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16/10/2010

"Al"? Al, comment?

Non, le prénom du médecin allemand Alzheimer n'est pas "Al". Un fait divers dramatique rappelait les difficultés de vivre aux côtés d'une personne souffrant de ce qu'on appelle communément la maladie d'Alzheimer. Mais au fait, quel est le prénom d'Alzheimer? "Aloïs". Bien, Monsieur.

1.jpgLa semaine dernière, la nouvelle tombait à Wavre, comme le disait cet article : "Un jeune tue son père, atteint d'Alzheimer. On savait que ça finirait mal".  

Sabine Henry, présidente de la Ligue d'Alzheimer en Belgique, répondait aux questions à la RTBF, en réaction à la mort de cet homme d'une soixantaine d'années étouffé, semble-t-il, par son fils, à bout de nerfs.

Parricide incompréhensible? Manque d'informations ou de suites d'accompagnements, mal soutenus dans la solitude? Tout le monde n'a pas une formation pour soutenir l'insoutenable fragilité de l'être vieillissant ou non.

Le "Science et Vie" du mois d'octobre avait un article avec un titre assez volontaire "Et si la maladie d'Alzheimer n'existait pas". "Et si la maladie n'était pas un hasard" écrivait le Dr Pierre-Jean Thomas.santé

Aloïs Alzheimer était psychiatre, neurologue et neuro-pathologiste allemand qui a donné son nom à cette maladie décrite dans cet article ou dans le Rapport sur la maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées

Cette maladie affecte toute la personne, dans sa conscience, ses émotions et ses comportements. Des cellules du cerveau disparaissent et sont remplacées par des plaques, des écheveaux se développent et étouffent les cellules saines. Le cerveau peut être affecté dans les zones pariétales, frontales, occipitales... Des signes précurseurs ont été identifiés, mais le diagnostic reste aléatoire.

Deux raisons expliquent les émotions déclenchées par l’information sur cette maladie qui dort souvent  dans nos inconscients: la forte augmentation du nombre de personnes atteintes et son caractère particulier, qui affecte la conscience au point que le "je" devient "un autre", et conduit à percevoir l’affection comme une métamorphose tragique.

Trouble du vieillissement cérébral qui affecte la mémoire, l'hippocampe et le cortex du cerveau atteint par l'accumulation des protéines Tau en plaques aminoïdales qui s'infiltre parmi les neurones et une dégénérescence neurofébrillaires qui crée des troubles cognitifs par des pertes de mémoire, des incohérences du langage et de la reconnaissance des objets.

Symptômes que seuls ceux qui vivent auprès de ceux qui en sont affectés, peuvent le déceler suite à un changement de réflex et à un ralentissement des activités quotidiennes.

Neuropathologie? Pas de traitement curatif si ce n'est que des antiglutamates, pour arrêter l'invasion des plaques, des anticholenestérasiques pour accélérer les communications entre les neurones.

Les chiffres révèlent une situation de plus en plus grave dans le monde.

26 millions de personnes dans le monde en sont atteintes et 85.000 en Belgique. C'est oublier un grand pourcentage qui s'ignore par manque de diagnostiques.  Oscar Lopez estimait en 2000 qu'il y aurait, au moins, 30% d'erreurs reconnues sans un diagnostique.  Ce qui veut dire que, très bientôt, dans toutes les familles, il y aura un membre qui en souffrira. Les femmes sont sensiblement plus touchées que les hommes (2/3 pour 1/3).

Il faut dire que cela coûte très cher à la personne qui s'occupe d'une autre atteinte de la maladie, et à la communauté. Pour le premier, par mois, cette personne compte 600 euros de perte de revenus, 100 de centre de jour, 100 de médicaments et 200 pour les coûts indirects. En Belgique, l'INAMI (Institut national d'assurance maladie-invalidité) a dû rembourser 2.697.000 euros en 2002 et 33.688.000 euros en 2009.

Au Canada, aux 435.000 patients actuels s’ajouteront 111.560 cas nouveaux par an d’ici 2011. Près de 25 % des Canadiens ont un membre de leur famille atteint de la maladie d’Alzheimer.

En France, 860.000 personnes sont affectées après 65 ans, c'est à dire 6% des gens âgés. Selon les prévisions de l’Insee, avec 225.000 nouveaux cas par an, près de 1,3 million de personnes seront atteintes d’ici à 2020, soit un Français de plus 65 ans sur quatre. (La proportion de personnes de 65 ans et plus, qui était de 16,5% en 2004, passera à 21% en 2020 et 28% en 2040 ; pour les 75 ans et plus, les chiffres sont encore plus impressionnants puisque ces proportions devraient passer respectivement de 8,0% à 9,6% et 16,1%.

C'est dire que "l'affaire Alzheimer" est importante et urgente. 

santéUn mythe de la maladie, peut-être, comme le disait, encore, Peter Whitehouse?

Depuis les travaux du psychiatre Aloïs Alzheimer à l’Hôpital de Frankfort, au tout début du XXe siècle, la connaissance de la maladie a progressé dans sa conception, pas dans sa guérison. Les "jeunes" (moins de 65 ans) sont aussi affectés. Aloïs Alzheimer visait plus ces "jeunes" précoces.

Les efforts de la recherche médicale croissent, bien sûr. Des vaccins sont en cours de développement, des médicaments susceptibles de bloquer la dégénérescence neurofibriliare des cellules ou de stimuler les neurones sont, faute de mieux, utilisés actuellement.

La science apporte l'idée que les neurones se régénèrent avec l'aide des cellules souches.

On a observé que le déclenchement retardé de la maladie aurait une incidence importante sur la personne atteinte. Un retard de cinq ans dans l’apparition de la maladie pourrait se traduire par une diminution de 50 % des cas de maladie d’Alzheimer, un retard de dix ans pourrait faire disparaître la maladie. Alors, partant de l’identification des conditions favorables pour limiter le risque d’être affecté, on répète aujourd’hui l’importance d’être actif, de solliciter le corps par le sport et l’esprit par la sollicitation de la mémoire, l’évocation du passé, l’empathie... On redit l’importance de bien s’alimenter.

Quelle image de la société ce tableau pathologique nous renvoie-t-il ? Une société dans laquelle on vit plus vieux qu’avant, avec une augmentation de l’espérance de vie corrélée à une maladie qui revient à « être mais ne pas être », un mode de vie dominant qui génère ou aggrave des pathologies.

Il y a les suppositions pour s'y préparer. Des recommandations médicales sur l’hygiène de vie (manger sainement, pratiquer des activités physiques...), sur l’équilibre socio-affectif, sur l’entretien de la pensée et de la mémoire sont tout à fait sérieuses.

L’augmentation de la durée de la vie ne peut expliquer, à elle seule, la progression rapide du nombre de personnes affectées par la maladie d’Alzheimer. Le discours médical passe-t-il dans les sociétés ?

A la base, un flou dans la définition de la maladie, dans son diagnostique ambigu et son attribution non spécifique. Sont-ce des troubles du simple vieillissement ou d'autre chose? Démence sénile ou pré-sénile? La démence doit être associée à d'autres signes positionnels ou de langages pour en faire partie. Le patient le plus connu d'Aloïs Alzheimer, Auguste D., n'avait que 51 ans.

Pour détecter les problèmes, on fait subir des tests vulgaires calculs, des chiffres ou des lettres des mots prononcés à l'envers. Est-ce une règle générale qui peut déterminer le commencement de "la" maladie, alors que lors de l'instruction générale, la gymnastique de mémoire, les raisons d'une lacune par rapport à la normale, n'existent pas vraiment et ne sont testés? Donneraient-ils de bons résultats chez de plus jeunes sujets? L'inactivité du cerveau qui s'installerait par manque d'exercice?

Tout muscle s'atrophie par manque d'usage. Il existe des cas d'acteur de théâtre qui n'ont  jamais quitté les planches jusqu'à leur mort en s'approchant de l'âge de centenaire.
Vieillesse du cerveau plutôt que maladie. Des thromboses, des mini AVC imperceptibles qui se produiraient à l'insu de ses victimes?

Diagnostiquer dès le premier signe, dès l'origine, c'est impossible. Il faudrait un moyen de détecter les problèmes en temps réels. Il faut vivre avec la personne pour s'apercevoir de la déchéance progressive. Le sujet, lui-même, est souvent retord à toutes les recherches pour apporter le soutien aux "impressions" de l'entourage. Abdiquer devant la maladie est plus que difficile qu'on le croit.

Il n'y a que lors de l'autopsie post-mortem que l'on peut affirmer qu'il s'agissait bien de ce que l'on pensait ou non.

Cliniquement, l'Imagerie Médicale par Résonnance Magnétique (IRM), la scintigraphie, la ponction lombaire, le TEP (Tomographie par Émission au Positons), le Pet Scan, les traceurs. Dans le cas des traceurs,  de petites molécules proches du glucose appelés FDG (Fluiro-dsoxy-glucose), radioactives s'insèreraient pour réveiller les composants du vivant, composants liés au neurones.

De toutes manières, des outils de plus en plus fins sont nécessaires. La nocivité de certains moyens thérapeutiques, est à vérifier et cela prendra du temps.

On pense plus à plusieurs maladies d'Alzheimer, que l'on peut globaliser en "Syndrome d'Alzheimer".

santéLe 20ème siècle, en médecine, a été celui du coeur et de son traitement.

Le 21ème siècle sera très probablement celui du cerveau.

La sclérose en plaque, la maladie de Parkinson, la maladie Alzheimer sont sur les tablettes. La Fondation ICM s'y intéresse.

Le 30 septembre dernier, France3 présentait le film "Cortex" avec André Dussolier dans le rôle  du malade. Ce film montrait que si certaines affections sont bien présentes, elles n'empêchent pas de garder des facultés ancrées très loin dans la mémoire.
 
Sujet très sérieux que cette maladie.
Comment, pour moi, sortir de ce billet avec un sourire comme d'habitude?
Je pourrais dire que la mémoire n'est jamais un fidèle "ami" pour les personnes qui n'y trouvent aucune raison de l'avoir. On la perd en fonction de tellement de paramètres et tellement subjectifs. La mémoire s'entretient, mais, oui, mais, danc ce cas, la "gymnastique" pourrait être plus que délicate.
 
Si cette maladie ne se traiterait plus par la neurologie, mais par la psychologie et cela mériterait bien plus qu'une phrase.
santé

Mais, j'y pense, "Syndrome", était-il dit plus haut.

Dans ce cas, ne serait-ce pas plutôt de "Saint Drôle"? 

Le livre de Bernard Werber "L'Ultime Secret" racontait une fiction sur le cerveau. Une enquête au sujet d'un joueur d'échec gagnant  contre la machine qui meurt le soir-même de ... plaisirs d'amour.
 
Son nouveau livre, "Le rire du Cyclope" reprend les mêmes personnages pour monter une autre enquête sur le même canevas, mais avec le rire comme arme du pouvoir. Il y est dit "Le pouvoir du rire attire des convoitises, beaucoup veulent maitriser le rire des autres pour avoir un surplus de pouvoir politique, d'argent, de célébrité".
 
C'est dire s'il est important pour moi. :-)
Mais le mot "syndrome", au fait, quel en est la signification, la définition?
 
Voilà que cela me reprend.

- Alfred, où es-tu et que fais-tu de moi?

- Je cherche, répondit Alfred.


 

L'enfoiré,

 

santéMise à jour 25/07/2012: Pfizer et Jannsen accusent un échec. Arret d'un étude. Mais on relance dans une autre direction.

Mise à jour 27/09/2012: Vaincre le cancer et Alzheimer par les ondes magnétiques

 

Sur Agoravox, des pertes de mémoires?

 

Citations:
  • "En général, ceux qui attrapent la maladie d'Alzheimer vivent vieux. Sans doute parce qu'ils oublient de mourir", Philippe Geluck
  • "Si je devais un jour faire du théâtre, je n'accepterais qu'un rôle d'amnésique. C'est le seul dans lequel mes trous de mémoire passeraient inaperçues.", Philippe Geluck
  • "Alzheimer  "... C'est un mal qui vole les coeurs, les âmes et les souvenirs", Nicholas Sparks
  • "Maladie qui permet de regarder tous les soirs le DVD de Rabbi Jacob avec le même plaisir", Laurent Baffy 

18/09/2010

Rendons à César...

... ce qui appartient à César. Rendons lui, son temps et ses propres idées. Bien. Et si chacun s'appelait, un jour, César, avec sa propre histoire, ses anecdotes, bien à lui.

santéLe monde des humains se veut dans le vent. Pas dans la bise mais le plus souvent dans la tempête. Le temps est galvaudé. On n'aime pas trop  la nostalgie du passé. L'histoire doit s'écrire avec un grand "H" pour intéresser ou être ignorée de tous.

Est-ce la seule "fuite en avant" qui motive à agir sans respect pour des sources plus intime? Fuite en avant qui pousse à effacer ses propres instants présents  comme s’il n’était qu’un mauvais moment à passer.

Cette tendance de chercher un modèle commence déjà depuis la plus tendre enfance. Les « grands » leur suscitent une envie d’accélérer le temps pour qu'ils ressemblent à leur propre image.

On pourrait croire que ce serait pour chercher à grandir en liberté. Pas vraiment.

L’adolescent voudra d'abord singer son père pour s'en dissocier, ensuite.  

Il se choisit un "remplaçant", un mentor idéologique. Il se retourne vers des modèles en s'habillant comme eux, en parlant comme eux. L'esprit de bande avec un leader, dans le réel. Un esprit de clan, dans le virtuel. Sur Internet, cela se transformera dès lors en bocalisation des blogs.santé

Les blogs, on penserait qu'ils viendraient ajouter des bribes supplémentaires à l'histoire commune en passant par l'intimisme  et des idées personnelles. Et bien, non, ce n'est pas ce qui se passe en réalité. Les blogueurs sont tenté de jouer au journaliste. S'ils étaient chroniqueur local avec une vision apportée par sa propre expérience, ce ne serait pas une déviance. Mais c'est plutôt parler de tout avec très peu de connaissance du terrain.

Dans une société qui n'existe que pour les gagnants, il croira avoir raté sa vie dès le premier échec, la première remise à sa place. L'esprit d'équipe ne sera souvent qu'un leurre.

 

Puis, tout va de plus en plus vite. La perception du temps devient plus que suggestive, perdue et partagée entre métro, boulot et dodo. La liberté, le rêve, n'existent plus, dépassés par toujours plus d'obligations et de contraintes.

Pourtant,  chaque période a son lot de souvenirs, de bons moments et de périodes plus "indigestes" qui ont trouvé un coin plus désagréable dans le passé. Parties de notre histoire intime qui s'échappent de la mémoire.

 

Pourquoi cette honte à vouloir ressortir de vieilles histoires personnelles jaunies par le temps?

Ces moments de "grâces" ont pourtant une place de choix. Cela commence alors par ces mots...

- Tu te souviens de...

 

Paroles idiotes, magiques, parfois, histoires banales pour les autres, probablement.

Les souvenirs sont là pour fixer un cliché de notre présent. Ce seront des repères, des moments de vacances, des rencontres, des événements fortuits qui reviendront tel un déclic. Si les livres  enregistrent le côté officiel du passé, c'est bien naturel. Les anecdotes s'y ajoutent et n'ont pas moins d'intérêts. Ce serait croire au Père Noël que de penser devenir riche  seuelement en se rappelant des événements et de l'histoire des autres. Ils ne se retrouveront pas dans les questions d'un jeux tel que "Questions pour un champion", mais ils n'en auront pas moins une valeur intrinsèque. 

Qui tient encore un journal intime, aujourd'hui? C'est devenu ringard. L'ambiance ne s'y prête plus. Pour intéresser, chacun ne pense plus qu'à s'extraire de lui-même et répercuter l'information que tout le monde connaît par la presse officielle.

L'idéosphère reste dans l'ornière des chemins battus, sans s'enrichir des expériences multiples. Les idées évoluent sans cesse. Elles se propagent, se relayent, s'amplifient par la parole, les écrits et parfois par les actes ou s'endorment pour ne plus se réveiller. 

 

Facebook joue ce rôle de bouée de secours plus intimiste par son but social. Des photos personnelles y sont diffusées pour communiquer. Cela fait son succès. Les blogs en voulant jouer dans la cour des grands en oublie son âme de partage de l'information en rendant le temps de chacun et en restituant ses moments de plaisir et d'émotions du vécu. Parler tout haut de soi, c'est se confronter aux idées et expériences des autres. Le rêve peut ainsi refonctionner.

 

Motivé par le conformisme et l'égalisation de pensée, on a plutôt tendance de ne plus se battre pour être dans les premiers, mais pour ne pas descendre trop vite parmi les derniers dans une même défaite.

Mon nom est "personne", s'il reste maquillé derrière un pseudo, dans un anonymat de la peur. Un pseudonyme est utilisable s'il reste représentatif ou plus expressif qu'un nom propre.

Les "Réflexions du Miroir" que vous êtes en train de lire a ce souci et cet objectif de sortir le miroir de son tiroir. Elles n'en ont rien à cirer de rester dans l'actualité. Elles voudront s'en extraire le plus souvent. Exit les préjugés. Faisons fondre cette glace pour aller voir ce qui se cache sous l'iceberg.

La petite histoire est ce qui restera quand on aura tout oublié.

 

santéVous en voulez une anecdote banale pour tout le monde, mais mignonne pour moi?

Un jour, une collègue avait remarqué qu'elle manquait ses boucles  d'oreilles.

Elle téléphona à l'opératrice asiatique qui s'occupait alors de nos trois machines énormes avec laquelle nous dialoguions à courtes distances. Pas d'Internet, à cette époque, une simple connexion Ethernet.

- Dites, vous n'auriez pas trouvé mes boucles d'oreilles dans la salle machine?

- C'est sur le B, le C ou le D?, questionna l'opératrice qui ne se figurait même pas du concept de ce qu'on lui demandait. Habituée de répondre par la lettre alphabétique qui correspondait aux machines et à ses propres outils, elle continuait simplement son travail, un peu comme une automate automate.

Dans ce dialogue de sourds et de quiproquos, le jeu de question-réponse revint en boucle dans l'incompréhension, la plus totale.

Chacun restant dans son propre environnement, ses propres notes, sans essayer de comprendre la partition de l'autre.

Cette anecdote, une fois racontée, revint encore souvent dans les conversations par la suite, générant à chaque fois, les mêmes sourires. Elle s'éteignit ensuite en passant de la mémoire vivante à la mémoire morte, tout en restant disponible.

Cette historiette exprime ce que chacun vit dans son monde à lui. Elle a, aussi, une valeur d'hommage au passé révolu car la collègue, en question, a choisi de mettre fin à ses jours, il y a bientôt 10 ans. Elle avait, alors, 36 ans.

L'anecdote m'était revenue récemment. Elle n'avait pas pris une ride dans mon esprit.

 

Une vie est ce genre de collection de petits moments de tristesses, de plaisirs, d'explosions de rires exprimées avec humilité, sans fanfares ni trompettes.

 

Comme disait dans un de ses spectacles, Fred Pellerin, conteur québécois, "Il faut prendre le taureau par les contes".

 

Chacun a un jour de gloire pendant lequel il pourra se sentir comme un César avec son histoire et sa légende. 

 

C'est le week-end du patrimoine. Le thème en est "Les Grands Hommes".
Ces petites anecdotes anonymes font aussi partie du patrimoine de nos souvenirs.
 
Ce serait alors, comme le chantait Patrick Bruel dans "Place des Grands Hommes" qu'il commençait par un refrain qui dirait seulement:
 
On s'était dit rendez-vous dans dix ans
Même jour, même heure, mêmes pommes
On verra quand on aura trente ans
Sur les marches de la place des Grands Hommes

 
 
 

 

L'enfoiré,

 

 

Des Césars sur Agoravox?

 

 

 

Citations :

  • "Le Temps nous égare Le Temps nous étreint Le Temps nous est gare Le Temps nous est train.", Jacques Prévert
  • "Temps : ce que les hommes essayent toujours de tuer, mais qui finit par les tuer.", Herbert Spencer
  • "Je n'aime de l'histoire que les anecdotes", Prospère Mérimée

09/12/2009

Cause perdue dans l'éphémère

La foi en la jeunesse et son cortège de bienfaits par la fraicheur, l'esthétique, qui attirent le regard des autres. N'est-ce pas la recherche d'une maturité primaire  formatée par l'éphémère? Prêter une attention plus en rapport avec les réalités ne serait pas plus mal.

1.jpgL'émission "Vivement dimanche" de la fin de novembre dernier rassemblait les plus de quatre fois vingt ans sur le grand divan rouge.

Des paroles, des dictons caractéristiques sortaient, en cascade, lors de l'intervention de la première invitée, Line Renaud: "Qu'est-ce qu'elle est bien conservée pour son âge", "Tu as 80 ans, c'est fou. Tu ne les fait pas", "Avec la chirurgie esthétique, vous ne ferez pas plus vieille, mais vous ne ferez pas plus jeune.", "Il faut s'habiller avec des vêtement de son âge, mais pas avec les vêtements qui ont son âge", "Pour fêter ces octogénaires, les bougies sont devenues plus chères que le gâteau".

"Non, rien de rien, je ne regrette rien" rechantait Piaf pour l'occasion. De là où elle est, elle aurait probablement aimé en faire partie. Son co-auteur de cette chanson, Charles Dumont était présent. Une suite de "vieux de la vieille" que l'on garde au fond de sa mémoire et qui n'avaient, visiblement, pas envie de raccrocher. Charles Aznavour, présent, aussi, bissait sa présence, cette semaine, sur le même divan. Mais, c'est vrai, j'oubliais, beaucoup n'aiment pas l'émission. Elle chatouille et Drucker présente trop d'allures de croulant. Il pompe l'air de ceux qui attendent dans le couloir. Il est trop cool, trop "à la botte des gens de la haute", il n'aime pas les mauvais coups, trop consensuel... Il a obtenu le "Gérard de l'animateur tête à claques de la télévision 2009", prix potache et irrévérencieux décerné par une trentaine de journaliste.  Il y a les "Trucs à Drucker," comme je l'avais écrit lors de sa visite à Bruxelles, Le souvenir de ce jour avec Madame "On ne vous dit pas tout" n'était pas loin de ce qui va suivre dans ce billet. Quoique... à y réfléchir.

Il faut avouer qu'on ne fait pas couramment long feu sur le média télévision. Du service public au privé, ce n'est pas moins clair.

Troublant, pourtant, qu'il continue à faire une audience familiale aussi importante. Un autre cas, Philippe Bouvard avait été rappelé après une courte pause.

Cause perdue dans l'éphémère_Jeunef.jpgDéjà, en 2007, "Qui a peur des 'vieux'?" s'insurgeait le philosophe, médiologue, Regis Debray. Dans un coup de gueule, il dénonçait la dictature de la jeunesse qui se gavait de l'image et de la forme qui prennait la place du fond des choses. Il proposait d' "Organiser des années "mémé. Proclamer le droit d'être moche (comme Socrate l'était), poussif, vulnérable, précaire et balbutiant".

Des économistes se rendaient compte et disaient "Si l'on traite la question « vieux » comme un dossier parmi d'autres en termes utilitaires de rationalisation des coûts, sans changer notre regard sur la vie et sur la mort, on aboutit à l'infamie, à l'idée que le vieux est simplement antiéconomique. Pis, il serait antisocial, puisque notre société a pour valeurs suprêmes l'image, le corps, la vitesse, la performance.".

"En 2015, les plus de 50 ans représenteront plus de la moitié de notre population. En 2020, les plus de 60 ans seront plus nombreux en France que les moins de 20 ans.", était-il rappelé.

La crise est venue contrecarrer ces réflexions rationnelles. Les plans de pré-pensions pleuvent quand les affaires ne vont pas bien. Alors quand on met la clé sous le paillasson, en plus... En cette période d'incertitudes, la rentabilité à bas prix passe à la vitesse supérieure. Le business suit la demande.

Quel est le but à atteindre? Produire au meilleur coût. Alors, le principe à transmettre est: il faut rester "agile" et oublier le "fragile". Le processus de rationalisation des âges de séniors bien affirmés n'est pourtant pas uniformisé. Les décideurs s'accrochent alors qu'ils dénoncent le processus.

Le poids des années écrase. C'était vrai, hier, ce l'est moins aujourd'hui.

A voir la pub, pourtant, ce qu'on a appelé jeunisme, a pris, encore plus, des allures de croisière. La jeunesse donne des ailes. En plus, en période de crise, les "vieux", ces "dino", sont devenus trop chers. A la réception des entreprises, ce n'est plus un sourire affable qui attire mais le camouflage du fard.

20080822Dalai Lama Sarkozy.jpgDu coup, il faut se grimer en jeunes, camoufler les rides, remonter les seins, amincir un ventre ou les fesses, rectifier les nez trop disgracieux comme si cela arrangerait les affaires. Mais, en parallèle, il en résulte une  consommation débridante de cosmétiques et de produits de beauté de toutes sortes comme lot en réponse à la recherche de la séduction et de la place enviée dans la société. Beaucoup d'espèces sonnantes et trébuchantes tournent autour de la recherche de la beauté à tout prix. Les entreprises qui ont le fond de commerce des cosmétiques, ne connaissent pas la crise vu le nombre de magasin. Encore une histoire de l'œuf et de la poule.

"La chirurgie esthétique, une mode?", s'interrogeait un autre auteur. A mon avis, cela dépasse le cadre d'un temps, d'un espace ou en relation directe avec la situation de fortune de son utilisateur. La beauté, c'est comme la santé, ça n'a pas de prix. Effet de mode perpétuelle, oui, pour suivre une volonté d'appartenir à l'époque de ses contemporains mais dans un "clan jeune", « people » à souhait. Qu'on ne vienne pas me dire ce que je n'ai pas dit. La chirurgie esthétique réparatrice fait des miracles dans beaucoup de cas et a son ticket de merveilles dans le modernisme. A l'heure où j'écris ces lignes, je lis "Succès d'une nouvelle greffe de visage révolutionnaire".20091215Berlusconi chirurgie.jpg

Les philosophes interrogés sur la préférence entre un vie de 90 ans ou trois vies de trente ans, ils préfèreraient la deuxième version. Mais ce n'est que de la fiction du rêve. On en arrive à avoir peur de vieillir. Partager la vieillesse avec la jeunesse, est-ce un rêve insensé ou un cauchemar par la seule vue d'une comparaison de surface?

Il ne faut pas nécessairement rechercher les nouveaux adeptes de l'hédonisme parmi les populations les plus riches du globe. On pourrait même affirmer que les pays en pleine ascension dans la hiérarchie des régions en voie de développement arrivent dans le peloton de tête des Etats qui veulent faire ressortir l'esthétique de ses habitants. J'en ai déjà touché un mot dans "Que t'es beau", article qui relevait la situation des Brésiliennes qui s'adonnaient à cette course effrénée pour paraitre au mieux grâce au culte du corps et aux produits qui doivent par définition ajouter un vernis du meilleur effet dans l'hyperréalisme. Dans ces vœux d'identification, l'homme ne demeure pas en reste avec le culturisme, dans un faux rapprochement avec l'esprit du sport et dans un vrai besoin d'augmenter le degré de séduction. Adonis ou Apollon ne se conjugue indifféremment au masculin et au féminin. La course aux alouettes peut donc commencer ou continuer, rehaussée par une pub du meilleur aloi, du style "Puisque vous le valez bien".1.jpg

C'est vrai, se sentir mieux dans sa peau après une intervention chirurgicale peut changer l'humeur et donner confiance en soi pour adresser les problèmes de la vie. Si c'est pour séduire, d'accord, mais, pas pour seulement pouvoir exister.

De toutes manières, une "belle carrosserie" n'assure pas qu'il y ait, en dessous, un "moteur" qui tienne la route. N'est vieux que ceux qui le veulent bien, se défendent ceux qui ont quelques heures de vol et qui se sentent encore la vigueur d'un jeune.

Vu l'espérance de vie qui s'allonge, la période des "soucis pour faire semblant" ne va faire que s'allonger. On s'y prépare à suivre la publicité, de plus en plus jeune et on poursuit avec acharnement des artifices de plus en plus sophistiqués. Pas d'échange standard à espérer, à part, certaines "pièces" de l'équipage.

La pièce de théâtre, "Et si c'était à refaire", démontrait, par les excès, toutes les vicissitudes du processus.

Ce travail en profondeur va se poursuivre, jusqu'à la désespérance, pour vous sortir du côté "terne" d’une vie qui décroche des réalités de la vie. "Rester dans le coup", le problème majeur de nos sociétés. Continuer à être vu ou à simplement "être" se veut la préoccupation au travers d'artifices de beauté et de calcul. La petite ride, le faux pli sous un regard de braise ne font pas bon ménage devant ce miroir qui ne pardonne rien. L'eau de jouvence, dans la pharmacie, au dessus de l'évier, va avoir beaucoup de travail et entamer une lutte perdue d'avance dans la volonté de ressembler à la photo du magazine. On jouait du "bling-bling". Ca a plu à certains, déplu à beaucoup d'autres.

20090505Berlusconi et Veronica.jpgLes tops modèles, les "canons" bien connus n'auront de cesse de réveiller ces obsessions de l'absolutisme en "absurdie". Même, elles évoluent et devront sortir de la maigreur anorexique, vendue à renfort d'erreurs de jugements pour séparer ce qui était réellement nécessaire du superflu. Assumer la dégradation finale est du domaine de l'impossible. Pour suivre François de Malherbe, les roses n'auraient-elles pas une autre opportunité que d'arriver à occuper un terrain plus longtemps que l'espace d'un matin? Les flétrissures se ressentent comme un drame dont la chute envoie la victime dans la déprime la plus amère, dans un rôle de laissé-pour-compte. Le raisonnement, la bonne parole de l'entourage ne font qu'apporter une confirmation à ce statut et en ajoute encore au trouble. Les cosmétiques n'auront malheureusement qu'un rôle très sporadique au sujet de leur efficacité. La déchéance irréversible aura fait son œuvre.

Horreur et putréfaction? Pas de panique.

La pub "cosmétique", elle, n'a de cesse de présenter la situation de "l'après" sous le meilleur jour après un regard vers "un avant" qui n'a pas été d'office réjouissant. Des moyens d'effacer les affres du temps, pour palier à cette vie éphémère, par le seul pouvoir de la solution radicale de l'apparence? Miroir aux alouettes.

Une parenthèse: le tatouage qui ne se retrouvait que dans des peuplades habituellement qualifiées de "primitives", s'est vu redorer d'une nouvelle jeunesse. Je n'engage que moi, mais le mot "redoré" est loin de correspondre aux dorures que l'on est en droit d'espérer dans une opération d'embellissement. L'homme veut assumer sa virilité, la femme remettre une couche de séduction. On ne s'assume plus, on se rassure même en faisant renaître le passé. Ce doit être mes lunettes qui ne sont plus adaptées à la modernité. Effacer l'éphémère par cette intermédiaire, jamais. Mais je ferme cette parenthèse en assumant une opinion personnelle sur mon appréciation partiale du "beau".

1.jpgLes mannequins d'antan prennent de l'âge comme les autres. Depuis un certain temps, l'image des séniors perce l'ombre. La cote de ces "petits vieux" grimpe même aux yeux des publicitaires. Les top-modèles de 50 ans et plus prennent place sur les podiums. Peut-être faudra-t-il penser, un jour, à une autre émission qui s'appellerait "Quand les vieux s'en mêlent", comme il en existe pour les jeunes.

L'éphémère est par définition un clin d'œil du temps qui passe. Savoir que tout change, tout passe, tout lasse, et qu'en définitive tout s'adapte à une nouvelle chance du destin est une sagesse qui aidera à comprendre sans peur ni énervement. Pas de besoin d'une guerre entre générations. Un pacte des générations ne suffirait pas non plus. On parle de carte-jeune. La carte S a trouvé son nouveau plancher à 55 ans et plus. A partir de quel âge, faudra-il , demain,sortir son passeport de "vieux"? 50 ou moins.? Le Nouvel Obs écrivait que "tout est possible à 50 ans" en donnant tout les ingrédients de la réussite pré-formatée par des croisades hydratantes, de la vogue des injections, de l'ode aux légumes, de l'exercice quotidien et des vertus du lien. Mais, il ajoutait "il faut à chaque époque se conformer aux stéréotypes en vigueur". Et bien, non... soyons nous mêmes, sans honte et sans reproches. Le magazine remettait le couvert plus tard en parlant des "nouvelles règles du jeu de la retraite" pour assurer les vieux jours des générations futures. L'hypocrisie du départ à 70 ans était soulevée. Le rappel des clés d'une retraite pour les nuls et des idées pour sauver le "système" terminaient. l'article Dès la page suivante, Sharon Stone, rajeunie comme première page d'un autre magazine, apparaissait avec la retouche photo dans le viseur. Êtes-vous sûr qu'on parlait de la même chose?

Certains magazines s'en sont fait une spécialité de découvrir l'autre partie de la vie à sa "juste" valeur. Le salon à Bruxelles, curieusement appelé, Zenith, ne désemplit pas. Le magazine Plus, lui, s'intéressait, récemment, à des méthodes pour refaire sa vie et la réussir après une rupture. Une psychologue qui rappellerait Menie Grégoire rappelait des principes de raisons, tel que "pas de nouvelle relation par dépit", "du temps", "prendre des distances avec le passé", "ne pas faire de comparaison", "éviter les sujets qui fâchent"...

Plus facile dit que fait. Il reste toujours les références, les liens avec l'expérience et le passé, cela même si j'ai pu constater quelques récidives légèrement plus suspectes. Toujours, beaucoup de publicités, pour enrober le tout. La peau qui retrouve un incroyable confort, de la beauté, grâce à qui vous savez.

1.jpgIl existe pourtant une autre beauté. La beauté est intérieure, disait quelqu'un. Celle-là, il n'y a pas de chirurgien pour la changer. Cela, même si l'âge peut aigrir les caractères à force de mauvais coups d'une vie chahutée.

La clairvoyance raisonnée devrait prendre le relais et enrayer un processus inéluctable et naturel du temps qui passe. Briser la glace inter-générationnelle est bien plus importante.

Rester "in", oui, mais pas à n'importe quel pris. Pouvoir s'identifier à des modèles un peu moins neufs ou d'un autre âge reste la règle de la prudence. Ce ne seront plus, uniquement, les antirides, mais, plutôt, "vive le charisme", vive l'humour, car, dans ce milieu, on n'a rien plus à perdre.

La seule précaution à prendre: ne pas prendre exemple des "bobonnes".

Cela fera toujours rire le "Tu te laisses aller" en version masculine", en version féminine ou en version commune.

Le tout, c'est de se supporter et de se faire supporter.1.jpg

La philosophie du salut, disent les philosophes. Amusant. Salut de qui et pour qui? Le consensus deviendra de plus en plus la règle pour vivre ensemble dans un monde en expansion d'idées et d'idéologie. Plus de pensée unique. Plus rien à imposer des deux côtés de la barre des âges, non plus.

Et, si on chantait ensemble? "Si tu t'imagine",

Sexagénaire, dont je suis, ou sexe à générer? Rien à cirer, si cela marche ou non. Du moment, que l'on se sent bien dans sa peau. Une vie, c'est long et court à la fois. Beaucoup d'histoires à raconter dans la boîte à malices des souvenirs. Un véritable réservoir pour le futur. Les uns avec la nouveauté, les autres avec l'expérience dans les bagages.

La médecine et tout ce qui l'entoure, ont prolongé la vie. Il ne faudrait pas la gâcher à la recherche d'une impossible étoile, avec ce jeunisme qui est une véritable arnaque aux réalités de la vie. L'homme a toujours cherché à se "truquer" lui-même, avant de le faire à la vue des autres.

Ce ne sera toujours qu'un MMS de plus dans le temps. Le Matin, Midi et Soir qui devient Mardi, Mercredi et Samedi avant de continuer par Mars, Mai et Septembre. Jean Piat après la pièce "L'âge en question" de François Dorin, joue, actuellement, une pièce avec le même sujet "Vous avez quel âge?".

Oui, Papy, continue de boomer, écrivais-je.

Avec l'âge, les raideurs se déplacent, dirait l'observateur de l'intime.

20071024Dopping.jpgPas plus tard que dimanche, une connaissance s'étonnait de notre politique "à la belge". Aller chercher les sages de derrière les fagots, comme je l'expliquais dans le billet précédent. Cela pourrait sembler, à première vue, comme un retour aux sources très peu progressiste. La dichotomie du monde divisé entre conservateurs et progressistes, n'est pas aussi franche que cela. Vaut mieux savoir et s'en rappeler.

Pour la forme, allons nager ensemble, par exemple. Au moins, en nageant, en suivant le bon vieux principe d'Archimède, on en oublie jusqu'à son poids.

Comme tout se termine par des chansons,  je laisserai les derniers mots d'humilité de la chanson, à Charles Aznavour qui résume tout:

"Le temps des uns, le temps des autres, le tien, le mien, celui que l'on veut nôtre". Cause perdue dans l'éphémère .gif

En attendant, pensez à aller voir "Et pas une ride" de Michèle Bernier. On ne voit plus le temps avec le même soucis.


L'enfoiré,

 

Sur Agoravox,des commentaires jeunes et vieux?


Citations:

  • "Beauté grecque : femme laide portant une amphore", Raymond Radiguet

  • "Les roses ne sont pas à plaindre... Au moins, elles ne savent pas, elles, qu'elles se faneront", Genri Duvernois

  • "Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère", Arthur Rimbaux

  • "Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l'âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps", Victor Hugo

20/01/2007

Pas de mal à se faire du bien?

Cette phrase souvent plus prononcée entre gens nantis est-elle toujours de rigueur? Pas si sûr en y regardant de plus près. Iconoclaste, j'ai envie de l'être dans ce billet... enfin, l'espace d'un instant et donc pas vraiment.

santé,commerceL'argent et le pouvoir ont toujours donné des ailes à ceux qui en jouissent. Mais l'engrenage de la vie d'aujourd'hui ne leur donne pas toujours l'opportunité de comprendre qu'ils font partie des "Mouvements perpétuels". Ainsi, l'argent peut parfois mettre en opposition le potentiel d'assouvir son plaisir et ... son futur.

D'accord....mais, encore...j'ai pas tout compris...

Le réflexe irréfléchi n'est plus de mise.

Ok... pour le réflexe....mais...

Il ne s'agit pas d'une attitude dictée par un remords ou un souci soudain d'équité qui prend en compte la pauvreté d'une part importante des terriens. Non, cette fois, nous sommes tous embarqués dans la galère de Dame Nature dont il faut protéger les dons, si l'on veut se voir qualifier par elle : Hôtes de "toujours".

Là, je sens que je vais gâcher ma journée...

Si la finitude du monde n'est pas pour demain, le manque de possibilités de continuer à vivre dans l'insouciance n'est pas si loin. Les générations après nous, auront moins de chances et devront ronger leur frein en ruminant notre imprévoyance.

L'industrialisation des 19ème et 20ème siècles ont donné l'impression que tout était permis et possible. Et, ça à marché, c'est sûr. Des fortunes se sont construites sur ce principe, légitime à première vue. Une classe moyenne de plus en plus nombreuse a vu le jour donnant accès aux jouissances les plus inattendues en créant de nouveaux besoins dans la course vers un bonheur matériel. Malheureusement, cela devenait de plus en plus en consommateur de richesses non renouvelables. Tout et tout de suite. De génération en génération, le flambeau de la consommation se passait, les petits derniers toujours de plus en plus choyés, de plus en plus innocents dans la provenance de leur plaisir. Le jeu de dupe qui consistait à faire croire qu'il n'y a pas de fin aux excès, est en train de duper son concepteur.

Croire, ce n'est pas savoir, d'après moi, du moins...

Oiseau de mauvais augure? Non, car il y a moyen de prendre son pied sans en laisser son empreinte irréversible. Ces derniers temps, l'écologie a le vent en poupe dans beaucoup de pays. Le point de non retour qui demanderait un revirement, se ressent de plus en plus et le message des scientifiques avisés est enfin passé dans l'opinion publique.

Ouf, on est sauvé, donc... que dit l'Oracle de Delphes?

Des exemples de cet état d'esprit insouciant persistent. Pour suivre la pub dans son idée d'absolu, se résumerait-il à posséder la voiture la plus "in", la plus rapide, la plus dans le vent, la plus.... et une deuxième encore plus sensas... finir par une collection? La jouissance aurait-elle perdu cette simple idée de vouloir se déplacer d'un point à un autre comme seul "outil" de la pratique? Prendre sa voiture pour n'importe quel déplacement de proximité devient un "gâche plaisir" pour le futur. La promenade, le vélo et le caddy devraient encore avoir de beaux jours devant eux. Pour suivre une mode basée sur des rallyes annuels, certains se sont lancés en conquérants de chemins qu'ils n'emprunteront jamais et achètent des 4x4, des bolides aux roues de taille vengeresse. On a simplement oublié que seule la fonction génère l'obligation d'achat et non pas le besoin de posséder.

Là, je vous suis. Désolé, j'ai eu l'intention de changer de crèmerie, l'espace d'un instant... pour un instant seulement..

Le bonheur n'est-il pas de posséder "mieux" plutôt que "plus"? La raison d'existence de la pub est susciter à tout prix, avec un message toujours le plus attractif possible, le désir de changer, d'adapter, de tenter d'améliorer, de gadgétiser l'objet qui nous satisfait pourtant déjà depuis longtemps, mais qui a perdu l'attrait de la nouveauté.

Les gadgets, je l'ai toujours dit, ce sont des gags et des jets...

Les matières premières, le pétrole en porte drapeau surtout après la sonnette d'alarme d'Eric Laurent dans "La face cachée du pétrole" sont des valeurs qui se trouvent dans le sol de notre planète et elles sont définitivement limitées.

Et si on cherchait d'aller ailleurs? Comme dit la pub de Mars, un coup de barre et ça repart.

En tant que contribuable, économiser l'énergie fait, d'ailleurs, économiser sur les impôts. L'Etat belge, comme d'autres, a décidé de promouvoir l'utilisation rationnelle de l'énergie. Un avantage fiscal de 40% est à la clé des investissements effectués dans le logis du particulier pour servir cet objectif. Une chaudière remplacée, le chauffage par l'énergie solaire, double vitrage... A vos déclarations!

Nos pays ont pris des habitudes d'un certain luxe. C'est incontestable à certains niveaux. Dans celles-ci, on peut compter celles de jeter un peu sans réfléchir des objets de consommation, avec parmi eux, le fameux "cendrier plein", de l'obligation de remplacement d'un fusible ou plus simplement par manque de "modernisme". Alors, car cela va plus vite et ne nécessite aucun effort d'imagination, on envoie, sans aucune forme de procès, à la décharge publique.

In-con-testables...

Un autre domaine insidieux par sa facilité, celui des piles. Cette énergie en conserve, prête à l'usage quand nos appareils commencent à monter des signes de faiblesse, est aussi une source de pollution non négligeable. Elles nécessitent jusqu'à 50 fois plus d'énergie qu'elle n'en fournira jamais et 100 fois plus chère que par le secteur. C'est aussi une véritable bombinette à retardement. Si la récupération des piles usagées existe, cela ne nous fait pas échapper à toutes les nuisances environnementales. Utiliser des piles rechargeables est évidemment un moyen de ralentir le phénomène de polution.

Non, on va pas s'empiler....

Nous arrivons d'après les scientifiques à la moitié de l'âge de la Terre. Encore 4 milliards d'années devant elle. Pas de soucis pour elle, donc. Est-ce que ce sera avec nous ou sans nous, les hommes? Les dinosaures ne se sont jamais posé la question. Nos capacités intellectuelles, elles, le peuvent. Alors...

Un fameux Mathusalem, cette Terre... mais je ne m'appelle pas Mathusalem, donc je me contente de vivre au présent...

Et pour conclure, voici un "plagiat synthétique" de ce que Paul Herman ( RTBF ) a écrit ce 19 janvier :

"Si vous avez aimé les livres de Jack London, de Blaise Cendrars ou de Traven, j'ai bien peur qu'il vous faille réviser vos classiques : l'or n'est plus ce qu'il était. Les orpailleurs aujourd'hui travaillent au cyanure. Les prospecteurs désormais ne fouillent plus les rivières, ils les assèchent ou les assassinent. Ainsi au Chili où une mine à ciel ouvert va s'installer, ces jours-ci, en pleine Cordillère des Andes, à 4000 mètres d'altitude, dans un endroit préservé, parsemé de glaciers dont les eaux désaltèrent la vallée et abreuvent les cultures. Ces glaciers là - sous lesquels se cache la meilleure part du gisement-, le promoteur ne peut pas les exploiter. Pas de problème, dirent les ingénieurs, il suffit d'en découper des morceaux et de les amener par camion vers un autre glacier avec lequel ils finiront bien par s'entendre. A quoi l'on voit que l'imagination humaine est sans borne et que si la foi déplace des montagnes, le profit peut chambouler des glaciers. Bon, je vous le dis, ça ne se fera pas. Quelqu'un de bon sens au gouvernement a interdit cela. Mais quelqu'un d'autre, tout aussi judicieux, a indiqué que, de toute manière, les poussières dûes aux explosions allaient recouvrir les névés et qu'un glacier sale, eh bien, ça fond. Il y a donc du travail pour 20 ans là, mais dans 20 ans, il n'y aura plus de travail, plus d'or, plus de glacier et plus d'eau non plus.santé,commerce

Une autre histoire : Le petit village de Rosia Montana, dans les Monts Apuseni, une merveille, en Roumanie, est censé accueillir un autre projet minier, le plus grand d'Europe, quelque chose de pharaonique dont Ceausescu lui-même aurait pu rêver. On va y aplanir des montagnes, creuser un lac artificiel, déplacer des églises, détruire des villages, retourner des cimetières...Or, Rosia Montana connaît l'or depuis la nuit des temps. C'est un site archéologique et un lieu de culture. Et on va laver tout cela dans du cyanure. Le promoteur s'attend à récolter trois cents tonnes d'or et les écologistes des kilos de problèmes. L'Europe avait fait de l'abandon de ce projet l'une des conditions de l'adhésion de la Roumanie. Finalement, c'est l'abandon qui a été abandonné.

Abandonnons, abandonnons, il n'en restera bientôt plus rien."

Je ne pourrais mieux conclure....


L'enfoiré,

 

Citations:.

  • "Il est bon de noter combien la charge affective des mots : bien-être, joie, plaisir est différente. Le bien-être est acceptable, la joie est noble, le plaisir est suspect.", Henri Laborit
  • "La nature à chaque instant s'occupe de votre bien-être. Elle n'a pas d'autre fin. Ne lui résistez pas.", Henry David Thoreau
  • "La vie moderne, cette immense fabrique de bien-être, cette immense machine à aller vite.", Charles Plisnier
  • "« Le présent est indéfini, le futur n’a de réalité qu’en tant qu’espoir présent, le passé n’a de réalité qu’en tant que souvenir présent. », Jorge Luis Borges