28/04/2009

Sucer mais pas avaler (2)

Dans mon article précédent, je passais en survol les élections en Inde, celles d'Afrique du Sud. Pour finir par les accommoder à la mode de chez nous. Prolongeons-la cette mode.

20090421Pirates partout.jpgPourquoi ne pas commencer par une petite prière païenne avec les vues à l'occidental et les paroles modifiées, rimant avec un "Notre Père"?

 

Patrons du monde qui êtes aux mieux,

que vos noms soient honorés,

que vos sanctions ne nous viennent,

que vos volontés soient faites

au bureau et à l'usine pour le miel

Donnez-nous aujourd'hui

nos gadgets au quotidien

pardonnez-nous nos dépenses,

comme nous pardonnons aussi

vos excès qui nous ont souvent effrayés.

Et ne nous soumettez pas à l'imitation,

mais délivrez-nous du râle

car c'est à vous qu'appartiennent

les règles, la puissance et la gloire,

nous garderons seulement les miettes des crisettes

pour des siècles et des siècles.

 

20090323Pape et porte parole.jpgPourquoi une prière, puisque je n'y crois pas aux résultats de ses bons offices? Même si c'était le cas, le pouvoir spirituel du Vatican achèverait le processus, en déconcertant et désorientant ses ouailles, cette année.

Vers quoi se rassurer? Vers quel horizon regarder? Il y a des moments d'espoir pour les uns, d'espérance pour les autres, des sursauts pour rassurer qui viennent s'insérer dans les moments de désarrois, mais ils sont devenus tellement furtifs. Le mot "crise" est sur toutes les lèvres. Après le pouvoir d'achat, les banques, les finances, voilà la politique qui se cherche de nouveaux leaders dans le monde mais qui ne rassurent pas par leurs techniques de racolage. Le populisme, le plus primaire, est de la partie en politique mais aussi ailleurs.20090325Obama Fils Kennedy.jpg

Les Amériques sous l'ère Obama, c'est incontestablement différent. Un peu d'air frais, en apparence. Il se veut plus mondialiste que ne l'a été ses prédécesseurs et appelle les autres à jouer dans la même cours de jeu.

L'Obamamania est née. Elle se targue de réformer la vie américaine par ses actions et initiatives et par retour de flamme pour le reste du monde. Cent jours depuis sont installation à la Maison Blanche.  

20090205_Foiré.jpgNe pas décevoir est devenu la crainte principale. Les faux pas ne vont pas manquer, c'est planifié, il y a déjà eu des précédents. Obama déclarait ses revenus au fisc, pas plus saint que les autres de ce côté. Le supplément d'impôts puisés dans la poche des plus riches n'a pas l'heur de leur plaire. Air solide plutôt que solidaires.

20090126Obama appréciation.jpgCe 15 avril, le symbole des Révoltés de Boston Tea Party en 1773 reprenait ses fonctions réactives dans les mémoires des Républicains à en avoir une indigestion de thé. Il faut rappeler que seuls les tarifs douaniers sur les importations et les impôts indirects étaient les seuls moyens pour contribuer à la gestion des États jusqu'en 1862. En 1943, seulement, les taxes seront pompées à la source par décision politique. Un minimum de 10% et un plafond de 35% de taxes sur les revenus explicitent mieux les lois sociales au plancher. G.W.Bush était allé dans l'autre sens en 2001 et en 2003 pour se conforter auprès des Républicains.20090408Obama Irak.jpg Solidarité de façade, donc.

« Grâce à Obama, les ventes d'armes s'envolent », lit-on, même s'il est reconnu comme le plus anti-armes. La délinquance fait peur et tant que le 5ème amendement le permet, l'américain se prépare. Ailleurs, il fait ses paquets et l'Irak attend le départ. Obama est souvent pris de vitesse devant l'ampleur de sa tâche. L'extrémisme du KKK, l'apartheid à l'américaine existent toujours à bord sous le couvert d'un Dieu de vengeance plutôt que de paix. Le Texas, l'État à l'étoile solitaire, songe même à prendre son indépendance car si les États-Unis représentent la nouvelle Europe, ils ne sont unis que par la langue et encore. On n'y aime pas trop que l'on vienne dire ce qu'il faut faire. Alors, parfois, on raccroche d'autres wagons quand les roues tiennent les rails.

D'ailleurs, y a-t-il tellement de différences entre la vision américaine et européenne? Historiquement, le nouveau monde est le fils de l'autre.

20070311Chirac fin de règne.jpgLe président Jacques Chirac avait sa technique que certains regrettent déjà. Lui, c'était la forme sans trop de réformes.

Le président Nicolas Sarkozy, lui, ce sont les réformes, mais perd la forme pour les réaliser. Il en perd son américanisme qui avait des fondamentaux sécuritaires dans la Bushmania, mais, tout en gardant un regard européen en courbe rentrante trop rétrécie sur la France d'avant. Mais, parfois, il y a des rebelles à ce genre de politique, chez les plus petits, qui ne regardent pas avec les yeux plus gros que le ventre.20080701La France préside l'Europe.jpg

Là bas, dans ce petit pays, en haut, on ose dire que "La Belgique va connaître sa pire récession depuis 1945", dans la gazette du jour en Belgique. Les restructurations sont programmées dans les sociétés. On le sait et on s'adapte, on fait des réserves. On sait qu'on est entré en phase de récession. Pas de secrets de fabrication. Neuf sur dix sont prêts à changer leurs habitudes, au risque d'arrêter une machine pour en lancer une autre du moment que cela fait avancer.

La nouvelle Europe en manque d'europlanisme, mais surtout d'unité pour prendre le relais et avoir une droit de réponse d'égal à égal avec les autres blocs d'influence. Voilà, qu'on trouve une initiative originale "Le bulletin de vos eurodéputés". On avait déjà entendu cela, il y a un an pour l'équipe de Sarkozy, tout en se rappelant qu'il ne faisait pas partie du "jeu".

Un coup dans l'eau ou seulement de l'eau dans le vin?

Parmi les pays démocratiques, il ne faut pas croire qu'il y ait une solidarité de bon aloi. Les sourires et les serrements de mains ne sont que pure façade pour ne pas paraître trop désunis. Les systèmes sont totalement différents. Ce n'est pas qu'une question de pluralisme des langues. Les "charismes" d'Obama et Sarkozy ne sont, par exemple, pas sur la même longueur d'onde. Beaucoup de différents comme la vision du premier, affichée mondialiste, son espoir de désarmement atomique progressif et l'adhésion de la Turquie. Sarkozy dans le ranch d'Obama l'été prochain, c'est râpé. L'ère Bush n'est déjà qu'un lointain souvenir.

20090602Obama Israel.jpgUn clash entre Obama et Netanyahou n'est pas exclu non plus. Les juifs ne s'y retrouvent plus. Obama pourrait même faire jouer sa grande popularité tout neuve et faire appel aux opinions des pays, dits démocratique. Là, Sarkozy va pas aimer du tout.

Et, oui, tout évolue. D'americanophile, Sarko pourrait bien virer vers l'americanophobie à l'ombre du tableau noir de ses nuits blanches.

Même le populisme a ses limites que l'on retrouve dans la majorité des populations. "Les chants désespérés sont les chants les plus beaux", écrivait Musset. Il faudra seulement voir où ils le sont vraiment.

Alors, il y a l'"autre monde", le troisième. Celui qui pense autrement et qui veut avoir aussi ses mots à dire. A la conférence de l'ONU contre le racisme « Durban II », Ahmadinejad a fait scandale auprès des Européens. Ce n'était pas politiquement correct dans la diplomatie d'afficher des idées tellement à contre courant. Racismes contre obscurantismes et vice versa. Incompatibilité totale de vision du monde. L'occident est en recul au profit d'un orient qui lui fait peur.

Le syndrome lié au NIMBY (Not In My Back Yard) y est certainement pour quelque chose.

20090422Durban 2.jpgCe qui veut dire en des mots moins modernes "garder les moyens de sa politique et la politique de ses moyens".

Il aura aussi ses élections en Iran en juin. Son président est revenu chez lui en libérateur, en porte parole de ce que les autres pensent tout bas. Devrait-il y avoir des devoirs de réserve vis-à-vis de son peuple ou de ses alter ego ou simplement montrer un héros lors de sa rentrée au pays? Relativiser ses propos? Pour quel résultats? Pour une régression de l'humain terrestre au bénéfice de l'hypothétique homme de l'au-delà?

Relativiser ne veut pas dire s'exclure et se taire avec la technique du "courage, fuyons". La sortie, sans un mot des Européens lors de la Conférence de l'ONU sur le racisme, équivaut à un vote nul que l'on ne comptabilisera jamais. Ce qui veut dire, en définitive, renoncer à ses prérogatives. Mais, on a voulu sauver les meubles et une Déclaration finale sur le racisme a été adoptée. Les Droits de l'Homme régressent car l'Occident a donné des verges pour se faire battre.

ARTE programmait, le 21 avril, un Thema sur "La bataille des Droits de l'Homme". On y voyait de plus près ce qui se passe dans l'enceinte de l'ONU pour y remarquer que la démocratie et les Droits de l'Homme ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Ses représentants étaient vite agressés pour des raisons d'Ordre du Jour puisque cela contrariait la Chine. Ce pays qui monte, mais sans droits à la parole. Dieu s'invitait et prenait une place plus importante que celle de l'homme comme si c'était les Droits de Dieu qui étaient au programme.

Le débat, ensuite, entre Kohn Bendit et l'ambassadeur de France, se jouait après le film, en flip flop, dans une démonstration de ce qui devrait être, en théorie, et de ce qui existe, dans la pratique. Les concessions faites sont, en effet, très diplomatiques mais dégradantes pour celui qui en abusent ou les organisent. L'Homme est une entité responsable dans tous les cas ou se verra toujours contré par ses propres défauts. Il n'y a pas de volet "Droits" sans celui des "Devoirs et du respects de ses propres principes". Voilà un problème de démocratie majeur.

Sans prendre ces précautions, la Charia, antagoniste aux Droits de l'Homme, fera, un jour, partie des Droits de l'Homme, mais toutes les religions ne sont pas mieux "synchros" avec tous les articles de la charte qui en est à sa 4ème génération. Alors, on oubliera certains de ses principes fondamentaux de valeurs alors qu'ils étaient signés d'emblée à l'origine du traité à l'ONU.

Un article Jacques Julliards dans Nouvel Obs osait titrer "Les faussaires des droits de l'homme".

"En détournant vers les communautés et les religions les droits reconnus aux individus, les individus de la démocratie ont remporté une triste victoire sur l'Occident. Les droits de l'homme, fruits de la victoire des démocraties sur les fascismes (1948) sont devenus une arme de guerre entre les nations par une rhétorique d'ethnologisme. L'antiracisme, devenu la vache sacrée du monde contemporain pour constituer in délit de diffamation des religions, qui est l'un des monuments les plus stupéfiants que la tartuferie moderne ait élevé à l'esprit d'oppression.", affirmait-il.  

Beaucoup ont eu énormément d'espoir dans les changements avec les derniers JO qui devaient se dérouler à Pékin. Les espoirs commerciaux n'ont même pas tenu leurs promesses quand l'avenir est plus gris. Alors, les Droits de l'Homme... il vaut mieux passer au sujet suivant.

Aux dernières nouvelles "Les actions chinoises sont en passe de créer une bulle" dans l'Echo. Changer là-bas est aussi en gardant le cap d'avant. Le PIB à 6,1% est au plus bas depuis 10 ans. 530 milliards d'euros ont été injectés dans un plan de redressement pour stabiliser l'immobilier et les actions. Effet inverse à ce qui était escompté, la hausse des cours qui devrait correspondre aux valeurs dépasse les fondamentaux et l'indice du PER est passé de 12,8 à 21,6. Le Dragon chinois en avalerait sa queue.

20090420Pirate Pompéi.jpgVoilà qu'une histoire d'un autre temps qui revient dans l'actualité: la piraterie en Somalie. Un autre clash de civilisations, de cultures et de religions. Mais, on planche, parait-il, à Bruxelles. Une autre forme de politiquement incorrect, pour des yeux trop rivés à l'occidental qui réagissent par instinct dans un clignement réprobateur. On oublie ce qui se cache derrière cette Somalie qui a retrouvé le temps sans foi ni loi sans véritable gouvernement avec Mad Max comme leitmotiv.

N'est-ce pas plutôt de corsaires plutôt que de pirates dont la Somalie aurait eu besoin? Eux au moins agissaient sous le couvert d'un drapeau et pour le bénéfice d'un pays.20090424Pirates Bruxellois.jpg Mais, le gouvernement y est inexistant ou inefficace.

Non, après cet inventaire d'événements qui se chevauchent en cascade et dans le désordre, on peut se poser la question: "Est-ce normal, ce grand chambardement, cette crise qui ne fait que suivre, avec plus de virulence, la précédente et qui tire dans tous les sens?". Tout n'a-t-il pas fait son possible pour que cela se passe mieux, pourtant? La politique aurait-elle des trous de mémoire ou pris des aiguillages mal contrôlés?

Jean Ziegler dans son livre « La haine de l'Occident » tentait d'expliquer le phénomène de rejet de la part des pays du Sud ou de l'Orient. Comment ne pas penser à la soumission du reste du monde quand il a connu une domination meurtrière? Comment conduire l'Occident à assumer ses responsabilités et récuser les injustices qui sont commises au nom de l'État de droit? Véritable contradiction entre démographie et pouvoir qui se donnent mutuellement des leçons de morales contre des leçons de religion comme s'il n'y avait pas, au milieu, la conscience de l'homme par lui-même et pour lui-même? La dilution des responsabilités aurait-elle fait des dégâts irréversibles? La pratique dément les valeurs qu'elles proclament et cela se termine par une bataille entre dieux de l'Occident et de l'Orient. Pour étayer les deux visions, il y a les promesses du direct pour les uns, contre celles des autres, en différé, dans un bal qui en perd le Nord et le Sud. N'est-il plus de règle d'assurer sa paix en soignant celle de son ennemi? Les Droits de l'Homme sont universels, rappelons-le.

Parler de révolution en pensant au passé est totalement illusoire dans ces résultats. On s'en rend compte mais on se questionne tout azimut. On ne refait pas l'histoire, on la complète seulement. Le passé est ce qu'il a été. Aller contre le futur est toujours rétrograde et contre productif en finale et ce futur ne sera que ce que nous en faisons aujourd'hui. Il se construit par l'évolution des événements dans une suite ininterrompue de créations sans débuts et sans fins. On ne fait que s'adapter vaille que vaille aux circonstances.

On s'adapte encore, chez nous. Désormais, on ne parle plus dans notre langage de « discrimination positive », mais d'« encadrement différencié ». C'est plus proactif même si c'est la même chose avec d'autres mots. Évolutions des idées sans révolutions, vous disais-je.

Les élections européennes et régionales auront aussi leurs bons ou mauvais mots à dire ou à ajouter sur ce sujet comme à d'autres. Le tour de l'Europe à exprimer ses envies. Mascarade électorale? Comme disent certains.

Mais, qu'est ce qui fait le bonheur du citoyen dans une démocratie? Qu'est ce qui l'inquiète ou peut l'enthousiasmer cet électeur tellement capricieux en occident? Répondre à cela relève de la quadrature du cercle. Le bien de l'un ne fait pas celui de l'autre. On ne s'écoute plus pour se répondre, on se coupe par d'autres arguments en laissant l'interlocuteur sur sa faim d'interactivités.

La politique est,  sans conteste, un sujet très personnel, partial même. On n'ose pas en parler dans une conversation qui n'aurait pas été constitué dans ce cadre. Pas un parti, ni un homme ne pourrait trouver "la" réponse en commun. Sera-ce "Au diable les partis" ou faudrait-il rechercher comment réconcilier le citoyen avec ses dirigeants? Quelle est l'origine de cette hargne et de ces dissensions entre les candidats qui savent qu'ils seront d'office ou très vite mis hors jeu par la population ? Est-ce aussi une vue à court terme? Il est vrai que si les caractères ne s'accordent pas à courte distance, ils ne s'accorderont pas mieux avec l'éloignement.

20090330Europe elections.jpgEn occident, il y a ceux qui sont tombés dans le chômage qui, lui, augmente avec les crises, ceux qui travaillent qui essayent de se maintenir dans une large classe moyenne, mais qui s'essouffle, qui a peur de ne plus bénéficier de ce statut de 'privilégié' pour l'époque et qui est près à fermer les yeux dans ce but, ceux qui plafonnent, enfin, au derniers étages de la hiérarchie et qui se sentent bousculés dans leurs habitudes. Ensemble, on ne sait pas vraiment où est le bout du tunnel et on ne aperçoit qu'une faible lueur à sa sortie.

S'il faut avaler, il vaut mieux que le suc ait le meilleur goût possible, non?

Alors, "Au suivant", chantait Jacques Brel, mais, la suite, ce sera dans le dernier article de ce triptyque. Et ce ne sera pas nécessairement plus "cool".

 

L'Enfoiré,20070706Tour de l'espoir.jpg

 

Agoravox est-il en plein suc?

 

Citations:

 

  • "L'idée de l'avenir est plus féconde que l'avenir lui-même.", Henri Bergson

  • "Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons.", Jules Renard

  • "Le seul domaine qui reste à la philosophie est l'analyse du langage", Wittgenstein

 

23/04/2009

Sucer mais pas avaler (1)

Le 15 avril, je lisais un article du journal l'Echo qui annonçait les élections en Inde pour le lendemain. Le titre était "L'instabilité politique menace l'Inde". Voici, les tenants et aboutissants de l'affaire, extrapolés ensuite à la mode de chez nous.

20090417Elections Indiennes.jpgJ'ai déjà eu l'occasion de vous parler de l'Inde d'aujourd'hui sous les notes d'une "Symphonie indienne". Nous voici dans des temps plus difficile. Entre 2004 et 2008, la croissance moyenne s'élevait à 9%. Le top de toutes les démocraties. Depuis fin 2008, ce pourcentage tombait à 7% à cause de la crise. Pas mal, quand on sait que les autres, à part la Chine, comptent en négatif. 

Deux partis "colosses" se présentent aux élections du 16 avril pour les élections démocratiques très "british" à cause de son passé historique. Mais, une myriade de petits partis fait un troisième "larron" assez communiste et régional et inquiète. Plébisciter par le scrutin devient plus aléatoire que de normal. Plus d'un millier de partis régionaux avec la caste des "intouchables" rendent le résultat instable avec des risques dignes du jackpot. Un système de quotas pour cadenasser trop de zèle. La crise a aussi touché ce continent et dix millions d'emplois assignés au domaine de l'exportation sont passés à la trappe. Chacun des candidats plus populiste que l'autre s'apprête à "améliorer le sort des masses", avec des "vertus sociales" dont ils ont le secret, tout en sachant qu'il devra rivaliser avec de futurs alliés très capricieux sans même avoir les résultats du vote. L'Inde, un véritable continent. Rien que l'Uttar Pradesh, avec ses 9% de la population globale, double la population de l'Allemagne.

Tous les principes pour attirer les électeurs sont bons. De la discrimination positive, la population n'en connaît pas trop la signification de ces mots mais vont devoir choisir en fonction d'éléments très spécifique à chacune des "conditions humaines" qui sont très embourbés en castes si pas castrées. Il faudra y aller de l'opportunisme au populisme de bon ou de mauvais aloi. Ce qui est proposé est d'ailleurs sujet à beaucoup de réflexions aux yeux des occidentaux avec ses besoins très différents et spécifiques.

Les problèmes sont nombreux même pour les bras de Shiva. Cela commençait très mal d'ailleurs. Un relent de terrorisme, le souvenir des attentats de Bombay que l'on temporise et des tendances séparatistes font partie de ce pays immense. Partage entre Sikhs, Tamouls, problèmes communautaires et religieux, tendus entre hindous, musulmans et chrétien. Un développement rural qui s'est perdu dans le choix de la "révolution verte" qui a mené les paysans au suicide, la corruption, crimes gratuits et statut des femmes toujours en suspens, le Pakistan, voisin difficile, avec l'éternel Cachemire comme pomme de discorde. L'Inde est en fait plus représentative en parlant des Indes. Cela fait du monde à toucher par la "bonne parole".

Le Parti du Congrès imagine s'attirer les pauvres en leur faisant miroiter l'accès à 25 kg de riz ou de blé par mois comptabilisés à 3 roupies le kg. Les électeurs, au niveau de la ruralité, l'annulation des charges des emprunts agraires. Pour les entreprises et la classe moyenne, des responsabilités fiscales pour s'opposer aux privatisations.

Le Parti BJP, lui, propose aux les pauvres 35 kg de blé ou de riz par mois à 2 roupies le kg, l'annulation des dettes des fermiers et l'exonération des impôts pour les classes moyennes. Du côté des infrastructures, il voudrait augmenter les investissements massifs dans l'énergie électrique, mais interdire les investissements étrangers dans la distribution et les technologies de l'information.

20090311Baril.jpgLe patronat préfère, d'après les sondages, préfère le BJP mais soutient le parti du Congrès en préconisant de "voter pour la continuité" à 68% de cet électorat. Veiller à conserver l'image de marque de l'Inde oblige.

La crainte pour les affaires avec l'étranger de l'"hindouisation" autoritaire de la société est bien présente.

Si le budget des élections n'est pas comparable avec celui des États-Unis, il n'en est pas moins vrai que la démesure dépasse tous les shows médiatiques. Le dépouillement aura lieu le 16 mai. Élection à la majorité à un tour, la coalition n'en sera pas plus facilitée et les risques de dérapage monopolisaient déjà les plans des polices locales.

Première réaction: Qui est considéré comme pauvre ou riche? Quels sont les critères? Qui sera catégorisé au milieu dans la classe moyenne? Les frontières sont floues et subjectives avec des sauts d'élastiques qui ferait pâlir de stupeur l'occidental par les ambitions indiennes au raz des pâquerettes. Le bengi du pouvoir d'achat de l'Indien est manifestement plus court et fluctue à plus petites vitesses dans un temps et un espace bien plus étroit. Le big bang de Bangalore, la vitrine de la réussite technologique et les frasques féeriques de Bollywood opposées à la jungle du Bihar. Le film aux 8 oscars « Slumdog millionaire » n'est qu'une représentation de cette différence.

Mais, passons à un autre continent. Plus précisément en Afrique du Sud. Coïncidence, le championnat Indian Premier League de cricket s'y jouait le 18 avril. Ce sport-business, opium et religion du peuple brassait des centaines de millions de dollars pour s'expatrier, pour fuir le terrorisme et les élections. Tout transposer à 9.000 kilomètres et pas de problèmes financiers. Bizarre comme une délocalisation avec des frais gigantesques arrange plus que ne soigne. Etre vu par ses fans d'un sport pratiqué de toutes pièces et qui se retrouve uniquement à la télé. Renoncer aurait été encore plus couteux. Les affaires délocalisées, offshorisées, passe encore, mais le sport !

Le 22 avril, c'est au tour de l'Afrique du Sud de passer au vote après la démission du Président Thabo Mbeki, trop technocrate ou distant. La pauvreté pendant son mandat a pourtant régressé très fort avec des aides sociales, une transformation urbaine. On est loin de l'euphorie à l'époque de Mandela avec l'abolition de l'Apartheid en toile de fond. Cette fois, on reconnait la corruption et l'incompétence qui planent au dessus des têtes, les pronostiques restent clairs, l'ANC se verra dégringoler de 64% à 60% d'après les extrapolations et les tendances. Un nouveau statu quo? Les "mauvaises langues" disent même que l'enjeu des élections pour son challenger résiderait chez à lui garder une chance de garder son immunité dans une lutte de pouvoir sans merci. Zoulou, plus populaire, plus charmeur mais inculpé par deux fois, pour une affaire de viol et une autre de corruption avec acquittement et non lieu. Quels seront les sucres d'orge qui seront distribués? Seront-ils sous forme de riz en grains distribués par ses quatre femmes et dix sept enfants? Deux philosophies de gestion complètement différentes: l'une charismatique et distante, l'autre populaire. Un kilo de plumes contre un kilo de plomb? Cela fait toujours débat et inquiète l'étranger sur les intentions intimes de l'élu du coeur.  

Comme partout, quand il faut voter, il faut se rappeler du lien étroit entre prix et performance et surveiller de très près les programmes. Promettre c'est bien, arriver à ses fins, c'est encore mieux. Les différentiels ne se retrouvent pas uniquement dans le roulement des mécaniques. Ajuster, personnaliser le citoyen est souvent bien plus ardu que prévu.

Et si on partait à l'Occident, toute. Nous y sommes bientôt à nos élections de juin.20081127PS Sego.jpg

La France virera-t-elle toujours à tribord pour réformer à la méthode révolutionnaire?

On en arrivait même à regretter Chirac. Des gaffes sont du parcours.

Les États-Unis se sont données un Président, disons, "original". Il s'attaque à la politique par l'autre bout. Il doit se protéger contre les racismes et les extrémismes. Il laisse publier le mode d'emploi de son prédécesseur.

20090123Guantanamo ferme.jpgIl ferme Guantanamo. Il a eu l'idée d'augmenter les taxes des riches pour en retrouver mille dollars dans les poches des classes moyennes.

La Belgique ne compte pas vraiment de révolutions dans ses votes. Quelques arbitres "huilent" les résultats en alliances opportunes. Une évolution par tassements, par remontées, oui, que le CRISP explique, sans beaucoup de surprises, après coup. Une ressemblance fictive avec l'Inde, les problèmes communautaires, on connaît. Les surprises ne confirment que les règles de la simple conformité. Il y a des percées pour précéder ou accompagner des résultats lissés par le vote à la proportionnelle. Air du temps, le Parti Ecolo pourrait rapporté quelques voix de contras, serait prédit. Sucer les sucettes à l'anis en vert, en orange, en bleu ou en rouge, du moment que cela reste toujours "acidulé".

20090416Californie.jpgUn profond malaise ou désaccord se creuse entre la démocratie et le citoyen. Le vote en Belgique est obligatoire, mais, pour 35% des électeurs, les Belges se disent non intéressés par le vote. Mal parti pour les partis.

Ce 15 avril, revenait la délégation des Parlementaires d'une mission en Californie pour les uns, d'un voyage touristique pour les autres. Tollé qui a fait les manchettes, si pas les manches entières des quotidiens. Deux députés étaient invités pour en parler franchement sur notre antenne radio. Les commentaires allaient bon train en période de crise et de fins de législature. La mission parlementaire sortait par la petite porte dans le même temps. Sucer était-il nécessaire quand il n'y avait plus rien à avaler? Mais,on assume.20090414Délégation wallonne.jpg

"Chez ces gens là, Monsieur, on ne s'en va pas..." chanterait, encore une fois, Jacques Brel.

Alors, on lèche et on compte les points.

Alors, si on imaginait les partis qui réagiraient en équivalent occidental à la sauce indienne ou sud africaine?

20090418Pauvres.jpgLe citoyen est-il tellement différent? Georges Frêche qui disait « J'ai toujours été élu par une majorité de cons » semble dire le contraire et se conformer aux gagnants pour être dans le coup.

Chez nous, en Belgique, ce n'est pas deux partis mais quatre partis traditionnels principaux dans toutes les directions, qui sont multipliés en nombre par des communautés linguistiques, mais, qui sous les mêmes couleurs, ne se confondent pas. Imaginons. Rêvons.

Dans cet exercice de fiction, le pauvre se verrait attribué des "bons pour" par mois, avec quelques dizaine d'œufs au lard, des kilos de patates puisque, comme disait J.P. Coffe, on fait de bons gâteaux pas chers avec elles, quelques boîtes de pâtes fraiches pour varier les menus, des services d'aides pour les jours de déprime, une peu de matériel de cuisine pour se rappeler qu'on est au 21ème siècle.

Le rural, une machine à traire, une motivation pour pouvoir cultiver ses champs et produire la nourriture du premier.

20090219VacancesSans Voiture.jpgLa classe moyenne s'amuserait avec l'ordinateur de bonne facture offert généreusement pour suivre les résultats des ... élections, accompagné du GSM pour garder le contact avec les copains, quelques litres de pétrole pour assurer le changement de la petite auto devenue trop grinçante par endroit et pour conserver quelques vacances au soleil, une promesse de sécurité d'emploi et de bonne santé, de travail, sans excès. Qui oserait obtenir un droit à la reconnaissance de ses chefs et cela de la "cave au grenier" en suivant l'échelle sociale de son entreprise?

La catégorie "nantie", elle, pour finir, se verrait octroyer, par mois, quelques dîners avec madame, souvent oubliée, un voyage aux Bermudes pour garer quelques rentrées, un droit de penser à autre chose. Aura-t-il prévu une visite de son personnel pour se rendre compte de visu sur site? Pensera-t-il à son droit de passer du trop plein au seulement bien rempli, sans excès non plus, en lâchant la bride et laissant un peu fuir la soupape de sécurité avec des parachutes plus souples, en feuilles d'or mais plus en lingots, décidément trop lourds?20081028Parachute doré.jpg Un avant-projet de loi qui s'y intéresse? Il y aura une révolution pour le monde bancaire et financier. Oui, mais, n'est-ce pas au niveau en dessous de la ceinture? Tout le "corps" des entreprises, tous les pays devraient se concerter pour éradiquer les excès du phénomène qui s'est immiscé dans les habitudes.   

20090311Salaire.jpgUn rêve? Est-ce la classe moyenne en cause ou pas plutôt son extension qui n'a pas été à la mesure de la tâche pour être encore plus « moyenne »? Il est vrai que le fossé entre riches et pauvres s'est creusé de façon abyssale: les uns croulent sous le travail et les autres n'en trouvent pas.

Mai 68 est mort. L'année passée on fêtait son 40ème anniversaire. Je tentais une comparaison d'époque comme si c'était des révolutions en parallèles?

La réalité, elle, se contente de chiffrer tout cela. On parlait d'index de crise, de récompense à la performance. En 2008, en Belgique, on lisait que les salaires avaient augmenté, curieusement, de 6,1%, hors index, à un 2,3%. Qui s'en souvient? Certains prix se sont tassés. D'autres ont continué à prendre du gallon. Perdre son emploi reste la hantise. Les horaires largement dépassés et la flexibilité tout azimut étaient demandés comme "la" vache à lait d'une vie concurrentielle en entreprise pour rester "breack-even" avec les voisins. Ils nous em... ces voisins. Les desiderata des travailleurs de 30 à 45 ans étaient pourtant complètement différents de ceux qui devaient tenir le cap ensuite jusqu'à 60 ou 65 ans, espérant l'âge d'une retraite sans "trou d'air". Il n'était toujours nulle question d'instaurer une vie démocratique dans les murs de l'entreprise. On a oublié que le patron avait ses raisons que la raison a du mal à toujours comprendre. Les informations, elles, ne circulaient que, souvent, filtrées à la limite de la bienséance.

Tout le monde se sentait coincé quelque part et se regardait en chien de faïence en espérant que la faïence change de main. Après les crises du pouvoir d'achat, des banques, de la finance, voilà celle de la politique.

Je n'irai pas chercher le bon mot de la fin de Madame "on ne vous dit pas tout" même sans le verre à la main de radio bistrot. Gardons l'humour.

La politique est, il est vrai, un sacré problème qui avale le politicien tout en suçant l'électeur.

 

L'Enfoiré,

Chez Agoravox, on suce ou on avale? 

 

Citations:

  • "En démocratie, la politique est l'art de supprimer les mécontentements.", Louis Latzarus

  • "La politique est plus dangereuse que la guerre... A la guerre, vous ne pouvez être tué qu'une seule fois. En politique, plusieurs fois.", Winston Churchill 

 

17/04/2009

C'était au temps où Bruxelles brusselait

C'était au temps où Bruxelles brusselait.jpgBruxelles, cette capitale de la Belgique et de l'Europe n'a pas été toujours comme elle est aujourd'hui. Loin s'en faut. Dernièrement, un commentaire m'avait interpellé. Je me devais de réagir avec mon droit de réponse et ensuite remonter le temps.

Ce qu'on en disait dans le commentaire en voici le texte:

"BRUXELLES EST OUT, trop de magouilles trop de lobbies.
Le fric de la néo-décolonisation du Congo Belge investit dans le "Caprice des dieux" et l’immobilier....
Les diplômes universitaires belges de la Gnognotte aussi bien en médecine qu’en droit en économie, etc. Une mafia, osons le dire pour
les apatrides. placer. Tous des clones néo-cons.
Enfin cette partition du Royaume et du Benêts - Lux reste au stade du Congrès de Vienne ;
pour assainir
une partie de la solution, un Europa-DC comme Brasilia bien central en Europe."

Droit de réponse:

Je n'ai pas manqué d'y répondre au vol, sentant la répulsion dans le ton, mais je me devais d'aller plus loin, de creuser dans le temps et les idées. Bruxelles, je la vis depuis mon enfance. Parfait zinneke, comme on dit chez nous. Je décrivais d'ailleurs ma ville dans "Air de Bruxelles et Brusseler".20090411Paques Crise.jpg

Alors, commençons par le "OUT". "Out" de quoi? Du passé? Aurais-je raté une marche quelque part? Si c'est du passé, je réserve mon article sur ce point précis après ce droit de réponse.

"Trop de magouilles, trop de lobbies".

20090326Epouvantable la politique.jpgJe l'ai décrit dans "Lobsterbies". Les lobbies sont des organismes aux pouvoirs de l'ombre. Je ne vais pas en remettre une couche. Les magouilles, c'est suivez mon regard. Beaucoup de candidats.

"Le fric de la néo-décolonisation du Congo Belge investit dans le Caprice des Dieux et l'immobilier"

Le Congo belge est indépendant depuis 1960. Cela n'a pas été aussi simple que prévu. Au départ, le Congo a été un "cadeau" de Léopold II qui possédait, en homme d'affaire, le territoire et cela jusqu'à sa mort en 1908. Il n'a pas été l'altruiste et l'humaniste que l'on pourrait espérer avec la connotation des mots d'aujourd'hui. Tout du contraire. La colonisation belge, ensuite n'a pas été ce que l'on pourrait appelé "donner l'égalité des prétentions".

Le Caprice des Dieux est le bâtiment de la CE. Il a été surnommé ainsi, pas uniquement à cause de sa forme en fromage du même nom, mais, par la population limitrophe, qui s'est vue expulsée à l'époque de sa construction.

20090228Batibouw.jpgDe l'immobilier, il faudrait l'analyser un peu plus et découvrir où sont les villes dans le monde où le prix au mètre carré est le plus élevé. Si Bruxelles a pris des allures de "grande", elle reste toujours à dimension humaine. C'est justement à cause de son exiguïté que les prix ont augmenté. Je fais sans problème, le tour de la city soit en jogging, soit à vélo, sans m'essouffler outre mesure. La city de Bruxelles compte 100.000 habitants et le grand Bruxelles, avec ses 19 communes, un bon million d'âme. Quant aux politiques, faudra qu'ils s'y mettent de bon cœur.20090330Partis luteurs.jpg

"Les diplômes universitaires belges de la Gnognotte aussi bien en médecine qu’en droit en économie, etc."

Pour dire cela, il faudrait se tourner vers l'extérieur de la Belgique. Les étudiants français ne sont pas rares à se retrouver dans les arènes des universités. Les diplômés belges sont-ils absents dans le monde ou y existent-ils avec des antennes bien fixées? La valeur des diplômes ne s'évalue qu'en fonction de leur usage. Alors, un indice à l'origine, un autre à l'arrivée.

"Une mafia osons le dire pour les apatrides. placer. Tous des clones néo-cons."

Là, mon article sur les migrations dans le monde a déjà déblayé le terrain. "Clones néo-cons"? Le Belge n'a jamais été dupe. Il a cherché sa réaction pour en tirer le meilleur sans se fâcher outre mesure. Comme je l'écrivais, il a une arme invincible par son arsenal "d'autodérisions". J'ai joué à ce jeu très souvent et ça marche. ("Le prestige d'être simplement con")

"Enfin cette partition du Royaume et du Benêts - Lux reste au stade du Congrès de Vienne"

Du Congrès de Vienne (1814-15), il faut en retenir les manœuvres des puissances européennes. L'indépendance de la Belgique et de la Pologne et l'unification de l'Italie n'y sont même pas dans les tablettes. La Belgique catholique reste intégrée dans le royaume des Pays-Bas. La France, ramenée aux frontières de 1791 et devant renoncer à ses territoires de langue française comme la Savoie et de langue italienne, comme le Comté de Nice. Donc, le Benêt-Lux n'a rien à y voir ni à avoir. L'indépendance belge sera gagnée bien plus tard en 1830. Une "bête" Muette de Portici en a été le catalyseur. Le Benelux, c'est pour 1921. Notre ex-Premier Ministre s'est gouré avec l'hymne national en chantant la Marseillaise. L'histoire est donc à revoir, cher Briel67.

20090304Tremblement de terre.jpg"pour assainir une partie de la solution, un Europa-DC comme Brasilia bien central en Europe."

Là, on commence à rire. Comparer Brasilia avec Bruxelles ! Amusant. Pas très vierge notre forêt. Ressemblance avec tous ses espaces verts et sa forêt de Soignes. A peine. Ce n'est pas de la déforestation que la ville organise. Bien, au contraire, instaurer de plus en plus d'espaces verts. Quant à parler de DC, un Washington-DC (pas Europe DC), il y en a qui y ont pensé. Bruxelles est une région à part entière. Elle pourrait jouer ce jeu-là. Si on l'oublie vite, est-ce  néanmoins gérer une capitale que la CE désirerait pouvoir s'occuper? Bruxelles, au centre, reste solidaire à la Wallonie sur certains points, mais ne réagit pas de la même manière, sur d'autres. La ville reste l'os à moelle des autres régions belges, comme je le lisais souvent. Certains ont des désirs séparatistes ou d'autres rattachistes. D'autres voient les choses encore autrement. Capitale de l'Europe, ville état indépendant, si et seulement, si l'Europe était intéressée. Ce qui reste à prouver.

Il y en a 4 de régions en Belgique. En dehors de Bruxelles, le Nord, flamand, le Sud, wallon et l'Est, plus germanique en plus de la région bruxelloise.

20090409Arcelor et le chomage.jpgLe 9 mai 2009, aura lieu un rassemblement des États Généraux de Wallonie. Les pronostiques sont déjà dans les mémoires. Des alternatives existent dans les esprits au cas où la Belgique devait se réformer plus franchement qu'en façade. Les rattachistes à la France comme Jules Gheude, Paul-Henry Gendebien, Jacques Lenain avec des programmes d'autonomie ou d'intégration assez différents en gardant le Roi pour le protocole ou en élisant un président spécifique. Si on n'a pas de pétrole... C'est tout dire que les idées font parties de la "caravane". La France est-elle vraiment intéressée à ce jeu de l'imagination wallonne? Les ressemblances entre la France et la Belgique ne se retrouvent qu'au niveau culture et langue qui même dans ces domaines se retrouvent très diversifiées et parfois discordants. Au niveau économique, la manière de réagir aux crises ne sera pas prise en charge avec la même souplesse ou la même rudesse. La dette publique est un fameux morceau à partager. Les réformes, on aime mais à la petite cuillère. On n'en a qu'une, au niveau de l'État, mais alors quel temps, elle nous bouffe!20080902Réformes de l'Etat compréhension.jpg C'est vrai aussi qu'on est passé de la devise "L'union fait la force" à celle plus prosaïque de "L'oignon fait la farce". Hugo Claus écrivait déjà "Le chagrin des Belges". Les "kiekefretters" ne souhaite pas de venir la capitale d'une Flandre indépendante. Les "eurocrates" n'y pensent même pas.

L'indexation automatique des salaires est loin de se retrouver dans les oubliettes de l'esprit belge. Ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres. Notre zwanze et nos blagues ne feraient probablement pas les éclats des bonnes soirées au coin du feu français. Dans le Nord, même topo, même danse d'Echternach. La crise devrait avoir refroidi quelques "instincts autonomiaques" quand on pense aux difficultés des entreprises de l'automobile en Flandres. Bruxelles n'est pas un appendice des autres régions avec un PIB qui est double de celui de la Flandre et le triple de la Wallonie. Mais, c'est 35000 navetteurs qui partent en transhumance le matin vers le centre pour y gagner le salaire qui sera imposé là où ils s'endorment. 

Revenons au mot "OUT" car il est plus direct, demande une analyse plus fine et plus problématique.

Y aurait-il une impression de nostalgie du passé qui justifierait le rappel de la chanson de Brel "C'était au temps où Bruxelles brusselait" ? Nous en sommes déjà bien loin de cette époque.

Dans la chanson sur les Marquises, là, on ressent vraiment plus de nostalgie de sa part.

Remontons le temps, un peu plus loin que ce que Brel aurait pu penser.

C'était au temps où Bruxelles brusselait_paysage.jpgIl y a 1030 ans, naissait Bruxelles.

Occupant une colline et une vallée arrosée, à l'origine, des méandres de la Senne (pas confondre avec la Seine) comme traits d'union.

Cette rivière, typiquement belge, cette artère vitale, avait ses caprices. Des crues occasionnaient beaucoup de dégâts et les odeurs dues aux eaux usées la transformaient la ville en égouts à ciel ouvert. Canalisée d'abord, la rivière n'en donnait pas moins de problèmes. C'était au temps où Bruxelles brusselait_Senne.jpg

Le bourgmestre Anspach en décida le voûtement, qui ne continua qu'en 1931 et 1955. Aujourd'hui, une épuration pourrait la refaire surgir.

Un canal creusé entre 1551 et 1561 compléta le tableau "aquatique". Le commerce a ses droits. Et ses droits d'étapes se retrouvaient sur le sel, l'avoine et le poisson.C'était au temps où Bruxelles brusselait_canaux.jpg

C'est à l'époque de Poelaert que s'organise une foule de changements dans la capitale de la Belgique fraîchement née en 1830.

En 1847, le Guide historique, statistique et descriptif de la capitale, écrit par Alexandre Henne décrit la ville comme "... divisée en ville haute et ville basse. Dans la ville haute, qui offre de vastes bâtiments, de larges rues et un grand nombre de places publiques, l'air est très salubre, mais les brouillards qui enveloppent fréquemment la ville basse, développent de funestes maladies, et particulièrement les fièvres, dans ses rues et impasses étroites, mal alignées et généralement encombrées de mauvaises constructions. C'est à la mortalité qui y règne, que Bruxelles doit de présenter une plus forte moyenne de décès que la plupart des grandes villes de l'Europe. La population qui n'était au 1er janvier 1825 que de 84.004 âmes, s'élevait au 1er janvier 1845 à 118.113 âmes. Cet accroissement est d'autant plus remarquable, qu'il y a un grand mouvement de migration vers les faubourgs qui comptent plus de 50.000 âmes.".

A lire cela, on serait tenté de dire aujourd'hui: "Ça commence mal, ça pue dans les rues, la belle vie est réservée pour une seule classe de la population, mais, alors, comme c'est amusant de voir le désordre avec lequel tout cela a évolué". La Belle Epoque aurait plus de tare que celle des mémoires. Cet accroissement de la population du Pentagone va se poursuivre jusqu'en 1890, époque pendant laquelle elle va décroître. C'est par contre les faubourgs qui vont accuser la différence aujourd'hui. Une urbanisation rapide des communes rurales entourant la ville. Jusqu'en 1860, des clôtures et du fossé de l'octroi avec 15 portes vers l'extérieur et les axes reliant les autres villes. Seul la porte d'Anderlecht subsiste aujourd'hui. En 1853, l'annexion du Quartier Léopold donna un nouvel essor avec l'aristocratie et la grande bourgeoisie qui s'y installa. L'Allée Verte du canal de Willebroek devient la promenade à la mode. L'axe du commerce continue comme par le passé entre l'Est et l'Ouest par la chaussée moyenâgeuse, le Steenweg.

"La rue de la Madeleine, sinueuse, en pente, à la quelle les Madeleines non repenties ont donné leur nom, et qu'elles balaient, les soirs, de leur robe à queue, est la plus vivante, la plus animée de Bruxelles. Là se croisent les vigilantes aux chevaux poussifs, les équipages armoriés, dans lesquels se prélassaient de vieilles marquises ayant un King's Charles sur les genoux, et les attelages de chiens traînant, en aboyant, les chariots qui portent, renfermé dans des vases de cuivre jaune, le lait des ménages. Les belles dames allant dans les magasins à la mode pour faire leurs emplettes ou voir les nouveautés, y coudoient les ouvrières qui se rendent à leur travail. Les petits-crevés et les barons de pacotille, le cigare aux lèvres, y passent en conquérants, lorgnant les femmes, obligées, si elles ne veulent pas être bousculées, de leur céder le trottoir. Les galeries Saint Hubert, par leurs dimensions, sa décoration, son architecture, est, après celui de Victor-Emmanuel, à Milan, la plus remarquable des galeries vitrées que l'on connaisse. Paris n'a rien qui en approche." écrivait, le français, Amédée Saint-Ferréol, réfugié à Bruxelles à l'époque de Napoléon III. Hommage, non dissimulé à l'architecte Jean-Pierre Cluysenaar de la galerie, inaugurée en 1947.

C'était au temps où Bruxelles brusselait_Jusitce.jpgVoilà pour le décor. Joseph Poelaert, architecte des grands travaux de la ville, auquel revient l'église Sainte Catherine et celle de Laeken. Il a reconstruit La Monnaie détruit après l'incendie de 1855. A cette époque, Bruxelles, se doit de devenir monumentale et s'assainir pour ses habitants et ses étrangers de passage. Mais il faut faire plus gigantesque. Il s'élance sur la plus vaste entreprise de construction de toute l'Europe: le palais de Justice. Superficie totale, 52.464 m2 dont 26.000 m2 au sol, 665.000 m3 de volume. 245 locaux, 8 cours intérieures avec au sommet, un dôme à 100 m de haut. Victor Horta, l'architecte de l'Art Nouveau, dira de l'édifice "arrête et subjugue le passant, ahurit le profane et stupéfie l'homme de métier jusqu'à le dérouter". Lente maturation du projet qui commence à germer en 1838. Volonté de la magistrature, des contemporains, de la bourgeoisie dirigeante, des parlementaires, la construction de ce "Palais" commence en 1866 et s'achève en 1883. Budget initial de 4 millions de francs, mais qui s'élèvera à 50 millions. Son architecte, Joseph Poelaert, décèdera en 1879 avant la fin des travaux.

La Basilique Saint-Pierre est dépassée en dimensions par cet édifice qui plastronne à l'endroit même pas à l'endroit où un gibet. Celui-là, était plus haut, à 100 mètres exactement, à l'Altitude Cent. Ce n'est que le palais de Ceausescu à Bucarest qui dépasse, en mégalomanie, le Palais de Justice, comme bâtiment en pierre.

Exigence esthétiques et fonctionnelles et la recherche d'expressions symboliques. Buste de Minerve pour symboliser la Justice, statues de la Force, de la Clémence royale et de la Loi. Le Palais abrite les tribunaux et surplombe les quartiers populeux en constatant que le "vieux Bruxelles rampe à son ombre". Léopold II inaugure le bâtiment, le 18 octobre 1883 et inspire un sentiment de gravité "ce monument que l'on aperçoit de tous les points de la capitale et des ses environs est en quelques sortes, un emblème". Idées de lourdeur de appareil judiciaire, de sa lenteur pondérée, de son implacabilité et de sa sagesse voulue savante. Par sa structure pyramidale (projet initial, d'ailleurs) et un sommet en forme de couronne, après son décrochement tabulaire, le « Palais » donne une estimation de son volume intérieur. Par un portique à colonnes monumental, on y entre dans une salle des pas perdus, énorme de vide, avec la coupole au dessus de la tête qui apporte une impression de pénétrer dans un sanctuaire, austère, un temple de Thémis, comme on le nommait. Les escaliers majestueux mettent mal à l'aise avant de pénétrer dans les tribunaux du premier étage, vite oublié en découvrant des espaces presque étriqués. 20090805Evasion Palais de Justice.jpg

La décoration intérieure ne fut pas la préoccupation qui suivit. Les envies étaient ailleurs. La sécurité y est un véritable casse-tête, quand on connait les procès qui s'y passent.

Le renouveau apparaissait avec l'Art Nouveau. On suivait une nouvelle, voie, une nouvelle folie. Mais de cela, j'en ai déjà parler dans "De l'art novo à l'Art Nouveau".

Que retenir de cette soi-disant "Belle époque"? C'est qu'elle était belle pour certains et un peu moins belle pour d'autres. Chacun son quartier même dans une exguïté contenue.

Ce qui va dérouter les habitants de ma génération et qui a dû probablement inspirer Jacques Brel, ce sera la bruxellisation qui a commencé juste avant l'Exposition 58 dont je parlais dans "Du fer en boules" dont on fêtait le cinquantième anniversaire l'année passé.20091004Belgique après 100 ans.jpg

Jacques Brel aurait eu 80 ans, ce 8 avril 2009. Le Grand Jacques monopolise encore périodiquement nos ondes avec ses chansons interprétées par une foule d'autres chanteurs. Le temps où Bruxelles brusselait ne fut qu'un tremplin vers d'autres moments parfois palpitants avec une politique gérée à la proportionnelle, des gouvernements en arc-en-ciel, des oliviers qui se perdaient dans le violet, avec aussi des oranges bleues ratées. Une histoire comme une autre avec ses hauts et ses bas. Les "Trente glorieuses" ont fait place aux "Trente dégradantes ou miteuses" comme partout dans une Europe toujours en manque d'europlanisme et qui se cherche toujours une voie en commun entre rêve et réalité. C'est probablement dans cette direction qu'il faut en chercher la cause.

Preuve de vitalité, souvent mal appréciée, Bruxelles est un perpétuel chantier. On casse, on change, on adapte, on évolue... on vit. Les magasins sortent, grandissent et disparaissent pour être remplacés par d'autres plus en adéquation avec la nouvelle situation. Je plainds seulement les chauffeurs de taxi qui doivent se retrouver aux détours d'interdictions de passage temporaire pour cause de travaux. Il en faut de l'humour.

"Préfixe 'évoluer'" avais-je écrit. Ce n'était pas uniquement pour parler de Darwin. Les migrations, j'en avais parlé, les idées nouvelles sont les racines du monde de demain. Il y aura des "erreurs" de parcours, c'est planifié, mais quand on a un cruel besoin que cela bouge, on n'est déçu que pour un temps.

20080206Investissez en Belgique.jpgEt puis, si je laissais la parole à la rockeuse de diamants, Catherine Lara qui s'exprimait sur la Grande Place dans la version belge du Paris Match de cette semaine. Je n'ai fait que lire et recopier sans y ajouter une virgule.

"J'aime tellement Bruxelles, qu'à plusieurs reprises, j'ai failli y habiter. Sincèrement, si ma vieille maman de 95 ans n'était plus de ce monde, je serais déjà votre voisine. La Belgique est une terre d'accueil que je compare parfois avec Québec. On y trouve de la tendresse, de l'amitié, de la douceur de vivre et un bien-être qui n'existent pas à Paris".

Alors, "out", Bruxelles? Pour dire cela, il faut penser à un "in" dans un autre espace-temps.

Faudra tout de même se rendre compte d'un inventaire de ce qui est "out" et "pas out" et cela en trilingue, SVP.

Je vous l'avais bien dit, il y a chez le Brusselair des airs qui ne trompent pas. Maintenant, si vous n'êtes pas convaincu, voilà quelqu'un qui vous le dira autrement même, Ruquier en était baba. Virginie n'est pas née à Bruxelles, mais est passé par le Conservatoire de Bruxelles.

Plus de preuves et voir tout cela en images pour remonter le temps.20090506Bruxelles avenir.jpg

 

L'enfoiré,

La France et Agoravox qu'en pensent-ils? 

Mise à jour 19 aout 2009 : Bruxelles, 20ème ville la plus chère du monde 

 

Livres:

  • "Histoires insolites des rues de Bruxelles" Georges Lebouc

  • "Bruxelles, retrouvé", Ephrem et Francis Jacoby

  • "Bruxelles, hier et aujourd'hui", Daniel Charles

Citations:

  • « C'est lorsque vous avez chaussé vos pantoufles que vous rêvez d'aventure. En pleine aventure, vous avez la nostalgie de vos pantoufles. », Thornton Wilder

  • « La nostalgie c'est le désir d'on ne sait quoi... » Antoine de Saint-Exupéry

10/04/2009

Migrer, pour vivre ou survivre? (2)

L'"Atlas des Migrations", présenté par Le Monde nous a entraîné sur notre planète migrante. Au travers de l'histoire, les peuples se sont intégrés sur toutes les terres disponibles. La vie n'a pourtant pas été rose pour ces voyageurs à la recherche d'un hypothétique paradis ou, plus prosaïquement, d'un ailleurs meilleurs. Cette fois, voyons cette intégration de ces immigrés, chez les autochtones, qui ne sont, souvent, que des allochtones dans un passé plus ou moins lointain. Le futur ne sera que ce qu'on décide aujourd'hui, contraint ou suite à des réflexions sur les réalités du monde.

Migrer pour vivre ou survivre Atlas.jpg4. Intégrations et fractures

Le monde est pris de fièvre migratoire que ce soit en réel ou en virtuel. Il est devenu un village, pour en revenir à une émission de chez nous. Il est devenu un immense melting-pot, par amour du voyage  ou au forcing. La publicité transite par les médias, télé, Internet qui passe allègrement les frontières attise les convoitises. Cela ne veut pas dire, que l'on migre de foi et avec les mêmes moyens. Parfois pour le meilleur, souvent, pour le pire. L'immigration crée crispation identitaire pour les autochtones et l'espoir d'une cohabitation par le métissage pour les nouveaux arrivés. Ce ne sont plus des sauts de puces trans-frontaliers qui limitaient l'investissement dans des temps anciens. Les distances n'existent plus. Mais, c'est l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, le Moyen-Orient et les pays émergents qui sont passés au rouge depuis à peine 20 ans. Une démographie galopante de la population pauvre venant au "secours" ou en "surplus" d'une démographie qui était en déficit et vieillissante dans les pays dit "riches", plus riches. Les migrants ne représentent pourtant que 3% de la population mondiale.

Fossés économiques entre pays riches et tiers-monde, crises politiques qui poussent aussi à s'expatrier. Quitter son pays est même banni par certains d'entre-eux. Certains pays n'apposent simplement pas le cachet sur le passeport ou les visas d'entrée ou de sortie. Migrer, un rêve qui tourne parfois au cauchemar tout en gardant une obligation psychologique de réussite pour l'intéressé. Ce n'est pas partout que l'homme devient, au mieux ou au pire, une "marchandise" comme une autre. La migration reste inégalitaire, limitée par un transit qui ne ferait pas obstacle à la finance dans un libre échange bilatéral.

L'Europe s'accorde à reculons. Chaque pays d'Europe veut pouvoir conserver sa souveraineté comme un "jardin secret". Si le pacte européen du 16 octobre 2008 essayait de coordonner la transhumance, il n'ambitionnait pas une politique volontaire et unifiée avec une obligation de réussite. Combat de tranchés derrière une espèce de Ligne Maginot du protectionnisme à dimension variable, écartelée entre humanitaire et économique. La crise actuelle n'a fait qu'accentuer la remise en question des pactes de papier et renforcer les boucliers de protection. Décisions d'une carte bleue ou verte comme passeport, votées à la majorité qualifiée, c'est-à-dire avec des compromis qui frisent les compromissions à la traîne derrière un Traité de Lisbonne, mal accepté. L'espace Schengen aux courbes plus ou moins harmonieuses mais totalement artificielles n'accorde pas les violons de l'ensemble.

De l'émigration à l'immigration. Le monde change et les pôles d'attractions aussi. Il vieillit et rajeunit à la fois. L'Italie, l'Espagne sont passé à l'étape inversée de la migration à vitesses variables. Les nouveaux migrants remplacent les anciens. Les religions jouent à l'obstacle ou au catalyseur selon le cas. La crise économique met le pied sur le frein. Régulariser si, c'est dans les cordes, mais pas trop acculé dans celles-ci. Les Roms, les voyageurs invétérés, gênent l'Italie très protée à droite.

La mise au ban des clandestins se fait avec des dispositifs sécuritaires de plus en plus policiers au détriment du droit lui-même. Ceuta et Mellilia restent dans les mémoires. Quand la mort est au bout du voyage, on dépasse les limites de la déshumanisation et on absorbe mal l'inflation dans les risques engagés pour gagner un paradis de plus en plus fictif quand la croissance ne suit plus.

Islam.jpgBien loin l'idée de "Bienvenue à tous" de la France entre 1851 et 1946. A l'époque, il fallait devenir français, avoir une origine pas trop lointaine et accepter travailler à la mine, par exemple, pour la mère patrie. L'expansion et le repli entre 1946 et 2008 furent, au départ, une intégration imbriquée à la colonisation pour suivre l'expansion pendant les Trente Glorieuses. Des inégalités croissantes, suites à la mondialisation comme base des échanges, menèrent à une rupture sociale, un regain de xénophobie, un repli identitaire et des violences en réaction à une marginalisation. On compte, aujourd'hui, 50% des immigrés qui auraient la double nationalité. L'expatriation gagne du terrain chez les jeunes français, attirés par des salaires plus élevés ou simplement pour trouver un emploi suite à une recherche trop longue. Garder ses "œufs" au frais dans le même panier de la chance n'est plus toujours rentable. Avec le bagage dans la tête ou à la main, les jeunes s'en vont, souvent, fonder famille, dans la durée et sans retour à l'origine.

Le Royaume-Uni qui est un point de chute ou un tremplin. On trie à la frontière sur le volet et on prie de s'intégrer plus officiellement avec de moins en moins d'esprit multiculturel. La liberté de paroles, et de gestes, le respect des différences culturelles ont reçu leur coup de grâce, ébranlés, à la suite des attentats du 11/9/2001 et de l'attentat de Londres. Permis de séjour à points, écoles publiques confessionnelles plus contrôlées, caméras publiques, absence de mariages mixtes marquent la crise du multiculturalisme.

L'Allemagne est de plus en plus en gros déficit d'intégration. Le taux de chômage des immigrés reste supérieur à celui des Allemands de souche. L'introduction du droit du sol, l'enseignement de l'allemand, idées tournées vers plus d'intégration et moins d'assimilation, font partie du revirement de la politique actuel.

La Russie entonne le chassé-croisé postsoviétique, partagé entre départ vers les nouveaux pays de l'ex-URSS ou les pays de l'ouest et les arrivées vu une certaine relance avec un déficit tout de même pour les arrivées malgré les besoins grandissants d'immigrés partageant la culture. Redéploiement dans un commerce "de valise", pour étudier, pour travailler sous le couvert d'un tourisme d'apparence, mais en va-et-vient. Un commerce d'émigrants qui peut avoir à l'extrême des relents plus mafieux et une immigration supportée après l'assimilation de la culture russe.

Quatre siècles de rêve américain (anniversaire en 2007) ont forgé l'identité du pays. Nation d'immigrants par excellence. Ellis Island le rappelle dans un musée. Colons venant d'Outre-Atlantique, vers le Far West, repoussant les Indiens dans des réserves. Immigrants politiques, économiques, plus tard poussés par la famine. Des esclaves noirs suivirent, à peine 20 ans plus tard. New-York, la Pomme reste la porte d'entrée, toutes catégories, sous l'effigie de la Statue de la Liberté. San Franciso, Frisco rappelle le goût de l'Europe. La fin du 20ème siècle a connu une moyenne d'un million d'immigrants par an intrigués par l'envie de faire du neuf quitte à prendre tous les risques. On est seulement, cette fois, un peu moins sûr, avec la crise surtout si elle dure. Les quotas avec plafonds sont apparus sous-jasent des aspects de xénophobie religieuse. La force montante des latinos revendique, elle, ses droits après avoir servi de main d'œuvre à bon marché dans l'immobilier. L'Amérique blanche a résolument vécu. Les minorités d'aujourd'hui, qui représentent 30% de la population, deviendront le majorité dans moins d'un tiers de siècle. Dans les écoles, 62% des enfants sont noirs, latinos, asiatiques ou proviennent des îles du Pacifique.

Le Canada a pris le choix de l'immigration, mais se perd entre francophones et anglophones et en temps d'attente pour recevoir le sésame.

Le Brésil, on le quitte et on l'adopte via les pays extérieurs, encore plus pauvres. Pays immense et ça bouge bien à l'intérieur avec une préférence pour les villes côtières du Sud-Est.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont avant tout pragmatiques avec des permis à points. Les Maoris restent plus inquiets sur leur propre territoire en Australie. Pour leur langue, c'est déjà perdu.

Une pirogue pour l'Europe, pour de jeunes africains de l'Ouest dans une stratégie de survie, très organisée par des convoyeurs qui encaissent les bénéfices. L'Afrique reste le continent de tous les exils vers l'intérieur du continent où les attendent xénophobie et expulsions.

Les pays du Golfe sélectionnent leurs travailleurs, importés d'Asie mais avec une préférence arabe.

L'Inde préfère une émigration de proximité avec des saisonniers très précaires. Xénophobie en ville. Partir reste néanmoins un privilège de riches. Le retour des cerveaux indiens programmé pour trouver de nouveaux "ghettos résidentiels" qui font envie dès le départ.

5. Le monde de demain

Aux problèmes humains vient s'ajouter un palmarès catastrophique de la climatologie et cela pour tous: la nature et le réchauffement climatique créera, d'après les prévisions, de plus en plus de naufragés de l'environnement par un choc thermique, par les inondations dues à la montée des eaux et aux cyclones de plus en plus dévastateurs. Ailleurs, c'est la sècheresse par la désertification et la terre en pénurie d'eau douce et potable en manque de gestion efficace. Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable ou à un système d'assainissement. En 2080, 3 milliards d'êtres humains pourraient, cruellement, manquer d'eau. Le déclin de l'agriculture pourrait données des retombées incalculables. Une mauvaise gestion des ressources pourrait donner le signal de départs encore plus massifs. Partir serait, dans ce cas, survivre.20090328Europe Elections.jpg

Le Pôle Nord qui se déshabille de ses glaces et se réveille. Il devient le "point chaud" du globe vu son potentiel stratégique pour les pays limitrophes et un réservoir d'énergie. De nouvelles routes maritimes vers un Groenland, plus vert, pourraient accueillir de nouveaux immigrants.

Le diabète, la maladie du siècle et le ravage du paludisme (maximum en Inde) sont des problèmes avec un impact sur la croissance. L'immigration serait devenu la solution du déclin pour palier le problème démographique. Le nombre de personne âgée augmente de 2,6% par an et seule une "réévaluation positive" pourrait inversé le phénomène. L'explosion démographique vers la folle croissance des villes ne semble pas la solution. En 2007, un milliard d'habitants vivent dans des bidonvilles aux abords des mégapoles. L'immigration solution au déclin avec des forces vives en dépression avec 20090402Obama a Londres.jpgdes politiques à revoir.

Alors, une gouvernance proactive et distributive de rendements et des compétences serait une autre voie de considération des migrations?

Joseph Alfred Grimblat, un des auteurs de cet Atlas, disait que l'immigration même illégale a globalement des retombées positives sur le développement des pays d'accueil. Un effet à la baisse sur le niveau des salaires, ce qui est défavorable aux employés, mais favorables aux consommateurs sur le coût de production. Une transmission des cultures et des technologies apporterait d'autres compensations. La fécondité faible dans les pays développés provoque le déclin et le vieillissement de la population. 47 millions d'émigrés par an seraient nécessaire pour équilibrer le système de retraite des pays du nord. Le travail et l'esclavage ont parfois été de l'autre côté du rivage. Exodes, expulsions, exils et bannissements ont été, dans l'histoire, les compléments de l'infamie pour raison d'état, de cultes. L'écrémage de masse au XIXème siècle, plus ou moins volontaire, a fait place à des réfugiés forcés par les conflits armés et les idéologies controversées. L'immigration renversera-t-elle la vapeur?

Une gouvernance mondiale pour organiser les migrations est nécessaire. Les marchandises ne peuvent précéder les hommes dans leurs mouvements, sans les accompagner, tôt ou tard. Un nivellement par le bas et vers le haut en même temps comme conclusion? Les migrations peuvent étouffer les précédents arrivés, les autochtones en difficulté, eux aussi, mais les nouveaux s'étoufferaient en même temps à plus ou moins long terme. Problème d'acceptation et de compétitions difficiles, au centre des préoccupations de la vie en commun quand la couverture devient plus étroite. L'OIM, chargée par l'ONU, n'a pas compris que le compromis doit se trouver à l'échelle la plus globale possible et non pas dans des réactions étatiques au coup par coup et à plusieurs vitesses, cachée derrière des organismes disparates en octopus de la confusion. Tout est lié: le travail, les institutions, la scolarité, le social, la vie avec sa logique implacable des pays, dit développés, confrontés à la survie, des autres pays. S'il y a des lacunes, elles se répercuteront sur tous. Les souverainetés ont fait rétrograder les processus d'intégration en ouvrant ses portes en période de haute conjoncture et les refermant en période de restrictions ou de restructurations. La migration sélective n'est qu'un aspect de la partialité, non reliées aux réalités humaines. Croire que les familles ne suivent pas les initiateurs du voyage serait un leurre. Les nationalismes font place aux régionalismes. On rétrécit son horizon pour s'enfermer dans le virtuel au niveau mondial. Les rêves d'autonomie, de vivre en "stand alone" ressortent périodiquement. (ex. que se soit en Belgique ou en Kabylie)

20090406G20.jpgLe sommet du G20 à Londres et la Conférence du 60ème anniversaire l'OTAN, ont débouché sur des accords de partenariat. Pressions et crises ont pris toutes les plages des discussions pour y arriver.

"Tournant historique" et "Rupture avec le passé" ont été déclarés, haut et fort, même si en coulisse, ce n'était pas nécessairement l'amour fou. L'Europe, à plusieurs vitesses, se cherche toujours une voie commune dans beaucoup de domaines. L'unité monétaire est loin d'avoir pu ajouter au mot "Europe" celui d''"unie". Le social a à peine effleuré les consciences. Une langue de rapprochement de fait n'existe que dans les contacts internationaux et dans le virtuel. La nouvelle pensée à l'américaine a même troublé les Européens quant à l'intégration de la Turquie dans l'UE. Pas un mot de la migration des populations. Ce n'était seulement pas à l'agenda. L'argent reste le nerf de la "guerre".

Quant aux revenus de la migration, où se trouve la balance de ces transferts de personnes et, donc, de fonds dans l'économie? Là, on pourrait défoncer les idées reçues. Celles-ci varient selon le pays de destination des migrants et de la richesse, tout en perturbant le fonctionnement du pays le moins modernisé ou la suspicion vis-à-vis de la diaspora de ce dernier. L'émigration des "cerveaux" remonte le trafic des compétences dans un véritable système de dominos avec un cadre mondialisé sans réelle compensation pour les pays à la population migrante. Déficit de migration alors qu'elle ne cesse d'augmenter.

Une vision objective à mettre en opposition à la plus subjective d'une invasion des immigrants? Visions toujours très sensibles et polémiques? Sortons du magazine et passons à la pratique du terrain.

Beaucoup de lecteurs m'ont déjà parlé de Bruxelles comme d'un laboratoire de la migration. Et c'est vrai, les nationalités se bousculent, s'entrechoquent en communautés ou vivent entre elles sans frontières en harmonie apparente.

En Belgique, 20071010Accord immigration.jpgles problèmes des sans-papiers n'en finissent pourtant pas d'émouvoir les populations et les politiques de tergiverser. Un avis en billet non politique. Ne nous leurrons pas sur la question, "Près d'un Belge sur trois est raciste" et donc résistant à l'infiltration des étrangers sur son propre territoire. Les statistiques ne donnaient aucune référence au racisme latent dans l'autre sens qui n'est pas non plus inexistant. Ce n'est pas vraiment une question de race, mais de différences de cultures, de manière de vivre qui serait en question, ni un véritable problème de couleur de peau. Dans les pays chauds, on ne vit pas au même rythme. C'est une différence qu'il ne faut pas oublier.

Une rencontre de 3ème type difficile, mal programmée, serait, donc, à assumer dans la proximité et une peur de l'inconnu de ce "Métèque" qui a ses propres casseroles à tirer au pied et qui vient "narguer" avec sa propre pensée. Migrer, chez nous, à Bruxelles, n'a pas beaucoup de kilomètres à parcourir pour s'y retrouver à plein. Les "contacts" existent et sont parfois durs. Les susceptibilités vite exacerbées. Ce n'est pas une erreur, une simple normalité. Quant à la violence, elle est périodique, scandée mais pas limitée dans aux seuls contacts entre races. J'ai pu l'éprouver un jour, personnellement.

Etre sans-papiers ouvre la porte aux excès. Chercher les raisons du profit et perte explique mieux le phénomène. Pas de relations directes, mais plutôt subordonnées à cette situation de flou, un actif sur deux dans le monde travaille en noir est-il constaté récemment. Ce qui montre aussi la perte de moyens pour les Etats.

Une ou deux générations seront nécessaires pour s'accroder et faire le "ménage" dans la tête des nouveaux concitoyens tout en conservant leur idéologie. Les règles de l'Egalité des chances, poussées à l'extrême n'y pourront rien changer dans la pratique du seul moment et sans le recul du temps. Quelques articles sur Agoravox au sujet des migrations m'ont intéressé. Cultures, racines, terres que de problèmes en perspective. Les religions y ont ajouté aussi une dose d'intégrisme et du refus des autres que ce soit par l'islam, question de perception et d'employabilité, par le volonté de vivre seul du judaïsme ou celle d'réintégrer des interdits d'un autre temps dans le christianisme. La peur de l'autre vient de cet ensemble de différences qui seront toujours d'actualité divisés entre pouvoir et argent. Le rêve qui tournerait à l'arnaque au Québec. L'enfer du paradis dans l'attente du passage. Un problème de dignité humaine positionné aux sans-papiers ou le film "Le si beau voyage". Diversité, une chance pour seulement dormir tranquille.

Les changements de mentalités prendront beaucoup plus de temps, même si la crise a secoué les consciences. J'écrivais, il y a un an, le contre-pied, dans "Enfin, la faim", mais personne n'y avait compris le fin mot.

Migrer pour vivre ou survivre_Racisme.jpgDu 19 au 29 mars 2009, c'était la semaine contre le racisme pour tenter de faire réfléchir à la question à remettre à l'ordre du jour en boucle.

Le dumping social européen focalisé par et sur l'économie ou un équilibre avec des distorsions uniquement tournées vers les compétences de chacun?

Le Reaganisme et Margaret Thatcher qui voulaient délocaliser en Irlande, en se débarrassant des règles ont entamé la confiance par le libéralisme à outrance et se retourne contre l'Irlande, elle-même, aujourd'hui.

Cette histoire de gros sous, d'économie a plongé l'Islande dans le marasme.20081010Crise Islande.jpg

Le néo-libéralisme sans autorité publique en réduisant la couverture sociale a, jusqu'ici, raté le coche de la néo-migration.

Les femmes émancipées ont ouvert une autre voie à l'émigration. Elles restent toujours plus exposées au chômage, et cela migrante ou non. Mais elles s'y retrouvent, tout de même, dans leur prise en main en s'offrant l'indépendance par la conscience dans le milieu d'origine où il aurait été inexistant. Migrations à la recherche d'opportunités qui vont jusqu'aux mariages blancs. Le but est atteint. L'avenir aura sa propre réponse, logique par l'adaptation des habitudes. La multitude l'emportera, alors, sur l'Empire égalitaire.

Des accords bilatéraux entre pays pour recruter (ou de débaucher) des migrants assortis de quotas existent, mais, c'est une immigration à la carte qui y est préconisée avec une répression pour les clandestins, un travail temporaire pour les moins qualifiés et une 'appréciation alléchante pour les plus qualifiés suivant un "Pacte européen de l'immigration et de l'asile". Un partenariat, sinon rien et si rien, pourrait-on en conclure et espérer? Pas vraiment dans la pratique. "Like a hobo" (former un groupe, faire le colporteur, le charlatan") avec sa maison de plus en plus sur le dos semble être une nouvelle pratique.

Utopie que celle de Michel Serre, qui dans le Magazine des Philosophies poussait en avant son "si" on instaurait une paix perpétuelle comme réédition du rêve de Kant? Aujourd'hui, plus que tout autre, quand le monde est devenu un village, nous avons besoin de contacts parfois plus réels que virtuels. Les transports qui consomment de l'énergie, n'ont plus la cote auprès des écologiques. La téléportation rêvée par Paul Virilio n'est pas encore à l'ordre du jour.

20090407Migration.jpgComme on dit que "nul n'est prophète dans son pays". Aller retrouver ses semblables dans un autre espace temps et, parfois, décider d'y vivre, relève d'un esprit entreprenant avec des risques non négligeables.  Y-t-il des intérêts cachés pour l'immigré? Pour des raisons économiques ou politiques, le rapport prix-performance sera vite fait à posteriori. Le rapport change bien vite avec le côté financier. Des surprises exitent entre pays voisins qui auraient des lois dites "similaires". L'Europe, qui se veut unie, est loin d'observer des normes comptables et fiancières, compatibles entre les pays qui la compose. Les impôts, les pensions subissent des taxations très peu avantageuses pour celui qui a fait le pas de la migration en milieu de carrière. Les fonds de pension sont vite considérés, au grand dam de ses administrés, comme des placements bancaires susceptibles d'être taxés au prix fort, très différent du pays d'origine.

Mais, cela est probablement une autre histoire et un autre Atlas à construire. Celui du Monde diplomatique? C'est à voir, puisqu'il était dit que ce serait un "Monde à l'envers".

Nous sommes tous des émigrés et des métis, chantait, Julien Clerc. L'évolution et la vie l'ont voulu ainsi.

Sera-ce, dès lors, circulez, y a rien à voir ou, peut-être, avec plus de recul, tout à y gagner?

Ce pourrait n'être plus alors pour seulement vivre, mais aussi pour survivre.

Et si on riait une dernière fois...

L'enfoiré,

Sur Agoravox, que dit les soi-disant "sédentaires" des migrants?

 

Une adresse, juste au cas où? 

Mise à jour du 20 juin 2009: Journée mondiale des réfugiers : 42 millions de réfugiers dans le monde20090620Journée du réfugier.jpg 

Livres sur le sujet:

 

Citations:

  • « Ce qui reste de tous les voyages est le parfum d'une rose fanée... », Cavidan Tumerkan

  • « Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. », Nicolas Bouvier

 

06/04/2009

Migrer, pour vivre ou survivre? (1)

Coup sur coup, deux Hors-Série, deux Atlas qui sortent dans le monde de la presse. L'"Atlas des Migrations" était le premier, présenté par Le Monde. Le second, l'"Atlas du monde à l'envers" par le Monde diplomatique. Le second, lui, tentait de définir là où il y avait de grandes mutations de pouvoir émergeant dans le monde, les crises persistantes, la vue par l'intermédiaire de certains pays et l'Afrique qui se bat. Peut-être une autre fois. Intéressons-nous au premier, car les migrations expliquent souvent les problèmes et parfois, les chances, d'aujourd'hui.

Migrer pour vivre ou survivre Atlas.jpgAu fil d'une analyse minutieuse et que se veut très complète, l'"Atlas des Migrations", tout azimut, déroule ses chapitres par l'histoire des migrations qui remonte dans un passé très éloigné pour finir à la situation d'aujourd'hui qui est loin d'une conclusion en soi. Imbriquée dans tous les sens, avec ses implications, il est sûr que nous n'en sommes pas encore sorti de cette auberge planétaire. Véritable tour de force de rassembler tout cela en 180 pages.

L'humanité a été, est et restera en marche dans tous les temps. D'abord pour suivre les voies prises par les oiseaux, éclaireurs du ciel, à la recherche de nourriture pour suivre le rythme des saisons, l'homme s'est mis à transhumer toujours plus loin. 200 millions de migrants aujourd'hui, un 5ème pays sans frontières, mais intégrés bien ou mal, en fonction du nombre de ses pratiquants volontaires ou par obligation. Les flux migratoires des hommes suit dans la durée et les espaces différents, les mêmes principes: la quête de terres pour l'agriculture, d'abord, un meilleur possible dans la suite jusqu'à l'utopie d'un paradis de l'ailleurs. Espèce très spéciale, l'homme, endémique mais du monde entier. Pas beaucoup d'animaux qui occupent tout l'espace disponible comme lui. La sédentarisation souvent présentée comme un progrès de l'humanité mais qui ne peut exister qu'à la suite d'une migration préalable.

Rien que par la citation des titres, bien choisis d'ailleurs (ils seront en gras), cet Atlas permettait déjà de voyager sans bouger de sa chaise au travers de l'histoire pour se retrouver au présent avec les chiffres et les cartes à l'appui. J'ai, pourtant omis, volontairement, d'introduire des dates trop précises pour éviter des partis pris, par trop personnels qui n'apporteraient rien. Cet article se veut un survol les différents chapitres de cette étude sans aller jusqu'aux détails. Peut-être vous inciter à vous procurer cet Atlas.

Alors, en route sur la planète migrante.

1. Les migrations historiques.

20070922Migration des oiseaux.jpgEn marche "Out of Africa". Le berceau de l'humanité semble être l'Éthiopie (Lucy, 3 millions d'années) et le Tchad (Tumaï, 10 millions). Des endroits sur Terre sont plus propices que d'autres à la conservation des fossiles, donc, il vaut mieux ajouter "jusqu'à preuve du contraire". Les déplacements se feront à un rythme lent mais continu de 60 kms par génération soit près du tour de la Terre en 10.000 ans. Cela par le couloir de la Géorgie et du Proche Orient et en arriver à la "semi-conquête" des terres en 6 millions d'années.

Plus tard, les Odyssées de la Méditerranée, des peuples qui à partir d'Ephèse, d'Athènes, de Cnossos, de Carthage. Mycéniens, Doriens, Ioniens, Phéniciens, peuples de la mer qui n'ont pas toujours laissé de traces de leur passage. Mosaïque de peuples et de cultures qui se mettent en contact, qui fusionnent de gré ou de force ou qui disparaissent victimes de cataclysmes ou de conflits.

L'Europe des Celtes s'élargit pour occuper des territoires de plus en plus grands du continent européen occidental et cela à partir probablement de la Mer Noire.

Migrer pour vivre ou survivre carte.jpgUne déferlante barbare, conquérante par l'Est avec les Huns qui repoussent les Wisigoths encore plus à l'Ouest et qu'on surnomme, aujourd'hui, de "barbares", voire "envahisseurs". La saga des Vikings, brillants marins, venus eux du Nord, du Danemark, à bord de leurs drakkars, en pirates quelques fois et qui occuperons officiellement la Normandie au 10ème siècle et, plus tard, l'Angleterre sous la tutelle de Guillaume le Conquérant. La fantastique chevauchée mongole avec Gengis Khan, le bâtisseur du plus grand Empire en Asie. Des chroniques africaines avec l'héritage bantou, berbère, en vase clos dans le continent et donc mal connues.

La grande époque arabo-musulmane explose par le sud de l'Europe en y rayonnant le raffinement de sa culture jusqu'après leur rejet non complet, mais avec un art de raffinement qui se retrouvera après dans l'art mudéjar.20090106Rois mage Israel.jpg

Les itinéraires pèlerins chrétiens en passant par le Saint Michel et Compostelle.

Les matières précieuses qui se retrouvent sur les routes de l'ambre et de l'étain, des chemins du fer, du fil de la soie et aussi des pistes des fourrures, pour répondre au commerce et aux goûts de la préciosité et de la richesse. Les fourrures de peaux de bêtes réchauffent les corps dans le Nord et les échanges financiers dans le Sud par son côté périssable. Est-ce les prémisses à la mondialisation?

Les sillons fertiles de l'agriculture, eux, sédentarisent, dans le même temps. Tout cela pour dire que des races pures, n'importe où, cela n'existe pas.

2. Les migrations aujourd'hui

Le monde s'agrandit dans le sillage des grands navigateurs et offre un aller et retour par des chemins différents. Monde, partagé entre portugais, espagnols, anglais, français et hollandais pour devenir de plus en plus rond.

Les réseaux de traite négrière s'organise et apporte le travail gratuitement en éparpillant l'esclavage jusqu'au nouveau monde demandeur de mains d'œuvre dans les champs.

Disettes et famines en Europe, industrialisé, poussent 50 millions de candidats à l'exode et attirent les aventuriers avec un aller simple vers le Far West.

Des nouveaux foyers de la pauvreté se créent, la précarité ne recule pas, malgré le développement. Les écarts de richesses à l'extérieur et à l'intérieur de ses frontières se creusent même. C'est le Nord qui attire les habitants du Sud, attirés par de faux eldorados. Enfin, pas toujours. Nouveaux foyers de pauvreté dans un exil de l'espoir des déshérités de l'Afrique qui risquent leur vie pour un espoir souvent déçu dans un monde vieillissant. Les immigrés se pressent aux frontières et les sans-papiers crèvent devant elles. L'Afrique saharienne, totalement démunie, envoie ses ressortissants aux frontières. L'indice de développement tient compte de l'espérance de vie, de la scolarisation et des revenus.20080901Pouvoir d'achat Belgacom.jpg

La ruée vers la ville devient de plus en plus gigantesques et doit avouer ses limites. Depuis, 2007, on dénombre plus de citadins que de ruraux. Vingt mégapoles de plus de 10 millions d'habitants constituent 10% de la population mondiale. "A qui profite l'argent des migrants" est une question avec une réponse aléatoire entre effets positifs ou pervers. Trafics de compétences avec la fuite des cerveaux dans un marché du travail immigré qui suit un besoin commun vers un exil pour tout espoir entravé par les voies sinueuses du droit d'asile. Les femmes s'émancipent mais restent toujours en retrait. La moitié de la population mondiale à un âge de moins de 25 ans, mais la population vieillit plus vite et cela proportionnellement au degré de développement du pays. Europe qui valse de l'émigration à l'immigration, souvent illégale, sécuritaire, avec des centres de rétention comme ressort de l'immédiat. Gibraltar, Lampedusa, Malte, Canaries avec parfois la mort au bout du voyage. L'Afrique pirogue, alors, et de plus en plus vite.

20080808Fortis chute.jpgDans un circuit parallèle du tourisme, une migration passagère s'adonne aux loisirs, et devient une des premières activités et de ressources pour certains pays en difficultés ou aux exportations en déficits. Un milliard de voyageurs occasionnel enregistrés crée le 4ème rang des échanges, est loin d'être négligeable. Vacances par charter, dérégulation des prix, low-cost, filtrés par Internet ont créé de nouvelles destinations en augmentation bien que l'Europe reste la première destination parce que l'exotisme continue à faire peur.

La France accepte assez mal la diversité. Le Royaume Unis, multiculturaliste. L'Allemagne qui subit un déficit d'intégration. La Russie attractive. Les États-Unis, rêves en berne avec des latinos aux portes. Canada avec l'intégration choisie et séparatiste. Le Brésil qui migre mais de l'intérieur. L'Australie très pragmatique. L'Inde xénophobe en ville des saisonniers précaires, mais qui tarde à voir le retour des cerveaux.

3. Diasporas et peuples transnationaux

Bush Israel.jpgLa longue errance des Juifs. Fuir violence, persécutions ou recherche d'une identité par la religion qui perdure à travers les âges dans une dispersion d'une diaspora quitte à déplacer ceux qui auraient pris place. Conflits avec la religion en toile de fond. Tribus sémitiques nomades qui se sédentarise au Xème siècle avant notre ère en Palestine. Qui s'unifie dans un royaume. Au 6ème siècle avant notre ère, Nabuchodonosor entraîne les populations de Jérusalem jusqu'à Babylone. Alexandre le Grand continuera le processus vers Alexandrie. La diaspora commence. Rejetés, au 2ème siècle de la Palestine, par les Romains suite de l'hostilité chrétienne, ils trouveront un certain accord partiel en Espagne musulmane. Séfarades vers l'Ouest avec la langue ladino. Persécutions, pogroms et parcages dans des ghettos en Europe orientale engendre des migrations, vers l'Est, chez les ashkénazes avec la langue yiddish comme support. Pas le même livre, ni les mêmes pratiques culturelles. Première migration vers New York, dès le 17ème siècle. Le terme "antisémitisme" apparaît en 1873. L'affaire Dreyfus et d'autres pogroms feront fuir les Juifs surtout vers les États-Unis. L'idée de l'Aliyah, le retour vers la Palestine, la Terre promise, naît en 1881 par le Dr Pinsker. La période nazie élimine près de 80% de la population nationale. Des organisations Hovevei Sion et de Théodore Herlz contribueront à concrétiser le projet en 1948 en poussant l'irréductible question palestinienne vers un partage entre réfugiés ou déplacés après cette "nakba" dans un partage politique de terrain et d'eau, mal fixés.Gaza Egypte.jpg

État des lieux du peuple Kurde, peuple le plus nombreux mais sans État nation, , non assimilés, mais rassemblés par l'unité linguistique, partagés entre des ennemis ancestraux, les Perses et les Ottomans.

L'héritage arménien qui traîne toujours le souvenir du génocide, contesté, de 1915.

Les antennes libanaises restent secouées par des conflits dans une diaspora dirigée entre production et consommation.

La galaxie grecque encadrée par l'église orthodoxe vers les États-Unis et l'Australie et des Turcs, très européens qui s'organisent dans leur pays d'accueil de manière plus souple.

Les ancrages portugais, pays d'émigration avant d'inverser le mouvement avec des comptoirs avec l'idée de "partir pour mieux rester" et la langue portugais qui devient la 3ème langue européenne utilisée dans le monde.

L'Italie hors les murs avec des accords bilatéraux de partage de mains d'œuvre vendus au plus offrant.

Le Maroc sans frontières avec la France comme première ouverture vers l'Europe après l'indépendance pour concrétiser l'échange de bons procédés dans une devise "immigrée" rimant avec ressources économiques.

L'autre archipel philippin, le monde avec un record exportateur constituant une manne pour le pays d'origine.

Les Indes migrantes qui sont courtisées pour attirés les investissements dans le high-tech vers l'outsourcing offshore toujours sous le joug ancestral de castes.

Les quartiers chinois avec 30 millions de chinois en diaspora dans un mythe de l'eldorado et Pékin qui investit l'Afrique, en néo-colonisateurs.

Au départ de la Bohème, les Roms, parents pauvres de l'Union, gens du voyage en marge des sociétés, opportunistes, ils traversent en empruntant les cultures des visités.

Voici, pour le passé et pour quelques situations d'aujourd'hui.

Est-ce que cette impression suffira-t-elle dans le monde de demain et d'après demain? 

Nous le verrons dans l'article suivant. 

L'enfoiré,

Sur Agoravox, même sujet, même discussion.

 

Citations:

 

  • « C'est le degré de culture et de prévoyance plus que le degré d'aisance qui paraît régler la restriction des naissances. », Alfred Sauvy

  • « En vérité, je ne voyage pas, moi, pour atteindre un endroit précis, mais pour marcher : simple plaisir de voyager. », Robert Louis Stevenson

01/04/2009

A coup de bijoux de famille

Argent et sexe. Sexe et argent. On ne sait plus très bien qui est le mâle ou la femelle dans ce couple prospère. Alors, quand il y a en plus des intermédiaires.

medium_A_coup_de_bijoux_de_famille_20.jpgLe premier avril, on peut se permettre des surprises, des fausses nouvelles, mais aussi des écarts avec la vie de tous les jours. Je l'ai fait, d'autres le feront, cette fois encore. Un moment de détente pour moi, pourquoi pas? Mon compatriote, Le Chat va, cette fois, diablement, m'y aider dans cette tâche "difficile".

Je commencerai donc par une suite à un sketch: un poème en relation avec la leçon de sexe que Michel Leeb, il y a déjà quelques mois, un plaisir visible pendant plus d'une heure et demi sur scène en "one man show". Les spectateurs étaient ravis. La mention d'interdit aux (-10), je ne suis pas sûr quelle soit nécessaire aujourd'hui.

Voici un poème, sans prétention aucune, une variation en « rut majeur » à la suite de la leçon de Michel Leeb :

« Qu’est-ce que le sexe », avec une règle spéciale : changer une lettre de la rime à chaque vers. Je ne respecte pas toute la règle? Comprenne qui pourra. Je l'ai intitulé:

L'amour vrai en faux acrostiches

Michel Leeb le disait : « J’aime ma bite ».

Quand on a une crainte d'avoir du biDe

Ou en finale d’attraper une Ride,
J'essayerai de conserver la riMe
Sur un sujet où il faut atteindre une Cime
Et surtout ne pas vouloir jouer au Mime
Pour avoir une chance de gagner une Dîme.
Et, bien, oui, « J’aime ma Bite ».
Surtout, s’il ne faut pas aller trop Vite
Et ne pas en arriver à un Rite.
Et même, si on n’arrive pas au pied du Cid.
Sous le soleil chaud, en voyage à Side, 
En misant sur le travail de la seule Pine.
Mais, vais-je mettre cela sur mon siTe?
Avec la crainte de tomber dans l'insipiDe,
Car, au fond, Elle, aussi, doit dire « J’aime cette Bite ».

.

Non, je ne vais pas vous demander de sortir vos mouchoirs pour essuyer la salive qui aurait pu vous perler le long de la bouche. Mon article ne mérite pas ce carré blanc sorti de votre poche. Ce n'est pas de sexe «pur et dur», c'est du "soft", du bien mou, dont je vais vous parler aujourd'hui. Du dur, beaucoup trop de littératures, de films l'ont fait, avant moi, pas besoin d'y ajouter une couche. Y aura pas photo, ni de ce que vous pensez, ni du reste. Le sexe sur Internet, à lui seul, prend en charge pas mal de pages, donc, passons.

Petit récapitulatif de la "chose".

A coup de bijoux de famille_Chat Pipi.jpg"Le Zizi" de Pierre Perret, tout le monde s'en souvient encore et j'ai déjà eu en décalé un premier avril sur la parodie du sujet.

"Le porno débauche-t-il les ados" se disait un vieux "Question à la Une" en novembre 2007.

Une enquête de la RTBF, plus ancienne encore, qui avait permis de faire apparaître une nouvelle forme de proxénétisme qui s'était produite dans l'ombre d'une salle de sport. Personne ne s'en souvient, peut-être, pas même l'auteur de l'émission. A coup de bijoux de famille_Chat Couché.jpg

Je me souviens en effet, de "parties fines" organisées en invitant des messieurs bien intentionnés pour "voir" des jeunes filles bien payées pour se battre ensemble poitrine bien "dégagées". Une "légère" participation aux frais était demandée à l'entrée, bien entendu. Des visiteurs en provenance de beaucoup d'horizons intra et extra frontaliers s'agglutinaient autour du ring. Situation particulière, pas de boue cette fois pour ajouter au tableau. Peut-être pour ne pas perdre de l'attrait et de la couleur originale. Depuis lors, les suites se sont perdues dans les arcanes de la justice. Je trouvais le "procédé" de l'époque, "nouvelle vague" et un peu limite. Que les jeunes filles aient des envies sportives, pas de problème. La championne, elle, n'encaissait pas la totalité de la petite assiette à l'entrée de la salle. Le proxénétisme aurait-il, à l'époque, pris ses quartiers d'hiver bien au chaud en quittant la rue?

Lors de l'émission, l'interview du "généreux organisateur" de ce spectacle insolite, avait ajouté un comble dans le domaine de l'"innocence" voulue ou feinte dans ces répliques. Les réponses pour le moins "simplistes". Pas le moindre sentiment de culpabilité ne pouvait s'y déceler. Était-ce peut-être le seul lien avec le Poisson qui honore de sa présence aujourd'hui?

Le langage est complice de manière bizarre dans cette représentation en disant "je vais prendre mon pied". Bizarre, le pied, qu'est ce qu'il a faire dans le "bazar"? On dit aussi toujours 'mon', jamais 'notre' pourtant dans la majorité des cas, il s'agirait bien d'une affaire à jouer à deux. Cette party, même si les "premiers pas printaniers", peuvent se limiter à du travail solitaire, les "pas de mi-course, estivaux" par une volonté d'étendre son champ d'investigation dans une "bonobo party", avant de refermer le théâtre faute d'acteurs avec les "derniers pas" et les artifices du "gras de la vie" comme je l'écrivais dans "Mariage distancé". Le couple est heureusement la meilleure forme d'association peu importe ce qui le constitue, entre mariés ou dans une association non officialisée.A coup de bijoux de famille_In Vitraux.jpg Mais, certainement pas, avec quelqu'un qui tient la bougie, l'intermédiaire qui ramasse les dividendes.

En voyant des images de ces nouveaux combats bien huilés, je m'étais, à l'époque, mis à penser dans une autre planète de singes: "Que se passerait-il si les rôles étaient inversés?". Sommes-nous bien à la période où l’on revendique l’égalité des sexes? Si au lieu de voir de jolies personnes s'éclater dans ce genre de joutes, on pouvait voir de jeunes hommes musclés se trémousser dans le costume d'Adam avec le spectacle sous le regard intéressé de ces gentes dames. Des Chippendales, émouvant les âmes féminines esseulées dans des ébats à qui perd, gagne.

Le jeu de la courte paille serait remis à l'honneur. Rien d'extraordinaire d'ailleurs, quand on pense que les Jeux Olympiques antiques se déroulaient dans le plus simple appareil. Avec ce rajeunissement du procédé, on peut espérer qu'il y aurait du "sexe à pile". Quant au "sex appeal" lui-même, je ne sais pas, je ne peux juger. C'est pas mon truc en plumes, mais pourquoi pas?

A coup de bijoux de famille_Chat homo.jpgDifficile aujourd'hui de ne pas tomber sur un classé "X" (non, pas la voiture) avec images suggestives à l'appui. Que les absents lèvent le doigt. Ils ont droit de choisir lequel. Timides s'abstenir de toutes déclarations mensongères. Les images suggestives transitent aujourd'hui par tous les médias et les courriels ne sont pas en reste en vidéos ou images fixes. Si vous êtes attentifs ou prudent, jetez un coup d'œil sur vos spams.

La prostitution est aussi vieille que le monde. Pompéi garde encore des traces de lupanars très suggestives. Les femmes exploitées sexuellement. Les harems apportaient un raffinement oriental dans un art de la suggestion et de l'érotisme. Au Japon, les estampes érotiques seraient même un facteur d'innovation. Il y aurait même un livre sur un "art de l'infidélité" poussée par des pulsions biologiques. Non, mais, ... poussez le "bouchon" jusque là...A coup de bijoux de famille Voisine.jpg

Nous sommes en phase rétro, dans l'actualité. Bigots et bigotes, menées par les sacro saintes religions, les enclins à se toucher du bout des lèvres se bousculent au portillon. Peut-être, est-ce toujours une vieille affaire de 'pomme' ou encore une facilité de vouloir rejeter sa moitié dans l'ombre des cuisines. Pour vivre heureux vivons caché, d'accord. Mais pas toujours et pas partout. Caché et protégé à une certaine place, très certainement. Le singe bonobo ne rime pas avec la "bonne au beau" chez l'homme, où, dans son rêve, tout serait devenu subitement "beau". Chez lui, cela fait partie de sa paix sociale. L'abstinence, c'est bien beau, mais... Des théories poussent à croire qu'il y aurait une stratégie de sectarisme, de la purification des rites religieux dans l'air après la cascade de déclarations papales de ces derniers mois. Dérapages contrôlés d'ultra conservateurs pour une église élitiste de fidèles. Fausse volonté de rassemblement des croyants en risquant sans crainte un vrai schisme. Remiser Vatican II aux oubliettes pour une réaffirmation des valeurs. Serait-ce pour se réserver un monde de seul d'initiés où les agnostiques et les athées n'auraient plus droit au chapitre?

20090320Curé et jamais.jpgLe problème ne date pas d'hier avec le nouveau locataire du Vatican quand on ressort les caricatures suggestives de Kroll depuis le début à son intronisation. Les gays menacent l'humanité (décembre), l'"assassinat d'Eluana" et le tsunami comme châtiment divin (février), l'avortement plus grave que le viol, les femmes libérées, le coupable préservatif et plutôt mourir qu'avorter (mars)... J'exprimais déjà mes griefs dans un "Ciel pour horizon".

Le "Da Vinci Code" de Dan Brown avait énervé le Vatican. Le "Gay Vinci Code" écrit récemment par Pascal Fioretto, devra le surexciter par les pastiches du premier. Le livre qui vient de sortir, "Le prêtre et le sexe", comme procès de l'inquisition, essaye d'en trouver les origines. La révolte ou l'asservissement spirituelle et dogmatique. L'église a toujours utilisé le "sexe", c'est-à-dire, le moteur de la procréation, de la succession des hommes, pour affirmer sa domination et sa doctrine de chasteté selon ses propres préceptes.

Nathan Wachtel, professeur au Collège de France, allait même plus loin, du moins dans le temps, après son livre essai la "Foi du souvenir" édite récemment la "Logique des bucher" dans lequel Torquemada serait précurseur au totalitarisme du XXème siècle, style "Gestapo" en prenant les techniques d'interrogatoire et le racisme paranoïaque de l'Inquisition. Comme acte de foi, inciter à dénoncer son voisin pour l'éliminer.

20090318pape en Afrique.jpgJe sais, j'aurais pu sortir un article de ce genre, un 14 février ou un 25 décembre. D'autres ont pensé chercher "tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe" lors de ce genre d'occasion. Le Magazine des Philosophies examinait tous les "si" d'opinion. L'un d'entre eux imaginait "une révolution féministe dans le monde musulman" dans un esprit de procréer et de créer point de fixation de l'intégrisme islamique. La femme, point de passage, d'intersection dans le monde de la judaïcité, comme si les deux éléments du couple n'avaient pas leur propre importance. Qui a raison? La science va nous en donner une réponse.

Ce jeudi, à la télé belge, après "L'Odyssée de l'espèce" et "L'Odyssée de la vie", ce sera un docu-fiction en images réelles et en 3D, "L'Odyssée de l'amour" par Thierry Binisti, sous forme d'une comédie sentimentale et scientifique.

Le film montrera le grand rôle du cerveau dans l'amour. Le cerveau le plus archaïque, le plus animal commandé par notre instinct de survie sur Terre. La passion, c'est quand le désir l'emporte sur la raison, disait le Pr Michel Reynaud. La neurobiologie de l'amour, tout un programme. La séduction mis en formules chimiques. L'alchimie de l'acte sexuel. Scénario alambiqué et difficile, s'il en est, et qui devrait rallier le cœur, les vaisseaux, les poils de la peau, les communications biochimiques, électriques dans les milliards de synapses à sa cause. La libération d'ocytocine, secrétée par l'orgasme et les caresses, de la vasopressine, hormones de l'attachement entre une mère et son bébé retrouvé déjà dans la passion amoureuse. Hormones, incitée par la dopamine, de la plus fondamentale récompense et motivation pour l'amour.

A coup de bijoux de famille_Chat Tigré.jpg"L'amour est unique, universel et reproductible" est le sous-titre du film. La boucle serait-elle bouclée? Celle de la ceinture de chasteté, castrée? Tout s'expliquerait? Plus de magie? Non, mais autant savoir. Le Pape n'en aura, peut-être, cure. Il en sera pour ses frais, car, il ne pourra plus l'ignorer, n'importe où il ira: l'homme n'est pas ce qu'il est, celui qui s'est retiré du monde et regarde celui-ci avec un prisme mal réglé. L'amour ne serait plus que l'outil, le catalyseur de nos hormones.

L'origine du poisson d'Avril, jour saint pour les blagueurs, remonterait au 16ème siècle. Le symbolisme du poisson y est certainement aussi pour quelque chose.

Quelques vidéos suggestives pour ce jour précis?A coup de bijoux de famille_Chat.jpg

Le Chat, n'hésite plus à nous bouffer ce Poisson d'avril de malheur et pas uniquement pour un jour, même s'il aboit. 

S'assumer en tant qu'homme et femme, avec ses qualités et ses défauts, ne serait-ce pas le bon mot de la fin?

Prendre son destin en main, quoi.

L'enfoiré,

Sur Agoravox, en famille, sont-ils sexistes avec leurs bijoux?

Réactions en premiers de la Belgique au Pape de manière officielle et droit de réponse

Et de l'Europe bien après

vrais faux poissons d'avril 

 

Une histoire transmise par un copain qui venait bien à propos:

Un médicament très efficace

20090526Porno à la télé.jpgDans une petite ville de province, un petit monsieur se présente dans une pharmacie et demande du VIAGRA.

Le pharmacien lui en donne une boîte ...

Le client ressort sans payer :

« Le temps d'aller faire une course chez le boucher en face, de faire de la monnaie et je viens vous régler. D'accord ?"

Le pharmacien regarde par la vitrine histoire de surveiller son gars.

Celui-ci rentre chez le boucher.

- « Mettez moi 2 entrecôtes s'il vous plaît. Je vais chez le boulanger faire de la monnaie et je repasse vous payer. D'accord? »

Il emporte sa viande et s'en va chez le boulanger :

- « Bonjour, je voudrais deux baguettes. Je fais un saut chez l'épicier et je reviens vous payer. D'accord ?

Même manège chez l'épicier, puis il sort, saute dans sa voiture et s'en va en trombe !!

Peu après, entre chez le pharmacien un autre client qui lui demande

- « Je voudrais du VIAGRA mais, à votre avis, est-ce que ça marche vraiment ? »

- « Écoutez, c'est garanti : je viens d'en donner à un client qui en moins de cinq minutes, vient de baiser, l'épicier, le boulanger, le boucher et moi !».

 

Citations:

  • "Sexe : le plaisir est de courte durée, la position ridicule et la dépense absurde", Philip Chesterfield

  • "Les hommes portent leur coeur dans leur sexe, les femmes portent leur sexe dans leur coeur", Malcolm de Chazal

  • "Si par nature, l'homme est une bête de sexe, j'ai toujours eu des animaux de compagnie", Mae West

  • "En matière de sexe, la plupart des hommes se prennent pour des dieux. Manque de pot, en matière de sexe, la plupart des femmes sont athées", Bernard Lherbier

 

Pour info, actuellement, une exposition à Namur reprend les oeuvres de Félicien Rops, qui s'est toujours inquiété de comment inspirer de l'amour à une femme: Le Pornokrater, La dame au pantin, la Tentation de Saint Antoine ne sont que certaines de ses oeuvres. 

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