29/09/2011
Communautés mixtes en fête
Cette année, nous fêtons le 40ème anniversaire de ce qu'on a appelé la "Communauté française". A cette occasion, changement de nom, ce sera désormais la "Fédération Wallonie-Bruxelles". Le Parlement et le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont mis les petits plats dans les grands pour la fête. Un nouveau logo tricolore était dévoilé en avant-première, alors que, pour marquer le coup, le bureau de la fédération voulait le dévoiler en exclusivité, le 27 à 14h.
Au programme de "l'event", 5 jours de fête à Bruxelles, Louvain-la-Neuve et un peu partout en Wallonie. Des concerts, du théâtre, des spectacles pour enfants, du sport, du cinéma, et bien d’autres animations et expositions se sont tenues à cette occasion entre le 23 et le 27 septembre.
Deux moments forts, un grand concert sur la Grand-Place de Bruxelles et un autre le 27 septembre à Louvain-la-Neuve (programme).
A Bruxelles, le samedi 24 septembre, ce fut à nouveau un concert avec une vingtaine d’artistes, tous belges, contrairement à l'année précédente. Une douceur estivale, un été indien, en retard sur le calendrier, également, l'inverse de la version précédente qui avait subit un temps instable et une drache pour le couronner. Des artistes très connus pour commencer la soirée comme Maurane, Suarez, Axelle Red. Ensuite, des plus jeunes, moins connus, chauffaient les spectateurs de la place. Parmi eux, Puggy, Camille, Claire de Namur, Jali, Zaza Fournier, Machiavel, Marc Morgan, etc. Retransmission, à nouveau, en direct sur la Une Télé (RTBF). Tous les chanteurs, anciens et nouveaux, se réjouissaient d'y être. La foule participait jusqu'à la transe. 
Le 27 septembre, nouveaux concerts de Raphaël, Puggy et Balimurphy accompagnés d’un feu d’artifice et d’un 3D mapping au lac de Louvain-la-Neuve.
Il y a un an, de la "Fête de la Communauté française", je parlais de fêtes aux surréalismes qui en fin de course se terminaient, avec humour, par de l'hyperréalisme. Légèrement moqueur, ce billet de l'époque, j'en conviens.
On se cherchait un gouvernement. On ne s'imaginait pas encore qu'un an après, nous plancherions encore presque sur les mêmes "culs de bouteille". Je dis presque, car des éclaircies successives se pointent, récemment, à l'horizon. Miracles. Des accords sont tombés. La scission de BHV, les partages de compétences, transfert de fonds du fédéral aux régions... et j'en passe pour ne pas déflorer tous les artifices.
Ce n'est pas encore le "Habemus Papam" avec la fumée blanche adéquate, mais une fumée grise qui crachote en provenance d'un foyer qui a souffert de refroidissements, d'une "drache nationale" et d'une (dé)fête nationale. Une marche
forcée vers un changement de cap des négociations. Celles-ci ont trop eu de tours de tables en tête à tête sans décider ensemble de l'avenir. Pour en sortir, il fallait réunir les interlocuteurs, éliminer les éléments trop perturbateurs, qui avaient leurs raisons avec leurs engagements vis-à-vis de leurs électeurs dans les dents. Tout le monde n'est pas content, évidemment. Compromis sans compromissions? On verra à l'usage. Une fois, qu'une pelote de laine tombe sur le sol, les fils se mettent toujours à déboulonner.
Donc, changement de nom. Coquille vide, cette Fédération Wallonie-Bruxelles à l'égal du statut de la Région Bruxelles-Capitale en tant que région à "part entière", comme le disait quelqu'un? Usurpation de sa propre identité dans un "branding", tout beau, tout neuf?
"L’appellation FWB n’est pas une agression à l’égard de la Flandre".
Peut-être, mais cela dérange toujours un peu ceux de l'autre bord qui y trouveraient une concurrence potentielle? Pour ceux qui ont été à bord, qui reconnaitraient que si la vie de tous les jours étaient dans leurs préoccupations, cela manquait souvent un peu de "concret", de "punch".
Changement d’appellation d'usage pour suivre le contenu des compétences supplémentaires transférées du fédéral aux régions. Oui, et après, qu'est-ce que cela changera pour le citoyen lambda? Était-ce un lapsus qui a émaillé la présentation politique quand quelqu'un a parlé de la Fédération Wallonie-Flandre"?
Dans le monde, tout se déglingue, les crises conjoncturelles deviennent structurelles, systémiques et l'endémique qui devient contagieux. Difficile de le nier.
La nouvelle patronne du FMI a visiblement les traits crispés et des gestes de mains qui concourent au désarroi et qui ne trompent pas.
Le 27 septembre, on apprenait qu'une nouvelle fois, nous avions avancé l'"Overshoot Day" à cette date. Vous savez ce jour où on consomme plus que ce que nous produisons et vivons, donc, au dessus de nos moyens dans le monde.
Le lendemain, Barroso avait "casser la baraque Europe" lors de son discours à Strasbourg avec des idées subversives même si elles n'étaient pas neuves.
Il y a un an, un Question à la Une se posait la question de l'avenir de la Belgique. C'est dire comment la question de la scission était ressentie comme une déchirure et de la disparition du pays. Cette fois, cette émission mettait en commun, le problème des bonus des patrons et les nouveaux mouvements des simplicitaires qui récoltent de nouveaux adeptes.
La question est: peut-on survivre sans consommer? La société de consommation a-t-elle encore de l'avenir? Face à la crise et aux menaces qui pèsent sur la planète, les mentalités changent et se mettent à l'amende. Certains remettent en question leur mode de vie et choisissent de vivre dans une extrême simplicité en réduisant de manière drastique leur consommation. Un style de vie par la simplicité volontaire. Certains veulent vivre avec seulement deux euros par jour, d'autres ont, par choix, élu domicile dans une cabane en bois ou dans une yourte. Le mot "décroissance" fait peur car revenir en arrière, on veut bien si ce n'est pas tout perdre dans l'échange.
Nous sommes à la veille de changements cruciaux. Ne pas le voir, c'est être aveugle et sourd.
Le chanteur belge Pierre Rapsat, parti trop tôt, revient avec sa chanson "Ensemble", lancinante, plus que jamais nécessaire et pas uniquement en Belgique.
Pour cette Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Hervé HASQUIN, ancien ministre-président de la Communauté française de Belgique (1999-2004), et Jean-Charles LUPERTO, Président du Parlement de la Communauté française étaient invités à la radio pour faire remonter les souvenirs à la surface.
La "Vlaamse Gemeenschap", qui datait de 1938-39, avait déteint sur le côté francophone, confirmaient-ils. Le problème de l’appellation de "Communauté française", associant le mot "française" pouvait générer la confusion et sentir le soufre en pensant au rattachement à la France. Justifier son existence sans revendiquer être une nation avec une solidarité entre deux régions avec des conceptions différentes peut donner un déficit de popularité.
1970. "La Belgique unitaire est dépassée par les faits. La Belgique de Papa, c'était fini", remarquait Gaston Eyskens, après un repas lourd et mal digéré. Première Réforme de l’État qui transformait le pays, coupé en trois communautés, en trois régions mais un fédéralisme à deux. Bizarre.
Place à la Belgique des enfants, des petits-enfants de Papa.
Les lois Gilson, le cabinet Hamel en 1965 n'ont rien résolu.
Stop ou encore?
C'est ce que disait Vanden Boeynans qui voulait mettre le Communautaire au frigo. Il tombait sur l'affaire de Louvain. L’Université de Leuven, la KUL, le "Walen buiten" restent encore dans les mémoires comme des plaies ouvertes.
En 1973, une nouvelle université-ville à "Louvain-la-Neuve", l'UCL, sortait de terre. Un pavé d'une place de Leuven avait été convoyée dans une course relais pour y être considérée comme première pierre de cette œuvre de bâtisseur. Une commémoration symbolique s'est déroulé pour l'occasion... un peu chahutée par les étudiants.
En politique, ce sont les partis du "Rassemblement Wallon" (RW) face à la "Volksunie" (VU) qui sont sortis des fonts baptismaux. Un fédéralisme culturel flamand contre un fédéralisme économique pour contrôler les richesses wallonnes.
Comme protections des groupes linguistiques, une double majorité, une sonnette d'alarme et d'un "107 quater" qui voulait fonder les régions mais qui restait non appliqué pour la région de Bruxelles, appelée "moelle épinière" du pays avec un corps en formation.
En 1980, la compétence de l'éducation transférée aux régions, mais on oubliait les moyens financiers dans la bagarre.
Donc, il y a un autre climat, plus favorable dans les négociations de cette 6ème réforme de l’État. Les partis extrêmes, anciennement en cartel avec d'autres avec le communautaire en exclusivité, ont repris leur liberté comme la NV&A et le FDF. L'âge des négociateurs, des futurs leaders des partis, a dégringolé et plafonne désormais dans la quarantaine. Seul le formateur, Di Rupo, plane encore au dessus du nid de coucou avec ses 60 ans. Heureusement, la valeur n'attend pas le nombre des années, dit-on.
Dans le nouveau Plan, pas de zinnekes élus au Sénat par les zinnekes, eux-mêmes. Mais, c'est vrai, nous n'avons pas de tête de Sénateurs à Bruxelles.
Tenir compte des spécificités. Enseignement, recherches, comme compétences transversales... La santé hésite toujours à prendre le tapis volant ou la soucoupe volante. Le pouvoir fiscal à Bruxelles, le monstre du Loch Ness.
Mais on régionalise jusqu'à plus soif...
Communauté et régions, même combat, pour la Flandre. Sociologies différentes entre la Wallonie et Bruxelles. Ménage de raison pour la finance et de cœur par la culture.
"Aucune réforme de l’État successive n'a apaisé le nationalisme flamand", dit Vincent Dujardin.
Mais, ce jour-là, il y avait une série de nouvelles.
"La Flandre autorisera la conduite sur la bande d'arrêt d'urgence". N'est-ce pas un signe que rien n'est perdu grâce à une signalisation "dynamique" adaptée, comme il était écrit dans l'article.
Thomas Gunzig avait fait fort, ce jour-là, il avait raboté sa causticité, limé ses ongles et disait que "Tout le monde s'aimait bien" pour ce jour de la fête. Tout semblait aller pour le mieux, en effet, à l'exception, peut-être, d'une fuite à la Brasserie Belle-Vue. Non, malheureusement, ce n'était pas de la bière qui avait fui, mais de l'ammoniac. En fin de semaine, il mettait les voiles à l'écoute de la rigueur du budget qui s'annonçait. La fête était finie.
C'est vrai, le temps faisait son baroud d'honneur pour ceux qui avait un jour de congé pour la fête. Lui, il travaillait comme les autres jours.
L'aéroport de Charleroi prenait la 7ème place des aéroports en Europe.
L'euphorie des Bourses avec le plus fort rebond depuis 16 mois. 
La doyenne de Belgique venait de fêter ses 111 ans. Elle a dû en voir des vertes et des pas mûres dans sa longue existence. Deux guerres mondiales à se farcir. Si elle n'est plus sexy avec l'étiquette de Communauté Française sur le front, elle a toujours toute sa tête. A côté du communautaire, de l'identitaire, du supplémentaire, du surnuméraire, du forfaitaire, elle a tellement ... de choses à faire sans braire, ni traire. Une étiquette, cela se décolle.
Quarante bougies à notre communauté, à côté de ses cent onze ans, on ne va tout de même en en faire un plat, même si le gâteau devient trop petit envahi par les bougies.
Un nouveau départ? Si on..., si tout le monde le veut et peut le vouloir.
Pour les réformes successives, nous avons eu les accords de la Saint-Michel, de la Saint-Quentin, de la Saint-Polycarpe ...
Alors, si la Communauté a trouvé un nom, si on la prénommait par "Les accords de Sainte Germaine" en l'honneur de la doyenne, Germaine Degueldre. Comme raison à sa longévité, elle dit rester bonne vivante, en bonne santé, avec le dessin, la musique, le lotto (pas dit s'il était sportif ou non), les dominos et vivre à Binche.
N'aurions-nous pas intérêt à nous y référer?
Il ne faut pas lui faire un dessin, elle connaît la musique et elle joue aux casse-pipes dans une ville de carnaval.
N'est-ce pas une preuve que ça marche dans la durée?
L'enfoiré,
- "Il n'y a de communautaire que l'illusion d'être ensemble.", Raoul Vaneigem
- "Prison : maison on ne peut plus communautaire dont personne ne possède la clé", Jean-Paul Lebourhis
- "Nous avons tous en nous un orchestre symphonique composé de plusieurs instruments qui ne jouent pas ensembles, à cause de la diversité des lieux identitaires.", Eric-Emmanuel Schmitt
09:50 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
23/09/2011
Cézanne ouvre-toi
Début septembre, je me suis trouvé à Aix-en-Provence, chez Paul Cézanne comme s'il était toujours vivant. Il fallait que je vous en parle, moi, pour qui Cézanne, je l'avoue, était un peintre dont je ne connaissais pas vraiment grand chose. Aix est sa ville et tout y fait penser. Alors Cézanne, ouvre-toi, je me mets sur tes pas...
Tout rappelle Paul Cézanne à Aix-en-Pce comme l'indiquent, en diminutif, les panneaux de signalisation de cette ville de Provence. Est-ce Cézanne qui fait vivre Aix ou Aix qui maintient son patrimoine par l'intermédiaire de cet illustre nom? Un peu des deux dans une coalition d'intérêts touristiques et picturaux...
Toujours est-il que cela marche et fait marcher à pied, jogger, pour moi, tous les matins quand tout s'éveille.
Surtout, pas en voiture, vu la circulation automobile qui ne faiblit pas. La ville vit de jour et tard en soirée.
De Paul Cézanne, Wikipedia nous en dit: "Paul Cézanne, un peintre français, né le 19 janvier 1839 à Aix-en-Provence, mort le 22 octobre 1906 à Aix-en-Provence). Membre du mouvement impressionniste, il est l'auteur de nombreux paysages de Provence, et particulièrement de la campagne d'Aix-en-Provence".
Le nom de Cézanne est une affaire de collusion familiale avec Aix. Tout rappelle le peintre dans la ville. Du cours Mirabeau, aristocratique, avec ses cafés seulement depuis le 19ème siècle, aux appartements où sa famille et lui-même ont vécu.
Dès 1700, le nom est mentionné dans les actes de la mairie d'Aix, même si les grands-parents de Paul Cézanne avaient quitté la ville pour s'installer à Saint-Zacharie dans le Var. En 1848, le père de Paul crée la banque "Cézanne et Cabassol". Son fils est un artiste et il a une ambition. Il n'aime ni les chiffres ni le Droit, préconisé pour lui par son père.
En 1858, élève moyen, Paul échoue au baccalauréat. Alors, il suit, avec assiduité, les cours de l'école municipale de dessin. Il obtient un deuxième prix pour une étude de figure peinte. Il a trouvé sa voie et abandonne ses études de droits. Il devient copiste au musée du Louvre. Il séjourne à l'Estaque, près de Marseille, où il se réfugie pendant la guerre Franco-Prussienne en 1870.
Ami d'enfance de l'écrivain Émile Zola, il se brouille avec lui après que celui-ci lui ait envoyé son roman "L'Œuvre" qui raconte l'histoire d'un peintre maudit et pourchassé par le destin incapable d'achever sa "grande œuvre". Inspiration fidèle de la situation de Paul Cézanne. "Paul peut avoir le génie d'un grand peintre, il n'aura jamais le génie de le devenir.", y écrit Zola.
La situation financière de Cézanne, il est vrai, reste précaire, d'autant que son père diminue son soutien. En 1895, sa première exposition personnelle se heurte encore à l'incompréhension du public. Cette année-là, il commence à se rendre à la montagne Sainte-Victoire, face à la montagne, sur une bute des Lauves que l'on appelle aujourd'hui "Terrain des Peintres". Ce cycle de peintures, il le représente sur près de 80 œuvres.
Son atelier, très proche, entouré de 70 ares de terrain agricole, planté d'oliviers et de figuiers, devient le refuge de ses créations, avant d'aller sur site, chaque jour.
En octobre 1906, sur le site du massif de la Sainte-Victoire, alors qu'il peint sur le motif, un violent orage s'abat. Cézanne a un malaise. Il est recueilli par des charretiers et déposé dans sa maison de la rue Boulegon, à Aix, où il meurt, emporté par une pneumonie.
La vision de Cézanne sera révélée au public un an après sa mort, au Salon d’Automne de 1907.
Son œuvre va au-delà de l'impressionnisme en transition avec le cubisme du 20ème siècle et reste encore aujourd'hui la plus mal comprise, voire la plus controversée. Picasso s'est inspiré de son œuvre. Il est refusé à l'École des Beaux-Arts en raison d'un tempérament jugé par trop excessif. Il expose au salon des Refusés.
Ce sont ses amis peintres, notamment Pissarro, Renoir, Monet et Degas qui surent, les premiers, déceler ses intentions et reconnaître ses qualités de simplificateur par l'interprétation des formes géométriques essentielles. Traiter « par le cylindre et la sphère ». 
Pissarro écrivait : « Pendant que j'étais à admirer le côté curieux, déconcertant de Cézanne que je ressens depuis nombre d'années, arrive Renoir. Mais mon enthousiasme n'est que de la Saint-Jean à côté de celui de Renoir, Degas lui-même qui subit le charme de cette nature de sauvage raffiné, Monet, tous... sommes-nous dans l'erreur ?... je ne le crois pas... Les seuls qui ne subissent pas le charme, sont justement des artistes ou des amateurs qui par leurs erreurs nous montrent bien qu'un sens leur fait défaut. Du reste, ils évoquent tous logiquement des défauts que nous voyons, qui crèvent les yeux, mais le charme... ils ne le voient pas... Comme Renoir me le disait très justement, il y a un je ne sais quoi d'analogue aux choses de Pompéi si frustes et si admirables... ».
Personnage solitaire et sans concessions, il délaisse rapidement le groupe.
Cézanne a peint environ trois cents tableaux. Entre 1862 et 1870, ce fut, selon ses propres termes, sa "période couarde" et "période baroque" pour ses admirateurs. La période impressionniste, avec un peinture aux vibrations colorées et lumineuses, viendra suite à l'influence de Pissarro, de Van Gogh et d'autres. Sa préoccupation de "trouver les volumes" dans une période constructive, synthétique, va le faire dévier de l'impressionnisme vers le cubisme du 20ème siècle.
Écologiste avant l'heure, il n'avait de cesse que de recommander la nature. "J’en reviens toujours à ceci : le peintre doit se consacrer entièrement à l’étude de la nature, et tâcher de produire des tableaux qui soient un enseignement.". Conscient du défi qu’il s’imposait à lui-même, il donnait l'impression d'incomplétude dans certaines études de la montagne Sainte-Victoire par sa formule cézannienne, d’une ambition démesurée... d'une chimère.
Salvador Dali dit de Cézanne : « Le peintre le plus mauvais de la France s'appelle Paul Cézanne, c'est le plus maladroit, le plus catastrophique, celui qui a plongé l'art moderne dans la m... qui est en train de nous engloutir...».
En 1895, Ambroise Vollard le révèle véritablement à ses contemporains.
La vision de Cézanne sera vraiment révélée au public un an après sa mort, au Salon d’Automne de 1907.
Être en avance sur son temps ne permet jamais de devenir célèbre qu'à titre posthume. C'est aussi le problème de trouver le bon "impresario" quand on est solitaire dans l'âme... Ambroise Vollard a joué ce rôle, mais un peu tard.
En 1902, à la mort d'Émile Zola et lors de l'inauguration d'une statue à l'image de l'écrivain au début de 1906, Paul a souffert de la séparation de son ami d'enfance qu'il a probablment lui-même créée.
Rappel du lien essentiel entre les deux expressions de l'interprétation de la vie, l'écriture et la peinture, la plume et le pinceau? Psychologie de l'artiste qui se retrouve seul avec la nature comme compagne? Perfectionniste, jusqu'auboutiste dans son art?
Les peintures de Cézanne sont représentées sur Internet.
Cézanne disait "Quand j'étais à Aix, il me semblait que je serais mieux autre part, maintenant que je suis ici, je regrette Aix. Quand on est né là-bas, c'est foutu, rien ne vous dit plus".
Non, vraiment, il se sentait bien à Aix. Je le comprends. J'y ai passé des heures agréables à me mêler à la foule aux moments chauds d'une journée de semaine ou à la solitude dans les ruelles vides d'un samedi ou dimanche matin. 
Car, à Aix, on peut jouer aux cartes comme tu l'as peint, jogger au travers de ses rues et ruelles, mais, souvent, on s'y arrête pour unir l'ocre de ses façades, pour tâter la douceur de ses fontaines à tous les croisements des chemins, pour s'émerveiller de ses portails sculptés dans le bois comme devantures des hôtels symboles d'époques révolues, pour retrouver son chemin et ainsi passer aux prochaines empreintes de tes pas.
Oui, Paul, la nature qui entoure la ville, t'impressionnait, les natures mortes te solidarisaient avec les objets, les portraits te faisaient rêver, mais tu n'as pas penser apporter ta touche particulière sur l'intérieur de ta ville.
Alors, j'apporte une réponse à cette lacune avec quelques photos de la ville d'Aix-en-Provence prises pendant quinze jours de partages de réflexions sur l'espace qui nous entoure.
Merci, Paul, de t'être ouvert à moi, toi, discret, avec ta psychologie complexe et tes idées futuristes.
Dis, Paul, tu ne m'en voudras pas de te tutoyer?
Cette fois, je te connais un peu mieux.
A force d'aller dans tes pas, tu es devenu un ami à titre posthume, bien entendu...
L'enfoiré,
"Cézanne peint", France Gall
Citations:
- "La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir.", Léonard de Vinci
- "Les peintres ne connaissent rien à la peinture et plus encore à leur peinture. Il a fallu toujours quelqu'un pour la leur expliquer.", Léon Daudet
- "Je suis le primitif d'un nouvel art", Paul Cézanne
09:00 Publié dans Actualité, Art, Voyage | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
16/09/2011
Avant-hier, aujourd'hui et après-demain
Établir des prévisions dans le futur de 40 ans. Pas facile. Reculer dans le passé, c'est peut-être le moyen de s'en rendre compte. La machine à voyager dans le temps est prête.
Le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) se posait la question, établissait un rapport et Michel Judkiewicz reprenait les conclusions dans un article.
Le rapport était complet et lancé à partir de New Delhi.
Amusant, il avait été traduit en 9 langues, l'anglais, l'espagnol, le portugais, l'allemand, le chinois, le russe, le hongrois, le coréen et le vietnamien, mais pas en français.
En prémices, on apprend que:
Pendant 18 mois, 29 entreprises, menées par Alcoa, Pricewaterhouse Coopers, Storebrand et Syngenta, ont uni leurs efforts pour repenser le rôle que les entreprises doivent jouer sur les prochaines décennies pour permettre à la société d'aller vers l'ère durable. Cet effort aurait abouti à un appel à l'action qui vise à encourager les entreprises à se réinventer ainsi que leurs produits et services, pour qu'ils arrivent là où, la société et les entreprises le veulent. Les participants ont contribué à travers des ateliers en groupes de travail virtuels, avec un suivi tout au long du projet. "Vision2050" gère également un programme d'engagement régional pour assurer le projet, en être informé et le valider par les principales régions sur le genre de questions suivantes:
- Que serait la vision d'un avenir durable?
- Quelles sont les voies et solutions pour atteindre cette durabilité?
- Quels sont les changements nécessaires?
- Quels sont les risques pour la réalisation de cet avenir «durable»?
- Quels sont les dilemmes qui se présenteront et qu'il faudra résoudre?
- Quelles sont les actions robustes, les politiques et les investissements nécessaires pour arriver rapidement sur une voie durable? ...
- Quel est le rôle de l'entreprise?
Et, si on y ajoutait la parodie à ce rapport?
Pour ce faire, commençons par remonter à 1971, s'étonner d'aujourd'hui en passant en revue ses tendances et extrapoler l'ensemble sur 2051.
Nous étions en 1971.
Sans téléfax, c'était le fax qui faisait tout le boulot.
Les photocopies étaient débutantes et le carbone était le plus souvent de mise pour le "copier-coller".
Le téléphone portable était bien trop complexe pour entrer dans les populations. Bien peu portable et efficace.
La photo se débattait pour atteindre un niveau concurrentiel par la qualité, la précision des appareils. On espérait combler le manque par la sensibilité des films toujours argentiques.
Le PC n'était pas même imaginable. Qu'est-ce que le consommateur aurait pu en faire?
Internet était dans les limbes dans les seules mains d'étudiants qui jouaient à se communiquer leurs dernières conquêtes dans la connaissance. Le Web, le "www" n'existait pas. C'était peut-être du "What We say is what we would Want". Le "What You See Is What You Get" était encore à inventer.
L’Imagerie Médicale se limitait à la radiographie et à l'échographie.
Nous sommes en 2011.
La flexibilité et la rapidité des processus ont la suprématie dans tous les processus. Rapidité à l'achat des biens et des services.
Que pourrions-nous encore faire sans technologie. GSM, GPS, radios, vidéos, PC sont entrés dans nos mœurs, devenus obligatoires, miniaturisés sur des appareils multifonctions qui en plus, téléphonent car il faut garder le dialogue homme-homme en transitant par des machines.
Les "e-" entrent en concurrence ou accompagne les "i-" des smartphones. Restons "smart". Ce e-Commerce se tire d'affaire par la complexité de ses processus du producteur au consommateur, mais sans consentir, pour autant, de réductions de coût.
On vient d'apprendre qu'on est passé à 7 milliards d'individus sur notre planète.
La protection de ceux-ci se cherche toujours et veillent à diminuer les risques qu'ils engendrent.
La vie privée est mise de côté, face aux bénéfices qu'apporte la sécurité.
La résilience est mise en avant pour sauver le tout, comme garde-fous. Wiki nous rappelle que c'est "un phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l'événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression. La résilience serait rendue possible grâce à la structuration précoce de la personnalité, par des expériences constructives de l'enfance (avant la confrontation avec des faits potentiellement traumatisants) et parfois par la réflexion, ou la parole, plus rarement par l'encadrement médical d'une thérapie, d'une analyse".
Nous sommes donc tous malades, traumatisés qui devons nous connaître dès l'enfance et nous guérir par nous même en parlant, en réfléchissant, mais sans médecin. Mais quand il faut de l'adaptabilité maximale et garder l'optimisme, il vaut mieux jouer avec le principe de Peter retrouvé dans les hiérarchies et la Méthode Coué pour compenser un manque de visibilité.
Nous pouvons nous féliciter de ne pas avoir eu de conflits armés majeur depuis 13 ans et de faire régresser la criminalité depuis 10 ans à raison de 3% par an.
Nous serons en 2051 à nous dire "what do you expect?" avec une publicité encore plus banale.
Moins prévisible, plus doux-amère, on lit en vrac, ce qui suit:
"La bonne nouvelle serait que, pour les entreprises, cette croissance correspondrait à de nouveaux consommateurs qui veulent des voitures, des maisons et des télévisions. Les mauvaises seraient le rétrécissement des ressources et le réchauffement du climat qui va limiter les capacités des 9 milliards de personnes dont il faudrait maintenir le niveau de vie en proportion avec les nantis d'aujourd'hui. Le processus comprendrait l'éducation, la santé, la mobilité, la nourriture, l'eau, l'énergie, le logement et les biens de consommations qui devraient rester sans nuire à la biodiversité, au climat et aux écosystèmes. Utopie? Avec ou sans Vision 2050, la vie en 2050 serait radicalement différente. Vision 2050 serait le meilleur disponible pour piloter, basée sur les observations, projections selon les attentes des entreprises et des experts qui auraient contribué à cet effort. Ce guide serait une tentative pour aider les dirigeants à travers les gouvernements, les entreprises et la société civile d'éviter les erreurs du passé et prendre les décisions qui livreraient les meilleurs résultats possibles. Les décisions dans l'isolement entraîneraient des conséquences imprévues pour les personnes, l'environnement et la planète Terre."
Nous serons donc 9 milliards d'individus à "vouloir", à "expecter" puisque nous le vivons et que nous le valons bien. Et , oui, on parle anglais. En globish, peut-être, mais...
Il est dit qu'il y aurait ainsi 30% en plus de bouches à nourrir.
Le sexe pourrait être en régression sérieuse, par convictions religieuses, par désintérêts ou par obligations. On en arriverait à regarder l'autre sexe, mais on risquerait d'avoir oublié le pourquoi, en quelque sorte. On prédit une diminution des fécondations normales et une augmentation, in vitro, chez les plus riches. Le sida, le cancer, on en parle pas dans le rapport. Bizarre... un vaccin est-il en vue?
Là, je reste sans voix, soufflé, perdu... Les "outlook" fournis sont impressionnants.
Mais j'oublie, ce n'est qu'une vision. Alors, sauvés? Pas vraiment...
Du côté "longévité", Monsieur sautera sur sa chaise jusqu'à 92 ans, sans problèmes et Madame, sur les genoux de son nième mari, jusqu'à 97 ans.
La thérapie génétique aura diminué les effets de l'arthrose.
L'écosystème se voudra globalisé.
L'écolage serait devenu de l'auto-apprentissage "coaché" et payé par son utilisateur.
L'innovation serait prépondérante pour rester rentable.
Les hiérarchies pyramidales sont remplacées par des réseaux d'intelligences.
Serait préconisé l'éthique des responsabilités car les barrières du temps et de l'espace seraient abolies.
Ce serait se remettre en question par un apprentissage en continu pendant toute la vie ou se retrouver au chômage perpétuel.
Le CDI serait devenu l'exception. L'emploi deviendrait du "sur mesure" en fonction des besoins de clients potentiels et temporaires. Plus besoin de culture générale, de généralistes et donc, d'écoles publiques. L'entreprise pourrait ainsi construire son staff, dès l'âge de 6 ans.
Car, il faudrait une vision du monde "orientée objet". Avoir un esprit d'équipe dans un intelligence collective et le "crowd sourcing", des compétences, demultiples "skills" et avoir une réputation exemplaire. L'hygiène de vie se creuserait par l'expérience de vie. Expérience qui deviendrait très vite obsolète, pour suivre l'évolution.
Une ouverture à l'innovation serait imposée de fait.
L'énergie serait fusionnelle et encore humaine car la première centrale à fusion subirait encore quelques années en gestation.
Un système éducatif greffé sur la stimulation de la curiosité et par le développement de la critique positive la passion d'apprendre à apprendre.
Les entreprises ont été créés par «Backcasting», c'est-à-dire en connectant le futur avec le rétroviseur sur les programmes et les politiques actuels.
Les neuf domaines couverts sont les valeurs et les comportements, le développement humain, l'économie, l'agriculture, les forêts, l'énergie et électriques, les bâtiments, la mobilité et les matériaux.
De 2010 à 2020, nous serons dans une phase d'adolescents turbulents, dans une période où l'énergie et de dynamisme resteraient à la recherche de la durabilité.
De 2020 à 2050, à la transformation temps dans une période de consensus croissant, dans la formation des idées et des relations intersidérales à se regarder en chien de faïence à se demander qui aurait ou n'aurait pas la place convoitée.
La crise financière mondiale à la fin de la décennie précédente rapprochera les gens d'affaires et la foi en les gouvernements en stimulant une quête de renouvellement de la confiance et de la coopération.
Gouvernements, milieux universitaires, des affaires et une gamme de parties prenantes travailleraient en étroite collaboration au commerce et à l'économie du développement, à la conception des systèmes et des métriques pour mesurer les progrès, aux solutions au changements climatiques, de la technologie, à son déploiement, à l'amélioration de la forêt et des rendements agricoles, à la rénovation urbaine, de la santé et de l'éducation vers la durabilité.
Conclusion donnée par l'article, ce serait un défi perpétuel. Un futur dans lequel tout pourrait tourner bien, était-il dit.
Vite un accélérateur de lecture pour lire ce rapport complet de 70 pages. Cela fait peu et beaucoup pour se faire une idée sur les buts du colloque.
Le 12 septembre, article dans Le Figaro, un interview de Murthy Narayana, fondateur d'Infosys à Bangalore. Personnage, hors du commun, était-il dit. Pas faux... me suis-je dit.
Fortune estimée à 2 milliards de dollars avec 130.800 salariés dans le monde rassemblés en 30 ans.
En 2051, si la progression est arithmétique, son entreprise (pas lui, vu ses 65 ans) serait à la tête de 305.000 personnes avec une capitalisation boursière de 63 milliards. Toujours la conception de logiciels et la gestion de projets? Si oui, ce ne serait plus 30.000 ingénieurs à recruter et à former par an, mais 70.000. Les tarifs seraient-ils toujours 5 fois moins chers que les homologues d'un pays occidental? Les projets seraient-ils toujours à 25% conduits auprès des clients américains et européens? Un projet coûterait-il toujours 2 fois moins cher, en passant par ses soins, plutôt que dans un pays développé, comme il le disait aujourd'hui? Grâce à la formation, les clients obtenus avec la meilleure valeur et pour moins d'argent? L'Inde pour IBM serait-elle toujours son 2ème pays? Mais le patron a la réponse: "tant que nous serons capables de recruter de bons talents, nous poursuivrons notre croissance". Ce qu'il oublie de parler c'est du "turn-over". Il oublie de dire que les talents cherchent les gros salaires ou à créer leur propre boîte en passant par des pays en transit, comme le Canada, après un tremplin londonien, pour arriver dans la "Silicon Valley" ou dans toutes les vallée du même genre. Un Indien reste un terrien comme un autre. Quel est le solde des talents qui seront donc toujours à bord d'Infosys après 3 ans?
Mais, d'après le patron d'Infosys, "les technologies servent à réduire le cycle de vie de conception d'un produit ou d'une activité, toujours à diminuer les coûts, à améliorer la productivité, la transparence, les systèmes de comptabilité en rendant la vie plus simple et améliorer celle des personnes pauvres".
De quels "pauvres", parle-t-il? De quelles technologies? Est-ce des logiciels, des téléphones portables? Je vois d'ici la pub qui représenterait un ascète, un intouchable avec un smartphone dans les mains en ce géolocalisant ou en téléphonant à ses semblables pour se renseigner du prix du riz et terminer par un "Yes, we can".
La globalisation signifie trouver les meilleurs talents pour vendre sans être bloqués par des frontières nationales. Les règles des pays, nous pouvons toutes les suivre, nous y soumettre et nous y adapter", comme un caméléon, dirais-je.
Le mot "crise" n'existe plus dans cette vision béatifiante.
Quant au bouton pour freiner ou revenir en arrière, je vous le laisse aux bons soins de vos recherches.
Maintenant, pour ceux qui n'aiment pas chercher, il reste à vivre au temps présent.
Tu parles d'une chance qu'ils ont de ne penser qu'à cela!!!
L'enfoiré,
Citations:
- "Une démonstration grandiose de la misérable subjectivité de l'homme qui lui fait tout rapporter à lui-même est offerte par l'astrologie qui met en rapport la trajectoire des grands corps célestes et le misérable moi.", Arthur Schopenhauer
- "C'est dans le rapport à autrui que l'on prend conscience de soi ; c'est bien ce qui rend le rapport à autrui insupportable.", Michel Houellebecq
- "Je préfère un futur imprévisible à un futur imposteur.", Maurice Schumann
- "Nous n'avons pas de futur. Pour tout le monde le futur parfait c'est la mort. Notre seul bien c'est le présent, la minute même ; celle qui suit n'est déjà plus à nous.", Jean Giono
09:00 Publié dans Actualité, Economie, Histoire, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
09/09/2011
Gauche, droite, gauche....
Non, ce n'est pas une marche militaire, à laquelle je vous invite. Seulement, un retour vers les oppositions politiques. Andres Breivik, décrit comme d'extrême-droite, n'était que le Dieu exécuteur chargé d'une mission mythique à ses yeux. Aucun remord. On pouvait s'y attendre. On a appris qu'il avait une idole politique, un Dieu idéologique, Fjordman alias Peder Jensen, qui, lui, n'aurait jamais pris les armes. Le penseur et l'éxécuteur. Responsable, mais pas coupable, dirait-on.
Les idéologies se construisent, se détruisent et se retrouvent, parfois, avec un raté sur leur fil rouge ou une déviance par rapport à l'idéologie du début. Les extrêmes prennent alors la relève et dévient vers de nouvelles trajectoires idéologiques moins respectables. Par volonté de rester en ligne avec ses partisan par populisme, suites à des déceptions?
La psychologie peut parfois expliquer ce virage.
Traditionnellement, les valeurs de gauche sont égalité, solidarité, progrès, insoumission opposées à celles de droite qui sont mérite, ordre, sécurité, conservatisme, tradition. La liberté et la justice se trouvent en partage au milieu du gué. Mais la gauche et le droite se confondent souvent dans la gestion trop dépendante de points qui les dépassent jusqu'à se demander qui est qui?
Remontons dans l'histoire dans une autre période de crise. Nous étions en 1933.
Paul-Henri Spaak a dit de Henri de Man que c'était un homme réprouvé, exilé et le plus authentique penseur socialiste du 20ème siècle. Du socialiste, il a dérivé progressivement vers le fascisme. Qui était-il?
En Noël 1933, Henri de Man était un homme politique, vice-président du Parti Ouvrier Belge. Devenu une sorte de prophète, il allait résoudre la crise de la Belgique, au bord de la faillite, après la dépression des années 30.
Créateur d'un "Plan de travail", ou plus péjoratif, d'un "Arbeitsplan" comme quelqu'un le traduira, plus tard, quand De Man a changé de parti plus extrême. D'où la phrase magique "Arbeit macht frei" de sinistre mémoire.
Ce plan prévoyait de pousser le secteur privé à sa place, en nationalisant le crédit et certaines entreprises.
Pour ce faire, il donnait des directives pour résorber le chômage et voulait réformer le régime parlementaire.
Le courant "Planiste" était né. Le mot d'ordre devenait "Le Plan, rien que le Plan et tout le Plan" par le groupe X-Crise, inspirateur du Fordisme.
Le 23 mars 1935, c'est l'échec de la politique économique traditionnelle, concrétisé par la chute du franc, résultat de la politique du gouvernement précédant, dirigé par Theunis. Le POB avec De Man entrait dans la formation du nouveau gouvernement. Au programme, pas d'orientation du crédit par l'Etat, pas de nouvelles nationalisations du secteur. L'Office pour le Redressement Économique (l'OREC) est créé dans le même temps.
En juin 1935, le Plan De Man cale. Il est abandonné par Paul Van Zeeland qui prend la direction du gouvernement.
Léon Blum était opposé à ce "Plan de travail" car il faisait trop de concessions au capitalisme. Il faudrait qu'il soit possible de renverser la Haute-Banque occulte avant de l'implanter.
Cette fin de non recevoir désoriente De Man. Il s'éloigne du marxisme et de la démocratie.
Le 28 juin 1940, Henri de Man verse dans l'opposition et l'extrême-droite. Il crée un Manifeste suite à l'invasion allemande et pousse Léopold III a capitulé. Pour lui, l'invasion correspond à l'effondrement d'un monde décrépit, qui, loin d'être un désastre, sera plutôt une délivrance. Il crée un syndicat en accord avec l'occupant allemand, le "Leiding" proche du VNV et proche du nationalisme flamand. Ce penseur belge estimait que le marxisme étant avant tout un comportement, une sorte d'éthique de vie, mais il était possible d'y rester fidèle tout en s'en écartant.
Sur le plan philosophique, Henri De Man critiquait surtout le déterminisme marxiste, en expliquant que la morale, la psychologie et la volonté humaine étaient des facteurs essentiels dans le déroulement historique, que Marx a eu tort de négliger.
Sur le plan sociologique, comme Jaurès, De Man récusait la distinction rigide entre deux classes sociales s'affrontant violemment. Entre la bourgeoisie et le prolétariat, une infinité de classes sociales prenaient place et l'on passait insensiblement de l'une à l'autre.
Sur le plan moral et psychologique, De Man estimait que la grande erreur tactique de Marx était d'avoir écarté la religion, l'«opium du peuple». Les croyants devaient apporter aux autres le soutien fondamental d'une morale métaphysique et des valeurs sur lesquelles s'appuyer.
Sur le plan politique, De Man estimait que Marx n'avait pas vu que le véritable pouvoir était détenu par les fonctionnaires et les hommes politiques.
En 1946, il était condamné à 20 ans de prison pour trahison. Exilé politique en Suisse, il mourrait, en 1953, dans un accident de voiture.
En parallèle, il y a eu un banquier voyageur, Emile Francqui. Autodidacte, il avait gravi tous les échelons par l'expérience du terrain. Appelé au gouvernement après la crise de 1929, sa politique fut un échec. Il était arrivé à son niveau d'incompétence que l'on pourrait appeler, bien plus tard, Principe de Peter.
Fin de l'histoire d'avant, passons à l'histoire qui se construit sous nos yeux.
Dutronc chantait qu'il était Opportuniste. Mais c'était une chanson.
J'ai dit dernièrement dans un article qu'en politique, j'étais réglé en courant alternatif entre gauche et de droite. Pourquoi? Parce que les événements nous obligent à le faire. Devant une balance, chacun se retrouve, de plus en plus hésitant, avec un curseur avec lequel, il joue au petit bonheur la chance, quitte à, parfois, aller jusqu'à l'affrontement incompréhensible et devenir des indignés, bien malgré eux, devant un programme mal compris ou trop changeant. En temps de crise, la droite et la gauche se creusent pour trouver des solutions plus efficaces et utilisent au besoin des artifices de l'autre bord en sortant de leur propre champ d'investigation. Réformer et tester ces réformes.
La Grèce, l'Espagne, l'Italie, Israël, Bruxelles, avaient ouvert la contestation des indignés.
La Norvège avait été étonnée de ce qui était arrivé dans ce pays sans histoires dramatiques.
L'Angleterre était passée à la vitesse supérieure et sombrait dans Madmax. Hooligans? Provocations et plan d'urgence. Les quartiers de Londres, de Croydon, de Manchester et de Birmingham basculaient dans la violence. Cela rappelle la fin 2005 dans les banlieues françaises, si on oublie l'âge des manifestants qui a baissé. Alors, partout, on craint la contagion. 
En Belgique, le clivage n'est pas une surprise. La droite dans le nord et la gauche dans le sud a seulement été plus ferme que d'habitude par le vote du 13 juin 2010. Les apparentements entre partis dans chacune des parties s'il existe, s'en écarte. En esprit, le belge, Modrikamen rejoint Marine Le Pen, en France. Celle-ci ne renie pas les dires de son père qui avait estimé que "la «naïveté» du gouvernement norvégien sur l’immigration était «plus grave» que les massacres" qui ont fait 77 morts le 22 juillet. Le VB a perdu de sa superbe face à la NVA.
Les élections américaines de 2008 avaient créé un espoir extraordinaire. Il fallait redresser la barre après les chocs des crises bancaires. Le parti démocratique n'a pourtant rien à voir avec la gauche européenne.
Le virage à droite avec les thèses du Tea Party est de retour avec Michèle Bachmann, Rick Perry...
En 2002, élection française, l'extrême droite de Jean-Marie Le Pen avait créé un choc en se retrouvant au deuxième tour, face à son adversaire Chirac. Un énorme rassemblement s'était produit et Chirac en sortit vainqueur. En 2007, les réformes ont été le cheval de bataille de Nicolas Sarkozy. Dans l'UMP, il montrait ses tendances de droite, ostensiblement pour certains, en transparence pour d'autres alors que l'idéologie sarkozienne était déjà en place en tant que ministre de l'intérieur. A l'aube des élections de 2012, rebelote, les sondages montrent le Président en chute libre. Comme opposition volontariste, on parle de "Gauche Caviar", pour la gauche avec l'affaire DSK qui a troublé les esprits de la gauche.
Alors, certains électeurs potentiels repoussent le bouchon et se tournent vers l'extrême-droite de Marine Le Pen.
Thomas Gunzig disait dans un café serré humoristique, "C'est pas tout d'avoir une bonne histoire, si l'on veut que cela passe, il faut savoir l'écrire".
Alors, la fin de la démocratie?
Pourquoi les démocraties échouent-elles comme les dictatures?
«Les dictateurs échouent, parce qu’ils racontent des mensonges», s'apercevait un diplomate singapourien à la retraite, Kishore Mahbubani, dans une publication du Financial Times. Pour un dictateur, il faut éviter à tous prix, les dissidences. Dans une démocratie, on ment également aux électeurs pour maintenir "l'église au milieu du village". Dans un monde imbriqué, plus d’apartés, plus de décisions sans concertations avec ses voisins, en dépit des accords pris avec les citoyens dans des promesses électorales.
Mais, n'est-ce pas le niveau encore plus supérieur qui détient plus de clés? Le niveau qui se fout des frontières? Et qui place ses billes, là où cela rapporte le plus? Je veux parler des milieux financiers multinationaux. Ceux-ci n'attendent pas les réactions des Etats, Ils les précèdent.
Le résultat? Les citoyens poussent leur curseur plus fort à gauche ou à droite, comme nous l'avons vu dans les années 30. Les extrêmes de gauche ou de droite croissent par le mécontentement des populations pris dans le vent du populisme. Elles se confondent d'ailleurs à certains moments.
Qui fait encore peur aux autorités et pourquoi?
Le Vif l'Expresse d'une semaine précédente, reprenait les réflexions de Alain Winants, de la Sureté de l'Etat belge. Pour lui, l'extrême gauche serait plus redoutée par ses services que l'extrême droite.
L'extrême droite, plus structurée, quelque peu déliquescente, ne présenterait plus de danger à ses yeux. Le risque de radicalisation par un loup solitaire comme ce fut le cas en Norvège, subsiste mais n'est pas suffisamment "flashant". Le laxisme des autorités belges était, pourtant, dans la ligne de mire du Norvégien, en bonne place dans les listes d'affaires à suivre de Breivik et pourrait générer des émules idéologiques. Mais, les dissensions internes diminueraient les risques.
Être contre l'islamisation de l'Europe, l'immigration sont les actions ciblées, bien cernées, bien connues des services de la Sécurité de l'Etat. VMO, WNP, TPO et autres sont identifiés.
Les mouvements d'extrêmes ont toujours le vent en poupe en période de crise.
Les mouvements d'extrême-gauche, suite à la paupérisation de la société, des marches des indignés, inquièteraient donc plus.
Du côté gauche, le PTB, seul parti belge national, ne fait plus mystère de ses objectifs. Le PC et la ligue communiste révolutionnaire de tendance trotskiste restent marginaux. Les mouvements anarchistes visent le matériel et pas les personnes. Mais, ils sont appuyés par des mouvances hacktiviste sous Internet, plus virtuelles et donc plus secrètes.
Les Anonymous inquiètent. On trouve, dans leurs rangs, des eco-terroristes, des anti-globalisations, des anti-nucléaires qui attaquent les symboles du capitalisme, lors de toutes les manifestions et rassemblement de ses représentants à Davos ou ailleurs.
Alors, qui reste fréquentable, se questionnait le magazine?
Question sans réponse...
En anglais, on pourrait dire, "The show must go on, depending on if it's really an acceptable show?".
L'enfoiré,
Ce 11 SEPTEMBRE 2011, difficile de ne pas rappler le dizième anniversaire du drame des tours jumelles du WTC à New-York.
Comme il est dit: "'une nouvelle étape dans l'évolution d'un mouvement général de notre monde, marqué d'un sceau indélébile par le 11 septembre 2001, et qui continue aujourd'hui d'en porter les séquelles."
Les commémorations ont commencé.
Citations:
- "A part la droite, il n'y a rien au monde que je méprise autant que la gauche.",Pierre Desproges
- "Je me lève aussi facilement du pied gauche que du pied droit : je ne fais pas de politique.",Francis Blanche
- "Qu'on soit de droite ou qu'on soit de gauche, on est toujours hémiplégique.",Raymond Aron
- « Je suis adroit de la main gauche et je suis gauche de la main droite. », Raymond Devos
08:50 Publié dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
02/09/2011
C'est pas l'homme qui prend l'entreprise...
...c'est l'entreprise qui prend l'homme.
C'était vrai dans le bas de l'échelle. C'est aussi vrai, dans le haut. Chacun est pris dans l'engrenage de l'entreprise dans laquelle il exerce un travail ou des prérogatives. Tout est orienté vers le rendement. Une entreprise demande de rester efficace, de ne pas dévier de ses objectifs et de sa stratégie, sous peine de se faire déclasser par les clients ou virer par le conseil d'administration ou par les actionnaires.
Vu qu'un peu de confiance renaissait dans l'avenir parmi les travailleurs belges, j'écrivais qu'ils pensaient un peu plus à leur bien-être et un peu moins aux projets qu'ils pouvaient avoir dans la société qui les occupaient. Mais, tout dépend de l'activité de la dite entreprise.
Au sommet des plus grands groupes technologiques et de l'IT, on assiste à des adaptations continuelles en fonction des qualifications, des compétences, bien sûr, mais surtout de leurs "tendances".
Il faut capter et maintenir son "bon" personnel à coup d'avantages en nature dans une ambiance de travail et prôner un "team spirit". Dans ce but, on est prêt à offrir un logement à proximité de l'entreprise pour que le personnel reste disponible le plus rapidement possible. Un PC, un Smartphone ou un Blackberry, une voiture sont repris dans les "MUST" indispensables.
Larry Page, un des deux fondateurs de Google, est redevenu directeur, signe de l'importance du créatif de départ à tête de l'entreprise, fondée en 1996 avec Sergey Brin. Le but, reprositionner les têtes du projet "Google". En 2001, il avait cédé sa place à Eric Schmidt qui devenait le "tuteur au jour le jour" pour reprendre la formule de Page, après avoir mis dix ans pour devenir directeur. Schmidt reconnaissait d'ailleurs que prendre des décisions à trois, conduisait à des lourdeurs. Capitaine ad interim, il restera impliqué dans les décisions, mais il avouait avoir "merdé" face à Facebook. Ceci explique, peut-être, cela. Son "ratage" a obligé Google d'augmenter les salaires après les départs de collaborateurs, attirés par les sirènes de Facebook. 
Savoir communiquer ce qu'il faut et taire le reste, est tout un art de la communication. Le message doit être complet et concis à la fois. Il doit donner envie, sans faire peur. Déclarer ce qu'il faut, c'est avoir des arguments convaincants.
Dans d'autres activités, des portes-paroles sont souvent chargés de passer la "pommade" avec des messages "préfabriqués". Quand ce n'est pas le créateur et manager de l'ensemble d'un projet, lui-même, le risque dans l'IT, est plus grand. Les questions-réponses doivent pouvoir se plier aux questions fonctionnelles ou techniques.
Surfer sur la vague des réseaux est tout aussi risqué. Moins d'annonces et plus de créations. Consolider en réinventant pour suivre le rythme mouvant et rapide de l'innovation. Le secteur de l'IT reste un domaine jeune et mouvant par excellence avec l'obligation de trouver des idées neuves.
Page et Brin se savaient mauvais communicateurs. Trop techniciens. Pas assez vendeurs.
Sergey gardera son rôle de créatif et du développement tandis que Page a l'envie de se concentrer sur certains services en particulier.
Réinventer Google et revenir aux fondations.
L'idée est de faire redevenir Google au niveau d'une start-up avec la légèreté d'innovations qui la caractérisait.
Le groupe se porte bien avec 30 milliards de dollars de chiffre d'affaire. Et pourtant, le charisme et la force du marketing nécessaire ou l'obligation de redevenir créatif en technique, demandent de remettre les pendules à l'heure et réajuster les fonctions aux besoins des clients et ne pas devenir un "mammouth" comme une société peut le devenir avec l'âge par la force de ses avoirs financiers.
La volonté reste de "rassurer les investisseurs" et pouvoir rebondir dès que le vent tourne.
Twitter a, lui aussi, remis en piste son créateur, Jack Dorsey pour ramener le renouveau à l'entreprise.
Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, a cru devoir tout dire au sujet de la confidentialité des données. Emphaser la prise de risques de ces dernières et ce fut le retour à la suspicion dans le public.
Le rôle d'un CEO est décidément à géométrie variable.
Le visionnaire d'Apple, Steve Jobs était presque trop omnivalent. C'est un atout et un handicap pour sa succession d'être au four et au moulin.
Gourou charismatique de la technique, il avait redressé l'entreprise par ses idées neuves au moment où Apple s'engouffrait dans le tourbillon de la faillite.
"La vision et le leadership extraordinaires de Steve ont sauvé Apple et l'ont guidé vers sa position de compagnie de technologies la plus innovante et de plus forte valeur dans le monde", a commenté Art Levinson.
La capitalisation boursière d'Apple s'élève à 346 milliards de dollars. La marque à la pomme était, même, devenue la compagnie la plus chère au monde début août, devant le géant pétrolier ExxonMobil à la Bourse de New York, avant de revenir à la deuxième place. On parlait avec un certain humour, que la société pourrait racheter les États-Unis pour compenser les dettes non couvertes.
Bon communicateur, Steve Jobs avait 4 astuces marketing:
- ne rien dire à l'avance seulement ce qui peut créer l'envie dans la rumeur
- choisir une seule approche sans détour, mais dans un créneau fixé
- rester fonctionnel et pas trop technique
- rester cool puisque tout est dans la "boite", bien préparé
Derrière les succès des ordinateurs Macintosh, des baladeurs iPod, des téléphones iPhone et des tablettes numériques iPad, il y a l'homme et son histoire est intéressante à plus d'un titre.
Celle de la firme, pas moins. (article contestataire par ses commentaires)
Une interview de 1984 expliquait sa vision qui explique en partie sa réussite: la prise de risque et le rebond possible en cas d'échec. Une autre datée du 9/11/2008, il disait "Ce qui compte, ce n'est pas l'argent qu'on investit dans une entreprise, ce sont les personnes qui travaillent pour vous, la façon dont vous les dirigez et ce que vous recevez d'eux". Travailler chez Apple vu par un ancien, c'est aussi en moyenne 17.000 euros nets, par mois (en 2009) pour la plupart et ceci pour d'autres encore mieux placés.
Né à San Francisco le 24 février 1955, d'une mère célibataire, Steve Jobs a été adopté quand il avait à peine une semaine. Accueilli par un couple de Mountain View, au sud de San Francisco, il a grandi en jouant au milieu des abricotiers de ce qui est devenu la Silicon Valley, pépinière informatique californienne.
Pendant ses études secondaires, il suit des conférences au siège du groupe Hewlett-Packard, et pour un job d'été travaille avec Steve Wozniak, qui fondera avec lui Apple quelques années plus tard. Il entre à l'université mais la quitte après un semestre, tout en continuant de suivre des cours. A 20 ans, il fait un voyage initiatique en Inde.
Plus de trente ans plus tard, il cultive encore une image d'ascète et on lui prête un régime alimentaire végétalien.
A son retour d'Inde, Steve Jobs entre comme technicien chez le fabricant de jeux vidéos Atari et fréquente un club informatique avec Steve Wozniak.
Il a 21 ans et Wozniak, ingénieur chez Hewlett-Packard, 26 quand ils créent ensemble Apple Computer dans le garage de la famille du premier.
Le mythe est né. Ses détracteurs le dépeignent avec un mauvais caractère, comme un dirigeant autoritaire se mêlant de tout et qui n'accepte pas trop la contestation. Perfectionniste, Steve Jobs est réputé pour être aussi exigeant avec lui-même qu'avec ses collaborateurs. Quitte à piquer de grosses colères. Il est également rancunier : en 2006, il envoie un mail à ses employés lorsqu'Apple dépasse en capitalisation boursière la valeur de Dell pour annoncer la nouvelle et se moquer de son concurrent. Dix ans auparavant, Michael Dell avait déclaré qu'Apple ne faisait que des produits sans innovation et que Steve Jobs ferait bien de fermer boutique.
Il quittait Apple en 1985, au terme d'une lutte de pouvoir interne et prenait la tête des studios Pixar.
Apple périclitait jusqu'à son retour aux commandes en 1997. Viennent ensuite les succès planétaires avec le Mac et les i-XXX.
En 2011, il était en congé de maladie depuis janvier. Il vient de démissionner, le 24 août dernier et sera remplacé par son numéro deux, Tim Cook.
Cela a créé un petit séisme à la limite du risible: chute immédiate de l'action Apple de 7% et remontée de ses concurrents comme Samsung.
"J'ai toujours dit que si venait le jour où je ne pourrais plus remplir mes devoirs et les attentes en tant que directeur d'Apple, je serais le premier à le faire savoir", écrivait-il dans une lettre adressée au conseil d'administration et à la "communauté Apple".
Le conseil d'administration affirmait pourtant "avoir toute confiance dans le fait que Tim est la bonne personne pour être notre prochain directeur général".
Le message, pas de panique. "Il y a tellement de gens talentueux là-bas et l'attention de Steve pour chaque détail est imprégnée dans la culture de l'entreprise. Comme président du conseil d'administration, il restera dans les parages et l'entreprise a déjà planifié la sortie de ses prochains produits", ajoutait un analyste.
Pourquoi a-t-il démissionné? Express.be, relais de CNNMoney, a sa propre version. Là, on tombait vraiment dans les supputations ou le parano-psychédélique. Ce n'est plus l'incapacité à faire ses devoirs pour cause de maladie, mais la raison, c'est Tim Cook, son successeur, qui pourrait être débauché par une autre société. Cela frise, même le cynisme dans la suite: "Apple ne pouvait se permettre d’attendre le décès de Jobs, car dans la situation où Jobs décédait alors qu’il était encore CEO en titre, son poste n’aurait pas échu automatiquement à Cook, il aurait été ouvert à d’autres candidats potentiels. Il était important de "sécuriser" Tim Cook. Son contrat prévoit le versement de 1.000.000 de stock-options, versées, d’abord en 2016, puis en 2021, sous réserve de sa fidélité à Apple.".
Le PC, lui, il a 30 ans. Il a vieilli aussi. Déjà, on se "tablettise", alors que d'autres travaillent toujours avec de vieilles "riquettes".
C'est l'entreprise qui prend l'homme. Pas l'inverse et s'il y a de la houle, ce n'est pas uniquement à la surface de l'eau, mais aussi dans les hauts-fonds.
Il est certain que parfois, à "l'insu de son plein gré", un homme a son poids déterminé par la balance de la Bourse.
Parfois, sa cote prend plus de valeur, le jour où il disparaît.
On ne reconnaît les hommes que sur leurs résultats. C'est connu. La fin justifie toujours les moyens. Mais si les moyens investis ne dépassent pas la fin des justifications?
A l'époque, réussir sans diplômes était possible. Aujourd'hui, c'est plus aléatoire. Le self-made man reste aimé en Amérique, alors qu'il fait "parent pauvre" en Europe.
Tout est périssable, déprécié dans le temps. Alors, rêver à l'éternité... Quand on approche le statut de star et que l'homme résumerait, à lui seul, toute l'entreprise, il y a un problème.
Dans le cas d'une iCône comme Jobs, cela n'a aussi jamais qu'un temps. Personne n'est indispensable.
Le turn-over des patrons devient, d'ailleurs, de plus en plus rythmé. En moyenne, un CEO reste 4 à 5 ans à la tête d'un groupe, alors qu'il pouvait espérer rester, il y a dix ans, pendant 7 ou 8 ans à son poste.
Manque de charisme ou de technicité, pas assez de chiffre et c'est la porte de secours avec le parachute adéquat. Le patron entraîne sa célébrité ou sa déchéance avec lui en assurant ou non une communication irréprochable. L'image fait partie de notre temps. Les idées, elles, végètent sur des priorités parfois dépassées.
Les salaires des CEO en correspondance avec les potentiels? Le Principe de Peter est souvent rencontré dans une ascension sans limites comme je l'écrivais à la même époque, il y a deux ans. Les postes se gagnent, désormais, à l'influence et pas nécessairement à la compétence.
Richard Branson a beaucoup fait pour le succès de Virgin... et du sien. Son charisme profite à l'entreprise comme vitrine du groupe.
Un cas, très différent, est celui du patron de Ryanair, Michael O'Leary. Ses voyages par avion en low-cost, se trouvaient confronté à une opposition marqué de l'extérieur, par les clients et se retrouve sur les bancs d'accusés par la Communauté Européenne. Par l'intérieur, par le personnel naviguant, les plaintes sont de plus en plus nombreuses. Agressivité de la pub. Tout est "trop" bon pour rompre le silence. Alors, il multiplie les déclarations tapageuses et les provocations pour assurer la couverture médiatique de la société. Le malaise n'a pas encore atteint le client, attiré par des publicités provocantes et des prix qui semblent toujours bas, mais cela ne peut tarder. Présenter le prix comme si c'était la seule manière d'attirer le client. Le personnel n'a qu'à se contenter des règles irlandaises plus souples ou changer d'orientation. Le bluff est alors l'ingrédient principal dans un jeu de poker.
En dehors d'Albert Frère, peu de noms de grands "navigateurs solitaires" en Belgique. Sa publicité n'est pourtant pas fulgurante. L'adage pour entrepreneur belge se marie avec le dicton "pour vivre heureux, vivons cachés".
La confiance dans le marché devient de plus en plus négative en Belgique, trop obnubilée par les restructurations, les délocalisations, les pertes du caractère belge des entreprises, des distorsions de salaires entre haut et bas de la hiérarchie.
L'étalage de richesses des dirigeants peut servir aux États-Unis, mais est très mal vu, en Europe.
On se souvient, en France, de la sortie malheureuse de Lagardère. Le goût du "people" n'est pas le même des deux côtés de l'Atlantique.
Le public a toujours raison, quelque part, mais il ne remonte pas à la source en se cantonnant trop à l'embouchure.
Le CEO représente 50% de l'image aux États-Unis et à peine 35% en Europe.
On pourrait attribuer une note à chacune des techniques de CEO pour bien nager. Le risque est de devoir surnager entre deux eaux. Rien de plus mauvais en Bourse que le brouillard.
Dans ce cas, il est certain que le capitaine peut, à la fois, sauver ou faire sombrer son navire quand il faut traverser la tempête.
Les actionnaires, restés à quai, n'ont que les yeux greffés sur la cargaison à la fin du voyage et se foutent des projections sur des voyages futurs. Ils "travaillent" à courts termes. Ils n'ont pas l'éternité devant eux. Ils n'en seront jamais pour leurs frais, si le leader se fait prendre par l'entreprise ou coule à cause d'elle ou de sa stratégie. Burnout, connait pas....
Quant aux rameurs, les sans-grades, les travailleurs de l'ombre, ils doivent rester dans le vent, se débrouiller avec les alluvions et se trouver dans le CMM.
"CMM: Capability Maturity Model"': « … Le CMM évolue et a récemment donné naissance au CMMI (Capability Maturity Model Integrated) qui concerne, outre l'aspect logiciel, les aspects "systèmes" des développements. Le CMM se décline sinon en quatre sous-modèles. Le SW-CMM (SW signifiant software), modèle le plus connu et qui s'applique aux logiciels. Le SA-CMM (Software Acquisition CMM) concerne la normalisation des processus d'acquisition des progiciels. Le SE-CMM (Systems Engineering CMM) est propre à l'ingéniérie système tandis que l'IPD-CMM (Integrated Product Development CMM) touche la conception et la production de produits. Enfin, le P-CMM semble lui aussi émerger, il s'applique à la gestion du personnel».
Ce matin-là, c'est la guerre des talents, était-il dit.
"Le paradoxe était là. Le chômage restait élevé et les entreprises avaient de plus en plus de difficultés à trouver de bons profils et à les garder. Beaucoup de compétences étaient demandées, voire impossibles", disait l'un. "Compétences techniques à l'informatique pointue, mais pas besoin de super diplômés. Bien qu'il fallait rester le meilleur dans sa branche et vouloir évoluer en permanence", disait l'autre. "Mais c'est en amont que la formation doit commencer, dès le secondaire, pour donner le goût des sciences, des mathématiques et en présentant la joie de l'effort... Pour garder ses talents, chez soi, il faut assurer un équilibre travail-famille et se rendre compte du vieillissement des équipes. Repenser les méthodes de travail. Permuter l'échelle des salaires, plus nécessaires en début qu'en fin de carrière.", affirmait le dernier.
Non, mais en écoutant ou lisant cela, serions-nous vraiment arrivés à l'époque charnière?
Pour le personnel, jusqu'ici, c'était se poser la question de savoir si, demain, le voyage sur une mer de plus en plus houleuse, cela se traduirait par le tangage ou le roulis et pour après-demain, à une éventualité de sauter par dessus bord.
Quel bel avenir allons-nous avoir, "skotché" à l'entreprise.
Y a plus qu'à suivre le cours du "schotch"...
L'enfoiré,
Mise à jour du 06/10/2011: Steve Job est décédé. Le mémorable discours qu'il fit le 12 juin 2005 à l'Université de Standford contient 3 parties.
La raison pourquoi il a quitté l'Université.
Trop chère et une impression de perdre son temps
Pourquoi il avait raison d'avoir quitté Apple qu'il a créé.
Cela a permis de créer NeXt et Pixar.
La mort est la meilleure chose
Aide à prendre des décisions. Facteur de changement. "Si aujourd'hui tait le dernier jour, est-ce que j'aimerais faire ce je vais faire toute à l'heure?". Toutes les craintes s'effacent devant la mort. La mort est le destin que nous partageons. Donc ne pas accepter les dogmes des autres.
"The Whole Eath Catalog" de Steward Brand lui est revenu en mémoire.
Soyez insatiable, soyez fou. Vous devez trouver ce que vous aimez faire.
- "Manager seulement pour le profit revient à jouer au tennis en regardant le tableau des résultats plutôt que la balle.", Ivan Lendl
- "Le management est l'art de prendre des décisions à partir d'informations insuffisantes.", Roy Rowan
- "Une entreprise dans laquelle il n'y a pas d'ordre est incapable de survivre ; mais une entreprise sans désordre est incapable d'évoluer.", Bernard Nadoulek
08:15 Publié dans Actualité, Monde des affaires, Organisation | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note









