acteur au théâtre, lui, se blinde contre ce problème en jouant des rôles différents dans un échange de personnalités. 

Ailleurs, exister par tous les moyens légitimes ou illégitimes. Dilemme de faire partie des processus des hommes à part entière ou d'en forcer le destin pour en sortir. Pour cela, il y a les Mangas, au Japon, les poupées Barbie pour les dames, les bagnoles pour le hommes. 20090108Consommation.jpg

Être ou paraître, schizophrénie de la personnalité. Question d'image de marque? Les prophètes devaient probablement participer à cette envie d'être gravé dans la pierre ou dans les manuscrits. Les kamikazes, les suicidés n'ont-ils pas, aussi, ce genre de pensée pour rester dans les mémoires de la postérité comme des héros à titre posthume?

20090315Fritz.jpgOn arrive tout doucement au narcissisme ou plus grave, au narcissisme pervers. Tout pour sortir de l'anonymat et faire ressortir les vices les plus cachés. Quels sont les ressorts intérieurs de Fritzl? C'est sa fille qui a dû lui faire prendre ses responsabilités.

Les exemples sont plus repérables dans les extrêmes, moins dans les intermédiaires. Ils prennent tellement de formes et de noms qu'on s'y perdrait en chemin. La psychologie parle de pseudo-narcissisme pervers, d’anti-narcissisme psychotique et schizophrénique, de narcissisme malin, de narcissisme embryonnaire et fragmentaire des États-limites, de narcissisme primaire, de narcissisme secondaire de l’évolution, de narcissisme tertiaire de la créativité, de narcissisme génital de la santé, etc.

Réflexions du Miroir? Est-ce qu'écrire ne constitue pas une forme de son propre "narcissisme", une occasion de plus de sortir de l'ombre? Celui qui s'adonne à cet exercice de sortir de soi se doit de se poser cette question, un jour. Analysons.

Écrire son journal comme l'a fait Anne Franck, comme d'autres, moins célèbres, était une manière de procéder dans un autre temps troublé, sans Internet et sans les blogs. Tous témoins de son temps sans confrontation avec les autres. Elle s'est parlée à elle-même et n'espérait peut-être pas faire parler d'elle. Titre posthume, à l'insu de son plein gré, elle a transmis son expérience et ses impressions, sa vie qui ne se présentait pas normalement à celle d'une petite fille.

Autre époque, autre mœurs et usages. Internet a changé la donne. Le mal être existe toujours. En temps de crise ou de de fausse sécurité. Le livre papier était et est encore plus le moyen de faire passer un message. L'ère de l'interactivité, des blogs et des sites citoyens ont pris le pas et changé la donne.

Être lu, ai-je dit dans "Mal au blog", ce n'est pas mal. Se voir commenter, le nec plus ultra. Cela permet de se positionner dans une échelle des avis qui n'a pas nécessairement une idée20090315Froire du livre et lettres.jpg sismique, du moins au départ.

Pas question d'être un héros. Le titre de posthume semblerait encore plus ridicule, encore plus difficile à supporter et tellement plus difficile à cacher.

Il y a peut-être des pièces intégrées au processus du "narcissisme" mais celles-ci peuvent en cacher bien d'autres. Les buts nécessiteraient un article à eux seuls.

"Facebook réveille votre degré de narcissisme", lisais-je. J'y suis. Mdr, donc, je serais narcissique....!!! Pas vraiment. De ce côté, pas d'exposition personnelle, seulement une volonté d'analyser le processus interne de ce Facebook de la modernité. Le sésame est l'inscription et puis, comme disent ses fans, on y réveille parfois le passé. Twitter est maintenant encore plus récent dans le réseau social. Communiquer pour ne pas disparaître. Je n'irai pas jusque là. "What are you doing?" y lit-on. "That's my business" aurais-je envie de répondre. 

Le dictionnaire est à consulter pour bien d'autres choses que d'y retrouver des noms propres, surtout quand ils le sont moins. Philosophie simpliste, en soliste? Écrire avec sa nature comme guide, cadre, sans la claque, parfois, avec quelques paires de claques dans le parcours. "Connais toi, toi-même" et puis jette ta bouteille à la mer et tu t'endormiras un peu plus riche si jamais, elle revient. C'est ma manière de faire partie du "jeu".

Narcisse? Non, inconnu. Les narcisses, ce sont plutôt de belles fleurs à mes yeux et celles-là sont bien dans les jardins et pas dans la tête. Erostrate, lui non plus, n'a pas le succès espéré, par ici. Par contre, pour suivre le dernier sketch d'Anne Roumanoff, se poser la question du pourquoi quand on écrit et ce qu'on en ressent, est ce de l'envie ou du besoin? La réponse est, très probablement, qu'on en a envie et aussi, quelque part, qu'on en a un grand besoin.

 

L'enfoiré,

Des héros mais non posthume sur Agoravox? 

 

Citations:

  • "Aimer quelqu'un qui vous aime aussi, c'est du narcissisme. Aimer quelqu'un qui ne vous aime pas, ça, c'est de l'amour.", Frederic Begbeider

  • "Il y a une certaine dangerosité du narcissisme dans l'obsession de la séduction", Guy Bedos 

  • "La vie, le malheur, l'isolement, l'abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros ; héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres.", Victor Hugo

  • "Mourir pour des idées d'accord, mais de mort lente", Brassens.

 

11/03/2009

Le rapport du "Rapport de la CIA"

En 2005, Alexandre Adler s'intéressait au rapport de la CIA et à ce qui serait le monde en 2020. Vision à l'américaine en suivant le rapport NIC 2020 (2003). Nous sommes 4 ans plus tard. Cette vision tient-elle toujours la route?

0.jpgJe me proposais récemment de revenir sur des exemples de futurologie en fin de l'article "Futurologues en goguette".

Adler affirme que les Américains ne seraient pas ce que l'on croit des antidarwiniens avec des préjugés tel que le décrivait Michael Moore en réaction à l'ère de G.W. Bush. Ce sont des diplomates, des officiers du renseignement de la CIA qui possèdent leurs propres organismes de recherche et d'évolution mais qui sont, eux aussi, très peu tournés vers le futur et l'extrapolation du passé sur le futur. Un rapport établit par 25 experts indépendants de milieux divers, entre autres, par les futurologues comme Ted Gordon, Jim Dewar et Ged Davis.

"Vers une mondialisation plus malheureuse" reconnaissait Adler d'entrée de jeu dans une titre évocateur. Pas plus, la doctrine de James Moore avec son panaméricanisme ni l'idéalisme naïf de Woodrew Wilson, mais une Amérique très ou trop pragmatique que l'on retrouve au travers de ses présidents et cela pendant deux cents ans de puritanisme et de compétitions acharnées. Ce serait plutôt contre un passé de "containement" (d'endiguement) de la puissance soviétique contre un dynamisme idéologique avec l'argent comme arme et comme outil et l'appui massif d'universitaires compétents entre "conservatisme" et excès dits "démocrates". Pas de géants abouliques, seulement un américain instrumentalisé par les milieux financiers britanniques et antisémitisme. Une économie en voie d'expansion et d'intégration mais avec les États-Unis comme rôle pivot, une révolution technologique toujours plus envahissante, des inégalités sociales persistantes, une montée de l'Asie, des émergents comme les BRIC et des puissances vieillissantes, des politiques identitaires, une insécurité omniprésente porté par une transmutation du terrorisme international, une démocratisation en marche arrière résumeraient les constatations du rapport. Tout cela, sous une cartographie du futur, avancée par l'intermédiaire de 4 scénarios alternatifs et qui, d'après l'auteur, n'arriveraient jamais ensemble.

  1. Le maxima par la "Pax americana", style GW Bush, en pilotage automatique et bienveillant

  2. Le "monde selon Davos", style Bill Clinton, simple à concevoir par la liberté de s'associer avec des avantages comparatifs

  3. Le "nouveau califat", style Ben Laden, sans véritable stratégie pour contrer efficacement la montée de l'intégrisme avec une urbanisation brutale du monde musulman, qui devient la source de l'islamisme idéologique en différentiel avec l'Asie.

  4. Le minima par le "Cycle de la peur" de style ou conception plus européenne avec le chaos mondial final qualifié de simple et léger.

0.jpgDes lettres, plus ou moins imaginaires, sont présentées par l'auteur pour en sortir des leçons à méditer.

Une stratégie de secours par multipolarisme tempéré seule pour minimiser l'impact des deux derniers avec une idéologie du même droit à la vie et au bonheur et avec une imagination qui ferait changer la chenille en papillon par les moteurs de la démographie, des ressources naturelles, de l'environnement, de la science, de la technologie, de l'économie mondialisée. Prédictions qui rendraient la mondialisation irréversible mais moins occidentalisée dans une économie plus vaste avec des entreprises privées de taille mondiale propageant les nouvelles technologies. Une montée en régime de l'Asie, une population vieillissante généralisée, de l'énergie suffisante et même en croissance, un pouvoir grandissant mais non étatique, un islam politique puissant mais avec les États-Unis toujours en un acteur unique et puissant, se retrouvent dans les certitudes relatives présentées. C'est donc de la "prédiction" avec une vision dites "dynamique" des futurs possibles pour sortir des pensées conventionnelles.

0.jpgLa crise mondiale dont on voyait les prémisses en 2007, avec la perte d'achat comme initiatrice et des subprimes comme révélateur; en 2008, avec la crise des banques, et financière comme catalyseurs à la perte de confiance irrationnelle, qui ont bouleversé ces prévisions et mis en déroute les populations du monde de manière brutale et non contrôlable dans son ampleur et sa brusquerie, sont sortis du chapeau de l'histoire. Les certitudes relatives se sont effondrées sur plusieurs plans dans une démonstration par l'absurde. Un déséquilibre entre production et consommation s'est produit, insidieux. Les technologies informatiques misent en oeuvre par le rapport NIC pour analyser le futur n'avaient manifestement pas tous les paramètres disponibles. Alors, l'idée d'être au service des citoyens, ce n'était pas gagné d'avance. La mondialisation, vue aujourd'hui, est en phase rétrograde et un "néo-protectionnisme" est mis en avant par Manuel Baroso, président de la CE, comme le danger ultime. "Le monde sous la menace protectionniste" titrait le Nouvel Obs dans un de ces derniers chapitres. L'économie restreint ses objectifs et s'oblige un chômage technique ou complet, de plus en plus énergique, poussé à son point limite de la fermeture des entreprises souvent hors les murs de la maison mère des multinationales en premier ressort, à la source, ensuite.

Celles-ci grincent de toute part et éjectent les produits qui ne font pas partie du "core business". Les stocks explosent et ne trouvent plus acheteurs. Certains font du catastrophisme.


0.jpgDavos était mentionné, mais les altermondialistes au Brésil ne l'étaient pas.

L'énergie et les matières premières subissent des fluctuations chaotiques en dehors de l'entendement et de la logique primaire. L'énergie nucléaire poussée vers une sortie honorable, revient en force avec de nouvelles centrales même chez ses précurseurs anti-nucléaires scandinaves. Une controverse éolienne freine clairement les espoirs et minent les élans les plus écologiques. Alors, on se retourne en premier vers les freins de la consommation d'énergies.

Les États, poussés par l'obligation de soutenir leur économie et l'emploi, par les ONG et les lobbies, reprennent parfois les miettes des entreprises privées ou privatisées, en crise de liquidités. Cette situation d'exception a provoqué quelques déclics pour contrebalancer les efforts et regagner la confiance. On rassemble les fonds de tiroirs: les secrets bancaires, les paradis fiscaux, les parachutes dorés ne sont plus ce qu'ils étaient. On rationnalise. On renfloueOn tente de corriger. Et puis, les milliardaires sont toujours là, même s'ils trinquent et changent de tête. Ouf...?

0.jpgLe "durable" est, désormais, préconisé et encouragé dans le monde occidental pour préserver l'environnement. Les produits bas de gamme se retrouveront, tôt ou tard, repoussés, de fait, aux frontières, les copies radiées pour sauver les économies locales et les marques pour s'épargner un écrasement total et fatal. Il parait d'après un article de l'Echo de mi-mars 2009 que "la crise profite aux marques propres des distributeurs". Les fusions de sociétés ont ralenti de manière drastique. Des rachats de sociétés stagnent dans la peur du lendemain. Ils pourraient être remplacés par des échanges de bons procédés sous forme d'échange d'actions. Une autre technique de l'histoire, en vue?

Un scénario où seul le jeu en commun serait devenu l'agent liant ou le retour aux cases de départ se dessine, à coup sûr, dans une sorte de recherche forcée de "L'argent du beurre" au plus juste prix. La création de nouveaux blocs alliés tels que celui de l'axe Moscou-Téhéran-Pékin opposé à celui des États-Unis-Israël-Japon; ceux des deux axes eurasiens, avec au Nord, les Britanniques et les Scandinaves contré au Sud par la France, l'Allemagne et la péninsule Ibérique étaient préprogrammés dans le rapport, sont beaucoup moins d'actualité. Plus aucun bloc économique ne peut en sortir sans la concertation avec les autres et le concours coopératif ou solidaire des voisins. Unir l'ensemble est devenu le défit majeur. Alors, on s'observe. Des plans de relance de plus en plus chers donneront-ils le ressort sans aller aux sources du mal? La compétition acharnée et suicidaire par la concurrence fait partie de la partie avant "schisme" et la charnière de ce siècle. La peur et la sécurité tout azimut ont dégradé l'économie et miné la production de manière plus accélérée au cours de cette dernière décade. Une dévaluation générale des monnaies se retrouve dans une érosion de la consommation.

0.jpgL'Europe, ce dit "vieux continent", grâce à sa diversité de cultures n'a pas encore dit son dernier mot, si elle s'en rend compte. Une spécialisation naturelle en fonction des compétences de ses ressources humaines disponibles en éliminant les redondances d'efforts trop régionaux pourrait aider. L'éducation et l'immigration ne seraient plus considérées comme un mal mais, au contraire, un élargissement des potentiels. Ce serait une adaptation de la main d'oeuvre confrontée à une longue période d'immobilisme, disait Adler avec raison. L'OTAN reprend du gallon contrairement aux prévisions du rapport. La France se met sous son ombrelle. Nicolas Sarkozy vient d'en conclure l'accord, en faisant table rase de la volonté d'autonomie de Charles De Gaulle. C'est fait ce 11 mars 2009, ça coûte trop cher la souveraineté et on réinvente l'union fait la force.

0.jpgUne reprise en main de la Russie s'est produite, hier, en Géorgie, pays qui s'était formé plus ou moins artificiellement sans l'accord de toutes les populations de liens différents qui la composent et qui avait surpris par son réveil soudain. Hautement improbable, disait le rapport.

La Chine et l'Inde ne seront que les acteurs qu'ils voudront dans, semble-t-il, un même jeu de l'autarcie forcée.

Ce qui veut dire, aussi, pour la Chine que le pouvoir d'achat intérieur devra s'élever de manière importante et passer à la consommation "old style" occidentale avec une classe moyenne démocratisée et éduquée sous peine d'asphyxie. Elle devra absorber, très vite, les frais démesurés qu'elle s'est imposée pour les JO de 2008. La surchauffe y a vécu. Le ralentissement de la création d'emploi est dès lors programmé tout en repoussant une nouvelle fois son propre problème du vieillissement de la population. Cela pourrait entraîner une instabilité par le crime, le trafic et l'immigration illégale. Le prix des matières premières soutenues par l'expansion chinoise, oui, si l'expansion s'y poursuit.

Le Japon ne voit pas le fond mais a découvert en catastrophe l'ADM, les armes des distractions massives, les Mangas avec le karaoké comme fond musical.

L'Inde, par contre, toujours sous le joug de l'idéologie des castes, subit toujours un frein des responsabilités non égalisées sur sa population globale, rythmée par de trop nombreuses vitesses de développement. Une population en augmentation constante avec des eaux en surface de plus en plus polluées, se verra imposer des choix draconiens dans la haute technologie dans les villes en maintenant les campagnes de force, hors course. L'outsourcing massive n'assure plus la sécurité à ses clients comme espéré à la naissance de ce mouvement d'externalisation. Sa population reste seulement locataire de travail temporaire, à bon marché et, donc, non responsable sur le long terme. Il n'y a pas que le prix et la langue anglaise poussée comme véhicules d'une rotation durable.

Le vieillissement des populations, l'environnement sont les problèmes généraux. La moitié de la population mondiale devait vivre dans des pays avec un taux de fertilité inférieur à 2,1 enfants par femme pour maintenir une stabilité et assurer une retraite aux seniors. Comment les pays vont s'y atteler déterminera la sortie ou l'incrustation dans la durée des problèmes. Une cartographie mentale du monde de 2020 avec un changement radical d'optique du progrès hors caricatures pourrait stopper l'hémorragie ou l'inverser par une guerre catastrophique comme ce fut le cas au début du XXème siècle suivie par une dépression mondiale, rappelait Adler. La vraie guerre pourrait devenir plus virtuelle que réelle par la déstabilisation cybernétique paralysant les réseaux d'Internet sources du savoir. Une hausse durable, inscrite dans le rapport NIC, s'il apaisait certaines tensions sociales consolide, dans le même temps, des régimes autoritaires. L'image des Etats-Unis comme modèle, comme gendarme du monde avait, pour longtemps, été remisée à l'ombre des espoirs déçus suivi d'un esprit anti-mondialiste sévère. L'arctique qui dévoile ses profondeurs, à cause du réchauffement climatique, n'a pas été envisagé dans ses conséquences qui peuvent se révéler positives pour les pays limitrophes.

0.jpgNon, la crise "totale", la décroissance que nous connaissons, n'avait pas été prévue dans le rapport. Elle a fait sortir du cartésianisme pour devenir systémique. Un profond déséquilibre entre offre et demande en ressort, dans les liquidités nécessaires ou superflues. Après une inflation galoppante de 2007, une récession mondiale fait naturellement baisser la demande en 2009. Rationnaliser tout cela pour retrouver un équilibre et effacer les laxismes et les inégalités du passé à trouver dans l'urgence.

Les risques inflationnistes, les populismes d'Amérique Centrale, les changements de cap à gauche en Amérique du Sud, la conjoncture post 2001 sont peut-être déjà un lointain souvenir.

Le mérite de ce rapport est d'en avoir analysé les changements majeurs sans en avoir décelé l'ampleur et la rapidité dans les espaces et dans le temps. Il avait constaté les déséquilibres de l'endettement des ménages américains, des déficits budgétaires croissants de la balance des comptes mais tout devait continuer si l'infection n'était jugulée sur place, à son origine. Un refus de la hausse des impôts et la chute du dollar ralentirait inexorablement l'économie américaine, disait-on. On sait ce qu'il en est advenu. On parle de régulations, de réformes dans des cycles excentriques pour réguler ce qui était considéré comme automatique. 

Aux États-Unis, un nouveau "Messie" est donc là pour changer le pays de fond en comble. Pas besoin de le nommer pour le reconnaître. Messie, pour les uns, Satan, très probablement, pour d'autres. "Après quelques six semaines, des impôts qui servent à réduire les inégalités, des polluleurs devenus payeurs, l'Etat de non-droit bannis, la santé accessible au grand nombre", comme l'écrivait récemment le Nouvel Obs. Loin d'un ravallement de façades.

Ca n'était pas dans les tablettes du rapport évidemment.

De toute manière, l'euphorie de la puissance est un peu passée et n'aurait pas été reproductible d'après le rapport.

Des plans de relances, un nouveau protectionnisme industriel en accord avec un nationalisme renaissant et autarcique.

L'impression de déclin pour les anciens est manifeste. Certains chercheurs pensent déjà à faire machine arrière.

0.jpgDes mutations géopolitiques, dépendantes des approvisionnements énergétiques, pour les autres. Les marges de manœuvre restent étroites pour les gouvernements endettés. Le domaine publique, forcé, reprend de la vigueur dans le soutien de l'économie. Les levées du secret bancaire, les évasions fiscales, les corruptions et les scandales financiers sont en passe de corrections pour récupérer les fonds de tiroir. Peu importe les techniques utilisées dans ce grand chambardement. Le renversement de tendance a eu lieu, c'est entendu. Le Monde a eu son 11 septembre en plusieurs couches successives. Nous vivons des années charnières à la recherche de consencus. Un monde plus volatile, moins stable, donc.

Entre temps, la France se retrouve avec un soulèvement de ses territoires d'Outre Mer, souvent oubliés.  Le Système du Capitalisme suite à la crise est même remis en question par plusieurs analystes pour sortir de l'ornière. 

"Des mutations profondes, sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, à la recherche des aiguillages pour ne pas sortir des rails avec peut-être des effets bénéfiques pour l'éradication de la pauvreté", concluait Adler. Qui dirait mieux?

Vu le retournement de situation dans ces quelques derniers mois, la difficulté de comprendre cette actualité, prédire ce qui va se passer dans 15 ans, n'est, décidemment, pas chose facile même pour la CIA.



0.jpgJe m'apprêtais à terminer ici, quand je suis tombé nez à nez avec la
version 4 de ce Rapport qui vient de sortir de presse et qui, cette fois, veut allonger les prédictions jusqu'en 2025. Il est vrai que sa conception a été étendu à des experts de tous les continents et non plus américains.

Cette version inclu la crise, l'arrivée d'Obama et des corrections non négligeables. 

Nouveau film catastrophe? Pas vraiment, quoique de nouveaux problèmes surgissent. La pénurie d'eau, d'un côté ou le trop plein dû au réchauffement climatique se sont invités dans la danse. Le Sahel, le Darfour crèvent par la sècheresse tandis que Wall Street doit déménager pour échapper à la montée des eaux. Les hydrocarbures qui s'"évaporent" des rêves de consommation à bon marché. Donc, un futur qui suit plus environnemental que prévu précédemment.

0.jpg

Plus multipolaire encore, aussi, et moins américanisé. L'Afghanistan et le Pakistan deviennent des points névralgiques. La réconciliation entre les continents sont au programme. L'association Taïwan, Hong Kong, Macao, Singapour font la nique, économiquement du moins, à la Chine étatisée du pouvoir central. La Corée et le Vietnam sortent leur épingle du jeu. L'Afrique est courtisée par la Chine, l'Inde et le Brésil.

Mais, si 2020, était encore très loin, 2025 rend les prévisions encore plus hasardeuses. Un rapport ne serait rien s'il n'était pas suivi de corrections. Les économistes, eux, ont toujours pu expliquer les erreurs du passé. 

Alors, un nouveau rendez-vous dans 5 ans, dans 4, 3, 2 ou 1 an vu que l'espace temps se rétrécit? "L'Histoire n'est pas encore en voie d'achèvement" constatait justement Adler dans sa préface.

0.jpg

Bernard Maris de Charlie-Hebdo en parlait lors d'un interview, suite à son livre "Capitalisme et pulsion de mort". Il proposait : une économie verte  plus  sociale, coopérative avec des indicateurs de bien-être, budgetiser en remplissant les caisses de l'Europe, effacer les créances par l'inflation (la déflation fait encore plus peur) et en épongeant ainsi les dettes par ceux qui peuvent le faire, vivre avec une sobriété plus ajustée par une croissance en fonction des besoins plutôt que de suivre le marqueting, se rendre compte que l'argent n'est pas commestible (mythe de Midas), taxer la spéculation et éradiquer les paradis fiscaux.

Une utopie? Non, un changement de mentalité. Très certainement.   

Suite à l'écran de nos jours du moment qu'on garde la santé entre temps.

 

L'enfoiré,


Des futurologues au rapport sur Agoravox?

 

0.jpg

Mise à jour mai 2013: Un nouveau rapport de la CIA


 

Citations:

 

  • « Je préfère un futur imprévisible à un futur imposteur. », Maurice Schumann

  • « Ne t'écarte pas des futurs possibles avant d'être certain que tu n'as rien à apprendre d'eux. », Richard Bach

  • « Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire. », Friedrich Nietzsche

 

05/03/2009

Mots de l'étrange

Les figures de style bien connues ont vu arriver des concurrentes dans les sigles, les diminutifs, les initiales, les éternelles antithèses poussées à l'extrême qui ne sont pas là pour éclaircir la pensée mais pour donner un clair obscur à des pratiques que l'on voudrait cacher. Il y a d'autres méthodes. Des suffixes jouent aussi dans ce jeu de l'insoutenable légèreté de l'être. 

entrepriseLe dysfonctionnement, vous connaissez? Vous en connaissez le mot pour l'avoir entendu de multiples fois dans des cadres de vie totalement différents. Assez récent dans le vocabulaire des dictionnaires, il existe donc bel et bien. Le sens du mot, lui, est par contre volontairement mis en parenthèse. Il met à toutes les sauces et rassure par son ambiguïté réparatrice.

"Trouble du fonctionnement" dit le dictionnaire de manière si peu explicite du côté des exemples.

Le dysfonctionnement prétend mieux circonscrire un concept vague et en fait le rend plus flou. Il en devient toxique comme le serait le subprime, l'eMail, la dénonciation de la situation, elle-même... Un simple papier devient "toxique" en détournant l'attention des empoisonneurs même. Après, plus de question de demander des précisions sur le handicap subit par ce "dysfonctionnement" que le "y" en deuxième lettre range de fait dans le domaine de l'irrégularité de l'"étrange". L'affaire est entendue. Pourtant, que de causes diverses de la plus futile à la plus dangereuse dans ses conséquences avec toujours le même passe-partout de l'idéologie moderne de l'absence de responsabilité. Ça ne se discute pas les "dysfonctionnements", ça se cache derrière un mot. C'est comme si on recevait les messages à moitié.

entrepriseCela risque de planer au niveau du "système critique" comme une épée de Damoclès. L'épée a déjà frappé plusieurs fois dans l'air, mais on la camoufle derrière des généralités comme s'il s'agissait de normalité, d'événements que l'on n'aurait pu empêcher. La crise actuelle n'est qu'une suite de dys...fonctionnements qui ont produit un raté du pouvoir de vivre normalement. Le préfixe 'dys", lui-même, est souvent utilisé en médecine pour décrire une maladie, une anomalie mais il a été étendu au système et à une série de concepts. Serait-ce dû, dès lors, à de la dyscalculie, la difficulté d'utilisation du système symbolique, par dyslexie et par la dysgraphie, la difficulté, respectivement, de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture qui génèreraient en finale des dyslalies de paroles et des dysharmonies entre les choses et les personnes?

La "disruption", mot de l'étrange, est un mode de pensée qui défie aussi les conventions établies tout en essayant de créer des visions nouvelles capables de faire évoluer une marque vers un sommet inégalé. Nous sommes dans le domaine des idées qui refusent les modes de pensées répétitifs, des certitudes rassurantes et de l'immobilisme qui dénature son envie de progrès. Pas question de mettre le changement au frigo car il est sensé apporter l'amélioration à quelque chose qui tourne sans problème depuis des lunes. Se tourner du côté des habitudes est la pire réaction que le mot "disruption" ne pourrait accepter.

Beaucoup de mots se montrent sous un jour trouble, impalpable, imperceptible dans leur concept avec toujours le même souci de noyer le poisson entre clarté et obscurité.

Cette méthode en déficit d'informations laisse sur sa faim tout en semblant laisser la situation ouverte à la discussion. 80% des gens en seront lâché sur le chemin de la vérité non expliquée. C'est évidemment tout bénéfice quand il s'agit de cacher un vice de construction, une malversation tout à fait indépendante de la volonté de son initiateur, comme il se doit.

entrepriseL'exceptionnel ramené au niveau de la normalité. Chacun doit y trouver son compte en cascade à l'événement irrationnel. Jamais de péril en la demeure, juste une petite défaillance de jeunesse car le fournisseur garde tout le contrôle.

Pas question dans ces conditions de revenir en arrière. Un coup de frein à la marche du progrès, sans catastrophe, serait pure affabulation irrationnelle. Simple parenthèse dans l'évolution. Simple consolidation avant de faire le plongeon dans l'inconnu de la technicité. Le coupable sera-t-il recherché? Sherlock au boulot dans ce monde moderne et pratique!

Nous sommes ici en pleine abstraction ou explication de l'inexplicable. Globalement, tout marche sans pépin, mais vous avez eu la malchance d'être tombé à pieds joints dans cette anormalité. Dire que vous êtes fautif en tant que client, il n'y a qu'un pas. L'erreur ne vient aucunement de l'objet de la transaction.

On ne peut, aussi, pas tout dire et avec cela vous avez tout compris. La particule "dys-" s'étiole alors à la recherche du seul "fonctionnement".

On commence l'explication de la déviance par le "comment" pour finir longtemps après par le "pourquoi".

Le principe de précaution, souvent évoqué dans les cas extrêmes de danger sous-jacent, est trop limité à ces inventions du progrès. Les assurances, en cas d'erreur, ne sont pas faites pour les chiens.

Toutes les nouvelles technologies sont passées par cette moulinette de cette équation à "n" inconnues qu'il faut présenter le plus positivement. IBM, il y a bien longtemps, a fait tester ses machines par ses clients. Microsoft a fait de même avec ses logiciels. Google se réparti dans les fils du net. 

Anormal? Pas forcément, mais il vaut mieux mettre les cartes sur table. Les combinaisons de risque, les tests de compatibilité sont tellement nombreux qu'il serait quasiment impossible de réaliser un contrôle complet de A à Z dans les temps impartis par les clients eux-mêmes et par la concurrence. Leurrer le client en disant que la disponibilité et la sécurité des systèmes hardwares ou softwares est à 100%, en donnant de fausses explications vide de sens, n'est que reculer pour mieux sauter.

Il en va de l'honnêteté que l'on trouve dans un futur de progrès et des hommes qui le prépare et qui le consomme.

L'éducation a montré le chemin du rang mais s'effacerait devant l'exception? Non, dès le plus jeune âge, on n'aime résolument pas les incartades. Les pas de travers doivent seulement s'effacer pour subir la punition. 

Le conformisme est faussement de rigueur, le plus souvent. Les moutons de Panurge sont, alors, légions.

Vacciné, le client l'est depuis longtemps, pourtant. Le point de non retour, par contre, il n'est pas prêt de l'accepter. Ce serait la perversité ultime et son arrêt de mort.

Pour apporter des nouvelles moins positives, les mots de la bizarrerie et de l'anormal, si elles ne sont pas aimées, fascinent par leur côté étrange.

Alors, la vie qui suit, les ornières bien profondes sont préférées à toutes les nages entre deux eaux de droite ou de gauche. Albert Jacquard dans son livre "Mon utopie" avouait qu'il avait été un bon élève en tout sauf en gymnastique. Visiblement, il s'était mis au vélo depuis en proposant cette utopie comme devoir citoyen. Le réalisme sans esprit de recul devrait, tôt ou tard, avoir vécu après avoir vu défiler en bloc les blogs sur le net et surtout avoir constaté que les voies tracées sont bouchées.

La confiance fait partie du processus de redressement.

Quand on s'adresse à celui qui n'est pas le commun des mortels et qu'il a fait en principe quelque chose de répréhensible, on parle d'une procédure et de motion de défiance constructive. Ça présente mieux.

Une nouvelle loi va prendre place prochainement pour observer la notion d'égalité des chances. Cette fois, on citera "Loi contre la discrimination". On est général et on ne parle plus de ce vilain "racisme" ou de "différences entre hommes et femmes". C'est étudié pour. Enfin, on espère que ce ne sera pas un lendemain de carnaval.entreprise

Par "atypique", qu'entend-on? Cela va de l'extrême gauche à l'extrême droite. C'est imprécis à volonté.

Seule la réflexion de tous pourra contrer une démence du Système qui se partage dans des directions contreproductives.

Appeler un chat, un "chat" et oublier les métonymies?

Les dysfonctionnements fleurissent depuis toujours et changent de braquet. La grande crise d'aujourd'hui, une méprise sur ce qu'il fallait éviter en sachant jusqu'où aller trop loin?

Internet a aussi son langage et un rédacteur d'Agoravox l'avait détecté dans "Les mots du net: technologie de la clarté?"

L'antithèse, la petite dernière, est la figure de style qui s'accrochera par le verbe à ce mode de raisonnement.

Une notion de méfiance constructive parachèverait-il le tableau action-réaction? On manque de confiance en nous et en notre avenir, alors, on cherche des idées, des mots qui renverseront nos impulsions négatives pour les minimiser ou les emphaser selon le cas. Il faut n'apporter que de bonnes nouvelles, disais-je, récemment.

entrepriseCar, amour et haine seront toujours préférables que l'absence d'opinion.

Pour couronner le tout et exprimer des idées dont on ne connaît plus les risques de mauvaises compréhensions, il y a aussi les suffixes. Les plus dangereux et malgré cela les plus souvent utilisés, il y a ces mots qui se terminent par "-isme" ou "-iste". Ces mots-là, vous en connaissez énormément. On les prononce et on les écrit sans même s'en rendre compte. Il y a les anciens, mais aussi les nouveaux, les néologismes plus ou moins péjoratifs comme récemment entendu "court termistes". Il y en a qui, dans la note, ne manque pas de parler de discrimination positive.

Paul Hermant de la RTBF avait un billet, ce mardi, au sujet du catastrophisme qui nous chatouille ou nous grattouille les oreilles sans plus traverser nos esprits acculés à la peur du lendemain. Rien de changé. Les figures de style ont repris leur fonction pour s'écarter de l'usage minimal de la langue et verser dans l'imprécision.

Mais alors, avec l'humour, ne serais-je pas dans le domaine de l'oxymore, vous savez cet oxyde qui mord et qui ne s'use jamais, ou, plus fort, du pléonasme qui meurt après sa perte totale de souffle?

Vous avez dit bizarre. Comme c'est étrange...


L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, des mots étranges ou bizarres? 

 

Citations:

  •  "Étrangement, on en veut souvent à la personne qui vous dit une vérité difficile à entendre, impossible à croire.", Marc Levy
  • "C'est étrange, mais vrai ; car la vérité est toujours étrange, plus étrange que la fiction.", Lord Byron
  • "Une conséquence immédiate du fait que l'homme est rendu étranger au produit de son travail : l'homme est rendu étranger à l'homme.", Karl Marx
  • "Quel étrange plaisir de réaliser ses mensonges !", Jean Anouilh