27/10/2011

Un peu de tout comme les fromages belges

Des semaines belges, lourdes en événements.0.jpg

A Bruxelles, en vrac, dans un tiercé dans le désordre qui n'en était plus un, il y a eu les indignés qui défilaient comme partout dans le monde avec le lendemain, le repos des guerriers en photos.

Dexia qui se cherche toujours une porte de sortie sans faillite en quête d'un nouveau nom et en fuite de son passé en dérappage incontrôlé. Date de création 1996. Rêve de mégafusions. Achats de Kempen, Labouchère, FSA, IMI. Crise financière, portefeuil d'actifs risqués. (cf "Le Bal des Vampires" Béatrice Delvaux)

ArcelorMittal mettait, au feu, la sidérurgie à Chaud et 10.000 personnes qui ne pouvaient plus le supporter y voyant une extention possible sinon certaine, dans le Froid. Des délocalisations, des mises à pied.

Des sommets de crises, bras de fer autour de la décote avec l'hémorragie grecque en background...

Dans la semaine, cela faisait cinq cents jours sans gouvernement. Mais, on voit la fin du tunnel, dit-on. Il faut dire que l'usure de l'info est bien présente, même si, depuis, on cherche le quidam ou les responsables, alors que on s'y perd parmi eux.

La Belgique avait mieux résisté à la crise que ses voisins. On se félicitait, c'était du cocorico en boîte.

"Please, no more comments... go ahead, please"

Puis, ce fut "bardaf" comme on dit chez nous. Les événements négatifs de ces deux dernières semaines nous apportaient vraiment des retours de flamme. 0.jpg"Net ralentissement de l'économie belge, trop dépendante de ses voisins", lisait-on, encore 'une fois', dans la presse financière. Après avoir raclé les fonds de tiroir, plus d'efforts supplémentaires, chez ceux qui faisaient du cocorico, un peu plus tôt.

0.jpgAlors, remontons le fil de l'histoire pour lui taquiner les "antérieurs". Il y a vingt ans, le BEL20 voyait le jour comme indice phare de cette économie. Créé dans un contexte de bouleversements de la Bourse de Bruxelles. Trop vétuste, celle-ci devait passer la main à l'électronique, avec le CATS, le Computer Assisted Trading System, comme outil de la modernité. Il y avait vingt valeurs dans ce BEL20 pour une valeur globale de 42 milliards d'euros. Aujourd'hui, il y a toujours vingt valeurs, mais ne subsistent que 4 sociétés belges parmi les 20 de départ. 

En cause pour tout, le pouvoir et l'argent. Faut pas chercher plus loin plus de responsables. Si, un peu, tout de même...

Si l'argent permet de structurer, de restructurer, de déstructurer pour chercher toujours plus rentable, ne pas se poser de question, c'est ne pas recevoir de réponses comme l'écrivait un rédacteur, documentariste. 

Sommes-nous des générations aux racines perdues sur une arche qui ne l'est pas moins?

Est-ce la Science qui se retrouve dans le collimateur par ce que d'autres en font?0.jpg

L'article "Quand la science produit un totalitarisme technologique et une industrie sociale" qu'écrivait un autre rédacteur qui dit être scientifique, philosophe et qui "écrit vain". Trinh XuanTuan disait "Je suis convaincu qu'on ne peut se satisfaire de de la seule science pour décrire le réel".

Le "Scientisme" est mis en avant dans un commentaire. C'est une idéologie qui est née au 19ème siècle, donc pas récent...

Avons-nous fait fausse route sur toute la ligne, depuis lors? 

Je m'amusais dans un autre article dans lequel le "Science et vie" se lançait dans une diatribe de "Incroyables vérités" censée tout expliquer, tout démontrer dans un absolu qui n'existe pas dans des situations réelles.

La fameuse "rupture numérique", qui aurait causé le malheur des hommes, alors? La réponse est mitigée.

On apprend que l'on va devoir travailler plus longtemps. Ce qui prouverait le contraire. Mais, problème, on continue à compter en analogique, même avec l'aide de la calculette numérique.

Dans "Avant-hier, aujourd'hui et après-demain", des acteurs du "drame" essayaient de planifier l'avenir.

Là, on brûlait sur le bûcher des espérances en manque d'imagination. La vision se limitait à des entités "sociétés commerciales", de moins en moins sociales et humaines, portées par le seul souci de faire du chiffre dans le privé mais aussi dans le public. Le calcul du PIB d'un pays doit être le plus élevé et se retrouver bien loin du Bonheur Intérieur Brut. Sans les hommes, pas de société et quand l'homme perd pied, il y a des soucis à se faire. 

0.jpgRetrouver ses racines, revenir sur ses bases, ses références devient sa principale alternative. Pas par nostalgie, mais par seule volonté de s'y retrouver dans le jeu de quilles qu'on lui propose ou, pire, qu'on lui impose sans discussions. Les indignés en sont une preuve chez les jeunes. Le fameux "Y a qu'à" a la vie dure. Des "vieux" leur lancent des invectives en les accusant de ne pas vouloir chercher du boulot de substitution. C'est oublier que l'investissement par les études, c'est aussi la société qui a apporté sa part. Le jeune a été programmé. Ce n'est pas pour qu'il y perde son latin et que la société trouve un manque à gagner avec lui. "The right man at the right place", diraient les anglophones qui ne veulent rien connaître du latin. 

Les "vieux" se rattachent à ce qu'ils ont vécu dans leur propre carrière comme référence, ce qu'ils ont appris, expérimenté et oublié. Les "jeunes", à leurs espoirs qu'ils ont apportés par opiniatreté dans les études. 

Pour le passé, il y avait le film, "Brassens, la mauvaise réputation" qui revenait sur la vie de Georges Brassens, jeune. Pas vraiment le paradis non plus, à cette époque. Mais il y avait un espoir dans le lendemain plus grand qu'aujourd'hui. La plupart de ses chansons se retrouvèrent dans toutes nos mémoires sans efforts. Trente ans après sa disparition "Brassens est en nous". Le film prend tout son sens avec ses "4 millions de téléspectateurs pour 15.1 % de part d’audience. Il s’agit du meilleur résultat de la saison pour une fiction française sur France 2 sur un public rajeuni, les 25-59 ans avec un score de 14 % de part d’audience".

Une conversation, le lendemain, se branchait sur les chansons de la même époque. Oui, c'était Gabin qui avait chanté "Je sais, qu'on ne sait jamais". Chanson à installer sous son oreiller pour la digérer par osmose.  0.jpg

Les repères, les certitudes manquent cruellement, encore plus aujourd'hui. Toujours en porte-à-faux, ce présent qui se cherche un futur. La science n'en est pas exempte. Une complexité exponentielle s'est ajoutée. 

Le progrès fait presque peur, pour certains, fait trembler d'autres. Un "Question à la Une" constatait que, grâce à la technologie, de plus en plus le consommateur bossait de plus en plus, sans s'en rendre compte, tout en prenant la place de quelqu'un d'autre. Mais on n'arrête pas le progrès, dit-on. On ne le consolide même pas. 

Les études techniques ou scientifiques ne font plus recette. Trop d'acquis de la connaissance, toujours remis en question, en fonction de l'argent sur la table des doléances.

Le projet Galiléo qui s'en souvenait encore? Prévu pour 2007. Le GPS américain, on avait fini par s'y faire. Lendemain de la programmation, envol réussi. Un opérateur-investisseur reste encore à trouver, on verra...

En technologie, le bras armé de la science, on parle de "fausse révolution", Steve Jobs a-t-il vraiment créé des Jobs? Apple est devenue la seconde plus grosse capitalisation boursière au monde et dans le même temps, elle a largement délocalisé sa production. En plus, s'il donnait les idées géniales, pour répondre à ses rêves, les plus fous, ce sont ses collaborateurs dans une chaîne de responsabilités qui les concrétisaient.

Un impression que tout va trop vite que tout fout le camp. On ne s'indigne pas uniquement pour une question d'argent mais du comment fonctionne le monde.  0.jpg
Les inégalités croissantes entre ceux qui savent et qui peuvent et ceux qui ignorent et qui ne pourraient pas.

Les anciens qui s'accrochent à leur bastion, leurs souvenirs, gagnés dans l'effort. Le mot "austérité" a remplacé le mot "croissance", lui qui monopolisait les espoirs dans le futur, pour les "vieux". Incompréhension de part et d'autre face au "système" qui les dépasse.

L'industrie de la transformation a dépassé la croissance nécessaire et diminué d'autant la main d’œuvre nécessaire. Les services sont le dernier ressort, après avoir délaissé successivement l'agriculture et l'industrie. "L'argent dort, mais pas là où on en a besoin. Le retour à la consommation est ainsi déprogrammé", concluait Stiglitz.

Rejeter le progrès en bloc, réinjecter des idées que l'on croyait repoussées dans les arcanes de l'histoire sous un amas de poussière et c'est quelques mages qui reprennent leur bâton de pèlerin et vont expliquer tout ce que vous voulez savoir sans jamais avoir osé le demander. Pas uniquement en économie, d'ailleurs.0.jpg

Le Vif apprenait que du 13 au 16 octobre, une campagne créationniste avait été organisée par le disciple, créationniste, Harun Yahya. Pour le dernier jour de cette campagne, l'entrée à l'hôtel Radisson Blu Royal, la distribution de livres, épuisés en quelques minutes et un lunch étaient offerts. "Frère" Ali Sadun Engin, venu de Turquie, au perchoir. Pour lui, deux seules hypothèses existent: soit l'homme a été créé par Dieu, soit l'homme est le résultat du hasard. Pas d'évolution dans la genèse de la vie. Pas de preuves puisque personne n'a apporté un fossile intermédiaire alors qu'il a offert 6 millions de dollars si quelqu'un lui en apportait. Le diable s'amuserait ainsi avec l'humanité depuis 150 ans! Le public, séduit, convaincu, n'a pas suscité de polémiques.

0.jpgLe savoir est-il dangereux?

Question digne de l'Harakiri, "bête et méchante".

Voilà que le dernier "Science et Vie" utilise le même vocabulaire. En page de garde, "La matière va parler. C'est l'heure de vérité pour la "particule de Dieu".

Si on commence à mélanger les genres, on risque de se retrouver à nager entre deux eaux saumâtres.

Le LHC, c'est lui qui va tout révéler. Trouvera-il le boson de Higgs, en trouvera-t-il un "exotique" ou ne trouvera-t-il rien du tout? Suspense plus que fébrile. A chaque option, correspond déjà une réponse et une marche à suivre. 

Quelle importance, d'ailleurs, si on peut en tirer quelque chose qui n'indigne pas et qui enracinera le savoir, sans même le dire avec humour, comme je l'ai fait (car la science n'est pas que sérieuse).

Mais j'oubliais. Nous avons eu aussi Lagardere et Jade à Bruxelles. Le but, la présentation du livre «Comment soigner mon enfant dans l’urgence?» et pour promouvoir le numéro d'urgence 112. Arnaud, lui, dit qu'il va là où elle va! Laurence Bibot rappelait qu'il faut garder l'humour avec le goût d'un café serré dans ces cas. 0.jpg

Puis il y a, en cherchant bien, quelques lueurs d'espoir dans l'horizon lointain et on arrive à espérer.

Le régime dictatorial de Kadhafi qui se termine dans la liesse, après 42 années. Des parallèles chez les voisins après le printemps arabe qui devient un automne en rodage. L'islam qui leur montre un chemin et qui donne parfois de bonnes surprises avec les banques islamiques qui n'ont pas été touchées par les crises monétaires, avec des émetteurs d’obligations islamiques qui se tournent vers des formules respectant les préceptes du Coran et se refusent d’investir dans les fonds reliés au tabac, à l’alcool et au jeu. Pas de Coran alternatif puisque juste après, on apprenait que l'on retournait à la charia comme loi sans partage. Retour à une case de départ non désirée.

L'ETA qui annonce "l'arrêt définitif de son activité armée" après 40 ans. Qu'est-ce que cela cache? Une action encore plus ciblée ou une fusion d'esprit avec les indignés?

L'Europe trouvait un nouvel accord au finish. La zone euro s'est réveillée sous un soleil prudent, était-il dit. Vous avez déjà vu un soleil prudent? On a surtout compris ce que peut-être "l'argent du beurre" qui disait que "L’imbrication des marchés mondiaux est telle qu'anéantir un bloc concurrent se traduirait par la perte de clients potentiels importants pour sa propre survie et l'ignorer produirait son propre étouffement à courte échéance.". Et, il n'y a personne qui aime perdre des plumes dans leur vol d'Icare.0.jpg

L'enfer est toujours pavé de très bonnes intentions qu'on y perdrait son latin pour moins que ça.

Pour couronner nos envies de croissance, on apprend qu'à la fin du mois, nous serons 7 milliards sur notre planète.

0.jpgEt puis, en plus léger, mais qui réconcilie le passé avec la technologie d'aujourd'hui: le film "Tintin et le secret de la licorne". Tintin revient à Bruxelles, en 3D et, en plus, réalisé par Spielberg, himself. Réussite de la technologie, qui fait revivre un personnage de la jeunesse des anciens qui ont "entre 7 et 77 ans". Hambergurisé, notre Tintin?

Tout le gratin était là sur la Place de Brouckere pour l'occasion. Les voitures, copies des albums de Tintin, pour la matinée et le film vu par des tintinophiles dans l'après-midi. Célébration d'une passion de trente ans entre Tintin et Spielberg. "Hergé faisait du cinéma sans caméra", disait ce dernier. (à lire "Hergé Spielberg Quand deux univers se rencontrent" de Laurent Malbrunot).

Réalisé en "motion capture", c'est-à-dire avec des interprètes bien réels qui jouent leur rôle, mais dont les mouvements seront récupérés et numérisés en film. Malgré une appréhension toute légitime, l'esprit d'Hergé, la psychologie des personnages ont été conservés, disent les critiques. 0.jpg

ARTE se remettait sur les traces de Tintin au Pérou, au Tibet, au pays du Lotus bleu, des Cigares du Pharaon ou face au Crabe aux Pinces d'Or au départ de Bruxelles, avec des images de l'album intégrées dans les paysages naturels et la vie de tous les jours. Tintin, a-t-il reçu un coup de jeune ou un coup de Jarnac? Ce seront les nouveaux jeunes et pas les anciens qui auront le dernier mot.

Un rappel que la Bande dessine toujours sur tous les murs de Bruxelles.

Voilà une preuve que l'évolution avec les techniques d'aujourd'hui, peut garder un coup d’œil dans le rétroviseur et mettre tout le monde d'accord.    

Tout ces événements que je viens de raconter, n'ont aucun rapport entre eux, vous allez dire. Et vous aurez raison.

Mais cherchez bien, tout de même, on ne sait jamais.

0.jpgComme l'écrivait Bill Bryson au sujet des Sciences, c'est "Une histoire de tout ou presque", dans lequel il écrit dans sa préface "Pour moi, la science était à l'école un sujet distant et inexpliqué. Les livres d'écoles et les professeurs n'ont jamais éveillé en moi le gout de la connaissance, principalement car ils ne traitaient jamais des pourquois, des comments et des quands.".

Pour Milou, déterminer le sexe des anges, c'est Tintin. On a peut-être besoin d'un Tintin reporter, remasterisé, un peu Sherlock Holmes, pour expliquer tout cela.

Cette journée de samedi avec Bruxelles en fête, en quelques photos, c'est ici. Mais ce ne sont que le millième de ce qu'ont enregistré les appareils numériques toujours en 2D. 

Mais, pas la peine d'en faire un fromage.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Il ne suffit pas d'engranger les récoltes du savoir, du savoir-faire, ni de vendanger les fruits du savoir-être et du savoir-devenir, encore faut il accepter de les offrir pour s'agrandir ensemble.",Jacques Salomé
  • "L'indignation est le déplaisir que nous cause l'idée du succès de celui que nous en jugeons indigne.", Stendhal
  • "La modération trouve encore à glaner dans le champ du bonheur, lorsque les favoris de la fortune semblent avoir tout moissonné", Duc de Lévis
  • "Tintin a changé de pantalon après 45 ans. Espérons qu'il a plus souvent changé de chaussettes", Geluck
  • "La Belgique? C'est le pays le plus bizarre de la planète", Amlie Nothomb

 

21/10/2011

Dis-moi ce que tu lis, je te dirai ce dont tu rêves

Il y a bien longtemps, j'écrivais "L'éloge à la lecture". Mais il faut être orienté pour faire aimer la lecture, tellement il y a de choix. Qui lit vraiment? Ceux qui lisent, que lisent-ils?

0.jpg

Christophe Evans, sociologue de la lecture, donnait ses constations dans le Vif-L'Express avec la question "Que lis(i)ez-vous a vingt ans".

La "Fureur de lire", l'opération de séduction pour les livres, fêtait ses vingt bougies en octobre. Les jeunes lisent de moins en moins ou n'importe quoi, disent les "vieux". Était-ce mieux chez les soi-disant "vieux"?

En d'autres mots, ceux-ci ont-ils montré le chemin de la lecture, de manière efficace, aux plus jeunes ou se sont-ils laisser eux-mêmes à la paresse des médias plus modernes?

La lecture des livres est en net recul dans toutes les catégories de lecteurs.

Pas plus de lecteurs d'aujourd'hui que ceux du milieu des années 60, donc... Régression puisqu'en principe, l'éducation s'est allongée, que le nombre de médias disponibles n'a jamais été aussi important, que le choix de lectures explose. 

Les magazines, journaux en ligne ont pris le dessus, est-il dit. Les journaux se plaignent pourtant de leur rentabilité. France Soir vient de cesser la publication de son journal en papier.  

Il faut que les infos soient non payantes pour suivre le leitmotiv d'Internet qui dit "tout est gratuit" (en apparence du moins).

Internet, malgré son potentiel, a restreint le nombre d'heures de la "lecture pure et dure" pour se concentrer sur ce qui se consomme bien et s'énonce consciemment: l'actualité.

Les lecteurs s'évadent aussi vers la lecture de forums citoyens pour y trouver une autre vérité.

La lecture "littéraire" ne fait plus recette. Point.

On veut du court, du pratique et parfois, quand il reste du temps, du rêve.

Du pratique et du professionnel pour permettre aux lecteurs de rester à la pointe de la technicité et ainsi rester dans le coup dans les conversations. Ajouter l'utile à l'agréable et le payer au juste prix, tel est le contrat. Le côté plus savant est rejeté au calendes grecques, pour des moments plus propices comme les vacances, des moments pour espérer se ressourcer. Pour, en finale, se ressorcer avec des livres policiers dans ces moments privilégiés.

Les bouquins "fonctionnent" s'ils sont en phase avec l'esprit du temps et s'éditent quand le nombre de pages se limitent à 200 avec une police des caractères à gros caractères. Ça les use les yeux, la lecture de petits caractères!

Amélie Nothomb s'est fait une spécialité de phrases courtes et d'histoires courtes. Son dernier livre "Tuer le père" suit cette règle avec seulement 150 pages et une police de caractères "bien en chair". J'ai lu quelques bouquin de la dame au grand chapeau. J'en ai aimé certains, d'autres moins. 

Rester original, imaginatif est la clé du succès.

La BD, elle, reste chère alors elle est lue à la sauvette, dans les librairies et grandes surfaces qui permettent la lecture en son sein.

Le livre de poche, malgré une sortie plus tardive que la version originale, plus luxueuse, moins chère et plus transportable.

Qu'est-ce qui fait un "Bestseller"?

Première constatation: les titres, considérés comme bestsellers, ne sont pas les mêmes dans toutes les librairies à se partager les podiums "bestsellers". Pas d'unanimité. Cela commence déjà mal... ou à y réfléchir, peut-être, bien, au contraire.

Plus question de Flaubert, Zola, Balzac, Hugo comme noms qui font rêver. C'est d'accord. Trop scolaires, trop descriptif et/ou plus dans l'air du temps, ils n'intéressent plus que les étudiants romanistes. Libres de tous droits, au besoin, Internet existe pour les retrouver. Donc, les lecteurs passionnés sont ailleurs.

0.jpg

Inventer des scenarii impossibles et y faire pénétrer le lecteur, l'espace des quelques pages.

Ken Follet joue sur deux tableaux, les chroniques historiques saga, comme "La chute des géants" et les histoires plus courtes comme le "Scandale Modigliani" avec un regard dans le passé.

Bernard Werber qui a abandonné les sagas des fourmis, s'intéresse à plus existentiel dans son "Rire du Cyclope", tout en s'infiltrant dans la lecture plus savante.

Dan Brown s'intéresse aux histoires parallèles et se complait dans l'écriture de grands succès garantis par le mélange des réalités et des fictions sans véritables frontières. On ne change pas ce qui marche. Il faut seulement se rappeler que ce sont des romans.

C'est la distillation harmonieuse des réalités dans la fiction qui fait grimper les ventes.

La science fiction, c'est déjà entrer dans un stade plus évolué. On se perd déjà dans le présent, alors dans le futur, on risque de s'y égarer.

0.jpg

Guillaume Musso  avec "La fille de papier" imagine la vie qui ne tient plus qu'à un livre, chez un écrivain en panne d'inspiration, alors que son "L'appel de l'ange" mélange les secrets d'interlocuteurs qui par inadvertance, ont échangé leur téléphone portable. Situation plausible mais dont l'extrapollation peut mener aux situations alambiquées.

Marc Lévy, dans "Le voleur d'ombre", a son héros qui capte les secrets de ceux qu'il croise. Imaginer et vous serez considérez, encore une fois. Etre traduit en un quarantaine de langue multiplie les chances. 

Eric-Emmanuel Schmidtt  dans "La femme au miroir" utilisent la magie du temps qui mettrait en présence trois époques, trois femmes mais qui pourraient être, en définitive, la même femme.

Dans un monde imaginaire, le lecteur se sent transporté par téléportation dans le temps et l'espace, sans quitter son fauteuil.

Mais qu'est-ce que rapporte un "Bestseller" à son auteur? Les noms les plus connus se feront des ponts d'or, d'autres vivoteront, comme partout, mais, encore...

Les romans francophones arrivent, loin derrière, les américains.

Marc Lévy et Katherine Pancol ont empoché 1,8 millions d'euros, hors taxe, grâce aux 15% sur le prix. Le livre de Poche réalise 5 à 6% pour son auteur.

Le magnat du thriller est l'américain, James Patterson. Il invente des histoires en rafales que des collaborateurs se chargent ensuite d'écrire. Un truc comme un autre d'avoir des nègres à son imagination. Un roman sur dix sept est signé James Patterson. Ainsi, il a amassé 84 millions de dollars, en 2010 à raison de huit ou neuf bouquins par an. Son héros, Alex Cross, son Women's Murder Club, des intrigues féminisées, des feuilletons sans fin, comme ingrédients d'une cuisine ou d'une usine à succès.

La 2ème marche est pour Danielle Steel, la reine du roman rose et Stephen King avec Twillight. Les Harry Potter, portés au cinéma, font un tabac chez les jeunes.

De l'exotisme, un peu de sexe, quelques descriptions suggestives et le compte est bon?

Pas toujours. Il y a aussi les drames psychologiques, mixés à de l’espionnage, une histoire d'amour, un roman d'idées comme on peut le trouver sur la couverture du livre à succès du plus français des Amércains, Douglas Kennedy, "Cet instant-là".

En fait, lire s'apprend. Comme avec un ordinateur, en commençant par y "jouer" et pas en se forçant à l'étude d'un traitement de texte ou d'une feuille de calcul.

Pas question pour moi d'avoir cité ces titres de livres pour en faire de la pub. Il suffit d'aller voir ce que les grandes surfaces ou les librairies qui se croient délégués comme conseilleurs de leurs clients. 0.jpg

Les médias et les vendeurs de livres influencent les lecteurs. Ça, c'est sûr.

Bernard Pivot avec "Bouillon de culture", suivi de "Apostrophes", ont invité les écrivains pendant plusieurs années.

"Une prestation honorable de l’auteur associée à une belle mise en place dans le rayon Apostrophes suscite souvent une augmentation spectaculaire des ventes et un surcroît appréciable de notoriété à la grande joie des professionnels du livre mais au dam de certains intellectuels et d’écrivains.", dit Wikipedia à ce sujet.

La raison serait-elle que la critique n'est pas aimée par tous? Le livre manque d’interactivité entre l'écrivain et le lecteur. Le droit de réponse est presque absent.

Plus le temps de tout lire, vu le débit croissant des bouquins. Le lecteur ne veut plus prendre de risques au jeu de passe-muraille ou de colin-maillard, dans lesquels, on lui refile par le bouche à oreille, ce qu'il faut ou il ne faut pas lire. Il veut garder un tant soi peu de démocratie, de pouvoir de choisir lui-même.

Comparer le lecteur d'aujourd'hui à celui qu'il était, il y a vingt ans, n'apporte aucune certitude, ni conclusions. Un lecteur de romans reste un lecteur de romans. Un non-lecteur, un non-lecteur. Et, j'en connais des deux sortes.  

La concurrence des médias disponibles comme trouble-fête et qui tuent la lecture sur papier, en cause? Très certainement.

La paresse, face à la difficulté, n'est pas une question d'époque, mais de continuité.

Dans un autre domaine, le film "The artist" qui revient au cinéma muet, est un bon test d'acceptation de ce que la modernité a tué.  

Le thème d'un livre doit rester proche et éloigné à la fois et garder un regard sur lui-même. Observer son époque au travers d'un miroir actuel comme modèle de modernité, avec un rétroviseur bien orienté. Se rendre compte, peut-être, qu'on aurait aimer ou détester vivre dans cette époque en refermant un roman historique qui apportera, ainsi, réconfort ou amertume.

Puis, il y a les moments choisis: la période des prix littéraires comme le Goncourt (vendu en 2010, à 520.000 exemplaires). Ils feront sauter le champagne pendant un temps et puis, retomberont dans l'oubli. Ça aussi, c'est écrit. Devenus "Bestsellers", ils seront courtisés grâce au ruban rouge qui enserre la couverture. Malheureusement, le lecteur oublie vite, le ruban se détache de la couverture. Et qui sait, plus tard, quelqu'un attendra une réédition, si le goût du nouveau n'a pas pris le dessus.       

Frédéric Beigbeder dans "Premier bilan après l'apocalypse" joue au rassembleur d'idées. Il imagine, dans l'après, ce qu'il voudrait avoir à disposition comme livres. Son "Making of" commence, en fanfare, et explique la manœuvre: "Livres, tigres de papier, aux dents de carton, des fauves fatigués, sur le point de se laisser dévorer. Obsolète, nids de poussières, usine à silence, que l'on remplace par des écrans plats, qui demandent temps, fauteuil et codex. Qui ambitionnent de se projeter dans une autre expérience, dans un monde parallèle. Le livre sur papier est l'invention parfaite, selon Umberto Eco. Le romancier, un ermite qui se créerait une société. Lus par de vieux maniaques, cacochymes, déchiffreurs de l'Univers d'un romancier.".    

Bancal désir de choisir Camus, Proust, Kafka et bien d'autres écrivains classiques du passé. Pas même la grande bibliothèque d'Internet et peu d'écrivains d'aujourd'hui s'y retrouvent.

Les jeunes délaissent l'achat de livres, plus incités d'aller voir l'auteur, lui-même. Comme pour les CD de musique. Ils en consomment de moins en moins et préfèrent aller au concert, voir les artistes et sélectionner les plus "sensibles" vu le prix des CD qui, eux, n'ont pas baissé.  0.jpg

Les livres électroniques, les liseuses et la lecture auront-ils plus de succès si ils s'accompagnaient d'une voix qui interprète le texte? Cette forme parlée restera toujours une interprétation du texte transmise par des lecteurs professionnels, toujours aussi peu interactive. Pourquoi pas un karaoké des textes de lecture? Ainsi, par les intonations du lecteur, pourrait-on s'assurer du degré de sa compréhension. 

Le besoin tactile de tourner les pages par le doigt est rappelé par l'utilisation des iPod et iPad pour répondre à l'ergonomie. Steve Jobs, par son "user friendlyness", n'a pourtant pas pu remplacer l'amour "physique" du livre papier, pour ses fans.

Pour les enfants (et les grands ...), la sonnette qui imposait de tourner la page pour garder l'attention n'est toujours pas superflue.

Un habillage sonore, une illustration en 3D, rendre la lecture interactive par un petit micro... Dites ce que vous rêvez, ce que vous touchez, sentez, écoutez, goutez, un auteur en fera, peut-être, le roman qui vous plaira.

Qu'est-ce qu'un bon livre? Réponses multiples:

-"C'est celui qui change un peu son lecteur", dit l'un. "Celui qui apprend une expérience dont on peut extraire une philosophie dans la vie de tous les jours". "Un livre qui fait oublier qu'on est occupé à lire et qu'on est pressé d'en apprendre le dénouement, mais malheureux, pour avoir atteint la dernière page".

Comme partout, ce sont les idées neuves, voire géniales, qui apportent l'intérêt. Rien ne sert de pondre des lignes, si l'originalité, le besoin d'écrire, le plaisir de communiquer son rêve pour l'écrivain et la curiosité du lecteur n'y sont pas.

Dépoussiérer l'érudition littéraire traditionnelle? Si Begbeider l'imaginait avec son livre, ce serait plus une illusion.  

Pour certains, les réalités de la vie de tous les jours sont déjà des abstractions à vivre, bien suffisantes, sans devoir les lire.

Le plaisir et la passion sont toujours liés, quelque part.

Je vous quitte. Pas pour la fureur de lire mais pour une envie d'ouvrir le nouveau rêve d'un auteur en espérant que j'y pénètrerai.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "1. Ne jamais lire un livre qui date de moins d'un an. 2. Ne lire que des livres réputés. 3. Ne lire que des livres que vous aimez.", Ralph Waldo Emerson
  • "Un best-seller est généralement un méchant livre dont la vente permet à l'éditeur de publier d'autres livres tout aussi mauvais mais qui ne se vendent pas.", Robert Sabatier
  • "Les livres peuvent se diviser en deux groupes : les livres du moment et les livres de toujours", John Ruskin
  • "Un bon livre est un livre qui fait oublier au lecteur qu'il est en train de lire", Bernard Pivot

 

14/10/2011

Avec la Sabena, vous y seriez déjà

Dix ans depuis la faillite de la compagnie aérienne belge, SABENA. La "Société Autonyme Belge d'Exploitation de la Navigation Aérienne", la S.A.B.E.N.A., a une histoire qui l'explique et compte aussi tellement d'anecdotes.  

0.jpg

Un article résume bien l'histoire de la Sabena et introduit l'exposition "Le progrès venait du ciel".

"Toute ma vie, j'ai rêvé d'être une hôtesse de l'air, de voir le bas d'en haut, d'avoir des talons hauts, d'avoir les fesses en l'air", chantait Dutronc.

Aujourd'hui, on les appelle "cabin crew member".

Partir en voyage quand tout est à inventer.

S'adaptant à la multiplication des voyages en train ou en paquebot, des malletiers vont se développer, comme Delvaux en Belgique (1829) ou Vuitton en France (1854).

Le transport aérien va imposer de nouvelles contraintes. Chaque kilo avait son importance : les valises en tôle cannelée de duralumin ont la cote dès 1921.

En 1950, la Sabena offre à ses passagers longs-courriers une valisette équipée d'une tirette.

Le fabricant américain Samsonite lance un jeu de valises rigides en 1958. Cela fait fureur et déclasse les malles rigides.

C'est au début des années 1990 que l'homme d'affaires ou le touriste qui voyagent léger adoptent le modèle de la valise trolley actuelle avec poignée télescopique.

Le lien entre l'aviation et la mode décolle dès les années 50 : il faut aussi voyager léger (donc pas de bijoux), mais chic. Grace Kelly lance la tendance de la voyageuse sexy : le fly fashionably.0.jpg

Hier, à la grande époque de la Sabena, sapées par Anna David Marber, Louis Féraud ou Olivier Strelli, les hôtesses de l'air faisaient rêver toutes les petites filles (et les petits garçons mais pour d'autres raisons). C'est la «Mademoiselle Sabena», sourire de rigueur, uniforme uniformisant de maîtresse de maison qu'on introduit à bord de la très prestigieuse compagnie d'aviation belge. Collection d'été et d'hiver, personnel navigant et au sol, tout devait tendre à la perfection, que ce soit pour claquer des talons dans le grand hall d'attente de l'aéroport de Zaventem créé pour l'Expo 58, architecture moderniste Brunfaut de béton et de verre, ou trottiner entre les rangs de passagers, plateau de coupes de champagne à la main.

Cette revue de mode – des premiers uniformes d'inspiration militaire dès 1947 à l'uniforme gris et turquoise créé par Olivier Strelli en 1999 – est le point fort de l'exposition «Le progrès venait du ciel». Une «Histoire de la Sabena», une expo de mémoire collective, chargée d'émotions, dix ans après le prononcé de faillite de la compagnie.

0.jpgLa revue d'uniformes traduit l'évolution des mentalités, concernant le rôle du personnel navigant, liée à l'évolution de l'aménagement intérieur des avions, leurs prouesses techniques. Quand un kilo, c'était un kilo, les premiers sièges pour passagers, en 1925, étaient en osier! Depuis sa fondation en 1923, la Sabena a toujours été un modèle de style et de modernité. Accueil et confort étaient les mots d'ordre : « Il fallait vaincre à la fois la concurrence du bateau, explique Marguerite Coppens, commissaire de l'exposition, et la peur de l'avion. Aussi la compagnie a tout de suite prêté beaucoup d'attention aux enfants, petits cadeaux et traitements de faveur. Parallèlement au développement des vols vers le Congo, il fallait attirer la clientèle des jeunes couples s'expatriant avec enfants. ».

Accessible à tous, férus d'aviation, clients des airs ou simples curieux, l'exposition est construite selon trois grands axes : le vêtement d'après l'importante collection du musée, la technique de l'hélice au jet, le fonds d'affiches frôlant le chromo de la curatelle complété par des prêts de collectionneurs. La nostalgie envers cet héritage national ne peut qu'y être omniprésente…

Parallèlement, le rôle de pionnier de la Sabena est particulièrement mis en évidence.0.jpg

«L'histoire de la Sabena accompagne celle de la Belgique, de sa fondation à sa disparition vécue par tous comme une tragédie », assure Michel Draguet, directeur général ad interim. Le vol inaugural de la Sabena a lieu le jour même de la fondation, le 23 mai 1923. Un De Havilland-DH-9 décolle d'Evere pour Lympne, en Grande-Bretagne. Il ramènera leurs journaux favoris aux touristes anglais qui se pressent à Ostende ! La liaison pour le Congo décolle le 12 février 1925. La Sabena et le Congo vont planer en chœur, suivant les hauts et les bas des relations diplomatiques entre les deux pays. 

Pour des centaines de milliers d'Africains, la Sabena représentera pendant des années le monde tout entier de l'aviation. Pour les Belges en mission, les avions blanc et bleu, c'était déjà un bout de pays…

«Avec la Sabena, vous y seriez déjà» : le slogan a piqué du nez en novembre 2001. Cette exposition remonte le temps avec élégance, à coups de sujets aussi curieux qu'intéressants, jusqu'aux dernières sophistications et l'évolution du transport aérien : low-cost, agrocarburant ou énergie solaire."

0.jpgRemontons le temps avec le livre "Des origines en 1923 à la faillite de 2001"

A sa lecture, il apparait que tout avait pourtant bien commencé pour la Sabena à sa création en 1923 en précurseur d'autres compagnies européennes. Seulement la KLM apparut 4 ans auparavant. Sabena mi-privée, mi-publique avec un capital de six millions de FB de l'époque (150.000 euros sans inflation) pour une durée de 30 ans.  Une flotte d'avions qui, d'ailleurs, avaient peu de différences entre la version civile et la militaire. Vols de prestige comme représentations de la Belgique dans le monde mais très vite déficitaire dans son exploitation.

Jusqu'en 1990, la Sabena ressemblait à une entreprise d’État, ce qui permettait d'effacer l'ardoise des chiffres dans le rouge et d'échapper, ainsi, à la logique du marché.   

Mal chronique qui grèvait la société, suite à de lourds investissements, de la crise pétrolière, des services publiques réguliers, avec des vols rentables, là où il y avait un quasi monopole et d'autres qui accusaient des pertes à coup sûr. Avion rempli ou vide, tout atterrissage coûte beaucoup d'argent. La concurrences des vols à plus bas prix, par les charters, d'abord et les low-cost ensuite, vont accentuer les problèmes financiers.

Nous étions à l'époque avec le dogme de "l'économie d'échelle".

0.jpg

L'idée de fusionner avec une autre compagnie étrangère est venue normalement. Première tentative avec KLM. Vu les différences de dimensions des deux, cela équivalait faire avaler la SABENA par la KLM.

La SwissAir avait une taille similaire avec la Sabena. Avec la SwissAir, tout devait aller mieux, comme le meilleur collaborateur possible, d'après le patron du groupe, Pierre Godefroid.

Même combat pour les deux compagnies? Non, pas vraiment. Plutôt, un concurrent à éliminer pour la SwissAir. La Sabena a été cannibalisée dans l'opération avec la faillite au bout du chemin.
Godefroid devait déchanter et crier à la forfaiture après l'échec qui se préparait: "La responsabilité en incombe tout d'abord aux membres belges du conseil d'administration, parmi lesquels je compte des amis, qui depuis 1996 ont abandonné le pouvoir aux représentants minoritaires du Groupe Swissair, grâce à quoi ces derniers ont librement et abusivement imposé leur diktat. Plusieurs d'entre eux ont essayé de se justifier en disant qu'ils ont agi sur instruction de l'autorité politique qui n'avait d'autre ambition que de se «débarrasser» de la Sabena en la «refilant» à Swissair. Ce faisant, les administrateurs belges ont vu, entendu, discuté et approuvé des choses qui les ont rendus tacitement complices d'abus de pouvoir et d'abus de confiance commis au détriment de la Sabena par le pouvoir en place: Swissair. Le renouvellement de la flotte  (34 nouveaux appareils commandés par la SwissAir), cause majeure du drame actuel, en est un sinistre exemple. En restant en place, ils ont couvert un certain nombre de forfaits et d'erreurs, qui ont mené la Sabena à la ruine. Le personnel n'y est pour rien."

0.jpgLa Libre Belgique écrivait la veille de la faillite: Sabena, une faillite sans précédent: Ce mardi 6 novembre sera écrite la page la plus sombre de l'histoire de la Sabena, une compagnie qui depuis plusieurs décennies aura véhiculé l'image de la Belgique aux quatre coins de la planète. Les administrateurs de la compagnie belge n'auront en effet pas d'autre choix que de prononcer l'arrêt de mort de la Sabena via un aveu de faillite. Logique: le plan de relance qui devait être présenté le 8 novembre aux créanciers ne permet pas d'assurer la continuité des activités de la Sabena, une compagnie qui croule sous les dettes et qui fait littéralement fuir des investisseurs, traumatisés par la crise que traverse l'industrie du transport aérien depuis les attentats du 11 septembre.

La faillite de la Sabena fait peur. BIAC, gestionnaire de Bruxelles-National, a demandé un renforcement des forces de police aux alentours de Zaventem, craignant visiblement des débordements après l'officialisation du dépôt de bilan. Durant les dernières heures, la tension est en effet montée d'un cran au sein du personnel. Certains débrayages ont eu lieu, notamment au sein du service catering. Quant aux syndicats, ils estiment être tenus à l'écart des discussions relatives au volet social de la faillite. Les syndicats craignent, par ailleurs, de ne pas disposer du temps nécessaire pour négocier un plan social digne de ce nom.

Sauver ce qui peut l'être pour plus de 13000 personnes qui resteraient sur la touche, sans compter les emplois indirects. Un séisme social sans précédent dans toute l'histoire économique belge. Le dernier espoir repose donc dans la volonté de recréer au départ de la DAT une nouvelle compagnie aérienne belge, dont la taille sera moitié moindre de celle de l'actuelle Sabena... La piste "Virgin Express" continue d'être approfondie. La Commission européenne examinerait à la loupe d'éventuels transferts d'actifs de la Sabena vers sa filiale régionale DAT, cœur du futur dispositif. Objectif: vérifier qu'une telle opération ne fausse pas le jeu normal de la concurrence. Il sera, par ailleurs, difficile pour l'Etat belge de faire avaler à la Commission européenne l'injection dans cette DAT+ d'une partie des 125 millions d'euros (soit 5 milliards de BEF) versés récemment dans le cadre du crédit de sauvetage. Le crédit de soudure avait été accordé à des conditions particulièrement strictes. Consacrer une partie de ce crédit de sauvetage à la relance d'une nouvelle compagnie aérienne s'assimilerait à une aide d’État déguisée par le transfert de la somme vers la DAT...".

Le 7 novembre 2001, la faillite était prononcée.0.jpg

SN Air Holding a repris la compagnie aérienne belge existante DAT (Delta Air Transport S.A).  

Le 15 février 2002, la dénomination SN Brussels Airlines avait repris le flambeau de la Sabena "expurgée". Novembre 2006, nouveau mariage avec Virgin pour former "Brussels Airlines".

0.jpg

Cette fois, c'est la société éphémère, DAT, qui a succédé à la Sabena, qui est mise en cause.

Suite à la plainte contre X lancée en 2004 par SAirGroup, le 30 septembre dernier, on entendait "Aucune faillite n'aurait été prononcée si certains points n'avaient été tenu au silence pour le tribunal du commerce de l'époque"


Deux points restaient en suspend:

  • Une série de slots pour Heathrow cédé gratuitement à la DAT, alors que la British Air Ways était prette a ouvrir sa bourse pour les acquérir.
  • Un crédit pont de 125 millions d'euros octroyés par le gouvernement et transféré à la DAT tenu sous silence.

Le temps presse. La prescription des dix ans approche même si ce n'est plus que pour ramasser les miettes.

0.jpgPour le personnel, cette affaire rouvrait la plaie. Le traumatisme était toujours présent.

Beaucoup d'anciens stewards, hôtesses, avec leur matricule accroché à leur nom, se sont retrouvés dans ce qu'ils appelaient, leur famille. La rage s'est usée avec le temps pour faire place à une nostalgie ressentie à la vue du sigle de la Sabena, et le rappel du dernier vol qui avait touché le tarmac de l'aéroport de Zaventem, du suicide d'un pilote, peut-être, aussi... 

Même si les hôtesses de cabine se rappelaient des inconvénients de la profession, - elles ne pouvaient se marier et ne pouvaient espérer de faire carrière au dessus d'un âge, toujours en pleine force -, elles en rêvaient encore, prêtes à reprendre le travail, le lendemain, si c'était possible.

Leur vie a basculé mais le cœur des hôtesses était toujours la haut, comme concluait le journaliste relatant l'événement.   

Fin 2009, "Decennis horribilis" disait Giovanni Bisignani, le patron de l'IATA. Des catastrophes pas seulement financières. Voler dans le ciel reste non dénué de risques. Pour la Sabena, il avait été à déplorer le seul vol 548 du 15 février 1961.   

SN Brussels Airlines accuse une perte record de 70 millions d'euros pour 2011.
Filiale de Lufthansa, elle ne prendra pas l'option de rachat global de l'entreprise.
Les causes invoquées sont:0.jpg
-Le prix du fuel qui est passé de 800 à 1100 dollars la tonne.
(Sont consommés 430.000 tonnes par an.)
-Les subsides déguisés accordés aux compagnies low-cost et pas aux autres compagnies
-Révision des droits de trafic à Dakar
-Conflit en Côte d'Ivoire
Pourtant la hausse du nombre de passagers s'élève à 10% comme le chiffre d'affaire.
Les 3300 collaborateurs dont 1500 pour les avions pourraient subir une restructuration d'après les dires.

1.jpgL'exposition "Le progrès venait du ciel" rappelle l'histoire de la Compagnie:

Voler reste une aventure risquée. Avant l’avion, il n'y avait que le train et le bateau. Les débuts de l’aviation relèvent de l’aventure. Les premiers sièges étaient des fauteuils de jardin en rotin qui évoluèrent rapidement pour assurer sécurité et confort. Mais loin de se décourager, des initiatives audacieuses sont prises, comme la création d’un réseau intérieur au Congo dès 1921-1922. Le premier au monde! 

Des progrès techniques majeurs firent passer l’avion de l’hélice au jet vers le Concorde dont la Sabena avait bel et bien commandé des exemplaires avant de se raviser. Des coupes de moteurs, des maquettes, des films retracent l’histoire de ces avancées spectaculaires.

Le métier d’hôtesse de l’air fit rêver des générations, à travers les uniformes. S'y intègre l’évolution de la femme au travail comme emblème du combat pour l’égalité. Grâce à un ensemble de compétences dont l’équipage n’est que la partie visible, le personnel de maintenance était particulièrement qualifié, les compagnies du monde entier recourraient à la Sabena pour l’entretien de leurs appareils. 

Entreprise commerciale orchestrée par des campagnes publicitaires dont le choix des slogans, des affiches est révélateur de l’évolution des mentalités.

La Sabena ne fut pas la seule compagnie belge. D’autres compagnies charters, filiales ou rivales (TEA, Sobelair, ...) , ont partagé les airs et les déboires de la Sabena pour disparaitre à leur tour.

Se promener dans l'exposition, parmi les visiteurs, c'est revivre tout cela.

Anecdotes en annexe à la vue des affiches et des uniformes et des avions.

Que de fois, n'ai-je pas chanté "Dimanche, à Orly" en allant prendre l'avion à la Sabena. Les paroles me sont toujours en mémoire comme d'autres chansons de Bécaud.

Mon baptême de l'air date de 1961, à bord de DC6, en direction de la Corse. Les DC6, 7, 10, les Boeing 707,727,747,737, Airbus vont se succéder d'année en année. 

0.jpgLe slogan de la Sabena, je me souviens l'avoir utilisé après avoir été un peu chahuter à bord d'un avion d'une autre compagnie d'aviation espagnole. Le voyage ne s'était pas déroulés sous les meilleurs auspices. Un diner, à bord, avait terminé sa course dans le petit sachet réservé, suite à des trous d'air à répétition. De plus jeunes, dans la cabine, criaient, joyeux, "Encore". Un mot qui a dû accélérer mon envie de me décharger. A cette époque, il faut se le rappeler, les avions à hélices ne permettaient pas de voler à une altitude suffisante pour éviter les nuages.

On restait, dès lors, souvent, pendant la totalité du vol dans ceux-ci et cela balançait pas mal si l'avion ne trouvait pas le moyen de se faufiler dans un trou au travers des nuages. Le slogan que j'avais trouvé alors, "Avec Sabena vous y seriez déjà. Avec Spantax, vous n'y seriez peut-être pas là". Ce n'était pas gentil, vu avec le recul. Cette compagnie n'existe plus que de manière virtuelle.

Parmi les visiteurs de l'exposition, comme commentaires, on entend que les hôtesses étaient aux petits soins avec le voyageur aérien, que les repas à bord n'avaient pas encore un goût "amalgame" de voyage en voyage, qu'il n'y avait pas d'inquisition avant le départ à l'aéroport, que le seul stress était réservé aux nombreux voyageurs qui se payaient leur baptême de l'air. Et, ceux-ci étaient nombreux à cette époque.

Aujourd'hui, tout a résolument bien changé. Les voyages de masse en avion, ne font plus réellement ni peur, ni rêver. On prend l'avion presque qu'avec autant de cérémonial que lors d'un voyage en train.  Même le ticket du vol n'en a plus l'air et se transforme en un email imprimé chez soi. 

0.jpg

Question finale de l'expo: "Comment se déplacera-t-on demain dans l’ère après-pétrole qui s’annonce?"  

Je dirais, plutôt, après-demain. Le Solar Impulse, les dirigeables, les supersoniques qui relieront les points les plus éloignés de la Terre en moins de temps qui faut pour le raconter?

En 2030, les villes du monde seront reliées, par des vaisseaux spatiaux.

On demande à voir en se rappelant du bide que la futurologie peut nous servir.  

Plus pragmatique, le voyageur d'aujourd'hui, espère plus, que dans le prochain avion, l'avertissement "Fasten seat belt" ne soit là que pour une raison de confort au sens propre et que le coût du voyage ne donne pas l'obligation de se serrer la ceinture, au sens figuré. Que l'avion soit construit avec le même métal que les boîtes noires, par exemple, puisque celles-là, au moins, restent intacts en cas de crash.  

2.jpgFaut pas rêver?

Mais si. Le patron de Boeing vient de le dire "Le rêve est maintenant réalité".

Le 26 août, son Boeing 787, le fameux long-courrier "Dreamliner", a reçu sa certification  après sept années de cauchemar, sept reports de livraison, trois ans de retard sur le calendrier initial et quelques milliards de dollars de surcoûts. "Dreamliner", un paquebot de rêve. On ne pourrait trouver mieux...

Quinze ans que Boeing n'avait pas lancé de nouvel avion sur le marché. Vu les commandes, faudra augmenter la cadence à dix avions par mois. L'usine de Charleston où la main d’œuvre est moins chère et moins combative qu'Everett, a démarré en juillet. Les syndicats de la N.L.R.B. y voient une délocalisation.    

Décidément, même sans la Sabena, nous y sommes déjà aux réalités qui dépassent, de plus en plus vite, le naturel dans le "cloud computing".  

Une histoire d'hotesse de l'air ne serait pas mal pour terminer celle-ci et d'y ajouter un peu d'humour.0.jpg

C'est une hôtesse de l'air blonde qui revient de son travail. Ses copines lui demandent :

- Alors, t'étais où ?
- Pas très loin. En Suisse.
- Ah ! Et comment étaient les Helvètes ?
- Euh..

Helvètes quel drôle de mot ! La blonde se demande ce que signifie le mot et regarde dans le dico : "Helvètes : habitants de la Suisse.".
Un mois plus tard, elle rentre chez elle et ses copines lui demandent :

- Alors, cette fois, t'étais où ?
- En Grèce. C'était superbe !
- Et comment étaient les Hellènes ?
- Euh…

Encore un mot bizarre ! Elle regarde dans le dico : "Hellènes : habitants de la Grèce.
Un mois plus tard, elle rentre chez elle et ses copines lui demandent :

- Alors, cette fois, t'étais où ?
- En Espagne. C'était merveilleux !
- Et comment étaient les Ibères ?
- Euh…

Encore un mot bizarre ! Elle regarde dans le dico : "Ibères : habitants de l'Espagne.
Un mois plus tard, à son retour, ses copines lui demandent :

- C'était bien ton voyage ?
- Génial, j'étais en Egypte !
- Ouah ! Et comment étaient les pyramides ?
- Oh ! Ne m'en parlez pas ! Tous des Pharaons !


Les photos de l'exposition, c'est ici 


L'enfoiré,0.jpg

 

Mise à jour 21 mars 2012: SN Brussels ne va pas bien. Allons-nous revivre l'histoire de la Sabena? En cause, la concurrence "déloyale" avec les low-costs comme Ryanair

 

0.jpgMise à jour 22 juin 2012: C'est Air France qui va mal et licencie 10% des effectifs, 5000 personens

 

 

 

 

Mise à jour 27 septembre 2012: Coup de grisou ou rumeur  chez Brussels Airlines: un remède de cheval.0.jpg

 

Citations:   

  • "Avec l'avion, nous avons appris la ligne droite.",  Antoine de Saint-Exupéry
  • "Les voyageurs sont toujours des découvreurs, particulièrement ceux qui voyagent en avion. Dans le ciel on ne trouve pas de panneaux indicateurs signalant les passages précédents.", Anne Morrow Lindberg
  • "Tout le monde sait qu'un atterrissage réussi est celui auquel vous survivez. Mais peu savent qu'un bon atterrissage est celui où vous pouvez réutiliser l'avion", Anonyme
  • 0.jpg








 

0.jpg

Les compagnies low-cost réinvente la géographie européenne en vendant des tickets pour des destinations connues, alors qu'elles envoient leurs passagers à plus de cent kilomètres.

Paris, c'est Vatry (120 kms), Munich-Memmingen(112), Oslo-Torp (115), Londres-Ha0.jpghn (97), Barcelon-Gerone (94)... 0.jpg
1.jpg










L'anti-Ryanair existe aussi. Emirate Airlines vient d'ouvrir une partie de l'aéroport à Dubaï de 528.000 m2 est réservée pour l'A380.

0.jpg

122 destinations dans 72 pays avec 163 appareils. Seul le luxe et la qualité du service sont là pour prouver que l'option "low-cost" n'est pas seule rentable. Seul les longs-couriers sont préconisés. 1.jpg

09/10/2011

Logorrhément vôtre?

Veux-tu être dans mon réseau? Question qui demandait analyse. En tirant sur ce fil, un autre se présente. Faut-il plaire ou tout simplement être soi et suivre sa devise "Je pense donc je suis"? Des réponses qui remontent aux sources, peuvent devenir des critiques et se référer à des anecdotes. 

0.jpg

Quels sont les buts suivis par les "Réflexions du Miroir"?

Garder ses neurones en fonction dans le temps, tout d'abord.

Les Réflexions du Miroir auraient pu s'appeler "Itinéraire d'un enfant gâté" avec des séquences comme celle-ci, celle-là ou encore celle-là, découvrir ce qu'on n'aurait pu faire quand l'heure de la retraite a sonné et quand on dispose, de ce fait, de plus de temps pour tenter d'être témoin de son temps.

Base de références personnelles, ces réflexions du miroir ou séquences d'un film dont on connait une version et qui devient un journal interactif. Documentation qui se veut exhaustive avec une vue dans le rétroviseur, comme le mentionne le générique. Pas de bouton "Paypal".

Buvard de l'info, comme le dit l'"A propos".  Billets, qui m'amuseront de les relire plus tard, pour être validés ou invalidés.

Le but ? Faire part de l'expérience d'une vie. Rien de plus si ce n'est garder la liberté et l'originalité des sujets.

Comment intéresser dans la durée?

Les Réflexions du Miroir ont bientôt sept ans d'âge, à raison d'un article hebdomadaire. Avant d'intéresser les autres, il faut d'abord s'intéresser soi-même. Etre ouvert à tout.

Comme je venais de recevoir une invitation d'aller jeter un coup d’œil chez d'autres blogueurs dans une série de vases communicants, j'ai trouvé beaucoup de photos, de poésies, de douceurs... mais,  par auteur, peu de genres différents, peu de catégories différentes.

Généraliste, éclectique, je ne pourrais me cantonner sur un seul genre spécifique. De parler d'économie, de sciences, d'histoire, de voyages et de bien d'autres catégories, en gardant l’intimisme et l'humour dans la lorgnette, j'y ai trouvé des horizons insoupçonnés.  

Mon style personnel se cherche des règles dans des racines anciennes, ce qui explique une structure bien déterminée. 

Comme  il est destiné à son auteur en premier, cette structure tend à être complète, d'aborder un sujet sous tous les angles en respectant un processus rigoureux.

Tout d'abord, avoir du fond, chercher du contenu.

Quant à la forme, plus "décorative", "complémentaire", elle se décline pour s'harmoniser avec une méthode utilisée dans mon ancienne profession: les documentations de projets informatiques. On parlait, alors, de phases multiples que l'on préfixait de "MD" suivi de 3 chiffres pour en montrer la progression et aboutir à l'installation. Les documents allaient de l'analyse, au développement, de l'implémentation à la distribution aux utilisateurs, pour finir par la maintenance du projet.

Le schéma, dans ce blog, suit la même logique. Il commence par le sujet sous le chapeau, transite par ses sources, procède au développement entrelacé de remarques et de référencements externes, grâce aux hyperliens ou à des extraits lus au petit bonheur la chance et s'achève par une extrapolation personnelle qui peut dévier vers l'humour et les citations. L'article poursuivra sa vie par une maintenance assurée par des mises à jour, via les commentaires ou les billets eux-mêmes, car l'histoire de l'histoire ne s'arrête jamais. 

On ne réécrit pas un programme informatique, s'il n'y a pas d'amendements majeurs qui nécessitent une nouvelle étude tout en se rappelant de ce qui existait. De même pour un billet. Donc, il faut espérer avoir pensé à tout.

Le programme le plus court pourrait, d'ailleurs, n'avoir jamais de fin.

D'où le point suivant...

Pourquoi des textes kilométriques? Manque de synthèse?

Chaque article n'est pas "une" synthèse, mais une synthèse de synthèses à partir de beaucoup d'origines. Constituées, en général, avec un maximum de recul dans le temps. D'où sa longueur. Je n'écris pas devant une feuille blanche. Je ne suis pas un écrivain, j'écris vain. Les idées viennent à n'importe quel moment. Se rassemblent.

Ce problème de longueur, si problème il y a, a déjà été soulevé dans le passé. J'avais réglé son sort par l'absurde dans un billet intitulé "Le billet le plus court de l'enfoiré". Au premier anniversaire des "Réflexions du Miroir", je m'étais expliqué plus longuement sur la vision que j'en avais, alors, dans "Le mal au blog". 0.jpg

Le mot "Logorrhée" a été cité, sorti de la boîte à malice de quelqu'un.

"Une logorrhée (de logo-, la « parole » et de -rrhée, tiré du grec rheî, « couler ») est un flux de paroles inutiles. La logorrhée recouvre un besoin fort de parler, souvent de façon incohérente, généralement avec un débit rapide et continu, dit Wikipedia.

Alors, est-ce incohérent, inutile? Pas à moi d'en juger.

Et, le besoin de parler ou d'écrire est-il bien présent? Oui. Tout le monde a une opinion personnelle sur un sujet. Doit-il pour cela rester dans le tiroir des consciences? Encore une réponse personnelle.

Dans Wiki, la langue de bois y est associée (appelée parfois xyloglossie ou xylolalie, du grec xylon : bois et glossa : langue ou λαλέω / laleô : parler). C'est une figure de rhétorique consistant à détourner la réalité par les mots.

Est-ce que je détourne la réalité des mots?

Le langage utilise, volontairement, des mots simples quand le sujet n'en demande pas plus.  "Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément", disait Boileau-Despréaux. Je ne suis pas totalement d'accord avec cette manière élitiste de voir les réalités. Le jeu des questions-réponses n'est pas aussi simple qu'on espère.

Il faut avoir le temps et vouloir le prendre pour remonter un sujet de sa source à son embouchure. Explicite, concis et à la limite de sa compétence, sans vouloir péter plus haut que son entre-fesse et devenir, parfois, un prétexte à la discussion, comme droits de réponses, sous Internet de manière plus aisée que le livre le permettait.

Les SMS, j'aime pas. Facebook, c'est pas mon truc à poil naturel. Twitter, aux nombres de mots comptés comme un cerbère, l'est encore moins avec son poids plume. Je n'ai pas jamais cherché à m'y inscrire même si c'est dans le vent.

Je connais les vicissitudes, les avantages et les inconvénients des forums. J'en connais la musique et les fausses notes. Je suis même passé par le travail de la modération.

Le dernier forum fréquenté, celui de Papy, qui m'avait invité et qui captait mes articles dans un espace appelé "Coin de l'enfoiré". Bien gentil, bien sûr. Plusieurs mois se comptèrent au tableau du catalogue. Vu l'environnement et les participants, je savais que le clash était pourtant programmé. Des articles d'analyses n'étaient pas la substantifique moelle du forum ou alors de manière très succincte. Forum d'amis ou salons de thé entre amis sympathiques, par accord tacite. Tous saints.jpgSans poser trop de questions qui fâchent ou qui suscitent un débat de fond.

Si on ira tous au paradis, personne n'en est devenu plus saint avec le politiquement correct...

Autre vision que je ne dédaigne absolument pas. Autre histoire d'amour, si l'on peut dire.

Une ou deux flèches, au passage, tout de même: "Avec ta philosophie à deux balles" m'a été servi entre le steak et les légumes. Là, je dois avouer que cela m'a vraiment amusé. Flèche esquivée par la fine lame comme l'avait fait Cyrano: "Qu'avons nous encore pour deux balles?"

Récemment, la lecture des articles s'est tarie d'elle-même. Papy s'est vu contraint de refermer le ban. Ce fut, avec ma propostion de couper le fil. Sans aucune contestation de ma part, donc. A chacun, son "vade mecum". On ne peut forcer des éléments qui ne sont pas compatibles.

0.jpg

Je ne sais si vous aimez les films de Lelouch. Les critiques de ses films sont souvent les mêmes. On aime ou on n'aime pas. Pas d'à peu près.

Au sujet de "Ces amours-là", "Lelouch raconte une histoire dont les ressemblances assumées font naître les premières critiques d’un film lourd, voire presque prétentieux, critique qui se confirmerait par la faute d’une fin un peu « too much ».".

Je suis parmi ceux qui aiment.  

Pour suivre les médias limités dans l'espace et le temps, avec l'aide des technologies modernes, Facebook, Twitter et les blogs, ont pris l'habitude inverse. Rétrécissir tout dans un espace réduit, au risque d'en devenir incongru pour répondre aux besoins de la sacro-sainte économie générale. Pour arriver au minimum de longueur, les interventions sont coupées au couteau et répondent, ainsi, à ce que les mathématiques appellent le Plus Petit Commun Multiple, le PPCM.

On ne comprend plus toujours où veulent arriver les auteurs de ce style, mais si le lecteur ne comprend pas, c'est qu'il n'a pas la culture ad hoc pour le comprendre.  

Balzac est mort depuis longtemps, c'est évident. On ne lit plus ses livres, gros comme le bras. En cherchant bien, un "Reader Digest" vous en rendra une version abrégée.  

Le temps se prend en fonction de ses prérogatives, de ses envies, de ses occupations, de son hobby, pas de ses compétences. La longueur n'est pas prise en grippe, si l'intérêt du lecteur est présent. Son importante est donc très suggestive.

Pourquoi tous ces liens, ces nombreux hyperliens?

Question posée qui m'avait surpris. Qu'est-ce qu'un hyperlien? Une référence dans un système hypertexte qui permet (qui n'oblige pas) de passer automatiquement d'un document consulté à un document lié, en fonction de l'intérêt de l'utilisateur. Les hyperliens existent sur toutes les pages de documentations de Wikipedia pour expliquer et compléter l'information. Les hyperliens sont l'avantage principal d'Internet, pas l'inconvénient. Est-ce que ce ne serait pas plus facile pour moi de ne pas en rechercher dans mes billets?  A quoi ça sert que Ducros se décarcasse pour aider les lecteurs dans la tambouille des mots? dirais-je avec humour. Personne n'oblige d'aller les consulter.

Pourquoi les délices de la polémique des mots?

Faire mouche avec le moins de mots possible. C'est une pratique anonyme qu existe depuis la plus haute Antiquité. L'épigramme était considéré, alors, comme un grand art chez les enfoirés de l'époque comme Catulle et Martial. D'abord, en prose et puis, en vers, pour varier les menus parfois "avariés".

0.jpgLes lecteurs en raffolent toujours. Les statistiques des lectures me l'apprennent. L'article qui a tenu, et tient encore, le haut du pavé en dehors de la page globale, est "Blanche neige et le huitième nain". Je n'en ai pas écrit beaucoup d'articles de pure polémique.

Les lecteurs aiment se délecter de polémiques. Mais il ne faut pas rêver, en spectateur, non impliqué. Les griffes font toujours mal à sa victime, mais instruisent pourtant celui qui y trouvera la correction.

En arrière-plan, il y a toujours, le conseilleur, le imprésario, l'entraîneur avec ses techniques qui gravitent avec les mêmes techniques pour copier les "vedettes officielles médiatisées".

"Combattant virtuel", traditionnel, en "stand alone", il attend son tour pour grimper sur la Toile dans son prochain tournoi. Il pense sortir la septième merveille du monde, alors qu'il ne fait que répéter dans l'urgence, sans effet de recul ce qu'il a lu ou entendu pour rester dans l'actualité qui fait recette. Ces nouveaux philosophes, idéologues particuliers, sont aux aguets pour concurrencer les médias officiels. Il ne s’embarrasse pas de citoyens lambda. Il vise plus haut avec sa vérité implicite. Là, on se retrouve en plein "syndrome d'Erostrate" avec des ADM, des "Armes de Destructions Modélisées".

L'idée de Pierre de Coubertin de "participer" n'est ainsi plus qu'une image d’Épinal.

Pourquoi ai-je une fin à mes articles avec un zeste d'humour personnel?

Parce que nous vivons dans un monde très ou trop sérieux. On ne parle pas des problèmes avec le sourire en coin, si ce n'est arrivé en bout de course quand il n'y a plus que l'ironie sur soi qui peut encore sauver. Ceux qui me connaissent en dur, savent que mes sourires, mes réflexions amusées m'ont parfois été créés des inconvénients qu'il fallait assumer. Ceux qui ne connaissent que l'écriture se feront un portrait robot.

L'orateur mettra, pourtant, ses "clients" dans sa poche s'il termine son discours par une histoire amusante.

Pour mes dernières vacances, je m'étais réservé quelques podcasts. Podcasting des "Cafés serrés" journaliers de nos affaires belges et internationales.

Je me suis marré, une nouvelle fois. CQFD.  

Pourquoi le pseudo d'enfoiré? 

Les insoumis, les rebelles, on les appelle aujourd'hui des "indignés". Les révolutions arabes ont secoué les consciences, réveillé les zombies que l'on avait poussés dans les cordes. Ceux-ci se taisaient pris dans le tourbillon des habitudes qui les obligeait via l'instruction, que pour vivre heureux, il fallait vivre caché. Peur de poser des question à l'échelon supérieur.

Il n'y a pas de questions idiotes, mais des réponses qui peuvent l'être. Mais cela change, progressivement. Le réveil est là. 

Le plus féroce des écrivains français, Léon Bloy, ne sacrifiait jamais à l'injure inarticulée. Tout l'irritait, pourtant. Ses ennemis évidemment et même ses amis. "Je suis forcé de vociférer jusqu'à la fin, étant missionné pour le Témoignage. Nul moyen d'échapper", disait-il, en frôlant, ainsi, le mysticisme.

Pas question d'aller jusqu'à cette extrémité. Les consensus, les compromis seraient plus démocratiques, sans pour cela nier les vérités et accepter les compromissions. Avoir l'esprit étroit, trop monobloc, c'est risqué de trouver l'enfoiré sur son chemin comme l'a expérimenté un rédacteur perdu dans ses pensées uniques car je ne tarde pas à remonter aux sources disponibles. Il m'a replié, cette option ne l'a pas plus avancé.  

La censure n'est plus la panacée dans le monde interactif pour faire taire ceux qui ne sont pas du même avis dans n'importe quel environnement réel et encore moins virtuel.

Si vous avez pu lire les commentaires qui ont suivi mes billets, j'y ai toujours répondu. Dans la plus stricte convenance, en très résumé, quand ils étaient neutres ou doucereux. Je me suis plus attaché à répondre plus complètement quand le commentateur ne partageait pas mes principes de vie, ma façon de penser et prenait le temps de l'exprimer avec ses tripes. Les tripes, servies bien chaudes, j'adore.    

Pourquoi chercher à plaire dans des amitiés éphémères?

Un avocat se doit de plaire à son client. Je ne suis pas avocat. Lui doit trouver l'argument clé avec les mots de son jargon pour être convainquant face au juge et donner l'impression à celui-ci qu'il a la solution au procès, tout en restant au bord du "ring". 0.jpg

L'avocat entre ainsi dans un jeu comme le fait le Président Sarkozy, juriste de formation. "Vous me posez la question et bien je vais vous le dire". Une phrase tellement interprétée par les humoristes avec un mouvement d'épaule adéquat.    

L'homme est naturellement grégaire. Il aime se sentir entouré, soutenu en prévision des coups durs, des crises internes pour les communiquer. Peut-être, est-ce le moment de chercher ce qu'est un ami et avec quelle "substance" l'amitié peut se créer et se conserver.

J'avais écrit un jour "Amitié, échanges de bons procédés" dans lequel j'exprimais ce que toute relation implique pour avoir une chance de perdurer: un échange win-win. Dans certains cas, il faudrait ajouter "... et de mauvais procédés", car de vieilles casseroles sont toujours susceptible de ressortir des placards. 

"Les amitiés, saveurs de la vie" lisais-je comme titre dans un article lié à l'esprit de la Foi. "Durant l'enfance comme à l'âge adulte, nos amis partagent nos moments les plus intimes de joie comme de peines. Des liens uniques à cultiver pour l'apaisement, le bonheur qu'ils nous procurent. Mais comme l'amour, l'amitié peut nous faire souffrir, nous décevoir, et même se briser" en sous-titre sous le chapeau du mot "psychologie".

Cela continuait par des paroles idylliques. "Un ami, c'est quelqu'un à qui l'on peut se confier, parler sans tabous, rigoler, se changer les idées, partager des activités, des passions, des valeurs. Entre amis, les échanges sont riches, intenses, vrais".

Conclusions

Pas question d'"arracher" des amis à la pelle par un seul clic de souris, sous le chapeau de Facebook, s'ils ne sont pas bien connus et... reconnus.

"Reprenez confiance, ne vous écartez pas de vos objectifs", lisais-je dans un article qui avait "Bien être" comme catégorie. 

0.jpgUne définition de ce qu'est "écrire" n'existe pas vraiment d'une manière définitive. Opération originale par excellence en ayant son style propre.

Je trouvais une définition qui me paraissait la plus proche de moi et qui dit en substance:

"C’est avant tout une pulsion de vie, mais parfois, c’est un moyen de jouer avec la langue, le langage, la psychologie. Écrire est ludique. Manier la langue est magique. C’est également un moyen de se rapprocher de soi-même. Écrire c’est finalement se chercher ou se retrouver. En tout cas, ça permet de se recentrer quand le besoin s’en fait sentir. N’importe quand, n’importe où. L’inspiration se puise en lisant mais surtout dans la vie de tous les jours. L'observation des gens dans la rue offrent beaucoup d’inspiration. Leur façon de marcher, d’être habillé, d’attendre le bus, de parler. Tout ça est très inspirant ! Et puis il y a la manifestation de notre inconscient qui fait que l’on écrit toujours un peu pareil, ça ne s’explique pas.".

Dans cette définition, on ne parle ni de normes, ni de longueur, mais d'un style qui ne s'explique pas.  

On ne change pas de projet, même s'il est jalonné de croc-en-jambes.

Aujourd'hui, on est fou d'images, de caricatures où on exprime toutes les idées, les imitations de tous genres dans un contexte précis vu en un coup d’œil. On n'a plus le temps d'en faire plus. Si je pouvais dessiner, je m'y adonnerais probablement.

Dernièrement, France3 reprenait deux films avec Robert Redford qui avaient pour sujet la CIA et l'espionnage. Ils étaient distants, l'un de l'autre, de 25 ans.

Le plus récent était "Spy game". Le plus ancien, "Les 3 jours du Condor". La différence était appréciable. Les époques ne se chevauchent plus. L'intimisme, la stratégie de l'espionnage ont fait place à des séquences rapides, percutantes d'explosions avec travellings impressionnants que la théorie du cinéma réprimait auparavant.

Vieilli, le Condor?

Le cinema d'aujourd'hui, ne veut plus que vous ayez trop temps pour réfléchir. Vous devez rêver dans un temps minimal et pas chercher si cela a un sens. Après la projection, on s'en fout si vous retournez à des occupations moins sautillantes.

Mais, heureusement, il y a les copains des copains qui viendront pour vous confirmer tout cela, pour vous rassurer que ce n'était que du cinéma.

Je me souvenais parfaitement du premier film. Je l'ai revu avec plaisir. Pas sûr que je reverrais le second dans plusieurs années.

Dis-moi ce que tu écris, je te dirai qui tu es? On laisse toujours quelque chose de soi entre les lignes.

Dans le temps, il y a eu "Amicalement vôtre". Ma version sera peut-être "Logorrhément vôtre" s'il y a beaucoup de vagues, portées par des vents qui se ressemblent, qui s'assemblent, au risque qu'elles deviennent un tsunami. C'est toujours long de décrire la tempête.

Qu'on se le dise. Les allusions à la longueur des billets, cela ne me fait plus frémir. Je veux du fond et pas de la forme en surface.

J’achète mes bouquins au kilo. Je consomme sur place ce qui ne fait pas le poids. Rester dans l'actualité et se restreindre dans des frontières fictives sans chercher les sources, les liens et l'embouchure, je laisse cela à ceux qui sont payés et donc obligé de réduire leurs interventions comme les journalistes professionnels.

En cuisine, Jean-Pierre Coffe disait que le fast-food en tout, c'était de la m... qu'on nie la notion de temps.

En fait, on y cache son manque par des sauces.

Après une bonne chasse à l'info, avant de la mélanger avec des airelles, des croquettes et les sauces, j'attends que cela "faisande" toujours un peu.

Juste pour obtenir plus de goût, quoi...

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Il ne faut pas dire qu'un acte froisse la conscience commune parce qu'il est criminel, mais qu'il est criminel parce qu'il froisse la conscience commune.", Emile Durkheim
  • "Les esprits extraordinaires tiennent grand compte des choses communes et familières, et les esprits communs n'aiment et ne cherchent que les choses extraordinaires.", Rivarol
  • "Lequel des deux est le plus grand écrivain, celui qui raconte des choses originales ou celui qui fait que dans sa phrase un lieu commun n'est plus un lieu commun ?", Jean-Marie Poupart

06/10/2011

Veux-tu être dans mon réseau?

"Est-il utile de renouer des liens avec de vieilles connaissances sur Facebook ou LinkedIn?". Question posée par un  article, lui-même relais d'une analyse en anglais. Question à réponses multiples, qui engage d'autres questions et d'autres réponses. Premier volet, donc.

0.jpgL'article disait: "Les scientifiques se sont posés la question y ont répondu de façon absolument affirmative. En renouant avec de vieilles amitiés, on bénéficie à la fois des avantages que l’on gagne avec des relations éloignées, et de ceux que l’on a avec ses amis les plus proches.

Les chercheurs ont demandé à des étudiants en MBA de consulter leurs contacts anciens en sommeil pour leur soumettre une question à propos d’un travail important qu’ils devaient exécuter. Les résultats de ces sollicitations furent plus intéressants que ceux qu’ils avaient obtenus de la même question posée à des proches avec lesquels ils étaient couramment en contact.

De plus, renouer des liens qui avaient été forts autrefois permettaient d’obtenir les avantages associés aux contacts éloignés, c'est-à-dire l’efficacité et la nouveauté, et les bienfaits que l’on retire des liens avec ses plus proches amis, la confiance et les perspectives partagées.

Ces résultats indiquent que les amitiés en sommeil, souvent négligées, peuvent fournir une excellente source de connaissance et de capital social."

Facebook a franchi le cap des 800 millions d'utilisateurs. Le but est-il de reprendre contact avec de vieilles connaissances perdues de vue suite au temps qui passe? Est-ce vraiment le but et si oui, cela représente-t-il un intérêt réel ?

Les gens sont encouragés à construire de larges réseaux personnels pour obtenir l'information, pour partager celle-ci, se tenir informé et pouvoir en parler en société.

Facebook, Google et d'autres sites Internet ont rendu la tâche plus facile que jamais, mais avec un but personnel qui est très vite oublié.

Au préalable, dans le même but, des émissions de télévision, telle que "Perdu de vue" se faisaient un honneur de retrouver des relations familiales, des connaissances, des amitiés perdues qu'être un individu privé ne permettait pas de rouvrir. Comment retrouver de vieux amis, de collèges s'ils n'ont pas rejoint son association d'anciennes élèves? Il y a eu des sites comme Copains d'avant qui se sont insérés dans ce créneau des retrouvailles, mais encore fallait-il en connaître l’adresse et l'existence. Cela restait très local et pas assez international. Facebook a apporté cette possibilité dans un espace global, au petit bonheur la chance et par la technique de la boule de neige, aidée par les "robots". Avec une aisance relative, les gens pouvaient renouer avec des relations «mortes». Les amis de mes amis ont un potentiel de devenir mes amis comme réel citoyen du monde. Le champ d'application s'est pourtant progressivement rétréci, recentré plus localement dans une sorte de Minitels parallèles. La chasse aux amis devient un jeu à qui perd gagne.

Même si le jeu réussit, les rapports se négligent et perdent très vite de leur valeur en manque de substances en commun et meurent.  Comme tous les jeux, les "proies" une fois ferrées, la lassitude s'installe. A déplorer? Non, quelque part naturel. Le nombre de rapports qu'une personne peut activement maintenir est loin d'être pérenne. Les goûts de chacun changent dans le temps. Alors, pour ne pas rompre sèchement, pour ne pas déranger ou vexer, ils deviennent dormants. Question de mémoire et d'occupations, de temps libre des interlocuteurs avec des choix multiples.

Facebook a choisi de s'adresser aux "murs" des interlocuteurs pour créer des contextes de discussions. Les commentaires devraient normalement se poursuivre et faire grossir ainsi le groupe d'interlocuteurs. Son utilisateur intensif en arrive à confondre message personnel et public. La vie de chacun s'y déballe comme dans un livre et répond ainsi à l'utilisation commerciale de l'hébergeur, Zuckerberg.

L'erreur de Facebook est de considérer tout le monde de la même façon, comme un ami potentiel.0.jpg

La re-connexion des liens dormants fournit pourtant une foule d'avantages inattendus et parfois extrêmement utiles, disent les résultats de l'enquête.

Consulter les gens déconnectés via le téléphone ou Internet est efficace. Le « re-branchement » est un pactole réel, d'après les psychologues.

Mais de quel pactole, parle-t-on, de quel attrait et pour qui, peut-on espérer?

L'article Facebook et Google, ces Rois du Marketing explique le but global de l'opération de séduction.

"Google sait déjà tout sur nous. A quelle heure on se lève, à quelle heure on va se coucher, quelles vidéos on a regardées, quels sites on a visités. Cette masse hallucinante d’informations détermine les publicités – de plus en plus « géolocalisées » – qui s’affichent à l’écran.".

Cette géolocalisation est encore dans les limbes de l'utilisation et de la législation. Comme pour toutes les technologies de pointe, elle comporte des bons et des moins bons services pour la communication. Le GPS peut expédier à une fréquence prédéterminée tous les déplacements d'un individu. Ce qui permet de localiser un copain à son insu, de vérifier tous ses déplacements. Tout dépend du but suivi.

"Dans Facebook, l’utilisation de plus en plus frénétique du bouton « J’aime », qui permet de jauger la popularité d’un contenu sur le Net lui a permis d’emmagasiner une montagne de données précieuses. Et cette icône déjà classique va désormais se décliner sous de nouveaux vocables, plus explicites, permettant à Facebook de cerner avec une précision redoutable les profils des internautes.".

0.jpgGoogle+, toujours en phase de test, fera-t-il mieux que Facebook?

Il va ratisser en plus étroit et en plus large, à la fois. Il va "screener" en référençant dans le même temps. A l'origine, c'est un moteur de recherche, ne l'oublions pas.

Il n'y a plus de murs auxquels on s'adresse, mais on parle dans des cercles. Des cercles de compatibilité qui se composent, se dessinent avant de commencer en planchant sur les mathématiques des ensembles. Enfin, partiellement. Ces cercles se composent de différentes couches: famille, amis d'écoles, cercles d'influence, collègues et amis tout court.  Elles ne s'intègrent pas.

On y a compris au fait que l'on peut être ami avec tout le monde. Qu'il fallait organiser les rencontres virtuelles. Bien, mais... tout dépend, encore une fois, de ce que l'utlisateur y recherche.

Les cercles s’intègrent comme des poupées russes, mais ne se juxtaposent pas naturellement. Les ensembles cohabitent mais ne fusionnent même pas en partie, étant chacun sur sa propre planète de la connaissance, sa sphère d'influence. On y cherche une confirmation de ses pensées parmi un groupe de personnes qui ont les mêmes prérogatives, les mêmes points de vue. L'opposition par la complémentarité n'est absolument pas gagnée dans le processus. Le mélange peut être plus enrichissant qu'il n'y parait. Voir le même monde avec des yeux différents mais sous des angles aigus demande surtout plus de compréhension, plus d'humilité, plus de compréhension.

Si le but est de se retrouver entre amis purs et durs, se voir parfois félicité, plébiscité, c'est gagné, même si cela peut friser le narcissisme. Trouver des copies conformes, des affinités sans conteste à l'autre bout n'apporte que le genre de dialogue qui reste calé à l'intersection de deux droites.

Après tout ce qu'on dit de négatif sur les communautés identitaires, n'est-ce pas un mauvais choix de créer des exclusivités dans des cercles fermés, concentriques? Est-ce qu'une information ne peut-elle pas être diluée vers d'autres interlocuteurs dont on ignore, au départ, les idéologies, les intérêts, les tares, les fantasmes?

Des contacts interculturels, cela demanderait plus d'effort pour placer son ego en retrait.

Google+ a bien compris le phénomène de l'info qui se tue à cause de son trop plein. Il impose de bien construire ses propres cercles, ses communautés, au départ. Il permet de les amender, de les agrandir ou au contraire, de les réduire mais il organise une nouvelle ségrégation dans des compartiments qui feront, peut-être, des experts dans les domaines choisis, mais qui oublieront toute velléité, de visions généralistes  pour associer les sciences, les connaissances entre elles. En fait, Google+ construit  sans le dire, des ghettos. 

Les recherches ont montré que les adultes accumulent des milliers de rapports pendant leur vie dans le réel. Avant Internet, ils en ont activement maintenu bien moins de 100. Le reste du réseau reste dormant comme un potentiel éventuel. Les liens les plus dormants s'éteignent simplement en manque de pertinence ou de motivation. Internet, Facebook, Google+ ne feront pas exception dans le temps.

L'information meurt toujours, de sa belle mort, perdue derrière les méandres des raccourcis ou des envahissements.  Il faut s'y faire à une règle de la vie: tout passe, tout se modifie, tout casse, tout lasse...

Viennent, alors, les réseaux sociaux, dits plus "spécialisés".

La fréquentation de LinkedIn, réseau social de travail, aurait pu progresser en parallèle à cause de la crise et, ainsi, avoir la prétention d'égaler la fréquentation de Facebook. Ce n'est pas le cas.

Dans le haut de l'échelle sociale, la plupart des directeurs, des CEO n'ont pas attendu la crise et maintiennent des centaines, si pas des milliers de sources potentielles de soutiens et de conseils qu'ils peuvent utiliser... à leur niveau. Comme on a vu le jeu de chaises musicales à ce niveau n'est pas qu'une vision de l'esprit.

Dans le bas de l'échelle, ce n'est pas vraiment le cas. Pourquoi? Peu connu. Il faut s'y inscrire et y être actif. L'indice "Klout", qui calcule l'activité, permet à l'employeur en quête d'un profil, d'être repéré. Les étudiants qui sortent des cours n'ont pas encore apprivoisé l'outil. On reste dans l'amical. Interrogés, les étudiants de Louvain la Neuve, s'ils connaissaient bien Facebook, ne s'embarassaient pas (ou pas encore) de LinkedIn.

Pour plus anciens, si le jeu de chaises musicales existe, la propension à rester au courant des évolutions des anciens collègues reste faible. Ceux-ci, s'ils entrent dans les mêmes qualifications, peuvent devenir des concurrents et postuler les mêmes postes. La fréquentation de LinkedIn reste très confidentielle par rapport à Facebook. Perdu de vue dans le travail dès que la démission pour n'importe quelle raison s'est produite.

Les tentatives de renouer les "bouts" entre eux s'ils sont surtout professionnels, n'aident pas à retrouver un emploi à un collatéral mais permettent à des chasseurs de tête de trouver des "disponibilités" pour leur propre cause. On n'y trouve pas de secrets de fabrication, ni la volonté d’encenser un ancien collègue. On s'expose soi-même sur une vitrine virtuelle.

En cause, l'inertie simple. Les embarras de l'abandon de contacts. Peur du fait d'être considéré comme opportuniste. De s'imposer à d'autres anciens collaborateurs parce qu'un "appel froid” est considéré comme impoli. S'adresser à l'échelon supérieur ne s'imagine même pas après une rupture.0.jpg

J'ai coudoyé et travaillé avec les Indiens pour en connaitre les méthodes. Leurs réseaux sociaux ont amélioré leurs potentiels, pas les nôtres. La solidarité existait dans leur univers réel. Il s'est virtualisé avec les mêmes règles via Internet. Pour un Indien, c'est une question de vie ou de mort. C'est ainsi que l'on obtient des points d’évaluation de compétences.

Pas questions d'amis, mais de condisciples, de contemporains avec les mêmes prérogatives, les mêmes buts, vaincre: prendre de la valeur et progresser par la solidarité. Esprit de castes? Peut-être, mais sans cela, c'est toute la caste qui avance par des ponts de connaissances ou recule sans eux. Quand un problème se pose, et qu'un Indien ne peut y répondre, immédiatement, que fait-il?

Pas question de dire, non merci, ce n'est pas mon problème. Non, d'un dodelinement de la tête, il vous fera un "oui" approximatif, indéfinissable.

Ensuite, après votre rencontre, il se mettra derrière un écran d'ordinateur, ira sur Internet et lancera la question posée dans son réseau. Réponse au problème qui ne manquera pas d'arriver plus vite que prévu. Le problème était devenu le sien, puisque le client européen ou américain l'avait, mais il l'éclate au travers de son réseau. Décevoir, c'est la mort.

On connait la démonstration de leurs succès par notre absurdité qui croit trouver plus dans une tête bien pleine que dans plusieurs têtes. La concurrence, les rivalités se retrouvent dans les bêtisiers de la techno.

1.jpgDans le milieu occidental, on ne copie pas sur son voisin. Le plagiat, c'est encore plus laid. On réinvente la roue, au besoin. Tu sais ou tu ne sais pas. Si tu ne sais pas, passe ton chemin, tu ne m'intéresses pas. Les cours de rattrapage ne sont pas de mises. On accepte, ainsi, implicitement, le principe du "divide ut imperes" chèrement voulu par le haut du panier. 

La réponse à ton problème se cherchera entre la page de garde et la table des matières qui se trouve en fin d'un bouquin exhaustif de 1000 pages, comme il m'a été dit un jour à la suite d'une de mes questions.

Dans notre Occident, nous étions arrivés à ne plus nous parler tellement la volonté de la concurrence, notre égocentrisme ont pris le dessus. L'occidental n'aidera que s'il y voit son propre intérêt.

Internet n'a rien changé à ce niveau-là. Il s'est virtualisé pour exprimer sa différence, c'est tout.

La "version occidentalisé" de Facebook, si on va jusqu'à se déshabiller, insensiblement, en public, on ne partage pas ses "vêtements" et l'information de manière constructive.

Pas de castes, mais des classes sociales. Cela semble plus poli, moins sectaire, mais non moins péjoratif et dénigrant pour celui qui se voit exclu de l'une d'elle. Le rat des villes rencontre le rat des champs, en permanence, et cela va jusqu'au clash, si la culture vient à s'ajouter.

Autre culture, autre mœurs? Probablement.

Les mots "culture" et "culte", s'ils n'ont pas les mêmes racines, commencent par les mêmes lettres et cela n'est peut-être pas un hasard.

Hors business, les relations évoluent tout autant, sans devenir perceptibles. On suppose, on dessine un portrait robot figé, au travers de dires, d'écritures des autres. Les étiquettes se collent ainsi, s'écornent avant de se déchirer. Ce qui est considéré comme un troll par l'un, ne l'est pas pour l'autre. En dépit d'un "A propos", bien construit, explicatif de sa personnalité, on reste dans la virtualité et l'image que l'on veut voir représentative de soi. On n'y raconte pas tout et l'appréciation de l'ego n'est pas à la disposition des contradicteurs. Un nom propre en place d'un pseudo n'apporte pas plus d'informations dans ce jeu de quilles.

Les nouveaux outils sociaux vont-ils faire disparaître ses concurrents pour autant arranger les "bidons" de la communication? 

0.jpgVoyons le prédécesseur, l'ancêtre, pourrait-on dire.

L'email fête ses 40 ans comme le rappelle le "Science et Vie". L'arobase, le "@", est né en octobre 1971. Si au départ, il n'allait pas bien loin, à peine trois mètres, l'email, le courriel (en version française) allait bouleverser la communication en utilisant la méthode asynchrone. On le consulte quand on veut. Il commence à vieillir, à s'user.

Certains, comme Zuckerberg, parle de son élimination. Les spams sont passés par là. Le trop plein de mails comme le trop d'informations tuent l'info surtout non demandée. C'est devenu parfois un calvaire de retrouver une somme de mails après un retour d'absence. Grand consommateur de cet email, je me posais la question si son utilisation rendait la communication "Reçue ou comprise cinq sur cinq", il y a longtemps.

Les facilités de l'email ont permis d'établir des listes de réceptionnaires d'un type d'information fonctionnelle, d'un projet. Si au départ, ces listes se justifiaient, dans le fil des conversations, des extensions ou modifications de projet initial apparaissaient, rendant les dérives inintéressantes pour le même cercle d'influence. Résultats des courses, les listes se sont, le plus souvent allongées, sans jamais se réduire de personnes qui n'étaient plus impliquées dans un processus déterminé. Que d'emails sont allés, ainsi, à la poubelle de l'histoire sans plus être lus? Le problème est d'élaguer les duplications qui prennent un temps considérable.

Alors, obsolète le bon vieux mail qui avait, déjà, remplacé le facteur et ses lettres sous enveloppe timbrée?

Ce serait aller un peu vite en besogne. Mais c'est vrai, il a trop servi en dépit du bon sens.

Pour suivre le progrès, les réseaux sociaux l'ont, quelque peu, cannibalisé.

Comme en tout, faut passer à des solutions hybrides.

La nature montre souvent la marche à suivre.0.jpg

La lumière porte trois couleurs fondamentales et peut reproduire des millions de nuances colorées par synthèse additive et ainsi reconstituer la lumière blanche avec des températures de couleurs.

La température des "amis virtuels" serait-elle, aussi, en cause?

Quand je vous disais que tout est un peu lié à la physique, de théorie des ensembles avec en arrière-plan, quelques règles d'algèbre booléenne qui utilisent des "ou", des "et", et des "et exclusifs"....

La synthèse est additive et la lumière blanche apparait. Soustractive, c'est le noir absolu.


Le monde est beau (Oldelaf)

Refrain:

Oh, le monde est beau

Il font partie du même réseau

Oh, le monde est beau

Chaque jour, on est plus nombreux

A être seul dans le même bateau.

 

L'enfoiré,

 

PS. Si vous aimez les anecdotes, ne quittez pas. Juste un peu de souffle et on reprend dans un deuxième volet.

 

 

0.jpgMise à jour 28 juin 2012: un article de l'Echo "Facebook peut-il remplacer un vrai réseau?

Facebook, arme à doulbe tranchant avec des tours et des détours.

Buzz, pitch, où on y avoue ses failles, ses faiblesses et ses failles personnelles.

une adresse "Million Dollar Homepage" dit bien de quoi il s'agit où il faut ou tendre:

- à réunir les mêmes affinités

- donner un effet de loupe sur son ego et son expo

- se faire connaître ou mourir

- être actif et avoir une présence quotidienne

 

Citations:

  • "Des choses qui n'ont rien en commun ont pourtant ceci de commun : qu'elles n'ont rien en commun.", Philippe Geluck
  • "Il ne peut y avoir de totalité de la communication. Or la communication serait la vérité si elle était totale.", Paul Ricoeur
  • "Nos vies sont faites de tout un réseau de voies inextricables, parmi lesquelles un instinct fragile nous guide, équilibre toujours précaire entre le coeur et la raison.", Georges Dor