30/06/2009

Thérapie par l'imaginaire

  Thérapie par l'imaginaire_Fantastique.jpg
L'imaginaire appartient à des coins secrets et complémentaires du cerveau. Évadons-nous des réalités qui nous entourent pour nous sauver des biens et des tourments. Cet article pourrait même être imaginaire ou à la recherche d'une thérapie. Allez savoir...

L'imaginaire apporte le piment à la vie. Tout dépend de ce qu'en fait son consommateur. L'imagination est une anticipation de la connaissance. Inventer par l'esprit apporte aussi l'exaltation que le savoir n'atteint plus par lui-même.

Pour l'écrivain, créer l'aventure de ses héros apporte l'imagination et la motivation à sa pensée dans l'extase et parfois atteint les confins de la folie. On parle, alors, de sciences fictions.

Boris Cyrulnick dans son livre "Autobiographie d'un épouvantail" parlait de la résilience pour de la souffrance morale et préconise d'apprivoiser ses rêves et de dompter ses cauchemars en écrivant et en extériorisant son "ego". D'après lui, cette recherche d'identité est profitable. En écrivant, on arrive à camoufler son histoire mais on ne ment pas dans la trame. Le style personnalise son auteur. Entre impulsivité de la jeunesse et l'expérience historiques du senior. C'est s'évader de soi en jouant un rôle et en le faisant partager par l'écriture en gardant le stress de ne pouvoir l'exprimer devant la feuille blanche.20090315Froire du livre et lettres.jpg

La raison n'a pas nécessairement son droit de cité dans tous les domaines de l'humain. Si la raison s'associait à l'imagination, elle mènerait au progrès de la connaissance. Rester maître des limites entre imagination et raison, évite beaucoup les confusions de parcours. L'extrapolation de l'imaginaire, vu par l'intermédiaire du texte, est la source d'innovations. Les images, elles, tournent plus par leur réalisme pour passer en finale aux phantasmes. En dehors du fait que le rêve soit une source d'inspiration et d'illusions dans le domaine de l'imaginaire, il ouvre, en dépassant le cap du souvenir, une voie curative bien réelle.

L'écriture, peu importe la forme, est une thérapie par l'imaginaire. Rencontre de l'auteur avec lui-même. La force d'esprit est affaire de boussole.

Alors, après la science fiction orientée avec le fil conducteur de son auteur, pourquoi pas de la science friction?

La thérapeutique par le cerveau est le côté positif. Pour la thérapie, il y a les médicaments mais il existe une autre technique qui procède par des artifices que l'on pourrait penser inefficace de prime abord.

L'activité scientifique cherche sa voie, par à-coups successifs d'hypothèses imaginées et d'actions d'expérimentation qui confirmeront ou non le bien-fondé de la thérapie.

Il y a déjà quelques temps, le magazine 'Sciences et Avenir' programmait un article qui avait pour titre : "L'esprit guérit le corps". On y parlait de la science neuro-endocrino-immunologie qui étudie l'effet placebo.

Ce terme est entré dans la langue française depuis 1954. La relation "malade, maladie, médecin" se trouve changée dans sa fonction. L'effet placebo prouve que l'esprit garde une grande emprise sur le corps. Par le psychisme, le seul fait que le malade veut guérir, on arrive au placebo qui sans effet pharmacologique, apporterait, néanmoins, une aide dans 25% des cas.

Son fonctionnement est inconnu. Le pouvoir de suggestion, le conditionnement (Pavlov) et l'aspect neurobiochimique par l'endorphine générée pourraient intervenir pour guérir le malade et expliquer le bénéfice pour l'homme malade. Cela marche seulement pour certains et à certains moments. Quand c'est le cas, on peut considérer le placebo comme le meilleur moyen de guérir, car il n'a évidemment pas d'effets secondaires.

Les gens anxieux sont les meilleurs patients dans ce genre de thérapie de l'irrationnelle qui reste, malgré tout, peu appréciée par le corps médical. Comme le stress peut augmenter la (mal)chance d'avoir un cancer, l'optimisme, lui, peut la diminuer. Le corps et l'esprit sont à dissocier dans les thérapies. Le corps aurait ses médicaments, l'esprit qui le contrôle, les siens.

Les placebos existent en deux catégories: les purs ou les impurs.

Les impurs sont les placebos qui ont un effet curatif parce qu'ils devraient, normalement, avoir un effet par leur teneur en agents naturels comme les vitamines, les fortifiants, les stimulants de la mémoire. Ils n'ont pas fait leur preuve d'efficacité mais, au moins, ils ne sont pas mauvais dans le fond et peuvent apporter un soutien au corps.

Les placebos "purs et durs", par contre, sont les gélules à base de lactose, d'eau sucrée et qui sont des leurres parfaits. Annoncer la couleur sauve l'éthique du médecin. Pour faire vrai, il n'est pas rare d'ajouter une date de péremption à ce genre de remède miracle. Ils n'existent pas pour tromper les patients puisque ceux-ci sont souvent avertis de ce qu'on leur administre et d'ailleurs la notice est là pour les en éclairer si besoin était. Ils sont utiles aussi pour tester, pour comparer, sur des 'cobayes' humains, des médicaments qui, eux, n'ont rien à voir avec les placebos.

L'homéopathie, quoi qu'en disent les fervents consommateurs, se trouve dans cette catégorie de moyens thérapeutiques.

Les patients aiment les médicaments, c'est un fait qui ne fait que s'accroître avec l'âge. Ils en deviennent une nourriture comme une autre demandé par l'habitude au médecin. Pour celui-ci, mieux vaut prescrire un placebo que de faire acte d'impuissance en laissant son patient s'en retourner sans lui avoir donné une prescription.

L'effet placebo (du latin : "je plairai") est défini comme l'écart positif constaté entre le résultat thérapeutique observé lors de l'administration d'un médicament et l'effet thérapeutique prévisible en fonction des données strictes de la pharmacologie. « ça marche juste parce que j'y crois »

L'effet nocebo (du latin : « je nuirai » !), c'est l'effet inverse : c'est par exemple quand des riverains d'une antenne relais ressentent des douleurs et des maux de têtes alors même que l'antenne n'est pas encore en service... L’effet nocebo est causé par la suggestion ou la croyance qu’un médicament ou un geste médical est nuisible. Le terme est devenu populaire dans les années 1990. Désigner les effets désirables par des effets indésirables, par le pouvoir de suggestion.

Le diagnostic du médecin, donné avec conviction au patient, est une opportunité pour l'aider à trouver la voie vers la guérison. Tout est une question de relation de confiance médecin-malade.

Plus fort encore, de réelles opérations placebos ont été effectuées. Bien que heureusement très marginales pour raison d'éthique, des essais ont été fructueux dans quelques cas mais, pas sur de longues périodes. Certaines opérations chirurgicales, en effet, ont parfois été soldées par un échec de l'incision qui n'a pu être suivie que par la fermeture de la plaie. Sans avoir réellement apporté réparation au mal, l'opération effectuée a parfois apporté une amélioration aux symptômes. Un autre miracle.

Les opérations sans anesthésie et sous hypnose deviennent plus courantes. TF1 en parlait récemment comme faisant partie de l'étrange. L'endormissement des patients par hypnose apporte, en effet, une solution très prometteuse aux futurs opérés qui ne supportent pas la médication de l'endormissement. (En Belgique, la Reine Fabiola n'en était qu'un cas médiatisé). Sortir du réel, de la peur pour ne plus rien sentir de son corps par le yoga et la méditation ont aussi montré le chemin du subconscient.

20070202Médecine régulée_20.jpgLe "Docteur Knock" de Jules Romain, bien que caricatural, représentait, au théâtre, ce lien de confiance aveugle entre le médecin et son patient. Lourdes reste toujours un top dans les destinations de voyage. Que l'on appelle cela foi ou espérance, cela n'a pas d'importance face aux résultats. Le miracle, c'est aussi cela, y croire.

Le Science et Vie d'avril 2008, parlait des régressions de certains cancers sans compréhension du corps médical. Les métastases disparaîtraient dans des cas inexpliqués de manière spontanées. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille oublier le dépistage, était-il rappelé. Les neuroblastomes, la leucémie, le cancer du rein, les mélanomes sont les seuls cancers qui ont pu être observé une destruction des tumeurs. Cela reste très (ou trop) rare. Le système immunitaire et la génétique seraient, dans ce cas, les voies de la recherche.

De l'imagination à l'imaginaire, il n'y a qu'un pas, ou plutôt, quelques neurones. Les images qui se retrouvent dans le premier concept sont celles de la vie ou de celle que l'on voudrait avoir. Les images que véhiculent nos neurones dans une deuxième partie, sont celles que l'on se force à avoir pour obtenir la guérison d'une maladie, l'aboutissement d'un projet.

Sur le chemin par la philosophie, avec nos pulsions autant analysées que l'est la météo, on serait peut être pas face à des cas malheureux ou heureux de notre état d'homme post-moderne.

Les phantasmes de l'imaginaire et les peurs paniques appartiennent aux risques que l'on trouve dans le monde de la finance et de la Bourse. Pourtant, celles-ci ne sont pas aussi folles que l'on croirait après les défaillances que l'on a connu récemment. Dans 80% des cas, elles sont parfaitement dans la ligne de la raison et de la logique. Elles anticipent seulement par sauts successifs, dans un jeu d'actions et de réactions. Elles ne rêvent pas.

Sans imagination, demain serait une copie conforme à aujourd'hui. Ne pas la mettre en action pour faire dévier le flux de l'inexorable du train-train, aurait un goût d'inachevé.20090526Porno à la télé.jpg

"Mais qu'est-ce que je suis venu faire dans cette galère" parole de Molière qui pourrait être remise sur notre table moderne quand il s'agit d'assurer sa vie. Est-ce encore un "Hasard du temps et de l'espace" ou plutôt une absence de raisonnement sur le comment l'appréhender? Tant de bénéfices par l'étude de ce que l'on peut réaliser avec l'imagination face à tant d'absences à la base ou, au contraire, "Drame de l'imaginaire"? 

Pour peu qu'elles soient pro-actives, les découvertes des neurosciences, seront des avancées stratégiques dans le domaine du cerveau.

Le Science et Vie de juin affirmait que son introspection est désormais visible sur écran et pas uniquement pour le médecin mais pour le patient lui-même. Avec 12 électrodes plantées dans le cerveau d'un patient malade, le "Brain TV" donne la visualisation de l'activité cérébrale de son "sondé". Le but est de déterminé quelle région du cerveau va être impliqué par l'attention, la mémoire, le langage... les fonctions cognitives. Le cerveau mis en courbes et en graphiques pour comprendre son cheminement. Localisé, le patient pourrait orienter dans une sorte de "gymnastique contrôlée" et jouer à l'acteur de ses impulsions et sentiments les plus divers. Contrôler son imagination à souhait. La contraindre, la moduler à sa guise une fois localisée et exercée, n'est ce pas le rêve de l'homme éveillé?

Ce 21ème siècle sera le siècle de l'étude du cerveau ou ne sera pas.

Quant au neurobiologiste, n'est-ce pas un métier d'avenir pour le moins.

 

L'enfoiré,

  Sur Agoravox, des thérapeutes?

  Sur CareVox, je ne pouvais pas trouver meilleur confirmation.

Article du Science et Avenir "Une sensibilité génétique au placebo"

 

Citations :
 

  • "L'imaginaire, c'est ce qui tend à devenir réel", André Breton

  • "Celui qui vit dans l'imaginaire partage plusieurs vies. Une seule lui échappe : la sienne", Marc Gendron

  • "L'imaginaire met des robes longues à nos idées courtes", Sim

  • "Quand vous lisez une page et, quand tout à coup, vous fermez les yeux et prolongez cette page par quelques images qui sont en vous, le romancier a fait office d'accoucheur de votre propre imaginaire.", Henri Bonnier

 

22/06/2009

L'Est dans tous ses états

L'Est dans tous ses états.jpgDans son histoire, l'Union Européenne est passée successivement à 6, 9, 12, 15, 25 et 27 membres au cours de son histoire. Événements passés plus ou moins inaperçus pour les uns avec enthousiasme pour les autres. Les flonflons ont disparus. Les élections européennes ont eu 56% d'abstentions, sans émotions et sans gloire. La crise a touché aussi l'ancien bloc de l'Est. Où en sont les bouleversements de Far East?

Après l'Europe à 27, élargie à l'Est le 1er mai 2004, et celle de 2007 avec la Roumanie et la Bulgarie, qu'en est-il après 5 ans pour les premiers et deux ans pour les plus jeunes ? Des prédécesseurs ont eu à se féliciter d'être entré dans le "grande maison", tel que la péninsule ibérique. Alors?

Beaucoup de désenchantements. Passé de 15 en 27 en Europe a eu aussi des effets contradictoires à l'Est, chez les nouveaux élus. Le véritable coup de fouet des précédents élus a été, en général, un coup dans l'eau pour les nouveaux. La fusion demandait des accords et une intégration qui n'ont pas eu lieu. La finance n'est pas tout. Le social non plus. Pratiquer l'Europe demande des règles plus uniformisées. La langue, par exemple, trait d'union entre les citoyens, toujours aussi peu commune en dehors du commerce international. Cela demandait de grosses modifications au niveau scolaire et au moins une génération pour s'y préparer. Toujours dans les limbes de l'imprécision. Mais prenons un nouveau recul en comparant ce qui est comparable.

Déjà en mars 2008, on pouvait lire « Bientôt la fin de l'Eldorado à l'est ? ». Cette idée accompagnait la grève chez Dacia avec l'âge d'or des bénéfices qui s'achevait lentement. Le manque de personnel qualifié compliquait la vie des employeurs. Les rattrapages salarials se dégonflaient.

La Hongrie, la plus au centre d'Europe des quatre, est rongée par les dettes. En recul de 3,3%. Plus de 50% de majoration sur les prets en devise. Le forin a emporté dans sa chute, ceux qui croyaient qu'au contraire, il a allait être revalorisé. Les achats de maisons étaient devenus irrationnels. On achetait jusqu'à 7 maisons. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 791 euros par mois et le chomage se limite à 7,8%. Un GEOde 1982 (N°43) parlait de Budapest, la "reine du Danube" qui voulait s'ouvrir réellement sur le monde occidental. Du rock dans la cité magyare de Franz Liszt et de Béla Bartok dans une vie culturelle intense avec 25 théâtres et 9 bibliothèques nationales. Grande cité thermale dans laquelle on débite 40 millions de litres d'eau chaud par jour pour y soigner entre autres du rhumatismes et de l'arthrite. On y joue aux échecs sur les bords de piscines. L'étau du stalinisme sautait en 1989.

La Lettonie est frappée de plein fouet par la bulle immobilière qui fera probablement école. A Riga, c'est la spéculation qui s'est emparée de la population. On construit pour le promoteur plus par besoin. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 682 euros par mois, l'inflation plafonne à 15,2% et le chomage se limite à 7,5%. Une contraction du PIB de 12%. "Elle attend une bouée de sauvetage", est-il dit.

La Slovaquie à un surnom de "Détroit à l'Est" avec ses 3 entreprises automobiles qui ont dépassé la Belgique en nombre de voitures produites. Le pays a limité la casse. Zone euro oblige. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 697 euros par mois, l'inflation pafonne à 3,9% et le chomage se limite à 9,6%.

Roumanie, la "Dacie heureuse" comme aime bien la définir les brochures touristiques pour faire revenir les devises et attirer la "gent capitaliste". Pas trop d'informations en provenance de ce pays. Seulement parfois des Roms ou des prostituées roumaines, mais à part cela, la Roumanie ne défraye pas trop la chronique. A la lecture d'un article sur le sujet, les souvenirs de mon voyage, me reviennent et me font presque revenir en courte culotte. Vous pensez c'était, il y a 35 ans. Je suis revenu aux photos de l'époque et cela se confirme "diablement" actuellement. Les Tsiganes, Roms, gitans, ne proviennent plus de Roumanie même s'ils y ont une origine.

Huit fois la Belgique avec 22 millions d'habitants, voilà ce que représente l'heureuse Dacie. Véritable mosaïque de cultures et de langues héritées de l'histoire et de passages d'ethnies différentes. Sous le nom de "Romania", elle a été la région orientale importante de la Rome antique.

L'année 1974, quelques baux depuis et que de changements en perspectives "cavalières" ou non. Je me souviens mais depuis, je ne suis jamais retourné. Je devrai comme vous lecteur, je me dois de faire confiance à ma mémoire et, surtout, à la mise à jour.

L'Est dans tous ses états_2.jpgMamaia, sur la Mer Noire, était le lieu de vacances par excellence, à l'époque. La grande ville Constanta, proche, apportait une impression plus citadine. Pas tellement d'agences de voyage qui détournent le regard vers cet horizon, aujourd'hui. La douceur du climat type méditerranéen n'a pourtant pas changé et le thermalisme y sont toujours les atouts incontestables. La capitale reste secrète. Le Danube et son embouchure étaient la visite naturelle en pleine nature dans les catalogues d'excursions. Le patrimoine rural était là et l'est toujours. Nous étions, en 74, sous le régime dictatorial de Ceausescu. Pays le plus pauvre d'Europe, pacifique et pacifié. Endormie sous le poids de ce régime. Pas question d'entreprendre des conversations trop dirigées dans la rue. La discretion assurée. La "Securitate" pouvait se trouver derrière n'importe quel mur. Le plus grand hôtel de Mamaia, l'International, était réservé aux voitures avec plaques spéciales. Attention, faut pas, à l'intérieur, le confondre avec le confort occidental. Dans les rues, en douce, on venait auprès du touriste trop reconnaissable, pour échanger des devises à un tarif sans concurrence avec celui pratiqué par l'officiel. Le leu se transformait tout à coup en lei, son pluriel. Les magasins, eux, pratiquaient une ségrégation de fait. Touristes d'un côté, autochtones de l'autre. Nourriture top niveau pour les premiers, pour devises étrangères et en deuxième source, avec tickets de rationnement, pour les autres, quand il y en avait. Pas de mélange. Les étalages reflétaient plus encore cette différence par des tarifs dissuasifs convertis en devise. Un GEO de 1989 (N°119) titrait même "La Roumanie à la casse". On parlait de faillite. Le "Conducator", avec son culte de la personnalité obsédant, l'y avait mené en accusant les paysans de ne pas assez produire pour l'exportation. Des milliers de villages allaient être rasés et remplacés par des centre agro-industriels. Le Plan de la systématisation du dicateur et de sa nomenklatura regroupaient trois millions d'habitants dans des cités béton. On parlait déjà d'économiser. La consommation d'essence, c'était 20 litres par mois et par automobile en dehors de Bucarest. "Partidul, Ceausescu, Romania". Le peuple, lui, rêvait de sa part de glasnost et de perestroïka, enveloppé dans autre chose que des flacons vides.

Cela, c'est pour le préambule vécu dans un autre temps.

Aujourd'hui, Nicolae Ceausescu, le Génie des Carpates entre 1969 et 1989, n'est qu'un lointain souvenir. La surprise totale pour cet homme et son épouse, d'être jugés et condamnés un Noël de 1989 et qui espéraient le fêter et garder le poste jusqu'à la fin des temps et qui ne voyait pas son peuple. Crime de la non assistance à personnes en danger.

Seul son Palais du peuple demeure, en place, comme le plus mégalomane batiment en pierre dans le monde. Depuis, plus d'une nouvelle génération veulent aller de l'avant. La révolution de ce Noël 1989 est passée par là. Vingt ans, bientôt. Une génération qui n'a même pas connu ce passé troublé et de frustrés pour la plupart des habitants. Un élan de faire table rase du passé partout dans le monde se terminait en point d'orgue par une véritable révolution inattendue.

Année de tous les dangers que celle-là. Il faut dire que l'année 89 a été fertile en événements d'insurrections. Les plus marquants, la Chine, d'abord, qui, dans le sang, avait raté son entrée dans le monde des vivants. L'écroulement du monde soviétique, ensuite, avec le mur de Berlin, comme point d'orgue. La RDA, pure et dure, et le mur de Berlin tombaient en poussières, du même coup. Dans le détail, il y eu aussi: L'Afghanistan qui se débarrassait de l'armée rouge. L'ayatollah Khomeiny en Iran, qui lançait sa fatwa sur l'écrivain britannique d'origine indienne, Salman Rushdie. Boris Eltsine, en URSS, qui apparaissait pour la première fois sur la scène publique avec des réformes sous le bras tandis que Gorbatchev s'évertuait avec sa perestroïka sous les aiselles et visitait Pékin. Yasser Arafat devenait chef d'état. En France, la Corse était au bord de l'insurrection en fêtant son bicentenaire. Belfast était sur les genoux, après 20 ans de guerre d'usure. De Klerk, en Afrique du Sud, qui promettait une "nouvelle ère" multiraciale. On découvrait un non-communiste à la tête de la Pologne. La Hongrie ne restait plus cette tache blanche habituelle, sur la carte. Les Vietnamiens qui quittaient le Cambodge et espèraient retrouver la paix après 50 ans de guerre.

Le Père Noël 89 avait, donc, eu la Roumanie dans sa hotte révolutionnaire pour fermer le bal de cette année très chaude. Le Conducator, liquidé. Son épouse et lui, incrédules, face à ce qu'on leur reprochaient alors qu'ils n'avaient jamais été contestés à leur vue à courte distance. Et aujourd'hui?

L'Est dans tous ses états_4.jpgLes brochures de tourisme n'ont pas ou plus beaucoup, les destinations de l'Est dans leurs feuilles pleines de couleurs. Les horizons bleutés de la Méditerranée et son charme attirent, toujours, plus. La Roumanie est absente, tandis la Croatie renait de ses cendres en pleurant les morts de la grande Yougoslavie dans les années 90. Ce n'est que la crise actuelle, un peu d'attrait vers la culture exotique qui pour des raisons économiques abattra, peut-être, les frontières de l'hésitation au retour vers l'Est.

Non, après cette année-là, rien n'était plus comme avant à l'Est.

Sur les côtes, le réveil a été le plus visible.

L'Est dans tous ses états_1.jpgDans la Roumanie de l'intérieur rurale, on utilise encore l'adjectif "ancestral". La pauvreté a toujours freiné le modernisme. Les agriculteurs cultivent avec les moyens les plus vétustes et le cheval remplace le tracteur des pays voisins. Les routes sont elles encore plus traversées par vaches, oies et canards que par les voitures. Dans le village, cela n'empêche pas la joie de vivre et de pousser l'hospitalité à sa valeur originelle. La terre est cultivée avec la panoplie d'outils que l'on ne reconnait plus chez que dans les musées. Le rythme de la tradition se traîne au ralenti, hors du temps. Les fêtes folkloriques ne sont pas maintenues par le tourisme mais pour garder la cohésion et le respect de la religion et de la crainte de la sorcellerie. Elles trouvent leur apothéose à la Noël oubliant la simplicité de tous les jours. Sourire garanti et gratuit.

Du côté des jeunes, la volonté de s'expatrier est endémique. En réaction à cette fuite des cerveaux, le gouvernement tergiverse sur les moyens de la contenir. Une augmentation des salaires est considérée comme un risque d'inflation. Entre temps, de jeunes informaticiens essayent de s'immiscer dans les filières très rentables d'internet, mais pas toujours très honnêtes. La piraterie moderne est entrée dans les moeurs. Informatique et internet leurs outils de pénétration dans le monde de l'innocence occidentale. Il faut rappeler que le revenu par tête d'habitant représente seulement 44% de la moyenne des pays européens et que 9,5% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté suivant la conception de ses voisins.

L'Est dans tous ses états_3.jpgEn dehors de cette ruralité charmante, les attraits touristiques sont nombreux. Le Nord avec les monastères et églises de bois peint. L'Est avec le delta du Danube en pleine nature avec tous les oiseaux possibles cachés derrière les joncs. Au centre, la ville de Sibiu qui partage le titre de ville de culture avec Luxembourg en 2007. Un héritage médiéval avec places fortifiées explique ce choix et aussi grâce à la présence de banques qui ajoutent à la ressemblance plus moderne entre les 2 villes d'Europe. Le moyen âge se retrouve aussi dans la ville Sighisoara, véritable musée à ciel ouvert, inscrite au patrimoine de l'Unesco. Pour les passionnés de l'étrange, le château de Bran avec le fantôme du comte de Dracula comme hôte des lieux. Sorti de l'imagination d'un écrivain qui avait pris pour modèle le comte sanguinaire de Vlad. Au Sud, la capitale Bucarest est qualifiée de "Petit Paris", "petit" qui compte malgré tout 2 millions d'habitants. Au détour des grandes avenues et des fontaines, musées, théâtres, son palais immense, devenu le Parlement, érigé à la gloire du dernier dictateur mégalomane qu'était Ceausescu.

 

L'Est dans tous ses états_Vote fin 2008.jpgLes Roumains votaient en décembre 2008, lors d'élections législatives marquées par un duel serré entre la gauche social-démocrate (PSD) et la droite démocrate-libérale (PDL), et une faible participation (19,84%, soit bien en-deça des taux enregistrés à la même heure lors des législatives de 2004 (27,18%) et de 2000 (27,25%). Quelque 18 millions de Roumains étaient appelés aux urnes pour renouveler leur Parlement, avec en jeu 315 postes de députés et 137 de sénateurs, selon un nouveau mode de scrutin à un tour combinant le vote uninominal avec le vote sur listes.

 

Un pays avec un pied dans le futur à l'Ouest et un dans le passé à l'Est. Enfin, presque, un pied... parce que l'agriculture est encore la meilleure manière de tenir la forme en Roumanie.

20090619Campagne et moteurs.jpgIl faudrait peut-être renverser l'idée que l'Ouest est la terre promise. Noêl prochain, 20 ans après sa révolution, la Belle au Bois Dormant aura-t-elle trouvé son prince? Pas sûr, du tout.

C'est désormais la grande braderie des faillites à bord, comme nous venons de le voir. Les prédateurs sont assoiffés des bonnes affaires. Les "prédatés" resteront piratés. A l'Est comme à l'Ouest, rien de nouveau de chaque côté d'une frontière, toujours efficace, mais qui est, seulement, devenue plus virtuelle que physique.

La maxime est devenue "Dis-moi par qui tu es fréquenté, je te dirai qui tu es".L'Est dans tous ses états_5.jpg

 

Paul Valéry, lui, disait :

"Le moderne se contente de peu".

 

Tout est question d'époque et de mentalités. Ca ne se choisit pas l'endroit où l'on naît et le milieu que l'on fréquente. Une idéologie, ça ne se conquiert pas dans l'espace d'un "Far East" et des rêves, mais plutôt dans le temps, les sacrifices, la solidarité, la clarification des buts et de leurs suivis en parlant d'une seule voix.

Et si la Russie demandait, un jour, d'entrer dans l'Union européenne?

GazProm, cela vous rappelle certains problèmes d'approvisionnement?

Anti-américains, certains pays européens le sont. Alors pourquoi pas? Un gros morceau à avaler, la Russie, ça, c'est sûr.

Si pour la Turquie, c'est plus contestable, la Russie, elle, en fait bien partie de l'Europe géographiquement.

 

L'Enfoiré,

Sur Agoravox, d'autres habitués de l'Est

Opinions d'une habituée

Mise à jour 16 octobre 2009: Une interprétation de la situation de la Roumanie par l'intérieur "La théorie du choc ou crise mondiale"


Citations:

 

  • "Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce qu'on a", Proverbe roumain

  • "Il n'est plus proche parents qu'une bourse pleine et un sac de farine", Proverbe roumain

  • "Le changement de chef fait la joie des sots.", Proverbe roumain

 

 

14/06/2009

Qui mène la danse?

Dans la presse, on s'interroge de plus en plus, de qui sont les meneurs de notre monde. Et si c'était nous?

Qui mène la danse.jpgIl y a d'abord eu le trimestriel "Dossiers secrets d'Etat" qui lançait son enquête sous forme d'interview et avait pour titre "Les vrais dirigeants de la planète". Ce genre d'informations est à la mode. Le mystère est à l'honneur. On aime.

Daniel Estulin a mené l'enquête sur des groupes occultes. Il avait un grand père colonel au KGB, disait-il et ceci donnerait un certain crédit à ses déclarations. Il était interrogé sur les groupes qui prennent les décisions au plus haut niveau et souvent dans l'ombre: le Groupe Bilderberg qui aurait agit dans l'ombre lors de la Conférence du G20. La question était de savoir si le Monde allait vers une oligarchie au niveau mondial.

Dans le passé, Cecil Rhodes, en 1891, créait le "Cercle des Initiés". Lord Milner représentant les Rothschild, change le nom en "Round Table Group" avec Mandel House, John Maynard Keynes, Arnold Toynbee et John Foster Dulles. Nouvelle scission entre "Council on Foreign Relations" (CFR), version américain et "Royal Institute of International Affairs" (RIIA), version anglaise. Des noms tels que Zbigniew Brzezinski, Milton Friedman, Henry Kravis apparaissaient et se retrouvaient désignées dans les personnes qui feraient partie du Groupe.

Estulin définissait le groupe Biderberg comme une compagnie en cartel qui contrôle les marchés, les ressources naturelles et de ce fait, les populations du monde. Le prétexte serait "la guerre contre la terreur" selon la "Stratégie du Choc" de Naomi Klein. Sulfureux, pour le moins. Donc, j'utiliserai le temps "conditionnel" dans la transmission de ses informations.

Obama et Madame Clinton, en pleine campagne, auraient été invités le 8 juin 2008 à l'hôtel Mariotte de Chantilly en Virginie. Invitation qui leur aurait présenté la situation à mener: "changer dans la continuation de la politique". Madame Clinton aurait été incitée à laisser passer Obama. Préconise un changements dans la forme mais pas dans la structure, ni dans la stratégie à suivre. La crise actuelle aurait même été décidée pour répondre au péril du monde et la pénurie de pétrole et de ressources naturelles qui s'annonçaient. Il fallait, dès lors, détruire la demande et l'économie de marché qui s'emballait à leurs yeux. Ce fut donc comme conclusion: plus de voyages, plus de dépenses et halte à la croissance comme le pense Paul Volcker (video)

Daniel Estulin essayait d'en rechercher les fondements derrière la gestion du monde au cas par cas en fonction des pénuries grandissantes des ressources et de la population mondiale en augmentation. On estimait, en 1974, que la population mondiale atteindrait 40 milliards d'individus en 2050. Nous approchons aujourd'hui les 7 milliards. Donc la consommation mondiale pourrait dépasser l'évolution normale mais pas dans des proportions alarmistes. Les matières premières s'épuisent, d'accord. Pénurie oblige, organiser des manques, sciemment, par une crise semblerait une méthode qui tiendrait la route. Le transfert des richesses en 1929 des pauvres vers les riches donnait le coup d'envoi vers l'expansion des richesses. Une récupération des richesses par les classes moyennes a donné des ailes à plus de citoyens. Retour de flamme, aujourd'hui, tout requiert du pétrole et des matières premières. Ceux-ci viennent à manquer. Réaction de précaution, couper les robinets, quitte à créer une crise, quand, trop scotchés sur cette évolution expanssioniste, l'augmentation du prix ne suffit pas pour changer les habitudes assez vite. La flambée des prix des matières premières devait suivre pour endiguer la dette extérieure cumulée de 122 pays en voies de développement que ne peut assumer le FMI (2100 milliards de dollars). Imposer des plans dits d'ajustements structurels était devenus insupportables. Il fallait détruire cette demande et donc l'économie pour suivre le raisonnement. La consommation serait désormais prohibée. On ne voyagerait plus. Ce serait halte à la croissance. Retour à l'homme nu. Au besoin, pour les plus malchanceux, laisser crever de faim pour régler le problème de la démographie galopante par la même occasion. Le traumatisme des pays africains était couvert par les médias, ça, c'était pour la pub. La souffrance humaine retrouverait seulement des acteurs sauveurs dans les aides humanitaires mais avec un contrôle sous-jaçant efficace et peut-être moins altruiste qu'il n'y parait. La guerre pour entretenir le besoin. Les machines des ONG et de l'ONU ont des milliards de dollars en jeu. La philanthropie se cacherait derrière des Fondations pour raison fiscales. L'OLS (Organisation Lifeline Sudan) aurait aidé autant l'humanitaire que le militaire en étant impliqué d'une manière ou d'une autre dans le trafic d'armes. Des implications dans les rébellion SPLA (armes contre nourriture) s'ajouterait à la propagande émotionnelle. Les catastrophes seraient ainsi rentables. Clandestins et réseaux d'agences de renseignements assureraient le contrôle géopolitique. Infrastructure solide en compétitions les unes avec les autres comme des soldats de l'humanitaire. 17 années d'exercices en Éthiopie et au Congo n'ont apporté que des emplâtres mais pas de solution finale. Véritable auto-alimentation en vase clos. "Sauver le Darfour" appartient à la sphère d'influence anglo-américaine dans l'esprit d'une reconstruction après la guerre. Un plan qui privilégierait l'agriculture d'exportation au détriment des cultures vivrières. Le coton, le cacao, l'huile pour assurer les devises, comme planche de salut, or ni les intérêts ni les amortissements de la dette extérieur ne pourrait être financé en monnaie locale. Ni le riz, ni le manioc pour manger donc qui eux viendraient par l'importation. De la canne à sucre et du coton pour l'exportation. La nourriture, importée. Épidémies et faim, eau polluée, guerres civiles, ne seraient que les effets collatéraux. En arrière plan, les marchés gris feraient circuler les armes de la sophistication. Des budgets qui seraient, heureusement, plus souvent augmentés que diminués. Un contrôle des armes nucléaires est pratiquement inexistant ou entravé par une foule d'entorses à la règle. Un problème: la paix nucléaire par l'égalité de la terreur ne fonctionne que quand les peuples tiennent à la vie. 20090518Dieu et le Standard.jpgQuand Dieu offre une autre voie, cela ne fait plus partie du "jeu". Les Salafistes, Al Qaida n'en ont cure de cet équilibre de la terreur. Il faudrait donc les museler avec doigté.

Pour se faire, il faudrait préconiser la reconquête de l'identité, de la mémoire historique. Dès lors, diviser pour régner deviendrait la meilleure manière de garder ce contrôle. Les cultures feraient partie du pouvoir et il faudrait, donc, les conserver mais séparés. Le racisme se construirait par la culture, par la souveraineté à conserver coûte que coûte. La haine viscérale comme à priori. Plus de voyages, cela permettrait d'institutionnaliser la peur de l'autre, l'inconnu, l'étranger. Les justices du monde n'ont ni les budgets, ni les pouvoirs de faire exercer leurs punitions. C'est à eux, à ces maîtres du monde, de maintenir la bride sur le cou en organisant les crises démoralisantes. Nous approchons de la nouvelle théorie du complot mondial. Cette fois, le mot d'ordre serait : "Yes, we cannot". Thèse très dure, défendable par un pragmatisme extrême dans un nouveau malthusianisme à la recherche d'un bonheur trop restrictif aux élites.

Une autre réunion de Bilderberg aurait eu lieu en Grèce en 2009, le 18 mai. Encore une fois, black-out complet.Aucun journaliste en présence n'étaient autorisés. David Rockefeller (video), Henry Kissinger (video), Henry Kravis (video) étaient du nombre. Le secret, comme je le disais, fait peur et fascine.

Le Nouvel Obs sortait fin mai, un premier article sur les "Réseaux qui ont le pouvoir aujourd'hui". Deux semaines plus tard, un second qui parlait des "Maîtres de Vie", en parlant de Socrate, de Jésus et de Bouddha. La voie temporelle opposée à la voie spirituelle ou le même combat de conquête?

Dans le temporel, on parlait de ce qui se passe en France au "Club des 22" et bien d'autres associations qui agissent en réseaux. Vieille tradition importée d'Angleterre au Siècle des Lumières, était-il dit. Rien qu'un centre d'intérêts communs pour inciter à se réunir dans une certaine périodicité. Les francs-maçons ne sont que l'un d'entre eux, à jouer dans la confidence. Peuples des élus comme ceux de l'Arche de Noé qui le furent à un autre âge. Une idée de prix de Groupe, conception élitiste, poussée dans ces derniers fondements de l'homme grégaire mais qui ne peut trouver par lui-même les solutions à ses problèmes. Rien de trop méchant, seulement un renversement des instincts à son propre usage, à sa propre idéologie. Le Siècle, un accélérateur à l'étage le plus élevé de la société française. Sarkozy ne ferait part, d'après l'article, d'aucun groupement, et pourtant il pèse en chef d'orchestre à distance au dessus de la mêlée. L'entraide et la solidarité, en surface, et privilèges, passe-droits et copinage, sous elle. "Les Trotskistes des années 70 sont au cœur de la communication et des affaires", cela pour le passé.

Qui mène la danse Maconnerie.jpgLa franc-maçonnerie ne connaît pas la crise, elle pourrait même l'a créer si elle suit ses principes énoncés officiellement. Le Grand-Orient de France serait à l'offensive contre le fichier liberticide d'Edvige et pousserait à retourner à l'esprit républicain. Un "État dans l'État" sous le chapeau de la laïcité et des idéaux de la démocratie ou plutôt pour la recentrer dans des mains particulières? Frères en business, c'est sûr. Les sociétés mystérieuses comme la Franc-maçonnerie ne manque pas de susciter la curiosité. Elle a son musée à Bruxelles vu son passé très présent dans le pays. Légendes, secrets, idées farfelues et icônes entretiennent toujours les mythes. Issue des corporations de métiers de la construction en Écosse et en Angleterre au 18ème siècle, la franc-maçonnerie avait, initialement, un objectif de "construire une société meilleure en s'améliorant soi-même". Temples avec cérémonial qui ne s'écartent pas tellement de ceux qui ont le principe religieux comme maître. Styles pyramidaux avec l'Égypte comme modèle. Buzz Aldrin a posé le premier pied maçon sur la Lune.

Les partis politiques, eux, sont débordés par les réseaux d'affaires, les tribus du web, de l'écologie ou du showbiz, avec un PDG à l'Élysée. Cela en n'oubliant pas les lobbies.

Jusqu'à quel point la société en réseaux dévoie-t-elle la démocratie? Voilà une question de base à géométrie variable. Peuples d'élus ou moutons de Panurges sous une toile moins visible que celle d'Internet ou avec son concours? Les réseaux sociaux contre les réseaux occultes ou une mixité des deux dans une intégration insensible?

Le Nouvel Obs énonçait les différences de concepts entre la pensée anglo-saxone et française.

La pensée américaine serait que "Les intérêts particuliers aboutissent-ils, ensuite, à l'intérêt général".

La démocratie à la française serait plutôt du style qu'"A trop faire l'apologie de l'intérêt général dans un souci d'égalité et d'unité, notre société suscite mécaniquement la constitution de réseaux qui défendent les intérêts particuliers", comme l'écrivait l'historien, Frédéric Lazorthes.

Les réseaux ont le côté de positif qu'ils se renouvellent en permanence. Une réponse de la logique? Tout dépend de savoir où ils trouvent leurs bénéfices à coup sûr, sur terre ou dans une autre vie. Question existentielle, avec une réponse philosophique ou religieuse. Une question de Foi et de Voie.

Mais, faisons un pas de recul. Chacun ne chercherait-il pas son Maître à penser ou à danser? Découvrir les secrets de cette prise de conscience et les pointer du doigt, n'est apparemment pas une affaire du secret d'état puisqu'ils se retrouvent dans la presse spécialisée. Connaitre le phénomène ou le processus n'inquiète pas le citoyen outre mesure. Se regrouper pour dominer le monde, a toujours été la puissance de certains pour régner par la Voie temporelle royale et terrestre ou par la Foi spirituelle envers les Dieux? L'homme à la recherche d'un gouverneur de sa vie, d'un gestionnaire de lui-même? La démocratie, elle, a été offerte dans beaucoup de pays pour s'auto-réguler par la gestion temporelle. Porte paroles, représentants ont dès lors la bride sur le cou. Ce sont devenus des idoles, des élites adulées ou, au contraire, traitées comme les plus vils. On a peur de leur décision, tout en les souhaitant. C'est à eux de juger et à nous de donner l'absolution. Le vote est à disposition du citoyen pour juger le travail effectué à ces seuls moments précis, lors des élections. Hors, dans mon article "Les mystères du monde", je décrivais le phénomène de rejet des élections derrière le surréalisme. Mais, en réalité, il jouait un rôle très réel d'après les Résultats: une abstention record

20090611Abstentions.jpgPour justifier cette attitude, on découvre la réaction naturelle "rien ne changera", "manque de moyens". Probablement, aussi, une justification du désintérêt, plus insidieusement, suite à la peur des responsabilités, de risques de se tromper, de mal choisir son candidat et de se voir confronter à la risée des gagnants? L'abstention, due à la complexité des institutions? De plus en plus, compliquées. Pour le citoyen, ne pas se sentir concerné, cache un phénomène plus fondamental. La délégation à plus qualifié. Un nouveau problème de l'éducation du civisme. La création d'une élite qui va jouer le rôle de la sécurisation, par personne interposée. 

Dans le règne animal, il y avait les fourmis, les abeilles qui élisent une reine pour sécuriser la ruche ou le terrier.

Avons-nous progressé avec nos neurones supplémentaires par rapport aux animaux? Sommes-nous devenus plus libres ou, plutôt, devenus obligatoirement et définitivement des zombies que le travail fait sombrer dans l'aveuglement ou que la consommation rend muet avec le bourdonnement pour seul réponse comme ces gentilles bestioles qui nous en font la démonstration? En d'autres mots, n'aimons-nous pas à être commandés, à être drillés, à être insensiblement contrôlés même s'ils sont contestés en vrac ou en surface dans les apparences?

Les élites du pouvoir seraient-ils assez fous comme cavaliers de l'Apocalypse pour détruire la planète sur laquelle ils vivent et essayent-ils de vivre au mieux pour eux mêmes et pour la préserver pour leur progénitures dans une évolution contrôlée? Seraient-ils aussi assez fous pour ne pas profiter de cette apathie ou dans l'autre versant, d'une idolâtrie innocente chez les autres? Quand on regarde la vidéo de David Rockefeller, il parlait de gouvernement du monde par le peuple afin que tout le monde travaille et collabore ensemble, élu par le peuple du monde et pas "des" peuples du monde. Propagande vu le secret qui entoure ce besoin ou conviction simpliste voir volontairement innocente? Les convictions d'idées et de programmes sont toujours plus importantes que les idôles médiatisées.   

Mais attention, l'abstention et l'activisme sans garde-fous se complètent harmonieusement morphologiquement avec des travers similaires. Soit, on ne veut pas "jouer le jeu", soit on s'y accroche jusqu'à en perdre son âme critique. Dans toutes les élections, on observe les deux phénomènes avec des extrémismes qui laissent perplexe.

L'instinct de conservation restera le seul décideur en chef d'orchestre de l'espèce. Bernard Weber après avoir coudoyé de près les fourmis dans sa trilogie, se lançait plus récemment dans son dernier livre, le "Mystère des Dieux".

A-t-il choisi entre se retrancher dans le zoo ou se perdre dans la jungle.

Rien qu'un choix de société et de vie ou, peut-être, une troisième voie plus médiane et plus réfléchie.

20090618Elections Iran.jpgUne leçon de démocratie iranienne ou une nouvelle lutte de classes sauce iranienne?20090622Iran circulez.jpg

Le pouvoir, là-bas, pas de soucis, on sait où il est et même si on n'est pas d'accord, on accuse le coup.


L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, des danseurs?

 

 

Citations:

  •  "Les Français ont horreur des inégalités mais adorent les privilèges. Les inégalités, c'est le nom qu'ils donnent aux privilèges des autres", Anne Roumanoff .

  •  « Danser est le fin mot de vivre et c'est par danser aussi soi-même qu'on peut seulement connaître quoi que ce soit : il faut s'approcher en dansant. », Jean Dubuffet

  • « La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau. », Claude Nougaro

 

06/06/2009

Compétitivité rabotée

 Compétitivité rabotée_44.jpgLes comparaisons de compétitivité entre les pays ne manquent jamais dans la presse officielle. La petite Belgique est en phase de repli. Il faut oser l'avouer dans un style paradisiaque ou parodique. La crise, en trouble-fête, a plombé les équilibres les plus harmonieux.

Début 2007, on parlait de nouvelles statistiques belges. 2007.jpg

La Belgique, un des pays de la soi-disante « Vieille Europe », glissait de plusieurs places dans le classement des "Rambos de la concurrence mondiale". La grogne, parmi nos chefs d’entreprises, était latente et allait reprendre du gallon dans sa logique d'entreprise.

Suivant le raisonnement, nous n'étions plus assez compétitifs à cause du manque de décisions courageuses et difficiles. Cela faisait un peu peur, mais... Quelles décisions avaient-ils, déjà, en tête. Quelles couleuvres allaient-ils encore nous faire avaler et nous « obliger » à admettre?

Les autres bougent et plus nous. A cause de nos rigidités, nous perdons des parts de marché et le taux de nos exportations dégringole. Les initiatives de soutien public aux PME viennent à manquer ou sont trop molles. La flexibilité sur notre marché du travail n’est plus à la hauteur. Assurer le maintien de l’emploi n’est plus possible dans un tel contexte. Notre niveau de syndicalisation est particulièrement élevé et ajoute une couche à notre immobilisme et explique notre vitesse réduite. Les différentes familles politiques complètent le sombre tableau par manque d’accord et de consensus d’idées. Une réforme drastique est obligatoire sous peine de faillite de nos institutions sociales et de nos productions.

Des statistiques de janvier 2007 établissaient que la Belgique restait en queue de peloton présenté par les entrepreneurs (2,73%). Il y avait moins d'opportunités et d'esprit d'entreprise pour justifier cette pénurie d'entrepreneurs. Pourtant, les recettes fiscales belges étaient dans le top 3 européen (selon Eurostat) derrière la Suède et le Danemark. En 2005, cela représentait même 47,7% du PIB.

Compétitivité rabotée_13.jpgToujours les mêmes rengaines, pouvait-on, en conclure. Le Bureau du Plan n'était pas en reste pour "accuser" la population d'un laisser-aller. Était-ce le mal du siècle? Quelles initiatives à notre portée pour changer, d'ailleurs? Le pied était déjà au plancher, pensait le travailleur. La douche écossaise tiédissait à la longue. Et puis, il restait le pommeau de la grève à cette douche. La presse n'était pas plus tendre avec les nerfs des travailleurs en donnant, tour à tour, des bons et des mauvais points. Il faut dire qu'elle, aussi, subissait les aléas dans sa mobilité propre.

Mais, en finale, les interlocuteurs sociaux se serrèrent la main et se fixèrent une date dans l'agenda. Match nul, partie remise.

Le vieillissement de notre population demandait une attention de tous les instants et les fins de carrières étaient à l'ordre du jour de beaucoup de discussions entre le patronat et les syndicats. "Papy boom" oblige. Mais il y avait le fameux "Pacte des Générations". Les impôts sont élevés, chez nous, mais il y a des dérivatifs. Le parc des voitures de sociétés, en est un. Les avantages en natures remplacent une part des salaires.

Tous des enfants gâtés de chaque côté des barrières! On vivait très bien, peut-être trop, mais on ne le savait pas encore. Entre rassurer ou jeter la pierre, fallait, tout de même, choisir. Le Belge et son savoir s'exportaient pourtant très bien, disait-on. Ouf.

Compétitivité rabotée_87.jpgLa Belgique était connue comme un pays à coûts salariaux élevés, une disponibilité du personnel qualifié se situant bien, avec une infrastructure de qualité au climat socio-économique stable et à la productivité moyenne plus élevée mais qui n'était plus compensé, apparemment, par la situation. Certains râlaient que nous étions responsables de ne pas accepter raboter nos salaires, d'être trop attaché au "home sweet home". Quand, on connaissait le prix de ce « home » et de ce qu'à coûté nos avantages sociaux au cours d'une histoire déprimante des 19ème et 20ème siècles, faut pas rêver. D'ailleurs, au sommet, on ne jouait pas autrement. Les parachutes ne sont pas dorés pour tout le monde.

20070118Sabena Caisses Noires.jpgBruxelles, avec sa position de capitale de l'Europe, était reconnue à l'époque comme la 4ème ville d'Europe la plus attractive pour les entreprises. Le problème, c'est qu'un des critères pour analyser la bonne santé d'un pays se fait grâce au niveau de la consommation de ses habitants. Le pouvoir d'achat commençait à diminuer, la dégringolade de la consommation, on en était encore loin, mais la démotivation faisait partie de l'ensemble était programmée. Ce n'était pas chez les économies émergentes de l'Europe de l'Est ou de l'Asie qui pouvaient prendre en charge la consommation de nos produits. Ceux qu'ils nous envoyaient, étaient peut-être chouette et à petits prix, mais, rien de très éternel dans leur usage.

"Il faut mieux vendre la Belgique à l'extérieur", disait Didier Reynders, Ministre de Finances, en tournée en Chine. Il avait toujours le mot pour rire. Nos atouts existaient très certainement mais vendre nos produits chez ces Chinois, c'était pas demain la veille.

Encore une fois, donner des points, bons ou mauvais en élèves du progrès. Cela rajeunit les esprits mais pas les muscles.

Au palmarès des champions de la compétitivité, les meilleures places étaient occupées par les pays du scandinaves. En "Number One", pour la 3ème année consécutive, la Finlande, prenait la place de la référence au sommet de podium. Compétitivité rabotée_12.jpgNous nous retrouvions, nous, bon 31ème, dégringolant, de 6 places. Le dérapage, si cela pouvait consoler, était identique chez les pays limitrophes. La Norvège, elle, pouvait toujours compter sur son pétrole. Ce n'était pas une petite différence que d'avoir le pétrole et les idées.

"Belgique, ta compétitivité f... le camp", titrait le journal l'Écho, en pleine débâcle. La raison majeure de l’écart avec les pays jouissant des premières places, c’était que ces derniers pays n’avaient, probablement pas, des intérêts à payer pour les dettes publiques tous les ans. Donc, toutes latitudes pour investir toutes entrées fiscales dans le développement et la recherche. Les largesses du passé nous coûtaient encore des déboires pour de nombreuses années. Les problèmes budgétaires, c'était pas une petite bière. Mais, tant qu'on à la confiance. La cigale de jadis devait encore se serrer la ceinture. La cigale pouvait toujours la desserrer et prendre son envol, plus tard. CCompétitivité rabotée_BudgetEquilibré.jpgela faisait quelques années que ce budget belge était néanmoins en équilibre même si certaines potions magiques avaient été nécessaires telles que la DLU.

« Nous étions timides, mais nous nous soignions! ». Notre dette diminuait d’année en année, mais, peut-être, à un rythme qui ne correspondait pas au progrès de nos challengers économiques. Dette interne, payée par "nouzaut", les belges, avec nos Bons d'États et nos impôts des contribuables. Faut pas se tromper, pas d'impact vers l'extérieur. "Ça ira mieux demain", chantait Annie Cordy. Tant qu'il y a de la sauce, il y a de l'espoir.

Ils sont toujours aussi fous, ces Romains. Ils le disaient "que de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves". Ce n'est peut-être pas de bravoure au menu, ces derniers temps...

20070905Pays d'explorateur.jpgPour doper la productivité, tant l'innovation que la diffusion des technologies avait un rôle important à jouer. Par rapport aux États-Unis, notre manque de flexibilité et de dynamisme était souvent mis en avant pour expliquer notre problème de croissance. La politique fiscale et monétaire américaine, beaucoup plus activiste, subissait aussi un dramatique gonflement du déficit de leur balance courante des paiements. G.W. Bush creusait et finançait sa guerre en Irak toujours sur le compte des prêteurs à gages chinois.Compétitivité rabotée_Wallonie.jpg Leur déficit monstrueux pour des buts très peu solidaires entre les citoyens de leur pays, c'était leur problème! Le gâchis ne semblait même pas les effleurer. N'est pas "US" qui veut, même si un retour de flamme ressortait de plus en plus dans la presse.

Mais, revenons sur ce pays qui prenait la place d’honneur au palmarès des bons élèves de l'Europe.

La Finlande avait donc mérité la médaille d’or. Et, de l’or symbolique par habitant, elle en avait quelques pépites. La Finlande, pays de quelques 338.145 km2 à la population autour de 5,3 millions d’habitants (densité de 17,25 habitants par km2) et une démographie qui augmentait à vitesse réduite mais constante. Le pays de Nokia possédait un parlement unicaméral constituant constitutionnellement l’autorité législative suprême. On y parlait le Finnois et l'Anglais comme langue secondaire obligatoire.

On oubliait, tout de même, d'où venait la Finlande. Avant Nokia, ils ont eu aussi une crise qui était plus profonde que la crise actuelle en Belgique. Le modèle finlandais sans procédure de redressement préliminaire, faut pas nous la faire. Fallait pas jouer les "dikkenek".

Pour tous les Finnois, un matelas solide de couronnes même eurotisées, ça se trouve pas sous le sabot d'un renne. La sécu pour retraités, même en Finlande, au niveau correspondant à celui dont ils jouissaient pendant leur vie active, c'est pas des cacahuètes. La transparence de l'activité politique le désignait comme le pays le moins corrompu. Dociles, les recettes fiscales étaient très élevées et bien comprises telles quelles par la population, mais elles étaient dépensées ensuite à bon escient, en connaissance. L'économie en profitait en premier lieu, suivie par les infrastructures et l'éducation qui restait l'idée maîtresse de l'avenir. La maîtrise du budget sans dettes du passé donnait, sans conteste, un confort très productif. La différence importante se retrouvait dans la partie du "gâteau" beaucoup plus important allouée par les Finnois à la R&D. Cela se comprendrait, paraît-il, par une excellence gestion.

La Belgique, 30.528 km2 et presque 11 millions d'habitants. Une densité de 346 habitants par km2 et ayant 3 communautés concurrentielles et 3 langues officielles en plus de l’anglais comme langue du commerce. Mais alors question politique, une imbrication pas possible décidée à la proportionnelle. Un mal, ce dernier point? Non, démocratiquement, plus conforme à la représentation des électeurs, mais, certainement, plus lourd à mettre en place. Les compromis, on aime et on est reconnu comme spécialiste, mais il fallait en trouver la sortie. Bruxelles restait la moelle épinière, même si elle fait râler plus d'un, même avec sa raideur désargentée. Un Nokia belge ou quelque chose de similaire, bien à nous, serait une des priorités du nouveau Le Plan Marshall en Wallonie. La Flandre, elle, semblait jouer sur plus le velours, avec des usines aux nombreux travailleurs. En parallèle, dans le monde la technologie, la Belgique se redressait, la productivité était en hausse par rapport à l'année précédente. Tout semblait, donc, aller dans le bon sens. Pas, vraiment cependant.

Le « chief economist d'Agoria », Remi Boelaert, concernant les Technologies de l'Information et des Communications, ajoutait un nouveau vocable à ce que les informaticiens ressentaient depuis quelques temps avec les pertes d'emplois. La "délocalisation". Elle ne se suffisait pas en tant que telle, elle devait s'affubler du nouvel adjectif de "rampante". L'amélioration ne serait ainsi que toute théorique quand on voyait dans la pratique que les sociétés occidentales n'investissaient plus là où elles travaillaient mais étaient conquises par le charme des Pays de l'est ou d'Asie.

Mais, la valse des bonnes et de mauvaises nouvelles continuait. En octobre 2007, on apprenait que les faillites avaient explosé. Les problèmes politiques à la recherche d'un gouvernement pendant plus de six mois y étaient pour quelque chose. Après la valse sadomasochiste politique que nous avions vécue en Belgique, rien d'anormal.

L'interview de Bernard Hanin, président de l'association des économistes de l'Université Catholique de Louvain, paraissait presque obsolète, trop euphorique. Il avait publié les actes d'un colloque sur l'économie wallonne et l'analyse du plan Marshall wallon. Il en ressortait qu'à l'occasion des 25 ans de l'Association des économistes, il fallait réunir un certain nombre d'économistes de Louvain ainsi que d'anciens économistes qui étaient surtout de terrain et de voir ce lien entre l'académique et les activités, l'expérience de terrain autour d'un plan jeune, qui se mettait en place petit à petit et qui a le mérite de vouloir rassembler l'ensemble des forces vives de la Région wallonne toutes ensembles, de vouloir travailler dans la même direction avec cinq axes prioritaires, sectoriels vraiment importants: science du vivant, aéronautique, aéronautique, aérospatial, transport et logistique, agroalimentaire et génie mécanique comme « core business ». Les pôles de compétitivité, surtout, le privé, le public et l'académique pour se trouver face à une Wallonie qui est constituée d'une myriade de petites entités. Tout une programme, que je n'oserais couper tellement l'enthousiasme fait du bien :

20070601R ONU.jpgLa Belgique est un pays assez spécial qui, vu de l'intérieur, donne l'impression qu'on ne se vend pas bien et c'est vrai que notre faire-savoir, notre image de marque sont un peu difficile. Je me souviens en Arabie, la société Bouygues, bien connue chez nous, venait recruter en Belgique des ingénieurs belges pour travailler sur les chantiers arabes parce que on parlait l'anglais et parce que le Belge a une image vraiment de personne professionnelle et bien formée. De l'extérieur, la Belgique est finalement très bien cotée et je veux oublier tout ce qu'on entend souvent: le chocolat, la bière etc… Nous avons aussi dans notre valise. Bruxelles est très clairement un pôle attractif et un pôle connu ne fût-ce que par CNN, ne fût-ce que par les télévisions étrangères. Bruxelles est connue et nous sommes le jardin dans la périphérie de Bruxelles et la Wallonie a cet aspect surtout, d'avoir de l'espace disponible, de l'espace urbanisé disponible. On a une qualité de vie qu'on oublie. Pas vraiment très économique, mais avec une importance capitale. Nous avons sept universités et je crois que ces universités créent tout ce qui est les spin-off. Nous sommes au cœur de, à peu près, cinq cents millions de consommateurs. L'investisseur étranger ne vient pas pour la Région wallonne et nos trois, quatre petits millions d'habitants, mais ils viennent évidemment pour démarcher l'ensemble des autres régions aux alentours de la Wallonie pour l'infrastructure autoroutière, aéroportuaire. Les aéroports de Charleroi, de Bierzet, de Liège ont toute leur importance. Paradis des investisseurs, non. La Belgique est quand même le quatrième pays le plus attractif en Europe. Sur base de cette analyse, les soixante-trois mille entreprises, il y a un filtre en terme de nombre d'emplois,au-delà de vingt emplois, un filtre en terme d'importance de capital, au-delà de cinq cents mille euros et un troisième filtre en terme de chiffre d'affaires. A ces trois filtres, un quatrième qui est de dire : voilà un certain nombre de sociétés, à partir de 11% d'implication de capital étranger dans le capital devient une société étrangère. C'est une norme standard officielle internationale. Et de ces soixante-trois mille, il est resté à peu près trois mille entreprises étrangères en Région wallonne qui sont d'origine étrangère et 65% de ces trois mille entreprises exportent vers l'étranger, ces trois mille entreprises utilisent un quart de la population active de la Région wallonne et ces trois mille entreprises font à peu près 74% de recherches et développements et utilisent 74% des moyens de recherches et développements en Région wallonne. Elles sont incontournables. On a un savoir-faire, mais le faire-savoir est un peu difficile, parce que c'est dans notre culture peut-être. L'Europe des régions est en marche. Clairement, nos concurrents sont Nord Pas-de-Calais, Zuid Holland, l'Ecosse même, le Badwüdenberg, même la Flandre. Chacun a ses valeurs ajoutées. La Belgique resterait une coupole, une image de marque. Le Wallon est considérée comme quelqu'un de bon vivant, quelqu'un qui aime s'amuser, qui a un peu d'autodérision sur lui et pourquoi pas les blagues belges… La Belgique est le pays le plus mondialisés. La France est bien loin en neuvième position avant l'Allemagne. L'Autriche et la Suède suivent de près. Le Centre de recherches conjoncturelles KOF fait cette déclaration très concluante. Singapour, Luxembourg et Belgique sont les plus ouvert à cette mondialisation.20070703Journal d'une quille Boulot.jpg

On lisait, encore, ailleurs. Tenez vous bien, car cela va vraiment roucouler:

Belgium 10 points «Mais comment faites-vous pour afficher d’aussi bonnes performances budgétaires et une telle diminution de la dette publique?» La question vient d’un observateur en provenance d’Italie, un pays qui reste particulièrement fragile sur ces deux plans. Une seule réponse à lui donner: la rigueur et le sérieux. Et parfois, c’est vrai, quelques petites ficelles et autres astuces budgétaires, mais cela c’est une autre histoire... En plein bouclage du contrôle budgétaire, l’agence de notation Moody’s avait apporté un petit cadeau dans la hotte de Didier Reynders et de ses collègues. Certes, ce n’est pas encore le nirvana. La Belgique n’a pas encore rejoint le club très fermé des emprunteurs les plus sérieux, ceux qui se drapent d’un «triple A». Mais elle s’en approche. Elle se situe un petit cran au-dessous, avec désormais une perspective «positive», ce qui autorise tous les espoirs. Bon, soyons honnête, un «triple A» ne devrait pas fondamentalement changer la vie de nos concitoyens. Même l’Etat belge ne devrait pas percevoir une grande différence en termes de financement, tant l’écart avec les meilleurs s’est déjà singulièrement rétréci au fil des années. Mais cela constituera sans aucun doute une sorte de reconnaissance, une espèce de «légion d’honneur» attribuée à tous ceux qui ont participé au redressement d’un pays, parfois au prix de sacrifices importants. Petit bémol, il reste encore du chemin à parcourir. Les Belges ne doivent certes plus travailler pendant une année entière pour couvrir leur endettement — nous sommes passés sous le seuil des 100% du ratio dette/ produit intérieur brut en 1993 —, mais nous restons encore à distance appréciable de l’objectif des 60%. La Belgique a toujours redouté que le critère de la dette ne (re)devienne plus contraignant dans le chef des autorités européennes. Dans le Traité de Maastricht et le pacte de stabilité, ce qui compte, on le sait, c’est l’orientation baissière de ce ratio. Or, manifestement, à cet égard-là, la Belgique fait figure de très bon élève, ayant fait décroître son ratio de 137% en 1993 à 94% en 2005 (et 91% attendu cette année). Il n’en reste pas moins qu’un passage au «triple A», avec pour le surplus les félicitations du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne, permettrait une fois pour toutes à la Belgique de tourner le dos à son passé et envisager ainsi l’avenir plus sereinement."

Étonnant, non? Lire tout cela dans le rétroviseur. On se croirait rêver dans un autre monde. La crise mondiale et l'ère Obama étaient encore dans les limbes. A peine, un peu plus de deux ans d'âge. Car, après, patatra: le cataclysme, le pouvoir d'achat dans les chaussettes, les subprimes, la confiance ébranlée dans les banques, le tsunami de la finance et des entreprises industrielles. Toute la planète s'était enrhumée d'une grippe H9N9 futuriste.

L'investissement américain en Belgique allait ralentir, était-il dit, dès décembre 2008. Renforcer l'attractivité proposait alors l'AmCham. En même temps, l'emploi américain se saoulait en buvant la tasse depuis novembre. Chacun a ses problèmes et ses rabots "made by ...".

20070914Belgique à l'envers.jpg"Quand l'union ne fait plus la force" lisais-je récemment. Car entre-temps, un an de crise politique avait plombé les espoirs dans le futur. Ce n'était plus, heureusement, du BHV du petit déjeuner jusqu'au souper, quand la crise ne faisait qu'appuyer sur le champignon. Comble de "malheur" pour les uns, voilà que les politiques s'accordent pour maintenir l'indexation automatique des salaires pour soutenir le pouvoir d'achat. Ouf, pour les autres.

Alors, avoir toutes les cartes en main pour rebondir après la crise... sauf l'union, cela faisait un peu "peu" comme arguments. Une économie ouverte vers l'extérieur est une chance ou une malchance selon les stratégies de l'intérieur avec ou sans filets. Cela représentait un peu trop de problèmes cruciaux et plus que conjoncturels. Du coup, la caisse devait avoir quelques fuites pour soutenir les banques pour ne pas voir couler ce qui restait avec de timides appels au secours à la surface. Sans gouvernement pendant un an, a laissé des traces indélébiles. La simplification administrative, préconisée aujourd'hui, c'est bien. L'entente et la collaboration entre les différents niveaux du pouvoir, ce serait certainement mieux. L'IMD (Institute of Management and Development) nous classe désormais à la 47ème place sur 57 pour l'efficacité. Même niveau que les Russes ou les Polonais. Les paperasseries des institutions et de la justice sont passées au niveau kafkaïen. C'est devenu une structure fédérale qui ne se retourne que vers ses propres intérêts, partagée entre le régional et le communal. En plus, l'institutionnel dans la petite lucarne, prête à sauter à la moindre incartade dans des répliques en cascade. Que la poignée de main soit réelle, qu'elle soit virtuelle par l'intermédiaire d'Internet ou de Facebook, peu importe, mais surtout retrouver son bruit caractéristique avec le sourire de la crémière.

Pour corser le tout, il y a, juste avant les élections que l'on a mixées avec les européennes, les nouvelles "affaires". Le systémique de la crise économique qui sort son coup de Jarnac de la politique pour rimer avec comique.

20090519Infréquentables.jpgCes "affaires" qu'on soupçonnait dans les grandes lignes et celles qui étaient écrites en petites lignes et qui ressortent du chapeau de l'éthique violée dans les moments les plus propices. Les anciens "copains" avec le "team spirit" en deviennent même "infréquentables". On ne demande même plus ce que les électeurs en pensent, on s'exclut d'office de la proportionnelle. On en devient sectaire, dichotomique. La gauche est redevenue l'opposé de la droite à en devenir étrange après une navigation entre deux eaux. Heureusement, il y a ceux qui ont toujours eu des pas de recul et qui se réveillent en coulisses.

"La Belgique a mal à son économie" écrivait Bruno Colmant, Docteur en Économie Appliquée. Le Royaume aurait commencé son aggiornamento. En quelques trimestres, tout a basculé. Stabilité institutionnelle, dette publique qui excède à nouveau une année de PIB, géographie de la richesse sans les armes de l'inflation ou de la dévaluation pour rectifier et qui ne laisse que l'impôt pour réagir, une vague du vieillissement qui grossit sans que la démographie puisse le compenser.

20071020BHV migraine.jpgL'immobilisme dû aux problèmes communautaires a été suicidaire comme je l'évaluais dans le prix des plombs. Luc De Bruyckere, le patron des patrons flamands, préconise l'innovation, le consensus pour débloquer l'institutionnel et la complexité des structures. Il rêve d'un Obama dans le monde politique. Une marque "Belgique", si, cela peut marcher, pourquoi pas? Européen dans l'âme, une marque "Europe", on n'y pense même plus?

Les crises sont cycliques ou systémiques, mais l'attentisme est plus dangereux. Pour contrer le mouvement, un subtil mélange de confiance entre traditions et transformations radicales sera nécessaire dans une action disciplinée en garder des entreprises sous le giron national ou, au moins, européen, en fonction de la confiance en l'Europe. La formation, la mobilité, l'urbanisme et les pouvoirs publics sont les mamelles d'un redressement possible.20070315SMOG.jpg

La zone euro subit, désormais, un chômage au plus haut de 8,6%. Le pic a été apparemment atteint en Espagne avec 18,1%. La France plane, elle, à l'altitude de 8,9% de chômage. En Belgique, certains secteurs sont, de plus en plus, sinistrés. Rien de très glorieux, tout cela. Comble de comble, on apprend que le manque de culture d'entreprise et l'instabilité politique poussent les investisseurs à bouder la Belgique.

Depuis, il y a les Indiens, avec Mittal, qui sont sortis du bois. Eux, aussi, n'ont plus l'allant des débuts pour respecter les promesses. On ferme des haut fourneaux ou on met ceux-ci au repos pour une durée indéterminée. En informatique, le patron indien d'Infosys disait récemment que l'Inde ne commettrait pas les erreurs de l'Occident". Les salaires, les conditions de travail rejoignent, d'après lui, ceux de l'Occident. Pas d'état providence obèse trop difficile à financer, pas d'approches coûteuses des questions énergétiques ou environnementales, qui lui semblaient les pires erreurs.

Sommes-nous prêts à assumer une transformation des consciences et des acquis durement gagnés avec une histoire de combats sociaux et militaires? Voilà la question de base à se poser. Autant en tirer des conclusions en fonction de la réponse.

20080206Investissez en Belgique.jpgLes intérêts notionnels, qui ont été applaudis par certains, ne pourraient-ils pas devenir simplement un intérêt national avec des participants bénéficiaires dans tous les azimuts sans restrictions? Cela pourrait peut-être attirer les sociétés, leurs patrons et les travailleurs dans le même bateau. "Les fusions entre sociétés restent en panne". Se transformeraient-elles en fusions internes dans chacune d'elles? Le dialogue de sourds entre grandes économies, un leurre?

La démocratie est en perte de vitesse dans le monde. L'extrême droite populiste grimpe aux Pays Bas. L'illusion d'un avenir radieux n'est plus. Faire la fine bouche et ne pas "jouer avec", comme on dit chez nous, serait nous condamner à court ou moyen terme. Le protectionnisme, on en rêve dans le bas et on abomine dans le haut. On a dit, haut et fort, « Nous sommes entrés en récession ». C'est bien de l'avouer. Participer n'est ce pas aussi régner quelque part?

Alors, un « Bye bye, Belgium » dans un « Pays inachevé », comme nous l'apprenait la télé?

Dans les années 60, la population s'enflammait et les hommes politiques gardaient la tête froide. Aujourd'hui, c'est un peu l'inverse. Enfin, la tête froide, cela dépend des jours et de quelle tête.

20090626Chomeurs en 2011.jpgMais à part cela, Madame la Marquise, tout ira très bien, sans culpabiliser et avec de l'unité d'une devise qui nous était chère, il n'y a pas si longtemps.20070613PS opposition.jpg

N'oubliez surtout pas que, chez nous, sur nos tables de nuit, on garde toujours un verre plein et un verre vide. C'est vrai, quoi, il y a, toujours, des jours où, on a soif et des jours où, on n'a pas soif.

Après les sondages, à vous les studios français et les urnes, puisqu'on nous le dit d'encore plus haut. 

Sera-ce aussi un "mea culpa", chez vous ?

"Un roitelet apprivoisé, vaut mieux que rossignol effarouché"... 

Mais, si, d'aventure, vous avez un appareil pour dé-raboter, n'hésitez pas, à contacter qui de droit.

20090604Elections.jpgParce que "The show must go on", même si le fun n'y est plus vraiment.

 

L'enfoiré,20070928A.jpg
 

Mise à jour après élections et une image pour en donner les résultats.

Sur Agoravox, des solutions pour notre compétitivité?

20090609Epreuves.jpg
Citations:

  • "Economiste : expert qui saura demain pourquoi ce qu'il a prédit hier n'est pas arrivé aujourd'hui", Desproges
  • "Le bon Dieu a créé les hommes de manière que la première moitié emmerde l'autre moitié", Guy Bedos

  • "Rien ne focalise autant l'esprit que la vue permanente d'un concurrent qui peut vous balayer du marché", Wayne Calloway

 

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