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27/10/2007
Séquoia sait quoi y a
Ce n’est qu’un arbre qui aura mes réflexions aujourd’hui. Un arbre, oui, mais quel arbre? Il impressionne à qui veut s’en rappeler par sa grandeur et sa longévité : le séquoia. Qu’a-t-il pu voir pendant sa longue existence ? Il en aurait des histoires à raconter.
Que d’histoires ont défilé devant son tronc et ses branches ! Petites et grandes histoires d’un espace temps millénaire.
« Conifères de l’ancienne famille des Taxodiacées englobée dans les Cupressacées et au genre Sequoia » nous renseigne Wikipedia. Cette fois, je me polariserai sur le Séquoia géant (Sequoiadendron giganteum). Wellingtonia, surnommé. Mais, rendons à César, pardon aux indiens, ce qui appartient aux indiens : son nom vient du chef indien See-Quauah ou Sequoyah, inventeur de l’alphabet cherokee (1770-1843). Dépassant parfois les cent mètres de haut et 25 mètres de circonférence, ce n’est pas sur son aspect physique que je vais rêvasser au cours de cette promenade jogging sous la brume. Quaternaire, il est déjà présent sur terre depuis 200 millions d'années.
Son témoignage m’intéresserait. Impassible, il contemple de toute sa hauteur la vie de ses contemporains de multiples époques. Pour lui, les vies des hommes se succèdent à son chevet à la vitesse, toutes échelles confondues, de l’accéléré.
Près de chez moi, il existe le parc du château de la Hulpe qui a le bonheur de rassembler des spécimens de haute et belle allure. Ce ne sont pas les plus grands ni les plus anciens, bien sûr. Ceux-là sont ailleurs sur leur lieu d'origine en Califormie.
Derrière leur carapace spongieuse, ils ne craignent rien. Invulnérables contre le temps.
Vu la largeur de ses racines et l’épaisseur de son tronc, le vent ne peut les ébranler. Le feu, ils adorent. Ce dernier est son allier. Il en rajeunit. Par lui, ils éliminent, dirait une pub célèbre.
L’homme qui ne comprend pas tout de suite, voulait dans le passé circonscrire les incendies pour les protéger. Par cette initiative, il domptait une fois de plus la nature à sa propre perception. Sans s’en rendre compte, il appauvrissait du même coup l’existence de ce « sénateur ». En effet, l’épaisseur de leur manteau spongieux de l’écorce les met à l’abri de toutes blessures profondes tout en éliminant les branchages trop vétustes.
En 1993, j’ai eu la chance de visiter le Sequoia Park en Californie. Là bas, on passe allègrement au milieu du tronc d'un des arbres avec une charrette. Fier comme Artaban, il ne se préoccupe pas de servir de pont du sentier. Le "General Sherman" avec 84 m de haut, 31,27 m de circonférence, diamètre au sol de 11 m et 1487 m3 de tronc, fait office de patriarche. Son âge est estimé à 2200 ans. Toujours bien droit, le séquoia a tendance après une seule vie d'homme a prendre de l'embonpoint à sa base. Son exploitation forestière s'est heureusement arrêtée en 1890 par Hale Tharp dans un esprit écologique en désignant le parc comme naturel et protégé.
Il compte les anniversaires des saisons en se foutant de ceux de l’homme. Quand on vieillit à ce point, il vaut mieux ne plus compter. Cela donnerait le vertige.
Mille ans, pour certains arbres, une demi-vie, cinquante générations pour l’homme qui perpétue vaille que vaille son espèce au gré de ses fantaisies. Il faut compter sept fois plus pour son animal préféré qui l’accompagne fidèlement au bout de sa laisse.
Echelles de temps désynchronisées. Pas de demi-mesure chez lui, on est là pour longtemps. Et on vit apparemment très bien. On grimpe imperceptiblement. Sans soucis, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes, comme dirait Brassens.
- "Je ne perds pas mes cheveux vert, moi, au moins", pourrait-on entendre dans son "langage d'arbre".
Si vous en avez un près de chez vous, tentez de lui imprimer vos sentiments vindicatifs, méthode « putching ball ».
Frappez, frappez fort, encore plus. Vous comprendrez que la fatigue vous renverra à vos chères études et moi, à l’écriture de cet article.
Dans celui de « Forêt de Soignes, forêt soignée », j’avais déjà évoqué et survolé les étapes du temps sur la forêt. Question âge, le séquoia géant dépasse tous ses compagnons de solitude.
Chez les feuillus, il n’est pas le seul dans le monde, mais en général, les autres « Mathusalem » sont plus endémiques. Le dragonnier des Canaries (Tenerife), monument national, a besoin de certains renforts dans sa structure pour continuer à vivre avec force. Les oliviers sont aussi avancés en sénilité mais ne vivent que dans les régions ensoleillées. Le baobab, son challenger, question grosseur, est loin d'avoir sa taille.
En y réfléchissant, le séquoia que j'ai devant moi, a peut-être le même âge que ma ville, Bruxelles.
C’est dire qu’il a subit de la haut quelques bouleversements sur le parcourt de différents concitoyens d'âges multiples. Stoïque, il résiste comme toujours, par habitude. Il a continué à se protéger à l’abri sous une mousse bienveillante. Que devrait-il se dire en nous voyant défiler, nous, ces minuscules êtres qui sapent sa vieille terre? Que cela commence à bien faire, peut-être?
- "Passe ton chemin, humain. Je suis conifère et toi, je t'observe depuis longtemps faire des conneries", soufflerait-il, interprété par le vent.
Près du château de la Hulpe, entretemps, un mariage a lieu chez les humains sous la haute protection bienveillante de l'un d'entre eux.
En revenant, dans ma voiture, coïncidence, voilà que j’entends, dans un rythme entraînant, une chanson de l’humain qui s'imagine en millier d’années « En l’année 2005 de notre ère ».
Ensuite, la chanson continue...3005, 4005… 9005. Mais, seront-nous encore là, osait conclure la chanson?
« Ave Sequoiadendron giganteum, morituri te salutant. »
L'Enfoiré,
Un lien super sur le sujet communiqué chez Le Panda
Citations :
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« Ce que vous appelez la couche végétale de ce globe, c'est mille et mille linceuls superposés l'un sur l'autre par les générations. », Claude Tillier
-
« Nous sommes des aveugles-nés en face de l'insondable inconnu qui nous enveloppe ; mille et mille questions surgissent sans réponse possible. », Jean Henri Fabre
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« Le silence est comme l'ébauche de mille métamorphoses. », Yves Bonnefoy
09:25 Publié dans Belgique, Histoire, Nature et Ecologie, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nature, ecologie
19/10/2007
Le scoop pour le scoop
Dans notre monde actuel de recherche d'information, la tendance n'est plus d'apporter l'information judicieuse et incontestable dans les temps mais bien avant celle que fournirait le concurrent.
Arracher la nouvelle avant les autres à tout prix. Le but principal est de chercher «le scoop», l'information qui fera vendre et saliver.
L' "event" récent dans la politique française, tout le monde en parle du sommet de la hiérarchie à l'homme de la rue. Les antis vont roucouler et appuyer sur l'accélérateur. Les pros vont enfoncer le frein avec véhémence. Je n'y ajouerai rien. Mais, prenons plus de recul.
Il y a d'abord ceux qui en vivent. Les paparazzis, les "fans de scoops" sont à l'affût du moindre agissement de la vedette, des "people" qu'ils sont appelé à suivre 24 h sur 24, l'appareil photo et le canon télé 1000mm, dernier cri, prêt à crépiter en ne s'inquiétant pas trop de la vie privée de la 'victime' consentante ou non. Les membres du showbiz sont souvent partagés entre le besoin de se faire connaître, donc d'être pourchassé, et le besoin de retrouver l'intimité de la vie privée. Ce métier de filature, de planque est un jeu de chat et de la souris n'est pas nécessairement fautif. S'il y a de la demande, il y aura de l'offre. La demande voyeuriste existe et fait vendre. Il faut donc la satisfaire. Images scabreuses, scandaleuses sont les préférées. Les couples qui se déchirent, la tarte à la crème. La vie privée et publique se rencontrent sans frontière. La presse people en tête est la première à collectionner les procès pour dommages et intérêts pour délit de transgression de la vie privée. Blâmé après la mort de Diana, depuis 5 ans, le job de paparazzi s'est amplifié. L'industrie de l'image volée a redémarré coïncidant avec l'arrivée de nouveaux magazines dit "people", de sites Internet et d'émissions télé consacrées au "star system" (dixit le directeur de l'agence X17 à Los Angeles.
De fausses "paparazades", peut-être un peu trompeuses, mettront aussi le client, le chasseur et sa cible de commun accord. Même rendement pour chacun des acteurs dans la bonne humeur, cette fois.
Le livre du journaliste Jean-Paul Champagne "La mafia des people" parle sans langue de bois et avec humour d'une source de revenus moins transparente en provenance des relations que les stars entretiennent avec la presse à scandale ou non. Une crainte perpétuelle taraude l'esprit du people: "on ne parle plus de lui". Disparaître des plateaux de télé et c'est la malédiction qui s'abat en sanction. Pour se faire, "vendre" un morceau de sa propre existence dorée et privée ne fait pas de mal à l'intéressé. Donner l'impression du bonheur intéresse toujours celui qui rêve et ne jouit pas de largesses évidentes. Ces "mirages aux alouettes" qui sont ils, toujours friands d'événements croustillants?
Quand il faut aller vite pour sortir le papier, rechercher la confirmation demande du temps, le risque est donc grand de publier une information erronée ou "mal adaptée". Alors, ça barde encore plus.
Les médias, ensuite seraient-ils finalement le seul pouvoir irresponsable, celui qui à l’inverse de tous les autres n’aurait de compte à rendre à personne, celui qui, au-dessus de tous les autres, s'autoproclamerait légitime en échappant aux règles de base de la vie collective en démocratie ? On pourait se poser la question. On ne répare jamais les torts causés par les dérives aux causes multiples dont la concurrence et la pression du marché ne sont pas des moindres. Nous ne sommes pas timides, mais nous continuons à nous soigner.
Entre temps, ça passe ou ça casse. Si c'est faux, on perd quelques lecteurs trop pointilleux, c'est tout. On se fait tout petit ensuite pour ne pas être reconnu comme l'auteur de la fausse nouvelle. La liberté de cacher ses sources est une bonne sécurité vis-à-vis d'un pouvoir, mais une mauvaise chose quand il s'agit de protéger ses propres erreurs. Les consommateurs, ces médiatisés aiment fantasmer. Modérer cette envie est peut-être difficile.
Le consommateur a ce qu'il mérite. Il désire rester "in" dans l'actualité et mieux encore avant les autres. Cette actualité est offerte en pâture aux consommateurs qui ne veulent pas entendre parler d'un quelconque suivi. Cela doit rester dans le "chaud de l'action" et disparaître ensuite. Les "plats froids" de l'actualité qui ont "glissé", n'ont plus la cote. Personne n'en a rien à cirer des suites d'une affaire entendue un jour lors d'un "snapshot" (un instantanné). L'oubli est bien vite là avec le "sanpshot" suivant. L'effet de recul demande un raisonnement plus coûteux, plus personnel.
Les journaux citoyens pourraient entrer dans la brèche. C'est leur rôle de réveiller les consciences et la réflexion. Que constate-t-on? Nenni. La contagion de la presse officielle a été jusque là. On se gargarise avec les mêmes produits. L'affaire Agoravox dont j'avais fait écho avec d'autres n'est qu'un exemple.
Des blogeurs-rédacteurs se lancent parfois dans des théories plus ou moins fumeuses. Faut-il y crier haro sur ce phénomène? Pas vraiment. Internet sur lequel se réfugie ces blogs est un nouveau média qu'il faudra toujours prendre avec précaution. De nouvelles thèses citoyennes, pourtant, sans l'aval de ses pairs, ont pourtant une chance de faire découvrir une autre vérité ou solution basée toujours sur la réflexion. Ces "blogs journaux" qu'Agoravox offre avec délectation et prestige, s'impose aussi des règles éditoriales "scotchées" à l'actualité comme l'ombre de l'information fournie par les journalistes.
La fraîcheur, c'est bien. Le durcissement des affaires captées au vol l'est aussi, sinon plus. Il constitue la vraie expérience.
Le Press Book de la "scoop mania" n'est pas innocent.
Paco Rabanne, probablement en perte de vitesse, annonçait la fin du monde pour l'année 2000 pour faire parler de lui. Le 21ème siècle entamé, bizarrement, c'est plutôt '"je me suis fait tout petit devant cette poupée" pour se faire oublier pendant un certain temps.
La science, même elle, a joué des coudes pour sortir "la" nouvelle. Tromperies, supercheries se retrouvent en effet côte à côte dans quelques cas heureusement rares.
L'affaire de la "Mémoire de l'eau" qui aurait de la mémoire avait fait grand bruit à l'époque. La prestigieuse revue scientifique "Nature" s'est elle-même fourvoyée en publiant cette information qui, d'entrée de jeu, était tout à faite douteuse, mais qui plaisait à l'imaginaire.
Les travaux de Sir Cyril Burt sur l'intelligence et le QI a aussi poussé celui-ci à des déclarations qui reposaient sur des démonstrations truquées. Sa démonstration sur la dotation génétique de l'intelligence, qui établissait que le rapprochement de jumeaux avait une conséquence sur une intelligence plus élevée, a fait long feu quand après sa mort il s'est avéré d'après ses écrits que les fameux jumeaux n'existaient que dans son imagination.
Plus récemment, un des plus grands experts mondiaux en clonage, Woo-Suk Hwang, de l'université de Séoul, a du avouer avoir trompé la communauté scientifique en ayant falsifié des données pour son dernier rapport de recherche de juin. Son idée de produire des cellules souches "sur mesure" pour réparer des tissus endommagés n'était que pure fiction. Le nationalisme, la fierté de mettre son pays au devant de la scène, sont à mettre dans le pot des excuses. Récemment, un biologiste de Harvard donnait en août 2007 un dénouement heureux à l'affaire en démontrant que Hwang avait été le premier à observer sur des cellules humaines le phénomène de la parthénogénèse. Le bluff d'un imposteur avec ressort en douceur.
Fin juin 2007, une petite molaire brisée est découverte et c'est une momie anonyme qui remonte 3500 ans d'histoire égyptienne. Il s'agit de la momie d'Hatchepsout, la plus célèbre reine de l’Égypte pharaonique, reconnue comme telle et entourée d'une littérature innombrable. Tremblant d'excitation, le directeur des antiquités égyptienne, Zahi Hawass et le ministre de la Culture, orchestraient avec fracas devant la presse mondiale, cette découverte alors qu'il en niait l'existence un peu avant. La veille, la chaîne américaine Discovery Channel, associée à la découverte, avait grillé la politesse à Hawass, dévoilant l’histoire de la quête de la momie. Des tests ADN devraient être faits sur les momies royales grâce à un laboratoire financé et équipé par Discovery Channel pour un montant de 5 millions de dollars. Ces événements expliquent certainement cela.
Le "Sciences et Vie" du mois d'avril 2006 lançait comme un pavé dans la marre qu'après 40 ans de croyance en la théorie du big-bang pour la genèse de l'univers, que l'idée pourrait être revue de fond en comble. Une énorme étoile ou galaxie a été repérée qui aurait un âge antérieur à ce fameux "big-bang" relance les recherches de plus belle pour trouver ou non confirmation de cette approche. Tout à coup, tout était remis en question. Les fondements de nos croyances étaient à revoir. Comme scoop, je crois que l'on ne peut trouver mieux !
Les réelles tromperies sont heureusement rares (0,3% sont avoué ces 5 dernières années) et la recherche de l'information scientifique qui pourra émouvoir la gent scientifique n'est pas la préoccupation primaire. La recherche fondamentale reste la recherche qui peut rester infructueuse pendant de nombreuses années. De plus, la pratique expérimentale est confrontée à tellement de facteurs divers et parasites que l'on peut accepter un mauvais chemin pris ou des résultats trompeurs en apparence. La plupart du temps, cette mauvaise appréciation provient de manque de tests et il ne faudra pas chercher une faute volontaire chez le scientifique qui aura été berné lui-même.
Les résultats ne sont pas univoques. L'honnêteté intellectuelle et scientifique se devra toujours de reconnaître l'erreur de jugement et la corriger. Cela, même si la gloire, l'argent, l'idéologie ou la volonté de prestige de l'état, le Nobel, quelques lignes dans le dictionnaire inciteraient à fausser les expériences.
Pour obtenir le prolongement de son contrat n'est-on pas tenté chez certains chercheurs d'"améliorer" quelque peu des résultats qui seraient restés dans l'ombre? Les subventions précaires ne sont accordées qu'avec l'espoir d'un résultat utilisable en fin de parcours. C'est donc tout à fait humain de vouloir protéger son gagne-pain. Mais, même dans ce cas, l'éthique seule et entière restera pourtant le seul principe de rigueur.
Se reconnaître tel qu'on est avec ses richesses et ses faiblesses dans le parfait anonymat avec le plaisir potentiel de se reconnaître dans la société.
Internet en a mis une autre couche à cette folie du scoop. Le site Extortr ne manque pas de demander aux pararazzi en herbe d'envoyer images et vidéos les plus scandaleuses possibles. Le prix de la transaction est fixé par les chasseurs de scoops.
Un commentaire que j'ai lu quelque part m'a paru une clé du "mystère":
"Les chercheurs acceptent facilement l’histoire des sciences si elle se conforme à l’avancée rassurante du progrès: autrefois on ne savait pas, aujourd’hui on sait davantage".
Un rédacteur que j'aime le disait en parlant des "people" : "La star, c'est vous".
Là, résiderait la Vérité, en vérité.
Jean Gabin chantait ausi "Maintenant, je sais""Je sais qu'on ne sait jamais".
L'enfoiré,
Le scoop, voilà que je me fais rattraper par un Panda
Citations :
- "Un chien mord un homme, c'est un fait divers. Un homme mord un chien, c'est un scoop.", Lord Beaverbrook
- "Célébrité n'est pas belle, et ce n'est pas ce qui nous grandit", Boris Pasternak
- "A l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale", Andy Warhol
- "La notoriété c'est lorsqu'on remarque votre présence, la célébrité c'est lorsqu'on note votre absence.", Georges Wollinski
09:15 Publié dans Actualité, Film, Livre, Monde des affaires, Presse et media, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Sansation
13/10/2007
Mémoire par transmission
Une des "30 histoires les plus mystérieuses" passées vendredi 2 février avait impressionné beaucoup de téléspectateur. TF1 remettait cela, ce 5 octobre. L'une des histoires de février relatait l'étrange passage d'informations reçues par une mère de sa fille décédée par l'intermédiaire de l'écriture. Cette fois encore, toujours des fantômes. Cela intrigue et passionne. Il se devait de prendre ces histoires avec des pincettes. Et pourtant, en y réfléchissant...
Pris sous l'angle extrême du paranormal, il y a de la suspicion dans l'air. La transmission de la pensée de l'au-delà n'a en général été que de la fumisterie grâce à des subterfuges plus que malfaisants à destination de ceux qui croient à la poudre de perlimpinpin.
L'histoire, relatée en février par cette femme qui a perdu une fille et se retrouve sur sa table de travail avec une plume à la main qui griffonne toute seule pour transmettre les sentiments et les événements que seule, sa fille pouvait connaître, a de quoi faire réfléchir. Pourquoi me suis-je souvenu de cette affaire?
Alors, plus banalement ou plus terre à terre, je m'y suis mis, à penser. Parfois, je me mets à relire mes écrits, mes fameux blogs que j'ai écrit depuis 2005. C'est-à-dire hier.
Et, surprise, je me redécouvre. Je me surprends à me dire tout bas: "Ai-je écrit cela un jour? Comment ai-je osé publier ça?".
C'est une véritable surprise sur prise, pourrais-je conclure.
J'avais déjà donné une impression intimiste lors du premier anniversaire avec "Mal au blog". Il y était question d'écrire, du pourquoi et du comment.
Depuis lors, cela n'a fait qu' "empirer". Pourquoi se sent-on obliger d'externaliser des pensées en les écrivant? Vaste sujet de réflexion qui demanderait une analyse complète de l'individu qui s'y adonne. Cet article-ci passera par tous les méandres, je préviens. Ca va secouer.
On sait d'où on part, mais alors pour l'arrivée...
Profondément cartésien de formation et drastique dans l'âme, j'ai toujours rejeté ce qui se passait et qui manquait de "normalité".
La volonté de rechercher le scoop à bon marché par la représentation de surnaturel, très peu pour moi.
Parler de "paranormal" pour n'importe quoi est idiot et, quand on voit, aujourd'hui, les tours de magie présentés par les prestidigitateurs, il y a de quoi se méprendre, s'imposer un effort de recul et se dire que si on ne comprend pas tout, aujourd'hui, on le comprendra peut-être demain.
Mais au fait, pourquoi le mot "paranormal"?
Le dictionnaire Larousse n'est pas très loquace, ni précis en ce qui concerne l'origine du mot.
"Adj. Se dit de ce certains phénomènes, d'existence établie ou non, dont les mécanismes et les causes, inexpliquées dans l'état actuel de la connaissance, seraient imputables à des forces de nature inconnues, d'origine notamment psychique".
Autant dire tout de suite qu'on pédale dans la semoule.
En découpant le mot, on s'étonne encore plus. "Para" en espagnol veut dire "pour, dans le but de".
Curieux comme antinomie: "Pour le normal". On va donc expliquer l'anormal en éclaircissant le normal.
Dans mon cas, tout a fait banal, une mémoire défaillante ou en déclinante pourrait expliquer une partie du problème d' "évaporation".
Pourquoi serait-ce un double? Ou plutôt, un oubli passager qui devrait être effacé bien vite à force de points de repère.
Les sujets de mes articles, je les ai tous en mémoire. Les titres sont les petits cailloux jetés sur le cheminement. Le contenu détaillé, là, c'est vraiment un autre tabac. Tabac qui sent bon ou qui s'égare sans que personne ne le regrette. Il faisait partie d'un espace-temps en évolution après s'être cherché une révolution.
Comme mes articles ne sont pas tous mis à la lecture dès leur sortie du chapeau, cette supervision par sujets titrés me permet de sortir un billet endormi au moment ad hoc correspondant à un événement de l'actualité.
Mais cela n'explique pas tout. Je reste perplexe. Je ris de trop bon coeur en relisant mes entourloupes passées et mes phrases construites avec patience dans le passé ou sous impulsion passagère. Un sentiment, une impression bizarre en sort. Comme si le texte que j'ai devant les yeux, avait été écrit par quelqu'un d'autre.
"Il a fumé de la moquette, ce gars-là", vais-je entendre autour de moi, tout aussitôt.
Je ne manque pas, alors pour me justifier et de faire des parallèles avec les invités célèbres du théâtre, du cinéma et de la chanson qui défilent le dimanche chez Michel Drucker. Là, les souvenirs souvent en noir et blanc défilent sous les yeux visiblement surpris de ses invités eux-mêmes. Là, il ne l'ont pas écrit, ils l'ont vécu ces épisodes de la vie. Quand cela s'arrête après la vision de cet autre temps passé, époustouflés, ils ne manquent pas de s'exclamer : "Je ne me souviens plus du tout de ces événements".
Même constatation, même surprise. Ces images, ces gags pourtant très caractéristiques et sujets à mémoire indélébile, auraient-ils existé "à l'insu de leur plein gré"?
Une autre vie? Une autre carrière? Une autre vision des choses de la vie dues à l'évolution, aux obligations, aux aspirations ou à l'âge?
"On ne change pas" chante Céline Dion. Et pourtant, tout change, tout évolue. On joue tous des rôles qui ne correspondent qu'à un seul espace-temps. Beau métier, d'ailleurs que celui d'acteur qui s'enfile la peau d'un autre pendant des représentations imaginées par une tierce personne.
Pour son véritable "ego", comme fil rouge, les gènes sont là, la personnalité, aussi. Ils sont seulement influencés par une face dans un instant précis et limité, repoussée, plus tard, jugée obsolète par une autre.
Cette réflexion fait réfléchir.
Le Mister Jekyll peut un jour devenir le Mister Hide, ou.. vice versa. Un sosie spirituel en quelque sorte. Une double personnalité, parfois triple? L'espérance de vie qui s'allonge. L'environnement qui évolue. Encore d'autres extensions possibles à cette duplication.
Au volant de sa belle voiture, est-on vraiment, encore la personne qui figure sur la carte d'identité? Dans ce cas, il n'y a que la coquille qui change.
Les actes malheureux ou irréfléchis accomplis dans l'égarement du moment que l'on fait un jour et que l'on désapprouve bien plus tard, sont-ils à mettre dans le même pot des jugements variables? Pas toujours de préméditation. Seulement, une présence étrangère colérique qui a pris place l'espace de quelques instants de "non présence" récupérée d'un arriéré, d'un autre moi par transmission.
Du dédoublement de la personnalité, il n'y a qu'un pas. Le franchir s'est touché trop à l'exception et à l'excuse d'un geste répréhensible. Le paranormal revient-il?
Il s'agit pour suivre le raisonnement, d'attacher l'évent à un environnement particulier qui engendre un état second, totalement en contradiction avec les convictions durement et longuement acquise par l'expérience et l'éducation.
Si cela ne passe pas, on essayera d'embrayer sur la vitesse supérieure: une remise en question de la responsabilité de ses actes. La justice y a pensé et les hommes pourraient, devraient en faire leur code de conduite.
Cette mémoire ancré ne pourrait jamais être remisée aux oubliettes, dépassée par le temps. Et pourtant, elle l'est très souvent. Dans l'air du temps qui se veut impersonnel ou par contre tourné en exclusive vers son ego.
Alors, quoi? La transmission ne suivrait-elle plus le sillon de la vie. Aucune conclusion à tirer de cette constatation?
Une interruption, une parenthèse peut-elle, dans notre civilisation de la justice bien consignée et légiférée, contraindre le contrevenant au boulet pour la vie entière? Il semblerait que non. Le pardon tend à prendre une place de plus en plus grande dans notre civilisation qui renie, à juste titre, la loi du Talion. Pas partout, hélas. Même les Natons Unies s'interrogent sur cette question.
La punition peut être diminuée mais elle doit être suivre l'acte pour correspondre à une réelle réparation.
Une paix pourrait avec le temps s'installer de chaque côté. Peut-être. Tout s'use.
La peine de mort, par son côté absolutiste et final, est à mettre dans la catégorie des décisions ne correspondant pas à la volonté de reconnaissance de l'homme dans son entièreté et de sa faiblesse. Juger de manière définitive pour un instant d'égarement sans espoir de pouvoir se retrouver sur ces deux pattes d'homme et rectifier le tir par la sagesse du recul.
Un chien qui mord son maître ou un passant se verra très normalement abattu. Le taureau qui projette son matador dans les airs, ne se verra pas retourner bien gentiment dans les prés. Ce serait payer à fond perdu et trop dangereusement pour le consommateur, spectateur de thriller vivant.
On ne programme pas la récidive dans le monde animal.
Dans notre monde, la récidive n'est pas exclue mais elle ne fait pas partie de la majorité des cas si la réinsertion est bien préparée. C'est la seule solution possible.
La prison est pourtant souvent connue comme passer de Charybde en Scylla
Qui peut s'offrir une certaine humanité dans des espaces fermés quand il faut absolument éloigner celui qui a fauté? Sommes-nous près à mettre le prix pour faire avancer le schmilblick? La psychiatrie n'est pas la solution. Je devrais en parler, un jour.
Le poteau d'exécution ou le durcissement qui mène à une descente supplémentaire aux affres de l'enfer n'apporte pas la solution. La société dans son entièreté n'est-elle pas aussi responsable de ses problèmes?
Y en a-t-il d'ailleurs?
Les questions et les réponses possibles sont là, lancinantes. Elles demandent seulement un peu de doigté et de réflexion dans leur prise en charge. Et je compte sur vos commentaires pour retrouver un peu de sérénité.
Mais, au fait, d'où suis-je parti?
Ah, oui, d'une gentille dame qui écrivait sous la dictée d'un monde ailleurs...
N'ai-je pas tourné dans l'escroquerie dans mon développement par bonds perdus dans l'inconscient?
En résumé, il s'agissait d'une suite d'hyperliens mode « internet » de la réflexion, en quelque sorte. On sait d'où on part, mais où on n'arrive jamais à destination. Y a-t-il vraiment une destination? En y réfléchissant bien, tout est pourtant bien lié. Le fil conducteur existe. Notre habitude de tout découper en rondelle, par chapitre, pour des raisons de simplification, ne sait plus regarder tout azimut.
Un dieu, une force supérieure, pour certains qui y croient, expliquerait l'inexplicable? Je répéterai une phrase citée par un de mes Docteurs es conscience, qui avait écrit son commentaire lors d'un autre sujet. Par cet effort consenti, il avait aussi le droit d'avoir son mot à dire, quitte à déplaire à d'autres :
"Dieu, c’est le père Noël des adultes, et il faut une sacrée dose de naïveté pour y croire. Il n’y a rien dans la hotte ! Tout ça à cause de la mort, qui fait si peur, alors qu’elle n’est rien. Nous l’avons du reste tous déjà vécu avant de vivre. Heureusement qu’il n’y a pas de paradis, car l’éternité, même passée à baiser des vierges ou assis à côté de Dieu, ça doit être vite chiant. L’enfer !", Fabien
Évolution de l'esprit, quand tu nous tiens !
Je me retourne et, mais, quel est ce bruit? Ah, ce putain de réveil...
Quelle survol tout azimut !
Quelle nuit, surtout !
L'enfoiré,
Une transmission d'article chez Panda
Citations:
-
"Le courage n'est rien sans la réflexion", Euripide
-
"Le temps de la réflexion est une économie de temps", Publius Syrus
-
"Seul l'impossible mérite réflexion", Deszo Kosztolanyi
09:55 Publié dans Actualité, Histoire, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : réflexion
04/10/2007
La séduction n'est qu'un jeu
La publicité informe le "bon public" de tout ce que notre civilisation de consommation est prête à nous offrir. Elle ne manque surtout pas d'énerver un peu, beaucoup, passionnément, à la folie.
En me promenant près de chez moi, voilà que je tombe en arrêt sur le titre de cet article que je pouvais lire sur une affiche ostentatoire de publicité. Voilà donc clairement les idées avec lesquelles la pub travaille.
Plus besoin de se voiler la face, vendre ou plutôt faire vendre en créant une accoutumance, le goût du luxe, le réflexe d'acheter sans réfléchir est le but primordial et vital. Quelles sont les obligations de la publicité : être informative, véridique et décente.
La psychologie est parfaitement à sa place par l'entreprise de séduction qui démarre à chaque campagne publicitaire. Tout est bon pour arriver à ses fins, hormis la seule censure comme garde-fou.
Car, la folie n'est pas un "must" mais elle aide diablement !
Chez l'adulte, séduire est un acte qui relève de l'érotisme, de la sexualité de l'individu et cela joue à plein dans la publicité. Il n'est pas nécessairement obligatoire de montrer d'une manière explicite le produit que l'on doit vendre mais plutôt ce que la jolie demoiselle, généralement très courtement vêtue, va en faire. Cela va vous inciter à croire que le produit est bon pour vous obliger à publiciairepour rester dans le coup. Si la vedette, avec toute son aura, utilise le shampoing 'x' et vous dit qu'elle en est enchantée, il serait tout à fait incompréhensible que vous ne l'adoptiez pas vous-même. Ne va-t-on pas imaginer se retrouver au volant de cette voiture présentée avec cette jolie personne au sourire angélique?
C'est subtil mais parfaitement dans la note psychologique qui pousse le sexe mâle à se retourner instinctivement vers l'autre sexe. La vente ne se fait pas en direct vendeur-acheteur mais par un juge interposé qu'il n'est pas possible de contester. Les opérations de charme sont de plus en plus nombreuses. Un avis sur le sujet: "Quelle place pour les femmes dans les médias?"
Un article intéressant sur le sujet écrit par une jeune fille de 17 ans: "La beauté, gage de réussite professionnel?" .
Le slogan récent d'une banque est significatif d'une volonté de mise en quarantaine de la réflexion du consommateur: "Time is not money. It's precious". Dans ce cas, l'expression "Ça ne s'invente pas", est certes à mettre à l'honneur.
Les banques n'ont par leur pareil quand il s'agit de s'attirer la clientèle de la concurrence.
"Mr Propre", le seul homme à nettoyer par terre", titrait l'Echo du 27 janvier. L'industrie est parfois en parfait déphasage par rapport avec les habitudes de vie actuelles. Car, il n'existe pas ou plus ce "nouvel" homme pratiquement. L'aspirateur l'ayant remplacé à tort ou à raison.
Fini de présenter la nouvelle poudre à lessiver qui lave plus blanc que blanc. Coluche, par son sketch, a mis un terme à cette approche débile des consommateurs. Ceux-ci ont pris du galon et ont définitivement plus de plomb dans la cervelle pour ne plus se laisser avoir par les chants des sirènes du bas prix.
Mais on s'organise, on se modernise. Innover à tous prix. L'anglais est la langue passe partout. Ok.
On se lance: "Freedom of speech" avec bébé sur le bras en sus. Aucun rapport direct avec le produit à vendre. La sensibilité, la sensiblerie, ça marche. La famille et l'ego sont des sources d'inspiration qui marcheront sans avoir une correspondance avec le but à atteindre. Cela fait rêver dans la douceur de l'intime, donc c'est gagner.
L'originalité, l'humour, l'émotion tendre ou agressive, le sensationnel sont devenus les degrés successifs d'une publicité qui gardera une écoute favorable et ne laissera pas dans le mielleux. Le "lave plus blanc que blanc" existe encore mais se minimise. La publicité qui dernièrement présentait un gosse qui s'élançait à l'assaut du médecin pour demander de l'aide parce que papa et maman faisaient à répétition des "han, han, han..." et qui recevait une prescription sous forme de petit déjeuner à servir pour le lendemain, vaut de l'or.
Le changement, je ne parle pas du progrès, dans ce sens est visible à la télé et audible en radio. Par bonheur, il existe de l'humour vrai.
Mais à côté de cela, de plus en plus de spots publicitaires dévient complètement du produit qu'ils devraient présenter. Le rapprochement devient tellement aléatoire ou carrément incompréhensible qu'il perd complètement de son efficacité: un spot de télécom ADSL présente d'anciens agents secrets dont les acteurs se lancent dans un dialogue agressif et ce n'est qu'en fin de spot que la marque apparaît sans lien évident.
Tous les deux ans, en janvier, le Salon de l'Auto de Bruxelles est propice à l'envahissement de nos ondes radios et de nos télévisions par les spots publicitaires qui ne manquent pas d'originalité ou de parfaites ignorances de ce que désire le consommateur. Les enjeux sont importants. Le chiffre d'affaire va dépendre pendant plusieurs mois qui suivent le salon. Pendant quinze jours (et avant), le nom des grands constructeurs a éclipsé pratiquement tous les autres annonceurs des espaces dédiés à cette véritable machine à pub. Les plus grands bénéficiaires sont bien sûr ces médias. Dans ce domaine passionnel, tout est "bon" (ou "mauvais") pour arriver à ses fins. On est prêt à forger le goût des prospects, à imprimer sa marque pour orienter les indécis. Cette année 2006, VW lance une pub qui se veut originale par l'entremise d'un concessionnaire indélicat qui ferait payer des options gratuites. Tout est bon, donc, même la simulation de vol!
Les spots, les slogans, les affiches, les images, les couleurs, les mélodies, la musique se suivent et ne se ressemblent plus vraiment. Ils s'identifient à la marque, cette sacrée "image de marque" à laquelle s'accrochent les sociétés de marketing pour s'incruster dans le subconscient du consommateur. Tout est bon pour sortir le consommateur de sa torpeur par l'attraction d'éléments qui ne se retrouvent pas chez la concurrence. Rendre obligatoire l'achat d'un produit pour élever le consommateur 'in' et lui faire regretter qu'il n'y est pas arrivé plus tôt. Des budgets énormes sont mis dans la balance pour arriver après de long mois de gestation au produit fini qui devrait tenir les futurs consommateurs en haleine le plus longtemps possible. Si le consommateur ne se retrouve pas toujours dans leur publicité favorite, il ne faut pas dénoncer les annonceurs qui ne font que proposer des spots pour leurs clients qui l'accepteront ou non.
Le prix. Ah, le prix, cheval de bataille par excellence, est, de nos jours, souvent le moyen d'appel du consommateur le plus efficace. Dans ce cas, l'originalité du message n'est plus la pièce maîtresse. Sans être mensongère, cette publicité a tout intérêt à noyer le poisson pour empêcher le consommateur de comparer chiffres en main des propositions différentes du marché. Limé jusqu'à la corde, le prix d'un produit ou d'un service est parfois bien loin du montant net qu'il faudra débourser pour l'acquérir. C'est devenu le seul leitmotiv pour les grandes surfaces et le budget de la publicité pour annoncer ces prix planchers n'est certainement pas à prix plancher... Certains osent même dénigrer la concurrence en la nommant explicitement: "Vous n'allez tout de même pas chez Tartempion pour payer plus cher?". Ne frise-t-on pas l'illégalité?
Dans le cas des fournisseurs de temps de GSM, déchiffrer les promotions et les différents moyens d'attirer la clientèle de l'un vers l'autre relève du casse tête pour découvrir le plus avantageux. A grand renfort de publicités, plus amusantes ou insidieuses les unes que les autres, les uns proposent des tarifs à la minute, les autres des gratuités en pagaille, pendant des périodes de fêtes qui n'en sont pas vraiment à bien regarder. D'autres, encore, offrent 1000 SMS par mois ou présentent des forfaits plus alléchants pour celui qui perd l'habitude de réfléchir.
Une grande surface annonce, par un grand tapage médiatique, la baisse de prix de 500 produits les plus vendus. Geste commercial généreux vis-à-vis des petits budgets ! Technique de marketing, surtout, avec le but de maximiser le profit. Si la baisse de prix est bien calculée, la vente plus importante sera au pire la même, mais une recette meilleure est visée. Les achats chez les fournisseurs se feront en plus grande quantité et donc avec un discount à la mesure. Les fournisseurs acculés financeront, c'est tout. On pourra, alors, se demander "comment va réagir la clientèle à la générosité". Affaire classée.
La compagnie d'aviation à bas prix Ryanair et Virgin Express n'a pas manqué d'être accusée et envoyé devant la justice par la Ministre Frey Van Den Bossche, en charge de la protection des consommateurs, pour tarification trop peu claire. Cette sacrée transparence avait dû être plombée par des suppléments et taxes divers.
De toute manière la loterie est là. Une fois insolemment riche, il nous faudra prendre l'envie de s'essuyer le front avec le beau billet de 500 euros tout neuf. Rien de plus naturel.
Quant aux promesses de qualité, d'être meilleur que la concurrence, le consommateur doit garder la tête froide. Rester en dehors d'une appréciation trop rapide et aucune déception au niveau du résultat à l'utilisation. Les descriptifs des articles en vente se veulent complets mais une petite note en fin indique souvent que certains points de descriptions peuvent très bien être modifiés depuis sa rédaction. Le caractère très technique de ces notices peuvent aussi désorienter le prospecté. La fameuse "qualité professionnelle" affichée sera souvent contrôlée par des consommateurs très peu professionnels. Attention, l'augmentation de la qualité sera proportionnelle à la augmentation du prix. C'est mathématique et normal. Mais, les acheteurs ne sont-ils pas là justement pour devenir contrôleur? Entre consommateurs, ne pas hésiter pas à se refiler les "tuyaux" est un moyen de rester dans la note. Car de toute manière, "Chez moi, c'est près d'une certaine bière (que je ne citerai pas, évidemment)".
Les publicités qui attirent le client par des gadgets ou des objets qui n'ont rien avoir avec leur business (CD de stars, stars que le client va rencontrer et emmener chez lui après un plein, n'est qu'un exemple). Les enfants de la génération née de ce dernier quart de siècle n'ont que la consommation comme seul repère. Véritables "proies" des publicitaires, les enfants reçoivent depuis leur plus tendre enfance un "tatouage de pub" qu'ils conserveront leur vie durant. Les pictogrammes qui nous entourent pour nous renseigner en tant que consommateurs sont ancrés dans notre subconscient. Pas facile de résister à un matraquage qui s'insinue au travers d'images parfaitement anodines et positives. "Le livret jeune Swing de la banque postale" a aussi inspiré des idées.
Faudra-t-il être "griffé" pour avoir le droit d'exister. Ils sont donc les premières "victimes" consentantes de l'harponnage qui leur est fait par la publicité. Les marques qui ont le plus de poids financier pour lancer les meilleurs campagnes de pub savent évidemment comment faire abandonner la résistance aux enfants et ensuite convaincre les parents. Une pub pour des voitures ne manque pas de l'affirmer "Vous ne remercierez jamais assez votre enfant de vous avoir fait découvrir tel ou tel modèle". On ne peut être plus clair.
"A vos marques" était le nom d'un jeu télévisé dans le passé. Coïncidence?
Le jeu a permis d'ouvrir une autre faille dans les porte-monnaies du consommateur. Attiré par le gain, celui-ci s'est vu présenté une manière agréable d'entrer en possession des articles dont il rêve. Pour ce faire, il est prêt à prendre son téléphone et d'appeler le fatidique numéro à tarification spécial. Et voilà que le compteur tourne et que sans le savoir, il se prête à la compensation de l'hypothétique gain.
Ces spots télé qui s'insinuent entre les films, ou qui s'invitent en plein milieu de projection, ne tiendront la distance que si l'audimat révèle l'intérêt des téléspectateurs. Quand je dit de "s'insinuer entre les films", la Commission Européenne s'est même vue mise en demeure d'estimer comme cela est déjà le cas aux États-Unis, d'accepter que les films eux-mêmes contiennent la publicité. Les acteurs du film présenteraient ainsi les produits aux consommateurs en plein milieu de la projection. Une restriction: pas dans le journal, ni dans les émissions pour enfants... Ouf.
La télé, elle-même, ne vit en grande partie que grâce aux revenus récoltés parmi les sociétés qui font passer leurs publicités.
Dernièrement, la justice, appelée par le JEP (Jury d'Ethique Publicitaire) a été mise à contribution pour montrer un point qu'il ne fallait pas franchir. La firme Red Bull, bien à propos, a présenté son produit comme un miracle de la réussite scolaire pendant les examens des étudiants. Ce produit très apprécié auprès des jeunes devait permettre de prolonger la préparation des examens pendant les heures nocturnes. Ce que le spot ne disait évidemment pas c'est que la mémoire ne joue pas avec ces cordes-là et qu'elle a plutôt tendance à passer des moments plus paisibles.
Le sport ajoute son épingle dans le jeu par le sponsoring. Tout est également bon pour faire flasher l'esprit sur les noms connus de la distribution tout public. Le 26 janvier 2007, le journal l'Echo avait un article qui mettait pourtant un bémol. Le titre était "Les sponsors refusent de monter dans le camion-balai". Les scandales n'ont pas bonnes presses ni bon bon poids publicitaire. Doper sa marque en associant l'action par coups de doping, ce n'est pas vraiment la bonne manière de se faire connaître. Alors, restera-t-il une volonté de mouiller son maillot sans l'enseigne du mécène? Se poser la question, c'est y répondre.
Internet se sponsorise aussi par cette débauche de produits. L'internaute docile peut même arriver à gagner de l'argent en acceptant de laisser le champ libre aux publicitaires en ouvrant la porte de son champ de vision aux annonces les plus affriolantes. Malheureusement, les messages non sollicités, les "spam" se sont infiltrés dans les emails et lors de consultations des pages du web et sont devenus de véritable plaie de toute utilisation de ce bel outil de communication véhiculé par l'ordinateur.
La publicité coute très cher. Autant ne pas trop éparpiller inutilement et sans retour de manivelle. Éliminer les messages non productifs est et restera un "must". A côté des demandes officielles en bonne et due forme qui parviennent aux consommateurs pour qu'ils désignent ce qui les intéresse, internet va fournir une meilleure réponse. Des sociétés telles que Google, pour ne citer qu'elle, par l'intermédiaire de ses services gratuits (j'en parlais dans "Internet, reste net") va chercher à cerner, à piéger chacun dans ses habitudes consommatrices. Le pluralisme, on veut bien l'assumer, mais l'efficacité a ses lois et il ne faudrait pas éparpiller à fond perdu les prospectus, les brochures. "Il ne faut pas prendre les Enfants du Bon Dieu pour des Canards Sauvages" comme disait Michel Audiard.
Et pourtant, certains consommateurs en redemandent. Je n'en veux pour preuve que le concours de la recherche du meilleur spot plébiscité par l'ensemble de ces consommateurs en herbe. La "Nuit des Publivores" vient couronner le vainqueur de ce combat des chefs. Une chronique de Paul Herman posée sous forme de besoin de liberté prouvait par ses commentaires qu'il ne fallait pas toucher à sa "pub".
Chercher à rester dans la mémoire des gens par le beau ou par le mauvais côté? Associer un besoin avec une seule et même marque pour parvenir à remplacer le mot original du produit, le faire oublier, par le nom de la marque est l'aboutissement logique.
La censure apporte heureusement son contrôle, accorde son blanc-seing ou rejette la pub si les limites de l'acceptable sont dépassées. La publicité mensongère a souvent été stoppée avant d'arriver devant nos yeux. Mais, l'organisme qui assure la censure est-il bien placé pour assurer l'efficacité nécessaire?
Le consommateur a-t-il vraiment le 'droit de réponse' ?
La contre-publicité n'est apparemment pas permise. Pas question de dénier et d'attaquer ouvertement un concurrent. Par manque d'imparcialité, la contre-publicité a les mêmes vices que sa publicité. Elle joue avec les mêmes ressources que son ennemi pour se reproduire. Elle n'est acceptée d'emblée et de manière officielle dans les cas de santé publique comme pour le tabac.
La publicité comparative est partiellement autorisée avec certains garde-fous. Des directives européennes y veillent.
Des organismes de protection des consommateurs existent bien sûr. 60 millions de consommateurs, Test-Achat. Subsidiés par les consommateurs eux-mêmes, ils devraient être impartiaux. Ouf !
Pour vendre et pour séduire, on ne compte plus les campagnes publicitaires qui ne se veulent plus que des images d'une société qui n'existe pas ou plus. On persiste et signe des étapes de la persuasion qui n'ont plus cours ou complètement obsolètes. L'imaginaire fait vivre, dit-on. Il fait surtout mourir d'envie celui qui ne peut plus se prêter au jeu.
Quand on est en manque d'idées pour relancer la vapeur, que fait-on? Les publicitaires proposent et on change de look. On ne se demande pas le pourquoi d'une "descente aux enfers" d'un produit. On en change l'image. Les pages sur internet prennent des couleurs fluos. C'est dans le vent. Du moins le croit-on. Le moteur devra s'emballer avec l'image. Les hommes qui sont en arrière plan de celles-ci, n'ont pas droit au chapitre. Ils coûtent assez cher et doivent prendre le profil bas.
L’histoire de Coca-Cola a été récemment publiée sous le titre de "Coca-cola, l'enquête interdite". En dehors de l'aspect parfois sulfureux qui pourra s'y dévoilé, il existe une règle de conduite dans la Séduction. John Pemberton eut l'idée géniale: investir dans la réclame. Il confiait à un de ses proches: "Si je pouvais avoir 25.000 dollars, je dépenserais 24.000 dollars en publicité et j'utiliserais le reste pour fabriquer du Coca-Cola". On connaît la suite. 94% de la population mondiale reconnaît instantanément son logo. Consommation la plus consommée dans le monde (1 milliard de bouteilles par jour). Même l'eau est détrônée par ce breuvage. Le 23 avril 1985, la Compagnie annonçait sa volonté de changement en voulant annoncer "New Coke". Véritable Tsunami avant la lettre, elle a du suite aux protestations en revenir à ses premières amours.
La publicité n'est qu'un jeu de séduction, mais un jeu qui rapporte assurément.
Mais, au fait, à qui ou par l'intermédiaire de qui?
Pour paraphraser une phrase célèbre: "Dollar, my name is money". Au cinéma, il est possible pour le réalisateur de film et son acteur fétiche sous les traits de James Bond de pouvoir piloter une voiture BMW de 25 millions de dollars, tout frais payés, pour l'utilisation de celle-ci dans 3 films en remplacement de la rituelle Aston Martin. Quand le "product placement" entre en jeu, la boussole n'est plus à bord de la voiture. Elle se conduit toute seule car elle peut se désintégrer dans un crash spectaculaire. Pour les "faux-vrais" frais, il n'y aura qu'à céder ostensiblement la carte de crédit ou de prendre son GSM du bout des doigt pour se faire dépanner. Il faut bien que jeunesse se passe! La chaîne Arte en parlait le 8 décembre 2006.
Plus prosaïquement, nous profitons à l'étage du dessous de ce même stratagème. Vous lisez ces lignes avec quelques pièces sonnantes partronées par Vandam-K.H. La boucle est bouclée dans le meilleur des mondes.
Dernièrement, en Belgique, trois associations étaient en guerre contre la pub. Consoloisirs, les Equipes populaires et Respire s'opposaient à l'emprise de la publicité par les émissions de la RTBF et réclamaient la tenue d'un débat public. Une pétition est dans l'air. Le plafond de 25% de revenus publicitaires était devenu selon certains trop "étroit". Quand l'introduction de la publicité a été décidée l'accord précisait 2 minutes par heure d'émission. Le maximum actuel se situe actuellement à 12 minutes. La saturation ne serait pas la solution pour tous les partis. Elle hyptothèquerait l'autonomie des éditoriale. Mais, le financement d'un média peut-il encore se penser autrement que par cet intermédiaire? N'avons-nous pas épuisé les autres voies de financement?
Dans notre époque qui se lègue au "tout gratuit", la pub est devenue la "vache à lait" sans laquelle plus aucune production locale ne pourrait se créer actuellement. Production qui entraine un certain dirigisme potentiel et une overdose caractérielle. Dilemme d'un l'équilibre subtil?
Demain, la publicité sera très probablement plus envahissante encore.
La pub devrait passer à la vitesse supérieure car la croissance des investissements publicitaires dans les médias se serait ralentie. Plus ajustée à la personnalité du consommateur. Internet, Google ajuste le tir en s'immiscant dans la vie privée du consommateur pour le connaître mieux et connaître ses besoins et ses rêves les plus fous. Une première estimation des dégâts peut déjà être imaginée par la vision publicitaire d'Outre Atlantique qui ne laisse subsister souvent qu'un peu de film au travers de la publicité. Tom Cruise dans le film "Minority Report" qui se passe en 2054 était interpellé par son nom par une affiche publicitaire. La publicité personnalisée à ce point, on n'y est pas encore mais comme des découvertes faites sur le cerveau prouvent que c'est le côté reptilien du cerveau, responsable des instincts et des réflexes innés, qui analyse la publicité captée par les yeux. Plaire par ce côté basique du subconscient d'une manière instantanée est donc le but de tout publicitaire. A première vue, la simplicité du message apporte le plus d'effet et pourtant la publicité devient de plus en plus complexe, tirée par la technologie et un peu de créativité. La simple image du produit que l'on devrait consommer suffit pour choisir ledit produit. L'oreille entend sans écouter mais elle enregistre à notre insu. La publicité ne manque pas à chaque occasion de renvoyer le consommateur à son site Internet qui renseignera plus clairement encore le choix qu'il doit opérer. Il y a danger quand certains logiciels agissent en "nettoyeur" de pub, quand la télévision numérique permettra de zapper très vite, raison de plus pour y apporter le plus de côtés "sexy" possibles. Une fois, le consommateur capté et intéressé par une information plus précise sur un article demandée par lui, il en deviendra plus important pour le publicitaire. La neuromarketing a encore beaucoup de moyens pour rendre plus efficace le travail d'infiltration du cerveau.
L'Echo annonçait récemment qu'IBM prédisait la fin de la pub de papa et que cette pub allait affronter plus de changements dans les 5 années à venir qu'au cours das 50 ans écoulés. La baisse des revenus des médias traditionnels serait la raison invoquée. L'internaute consacre 2 heures de son temps par jour sur la toile dans 71% des cas. La télé n'a plus la cote et ne prend plus 48%. L'interactivité supplémentaire est le maître mot. Les messages ciblés dans une relation client à consommateur. Google, Yahoo ou AOL sont là avec son moteur de recherche et draîneront les revenus publicitaires.
Dans mon préambule, je ne manquais pas d'exprimer une certaine exaspération dans la répétition d'une même publicité toutes les 2-3 minutes sur nos antennes. "Ah, si tout était aussi bien accepté que le matraquage, pourrait-on dire en suivant les mots entendu de maintes fois! Le but primaire et principal de la publicité est de faire connaitre un produit. Pas de lézard, je m'y conforme volontiers. Les excès sont, par contre, inacceptable et improductifs. C'est comme si les sociétés voulaient nous faire payer les prix astronomiques déboursés pour nous 'informer' du bien fondé de leurs produits. Trop de répétitions d'un message le tuent très certainement. Des études prouvent qu'un événement présenté plusieurs fois apparaît pourtant plus "sympathique" ou "familier". Est-ce à dire qu'il faut pousser le bouchon toutes les minutes? Les commentaires en ligne sur Internet influencent les décisions. Les consommateurs sont prêts à payer entre 20 et 99% de plus pour un produit coté "Excellent" qu'un article coté "Bien" (dixit Echo). Espérons qu'ils restent impartiaux, nombreux et très détaillés.
Publicité mensongère? Rien ne sert de le dire, il faut le prouver. Une association des consommateurs a été déboutée à la Cour de Paris (20-nov-2007) dans une affaire de justice contre une pub anti-cholesterol d'Unilever. Motif: "la publicité ne pouvait laisser penser au consommateur moyen, normalement informé et raisonnablement attentif et avisé, que la seule consommation du produit était de nature à faire baisser le taux de cholestérol". Pourquoi la contre pub n'est-elle pas admise pour informer le consommateur?
Heureusement, la meilleure publicité reste le bouche à oreille. Si un produit est bon, cela se dit. Et la bonne parole fait très vite son chemin. La publicité le sait et mentir ne paie plus, elle est condamnée à se mettre au niveau de son auditoire. "Car une vraie relation se construit avec le temps", dit encore la pub.
La tentation actuelle du consommateur est d'avoir tout et tout de suite et au meilleur prix. Le problème, s'il en est, est bien là. Peu importe la provenance des produits qui sont présentés à nos yeux. Le consommateur subit et profite d'une situation apparemment avantageuse, il reste conscient et, dans le fond, il se réveille et se rebelle en silence de ce qui ne correspond plus à l'argent qu'il a consenti d'accorder à son penchant. Dégrader son pouvoir d'achat par des produits qui ne correspondent plus à la qualité qu'il attend, n'apporte pas la bonne approche d'un commerce équitable. De légères augmentations de prix auront très vite perdu leurs impacts. Les ratages seront par contre plus mal ressentis.
Un rappel aussi: quand on est inondé de messages publicitaires invitant à consommer, ce qui







