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24/11/2013

Indigné, révolté? Tout et son contraire...

Un question-réponse présenté sur ARTE avec Jean-François Mattéi dans la catégorie 'philosophie'. A la base, son livre "L'homme indigné". Puis, mon copain Etienne qui me poussait à penser à un contre-pouvoir comme solution de vie. Répondre à ses propos et aux points les plus fondamentaux. On sait où cela commence mais jamais où cela se termine. Mais, allons-y...

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Le symbole: le masque de Guy Fawkes. Le film: "V pour Vendetta".

Au Royaume-Uni, le soir du 5 novembre, la "Guy Fawkes Night" (également "Bonfire Night" ou "Fireworks Night") est fêtée par des feux de joie et des tirs de feux d'artifice en mémoire de cette journée de 1605.


 

Il a fallu le petit livre "Indignez-vous" de Stéphane Hessel pour que ce mouvement dit citoyen reprenne de la vigueur. Un coup de génie financier et médiatique, ce petit livre. Hessel n'a pas eu le temps d'en profiter très longtemps puisqu'il a raccroché depuis. Ses successeurs par contre auront tout loisirs de fleurir sa tombe tous les jours de fleurs fraîches pour le remercier.

Vous l'avez compris, ce billet ira un peu à contre-sens, je préviens et sa longueur risque de friser la longueur de son opposant.

Quand j'avais photographié les indignés venus à Bruxelles, c'était le 16 octobre 2011. C'était le lendemain d'une parade dans les rues de Bruxelles. 

Les slogans allaient dans tous les sens: "Indignés par la dictature économique mondiale". "Stop à la mascarade". "Un autre monde est possible". "Ta parole, c'est ta liberté". "Yes, we camp" (là, c'était du concret, du vérifiable sur le terrain). 

Certains se présentaient sur leur propre site web pour étendre leur indignation, comme une solution aux problèmes du monde. 

Ce fut, surtout, une occasion de se réunir entre jeunes et de faire la fête. Depuis, on attend la suite de cette indignation fourre-tout qui espérait fédérer les mécontentements les plus variés. Même à New York, le mouvement "Occupy Wall Street" ne fait plus les unes. 

Cette mosaïque de ressentiments démontre que l'indignation est un sentiment qui a force d'être utilisé devient faux dans sa logique, avec une mise en scène qui, trop critique, dénie la réalité, l'ignore et la trompe.

Si tout devient marchandise dans un capitalisme intégré dans le système, il est normal que les laisser-pour-compte veulent le détruire dans un échange d'idées trop généralisés.

L'ouvrage "De l’indignation" de Jean-François Matteï montre comment l’'indignation, cette passion dont Descartes disait qu’elle est « une espèce de haine ou d’aversion qu’on a naturellement contre ceux qui font mal,  est souvent accompagnée d’admiration », se trouve à la racine du jugement moral que nous portons sur les personnes et les événements. Les recherches croisées portent ainsi sur la réconciliation possible de l’espace public, dans sa dimension éthique, politique et artistique, et du champ proprement ontologique. Elles doivent permettre à la pensée de l’être, inscrite dans la tradition constante de la métaphysique, d’Aristote à Heidegger, de retrouver la pensée du Bien portée, pour sa part, par la tradition éthique, de Platon à Lévinas".

La promenade-discussion qu'il avait entreprit avec un journaliste, commençait par une constatation banale: le masque qui servait pour s'indigner, était, lui aussi, à payer au prix fort. 

Il faut, désormais, investir pour se défendre, pour s'indigner et parfois, pour se révolter. En d'autres mots, il faut avoir les moyens de sa politique. 

Le "marchandising" des moyens de communications modernes, aucun jeune n'aimerait qu'il disparaisse totalement même s'il fait partie du système dont il s'indigne. 

Pour bien faire, il faudrait comprendre les mécanismes du capitalisme pour le contester, mais cela n'est pas à portée du premier porte-drapeau venu. 

L'indignation en devient une modalité de l'étonnement, une simple rupture avec le cours normal des choses et un refus de ce qu'on a l'habitude d'accepter et de vivre.

L'indignation est personnelle, singulière, sans colère et s'arrête à la révolte.

La réalité, une fois interprétée sous cet angle, devient un déni de sa reconnaissance. 

Elle ne s'accompagne pas de souffrance ressentie, mais se donne bonne conscience en refusant la révolte qu'elle sublime par la voie de la révolution.

L'indigné devient le spectateur de sa propre révolte dans lequel dort le consentement de son sacrifice. Il fait de la métaphysique spontanée, comme Monsieur Jourdain de la prose.

Se rebeller est autre chose. La révolte est là pour exister comme une garantie d'humanité. Elle est globale et fondée sur la démesure. Elle veut faire table-rase et être universelle. Détruire ce qui existait avant, quitte à devenir nihiliste, iconoclaste et finir comme réformateur pour remplacer par une nouvelle idéologie.

On ne sait pas vraiment ce que celle-ci pourrait être ou pourrait donner par ses résultats dans ses fonctionnalités ni si les bénéfices seraient destinés au plus grand nombre dont ils voudraient qu'ils en fassent partie. 

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Capitalisme contre communisme. 

Libertarianisme contre protectionnisme socialisant. Les bons et les méchants. "Le bon, la brute et le truand" du film bien connu.

Alors, on se retourne sur l'histoire comme références. 

Malheureusement, comme il y a l'histoire que l'on dit, celle que n'on ne dit pas ou plus, celle que l'on dira et qui, vue par d'autres, ne serait plus de l'histoire, il y a du souci à se faire.

Dans le processus de recherche, on en oublierait de comptabiliser les mauvais points pour ne retenir que les bons. Si l'histoire peut être une base, elle ne tient pas compte de la conjoncture du moment qui peut être totalement différent que la période de référence.

0.jpgEn France, on aime les symboles de l'histoire. Ils deviennent un havre de paix et une preuve que l'on vivait mieux avant. Le Gaullisme est très souvent porté comme la référence à suivre, tandis que la période actuelle est chaotique. Mai 68, et le flop s'en est suivi. 

Dimanche dernier, "Les frondes et leurs symboles" sur le plateau de Kiosque. Le symbole des bérets rouges. Quand on écoute les journalistes des autres pays présents sur le plateau, c'est à se demander si l'indignation révoltée française n'avait pas passé la ligne rouge plutôt que le fil du béret.

Candide, étranger, pour comprendre cette fronde, j'ai lu l'article "Tout et son contraire". Il s'agissait donc d'une suspension de l'impôt royal du papier timbré en 1675 à rééditer, en 2013, pour la suspension d'une écotaxe. Une guerre de bonnet, quoi...

Aux États-Unis, le symbole du thé avait lancé le Tea Party dans le même soucis. Le mouvement initial est sorti de l'ombre après une révolte politique à Boston en 1773.

0.jpgUne phrase de l'article restait la question explicite de la pensée de l'auteur "Reste le citoyen… mais en a-t-il encore envie ou les capacités ?".

Parfois, un événement, quand on le rembobine, on oublie le principal... 

Puis, "la" nouvelle: la France du foot ira au Brésil. Tout n'est donc pas perdu. L'histoire, le patrimoine, la culture l'accompagneront, c'est sûr.

Laurence Bobot avait vendredi son Café serré qui rappelait, avec humour, ce que peut faire quelques buts dans un goal. Ce sera peut-être le seul moment d'humour du billet...podcast

Du pain et des jeux, la recette miracle à toutes les indignations.

Tout cela prouve aussi l'esprit d'un peuple est plus déterminé par la psychologie et l'ontologie. Un manque de confiance et tout part en vrille. Un événement motivant et c'est la remontée aux cieux dans l'harmonie.

Il faut "réinventer l'avenir". Tout le monde le dit puisque nous semblons aller dans le mur si rien ne change. 

Première question: Pourquoi le pouvoir, en place, a tenu ou résisté à l'indignation et à la révolte? 

C'est qu'il n'était pas réellement mauvais, mais qu'il fallait mieux contrôler son système, le réguler. Mais, le problème, tout travaillait presque en automatique à la recherche de la rentabilité. 

A la base, il y avait les trois pouvoirs, le législatif, l'exécutif et le judiciaire.

Le 4ème, celui de la presse, était là pour contrôler la bonne exécution des premiers. Comme des liens incestueux entre eux, des collusions se sont créés, il fallait encore trouver autre chose. Collusion rien qu'à penser au président Hollande et à sa "girl-friend", journaliste.

Internet est arrivé et les citoyens se sont rués sur cet os à ronger.

Les blogs, les forums citoyens, tout était bon pour sortir de l'ombre.

Les citoyens qui s'impliquaient comme rédacteurs dans ce rôle de contrôle, se sont auto-proclamés comme faisant partie du "5ème pouvoir". 

En 2007, cela avait généré une "Grand messe" des rédacteurs Agoravoxiens. Période dont je me rappelle le patron Carlo Revelli qui avait lancé la boutade dans un commentaire "et si on faisait cela à Bruxelles". Je lui avais même proposé mes premiers services de repérage. Quant est-il aujourd'hui comme résidu? Des constats perpétuels de non-transparence, de modérations automatiques qui ne sont plus que notaires de propagandes politiques non-avouées.

Usure du temps et naissance de nouveaux acteurs peut-être.

0.jpgWikiLeaks s'est mis sur les rangs en utilisant les fuites dont on verra les "remontées d'acide" au travers du film à venir "Le cinquième pouvoir".

Aujourd'hui, comme hier, l'argent est un pouvoir en lui-même qui traverse toutes les couches des civilisations comme un électron libre.  

Revenons à ce que me disait mon copain, Etienne, au sujet du contre-pouvoir qui semble rester sa pomme de salut. Nous en avons discuté longuement et je rassemble les phrases ci-dessous.

"Comment fonctionne ce petit monde? 
Les années qui ont suivi m'ont conforté quant à ma compréhension du système et de ceux qui l'alimentent. Du pourquoi et qui, par tous les moyens, veulent profiter ou se positionner en rapport à ce système.
En fait tout est politique. Chaque mot, chaque opinion. Et ce dans la mesure ou l'audience va au delà d'une communication entre deux interlocuteurs! 
Les combats de type personnel sont pour la plupart voué à l'échec dans la mesure ou ils sont rendus publiques. 
Seuls les combats de sociétés sont destinés à être publiés parce qu'ils ont pour objectif principal d'éveiller les consciences et surtout l'esprit critique. 
Quel que soit le système économique ou politique en place si le contre-pouvoir n'est pas très puissant alors la dérive est inévitable. Elle est en route depuis 20 ans.
De toute façon, l'état garanti tout et n'importe quoi sur la poche des citoyens jusqu'à l'effondrement total. 
Donc en attendant, il faudra des outils efficaces pour tenter de "gérer" cet effondrement de nos sociétés. 
Les avis de Pierre ou de Paul sur l'état de leur conscience ou de celle de leur amis ou autres ne devraient intéressés que les personnes directement concernées. 
La plupart des forums sont une véritable plaie de notre société. Ces dernières décennies ont nous a affirmé que tout devenait très compliqués et qu'il était indispensable de faire appel aux "experts" qui sont par nature…..très impartiaux et donc s'en remettre à leurs conclusions et avis. Le peuple et le politique sont devenus incapables de comprendre toutes ces matières tellement complexes.  
Mon avis est à l'opposé de cela. Tout cela est très simple si l'approche est "top-down". 
Les experts en tout et en rien ne sont que la voix des intérêts qu'ils défendent.  
Qui défend les intérêts du plus grand nombre? Plus personne. Même les syndicats y perdent leurs âmes. Le réveil sera plutôt très secoué à mon avis.
J'insiste toujours sur l'inévitable décadence de la société basée sur des idéologies qui ne font pas ou peu de place à un contre-pouvoir parce qu'elles sont LA vérité (qu'il soit communiste, néo-capitaliste, communautariste, nationaliste... ).
S'agit-il de politique politicienne ou tout simplement de réalité philosophique? 
Les textes que tu publies répondent au critère de la critique, mais, j'ai constaté depuis longtemps que tu évites autant que possible d'émettre une opinion politique (ce qui est ton droit le plus stricte) alors que mes commentaires sont largement politiques.  
Je ne me définis ni de droite ni de gauche car pour moi ces qualificatifs sont tellement caricaturaux qu'ils ne représentent plus aucun intérêt. 
Mon opinion est (je l'espère) toujours basée sur le partage juste et éthique des richesses, toutes les richesses. Y compris culturelles. 
La fiscalité est l'outil par excellence qui permet ce travail. Malheureusement son utilisation est galvaudée par le monde politique. 
Dans la plupart de nos pays, les nouveaux (depuis les années 80/90) perdants sont les PME's et les travailleurs. 
Ils n'ont pas la possibilité de "optimaliser" les impôts et taxes à payer qui permettent ce "partage juste et éthique des richesses".  
En me relisant je me demande pourquoi mes propos seraient à qualifier de politiques car il devrait simplement s'agir de discours citoyens qui concernent la survie de tout un chacun."
 

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Beaucoup de sujets à débattre dans cette citation-tirade. Beaucoup de questions, aussi. Beaucoup de souvenirs qui s'éparpillent dans le temps ou dans les oubliettes de l'histoire.
 
Moi qui fraie depuis quelques années sur les forums citoyens, je confirme que tout n'y est ni clair vu que tout le monde veut donner son avis sur tout sans beaucoup de médiation ni vérifiable du premier coup d’œil.
Manque de transparence quand le patron dont j'ai cité le nom est devenu le fantôme de l'Opéra.
 
Mais, tout invite toujours à donner son avis.
La pub, de plus en plus envahissante, payera au nombre de clics, pas un euro de plus pour l'information pertinente, ni pour la solution géniale qu'elle pourrait contenir. 

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A la radio belge "Vivacité", tous les jours de la semaine, des problématiques ou polémiques sont mises en chantier dans "C'est vous qui le dites". On y attend vos commentaires et vos avis "judicieux" sur le ou les sujets de société, proposés. 
 
Parler de "Top-down", comme solution, Etienne, je me suis demandé qui allait se trouver au "top"? L'élite et le peuple dans le "down"?
 
Il s'avère qu'avec ce terme, pour toi, il s'agissait "de se référer aux idées et concepts fondamentaux de la vie en société et non pas à identifier un mage ou autre personnage qui deviendrait un autre dieu sectaire!
Et trouver à partir de quelques droits fondamentaux, il y a lieu de définir le comment.
Non pas en partant de zéro, mais en identifiant les déviants actuelles qui accentuent les pertes et manquements à ces droits, et en les corrigeant, comme pour:
- le droit à l'alimentation 
- le droit à l'éducation 
- le droit au logement 
- le droit à un revenu décent qui serait le fruit d'un travail ou d'une participation à la réalisation des besoins fondamentaux des sociétés. 
- le droit sanitaire (le lien entre l'écologie et la santé)
- le devoir de participer d'une manière équilibrée au financement du fonctionnement des états. Donc toutes les activités humaines (donc plus principalement le travail) seront fiscalement imposées équitablement et fin des paradis fiscaux. 
- le devoir de payer une dette JUSTE et ÉQUITABLE. Donc certainement pas la soi-disant dette que nous sommes tous censé rembourser. 
- En Europe il est prioritaire de créer un espace fiscale et sociale unique - donc fin de la concurrence fiscale et sociale. 
- Créer un espace solidaire. La minorité qui nous impose toutes ces réformes est elle très solidaire!    
 
Dont acte. Le problème, c'est que tout cela demande des moyens financiers et que l'argent, on le trouvera de moins en moins sous les sabots d'un cheval.
En fonction de quels critères seront-ils choisis pour qu'ils soient les plus efficaces dans leurs positions?
Dans la pratique, un nivellement par le bas est souvent celui qui a été choisi.
Alors, je me dis qu'il faut faire preuve d'opportunisme pour se donner plus de chance de réussite. Jouer au clown "Monsieur Loyal" ne lui donne aucune chance.
 
Tu as parlé des impôts. Les impôts sont solidaires mais jamais démocratiques. Ce n'est jusqu'ici pas au contribuable à se poser la question de ce qu'on fera de ses impôts. Il verse à un pot commun et espère que la distribution se passera le mieux possible. 
 
Tu semblant parler d'un contre-pouvoir qui serait là uniquement pour guérir celui en place.
Les contre-pouvoirs ont presque toujours existé dans le passé et prouvent que cela ne marche pas dans la longueur. 
Le contre-pouvoir ne s'éclipse pas après sa médication, il prend sa place.
 
Le roman historique "Un monde sans fin" de Ken Follet que j'ai lu à sa sortie sortait son dernier épisode dimanche dernier dans un feuilleton télévisé. La période correspondait à l’ascension sur le trône d'Angleterre par Edouard III. Il règnait pendant une période charnière, dans une Europe en crise économique et sociale qui basculera dans la guerre de Cent Ans et subira les ravages de la peste noire. 
J'en parle parce que, dimanche, dans le dernier épisode du feuilleton, il se voyait condamner de tuer son père qui lui fait ombrage. C'est dire que le titre du livre de Ken Follet avait été bien choisi.
 
0.jpgUn contre-pouvoir, d'accord, mais organisé par qui?
Une ONG ou par l'un de ces mages, de ces prophètes sur les rangs à l'abri de la grande Toile pour créer de nouveaux mouvements sous leur direction ou conseils? 
Ah, oui, tu les rejettes. Mais ils s'en foutent. Souvent des "has been" sortent des rangs et tentent d'utiliser leur expériences passées et bien rémunérées par leurs employeurs, à leur propre profit.
 
Pour ce faire, ils s'intègrent dans toutes les interviews médiatisés, participent à tous les meetings, colloques  et débats. Et en définitive, font la pub de leur fond de commerce affiché.
La sincérité se perd, vite, en conjectures sous cette forme.
Il ne suffit plus que d'éliminer ceux qui ne seraient pas de leur avis, pour que la volte-face se produise ou de fermer les robinets du débats.
 
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Même si je n'ai pas l'habitude de l'attaque ad hominem, j'ai parlé de l'un d'eux dans "Syndrome de l'araignée blogueuse". Les cas sont nombreux, mais je t'ai cité celui-là, puisque j'en ai pris part.
Ta réaction a été de dire "son discours peut-être utile".
 
Je ne le conteste pas et encore aujourd'hui, il l'est.
Je n'ai pas l'habitude de tirer sur les ambulances, cher Etienne.
Cela me sert à ajouter une expérience de plus, une nouvelle pièce à mettre au dossier des problèmes éventuels.
Le reproche est ailleurs.
 
Quand on vit et tire profit de ses sorties médiatisées, il reste des questions importantes à se poser et il s'agit de comprendre toutes les thèses en présence avant de jeter l'autre dans les orties. Cela peut importe s'il apporte ou non, une tune dans le bastringue.
 
0.jpgLa réponse du berger à la bergère ne s'est pas faite attendre dans une opposition plus ou moins violente et ce n'est pas moi qui l'ai initialisé. 
 
Ce qu'il faut se rappeler, c'est que ces mages de la "bonne parole" ont tous des lieutenants et des disciples qui gardent précieusement la foi de leur leader en deviennent plus catholique que le Pape. 
Si cela n'est pas vraiment une nouvelle religion, cela y ressemble furieusement dans ses fondements.
 
Quant à sauver la démocratie par la loterie ou la "méthode Chouard" qui a aussi ses détracteurs parfois extrémistes, pensons aussi, ou avant tout, au système parlementaire suisse qui me semble être le mieux adapté pour répondre aux projets de société via les référendums à la demande. Un "top-down", suivi de "down-top", en quelques sortes. Un concept qui peut détenir aussi quelques points négatifs que j'ignore puisque je ne pratique pas.
Ce qui le fait saliver c'est à l'idée de ce pays neutre au milieu de tous les pays de la CE, qui en profite, sans en être jamais pris pour responsable de le faire, car il n'y a pas que l'UBS à pointer.
Si je n'avais pas été belge, comme opportuniste, être suisse ne m'aurait pas déplu.
Si vous ne le savez pas, les étrangers qui ne passeront que deux fois par le "Saint Gogo", pour leurs vacances en Italie, vont voir, dès l'année prochaine, le prix de leur vignette doubler. N'est-ce pas merveilleux?
 
Quand à la Belgique, pour rappel, pas de vignette. Tout est gratuit pour tout le monde, même si on ne fait que passer.
 
Jeudi matin, l'économiste, Pierre Pestieau, était interrogé sur l'Etat Providence à la belge comme modèle social (interview). Dans le viseur, le 20ème Congrès des économistes francophones. D'après Pestieau, le modèle social belge devrait ni disparaître, ni être érodé mais devrait muter. Je me demande s'il n'y a pas un "t" en trop dans ce dernier mot. 
 
Etienne, tu disais: "j'ai constaté depuis longtemps que tu évites autant que possible d'émettre une opinion politique (ce qui est ton droit le plus stricte) alors que mes commentaires sont largement politiques.".
 
Je pense que lancer des commentaires politiques, c'est aussi espérer un retour sur investissement comme tout bon professeur. Et chercher à influencer par son enseignement.
 
Si c'est le cas, dans ce vieil article, j'écrivais que cela ne vient pas dans mes intentions, ni attributions: "Je décline l'opportunité, la responsabilité d'influencer, si, tant est, qu'elles aient existées un jour. Vouloir changer le monde alors que souvent, ces promoteurs-prometteurs ne sont pas prêts d'en changer eux-même, c'est risquer de propager des folies et en subir les effets par les autres. Il vaut mieux entrer en émulation qu'en compétition. La compétition en deviendrait stérile.".
 
Une anecdote au sujet d'une manifestation et de la relation avec la gente policière guerrière est à la base d'un billet que j'avais intitulé "Pourquoi je ne crois plus au Reality-Show".
- Regardez la télé ce soir, pour voir qui aura gagné, avait -il été répondu à ma question de savoir quelle était la raison de la manifestation en me montrant ostensiblement sa matraque.
 
Je persiste à penser qu'on intéresse l'autre que si on est intéressé soi-même à le faire et que si l'on entre en partie, en deuxième phase, dans le propre jeu de l'autre en lui laissant sa part du gâteau.
Je suis pessimiste, m'as-tu dit.
Oui, mais, je m'en soigne par le rire de tout et de rien.
Comme tu as lu ma biographie, je peux espérer que tu en as compris la finalité.
 

0.jpgLe nouveau livre de Al Gore, "Le Futur"fait fort à la recherche du futur.  

Son futur n'est pas une suite au rapport de Stiglitz et que j'avais appelé le Bonheur Intérieur Brut, le BIB

Sans le dire, ce serait plutôt une sorte de 6ème pouvoir. Un pouvoir accordé à la technologie pour qu'elle réponde aux problèmes par la voie numérique, plus pragmatique, mieux raisonné et moins émotionnelle.

Al Gore voit en la mondialisation la possibilité d'améliorer le quotidien des hommes à l'échelle globale, notamment par le recours au "robosourcing" pour gagner en autonomie.

La postface dit: 

Et si le monde fonctionnait comme un gigantesque ordinateur?

Et si l'on pouvait reprogrammer notre avenir?

Six logiciels, six moteurs de changement:

- Globalisation économique en constante évolution.

- Révolution de monde numérique.

- Nouvel équilibre des pouvoirs politiques et économiques.

- Fin d'un monde basé uniquement sur la croissance. 

- Avènement des techniques scientifiques innovantes.

- Relation inédite entre l'homme et son écosystème.

Des titres de chapitres, comme "Earth Inc"  avec un cerveau mondial en Big Data pour minimiser les coûts et compléter par des robots. Repenser les ressources. Vers un capitalisme durable après crise. Un pouvoir globalisé déclinant partiellement ou totalement. Une mutation des Etats Nations. La grande mutation par l'extension des villes. Réduire le choc entre faim et obésité sous le mot générique de "excroissance" et qui éviterait la surconsommation. Le marketing de masse dans un programme de type "féminin" dans une structure familiale différente. Une augmentation de la durée de vie dans le bien-être. L'absorption des réfugiés. Réduire la menace sur l'eau et les tempêtes de poussières. Réinventer la vie et la mort avec la génomique, les biotechnologies et les neurosciences. La santé par pièces de rechange. Un risque: l'effet génome en tenant compte que cela pourrait mener à l'eugénisme et une vie artificielle. Un transhumanisme et une singularité, sur le fil entre fièvre, réduction ou adaptation. Veiller à arrêter l'extinction des espèces. Revoir les conclusions d'un avenir inconnu, alors que le futur a déjà commencé.

Je ne sais s'il avait l'intention d'implanter un ordinateur mondial pour diriger le monde. Ce n'est peut-être pas un problème en-soi. Cela se passe d'ailleurs probablement déjà à plus petites échelles. Il faut plus voir un problème, au niveau conceptuel des programmes et de qui les ferait fonctionner. "Apple n'est qu'une pomme dont on a déjà mordu un gros morceau" écrit-il. Mais était-ce particulièrement éthiquement vôtre, pour autant?

La vision d'Al Gore en reste très influencée par son expérience de scientifique et par sa vision écologique. 

De sa vision, il en parle dans le langage de l'informatique. La numérisation de l'activité humaine est en marche et pourrait être aussi mener à la décomposition dichotomique du système. 

Bien américaine, la manière de penser d'Al Gorre, dirait-on...

Pas sûr que cette vision soit suivie par toutes les idéologies planétaires, intellectuelles et religieuses. Du moins dans les générations en cours.

Si cela marchait pour un esprit très cartésien, il y a fort à parier que cela ferait un flop magistral pour d'autres.

Ancien informaticien, le "top", pour moi, ce sont les données disponibles. Le "down", les résultats à atteindre à sa seule période d'installation. Au milieu, une foule de "si" et d'aiguillages n'y changeront rien si ce n'est dans la longueur du processus.
 
J'utilisais la logique de Gorre quand une crise, un problème, un bug ou un virus se présentait dans ma vie active. Service pompier, ce fut souvent le cas.
 
Ma check-list contenait entre autres:
- identifier le problème et déterminer s'il était vrai ou faux
- lui donner une priorité déterminée par l'urgent ou l'importance
- geler le processus incriminé
- rechercher un patch ou un dérivatif temporaire
- comprendre et remonter aux sources du problème et qui sait, y trouver des bénéficiaires au gel de la situation.
 
Allégorie professionnelle non transposable dans la vie politique? Pas sûr...
 
Indigné, je l'ai toujours été pour tout ce qui ne me semblait pas naturel à l'efficacité. Jamais beaucoup cherché à cacher mon indignation immédiate, d'ailleurs.
Pas eu besoin d'activisme suranné.
 
Quant au contre-pouvoir je pasticherai Sacha Guitry: "Le contre-pouvoir, d'accord, mais alors, tout contre". 
 
Une sorte de "Change the world without taking power" à la manière douce. 
Selon l'âge, on ne peut réagir avec la même virulence, sans parler de conservatisme pour autant. La seule raison est physiologique.
 
En lisant cela, pas à dire, cela rend opportuniste dans certains cas de figures.

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J'oubliais, tu n'as jamais spéculé (donc, tu peux être fan de l'araignée blogueuse :-)) 
Je l'ai presque toujours fait. Spéculer pour que le lendemain du jour, ne soit pas une répétition morbide de la veille.
 
Je n'ai jamais spéculé pour faire tomber une entreprise. C'est plutôt pour supporter sa bonne marche. La société qui m'employait faisait partie de ma mise de fonds. Rien de faramineux dans tous les cas, pourtant. 
C'est ce que j'ai appelé, il y a longtemps, "spéculer en paix".
Même pas à considérer comme un jeu. Je ne suis pas un fan de jeux.
 
Puisque tu aimes savoir (comme moi), je dirais que dans les années 80, le but initiale était seulement de rentabiliser le gros compatible Amstrad 8086, qui coûtait bombons et qui n'avait aucune connexion téléphonique vers l'extérieur. Internet était dans les limbes. Une occasion de comprendre les rouages de la Bourse, à la lecture de multiples livres et écrire un programme qui m'intimer l'introduction manuelle des cours journaliers de plusieurs actions.
En finale, cet épisode m'a permis de ne pas être surpris de ce qui pouvait survenir, le jour où, il n'y aurait plus de frein quand le PE atteignait des sommets. Mais, c'est le mot "subprime", je ne connaissais pas. 
 
Alors, après tout cela, que prenons-nous?
Thé ou café ?
Mais avec la liberté d'expression comme sucre, sel et poivre, bien entendu.

 
 

L'enfoiré,

 

0.jpgNoteJe me dois de donner une explication pour le retrait du texte de l'article ce dimanche 24 entre 14:00 et 16:30. Une manque d'habitude de partager un article avec une autre personne, peut en être la cause. Une première version qui était extraite d'un dialogue, avait été présentée à Eyµtienne alias Don Quichotte. Accord en commun. Je savais que le temps lui manquait comme c'est toujours le cas. Sa réaction à la version publiée, plus complète et plus argumentée en ce qui concerne, aurait pu mieux l'être de son côté. J'ajoute son nouveau paragraphe qui est important et qui n'est pas du tout en contradiction avec l'ensemble: "Je ne suis pas particulièrement optimiste mais je suis convaincu qu'il existe des portes de sortie humainement acceptables même si cela va être difficile et surtout que le combat est devenu très inégale. Un clan très solidaire pour défendre et augmenter ses privilèges contre un clan à qui on explique que la solidarité c'est du passé et que l'individualisme est la seule façon (pour certains) de s'en sortir. Je me dois de te dire que ton texte et d'autres vont dans le sens du défaitisme et du pessimisme. La conséquence majeure de ces textes est qu'elle renforce la nécessité et l'utilité de la solidarité absolue du clan qui nous impose trop de ces absurdités.Et conforte le pessimisme du clan qui perd pieds devant tout celaJe suis convaincu qu'il existe des portes de sortie humainement acceptables même si cela va être difficile et surtout que le combat est devenu très inégale. ".

Mon à propos confirme. N'ai-je pas écrit "Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne"? Donc Ok de chaque côté. A charge, si du temps est disponible d'y ajouter de nouveaux commentaires.

 

0.jpgCitations:

  • « Comment se tue en nous l'amour : trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l'amour, l'indignation le brise, et on arrive ainsi à l'indifférence finale. », Charles-Augustin Sainte-Beuve 
  • « L'indignation est le déplaisir que nous cause l'idée du succès de celui que nous en jugeons indigne. », Stendhal
  •  « Il n'y a que deux attitudes : se résigner ou se révolter. Toutes deux exigent la même liberté et la même lucidité. Malheureusement, nos révoltés sont encore et toujours beaucoup trop résignés, et nos résignés beaucoup trop révoltés. », Julien Torma 

 

Mise à jour 25 novembre 2013: Une explication plus complète de cette note est présente dans le billet qui suit celui-ci.

0.jpgMise à jour 5 décembre 2013Décès de Nelson Mandela: «Une grande lumière s’est éteinte». L’Afrique du Sud pleure son ancien président, décédé « paisiblement » jeudi à son domicile à l’âge de 95 ans. Le président Zuma a déclaré "Nelson Mandela s’est éteint paisiblement, entouré de sa famille . L’ex-président Nelson Mandela nous a quittés il est maintenant en paix. La Nation a perdu son fils le plus illustre .  

0.jpgExprimons la profonde gratitude pour une vie vécue au service des gens de ce pays et de la cause de l’humanité. C’est un moment de profond chagrin. Nous t’aimerons toujours Madiba .  Comportons-nous avec la dignité et le respect que Madiba personnifiait", un nom utilisé familièrement par tous les Sud-Africains pour désigner leur idole,  héros de la lutte contre l’apartheid.

Il n'a jamais joué aux indignés et aux révoltés et pourtant il a réussi à faire comprendre une vérité universelle de comment vivre entre les hommes par la réconciliation tout en conservant l'humour dans la confrontation. Mandela, l'homme qui ne voulait pas être un saint.

Le film de Justin Chadwick "Mandela, un long chemin vers la liberté", qui sort prochainement, est, parait-il le plus proche de la vérité.

 

 

 


0.jpg1.jpgMise à jour 10 novembre
: Pour accompagner l'humour aux hommages de ce jour, un Thomas en forme pourrait faire l'affaire. Trop d'hommages tue l'hommage.

 

Mise à jour 16/12/2014: La Belgique avait été le laboratoire du compromis de la discussion entre gauche et droite. Ce n'est plus le cas. Les grèves tournantes ont commencé comme une répétition à la grève nationale parfois au forcing.

Thomas Gunzig répondait à cela ce matin: 
podcastMais comme le FMI est d'accord sur la marche à suivre...

 

Commentaires

Extrait du Monde diplomatique proposé par Etienne:


….Mais comment éviter alors de basculer d’une tyrannie des marchés à un absolutisme d’Etat ? Commençons, nous dit le sociologue Bernard Friot, par généraliser le modèle des conquêtes populaires qui fonctionnent sous nos yeux, la Sécurité sociale par exemple, contre laquelle s’acharnent des gouvernements de toutes obédiences. Ce « déjà-là émancipateur » qui, grâce au principe de la cotisation, socialise une partie importante de la richesse, permet de financer les pensions des retraités, les indemnités des malades, les allocations des chômeurs. Différente de l’impôt perçu et dépensé par l’Etat, la cotisation ne fait pas l’objet d’une accumulation et, à ses débuts, fut principalement gérée par les salariés eux-mêmes. Pourquoi ne pas aller plus loin ?

Délibérément offensif, un tel programme comporterait un triple avantage. Politique : bien que susceptible de réunir une très large coalition sociale, il est irrécupérable par les libéraux ou par l’extrême droite. Écologique : il évite une relance keynésienne qui, en prolongeant le modèle existant, reviendrait à ce qu’« une somme d’argent soit injectée dans les comptes en banque pour être redirigée vers la consommation marchande par la police publicitaire ». Il privilégie aussi des besoins qui ne seront pas satisfaits par la production d’objets inutiles dans les pays à bas salaires, suivie de leur transport en conteneurs d’un bout à l’autre de la Terre. Un avantage démocratique enfin : la définition des priorités collectives (ce qui deviendra gratuit, ce qui ne le sera pas) ne serait plus réservée à des élus, à des actionnaires ou à des mandarins intellectuels issus des mêmes milieux sociaux.

Une approche de ce type est urgente. En l’état actuel du rapport de forces social mondial, la robotisation accélérée de l’emploi industriel (mais aussi des services) risque en effet de créer à la fois une rente nouvelle pour le capital (baisse du « coût du travail ») et un chômage de masse de moins en moins indemnisé. Amazon ou les moteurs de recherche démontrent chaque jour que des centaines de millions de clients confient à des robots le choix de leurs sorties, de leurs voyages, de leurs lectures, de la musique qu’ils écoutent. Libraires, journaux, agences de voyages en paient déjà le prix. « Les dix plus grandes entreprises d’Internet, comme Google, Facebook ou Amazon, relève M. Dominic Barton, directeur général de McKinsey, ont créé à peine deux cent mille emplois. » Mais gagné « des centaines de milliards de dollars de capitalisation boursière ».

Pour remédier au problème du chômage, la classe dirigeante risque par conséquent d’en venir au scénario redouté par le philosophe André Gorz, empiétement continu des domaines encore régis par la gratuité et le don : « Où s’arrêtera la transformation de toutes les activités en activités rétribuées, ayant leur rémunération pour raison et le rendement maximum pour but ? Combien de temps pourront résister les bien fragiles barrages qui empêchent encore la professionnalisation de la maternité et de la paternité, la procréation commerciale d’embryons, la vente d’enfants, le commerce d’organes ? »

La question de la dette gagne tout autant que celle de la gratuité à ce qu’on dévoile son arrière-plan politique et social. Rien de plus courant dans l’histoire qu’un Etat pris à la gorge par ses créanciers et qui, d’une façon ou d’une autre, se dégage de leur étreinte afin de ne plus infliger à son peuple une austérité à perpétuité. Ce fut la République des soviets refusant d’honorer les emprunts russes souscrits par le tsar. Ce fut Raymond Poincaré qui sauva le franc… en le dévaluant de 80 %, amputant d’autant la charge financière de la France, remboursée en monnaie dépréciée. Ce furent aussi les Etats-Unis et le Royaume-Uni de l’après-guerre qui, sans plan de rigueur mais en laissant filer l’inflation, divisèrent presque par deux le fardeau de leur dette publique.

Depuis, domination du monétarisme oblige, la banqueroute est devenue sacrilège, l’inflation pourchassée (y compris quand son taux tutoie le zéro), la dévaluation interdite. Mais bien que les créanciers aient été libérés du risque de défaut, ils continuent de réclamer une « prime de crédit ». « En situation de surendettement historique, relève pourtant l’économiste Frédéric Lordon, il n’y a de choix qu’entre l’ajustement structurel au service des créanciers et une forme ou une autre de leur ruine. » L’annulation de tout ou partie de la dette reviendrait à spolier les rentiers et les financiers, quelle que soit leur nationalité, après leur avoir tout concédé.

Le garrot imposé à la collectivité se desserrera d’autant plus vite que celle-ci recouvrera les recettes fiscales que trente ans de néolibéralisme ont dilapidées. Pas seulement lorsqu’on a remis en cause la progressivité de l’impôt et s’est accommodé de l’extension de la fraude, mais quand on a créé un système tentaculaire dans lequel la moitié du commerce international de biens et de services transite par des paradis fiscaux. Leurs bénéficiaires ne se résument pas à des oligarques russes ou à un ancien ministre français du budget : ils comptent surtout des entreprises aussi dorlotées par l’Etat (et aussi influentes dans les médias) que Total, Apple, Google, Citigroup ou BNP Paribas.

Optimisation fiscale, « prix de transfert » (qui permettent de localiser les profits des filiales là où les impôts sont bas), déménagement des sièges sociaux : les montants ainsi soustraits en toute légalité à la collectivité approcheraient 1000 milliards d’euros, rien que pour l’Union européenne. Soit, dans de nombreux pays, une perte de revenus supérieure à la totalité de la charge de leur dette nationale. En France, soulignent plusieurs économistes, « même en ne récupérant que la moitié des sommes en jeu, l’équilibre budgétaire serait rétabli sans sacrifier les retraites, les emplois publics ou les investissements écologiques d’avenir ». Cent fois annoncée, cent fois différée (et cent fois plus lucrative que la sempiternelle « fraude aux aides sociales »), la « récupération » en question serait d’autant plus populaire et d’autant plus égalitaire que les contribuables ordinaires ne peuvent pas, eux, réduire leur revenu imposable en versant des royalties fictives à leurs filiales des îles Caïmans.

On pourrait ajouter à la liste des priorités le gel des hauts salaires, la fermeture de la Bourse, une nationalisation des banques, la remise en cause du libre-échange, la sortie de l’euro, le contrôle des capitaux... Autant d’options déjà présentées dans ces colonnes. Pourquoi alors privilégier la gratuité, la remise à plat de la dette publique et la récupération fiscale ? Simplement parce que, pour élaborer une stratégie, imaginer son assise sociale et ses conditions de réalisation politiques, mieux vaut choisir un petit nombre de priorités plutôt que de composer un catalogue destiné à réunir dans la rue une foule hétéroclite d’indignés que dispersera le premier orage.

La sortie de l’euro mériterait à coup sûr de figurer au nombre des urgences. Chacun désormais comprend que la monnaie unique et la quincaillerie institutionnelle et juridique qui la soutient (Banque centrale indépendante, pacte de stabilité) interdisent toute politique s’attaquant à la fois au creusement des inégalités et à la confiscation de la souveraineté par une classe dominante subordonnée aux exigences de la finance.

Cependant, pour nécessaire qu’elle soit, la remise en cause de la monnaie unique ne garantit aucune reconquête sur ce double front, ainsi que le démontrent les orientations économiques et sociales du Royaume-Uni ou de la Suisse. La sortie de l’euro, un peu comme le protectionnisme, s’appuierait par ailleurs sur une coalition politique mêlant le pire et le meilleur, et à l’intérieur de laquelle le premier terme l’emporte pour le moment sur le second. Le salaire universel, l’amputation de la dette et la récupération fiscale permettent de balayer aussi large, voire davantage, mais en tenant à l’écart les convives non désirés.

Inutile de prétendre que ce « programme » dispose d’une majorité dans quelque Parlement du monde que ce soit. Les transgressions qu’il prévoit incluent nombre de règles présentées comme intangibles. Toutefois, lorsqu’il s’est agi de sauver leur système en détresse, les libéraux n’ont pas manqué d’audace, eux. Ils n’ont reculé ni devant une hausse sensible de l’endettement (dont ils avaient assuré qu’elle ferait flamber les taux d’intérêt). Ni devant une forte relance budgétaire (dont ils avaient prétendu qu’elle déchaînerait l’inflation). Ni devant l’augmentation des impôts, la nationalisation des banques en faillite, un prélèvement forcé sur les dépôts, le rétablissement du contrôle des capitaux (Chypre). En somme, « quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat ». Et ce qui vaut pour eux vaut pour nous, qui souffrons trop de modestie… Ce n’est pourtant ni en fantasmant un retour au passé ni en espérant seulement réduire l’ampleur des catastrophes qu’on redonnera confiance, qu’on combattra la résignation à n’avoir en définitive d’autre choix possible que l’alternance d’une gauche et d’une droite appliquant peu ou prou le même programme.

Oui, de l’audace. Parlant de l’environnement, Gorz réclamait en 1974 « qu’une attaque politique, lancée à tous les niveaux, arrache [au capitalisme] la maîtrise des opérations et lui oppose un tout autre projet de société et de civilisation ». Car il importait selon lui d’éviter qu’une réforme sur le front de l’environnement ne se paye aussitôt d’une détérioration de la situation sociale : « La lutte écologique peut créer des difficultés au capitalisme et l’obliger à changer ; mais quand, après avoir longtemps résisté par la force et la ruse, il cédera finalement parce que l’impasse écologique sera devenue inéluctable, il intégrera cette contrainte comme il a intégré les autres. (…) Le pouvoir d’achat populaire sera comprimé et tout se passera comme si le coût de la dépollution était prélevé sur les ressources dont disposent les gens pour acheter des marchandises. » Depuis, la résilience du système a été démontrée quand la dépollution est à son tour devenue un marché. Par exemple à Shenzhen, où des entreprises peu polluantes vendent à d’autres le droit d’excéder leur quota réglementaire pendant que l’air vicié tue déjà plus d’un million de Chinois par an.

Écrit par : L'enfoiré | 24/11/2013

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La question principale à se poser:

"L'homme est-il fait pour travailler comme on le conçoit aujourd'hui?'
Au sens économique usuel, le travail est l'activité rémunérée qui permet la production de biens et services. Avec le capital, c'est un facteur de production de l'économie. Il est essentiellement fourni par des employés en échange d'un salaire. Le processus d'entrée et de sortie de l'emploi se fait par le marché du travail.

Dans l'antiquité, ce fut sous le forme esclavage.
Au Moyen-Age, un but de fraternité dans la participation du bien commun, tout en restant une servitude et le servage, définitivement aboli pendant le Révolution française.
La Période moderne généralise le salariat réglementé par des codes de travail.

La rentabilité du travail humain a été mis en correspondance avec celle d'autres moyens de production.
La machine est en effet, une entrave à l'épanouissement de "l'homme travail" d'avant.
Celui-ci produisait dans une chaîne de fonctionnalités dont chacun des éléments se devait d'apporter sa contribution, toujours la même. Même localisation, même temps de parcours.
Sa rentabilisation décroit naturellement avec son élan vital, son âge comme décroit son salaire dans les mêmes proportions.
La machine est comptabilisée. Sa vétusté est prise en compte dans des calcul d'amortissements. Le timing de l'échéance est connu d'avance, est planifié.
Dans le même temps, les ingénieurs qui inventent toujours de nouveaux processus de rentabilisation voient leurs salaires s'accroître.
L'invention et l'innovation sont portées par les idées nouvelles.

Écrit par : L'enfoiré | 24/11/2013

Dans l'Echo du weekend

Cinq tentacules qui enserrent les grands secrets d'argent:
- Banque commerciale
- Pouvoirs publiques
- Marchés financiers
- Banque centrale
- Inflation

Secrets dans la consommation:
- Un financement à 0% n'est jamais gratuit
- Toute hausse de prix en appelle d'autres
- La moitié du plein de votre voiture revient à l'Etat
- Les fonds de placements peuvent rendre votre voyage plus cher
- Un Big Mag plus cher est signe de bien être. L'euro unique n'a pas unifié les prix
- Tomber dans le rouge coûte plus de 10% d'intérêts
- En épargnant, vous perdez de l'argent
- Préférer une pension complémentaire à une augmentation salariale
- Le handicap fiscal de l'épargne-pension
- Pas d'index "hugger" dans votre portefeuille (frais plus élevés qu'avec un fond indiciel)
- Pour vos placements, évitez de suivre la mode
- Rénover votre maison peut vous pénaliser deux fois
- Les scarabée chinois fixent les prix de votre collection de bijoux en or
- Lisez les petits caractères de vos contrats d'assurance
- L'assurance hospitalisation via l'employeur peut éroder la pension
- Les longues files d'attentes dans les banques, c'est mauvais signe
- Plus il y a d'argent en circulation, plus la vie est chère
- Vérifiez l'authenticité des grosses coupures
- Votre pays peut aussi faire faillite
- Ne confiez pas de secret à votre banquier

Écrit par : L'enfoiré | 24/11/2013

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"On pourrait ajouter à la liste des priorités"
Le geste courageux de ce gouvernement (français) ... Oser dire qu'il y a environ un million de fonctionnaires inutiles et qu'il est temps de les virer dans les cinq ans qui viennent, c'est là la véritable surprise !
- chacun a ses fantasmes ...

un fonctionnaire coûte en moyenne pour toute sa carrière jusqu’à son décès 3,5 millions d’Euros (cour des comptes), je vous laisse faire le calcul pour un million de fonctionnaires en trop ...
nb les « régaliens » du terrain* restant en place, voire renforcés, l’hôpital, l’école, les forces de l’ordre ...
*hors un certain nombre de personnels des ministères et quelques hauts fonctionnaires en particulier, qui peuvent aller voir ailleurs si nous y sommes

Ces mesures permettant tout à la fois:
- de financer l'innovation, les PME/PMI et ETI manufacturières potentiellement exportatrices
- de diminuer la dette par augmentations "naturelles" des rentrées d'impôts dues à la reprise induite.

pour le reste des mesures "gauchardes" préconisées dans le journal "le Monde" je suis plus que dubitatif

Écrit par : zelectron | 24/11/2013

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Comme tu as pu le constater, parfois, quand le vent n'est pas favorable, il vaut mieux céder la main à la plume et trouver un nègre.
Notre Bert nous expliquait ce matin, le système Louis-Michel
http://www.rtbf.be/video/detail_cafe-serre-de-bert-kruismans-25-11-13-le-systeme-louis-michel?id=1872477
C'est aussi un fonctionnaire, Louis-Michel, mais qui est monté au niveau européen.
Là, il ne s'agit plus de 3,5 millions d'euros pour une carrière, mais pour la moitié pour une année d'exercice.
Mais heureusement, des "comme lui", il n'y en a quelques centaines.

Écrit par : L'enfoiré | 25/11/2013

La démocratie existe-t-elle ?

http://www.lalibre.be/debats/opinions/la-democratie-existe-t-elle-528390533570aa4f7904b95b

Écrit par : L'enfoiré | 25/11/2013

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La démocratie existerait si la représentation nationale était contrôlée par le peuple.

Écrit par : zelectron | 25/11/2013

Et pour ce faire, je ne vois qu'une possibilité.
Celle qui existe dans les grandes entreprises privées: les audits internes et externes.

Les audits externes de la démocratie existent pour les états dit bananiers.
Et puis cela s'arrête là.

L'auditing c'est pendant toute la vie d'une entreprise humaine qu'elle soit publique ou privée

Écrit par : L'enfoiré | 26/11/2013

Dans le Vif-Express un article intéressant: "Le pouvoir, une histoire de couple".

Complémentarité? Fusion d'intérêts en famille qui peut être vu par l'extérieur comme un conflit d'intérêts.
Quand un mariage d'amour s'associe à un mariage de raison....
Étaient cités des hommes et femmes belges.
N'était pas dans le lot, le Président Hollande et sa girl friend, Valérie Thrierweiler

Laurette Onkelinkx-Marc Uytendaele
Philippe Busquin-Michèle Loquifer
Martin Claes-Sophie Dutordoir
Willy Demayer-Michèmle Lempereur
Didier Reynders-Bernadette Prignon
Philippo et Laurene Bovy
Emilie Hoyos-Jean Lebbon
....

Mais heureusement, l'amour rend aveugle...

Écrit par : L'enfoiré | 26/11/2013

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Dans certaines mairies en France il existe des conseils des sages ("idée" de Ségolène Royal) qui n'ont aucuns pouvoirs ...

Écrit par : zelectron | 26/11/2013

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En France, il y a encore d'autres exemples:

http://www.courrierinternational.com/article/2012/06/08/le-mariage-de-l-homme-politique-et-de-la-journaliste-specialite-hexagonale

Aucun pouvoir mais droit à la diffusion d'information, des confidences sur l'oreiller

Écrit par : L'enfoiré | 26/11/2013

Dimanche, les Suisses ont refusé le socialisme

Dimanche, les électeurs suisses ont décidé que les cadres seniors pouvaient être rémunérés plus de 12 fois plus que les salariés les moins payés de l’entreprise. Les Jeunes Socialistes suisses avaient déposé une proposition pour limiter les hauts salaires (initiative "1:12") qui avait recueilli les 100.000 signatures nécessaires à la tenue d’un référendum.
Plus de la moitié des électeurs se sont rendus aux urnes et à la surprise générale, près des deux tiers des votants (65%) se sont opposés à cette mesure.
Au début du mois d’octobre, les sondages indiquaient que les citoyens suisses étaient partagés sur cette initiative, et en mars dernier, au cours d’un autre référendum, les deux tiers des votants ont dit oui à la suppression des parachutes dorés des dirigeants. Au cours des dernières semaines, les opposants du « 1:12 » se sont mobilisés, rappelant que le pays pourrait perdre sa compétitivité et des recettes fiscales si cette mesure passait.
Les dirigeants suisses font partie des dirigeants les mieux rétribués d’Europe, et les partisans de la mesure ont souligné que le ratio moyen entre les salaires les plus élevés et les plus faibles des entreprises suisses est passé de 6 pour 1 en 1984 à 43 pour 1 de nos jours. Dans les grands groupes internationaux, le rapport est parfois supérieur à 200 :

✔ Roche : 1:261
✔ Nestlé : 1:238
✔ ABB : 1225
✔ Novartis : 1:219
✔ Lindt & Sprungli : 1:195

Cependant, ces ordres de grandeur n’ont rien à voir avec ce que l’on observe aux Etats-Unis, où le rapport peut allègrement dépasser le millier :

✔ JC Penney: 1:1.795
✔ Abercombie & Fitch : 1:1.640
✔ Simon Property Group : 1:1.594
✔ Oracle : 1:1.287
✔ Starbucks : 1:1135

En Europe, d’autres initiatives ont été menées pour limiter l’inflation des primes et des salaires : l’UE a passé une loi qui limite les bonus des banquiers, et en France, le salaires des PDG des groupes publics ont été limités à 450.000 euros en 2012.
« Au fil des débats, les Suisses ont découvert qu'ils vivaient dans un pays plutôt raisonnable, même si certaines multinationales appartiennent à un autre monde. Dimanche, les Suisses n'ont pas voulu introduire un contrôle étatique illusoire et incompatible avec l'esprit d'un Etat libéral. Les milieux économiques et bourgeois peuvent donc être rassurés; l'initiative n'a pas ratissé au-delà des forces politiques de la gauche et des Verts », écrit le journal suisse le Temps.
Le site Quartz fournit un graphique qui rappelle quels sont les ratios moyens entre les salaires les plus faibles et les plus élevés dans quelques uns des pays développés :
USA (354), Canada (206), Suisse (148), Allemagne (147), Espagne (127), Tchéquie (110), France (104), Australie (93), Suède (89), UK (84)...

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=dimanche-les-suisses-ont-refuse-le-socialisme&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 27/11/2013

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Un billet d'un gars de là-bas et qui rêve ou cauchemarde

La France va disparaître, bon débarras ! Volubiles comme des singes, les Français cherchent la banane en oubliant la République

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-france-va-disparaitre-bon-144419

Écrit par : L'enfoiré | 29/11/2013

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les socialo-fascistes ? ils sont même prêts à danser la danse du ventre ... y compris celle de saint-guy

Écrit par : zelectron | 29/11/2013

Aujourd'hui, Laurence avait un revirement dans cette question " Et si le cinéma belge s'inspirait du cinéma français?"

Une preuve de plus qu'il faut avoir de l'opportunisme de tourner sa veste à son avantage

http://www.rtbf.be/video/detail_le-cafe-serre-29-11-13-et-si-le-cinema-belge-s-inspirait-du-cinema-francais?id=1873868

Écrit par : L'enfoiré | 29/11/2013

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La 'génération Y' est-elle la plus surestimée de l'histoire?

La « génération Y » se compose de jeunes dans la vingtaine, hautement diplômés et ambitieux, mais ayant peu d'argent, peu d'expérience et peu de chances de réaliser leurs idées novatrices. Bien que la plupart des observateurs partent du point de vue que le style ouvert, prêt à collaborer et progressiste de la « génération Facebook » y parviendra à terme, Andrew Hill du Financial Times n'en est pas encore sûr.
Les jeunes professionnels ont de beaux diplômes et une très bonne connaissance de la technologie, mais peuvent difficilement supporter le fait qu'ils ne reçoivent de leurs supérieurs ni soutien ni respect, contrairement à ce dont ils ont bénéficié de la part de leurs parents et de leurs établissements d’enseignement, deux éléments auxquels ils pensent avoir droit. Selon eux, la manière de travailler des entreprises est dépassée, mais ils n'ont pas la possibilité de faire mieux. L'état du marché du travail actuel génère en outre une source supplémentaire de frustration.
Cette lutte entre générations n’est, selon Andrew Hill du Financial Times, pas tout à fait neuve. Charles Dickens décrivait déjà le phénomène dans son livre « Nicholas Nickelby », dans lequel un jeune professeur essaie de briser l'attitude statique de la vieille direction. Il se demande aussi dans quelle mesure il est réaliste de penser que les « millenials » réussiront à imposer à court terme leur vision des choses.
Dans « Generation Facebook », Gary Hamel écrit que ce qu'attendent les jeunes du management est déterminé par leurs expériences en ligne et , selon une enquête auprès de 300 topmanagers de Kingfisher (propriétaire entre autre de B&Q et Castorama), il y a une grande différence par rapport à la connaissance: les responsables plus âgés essaient de protéger leur connaissance, alors que les plus jeunes tentent de la partager autant que possible.
De tels points de vue peuvent être intéressants, mais selon Hill et Ian Cheshire (CEO de Kingfisher), il faudra encore deux décennies avant qu'ils fassent trembler les bases de la culture d'entreprise traditionnelle, structurée de manière hiérarchique- si jamais cela se produit.

Pendant cette longue période que Hill et Cheshire prévoient, il peut néanmoins se passer beaucoup de choses:
- La génération Y n'est pas immunisée contre la tendance des jeunes à devenir plus conservateurs dans la mesure où ils vieillissent et forment une famille.
- Les diplômés européens préfèrent déjà maintenant la sécurité des grandes entreprises et des services de l'état.
- Au royaume Uni, il reste, malgré le cliché de jeunes très entreprenants, des personnes de plus de 50 ans qui, depuis le début de la crise, forment la majorité des nouveaux entrepreneurs et indépendants.

En 1997, Arie de Geus écrivait qu'une grande entreprise abrite sous son toit 3 générations: un groupe de jeunes embauchés, une couche de leaders potentiels entre 30 et 50 ans et un groupe de seniors managers plus âgés. Une « entreprise vivante » veille à ce que chaque génération prépare sa propre succession, mais dans la pratique, on se protège plutôt qu'on ne s'expose à ces nouvelles tendances.
Hill conclut: « Dans « Nicholas Nickelby », le héros échappe finalement à son patron malveillant, mais c'est de la fiction. Dans la vie réelle, il est plus vraisemblable que les jeunes embauchés devront s'adapter à leurs employeurs que le contraire ».

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=hr&item=la-generation-y-est-elle-la-plus-surestime-de-lhistoire&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=

Écrit par : L'enfoiré | 29/11/2013

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Quand il n'y a plus rien, comment rendre les gens heureux? Thomas Gunzig a bien une idée.

http://www.rtbf.be/video/detail_le-cafe-serre-de-thomas-gunzig-3-12-13?id=1874854

Écrit par : L'enfoiré | 03/12/2013

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Décès de Nelson Mandela: «Une grande lumière s’est éteinte».L’Afrique du Sud pleure son ancien président, décédé « paisiblement » jeudi à son domicile à l’âge de 95 ans. Le président Zuma a déclaré « Nelson Mandela s’est éteint paisiblement, entouré de sa famille . L’ex-président Nelson Mandela nous a quittés il est maintenant en paix. La Nation a perdu son fils le plus illustre . Exprimons la profonde gratitude pour une vie vécue au service des gens de ce pays et de la cause de l’humanité. C’est un moment de profond chagrin. Nous t’aimerons toujours Madiba . Comportons-nous avec la dignité et le respect que Madiba personnifiait », un nom utilisé familièrement par tous les Sud-Africains pour désigner leur idole, héros de la lutte contre l’apartheid.

Il n'a jamais joué aux indignés et aux révoltés et pourtant il a réussi à faire comprendre une vérité universelle de comment vivre entre les hommes par la réconciliation tout en conservant l'humour dans la confrontation.
Mandela, l'homme qui ne voulait pas être un saint.

«Je savais parfaitement que l’oppresseur doit être libéré tout comme l’opprimé. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de sa haine, il est enfermé derrière les barreaux de ses préjugés et de l’étroitesse d’esprit. Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission: libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur." (10 mai 1994, discours d’investiture de président de Nelson Mandela).

Écrit par : L'enfoiré | 06/12/2013

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Quand le cinquième pouvoir fait trembler les gouvernements
http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/le-cinquieme-pouvoir-quand-la-144532

on change peut-être les têtes, mais les gouvernements n'ont pas l'air ni l'envie de changer et de trembler....

Écrit par : L'enfoiré | 06/12/2013

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La Belgique avait été le laboratoire du compromis de la discussion entre gauche et droite. Ce n'est plus le cas. Les grèves tournantes ont commencé comme une répétition à la grève nationale parfois au forcing.

Thomas Gunzig répondait à cela ce matin:
http://www.rtbf.be/info/emissions/article_le-cafe-serre-de-thomas-gunzig?id=8586903&eid=5017893


Le Fonds Monétaire International (FMI) perçoit la situation économique de la Belgique et ne s'est pas laissé impressionner par la grève générale d'hier : c'est un bon bulletin que son chef de mission a décerné au gouvernement Michel, même s'il y met des nuances.
Edward Gardner suit la Belgique depuis des années et comme chaque fois, il a passé plusieurs jours à rencontrer les uns et les autres pour finaliser son analyse des défis qui se posent à l'économie belge et des mesures prises pour y faire face. Ces défis tiennent en deux mots: l'emploi et le vieillissement, et le nouveau gouvernement a mis le turbo pour affronter la situation.
Et quelles sont les mesures que le chef de mission du FMI trouve particulièrement judicieuses ?
C'est l'allongement des carrières jusqu'à 67 ans, la réduction des cotisations sociales et les mesures prises pour limiter l'octroi des allocations de chômage. Et puis bien sûr, le FMI salue le saut d'index, ce n'est pas une surprise, mais cette fois-ci, le Fonds ne tire plus à boulets rouges sur le mécanisme d'indexation en tant que tel, ça c'est nouveau.
Et parmi les autres instruments, le FMI invite à décentraliser les négociations sociales pour que l'évolution des rémunérations soit plus adaptée aux besoins des entreprises. Et quand on l'interroge sur la grève qui a paralysé le pays hier, Edouard Gardner répond que c'est un signe : un signe que les efforts à mener peuvent être répartis différemment, qu'on peut alléger la fiscalité du travail en taxant davantage les revenus du capital. De quoi relancer le débat sur le fameux "tax shift".

http://www.rtbf.be/info/emissions/article_les-dossiers-d-ecomatin-qu-en-pense-le-fmi?id=8586885&eid=5017893

Écrit par : L'enfoiré | 16/12/2014

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