31/05/2009

Capitalisme naturel ou artificiel ?

Un billet peut en cacher un autre.

Un billet de Paul Hermant m'interpellait. Il s'intitulait "La capitalisme naturel"

Capitalisme naturel ou artificiel.jpgPermettrait-il de trouver ce qui est naturel dans les côtés artificiels du capitalisme? Le voici:

"Il y a un type qui s'est chargé de rendre mon week-end plus ou moins acceptable. C'est un drôle de bonhomme, Libération de samedi publie sa photo, on le dirait échappé d'un film des Marx Brothers, c'est dire s'il inspire immédiatement confiance.

Il y a aussi son interview et, dans cette interview, une phrase : « Quand je vois un verre à moitié rempli, je ne me pose pas la question de savoir s'il est à moitié plein ou à moitié vide, je constate simplement qu'il est deux fois trop grand ». Voilà, ce qui a sauvé mon week-end.

La sagesse bouddhiste nous enseigne que lorsqu'un problème a une solution, il n'y a pas de problème et que lorsque qu'un problème n'a pas de solution, ben, il n'y a pas de problème non plus. Mais ils sont rares, convenez-en, les gens qui ne voient même pas les problèmes et qui ne pensent qu'aux solutions. Amory Lovins est américain, expert en affaires énergétiques, consultant respecté pour ce qui est de l'électricité, il n'est pas ministre, c'est dommage. C'est lui qui a inventé, il y a exactement 20 ans de cela, cette notion du négawatt, partant du principe qu'à tout prendre, la meilleure électricité est encore celle que l'on ne produit ni ne dépense. Et il insiste : « Quand les décideurs de ce monde auront abandonné la croyance selon laquelle lutter contre le changement climatique coûte cher, ils comprendront qu'il est moins onéreux d'économiser l'énergie que de l'acheter ». Il appelle cela le capitalisme naturel : en peu de mots, ça signifie qu'entretenir les ressources de la planète et s'occuper des hommes est la seule solution pour qui voudrait prétendre faire encore du profit demain… Et puis, il a une autre phrase magnifique, il dit : « Je préfère rendre l'espoir possible plutôt que de rendre le désespoir convaincant ».

Je ne sais pas si sa tournée de conférences l'a amené en Islande, mais voilà bien, tiens, un pays qui dispose aujourd'hui d'une électricité produite à 99% par l'utilisation de l'hydraulique et de la géothermie. Vous allez me dire, l'Islande ? Cette île en banqueroute où la récession se mesure par des reculs du PIB de plus de 10%, un chômage de 10% aussi et par une consommation en chute libre ? Celle-là même. Cette production électrique propre devient sa seule vraie richesse. Peut-être parce que les Islandais savent aussi qu'après la banqueroute, il y aura la banquise, c'est-à-dire la fonte des glaces, la montée des eaux et le réchauffement climatique. Et que dans ces cas-là, la dimension d'un verre, ça devient franchement important.".

 

Retournons, donc, vers l'Islande, ce laboratoire naturel, cet "origine du monde". Cette île, dont on entend rarement parler, si ce n'est, récemment, à cause d'une banque en difficulté et qui toucherait nos compatriotes, dans leur épargne. Est-elle tombée de la grâce magique vers le coup de grâce?

20081010Crise Islande.jpgEntre l'espoir vert et la sombre lucidité. Parlant de l'Islande, pour parler d'énergie, c'est aller presque à contre courant.

Pays du silence insoutenable fait de mille rumeurs. Pays initiatique où tout doit s'apprendre. Terre prodigue et déshéritée à la fois: une mer qui gicle, des glaces qui grincent, le feu qui feule, le vent qui n'en finit pas de souffler pour chasser les nuages avec des couleurs intenses, écologiques à souhait. Le Gulftream qui garde le thermomètre au dessus de 3°C en moyenne en hiver et une douceur en été tout en gardant l'éventualité d'une rafale de neige qui peut survenir à tout moment entrecoupée par un soleil secret ou puissant.

Un commentaire au billet de Paul parlait d'oxymore avec le principe du C2C (cradle to cradle). C'est le bon mot car il y a vraiment antagonisme.

Produire et consommer de l'électricité dans un pays tel que l'Islande est naturel. Sous cette latitude, on se retrouve dans l'obscurité pendant 6 mois de l'année, avec, en hiver, des rayons du soleil pendant seulement quatre heures par jour (clarté en janvier: 11:20 à 15:45). Il y a des compensations en été (obscurité en juin: 24:00-03:00) mais alors, dormir devient le problème numéro un.

En 1985, déjà, un article de GEO  (N°78) titrait "Noces de glaces et de feu". Deux cents volcans et une éruption tous les cinq ans. La solitude des fermes, ultramodernes qui se regroupent par sécurité. Les troupeaux, aussi, se rassemblent, dès septembre, pour la nuit de l'hiver. Le glacier Valnajökull, lui qui glaçait d'effroi le volcan sous lui, encore,  épargné par la fonte des glaces. La pêche représentait 97% des devises. L'eau à profusion qui s'écoulait à la verticale entre le basalte, cassé, à en donner le vertige. Géologie infernale, mais leçon de beauté et de poésie. "Islande incommensurable" terminait l'auteur de l'article.

En 1994, retour de l'Islande avec GEO (N°181). Titre "La création du monde". Terre jeune, soixante millions d'années. La marmite de boue volcanique et sources chaudes continuaient dans les steppes fauves de Landmannalaugar. Le tiers des laves de la planète aux portes du volcan Hekla, qu'on appelait la "montagne au manteau" parce qu'il recouvrait l'entourage de cendres. Volcans Krafla, Askja, Laki pour compléter le paysage lunaire. L'érosion glaciaire avec les eaux tièdes que réchauffait le magma. Les geysers avec huit cents sources thermales. Strokkur et Geysir se disputent les hauteurs toutes les 5 minutes. Géothermie assurée. Rencontre des deux plaques techtoniques, américaine et européenne. Du côté de la vie naturelle, des colonies d'oiseaux qui venaient nicher. L'homme, lui, s'accrochait et s'appropriait l'énergie de la Terre au "Blue Lagoon" près de la capitale, Reykjavik pour y nager en toute saison comme un véritable mode de vie national. Le développement de cette capitale ne date que du 19ème siècle  de 5000 à 200.000 habitants pour seulement 320.000 au total sur l'île. Constructions pratiques et sauvages. Vie dure et fragile. 

En mai 2009, c'est l'"Ile nature" (GEO N°363). Les ténèbres de l'hiver sont plus mal vécus qu'auparavant. Affronter le noir demande plus de petits secrets. Ce sera méditer, la luminothérapie pour remplacer les descentes vers le Sud devenues inabordables, les cures de vitamines D et de l'huile de foie de morue pour maintenir la santé. La métamorphose de sa ruralité en nation riche a, en effet, été plombée par une faillite entraînée par les traders et les mirages de la finance. Car, en 2008, les dettes des banques avaient représenté douze fois le PNB et tout à craquer. Désormais, on ferme la porte de sa maison. On remarque qu'exploiter la force des torrents revient à inonder les vallées. On parle de dernière chance pour les épargnants de Kauphing. Le 5 juin, les épargnants poussaient le ouf de soulagement. Salle coup et on se demande même comment sauver l'Islande.

Ne serait-ce pas l'enfer et le paradis réunis sur une même île, l'Islande? Subir l'un pour obtenir l'autre ou jouir de l'autre pour sombrer dans le premier ? Après l'enfer du décor, on a atteint l'envers du décor. L'économie a rattrapé l'écologie et l'a dépassé dans les réalités.

Avec un discours écologique, Amory Lovins pratique l'acupuncture institutionnelle et veut l'imprimer dans les grandes entreprises pour qu'en 2040, les États-Unis ne soient plus dépendants du pétrole en n'ayant plus le besoin de consommer cette énergie fossile. Projet très louable et pas uniquement pour les États-Unis, mais qui demande réflexion pour passer de la théorie à la pratique. Il est sûr qu'avec une vision écologistes, qu'il a le vent en poupe, aujourd'hui. Il a inventé les "néga-barils", la négation des méga-barils ou des mégawatts. Faire tourner le "grand machin" du progrès restera, pourtant, l'objectif pour palier la faiblesse énergétique humaine. Il ne faudra pas négliger, pour autant, la grande "bagarre énergétique". L'écologie est chez nous, une discipline jeune.

Comme en tout, un bonus-malus est à calculer, un "Profit & loss" comptable et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Car, le "bébé", lui, reste nu.

"La France me fait l'effet d'une île de politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s'appelle le marché économique", disait-il, mais cela ne permet pas de lever le pied de l'accélérateur. L'économie a ses propres règles de fonctionnement qu'il faut l'accorder au mieux avec le relativement nouveau venu.

D'ailleurs, en lisant plus loin, Amory Lovins ne dit pas qu'il ne faille pas produire de l'énergie, mais qu'elle soit seulement renouvelable ou durable et sans pollution pour la produire.

20090530Bleu et Rouge.jpgLe Bleu, s'est, il est vrai, terni en perdant sa couleur du ciel pour se tourner vers le bleu Roi.

Le Rouge est devenu rougeâtre, rouillé par la latence de l'habitude.

L'Orange a perdu aussi un peu de son acide pour passer à l'orangina.

Voilà, le Vert, qu'on espère qu'il ne devienne pas trop verdâtre.  

Le parti écolo, chez nous, a 3 de ses 10 priorités dans le seul cadre de l'énergie:

  1. Rendre les bâtiments plus efficaces en ENERGIE pour alléger la facture énergétique de chacun et sauver la planète

  2. Investir rapidement dans les TRANSPORTS PUBLICS pour élargir l’offre (quantité, ponctualité, qualité, tarif et fluidité) et structurer le territoire

  3. Orienter le redéploiement économique vers l’ECONOMIE VERTE pour y créer des milliers d’emplois durables et réussir la transition écologique

Une fois, ces points précisés, il faut en trouver les meilleurs moyens, les plus rentables pour y arriver. Au niveau de l'énergie, quelle est celle qui répond à ce cahier des charges avec le plus d'efficacité? Quels en sont les effets secondaires?

La "fée électricité", c'est clair est l'énergie totalement propre et qui se régénère à l'envie. Elle existe depuis toujours dans les éclairs, mais dont l'énergie s'est vue supplantée de vitesse par le feu, qu'elle produit. L'homme a donc commencé par le plus facile, le plus accessible, aussi. L'électricité est apparue bien plus tard, sortie de la boite crânienne de certains scientifiques plus observateurs que les autres avec le "Fiat lux". Au lieu de suivre le cycle du jour éclairé, les vingt quatre heures devenaient accessibles pour continuer le jour. Moins transportable que le pétrole, cette électricité. Plus volatile et fugitive, il a fallu la domestiquer, l'emmagasiner. Ces opérations ne sont toujours pas résolues sans pertes. Car, il y a aussi la conversion que ce soit en chauffage ou en force de travail. Le processus demande lui-même de l'énergie pour s'éclater. La fission nucléaire, on en connaît les risques et la pollution par ses déchets, n'y revenons pas. La fusion nucléaire a toujours le péché majeur de la mise à feu. Le projet ITER n'est pas pour demain dans leur implémentation et les verts, impatients, sont contre le projet vu cet éloignement dans le temps. Mais, rien n'empêche de prouver le contraire dans le futur.

Le soleil est et reste cette énergie de rêve et de réalité, passe partout, produite n'importe où, comme solution de l'évidence, ad vitam eternam.

Sa chaleur, sa lumière, sont les seules énergies durables qui ne dépendront pas de l'ampleur des marées, qui ne dépendront pas des vents souvent capricieux, d'une géothermie qui dépend de l'extraction profonde et qui n'est vraiment utilisable que sous formes de chaleur et d'eau chaude. (Une exposition à Mons est en cours et à pour titre "La géothermie, une énergie à creuser".)

L'Europe voit dans l'éolien son maître choix et le coeur de sa politique. Les "contres", à juste titre, ne sont pas absents. Pour Luc Rivet, "l'éolien industriel est devenu une machine infernale et une grosse arnaque qui ne fait rien gagné au niveau des émission de CO2". L'éolien détruit les paysages par la place qu'il occupe, gène les oiseaux. Pour ne produire que 20% de son temps, de l'électricité, c'est peut-être beaucoup. Les rayons du soleil et la lumière ne prennent pas de place et ne nuisent pas à l'environnement du paysage.

L'électricité sortira progressivement des grandes centrales que nous connaissons aujourd'hui. De très petits réseaux s'éparpilleront aux travers de petites unités privées, reliés entre eux suite à l'"ecology business". Les systèmes de récupération de l'énergie solaire font déjà fonctionner les compteurs à l'envers. Devenu producteur d'électricité, le consommateur devra l'utiliser, alors, pourquoi pas, tous les points privés ou publics reliésentre eux? Sus à l'overhead (en anglais, l'overhead signifie ce qui est à mettre en pertes et profits parce que cela profite à l'ensemble du système en entier).

J'avais écrit l"Econologie, rêve ou réalité?". D'autres parlent d'économie et d'écolomie. Néologismes, simple différence dans la terminologie et la manière plus écologique de l'aborder, mais pas d'antagonisme dans la réalisation. Le Science et Vie expliquait, le mois dernier, le pourquoi, maintenant, on pouvait y croire.

"Super capteurs, centrales géantes produisant en continu, cellules en plastique plutôt qu'en coûteux silicium : sur tous les fronts, le solaire profite de spectaculaires innovations techniques. A la clé ? Sortir cette énergie de la marginalités", comme on le disait dans ce numéro. Les capteurs solaires ultra performants, thermique et photovoltaïques accompagnées par des batteries performantes. Les batteries ne sont pas le plus mince des problèmes, car elles s'usent vite et en plus elles sont polluantes. Les condensateurs électriques auront encore besoin d'ingénieuses découvertes pour éliminer leur propre "overhead". Perdre leur lourdeur, leur désagréable habitude de perdre leur efficacité quand on ne s'y attend le moins, gagner du temps lors de la charge, pouvoir être recyclé comme le reste, ne sont pas des moindres.

Alors, la question demeure: de l'énergie, dans quel cas, l'oublier, l'utiliser avec parcimonie, quand l'économiser, quand ouvrir les robinets à fond? Ouvrir des "possibles" reste une obligation et le besoin ne sera jamais en décrue à moins de perdre nos facilités et notre confort moderne. 20090528Elections.jpgL'espace, par exemple, demande et demandera toujours plus d'énergie dans la recherche du progrès qu'il pourrait nous donner. L'argent restera nécessaire, comme outil, même raboté.

Le gaspillage, on sait qu'il est superflu, irrationnel et donc à éliminer. Colmater les fenêtres. S'isoler contre les pertes de chaleur coûterait 1000 fois moins cher que de nouvelles centrales nucléaires, dit Amori. Rationaliser est nécessaire dans tous les domaines, mais celui de l'énergie est particulier car il fait partie de nous. Penser l'éradiquer ou la réduire de manière irréfléchie, serait suicidaire et contre productif. L'énergie, c'est la vie, tout simplement.

Économiser, c'est produire à moindre coûts et avec le plus d'efficacité et non pas repousser l'utilisation dans sa négation. La Chine se voit encore trop contrainte de puiser dans sa force vive et humaine à bon marché pour réaliser ou compter sur un rendement trop faible dans l'utilisation de l'énergie pour sa production. Elle se retrouve, à nouveau, en pleine crise, dévoreuse industrielle. Ses importations en matières premières, elles explosent (fer, cuivre, aluminium), lit-on dans la presse.

"L'industrie polluante sort première de la crise, vu que l'énergie verte dépend du bon vouloir des banques qui rechignent devant les investissement énormes". La fatigue des plans de relance verte se ressent chez Suntech et Sunpower, sociétés qui se sentent obligées de faire des augmentations de capital, peu appréciées par les actionnaires. Plombées, donc, les Bourses. Les politiques ont des agendas tellement serrés pour soutenir le mouvement et décider les transformations drastiques. Les citoyens d'une démocratie ont, tout autant, une action consultative pour pousser à améliorer cette situation.

L'avenir devra être plus technique et peut-être moins tourné vers la seule technologie. C'est évident.

Seulement, des pauses sont très nécessaires pour faire le point. On les appelle du doux nom de "crises".

La raison favorable à la "religion verte" sera là pour celui qui, a perdu la foi et s'y trouvera en refuge. La raison pour l'autre sera plus proche, plus matérielle, aussi, car l'un ne va pas sans l'autre.

L'argent suivra, comme outil, rien de plus. Sortir le gadget des découvertes, des inventions, pour ne garder que la crème, sera le plus précieux des dons dans une évolution de la nature. Les erreurs, autant s'en apercevoir le plus vite à notre échelle.

Les ressources naturelles, les matières premières, pour la plupart, sont finies et, là, c'est plus grave. Le pétrole, miraculeux, matière aux ressources innombrables, en fait partie et ne devrait un jour plus servir à donner de l'énergie mais se limiter à produire des matières tout aussi utiles en dehors de la vision énergétique.

Alors, sera-ce un retour vers son jardin ou vers la recherche? Un choix qui mène à "que le meilleur gagne", mais il faudra gagner, c'est un "must". L'impossible étoile n'est peut-être pas si lointaine mais ce sera la voie du meilleur rendement. L'utilisateur ne découvre pas les choses qu'à petites doses, pas toujours par lui-même. Souvent, un mouvement, une idéologie doit le réveiller avant la crise cardiaque.

Capitalisme naturel ou artificiel Bourse.jpgAujourd'hui, je me sens voter aux prochaines élections pour le "Vert, j'espère". Mais comme je l'ai dit, parfois, je triche. 

L'écologie, c'est bien plus qu'un parti, c'est un pari. Philosophie de la logique et de la subsistance de notre espèce, mise à mal, après le ratage de la finance pure et dure.

Les détracteurs parlent de nouvelles taxes. Des réorientations vers des sources correspondantes aux finalités et aux besoins réels, répondent les écolos.

Alors, capitalisme naturel? Si, cela semblait antagoniste, les liens se retrouvent encore dans les réflexes avant d'en trouver les intérêts réels.

Complémentaire pour aller au bout de nos rêves sur une planète qui est, jusqu'à nouvel ordre, la nôtre.

En Belgique, l'envie verte est aussi très présente. Ecolo n'exclut donc pas de diriger Bruxelles.20090601Ecolo.jpg

Le capital humain, il n'y a rien de plus naturel. Il continuera toujours à se gestioner et se comptabiliser.

L'écologie, pour suivre le simple principe de précaution? Pas nécessairement pour prouver ou infirmer le réchauffement climatique dû à l'activité humaine qui a aussi ses détracteurs, mais, par pragmatisme. Redonner, aussi, l'espoir après notre crise.

Et puis, calfeutrer ses fenêtres apporte aussi le confort et n'évite pas seulement la chaleur de s'enfuir, mais le bruit de pénétrer.

L'analyse, dans le temps apportera les corrections aux incertitudes et aux hésitations d'aujourd'hui.

L'Homo Economicus deviendra, ainsi, l'homo ecolomicus. Just in time?

Seul l'utopie et les rêves ont toujours eu une chance d'aboutir.

 

L'Enfoiré,

 

Les Voix du Peuple seront-elles naturelles ou artificielles? 

 

Citations:

 

  • « C'est bon de ne pas regarder à la dépense de son énergie ! », Jules Renard

  • « Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir. », Philippe Labro

  • « Toute forme de récompense constitue une dégradation d'énergie. », Simone Weil

  • « Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l'énergie de le faire. », Georges Clemenceau

24/05/2009

Les mystères du monde

"La peinture décrit les mystères du monde", "La révolte est un réflexe de l'homme vivant", disait le peintre surréaliste belge, Réné Magritte. Le surréalisme plane aussi au dessus de la Belgique dans beaucoup de domaines.

Les Mystères du monde_Pipe.jpgLe 20 mai, était inauguré en grande pompe, le nouveau Musée Magritte. Le Roi et la Reine ont particulièrement apprécié un des vingt exemplaires de l'"Empire des Lumières", la toile que le peintre a le plus aimé.

Ouverture au public dans l'Hôtel Altenloh, en plein centre de Bruxelles, sur la place Royale. Ce projet qui avait débuté en 2005, a coûté 6,5 millions d'euros. On y attend 700.000 visiteurs de tous les horizons. Le premier guide officiel du Japon disait à l'ouverture que les Japonais adoraient le mystère de Magritte et qu'il fallait interpréter en s'amusant. Une autre façon d'aimer la peinture, reconnaissait-il.

Le musée avec ses 250 œuvres ne représeLes Mystères de Monde Magritte.jpgnte que 10% de la globalité des œuvres du peintre. On y rencontre, exposés, 120 peintures, 61 photos, 40 dessins, 9 sculptures, des lettres et des documents. 2500 m2 sur trois étages qui remontent le temps de la vie du peintre. L'étage inférieur reprenant les œuvres les plus récentes, les plus connues. De plus en plus anciens, au fur et à mesure, de la montée dans les étages supérieurs. Michel Draguet, le conservateur du Musée des Beaux-Arts, Charly Herscovici, l'héritier en droits de la fondation éponyme sont les initiateurs avec le mécénat de compétence de l'État Fédéral et du Groupe GDF-Suez.

Les Mystères de Monde Fenetre.jpgLa vie de Réné Magritte n'a été que peintures, mais ce n'est que lors la dernière partie de sa vie qu'il reçoit la reconnaissance de ses pairs et du public. Peintre d'exception, pour le moins. Aujourd'hui, mondialement connu.

Pour sortir ou s'enfuir de la réalité des jours et entrer dans son empire? Peut-être.

La peinture, pour Magritte, n'est que sa conception préliminaire d'appréhender le réel par l'imaginaire. Fusion en inversion entre l'objet et sa fonction dans une association simple mais perturbée qui se crée, avec en toile de fond, un scénario inattendu. Patchworks de concepts et d'images bien réelles dans un contexte qui ne l'est pas. Esprit critique, ambigu, voir irrévérencieux et provoquant.

Images freudiennes composées jamais à leur place. Objets remplacés et qui inquiète et amuse le visiteur.

Les Mystères du monde_Magritte.jpgL'histoire de Magritte est simple, bien belge. Une vie de 1898 à 1967. Marqué par le suicide de sa mère, il peint dès l'age de 13 ans mais c'est à l'age de 27 ans que sa peinture s'affirme dans ce qui fait Magritte aujourd'hui. Partagé entre Bruxelles et Paris, il traverse les deux guerres et cela se reflète dans sa peinture par des couleurs ternes, intimistes, pour en sortir par les couleurs du "Surréalisme en plein soleil" quand la fin de la 2ème se faisait sentir. Les couleurs n'étaient pas alors pas aimées et l'échec qui en suivi, le lança dans la provocation subversive de la "période vache" pour répondre à l'incompréhension de son époque. Période anarchiste, qu'il violenta avec ses tripes.

"Domaine enchanté", s'il en est. "La Fée ignorante" hante encore son domaine. Trop de couleurs, pas assez développé, dit-on, en coulisse. Mais, le surréalisme arrive progressivement.

L'abstraction, le rêve éveillé, la poésie par la peinture, voir ce que l'on ne voit pas, c'est tout l'Univers magrittien. Pas de surprise, puisque tout est imaginé avant de voir le réel. La trahison des images expliquée par son auteur. La peinture se détruit par sa concrétisation.

Un tableau très connu "Ceci n'est pas une pipe". Les Mystères du monde_PasPipe.jpgQu'est-ce, donc, alors ? Une trahison de l'image? C'est la devinette que tout visiteur pourra s'imaginer avec sa propre sensibilité et son vécu.

Les Mystères du monde Crowet.jpgAnne Marie Crowet, son modèle préférée, sa muse, fut la fille d'un de ses amis, Pierre Crowet. Celui-ci a été le premier à lui avoir acheté une toile. Elle a été très étonnée lors de sa première séance de pose. Il l'avait peinte avant de la voir. Une seule séance de pose pour confirmer seulement les traits du visage. La rencontre avec le modèle n'était qu'une confirmation d'un événement que l'imagination allait prolonger dans la répétition.

Complexité de l'esprit en décalage des sens à la rencontre avec un autre réel. Des thèmes qui reviennent mais qui se complètent. Des objets répétés qui se recréent.Les Mystères de Monde Cheval.jpg

L'exemplaire unique de l"Empire des lumières" qu'il a tellement aimé ne fut offert à Anne-Marie Crowet qu'à la fin de sa vie. Elle en 9 tableaux. Se moquer de lui-même était son sport, sans le reconnaître comme tel. "Pas de chiquet chez Magritte", dit, encore, sa Muse.

Les Mystères du monde_Baiser.jpgGeorgette, son épouse, a été un autre modèle par l'inspiration des portraits.

Un jour, disait-elle, lors d'une visite du Musée de peintures des Offices à Florence, à la question de ce qu'il y avait aimé. Sa réponse fut, laconique: les cartes postales. Les cartes postales transmettent l'image sans la vérité.

Si James Ensor pouvait être une de ses consciences de création, on est bien loin de Dali avec son caractère fantasmagorique de l'extraordinaire et extraterrestre.

Magritte ne s'intéressait pas à la Belgique, disait son épouse. Qu'est-ce qui caractérise un Belge si ce n'est ce goût imprécis de l'irréel et d'en faire partie ou non?

Magritte l'était bien plus qu'il ne l'aurait pensé.

Être belge et ne pas s'intéresser à la Belgique n'était-ce pas justement une partie de son surréalisme? Le réel est tellement énervant, parfois que le Belge se tourne très souvent vers le surréalisme par les attitudes, la politique et la pratique de l'incompréhensible.

Un autre exemple? En politique, c'est itou de même. On sait qu'elle n'est pas parfaite, mais dans le fond, on s'en fout.Les Mystères du monde Fluide Glaical.jpg C'est du moins ce qu'on dit. Mais, on ment, un peu. En fait, on n'aime pas trop les grands bouleversements et dire pour qui on va voter. Alors, on fait semblant. On triche. On va survoler après avoir surréalisé en dernière minute.

Nous sommes à la veille de grandes élections qui, chez nous, serons doubles: régionales et européennes.

Imaginons, dès lors, Madame Tout-le-Monde belge, dans l'isoloir, devant l'écran noir de son ordinateur avec le crayon électronique à la main pour voter. Qu'y verra-t-elle? Sera ce vraiment la liste des candidats? Non, sera-ce la table de salon qui n'aura pas nécessairement une forme de porte comme celle de Magritte? Une porte sur l'hésitation? Non, bien plus prosaïque, un cadre avec un bon repas. Et, oui, il faut vous dire qu'elle est un peu profiteuse, la belle. Elle se rappellera que son homme lui a promis un resto avec les obligations électoralistes. Elle l'attendait, depuis longtemps, ce jour-là et pas pour aller voter. Et puis, comme c'est dimanche, elle imaginera encore la petite balade avec des arbres et beaucoup de fleurs, au milieu. La politique l'emmerde. C'est clair. Elle sait qu'elle doit aller voter. Elle se sent citoyenne. Point. Le vote, elle le fera, par habitude, presque par inadvertance. Dans son rêve, elle n'est plus dans l'isoloir, elle sera, déjà, dans son jardin.

20090527Décollage Dewin.jpgLes politiciens et les médias connaissent très bien ce désintéressement, d'ailleurs. Pas de campagne à la hussarde. Celle-ci n'a commencé que dans la dernière ligne droite. Pour animer et émoustiller les esprits, on a recherché les poux, les "affaires", comme on les appelle chez nous et elles sont nombreuses. On y perdrait son latin. Elles existent, toujours, celles-là, au moment où on les attend le moins.

Pas dupe, l'électrice, pourtant. Ces quelques secondes devant l'écran, lui paraîtront longues, trop longues. Il faudra qu'elle se dépêche. Qui saura, elle aura, peut-être, la chance de rencontrer la voisine sur le chemin de retour, juste avant de se préparer pour le resto. Alors, vite, son coup de pinceau, pardon, de crayon électronique qu'il faut appliquer sur cette liste de malheur et puis s'en vont. Elle s'est entraînée avec le nouvel ordi acheté récemment. C'est devenu une pro.20090525Foot belge.jpg

Dans un autre bureau de vote, ce sera son homme qui se trouvera dans la même situation. Lui, dans l'écran, il verra en imagination le match de foot de l'après-midi avec le steak bleu avec frites et mayonnaise sur le côté.

Faut pas croire qu'il ait tout le temps une brique dans le ventre, comme le laisserait penser les médias.

20090607Elections.jpgSurréalistes, nos élections, notre sport, notre cuisine... Je ne suis pas ici, pour l'approuver mais le constater.

Râleur, bougon, dans un monde irréel, ce Belge, mais toujours bon enfant... trop.

Ce sera sans révolution, seulement par glissements et tassements de terrains qui se dessineront dans le décodage des résultats à la proportionnelle. Une véritable quadrature que ne renierait aucun cercle et surtout pas, des élus au milieu.

Je vous l'avais bien dit, que nous avions quelque chose de spécial. Je ne parvenais pas à le définir, à vous en trouver les raisons quand j'ai écrit mes articles sur Bruxelles. Magritte m'en a donné la peinture. Du surréalisme, mixé à du pragmatisme, la voilà, donc, cette raison.

Les Mystères du monde_Delvaux.jpgPaul Delvaux avait une autre forme de surréalisme. Post-impressionniste ou expressionniste, on ne le sait pas vraiment. Arrivé aux frontières du rationnel avec la nudité de la femme dans toute sa beauté.

Un autre belge, Jean-Michel Folon passait par le même scénario mais dans la sculpture. Son musée et sa Fondation, à lui, se trouvent dans le parc du Château de la Hulpe.

Les Mystères du monde_Folon.jpg"Voyages aux pays de Folon", c'était l'année passé. Styles différents mais complémentaires. Époques juxtaposées, mais qui reflètent parfaitement l'esprit souvent incompris de nos amis français, esprit qualifié de "Ça, c'est du belge".

Un autre encore, très actuel, Philippe Geluck, Le Chat, en joue de ce surréalisme par la BD et le dessin avec son chat en leitmotiv avec les mots en déphasage.Les Mystères du monde_Le Chat.jpg

Le Musée Magritte n'ouvrira ses portes au public que le 2 juin. Je ne pourrai vous en donner les échos avant cela.

3ème étage, Magritte avant Magritte avec les mots et les images.

2ème étage, Echappée belle en plein soleil et la Période Vache.

1er étage, Mustère de l'Ouvrage et son Domaine enchanté.

Rien n'empêche, en attendant, que vous y veniez voir les images surréalistes de Folon sur ces mystères du monde avant celles que je ferai de l'événement.

Mais attention, le Musée de Magritte n'est, peut-être, pas un Musée.

"Non, peut-être", dirait le Belge. Le Français, lui, serait tenter de dire "Oui, assurément". Chacun son truc à plumes ou à poils.

Circulez, y a rien à voir, mais tout à rêver. 

 

L'Enfoiré,

Je m'en voudrais de ne pas signaler un autre musée sur le même sujet à Bruxelles

Des amateurs surréalistes sur Agoravox Les Mystères de Monde Nouvel Obs.jpg

Mise à jour du 30 mai: c'était la partie festive avec d'autres photos.

Mise à jour du 23 juillet : Le Nouvel Obs en parle 

 

Citations:

 

  • « L'idée de surréalisme tend simplement à la récupération totale de notre force psychique. », André Breton

  • « On peut très bien éprouver le sentiment de l'absolu en se faisant la barbe ou en mangeant des gaufres. », Marcel Havrenne

  • « Tout porte à croire qu'il existe un point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et l'avenir, le haut et le bas, le communicable et l'incommunicable cesseront d'être perçus contradictoirement. », André Breton

  • « Je déteste mon passé et celui des autres" », Magritte 

 

19/05/2009

La bonne nouvelle et la mauvaise

Commençons par la bonne nouvelle, celle de Nouriel Roubini, lui, qui avait prédit la crise et la récession. "La bonne nouvelle, c'est que toutes les interventions publiques ont sérieusement réduit le risque de dépression". La mauvaise nouvelle est plus intime, plus insidieuse.

20090128Van Rompuy crise.jpgFin septembre 2008: "Nous n'échapperons pas à la pire récession depuis quarante ans". Moins défaitiste, aujourd'hui, qu'il le laissait entendre au début des crises en cascades. Le spectre de la crise des années 30 n'est pas identique. A l'époque, devant les chutes, cela ressemblait. Comparaison n'est pas raison. Et le monde n'en finit pas de bouger de plus en plus vite pour ne pas revivre les mêmes circonstances.

Les milliards, des milliards de milliards ont été mis sur les tables du monde. On a simplement hypothéqué le futur. Une affaire de zéros bien placés, dont on ignorait jusqu'à l'existence avant la crise. "Et la raison fut", disais-je, fin d'année, comme une réédition de "L'argent" de Zola.

20081014Crise sauvetage.jpg"Pas de longue période de croissance négative", disait encore Roubini pour soulager la pression. Une volonté de ne plus utiliser le mot "récession", par une manière plus optimiste et arithmétique. Et c'est vrai la situation semble redonner un peu de souffle à ses contemporains. Les pompiers sont passés pour éteindre les premiers feux. Encore quelques fumerolles persistent et peuvent seulement se rallumer si on n'y prend garde. Ils ont rapporté leurs rapports d'expertise, leurs suggestions en fonction du passé. Le futur reste, caché derrière les imprévus. Pas de règles de probabilité pour se rassurer et assurer ce futur.20090309Lippens auditionné.jpg

Les crises sont des épiphénomènes. Les responsabilités sont souvent partagées entre le commercial, le politique et l'individu lui-même. Manque de régulation et de contrôle public et citoyen.

Cette fois, ce fut la mondialisation à l'honneur ou au déshonneur de l'homme. Mondialiser et globaliser, à tout crin, a seulement montré ses limites.

A l'ouest, y a-t-il vraiment du nouveau ou une simple réactualisation palliée par des emplâtres pour une crise du "système capitaliste" toujours mondialisée. Les potentiels, aussi bien dans le bon et dans le mauvais, n'ont pas disparu. Ils ont seulement changé de mains. Les États ont pris un peu plus de poids face au Privé triomphant et qui dit État dit citoyen. La spéculation virtuelle sur l'argent a été reconnue comme un non-sens et contre productif. Si l'ajustement se faisait, en conséquence, ce ne serait plus un problème. "L'argent du beurre" n'a pourtant pas quitté les esprits. Comme on dit, ceux qui n'avaient pas d'argent n'ont rien perdu. Les autres n'auront que les yeux pour pleurer devant la dévaluation de leurs biens. Pour une fois, tout le monde y a perdu dans certaines proportions. Destruction des valeurs monétaires et dévaluation globale.

Le terme de "plans de relance" est même à moduler en fonction des réalités de l'espace et du temps nécessaire pour l'implanter et non pas dans l'absolu. Les administrations de l'État ne jouent souvent qu'avec effet retard. Ce n'est pas la souplesse qui caractérise le côté administratif. Gouvernance par l'Etat?

Réguler, à vitesse variable, est-ce encore possible dans un monde intégré?

La relance à l'américaine, entend-on, c'est par la fiscalité. La relance à l'européenne, par des réformes structurelles. La première en accord avec elle-même. Le second n'a toujours pas le mot "Unie" derrière le nom. Cela reste certainement la raison du poids assez faible sur la scène internationale. L'Asie n'est pas mieux lotie dans ce manque d'uniformité malgré de grands acteurs au niveau population. Population muselée derrière des régimes forts ou corrompus. Le dollar reste la monnaie de référence, même si l'euro l'a dépassé en valeur. Le yuan, sous évalué commence à espérer grâce à la montée en puissance de l'Asie. Même les pays dit émergents, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) ne peuvent même plus être considérés sur le même plan d'actions et se permettre les mêmes remèdes de cheval. Seul, le Brésil, grâce à ses investissements préalablement implantés, semble redémarrer avant les autres. En Amérique du Sud, l'esprit altermondialiste, les mécanismes de l'Alba, par leur approche différente, en sont peut-être responsables. Le mécanisme de l'Alba ne participe pas au libre-échangisme. Il pratique le troc à grande échelle, d'État à État et pas uniquement dans la rue pour atteindre une autarcie financière et protégée. Tant que la confiance subsiste, le dollar se construira sur la planche à billets par les États-Unis et pour eux. Aucune monnaie ne l'est, indépendante des fluctuations seul les monnaies de substitution sortent parfois du carcan. La valeur refuge, l'or, reste, le dernier recours en temps de crise.

Mais, on entend de plus en plus souvent que l'argent n'a plus de valeur. Un billet, dans n'importe quelle devise, ne sera jamais que du papier avec des chiffres et des lettres et de la confiance pour arrondir les angles. Il n'aura de valeur que si l'interlocuteur y trouvera son compte pour l'échanger avec un bien. Enfoncer des portes ouvertes? Pas si sûr. Cet échange fait plus partie de l'habitude que de nature.

20090616Crise relance.jpgLa crise a mis le trouble dans les esprits. Quelque part, le malheur est, pourtant, bon. Le futile, la cupidité ont été dénoncés. L'éthique est réapparue du chapeau, philosophie qu'on en avait oublié jusqu'au sens du mot. Le bon sens du ressort ou d'une évolution en forme de bulle de savon?

Dans la douleur, on cherche toujours "D'où sa peine vient", comme le chantait Alain Souchon. Alors "On attend que le monde change. On attend que la vie nous range" comme le faisait Suarez. Enfin, changer, faut pas trop pousser. Faut pas chercher une révolution dans le processus. La folie guerrière n'a pas pris le dessus, constate-t-on, avec soulagement. Seulement un prolongement à "Crime et châtiment".

Et pourtant, malgré les avertissements, la gangrène de la cupidité reconnue et la technique du "chacun pour soi" n'ont pas disparu. L'économie solidaire, on n'en connaît même pas les règles de base, ni les partisans, ni les vocables. En pleine débâcle bancaire, un gag avait été tenté près de chez nous. Une fausse banque qui offrait des taux anormalement élevés mais avec une éthique douteuse avait ouvert ses portes. Des nouveaux"investisseurs" se sont présentés aux guichets comme si rien n'avait changé. La taxe Tobin, la taxe prévoyant l'implémentation d'une taxe sur le négoce a été publiée au Moniteur Belge fin 2004. Premier pays et le seul, jusqu'ici en Europe, en attendant une directive européenne pour l'appliquer. L'impact sur les marchés financiers a ses raisons que la finance a dur à digérer. La destination de ses impôts, ce n'est pas demain, non plus, qu'on en laissera le choix aux contribuables. Soyons solidaire, au moins dans ce cas et continuons à travailler ...

Stabiliser la confiance après avoir "goûter" le fond, que l'on atteindra très vite ou que l'on a déjà atteint, avant de remonter la pente, voilà le meilleur à espérer. Déstocker, quitte à vendre à perte, voilà le scénario pour effacer les dettes et redonner l'envie d'acheter au consommateur. Voilà quelques ingrédients à la reprise.

Les subprimes ne sont pas oubliés. Les problèmes de l'industrie lourde et de l'automobile ont été les premiers dans l'industrie. La faiblesse du "système" s'est réaffirmée ensuite avec un effet domino.

La presse écrite, aux États-Unis, se débat aussi pour garder quelques lignes hors de l'eau. En Europe, on n'en mène pas beaucoup plus large mais on sent l'obligation de retourner aux valeurs de base du journalisme, l'analyse plus fouillée. On réduit, on saumonise, on condense, on analyse...

20081108Crise en thème.jpgOn cherche la boussole anti-crise, partout. Mais, tout le monde n'est pas en crise. Certains secteurs s'éclatent même. Un exemple? Certains se demandent quand est-ce que Blackberry dort encore, tellement il embrasse? Étreindre sera pour plus tard. "Blackberry storm"...

S'adapter à cette crise, quand les backups financiers sont encore là, rien de plus naturel mais pas nécessairement éthique. Le mois d'avril a été un mois de récupération. Était-ce justifier? La Bourse s'auto-alimente. On achète à la rumeur et on vend à l'annonce, dit-on. Les hoquets de la Bourse sont pourtant prématurés pour envisager un futur plus serein. Le rallye des cours va se poursuivre avec des formes en "W" à répétition sans oublier d'arrondir les courbes plus ou moins longues de cette lettre dans le processus.20090204Fortis remonte.jpg

Entre temps, la chasse aux bonnes affaires est ouverte pour ceux qui en ont encore les moyens. Aux États-Unis, la crise des subprimes a remis en route les agents du voyage intéressé, les courtiers. Des acheteurs de maisons à meilleur marché sont là. Pas très éthique, c'est évident. Les prédateurs devront s'abstenir tout de même. Les États-Unis attendent la signature du Sénat pour surveiller et contrôler ce zèle automatique. Les prêts non remboursables seront proscrits. Courtiers sous contrôle avec 5% minimum des risques de défaut en caisse. Emprunts hypothécaires à 30 ans à taux fixes préconisés. Plus de crédit Alt-A, version décalée des subprimes, dit-on pour conclure avec les problèmes du passé. Comme c'est amusant... la Bourse, diraient d'autres. Ça monte et ça descend. Y a qu'à trouver le plafond et le grenier.

Pourquoi travailler, d'ailleurs? Il y en a d'autres pour cela, se dit même une frange malicieuse. Profession de foi d'une dame, rentière de son état dans son bouquin. Elle aura, très probablement, trouvé beaucoup d'adeptes et de lecteurs avides de sensations fortes, mais sans effort. Le virtuel a tellement d'avantage sur le réel. "C'est vraiment maintenant qu'on va vraiment gagner de l'argent" lançait quelqu'un en oubliant tout le reste.

Le court-terme, qui a fait les bons moments avant crise, a encore plus dur à s'étendre dans le temps. Mais, on s'en rend compte, enfin, qu'il ne peut plus suffire pour assurer la pérennité de ses entreprises, des entreprises. Muter avec un œil sur le futur ou mourir plus vite que prévu dans un monde qui agit toujours le pied sur l'accélérateur.

La bonne nouvelle et la mauvaise_moral.jpgUne reprise? Peut-être. Certainement. C'est proactif que de le clamer. Rassurer est une obligation morale, philosophique, psychologique pour mettre en condition. Mais, ce sera à vitesse variable et selon l'activité, au cas par cas.

Sous quelle forme et avec quelles mesures, pour que cela puisse marcher dans l'harmonie? Il en existe.

Le capital humain au centre avec la flexibilité des deux côtés, employeurs et employés dans un intérêt commun. Une gouvernance repensée avec une hiérarchie responsable à tous les échelons dans une relation win-win. Une remotivation des troupes qui l'ont perdue. Une conscience écologique dans le durable pour relancer la "machine". Des fusions d'entreprises par échange d'actions plutôt que par des rachats par des chevaliers blancs ou noir qui ne cherchent qu'à diminuer les coûts. Des voitures "plus vertes", "beaucoup" moins consommatrices d'énergie, moins chères mais en gardant une sécurité en progrès pour rivaliser avec le low-cost. Le low-cost n'est qu'une manière de plus de consommer sans réfléchir. Petites voitures ajustées, avec faible consommation, mais avec un grand coffre pour espérer garder une mobilité aux meilleures conditions. Pragmatisme de la voiture "outil" qui déplace ses utilisateurs, plutôt que de prôner le prestige de l'ego.

Quadrature du cercle de l'humain con-sommateur. Il y a pourtant des solutions. L'économie de la fonctionnalité (Service economy) en serait un. En subdivisant la vente d'un produit du service lui-même qui lui est essentiel. On vend l'usage et plus l'objet. Une location mais avec un contrat qui engagerait le propriétaire, le fournisseur à ne pas programmer l'obsolescence de ses produits. Le résultat  pour le durable est évident. Recycler et réparer devient la nouvelle source de conservation des clients. Michelin, Xerox pratique le processus. L'informatique, à ses débuts, pour des motifs différents obligeait la location des machines. Seul un procès des clients contre IBM a changé la donne. 

20090406Korée et les fusées.jpgLes "crash tests" ou les "stress tests" qui ont été proposés aux banques, convergent en théorie mais ne se conjuguent en réussite ou non que sur le terrain de l"on line" et en "real time".

Toyota, déficitaire, accepte de le rester avec une stratégie de l'investissement. Une perte pour raison d'investissement n'est pas une vraie perte. Ce qu'il ne dit pas, c'est que le Japon est un maître es-concurrence, un samouraï féroce, plus moderne mais qui ne trouve son succès qu'en écrasant son adversaire commercial. Maladie qui n'a aucun autre remède que par la même maladie chez les adversaires.

Le chômage nuit à la santé des hommes et des nations. La dépression et le déficit budgétaire guettent. Les pertes d'emplois seront de vrais cadavres dans le placard si elles ne se balancent pas, dans un premier temps, avec des protections sociales temporaires plus énergiques, mais aussi accompagné par la compréhension réelle de ce qui ne fonctionnait pas au paravent.20090401Poisson d'avril Chomeurs.jpg

Suite à ces mauvaises compréhensions de ce qui se passe sur le terrain, l'entreprise est gangrenée par le raz-le-bol et le manque de motivation, de responsabilisation, de participation dans les décisions, de mise en jachère des potentiels, d'existence... des besoins des hommes.

L'indice santé, l'indexation automatique en Belgique permet d'amortir les chocs des crises en apportant des parachutes argentés pour passer les mauvaises passes. A supprimer? Non, à globaliser sur d'autres pays.

John Stiglitz parlait de printemps des zombies. Ressusciter l'économie est une affaire à longue haleine. La tentation est forte de réinvestir avec les mêmes méthodes pour se renflouer au plus vite grâce à l'argent frais injecté par les États. Sans discernement, en oubliant la base qui a produit et que l'on élimine pour détruire les coûts, ne changera rien. Moins d'inégalités au bout du tunnel, comme le préconise Jean-Paul Fitoussi? Certainement. Un meilleur retour sur les investissements publics, par la coordination des politiques fiscales à l'échelle mondiale pour empêcher les concurrences destructrices dans une globalisation plus constructive avec le bien-être et plus de sécurité général en finalité. La stabilité des prix par la maîtrise de l'inflation à bas niveau. La concurrence et la flexibilité unidirectionnelle n'ont pas répondu aux attentes. Ne pas jouer sur les mots en accusant le libéralisme ou le capitalisme. Tout deux se réfugient derrière la même doctrine. Opportunités philosophiques d'une telle crise, pourrait-on dire pour conclure.

Jagdish Bhagwati, professeur d'économie au MIT, parle d'un virage américain tout en restant défenseur de la mondialisation. La nuance "mondialisation à visage humain" écrit-il dans son livre "Eloge du libre échange" en ne cachant pas son mépris pour John Stiglitz. Il garde sa confiance totale en Obama qui "flirterait avec le socialisme". Ce qui est nouveau et l'excite, c'est que Obama s'est embarqué dans des réformes sur plusieurs fronts à la fois. La couverture de la santé universelle, l'enseignement et le climat par l'intervention de l'État sont les nouvelles impulsions du départ de ce mandat présidentiel atypique. Enfin, pourrait dire un européen. Préconiser un nouveau pragmatisme, donc, à l'américaine avec une régulation au cas par cas par un groupe d'experts indépendants, apprendre à gérer ses finances, accepter la volatilité, plus de flexibilité et plus de concurrence encore. "La société apprend à être plus altruiste, non par choix, mais par nécessité". Voilà la conclusion édictée de guerre lasse par Jagish, quitte à retomber à nouveau dans les mêmes travers dans un autre espace temps. Dans sa "mondialisation à visage humain", il n'a même pas abordé le problème de l'outsourcing offshore que son pays d'accueil a dû endurer par ses anciens contemporains qui ne faisaient pas partie de l'humain.

20090513Démission.jpgEn politique, puisque nous sommes à quelques jours des élections, il y aura les deux grands mouvements opposés qui se regarderont en chien de faïence et en cherchant de se détruire l'adversaire à coup de slogans à l'affût du moindre faux pas. Alors, pour la Belgique, le PS, un Pseudo Socialisme, le MR, un Mauvais Rêve? Chacun son idéal, très loin du réel. Sus à l'ennemi. Je lisais, plus loin, sur le sujet après une "affaire": "13000 euros pour envoyer le PS dans l'opposition. Le MR peinait à séduire pour une majorité alternative. Le complément de salaire lui redonne espoir juste avant le sprint final". Un petit coup de populisme rien que pour raccorder les sanglots long des violons.20090224Chomage.jpg

"L"Europe sociale est en panne". En panne de quoi? Je vous le donne en mille. Pardon en "milliards". Soyons actuel. Tout à un prix proportionnel, mais il y a de moins en moins de monde prêts à payer.

L'argent est un nerf névrosé qui fait du mal et du bien à la fois. S'il ne faisait que du mal, il n'aurait pas autant de partisans. Les films "Let's make money" et ensuite "We feed the world" d'Erwin Wagenhofer ne sont que les reflets d'une civilisation mondialisée à la dérive sur le radeau de la Méduse de la solitude.

20080518Birmanie.jpgQui se rappelle encore du petit film de "L'île aux fleurs"?

Replâtrer la crise par les États ne sera pas suffisant s'il n'y a pas un changement de mentalité et une meilleure compréhension de comment marche le monde à tous les niveaux.

L'agriculture aujourd'hui a un rendement décroissant tandis que l'industrie et les services ont un rendement croissant. C'est dire qu'ouvrir les marchés sans parachute, sans les investissements dans les infrastructures de base au départ reste suicidaire.

"L'Europe sociale est en panne" lisais-je. Jean-Claude Barbier donnait ses solutions qui étaient les échanges culturels et l'apprentissage des langues. Je ne disais pas plus, ni mieux, dans mon "Les langues, un sacré jeu de langue" et cela en sortant de manière pragmatique d'un conflit de prépondérance de l'une sur l'autre dans un combat d'arrière garde. Assez de divisions pour régner. L'économie n'est ni un conte, ni une légende.

Alors, une version "néo" du système Keynésien plus équilibré, pour changer le "Yes, we can" en "Yes, we could and we have done it"? Peu importe le nom de l'inventeur d'ailleurs.20090326Epouvantable la politique.jpg

Coincé entre l'obligation de croître et de limiter la consommation, "La formule magique serait entreprendre", "se réinventer", lit-on, souvent. Absolument, mais pas en ordre dispersé et surtout avec les moyens de le faire dans un tempo à moyen et à plus long terme dans l'intérêt général et pas en hypothéquant la génération future. Protectionnisme en recourant aux valeurs patrimoniales pour sécuriser mais pas isoler. Le durable pour protéger les ressources jusqu'à leurs aboutissements sous forme de déchets.

Participer à la Bourse apporte du magique. C'est comme lancer un nouveau film et puis attendre l'émotion. La psychologie fait le reste. Autant que le film soit bon.

« Hors Argent et pas D'Or, il n'y a Pas d'Issue » (n'est ce pas un autre HADOPI avec plus d'intimité?). Puisqu'on veut une logique de résultats, il faut s'en donner les moyens.

L'Enfoiré,

De bonnes ou de mauvaises nouvelles dans les commentaires AV?

Mise à jour 5 août 2009 : BNP Paribas provisionne 1 milliard d'euros pour des bonus. Les banques restantes ont récupéré les restes des autre. Obama, pas content de Goldman Sachs, charge un délégué émissaire de rectifier. 

Mise à jour 13 août 2009 : Paul Jorion donne son avis sur La Première et cela correspond à cet article

 

Citations:

  • "Liberté, égalité, fraternité ! Paroles vaines, funestes même, depuis qu'elles sont devenues politiques ; car la politique en a fait trois mensonges. ", Louis Veuillot

  • "La bonne politique n'est pas de s'opposer à ce qui est inévitable ; la bonne politique est d'y servir et de s'en servir. ", Ernest Renan

  • "Le meilleur moment pour acheter, c'est lorsque le sang se répand dans les rues. Même si c'est le vôtre", Mark Möbius

  • "La politique est trop sérieuse pour la laisser dans les seules mains des spécialistes", anonyme

 

14/05/2009

Anniversaire "XXL" ?

Anniversaire XXL.jpgLe week-end du 9-10 mai était la fête chez nous à plus d'un titre. Fête de l'Iris de Bruxelles, fête de l'Europe. Mais, en définitive, fête en demi teinte. La crise a ses raisons, que la raison n'oublie jamais vraiment.
 
Oui, c'était la fête de l'Iris. Bruxelles fêtait les 20 ans de sa fête dans la région Bruxelles Capitale. Pris par le temps, on avait même oublié que c'était aussi ses 1030 ans d'existence. 
 
En 1979, Ella Fitzgerald, celle qui d'après la pub, cassait les verres de cristal avec sa voix, nous avait visité pour l'occasion. Du côté de l'Europe, rien de très particulier à part ses élections prochaines.
 
De la fête de l'Iris, j'en ai déjà parlé par deux fois. Les deux dernières années à la même époque avaient eu leurs moments de gloires. En 2007, par l"Europe irisée", c'était les 50 ans du Traité de Rome. En 2008, "Europe entre rêve et réalité", les caisses à savon.  Allait-on vivre une fête XXL, une fête extraordinaire?
La crise a probablement sapé beaucoup d'enthousiasme.
Les élections du 7 juin pour l'Europe, il fallait chercher très loin pour en avoir un écho. La campagne électorale est résolument en mode mineur. On tire à bout portant, donc rester dans l'ombre du chômage en hausse. On s'affiche mais en douceur. Certains numéros n'ont pas encore pris place sur les panneaux électoraux en local. Alors, pour l'Europe, c'est bien loin, même si on est compris dans le lot.  
 
Ici, en Belgique, les élections européennes, vont faire d'une pierre deux coups. On y associera les élections régionales. Economie d'énergie ou de temps, prévue depuis longtemps.
Rentabilité ou maquillage de ce qui gène ou de ce qui ennuie?
Qui trop embrasse mal étreint, dit-on. Quand on double-mandate des élus pour des raisons de rationalité, pourquoi pas?
Des promesses en mode "alto ma non troppo". Les uns utilisent les méthodes de l'autres, seuls les slogans du 1er mai avaient des relents d'un passé énergique. Mélange de couleurs en macédoine de fruits.
C'est donc pour vivre heureux, vivons cachés, comme cela l'a été pour les virus. Gesticulations sans masques, mais en déficits sur toute la ligne de crédits. L'actif de son parti perd la prépondérance pour ne s'intéresser qu'au négatif de l'autre. Vite les idées neuves avec du contenu réel. 
A chacun son bout de tunnel, question de batterie et de santé de la demande d'énergie.
 
Cette fête de l'iris allait être différente? Elle avait aussi son site. Tout était en place pour attirer. Tout devait passer ou casser.
 
Je me suis, comme d'habitude, mis en patrouille à vélo pour un reportage avec les yeux un peu partout, sans complaisances.
En chasse, donc. Aux photos et aux textes interprétants les espaces temps pour immortaliser ce qui peut l'être.
 
 
Samedi.
 
 
Départ le matin et inscriptions à la Promenade verte dans le parc de Wolluwe qui s'offre une belle journée de printemps. Les arbres arborent les plus belles couleurs tendres charmées par les fleurs aux couleurs vives.
Les 63 kms autour de Bruxelles à vélo. Je n'y participerai pas. Elle est prévue pour l'après-midi.
 
Mais, ce matin, on offre des croissants, des brunchs, même, aux participants et cela naturellement attire les regards et les convoitises. N'ai-je pas dit que c'était la crise?
 
Une récolte de documentation du style "opération dring dring".  Et, oui, je ne vous ai pas dit: la semaine suivante, on espère avoir de nouveaux adeptes de la petite reine pour aller au bureau.
Les pistes cyclables vont offrir ces kilomètres de fromage de gruyère avec ses trous béants.
 
Après cette mise en jambe, un crochet vers le Musée du Tram où l'on s'affaire pour faire sortir les vieux trams bruxellois. Rien n'y manque. Les pièces de monnaies dans la besace datent même du début des années 1900. On se les échange. Mais pas un euro, en vue.
 
Remontée de l'Avenue de Tervuren, passage du Cinquantenaire et arrivée dans le vif du sujet: le Berlaymont et la fête de l'Europe.
 
Un orchestre entraînant de la belle époque pour attirer les passants, des gymnastes, des équilibristes et une journée porte ouverte dans l'hémicycle, dans le saint du saint, le Berlaymont et ce qui constitue cette Communauté Européenne.
   
Continuons. La rue de la Loi et voilà, déjà la Grand Place, qui va nous montrer la plus grande planche de BD du monde. Hergé aurait-il approuvé? Nul n'ose l'imaginer. La lune n'est plus ce qu'elle était. La publicité non plus.
 
Le soir, dans la Galerie de la Reine, le Vaudeville invite les gens de biens.
 
A 21 heures, Salvatore Adamo avec le Bal des Gens Biens. Non peut-être. Il y en a beaucoup à Bruxelles de ces Gens Biens, non? Sa chanson sur Bruxelles (*) m'était même inconnue. Pour toi, le zinneke, c'était impardonnable, mais je l'ai enregistrée. 
Le feu d'artifice terminait la journée.
 
 
Dimanche
 
 
Retour dans le centre, dès le matin. La ville avait décidé de boucler ses entrées le dimanche pour faire obstacle aux voitures.
Tout le monde à vélo, cette fois. Sur la place royale, un homme orchestre d'un âge certain s'occupe de donner l'ambiance avec une musique d'antan. Polyglotte, le monsieur. Pas beaucoup de monde qui s'y arrête et apprécier les chansons à leurs justes valeurs. Mais il continue, imperturbable, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes.
 
Plus bas, on jouit  du bon temps. Air du temps, ce ne sont plus des bancs publics. Les transats ont été installés au milieu de la rue, pour donner l'impression de vacances.
 
Mais, on se prépare à la musique. Les enfants ne sont pas en reste les pieds dans l'eau de la fontaine. Eux, au moins, participent. Une table géante (1,2 km) a été dressée.
C'est la convivialité, le maître mot. La cuisine, le maître ventre. La fête de l'Iris a battu tous les records de participation, dit-on.
Mais je m'en voudrais de ne prendre qu'un seul avis. Celui-ci, je l'ai puisé chez un autre Bruxellois que je ne connais pas :
 
"20 ans, ça se fête dans la bonne humeur et avec l'assurance d'un avenir radieux. Chouette concert d'Adamo samedi soir juste avant le feu d'artifice et aussi de Arid ce dimanche soir, après une prestation pleine de glamour de Starving. Et hier, fête de l'Europe avec journée porte ouverte du parlement et de la Commission. A 18hr, la leçon de cinéma de Philippe Reynaert avec comme invité d'honneur Costa Gavras. Etaient aussi présents Jaco Vandermaele et un des frères Dardenne. Quel week-end avec un temps agréable. La région de Bruxelles, c'est sympa et il y fait bon vivre. On espère sincèrement que les Wallons, présents eux à la cérémonie officielle pour les 20 ans de la région de Bruxelles, comprendront l'intérêt qu'ils ont à collaborer avec notre région. Les flamands ne nous ont même pas fait l'honneur de leur présence. Dommage pour eux."
 
Anniversaire plutôt du type "XL", donc. Pas de taille "XXL", mais "XL" simplement. N’est-ce pas, d’ailleurs, les dernières lettres du diminutif "Bxl" ?
 
Madeleine n'est, donc, toujours pas venue. Les frites de chez Eugène sont chez ses enfants. Les lilas sont aussi là.
 
Alors, était-ce toujours trop tard pour le tram 33?
Etait-il seulement prévu qu'elle vienne, cette putain de Madeleine?
 
Mais, civilisation de l'image, vous êtes pressés de voir tout cela en images.
 
 
L'Enfoiré,
 
 
 
(*) "Bruxelles" par Adamo:
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche Que je te dirai belle
Bruxelles,T'as pas besoin de tous ces mots qui trichent
Pour prendre sous ton aile
Bruxelles, Mille printemps n'ont pas encore blasé Ton coeur de demoiselle
Bruxelles, Une fleur des champs, un rayon de soleil Et tu sors tes dentelles
Bruxelles, Tes yeux de ciel sont cernés de béton
Mais t'as gardé du vert à tes saisons
Et des petites fleurs pour tes ducasses
Bruxelles,Tu pleures encore pour un oiseau blessé
Pour le sauver t'oublie que tu es pressée
Et dans ta mémoire Il prend toute ta Grand Place
Bruxelles,Toute habillée d'Espagne ou d'Italie Pour nourrir l'étranger
Bruxelles,Tu as rallumé le soleil de bien des vies Je veux t'en remercier
Bruxelles,Tu m'as donné ton Ancienne Belgique Pour y trouver mon "la"
Bruxelles,C'était Bruegel qui dirigeait la clique C'était le vrai tabac
Bruxelles,Cache surtout pas tes siècles sous le fard
Le vent du nord se moque sans égard
Des artifices et des manières
Bruxelles,Tant qu'y aura des chansons sous tes brouillards
Que le grand Jacques gueulera dans tes bars
On boira ton accent comme une bonne bière
Bruxelles, j'avais vingt ans, tu m'as porté aux nues
et tu m'as chanté si fort dans tes rues
qu'on m'entendit en Canebière
Bruxelles, je te le dois mon pays aux merveilles
même si souvent depuis, je me réveille
trop de loin de mes amis et de tes cloches familières
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche
Bruxelles

 

 

Citations:
 
  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « La Fête de la musique, c'est la fête des gens qui ne foutent rien le lendemain ! », Laurent Ruquier
  • « La vie n'est ni un spectacle ni une fête; c'est une situation difficile. », George Santayana

08/05/2009

Pour vivre heureux...

... vivons caché. Et c'est de plus en plus vrai. Périodiquement, nous avons des alertes, des crises qui se suivent et ne se ressemblent pas. Elles se complètent ou s'effacent pour laisser place à une comparse plus actuelle, plus originale. La santé s'est invitée. Un virus peut en cacher un autre.

Le Mexique annonce la fin de l'épidémie de grippe A. Il faut dire qu'après quinze jours de psychose et 44 morts à son actif et plus de deux milliers de personnes dans 23 pays, touchées dans le monde, on en entend un peu moins parlé dans la presse. Tout passe, tout lasse. Même si les virus aiment toujours voyager avec leurs hôtes, ceux-ci ont trouvé une parade à leurs petits moments de crises toujours dans le souvenir des populations. On tousse en prenant peur et on ne pense plus au passé. De ce côté, c'est passé et cela a cassé, voilà tout.

Le virus, que l'on l'appelait, d'ailleurs erronément au départ de grippe porcine, se transmet comme un "banal" virus grippal. Il a quitté le porc, remarquait-on dans la presse. Quittera-t-il l'humanité souffrante? Grippe mexicaine ou américaine, on ne sait plus trop bien comment la nommer. Quelle importance, d'ailleurs.

Nouvelle "arme de destruction massive"? Est-ce aller jusque là?

Le porc a un génome très similaire à celui de l'homme. Cela lui a coûté d'être souvent le cobaye des expériences de l'homme à cette gentille bête qui mange tout ce qu'on lui donne.

20090504Grippe porc.jpgEn Egypte, les autorités se sont mises en tête d'éradiquer les porcs et de régler le compte de cet animal considéré comme impur. Si la communauté internationale s'en est émue, les coptes chrétiens, les chiffonniers du Caire, qui en vivent, s'en offusquent et se rebellent à juste titre. Pas vite impressionné par les problèmes de la biodiversité pour le moins...

Le gentil cochon rose fournit pourtant de la viande, la plus consommée dans le monde et pourrait être un animal de compagnie bien propre si les conditions le lui permettaient. Symbole de l'hypocrisie, de perversité avec son sabot fendu, lui? Faut pas pousser et croire n'importe quoi.

Le A/H1N1 se propage d'homme à homme comme le virus de la grippe espagnole qui, elle, a fait de 40.000 à 100.000 morts en 1918. Ce souvenir fait peur. Analogie trop évidente, principe de précaution ajusté aux risques réels? L'histoire a progressé et les antiviraux n'existaient pas en 1918. Le virus de la grippe saisonnière est latent depuis les années 70 et peut évoluer en permanence. Il tue tous les ans, sans attendre la version A. Bientôt, surement, le phénotype?

L'OMS relevait pour le virus A et s'y tient au niveau "5" de dangerosité, l'avant dernier, qui, lui, confirmerait la "pandémie". Selon une estimation, un tiers de la population d'humains contaminés en cas de pandémie, dit le numéro deux de l'OMS, le Dr Keiji Fukuda. Soit 2.259.655.853 humains touchés après un petit calcul. Excusez du peu. En voilà un qui s'assure un futur sans rassurer !

L'OMS ignore la gravité réelle du virus et c'est l'ignorance qui est prépondérante dans les réactions. Savoir à quel niveau nous en sommes protégés, est une énigme après mutation, voilà le problème qui énerve.

Il est moins pathogène, moins virulent, pourtant. Qualifié par ses 8 segments avec des souches d'influenza porcin, humain et aviaire recombinées génétiquement. Le système immunitaire devrait le reconnaître. Les médecins le font au niveau des protéines de surface.

Pour vivre heureux Pandémie.jpgLe Tamiflu est proposé comme médicament, un peu "passe-partout". Le virus, mutant, il faut en identifier la souche de manière plus précise pour l'adapter avec plus d'efficacité et en faire un vaccin. Mais il ne faut pas exagérer le problème actuellement.

Dès le début, ont commencé les journées du masque, au Mexique. L'utilité de ce masque n'est pas totale, selon les virologues, si ce n'est en milieu hospitalier. Réflexe conditionné et instinctif, plutôt. Les microbes se transmettent dans l'air.

L'attention s'est relâchée depuis. La vie doit continuer et les magasins, les écoles, le foot, rouvrent leurs portes à Mexico, le mercredi 6.

Les voyages vers le Mexique continuaient. On déconseille d'y aller mais on ne force pas à rester dans le pays. Ce n'est que le retour qui peut être plus problématique. La mondialisation, elle, a fait circuler ses "fanatiques" par paquets. Les virus les accompagnent dans leurs voyages. Pour ceux-ci, c'est donc aussi gagner de la jeunesse, alors ils s'éparpillent en hôtes combattants et conciliants.

A Mexico, les affaires, on veut qu'elles continuent comme si de rien n'était. On garde ses distances, mais on veut travailler. Pour se rassurer, ce sera une septaine en quarantaine.

Pour vivre heureux Masques.jpgEn avion, on ne se bouscule plus. On se maquille pour agrémenter les couleurs du masque. On rapatrie.

L'impact sur les économies déjà mal menées n'est pas nul. Cette semi-pandémie a créé la psychose en Bourse. La Pharma est devenue le chouchou tandis que le transport et les loisirs se retrouvent dans les rejets des actionnaires. Les réflexes protectionnistes se réveillent. Le potentiel d'affaires, les plus juteuses, est toujours au programme. On se rappelle qu'après le SRAS en 2003, le coût de la grippe aviaire, en 2005, avait été estimé, par notre Banque nationale belge, à un demi milliard de dollars. Un joli coup, très tentant à reproduire?

Plus de compagnie rapprochée sans précaution. Restons couverts, restons cachés. Le préservatif doit seulement changer de fonctionnalité et de localisation pour cacher, cette fois, le visage. Plus d'amour sans protection, hier, plus de baisers, plus de bises sans protection, aujourd'hui. Le sécuritaire a été institutionnalisé, transféré du politique aux entreprises et enfin, à la santé.

A-t-on fait le tour du problème de la sécurité à tout crin? Celui-ci a modifié même les codes du savoir-vivre et pas uniquement dans le domaine de la santé.

La comparaison entre les produits toxiques ou composites, issus des subprimes et des prions de la vache folle provenant de l’alimentation animale des ruminants, révélait des ressemblances dans les modes de contagion et dans l’infestation. Il y a toujours des trucs, qu’on n’aurait normalement pas dû y trouver. "Un peu de tout", comme on dirait chez nous, qui fait gagner certains et perdre d'autres.

Prudence mais pas de panique, est le mot d'ordre. On compte et on dénombre les suspects et les morts à notre place. Bénédiction, grippe opportune et prévisible ou une nième sermon de l'apocalypse qui sera récupéré en grain à moudre par les instances responsables en réponse aux péchés véniels?

Comme disait, à l'américaine, Jean-Claude Vandamme, "You have to be aware" donc loin de la quarantaine de l'information, mais impliqué pour le virus. Alors, on suit à la loupe, en direct, l'"affaire". On passe de phase en phase, d'alerte orange à rouge comme pour la météo. Les vacances approchent. La fréquence des voyages va s'accélérer. Y aura-t-il de ces micro passagers clandestins dans leurs bagages? Être attentif pendant sept jours après un retour d'une zone à risque. L'automne pourrait réveillé la "bête", dit-on. Partie remise?

Pour ne pas effrayer, pour que les affaires en temps de crise ne s'arrêtent pas, que ne ferait-on pas.20090430Sondage ecolo.jpg

En Belgique, jusqu'à nouvel ordre, pas de cas avérés, c'est la vigilance sans inquiétude. Mais elle avance de proche en proche. En France parait-il, ce ne serait pas aussi clair, mais les premiers cas sont là et les Français réclament du Tamiflu. Une pénurie de plus... Pour vivre heureux Soutien.jpg

Vingt pays sont touchés. Des statistiques, pour tout expliquer, se construisent. Cela donnera des déductions plus ou moins valables et "la situation d'urgence en matière de santé publique est jusqu'à présent limitée au continent américain", comme disait José Manuel Barroso le 27 avril.

Dans les premières heures, l'invité de la Première radio belge, Patrick Gobeau, virologue expert de l'UCL, rassurait mais dans une certaine danse d'Echternacht. "Plus virulent que le H5N1 de la grippe aviaire, mais moins terrible dans ces agressions et moins difficile à produire. Sensible aux antiviraux, tel le Tamiflu, en pilules et au Renenza, par puf, à la rescousse si besoin... Le vaccin ne semblerait même pas difficile à produire", affirmait-il.

Un peu de philosophie fournie par Paul Hermant, journaliste humaniste de chez nous, pour changer le fusil d'épaule:

"Cent morts à deux mille kilomètres intéresseront toujours moins qu'un mort dans la rue d'à côté. On appelle cela, le « mort kilométrique ». C'est une façon peu chrétienne de dire que notre lointain n'est pas notre prochain. Hé bien, je vous annonce que le mort kilométrique est à porter au nombre des victimes de la grippe porcine, mexicaine, A HIN1, quelque nom qu'on lui donne ou qu'elle porte… Car nous sommes aujourd'hui attentifs comme jamais à cette dame décédée au Texas comme nous le sommes aux 30 autres morts, tous mexicains, 31 morts donc au total depuis ce matin, et que pensons-nous alors des 44 Kurdes abattus d'un coup lors d'une vendetta, qui est aussi une sorte de virus que l'on se refile de génération en génération, il vous faudra relire Colomba, vous savez bien, Prosper Mérimée, ou aller faire un tout du côté du kanun albanais, si vous voulez en savoir plus. Mais enfin, voilà bien 31 personnes qui nous soucient, qui nous ont soucié, qui nous soucieront, comme peu et jamais. Notre planète tient désormais compte de l'infinitésimal, du statistiquement dispensable, de notre portion congrue d'humanité, de gens anonymes et peu nombreux, et c'est une bonne, une excellente nouvelle. Car voilà peut-être le moment de porter notre regard vers le « vivant millimétrique », je veux dire, notre voisin, notre riverain, notre entourage, notre sdf, notre sans papier, que sais-je, enfin bref, exactement les personnes que nous tenons ordinairement pour portion congrue, gens anonymes et statistiquement dispensables. Mais voilà, nous ne voyons pourtant pas ce qui nous est proche, nous n'apercevons pas ce qui nous vient, ce qui nous tombe sur la tête n'a aucune sorte de nom. Et comment faire alors quand ce qui nous arrive est Avigdor Lieberman, le plus que controversé ministre des Affaires étrangères d'Israël, qui était hier notre prochain, 300 kilomètres tout au plus, à l'Elysée, à Paris, où il rencontra Claude Guéant, le même qui la veille entendait sanctionner le plus que discutable Dieudonné. Entre celui que l'on veut interdire et celui que l'on reçoit, on se demande effectivement de quoi tout cela est le nom. Et si ces gens, effectivement, nous sont kilométriques ou millimétriques. « Avec les événements et les gens, il faut trouver la bonne distance, c'est-à-dire la bonne proximité »".

Décidément, rien ne nous épargne, même pas la philosophie.

Revenons, une dernière fois, aux virus par la science, dans leurs généralités.

"Les "virus" modifient activement la génétique des espèces par la force motrice de l'évolution. Incroyablement nombreux, ils sont des entités biologiques parasites qui nécessitent des cellules hôtes dont ils utilisent les constituants pour se multiplier. Leur vitesse de reproduction joue le plus grand rôle dans sa survie. Trop rapide, ils tuent leur hôte avant sa reproduction. Tout est une question de performance de propagation. Le virus du Sida, tueur lent, prend son temps et dépasse en performance ses congénères par la patience. L'Ebola, lui, est un rapide et a moins d'occasions de se reproduire."

Tout deux ratent, donc, le coche de leur salut de profiteurs inoffensifs de ses hôtes car ils le tuent à plus ou moins longue échéance. Curieux ce processus suicidaire?

20090428Grippe porcine.jpgPas plus performant chez les extrêmement petits que les plus grands. "Plus un virus circule mieux, mieux il s'adapte et mieux il s'adapte moins il est pathogène parce que c'est plus intéressant pour le virus dans sa reproduction" ajoutait le virologue. Il y aurait plus de 100 millions de sortes de virus. Profusion de techniques de combat.

Les antibiotiques imitent, d'ailleurs, des éléments naturels qui ont développé des bactéries du sol contre leurs assaillants mais menacent de se retrouver sous une forme modifiée dans la nature. Les bactéries ont leurs propres virus, les bactériophages. Les virus sont agressés par leurs virophages qui les parasitent. L'évolution entre en jeu. Plus surprenant, en effet, devenir malade par des parasites faciliterait le renouvellement génétique des espèces. Celles-ci doivent donc se modifier sans perdre de temps pour gagner de vitesse ses hôtes parasitaires. Complexifier les cellules et les gènes pour simplement garder une chance de subsister.

La biologie évolutive pense même que le risque d'infection stimule l'activité et faciliterait le renouvellement génétique des espèces. Lutte intestine pour avoir une longueur d'avance donc sur ses propres parasites. "Dieu est un virus", lance-t-on parfois péremptoirement dans une certaine presse.

On ne doit pas s'amuser tous les jours sur le mont Olympe des dieux. Peut-être trouverais-je la réponse dans le nouveau Bernard Werber, "Le mystère des dieux"? Lui qui parle des fourmis, en général.

- "Mais on parle de virus, pas de fourmis pensantes, Enfoiré".

Pour vivre heureux Risques.jpgPar ici, donc. Redescendons sur terre. Qui des deux, des virus ou des hommes se cacheront, masqués, à chanter le plus fort cette chanson d'Alain Souchon, "Ecoutez d'où ma peine vient".

La morale de l'histoire pourrait bien être "A vos couettes". Si, en avril, il ne fallait pas se découvrir d'un fil, en mai, faire ce qu'il nous plait, reste-t-il toujours au programme? Depuis, le prion, les vaches sont bien gardées. Depuis le Virus A, prénommé H1N1, les cochons le seront aussi. Vite une tune dans le cochonet.20090515Grippe.jpg

Ensuite, à chacun sa virtualité et sa vérité, derrière son clavier, en ayant pris soin de se laver les petits doigts et de nettoyer les touches avant de commencer. "Wait and see" avant de passer à la vitesse supérieure.

 

L'Enfoiré,

 

 

Sur Agoravox, des commentaires heureux ou malheureux?

Mise à jour 3 juin 2009: La grippe touche tous les continents.

Mise à jour 20 octobre 2009: Les vaccins sont là. Ils ont été commandés par les Etats au rythme de 80% de la population, sans se demander si elle voulait se faire vacciner. Plus peur du vaccin que de la maladie elle même?

20091021Vaccin AH1N1.jpgARTE parlait d'un vaccin qui fait débat en ces termes:

Réalisé par : Jutta Pinzler

Depuis que la grippe A a été déclarée pandémie mondiale par l'OMS, les gouvernements du monde entier se sont lancés dans des achats massifs de médicaments et de vaccins. La dépense est-elle en rapport avec la menace réelle ? Wolfgang Becker-Büser, ancien directeur du service chargé de la circulation des médicaments à l'Office pour la santé de la République fédérale d'Allemagne, soulève la question des intérêts commerciaux en jeu. Si des critiques s'inquiètent de l'efficacité du Tamiflu et des vaccins, d'autres s'interrogent sur leur nocivité. Plus généralement, certains estiment que le virus H1N1 vient à point nommé pour les hommes politiques de tous les continents.

 

 

Citations:

 

  • « Le virus est le dernier prédateur de l'homme. », Robin Cook

  • « Dans un monde où l'information est une arme et où elle constitue même le code de la vie, la rumeur agit comme un virus, le pire de tous car il détruit les défenses immunitaires de sa victime. » , Jacques Attali

  • « Ne sous-estimez pas les petits adversaires : un lion se voit, pas un virus. », Anonyme

 

03/05/2009

Sucer mais pas avaler (3)

Après un départ de l'Inde dans le (1), nous avons continué la visite du propriétaire. En transit dans d'autres pays, de continent en continent dans le (2).  Nous retournons en Inde pour la conclusion. L'Inde est la plus grande démocratie dans le monde, rappelons-le.

 

200803051.jpgDans l'Echo du dernier week-end, l'Inde était à nouveau sur la sellette du questionnement et de la surprise. Un correspondant de New Delhi avait envoyé son papier qui devait éclaircir, en plus vrai, sur le terrain, le sentiment de mon premier article.

Titre: « Profession tueur, voleur ... député ».

A l'origine, en Inde, les politiciens utilisaient des gangs pour faire campagne. A présent, les criminels se mettent à la politique qu'ils considèrent comme une affaire très lucrative. Les trafics n'ont plus la cote. La politique apporte une opportunité financière. Un CV de politicien n'est pas demandé. Pas question d'espérer pour accorder les violons d'un gouvernement avec des partenaires qui n'assument pas, en connaissance de cause par la formation, les fonctions sous la présidence d'un chef d'orchestre généraliste. La corruption est devenue naturelle à laquelle s'ajoute l'incitation à la haine raciale.

Plus grave, en 2006, déjà, 23,3% des 538 députés faisaient l'objet de poursuites judiciaires que des présomptions d'innocence avaient du mal à cacher.

Une certaine Madame Seema Parhar, accusée d'avoir tué plus de 70 personnes, est candidate à la députation dans les élections actuelles, pour le parti de la Justice. Ça ne s'invente pas. Et elle est loin d'être la seule vu le pourcentage de ces députés qualifiés de véreux et connus comme tel. Pas un problème d'exclusivité féminine.

Dans un vieil article qui avait la femme pour effigie, je disais qu'il fallait avoir la compétence et la motivation pour occuper un poste d'importance. J'avais seulement oublié l'intégrité viscérale et assexuée.

«... s'exciter à propos des criminels, c'est pour les milieux intellectuels urbains. Le peuple, lui, il n'en a rien à faire. » était-il dit en conclusion de l'article de L'Echo. Là, cela devient indigeste.

Ah oui, je me souviens du premier article de ce triptyque, il y avait, pour les pauvres, le riz qui devait ressortir des urnes avec le seul choix entre quantité et quantité.

Le ventre a toujours ses raisons que la tête ignore. Chacun ses idoles et ses convenances qui n'ont que d'autres versions aux mêmes travers.

Chez nous, on parle plutôt de nourritures plus "préparée". Ce sont, désormais, les risottos, les couscous, les con_sommations ou les parties de jambes en l'air sous contrôle qui feront les choux gras. On a aussi changé quelques petites choses par l'équipe en place pour se rappeler aux bons souvenirs.

Pour y parvenir, les Droits de l'Homme, dans le monde, seront peut-être devenus les Droits de l'Ohm, cette unité de résistance du système international qui faisait partie de nos cours de physique et du travail.

Tous les enfants du bon Dieu sont-ils devenus des canards sauvages? On semblait le ressentir à la lecture du début de cet article.

Tout n'arrive, pourtant, pas parce que cela doit arriver. Il y a aussi les extras qui assaisonnent ou sucrent les canards bien ou mal policés.

La politique est, et reste, violente. Nul ne peut le contester, sinon il n'y aurait plus que des politiciens pour se présenter dans la gestion du monde.

Le pouvoir pourrit-il son homme? Surtout, pas d'amalgame. Il y a les purs et durs. Les motivés, avec des convictions d'éthique.

20081201Crises poupées vaudoue.jpgFrance2 avait programmé, ce 1er mai, le film "Un homme d'honneur". Anniversaire du 1er mai 1993 pendant lequel le premier ministre Pierre Bérégovoy se donnait la mort après avoir essuyé une défaite législative. Autodidacte, il avait gravi tous les échelons de la vie politique en fidèle lieutenant de François Mitterrand. Il devint le bouc émissaire d'une classe politique contestée et affaiblie par les scandales. Il n'avait pas supporté l'acharnement des journalistes contre lui ni que la population remarque aussi que la droite et la gauche se confondaient dans leurs actions. Il n'avait probablement pas ressenti les problèmes du passage de bas en haut.

Réédition de l'histoire qu'avait révélé l'affaire Roger Salengro, sujet qui avait été diffusé sur France 2, le 14 avril. Déshonneur aux vaincus? Certainement. Mais, vaincus, par la déchéance surtout programmé pour les transfuges qui transgressent les règles de la dichotomie du monde entre possédants et possédés. Sucer mais pas avaler(3) 1er mai.jpg

Abandon par les deux côtés de la barre dans la solitude et la détresse la plus totale en cas de ratage. François Mitterrand avait eu des mots durs contre les "chiens" à l'enterrement de son premier ministre. Le "chenil" n'était pas aussi restrictif qu'il le pensait. Les "affaires" comme on les appelle chez nous, comme ailleurs, n'ont pas disparues, aujourd'hui, pour autant.

Les défilés du 1er mai n'ont pas démenti cette ségrégation dans des villes différentes séparant les partis. Les uns, les rouges, criaient des slogans comme "Le système néo-libéral a foiré". Les autres, les bleus, dénoncaient "La diabolisation du libéralisme".

Six grandes banques américaines ont approvisionné 26 milliards de dollars pour frais de restructuration au premier trimestre. Salaires ou plutôt bonus? Cherchez le naturel...20090116Encadrement Justice.jpg

Voter n'est pas qu'un droit. C'est la procédure qui est la plus assez ajustée à l'époque. Mais, voter pour des hommes que l'électeur ne connaît ni d'Ève ni d'Adam, pour des partis dont il n'entrevoit qu'une partie des objectifs, masqués par une foule de bonnes idées, sont peut-être les raisons à ce manque d'intérêt. Démocratie à plusieurs profits et pertes. Difficile de contenter une masse toujours différente et mouvante ou corruption au bout du chemin électoral?

Une idée pour caractériser le vote, tout de même, parce qu'il en faut toujours une.

20090528Elections.jpgL'informatique a l'avantage de ses inconvénients et vice versa. Elle a l'obligation de la logique, construite sur un raisonnement architecturé suivant un organigramme pré-établi, avec entre un départ et une arrivée, un processus qu'on appelle le traitement de l'information. Au lieu de se contenter et de se coller à l'arrivée, aux candidats et aux partis, aux espérances et aux résultats, l'informatique permettrait de dresser un cheminement par étapes pour atteindre le but "voter pour". Cette interrogation se ferait par une série de questions-réponses entrecoupées par des branchements orientés par des "si" ou des "if" pour suivre les programmes. Exercice de recherche du meilleur prix-performance en ignorant au départ qui remporterait la palme en suivant à la trace ses propres tendances. Manière originale pour coller au mieux à la volonté de l'électeur avec un seul problème: comment construire ce questionnaire avec le plus d'objectivité sans partialité? A l'occasion des élections, il y a une tentative dans ce sens, elle s'appelle euprofiler.

20090503LiberalSocialiste.jpgLa réconciliation pourrait pourtant passer par là. Les élections ne sont qu'un moyen de "poller" l'électeur. Le référendum par objectifs en est un autre. Les pétitions circulent déjà sur Internet. Les organiser dans la sécurité et suivre le mouvement. Cela pourrait s'appeler "Ordinavote" ou "PollOnWeb". Mais, ce processus est très antagonistes à l'idée et à la fonction des partis.

Le temps de crise que nous connaissons, nous oblige à lever le pied, de prendre du recul en évitant les raccourcis, à pointer du doigt les excès, à ressortir du lot de ce qui est trop long ou trop étroit... et de réagir. Cela a commencé mais pas comme avant. La violence est souvent inutile et dénoncée comme "jeux" pour casseurs.

Dernièrement, je lisais « Il n'y a plus de penseurs et de philosophes ». Je commentais qu'au contraire, il n'y en avait jamais eu autant derrière leurs claviers qui ont remplacé la feuille blanche et les pavés dans la rue. Seul le média a changé. On y a gagné par l'interactivité. Tous ces nouveaux "philosophes" resteront probablement des sans-grade qui « réfléchissent avec leur raison sur le monde et la pensée, pour accéder à la sagesse ou pour comprendre le sens de la vie, dans l'espoir d'être plus heureux ou libre » comme définit Wikipedia la philosophie. Seul le pluralisme d'idées est en régression dans la bataille. Il s'uniformise contraint ou même, parfois, accepté de bonne grâce par facilité. Mais la crise rendra la communication moins frivole et plus interactive. Dans mon "A propos", j'ai écrit qu'Internet pourrait sauver le monde. Encore faut-il que le monde suive et s'essaye à la chose publique.

Il reste souvent cette impression générale de ne plus rien comprendre à notre environnement, à notre vie et de virer dans le raz-le-bol sans fin dans cette bousculade à répétition.

20090225Carnaval.jpgEn une question: Sommes-nous tous devenus fous? Où est l'erreur?

Au sommet, on veut, dès lors, corriger. Rechercher et recréer un « Nouvel Ordre mondial ».

Déception, si l'on en croit la cosmologie, ce serait plutôt une continuation d'un « désordre mondial » par phases de plus en plus rapides dans un monde à plusieurs vitesses, combinées avec un côté d'incertitudes. Voir ci-dessous si pas convaincu (*)

Manager plus de désordre, avec une expansion des problèmes serait donc le grand challenge de demain.

L'instabilité politique menacerait-elle aussi l'Europe et les pays qui la constituent, ce 7 juin prochain?

Il y a le spectre de l'abstention des électeurs.

20081212Sarko fin mandat.jpgEn pleine euphorie après les dernières élections présidentielles françaises, je m'étais payé un bide magistral sur Agoravox, il s'agissait d'une parodie "Elire, c'est guérir". Apparemment, sur le terrain, la guérison n'a pas été flagrante. L'enthousiasme a fondu. Les déçus sont là et la cote de popularité s'est dégraissée. C'est toujours mal vu, d'avoir une certaine raison opposée trop tôt.

Dans une autre époque, j'écrivais "Vivre dans un monde démocrate, ça vous gratte?". Ce que je suis sûr, aujourd'hui, c'est que le poil à gratter n'est pas moins rare et qu'il fait beaucoup de petits qui n'en finissent plus de gratter.

20090429Mascarade Fortis.jpgLa démocratie, les droits de l'homme ne sont plus qu'un idéal qui a des tendances malheureuses à s'éloigner. La démocratie n'est pas, nécessairement, la panacée, mais, c'est ce qui rapproche le mieux le citoyen de ses desiderata les plus intimes. Le moins mauvais des régimes, comme disent les convaincus, mais il faut en être conscient en l'ayant vécu de l'intérieur. Les jeunes ne seraient pas absents de la politique, lisais-je.

La "solidarité", un mot à la mode, mais qui n'est pas encore partagé que par de bonnes paroles. Alors, il faudra se questionner de là où la tune se trouve. L'espérance ou l'espoir sont de si belles choses, tant qu'on a la santé et qu'on s'adonnera aux sports pacifiques.

Mais, pour un véritable projet de société, peu importe les couleurs des "ustensiles de ménage". Il faudra donc apprendre chacun à sucer à la petite cuillère, mais surtout ne pas avaler la grande louche avec la bonne soupe.

Le Nouvel Obs de la semaine ne semblait pas le confirmer en parlant de l'insurrection française.

Sucer mais pas avaler(3) invisible.jpgLa politique spectacle a pris le relais de la démocratie. Le "star system" avec son côté "people" a souvent triomphé par l'image sur les écrits et les débat d'idées de l'analyse. L'affectif et l'émotion au pouvoir, pourrait-on dire.

L'Italie est devenue la championne dans ce genre d'exercise ou l'image seule a encore une chance de percer le coeur des électeurs. Les derniers démélés de Berlusconi avec son épouse entre dans cette cour. 

Pour attirer le lecteur, la presse n'a plus que les titres accrocheurs pour seuls appâts. Le titre de cet article, à l'origine une hilarité en commun dans les locaux d'une banque, a volontairement été choisi pour suivre une mise à l'épreuve, apparue de manière fortuite lors d'une conversation terminée dans l'hilarité la plus totale.

Aujourd'hui, Emile Zola en serait, pour ses frais, "plus actuel" avec son titre réquisitoire "J'accuse". Les amateurs de porno en seront pour leurs frais avec le contenu du mien.

20090427Le Soir.jpgPuis, il faut bien l'avouer, il y a ceux qui travaillent dans l'ombre, qui prennent des notes à l'encre noire de leurs nuits blanchâtres pour récupérer un peu de "suc" de la crise. Leurs livres se retrouvent sur les présentoirs des librairies sous les kilomètres de leurs analyses, de leurs romans, de leurs thrillers fictions, à en donner le frisson. Tout cela pour expliquer l'inexplicable légèreté de l'âme de leurs contemporains. Pour se faire, ils se basent sur le passé pour inventer le futur mais en transitant par une actualité très volatile et donc déjà obsolète à la publication. Tout passe tellement vite que l'encre n'a plus le temps de sécher. Il y a plus d'écrivains que de lecteurs. Il faut du Reader Digest.

Comme dirait Pierre de Coubertin, la crise, peu importe comment on en sort, l'important, c'est de participer.20090319Le printemps.jpg

Ce sacré espoir démocratique avale décidément un temps fou pour les uns, tout en suçant, les autres dans sa rage d'exister.

 

 

L'enfoiré,

 

Sucer mais pas avaler(3) Castes.jpgMise à jour du 12 mai 2009 "Les castes régissent toujours l'Inde moderne"

(article de l'Echo). Ram, le tailleur "intouchable", gagne 50 roupies par jour (0,75 euros) et vote pour Mayawati, la reine des intouchables, devenue richissime et dans le parti BSP. Le fait que les fonds publics n'irons pas pour équiper les villages dalit en eau et en électricité ne le fait pas changer. On reste castré. Castes envahissante et cela, 60 ans après l'indépendance, pour arriver à une république plus égalitaire. Rigidité ancestrale avec des brahmanes, au sommet, des paysans, et des intouchables. L'éducation réservée. La discrimination envers les dalits est interdite, mais les relations inter castes restent quasiment inexistantes. 4000 ans d'histoire quand tu nous tiens ! Sucer mais pas avaler(3) Résultats.jpg

 

 

Sur Agoravox, même sujet, sucettes ou pas? 

 

Citations:

 

  • « L'heure de nous même est venue », Aimé Césaire

  • « Tous les méfaits de la démocratie sont remédiables par davantage de démocratie. », Alfred E.Smith

  • « Nous devons nous libérer de toute transcendance. La transcendance est la corruption de l'imagination. », Edward Bond

 

(*) Cosmologie:

Hubert Reeves disait "Nous faisons partie de l'histoire du cosmos. Les atomes dont nous sommes formés ont été forgés dans les étoiles". Aux dernières nouvelles, même le Big Bang ne serait plus qu'un Big Bounce, un rebond avec un avant et un après. L'Univers en vibrations, dans une étude euristique de la relation entre les étoiles et les êtres vivants?

La Relativité Générale et la physique quantique vont me donner une approche originale à ce "désordre mondial". A la base le livre de Stephen W. Hawking, « Petite histoire de l'Univers ». Il y tentait d'expliquer le Big Bang avec notre Univers, en expansion, sans frontières, en transitant par les trous noirs. En détournant ces théories vers la physiologie des hommes avec des phrases choisies, les analogies sont troublantes.

"La 2ème loi de thermodynamique dit que « l'entropie d’un système isolé, son désordre, ne diminue jamais avec le temps. De plus, quand 2 systèmes sont réunis, l’entropie du système obtenu est plus grande que la somme des entropies des 2 systèmes originels. Cette loi est statique. C’est-à-dire qu’elle ne se vérifie pas toujours mais dans la majorité des cas. ». La mécanique quantique, elle, se base sur le principe d'incertitude. Aucune théorie unifiée, globale et cohérente à l'horizon des découvertes. Seule une estimation partielle est de rigueur. Dans la théorie des cordes, les éléments de base ne sont plus que des particules qui occupent un point unique de l'espace-temps. Celles-ci ont seulement une longueur pour décrire une interaction forte et élastique comme dans une toile d'araignée. Le principe anthropique dit que les dimensions spatiales ne semblent pas suffisantes pour le développement d'entités aussi complexes que les êtres vivants sinon ils devraient monter les uns sur les autres pour se dépasser. Les événements ne peuvent être prédits au delà d'un certain point et se produisent de façon aléatoire et arbitraire. En fait, la condition "sans frontière" implique que le désordre continuerait à augmenter même pendant une phase de contraction ultérieure. Les flèches thermodynamiques et psychologiques ne s'inverseraient pas lorsque l'Univers l'homme commencerait à se contracter même à l'intérieur des trous noirs. Toutes les trajectoires possibles sont finies en expansion, mais n'ont ni frontières, ni bords, ni singularités."

D'après Stephen W. Hawking, le problème reste seulement d'appréhender la totalité de la connaissance humaine vu le rythme des progrès de la science à rendre la chose possible pour être compréhensible par tous. Il y a 70 ans, Eddington disait que 2 personnes seulement comprenaient la théorie de la Relativité Générale. Je suis sûr, avec cette vue "analogique", qu'il y a vous, en plus, maintenant. De infiniment grand, l'Univers, à infiniment petit, l'homme, tout prend un tout autre éclairage.

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