29/07/2009
Chassez le naturel...
...il revient au galop. Période de vacances, la recherche d'évasions de proximité peut venir à l'esprit. A Bruxelles, il y a quelques coins naturels et très secrets. Le Moeraske et Hof Ter Musschen sont de ceux-là. Sans aucune prétention, mais qui remonte dans l'histoire. Alors, en silence, à l'écoute de la Nature, laissons lui raconter son histoire...
Pour une ville et une capitale, Bruxelles a de nombreux espaces verts. Des espaces de parcs, de bois,une forêt de Soignes, de jardins fleuris auxquels chacun s'attache à donner le meilleurs aspect. Tous entretenus au mieux des disponibilités et des moyens. Tous dédiés à des moments de recueillements pour faire oublier l'excitation de la ville, avec des bancs publics pour se foutre du regard oblique des passants honnêtes, comme chantait Georges Brassens. Dans cette ambition de perfection, le côté naturel n'est plus la principale préoccupation. Cela doit être beau, fleuri, attirant pour le regard. Rien à dénigrer dans cette vision, dans ses propos et ceux qui vont suivre. Le but est ailleurs. Une manière de présenter le naturel par la beauté. Le naturel pur a ses propres règles qui ne sont pas moins belles, mais seulement moins sensibles aux humains que nous sommes.
L'écologie est à la mode, mais ce n'est pas uniquement un parti vert, c'est aussi une idéologie de respect envers la nature avec sa beauté et avec ses erreurs, en dehors de toute interprétation anthropomorphe. Saisissons l'occasion pour le prouver et pour en découvrir les tenants et les aboutissants par un autre point de vue.
Près de chez moi, se cachent quelques endroits moins choyés par les interventions humaines, plus libres, que l'on veut maintenir plus divers. Il faut les connaître par le bouche à oreille. Pas touristique pour un sous.
Le Moeraske fait partie de cette petite nature, simple, sur un site de 14 ha en longeant un chemin de fer. Comme voisinage immédiat, le train qui vient de Liège. La gare de Schaerbeek, à proximité, est un point de concentration des trains, et son trafic n'est pas nécessairement discret.
Là, la nature garde le champ libre de décider comment elle veut évoluer et exister. Plantes, oiseaux et animaux osent s'y retrouver, alors qu'il ne le ferait plus naturellement en ville. Dans cet espace confiné, à l'écart des hommes dans un silence saccadé seulement par ce bruit de train parfaitement identifié, il y a des chances, alors, de sortir des chemins battus. Ce n'est pas encore de l'aventure, mais on s'en rapproche pour un botaniste.
Cela ne veut pas dire, dans un espace aussi réduit, qu'il faille lui laisser la bride sur le coup et la totalité de liberté. Car, il est question de garder la biodiversité. Certaines plantes sont trop envahissantes et ne laisseraient aucune chance à ses comparses de prospérer, si l'homme ne les gérait avec un minimum de soins. Cela arriverait d'ailleurs très vite. Il faut éradiquer ou restreindre ces appétits. Ce ne sont plus les études d'architecte de jardin ou d'agronomie, trop productiviste qui seront à l'honneur avec l'expérience du terrain.
La biodiversité a un programme à respecter et une philosophie très particulière.
Les petits animaux qui s'y cachent, s'habituent au train électrique. Cela ne pollue pas, sinon par le bruit. Hors du cycle des voitures et des échos de la rue. Seuls quelques chiens promènent leur maître (non, je ne me suis pas trompé le sens de ma phrase !).
"Moeraske" veut dire "petit marais" en néerlandais. Pourtant, au fond de la vallée de la Senne, il n'était pas destiné à cela dans l'histoire. A cheval sur trois communes autour de Bruxelles, le site suivait la source du Kerkebeek, qui coule toujours à vitesse soutenue, tel un ruisseau ou plutôt un ru, pour rafraîchir les souvenirs des cruciverbistes. Des épinoches ne s'en privent pas.
Le parc de Walkiers qui en fait partie, est un ancien parc à l'anglaise de 4,5 ha. Il était à l'origine la possession d'une riche famille. Un château existait en ces lieux mais il a complètement disparu. Pas question de faire revivre un patrimoine prestigieux.
Famille qui remonterait à un architecte du 17ème siècle. Une rue d'Evere porte encore son nom. Au 19ème siècle, cette famille s'agrandit et se retrouve à Auderghem avec une avenue. Voilà, pour le souvenir familial.
Le Moeraske était une campagne bucolique au 18ème siècle. Prairies, bergers se partageaient l'espace. La vie à la campagne, tout en restant à portée de calèches, on en connaissait déjà les privilèges dans ce genre de famille. 1835, le chemin de fer changeait la donne. La gare de Schaerbeek prend une telle extension qu'elle gâche le côté bucolique de l'horizon. Un pensionnat et un orphelinat prennent place dans cet environnement. Les autoroutes du 20ème siècle vont, une nouvelle fois, complètement changer la destination des lieux et lui lancer son chant du cygne.
Ce n'est pas l'église Saint-Vincent, dont il ne reste plus grand chose de l'origine qui ferait obstruction à cette décadence et à l'abandon de tout le site. Si l'extérieur gardait un cachet de petite église brabançonne typique, l'intérieur ne laisserait pas un souvenir impérissable.
L'espace devient, dès lors, un remblai abandonné avec seulement quelques bassins d'orages. Pourtant, ils subsiste des sources, un marais, des potagers, juste ce qu'il faut pour rendre le site le plus naturel possible.
La décision est prise en 1989 et la Commission de l'Environnement de Bruxelles et Environs (COBE) fait naître le site avec le respect du naturel. Protéger et conserver le patrimoine des sites naturels se réalise, autour de Bruxelles, comme une charte de bonne conduite. L'Hof ter Musschen, accompagne leMoeraske avec son parc du Bon Pasteur dans une préoccupation de préserver à tout prix.
Les surprises commencent. Il suffit de se baisser, de tendre l'oreille pour s'en apercevoir. Des oiseaux chantent, cachés, seulement repérables par leurs cris. Reconnaître les oiseaux par leur chant répétitif donnerait une leçon à l'apprenti de signaux Morse. Quand les nids sont occupés, les sponsors en sont avertis de leurs occupants occasionnels. Une manière d'entretenir le bien fondé de l'action et pour les tenter d'enrichir ou de maintenir la manne des donations.
Une soixantaine d'espèces d'oiseaux dont un tiers nicheurs: Bécassines des marais, fauvettes, martin-pêcheurs, canards colvert, poule d'eau, pics épeiche, perruches à collier, mésanges, hérons, bécasses, pouillot véloce, loriots se partagent les mares, les arbres et le ciel pour nicher, hiverner ou simplement survoler.
Symphorines roses, sorbes, arôme gouet, circe commun, liserons des champs ou des haies, butlea qui attirent les abeilles et les papillons, voilà les échantillons visibles. Rien d'extraordinaire, me direz-vous. Comme si la nature devait toujours être exceptionnelle pour exister. Pas d'orchidées au détour d'un chemin pour répondre à la nouvelle mode des fleuristes pour suivre l'air du temps. Le "très petit" demande un regard plus rapproché, de la patience et une position macro à son appareil numérique ou analogique pour le capter à sa juste valeur.
Le site, dans sa grande partie, est d'accès libre. Le parc Walkiers, par contre, est fermé aux visiteurs non accompagnés. Sa protection nécessite la clé de cadenas des barrières. Le chemin de fer reste encore trop poreux aux intrusions iconoclastes et il faut le constater avec désolation. Protéger la nature n'est pas une chasse aux sorcières, mais une lutte contre les déprédations.
Une fois par mois, la visite de ce parc est programmée avec un guide qui s'occupe en permanence de l'endroit.
Ce deuxième dimanche du mois-là, j'étais au rendez-vous. Je n'étais pas seul. Un petit groupe de passionnées, bien plus au courant que moi-même accompagnaient. Le temps n'était pas au beau fixe. Des bottes ou de bonnes chaussures étaient conseillées, disait le prospectus. Le sol boueux et glissant le confirmait. La promenade devait compter théoriquement trois heures pour parcourir, en comptant large, d'à peine deux à trois kilomètres. Cela voulait dire meubler des moments par des explications détaillées et des réflexions d'expert. Moi, le citadin, "religieusement" consommateur de cette nature mais pas pratiquant, je ne cherche pas naturellement à donner des noms à toutes ces choses. J'allais en entendre plein les oreilles. L'homme s'est évertué à donner des noms délicats, intimistes, alambiqués et des références à tout ce qui l'entoure, mais pas toujours très mémorisable. Alors, on joue au botaniste, au zoologue. On essaye d'éliminer le côté Alzheimer qui sommeille en nous. Voilà les mots latins, qu'on ne retient pas sans les écrire. Heureusement, une version plus actuels, dans un langage très local fait parfois sourire. Avec le langage bruxellois, pas besoin de chercher bien loin dans son vocabulaire pour en faire ressortir l'humour.
Les mousses et les lichens sur lesquels chacun marche sans s'en rendre compte, prennent tout à coup une importance toute particulière. Une simple haie feuillue devient un mur de merveilles fréquentées par les abeilles.
Le besoin de pureté, de virginité ne veut d'ailleurs pas dire la même chose pour tout le monde. Cette pureté fait, parfois, ombrage aux autorités les plus compétentes en la matière. Il faut, alors, devenir plus écolo, que les écolos, eux-mêmes. Le parti vert a ses propres objectifs de plaire aux électeurs. Les autorité en charge de l'Environnement voudraient continuer le chemin tracé en traversant le parc défendu. Refus des propositions en bonne forme par le CIBE. Des projets, les plus fous, pour contourner le problème, bien vite oubliés vu le budget nécessaire ne donneront pas la solution. L'expérience et la patience ne permettent pas les compromissions. Chasser le naturel devient un dilemme qui ne se règle, alors, que par une visite devant un juge. La commune, elle-même, ne participe pas toujours avec l'effort souhaité.
Pas de terrorisme écologique. Là, on dépasserait le naturel. La nature n'en demande pas tant. Modèle pour l'homme, pas source de conflit. Les déprédations ne sont pas des mirages donc un maximum de précaution s'impose. Plus il y a d'espace, plus le visiteur en occupe, plus il détruirait finalement son environnement.
A Woluwe-Saint-Lambert, le site du Hof Ten Musschen ajoute le côté historique au naturel. Relique du paysage rural brabançon sur 6ha, il contient une ferme classé, l'ancien moulin du Fournil et un moulin à vent sur pivot. Plus loin, ce sera, même, le moulin à grain de Lindekemale, mû par une roue à aube qui complète.
Le Patrimoine historique et naturel font très bon ménage dans l'air du temps. Le retour aux sources et aux racines n'y est certainement pas étranger.
Un banal mur devient une représentation historique. Alors, pourquoi bouder son plaisir?
On passe trop souvent, au galop, à côté des merveilles naturelles et historiques, sans s'en apercevoir. La nature a compris et réinvestit là où on lui en laisse le temps.
L'évasion, elle, est à nos portes.
L'enfoiré
De petites ou de grandes natures sur Agoravox?
Citations:
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« L'objet de la recherche n'est plus la nature en soi, mais la nature livrée à l'interrogation humaine, est dans cette mesure l'homme ne rencontre ici que lui-même. », Werner Heisenberg
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« Il est dans la nature de l'homme d'endurer patiemment la nature des choses, mais non la mauvaise volonté d'autrui. », Jean-Jacques Rousseau
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« Vous arrivez devant la nature avec des théories, la nature flanque tout par terre. », Pierre-Auguste Renoir
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« Je ne suis que le fil rassemblant les fleurs du bouquet. Mais ce n'est pas moi qui ai conçu les fleurs. Ni leurs formes, ni leurs couleurs, ni leurs parfums. Mon seul mérite est de les avoir sélectionnées et regroupées pour vous les présenter d'une manière nouvelle », Edmond Wells
08:09 Publié dans Actualité, Jeux et plaisirs, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
21/07/2009
Les croisades à la croisée des chemins
Mais qu'est-ce qui pouvait bien relier les croisades et la conquête de l'espace? Le dernier Historia de juillet me posait cette question avec ses deux sujets d'été dans le même magazine. D'après lui, il allait nous révéler ce qu'on n'avait jamais dit sur les croisades, tout en nous apprenant les coulisses de la conquête spatiale.
Qu'est ce qui a motivé cet élan d'aller à Jérusalem pour en découdre et partir en croisade? Quelle motivations pour la conquête de l'espace? Insolite cette question, cette association d'idées et de liens entre deux époques tellement différentes? Historia ne s'est probablement même pas posé la question du choc des époques, lors de l'élaboration de son magazine. Des croisades, il en parle en huit phases. La conquête de l'espace, ce sera en bien plus d'étapes. Mais qu'est-ce qui pousse les hommes à dépasser leurs limites? Il faut aussi faire intervenir la philosophie, la Foi, la psychologie, la condition d'homme pour y répondre.
Pour les croisades, c'est chasser l'infidèle, protéger les pèlerins pour la raison officielle des croisades, mais encore... De tous temps, l'homme a aimé croiser le fer, à se mesurer à son prochain.
La conquête de l'espace, huit siècles plus tard, n'a pas le même objectif final, mais il en reste quelques gènes.
Suivons le fil rouge d'Historia.
Les croisades vers les lieux saints.
Le 27 novembre 1095, à Clermont, le Pape Urbain II, prononçait un discours qui allait faire date. Il fallait exhorter les preux chevaliers à se rebeller contre les menaces turques et pour délivrer la Palestine et les byzantins des infidèles. Huit croisades importantes vont, dès lors, se succéder entre 1096 et 1270. Pèlerinage ou reconquête des lieux saints perdus? Réconciliation entre l'église et la chevalerie? Contestations et affronts qu'il fallait laver dans le sang? Diviser pour régner en occupant des chevaliers trop turbulents? Hypothèses réalistes soulevées par les historiens quoique l'anarchie féodale n'existerait pas, pourtant, d'après le magazine.
Du côté du Pape, l'histoire est plus claire. Avoir perdu l'autorité sur la partie orientale, les âmes des ouailles en perdition, un élan de délivrance de la veuve et de l'orphelin qui seraient persécutés par les autorités locales. Mais, surtout le schisme latin et grec, de 1054, qui passe mal. Un revanche est dans l'air du temps. Il n'est même pas question de libérer Jérusalem. Mais, l'Occident et Orient se regardent, dès lors, en chien de faïence. A un moment donné, il fallait faire parler les armes au service de l'église. Entreprise hasardeuse qui donnait le blanc seing pour la guerre et le crime.
Mais, les chevaliers, il faut les convaincre d'aller risquer leur vie. Ce n'est pas un Pape, du moins au début, qui serait tenté par l'expédition par lui-même. Nous sommes à l'époque du chevalier courtois, ne l'oublions pas. L'amour courtois, pas la haine. Quel bénéfice pour soi-même au retour d'expédition?Trouver la gloire pour sortir d'un anonymat et se voir entrer dans la postérité. Voilà un argument indéniable.
Mais il y en a un autre: le goût de l'aventure. L'aventure, c'est l'aventure, dirait-on, aujourd'hui. Partir pour voir ailleurs ce qui s'y passe. Quelles en sont les richesses? L'or attire toujours comme l'aimant.
Les voyages ne font-ils pas la jeunesse?
Pierre l'Hermite, prédicateur illuminé, prèche devant les petites gens. Il lève un simili armée de 15.000 pauvres qui fuent la misère pour gagner le bonheur à destination en Palestine. Une croisade populaire de petites gens, bien vite convaincus par des idées religieuses, qui se mettent en marche et qui se retrouvent, sans surprise, perdus corps et biens dans l'opération.
La première croisade (1096-1099) est celle des Barons. Trois voies différentes, Godefroy de Bouillon, Raymond de Toulouse et Robert de Flandre se lancent par les terres en passant par des routes différentes. Point de ralliement à Constantinople. Ils atteignent, tous trois, Jérusalem et mettent celle-ci à genoux, le 15 juillet 1099, après avoir avalé Nicée et Antioche au passage. C'est une réussite. Effets de surprise. On fonde le Royaume de Jérusalem et puis, plus rien ne les retient sur place.
Retour et près de cinquante ans qui suivent, pendant lesquels, on n'y pense plus vraiment. Affaires intérieures, d'abord. Repos du guerrier et défaire la ceinture de chasteté de leur chère épouse qui se morfondait, restée au château. "Home, sweet home". Entre temps, les musulmans reprennent, de proche en proche, leurs positions d'antan comme si de rien n'était. Ce n'est pas quelques tentatives de récupération qui vont changer les choses. L'attrait de l'aventure n'y est plus. Conquérir est une aventure, mais pas la maintenance des territoires conquis.
En 1120, les Templiers, imités par les Hospitaliers, comprenaient l'erreur, le laxisme et comment la corriger. Associer les deux cultures en combinant la stratégie lourde des chevaliers à la tactique légère de la guérilla des musulmans et ajouter l'efficacité de la discipline.
En 1144, la situation se complique pourtant. Les États francs sont reconquis par l'émir Zengi à Edesse.
En 1145, un autre Pape, Eugène III, se devait de laver l'affront mais aussi, de changer le scénario et les appâts pour relancer la machine de guerre. Une bulle "Quantum praedecessores", envoyée à Louis VII, va donner une opportunité. "Être croisé" devient une image de marque. La rémission des péchés, la protection des biens et de ceux qui resteraient à domicile, plus de condamnations pour méfaits après l'opération de récupération, l'annulation des dettes, voilà des atouts indéniables pour redonner l'envie de voir du pays. Carottes devant l'âne, qu'il ne faut pas laisser passer. Le pieux Louis VII est aussi intéressé. La paix relative qui régne, ne reste plus dans les prérogatives.
La 2ème croisade s'élançait, donc, en 1147 avec un souverain à la tête. Les voies terrestres restaient mieux pénétrables que les voies maritimes. Il ne faut pas changer ce qui marche. On oubliait les mésaventures de cette traversée de l'Europe. Les montagnes et les cours d'eau à traverser, restaient périlleux. Terres inconnues pour la plupart d'entre eux. En 1149, ce fut un échec considérable. Une préparation minutieuse ne peut effacer un manque complet de stratégie du combat des dirigeants et quelques querelles de clocher pour corser, qui fissurent les ententes les mieux structurées. Résultats: Antioche et Edesse aux oubliettes. La bataille de Hattin en 1187, va mettre le moral à zéro à ces preux chevaliers. Saladin va infliger une défaite mémorable et en reprendre les bénéfices de la victoire. Partie remise.
La 3ème croisade (1189-1192) s'embarque avec les meilleurs, les Rois, les plus redoutables, les ... Rambos. Frédérique Barberousse, Philippe Auguste, Richard Coeur de Lion.... Excusez du peu. Un coup dans l'eau, pourtant. Barberousse se noie lors de la traversée d'un cours d'eau. Compensation, Saint-Jean-d'Acre devient une base de retranchement. La légende du Roi Arthur avec le Saint Graal, l'épée d'Excalibur et la Table Ronde reprennent du service. L'honneur doit rester sauf. Pas question d'être à cheval sur la literie dans ses conditions.
Jésus reste le "top manager", le dépositaire de la question de vivre ou mourir de l'époque. Jérusalem, une pénitence consentie avec ses risques, un châtiment pour une armée de métier avec la Croix comme porte parole. Les chevaliers pauvres vont pouvoir, aussi, y trouver leur compte en se couvrant de gloire. Les plus riches, eux, vont seulement vouloir conforter leurs avoirs. Changement de sponsors et de bénéficiaires.
La 4ème croisade, de 1202 à 1204, va conforter les richesses à Venise. Quelques sauts de puce le long de l'Adriatique dans les possessions plus anciennes, assuraient l'intendance. La croisade s'arrêtera à Constantinople. Jérusalem et les lieux saints ne sont plus l'objectif. Détournement des richesses par le pillage de Constantinople. Nous sommes entre banquiers, investisseurs vénitiens. Ce seront carnages et dégâts collatéraux, comme on le dirait aujourd'hui.
La connaissance de la mer permet de penser à emprunter la voie maritime. Autre aventure. Autres difficultés. Ce sont les tempêtes qui seront au rendez-vous et feront chavirer les pèlerins. Si Molière avait existé, la phrase "Qu'est ce que je suis venu faire dans cette galère" aurait sûrement été prononcée. Dans un environnement hostile et un contexte de troubles de conscience, les B.A. tournent très vite à la désillusion. Changement de programme.
La 5ème croisade de 1217 à 1221, change de patrons et de stratégie. André II de Hongrie et Léopold VI d'Autriche prennent la mer à Spalato (Croatie), mais veulent user du troc de la ville Damiette en Égypte pour récupérer la Ville sainte.
En 1228, la 6ème croisade, la technique d'ambassade continue. Frédéric II de Hohenstaufen utilise, un autre subterfuge, la diplomatie. On négocie. Le traité avec le sultan Malik al-Kamil redonne les lieux saints aux chrétiens.
La 7ème croisade de 1248 à 1254, c'est Saint Louis, lui-même, qui veut s'installer, après avoir croupi dans une prison égyptienne. Son ambition: réorganiser les lieux saints dans la durée.
La 8ème croisade de 1270, c'est la croisade en trop. Saint Louis est Victime du choléra. Sa croisade avortée à Tunis. Cela met un point final aux ambitions de ce Saint. Si la maladie s'en mêle...
Plus tard, les Templiers deviennent un danger politique pour Philippe Le Bel et pour le Pape Clément V. Victimes de la politique, ils seront jugés et condamnés à mort au bûcher après un procès d'hérésie? Hérésie d'avoir été trop organisé, trop drillé, trop efficace pour protéger ses lieux saints? Leur malédiction restera planer au dessus de la tête de leurs juges.
Les voies de la Terre et de la Mer resteront toujours impénétrables comme la voix du Seigneur l'a toujours été.
La conquête de l'espace
Changement d'époque, changement de styles.
800 ans plus tard, voilà une nouvelle conquête qui commence. Plus moderne. Le ciel et les étoiles a, de tous temps, attiré le regard et fait rêver les astronomes mais aucun ne comptait vraiment y faire un tour. Pourtant, deux blocs, deux idéologies, se font face et se détestent. Chacun voudra avoir la suprématie sur l'autre quitte à se mouiller la chemise pour réaliser l'impossible.
L'ambition de conquête est la même. Seul les méthodes et les équipements vont devoir terriblement changer. L'esprit chevaleresque a-t-il été mis en quarantaine? Pas sûr. L'envie de prestige est toujours là, exacerbée par un public devenu plus attentif, plus instruit et plus blasé et qu'il faut garder en haleine par plus d'aventures, encore. Pour l'Occident, c'est la croisade antinommuniste.
Ces deux blocs rivaux, l'Ouest et l'Est, vont s'affronter dans la course à la Lune et du ciel même si le but de départ n'est pas totalement celui-ci. Pas de David, pas de Goliath, du moins, à première vue. Le combat est incertain. Pragmatisme soviétique contre pouvoir et puissance industrielle massive américaine. Aucun des deux ne connaît le potentiel de l'autre, au départ.
Ce 21 juillet 1969, le sort en était jeté. Neil Armstrong posait le pied sur un sol inconnu et prononça la phrase célèbre, imaginée dans l'urgence : "C'est un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité". Apollo 11 restait sur orbite et le Lem, Eagle, se posait dans la Mer de la Tranquillité. Un peu avant l'alunissage, noyé par les infos du radar, un ordinateur de 64K de mémoire ROM et 4K de RAM avait sonné une alarme stridente. "Magnifique désolation" constatait Buzz Aldrin à la vue du sol lunaire. Une bannière étoile à planter. Ramasser un peu de sol lunaire avant le retour.
Conquête de l'espace qui avait déjà douze ans d'âge. Les téléspectateurs avait déjà l'habitude d'écouter le poème symphonique très solennelle de Richard Strauss "Also spracht Zarathoustra". Fond sonore repris par le film "2001, l'Odyssée de l'espace". Tout le monde, à part la Chine, a vécu l'événement devant les télés en noir et blanc avec des images assez floues et se rappelle dès lors son occupation du moment. Ce fut l'euphorie, l'apothéose. (video)
Le Pape Paul VI souhaita "Honneur, salut et bénédiction à tous les artisans de cette grande entreprise" à l'occasion. Certains incrédules osèrent lancer des rumeurs d'imposture.
Le 28 juillet, la Pravda, elle, reprocha à Washington d'utiliser le succès lunaire à des fins politiques. Comme si Zorro prévenait de son arrivée. Titiller l'adversaire suffit parfois pour saper les motivations les plus ancrées. Le pouvoir sur l'esprit est plus fort que toutes les démonstrations. Et si cela s'était mal passé?
En 25 mai 1961, KJ.F. Kennedy avait fixé un objectif pour la fin de la décade d'aller sentir la pesanteur de la Lune pour relever le défi russe. Son discours était enflammé "Voici le moment pour notre nation de prendre ouvertement la première place dans l'exploration de l'espace". Et il fallait le réaliser dans la décade. (video)
Les prédicateurs ne sont jamais les payeurs. Ils sont là pour diffuser les espoirs, quitte à déformer les réalités trop banales de budgets (24 milliards de dollars). L'espoir fait vivre. Il ne verra pas le succès de son entreprise.
Alors, quand l'enthousiasme participe, la rédemption des âmes et les revanches en cascade passent au second plan pour motiver le pire et le meilleur. Guerre des justes contre l'"axe du mal", comme disait G.W.Bush, bien plus tard.
Je ne vais pas reprendre l'histoire de la conquête de l'espace par le menu comme le faisait, pour l'occasion, un autre rédacteur en épisodes de manière très détaillés (1), (2), (3), (4), (5), (6), (7). Toutes les radios et télévisions du monde s'en chargent aussi.
Ici, une seule introduction des étapes principales.
300.000 kilomètres entre la Terre et la Lune, c'est autre chose que la conquête de Jérusalem réalisée par les Croisés. C'est évident. Personne à combattre. L'histoire de Jérusalem, entre temps, reste toujours un point d'achoppement des idées et des religions. Donc, de ce côté, affaire à suivre.
Il y a eu un "avant 1969" et cela a été, aussi, une grande croisade, une épopée avec des naufrages et des catastrophes dans les interstices des succès.
L'aventure, elle, commence dès la fin de la guerre. Wernher von Braun rêve d'aller dans l'espace. Scientifique, après la guerre, acculé, il offre ses service aux USA, qui, avec ses connaissances du V2, de la première fusée, digne de ce nom, ne pouvaient refuser bien longtemps son passé nazi. Son entrée va, un temps seulement, se trouver en compétition avec la Marine des États-Unis. (discussion sur le sujet)
En URSS, Staline, de l'autre côté du rideau de fer, s'était rendu compte pendant la guerre, qu'il fallait se préparer contre le nouvel adversaire américain. Le souvenir des bombes atomique américaines était encore frais dans les esprits. La guerre froide était née. Le communisme contre le capitalisme. Sortir une fusée capable d'envoyer un missile avec une bombe nucléaire de l'autre côté, devenait une obligation instinctive. Là, aussi, un scientifique rêve à l'espace: Sergey Korolev et à rien d'autre. Dans le goulag, entre les travaux forcés, il a eu le temps d'en rêver. Son nom restera dans l'ombre jusqu'à sa mort en 1966, suite à pression exercée par le Politburo.
Destins croisés, objectifs parallèles, entre les scientifiques des deux pôles, qui ne se connaissaient même pas. Objectifs complètement différents du défi politique comme préoccupations des chefs d'État. Un choix à faire entre missiles et satellites. (ARTE et ses émissions sur le sujet).
Les budgets disponibles entre Est et Ouest sont, en réalité, totalement disproportionnés. Le challenger est du côté soviétique en parlant de potentiel. Pour les Russes, il faudra, dès lors, ruser, montrer ou ne pas montrer pour avoir une chance de réussir. Filtrer les informations et même les tenir sous le manteau comme secret d'État pendant des dizaines d'années en cas d'échec. L'esprit démocratique n'est heureusement pas encore au pouvoir en URSS. La vie et la mort, non plus, n'ont pas la même valeur entre l'Est et l'Ouest. Ces préambules donnent une avance au challenger pour compenser un potentiel moins important. La propagande, ensuite, va jouer à fond. Informations filtrées, tronquées contre diffusées avec fanfare.
Retour aux sources, aux initiateurs, aux précurseurs. Jules Verne, Georges Mélies et Hergé avec Tintin en étaient-ils vraiment? Sur papier, oui. La réalisation, c'est autre chose.
Succès et échecs vont se succéder à rythme soutenu dans la réalité.
En 1957, ce fut le premier spoutnik soviétique (vidéo) qui entra dans l'histoire de la croisade moderne entre ces deux mondes. La chienne Laïka fut la première sacrifiée de l'histoire spatiale. Les steppes de Sibérie en revenant sur Terre, ce sont des espaces énormes pour atterrir. Première gifle pour les Américains.
A Bruxelles, à l'Expo 58, dans les grands pavillons de l'URSS et des USA, c'est la grande démonstration de propagande pour les premiers et la tentative de faire oublier le retard pour le second. (Une réplique de Spounik 1 et une représentation de la capsule de la chienne Leïka, première passagère de l'espace, étaient là pour appuyer les efforts du collectivisme russe).
En 1958, réaction du berger à la bergère, les USA réalisent la première mise en orbite avec Explorer1. On préfère amerrir dans l'Océan. Les budgets sont décidés. La NASA est créée. Cap Canaveral est la base de lancement.
L'année 1959 est le retour de la suprématie russe avec Luna 1 qui survole la Lune. Les soviétiques enfoncent, une nouvelle fois, le moral américain en 1961 avec le premier cosmonaute, Youri Gagarine placé en orbite terrestre pendant quelques tours et puis s'en vont. (video)
Un an plus tard, l'astronaute, John Glenn tente d'annuler l'avance soviétique (video). Ham, le concurrent "animal" à Laïka, est revenu sur Terre.
1963, la première femme russe, Valentina Terechkova. Revendication féministe? Non, bien sûr, une simple étape comme une autre.
1967, trois astronautes de la mission Apollo 1 meurent asphyxiés. Komarov subit le même sort dans sa capsule Soyouz. Retours de flammes et du sort quand tout va trop bien.
1968, Apollo 8 permet aux américains d'aller voir les cratères de la Lune de plus prêt. 1969, pour y poser les pieds. Les vols Apollos vont dès lors, retournersur la Lune à rythme soutenu.
En 1970, Apollo 13 remet les pendules à l'heure des risques réels. Un réservoir d'oxygène avait eu la malencontreuse idée d'exploser. Sauvetage in extremis. (video).
L'envie de faire des économies se fait sentir, progressivement. La navette est née. Quoi de plus naturel de penser réutiliser les véhicules de l'espace récupérables. L'enthousiasme américain est à son comble. Tout devient possible.
En 1976, six navettes américaines sont conçues. Le programme russe des navettes sera abandonné en 1993. Trop cher.
Les navettes Challenger en 1986, Columbia, en 2003, qui se désintègreront, pour rappeler que rien n'est gagné définitivement. Sept astronautes perdus dans chacune des navettes.
Une conquête de l'espace qui a coûté très probablement la chute de L'URSS et qui ne laisse que des cacahuètes des efforts consentis pour les américains "terrestres" avec des dettes qui s'amoncellent. Personne n'imagine qu'une crise puisse survenir un jour. Le low-cost et ses prémices ne vont pas remettre les pendules à l'heure.
1979, l'Europe relève le défi et la fusée européenne Ariane prend la relève avec des chances multiples. La "panne" des Américains après la perte de Challenger, permet d'espérer à un avenir florissant pour leur propre fusée.
1982, le premier spationaute français porte la preuve des capacités du lanceur Ariane.
1983, Ronald Reagan relance une idée de conquête différente. Sa "Guerre des Étoiles". L'instinct reprend toujours ses droits. La Perestroïka est encore dans les limbes.
1998, l'ISS international commence à se construire. (video)
2001, premier touriste met les possibilités dans le civil à coups de millions de dollars (video)
2003, SHouzhu 5 met en "boîte" son premier taïkonaute.
(video)
2004, Mars n'est plus une planète que l'on voit par temps clair. (video)
Quels sont les retours bénéfiques pour tous de cette conquête de l'espace? Les spécialistes répondront: les nouvelles technologies, des expériences en milieu spatial, des retombées scientifiques par les recherches importantes en apesanteur réalisés dans l'ISS avec le laboratoire de l'espace (Exemples: la fusion de métaux entre eux pour réaliser des ordinateurs plus puissants ou des médicaments plus pur, la pesanteur masquant les réactions, les produits détergents par la mousse aux réactions spécifiques, la médecine, les télécommunications...). Il y a eu aussi d'autres points moins connus tel que l'obligation d'oublier un peu le marketing en standardisant les contacts entre les différents éléments utiles de la station spatiale. Rappelons aussi, qu'en 1961, entre les deux "K", Kennedy et Khrouchtchev, cela a manqué de tourner au désastre pour le monde dans une guerre nucléaire. Si l'espace n'avait pas changer la donne en perdant quelques milliards de dollars dans l'espace, que ce serait-il passé du côté militaire?
Moins bénéfique, la poubelle des engins qui voguent dans l'espace à la gloire de notre époque prestigieuse et toujours prêts à retomber un jour. Sur la lune, abandonnés, 3 jeeps, 6 drapeaux américains des carcasses de sonde, 170 tonnes de déchets. Sur Terre, les Etats-Unis sont en retard avec le côté social, l'éducation qui aurait pu être moins sélective, voire exclusive.
Le progrès est-il à ce prix? Peut-être. Le spectacle? Absolument. L'émotion? Toujours.
Que faisions-nous le jour où l'homme a marché sur la Lune? Les réponses n'ont pas manquées.
J'ai toujours été surpris de la mémoire des gens et de la fougue avec laquelle, ils communiquaient leurs souvenirs d'événements heureux alors que les malheureux, les tristes et déchirants étaient subrepticement occultés. L'honneur d'y avoir été, d'être présents et probablement d'avoir la chance d'avoir survécu des moments hors du commun?
La navette avait été créée pour raison de coût. Pourtant, aujourd'hui, ses jours sont comptés. Il s'avère qu'elles ont été bien plus coûteuses que les fusées, elles-mêmes. Mais en revenir à celles-ci, sera, peut-être, tout aussi difficile pour les Américains. On oublie très vite ou plutôt, on est très vite obsolète si on perd la "main".
Les vétérans, les 12 hommes qui ont foulé le sol lunaire entre 1969 et 1972, ont marqué l'histoire. Incontestable. Les honneurs n'ont pas toujours apporté la lumière. Neil Armstrong s'est replié dans une sorte d'autisme, obsédé par les traces de pas qu'il a laissées dans la poussière lunaire et refuse tout interview en intentant un procès à tous ceux qui tenteraient d'outrepasser. Edgar Mitchell s'est versé dans le mysticisme. James Irwin raconte avoir senti la présence de Dieu au cours de son voyage. Alan Bean peint la Lune comme seul sujet obsessionnel de ses pensées.
Conclusions:
L'espace et les croisades d'antan avaient, toutes deux, à l'origine une rivalité entre deux entités.
Le voyage touristique terrestre, aujourd'hui, a permis d'aller voir avec ses yeux que le paradis n'existe nulle part et surtout comment ses contemporains vivent ou survivent. La Lune n'est qu'une étape. Très proche et pourtant, tellement difficile d'accès.
Formidables incitents que la rivalité et le voyage !
Faudrait-il qu'il y ait une nouvelle concurrence forte pour que les choses avancent? Des projets existent, mais Mars et autres sont dans les tablettes pour des horizons lointains. Que se passera-t-il entre temps? Les distances sont totalement différentes. Si, Mars n'est que la première étape d'une conquête, les vitesses atteintes devront considérablement évoluer. Les années lumières restent pour la cinématographie de la "Guerre des Etoiles".
En 2004, GW Bush annonçait le projet Constellation qui voudrait voir le retour sur la Lune en 2020 et l'installation d'une base permanente en 2025. La crise actuelle pourrait bien postposer la réalisation de ce rêve pour qu'il ne devienne pas un mirage. Barack Obama a chargé Norman Augustine, de réexaminer de manière approfondie, ce programme.
Le travail d'équipe ne suffit pas comme impulsion. La maxime dit que le ridicule ne tue pas. C'est vrai, il ne le fait que quand il est à répétition.
Le projet de l'espace avec l'ISS a commencé un recentrement au niveau international. La concurrence n'est pas morte pourtant. "Expérience, tu ne nous rattraperas jamais", écrivais-je, il y a déjà 2 ans à l'occasion des vols chinois.
Pourtant, s'il y a bien un projet qui monopoliserait le monde entier et ses habitants, c'est l'espace. Sur Terre, tout a été découvert en dehors des profondeurs maritimes.
De plus, l'espace ne fait pas uniquement rêver. Il peut faire peur, aussi. Une nouvelle météorite, un peu plus grosse que d'habitude, pourrait avoir des envies de rencontre avec notre Terre. Il n'y aurait, alors, rien pour la contrer ou de lui prier d'aller voir ailleurs. L'atmosphère permet heureusement d'éviter la plupart de ces morceaux d'ailleurs, mais, il est, aujourd'hui, convenu que la disparition des dinosaures est survenue suite à l'impact d'un météorite.
L'esprit des croisades du Moyen-âge est loin. Les sacrifices ne sont plus ce qu'ils étaient sur les champs de batailles. Ils sont devenus volontaires. Se battre pour la Science et pour le progrès des générations suivantes.
La passion de l'espace et l'envie de connaître sont devenus les drogues de notre temps. Le goût de l'exploit fait toujours recette.
Méfions-nous de la ferveur. Le spirituel peut être très temporel et surtout glouton dans ses ambitions, en gloires héroïques et en dégâts pour l'humanité à mettre dans les profits et pertes.
Les nouvelles croisades s'appellent désormais, djihad ou par d'autres noms, tout aussi impressionnants avec des références plus ou moins douteuses à la religion.
A part, les kamikazes, l'homme moderne ne se sacrifie plus avec les armes à la main. Un Pape ne parviendrait plus à le convaincre. C'est le progrès de notre époque.
L'enfer est très souvent pavé de très bonnes intentions, au nom du paradis.
La compétition est ailleurs et pas nécessairement plus pacifique.
Aujourd'hui, certains diront toujours "God bless you".
Dans une relation, parent-enfant, entre dirigeants et dirigés, le prestige et les honneurs resteront les meilleurs agents liants. L'aventure complète, ensuite, le tableau.
Belge, je me dois de fêter trois anniversaires. Le 21 juillet, bien sûr, c'est notre fête nationale belge.
En voici des images matinales toutes fraiches.
Eddy Merck endossait trois maillots au Tour de France, le 20 juillet 1969. Mais, c'est à 3h56, heure française, le 21 juillet, qu'on apprenait que le premier pas de l'homme avait été apposé sur la Lune, le satellite de notre Terre. 40ème anniversaire fertile en événements.
Nous gardons un oeil vers l'espace à l'Euro Space Center de Redu. Je serais mal vu par Dirk Frimout et par Frank De Winne (son message du 21 juillet) qui est là haut actuellement pour plusieurs mois de ne pas y faire allusion.
Non, Historia, dans le fond, avec le parallélisme des deux sujets dans un même magazine et les hasards de la publication, ce n'était, en définitive, pas une mauvaise idée.
L'Enfoiré,
Des commentaires croisés qui se cachent chez Agoravox?
Citations:
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"C'est lorsque vous avez chaussé vos pantoufles que vous rêvez d'aventure. En pleine aventure, vous avez la nostalgie de vos pantoufles.", Thornton Wilder
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"Choisir, c'est sans cesse rejeter celui que tu es, pour celui que tu pourrais être. C'est l'esprit d'aventure.", Paul La Cour
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"En ce monde, on vit mieux en disant la bonne aventure qu'en disant la vérité.", Georg Christoph Lictenberg
03:55 Publié dans Histoire, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
16/07/2009
Suffixe "variable"
L'évolution, encore et toujours. Parce qu'elle varie, elle-même; dans le temps au fil des découvertes. Elle progresse. Après 150 ans, le Néo-darwinisme a fait évoluer sa théorie et pas uniquement la sienne. Les mentalités, elles-mêmes, en furent altérées. Pourquoi pas, une conversation imaginaire dans le temps à la recherche des chaînons manquants?
Après l'article "Préfixe 'Evoluer'", le Science et Vie de juin (n°1101) faisait l'inventaire des dernières investigations et découvertes que Darwin ne pouvait pas connaître.
La théorie de l'Évolution évolue elle-même. Alors, si on y mettait un peu d'humour avec une rencontre imaginaire, du 3ème type, mêlée à de l'histoire très post-moderne ?
Hériter n'est ce pas la meilleure manière de continuer? Malheureusement ou heureusement, en fonction du bénéficiaire, peut aussi se voir amputer de beaucoup d'acquis de la génération précédente ou s'en voir conserver une partie à l'insu de son plein gré. Car, on ne conserve rien tel quel. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout change ou se déplace... de poche, aussi.
Où, il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir. Ce ne sont pas les gènes qui vont contredire ce principe de base. Pour les individus, ce serait entre égoïsme ou altruisme avec l'environnement comme toile de fond. Pour les gènes, dans le fond, ce n'est pas tellement différent.
Chacun sur son arbre de vie et laissons faire la nature des choses. Mais qu'entend-on dans la forêt?
- "Espèce de con, pourquoi as-tu fait cela? Tu ne connais pas la dernière interprétation et sa dernière évolution?", dit une petite voix avec mauvais caractère.
- "Sale canaris, mal emplumé. Qu'est ce qu'une "espèce de con", au moins le sais-tu, de quelle espèce, es-tu? Chacun doit avancer à son rythme pour parler d'espèces et les vaches seront bien gardée. Qui t'as donné ce sale caractère? De qui as-tu hérité cela", répond une grosse voix.
Ils ne s'étaient même jamais rencontrés avant, ces deux-là et ils n'étaient déjà pas d'accord. Vite dit, donc, de chercher à s'entendre, dans ce monde-là. Alors, fusionner, vallait mieux pas.
La Science, elle, a ses raisons que la raison adore exprimer avec le plus de précisions, quitte à noyer le poisson.
Le mystère allait-il s'épaissir ou s'applanir? La réponse est très dépendante des interlocuteurs et, eux, très dépendants de leur racine et de leur Foi.
A l'écoute, Darwin se réveilla et s'en retourna même dans sa tombe à entendre ces mots.
- "Je me suis basé sur mon intuition avec mes pinsons à bec variable et ça me fait une belle jambe de retrouver votre ancêtre commun qui évolue au fil de vos fantaisies de générations. Le résultat avec toi reste plutôt très douteux.", dit la voix caverneuse de Darwin.
- "Mais, calme-toi, on n'est pas fâché, cher Darwin. Seulement une petite querelle de voisinage. C'est la loi, par ici. Les mots dépassent souvent les pensées les plus intimes. Il faut répondre à vitesse ou à impulsions réduites en jouant sur les gaz et la pédale de l'accélérateur. Tu sais, la spéciation passe aussi par les allèles et un peu de sélection naturelle comme antidotes aux réactions trop rapides ou mal appropriées, cela ne fait pas de mal.", s'empresse de répondre le pinson. "Il faut seulement s'adapter aux circonstances. Tout change ici bas, mais toujours à vitesse variable. Il faut donné le temps au temps, que diable. Ta théorie, tu as mis le temps à la sortir. Mon bec, si je dois en plus, le fermer, où irais-je? Et puis, je ne suis pas naturaliste, moi. Donc, tu devrais en savoir plus sur la question, non? L'hérédité, cela ne te dit rien?".
- "L'hérédité et les héritages sont affaire de niveau de parenté au bénéfice du plus rapproché. La ligne directe, c'est le pactole assuré. Ce l'est un peu moins pour les copains dans la nature environnante. Le copinage, les arrières petits neveux, il faudra qu'ils s'y fassent. Ils n'auront pas la gloire avec l'héritage.".
- "Exactement. Ça c'est chez les individus. Tu en connais les risques. C'est presque identique dans l'infiniment petit. Les généticiens, depuis ton départ, ont relevé le gant et ils l'ont très souvent largement ouverte cette hérédité avec beaucoup de théories, en plus. L'ADN a de ses secrets que le commun des mortels ne peut pas se rendre compte, sans se poser beaucoup de questions. Ces généticiens ont, souvent, des réponses que tu ne comprends pas tout de suite mais qui sont très peu fixées dans le durable. Donc ne t'en fais pas trop. Il est tellement instable, ce serpentin, face à tellement d'ennemis ou de faux amis. Cent génomes d'animaux. Mille génomes de bactéries. Des milliers de génomes viraux. Tous, séquencés, aujourd'hui. Te rends-tu compte du boulot pour ces généticiens?".
- "Des généticiens, des génomes? Je dois avoir manqué quelques marches dans la compréhension. Mon concept et mes convictions ont toujours été "Croisez et multipliez", j'ai toujours pratiqué cela avec ma famille. Neuf enfants, c'est pas mal, non? Mon épouse n'a peut-être pas l'intelligence de l'homme, mais de la tendresse, bordel ! Qu'est-ce que t'en fait? Explique moi."
- "D'accord. C'est Mendel qui expliqua, en premier, avec son support matériel de l'hérédité que les avoirs, les acquis se transmettent par les gènes entre générations. Mais ce n'est pas tout, ceux-ci peuvent muter au passage. Tu ne me reconnaîtrais pas avec ma couleur bariolée d'aujourd'hui. Et pourtant, mon plumage n'est déjà plus le même qu'à ma naissance. J'évolue même entre mes contemporains. Quant à mon ramage, en cherchant bien, La Fontaine pourrait bien avoir une fable cachée dans son mémento pour la décrire. Pour l'idée que tu te fais de la femme, il faudra un peu la réviser, à mon avis. Sais-tu que chez mes contemporains humains, c'est la crise et un plan de relance parle d'investir dans la femme sous le terme de Womenomics? Ça, t'en bouche un coin, non? Pendant toute ta vie tu as été malade. Sans le savoir, tu étais, probablement, en déphasage avec la sélection naturelle. Avec ta stature courbée, ta barbe en bataille, qui sait, tu étais, peut-être, non viable."
Darwin, étourdit, réfléchissait. La moutarde commençait à lui remonter par les narines. "Non viable?", se disait-il. L'intelligence de ce rejeton dépassait celui de ses pères. Jamais entendu un pinson qui parle et qui soit si féru d'érudition et si insolent, à la fois. La descendance avec mutation devient une véritable descendance d'enfer, pensa-t-il. Plus aucun respect pour les aînés. Pourtant, intrigué, il demanda:
- "Tu parles d'ADN. De quoi s'agit-il? Serait-ce l'"Âme à Dose Naturelle"?, s'inquiète Darwin.
- "Non, l'Acide Désoxyribonucléique. C'est la partition de la symphonie génétique. T'es pas au courant? James Watson et Francis Crick l'ont découvert bien après toi. T'as vraiment une structure vestigiale, dit? Génotypes vers phénotypes, pour ne rien te cacher."
Darwin commence à chanter mentalement "Il est malade, complètement malade", tandis que le pinson, joyeux, sautant de branche en branche, continuait sa théorie post-moderne tout en continuant à faire l'étalage de ses connaissances.
- "Nous sommes marqués chimiquement. Les pros de ce marquage appellent cela de l'épigénétique. Stephen Jay Gould expliquait, ainsi, l'élasticité de notre évolution dans sa vitesse d'exécution contrairement à ce tu disais, au sujet de l'évolution, graduelle et lente. C'est à vitesse variable. Cela expliquerait même les chaînons manquants chez tes chers fossiles en y apportant des ponts inattendus. Véritable équilibre ponctué par quelques monstres prometteurs mais qui restent heureusement anecdotiques. Question d'interpréter la partition, les protéines, les virus, par exemple, sont dans le coup et influencent l'ARN. Ils s'attaquent à l'ADN pour en déstabiliser l'édifice, encore plus. Tout est imbriqué dans le processus. Tous pour un, un pour tous. Dans ce jeu, on en oublie, si c'est la poule qui a fait l'œuf ou l'inverse. Contradictoire, tout cela? Non, complémentaire. C'est ce qu'on appelle la discipline de l'évo-dévo. Non, c'est une "super synthèse", du saltationnisme.".
- "ARN? Qu'est ce, encore, cela? L'Attraction Répréhensible Naturelle? Espèce de pinson, qui ne parle plus mon langage. Tu recommences? T'as la couleur de tes plumes et de tes poux. Même pas une queue plus longue, mais pour ce qui est de la tête, t'as exagéré avec le plomb. T'es vraiment plus le fils de ton père et de ta mère. Mutant, va."
- "Encore une fois, tu te trompes. L'ARN, c'est de l'acide ribonucléique et la spéciation a eu des effets qu'il faut juger sur pièce. Le découvreur, c'est entre autres, Marshall Nirenberg. T'as qu'à t'y faire, aujourd'hui, on découvre les choses en équipes. Carl von Linné, tu t'en souviens, peut-être, espérait pouvoir nous classifier avec ses étamines, ses pistils à en choquer plus d'un de son époque. Et bien non, c'est plus compliqué que cela, il y a, en plus, un flou artistique. Ces sacrés emmerdeurs de virus ont tout cassé avec leurs subtilités du travail bien fait en véritables kamikazes. Leur évolvabilité est diablement plus rapide sans consensus. C'est, parfois, une explosion qui fait évoluer et il faudra chercher une nouvelle niche écologique, comme dit Mark Pagel. Car il y a les accidents de parcours, qui, en définitive, marchent à merveille, comme avec Alice, ma copine, qui vole plus vite que moi avec son bec aérodynamique. Et le concept de la co-évolution en symbiose, des transposons, avec les bénéfices partagés et le stress qui influence, tu connais?"
- "Tu me les gonfles. Tu es devenu un virus dangereux, un carriériste qui se gargarise de mots, pinson de mes deux. Mais ce qu'on ne pourra jamais me reprocher, c'est d'être écolo avant l'heure. Et, ça cela vaut tous les mots de la terre.".
Manifestement, la conversation s'envenimait. Un véritable dialogue de sourds. Querelles de générations, aussi. Ces jeunes ne pensent qu'à l'évolution de leur carrière. Le pinson en avait encore beaucoup de choses à raconter à Darwin. Traduit par Clémence Royer, sa théorie à fait des émules dans pas mal de secteurs et certains en ont tiré des conclusions hâtives en soutien à leur propre théorie qui n'avait plus rien à voir avec l'idée scientifique. Le mot d'eugéniste, lui brûlait le bout du bec. Lui parler de son fils aîné, qui, lui aussi, n'était pas exempt de fantasmes. Traduire n'est ce pas trahir?
Mais, il était vraiment temps que chacun reprennent sa route.
Le pinson s'envola et Darwin se retourna en réfléchissant à un ailleurs meilleur.
Il n'aurait même pas osé parler d'informatique, alors que là aussi, des processus d'héritage existaient au grand bénéfice de ses utilisateurs et développeurs. 
Il ne chercha pas son Créateur. Il pensa donc simplement qu'il était et qu'il continuerait son chemin dans le ciel jusqu'à la fin des temps. Il ne voulait pas en savoir plus.
Il n'avait pas entendu le biologiste russe Theodosius Dobzhansky dire « Rien n'a de sens en biologie, si ce n'est à la lumière de l'évolution ». Mais, ce n'était certainement pas dit dans sa langue de pinson.
Cela aurait pu le rassurer un peu, pourtant, avec des principes simples, universels et complémentaires de la descendance avec modification et de sa sélection naturelle.
Depuis, Armand de Ricqlès avait constaté que "La théorie synthétique a fortement évolué par incorporation - et donc dépassement - de points de vue initialement très critiques et par l'émergence de champs nouveaux venant la compléter".
Massimo Pigliucci, lui, se taisait mais il n'en pensait pas moins.
La théorie de l'évolution pourrait-elle devenir, enfin, prédictive et dessiner l'évolution future des êtres vivants? Là, ce serait aller trop loin. Ce n'est pas le but du jeu. L'histoire est pavée de "trop" bonnes intentions. Les apprentis sorciers habitent souvent le futur, que l'on voudrait ne pas avoir à imaginer.
Que le Futuroscope de Poitiers eut pu imaginer un tortunosaure, passe encore, mais, n'est pas singe qui veut.
Modifier un homme vers son propre progrès? Quel progrès? De toute façon, il faudrait terriblement le bricoler pour qu'il reste varié, cet homme, sans devenir "avarié".
Alors, les sélections ne sont plus tout à fait naturelles. Contre nature, même. Les castings ont commencé.
Pour évoluer, aujourd'hui, rien ne sert de partir à point, il faut toujours courir.
L'Enfoiré,
Sur Agoravox, des commentaires variés ou avariés?
Citations:
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"Si on repassait le film de la vie, le scénario ne serait pas le même", Stephen Jay Gould
-
"L'évolution est une théorie au sens propre du terme, c'est-à-dire une vaste synthèse intégrant et rendant compte d'une multitude de données observationnelles et expérimentales dans un cadre rationnel et unifié. Ce n'est donc, pas une hypothèse parmi d'autres mais un système ouvert.", Armand de Ricqlès
08:30 Publié dans Actualité, Histoire, Nature et Ecologie, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09/07/2009
Que c'est triste Venise
Le monde entier connaît Venise. Parfois un pèlerinage est nécessaire pour voir ce qui y a changé. Alors, en route, à pieds ou à rames, mais surtout pas en voiture. C'est la période des vacances, non?
Que c'est triste Venise
Au temps des visites mortes
Que c'est triste Venise
Quand on n'y pense plus
On cherche encore des mots
Mais l'oubli les emporte
On voudrais bien rêver
Mais on ne le peut plus

Que c'est triste Venise
Lorsque les barcarolles
Ne viennent souligner
Que des souvenirs creux
Et que le cœur se serre
En pensant aux gondoles
Abriter le bonheur
Des couples amoureux
Que c'est triste Venise
Au temps des visites mortes
Que c'est triste Venise
Quand on n'y pense plus
Les musées, les églises
Ouvrent en vain leurs portes
Subtile beauté
Devant nos yeux repus
Que c'est triste Venise
Le soir sur la lagune
Quand on cherche une main
Que l'on ne prend pas
Et que l'on ironise
Devant le clair de lune
Pour tenter de se rappeler
Ce qu'on ne rêve pas
Bonjour tout les pigeons
Qui nous ont fait escorte
Bonjour Pont des Soupirs
Bonjour passés perdus
C'est trop triste Venise
Au temps des visites mortes
C'est trop triste Venise
Quand on n'y pense plus
--------
Que dire de plus, après cette chanson qui date déjà de 1964 avec des paroles de Françoise Dorin? Ne cherchez pas, ce n'est plus l'original. Je me suis attaché à lui changer quelques mots.
Après un long weekend épique du 15 août, il y a déjà 30 ans, je me devais de retourner à Venise qui a eu tant d'heures de gloires dans son histoire.
Comment choisir les photos parmi tant de vues prises sur place, tant d'images, tant de vies qui ont déambulé dans ses ruelles, navigué sur ses canaux et traversé ses ponts?
Pas de soleil, ce jour-là. Pas de voitures pour nous rappeler à l'ordre, ici. Tout se passe au fil de l'eau, de la naissance de l'homme, en passant par sa vie active, commerciale et jusqu'à son dernier voyage.
Venise sait qu'elle est belle. Séductrice, envoûtante, magique... sont des adjectifs qui lui vont bien. Elle sait se faire aimer et payer à sa juste valeur. Il faut seulement du temps au visiteur. Des Palais à ne plus savoir qu'en faire: Ca' d'Oro, Ca' Foscari, Ca' Dario... se prélassent, au soleil, le long du Grand Canal.
Pas question de se perdre à Venise, grâce à lui. Son "S" inversé est un guide, tout à fait efficace. La voie est d'ailleurs usée par les pas, entre la gare et la place Saint Marc. "Dritto" est la réponse standard, à toutes questions sur la direction à suivre. Une véritable ornière s'est creusée. Il n'y a qu'à la suivre dans le flot incessant des touristes, en gardant bien sa droite pour suivre un règlement implicite du piéton fair play. Au Pont de Rialto, on est très proche. Le monde s'y est agglutiné. Pas question de le rater.
Ravissements, une fois, arrivé à destination. La place s'offre, grande, au sortir d'une ruelle étroite. Le son de violon du Caffè Florian ajoute au cérémonial de l'accueil. Nous sommes chez Vivaldi, autant s'en rappeler. Café, ouvert depuis 1720, rien que pour préciser son passé prestigieux à l'ombre de ses alcoves.
Sous l'impulsion vigilante de la Torre dell'Orologio, les deux Maures, eux, scandent, imperturbables, les heures d'un coup de gong, depuis plus de cinq cents ans.
En été, la distraction est de mise. Elle est même conseillée. Des publicités pour les spectacles s'étallent à la vue de chacun. On s'affère, dès lors, pour installer les tréteaux d'une énorme scène sur la place. Il faut s'y habituer, on a l'habitude de voir grand par ici.
La basilique est toujours auréolée de mosaïques sur la façade. Elle demande une patience infinie pour être abordée par l'intérieur. Une longue file, à l'entrée, figée, avant de passer à la visite en cortège dans ses dédales de couloirs fait peur. Je sais, il faut se faire désirer, mais, quand le temps est compté, c'est risqué de passer à côté de beaucoup d'autres choses. Je resterai donc sur mes souvenirs d'antan.
Le Palais des Doges reste la visite rituelle des touristes. Pas question de partir et ne pas s'y être intéressé d'une façon ou d'une autre. Tout s'y prête à l'invitation: les souvenirs, l'histoire, la littérature... Les salles du Palazzo Ducale avec des toiles illustres vont défiler devant nos yeux. Les prisons font froid dans le dos. Pas étonnant que Casanova ait fait la belle pour retrouver les beaux yeux d'une autre belle.
Sur la place, les pigeons sont au rendez-vous. Sans eux, Venise ne serait pas ce qu'elle est. Ce n'est pas le lion de pierres, l'emblème de la ville, qui les empêcherait de prendre cette place et de laisser quelques fientes sous leurs pattes en guise de rémunération à leurs promenades. Car, "à Venise, les pigeons marchent et les lions volent", disait Cocteau. 
Plus loin, le Pont des Soupirs se préparait, cette fois, une cure de jeunesse, caché derrière une publicité trop actuelle. Etre sponsor donne-t-il tous les droits?, me demandais-je. Les pubs envahissantes ont d'ailleurs pris place sur d'autres monuments à des endroits très stratégiques qui ne méritaient pas ce déluge de modernités.
Elle est aussi secrète, cette ville. Il suffit de passer dans un autre quartier moins fréquenté pour s'en apercevoir. Des ruelles étroites, de petits ponts, permettent, alors, de flâner dans un autre temps, dans le silence revenu, tout en ne s'écartant pas du Grand Canal. Havres de paix, bien cachés, où les oiseaux perdent encore le temps à l'ombre des places et des arbres. Autre monde, presque autre époque, aussi.
Son histoire est pourtant fébrile et remonte bien avant notre ère. Mais, elle a vraiment commencé lorsque vers 450, les Barbares lombards ont fait fuir les Vénitiens sur les îles de la lagune et tout s'est enchaîné. Les habitants sont devenus insulaires, réfugiés des temps jadis et riches. L'influence de la Vénétie n'allait ensuite que s'affirmer et se confirmer comme un véritable monopole du monde commercial de l'époque. La 4ème croisade apportait richesses et renommée dans toute la Méditerranée. Le voyage de Marco Polo, sur la route de la soie, étendait la connaissance du monde asiatique pour sa ville.
Du premier Doge, Paolo Lucio Anafesto au dernier, Ludovico Manin, le 120ème, la Sérénissime République de Venise connut les fastes les plus brillants. Grâce à sa suprématie maritime, le commerce des épices exotiques, des soies, du sel, de tissus orientaux ont été surprenant d'efficacité. Les vestiges de l'autorité vénitiennne se retrouvent partout sur les rives de l'Adriatique. 
Les campaniles des églises s'élèvent sur tous les horizons bien au delà de la Vénétie. Une population stable que ne dépassa guère les 160.000 habitants.
Son déclin n'est dû qu'aux coups de boutoir ottomans. Le rouleau compresseur turc lui a fait perdre la Crète, Chypre et, plus grave, l'autorité sur la Méditerranée. La peste noire décimera aussi une partie de sa population. De banquière, la ville s'est vue contrainte d'emprunter pour maintenir son train de vie fastueux. Bonaparte mit un terme à cette tradition de succès et de maîtres incontestés, les Doges.
Des personnages célèbres dans tous les domaines artistiques font parler d'eux avec Venise comme filtre ou toile de fond. Tous chantent sa gloire avec leurs moyens d'expression propres: Vivaldi, Albinoni, Casanova, Monteverdi, Shakespeare, Mann, Musset, Byron, Titien ... Jusqu'au cinéma avec son festival, mais aussi de Bond en Bond par 3 fois (en 1963, 1979, 2004).
Capitale du plaisir à l'extrême. Le plaisir trouvait écho par son Carnaval unique au 18ème siècle. Celui-ci pouvait durer jusqu'à 6 mois sans discontinuer. Il se perpétue de manière très aristocratique, aujourd'hui. La richesse des parures en témoigne.
Le plaisir charnel, aussi, pour les riches et les pauvres donnait du travail à 11.600 courtisanes, parfaitement enregistrées, obligées d'exhiber leurs poitrines pour attirer le maximum d'"âmes sensibles et charitables". Le Rio Terra Rampani près du Pont delle Tette les abritait. La Calle del Paradiso complétait le tableau avec le nom prédestiné.
Sirène endormie, Venise a trouvé son Prince Charmant après les travaux de salubrité et grâce au train qui la relie au continent: le tourisme triomphant. Le patrimoine culturel se retrouve en bonne place dans celui de l'Unesco se vénère comme il se doit.
La crise récente a probablement effleurée les habitudes, mais pas vraiment touchée vu le nombre de ses visiteurs. La ville reste riche de son passé. Visiteurs bourgeois ou, plus simplement amateurs de culture sous toutes ses formes.
Triste Venise? Si, elle incite à la nostalgie, c'est une nostalgie par séquences, avec des minutes qui sont comptées, pourtant, entrecoupées de stress, d'urgences comme partout ailleurs. Impressions sans véritables réalités, donc.
La région, la Vénétie, très conservatrice, très religieuse, sous contrôle de la Ligue du Nord comprend Padova, Treviso et Vicenza, en véritables émules aristocratiques de Venise. La région renferme un nombre très important de palais prestigieux, occupés par des familles vénitiennes.
En hiver, Venise mériterait plus la version originale de cette chanson que chantait Charles Aznavour. Nimbée d'irréalité, sous une chape de brouillards, portée par les brumes marines, la Cité des Doges devient alors, mystérieuse et fantasmagorique. La période du Carnaval, avec ses revenants de la lagune, tente seulement d'émerveiller, de surprendre, pendant une période plus courte que par le passé.
Triste Venise? Question de point de vue. Ce sera sous les fentes des masques inquiétants ou avec l'esprit plus intimiste sous les voiles.
La cité a un don pour jouer à s'aimer sur les gondoles, aidées par les prouesses chantantes du gondolier. Ce sera parfois avec le téléphone portable dans une main. Tout se modernise. Le métier de gondolier ne fait pas exception.
Le 15ème siècle a tellement magnifié ces embarcations de 11 mètres de long, asymétriques, de couleur noire par décret, que la facture pour les assembler s'élève au bas mot à 25.000 euros. Alors, on amortit la dépense au mieux des courses.
Oui, Venise joue son va-tout, sans casino, sur la corde sensible de nos rêves et de nos euros.
Le vaporetto, lui, restera toujours plus anonyme, plus standard, plus utilisé car moins cher et plus rapide. Quant au gondolino, c'est pour la course, pas pour le commun des mortels. La fameuse limitation de vitesses ne peut être transgresser que par les vedettes de la police, les ambulances et les pompiers. Tous se croisent dans un désordre apparent mais qui reste parfaitement orchestré dans la sécurité.
Venise, une cité d'exceptions, un passage obligé, la Mecque du tourisme à l'italienne?
Tous ces pseudonymes lui conviennent, très certainement, aussi.
Bruges, notre Venise du Nord, ne fait pas le poids vis-à-vis de l'originale. On n'a que les prétentions que l'on peut.
Mais, Venise est, aussi, contre nature car la lagune garde sa loi qui n'est pas celle des hommes.
L'Acqua Alta continue à faire peur. L'élévation relative du niveau des mers conjuguée avec l'affaissement dû à la tectonique des plaques n'est pas faite pour calmer les esprits. Pas la peine de rappeler le réchauffement climatique.
Sombrer, elle ne le pourrait, théoriquement, pas, dit-on, pour rassurer. Le projet MOSE, commencé en 2003, prendra fin en 2014. 4 barrières, 78 portes pour séparer la lagune de la mer pendant les grandes marées. Les alternatives ont été analysées mais c'est ce projet qui a été adopté.
Si, André Suares disait de « Venise : quelle ville pour les marins ! Tout flotte et rien ne roule. Un silence divin ! », Pavel Vejonov ne manquait d'ajouter « En ce monde, la moitié des théories n'ont pas d'autre raison que celle de justifier nos actes. ».
Rien n'est décidément parfait en ce bas monde.
L'Enfoiré,
Autres amoureux de Venise qui vous en apprendrons bien plus que moi
08:05 Publié dans Actualité, Réflexions et philosophie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
03/07/2009
Un Geek avant l'heure?
Cette semaine, le Nouvel Obs a un article intitulé « Le Geek, c'est chic ». "Geek", qu'est ce que c'est que ce brol (*)? Serais-je le Monsieur Jourdain de la Geek? En prononciation française, un gigue qui s'ignore? Un gigolo de l'informatique?
Le N.O. dit que l'origine vient d'un mot ancien allemand "Geck" qui désignait l'idiot du village au Moyen Age". "Un monstre de foire à qui on lançait des cacahuètes", un peu plus tard.
Cela commence fort. Vais-je me retrouver dans le jeu de quilles informaticiennes après 40 ans de parcours en commun avec ce surnom et cette étiquette?
Il y a la mythologie Geek. Isaak Asimov avec I-Robot et Philip K. Dick avec « Blade Runner ». Des mythologues, je dirais.
La science fiction, c'est pas trop mon truc. La science friction est déjà bien suffisante. J'aime le tangible, le concret. L'imagination, par contre, à la recherche d'un futur plus automatique ne m'a jamais quité.
- Salle mec, tu as bousillé des emplois avec tes machins électroniques. Tu as volé le pain de la bouche de tes contemporains.
- Tu rêves. T'as envie de te retrouver en Charlot dans les Temps Modernes? Nous sommes en post-moderne, mon cher.
"Le geek adore se réfugier dans un univers imaginaire. C'est un adulte qui n'a pas envie de grandir", explique Alexandre Astier, créateur de "Kaamelote" est-il mentionné dans les lignes de l'article du N.O.
Là, je me retrouve mieux. Pro actif, à la recherche de ce qui pourrait accélérer le travail de l'homme. Les jeux vidéos, cela n'a jamais été mon truc à bits. C'était du pure bit dont on savait qu'il ne variait qu'entre deux statuts, invariablement les mêmes et en alternance.
Du côté "films", "La Guerre des Étoiles", première version, oui. La seconde, du réchauffé pour moi, donc, non. De l'anticipation, pas de la semoule même plus flambante avec gadgets post-modernes.
Plus loin, on parlait du "Geek Magazine". J'ignorais jusqu'à son existence. La surprise de Christian Ung, l'un des fondateur, semblait importante quand il découvrait que "les lecteurs, des 18-35 ans masculins pour lecteurs supplantés par la majorité des réactions des filles". Là, pour moi, la surprise est totale. En quarante ans, aurions-nous les hommes virés en deuxième place avec autant d'efficacité féminine rajeunie? A mon époque, les filles ne voulaient pas en entendre parler qu'à de très rares exceptions avec le jean sous-jacent pour exprimer leur envie garçonne.
Il est vrai qu'à l'époque, on se payait des nuits au chevet de cette machine avec un temps partagé (Time sharing) qui valait son pesant d'or à la minute consommée. Elles sont donc devenues des "geekettes" avec Lisbeth Salander et du polar "Millénium" pour emblème.
Magnifique. Évolution quand tu nous tiens par la barbichette... pardon, par la chevillette.
"Le Geek est devenu tendance". J'en suis fort aise. Normal, il est devenu mandatory. La bête, l'ordi, macro, mini ou micro se retrouvent sur tous les bureaux. Difficile de rester indifférent.
"Un mec pas cool", avant? C'est à voir. Un mec avec lequel on devait prendre rendez-vous, un peu gourou, c'est sûr.
"Peu d'amis, un Amiga 500" et "les mecs pas cool" sont sortis de l'âge ingrat. Est-ce par l'ordinateur et l'envie de caresser ces bits qui clignotent en arbres de Noel?
Que nenni. Qui regarde encore la loupiote qui transmet l'info du réseau? Ce qui passe sur antenne, voilà la potion magique qui a fait virer les mecs à plus de chaleur. Le high-tech, on en consomme, on en confectionne très certainement moins qu'on le dit, aujourd'hui. "Développer", le mot de l'antique qui ne se retrouve que dans les boîtes de soft tel que la grande maison MS ou Google. Chez Steve, les jobs seraient-ils mieux accessibles? Mystère.
Des nouveaux concurrents se chatouillent les coudes à temps partagé mais dans l'intimité. Zapper, oui, en multi même.
- Oui, mais qui s'intéresse aux technique de réentrance des programmes et de la place que ça prend tout cela?
- Mais de quoi tu parles-là? Tu valses dans le porno, ou quoi? Nous, on hérite, on s'intègre et on est polymorphe. Aujourd'hui, on travaille en grand. En "mots", en "macro", en blocs logiques dont on ne connait plus que les tenants et les aboutissants. Tes bits, t'as qu'à te les mettre ou te les faire mettre. On danse la Java. Vu la vitesse de la bécane, qui penserait encore à assembler de manière ordonner pour gagner de la place en mémoire, pour gagner une micro seconde?
- Quoi, vous ne parlez-vous par de "compiler", de compulser, de comprimer, d'analyser? C'est dingue.
- On fait en grand dans le High Tech, de nos jours. On est up-to-date. On fait pas dans la demi mesure, dans le Middle-Tier. On est Geek, pas margoulin dans les limitations. Alors venez pas me parler d'ordinogramme. Les instructions se placeront bien d'elles-mêmes là où elles se trouveront le mieux. C'est étudié "pour", je te dis.
Je ne lui parlerai pas du paradoxe, de l'High Tech qui veut se glisser "in the pocket" mais avec une vision claire sur l'écran noir de ses nuits blanches. Il me ditait encore: pas de problème, on arrive avec l'écran à enrouleur plastic que l'on glissera dans le vieux rouleau qui servait à conserver les cartes de géographie dans le grenier. Les cartes, à la poubelle, elles se retrouveront sur l'écran, actualisées.
Non, fini tout cela, on communique, on tchate, souris en main. On partage. On est solidaire. On est sociable avec sa face sur le book ou en twittant de temps en temps. On se veut le plus gratuit possible. Pour une brique t'as plus rien, donc à quoi cela sert de la faire mousser? Le pingouin payera. Il est tellement charitable, celui-là.
On le dit: « Quand on est passionné, on en compte pas ». Passionné pour quoi, d'ailleurs?
De la boulimie, parait-il? Non, un peu de nostalgie. Un peu trop de temps libre à meubler. Il y a même un colégionnaire qui n'a pas tout compris et qui écrit « C'que c'est con et triste, la vie d'un blogueur ».
- Sorry, j'ai reçu un email de ma copine, je vous laisse quelques instants. Ce Messenger est tellement envahissant en live.
M..., voilà un autre com que je ne peux pas laisser filer. Il est con, ce mec. Ce Sarko continue à ne faire qu'à sa tête. Voilà, qu'il force à utiliser du papier vert à ses ministres. On ne dit pas quel papier. En plus hier, il voulait réformer notre ADSL, notre Approche Désirable Sans Limites ne serait plus HADOPI, Halt Aux Opérateurs Planétaires Indigents. Faudra que je fasse un autre article, là-dessus. Il me les gonfle sérieusement.
On ne se rend pas compte du temps qu'il faut à un Geek pour tout cela. Un Jedi de première, voilà, ce qu'il est. Si vous voulez en garder sous les touches en voici l'adresse.
Ils sont vraiment ignares ces geekless.
Qu'il me dise ce qu'il fait de ses journées.
Toujours d'après le NO, il paraitrait que Franck Lachaise, concepteur d'une campagne pour « pour décharger des amis », que « Le Geek, c'est le loser et le winner à la fois, donc un personnage qui parle à chacun de nous. Il est devenu un prescripteur d'influence essentiel pour le marketing ».
Valérie fait son chemin sur la toile non voilée. Un Pseudo voilé, peut-être?
Je m'en vais la buzzer, celle-là, avec mon cybergeekleur. Un coup dans le geektionnaire pour apprendre le noob, le fake et le flood.
Être Geek, c'est vraiment trop chic, mais il faut savoir de quoi on parle et jusqu'où aller.
L'Enfoiré,
(*) Brol: en dialecte bruxellois voudrait dire "machin indéfinissable", "bric-à-brac", "désordre"
13:21 Publié dans Actualité, Ecole, Jeux et plaisirs, Loisirs, Réflexions et philosophie, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








