26/11/2008

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir?

Le soleil levant, un soleil du rouge au noir drapeau.jpg 

 

Après le Japon qui en son temps faisait trembler les producteurs de voitures d’Occident, la Chine, la Corée et bien d'autres de l'ASEAN remettaient le couvert. Le soleil High Tech japonnais, l'Hinomaru, la techno, la petite auto prennent-ils, cette fois, un coup de soleil noir?

 

Le 11 janvier 2006 et le 10 décembre, deux «Questions à la Une» à la RTBF posaient la question «Les voitures chinoises vont-elles envahir le monde», "Comment faire fortune en Chine, rêve ou réalité" . On n'en est plus là, même chez les précurseurs.

Le journal L'Écho du 27 décembre 2007 titrait « L'économie japonaise subit un coup de sabre ». Il s'agissait, alors, d'une crise du logement sans précédent initiée par la réduction des coûts et suivie par des milliers de personnes qui devaient quitter leurs logements menacés d'effondrement à la moindre secousse tellurique. Image de marque globale : « Les clients voient un tricheur derrière chaque assureur ».

Le même journal du 15 août 2008 titrait « La croissance du Japon stoppée net dans son élan ». Premier recul de son PIB et du BoJ. Tout le monde boudait, difficile de relever ses taux, malgré l'inflation en tenant compte de la régression économique, était-il dit. En janvier, exportateurs, le Japon craignait la récession aux USA.

Celui du 21 novembre 2008, cela se précise: "Le Japon était déprimé, ses exportations vont l'achever". Plus loin: "La panne automobile fait tache d'huile, pas d'embellie attendue avant 2010".

En 2003, en effet, le Japon a pu sortir de la récession grâce à ses exportations. Cette fois, la balance commerciale est en déficit en octobre pour la première fois depuis 2001, alors que certains analystes tablaient encore sur un excédent de 80 milliards de yens. Le mois passé, l'excédent des importations par rapport aux exportations a dépassé les 510 millions d'euros soit une chute de 7,7%.

La crise de l'automobile, aujourd'hui, entraine tous les marchés de l'automobile mais aussi de la sidérurgie, du verre, du plastique, de l'électronique technologie, de la motricité, vers des problèmes imprévus. Même la dégringolade du prix du pétrole au tier du prix de l'été ne parvient plus à enrayer la chute de la demande en véhicule.

Aux États-Unis, GM, Ford demandent des aides d'urgence aux gouvernement et met en chômage technique ses travailleurs. Il y a peu, à grand renfort de rabais qui rabotaient leurs profits pour ne s'élever produit chez Daimler Chrysler de 186 $ par véhicule, de 139$ chez Ford et tomber en perte chez GM de 1200$. En octobre, les exportations nord-américaines avaient baissé de 18,2%, en l'Europe de 17%.

Le produit chinois phare de l’usine Chery Automobiles était récemment la QQ, petite voiture citadine aux couleurs acidulées. Son prix trois fois moindre que la concurrence occidentale (3.000 euros plancher) était son principal atout. L’aspect sécurité qui n'était pas au même niveau que la voiture occidentale, n’était pas une raison «sine qua non» pour se lancer sur les marchés. L’airbag ne sert que rarement et on ne le voit jamais dans une voiture. Vingt voitures par dix milles habitants comme marché intérieur semblaient ouvrir des perspectives alors que les marchés occidentaux étaient souvent saturés. Les pièces de rechanges restaient le marché principal avoué pour l’exportation aux ¾ de la production chinoise. La Passat, «made in China» restait pourtant l’équivalent de 18 années d’un salaire moyen local. En demi secret, la VW Shanghai travaillait, en étroite collaboration, mais ne divulguait pas les différences existantes entre les modèles destinés à la consommation intérieure et celle vers l’extérieure. L'année passée, le producteur chinois «Brilliance Automobile» était fière de sortir une voiture 100% chinoise de très grand luxe pour à peine 15.000 euros. Société chinoise de l'automobile qui était la première à être cotée à New York. Contourner le protectionnisme latent des vieux continents, se plier au mieux aux règles de sécurité et de pollution minimum étaient la préoccupation majeure.

Les Chinois, c'est une bonne entrée en matière, mais l'Asie du Sud-Est voulait aussi une part du gâteau de la scène mondiale. D'ici 2015, elles s'étaient engagés à prendre place de pied ferme dans le grand marché commun. Les tensions ne manquaient pas dans cette zone de libre échange en progrès constant. Prêt, pour cela, à éliminer les droits de passage sur quelques 80% des marchandises exportées. 38 milliards de dollars de fonds en 2005 participaient au redressement spectaculaire et 2006 voyait une progression de 90%. Le but final, clairement annoncé, était de conquérir le marché mondial de l'automobile.

En Chine, cent euros par mois pour un travail de 40 heures semaine était la norme du manque à pouvoir dépenser. Ce qui veut dire que la consommation intérieure n'est pas prête à renverser les pertes de l'exportation.

Les sinologues rappellent pourtant que la classe ouvrière chinoise ne s'améliore pas et pourrait même se dégrader.

2008. Douche froide. Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Toyota.jpgHonda et Toyota doivent revoir leur production. Après une stagnation et des taux d'intérêt au plancher de 0%, les courbes de la Bourse japonaise avaient pourtant repris du poil de la bête sous forme de Dragon ou d'autres prédateurs aux crocs acérés. Amusant, on lisait: Les Japonais auront le téléphone dans la peau.

LLe soleil rouge un soleil noir Voitures.jpge Japon ne tient pas mieux de la forme, même si la liquidité de ses banques est la plus importante dans le monde. Mais des liquidités, pourquoi faire? Des restructurations drastiques, un meilleur rendement assuré n'assurent pas mieux la vente de la production. Pas de crédits demandés par les entreprises. Répartir, alors, les liquidités dans la population? Qui dit que les habitudes ancestrales d'épargne ne vont pas pousser les Japonnais à épargner plus encore en ne réinjectant rien dans l'économie du pays? Le département de R&D, la robotique et le vieillissement de la population pourraient donner un coup de fouet.

Un ajustement plus fin encore, en fonction de pays où s’implanter, devrait parachever le travail d’incursion dans les marchés extérieurs.

La crise vient de changer complètement la donne dans un monde des entreprises, déboussolé.

LLe Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Tata.jpg'Inde, elle, s'est mise dans le grand jeu la technologie à haute performance mais à bas prix. Prix de production qui ne sont, aux dernières nouvelles, pourtant plus à l'abri des hausses revendicatives des salariés. La première Tata est sortie et est électrique en plus. Là, se trouve peut-être le futur de l'automobile dans un marché encore très peu développé ailleurs.

L'ASEAN (Association des nations d'Asie du Sud Est) devra trouver encore d'autres tours dans son sac. C'est clair.

Amélie Nothomb, née au pays du Soleil Levant, avait, en son temps, parlé de son Japon dans "Stupeur et tremblements" avec la comparaison entre la vie à l'occidentale et la "japonaise" au bureau, avec "Ni d'Eve ni d'Adam", dans l'intimité d'un coupe mixte.

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Ecologique.jpgLe Système Toyota avait-il eu plus de chance de rendre plus heureux par le travail? Les yakusas (sabre, respect et honneur), les Samouraïs ne sont pas si loin. Le Japon pris entre traditions et modernité, le livre "Tokyo mirage" d'Anne Rambach terminait sa trilogie dans le Japon des sokaiyas, escrocs vivants de racket et chantage auprès des entreprises. Le Japon est l'un des pays les plus fabuleux du monde, est-il dit avec amour par une japonaise. Je m'en voudrais de ne pas en faire écho.

 ELe soleil levant, un soleil du rouge au noir Salon.jpgn janvier prochain, le salon de l’automobile de Bruxelles, un surplus de publicité pourra-t-il tenter le "prospect" pour qu'il devienne « client »? Car, rien ne va plus.

Jusqu'à récemment, les Japonnais étaient passés du stade de fourmis, avec le mouvement du repli sur eux-mêmes, humbles ou guerriers, à celui de la cigale, en commençant à dépenser. Le taux d'épargne du Japonnais était passé de 23,5% en 1975 à 11,4% en 1997 et 8% en fin 2007. Pourquoi continuer à épargner? Les taux étaient ridiculement bas. Retour à la case départ, dans ce jeu de l'oie avec l'air du temps?

La jeunesse au travail semblait obnubilée par le besoin de faire du chiffre avec fierté et nationalisme. En sourdine, le taux de suicides élevé, parmi les jeunes prouvaient, par contre, que ce n'est pas la panacée du bonheur. La geisha, le kimono, le jardin japonnais sont peut-être présents même comme vestiges d'une culture ancestrale. "Le sumo, emblème de ce monde de tradition, luttait déjà pour sa survie", pouvait-on lire.

RLe soleil rouge un soleil noir Caviar.jpgire jaune, ni ici, ni là bas ne sera désormais plus "la" solution. Rire en multicolore avec le cérémonial de la tasse de thé devant soi? Tout n'est pas caviar. Les occasions de sourire de l'actualité japonaise sont, disons-le franchement, plutôt rares. La discrétion maladive, austère et complexe, remplace sa formidable expansion économique des années 60 et 70. Deuxième puissance économique de la planète, premier créancier des États-Unis, le Japon subit une paralysie politique, des salaires qui stagnent. L'archipel broie du noir, même les coiffures des femmes en attesterait par leurs coupes courtes, reflet de la mauvaise humeur.

On écrivait pour les États-Unis : "l'un des indicateurs qui s'est constamment amélioré aux Etats-Unis, la productivité, pourrait être le signe le plus évident de la dégradation de la gestion américaine". Le Japon précède même cette productivité. Est-ce l' "Arnaque à la productivité?", comme constatait Henry Mintzberg, professeur de gestion à Montréal.

Ailleurs, je lisais: "Il faut ressusciter les esprits animaux". La compétition chez eux, n'est pas une affaire de fric, mais de survie.

Une autre histoire, un retour aux sources, donc, que l'on devrait peut-être redécouvrir dans ce monde qui est devenu un si petit village dans lequel tout se tient, tout vit ou tout meurt ensemble. 192 milliards pour relancer l'économie... 

Encore un peu plus de karoshi, pour faire passer la pillule? N'oubliez pas de réserver la chambre capsule à Tokio, si pas le temps pour rentrer chez soi.

Alors, un petit coup de rouge, à la méthode japonaise? C'est de saison et c'est pas mal pour l'ambiance?

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Beaujolais.jpg 

L’enfoiré,

 

Sur agoravox même article

 

 

Mise à jour 26/12/2008: Au Japon, effondrement sans précédent de la production industrielle

.................. 05/03/2009: Le Nouvel Obs titre ""Japon, les "freeters" dehors". Fini l'emploi à vie, base du consensus social japonais. Les entreprises licencient. Les premiers touchés sont l'armée des travailleurs intérimaires, les "freeters". Même Toyota...   

................... 17/08/2009: Le Japon sort de la récession mais on reste très loin de l'euphorie

................... 30/08/2009: Le succès du parti démocratique contre le parti libéral présent depuis plus d'un demi siècle, prouve qu'il fallait changer de cap. Un article, peut-être, "Le jour où le Japon s'est éveillé".

 

 

Citations: 

  • « Le génie a cela de beau qu'il ressemble à tout le monde et que personne ne lui ressemble. », Honoré de Balzac

  • « Il y a deux genres de personnes, ceux qui font le travail et ceux qui en prennent le crédit. Tentez d'être du premier groupe ; il y a moins de compétition. », Indira Gandhi

 

15/11/2008

Nouvelles

A tous les lecteurs,

  Un décès dans la famille m'oblige à prendre quelques distances la semaine prochaine.

  A bientôt

L'Enfoiré

 

12/11/2008

Crises en thème

20081108Crise en thème.jpg 

Rechercher le meilleur pour les siens et pour soi-même n'est pas une entreprise de tout repos. Cela devient même la galère dans beaucoup de cas. Barack Obama a donné un espoir infini. Il est devenu le symbole de la réussite complète. Il est passé de l'autre côté de la rive de l'espoir après un départ au bas de l'échelle. Les Américains et le monde y ont vu le changement complet, inimaginable il y a peu. Alors comme disait un autre bloggeur "Obama, le hasard et la nécessité".


 

Que de fois dans une vie, avons-nous voulu changer de statut pour améliorer notre condition sans y parvenir complètement? Le désir de faire le pas vers ce "mieux" tant espéré apportent motivation et élan. Tout est là pour réussir et pourtant, en pleine action malgré une volonté continue, la rive d'en face ne se rapproche plus même si on double d'efforts pour y arriver. On se retrouve à la moitié du chemin. L'échec de ce voyage prend un goût amer et la déception est vive et parfois mortelle. Beaucoup d'étapes, d'échecs en chemin. Nous vivons des crises sans précédent qui ne sont uniquement alimentaires, économiques, financières, du travailleur, reflets d'un mal être stressant à la recherche de valeurs.

  • Il y a d'abord les déshérités de la terre qui nous interpellent. L'occidentalisme rend trop souvent aveugle.

  • Pour les immigrés, les sans-papiers qui traversent la MédiCrises en thème_Centre fermé.jpgterranée pour aller dans les pays dits développés, c'est au forcing pour quitter une rive, une vie qu'ils ne peuvent plus assumer ou plus supporter. Quand le rejet pur et dur ou l'échec sont à destination, les "biens en place" s'en tirent d'affaire en créant des centres fermés. Les sans-papiers, eux, seront poussés, à bout, jusqu'à la grève de la faim et le point de non retour. Une vie d'errance se partage alors entre le flou et l'incertain. Le rêve est vraiment tourné en cauchemar, il y a maintenant 10 ans, chez nous, avec Semira Adamou.

A la moitié du chemin Sans Papier.jpgDifficile de faire marche arrière sans perdre la face par rapport à ceux qui n'ont pas eu le courage de chercher le ticket d'entrée dans le monde du possible. La nostalgie du passé, de la famille est terrible, le rejet du moment plus encore, surtout quand on ne voit pas le futur dans le changement. L'eldorado faussement vanté par les prédécesseurs et l'attraction qu'il a entraînée, n'a été seulement qu'un mirage. L'intégration dans le pays d'accueil, dans l'autre groupe est le plus mal ressentie. Être l'étranger ad vitam, être "Le Rital" comme la chanson de Claude Barzotti ou la gueule "Le Métèque" de Georges Moustaki, celui qui est pointé du doigt franchement ou même imperceptiblement par les autochtones qui se retournent à leur passage, est une épreuve difficile à vie.

Crises en thème_Sarko.jpgL'aventure de l'émigration est tout cela: un raté à moitié du chemin, un raté pour les deux rives d'ailleurs.

 

 Mais il y a beaucoup d'autres mers à traverser, d'autres rives à atteindre même sans faire le voyage. Des mers dans lesquelles, on peut se retrouver entre deux eaux. Est-ce le sort normal de l'intrépide, de l'anormal, du malchanceux? Le business reste le business et influence souvent les caractères et les instincts.

  • Les places sont tout aussi chères pour les "autochtones", indépendamment des lois sur l'Égalité des Chances. Les efforts pour rompre le mur du silence sont aussi durs à accepter. Ce n'est souvent qu'à force de "concessions" que certaines portes s'entrouvriront. Dans la prime jeunesse, la volonté d'aller à l'autre est toujours la plus forte et ce n'est que le jour où, quelques années après, ayant reçu le miroir qui va permettre de s'identifier, de se comparer à l'autre, que les problèmes vont commencer. Admirer les tout jeunes enfants qui jouent ensembles, toutes couleurs confondues, sans remarquer une différence d'a priori quelconques, ne serait-ce l'image de sagesse pour les adultes? Après ces premières années d'innocence, la compétition prend sa place et le besoin de reconnaissance va faire son travail de sape surtout quand les comparaisons ne sont pas toujours à notre avantage. La jalousie a pris ses marques. Les boucs-émissaires ne sont pas difficiles à trouver dans l'apparition de sa propre malchance.

Il y a d'autres cas, moins invalidants, mais tout aussi envahissants, qui sont souvent oubliés.

  • L'illettré qui sans être idiot, se retrouve pourtant dans une situation à mi-chemin entre les deux eaux de la vie active ou inactive en se noyant. Introverti, il tente d'aimer les livres, de les sentir, de les toucher du bout des doigts sans pouvoir les atteindre par l'esprit. Sans amis, sans sujets de conversation qui font briller le contact. Maurice Baron avec son livre "L'illettré" ressort tous ces démons du mal être.

  • Les jeunes, bardés de connaissances, avec diplômes ou non, mais qui n'ont plus la chance de trouver l'emploi qui va les faire sortir de l'ombre. Le Nouvel Obs de cette semaine écrivait que 60% des Français craignent de devenir SDF dans son article "Les Dépossédés" de Goussainville. Face à la récession, ceux-ci ont la hantise du déclassement social.

  • D'autres pour qui la classe sociale est une frontière "stratégique", c'est franchir le mur du rejet silencieux, à coup de volonté et d'opiniâtreté sans espoir de réussites vraies. Ils sont dans le bon peloton et, donc, pas à plaindre. Le fils d'agriculteur, qui fait des études qui le fait sortir de son milieu d'origine, est un exemple typique de ce genre de situation. Bardé de son nouveau diplôme, une fois les applaudissements de son entourage calmés, la mise en pratique de ce nouveau statut n'est pas gagnée d'avance. Le niveau de vie de ceux de l'autre monde, est déjà pratiquement la première barrière infranchissable. Les sujets de conversation sont également des éléments de mise en porte à faux. Vouloir s'intégrer dans ce milieu étranger donne de la gêne et de la confusion. Les répliques aux piques ne sont pas prêtes dans un humour partagé. La conversation devient stérile, bien vite, par manque de sujets en commun. S'accrocher à son passé pour garder ses racines ou l'oublier pour atteindre le niveau de son nouveau rang, tel est le dilemme. S'être écarté du milieu d'enfance demande une remise à niveau difficile pour effacer une ambiance hostile et se retrouver sur la porte d'entrée de l'autre milieu. Dans notre économie de brutes, il y en a beaucoup qui ont investi d'eux-mêmes, à fonds perdus, et qui on ne sait par quel coup du sort, se doivent de rester à carreau. Orgueilleux, ils ne veulent pas se laisser enfoncer dans leurs faiblesses, mais...

  • Être l'Enfoiré, qui vous parle, qui n'a pas choisi un pseudo tel que "FleurBleue", qui restait dans sa solitude, par l'habitude dans son enfance et qui, un jour, s'est rebellé. A qui la faute? Cela nécessitera un bouquin entier. Dans ce dernier cas, les solutions ne sont pas tellement nombreuses. Prendre pour soi ou extérioriser en prenant le contre-pied des idées reçues avancées par les autres. Choisir entre l'introverti et l'extraverti? Avec un pseudo comme celui-là, le choix était fixé d'avance. Se rebeller au point de casser les liens pour retrouver une raison au pourquoi.

J'avais prévenu dans un autre article, nous allions commencer une promenade dans l'intimisme. Aujourd'hui, nous avons fait un petit tour du côté des déracinés de notre monde et qui ne sont pas parvenus qu'à faire la moitié du chemin. Les autres, ceux qui ont fait le chemin en entier, n'imaginent pas du tout que le rejet ne s'arrête pas à la seule reconnaissance de la couleur de peau.

Être droitier et avoir sa main gauche qui ne sert pas des masses et imaginer la chance d'être ambidextre et de pouvoir compter sur chacune de ses mains indifféremment dans toutes circonstances, n'est-ce pas le pied !

Le fameux Yin et Yan, nous en avons besoin pour construire un monde équilibré. Ce n'est peut-être pas pour un hasard que le "+" et le "-" s'attirent en électricité pour s'écarter dans le cas contraire. Que cela se passe en courant alternatif par l'alternance ou en continu. Certains dirons que c'est dire tout et son contraire. Les choses sont pleines de contradictions. Seul le bénéfice commun l'est moins. Avoir un esprit d'équipe n'est pas une mince affaire. On fait souvent semblant de jouer ensemble et puis on oublie.

Alors, si certains "aventuriers du progrès" ont fait la moitié du chemin, se sont arrachés au niveau minimal de "confort" de leur condition toute personnelle et ont eu ce courage d'affronter d'autres horizons, vous, qui dites n'avoir jamais perdu de vue le clocher de l'église du village, agrippés à vos préjugés, surtout n'hésitez pas à parcourir l'autre moitié du chemin.

Le pluralisme d'idées et de cultures au pouvoir apporte une richesse insoupçonnée. Que ce soit par la technique des petits pas ou par le grand saut, chacun en profitera en définitive et améliorera la vie de chaque côté du miroir. Être exclu par l'autre pour n'importe quelle raison est l'enfer. Communiquer avec respect avec lui, c'est tout simplement mettre en commun une vision de la vie. La tolérance, qui est souvent mise en avant pour se défendre de toute accusation, contient toujours une idée de domination et ne suffit donc pas. Sans verser dans l'idyllique, chercher une voie médiane pourrait faire avancer les choses. De l'exotisme, on est prêt à jouer le jeu en vacances mais, chez soi, la prudence vis-à-vis du folklore et de l'exotisme est plutôt de rigueur. Le bronzage passe vite.

20081112Obama maison blanche.jpgLes élections américaines qui ont élu Barack Obama donnent un nouvel espoir à plus d'un titre. Le mur d'un racisme instinctif, toujours en veilleuse, semble avoir pris un peu de champ. Le ghetto est percé. Effet papillon, placebo, peu importe. Tout le monde devrait avoir son "petit Obama" en esprit chez lui pour exorciser ses démons dans une foi ou une espérance pour calmer les tensions. Pour le Nouvel Obs, Obama est devenu l'homme pressé. L'énorme mouvement populaire qui l'a porté au pouvoir pourra-t-il tenir face à l'énormité de la tâche, du temps à rattraper? 

Cette fois, Daniel Guichard chanterait "Je viens pas te parler d'amour, C'est pas mon truc à moi, Les grands mots et les beaux discours tu sais, J'ai jamais su faire ça, Je viens pas te parler d'amour, Je viens parler de moi de nous".

Le chœur, autour de Georges Brassens, entonnerait, peut être, ensuite, "Elle est à toi cette Chanson pour l'Auvergnat".

"Couleur Café. Que j'aime ta couleur café", Serge Gainsbourg

 Nous sommes tous des métis devant l'adversité. A la recherche de notre chemin comme le rappelait récemment Paul Hermant de la RTBF dans un billet matinal, et un autre encore qui rappelait le passé.

Crises en thème_Fleur.jpgJ'aurais pu terminer mon billet avec l'humour noir classique en disant "jusqu'à hier, la situation était grave mais pas désespérée, mais, aujourd'hui, la situation est désespérée, mais c'est pas grave". Je ne le ferai pas.

En ces temps de fin d'année, avec un jeu de mots en prime, je me devais de sortir toutes ces crises en thème avec leur importance échelonnée.

Hommage à cette belle fleur, qu'est la chrysanthème? Pourquoi pas.


L'enfoiré,

 


Citations:
 

 

  • "Apprendre à vivre ensemble comme des frères sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots", Martin Luther King

  • "Le racisme est une manière de déléguer à l'autre le dégoût qu'on a de soi-même.", Robert Sabatier

  • "Nous n'avons en aucune manière le monopole de la pensée. Il existe, un peu partout en Occident, un racisme de l'intellect dont nous devons nous méfier", Jean-Claude Carrière

  • "Dieu a tout créé. Dieu a créé le racisme. Mais Dieu a aussi créé l'antiracisme. Avec tout le respect que je lui dois, Dieu est un sacré fouteur de merde.", Philippe Geluck

 

06/11/2008

QI, un Quotient Immature?

Talent, pourquoi viens-tu si tôt_10.jpgPour se démarquer de ses semblables, on cherche et on trouve le QI. Ce quotient de l'intelligence, un miracle de la nature ou une erreur empoisonnée dans un jeu de "gagnant" ou de "perdant"?

Le 1er novembre dernier, TF1 présentait "Le Grand Quiz du cerveau". Tout le monde pouvait y jouer et surtout y gagner. Il n'était pas question de QI, ni de culture générale, disait-on d'emblée, mais certainement de compétition dans la recherche de la performance. Evaluer son potentiel par la vivacité du cerveau. Donc, un peu de talent et de l'intelligence, pure et dure.

Intelligence, faculté de comprendre et aptitude à relier les éléments qui ne le pourraient pas, à cause de son absence.

Les 20 ans d'existence de l'émission journalière, "Questions pour un champion", prouve qu'on continue à s'y intéresser, à s'en passionner, à s'émerveiller plus de la capacité de la mémoire des candidats que par l'intelligence. L'attraction est là, tournée vers l'extraordinaire. C'est du jeu, pas de l'éducation. La plupart des téléspectateurs ne se souviendront même pas des réponses aux questions posées. Alors, est-ce un plus d'avoir ce "talent inné", cette "science infuse" pour être admiré ou seulement une reconnaissance de différences pour sortir du lot? Cette différence ne retrouve pas son origine dans la génétique. Elle vient donc d'ailleurs, mais il y a encore contestation sur le processus qui la génère.

Quand on parle de surdoués dans l'histoire, on pense de suite à Mozart, à Einstein et à quelques autres. Avec cette différence, une réussite et une carrière bien remplie devraient suivre d'office. On les appelle les HP, les Hauts Potentiels, les surdoués. Ils ont un QI supérieur à 130 (soit 2,2% de la population). Mais ils ne sont pas parfaits et surtout, ne s'estime pas comme tel, que du contraire.

Sans que rien ne le laissait supposer, pas d'antécédents, voilà que tout jeune, le "gosse" apparaît plus éveillé, plus conscient des choses qui l'entourent, plus désireux d'en connaître plus encore. Les parents, au lieu d'avoir une place en tant qu'éducateur, se ressentent, étonnés, comme accompagnateur impuissant essayant de susciter ce pouvoir. Catalyseur de progrès rapides du rejeton, le parent devra, par ce fait, s'impliquer beaucoup plus habituellement. "Envoyé spécial" y consacrait une émission et présentait les dangers de se braquer sur cette idée de vouloir atteindre le nirvana de l'intelligence.

L'ennemi public numéro trois_Moitié.jpgPourtant, ces surdoués ont souvent une mauvaise écriture car leur main ne va pas assez vite pour suivre le cerveau. Ils se permettent de réaliser plusieurs choses en même temps. De la multiprogrammation à l'échelle humaine? Le langage est assez alambiqué et sort du cadre, dès l'âge de l'enfance. L'informatique n'est plus un jeu, pour eux. C'est devenu une forme d'expression de projets. Les parents pensent dès lors, corriger cette impression de perdre son temps, de ne plus être en synchro avec les disponibilités intellectuelles. La solution la plus courante se trouve en sautant de classe. Ce n'est pourtant pas la bonne solution, car elle fait entrer dans l'anormalité. Accentuer les points forts, oui, mais en gardant les manettes à la bonne hauteur. Pour ces prodiges, pourquoi ne pas jouer un rôle complémentaire aux enseignants à destination des moins doués?

Sortir de l'impression qu'ils sont certains d'avoir raison et ne donner, en définitive, que des preuves toutefois peu compréhensibles. D'où une agressivité dans le comportement par rapport aux autres. Le jeu reste la manière de progresser dans la vie pour dissocier le réel de l'imaginatif. Entre le premier et le dernier de classe, existe très souvent un passage plus étroit dans les résultats.

Qu'en tirer de ce QI hors mesure? Pas nécessairement le meilleur. A entendre ceux qui en jouissent de cette "exception", seraient même handicapés et seraient plus à plaindre qu'à rêver. Handicap qui se réfugie dans la solitude. Donc aucune assurance pour une vie réussie.

Mais, le réel surdoué, même dans cette solution, n'a pas été choyé par le destin, loin s'en faut.

Il se sentira par la suite toujours en porte à faux parmi ses condisciples moins "gâtés". Un besoin de sauter les étapes se fera sentir pour lui. Les échelons n'auront pas les mêmes écartements et ne pas s'en rendre compte assez vite pourrait générer frustrations et malentendus. Ce qui à première vue se présentait comme avantage suscitant fierté des parents va se retourner alors en désenchantement qui peuvent dégénérer en crises aigues et drames de la dépression.

Ne pas se sentir à la bonne "hauteur" de son entourage, c'est être exclu d'office. Alors, ceux qui s'en vanteraient, en tireraient-ils un avantage ou un inconvénient ou, pire, une légère motivation du côté de la paranoïa?

La science s'intéresse à cette exception. Le "Sciences et Avenir" de novembre écrivait une "Spéciale intelligence". D'après l'article, un super neurone serait à l'origine du développement de l'intelligence. Il conduirait l'information au travers de connexions électriques par les synapses (Connectique avec microcircuits électriques, appelée "Patch Clamp"). Le néocortex serait plus puissant, plus efficace que les animaux, mais pas tellement différent. Un néocortex frontal de 238 à 329 cm3 n'utilise que 36 à 39%, ce qui correspond dans la masse à celui de l'orang-outang. Cet interneurone serait la source de nos réactions en chaîne une fois simulées. En 1904, le psychologue Charles Spearman tentait d'expliquer ce qu'est l'intelligence dans "General Intelligence, objectively determined and measured". Le facteur "g" qu'il y définissait, serait à l'origine du "QI".

Pas de gène du QI. Améliorer son QI, depuis un siècle, le genre humain progresse de 3 points tous les dix ans. Entre 0 et 5 ans, il est prouvé que les enfants peuvent en accroître leur potentiel, mais il n'y a pas de recherche s'intéressant au ralentissement ou au déclin en fin de vie. Le test de Wechsler s'intéresse aux formes diverses de l'intelligence, mais privilégie la logique et les mathématiques. La liste complète de ces formes est pourtant très large.

  • la logicomathématique: qui se tourne vers la logique et les mathématiques.

  • langagière: qui permet d'exprimer la pensée sous forme de vocables.

  • musicale: qui permet de créer avec le rythme et la mélodie

  • kinesthétique: qui fait parler le corps

  • spatiale: qui représente mentalement l'environnement

  • interpersonnelle: aptitude à comprendre les autres et à vivre en société

  • intrapersonnelle: caractérisée par l'introspection. Connaîs toi, toi-même

  • naturaliste: qui permet de classifier les éléments

  • existentielle: qui touche à la philosophie pour extrapoler.

"The Rain man" présentait l'autisme et le "syndrome savant", comme un retard mental et un dysfonctionnement de l'hémisphère gauche du cerveau (représentant la logique et le symbolisme) à l'avantage d'un excès de l'hémisphère droit (création). Le syndrome de chromosome X fragile, une manière de l'expliquer?  "Le cerveau" a toujours intéressé le monde du cinéma.

Le QI serait donc un potentiel dans une catégorie précise mais qui resterait sans valeur, sans la réalisation avec le talent. Avoir l'espoir pour les parents d'avoir un enfant brillant et intelligent est louable. L'éducation et la stimulation sont les moyens de base.

Un peu de philosophie? Le monde ne s'en retrouve d'ailleurs pas plus ou moins mal. Pas besoin d'analyses très fines pour remarquer que chacun a sa pierre à placer dans la construction de ce monde d'humains. Le statu de suiveur n'est pas dénué de sens. Il y aura, comme dans le règne animal, des commandants et des commandés. La demande de bas en haut et de haut en bas n'en sera que plus exacerbée et monopolisatrice de temps utiles et d'attention soutenue en commun. L'esprit d'équipe donne une chance aux grandes réalisations et non pas l'aparté. La méthode maïeutique va se révéler la plus adaptée à la situation pour aiguiser un don appuyé et précoce. Faire découvrir par lui-même les solutions aux problèmes, orienter un dialogue simple mais aussi complet que possible en pleine compréhension de part et d'autre vont accélérer les progrès à un rythme inattendu. Détecter de manière plus fine la pointe de l'intérêt pour pouvoir y ajouter une touche de plaisir à l'apprentissage complètera un tableau qui deviendrait ainsi plus idyllique. La lecture, le calcul, comme goûts initiaux de l'étude demanderont un temps important pour les parents.

L'ennemi public numéro trois_Machine.jpgMais, si d'aventure, vous vous sentez plus tout de même trop près du "ras des pâquerettes" des chiffres ou avec une logique "inattendue", n'ayez ni honte ni désespoir de n'avoir pas pu monter plus vite et plus haut. L'école n'est qu'une première étape de la vie. S'intéresser à tout, lire, regardez l'entourage stimulent cette intelligence. L'expérience aura son mot à dire au cours de toute une vie et non pas par ces seules premières 20 premières années. Tellement de paramètres entrent en compte pour faire ou ne pas faire une vie réussie dans la pluralité des options de cette intelligence. La confiance en soi n'est certainement pas des moindres. Dans le moyen de gamme, on n'y est pas si mal, en définitive. On ne s'aime pas dans les extrêmes. Etre bien dans sa peau n'est ce pas le principal? Pauvres surdoués. Toujours rester incompris des autres, toujours s'ennuyer auprès d'eux, n'est certes pas la panacée. Intelligence, à user, mais sans abuser. Talents, à user sans modération. Effet Barnum, s'abstenir.

Les pâquerettes se décantent si bien en "je t'aime, beaucoup, à la folie...". En somme, c'est un monde tout bête, avec un ciel bleu, une mer bleue et une forêt verte et encore pas toujours. Le culte de la personnalité, ce n'est pas aussi réjouissant qu'il n'y paraisse.

Pourquoi pas une tête à moitié bien faite, additionnée à une tête à moitié bien pleine? Dans notre monde relationnel avec une Toile de fond, la technicité n'est plus seule pour apporter le succès.

Comme disait Coluche, en parlant des Belges, qui auraient, bizarrement, un verre plein et un verre vide sur la table de nuit. Parce, tout simplement, qu'il y a des jours où on a soif et d'autres pendant lesquels on n'a pas soif du tout. CQFD. Une question de logique, non?

Une vidéo superproduction "QI mortel" de Spielberg ou du QI de 130 de Pierre Desproges?

 

L'enfoiré,

 

20081106 Obama Rushmore.jpgPS. En pleine actu, cet article ! Bravo pour l'intelligence du choix de la nouvelle présidence aux USA. Quand je disais que le QI augmentait de 3 points tous les 10 ans. N'est-ce pas une preuve? Maintenant, Barack,  "Mets de l'huile"..

 

Citations:

 

  • "Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n'est rien", Paul Valéry

  • "La chance d'avoir du talent ne suffit pas ; il faut encore le talent d'avoir de la chance.", Hector Berlioz

  • "Le talent, ça n'existe pas. Le talent, c'est d'avoir envie de faire quelque chose", Jacques Brel

  • "Les diplômes sont faits pour les gens qui n'ont pas de talent. Vous avez du talent ? Ne vous emmerdez pas à passer le bac", Pierres Desproges

  • "Si vous avez un QI de 150, revendez 30 points à quelqu'un. Vous avez besoin d'être intelligent, mais pas d'être un génie", W. Buffett

 

"L'intelligence sociale" de Karl Albrecht a aussi son mot à dire.

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