29/10/2008
Journal d'une quille
Quand la retraite sonne, on ose espérer qu'elle ne sera pas celle de Russie. Voilà, la suite de "l'après travail".
Du "Gendarme et les Gendarmettes" à Saint Tropez, avec de Funès qui avait pris sa retraite forcée, du film « Le Chat » avec Jean Gabin et Simone Signoret, on s’en souvient et cela fait réfléchir sinon avec une certaine crainte le jour où il faut raccrocher son tablier après une carrière pleine. Rappelez-vous en guise de "testament professionnel", j'avais écrit "Et si c'était à refaire". En fin de texte, je le léguais à tous mes anciens collègues et amis.
Le show théâtral que j'avais organisé et présenté alors est maintenant dans ma librairie de DVD, consultable à désir, c'est à dire, sans en perdre la mémoire. "Rock around the clock" avais-je nommé cet événement.
Alors, on se souvient à revoir les images à cadence accélérée de ces nombreuses années qui ont précédé ce "passage".
L'histoire, le premier chapitre, reprenait les différents moments cruciaux, à plus d'un titre, d'une carrière.
Le suivant envisageait l'avenir avec un peu de circonspection à se demander de manière humoristique de ce qui allait se passer, du côté qu'on allait quitter et de celui plus intimiste de l'autre côté du miroir.
Le troisième avançait les solutions envisagées pour combler le temps par les hobbies disponibles et les conquêtes en kilomètres du côté bien physique.
Le dernier, enfin, était plus nostalgique.
"Préparer vos mouchoirs" m'avait semblé le plus adapté à la situation du départ.
Très vite après que les flonflons du bal et que les lumières se sont éteintes, un collègue, curieux, qui me suivait depuis toujours dans mes écrits, m'a demandé de tenir mes mémoires de jeune pensionné à jour. Il était certes intrigué du comment cela se passerait l'"après". Surtout qu'un précédent, pas joyeux du tout, restait quelque part dans notre mémoire. Me connaissait-il au point d'y voir quelques problèmes potentiels?
L'habituel "Loin des yeux, loin du coeur", ne sera-t-il plus de rigueur cette fois?
Bien avant cela, lors de l’annonce de la décision de changement de cap, elle-même, comment les choses se sont-elles passées? La réaction avait été simple, surprenante à plus d'un titre: ma moitié a verser une larme instinctive plus ou moins chaude. Etait-ce dû à l'obligation du temps ou le dérèglement de la boussole interne? Une nostalgie par les deux bouts? Une crainte secrète? Je n'ai pas cherché à en trouver les racines.
"Une retraite dorée, cela se prépare jeune" était-il dit dans un Echo en août 2008. L'or, ce n'est pas vraiment mon truc, le fer, non plus. A la pension, les revenus diminuent et surtout se dire qu'on ne se refait pas aussi facilement. J'y reviendrai. On reste attentiste lors de la première paye "extra work". Au départ, elle est même arrivée par une gentille postière qui vous demande de signer la petite case de réception. Là, on sent l'âge qui vient d'un coup.
A bord du "home sweet home", la nouvelle recrue allait prendre une partie de territoire. Allait-elle pouvoir se percevoir et s’exercer sans heurt? Devoir partager après tant d'années de décisions unilatérales.
Chacun ses marques, chacun ses repères, ses prérogatives et tout restera dans l’ordre, se dit-on. Oui, mais, c'est de la théorie.
Cela est question de caractère et de capacités. Carla Bruni disait récemment : "Le principal sujet sur lequel je ne suis pas d'accord avec mon mari, c'est la cuisson des pâtes". Je dirais que de ce côté, il n'y aura jamais de problème. Et si c'était nécessaire, on avisera.
Cette fois, il y a deux patrons à bord dans des domaines différents et cela pendant la durée complète des 24 heures pour de nombreuses années, en principe. Tout dépendait de l’incrustation dans les activités d’avant de chacun. Un certain "job protection" s'est instauré dans l'habitude. Très vite dessiner les contours des champs d'application assignés à l'un ou à l'autre s'impose. Les domaines d'influence sont bien définit? Tant mieux. Mieux vaut ne pas avoir trop de redondances de charges et de préoccupations. Alors, "pollons" dans l'extra, pour ne pas dire extrapolons.
Le choc des Titans, alors ? Pas vraiment, du tout.
Rassurez-vous, très vite, les choses ne vont pas fondamentalement changer. Chacun fera ce qu'il avait l'habitude avant l'"élément perturbateur". Le secret de la sagesse est dans la préparation à l'événement. La confiance est ce qui reste quand les troubles commencent. La crise des marchés et de la finance actuelle en est un reflet tout particulier.
Comme je l’avais entendu de nombreuses fois, il paraissait au vu de l’expérience de certains « précurseurs » que le processus d’abandon de la vie active n’allait pas calmer le jeu. Le stress et les travaux inutiles n’allaient pas vraiment quitter les rivages dans cette nouvelle vie.
Alors après coup, après un temps de recul, que s'est-il passé sur le terrain de l'action?
Des chambardements, des déchirements?
Non, à l'ouest, là où le soleil s'en va pour s'endormir, rien de vraiment nouveau. Mais à l’Est, un peu de chambardements à consentir de part et d’autre. C'est évident.
Comme je le disais, lors de mon sketch, il a fallu mettre de l'eau dans son vin, limer ses ongles toutes les semaines, se tenir à carreau, parfois, et présenter un look pas trop avachi comme spectacle quotidien. Dans l'espace disponible, il faut dessiner et s'approprier des espaces temps.
Le conjoint à ses raisons que la raison personnelle ne connaît pas toujours. C'est vrai. Egalité des droits et responsabilités partagées pour définir le champ d'application.
La fleur bleue, c'est pour les "Contes de mille et une nuits". En effet, il s'agit de plus qu'une nuit avec les journées en plus. Tant qu'on ne regrette pas le patron d'avant, rien de perdu.
Celui-là avait des raisons incontestables que l'on ne digérait pas vraiment non plus. Cette fois, il faut accepter des raisons plus terre à terre loin du côté cartésien et drastique qui a été le sien. En cas de troubles, cherchez l’erreur de son jugement est la première réaction salutaire. Le problème le plus épineux, c’est quand on n’en trouve pas et que le langage est manifestement à des altitudes différentes. Les discussions ont encore leurs mots à dire, heureusement.
Car, qui dit, discussions, dit aussi parfois, contestations. Méprises et malentendus finissent par succéder de part et d'autres.
Baisser pavillon, c'est gagner ou perdre dans l'habitude. Surtout ne pas faire semblant, ni s'évader dans des faux fuyant.
Pas question d'imposer sa culture, sa volonté en exclusivité quand elle existe dans l'autre. Le compromis "à la belge", toujours lui, n'est pas si mauvais en définitive. Trouver et garder ses marques personnelles et ses projets d'importances graduelles. Il y a la façon de dire les choses, il y a aussi l'espace et le temps qu'il faut choisir avec le plus de précision et d'efficacité.
Quadrature du cercle? Non, simple décision de départ de vouloir établir des normes, des territoires, des potentiels et compétences communs ou complètement dissociés.
Les interfaces entre les compétences très différentes n'ont pas trouvé les meilleurs outils. Les mots assassins qui s'amusent à casser l'ambiance, s'abstenir. On ne les ressent tel quel qu’après les avoir prononcés. Dommage. Si les meetings d'antan entre collègues ont généré des difficultés dans le passage d'information, on s'aperçoit, étonné, qu'on change seulement de registre.
Alors, il est vrai qu'il y a des périodes où on découvre beaucoup d'images mais un peu moins de sons. Jeux d'actions et réactions qui ne peuvent pourtant pas perdurer trop longtemps. La bouderie n'est pas la solution. Il faut oublier très vite et passer à l'étape suivante. Principe de précaution, toujours présent. En fait, rien de vraiment différent avec l'avant.
Les projets peuvent être très différents. Mais il faut les accommoder, trouver des trucs et des points communs.
"Et, à la retraite, il y a les voyages", pensent ceux qui sont au travail. On ne peut être en vacances tout le temps. Ce ne serait plus des vacances. Le jardin ou le bricolage, faut aimer. Ce n'est pas mon cas. Le jardin a pour moi une seule justification : la seule beauté des yeux. Après avoir passé près de 40 ans à créer ou à "tripoter" les programmes, cette fois, j'en suis devenu l'utilisateur. L'écriture et Internet ouvrent des appétits de la connaissance. Connaître, avant de prendre le large, les activités, est le besoin majeur que je conseillerais à tous. Lire est une occupation que l'on peut se permettre avec plus de temps. Il n'y a plus seulement les bouquins techniques. Il y a un temps pour tout, même pour le changement. Il arrivera certainement dans un futur proche de "jeunes pensionnés" qui se lanceront dans de multiples vies de traverses.
Je n'ai pourtant pas ressenti ou voulu ressentir un changement structurel dans le timing. Se lever, se coucher à la même heure, faire les choses aux moments habituels. Réserver le week-end pour des tâches extra quotidiennes. Tous les jours sont des jours de congé mais, il vaut mieux garder des "miles stones", des breaks, question d'en garder la mémoire. Le weekend, le jogging et le vélo en flânant et en regardant la nature avec des yeux différents. Un jogging sans oreillettes et avec dans le dos la mention "Arrêts fréquents". La compétition, c'était pour une autre vie, si, seulement, elle a existée un jour.
A d'autres moments, le PC devant moi, la radio en stéréo, la fenêtre devant moi, le "chat" (non, pas l'animal) pour l'image et le son. Why not? (l'anglais, ici, choisi pour la mémoire aussi...)
Peu importe les problèmes et de la manière, du moment qu’il reste l’ivresse et l'humour.
Cela fait deux ans que j'exerce ces nouveaux talents dans l'ombre.
J'écris beaucoup. Chacun son truc en plumes. Mais, je cours, je vélote, je parlote à un rythme différent. La nature prend plus d'importance. On prend le temps pour faire plus que la voir, on la regarde.
Je peux déjà vous confirmer que le temps passe aussi vite que dans ce qu'on appelle la vie inactive.
Extrapolons, une nouvelle fois, puisque l'actualité m'en donne l'occasion. Le 21 octobre 2008, la RTBF consacrait une émission destinée à ceux qui ont pris leur retraite et sur la question de "Vivre longtemps, vivre content?". Troisième ou quatrième âge? Peu m'importe du moment que l'esprit jeune demeure, était-il dit.
Décidément, on commence diablement à s'intéresser à ces "p'tit vieux" qui sont toujours très intéressant financièrement. Deux jours après, RTL en remettait une couche avec sa "Spéciale Longévité" dans "Tout s'explique". On y présentait un chirurgien de Loma Linda en Californie de 92 ans qui dirige trois à quatre opérations à coeur ouvert par semaine. Sur l'île d'Okinawa, on défie le temps avec 900 centenaires, quatre fois plus qu'ailleurs. A Ovadda en Sardaigne, mêmes phénomènes! Relation entre le passé et le présent, avec son environnement et la discipline des exercices physiques, du climat, de la nourriture, d'un certain adventisme et de l'oubli du stress, concluait-on.
Sur Wikipedia, pour expliquer le phénomène de la prise d'âge, on trouve : "La formation de radicaux libres dans l'organisme est constante et indissociable de la vie dans une atmosphère oxydante, mais les excès dépendent de facteurs extérieurs tels que le stress, la fatigue et l'exercice physique intensif, la consommation de tabac, d'alcool, les pollutions atmosphérique, ou encore par des rayons ionisants, tels que les rayons X."
Alors, pourquoi ne pas décider d'être radicalement libre dans une discipline de "la tête et les jambes"? Ouvert et sans peur en veillant un peu à la carrosserie et un peu plus du côté moteur, avec l'eau vive.
Un enfoiré est difficile à vivre, mais on assume de bon coeur. Autant savoir.
Main dans la main et dans la franchise mais sans ataraxie, je suis candidat.
Yves Pujol disait dans un de ses sketchs "J'adore ma femme".
De l'humour, il en avait dans ce sketch. Et de l'humour, il en faut.
Alors, si on terminait ce billet par deux vacheries pour confirmer ce qui vient d'être dit?
L'une rappelée à l'occasion justement à l'occasion de ce "Vivre longtemps, vivre content?" par Paul Hermant de la RTBF:
C’est l’histoire d’un type, disons qu’il s’appelle Marcel, qui, le jour de ses 70 ans, décide de bouleverser totalement ses habitudes afin de préserver sa santé et de vivre plus longtemps. Il se soumet à un régime strict, il fait de la course à pied et de la natation et il prend des bains de soleil. En l’espace de trois mois, Monsieur Marcel perd treize kilos et demi, réduit son tour de taille de quinze centimètres et augmente ses pectoraux de treize centimètres. Mince et bronzé, il décide de couronner le tout en offrant à ses cheveux une coupe d’athlète. Mais un bus le renverse juste au sortir de chez le coiffeur. Allongé sur le sol, moribond, il s’écrie « Dieu, comment peux-tu me faire ça à moi ? » Et une voix venue des cieux lui répond : « A vrai dire, Marcel, je ne t’avais pas reconnu ».
L'autre histoire dite par Jacques Balutin aux Grosses Têtes est plus dure encore:
"Un homme sur son lit de mort à sa femme à côté de lui.
- Chérie, tu as été une femme exceptionnelle. Tu as été toujours à mes côtés.
- Oui, chéri, soupire-t-elle.
- Le jour où j'étais malade, tu étais là. Le jour où j'ai été viré, tu étais là. Le jour où je suis tombé en faillite, tu étais là. Et maintenant que je suis à la fin, tu es toujours, là. Tu sais, quoi?
- Non, mon chéri adoré.
- Je crois que tu portes la poisse."
Moi, l'Enfoiré, j'ai osé la raconter. Mon épouse en a ri, aussi. Donc, pas de problème. La liberté, c'est ça, aussi.
L’Enfoiré,
Citations:
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"Cette chose plus compliquée et plus confondante que l'harmonie des sphères : un couple. », Julien Gracq
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« Si le sommeil ne séparait pas les couples, il y aurait deux fois plus de divorces. », Philippe Bouvard
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« Les couples sont de quatre espèces : toi et moi égale toi, toi et moi égale moi, toi et moi égale nous, toi et moi égale toi et moi. », Gilbert Cesbron
- "Je m'empresse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer", Beaumarchais
- "La forme à vélo, ça va, ça vient, c'est cyclique", Philippe Geluck
09:15 Publié dans Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Web | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : vie, retraite
22/10/2008
Et la raison fut
Lundi 13 octobre, on observait un vif rebond à New York. Le 15, rechute en Europe. Un "lundi rose" qui virait au rouge, deux jours plus tard. Depuis, la chute semble freiner sa course en plus de douceurs mais toujours aussi volatile. Leçons d'une crise, aussi.
A quand la sortie du tunnel? Qui oserait le dire aujourd'hui? Le brouillard de l'inconnu? Rien ne déplait autant la Bourse que les inconnues. Le pessimisme s'est propagé et a été tellement fort qu'il faudra du temps pour relancer la confiance.
L'optimiste a fait semblant de ne rien entendre. Le neutre a été attentiste, ouvert à toutes les rumeurs pour virer au quart de tour. Le pessimiste a perdu, à jamais, son épargne dans les statistiques. Le rigolo de service aurait même pu ajouter avec humour: "L'année passée nous étions au pied du gouffre, mais cette année, nous avons fait un grand pas en avant".
Pour la première fois, l'homme de la rue a pris le temps d'essayer de comprendre là où il placait ses économies en suivant les émissions questions-réponses qui se sont déroulés tout azimut au travers de tous les médias. Tout pour informer des risques et des travers avec les spécialistes de tous les horizons pour rassurer.
Investir est plus aléatoire qu'imaginé. L'Europe s'en est rendu compte à la suite des Etats-Unis. Le profil de risque avait bien tenté de caractériser les clients par l'intermédiaire de MiFID, mais, il est clair qu'on est loin d'avoir réussi son coup du côté "sécurité". L'investisseur devait normalement être mieux protégé en étant catégorisé comme un client qui aime le risque ou le déteste. Les banquiers se sont, eux-mêmes, fourvoyés dans de mauvaises évaluations des risques avec des ratios assez subjectifs. Pour corriger les erreurs, l'Etat devait intervenir comme minimum. Etatiser? Oui, bien sûr. Mille milliards d'euros "virtuels" ont disparu dans la bataille, dans un véritable carrousel. Forcés de vendre à prix bradés, les réactions en chaîne à la grande louche se sont succédées. Réactions du citoyen lambda qui réagit comme un imitateur pour ne pas être le dernier à acheter quand tout va bien, pour ne pas être le dernier à vendre quand rien ne va plus et que son entourage s'est détaché de la Bourse. Chercher les coupables ne permet pas d'assurer l'avenir. Seul le changement de comportement et une moralisation des institutions pourrait marquer le futur d'une pierre blanche.
Retrouver la confiance, une bataille du futur très proche quand l'économie, elle-même, commence à en ressentir les effets retards de la finance.
En période calme, j'ai eu mon article sur la Bourse avec un titre prometteur "Spéculons en paix". Prometteur, mais aussi provocateur, ce titre, car la paix n'était qu'apparente ou surfaite.
Diversifier pour régner: Après l'achat d'actions de sociétés privées, une à une, les SICAV, les Fonds, les Fonds de fonds semblaient être la panacée pour amortir les risques et pour attirer de nouveaux clients très peu au courant de ce qu'était la Bourse. Qui avait-il derrière ces Fonds? Qui s'en inquiétait? Avec le recul et au vu de ce que l'on peut appelé un "krach", ne peut-on pas conclure que les courtiers et vendeurs de ces titres ont plus noyé le poisson? Pour obtenir une meilleure performance et moins de risques, on préconisait que plus il y avait de niveaux de répartition en horizontal et en vertical, mieux c'était. L'assurance des fonds sur plusieurs couches, c'est un peu, ce qui s'est aussi passé avec les Subprimes et avec ses résultats qui ne permettaient plus de déterminer où se trouvait l'argent en finale et reconnaître sa (mal)chance d'en posséder en portefeuille. Quant aux "pigeons investisseurs", ils pourront, informés enfin, choisir entre l'assurance de la Branche 21 et le risque de la Branche 23, avec plus de discernement. Les possibilités d'investissements sont loin d'avoir été toutes citées ci-dessus perdus dans une sophistication sans nom.
La titrisation est une technique financière valable à condition de garder la transparence et la supervision de tous les intermédiaires. Il fut un temps où de petites associations de boursicoteurs, les Clubs d'Investissements, analysaient quelques actions en petits comités. Puis, par facilité, la confiance se retournait vers les acteurs officiels de la finance dans des conglomérats de titres imbriqués ou avec plusieurs chapeaux. La "Bible de la Bourse" de Geert Bakelants a choisi les actions en direct, sans intermédiaires.
Philippe Maystadt, Président de la Banque Européenne d'Investissement en parlait à la radio sans mâcher ses mots. Son prédécesseur, Jacques de Larosière, avait déjà dénoncé, en janvier 2007, ce que nous vivons actuellement. A partir du moment où les prix ont cessé d'augmenter, il y a eu retournement et le marché immobilier américain a été le catalyseur de l'écroulement du système financier. Ses conclusions: les réformes sont indispensables jusqu'au niveau européen voir international. La supervision bancaire, l'harmonisation des règles de protection des dépôts trop différentes de pays à pays et les normes comptables anglo-saxonnes faisait, d'après Maystadt, partie des réformes à accomplir. D'autres reconnu comme gourou de la Bourse vont plus loin dans les prévisions pessimistes.
Il faut avouer que les professionnels y ont mis du leur pour maquiller les actions et réactions sur les marchés boursiers. Les noms des titres qui changeaient sans informations distribuées aux clients, les obligations convertibles, les placements à découvert liés à la virtualisation complète de l'argent, les Hedges Funds, ont été des portes d'entrée aux grandes fortunes et aux grandes désillusions... Tout était en place pour déstabiliser le meilleur "père de famille" dans son choix. L'épargnant a appris, cette fois, dans la détresse les arcanes, les leviers, les travers prévus dans la Bourse. Pour le particulier, en somme, il s'agissait de trouver le meilleur rendement pour garder son pouvoir d'achat raboté par l'inflation, de le sécuriser aussi. Celle-ci, jugulée pendant longtemps, avait tout à coup pris des allures de s'en va en guerre. Etait-ce un présage ua krash d'aujourd'hui? L'équilibre entre la demande et l'offre, bien plus importante, devra toujours être la préoccupation majeure pour une économie saine.
Dilemme, paradoxal aussi, cette volonté de placer dans le même plateau de la balance le risque et la sécurité alors qu'ils occupent chacun des plateaux différents. Match de gagnants et de perdants. Le risque, assumé, dans une simili sécurité du capital garanti à l'échéance. Pourquoi pas?
Les règles du jeu existaient mais on voulait seulement les voiler.
Manger l'autre pour vivre: Une règle macroéconomique a été ébranlée aussi dans la bataille. Pour une société commerciale, vivre mieux, être plus solide ou survivre, il était entendu qu'il fallait s'étendre, s'internationaliser, fusionner pour avoir plus de chances sur la scène internationale. L'histoire de Fortis qui a voulu avaler ABN AMRO prouve que l'idée s'est perdue dans un combat de la grenouille et du boeuf. Sommes-nous à une nouvelle étape des « Mouvements perpétuels »? Sous celle-ci, ce serait trop dur.
L'Italie, avec ses nombreuses banques, petites et régionales, a mieux résisté que les autres pays. Peut-être, une histoire lombarde, très longue, des banques italiennes en est la cause.
Les Nobels ont réfléchi à tout: Les professionnels semblent ne plus comprendre ce qui s'est passé sur les marchés. Pourtant, non "Les marchés ne sont pas fous. Mais, ils reposent sur des modèles de prévision du risque non adapté." écrivait le Nouvel Obs en titrant que le krach serait une faute des mathématiques. Finance coupée de l'économie du réel sans régulations suffisantes et dans les mains de spéculateurs.
C'est vrai, les cours de Bourse, mis en graphiques, donnaient une bonne approche, des explications de ce qui s'est passé à celui qui y prête attention par une foule de techniques, d'indices pour extrapoler. Mais pouvaient-elles réellement donner, avec assurance, des indications sur le futur? Là, la réponse est "non". La modélisation des événements, les prévisions qui en découleraient, ne seraient-elles pas un raté majeur qui pourrait dévier de la réalité? Des paramètres arbitraires de fonctionnement, des estimations préalables, entrées dans les calculs peuvaient influencer de manière démesurée, voire, catastrophique et volatiliser des potentiels de manière irrécupérable, suites à des mauvaises prises des décisions d'achat ou de vente. Une foule de livre qui tournent autour de la connaissance de la Bourse, existe et tente d'expliquer les tendances sans penser à l'inexplicable "légèreté de l'âme" des décideurs.
On pourrait rapprocher le travail du trader à celui du climatologue qui doit prévoir le temps. Là, aussi, on se réfugie sur le passé et la modélisation de la nature. Cela marche dans la plupart des cas, d'ailleurs, mais gare aux exceptions.
Les opérateurs traders font ce qu'ils peuvent, ce qu'ils ont appris avec des outils de la modernité en plus. L'ordinateur a apporté la vitesse mais le raisonnement est intégré, programmé et relié à de seules copies de l'expérience et du seul passé. Le modèle brownien, toujours en rigueur, date de 1820. Le botaniste britannique Robert Brown constatait, alors, que des grains de pollen se mouvaient normalement autour d'une sorte de moyenne à la surface de l'eau. C'est vrai, mais à condition qu'il n'y ait aucun doigt qui se glisse dans l'eau pour brouiller le raisonnement de l'habitude. Donc, il aurait fallu limiter les conclusions à en tirer et ajuster le calcul avec un argument qui tiendrait compte du risque supplémentaire de l'inconnu.
Louis Bachelier migra ce raisonnement vers la finance en 1900. Myron Scholes, Harry Markowitz, Robert Melton, Paul Samuelson confirmèrent cette relation dans la haute finance. Mais, cette approche ne peut tenir compte que de la vie de tous les jours dans sa normalité et pas des exceptions, des catastrophes, des faillites. Benoit Mandelbrot, l'inventeur des fractales, signalait, dès 1962, l'erreur d'appréciation et sous-entendait que le hasard devait tenir compte d'une sauvagerie possible et externe à la normalité. Les indexes, les évaluations seraient sans cela, plus fantaisistes en suivant des bases trop sages et donc, sous-estimées.
Les mathématiques et le jeu ont toujours fait bon ménage.
Depuis 1920, Emile Borel, avec son paradoxe de la théorie des probabilités et John von Neumann, avec son jeu à somme nulle, s'y intéressaient par cette voie.
Les Prix Nobel de l'Economie apparaissent pour la première fois en 1970.
Il est assez troublant de constater que depuis 1994 jusqu'à nos jours, de nombreux Prix Nobel de l'Economie se sont intéressés de très près aux mécanismes et des principes du capitalisme avec le jeu comme point d'orgue.
L'équilibre par les jeux non coopératifs, la compréhension des conflits, les mécanismes d'incitation ont attiré les analystes d'une foule d'économistes et qui les ont mené à recevoir le Prix Nobel.
Les théoriciens, avec leur prix Nobel, Paul Samuelson (1970), Milton Friedman (1976) et James Tobin (1981) ont recherché la raison qui se cachait derrière le besoin de maximiser les gains et de minimiser les pertes, moins arbitrairement que par le seul fait du hasard. La vente de masse pour diminuer les prix, l'internationalisation et la mondialisation du commerce comme buts.
L'équilibre de John Nash (1994) établit le choix de stratégie sans coopération dans une théorie du jeu et partage le prix avec Reinhard Selten et John Harsanyi en reliant le jeu à l'économie.
En 2005, essayer de comprendre les raisons des conflits attire Robert Aumann dans le même raisonnement.
Thomas Schelling apporta son concours en apportant des idées pour apporter un climat de confiance dans les négociations. "Pour calmer le jeu", dirait-on, avec humour.
En 2007, Eric Maskin, avec Leonid Hurwicz, comprit comment réguler les marchés par les droits d'émissions avec la théorie des mécanismes d'incitation pour partager les ressources.
En 2008, c'est au tour de Paul Krugman qui analyse la mondialisation des capitaux et de la main d'oeuvre. Pour changer, cet économiste est de gauche (et oui, ça existe). Il n'hésite pas à dire : "Croire qu'il suffit d'aligner la rigueur budgétaire, l'orthodoxie monétaire, la logique antiétatique pour conduire au succès économique, tient de l'hérésie". Précisions.
Curieux de chercher le bien être et trouver l'avenir uniquement dans le jeu et d'en être récompensé... La Bourse et le jeu ne sont pas des ennemis et sont loin de ne pas trouvé des analystes pour en relever les moindres déviances dans la raison.
Cette fois, la raison est revenue à l'avant plan, dans la douleur après une période d'endormissement sur le coussin des gains trop faciles. Je ne parle pas de l'endormissement des marchés mais des investisseurs. Ceux-ci s'y intéressent, contraints et forcés, à tout ce qui ne leur semblaient pas destiné ou trop compliqué.
La "récession", le mot est lancé. La stagflation et la dépression, comme ce fut le cas en 1929, seraient encore bien plus graves. L'outil "argent" est fait pour rouler pas pour stagner.
Si la récession est globale et uniforme, comme cela semble être le cas, cela pourrait même correspondre à une dévaluation générale des monnaies et donc, un départ sur une autre base, sur un sorte de statu quo, en finale. Encore faut-il que tout le monde comprenne le pas à prendre et celui à ne pas franchir en conservant les moins nantis en vie. Le monde entier a cette fois les mêmes problèmes. Tous perdants avec un rapprochement plus prononcé des riches vers les plus démunis. Le billet de 500 euros aurait perdu un zéro dans la bagarre? Pourquoi pas un billet à 50 euros qui aurait le même pouvoir d'achat que le billet d'avant? Dans ce cas, où serait le problème? Pas de régulation folle, mais énergique et réaliste pour faire tourner la machine humaine.
L
es origines de la crise. S'il faut rechercher les responsables, c'est chez les grands gestionnaires qui ont fait la pluie et le beau temps. Alan Greenspan a été nommé au moment du krach de 1987. Les politiques aussi, qui n'ont pas pu se pencher sur les problèmes de base. La croissance comme seul préoccupation avec des taux d'intérêts bas pour l'entretenir, a conduit au krach de la bulle, en 2000, suivi, de près, par celui du terrorisme du 11/9/2001. Pour l'Américain, s'endetter a toujours été la pierre philosophale. Acheter aujourd'hui et payer demain a été le principe de base des échanges internationaux spéculateurs. L'Europe n'a fait que suivre la philosophie capitaliste. Mauvaise interprétation de la raison d'être de la Bourse pour stimuler et concrétiser les projets apportés par le capital. En résumé, participer à la vie de la Société.
Une confiance aveugle en un marché qui devait s'autoréguler de façon rationnelle sans recherche véritable sur la solvabilité des acteurs en présence pour satifaire seulement les commissions des emprunteurs. N'était-ce pas préjuger sur la "fragilité de l'être"?
Lehman Brothers, en faillite, a été le symbole du vendeur de produits financiers explosifs dans le monde entier à des clients rassurés par la seule renommée. Première erreur, le manque de réactions immédiates des autorités pour enrayer le processus de méfiance a été le début des chutes en cascade de la finance. Ensuite, le fond de roulements des banques s'est révélé insuffisant pour assurer plus que les retraits journaliers et jamais ceux de l'exception. Le fond de réserves, limité à des pourcentages très bas, restait souvent dispersé et a été réassuré sur les possibilités d'emprunts du marché interbancaire. La vulnérabilité se retrouvait bien là quand les pertes de chacun bloquent les transferts d'argent par manque de liquidité. Les taux d'intérêts à court terme plus élevés que ceux du long terme en sont la conséquence. La confiance crée les liquidités et vice versa. Mais pour rappel qu'est ce qu'un crise, un danger, une opportunité ?
Vivre demande de la confiance en soi. Dépenser demande la confiance des autres. Mélange de raisons pour la raison de la planète, elle-même. Les apartés n'existent plus. Les prudents d'hier gagnent aujourd'hui mais devront compter sur plus hasardeux, demain, pour faire avancer le progrès. Natures humaines, complémentaires, qui font avancer ou tomber.
Franklin Delano Roosevelt, l'homme de la Dépression, disait "The only thing we nead to fear is fear in itself" ("La seule chose dont il faut avoir peur, c'est la peur"). Un retour vers la débrouille et une ouverture vers les autres, mais il faut revoir le système?
Certains parlent de plus en plus d'un nouveau "Bretton Woods". On ne sait plus très bien de quoi il s'agit mais cela fait bien dans une conversation, histoire d'un bêtise, aussi. A l'époque, ces accords ont servi pour stabiliser le dollar américain en le reliant à l'or. L'Amérique s'y retrouvait bien dans ce jeu puisqu'elle détenait 80% du métal précieux. L'or n'a, désormais, plus la parité souhaitée. La liaison à l'or ne fonctionnerait plus. L'or lui-même, dite valeur refuge, est aussi spéculatif à ses heures de gloires. D'autres matières premières prennent peut-être la relève dans ce but de refuge.
Un plan Marshall serait plus européen dans ses formules de redressement des européens à condition de ne pas être téléguidés par les Américains comme cela l'avait été pour redresser l'Europe qui sortait de la guerre. Tout semble donc tourner sous la "bannière étoilée". J'ai manqué écrire la "barrière étoilée", lapsus lingua. En Wallonie, on a aussi lancé cette idée de Plan Marshall avec un certain succès.
Le bonheur des uns... : Récemment, le Vif-L'Express essayait de trouver 10 raisons de garder le moral. Le spéculatif a des effets "retour": la baisse des prix du pétrole (et donc de sa consommation), des produits alimentaires, de l'immobilier plus abordable, des taux d'intérêts pour très bientôt... L'Europe rebondit face aux Etats-Unis qui s'en retrouvent moins glorieuses. L'épargne sera mieux protégée avec le recentrement sur les métiers de base. Les excès tel que les parachutes dorés et la chasse aux paradis fiscaux. Evidemment, il y a les mauvais points comme l'augmentation de 20 millions de chômeurs prévisibles. L'euro suit les événements de près. Il n'a jamais aussi bas depuis longtemps par rapport au dollar. Favorable aux exportations, mais moins pour les importations. Les effets de la crise, les taux d'intérêts des pays européens qui baisseront normalement pour relancer l'économie et ces exportations, l'espoir d'un renouveau à la présidence des Etats-Unis sont les raisons.
Et si on terminait, en plus, par une "belle" histoire pour l'expliquer qui commencerait, comme toujours, par "il était une fois"?
D
ans un village, un homme apparut et annonça aux villageois qu'il achèterait des singes pour 10 $ chacun. Les villageois, sachant qu'il y avait des singes dans la région, partirent dans la forêt et commencèrent à attraper les singes. L'homme en acheta des centaines à 10$ pièce et comme la population de singes diminuait, les villageois arrêtèrent leurs efforts. Alors, l'homme annonça qu'il achetait désormais les singes à 15$. Les villageois recommencèrent à chasser les singes. Mais bientôt le stock s'épuisa et les habitants du village retournèrent à leurs occupations. L'offre monta à 20$ et la population de singes devient si petite qu'il devint rare de voir un singe, encore moins en attraper un. L'homme annonça alors qu'il achèterait les singes 50$ chacun. Cependant, comme il devait aller en ville pour affaires, son assistant s'occuperait des achats. L'homme étant parti, son assistant rassembla les villageois et leur dit : « Regardez ces cages avec tous ces singes que l'homme vous a achetés... Je vous les vends 35$ pièce et lorsqu'il reviendra, vous pourrez les lui vendre à 50$. » Les villageois réunirent tout l'argent qu'ils avaient, certains vendirent tout ce qu'ils possédaient, et achetèrent tous les singes. La nuit venue, l'assistant disparut.. On ne le revit jamais, ni lui ni son patron ainsi que des singes qui couraient dans tous les sens. Bienvenue dans le monde de la Bourse !
"Quand on aime, on compte", disait une pub récente. Non, peut-être.... à Halloween, on y pense.
L'Enfoiré,
Une vidéo explicative (Ron paul and some Federal reserve information
Remerciements particuliers à Kroll pour ses caricatures tellement dans la ligne
Citations:
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« Ne mettez pas votre confiance dans l'argent, mais mettez votre argent en confiance. », Oliver Wendel Holmes
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« Une des clés du succès est la confiance en soi. Une des clés de la confiance en soi est la préparation. », Arthur Ashe
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« Confiance et défiance sont également la ruine des hommes. », Hésiode
08:35 Publié dans Actualité, Monde des affaires, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
15/10/2008
"In vino", carré d'as ?
Que ne ferait-on pas pour un verre de vin? Tout le monde n'est pas nécessairement d'accord. Pardon, Messieurs les producteurs, viticulteurs et consommateurs.
L'émission de "L'envoyé spécial" de septembre 2005, parlait du vin et s'intitulait: "Des flacons d'éternité", déjà une rediffusion de décembre 2004. Je le ressors de sa boîte une nouvelle fois, comme on le fait le plus souvent quand les vendanges sont là et en fonction de l'actualité.
A l'époque, le texte l'annonçant sur la chaîne, disait :
"Ils ont entre 100 et 150 ans, plus parfois… Et pourtant, ces vins-là ont gardé une jeunesse étourdissante. On les appelle vieux millésimes. Ils ont été élaborés, vinifiés lors d’années exceptionnelles et aujourd’hui ils n’ont pas une ride. Miracle de la nature, ces flacons d’éternité ont traversé les siècles sans dommage. Leur robe est certes un peu plus ambrée, mais au goût, le fruit est toujours là ! En Bourgogne, la Maison Bouchard Père et Fils veille sur des trésors inestimables. 5 000 bouteilles du 19e siècle sommeillent dans leurs caves ! Des bouteilles qui ont pour noms : Montrachet 1865, Meursault 1846, Clos Vougeot 1865, Corton… Certaines bouteilles se sont vendues 20 000 euros lors de ventes aux enchères ! Mais lors de dégustations ce qui surprend c’est que ces vins sont encore bons. Truffe, amende, noix, caramel… Une mosaïque de parfums et de goûts s’offre à vos papilles… Des collectionneurs en raffolent et qu’importe le prix ! Aujourd’hui, à l’heure où le goût du vin se standardise, certains vignerons essayent tout de même d’élaborer des vins qui seront les vieux millésimes de demain…"
Bel éloge qui ferait mettre le vin à la bouche de plusieurs consommateurs.
"La bonne chère et le bon vin réjouissent le coeur du gastronome", complétait Antonin Carême.
Il tenterait le diable aussi. Preuve à l'appui, en 2003, la moyenne de consommation du Belge s'élevait à 31 litres de vin par an et la consommation augmentait de 0,5 à 1%. Les consommateurs réguliers prennaient la part du lion et plus particulièrement au sein des catégories sociales ayant un solide pouvoir d’achat. La vague d’intérêts scientifiques pour le rapport entre vin et santé a établit qu’une consommation modérée (1-2 verres par jour) a un effet positif pour la santé. Les maladies cardiovasculaires, par exemple, sont aidées par le vin qui maintient les vaisseaux en bon état. Pire, l’abstinence de vin serait même à ajouter à la liste des facteurs de risques. Un verre de vin contribuerait à un bon rythme cardiaque, à un meilleur sommeil et à une protection contre l’infarctus d’après des scientifiques suédois et américains. La modération en alcool est le principe à ne pas transgresser pour y arriver. Parfait. Le scénario est dans la boîte.
Pour ajouter une couche, un autre "Envoyé spécial" était consacré, plus tard, au plus grand de l'époque, le "Meilleur sommelier du monde", Enrico Bernardo en "Amoureux du vin". Actuellement sommelier au Georges V de Paris. Star mondiale du vin, arrivé d'un milieu modeste, il avouait avoir compris ce que le "monde de la haute" voulait de quelqu'un comme lui: avoir la preuve que l'argent payé pour la bonne bouteille de vin d'exception apportait un intérêt à son débiteur. L'histoire de ce vin, la manière de le concevoir, l'année excellente dans laquelle il avait vu le jour, l'endroit bien précis de sa récolte, sont tout aussi important, si pas plus, que le liquide à l'intérieur de la bouteille. Et de cela, il semblait en connaître un bout, récolté à gauche et à droite, en véritable éponge d'informations tel qu'il se décrivait.
J'ai toujours admiré les sommeliers, sans comprendre ces goûteurs de vins qui parviennent à mettre une étiquette sur une bouteille de vin qui n'en a pas. Donner l'année, le cépage, le côté de la colline qui a vu mûrir les raisins créateurs de ces vins relève, à mes yeux, du miracle. Miracle de l'extrême ou magie de l'illusion et du rêve?
S'il existe un vin qui ne serait pas vraiment touché par la crise, ce serait, parait-il, le rosé.
Pour le prouver, l'"Envoyé Spécial" de juin 2007 le précisait avec un titre "La ruée vers le rosé". Vin de femme par excellence, le rosé a la chance d'être apprécié tel quel pour sa belle couleur, son dynamisme, sa facilité d'assortiment avec les mets les plus divers et la fraîcheur propice à toutes boissons d'été. Décrié et avec un passé qui n'était pas à son honneur, il est parvenu à prendre des gallons d'excellences. A la base, les mêmes raisins bleus, mais dont on extrait uniquement le goût pour qu'il ne prennent pas la couleur du tanin. Il est avantagé par le froid dans sa récolte. Vin à la mode avec son parfum de vacances, il s'en vend une bouteille sur cinq. Cette couleur varie du clair au foncé, est caractérisée et nommée pour coller avec un standard. Une nouvelle manière donc de s'adonner à la vie en rose pour près de 4% de la consommation mondiale.
Pourtant ces dernières années, les AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) français ont aussi subi les effets de la crise et trouvent de plus en plus de concurrence venant de Californie, d'Afrique du Sud ou d'Australie. Le prix de ces vins français réputés est devenu pour certains exorbitant et commencent à être boudés et remplacés par des vins moins prestigieux. Alors, parler de ces vins d'âge canonique dont les prix tout à fait en dehors de toute convenance 'démocratique' apparaissent comme une 'gifle' aux gens du tiers monde. 80% de la production millésimée est destiné à l'exportation. 55 millions d'hectolitres par an. Chauvinisme d'espérer continuer à ce rythme sans apporter de correctif. Londres, où beaucoup d'hectolitres transitent et qui accuse une augmentation quadruple de consommation depuis dix ans, associe platoniquement le vin à celle des pâtes italiennes. L'Australie avoue, humblement, que ses vins les plus vendus sont dans la catégorie des vins relativement bons marchés. Les gros volumes font baisser les prix. Ils sont prêts à rectifier la production en fonction du goût des consommateurs. On demande un vin doux, pas de problème, on ajuste. La recherche de l'innovation, les tests les plus variés permettent de vendre au meilleur prix / performance. Industriel ou artisanal est un choix. La Napa Valley, en Californie, cherche à augmenter le nombre et le type de consommateurs, eux-mêmes. L'arrosage des vignobles y est permis sans complexe. “La crise européenne du vin est liée à la chute de la consommation” lisais-je dans un journal l'Echo en juillet 2007. Plus que les vins du “Nouveau monde”, c'est la bière et la vodka qui menacent le vin européen. La sècheresse menacerait aussi la vigne. Du coup, dans le même temps, la C.E. préparait une réforme du secteur viticole. Le budget annuel de 1,3 milliards d'euros alloué au secteur devait prendre de la souplesse vis-à-vis des modes de consommation qui ont changé en dehors du consommateur privilégié. La bière a aussi remplacé le vin sur les tables des restaurants espagnols. En France, 47,10% des achats de vins ne dépassent pas les deux euros et correspondent à une consommation de 43,18 litres en 2005. Le champagne fait aussi connaissance avec la crise.
Question à la une de novembre 2007parlait de la situation en Belgique. Chez nous, on ne produit plus uniquement de la bière. Cinquième importateur, le Belge commence à produire son propre pinard. Dans le Nord et dans le Sud, d'ailleurs. Pas de problèmes communautaires. Grand cru? Les amateurs sont présents dans des confréries. On se professionnalistes. Toujours en dessous de 100.000 bouteilles par an par vignoble de quelques hectares. La qualité est là mais pas encore chaque année, est-il avoué. Alors, les spécialistes de vin de table goûtent et donnent une image acceptable. De nouvelles variétés pour innover, en plus. Jusque dix millions d'euros d'investissement dans l'aventure. Débuter en relation étroite avec la recherche agronomique de Gembloux. Pourquoi pas? Les restaurants ont déjà un vin belge sur leur carte.
L'émission "Des racines et des ailes" de ce 15 octobre 2008, remet le couvert ou plutôt les verres sur la table en mettant en relief à la hauteur des ambitions avec les "Passions françaises". Nous sommes ainsi entrés, cette fois, clairement dans le passionnel et donc l'irrationnel qui expliquerait mieux les excès des consommateurs. Il ne s'agirait plus de boire mais de sortir du lot par des artifices du nationalisme. L'oenotourisme, les "Médocaines" se lancent dans une bataille du grand cru dans une véritable croisade française. On veut faire, dès lors, participer à la vie, à l'ambiance du viticulteur et des vendanges.
Récemment, un livre se voulait élogieux "In vino satanas" de Denis Saverot et tentait de réhabiliter le consommateur qui aurait pu se croire un peu trop porté sur "la chose". Il était présenté, fin septembre, avec emphase et applaudissements chez Drucker lors d'un des derniers week-end.
Comme tous les goûts sont dans la nature, je me devais d'exprimer mon avis sincèrement et sans faux fuyants. Ce breuvage ne m'aura pas fait vibrer outre mesure, malgré tous les avis contradictoires. Voilà tout.
Dédaigner, non. Contester, un peu, le rapport du prix qui existe entre le haut et le bas de gamme qui ne se justifierait que par une différence suffisamment importante pour un produit offert par la terre mais qui se révèle de plus en plus éloigné des réalités. Pas question de passer dans le bas de gamme mais mettre les choses à la bonne hauteur.
Dans la catégorie des atypiques ? Pas de bénédiction du dieu Bacchus? Pas candidat pour assister à ce genre de vente aux enchères des grandes bouteilles, donc. Pas d'émoi devant une bouteille empoussiérée. Pas de papilles gustatives pour détecter, avec un air inspiré et même les yeux fermés, une "jambe", une "cuisse", ni aucune autre partie du corps ? Une véritable erreur, quelque part, ou encore un autre défaut plus fondamental et qui pousse à la réaction ?
Le vin est peut-être la seule production qui bonifie avec l'âge pour virer de plus en plus vers le luxe car il se fait payer en conséquence en suivant cette chronologie. Ecologique quand ce marché représente 120 milliards d'euros dans le monde? Nouvel "or rouge ou blond"? Mettre quelques bonnes bouteilles à reposer en cave, c'est investir. Bouteilles à ressortir aux grandes occasions ou quand la fortune ne suit plus comme serait une plus value d'une oeuvre d'art, liquide, mais éphémère pour papilles.
Que justifie, ce titre de refuge? N'est ce pas surfait ? Quelle est la valeur ajoutée à cette vieillesse? Qui fait le travail pour le faire mûrir? Un tonneau, des locaux adaptés avec une température constante, oui, mais c'est la nature et la bonne terre, qui font le reste. Les vendanges, elles, nécessitent le gros du travail de récolte, réalisée, souvent, par des bénévoles ou des saisonniers.
Boire n'est ce pas un désir d'assouvir un besoin majeur de se désaltérer ? Un grand coup de ce breuvage naturel qu'est l'eau, gazeuse ou plate, également source de vie, est-ce tellement à dénigrer? Un peu de goût ou de couleur en plus, bien sûr. Même s'il est dit qu'il n'y ai aucune contre-indications du vin, il est clair qu'il faille en consommer avec modération et qu'il n'est pas bénéfique dans certains cas et pas exempt d'effets négatifs secondaires.
Même si le vin existe de tout temps, une nouvelle mode s'est installée dans les populations aisées de nos pays. Du coup, le fait de ne pas disposer d'une cave précieuse entreposant ses bouteilles d'un autre âge avec la température adéquate, dégrade, de fait, la personne qui oserait l'annoncer tout haut dans une conversation. Il se retrouve alors écarté du "carré d'as" qui lui se targue de faire partie de l'élite et du consommateur "in". Snobisme de l'air du temps ou d'un autre temps? Attention aux mythes et aux réalités car cette idée de faire partie des "élus" n'est pas perdue pour tout le monde.
Les restaurants, d'aujourd'hui, font une part importante de leur chiffre d'affaire en servant ces bonnes bouteilles dans ce jeu de l'habitude et du conformisme. On pousse donc à la consommation des meilleures bouteilles. Aujourd'hui, se payer une bouteille de vin correspond, au bas mot, au repas d'un "fantôme" qui prendrait place à la même table d'un couple. La nourriture donne du travail à la préparation. Les boissons en bouteilles, elles, il suffit de les déboucher avec un peu plus de « show » et de cérémonial que pour la prolétaire bouteille d'eau. Tout comme les parfums, les artistes et le showbiz s'y sont intéressés à juste titre, flairant la bonne affaire. Un autre parfum sans odeur. Alors, vive le rêve et vive le dieu dollar européanisé.
Dernièrement, attablé dans l'un des restaurant, vu la chaleur, je n'étais pas enclin de boire du vin.
Le serveur me demanda ce que je voulais boire, avec la carte des vins, ostensiblement poussées dans mes mains.
- Une bouteille d'eau gazeuse, répondis-je, immédiatement, voulant me désaltérer avec de grandes lampées.
- C'est pour manger?, me fit-il avec un air inspiré, près à prendre un air dégoûté.
- Non, c'est surtout pour boire, devais-je lui rappeler avec un sourire en coin.
Grimace, à peine dissimulée, en retour.
Obligation de faire partie, arbitrairement, de ce "carré d'as" et se voir rejeter dans l'estime... Le prestige ou la logique des prix, je n'était pas tenté de l'éprouver sous forme de vin du terroir ou du tiroir. Vu la situation actuelle, les restaurants vont aussi subir le contrecoup.
Si le dicton latin "In vino veritas" est toujours de mise, faudra-t-il le restreindre un jour aux "carrés d'as" dans cette période de crise du pouvoir d'achat ?
Le goût? Une question personnelle. Le prix des choses est affaire de rêve du consommateur qui doit rester seul maître de son choix. Alors, le vin se retrouvera entre luxe et boisson, sans contrainte. Si l'alcool conserve, il ne faudrait pas croire que l'eau endort son consommateur tout en le désaltérant.
Aucune contre publicité là-dedans, seulement, un témoignage qui se voulait avisé.
"Ta gueule, le Belge", entendrais-je, certainement, à la suite de ce "blasphème" comme l'avait fait Alain Delon pour le Chat, Philippe Geluck ?
Mais, je dois me tromper, quelque part dans ce raisonnement platonique. Alors à vos claviers. Expliquez-moi.
En attendant, je vais vous quitter et aller me chercher une bonne choppe... de l'eau vive et, pour plus tard, "L'eau et le vin".
L'enfoiré,
Sur le sujet, autre avis, "Vers une éthique du vin français".
Citations :
- "Il faut mettre de l'eau dans son vin pour qu'il n'y ait pas d'eau dans le gaz !", Christelle Heurtault
- "Ajouter de la tomate et de l'origan, ça devient italien ; du vin et de l'estragon, ça devient français ; du citron et de la cannelle, ça devient grec ; de la sauce de soja, ça devient chinois ; ajouter de l'ail, ça devient bon !", Alice May Brock
- "Le vin est semblable à l'homme : on ne saura jamais jusqu'à quel point on peut l'estimer et le mépriser, l'aimer et le haïr, ni de combien d'actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable", Charles Baudelaire
- "Le vin est un lubrifiant social" , Jean Clavel
- "Snobisme : action de s'acheter des choses que l'on n'aime pas avec de l'argent qu'on n'a pas dans le but d'impressionner des gens qu'on n'aime pas", Desproges
09:10 Publié dans Loisirs, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Shopping | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : boisson, vin
07/10/2008
Sommes-nous tous devenus mazos ?
J’ai toujours aimé jouer le rôle d’Enfoiré. Cela fait un bail que les premiers lecteurs me suivent dans ma démarche. Enfoiré, mais jamais masochiste, même si les sujets étaient parfois très sérieux.
Drastique et pragmatique sont les adjectifs que j’aime m’ajouter.
Je ne jouerai jamais un des rôles de sadique ou de masochiste qui, lors d'une rencontre, verrait le premier répondre par la négative après la demande du second de lui faire mal.
Les Réflexions du Miroir renvoient parfois une obligation de changer son fusil d’épaule à son auteur quand il n'est plus compris dans ces objectifs.
Nous nous apercevons de plus en plus qu’on aime se faire peur. Il y a depuis toujours les médias qui se doivent de prévenir et il y a depuis la dernière décade les blogs et les sites citoyens qui en ajoutent une couche. Les médias ont perdu la confiance des lecteurs, victimes tous deux des scoops et du sensationnalisme. Les citoyens, eux-mêmes, aiment se rassurer sur leurs impressions intimes de mal être en lisant les autres sur Internet. Alors, quand une vrai crise présente son nez, c'est le cauchemar accentué à la puissance "n" près à se flinguer.
Les titres des articles n’ont plus assez de mots les plus durs, les plus expressifs pour l’exprimer.
On n’essaye même pas de comprendre, on accuse, mais on ne cherche pas de solutions ni de palliatifs dans la panique. L’objectivité fait place à la subjectivité. Les gourous sont au pouvoir. Les spécialistes, et ils sont légions, se présentent au chevet des malades. L’audience de mes articles ne m’importe que très peu. C’est du « free of charge » en ce qui me concerne. Le plaisir d’écrire et de réfléchir, de chercher les raisons aux événements. Je ne cherche pas à avoir raison. Une seule orientation portée par une expérience. Descriptifs, mes analyses ne demandaient pas une prise en charge sans réflexions ou dans la contrainte.
Notre rôle de citoyen n’est pas nécessairement de suivre la masse dans la sinistrose prémâchée par les médias.
Mon dernier article, « Amérique, présidence pragmatique ? » avait un titre qui se terminait par un point d’interrogation. Pourquoi, parce qu’il y a une vieille expression américaine qui dit « The right man at the right place ». La confiance est une question de trouver l’oiseau rare. Et oui, mettre celui-ci à la bonne place remettra tôt ou tard sur un autre chemin.
J’ai eu l’occasion de jauger, d'apprécier ou de haïr les américains en y recherchant le processus qui jusqu’ici apportait des résultats positifs pour certains et pas toujours pour d’autres. Quand on arrive à l’excès, il faut des correctifs, de la régulation.
Mon eBook de la Grande Gaufre, c'est une expérience comme une autre. Elle n’intéresse pas et ne se commente pas pourquoi ? Simple, il faut être dans la situation de l’intérieur pour le comprendre. Les autres s’en foutent. Normal.
La situation mondiale est grave. Je l’ai dit. Elle ronge. Une rage de dents mais sans médecin ou dentiste avec le remède dans les mains. Une explication qui me parraisait le plus exacte sur la situation.
Mon métier d’informaticien m’a appris que quand un programme ne trouvait pas la bonne filière de la solution, il valait mieux le jeter et recommencer. Cela ne veut pas dire qu’il faille jeter le bébé, l’eau du bain et la bassine qui les contenaient, mais qu’il fallait prendre un temps de repos pour repenser le problème à la base. L’expérience associée à de l’imagination peuvent enrayer le processus de crise.
Je vais prendre une résolution pour les articles qui vont suivre. Je change de braquet, je me lance dans le plus intimiste en sortant temporairement le mot « crise » de mon vocabulaire. Pas de panique. Le futur est toujours ce que nous en font aujourd’hui. Les cercles vicieux avec des informations qui se bousculent créent des mécanismes infernaux.
Ni lemming qui fonce vers le précipice, ni gnou qui s’élance en migration vers la rivière par l’instinct. Un Enfoiré, seulement, et cela ne sera pas nécessairement triste.
Mon deuxième article "Juste un coup de frein" est toujours d'actualité car nous avons, bloggeurs, aussi un devoir de calme.
Alors, comme on dit, bon vent.
L'Enfoiré,
Citations:
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« Même les masochistes font des aveux complets sous les tortures. Par reconnaissance. », Stanislaw Jerzy Lec
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« Il existe une prédilection masochiste des Français pour deux exercices dans lesquels ils se révèlent malchanceux : la guerre et le football. », Michel Audiard
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« L'Homo sapiens est masochiste : il savoure la douleur sous de nombreuses formes. », Charlie Chaplin
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« Le masochisme est une perversion absurde qui consiste à se faire du mal à soi-même, alors qu'il y a les autres pour cela. », Georges-Armand Masson
10:01 Publié dans Actualité, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
05/10/2008
L'Amérique, présidence pragmatique ?
Que de choses n'a-t-on pas dit et écrit pour définir ce qu'est avoir l'esprit américain? Du "Grand Satan" au "monde de demain". L'Europe, au milieu, s'interroge sur les différences et les résultats des élections américaines qui pourraient influencer le monde entier. Cette fois, dans l'incompréhension totale de ce qui lui est arrivé suite aux dérives de cette Amérique. Après la crise, un peu de confiance revient avec le coup de poker de 700 milliards de dollars. Bien loin de la "vieille Europe", l'Amérique, mais encore... Article qui avait été ébauché dans "Tout va mal, non peut-être..."
Les USA ont l'habitude de se retrouver dans l'opposition dans un état de (presque) guerre. Adulés ou mal aimés, les Etats-Unis contre tous, mal compris de tous. Cela l'a toujours obligé d'ouvrir, plus que partout ailleurs, la bourse au budget militaire. Une armée qui coûte de plus en plus cher. Guerre militaire, commerciale, religieuse et psychologique, interventionnisme, ingérence sont les sources de cette dichotomie entre pro et contra dans le monde. En un mot, l'antiaméricanisme.
Au besoin seuls contre tous, les Américains sont unis malgré tout dans un parfait ensemble ou hétéroclites comme en ce qui concerne la peine de mort exécutée selon le niveau de conservatisme plus présent, selon le Sénateur qui occupe le siège de l'Etat, la possession des armes aussi. Mais, en final, toujours prêts de se retrouver derrière leur président. Pays de tous les extrêmes, religieux, au besoin sectaire. Population prude et, en même temps, extravagante sexuellement. Mais, il ne faut pas croire que les Etats n'ont pas leur spécificité ou qu'ils soient "unis" dans tous les cas et actions. La taux de taxe locale est spécifique et décidé par le Gouverneur de l'Etat.
Les papiers d'identités ne sont pas utilisés, pratiquement, ils sont souvent remplacés par le permis de conduire. Pourtant la sécurité est devenu une obsession. La violence et la compétition fait partie de la vie américaine. La possession des armes fait partie de la normalité et se retrouve dans un amendement de la Constitution.
L'argent, comme passe partout, comme un passeport. "Quand Wall Street s'enrhume, le monde tousse" est-il souvent dit à juste titre. Frais minimum pour les transactions boursières. Aucune entrave importante aux transactions. La taxe Tobin est reportée "ad vitam aeternam". Le côté social, on y pense pour une autre vie.
Du côté social, la sécurité d'emploi se compte, chez nous, en mois de dédits par année d'ancienneté. Aux USA, on compte en semaines pour la même période et on dit merci en partant sur le champ. La crainte de perdre son emploi n'est pas un leurre. Mais, l'instinct pousse à dire que la société avait raison de réduire son personnel. Prester après une mise à pieds qui y penserait? On ne doit pas se représenter, c'est tout. On travaille bien après le temps présumé en Europe de la pension. Les grosses pensions ont été confiées à des organismes assureurs qui ont placé l'argent en Bourse avec des espérances presque "obligatoires" d'obtenir du "double digit". La Floride sera le nouvel habitat pour ceux qui ont réussi. Pour les autres, on recommence une autre carrière en servant dans les cafés ou les restaurants et cela parfois, jusqu'à plus soif. La grève, qui y penserait vraiment comme on peut le faire en Europe? On manifeste sur l'autre trottoir de l'entreprise après un renvoi. Bien caché derrière une foule organisée ou derrière un panneau de revendication sous l'oeil vigilent de la police. Une avidité de consommations, un fétichisme libertaire qui trouve son répondant dans le marketing de l'American dream. Refus de toute ingérance, de tout interventionisme de l'Etat. La faillite au détour du chemin pour ceux qui y ont cru et se sont retrouvés SDF dans sa voiture ou son camping car.
La santé, pas question de réelles mutualisation à l'européenne. Ce n'est pas la solidarité. On paye cher pour des assurances tous risques qui sont plafonnées très vite. La liberté, toute la liberté c'est pour ceux qui ont les moyens d'en profiter.
Un paradoxe, aussi: plus d'universités prestigieuses qu'ailleurs et plus d'ignorants.
Le marché du "prêt", du "crédit" se fait concurrence en offrant les meilleurs conditions, mais pas de restrictions ni de limitations. La carte de crédit "Western Union", arrivée en 1914 sur le marché, était en métal. Suivie par la "Diner's Club" en 1950 sous forme de carnet pour les payements. Mais, c'est l' « American Express » qui va lancer, en 1957, la "carte plastique" et accentuer tous les excès de l'endettement.
Tout est, dès lors, possible. Et on y croit, vraiment, presque aveuglement. Le capital à risque fait partie des moeurs et trouve mieux qu'en Europe, des acheteurs décuplant, peut-être artificiellement, le potentiel par son effet levier. Tout s'efface devant celui qui réussit. Peu importe la méthode, tout est dans la finalité.
On aime d'ailleurs en faire la pub de ses avoirs. Il y a des visites guidées en bateau, autour de Fort Lauderdale, pour découvrir toutes les maisons et villas somptueuses, appartenant aux amateurs du showbiz ou d'ailleurs, en leur donnant la valeur au plus juste. C'est dire que l'impôt sur les grandes fortunes n'impressionne pas trop. Qui oserait voler la poule aux oeufs d'or? Le dernier refus des républicains du plan Paulson confirme cet état d'esprit. Sur les canaux, on a l'habitude d'entendre au micro : "on the left side: this house is about 5 millions of dollars, on the rigth, this one, 8 millions". Un Européen qui entendrait cela, se retrouvera saoulé par le mot "dollar" perdu dans les conversions mentales et les chiffres.
Prêts à fermer ses frontières à tous les produits qui ne correspondraient pas à sa propre production. Ouvrir ou fermer les robinets des échanges internationaux en fonction de la force que les USA sont prêt à contrer ou non.
"Proud to be, american". Mais de quelle Amérique parle-t-on et à quel prix ?
Auparavant, il y avait le Nord, industriel et le Sud, agricole et esclavagiste qui avaient fait sécession dans leurs conceptions.
Aujourd'hui, c'est plutôt de manière générique, un centre, agricole, conservateur et républicain. Les Amish ne sont que le reflet d'une stabilisation, symbole d'un arrêt du temps. Les Mormons, extrapolation de l'église chrétienne qui s'est intéressée aux générations et à la généalogie dans le monde. Les côtes sont plus démocrates et progressistes avec les universités prestigieuses. L'Américain n'a pas souvent un passeport à sa disposition voyageant dans le pays avec une semaine de vacances au Mexique. Il l'exige par contre de tous ressortissants étrangers, assortis d'un Visa. Sécurité renforcée jusqu'à la paranoïa oblige.
Pragmatique jusque dans ses relations avec l'étranger en visite chez lui. Une rencontre fortuite avec cet autre va désarçonner celui-ci par l'abordage aisé, la franchise dans ce qui semble une relation forte. "My name is John, were're you from?". Recevoir l'info et puis retour à case départ en oubliant tout aussi vite que le contact a eu lieu. Superficialité, simplement pour comparer avec son propre statut de vie. Alors, en dehors de son entreprise, l'étranger peut lui parler de politique. Il n'en pensera pas moins après sa visite. Toujours ancré soir républicain, soit démocrate.
En politique, l'Européen a l'habitude de penser et de mettre en opposition droite et gauche. L'Amérique n'a que la droite démocrate et l'extrême droite conservatrice. Tous deux utilisent le pouvoir de l'argent comme seules ressources. Qui a le maximum d'appuis financiers, qui a les meilleurs discours préparés dans le moindre détail par les meilleurs routiers de l'information médiatique, gagne les élections.
Par contre de la religion, il vaut mieux garder ses convictions laïques "à la française" pour soi. Un morceau de religieux plâne toujours au dessus de la tête de l'américain, il n'y est pas encore arrivé à la complète laïcité et, parfois, il a un relent de créationnisme en réserve.
Fédération politique qui garde des attaches historiques et privilégiées avec la Grande Bretagne ou démocrates républicains, plus enclins au confédéralisme. Démocrates contre républicains. La démocratie à l'américaine n'a pas grand chose à voir avec celle que l'on connaît de ce côté de l'Atlantique. Elle est résolument libérale.
Les élections sont souvent mal comprises dans son parcours en plusieurs étapes qui trouvent ses racines dans l'histoire.
La campagne commence dès le début de l'année précédent la prise de pouvoir du président. Souvent, des "caucus", réunissant les électeurs dans chaque camp républicain et démocrate s'organisent. Suivit par un vote dans tous les Etats pour les "primaires". Eliminer pour ne garder qu'un candidat dans une Convention dans les deux directions traditionnelles. Dans le camp des démocrates, Miss Clinton et Obama se sont bataillés cette fois, jusqu'au bout pour obtenir les voies des Grands Electeurs selon les prédispositions selon les Etats. Des délégués par Etat et en fonction de l'importance de celui-ci, sont nommés de part et d'autre pour représenter les électeurs. Les démocrates, à la proportionnel. Les républicains, le gagnant remportant tout. Les "Grands électeurs" forment le collège électoral pour voter en principe pour leur parti. Le président et le vice président sortent des urnes dès que 270 voix sont dépassés. Le vice président devient son "backup" et pourra se présenter après les deux mandats de 4 ans si le président parvient à conserver la confiance entre les deux.
"Démocratie, démocratie et demi", pourrait-on dire, par opposition ou par la crainte d'une opposition vis-à-vis d'un autre système de gestion. Fondée au XVIII ème siècle, dans un contexte différent qui justifie malgré tout la situation d'aujourd'hui. On parlait, à l'époque de "the people" sous la suprématie d'un Etat, loin d'être unis avec les autres. "The people" faisait l'"économie" de prendre en considération les Noirs, les Indiens et les femmes. Des intérêts particuliers cachaient des motivations bien moins égalitaires. Au mieux, une classe moyenne, volontaire, devaient répandre la bonne parole avec un rôle de représentant autonome, fidèle et humble devant un Etat fort.
En 1776, à Philadelphie, seulement, 55 personnes faisant partie des classes les plus riches, minorité aristocratique appartenant jusqu'aux trafiquants d'esclaves, décidèrent de la Déclaration d'Indépendance pour 2,6 millions d'Américains. Une Constitution, en 1787, mélangée avec "Le Fédéraliste" étaient signés. "La République est préférable à la Démocratie" disait James Madison. L'idée: "Le peuple n'est pas en mesure de réfléchir à l'intérêt "général". Les élections présidentielles sont encore emprunts de cette méfiance en envoyant 538 "intermédiaires", Grands Electeurs, dont le nombre est déterminé en fonction de la taille de l'Etat que chacun d'eux représente.
Nouveau Monde, paradis ou enfer que nous montrent les "feuilletons de Malibu" ou de "Dallas, avec son Univers impitoyable"? Cela dépend, pour qui? Liberté comme leitmotiv jusque dans l'excès mais dans un canevas bien précis. Religieux protestants laissant la porte ouverte aux sectes et aux gourous aidés médiatiquement.
Une histoire longue de 3 à 4 siècles. Tout est bon pour faire de l'histoire. Il suffit de se rendre à Saint Augustine pour le constater.
Comme les Américains prennent leur image dans leur président, il serait intéressant de remonter dans leur histoire.
Je pourrais remonter jusqu'au "number one", George Washington pour remonter dans ce passé qui continue à impressionner dans l'incompréhension d'une vision sous "mirage". Mais une "vie d'homme", dans ses successions d'événements, suffit pour en déterminer le parcours général. Je commencerai donc justement après Herbert Clark Hoover qui a vu couler la première pierre empoisonnée de la Grande Dépression sans trouver lui-même les remèdes avant son éviction en 1932.
(32) F.D. Roosevelt 1933-45 Démocrate
Infirme, il gagne les élections contre Hoover qui prônait trop l'approche "individualiste robuste" trop peu conforme à la réalité de l'époque de crise de 1929. Pour se redresser après la Grande Dépression et redonner l'espoir à la population, il invente la sécurité sociale à l'américaine basée en gros sur les théories de l'économiste John Maynard Keynes. L'homme du "New Deal". Il augmente les impôts sur les hauts revenus. Il installe un contrôle accru sur les banques et remets beaucoup de chômeurs au travail. Il maintient les USA hors de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à l'attaque de Pearl Harbor. Il est le seul président à avoir été élu 4 fois. A la Conférence de Yalta, qui devait décider de l'Europe, il est miné par la maladie et se laisse berner par Staline et Churchill.
(33) Harry Truman 1945-53 Démocrate
Mal préparé à reprendre le gouvernail après la mort de son prédécesseur à la longueur de règne extraordinaire, il subit les effets de la Guerre froide, de la guerre de Corée, du blocus de Berlin. Il décide de lancer les bombes atomiques basées sur les dire des scientifiques et l'envie d'en finir au plus vite en voyant les retours désastreux de la guerre avec le Japon. Par le Plan Marshal, il espère reconstruire l'Europe. Le "Fair Deal" ajoute des couches à la sécurité sociale, à l'enseignement, à la santé.
(34) Dwight Eisenhower 1953-61 Républicain
Ike pour les intimes. Slogan "It's time to change" après 20 ans de présidents démocrates au pouvoir, il remporte les élections. Après une carrière militaire héroïque aux côté de McArthur et lors du débarquement. Actif sur la scène mondiale, mais reste peu connu chez lui. Fin de la guerre de Corée. Gestion militaire. La classe moyenne mise en place. La Théorie des Dominos lui permet de faire opposition au communisme. Les changements réels en fin de mandat ne sont pas nombreux, ni substantiels. Il a diminué les impôts mais augmenté énormément le budget de la Défense pour contrer la montée de l'URSS. Il fut le premier à essayer de supprimer la ségrégation raciale dans l'enseignement.
(35) JF Kennedy 1961-63 Démocrate
Le plus jeune des candidats. Lors de son intronisation, il lance "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays". Il fait une erreur d'appréciation à la Baie des Cochon à Cuba. Castro s'en retrouve très fort. Khrouchtchev installe des missiles à proximité des USA, épée de Damoclès. Cela mène le monde au bord d'un cataclysme nucléaire dans une partie de poker règlée hereusement par le retrait des missiles. La guerre froide s'entretient en douceur, en tentions et en profondeur. La loi pour l'égalité des droits se construit. L'ère de l'aérospatiale est lancée par lui pour la fin de la décade. La NASA reçoit tous les moyens financiers pour raison de prestige et de revanche vis-à-vis de l'avancée de l'URSS dans l'espace. Il est assassiné et un mythe naît autour d'une commission Warren qui va se conclure avec beaucoup d'imprécision. Le mythe est entretenu par un espoir raté de jeunesse. JFK a été plus un symbole mort que vivant.
(36) Lyndon Johnson 1963-69 Démocrate
Le Vice président reprend les problèmes non résolus. Il signe le "Civil Rights" et le « Voting Right Act ». La guerre du Vietnam commence mais il crée la "Great Society".
(37) Richard Nixon 1969-74 Républicain
Il améliore la politique extérieure. Visite en Chine et Brejnev en Russie. La guerre du Vietnam se termine sur une victoire communiste. La convertibilité du dollar n'est plus fixée. Il est destitué après impeachment suite au Watergate.
(38) Gerald Ford 1974-77 Républicain
Seul président qui n'a jamais été élu. Il tente de maîtriser l'inflation pour relancer l'économie.
(39) Jimmy Carter 1977-81 Démocrate
Sudiste, il prône l'égalité raciale et l'écologie. Il crée 8 millions d'emplois, après une période de mauvaises conjonctures économiques et réduit le déficit public sans pouvoir le faire pour l'inflation. Les otages en Iran chez Khomeini empêchent une partie de son action. Il obtient le prix Nobel de la Paix après les accords de paix entre Israël et l'Egypte, conclus à Camp David.
(40) Ronald Reagan 1981-89 Républicain
Vieil acteur d'Hollywood de films de cow-boys sur le retour. Autre style que Jimmy Carter. Très populaire, il installe le show médiatique dans son action avec l'optimisme du rêve américain. Il relance la croissance après une faible croissance plombée par une inflation galopante. Augmenter les bénéfices, il baisse les dépenses publiques et augmente les dettes de l'Etat, mais augmente le budget de la Défense (35%en plus) en pensant à un rêve de bouclier antimissile IDS dans un anticommunisme de chasse aux sorcières jusqu'à l'arrivée de Gorbatchev. Ses discours sont pourtant à mettre entre parenthèses aujourd'hui: "The economic ills we suffer] will go away because we as Americans have the capacity now [...], to do whatever needs to be done to preserve this last and greatest bastion of freedom. In this present crisis, government is not the solution to our problem ; government is the problem. »)"
(41) George H Bush 1989-93 Républicain
Il entraîne les Alliés dans une première guerre contre l'Irak. Il augmente les impôts pour la payer. Il assiste à la chute du mur de Berlin.
(42) Bill Clinton 1993-2001 Démocrate
Il diminue le chômage et la criminalité. Le budget en équilibre depuis longtemps lui permet d'ouvrir la bourse pour des projets plus sociaux. Les Accords de Dayton, Camp David et le rapprochement des Israéliens et des Palestiniens sont à son actif. Il chasse avec les Alliés les Serbes du Kosovo. Ses relations intimes avec Monika, qu'il avait niées, vont le contraindre à prendre plus de réserves car une procédure d'empeachment était lancée contre lui.
(43) George Walker Bush 2001-2009 Républicain
Baisse d'impôts. Religieux, il est contre l'avortement et les homosexuels. Son refus vis-à-vis du Protocole de Kyoto le rend mal aimé en Europe. Le 11/9/2001 lui permet de se lancer seul en guerre contre un terroriste qui aurait des armes à destruction massives en Irak. Déficit record destiné au Département de la Défense en Irak. La guerre d'Afghanistan avec les Talibans était une mise en bouche laissée, inachevée, aux bons soins des Européens. La faillite du système financier dans un nouveau crash créé par les subprimes dont on ne connaît pas les limites. Les banques sautent. Par deux fois, les européens étaient mieux disposés vis-à-vis d'Al Gore et de John Kerry
(44) Barack Obama, démocrate contre McCain, républicain 2009-...
En présence, Barack Obama, 47 ans, challenger des Républicains, le "Kennedy noir", classé 3ème sur la liste des cent personnes les plus influentes au monde et John McCain, 72 ans, vétéran du Vietnam qui, élu en 2009, serait le plus vieux lors de son élection et aussi 5ème sur la même liste toujours d'après le Time.
D'après les Américains, le plus mauvais président fut le 29ème, le Républicain, Warren Gamaliel Harding (1921-23). Considéré comme une marionnette du monde des affaires qui a laissé progresser la corruption avec des discours creux. Son successeur (30), le Républicain, Calvin Coolidge (1923-29) a joué sur le velours avec une croissance générale sans rien faire, laissant le crash de la Grande Dépression à son successeur. Le plus populaire, Ronald Reagan qui respirait la confiance en soi et qui s'est entouré de collaborateurs de haut niveau. Le mythe fut pour JFK.
En 2000, G.W. Bush, pour contrer les démocrates qui laissaient l'Amérique à la hauteur de ses ambitions avec une croissance constante depuis plusieurs années et un budget excédentaire, avait protesté contre les interventions à l'étranger de l'administration Clinton qui se devait de recréer une nation plus "humble". Après ses deux mandats, avec un déficit record et la crise des subprimes, les USA réapprennent désormais l'humilité forcée. La Russie tourne le dos à l'OMC avec ses 8% de croissance. La Chine et d'autres pays asiatiques prennent, depuis 8 ans, leur revanche en copiant le système capitaliste. Entre-temps, la contamination du virus américain s'est répandue, minant toutes les économies du monde.
Comme on le voit, le balancier Républicain-Démocrate fonctionne selon une alternance entre période de croissance ou de décroissance, entre ouvertures et replis des vues sur le monde. "Une croissance bien régulée dans le sens de l'intégration de l'ensemble de la population", comme le proposait récemment encore Joseph Stiglitz serait à recommander. Une législation antitrust comme remède de cheval. Le protectionnisme reaganien, l'autorégulation prônée par Bush ne fonctionnent plus quand on pavoise à l'OMC et que la complexité des marchés augmente. A long terme, comme disait la célèbre formule de Keynes, c'est la mort.
L'héritage de Bush ne laissera, avec le temps, pas un souvenir impérissable aux Américains et au monde. Il a fallu seulement le deuxième mandat pour s'en rendre compte. Une récession, l'augmentation du chômage devront trouver une autre solide stratégie pour rétablir la confiance perdue dans le "système économique globalisé". L'Américain est reconnu comme étant pragmatique et change sa politique par coups de tête, sans trop tergiverser, n'hésitant pas à tourner le dos à ses propres thèses. Au vu du clash, de la crise des subprimes commencé en février 2007, poursuivi par le crash mondial du système financier et des banques qui, pour une fois, prouve ne pas être à la hauteur de ses ambitions.
GW Bush fait passer des réglementations avant de quitter la Maison Blanche (31/10/2008). Le 28 octobre, Arte présentait le film documentaire "Being W." par Karl Zero et Michel Royer. Aura-t-il détrôné Warren Gamaliel Harding?Aux élections du 4 novembre, en présence le démocrate Barack Obama avec Joe Biden et le républicain John McCain avec Sarah Palin. Match du futur contre le passé? Le monde a déjà choisi. Reste l'Amérique à le faire. Yes, we can.
Alors, nous Européens, ce "vieux" continent, même si nous ne marchons pas sur ses plates bandes du pragmatisme, pourquoi ne pas proposer de chanter : "Amérique, ta démocratie était impitoyable, mais, cette fois, "Mets de l'huile".
L'Enfoiré,
Sources: "Le Vif L'Express", "Le monde diplomatique", et personnelle.
Citations:
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« Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas. », Andy Warhol
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« Il n'y a pas de chute de l'Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé. », James Ellroy
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« Pour les Européens, la vie est une carrière ; pour les Américains, c'est un hasard. », Mary McCarthy
09:25 Publié dans Actualité, Histoire, Monde des affaires, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note






