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26/08/2011

Histoires d'eaux et de rencontres

Encore une fois, les vacances sont finies pour la plupart d'entre nous. C'est le moment de faire le bilan. Le bilan est mauvais dans beaucoup de domaines et parfois surprenant.

0.jpgMois des vacances, mois de rencontres? Mois fait pour sortir de ses habitudes, du boulot-métro-dodo et se ressourcer dans l'ordre des choses.

Ce 21 août, les festivités rangeaient leurs derniers artifices. On fermait beaucoup de chose, ce jour-là.

Des fêtes en plein air prévues. Tous les organisateurs de fêtes ont eu beaucoup à faire pour maintenir un peu d'humeur joyeuse. Les jours d'ensoleillement et les événements heureux ont été rares.

On se rappelle encore du Tarata en folie devant le Palais Royal de Bruxelles, mas c'était en juin. Plus de 50.000 personnes s'étaient rassemblés. La police avait été prise de court.

Un mois de juillet avec 20 jours de précipitations et 16°C en moyenne. Un mois d'août qui ne vaut guère mieux jusqu'à présent. Ce 26 août, c'est reparti. Précipitations intenses comme si on se trouvait sous les tropiques. Et le moral en prend un coup.

Rappelez-vous, comptez, peu de verres sur la terrasse, de barbecues dans le jardin, cet été. Les rencontres ne se sont pas vraiment organisées. Un printemps à la sauce "été", suivait par un été automnal. Averses, grêle, bourrasques de vent, orages violents, éclairs, la nuit en plein jour et ... catastrophes, synonymes de caves inondées, d'écoulements de boues, de coupures de courant, d'incendies...

Les "Last Minutes" du mois d'août ont vu leur chiffre d'affaire en augmentation de 8 à 25%.

0.jpgSur place, on tire la gueule et la langue.

Et, ça craint jusqu'à créer une peur viscérale.

En juillet, Brussels les Bains avait aussi avoué un flop, contrairement à l'année passée. On était vraiment dans le bain mais un bain, sans soleil.

Ce 21 août, la Foire du Midi fermait et accusait un succès plus que mitigé.

Le Brussels Summer Festival était organisé depuis dix jours. Bien sûr, il avait fait fuir ceux qui habitent dans les parages et qui ne supportent pas le bruit de rassemblement des jeunes. Mais, une fête, un rassemblement avec de la bonne humeur et de la musique, cela ne se refuse pas.

Un autre à Hasselt, il y a une semaine et ce fut le drame. Le giga-rassemblement du Pukkelpop s'était terminé par un déluge. Une tempête d'une force inouîe avait décidé de briser le destin de cinq jeunes. Pour rendre hommage aux victimes, la population des environs se réunissait dans la douleur, encore hier soir. Aura-t-on tiré les leçons et les risques d'un tel rassemblement de foule? L'imprévisible devenait, tout à coup, prévisible.

L'organisateur des Francofolies prenait Pukkepop comme modèle. 0.jpg

C'est la désolation dans le village de Orp-le-Grand. Les inondations et les boues en ont fait le symbole du désespoir pour une 4ème fois. Ce qui avait fait dire à une fillette qu'elle détestait l'été.

Sur les routes, on imaginerait bien passer aux véhicules amphibies.

Le grand rassemblement des jeunes catholiques, le JMJ, à Madrid, avait été contrarié par un orage magistral, mais, côté positif, un million de jeunes se rassemblait.

0.jpgEn France, ce n'est pas mieux.

De l'autre côté de l'Atlantique, on redoute l'arrivée d'Irène.

Que d'eau, que d'eau! On se noie, un peu partout.

En Belgique, on se dit que cela commence vraiment "à bien faire". On ne sait plus s'il faut sortir son "non peut-être" ou son "oui, sans doute", perdus dans notre inconscient.

Les musées ont eu plus de visiteurs que d'habitude. Ça, c'est sûr.

Le malheur des uns fait ... vous connaissez la suite du dicton. Cette fois, il prenait des allures surprenantes.

Alors, comble de malheur, quelque chose qui disparaissait progressivement dans la passivité, réapparaissait dans le malheur: la solidarité, contrainte et forcée pour résister aux éléments déchaînés. Dans l'adversité, les "étiquettes" se décollent. Un entraide pour nettoyer ou en hommage aux victimes. 0.jpg

Après une trêve de trois semaines, l'autre déluge dans la politique belge reprenait. J'en ai assez parlé pour en rajouter une couche.

Ce 21 août, donc, la météo avait prévenu: alerte orange en perspective. Tôt le matin, un coup de tonnerre pour correspondre aux prédictions. Du jogging vers le centre de la ville comme je le fais souvent. Une chaleur moite à ne pas mettre un coureur dehors. 26°C au compteur. Le soleil entre les nuages en avant-plan et l'humidité en arrière-goût. Un mois avant, je me rappelle encore du dernier 21 juillet, c'était alors la drache nationale.

Cette fois, la rue de la Loi, d'habitude encombrée d'un trafic intense, était déserte avec des poteaux de séparation en son milieu. Exception pour quelle raison? Un cycliste l'affichait sur le dos: promenade cycliste de Cyclovia. Photo de son teeshirt. Nous habitons dans la même commune. Un peu de parlote, cela entretient le moral. Une rencontre du hasard qui, comme chacun sait, fait bien les choses.

Un autre type de rencontre avec mon passé dans mon journal.

Le web fête ses 20 ans et rendait le Net d'application publique. J'apprenais qu'un des co-créateurs était belge: l'ingénieur civil belge tongrois, Robert Cailliau.

En 1989, il avait rencontré Tim Berners-Lee. Ensemble, ils imaginaient de créer une bibliothèque électronique. Relier les documents académiques des ordinateurs.  Le concept "Internet" existait depuis les années 60. Entre 1984 et 1988, seules les universités étaient reliées par Internet. Mais créer un réseau mondial nécessitait des techniques puissantes qui n'existaient pas encore. Le prix de la création n'était pas à la bonne hauteur de l'ambition. Le Web demandait un autre stade d'évolution pour gérer le trafic de l'information même avec des normes et des protocoles d'Internet bien connus. Il fallait y donner accès avec d'autres outils pour éveiller l'attention, comme un explorer, les emails, les chats et bien d'autres choses. Le partage du savoir allait de pair.

Il faisait le bilan de cette entreprise mondiale. Son bilan ne correspondait manifestement  pas à ce que l'on pourrait imaginer. Il regrettait que l'usage du Web se restreigne souvent à discuter avec ces mots: "Il y a d'autres utilités et finalités".

Il ne ménage pas ses mots: "Jadis, il y avait  la carte postale pour les banalités. Le café de commerce permettait les discussions. Internet n'est devenu qu'une sorte de Maxitel avec lequel les gens ne se passionnent pas pour le concept mais se focalisent sur l'opportunité de bavarder avec les autres. Aujourd'hui, c'est l’aberration de Facebook. Le monolithe Facebook attrape-mouches. Les mouches vendent leur âme au diable en espérant que celui-ci ne soit pas trop méchant. On crée une page web en quelques clics et on espère avoir des commentaires en retour, commentaires qui ne dépassent, souvent, qu'une appréciation banale dans la rapidité de l'instant. Le Diable, ce sont les virus, les hackers et les utilisations frauduleuses. Du temps du monde académique, Internet avait une éthique très homogène. Personne ne cherchait à s'infiltrer chez son voisin. Pas d'utilisations vénales. La néthique, la "net éthique" inventée pour la forme. Les réseaux sociaux, Google dans ses nuages, incitent à les utiliser puisque cela ne coûte rien, mais gardent leurs lois sous le manteau, cachées en petits caractères dans les règles d'utilisation que plus personne ne lit. "Hors-la-loi", manipulateurs potentiels utilisent les informations à leur propre profit. Un cadre juridique mondial serait nécessaire mais les blocs idéologiques s'y opposent. L’utilisateur ne s'intéresse pas aux adaptations technologiques et psychologiques que cela impose. Pas de cours de conduite comme on pourrait l'obliger pour la conduite d'une voiture. Apprendre un minimum sur ce qu'l y a sous le capot. Alors, ça passe et si ça casse, on remplace quitte à tout perdre.". 

Son site parlait plus de l'aspect technique du web avec ses standards W3C qui n'étaient pas respectés par...  Microsoft. Quant aux nouveaux gadgets que l'on trouve sur smartphones, ses revendications ne s'adoucissaient pas plus. Il déclarait: "C'est comme la commutation de stations de radio dans ma nouvelle voiture. Des fondus enchainés à l'entrée à à la sortie, prenant environ 5 secondes, chacun. Sur mon vieux poste de radio, le changement était instantané. Presque tout est maintenant lent, en raison des effets de transition. Comme le cerveau est plus rapide que les applications d'aujourd'hui, comment bénéficier d'une exemption de la nécessité d'attendre pour les transitions et des animations? S'il y a des paramètres pour ralentir les choses pour certaines personnes, pourrait-on avoir des paramètres pour les autres, de l'autre côté du spectre?".

J'étais près de l'approuver sur la majorité de ses points de vues. Mais, quand il n'y a plus qu'à se rencontrer par l'intérieur, sur Internet que peut-on encore ajouter? C'est vrai Internet a réduit les contacts d'homme à homme pour passer par l'ntermédiaire d'une machine, d'un traiement dans les nuages.   

Bilan pour bilan, que se serait-il passé, pour moi, sans Internet?

A y réfléchir, je serais, peut-être toujours actif au boulot. Sans connexions, le transfert des informations n'aurait pas été aussi facile. Mais, bon, cela a permis d'autres choses positives même si le traitement de celles-ci reste, à distance, perdu dans des incompréhensions culturelles. Je ne serais, probablement, pas ici à vous casser les pieds en adressant un caractère à base de bits, à demi-mots, restreint aux mots et, pire, à tenter d'écrire en double-mots pou traduire des doubles sens.    

Comme tous les ans, à date fixe, dans quelques jours, je tournerai une page de plus dans mon grand livre qui a pour titre "To be or not to be".

0.jpgQue se passait-il, ce 1er septembre 1947, le jour de ma naissance?

Aujourd'hui, c'est Google qui va faire ressortir, en long et en large, les événements du jour. Il n'en a pas tellement. Google doit avoir des lacunes ou des pertes de mémoire! 

C'était un lundi. Encore heureux. Je n'aime pas réveiller le dimanche.

Aux États-Unis, je trouve ces informations. Pas vraiment folichon tout ça...

En France, on ouvrait le 2ème Festival de Cannes. Deux films français se présentaient à la biennale de  Venise: "La Rose et le Réséda" d'après un poème de Louis Aragon, appel à la Résistance par-delà les clivages politiques et religieux, et "Le Diable au corps" de Claude Autant-Lara avec Gérard Philippe, critiqué pour avoir incité à l'exaltation de l'adultère et prôner l'antimilitarisme dont 15 minutes ont été censurées. Terribles entrées en matière évoquées par des vidéos en noir et blanc. Ni l'un ni l'autre ne se trouvent au palmarès. La même année, Bruxelles se donnait des allures cannoises en organisant une festival international du cinéma cette année-là.

Autre époque, autre monde... Amusant, il est dit 1947, une année de tous les dangers.

L'été a été très chaud. (vidéo). Incroyable canicule. Un millésime exceptionnel pour le vin. Un smartphone qui ne dit pas son nom, mais, seulement imaginé.

Si Google, avec son moteur de recherche, permet des recherches très efficaces, en 1958, lors de l'Expo 58 de Bruxelles, l'attraction "informatique" provenait du pavillon d'IBM. Cette société présentait sa dernière née, sa belle machine "magique". Le visiteur était invité à donner une date et recevait en retour, les événements qui avaient eu lieu à cette date de l'imprimante qui crachait les résultats de ses investigations diaboliques dans le temps. On comptait encore en gain dans le domaine du calcul pur avec la seule vue sur la comptabilité. Le progrès de la puissance du calcul était censé donner le tournis aux visiteurs. On gagnait sa confiance dans un futur enchanté. Dans le même temps, la machine faisait peur au management des premiers utilisateurs, au point d'être rejetée dans la plus grande panique de ne plus pouvoir assumer le travail de rond de cuir d'antan.

Mais, retour, une dernière fois à cet été pourri de 2011.

0.jpgLes marchés ont disjoncté. Tout a disjoncté, en définitive. Ce fut un "été meurtrier", sur les marchés, mais aussi en général.

La Norvège avait connu le massacre dans l'incompréhension la plus totale. Elle rendait un dernier hommage à ses 77 morts.

La Libye de Kadhafi a vécu son été arabe dans un dernier baroud d'honneur de ses derniers martyrs en plein Ramadan, en général, fête du rassemblement familial. 

La démocratie n'aurait-elle vraiment pas de prix?0.jpg

DSK, lui, était renvoyé chez lui. Ce fut une épreuve terrible et injuste, disait-il. Trop pesante, pour la mémoire, surtout.

Comme je le remarquais, cet été, on a visité des lieux inhabituels. Pour moi, je suis retourné au Palais Royal de Bruxelles. Cela faisait bien longtemps. Ouvert d'habitude à tous les visiteurs sans bourse déliée. On pouvait y jouer son rôle de touriste et y faire des photos jusqu'à plus soif. Le quartiers pauvre des Marolles m'avait, aussi, attiré, rien que pour le contraste. J'aime les contrastes du hasard. Le quartier des Marolles reste populaire, tout en étant le plus ancien de la capitale. Frondeurs et conviviaux par tradition, ce quartier se voit menacé dans son identité par la spéculation immobilière et l'arrivée des boutiques de luxe.0.jpg Alors, dans un dernier effort, tous les dimanches matins, il dispute ses prix dans une brocante monstre sur la Place du Jeu de Balle avec détermination et conviction de posséder la pièce unique. Tout évolue même avec le dépit en prime. 

En photos, tout cela, qui sait, cela passera mieux et fera oublié le pire.

Demain, ce sera la City Parade dans les rue de Bruxelles.

Il faut bien que la "Croisière s'amuse".

En vacances, on oublie tout. On se met au vert, quand c'est possible. On va à la rencontre des autres, l'espace de quelques jours ou de semaines, quand les moyens le permettent.

0.jpg

Choc des mondes, comme on le lit souvent dans les romans ou comme on le vit dans les réalités des vacances. Bruxelles, ville de rencontres du x-ième type. Alors pourquoi pas?

0.jpgCet été est à oublier le plus rapidement possible, à mon avis. "Vivement la rentrée", disaient ceux qui rentrent. "Vivement l'automne" écrivais-je l'année passée.

Si on ne peut même plus compter sur l'été pour se ressourcer, où va-t-on?

Alors, à posteriori, on réfléchit. On pense aux autres dans une solidarité retrouvée, coincée.

Il ne faut pas aller trop loin et lancer des idées subversives, bien entendu, car il y a des retours de flammes des instances bien pensantes et qui n'apprécient pas le trop plein de vérités. 0.jpg

Le chanteur Stomae prêtait sa chanson « Alors, on danse » et son image en soutien à la campagne de sensibilisation de l’ASBL Access-It, afin de faciliter, durant tout l’été, l’accès aux festivals destinés aux personnes souffrant d'un handicap moteur. Là, oui.

Nous sommes à l'embouchure des histoires, même pas à leurs charnières. Qui va remonter leur cours jusqu'à leurs sources? 

Dans le déluge, on cherche la fée chez nous dont Zaz fait la promo... En attendant, si j'allais au bassin de natation, là, il n'y aura pas de pénurie et ce serait encore un autre endroit de rencontre en dehors d'Internet...

Allo, Moïse... Ici, c'est....

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Bilan : document qui interdit de se raconter des histoires un mois sur douze.", Philippe Bouvard
  • "Nous avons hésité un moment entre un divorce ou des vacances. Nous avons pensé que des vacances aux Bermudes, c'est fini en deux semaines alors qu'un divorce, ça dure toute la vie.", Woody Allen
  • "On mesure le bonheur d'un couple à leurs photos, et les photos se prennent pendant les vacances; sans les photos de vacances, on ne pourrait jamais prouver qu'on a été heureux.", David Foenkinos

19/08/2011

Bis repetita placent

Une première semaine folle qui s'achevait en apothéose. Nous sommes quinze jours après ce toboggan fou sur les Bourses. C'est reparti. Les problèmes se suivent et se ressemblent. Les solutions trouvées par les maîtres du monde sont plus discrètes. Pourtant, les citoyens sont souvent surpris de l'ampleur des conséquences quand personne ne contrôle plus l'ensemble des processus. Les problèmes financiers ne font pas exceptions. Les choses répétées plaisent, décidément.

0.jpgRien n'est totalement identique dans l'histoire humaine. Les crises en cycles disent le contraire quant aux causes, mais pas dans leurs résolutions. Les marchés s'adaptent, testent les résistances. Les crises sont prévisibles. Les mêmes causes, bonnes ou mauvaises, génèrent les mêmes effets dans la nuance de la couleur locale d'une époque.

Mêmes causes, mêmes risques de catastrophes, disait Bruno Colman.

Mais comme dans le cas de maladies infectieuses, les antibiotiques se doivent d'être toujours plus puissants pour être efficaces.

Les sciences économiques ne sont pas une science exacte. Un pré-capitalisme remonte déjà à la Mésopotamie. Chacun se penche sur le passé, sur les antécédents pour essayer de rééditer les mêmes succès ou tenter d'écarter les mêmes échecs. Adapter en fonction de nouvelles donnes, c'est l'aggiornamento, comme disent les Italiens.

Les études d'économiste ne prévoient pas tous les "gags" des marchés. Pas assez originales, pas assez inventives?  Le "What if?" pas assez utilisé.

La crise de 1929, j'en avais parlé quand on pensait sortir du chapeau un nouvel ordre mondial.

J'écrivais " Le jeudi 24 octobre 1929 ce fut la plus grande crise de tous les temps. Elle allait durer 43 mois. 8000 banques en faillites. Le Dow Jones, -90%, le PNB -30%. Ce n'était pas gris, ce krach prenait les noms de jeudi noir. La plus grande chute, avec -22,6% sur une journée, reste le 19 octobre 1987. Qui a-t-il de différent? Comme le constatait Laurent Arthur du Plessis, il n'y a plus grand chose à "stimuler". A l'époque, la balance des payements des USA, en créanciers du monde, était positive. Les ménages et les entreprises étaient pourtant, peu endettés.".

0.jpgLe 10 juillet 1935, la Libre Belgique publiait un article qui disait ceci:

Titre: "Une commission pour réguler les banques".

"Les banques ont, en Belgique, mauvaise presse. Par leurs fautes et leurs imprudences, par leur mégalomanie et leurs ambitions démesurées, elles ont assuré, en effet, une large responsabilité dans la crise financière qui a abouti à une dévaluation monétaire. Depuis 1934, les banques font face à des difficultés nécessitant l'intervention de l’État".

L'Arrêté Royal du 22 août 1934 obligeait les institutions financières à faire une croix sur les banques mixtes qui offraient en même temps, la mise en dépôts et géraient des portefeuilles d'actifs financiers.

Certains se rappellent, tout à coup, du Glass-Steagal Act, qui gêneur, est tombé en désuétude, depuis 1970 et a été perdu dans la bagarre, en 1999, remplacé par le Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act, plus prometteur pour les banques.

C'était pourtant le même combat, en 1935, quand le gouvernement Van Zeeland renforçait sa politique interventionniste.

Non, je dis bien, c'est en 1934-1935, pas en 2008-2011.0.jpg

Le 9 octobre 1944, le franc belge ne valait plus rien. L'opération Gutt obligeait la population belge à rendre leurs vieux billets pour en recevoir des neufs  en échange. Enfin, presque... L'occupation avait entrainé une pénurie de matière et une explosion de moyens de payements (63 milliards en 1939 à 186 en 1944), hyperinflation d'où "stérilisation monétaire". Le franc belge nouveau fut libéré au compte gouttes. 2000 francs d'abord et puis, progressivement jusqu'à 40%. Le reste, tranformé en "emprunt forcé' avec un taux inférieur au marché.

Il faudrait un "terrible" événement, une révolution, pour revivre une telle mesure dont les anciens se souviennent encore. Chat échaudé craint l'eau froide!

La fluctuation erratique des monnaies entre les monnaies européennes devait disparaitre, mais elle il fallait la mondialiser. Les taux choisis: 50 francs belges pour un dollar. 140 pour une livre sterling.

La "Valse à mille temps", de Jacques Brel, ce n'est plus uniquement en Belgique que cela se passe. Ce n'est plus Paris qui bat la mesure, comme dit la chanson. Paris ne mesure plus notre émoi, depuis longtemps. Quant à bâtir un roman, il n'aurait alors jamais de fin. Si vous préférez la version humoristique de Poiret : "La vache à mille francs"... c'est en Francs Suisses, bien entendu, qu'il faudra le compter car eux ont pris de plus en plus de vigueur. Les capitaux de la finance n'ont plus de frontières. 

0.jpgSommes-nous en récession? La réponse dépend de l'économiste interrogé. Cela va du "probabilité limitée qui augmente" à la "catastrophe du Titanic". Les gérants de grands fonds ne croient pas à la récession, tout comme le président de la CE, Van Rompuy. On s'en serait douté.

L'inflation, elle, elle va bien pour le consommateur lambda. Tout augmente dans les magasins, ça, c'est une réalité. Sinon, la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique) ne penserait pas à réduire l'indexation automatique des salaires de pays qui en jouissent encore. Vieux monstre du Loch Ness que cette indexation automatique qui a pourtant permis de garder une croissance pendant l'absence d'un gouvernement en plein exercice. Autrement, il aurait été forcé de continuer la contagion de l'austérité préconisée par l'UE.

La Belgique a une croissance plus forte que les voisins, reconnaît-on. Rien de miraculeux. Oui, 346 milliards de dettes publique, c'est un lourd fardeau. Les Belges sont les champions de l'épargne des ménages. Garder le souffle et un potentiel de pouvoir les payer, amenuise les risques. Les OLO sont en baisse. Il est passé de 4,5% à 3,90% et la Belgique a de meilleurs conditions pour emprunter, mais qui reste encore cher par rapport à l'Allemagne et ses 2,18%. On ne prête aux meilleurs comptes qu'aux riches ou à ceux qui le font croire. Aucun pays ne saurait pourtant fonctionner avec des excédents chroniques sans l'existence de déficits d'autres. L'ampleur des dettes n'est pas seule pour déterminer le taux d'intérêts. Le Japon a la plus haute dette publique et garde un taux tout à fait raisonnable grâce à la forte détention de titres publics par les intermédiaires financiers.

0.jpgL’Allemagne a, seulement, oublié ce qu'a coûté sa réunification.

De toutes manières, mieux vaut une bonne dette, que de mauvais excédents qui auraient laissé dormir des projets de croissance. 

Le prix et la valeur intrinsèque des biens de consommation se dissocient comme la distinction entre riches et pauvres dans les pays qui n'ont pas ce parachute. A quand, le point de rupture, de non-retour où plus personne ne pourra plus payer sinon le haut du panier?

D'où vient cet écart, ce "gap" pour parler anglo-saxon, et qui fait perdre le nord?0.jpg

Plusieurs raisons. Au moins une, généraliste, mondialisée.

En 1971, Nixon a brisé l'harmonie. Il a voulu abandonner les Accords de Bretton Woods et suspendait, du même coup, la convertibilité de l'or en dollars. L'agent virtuel a depuis pris la relève. Il a été le levier armé de beaucoup de crises. Les échanges commerciaux se sont vus déstabilisés. Il a fallu augmenter les prix pour combler la prime de risque de change quand les produits n'étaient pas vendus avec la monnaie locale.

0.jpgEn 1976, ce furent les Accords de la Jamaïque qui renforçèrent le système monétaire international dans l'ère des changes flottants. William Simon disait à la signature que "tout est bien qui finit bien". La parité fixe, mais ajustable, car la production d'or s'essouflait. Entre 1973 et 1979, le dolard perdait de sa valeur avec l'inflation. Inflation qui trouvait une réponse par la hausse des taux. C'est alors, que le gag d'une loi s'est produit. Un pays ne peut plus faire appel à sa banque centrale qui elle peut sortir l'argent sans exigé un intérêt puisqu'elle peut être considérée comme une grande SPRL publique régie par une Constitution qui devrait être écrite par les citoyens. Les SA sont-elles, espèrent des intérêts puisque le profit est sa raison d'être. La démocratie qui devient, ainsi, une ploutocratie dans laquelle il y a, d'office, un conflit d'intérêts potentiel. Pour les dirigeants des pays, pris dans des engrenages qui les dépassent, leurrer les citoyens avec des promesses qu'ils ne peuvent assurer, devient presqu'une obligation.   

Tout est vases communicants dans l'OMC. Le franc suisse et le yen se payent un embonpoint actuellement qui ne leur convient pas. Exportations ralenties, touristes qui désertent. La Suisse pense tout à coup à s'insérer dans la zone euro et que la parité avec lui évite le pire. 

Le 22 févier 1982, après un weekend, électrochoc en Belgique.0.jpg Dévaluation du FB de 8,5%. Pour obtenir 10%, le pays en demande 12%.

Coup de théâtre, qui faisait suite à la situation économique. Il fallait doper la compétitivité défaillante. Colère des Luxembourgeois qui n'étaient pas au parfum. A Poupehan, un groupe de 4 personnes décident cette dévaluation pour contrer l'inflation. Ce qui va permettre d'arrimer le FB au DM quelques temps après.

Dans le même esprit, Monory inspire Cooreman et De Clerq pour pousser les épargnants à entrer en Bourse par le fond qui porte leurs noms. La procédure est l'exonératon fiscale à raison de l'équivalent de 1000 euros par an.

On n'attire jamais les mouches avec du vinaigre.   

Aujourd'hui, on en reparle d'un nouveau Bretton Woods avec des New Deal à la pelle, en différentes étapes.

En fait, pour tout dire, on ne sait pas où on va, mais on y va.

Espérons que l'année passée, si nous étions au bord du gouffre, qu'il n'y aura pas quelqu’un qui lancera "en avant toute" ou "au suivant".

Tant que c'est frôler le krach, ce n'est pas encore y plonger.

Nouriel Roubini, toujours comme pessimiste de service, dit: "Éviter une nouvelle récession sévère est désormais une mission impossible". 0.jpgDans le Financial Time, il suggérait à la BCE de ramener son taux directeur à zéro. La BCE a obéit, elle prolonge les taux au plancher pendant plusieurs mois. Il se posait la question "le capitalisme est-il condamné?"

Jacques Delors, européaniste convaincu, craint pour l'Europe. Dans son rapport de l'époque, il parlait de "Pacte de coordination". Il n'osait pas parler de "gouvernement économique au niveau Europe" de peur de vexer les Allemands. Cette fois, l'idée est lancée par Angela Merkel, elle même.  

0.jpgLes optimistes répliquent: "Selon HSBC, un rally est en vue au 3ème trimestre grâce à une accélération de la croissance. Le rapport cours/bénéfice n'a plus été aussi bon marché depuis 1988 en excluant la période de septembre 2008 à février 2009. Serions-nous en milieu de cycle, dans un creux de vague? Avec la clarté aperçue au fond du tunnel?".

Faut pas rêver. Un réaliste penserait que la fin du QE2 et la poussée inflationniste, atténueraient la crise. Ce n'est pas un hasard si le cours de l'or est le baromètre instantané des craintes monétaires. La parité or-dollar jusqu'en 1971 avait discipliné l'endettement des États. Après, ce fut la ruée sur l'endettement public qui grimpa tellement qu'elle a hypothéqué la croissance sur le palier de la chute libre. 0.jpg

Sont préconisés comme solutions (reprisent dans le Vif-L'Express):

  • "Les euro-obligations, les emprunts européens, les eurobonds, c'est la seule solution", George Soros, Stiglitz. Ils ont parfaitement raison. Y compris un taux d'intérêt unique. Le problème, l'Allemagne a favorisé ses exportations en limitant sa consommation interne. Ils entreraient en concurrence avec Bundesbonds, donc, Angela Merkel dit non. Les pays d'Europe se font tous concurrence entre eux... et s'attirent chacun dans le même trou.
  • "Le potentiel de croissance est plus important que les dettes publiques".  
  • "Plus d'Europe économique et politique. Fédéraliser l'Europe. Responsabiliser les États, sans culpabiliser".
  • "Redonner ses lettres de noblesse à l'économie réelle et payer celle-ci en adaptant la croissance aux services et au bénéfice du renouvelable.", mais c'est la pub virtuelle qui propage les nouvelles.
  • "Casser la spéculation", Paul Jorion, anthropologue. Casser la "mauvaise" spéculation surtout, celle qui est prête à casser les projets en misant sur leurs chutes avec une fausse raison de s'assurer. S'assurer, on le fait pour sa maison, pas celle du voisin. 
  • "Protéger le marché européen", Jean Luc Gréaux. Et surtout coopérer entre Européens. Le protectionnisme devient nécessaire quand les vases communicants deviennent tsunamis.
  • "Augmenter les salaires", Jacques Attali. Sans pouvoir d'achat, pas de commerce. L'endettement s'est substitué aux revenus. Il faut seulement que les clients se rendent compte qu'ils sont responsables de leurs recherches du prix le plus bas et qu'on n'a rien pour rien.
  • "Accepter l'inflation", David Thesmar. Tout évolue, tout se déprécie dans le temps. Normal que l'inflation prenne un place.
  • "Certains pays décident d'interdire les ventes à découvert". Quand on n'a pas les moyens de sa politique, on la ferme et on attend.
  • "L'âge des sur-liquidités ex-nihilo devrait s'effacer par une inflation monétaire entre 3 et 6%", Kenneth Rogoff. La contraction des transferts sociaux pourra ainsi être combinée avec une inflation de bon aloi.
  • Privatiser comme en Grèce, c'est appauvrir l’État.

Dans la semaine, c'était le mini sommet pour la galerie de Sarkozy et Merkel.  Ils sortaient les vieux projets des tiroirs comme si c'était des élixirs de jouvence. 0.jpg

  • Créer un réel gouvernement européen? Il n'y a pas assez avec les deux niveaux permanents et un temporaire, en parallèle  de management pour l'Europe? Ouf, on pense tout de même à prendre, Van Rompuy, un des trois présidents déjà en exercice. Trop de pilotes dans l'avion? Mais alors, limiter déjà à deux réunions par an, c'est pondre un œuf et oublier de le couver.
  • Une règle d'or? Veulent-ils dire qu'il faut encore plus investir en or comme valeur refuge? Non, c'est faire entrer dans l'orthodoxie et l'austérité générale. C'est à dire, la chute de la croissance et l'asphyxie. Les marchés veulent de la croissance partout et pas des États qui n'auront plus que l'importation de pays à hautes croissances pour écouler leurs excédents de production et des agitations sociales qui fragiliseraient encore plus. Ah, oui, l'Europe sera vraiment vieille. Un musée du monde avec des antiquités que les Chinois ont déjà commencé à visiter car eux n'ont plus que les gratte-ciels du style de Pékin, de Shanghai à se mettre sous la dent. Désolé pour les anti-croissances, mais c'est l'innovation qui crée de l'emploi et le géniteur de la vie ne fait pas dans le rétro. Produire plus, c'est con si on ne sait pas écouler la production. Produire mieux, plus léger et plus utile, c'est plus subtil s'il suit une étude de marché.
  • 0.jpg Une taxe sur les transactions financières? Tobin a reçu le prix Nobel, en 1972 pour l'idée. Une taxe sur les opérations bancaires (TOB) existe, du moins en Belgique, fixée à 0,50%. Bonne idée qui aurait dû être mise en place au niveau mondial depuis longtemps. Ajustement à faire, traçabilité à surveiller. Tout cela prend du temps à mettre en place, donc solution à long terme.
  • Plus de solidarité? On a pensé à l'euro en croyant que la solidarité allait suivre la monnaie. 

Toujours, "bis repetita placent".  On se fout de qui? 

0.jpgStagnation économique et paralysie politique.

La BCE a toujours trouvé des solutions intermédiaires, avec le chalumeau à la main pour colmater les fuites et toujours limitées au mandat donné par les pays membres. Ces derniers se coltinent avec des souverainistes d'arrière-garde.

Le manque d'homogénéité avec ses charnières, les marchés aiment tester. Il y a une part de jeu dans cette discipline, ne l'oublions pas.  0.jpg

Pas de doute, pour projeter son présent dans l'avenir, il faut des moyens financiers. Le passé n'est plus qu'une vague consolation pour expliquer ce qui n'a pas marché.

Pragmatiques, les US avaient déprécié leur monnaie pour donner de l'air à leurs exportations. Chine refusait justement d'apprécier leur monnaie, au grand dam des Américains.  

«Les gens agissent dans l’émotion au lieu de regarder la situation de manière rationnelle. C’est une panique générale», disait Chris Weston, de chez IG Markets à Melbourne. La première semaine, des sueurs froides au menu.

Dans la même journée, on lisait "Les Bourses reprenaient des couleurs". Couleurs pastel par après. "L’Europe boursière est en mode "espoir". Les Bourses étaient en hausse modérée, profitant de la bonne tenue des marchés asiatiques et des chiffres de la croissance de l'économie japonaise". On regarde ailleurs pour se comparer, envieux et de moins en moins vers l’intérieur, là où cela devrait se passer.

0.jpgAux dernières nouvelles de jeudi, on lisait: "Les cotes s'enfoncent. Les marchés européens pointaient en nette baisse ce jeudi en milieu de journée, dans un marché rattrapé par les inquiétudes pour la crise de la dette en zone euro et sur une possible récession mondiale. La perspective de la publication d'une série de stats US renforçait ces inquiétudes. Les valeurs financières sont une nouvelle fois dans la tourmente.". Le rouge est mis. Et comme tout est imbriqué, on ne fait pas dans le détail de jeter le coup d'oeil là où il faut, où il fait bon vivre. Ce que les marchés redoutent le plus, c'est le brouillard.0.jpg

Dans le même temps, à l'ombre, le spéculte s'installe de plus belle. Pas oublier, la spéculation bénéficie de la volatilité. Elle s'en nourrit. Des cours qui végètent et c'est moins de courtages, prélevés par les acteurs intermédiaires et moins de chances de faire des gros coups. Même les Taxes sur les Opérations Boursières (TOB) n'en seraient affectées dans ces brassages de milliards.

"Une Bourse bientôt transformée en musée", lisais-je. Attention, c'est le bâtiment de la Bourse de Bruxelles, pas l'institution "Bourse". La "Bourse à la criée" ne fait plus recette. Les transactions ne se font plus autour de la corbeille depuis longtemps. 

0.jpgLes pertes pour les uns et les bénéfices pour les autres se suivent et se ressemblent.

Money Week, comme d'autres experts-conseils, proposent toujours des gains mirobolants si l'éthique ne chatouille pas trop ses consommateurs-lecteurs et s'ils pressent le bouton pour s'inscrire en laissant un petit pourcentage de gains dans la sébile (pas des pertes, bien sûr) en s'accordant une cotisation. La Bourse, le capitalisme sont ils indispensables?
On y parle, dès lors, de la "stratégie de l'onde de choc comme une période de forte volatilité, parfaite pour la mettre à profit et ainsi jouer la baisse des marchés pour viser des gains conséquents, au lieu de subir des pertes sur les marchés actions.".

Je n'invente rien. On parie sur les pertes et pas sur les gains des entreprises dans le réel pur et dur. Les sentiments sont au vestiaire. On s'assure le maximum de gains ou le minimum de pertes, c'est tout.

Et, oui, je ne vous ai pas dit, même à Melbourne, dans le pays des Bushmen, on n'est pas à l'abri.0.jpg

Le lendemain, rechute, une rumeur à l'origine. Le surlendemain, nouveau coup de pédalier de l'avion à hélices. Jouer au yoyo en attendant mieux avec des machines qui réagissent au quart de tour en opposition à des hommes qui n'ont qu'un mandat limité, tributaire d'accords à l'arraché.

Le citoyen, lui, dindon de la farce, n'espère rien de plus qu'une pause, mais quand la danse de saint Guy suivie par celle d'Echternach a commencé... allez l'arrêter sinon par la recherche de points de convergence comme point principal, quand tout est fait pour faire du bénéfice dans le système mondial actuel.

Les Bushmen en Australie dessinaient des peintures rupestres.

Qu'allons-nous dessiner sur nos murs rupestres pour nos futurs découvreurs?

Pas de girafes, pas d'éléphants, pas d'animaux de toutes sortes, que nous aurions dans notre champ de vision. Le signe "$"? Lui, il serait représentatif.

0.jpgOk. C'est compris. Roulez, money, money. Le rôle initial de la Bourse était de donner des ailes aux projets, pas pour les détruire. Elle s'est aussi engouffrée dans ce créneau de la déperdition en kamikaze. En cela, elle a perdu la confiance de beaucoup d'investisseurs qui poussent l'éthique. Comme disait Didier Reynders, ministre des financesSi l’on veut mettre un terme à la spéculation sur les marchés, il faut prouver qu’on a les poches assez profondes». Relancer la croissance avec les artifices budgétaires et monétaires ne fonctionne plus. Chômage et milliards de dettes d'un côté gouvernements piégés, agences de notations pour coter les points de l'autre. 

Je vais me payer, aussi, un "bis": "Et il fait toujours tourner et courir le monde" où tout est permis, actuellement.

Alors, des "destinées de paumés", comme le caricaturaient Nix et Max Tilgenkamp (qui remplacent Kroll), c'est moins compatible avec l'esprit du modernisme, du mieux vivre que recherchent, justement, les pays en voie de développement.

Mais, c'est vrai, quand on regarde à la loupe, il y a encore le passéisme de nos partis belges qui ne comprendra jamais que le passé est le passé et qu'il faut voir de l'avant. En cause, la scission de BHV, bien sûr, dont il faut crever l'abcès avant de parler économie. Mais c'est vrai, ce n'est pas un diamant mais le Yu-Kun-Kun et, comme chacun sait, un diamant ne se griffe que par lui-même.0.jpg

L'enjeu, c'est le droit de la terre, du territoire, contre le droit des gens, une autre valse à mille temps. Qu'en penseraient, encore une fois, nos Bushmen?

La nature des choses, elle, évolue avec son époque, à la vitesse de l’électronique, avec le vent en poupe en se foutant de la politique des États trop préoccupée par la proue, dans le rétro... Les économistes croient en leur enseignements, croient y retrouver les ressources pour déterminer l'avenir. Erreur... En fait, il y a des cycles de prospérité et du plombage des esprits qui se soumettent aux règles des voisins, car sans eux, vivre en autarcie, à l'heure d'Internet, cela n'est plus possible. La compétition surgit, alors, de ces mouvements erratiques.

Quant à regarder à tribord ou à bâbord, je ne penserais pas y regarder de trop prêt. Autre histoire que celle-là et que j'entamerai le sujet dans quinze jours...

J'avais prévenu que j'avais un "thriller de l'été", avec des suspenses en stock. Je ne pensais pas que ce serait un été aussi meurtrier.

A vos CDS, à vos "Comptes à Déboires et Sacrifices" et pas à vos "Credit Default Swap", eux, ils ne sont pas à votre portée.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Le retour à la bestialité est possible dans une société comme la nôtre. En raison de la désorganisation des mentalités, des crises d'hystéries généralisées, tout cela aggravé par les crises économiques.", René-Victor Pilhes
  • "L'historien est comme un mineur de fond. Il va chercher les données au fond du sol et les ramène à la surface pour qu'un autre spécialiste - économiste, climatologiste, sociologue - les exploite.", Emmanuel Le Roy-Ladurie
  • "On ne peut résoudre un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré", Albert Einstein

12/08/2011

L'égo de la communication

J'aurais pu appeler ce billet "Le sexe mène le monde". L'amour, et les fantasmes des dirigeants les plus divers intéressent toujours. Font-ils rêver? Est-ce le meilleur moyen de communiquer? L'affaire DSK monopolise les médias par séquences successives. Les médias le feraient-ils, s'ils n'y trouvaient pas un avantage. L'égo des CEO en remettent une couche, mais là, cela ne marche pas vraiment. En cause, un autre public.

0.jpgArnaud Lagardère" en s'exhibant au bras de sa nouvelle dulcinée, Jade Foret a créé un buzz du tonnerre, mais un buzz contre productif. Les humoristes de tous bords ont ajouté, le ridicule à ce fil providentiel pour eux.

Une conclusion? Dans la cour de la grande finance, il ne faut plus pousser le vice jusqu'à parler de sa vie privée en ces temps de crises. C'est dépassé.

Les midinettes ne sont plus présentes et on risque, dès lors, très gros. Internet est passé par là. La hargne et la haine de tout ce qui vient d'en haut, face à la situation de précarité vécue, aussi. Il ne faut pas confondre avec le showbiz.

La France aime les belles Premières Dames quand tout va bien. Cela aurait pu marcher, de ce côté dans d'autres hautes sphères. Mais, nous ne sommes pas ni chez les Premières Dames et tellement de choses mettent des bâtons dans les roues pour conter fleurette. Sarkozy, au départ avait réconforté Lagardaire. Voyant que Lagardère se faisait "chahuter" sur les forums, il changeait de cap en disant "Arnaud est vraiment idiot de s'être livré à cette mise-en-scène". 

Que communiquer et comment le faire, quand on est à la tête dans les étoiles et que la situation n'est plus au top de ce qu'on pourrait espérer?

Présenter son égo? Faire rêver, c'est dur. Laver plus blanc que blanc dans une lessive de chiffres?

1.jpg"L'égo des CEO?", était le titre de l'article qui en parlait, ce jour-là.

L'ère "people", "bling-bling" avait plu dans toutes les lignes de l'égo. C'est un peu râpé. L'intérêt dépend toujours de l'auditoire, des spectateurs et des lecteurs. Les "fleurs bleues" nagent aussi dans les "petits chiffres" et en suffoquent d'indignation.

L'économie ne pousse pas dans les magazines "Nous deux", "France dimanche", "Closer", "Oops" qui présentaient Amy Winehouse dans leurs dernières couvertures, si ce n'est que pour faire une pause et penser à autre chose. Attention, aux suites car, même, alors, c'est encore le pognon qui en ressort.

L'émotion se heurte à la raison, en dur. Rester cohérent, responsable, partie prenante, participative, c'est autre chose. Dans une société privée, on partage son affaire avec ses actionnaires, ses clients ou fournisseurs et son personnel, en fait, tous ses créditeurs. Le bonheur du patron n'est pas transposable dans un esprit d'équipe. 0.jpg

Pour les marchés, les CEO se doivent de connaître une stratégie de la communication plus raide. S'empêcher de mentir. Dissocier sa vie privée de sa vie publique pour correspondre à ce pourquoi, il est payé, sans biaiser ses messages.

Si le sexe mène le monde, c'était probablement pour une raison physiologique et parce qu'on est le plus proche parent du bonobo. Amusant, on vient d'en découvrir le plus intelligent du monde, par chez nous.

0.jpgOn se rappelle des frasques de Bill Clinton-Monica. Les dernières confidences que Jackie Kenedy a conconcté pour après sa mort, vont nous donner quelques idées supplémentaires en automne, puisque la publication a été autorisée par la fille.

L'affaire DSK continue, aussi, à montrer les deux courants de pensée. Et on trouve des fans de l'un ou de l'autre. Cela meuble le temps et remplit les journaux. Les lecteurs aiment les choses croustillantes.

Dans la semaine, l'émission de télé, "Secrets d'Histoires" présentait le séducteur François 1er qui a éveillé la Renaissance par son côté artiste. Sa séduction a été son arme de communication. Il aurait été en ligne ou en décalage avec ces flux aujourd'hui.

Communiquer, c'est toujours chercher à séduire. Frimer avec ses seuls frasques et des symboles qui ne touchent plus, devient le point de surchauffe.

Les religions n'ont jamais fait bon ménage avec le sexe. Elles parlent d'amour mais pas de sexe. Celui-ci est un concurrent qui ne dit pas son nom. 

Dans d'autres milieux, cela dépend de la culture. De toutes manières, la séduction par la voie du sexe, ne rassure plus face aux chiffres et aux lettres de la communication. Plus d'improvisation dans la communication. Il s'agit de séduire par des appâts vérifiables.0.jpg

Les anglo-saxons ont l'habitude de donner le panel complet de leurs richesses comme référence. Les "aventures" de leur gestion entrent dans le spectre de la communication et choquent les plus latins.

Si le "système"' anglo-saxon est et reste superficiel. Il a le mérite de se vouloir exhaustif, intransigeant. Son pragmatisme va jusqu'à introduire des "profits warning", des avertissements sur les résultats, bons ou mauvais, avant la parution des résultats comptables, quitte à faire chuter le cours d'une action. L'esprit latin essayerait de cacher ce "sein que l'on ne pourrait voir". Le côté noir, c'est qu'il est tellement préparé, trituré, moulé, qu'il prend des relents de propagande dans un "package" avec un nœud coulant qui entoure le tout sans pouvoir rien y ajouter.

En Italie, le "Berlusconisme" s'est maintenu parce que les femmes ne se sont rebellées que très récemment. Intelligemment, Berlusconi mettait en scène sur ses plateaux de télé,  les gens de le rue pour leur permettre d'exprimer leurs fantasmes. Rien n'est anodin (ou devrait ne pas l'être) dans les faits et gestes de n'importe quel dirigeant pour garder la confiance de son public.

Dans la communication, des phrases lancées sans réfléchir, réactives collent aux basques pour plus que les mandats politiques ou commerciaux. Alors, ça passe ou ça casse.

Quand cela casse, la population entre en scène et fait ressentir ses effets.

Les présidents français ont, tous, eu leurs petites phrases caractéristiques. Sarkozy avec son "casse toi, pauv'con" est sorti du politiquement correct, il est descendu dans les sondages. Chirac avec son histoire abracadabrantesque a fait sourire. Chez les Rois, un protocole existe et la réserve reste de mise, obligée dans notre monde qui s'est vu obligé de parler en politiquement correct. Pas d'improvisation dans le monde des "Hauts de Hurlevent". La communication officielle se doit d'être préparée et parfois, humoristique.

0.jpgDans le bas, déraper, commettre une erreur de jugement est naturel et quelquefois, souhaitable. Le reconnaître et corriger le dérapage est une bonne attitude ou une bonne latitude. 

Alors, filtrer l'information? Se taire?

Absolument pas. Se taire serait plus grave et laisser la place à la rumeur. Ce serait donc rater le coche. Une phrase m'est toujours restée en mémoire dans un vieux film qui relatait une situation de guerre "Je préférerais dire une connerie, plutôt que regretter d'être pris pour un con en n'ayant pas réagi".

Formater l'information pour qu'elle soit intelligible, claire et la plus complète possible avec les connaissances du moment. La répercuter sans complaisance. Présenter ses convictions, même si elles ne correspondent pas à la majorité du fil porteur, incitateur aux applaudissements, demande un certain courage dans notre monde du "diplomatiquement acceptable". 1.jpg

Avoir une bonne image, c'est être naturel, avoir un peu de charisme sans verser dans l'égocentrisme. Mettre l'émotionnel dans un tiroir ouvert sur demande et pas sur commande.  

Les attitudes, les gestes seront analysés. Ratés, cela devient le business des imitateurs. Il y en a de politiquement corrects et il y en a d'autres qui se mettent vraiment dans la peau de ceux qu'ils imitent, travers compris. Le but est de faire rire, mais pas de corriger le passage de l'information.

Le formalisme de l'information, son "contenant" est important, le contenu l'est encore plus.

De plus en plus, aujourd'hui, quand on n'est pas bon orateur, on passe la main (pardon la parole... quoique...) à des professionnels et on fait appel à des porte-paroles. Tout est, alors, cadenassé ou huilé en fonction du besoin. C'est étudié et payé "pour". Pas question de corriger le discours, il est fermé. Le porte-parole n'est pas "le" responsable du message. Il n'en est plus que son paravent, son intermédiaire, son drapeau. Les critiques seront ainsi déviées dans les arcanes des informations perdues, usées par l'esprit.

De manière humoristique, j'avais expérimenté le "phénomène" de la recherche d'un porte-parole dans un article. Un bon moment de rigolade lors de son écriture.

La communication est tout azimut. Internet s'est aussi intercalé dans la communication et a bouleversé les habitudes en ouvrant les opinions en plus dur. Les journaux ont dû s'y adapter. "La Tribune" vient d'annoncer que le journal abandonne sa version papier. La communication doit s’accélérer et devenir interactive. Facebook passe par tous les moyens techniques disponibles.

1.jpgLe contenu reste sous caution en fonction de son diffuseur. Et il y a des spécialistes, des intellectuels de la chose.

Pascal Boniface parle d'une autre vérité dans son livre "Les intellectuels faussaires". "En France, il y a l'impunité du mensonge. C'est une république du copinage. La connivence alimente le populisme". BHV, Fourest et d'autres sont pris comme l'archétype. "Les intellectuels n'ont pas l'influence dont ils se targuent". Plusieurs éditeurs avaient refusé de publier son livre. Trop sensible.  

Le monde politique, social, économique, académique et associatif allait-il prendre la mouche ou le miel de l'abeille? Le monde d'en bas a aimé. C'est déjà ça.

0.jpg

Dernièrement, je cherchais une fable de La Fontaine. La Fontaine n'a jamais écrit ses fables sans une arrière-pensée philosophique en mêlant les animaux aux hommes. Si ce grand homme a choisi les allégories et le monde animal pour définir les travers de notre monde d'humains, c'est dans le but de ne pas offusquer les oreilles chastes et pouvoir se retrancher derrière le monde des animaux dans ses attaques.    

Dans "Les Frelons et les Mouches à Miel", il mettait en scène une discorde dans la famille des hyménoptères. Elle allait lui servir de prétexte pour donner son avis sur la justice de son époque, de ses soucis, de ses longueurs et de ses traverses. En apanage, on trouvait les procès attachés qui exprimait la supériorité du bon sens sur le formalisme.

Comment conclure?

Le talent n'est pas une chose innée dans la communication. Être bon technicien ou bon patron n'est pas être, nécessairement, bon vendeur.

20090205_Foiré.jpgRupert Murdoch a vécu les pires moments de sa vie quand il a été interrogé sur l'affaire du "Watergate sur Tamise", disait-il.

Dire une vérité fait toujours peur. Cette vérité peut évoluer, se transformer et devenir complètement fausse dans le temps et revenir en boomerang. Donc, prudence.

A part l'ermite, chacun, suivant son éducation et son expérience, devient, à un moment donné, soit dictateur, soit intégriste dans l'opinion de quelqu'un d'autre. Dès lors, il vaudrait mieux que le message transmis de l'un à l'autre, soit le plus "vraisemblable" possible dans l'intérêt des deux. Il y avait parler avec sa tête ou son cœur. Il y a aussi parler avec ses tripes. Risquer d'aller à contre courant. Cela n'est pas gagné d'avance et n'est pas toujours rentable. Mais ce sera l'image de soi-même.

Quant à l'image de la communication, elle ne sera rien si elle ne sera pas accompagnée d'une confirmation dans la gestion d'un véritable contenu.

Une collègue disait de l'enfoiré, du rebelle "Il a toujours la pièce pour mettre au trou.". C'est toujours le même trou mais jamais la même pièce.

On apprend que les meilleurs employés sont toujours un peu ... excentriques. Ouf..

L'art d'avoir toujours raison, comme le disait un rédacteur en rappelant Schopenhauer? La langue de Léon Bloy, le plus féroce des écrivains français qui disait "Je suis forcé de vociférer jusqu'à la fin, étant missionné pour le Témoignage. Nul moyen d'échapper".

Non. Se mettre à la place de l'autre permet un recul sur soi-même pour réduire n'importe quel sectarisme et commencer un débat de fond, même si chacun reste sur ses positions en finale. Un message n'est jamais à prendre ou à laisser, mais toujours à analyser. Poser une question est aussi intervenir de manière judicieuse.

L'abandonner en route, ce serait, quelque part, une lâcheté sans nom.

Dixit: 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "L’ultime question … L’intelligence a besoin de la Bêtise pour s’affirmer, La Beauté a besoin de la Laideur pour resplendir, Le Courage naît dans la Peur, Les Forts impressionnent au milieu des Faibles, Mais au final,…Qui a donc besoin d’autant de connards ?"
  • "La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent.", Philippe Geluck
  • "Une cour sans femmes est un jardin sans fleurs", François 1er.

et toutes celles de Léon Bloy

05/08/2011

Les jouets de la guerre

L'été n'était pas au rendez-vous ce mois de juillet. Les Musées ont augmenté leur nombre d'entrées. Le Parc du Cinquantenaire de Bruxelles rassemble trois musées tournés vers l'histoire en général ou en plus particulier. Les Musées Royaux d'Art et d'Histoires, le Musée de l'automobile Autoworld et le Musée Royal de l'Armée. Ce dernier a des petites extentions temporaires qui préparent le centenaire de la guerre 14-18, sous le nom global de "Reflet(s) de la Grande Guerre". Cette fois, dans une nouvelle exposition, ce sont les enfants qui jouent à la guerre et apportent les réflexions avec le titre "War & Game(s)".

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En 2009, j'avais déjà parlé du Musée de l'armée et de l'exposition intitulée "Chienne de guerre" qui racontait l'importance des animaux pendant la guerre 14-18.

Virginie Cornet, née en 1973, n'a pas connu la dernière guerre et encore moins, celle de 14-18. En 2010, elle présentait "Guerre en face(s)" avec les horreurs de cette même guerre 14-18, la Der des ders.

« En 2007, en chinant dans de vieilles publications, mon regard s’est arrêté sur le visage de militaires de la guerre 14-18. En lisant les textes du tableau d’honneur, je fus submergée par l’horreur et la souffrance engendrée par la guerre. Spontanément, j’ai décidé de traiter ces images en laissant libres mes sentiments. J’avais, déjà par le passé, été attirée par le Musée de l’Armée et possédais dans ma photothèque une série de photos de masques à gaz. Le rapport entre l’objet «sauveteur» et le militaire devint une évidence. Un jeu subtil, sans procédé numérique, débuta entre le visage, l’objet et la souffrance. Ce dialogue me permit de créer des images chargées d’émotions et d’exprimer ma vision de l’horreur de la guerre » disait-elle, alors.

Cette fois, elle remet cela sous un nouvel angle dont elle explique les prémices. Un jour, elle acheta de vieilles douilles. Les douilles de canons de 14-18 sont souvent gravés par des soldats de l'époque et devenaient ainsi des souvenirs de guerre. Personnellement, j'en ai eu, devant les yeux, exposés sur un meuble pendant ma jeunesse. Mais, si cela faisait joli, je n'y avais pas jeté un attention particulière.

Le fils de la photographe Virginie Cornet, alors âgé de 8 ans, y a vu autre chose que des tubes en cuivre. Il y avait exprimé son intérêt, son désir d'en faire des jouets. Cela avait intrigué la photographe. L'envie de créer celle exposition "War & Game(s)" lui est ainsi apparue pour exprimer l'attirance des enfants pour ces engins de guerre. 

La guerre et les armes ne sont pas qu'une affaire d'adultes. Cette fascination commence bien plus tôt. Fascination pour l'univers guerrier, pour la pratique des armes dans le but d se défendre, pour s’exercer sur les champs de tir et pour la chasse. Une arme n'est pas un jouet et pourtant, elle s'y substitue dans l'esprit. L'imaginaire s'y retrouve sans volonté de tuer, au départ. Quand cela passe à la vitesse supérieure, on en arrive à ce que les Norvégiens viennent de découvrir avec horreur.

L'exposition ne répondra pas à toutes ces questions, bien sûr. Elle passera le flambeau de la réflexion à celui qui voudra en prendre le relais par l'intermédiaire de l'enfance.

Le jouet de guerre, manufacturé en tant que jouet, date du milieu du 19ème siècle. Dès le début du 20ème siècle, intentionnellement pour l'armée et inconsciemment pour les parents, ces jouets vont devenir une sorte de propagande pour l'armée allemande. Les alliés vont s'y incruster dans ce nouveau marché, dès la guerre 14-18. Il fallait devenir patriote et cela se construit dès le plus jeune âge. Pour le garçon, ce sera la reproduction de l'uniforme de papa parti sur le front. Pour la fille, celui de la poupée avec le costume d'infirmière.

Une correspondance avec dessins servent de liens familiaux dans les familles écartelées par la guerre. Combler l'absence devient le besoin principal.  Les enfants, instrumentalisés, s'en viennent à rêver de devenir des héros à leur tour dès que l'âge le permettra. Question d'honneur. L'ennemi est présenté comme le mal personnifié dans les manuels scolaires qui cultivent la haine de l'autre dont on ne connaît rien. Jouer à la guerre est s'y préparer, c'est participer à la défense de la nation. Le jeu d'enfant est devenu la pré-guerre.

Appartenir à une nation, suivre un drapeau, marcher au pas devenaient des automatismes. Mobiliser par l'école appuyé par l'étude de l'histoire se produit dès le plus jeune âge, indifféremment du sexe chez les élèves consentants par essence.

Cela passe par le prestige de l'uniforme, au jeu de fléchettes proposant d'abattre un ennemi. Par la récompense et la fierté d'arborer des décorations sur la poitrine, pour couronner le tout. Pas question de devenir pacifiste, mais une prise de conscience s'impose.

En temps de guerre, le fer en temps de guerre est trop cher. Le jouet en bois va le remplacer le jouet en fer.  Dès lors, le jouet se construit par les enfants eux-même. Le plastic ne viendra que plus tard. La question se pose aussi et fait débat.  

Au retour du héros, il faudra cotiser à l'emprunt national, pour que les enfants ne connaissent plus la guerre, alors que toute l'infrastructure de la construction de jouet est restée bien en place.

Pendant cette "der des ders", les armes deviennent l'enjeu du conflit et sa résolution. Les "wargames" prenaient le relais en y insérant stratégie et ruse.

Après, si l'on y prête garde, ils deviendront vraiment des enfants soldats dans certains pays. Le film de Spielberg "L'empire du soleil", chronique de guerre était programmé dans la semaine. Il reprenait le thème avec intelligence.

1.jpgDans le monde des adultes, la guerre est une forme d'assurance, de protection pour défendre sa famille, son pays. L’extension de ce besoin naturel se porte très vite à la patrie qui l'a vu naître. La bravoure et l'héroïsme sont des besoins de reconnaissance dans une population en émoi. Représentation que l'on veut donner pour soi-même et encore plus à la vue des enfants.

Aux États-Unis, posséder une arme fait parte du 5ème amendement comme une liberté.

Prospérer dans un pays en paix, est le but final. C'est évident.

Plus question de rêver, de s'instruire, de cultiver son moi, tout est tourné vers la réalité de l'éventualité d'un conflit local ou plus important. 

Les budgets de la Défense dans le monde restent éloquents et ressortent surtout quand on racle les fonds de tiroirs.

Les États-Unis resteront-ils encore longtemps les gendarmes du monde, vu les dettes colossales qui ont été revues à la hausse?1.jpg

Rien n'est moins sûr. Ils se retirent d’Afghanistan, ne participent pas vraiment dans le conflit en Libye. 

Les enfants américains, eux, joueront probablement encore longtemps avec les "allumettes suédoises". Le marché des armes plus est prospère que jamais. C'est une affaire qui marche.

Pas étonnant, que parfois, sort du lot l'un d'eux qui sort ses vrais flingues et qui n'a plus envie de jouer. 

1.jpgLe Costa Rica, lui, a choisi de ne pas jouer à la guerre. Pas d'armée. Il ne s'en trouve pas plus mal.

En Norvège, pays qui délivre le Prix Nobel de la Paix, cela a bouleversé la population.

"Il n'y a que l'impossible arrive toujours", comme disait Alain Bombard.

Il y a peut-être d'autres moyens de faire la guerre.

Le Printemps arabe a rappelé ce qu'était des guerres civiles entre partisans des gouvernements et anti-gouvernement. L'après-guerre, la liberté retrouvée, reste avec un dénouement toujours douteux. La guerre en Libye n'a toujours pas trouvé sa fin.

Chez les citoyens en paix militairemant, les jeux vidéos ont pris le relais sur les écrans et font recettes. Tant que cela reste virtuel, pas de problème. Mais c'est, aussi, un départ glissant vers des extrapolations plus dangereuses.1.jpg

La Somalie vit des moments douloureux dans une sècheresse, en quête d'un pourcentage tellement minime des coûts militaires. 

La guerre des robots est annoncée. Il n'y a qu'à fixer un "terrain de jeu" réservé, bien à l'écart du vivant.

Il y a tellement d'occasions de mesurer ses forces en techno, d'entretenir une agressivité trop marquée...

Pour rappel, le Parc du Cinquantenaire fut contruit en 1880 comme parc d'exposition en commémoration du cinquantième anniversaire de l'indépendance de la Belgique. Léopold II voyait tout en grand. Les Arcades sont surmontés d'un char en bronze tiré par quatre chevaux, qui représente la province du Brabant. Les huit autres provinces sont représentés sous l'arcade principale. Les autres musées sont destinés à l'histoire des hommes et des voitures.

Autoworld présente des modèles de presque toutes les marques automobiles belges. Souvent d'avant la Première Guerre mondiale. Pionière dans le domaine des chemins de fer, la Belgique regorgait alors d'entreprises qui fabriquaient des vélos, des armes, enfouffrées dans l'engouement pour les carosses motorisés. La Vyncke, fabriquée en 1894, puis, la Minerva, l'Imperia, Nagant, Miesse, Germain, Belga-Rise, Hermes, l'Excelsior qui a participé à la course d'Indianapolis en 1914. Souvent, devant les arches, les possesseurs de ces machines viennent parader à leur bord avant de partir sur les routes

Mes photos de l'exposition vous en rendront-elles compte, seulement, par une petite lucarne de l'histoire? 

A vous de me le dire.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Les systèmes, comme les constitutions, sont les jouets avec lesquels s'amusent les personnes graves.", Jacques Bainville
  • "La mort est le jouet sérieux de Dieu.", Léon-Paul Fargue
  • "L'enfance est une main perdue dans les vieux coffres à jouets.", Jean Royer