23/02/2012

Toutes griffes dehors

Une petite escapade dans le monde du luxe pour remarquer que, là aussi, pour créer le rêve, il faut s'armer de beaucoup de gros moyens financiers.

0.jpgBizarre de parler de luxe dans notre époque de crises multiples?
D'en parler, était-ce aller à contre courant de l'ambiance morose actuelle?

Le marché mondial du luxe progresse de 6% par an et des entreprises comme Hermès, Richemont ou LVMH enregistrent de belles performances boursières. 

Si l'industrie du luxe se porte toujours bien et se taille une belle place, elle doit aussi s'adapter.

Le "luxe, un peu moins français", lisais-je. Il l'est un peu moins pour tous les pays qui en font commerce. Les affaires et les marchés, dans ce domaine comme dans les autres, doivent sortir leurs griffes. Parler de griffes dans ce cas, c'est aussi parler de son point de départ et de sa niche.

Parler de luxe, c'est parler de produits de haute qualité et de savoir-faire élevés, à marchés très ciblés et de faible diffusion comme certains segments de la mode, maroquinerie, joaillerie, lunetterie, parfum, orfèvrerie, vins et spiritueux...
Vu sous ce dernier angle, on augmente, tout à coup, l'intérêt d'un Français. Le vin à table n'a plus de prix. 0.jpgBien sûr, mais il vous prouvera qu'il ne peut se contenter d'une piquette avec un bon repas. "In vino, carré d'as", un souvenir toujours bien présent. Là, le terroir français se rapproche aussi du tiroir, car le vin n'est-il pas un des seuls biens qui bonifient avec l'âge quand les autres déprécient dans le même temps? 

- Non, L'enfoiré. Le vin est un don de Dieu.

- Oui, mais que tu dégustes, tout de suite, sans plus avoir rien d'autre à te mettre dans la vue, si ce n'est l'étiquette de la bouteille. 

Un Suisse ne s'avisera pas d'acheter une montre à vil prix quand il en a les moyens. Une montre japonaise? Quelle horreur ! Une Breit, une Piageterie, une Vache bien ronde, par contre...

Non, le Suisse n'achète pas une montre, il investit.

Le photographe achète un Leica, pas nécessairement pour photographier, mais pour vanter ses qualités.

Les courbes sont rentrantes, bien sûr, mais deux types de commerces fonctionnent toujours: le haut et le bas de gamme.

Le marché de luxe a sa clientèle propre et ne l'a pas perdue.  

Être "riche à la super" a une source qui se produit souvent en mondialisant les fruits de sa production. Certaines personnes dépensent en un jour, ce que le commun des mortels dépense en un mois, voire un an, indépendamment du pays où cela se passe d'ailleurs.

Cela dit, voyons ce que dit Wiki "Le luxe (lat. luxus) est le mode de vie consistant à pratiquer des dépenses somptuaires et superflues, dans le but de s'entourer d'un raffinement fastueux ou par pur goût de l'ostentation, par opposition aux facteurs ne relevant que de la stricte nécessité. Par extension, le luxe désigne également tous les éléments et pratiques permettant de parvenir à ce niveau de vie. Cet aspect d'inutilité est si marquant qu'il est à la base de l'expression péjorative «C'est du luxe!» qui condamne un investissement déraisonnable.".

Inutilité? Cela reste à voir. Le somptueux château de Versailles et son luxe sont toujours visités, que je sache.

Le "Bourgeois gentilhomme" a encore beaucoup d'émules et beaucoup de profiteurs qui tourneront autour de leurs bottes. Remettre cette pièce célèbre au goût du jour n'est pas d'une énorme difficulté.

"Un produit de luxe représente avant tout un label de qualité. Le luxe favorise la créativité et l'innovation technique : l'acheteur sait par avance qu'il a été produit grâce à un savoir-faire au sommet de "l'état de l'art" d'une profession et est donc prêt à payer la rareté d'un tel produit.".

Voilà qui réhabilite le mot "luxe" dans son contexte.

0.jpgOn ne séduit pas les "Digital Native" (les DN) comme on le ferait avec les Bobos. Le luxe n'est pas initialement leur tasse de thé. Ils se fringuent avec des jeans, se sustentent avec un hamburger au ketchup. Ce sont des "early adapters", en avance d'une guerre et d'une tendance. Ils se rendent aux magasins après avoir été fouiller sur Internet, s'il n'y avait pas meilleur marché derrière un eBay.

Il faut donc investir sur le web, pour attirer ce nouveau regard. Le DN est exposé à trop de messages de la pub. S'il a une certaine sensibilité aux marques qui renvoie à un héritage, la "griffe" doit être en relation directe avec le plaisir immédiat qu'il apporte. Un peu de bling-bling, oui, mais à meilleur marché. Il est méfiant vis-à-vis des discours trop classiques et refuse d'être manipulé. Donc, passer par YouTube en montrant des séquences du types métaphores, des allégories ludiques n'est pas un luxe. Si cela crée le buzz, c'est gagné.

Le potentiel persiste et signe. Le jeune DN est loin d'être sur les genoux avec l'aide des parents ou de grand-parents, mais ce potentiel est obligé d'agrandir son champ d'investigation, de s'organiser.

Le Concordia, le navire géant du "luxe accessible au plus grand nombre", s'échouait récemment. Après cette catastrophe, la fréquentation de ces bateaux géants diminuera-t-elle? Rien n'est moins sûr. Mourir, cela n'est rien, mais vieillir, chantait Brel et il faut que jeunesse se passe au mieux, avant.

Il naviguait sur les mers du globe avec tout le faste préfacé par la publicité. Où commence le luxe pour s'arrêter au grand luxe? Cette notion varie dans le temps et dans l'espace. Il y a cinquante ans, voyager en avion était un luxe. Aujourd'hui, c'est plutôt la transhumance des moutons "mini-prix" que l'on dépucellera à bord de l'avion dès qu'il voudra passer à la vitesse supérieure. Une croisière en mer ne l'est pas plus "riche". Tout se démocratise. A ce niveau, tout bascule et  tous se bousculent derrière cette barrière entre luxe et non-luxe.

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Le rêve est toujours bien plus fort que la mémoire d'un sinistre. Rien n'est apparemment perdu pour le luxe.

Conceptions opposées en fonction de l'endroit où il sévit. Amusant qu'il soit considéré comme un signe extérieure de richesse taxable de ce côté de l'Atlantique, alors qu'aux États-Unis, on en fait l'étalage comme une preuve de réussite.

Tout semble aller bien dans le haut de gamme d'après les chiffres d'affaire de ceux qui en font commerce.

Mais comme le disait, avec humour, un vieux film "C'est dur pour tout le monde".

On apprenait que Hermès International avait achevé 2011 sur un chiffre d'affaires de 2,8 Milliards d'Euros, en croissance de 18,3% par rapport à 2010, à taux de changes courants comme constants. En Bourse, la marque pèse 24 milliards et est présente dans 50 pays. Parfums et foulards complètent la panoplie des sacs de luxe.

0.jpgDes sacs en croco peuvent atteindre des prix de 4000 à 6000 euros de base et jusqu'à 40.000 euros pour les plus rares, même servis dans des écrins plutôt que des boîtes, cela fait cher, l'écrin avec un "H" en effigie. Du coup, c'est chez les commissaires priseurs qu'ils arrivent à récolter la somme astronomique de 54.000 euros pour un sac. Oeuvre d'art? Pour une dame, ce mot, cette lettre "H" est magique même si la ratio "prix/performance" est légèrement surfait avec les deux pieds sur terre de l'homme qui l'accompagne. En somme, c'est l'histoire qui prend de la valeur comme pour une œuvre picturale, mais qui n'attend pas la mort du peintre.  

Pourtant, il y a eu une "Saga Hermes", d'après une  enquête récente  de "Coûte que coûte" d'Anne Sophi d'RTL-TVI. Il y a 180 ans naissait une société de fabrication de selles pour chevaux. Elle s'est transformée dans ce que l'on sait mais est restée une entreprise familiale avec des héritiers qui détenaient majoritairement les actions. Les héritiers se serraient les coudes quand leur entreprise était en danger. Depuis un an, ce serait le cas.  Si aujourd'hui, le marché d'Hermès s'est largement diversifié, il en va de même pour les héritiers qui se sont multipliés. En période de crise, ces héritiers plus nombreux ont commencé à penser réaliser leurs bénéfices.  La mise en Bourse de la société l'a fragilisée, l'a déverrouillée au point que les héritiers, après avoir vendu leurs parts, risquaient de perdre leur pouvoir.

L'empire, le Groupe LVMH, dirigé par Bernard Arnaud, se présente en premier sur les rangs après avoir racheté 17% des parts. Les actions bradées, en 2008, ont permis de réaliser des coups de poker, des coups de maître... Pas vraiment une OPA, mais une attaque ressentie comme "hostile" par les héritiers de Hermès. Attaque, dites "pacifique", qui ne voulait pas effacer la direction existante. Un subterfuge pour verrouiller Hermes est trouvé pour conserver le patrimoine dans la famille par l'intermédiaire d'une autre société aux règles encore plus strictes pour vingt ans. 0.jpg

Se sentir faire partie d'un autre monde ne se fait jamais dans la distance du temps.

Le livre "Les dynasties du luxe" raconte ces épopées. L'histoire de ces créateurs, de la naissance des marques à leurs années de gloire, en passant par leurs drames et leur accès au marché mondial des affaires, semés d'embûches et de guerres sans merci où triomphèrent le paraître et les signes extérieurs de succès et de richesses.

Pas plus de cadeaux dans le monde du luxe que dans un autre monde. C'est manger ou être mangé. Alors autant ajouter un peu plus de poivre dans le plat. Partie remise. Impair et passe.

A toutes les échelles, convaincre que le prix n'a pas d'importance, est une stratégie de base: quand on aime, on ne compte plus.

Bien sûr, les extras du particulier se rappellent au citoyen lambda, que certains jours on se met sur "son 21" et qu'on doit tout oublier pour exister dans la société.

C'est vrai qu'on ne conjugue par le mot "luxe" de la même façon au féminin qu'au masculin.

0.jpgIl s'est réfugié parfois derrière les vitrines des antiquaires. Il a de nouveaux commanditaires qui s'ajoutent dans l'ombre.

Le luxe doit, désormais, se mondialiser, se doit d'avoir des projets d'expansion, garder des centres d'intérêts bien distincts mais aussi garder le respect des identités spécifiques aux pays dans lesquels les produits sont vendus. Le luxe ne se limite plus à un pays et il se base sur une renommée mondiale. Des paramètres dont il faut tenir compte pour ne pas disparaitre avant l'heure.

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On n'échange pas une culture par une autre dans le monde du luxe.

La voiture "Nano", fabriquée en Inde et classée en low-cost, est écrasée par JLR (Jaguar Land Rover). Les voitures de luxe profitent plus que le low-cost.

La filiale JLR de la firme indienne a fait bondir les bénéfices du groupe indien Tata Motor de 40,5% et le CA de 45%, tandis que la Nano a fait baisser la croissance de ses bénéfices de 58%. La Nano ne séduit plus et la planification des ventes ont été revué de 100.000 à 70.000.

Ferrari a fait un pont d'or en 2011.

Le luxe est associé à la rareté, à l'artisanat, aux petites séries, comme le disait cet article du 27 janvier dernier.

Sonia Rykiel dont parlait l'article, est prête à céder 80% de son capital à "Fung Brands Limited", une entreprise, une fondation chinoise comme le chausseur de luxe drômois, Robert Clergerie, l'avait fait en passant sous le même parapluie financier.

0.jpgL'histoire de la Maison Delvaux avait commencé en 1829. En septembre 2011, Fung Brands était devenu son partenaire.

Ce maroquinier de luxe belge était cédé par la famille Schwennicke, propriétaire depuis 1933. Christian Salez restait pourtant aux commandes opérationnelles comme CEO.0.jpg

Les capitaux à investir dans R&D sont énormes dans le domaine du luxe. La famille Fung est fondatrice du groupe Li & Fung dans la distribution et est localisée à Hong Kong.

Pourquoi pas de Chinois à la tête puisque ce sont des capitaux chinois?

Le professeur Mixin Pei donne des quelques raisons: "Le rôle de la Chine dans l'économie mondiale se limite à des fonctions de traitement et d'assemblage à court et moyen terme. Un manque de talent ou à la sortie des universités, le peu de connaissances en anthropologie, en sociologie, en relations internationales, en littérature comparative et en histoire".

Tant qu'investisseurs et créateurs ne se marchent pas sur les pieds, pourquoi pas?

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Christian Lacroix, après avoir créé des merveilles dans la haute couture, a vendu son entreprise à "Falic Fashion Group".

En 2008, c'est la maison de haute couture britannique Hardy Annies, fournisseur de la cour qui faisait faillite et qui a été racheté.

Le chocolatier Marcolini a fait une tentative de rapprochement avec une entreprise chinoise, mais cela a capoté et il est redevenu belge, jusqu'à la prochaine fois.

Rester toutes griffes dehors, c'est, aussi, résister à la copie. La griffe doit rester infalsifiable ou protégée par des brevets pays par pays et pour un temps fixé, sous peine de mourir et tomber dans le domaine publique.

0.jpgPour en revenir à Sonia Rykiel, son but est de garder un nom, une marque et un levier pour doubler le chiffre d'affaire qui s'élevait en 2011 à 90 millions d'euros,  trop court pour répondre aux potentiels disponibles. Des investissements entre 10 et 30 millions d'euros à la base sont prévus.

Le but avoué général est de développer de nouveaux marchés, là, où il y a des chances de trouver de nouveaux acheteurs quand la crise a réduit leur nombre localement. Se limiter au seul marché local devient une erreur stratégique. Cela ne veut pas dire qu'il faille se faire envahir et remplacer les gestionnaires locaux. Ces derniers connaissent les habitudes, la culture de départ.0.jpg

Partenaires industriels à long terme plutôt que des investisseurs en "private equity". Des investisseurs avec des projets industriels qui feront vivre ou revivre les rêves.

Une autre preuve que le luxe n'est pas au rancard et surtout pas avec deux nouveaux milliards de consommateurs potentiels qui viennent s'ajouter aux précédents. L'industrie du luxe ne connaît pas vraiment la crise avec ses 1.200 milliards d'euros, mais ce sont les pays émergents qui montent parmi les consommateurs.

La Chine ne s'intéresse plus uniquement au bas de gamme mais s'infiltre dans les marchés du luxe par ses investissements. 

Le numéro "un" italien des yachts, Ferretti est passé sous pavillon chinois, SHIG (Shandong Heavy Industry Group) Weichaï avec un bon prix et un chèque de 374 millions d'euros.

0.jpgLe monde est devenu un village et pas uniquement à partir de l'occident. Le tourisme de luxe s'est mondialisé, matérialisé par des chaînes d'hôtel.

Les restaurants étoilés, haut de gamme, comme "Comme chez soi" obligent de réserver une table des mois à l'avance.

La chaîne "Hard Rock Café" dirigée par des fonds séminoles vont s'installer sur la Grande Place de Bruxelles et entrer en compétition avec le Cygne.0.jpg

"Très chère originalité" par le design, l'imagination, le style sont des sources d'inspiration qui ne font pas nécessairement dans le luxe immédiatement, mais qui s'alignent dans l'éventualité.  Tout est question de temps, de confiance à la découverte de génies.

Actuellement, si l'Occident détient plus de la moitié des parts du marché du luxe, ce sont les pays émergents qui, à près de 75% des achats, contribuent le plus à la croissance du secteur (la Chine avec 56% de la croissance totale).

A côté des géants LVMH, Richemont, PPR et Swatch, Prada, Burberry, Rolex avec la famille Wilsdorf, Chanel se disputent le marché. 

Était-ce tellement étrange de parler du luxe au lendemain du Mardi gras, de Carnavals? On fait bombance dans cette période courte et on oublie tout, même le prix des choses.

La Belgique est une terre de carnavals, qui ne passeraient pas subitement, au pluriel, à "carne-à-veaux". Pour se payer cette fête, pour échanger entre riches et pauvres derrière des masques, on épargne toute l'année comme partout même si on a le luxe qu'on peut et pas toujours qu'on veut.

La moralité de l'histoire pour les vendeurs et les acheteurs du luxe pourrait être de:0.jpg

  • Convertir le tallent du secteur du luxe avec ses entreprises  en succès par l'originalité.

  • Mondialiser.

  • Fuir la Bourse

  • Garder les coups de cœur et rejeter les coups de sang.

  • Ne pas casser les rêves, les flashes de l'envie...

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Et, comme on parlait des hôtels, gardez-y, au moins, le luxe de l'humour comme le montre cette vidéo...

Cela ne va pas plaire à tout le monde. L’Humour est aussi un luxe. Pas pour tout le monde, mais, s'ils veulent qu’on visite les luxes un à un comme on visite une belle boîte sans rien dedans de mémorable, c'est perdu d'avance.

Si, maintenant, des photos "luxueuses" et pas chères vous intéressent, il suffira de cliquer....


L'enfoiré,

 

 

0.jpgCitations:

  • « Le luxe de demain sera la lenteur dans le silence. », Anonyme

  • « Le rêve, c'est le luxe de la pensée. », Jules Renard

  • « Mon plus grand luxe est de n’avoir à me justifier auprès de personne. », Karl Lagerfeld

 

 

 

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Mise à jour 27/9/2012: Lacoste et le crocodile Entre le père Michel Lacoste et Sophie Lacoste-Dournel revendiquent les rênes de l'entreprise. La famille en détient 65%. Maus avec la filiale Devailoy est l'arbitre. Jusqu'à nouvel ordre, c'est la fille qui gagne la place. En 2013, ce sera les 80 ans de crocodiles. 


16/02/2012

Statistiques, au doigt et à l'œil

Les statistiques ne sont pas toujours à la hauteur des espérances. Les statistiques de fréquentations d'un site peuvent donner quelques indices. Si on y faisait appel à l'occasion du septième anniversaire de ce blog, n'est-ce pas aussi une occasion pour risquer quelques conclusions sur ces années et peut-être, arriver à une étude sociologique de ce qu'on peut trouver dans la blogosphère.

0.jpgComme pour tous les sondages, "compiler" et "consolider" des chiffres par des statistiques pourrait faire transpirer quand ils sont mauvais ou combler de bonheur quand ils sont bons.

Nous sommes en février, rien de spécial à l'horizon, sinon le froid qui gèle les os et postposent les promenades. Pas de congés. Un bon moment pour se questionner et analyser si la confiance des lecteurs est toujours présente. De s'interroger sur les intentions objectives ou partisanes de ceux-ci?

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Pas question de présenter des statistiques, pour présenter son ego à la galerie. Nous sommes ensemble pour sourire et parfois rigoler ensemble de notre époque, pas pour des clap, clap... Laissons cela à d'autres.

La septième anniversaire des "Réflexions du Miroir" me vaut bien une messe de réflexions sans obole à espérer en fin de session.

Cet article est le 440ème depuis la sortie du premier billet en mars 2005 avec quatre eBooks dans lesquels on laisse toujours quelques traces de soi.

Un peu trop tôt pour souffler les bougies?

Non, car, un article ne commence pas sa vie au moment de sa parution. Il se butine. Se concubine. Se débine avant de passer sous les rétines.

Tellement de sujets ont défilé que je m'en étonne moi-même. "Sept ans", un nombre premier de plus. Sept ans, c'est voir passer un cycle qui passe une certaine l'euphorie dans l'espérance à une morosité portée par une crise qui ne trouve pas sa sortie.

Il y a eu l'anniversaire à la première année sur la scène du blog pendant lequel j'expliquais, en gros, la "technique". Un  autre article remettait le couvert de manière plus efficace, plus "hard". 

Sous l’administration de "hautetfort" dont fait partie ce blog, quelques statistiques d'utilisations sont disponibles. Le nombre de visiteurs en général, de visiteurs uniques, de pages lues par heure, par jour et par mois. Le pourcentage des articles les plus lus...

Il suffit, ensuite, d'en construire un graphique.

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Rien de fulgurant, pourtant. Des hauts et des bas, par jours entre 400 et 500 soi-disant lectures. Ne nous leurrons pas, les résultats ne permettent pas d'aller plus loin. Pas plus, le gadget qui identifie Explorer, Firefox ou un autre explorer, n'intéresse que ceux qui ... y sont intéressés.

Ces chiffres me semblaient un peu optimistes, dès le début. Trop fixés dans le temps, alors qu'ils auraient dû refléter l'actualité et l'attrait bien naturel de la nouveauté. Ce qui voulait dire qu'il y avait un moteur de recherche greffé sur l'adresse du site sans en donner le réel usage.

Des questions légitimes à se poser. Des réponses peu déterminantes.

Dernièrement, autre ressource, je tentais l'utilisation de "Google Analytics".

Un peu de codes à insérer dans la page est nécessaire. Cela ne fonctionne pas tout de suite. Un peu de patience et cela finit par marcher. Consultées, jour après jour, les courbes et fait nouveau, les pays "participants" entraient dans la liste des "touches" et se greffaient dans les statistiques.

Je dis "touches" et pas "lectures". Personne ne peut dire ce que représente la réelle fréquentation d'une page et si sa lecture avait été superficielle, lue en diagonale, longitudinale ou, plutôt, suivait une erreur d'aiguillage.

Pour les archives, un rapport pouvait être créé automatiquement à terme échu.

Un indice, le temps moyen consacré à la lecture d'une page. Un peu plus d'une minute en moyenne... Serait-ce des lecteurs "Lucky Luck" qui tirent plus vite que leur ombre? Non, cette référence temps ne veut rien dire. Rester sur une page, pendant une heure et ce sera le même tarif maximal prévu. 

Albert Camus écrivait en 1953 dans ses Cahiers" Je demande une seule chose, et je le demande humblement, bien que je sache qu'elle est exorbitante : être lu avec attention".

Non, ce sont ici des stats ce qui veut dire une moyenne sinon n'importe quel rédacteur en arriverait à se demander s'il n'a pas été idiot d'avoir passer autant de temps à l'écriture d'un billet face à des Lucky Luck de la lecture.

Une vue générale du tableau de bord

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Géographiques par pays et par villes:

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En arriverait-on au fantasme d'être le maître du monde pour moins que cela...

Waw, 80 pays qui ont fait au moins une "touche" sur ce blog. Comment ne pas être satisfait avec ce genre de stats?

Par flux de visiteurs, par vagues, sans tsunami:

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Alors, il y a les fameux mots clés. Les clés de l'espoir ou du désespoir du lecteur... Google donne des résultats de recherches aux utilisateurs sans qu'ils aient osé le demander.

Des mots qui sont utilisés lors de la pêche aux informations, permettent de se forger une idée de ce que les gens recherchent.

Le mot "humour" revient souvent. C'est la doctrine si pas le médicament de la maison "enfoirée". J'en suis, donc, fort aise. Ensuite, il y a les événements ponctuels qui se retrouvent dans ces mots clés ou qui suivent les liens directs avec l'actualité.

Plus surprenant, c'est de voir réapparaitre de très vieux articles ressortir de l'oubli et se déconnecter de l'actualité. Un goût pour la nostalgie m'a poussé à les relire.

Dernièrement, une nouvelle version de ces analyses Google Analytics est arrivée. Toujours, en version bêta, mais celle-ci a l'avantage de permettre de se pencher en temps réel sur la question et non plus à terme échu. Les pays et les villes d'où partent les recherches apparaissent.

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Plus surprenant, les lecteurs qui se glissent à partir de ces pays et de leurs villes, ne parlent pas normalement la langue de Molière. Les traducteurs automatiques seraient-ils suffisamment compréhensibles pour concourir à cette ouverture sur le monde? De découvrir, ce qui intéresse à l'autre bout du monde est encore plus intéressant.

Je me suis prêté au jeu. J'ai commencé à voyager et me suis informé de ce qui se disait sur les villes mentionnées qui, pour moi, étaient restées jusque là, inconnues. J'avais, ainsi, gagné ma part de bénéfices. 

Quant aux commentaires qu'un article suscite, cela n'est pas censé en donner plus. Cela semblait pourtant un souci majeur pour un rédacteur qui se posait la question "Mais où sont passés les commentateurs?". Le problème, il ne voyait pas le grain de sable qu'il avait lui-même dans l'œil en ne répondant pas lui-même aux questions posées. Un peu d'humilité, que diable.

De toutes manières, les commentateurs sont libres de suivre leur propre voie ou de faire dévier le billet qu'ils commentent, quitte à devenir des trolls de la plus belle eau vive. Alors pourquoi s'inquiéter?

0.jpgUn commentaire déjanté, j'aime. Un autre qui ajoute des compléments d'informations, j'adore.

Très intéressants pour le rédacteur et ses lecteurs. Des articles en parallèles que je découvre, ajoutent ces "plus" nécessaires pour compléter un sujet et entrent dans les commentaires par mes propres soins.

Quant aux trolleurs, c'est au rédacteur de déjouer le piège du "trolleybus", de resserrer les rangs et faire regagner la case de départ en douceur en cas de déviance majeure.

Seule, la censure est contre-productive. "Tout ce qui n'est pas interdit, est permis", dit Fréderic Taddei et il a raison. L'alterité et les contradicteurs doivent rester les bienvenus. Aller à la rencontre de son autre pour y percer son imagination et travailler ensemble sur les failles du système démocratique.

L'interactivité qu'offre Internet, c'est aussi savoir accepter de se tromper pour ne pas avoir tout vu et tout analyser.

Seul les paroles et leur formulation sont importantes pour éviter une censure malheureuse. Si les mots peuvent guérir au chevet d'un psy, ils peuvent aussi tuer.

Pas de risques, écrire un billet, c'est en premier destiné à son propre auteur pour l'enthousiamer ou le rebuter.

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Le cas récent de Claude Guéant est caractéristique. Le choix du mot "civilisation" cassait son message. La correction aurait été de remplacer le mot "civilisation" par celui de "régime" et, ainsi, éviter un choc de civilisations.


La semaine dernière, Caroline Fourest était réduite au silence à l'ULB. Inacceptable, pas d'autre mot. L'université a le libre examen comme base de formation. La démocratie en prenait subitement un coup. Le moyen d'en parler qui recherchait la polémique vindicative, n'était pas le style le plus adéquat. Mais, passons...

Sur Réflexions du Miroir, pas de commentaires censurés. Quelques tentatives d'introduire des commentaires qui n'avaient d'autres buts que d'apporter de la publicité commerciale. Un pseudo comme "Comment maigrir en douceur" suivi du lien vers un site qui serait censé de vous faire perdre des kilos. Là, oui, je me suis permis de rebaptiser le pseudo en "Jean Legros" et de supprimer le lien. Cela a suffit pour faire changer de crèmerie ces amateurs de bonnes soupes, après quelques tentatives. "Faut toujours pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages", comme le disait un vieux film.

0.jpgLe vivre-ensemble, de plus en plus compliqué? Bonne question.

Dans un forum sur Internet, ce n'est pas différent des écarts d'idéologies qui poussent au rigorisme et à l'intégrisme. Des modérateurs se veulent les ambassadeurs intermédiaires. Ils se sont infiltrés pour calmer ces ardeurs vindicatives et parfois dépassent leur prérogatives et fonctions. Il est à espérer qu'ils ne se mettent pas à fermer trop de robinets sous peine de tôt ou tard, couper tout le débit et le profit de la concertation.

Rédacteur, modérateur, pendant un an sur Agoravox.fr, je connais ce que peut comprendre un travail qui se voudrait honnête. Je ne m'y contente plus, désormais, que du rôle de commentateur. Tout passe, tout lasse, tout casse.

Jusqu'où aller trop loin et accepter ce qui est fulminé?

Pour la théorie, la détente, les formes facilitent pour faire passer un message. Discuter se fait en laissant les chapeaux haut de forme au vestiaire.

En pratique, la hargne se consomme et consume ceux qui s'y adonnent un peu trop sans réfléchir sur ce qu'est une base de réflexions et son aboutissement. Compulsif, épidermique, le message prend une tournure de propagande déguisée.

Pas de doute, fréquenter un forum de discussion, sous les fils de la Toile, aguerrit.

On y apprend à connaître les notes, les accords et la musique dodécaphonique. Ce n'est plus tout à fait le "premier qui dit la vérité, doit être exécuté", mais " le dernier qui a parlé, a raison de toutes façons". 0.jpg

Je continuerai des sorties sur d'autres forums pour tester la température extérieure qui reste une opération instructive pour ne pas rester en vase clos.

Que constate-t-on sur ceux-ci?

Une volonté d'exprimer son ressenti pour exister dans l'actualité. Des expériences personnelles deviennent des sujets d'articles, parfois des romans fleuves ou encore, finir comme thrillers pour appâter la galerie.

Pas de problème car une certaine lassitude s'est emparrée du bon peuple, endormi perdu derrière la masse des textes à lire en perpétuelle augmentation.

0.jpgEssayez, vous verrez. Écrivez sur votre blog que, mal dans votre peau, vous voulez en finir avec la vie et vous verrez qu'il y aura peu de monde pour vous demander des explications, pour tenter de vous porter secours en vous donnant envie de changer d'avis. Beaucoup, par contre, seront là pour vous proposer la dernière histoire de Cendrillon ou de Belphégor dont ils ont le secret.

Le mal-être, trop commun pour émouvoir, ne fait plus recette. Le "suicidé" doit faire semblant et prendre des gants pour le dire avec le style de "Je suis perdu, ne m'aidez pas" tout en gardant le "privilège" d'être moinssé ou plussé plus souvent que d'être commenté. Le travail en vase clos s'est installé.

Ailleurs, je lisais un commentaire qui disait "Merci de ce billet pédagogique. Je vais tenter de le traduire pour mon blog, si vous le voulez bien.". Tout de suite accepté à condition de ne pas oublier de mentionner l'origine de cette 7ème merveille du monde.

Gagné. C'est moins avoir à réfléchir pour l'un et une occasion d'être diffusé à bon compte pour l'autre. Une solution win-win en quelques sortes. C'est ainsi que se propage l'info unique et intransigeante.

"Moins on a de culture, plus on l'étend", me souffle, mon copain avec humour. En verve, il poursuivait sur sa lancée par "moins on a de raisons, plus on gueule pour se faire entendre".

Non, ce jour-là, il en avait dans le tibia, mon copain. J'espère qu'il ne me demandera pas trop de droits d'auteur pour en avoir fait état. :-)

Non, propager les idées, traduites ou non, est bien. Les annalyser en annexe, les confronter à d'autres est encore mieux, un plus aussi bien pour les deux interlocuteurs de l'échange d'information.

Une constatation générale, les articles et les commentaires sur Agoravox, comme forum citoyen, expriment, de plus en plus, le mal-être généralisé actuel.0.jpg

Nous sommes en plein dans "La construction du surhomme" comme l'a écrit récemment, Michel Onfray. L'histoire du Grand Homme et de son aspiration à la Vie Sublime dans ce siècle. Tous s'expriment et peu entendent et écoutent les autres. L'interactivité égalitaire a été oubliée. C'est devenu l'ancien café de commerce mais sans café dans lequel on vend mais on n'achète rien même si c'est gratuit. Dans ce livre, Onfray citait Jean-Marie Guyau, dopé au stoïcisme à la philosophie vitaliste comme machine de guerre contre la morale kantienne avec des relents de républicanisme, d'hygiénisme, de racialisme, de natalisme comme le serait un Nietzsche français, sans atteindre l'original. Le dernier chapitre, "Apprendre à mieux s'eJouir", je l'écrirai, pour la circonstance, avec un petit "e" suivi d'une majuscule pour l'associer à la Toile.

Théorie de lire ce constat du surhomme et ce qu'il en est fait, qui se traduit par un certain défaitisme? Une envie d'exprimer pour l'un et le peu de ressort de l'autre à la réception? Paradoxal? Peut-être pas. Nous sommes à l'ère de l'image et plus à celle du texte.

Pour finir, je ne vais pas vous faire l'injure de vous apprendre comment ces statistiques sont générées et que c'est via un bon référencement que les moteurs de recherches sortiront  les premiers de classes dans une liste en réponse aux requêtes des internautes. La technique et les algorithmes sont d'ailleurs plus complexes qu'on pourrait le croire. 

Améliorer le positionnement est crucial pour être lu dans le dur monde de la Toile. Il y en a de deux sortes de référencement, les "payants commerciaux" et les "naturels". Les "commerciaux" sont hors concours, ils ont payé et donc occupent la prépondérance. Les "naturels" se cherchent un voie via des mots clés bien choisis, par une popularité qui se veut bien choisie avec des poussettes dans un dos virtuel. Plus le nombre de visites d'un site, mieux il augmentera par la suite. Le référencement d'un tiers, le "netlinking", avec des hyperliens qui pointent sur le beau blog externe qui ne dit que la vérité toute nue et bien crue, ajoute une couche aux références.

Les professionnels du référencement ne cherchent pas trop la réponse à la confusion entre morale et droit et visent à "tromper" les moteurs de recherche.

Les lois en la matière sont floues. Donc pas de quartier. Se limiter en fonction de l'usage pour respecter une concurrence loyale serait sage, mais tant que ce ne n'est pas clairement dit...

0.jpgSonder, sonder encore, il en restera peut-être quelque chose.

Tout à fait entre nous, les statistiques ne m'ont jamais influencé outre mesure. Je ne verrais pas jouer à ce genre de biais artificiel.

Comme conclusion à ce septième anniversaire, comme j'aime le faire, je sortirai du chemin des référencements, du thermomètre des statistiques, des blogs, des billets par le seul "humour".

"Ce n'est plus l'ire mais le rire qui tue". Le rire est l'arme fatale à utiliser comme tombeur de l'esprit trop sérieux. 

Je ne pouvais trouver mieux que celui du café serré qui parlait de "désamour", le jour de la Saint Valentin. "Le désamour, ce sentiment terrible  et douloureux qui arrive lentement ou tout d'un coup et par lequel celui qui a longtemps aimé, n'aime plus", comme disait Thomas Gunzig et qui me réconcilierait avec les contradicteurs les plus virulents. 0.jpg

Le lendemain, Thomas remettait cela en se surfant sur une vague plus osée encore, en allant chercher les philosophes grecs à la rescousse. Avoir un père cosmologue, professeur de relativité générale qui s'intéressait au vide cosmique, auteur de la théorie du bootstrap, est un gage de pas mal d'originalités potentielles.

Vive Démocrite. Il avait tout compris ce philosophe avec l'humour comme incitant, même s'il n'aurait plus toute sa superbe, aujourd'hui.

Oui, l'humour tue, comme le reste, mais au moins on aurait une belle histoire à raconter "après" avec les zygomatiques, bien proéminents

0.jpgCe billet était, plutôt, un "thé fort bien trempé" du matin. Le café serré, je le garde toujours pour le dessert.

Comme en parlent les sphères autorisées, je n'utiliserai  pas la vulgarité du mot "papier".

Sinon, dans le cas où je serais encore là dans quatre ans, au prochain anniversaire en nombre premier,  les statistiques en 3D devenues ringardes, et qui sait, je les exigerais, peut-être, en 4D.

Des statistiques en fromages en 4D, dont on sentirait jusqu'à l'odeur et avec les couleurs psychédéliques du temps qu'il fait.

Entre temps, à vous de tirer vos propres conclusions de cette stratégie, de cette "tragédie" que sont les chiffres et les "statistiques".

Parler toujours de "Statistiquement vôtre", oui, mais, ce sera vraiment au doigt et à l’œil.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « T'échappes à la police, pas aux statistiques. », Jean-Jacques Goldman
  • « La raison d'être des statistiques, c'est de vous donner raison. », Abe Burrow
  • « Les statistiques, c'est comme le bikini. Ce qu'elles révèlent est suggestif. Ce qu'elles dissimulent est essentiel. », Aaron Levenstein
  • "Il y a 3 mensonges: les petits mensonges, les gros mensonges et les statistiques", Marc Twain

 

Si, pour changer, on torturait un peu la fable de La Fontaine "La Mouche du coche" que j'appelerai:

"Le Moche et les Mouches"

Dans un blog montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés aux critiques, exposé,
De bonnes mouches extrayaient le moins moche.
Mouches jeunes, vieilles, toutes étaient tendus.
Sur un article, tous suaient, soufflaient, pendus.
Un Moche survient et chacun d'eux s'approche;
Il prétend les animer par étonnements;
Pique l'une, éveille l'autre, pense à tout moment
Que comme bon patron, ferait tourner la machine,
S'assied au bureau avec l'idée sous le nez;
Aussitôt aguichés, les sous-mouches s'agglutinent,
Il voit celles-ci, penseuses se rassurer,
Il s'en attribue uniquement la gloire;
Va, vient, l'air empressé; il semble que ce soit
Une guerre, une bataille, à gagner en tout endroit
Secouer hiérarchie, pour hâter la victoire.
Comme un Moche, il a ce commun besoin
Mais se plaint qu'il agit seul par tous ses soins;
Qu'aucune aide des mouchettes ne le tire d'affaire.
Les sous-mouches lisaient leurs abécédaires;
En prenant trop peu de temps! Un Lecteur pleurait;
C'était pourtant bien d'une chanson qu'il s'agissait !
Le Moche retourne chanter à leurs oreilles,
Et fait, orgueilleux, cent sottises pareilles.
Sur la photo, depuis, il arrive en haut.
Respirons maintenant, dit-il aussitôt:
J'ai tant fait pour vous, écrivains. Oubliez la haine.
Mes chers Lecteurs, payez-moi de ma peine.
Pour que d'autres Moches, faisant les empressés,
Frais, émoulus, ne s'introduisent dans nos affaires:
Poussés par on ne sait quoi et faire les nécessaires,
Donner une image importune qui soit mouchée.

 

09/02/2012

Timeline et généalogie en ligne

Faudrait-il essayer de réinventer la roue pour faire plaisir à ses fans? Il n'y a pas qu'en politique que le populisme existe.

0.jpgPlus d'un an que le film de l'histoire de Facebook et de Zuckerberg, est sorti.

Facebook enclenche la plus grosse entrée en Bourse de la net-économie.

Le but: lever 5 milliards de dollars même si le groupe n'a pas prévu d'utilisation particulière de cette manne.

D'avoir voulu introduire son IPO en Bourse a obligé Facebook de remplir les formulaires correspondants  à la "Securities and Exchange Commission" et, ainsi, de dévoiler ses points forts et ses points faibles.

Alors les analystes se demandent s'il faut investir dans Facebook.

Que se cache-t-il derrière cette virtualité dans laquelle baigne Facebook? 9 chiffres à couper le souffle et d'autres points qui pourraient faire suffoquer.

Un chiffre d'affaire de 3,7 milliards de dollars, un résultat opérationnel de 1,95 milliards et un bénéfice distribuable de 668 millions. Ça baigne, donc...

Un potentiel incroyable mais beaucoup d'embûches tout aussi potentielles...

L'amitié comme nerf de la guerre, terrible invention! En substance, les amis de mes amis, même virtuels, sont aussi mes amis. 0.jpg

Les risques sont loin d'être virtuels.

1er risque: Le mobile: Le principal talon d'Achille de FB c'est d'être trop dépendants de facteurs externes et qui, en plus, sont souvent conjoncturels. La publicité est la source de revenus de Facebook avec quelques abonnements "Like" qui permettent à ceux qui paient de suivre de manière plus orientée.

2ème risque: La gestion des données : Avec des problèmes de vie privée et les attaques potentielles par le phishing.  

3ème risque: La concurrence: L'armada de Google d'abord avec les vidéos Youtube. "Plus moyen de cacher vos émotions: les publicitaires lisent directement vos pensées dans votre cerveau". Avoir obligé Google d'augmenter ses salaires pour empêcher la fuite des cerveaux vers FB, n'est pas une mince affaire.

Puis, en tant que réseau social, se positionner entre Okut en Amérique du Sud, Odnoklassniky en Russie et Weibo, Baidu, ... Duban, Kaixia001 pour la Chine où Facebook ne passe pas reste un une gène majeure. Les séductions chinoises seraient justifiées en honneur de l'année du dragon. LinkedLn et Twitter restent, eux, les liens pour les professionnels. Donc, moins de risques.

Mais, Sheryl Sandberg, la n°2 de Facebook est une transfuge de Google. Elle connaît donc la musique.

0.jpgQuotidienne d'Agora donnait son opinion: "Fascinant... Il est rare qu'une introduction en Bourse déclenche une telle crise d'hystérie. Celle-ci est alimentée par des chiffres qui font rêver : sur les 3200 employés de Facebook, un millier environ deviendrait millionnaire. Le fondateur du réseau social, Mark Zuckerberg, qui possède 28% des parts de l'entreprise, devrait bientôt peser 20 milliards de dollars. L'IPO de ce réseau social deviendrait si elle est acceptée, la quatrième introduction en Bourse américaine la plus importante de tous les temps, après celles de Visa, General Motors et AT&T.D'après les informations du Wall Street Journal, la valorisation de Facebook devrait se chiffrer entre 75 et 100 milliards de dollars, ce qui mettrait le réseau au même niveau que le géant du fast-food McDonald's. Facebook annonce 845 millions d'utilisateurs. Ce qui signifie que chacun d'eux a rapporté 4,37 $ de chiffre d'affaires et 1,18 $ de bénéfice. Par contre, si on prend en compte la valorisation espérée (100 milliards), chaque utilisateur "vaut" 118,34 $. Facebook afficherait donc un PER de 100. Les grandes ambitions : augmentation du nombre d'utilisateurs et faire exploser les revenus de partenariats ou publicitaires. Google fonctionne aussi bien sur ce modèle publicitaire... Sauf que les attentes ne sont pas les mêmes. Un utilisateur du moteur de recherche de Google est à la recherche d'une information ou d'un site dans une démarche active qui le poussera à accorder plus d'attention aux publicités et liens proposés par Google. L'utilisateur de Facebook, lui, cherche à être en relation avec sa famille et ses amis, partager liens, commentaires, activités avec eux et non pas forcément cliquer sur le lien qui vous promet deux tailles de pantalon en moins. La sphère de la vie privée est-elle compatible avec la publicité? Monnayer les données personnelles fournies volontairement par ses utilisateurs est une solution qui risque de se heurter à quelques problèmes légaux et de protection de la vie privée. La bulle Internet 'dot.com' a laissé des traces. Les introductions en Bourse de sociétés Internet étaient 48 en 2011 contre 304 en 1999. Facebook a mis du temps à s'introduire en Bourse. L'attente est énorme et le cours d'introduction risque d'être surévalué. Que produit Facebook ? Pas grand chose.".0.jpg

Tout est dit. Sortons de la Bourse et de ces chiffres. Ce qui fait vivre un site, ce sont ses mises-à-jour et ses nouveaux projets.

En préambule, à ce sujet, il était question de réinventer la roue. Attention pas la roue bien ronde, mais de celle du temps que Facebook voudrait, cette fois, présenter à la vue du monde.

Aux dernières nouvelles, Timeline est le petit nouveau. Un journal ou une généalogie?

Avant, il y avait la recherche par la généalogie des ancêtres. Il existait des outils pour se faire aider.

Fallait-il aller plus loin et utiliser ce qui existe déjà pour l'étaler au grand jour en remontant dans le temps par les photos déjà à l'abri de son mur? 

Remonter l'histoire de ses ancêtres demeure une entreprise bien plus studieuse et fastidieuse. Aller à la mairie ou à la commune, demander des actes de mariage, de naissance, de décès. Timeline qui arrive, veut-il répondre à ce "nouveau" besoin.

"Sélectionnez vos publications, vos photos et autres instants les plus mémorables pour les mettre en avant. Votre histoire a un début, un passé et un présent" est-il dit sur le site de Facebook.

0.jpgHier, on faisait appel à des logiciels comme MyHeritage qui se présentait en ces mots:

My heritage : logiciel gratuit pour faire votre arbre généalogique

My Heritage est le logiciel parfait pour vous aider à retrouver les liens tissés entre tous les membres de votre famille.
Dès l'accueil,vous êtes invité à entrer quelques infos succinctes sur vous et vos parents. Une fois que vous avez fourni ces informations et enregistré votre adresse de courrier électronique , afin de vous créer un compte gratuit, une ébauche d'arbre apparaît. 
Une fois votre arbre affiché, l'enrichir est un jeu d'enfants. A cet endroit, vous pourrez mentionner des données plus précises, les événements marquants de sa vie.
My Heritage compare votre généalogie à celles des très nombreux autres utilisateurs. Et dès qu'une correspondance éventuelle est trouvée entre votre arbre et un autre, le site vous prévient et vous permet de rentrer en contact avec son auteur.

A première vue, l'idée de conserver son histoire n'est pas très neuve.

Timeline sera-t-il de la même profondeur, aura-t-il le même design?

Cette fois, avec Timeline, nous ne sommes plus au sommet de l'iceberg de l'individualité, mais au fond des océans à la recherche de petits et de gros poissons.

Vos actualités

Sélectionnez vos publications, vos photos et autres instants les plus mémorables pour les mettre en avant. Votre histoire a un début, un passé et un présent.

Que dire des sociétés qui se disent encore: "et si on interdisait Facebook de l'entreprise" parce qu'il pourrait nuire à la productivité?0.jpg

Intranet, inventé pour palier cette explosion de "nuisances", n'efface pas le besoin d'en sortir et d'entrer sur la grande Toile. Supprimer Internet et puis, pourquoi pas, le téléphone.

Jacques Folon répond qu'il faudrait, au contraire, rendre le "système" plus efficace.   L'e-réputation, l'e-éducation en prendrait un coup.

Les échanges d'informations, les communications prennent de plus en plus de temps et pas uniquement au niveau professionnel.

0.jpgTimeline intéressera quel type d'utilisateurs? Certains se sont déjà aventurés et ont aimé le design, d'autres demandent de revenir à la version précédente.

Le 7 août 2008, le journal l'Écho se posait la question "A quand une réelle mémoire virtuelle?". On y parlait de MyLifeBits, une base de données au modèle de portails internet actuels qui servirait de palliatif aux oublis de notre mémoire. Gordon Bell, pionnier de l'informatique de chez Microsoft, y enregistrait et numérisait tous les détails de sa vie par tous les moyens existants. 160 GigaBytes actuellement de "lifelogging". Démentiel, peut-être. Mais, une "vie en boîte" pourrait aussi servir de point de départ à une autre pour éviter les mêmes erreurs. Cette manière de se "sauver" serait d'après lui, dans 20 ans, monnaie courante. Qu'adviendrait-il, si on intégrait toutes ces bases de données d'individus par des liens en commun? Un nouveau monde plus structuré, peut-être, mais moins libre aussi. Les informations que l'on trouve sur internet, constituent une source inépuisable toujours en évolution, toujours à la recherche de la valeur ajoutée. Il est cependant à rappeler qu'il est aussi tentant de se perdre dans des copier-coller très difficiles à détecter. Plus grave encore, cette information peut être falsifiée ou tendancieuse.

0.jpgNous y sommes. C'est parti... Il y en a qui testent déjà.

En pratique, le cahier des charges de Timeline est clair: "Il permettra de prévisualiser votre journal pendant 7 jours avant qu’il ne devienne visible par les autres utilisateurs. De choisir ce qui sera mis en valeur en  incluant quelques-unes des meilleures photos et actualités. De masquer ou de mettre en valeur ce qui est voulu et d'y ajouter tout ce qu’il manque. De contrôler qui voit les activités et les informations à partager avec des personnes avec qui on partage une activité. De changer d’avis et de modifier qui voit les activités, les supprimer ou simplement ne pas les afficher dans votre journal."

Créateur de malwares à vos marques! Une aubaine de plus pour les pirates, qui, eux, récupéraient déjà les révélations personnelles offertes sur Facebook. Il y avait déjà les like-jacking. Ce petit outil qui se glissait derrière la fonction "J'aime" et qui, détourné, élargissait le trafic de manière exponentielle pour récolter les revenus publicitaires au site hébergeur.

Il faudra maintenant élaguer, comprendre ce qui est stratégiquement utilisable par d'autres. Faire le tri et puis peut-être, protéger ses infos si ce n'est pas fait.

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Pour l'utilisateur de Facebook, se rappeler que la meilleure façon de protéger ses informations, c'est de ne pas les donner.

Détruire son blog est relativement facile. Tout ce qui extérieur l'est moins. Une nouvelle niche est née, "nettoyeurs du Web" comme agence spécialisée. Un forfait de protection, veille et intervention qui peut atteindre 1500 euros par mois comme produweb pour l'e-reputation et "se faire oublier". Un marché qui pourrait atteindre 3,1 milliards de dollars à l'échelle mondiale en 2013. La Commissaire, Viviane Reding, a renvoyé le projet en Commission à l'Europe.

0.jpgPour Facebook, se rappeler qu'être le premier est une force mais le rester est un challenge, car les amis en Bourse, c'est pas demain la veille...

Être et rester sur la vague de ce que les gens veulent ou pensent vouloir, voilà tout le problème que ce soit "Made in USA" ou "Made in China".

Le premier invente le grand jeu et l'autre le perfectionne à sa mode. Au milieu, il y a l'utilisateur, le consommateur qui veille.

Il y a bien longtemps, dans un film mythique, il était demandé "Vous affez du "à l'ail?"".

C'est encore plus vrai aujourd'hui.


L'enfoiré,


Citations:0.jpg

  • «La généalogie est une science rigoureusement inexacte, à cause des bâtards. », Léo Campion
  • « Généalogiste : quelqu'un qui remonte la lignée de vos ancêtres aussi loin que vous pouvez le payer. », Tom Mayer
  • « Il faut 20 ans pour bâtir une réputation et 5 minutes pour la détruire", Warren Buffet

 

C'est parti à 35$ l'action, Zuckerberg a sonné la cloche à WallStreet... 

Puis...cela a coincé: cela a monté... et puis dégringolé...

0.jpgMise à jour 17 aout 2012: "Les actionnaires de Facebook ne quittent pas (tous) le navire.
Depuis l’IPO, l’action FB a perdu 50% de sa valeur.
Le directeur financier de FB, Peter Thiel, a déjà vendu 16,8 millions d’actions depuis l’entrée en Bourse. 9 autres millions sont passés de classe B (non vendables sur le marché) à la classe A. 0.jpg
Les salariés de FB doivent attendre le 14 novembre pour vendre les leurs.
D’autres investisseurs n’ont plus de raison de vendre à perte actuellement et attendent mieux et des jours meilleurs.

0.jpgMise à jour de 26 septembre 2012: le vrai-faux bug. Les messages qui sont remontés à la surface, par l'intermédiaire de Timeline, sortant du domaine privé à celui du public. Rumeur? 


0.jpg

Mise à jour janvier 2013:1.jpg 







1.jpg Facebook est contraint de se réinventer, une nouvelle fois. "News feed", la nouvelle formule pour renouveler la page d’accueil avec plus de pertinence. Le logarithme EdegeRank de l'année passée doit être revu pour renforcer le taux de participation, d'engagement, en baisse pour 34% d'Américains. Corriger la lassitude des jeunes de mons de 30 ans qui ont l'impression de perdre leur temps et d’utiliser un outil ringard.  GraphSearch n'était qu'une autre étape. Les microblogs Tumblr, Twitter, Snapchat grappillent des parts du marché de la pub. Des photos qui s'autodétruisent, non pas chez Facebook...

02/02/2012

Kodak, une société qui a raté son tournant?

Parler de sociétés qui ont raté le tournant du progrès, cela arrive plus souvent qu'on le pense.  Cela se produit par beaucoup de détours, de stratégies boiteuses. C'est aussi une concurrence débridée, des prix demandés, une souplesse perdue, une situation mal évaluée, une erreur de "Fusion ou de scission"... Quand il s'agit d'une marque comme Kodak que l'on associe avec le produit en oubliant le mot exact qui s'y cache, là, on passe à la vitesse supérieure.

0.jpgLa photographie en analogique, le cinéma 8mm ont été des passions pour moi. La photographie l'est encore d'ailleurs.

L'histoire de la photo et du passage au "numérique", une histoire de "petit oiseau de sortie".

A l'époque, il était déjà question du cas malheureux de Polaroid et de la photo au développement instantanée toujours sur papier qui était en difficulté. La société Polaroïd s'est restructurée depuis. Relancée dans la bataille en juin 2009 avec le "Polaroïd Two" qui "parle", désormais, en 5Mpix, minimum.

En 2004, c'était le moment où le producteur de pellicules photographiques, Ilford, était sur la sellette. Cette société anglaise fut scindée et une partie passait d'abord sous le drapeau suisse avant de se retrouver sous celui du japonnais "Oji Paper Co. Ltd".

"Fujifilm" avait senti le vent du boulet dès 1988, en sortant le 1er appareil numérique avec carte mémoire DS-1P et lançait FinePix.

Les pellicules en rouleaux de 24x36, c'est fini ou presque.

0.jpg

Ce 19 janvier, Kodak déposait son bilan. Là, c'est un coup de grisou dans la mine aux pépites. Si pour les premiers ordinateurs, on avait l'habitude de dire "machine IBM", pour la photo, on parlait d'un "Kodak".

Sous la protection du "Chapter 11" de la loi américaine sur les faillites, il était précisé que "Les filiales du groupes situées hors des États-Unis ne seraient pas concernées par cette mesure".

Le logo de la société devient vraiment, avec son "K", une transfiguration de l'événement avec une flèche qui semble percer un mur.

Dès 2003, 13 usines, 130 laboratoires et 47.000 postes allaient dans la trappe de l'histoire?

La couleur jaune pour Kodak, le vert pour Fuji, le noir pour Ilford se reconnaissaient sans lire la boîte du film.

Là, vraiment, plus que pour Polaroïd, il y a des questions à se poser.

Kodak entrait déjà dans la liste des candidats au suicide programmé et des restructurations de personnel ne change rien à l'affaire.

Kodak est né en 1890. La société a dû en connaître des remises en question, mais conjoncturelles en analogique et non structurelles.

Elle n'avait pas saisi, à temps, l'enjeu de l'imagerie numérique et le passage à Internet. Un plongeon vertigineux s'en est suivi.

Dans le Dow Jones, cela a faisait 70 ans que Kodak fut présente. Au plus haut, l'action Kodak avait plafonné à 70$. Elle était dernièrement inférieure au dollar. Elle n'est peut-être pas la seule dans le cas en temps de crise, mais comme indice de la déchéance, on ne peut trouver mieux. 

La société a été incapable de se réinventer. Elle a capitalisé sur ses acquits et ses brevets.

Elle avait une position enviable dans le cinéma jusqu'en 2008. Même au cinéma, la pellicule s'est numérisée. Pas de détérriorisation de la pellicule, moins de place nécessaire, en numérisé, ce qui fait toute la différence.

Alors, il serait intéressant de chercher les raisons qui ont fait que Kodak a raté le coche et que le souffle du vent l'a emporté.

Le site de Kodak dit en préambule "En 1888, avec son slogan "You press the button, we do the rest" (Vous appuyez sur le bouton, nous nous chargeons du reste), George Eastman met le premier appareil photo simple d'utilisation entre les mains des consommateurs. Par cette initiative, il rend un procédé auparavant encombrant et difficile à utiliser simple et accessible à tous. Depuis cette époque, Eastman Kodak Company n'a jamais cessé d'innover en offrant une multitude de nouveaux produits et procédés destinés à rendre la photographie plus simple, plus pratique et plus agréable. Aujourd'hui d'ailleurs, Kodak n'est plus seulement connue pour la photographie, mais aussi pour l'exploitation des images dans une multitude d'applications de loisir, commerciales, de divertissement ou encore scientifiques. L'utilisation d'une technologie associant images et informations est en effet de plus en plus présente dans ces secteurs et permet de changer radicalement la manière dont les gens et les entreprises communiquent. Dans le même esprit qu'Eastman, qui avait pour objectif de rendre la photographie « aussi pratique que le stylo », Kodak continue d'explorer les multiples façons dont les images interviennent dans notre vie quotidienne. La société Kodak se classe parmi les plus grandes multinationales et jouit d'une reconnaissance de marque quasi universelle.".

Vers les années 1930, Eastman fut atteint d'une maladie de la colonne vertébrale qui menaçait de le rendre handicapé à vie. Ne pouvant supporter cette idée, il se suicida en 1932 en se tirant une balle dans le cœur, laissant derrière lui un message écrit: « Mon travail est accompli. Pourquoi attendre? ».

Il est mort, une deuxième fois.

0.jpgIntéressant de lire la suite de l'histoire de Kofak, pavée de très bonnes intentions. Huit Oscars, cela devait se savourer à sa juste valeur.

Et c'est vrai, cela aurait pu continuer avec la taille de l'Instamatic. Les compacts existent toujours mais en numérique avec le surnom de APN, pour les intimes. Comble du comble, le premier APN, c'était Kodak qui le sortait en 0,35 Mpix.

Alors quoi, la direction avait trop bu et s'était vraiment endormie?

Sur leur site, la chronologie continue jusque en ... 1999.

Entre 2000 et 2011, un des deux liens donne une réponse très peu orthodoxe : "Server Error in '/ek' Application. The resource cannot be found.".

L'autre, plus à gauche sur l'écran, est présent mais la chronologie s'arrête dans le temps à juillet 2008 avec la dernière innovation "Kodak introduit des produits haute définition comme la caméra vidéo de poche KODAK Zi6, pour une réalisation et un partage de vidéos facilités, et le lecteur HD cinéma KODAK, pour la visualisation d'images et de vidéos sur téléviseur HD.".0.jpg

Là, cela sent vraiment le sapin cuit. Si on ne met pas à jour son site de sa chronologie, c'est qu'il vaut mieux ne plus rien en dire sur Internet.

Voyons les tabs "Innovation" et "Leadind the way", traduit de l'anglais, cela donne:

Image Partagée: Certains de nos moments les plus émotionnels sont capturés dans les images. La technologie numérique ne l'a pas changé, mais il nous a donné des façons plus rapides et plus faciles de partager nos images avec les gens qui importent le plus. Les scientifiques de Kodak ont travaillé des façons de rendre plus facile de capturer, classifier et partager des images à travers le temps et l'espace.

Image Imprimée: Les images imprimées nous entourent à chaque moment, en passant souvent inobservées. En plus des livres, les magazines et les journaux, là, sont imprimés les images sur les produits que nous achetons, les annonces que nous voyons, les vêtements que nous portons, le courrier que nous recevons et des centaines d'autres endroits. La révolution numérique ouvre la porte à une gamme entière de nouvelles possibilités d'imprimerie et Kodak est en tête.

Mouvement de l'Image: Les films ont défini l'amusement pour les générations. Les technologies inventées pour les professionnels de film sont de plus en plus accessibles à chacun; le fait de capturer et le fait de partager l'image bougeante deviennent une partie importante de l'expérience humaine, des films de multimillion de dollars aux vidéos de famille prises avec un appareil de photo de vidéo de grandeur de poche.".

Donc, le numérique était bien dans les plans et les projets stratégiques mais il n'a pas su aboutir ou poursuivre sa route.

Alors, la faillite, à qui la faute? Le client, très certainement. Il a toujours raison. C'est lui qui impose sa loi par l'usure des systèmes alors que le marketing le pousse dans le dos avec des produits à en perdre le souffle.

0.jpgRecherchons sur Internet, ce qu'en pense les gens et les professionnels de cette lutte entre analogique et numérique. 

Au Québec, on trouve la nostalgie de la pellicule de Jean-François Villeneuve: « Les films Kodak, c'étaient les souvenirs, les albums photo pour la plupart des gens, mais aussi notre cheval de bataille, pour les professionnels. Travaillant maintenant en numérique, le médium analogique me manque. Des fois, la bibite me repogne, celle de développer en chambre noire, comme avant. Un processus que j'associe au plaisir, celui d'assister à la naissance de l'image après de nombreuses manipulations en chambre noire. La magie à découvrir la photo, avec les odeurs du laboratoire et toute l'attente qui vient avec le médium. Le marché professionnel n'y retournera pas, mais il y a encore un petit marché pour artistes et pour les gens qui prennent des photos pour le plaisir. Dans le cinéma indépendant, ça fait longtemps qu'on ne touche plus à la pellicule, surtout pour des contraintes de prix ».

Voilà tout est dit ou presque dans ces mots:  plaisir, passion, nostalgie et prix pour assumer l'ensemble.

Prendre une photo en numérique ne coûte rien à part l'amortissement de l'appareil. On effacel'image qui ne correspond pas au résultat désiré. On améliore le cliché en quelques clics avec un logiciel sur l'ordi et on envoit le tout à partir de la même source ou par l'intermédiaire de son GSM, vers tous les amis.

La seule remarque, on espère seulement que les logiciels de lecture resteront compatibles entre eux, que le RAW converti ne perdent pas trop de définition quand il passe en JPG.

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais j'ai encore beaucoup de travail pour convertir toutes les diapositives en Kodakchrome avant qu'elles ne prennent l'humidité et se fassent bouffer par les champignons. Les photos dans les albums, on continuera à les voir sans y bouger si le temps ne les délave pas trop avant qu'elles ne soient scannées.0.jpg

Lors de cette histoire d'oiseau de sortie, j'espérais encore pouvoir photographier en hybride et je gardais mon bel appareil CANON analogique perfectionné, bien au chaud, pour les cas où. Aujourd'hui, il est à la cave.

Trouver des pellicules vierges est devenu difficile. J'attends peut-être qu'il prenne de la valeur par son côté rétro ou pour l'envoyer dans un musée de la photographie. Invendable, sinon pour la beauté du geste.

Le matériel de laboratoire avec l'agrandisseur, les bassins, les cuves, a déjà été vendu pour une bouchée de pain à une jeune étudiante en photographie.

Un retour aux sources, dirait-on.

0.jpgLe système Ektaflex, le nec plus ultra pour l'époque, puisqu'il éliminait tous les problèmes de température à maintenir, de temps à compter avec précision, grâce au produit unique et la machine qui telle une essoreuse convertissait le négatif en positif, qui faisait oublier la période où il fallait près d'une demi-heure pour tirer une photo couleur pour s'apercevoir qu'elle était ratée en sortant de la cuve.

Ce procédé n'avait qu'un défaut majeur: son prix.  Les utilisateurs se sont questionnés, paniqués de ne plus trouver les ingrédients nécessaires.

Mais cela ne dit pas encore pourquoi le virage ne s'est pas produit chez Kodak.

Ce n'est pas uniquement un problème de sociétés liées à la photographie.

Il y a l'âge de la société, les manies, les meetings internes qui perdurent à n'en plus finir, les différents niveaux de management qui n'ont plus de stratégie commune ou plus osée. Quand le point critique est dépassé et que la souplesse nécessaire à la reconversion n'y est plus, il faut apprendre à s'effacer.

La "rupture numérique" n'est pas une péripétie. Elle n'a pas encore convaincu tout le monde. Le numérique a cassé les anciens rythmes du progrès pour en créer de nouveaux avec des processus évolutifs plus rapides.

En 2010, la firme Cokin avait une année difficile. Plutôt difficile de placer des filtres Cokin sur le petit appareil que l'on transporte partout qui fournit des photos de des qualités équivalente aux Reflex et qui fait entrer l'objectif dans sa boîte comme le petit oiseau de la pendule à coucou...

Le point positif, on n'a jamais fait autant de photographies que depuis l’avènement du numérique. On ne mitraille pas nécessairement pour changer d'angle de vue, mais pour trouver le meilleur sourire du portrait de sa chère et tendre devant le monument visité. Les souvenirs, cette fois n’ont réellement plus de prix.

Est-ce de bonnes photos? Bonne question. Je vous remercie de l'avoir posée. Sujet épineux, suggestif que l'appréciation de ce qu'est une bonne photo. Même celle-là a évolué. Il suffit de prendre un vieux livre de vulgarisation de Montiel pour s'en convaincre ou non.

Si vous n'avez pas encore été voir cela en virtuel sur Facebook, je vous conseille cela vaut le détour.

En 1867, c'était le début de la photo couleur. Charles Cros déposait à l'Académie des sciences de Paris un pli cacheté sur la "solution du problème des la photographie des couleurs" à l'origine du procédé de trichromie.

Puis j'ai pris le bouquin "L'histoire mondiale de la photographie en couleurs" de Roger Bellone. Il date de 1981, exactement l'année de sortie du premier Mavica.

Il est écrit dans l'avertissement de ce livre "On peut estimer à près de 20 milliards de clichés couleurs la consommation annuelle des photographes amateurs et professionnels du monde entier. Boulimie d'images dont le marché représente un chiffre d'affaires supérieur à celui de Boeing, Douglas, Lockheed, Rockwell, Dassault et Aérospacial réunis. De ce que l'utilisateur dépense pour la photographie, on aurait pu fabriquer un millier d'Airbus et trois cents Concorde. Dans l'univers de l'image, les hommes ignorent tout à son sujet.... Le profane découvrira les mutations qui se traduisent par des prototypes aux concepts inattendus, dont il sera peut-être l'utilisateur avant la fin du siècle".

Amusant, après coup, de relire ce genre de prose. Un business et une société énormes, oui, mais avec des pieds d'argile et avec une arrête dans le dos.

Je n'ai pas vraiment les chiffres actuels. J'ai seulement trouvé "la revanche du papier".

Connait-on mieux la technique de prise de vue en pixels? Non, on presse le déclencheur, seulement plus souvent, sans bruit. Le mot "bruit", lui, est passé sur l'image prise dans l'obscurité et qui s'appelait du "grain". Le grain qui est aussi un moyen de donner du style proche des peintres néo-impressionnistes. Un livre d'images "Mieux photographier" par Kodak, datant de 1982, parle de 100 techniques créatives, a pris place dans ma bibliothèque et ne semble pas avoir perdu de son efficacité.

Les logiciels permettent plus de solutions pour corriger après la prise de vue qu'à l'époque. Augmenter la saturation des couleurs comme le fait un filtre polarisant. Passer de la couleur au noir et blanc ou au sépia. Corriger les fameux yeux rouges trop gourmands en lumière. La photographie ne constitue plus une preuve en justice, tellement une photo peut être manipulée sans laisser de traces.

0.jpgQuant à l'avenir de la photo, je vais allez voir le "Chasseur d'Image", lui qui a occupé tellement de place pendant des années dans mes archives. C'est fou comme les dossiers sont toujours les mêmes. On n'a, semble-t-il, pas encore tout compris.

Le dernier parle de "Bien photographier l'hiver".

Les conseils n'ont pas changé. C'est toujours le choix de l'objectif qui est là pour accentuer la profondeur de champ, la brume qui reste à "décontraster" (comme disait, avec humour, feu Garcimore), l'augmentation du contraste et de la saturation à renforcer, par contre, pour les paysages, la sur-exposition à la neige, le flash même au soleil... et j'en passe et des meilleurs. Le froid qui fait bailler les piles aux corneilles. Le piqué de la photo est toujours à l'honneur. Le jaune s'incruste toujours dans le soir quand la luminosité fait défaut, mais, cette fois, on dépasse, sans plus le savoir, les 1600 ISO, sans plus s'en appercevoir. Si les rayures des pellicules ont disparu, elles ont été remplacées par des poussières à cause des objectifs interchangeables du reflex qui a pris un "D" dans sa nomenclature. Les programmes se retrouvent désormais au moment de faire clic et à la maison sous le contrôle de logiciels magiciens maison. Les appareils, eux, n'ont pas vraiment changé de têtes. Toujours la concurrence entre le réflex qui il faut bien le dire ne s'est pas senti plus léger avec l'arrivée du numérique et le petit que l'on met dans la poche. Dans le même magazine hivernal, un dossier en parle en les comparant sur leurs résultats pour finir par dire, qu'ils sont tous deux complémentaires.

A l'ouest, rien de nouveau, quoi. C'est toujours le sujet photographique qui fera la différence et la valeur de celui qui ne regarde plus uniquement dans l'occulaire. La technique fera ce qu'elle peut. Elle n'inventera rien.

Alors, voyons l'hiver avec des photos personnelles...et avec un compact numérique.

Plus spécifique à la Belgique, la société Agfa-Gevaert a subi le même problème que Kodak dans la grand domaine de la photo, mais elle a su faire un retournement de situation en changeant d'orientation dans l'imagerie. Ce qui ne l'a pas fait voir plus d'étoiles avec les pixels dans la Bourse.

Plusieurs sociétés dans le monde ont senti le souffle du boulet envoyé par le progrès et pas uniquement dans le domaine photographique.

Il suffit de piquer une tête sur les cours de Bourse pour avoir des indices en dehors de la seule impression que donne la crise. Des sociétés, moins connues, cachent leurs misères. Non, je ne vous en dirai pas plus, mais suivez mon regard...

Être performant ne suffit plus, c'est clair. Il faut plus pour que le photographe ou le consommateur s'esbaudisse. L'utilisateur, le client mène le bal avec un choix étendu, encore plus large, sur la Toile que dans le magasin du coin.

Erreurs techniques ou stratégiques? Oublier ce qu'est Internet et la rupture du numérique, peut être bien plus que de gagner un concours de bonne conduite ou un bonus à la petite semaine. Facebook qui veut entrer en Bourse et a fait son IPO, pour lever 5 milliards de $, même en période de crise, cela ne dit rien ?

0.jpgNokia, avec ses Smartphones, avait un problème de conception et d’extension possible et des problèmes internes. Une alliance avec Microsoft pourra-t-elle faire changer cette société d'optique? "Optique", voilà que cela me reprend. Un come-back avec le Lumia 800 avec l'interface Windows Phone?

HP en a fait baver beaucoup avec ses PC comme titan des ordis. Mauvaise appréciation, il s'offre des pépites qui sentent un peu plus le roussi.

"Le progrès a encore des progrès à faire", disait Philippe Meyer, mais c'est Franz Kafka que je choisis "«Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.». La raison kafkaïenne a encore beaucoup d'avenir.

La photographie serait à la veille d'une nouvelle révolution en 2012? La jeune entreprise Lytro lance un appreil qui permet la mise au point alors que la photo est déjà prise sur ordinateur. La mise au point lors de la photo a toujours été reglée par un compromis sur le réglage de la profondeur de champ. L'objet principal de la photo, net et le flou pour le reste. L'oeil n'agit-il pas de la même manière? Oui, mais l'oeil n'est pas parfait, ni universel. Ce petit appareil de 11x4 cms enregistre toute la lumière dans un cadrage donné et permet après coup de choisir la mise au point. Le docteur Ren Ng parle de génération 3.0. Au détriment de la résolution, disent certains. Encore un nouveau compromis en perspective?

Alors, bientôt, Kodak2 en Gpix, c'est pour quand?

Sortez vos appareils à bits, l'hiver arrive. Sujet génial...

 

L'enfoiré,0.jpg


Mise à jour 29/3/2012: Duferco et la sidérurgie, même situation.


Citations:

  • « La photographie ? Une lâcheté devant le souvenir. », Didier Le Pêcheur
  • « Le plus difficile dans la photographie est de rester simple. », Anne Geddes
  • « Il ne peut y avoir de progrès véritable qu'intérieur. Le progrès matériel est un néant. », Julien Green