26/07/2012

Anatomie des photos de vacances

Ce weekend, les juilletistes vont aller à la rencontre des aoûtiens. Pour les premiers, c'est le moment de revoir et de penser à classer les photos de vacances. Travail qui consiste à supprimer les ratés, les bougées, les floues, les mal exposés... et j'en passe. Puis de les classer.

0.jpgN'ayez crainte, je ne vais pas vous faire un cours de photos, même si j'avais appris tout sur la photo et son traitement avant de pouvoir écrire. Un survol suffira. En rire et en faire quelques démonstrations par l'absurde, avec humour, plutôt.

Alors, commençons dans le vif du sujet, sur le terrain des opérations en vacances.

- Tu vois, chérie, comme la campagne est belle, comme cette ville a un côté rustique, magique même.

-Tu as raison. C'est merveilleux. J'ai presque envie d'habiter par ici. Sors ton appareil et fais nous des photos souvenirs. On ne sait jamais.

Le "chéri" va obéir avec plaisir. Il va sortir le bel appareil de son sac. Il est neuf, acheté juste avant les vacances et va mettre tout ces belles images dans la boîte prévue pour. 

-Chérie, te rappelles-tu la fonction du bouton à gauche de l'objectif?

-T'occupe pas. Mets tout en automatique. C'est la molette sur le haut. Tous ces gadgets, c'est pour les prosIl s'agit de montrer aux amis, une fois de retour chez nous, les paysages, pas de passer une heure dans le bouquin. 

Le "chéri" obtempère mais il reste sur sa faim. Il se demande pourquoi, ils ont tellement poussé, ensemble, à choisir ces gadgets lors de l'achat de l'appareil.

Le coeur doit avoir ses raisons que le raison ne connaît pas mais il y a de ces subtilités qui resteront parfois suspectes.

Supposons, l'arrivée à Pise.

Photogénique, Madame, devant la Tour de Pise, tente de redresser la tour du bout des doigts. Classique ou unique, on ne sait plus très bien. Et clic, une photo pour la postérité. On verra bien l'effet dans le petit truc rectangulaire de l'appareil ou alors, au retour, dans le grand écran.

Le chéri hésite à la prendre sans elle. "Sans elle"? Mais, voyons, il veut dire sans la tour de Pise. 

Sans la présence de sa "chérie" sur la photo, ce serait peut-être, un sacrilège et, à coup sûr, une scène de ménage, plus tard, au retour.

Un conseil pour le photographe d'occasion, surtout ne pas "couper" les jambes de la "chérie". Ce serait un nouveau "casus belli". La prendre avec les pieds compris et le sourire de circonstance de la crèmière puisque l'argent a été dépensé. Ils prouveront aux collègues qu'elle était heureuse, souriante sous un soleil radieux, au moins, l'espace d'un clic.

Les collègues sont tellement suspicieuses qu'il faut prouver qu'elle était bien à Pise, entière et pas ailleurs.

C'est le b.a-ba du photographe heureux en couple.

Caricatural? A peine.

Non, vraiment, le photographe futé prendrait au moins deux photos, dans ce cas-là. C'est pas plus cher et ça peut rapporter gros.

Mitrailler, oui, bien sûr, un minimum, pour le moins mais pas pour le plus. 

Attention, il ne faut pas confondre la présentation de photos aux copains avec un film qui passe à 25 images secondes. Il faudra choisir les meilleurs photos pour ne pas lasser les spectateurs qui, eux, feront, parfois, un effort pour vous être agréable devant vos photos, même s'ils semblent, à d'autres moments, vous envier d'avoir vécu cette aventure photographique.

Changer de focale quand on mitraille. Ouais... mais n'importe comment.

Si c'est l'île en face qu'il faut prendre, vaut mieux prendre un télé puissant pour éliminer le trop plein de mer sur les bords. J'oublie, on peut toujours recadrer, mais garder trop de pixels inutiles, c'est du gâchi.

Voilà que cela me reprend, je commence déjà à faire le prof d'occasion !  Ok, fermons ce ban-là.

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Essayez de donner un avis objectif sur les photos de quelqu'un d'autre, c'est  se payer un bide magistral. L'objectivité est à plusieurs facettes et la subjectivité règne en maître dans l'arène. On n'aime pas... Point.

Certains magazines de photos se risquent à donner un avis mais c'est quand les lecteurs se prêtent à l'exercise. Sinon, c'est considéré comme arbitraire et qualifier comme une erreur d'appréciation pour un travail qui était considéré "cinq étoiles", à l'origine, par son géniteur. 

Pourtant, des règles se cachent derrière l'évaluation de la qualité d'une photo. Règles nécessaires si l'on veut présenter les résultats en dehors de la famille, s'entend. Les "autres" ne sont pas à leur coup d'essais. Ils connaissent la musique et sont de plus en plus exigents, les "salauds". En dehors du professionnalisme des médias, pour eux, cela risque d'être du pipo, vos photos.

A la base, l'habitude adoptée par les peintres a migré dans l'esprit des photographes. Le cadrage du sujet principal est un exemple parmi d'autres.

La règle des tiers est pourtant facilement oubliée. Pas grave, elle peut se récupérer après, à la découpe. Encore une fois, d'accord. Le sujet principal au milieu et les subalternes sur les côtés, ce sont de vieux souvenirs périmés de papa ou de grand-papa. 

La profondeur de champ, un vieux truc, a été remplacée par des programmes dédicacés aux portraits,  aux paysages et aux sujets en mouvements.

La photo est un art de la lumière diffuse. Le soleil apporte trop de dureté et fait grincer les yeux du supplicié photographié. En basse lumière, avec le numérique, on ne parle plus de grains, mais de bruits. On change les mots, mais les problèmes restent les mêmes.

Elargir au panoramique, en numérique, devient un jeu d'enfant. Pas besoin d'un appareil dit panoramique, ni d'un fish-eye. Concaténer des photos entre elles, à l'aide de logiciels qui "stitch en panorama", existe, pourquoi s'en priver. 

Des angles de vue insolites, donner du relief en introduisant un plan rapproché et un autre éloigné, encore des trucs de cuisine pour restituer l'ambiance et la profondeur de champ, avant que n'arrive la photo en relief sans ses lunettes d'appoint. 

Jouer avec les ombres, les arrières-plans, les positions en plongée en contre-plongées, les contre-jours n'ont plus de secret pour le néophite. Enfin, on peut l'espérer...

Mais, l'originalité sort, souvent, de la bouche des relativement "grands-enfants", de ceux qui n'ont aucune technique préalable qui cassent toutes les règles en mettant les défauts en exergue. C'est incontestable, ce cas existe, mais, ce n'est pas l'exception qui fait loi.

Avec des retouches, de copier-coller, de morphismes, cela demandent un doigté qui n'est pas à la portée du premier venu, à condition que quelqu'un sache de quoi il s'agit et comment faire.

Au retour, retoucher doit rester un plaisir, une passion, aussi, surtout depuis l'avénement des logiciels qui poussent comme des champignons sans bourse déliée, même si les champignons, eux, prennent des altitudes inespérées par leurs prix. 

Supposons que le premier travail de dégrossissement est achevé. Après le gros oeuvre, c'est celui du classement qui commence. Avant, avec les diapositives ou même les négatifs, c'était la boîte de lumière sur laquelle on étalait les photos agrandies par en dessous et  une loupe par dessus. Ordonner les photos était relativement facile et seulement dépendant de la grandeur de cet outil essentiel à l'organisation.

En numérique, il en va tout autre. La boite à lumière, c'est sur l'écran d'un PC que cela se passe. Cette fois, on peut, zoomer agrandir ou diminuer le nombre de photos sur l'écran, c'est déjà ça. Si déplacer les images n'est pas difficile, garder le nouvel ordre choisi l'est beaucoup moins. Il existe des logiciels reséquenseurs mais ils attribuent une séquence de manière automatique à partir de la chronologie des prises de vues. Aucun, à ma connaissance, ne permet de créer un ordre en fonction de la position des photos, choisie après permutation et substitution sur un écran. Classer dans un ordre plus logique que celui de la chronologie, peut éviter de retrouver une duplication, une photo mal placée et donc, toujours malvenue. L'opération de séquencer se résume à une opération, en manuel intégral qui peut être jumélée à l'identification par un titre des photos. Si quelqu'un connaît la solution qu'il lève le voile, cela m'arrangerait. 

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Surtout ne pas trop attendre pour cette opération pour les intituler. La mémoire humaine est défaillante dans le temps. 

Mais, vous savez tout cela j'en suis sûr.

Mon Touring Explorer va-t-il en dire plus? 

Une préface n'est pas très engageante, même si c'est bien dit.

"Décontraction ne rime pas forcément avec photogénie. A travers les images, c'est notre histoire que nous écrivons", est-il dit en préface.

Les chapitres suivent et ne vont pas démentir la première impression.

Aider à réaliser une anatomie des photos de vacances qui comme chacun sait, doivent être à la hauteur de la tâche, très dépendante de la scène ou du sujet à photographier.

Mais, pas de panique, car à la base, photographier, c'est du...

1. Plaisir, sourire, plage

L'histoire du "smile", du fameux "chees", au moment de la photo est l'habitude aujourd'hui, mais n'existait pas sur les photos des grands-parents. Étrange? Serions-nous plus heureux aujourd'hui que hier? Non, il faut en donner l'illusion. Montrer qu'on a été content en vacances, elles qui ont été si chèrement payées et ont nécessité tellement de sueurs.IMG_0001.jpg

A l'époque, pour les portraits, il valait mieux montrer son ego dans la sollennité sous le costume du dimanche. Les dents bien serrées, quand il en restait, n'étaient pas là pour sourire, mais à la rigueur, pour manger. On faisait la pose, comme on le fait aujourd'hui, pour la photo d'identité de son passeport.

George Eastman de Kodak a changé les faces et la donne. Ni au profit du dentiste, ni de celui du prothésiste, mais bien pour raison de marketing du producteur de tout ce qui construit une photo. Avoir un gueule qui rase les murs, ne fait pas vendre des films. Ce fondateur de Kodak a, dès lors, investi et légué une partie de sa fortune dans les cliniques dentaires.

C'est évident, le bonheur fait vendre. La "Kodak Girl" était là pour faire photographier ce que l'on n'avait pas encore penser ou oser faire: les petits-enfants, la famille lors des promenades et des sorties sous le soleil. En 1900, le Brownie, vendu à un dollar, devait fonctionner et consommer de la pélicule. Un max de pélicules. La stratégie marketing s'est retrouvée dans les imprimantes à jets d'encre qui ne coûtent pas chère à l'achat mais dont le manque à gagner se retrouve dans les consommables. 

A l'époque, les pick-niques étaient une occasion rêvée pour sortir les appareils sous le soleil arrière, exactement. Je dis "exactement", parce que le photographe devait l'avoir, à l'époque, dans le dos, pour avoir le maximum de chance et de luminosité. Relax, cool, les mots d'ordres du plaisir, des sourires et des clic-clac, font tout oublier.

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Tout a changé sauf les fondements de la photographie. Comment faire de bonnes photographies s'apprend toujours et la technique ne varie pas qu'elles soient faites avec un "ancien" appareil analogique ou un "nouveau" numérique.

Première constatation, on n'a jamais pris autant de photos que depuis l'avénement du numérique. Les avantages sont énormes par rapport aux films photos en 24-36 d'antan. L'immédiateté du résultat et le prix nul ne sont que les principaux.

Le numérique est aussi le nirvana du perfectionniste.

La déconfiture de Kodak n'est qu'un résultat de cette révolution dans le domaine de la photo. Tous les fournisseurs de matériel, de films ont dû s'adapter s'ils ne voulaient pas mourir.

C'est décidé, on va faire des photos uniques, prises sous un angle unique, avec un appareil unique... et un photographe unique. 

"Mieux photographier", que de bouquins traitent de ces techniques créatives qui ajoutent un plus.

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Mieux photographier est surtout affaire de circonstances climatiques, de l'heure des prises de vue et du sujet à photographier.

Le portrait à lui seul, mérite une foule de subterfuges pour effacer, les rigidités d'une pose, les imperfections des traits. Les remplacer par une impression d'être unique et belles sans rigidité demande des prises multiples, sans apprêt.

Le paysage, la macrophotographie, la nature morte, les animaux, les monuments demandent chacun, une approche différente et souvent plus facile que pour le portrait.

2. Surprise

Restons pragmatique et raisonnable. Rater une photo avec toutes la documentation des appareils, les livres, les magazines mensuels qui vous expliquent en long et en large, serait peut-être une gageure, mais n'a rien d'extraordinaire. Même les experts font des erreurs et ont des surprises. Il y a les surprises heureuses et malheureuses. Car, même les flous  apportent des surprises heureuses.  L'heure de matin et de soir pour la prise de vue, bien sûr, mais cela ne tient pas compte de certaines réalités du voyage. On fait une photo quand on le peut, pas nécessairement quand on le veut. Si c'est lors d'une visite organisée, pas question de dire au gentil guide de revenir un peu plus tard. Arrêter son temps pour la photo alors qu'il faut encore visiter énormément de choses dans la journée, vous abuseriez de son temps. Quand à prendre la photo exclusive, celle que personne n'a pu prendre, qui surprend même le photographe, là, on arrive dans le domaine de l'imaginaire, de la surprise sur prise. Henri-Cartier Bresson n'a jamais raconté le temps qu'il lui a fallu pour tirer le portrait dans un moment incisif ou plutôt "décisif" comme il l'appelait.  

3. Espace de stockage

Le retour des vacances, c'est la période du grand nettoyage, de la grande lessive du linge et des mégas de photos. Il faut bien mettre de l'ordre dans cet amas de photos prises au vol dans le feu de l'action, pris parfois à la vas-vite et à répétition, avec le doigt trop longtemps sur le déclancheur. Il faut pouvoir espérer les montrer à qui de droit. Vite un petit programme qui va régler tout cela.

3,5 milliards d'appareils photo numériques dans le monde. Mille milliards de photos prises, 30.000 photos par secondes. Cela fait du monde au balcon et en dessous du balcon! Partager et vous serez considéré. Picasa pour la technique, Flockr, Facebook pour l'étalage vous attendent "à oeil raccourcix" dirait le GauloisLa postérité est assurée dans les nuages, pardon, le "cloud". Et comme chacun sait le ciel a un espace infini pour consigner les vies, mais pour en garantir la pérénité sans bourse déliée.

4. Amateurs

Voilà, le hic. Être amateur et pas professionnel. "Je voudrais bien, mais je peux point", chantait la Bonne du Curé. Faire de l'art ou faire du lard, cela se prononce de la même façon, mais c'est pas la même chose. "Exposition", "composition" et "passion" ne sont pas nécessairement aux mêmes "positions" dans le dictionnaire. Ce n'est pas pour rien que Ducros s'est décarcassé dans des cours avec examens et diplômes de sortie en porte-clé. Le professionnel prend son temps. Du respect pour lui et sa patience. Devant un objet ou un personnage avant de photographier, il a analysé ce qu'il a devant les yeux. Il va sortir ses filtres. Un filtre polarisant, un UV pour saturer les images? Cela devient presque impossible avec les petits portables qui ont la chance ou la malchance de montrer leur objectif qu'au moment stratégique et qui rentre au bercail ensuite. Le reflex garde ses lettres de noblesse dans ce cas. "Reflex", un mot bien choisi pour le définir. Un photographe, il faut le savoir, a appris à faire mentir ses images, à les bonifier ou au contraire les rendre choquantes pour répondrer au but à atteindre. Autant savoir.

5. NostalgieIMG_0002.jpg

Numérique contre analogique. Le fossé du numérique est bien là. Oui, il y a le 3D qui arrive à grands pas. Le rétro, lui c'est à pas feutré qu'il revient.

Aurait-on la nostalgie quelque part? Les magazines reparlent du noir et blanc, les antidotes de la perfection reprennent du galons comme les microsillons et les 78 tours d'antan. Le livre "Prestige des réflex 24x36" de Paul Montiel sortait en 1981. On parlait déjà de double automatisme et de programmes en "multimodes". Que de produits depuis, penser à la focale, à l'ouverture, à la vitesse, à la sensibilité des films, de filtres, de mesures au posemètre, jumelées avec le flash TTL (Through The Lens) qui y pensent encore?

Retourner aux photographies d'art ancien que l'on trouve dans les livres de l'époque pour en apprendre les fillons du métier. Une époque pendant laquelle n'existait pas tous ces gadgets et qui demandait une préparation au petits soins. Dans un bouquin "La photographie d'art vers 1900", on parlait de l'histoire des origines à nos jours (en 1982), "la qualité exceptionnelle, le choix judicieux avait valu, alors, une exposition. C'est presque émouvant de voir ces photos, je préviens.

Des poses longues de nuit, des filés dans les courses et devant la chute d'eau. Figé le mouvement au 4000ème de seconde n'est plus requis pour faire ressortir l'originalité en nous. La lomographie artistique pour calmer le jeu de la technologie galopante, mais que l'idée, elle est bonne. Tout à coup ce n'est le matos qui prend la main, mais l'esprit nostalgique, le côté "ludique" aussi. Le matériel de deuxième main, analogique, est bon marché. Un "bon cul de bouteille" fait parfois des miracles d'imperfections, tout aussi intéressantes. Les bons vieux films ont des sursauts de génie. Ils ont un seul problème, ils dépendent toujours des consommables, des films qui doivent encore être assez rentables à la production. Encore une fois, le premier mouvement est aisé, la suite pourrait l'être moins.

6. Public

Les photos ne sont plus familiales, elles deviennent publiques. Photos publiques, photos historiques ou cyniques, idylliques ou, encore, panoramiques, distribuées en virtuels pour représenter le réel de l'instant en les transitant d'un iPod à un iPad, d'un iPad à un iMac pour arriver enfin à la iClaque ou la iPlaque ferait désordre sur Facebook.  Alors, il faut aller plus loin. Éliminez, dit la pub. Il devrait toujours en rester quelque chose.

7. Couper, coller et retoucher

Là, commence le travail et le véritable "sport". On va à l'emphase et peut-être mélanger le réel avec l'irréel. On risque de trahir, de transiger avec les réalités pris dans cette emphase porté par l'enthousiame des vacances. La tentation est grande d'enjoliver. "Il y a le ciel, le soleil et la mer" comme dans la chanson et on veut oublier le reste.

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Dis, chérie, est-ce que je garde la photo où tu es à côté de ce type mal fagoté qui t'as pompé du fric?

- Fais comme tu veux. Si je suis jolie sur la photo, tu peux essayer de couper ce qui dérangerait d'être vu par les copains. Il faut les inciter à y venir l'année prochaine et pas les repousser.

C'est peut-être cela le problème de celui qui croit faire la photo du siècle. Il a coupé ce qui ne faisait pas beau, ce qui donnait l'insolite de la situation d'un pays qu'il a seulement frôlé plutôt qu'assimilé. Il fait du tourisme, de la prospection pour les agences de voyages.

Ne pas s'offusquer si celui qui se met devant votre appareil, tend la main pour obtenir le rendu de sa pièce. Il a joué sa piècette comme vous au bureau.

Aujourd'hui, c'est moins derrière l'objectif que la photo se crée mais derrière l'écran. Plus sur le théâtre de l'action elle-même. Ecran que l'on désire le plus large possible, mais que l'on restreint sur certains plans. Qui demande des heures de recueillements.

To be or not to be? Deux photos, côté à côté, vont pouvoir devenir des panoramiques dont on ne détectera même plus la concaténation. Chouette.

Des effets spéciaux, des mises en page, des retouches, des filtres, vont réapparaître comme par magie. Miracle de la technique. On pourra même donner deux ambiances différentes avec le même cliché. Le sépia, le noir et blanc et quoi d'autre encore dans cette panoplie en éventail...

La technique, les logiciels qui font tout et n'importe quoi, ont relevé le défit et le niveau de l'image à un tel point que pour trouver la photo extraordinaire, il faudra plus qu'un clic et plus qu'un déclic pour découvrir "la" photo de rêve.

Se souvenir aussi de la photo qui gagne des prix et qui ne montre pas des cieux bleus et une mer verte. Les concours photos professionnelles ou grands publics permettent seulement un recentrage sur des optiques différentes.

Si voir ses photos sur l'écran de son ordinateur, de sa tablette ne coûte rien, il n'en est rien si le tirage sur papier est diésiré. Imprimer ses photos sur l'imprimante à jet d'encre, c'est cette dernière et le papier qui entrera en compétition. Tirage par lots de photos ne rencontre pas les mêmes prix que les livres-photo, plus chers et plus présentables.

Que dire comme conclusion?

Que l'on ne se baptise pas "photographe". Que seul le métier, l'expérience de nombreuses années permettent de faire sortir le bijou ciselé de l'orfèvre. La masse de photographies n'y changerait rien sans l'un des deux. Que photographier, c'est aussi respecter, ceux qui entreront sur les photos, conjugaux ou locaux.

Détecter l'insolite demande une acuité visuelle qui fait appel à un flash instinctif. Si on n'a pas le flash intégré sur la tête, ces images vont passer comme un pet sur une toile cirée, c'est-à-dire aura simplement glissé sur la bosse de son indifférence.

J'en reviens encore une fois à ce livre de Douglas Kennedy "L'homme qui voulait vivre sa vie". Je retiendrai l'aspect de cette passion dévorante de son héros pour la photo, riche par sa profession d'avocat qu'il n'aime pas, qui ne parle que de photos. Il faudra un "cataclysme" dans sa vie de couple pour qu'il fasse un tabac de sa passion. Un commentaire dit "En plus d’être un roman captivant, c’est un des meilleurs livres sur la photographie et les photographes que j’ai pu lire" 

La photographie, c'est comme l'écriture, on y laisse toujours un peu de soi entre les lignes ou entre les couleurs et les ombres.

Tout passera dans le geste de l'artiste. Le génie ne sera jamais dans le matos. La photo sera toujours le souvenir d'un instant troublant qui restera dans les mémoires. Un souvenir qui ne se reproduira plus jamais avec la même lumière, la même pensée, le même rêve ou le même cauchemar. 

Et, là, on regretterait de ne pas l'avoir fait, ce clic magistral et artistique à souhait.

Le "Chasseur d'image" du mois d'août, qui a été longtemps ma source d'inspiration, donnait sa leçon de photo. Il donnait à nouveau tous les principes auxquels il fallait penser (mais pas toujours observer):

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  • Choisir son grand-angle
  • Réussir sa composition
  • Valoriser le premier plan
  • Gérer la profondeur de champ
  • Déterminer l'exposition
  • Oser les poses longues
  • S'adonner aux joies du fish-eye
  • Renforcer l'atmosphère
  • Tirer parti des filtres
  • Soigner la post-production

0.jpgLe magazine Photoschool, parlait lui de maitriser les masques, les calques, d'agir sur les couleurs en opposition pour augmenter les contrastes, de sortir le crayon et la pipette...

En vacances, il y a aussi la pluie. Comment rendre la pluie intéressante?  Bien, des choses, en somme. 

La pluie est un sujet en elle-même. On croit qu'il faut remiser son matos dans ces cas-là. Pas du tout. Le protéger de la pluie, lui, ça c'est sûr. Il est rarement waterproof. L'objectif du mini qui fait coucou en sortant de sa coquille, s'enrhume assez vite. Quand la "bête" éternue, seul son remplacement, permettra de retrouver la sérénité. J'ai expérimenté cet inconvénient, je sais de quoi je parle.0.jpg

Denise remarquait hier ce qu'est la pluie quand elle tombe en cordes et donnait en conclusion:

"Après la pluie, ce n'est pas toujours le beau temps.".

Je ne pouvais trouver meilleure conclusion.

Bon retour aux juilletistes et bonnes photos.

 

L'enfoiré,


Parler de photos et ne pas en présenter? Mais non, en voici, dans une "Guiguette rouge"

 

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Citations:

  • « Je photographie ce que je ne désire pas peindre, et je peins ce que je ne peux pas photographier. », Man Ray
  • « Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'oeil et le coeur. », Henri Cartier-Bresson
  • « Un touriste, c'est quelqu'un qui parcourt des milliers de kilomètres pour se faire photographier devant sa voiture. », Emile Genest
  • « Photographier, c'est une attitude, une façon d'être, une manière de vivre. », Henri Cartier-Bresson
  • « Peu à peu, par l'éducation de son oeil et de sa pensée, le photographe a deviné que le 'sujet' n'était pas tout entier dans la Nature, mais aussi en lui-même et que le travail ne devait pas tout entier être fait par sa machine, mais aussi par son cerveau et par ses mains  », Robert De La Sizeranne (1900) 

21/07/2012

Quand une fête nationale ressemble à une fête

Cette fois, ça se ressentait, ce matin du 21 juillet pour la fête nationale, contrairement à l'année passée, la population avait envie de sourire. Le Roi avait fait un discours très "cool": "Notre pays a regagné sa crédibilité". Même le prince avait coupé sa barbe pour l'occasion. Peut-être, avait-il aussi décidé de la laisser pousser pour des raisons politiques (comme l'avait fait Benoit Poelvoorde et d'autres).

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Après une entrée en matière par l'avenue de Tervuren, la fête dans le parc de Bruxelles, c'est le 21 et elle avait même eu les honneurs d'un temps de saison alors que tous disaient qu'il y aurait la drache nationale. L'été avait, seulement, un mois de retard sur l'horaire.  

Le début des festivités s'annonce tout aussi "cool".

Les Belges ont fêté le 21 juillet sous un soleil "belge".

Puis, on a compté 300.000 fêtards, belges ou non, d'ailleurs avant un « moules-frites » géant sur la place du Jeu de Balles et le traditionnel feu d'artifice, admiré par 25.000 personnes sur la place des Palais. 

Le lendemain, le soleil donne comme chante Laurent Voulzy.

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Trop protocolaire tout cela?

Vous avez raison.

Alors rendez-vous avec les vraies photos de la vraie fête. C'est ici, un clic suffit.


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19/07/2012

Une avenue pas comme les autres

A la veille de la fête nationale belge du 21 juillet, c'est peut-être le moment de parler d'histoires belges et de ce que le deuxième de ses rois, Léopold II, a laissé derrière lui. Pourquoi ne pas parler d'une des avenues, celle de Tervuren, qu'il a créé à sa mesure ou à sa démesure et ne pas faire du tourisme de proximité?

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A Bruxelles, qui ne connait pas l'avenue de Tervuren?

Quelqu'un qui viendrait d'arriver dans la ville ou qui résiderait loin d'elle, peut-être. Sinon personne. Alors pourquoi parler de cette avenue lors de la fête nationale qui a lieu dans le centre, dans le parc de Bruxelles, devant le Palais royal, mais pas sur l'avenue de Tervuren?

Parce que la fête nationale "classique", nous y avons été en 2011, rencontré des mondes qui s'y rencontrent. Je n'allais pas remettre le couvert...

0.jpgLe quartier européen, les lobbies de partout et en tout, ne sont, en effet, pas bien loin, entre le Parc du Cinquantenaire et le centre de la ville de Bruxelles.

L'avenue est-elle, d'ailleurs, vraiment connue par ceux qui y passent, tous les jours, pour se rendre au travail, au centre de Bruxelles, à bord de leur voiture?

Là, ce n'est pas sûr.

Cette année, la fête de l'avenue de Tervuren, c'était, le 13 mai, son 113ème anniversaire. Pour l'occasion, une omelette géante fut préparée avec 10.000 oeufs. On n'allait pas recréer une telle omelette...

Nous l'avions déjà approchée, de près, cette avenue, sur cette antenne comme lors de "Chienne de guerre", "Les jouets de la guerre", avec les images qui s'imposaient.

Alors, pourquoi? 

Parce que faire du tourisme, cela peut se faire très bien à proximité de chez soi, même si l'envie d'aller ailleurs se présente.

0.jpgWikipedia dit : "L'avenue de Tervueren débute au parc du Cinquantenaire, puis traverse le rond-point Montgomery dans la commune d’Etterbeek. Après avoir longé le parc de Woluwe dans la commune de Woluwe-Saint-Pierre, elle traverse Auderghem à proximité du Rouge-Cloître pour arriver aux Quatre Bras de Tervuren où elle croise le ring de Bruxelles. L'avenue longe le Ravenstein et se termine au rond-point du palais des Colonies où se trouve une fontaine décorée d'animaux.

Car elle est longue, cette avenue... Au bas mot, dix kilomètres de promenades, ses 76 mètres de large, que l'ancien chemin de fer Bruxelles-Tervuren frôle en permanence. En plus, l'aspect de l'avenue évolue tout au long de son parcours.

Alors, prenons-là, cette visite plus attentive, plus studieuse et quelque peu humoristique.

Le temps d'un tour rapide, autour du Cinquantenaire, dans son parc, dans son musée de la guerre ou au sommet de celui-ci. Dans le parc, un monument met déja dans une certaine ambiance avec la mention "J'ai entrepris l’œuvre du Congo dans l'intérêt de la civilisation et pour le bien de la Belgique", Léopold II (3/6/1906)". Un testament? Deux après, il prenait la piste aux étoiles... 

Vu ces derniers jours, vu les prévisions météos, avant de partir, n'oubliez pas le parapluie, on ne sait jamais.

Fin du 19ème, Léopold II a incité au traçage de grandes avenues comme l'Avenue de Tervueren, mais, c'est aussi le cas de l'Avenue Louise, du Boulevard Général Jacques?

0.jpgLéopold II a vu grand, c'est vrai, avec cette "voie royale", avec sa double rangée plantée de marronniers. Mais il a dû avoir ses préférences et l'histoire qui a suivi, a défendu ou non, "son" avenue contre les promoteurs de la modernité.

La Bruxellisation des années 1950-60 a fait plus de dégâts sur beaucoup d'autres avenues. Pour l'Expo 58, la ville a été transformée, des autoroutes urbaines ont été construites, des arbres abattus, des tunnels ont été creusés. L'auto était considérée, à l'époque, comme la reine de la ville.

L'avenue Louise est une belle avenue, bien sûr. Elle aurait pu prendre cette place prépondérante, mais elle n'a plus ce cachet historique. Elle n'a même pas pensé réserver une voie à la petite reine, le vélo.

L'avenue de Tervuren est une avenue large, qui fait partie intégrante du paysage avec un certain bonheur. Un tunnel cache, pendant un certain temps, les voitures sous le Cinquantenaire, comme une preuve d'une volonté écologique.   

Dans le prolongement de la rue de la Loi, l'arc de triomphe, 0.jpgle Cinquantenaire,  trône au début de l'avenue, comme une porte à la ville. Dans son parc, beaucoup de festivités de tous genres. On y court, pédale, joue à tous les sports jusqu'au cricket organisés par des Indiens en mal du pays. Un escalier et un ascenseur intérieurs permettent d'admirer le panorama du sommet de ses arcs. La rue de la Loi, appelée la "colonne vertébrale de Bruxelles", doit acceuillir l'Europe et est, il faut bien le dire, un désastre urbanistique, victime des laisser-aller coupables, vieux d'un demi-siècle.

Bordée d'arbres dans sa plus grande partie, l'avenue de Tervuren a, résolument, une histoire qui joint le présent à ses souvenirs du passé, tout en restant tournée vers l'avenir. 

Espaces verts et maisons, parfois hautes et étroites ou alors, basses et plus étendues en surface. Toutes valent leur pesant en "cacahuètes".

Au loin, des espaces verts avec le parc de la Wolluwe et la forêt de Soignes sont déjà visibles.

0.jpgDe maisons spéciales, il faut parler de la Maison Stoclet en Art nouveau qui détient en son sein des oeuvres très ou "trop" privées, non accessibles pour y pousser une tête à l'intérieur qui parait-il, détient des trésors. La maison avec une façade en marbre de Norvège qui répond aux normes de l'harmonie par la lumière,cache des jardins que seul un survol permet de constater. Adolphe Stoclet, normalement aurait pensé de l'installer à Vienne, mais c'est à Joseph Hoffmann qu'il a confié cet ensemble entré depuis 2009, au patrimoine de l'UNESCO.

Des ambassades, se succèdent à rythme soutenu, repérables par les places de parkings marquées du sigle "CD". Non, ce n'est pas destiné à des ventes de "Compacts Discs" mais c'est de "Corps Diplomatiques" dont il s'agit. J'en ai compté, une vingtaine, tout le long: du Botswana, d'El Salvador, de Sao Tomé, du Perou, de Géorgie, de Croatie, d'Ethiopie, du Brésil, du Togo, du Cambodge, d'Uganda, de Madagascar, de Tunisie, de Pologne, du Nigeria, d'Indonésie, de Papouasie Nouvelle Guinée, de Malaisie, de Namibie, de Sierra Leone, de Chine... sans compter celles des région comme Regio de Veneto. Toutes judicieusement choisies pour donner le prestige à leur propre pays.

Un coin de diplomates de tous bords dont on aura un échantillon, lors de la fête nationale, dans les défilés de voitures près du Palais royal, ce samedi, 21 juillet. Car, cela sort et cela parade aussi, ces ambassadeurs, mais il faut des occasions très propices sinon ils restent bien au chaud à l'abris de belles maisons.

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Le rond point ou Square Montgomery que surveille la statue du Général du même nom, avec ses fontaines centrales, forme le premier cirque à voitures. Plus loin, un autre plus petit qui continue cet office de partages, de liens entre les autres artères. Ensuite, c'est la descente en voitures ou à vélo, en son centre. Pour ce dernier point, une véritable piste cyclable et pas un vulgaire pointillé sur la chaussée qui se prolongera jusqu'à la fin du parcours.

Les habitations sont, au départ, hautes, en général, décorées en bas et hauts reliefs. Sept étages, en moyenne.

Est-ce un boulevard ou une avenue? Des "ramblas" comme à Séville? Les maisons le feraient penser.

Que du plaisir... Enfin, pour être honnête, pas toujours...

Il manque cette fois, un peu de soleil pour entrer dans le cadre. Dans le passé, quelques croches pattes à la nostalgie, aussi.

Sur la place, le n°120 a été le symbole des défenseurs du patrimoine. Dans la nuit du 21 mai 1993, la maison du lieutenant Lannoy, également en Art nouveau, datant de 1906, classée et signée Paul Hamesse, était sauvagement démolie, "démontée" se défendra le bourgmestre Vandenhaute de l'époque, sur base d'un arrêté de police pris par le bourgmestre pour des raisons de sécurité. Cet arrêté sera ensuite cassé et annulé par la Région. Reconstruite en 2008, le promoteur a essayé d'en garder l'esprit.

Paul Hankar y a aussi sa carte de visite. Tous les styles du 19ème siècle, de l'"Art nouveau"  avant d'atteindre l'"Art International".

0.jpgToujours à gauche, au n° 170, l'immeuble Monsanto. Dessiné en 1974, il n'abrite plus cette société et si l'architecture est, peut-être, considérée comme audacieuse, il faut se rappeler qu'avant cette forme moderne, s'élevaient deux autels de maître des années 1900 avec une villa dessinée en 1924 pour le marquis Impériali. Toujours du beau monde sur cette avenue...

Mais, le progrès a ses propres lois qui ne se discutent pas... et les marquis ont pris une voie de garage ou de traverse.

A droite, le parc de Woluwé, avec ses 71 ha, est le plus grand de Bruxelles. De style anglais, il s'étale sur trois vallons, pelouses, bois et étangs, animés par deux cascades, pur béton du goût 19ème. Des activités multiples s'y déroulent. Tir à l'arc en hauteur, cours d'éducation pour chiens et j'en passe et des meilleurs comme pourrait l'être, simplement, la flânerie du promeneur...

A gauche de l'avenue, cachée, une statue, celle de Joseph Lebeau. Ministre des Affaires étrangères de la jeune Belgique qui a été chargé, de trouver un Roi pour le pays, en Angleterre. Le Prince Léopold acceptera le poste de premier roi des Belges, en 1831.

Qui s'en souvient encore de cette histoire et de ce personnage? Aucun respect, les gens d'aujourd'hui !

Plus étrange encore, en face, la statue de José de San Martin qui pourrait, légitimement, donner l'envie de se poser la question de savoir "pourquoi à cet endroit?". On y lit : "Generalisimo de la ejercito de la républica del Peru y fundator de la libertad, capitan general de la republica de Chile, brigadier general de la confederacion Argentina" et fut érigée le 12 juin 1998 lors du Palais des Académie. Avec de tels titres, on s'étonnerait presque qu'elle soit à l'écart mais pourquoi à Bruxelles? "En el ultimo rincon de la terra en que me halle estare pronto a sacrificiar mi existencia por la libertad", aurait-il dit. La "liberté", le mot est lâché. Là, on pourrait trouver des liens. Bruxelles n'est pas la seule à célébrer ce héros. Dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris, une avenue porte son nom en raison de la proximité avec l'avenue Simon-Bolivar. 

Au croisement avec le boulevard du Souverain, une passerelle, installée en 2007qui reprend le même chemin d'un ancien chemin de fer. Montons y pour avoir une vue plongeante sur l'avenue. Elle surplombe perpendiculaire et permet d'oublier le trafic, en le cédant aux cyclistes et aux promeneurs sur un véritable théatre de verdures comme un très petit ring (=anneau) comme il le serait pour un auriculaire.

A l'arrière, déjà, l'ancien dépôt des tramways, au look 1900, devenu le "Musée du Tram". Trams qui, en belle saison, sortent le weekend et longent l'avenue de part en part. Voitures de trams à traction hippomobiles, voitures ouvertes aux quatre vents, conducteurs habillés d'époque... Tout y est pour la nostalgie des souvenirs.

Des "trams chocolats" ou des vicinaux "les boerentrams" (des paysans). Au choix.

Embarquer, c'est se retrouver dans un voyage dans le temps.

Au départ, un coup de cornet du régulateur de trafic, répondu aussitôt, par un coup de "Ding Ding" d'une pression du pied du conducteur.  Une vieille motrice verte de 1906 s'ébranle sur les rails. Le wattman manoeuvre la manivelle d'une main et le frein de l'autre. Entre temps, le receveur visite les clients déjà assis,  poiçonne les billets. Dans sa besace, aucun d'euro, seulement des francs et des centimes belges. Les billets ont déjà été payé en euros, au préalable. Un brin de causettes avec les clients de première classe sur des banquettes recouvertes de velours et celles de seconde, ouvertes à tous les vents, à l'arrière. De la pub aux fenêtres, oui, mais elle est presque confidentielle en comparaison avec celle des trams d'aujourd'hui.

C'est parti. Deux directions. Objectif: relier le Cinquantenaire ou Tervuren.

C'est aussi une première fois qu'on entendra la phrase célèbre, "Jef, de flech es af" quand la flèche est sortie, décrochée de sa prise de courant. Une nouvelle tâche pour le receveur de la remettre, sur sa ligne, à l'aide d'une corde.

Dans le musée, des omnibus à traction chevaline, des trams sur voies ferrées pour réduire l'effort des chevaux ne sortent plus. En 1894, apparition des premiers trams électriques. En 1950, les portes des trams se ferment. On se rappelle qu'il pleut à Bruxelles. Oui, pour la pluie, mais, il ne faut pas confondre avec les vraies raisons: éviter les resquilleurs et les accidents lors des entrées en route ou sorties prématurées des passagers. Plus tard encore, les bus vont chanter le chant du cygne de beaucoup de trams. Le métro sonne un autre arrêt de mort. Vu la latence existante pour s'arrêter, le tram garde la priorité sur les autres véhicules. Il garde de plus en plus ses propres voies réservées.

Les accidents ne sont pas encore évités pour autant. Les "rencontres", avec les piétons et les voitures, apportent un coût de plus en plus élevé pour les assurances autos des autres usagers de la route. Le risque existe que les trams ne seront plus que folkloriques, un jour. Mais, cela, c'est, déjà, une autre histoire. 

A droite, les étangs Mellaerts avec un ancien café campagnard de multiples fois transformé, devenu taverne-restaurant plutôt huppée. Face à lui, les étangs, le mini-golf, les barques pour partager l'eau avec les foulques macroules, les Cygnes blancs et noirs, les Grèbes huppées, les Ouettes d'Egypte... et des Sumos récents prêts à bondir, ceux-là, faut pas confondre, ne sont pas des "oiseaux sans tête". 

Le "Chant d'oiseaux" et le "Pont du Diable" s'insèrent dans le cadre...

A gauche, moins connu, le Parc Parmentier, du nom de l'entrepreneur de l'avenue, alors que Victor Besme en était le créateur. Sa "maisonnette", au vert, existe encore, mais elle n'est pas visible de là, cachée derrière les arbres.

Le Parc du Manoir d'Anjou, avec encore des arbres mais avec "pédigrée", ceux-là. Parc qui a appartenu au duc d'Orléan, prétendant au trône de France mais qui s'y exila en 1913. 0.jpg

Il n'y a pas que Victor Hugo qui a trouvé en la Belgique une terre d'acceuil.

Aujourd'hui, devenu une propriété des Bons-Pasteurs, mérite une promenade.

On redescend de la passerelle. On remonte sur le vélo pour se fortifier les mollets, car, après la descente, ça grimpe, fort, très fort. Qui ose dire que la ville de Bruxelles est plate?

Là, toutes les maisons valent leur pesant d'or. Dernièrement, je parlais de maisons qui sont des châteaux ou des châteaux qui sont des maisons, à Stresa sur le Lac Majeur. Parfois, cela peut y ressembler vu les quelques tourelles qui fleurent bon les chateaux d'antan.

Au sommet de la pente, le Rouge-Cloitre apparait, à droite. Si une nouvelle descente vous en dit? Comme nous y avons été, on continue en traversant la forêt de Soignes, toujours sur piste cyclable.  Au bout, c'est Tervuren, qui comme il est dit sur leur site, est la Perle du Brabant.

On y a trouvé une résidence pour des ducs et des rois. Ce n'est pas peu dire.

Dès 1200, Henri Ier faisait ériger un château. Dès lors, la forêt se transformait en parcs et jardins. Rasé, ensuite, par l'empereur Joseph II pour raison d'austérité budgétaire (non nous ne sommes pas au 21ème siècle...). Les ducs de Brabant et de Bourgogne, les archiducs Albert et Isabelle s'y installèrent.

Reconstruit par Guillaume Frédéric et détruit par un incendie en 1879. 

Bien plus tard, le roi Léopold II, lui, dans le prolongement de l'idée de l'avenue, faisait construire un édifice destiné à accueillir l'Exposition internationale de Bruxelles 1897 et surtout pour parler de "son" Congo, avec le Palais des Colonies (au pluriel, ce mot, peut-être en espérait-il bien d'autres) et des collections de Chine et du Japon.

L'avenue se termine enfin, sur devinez quoi?

Encore un rond point. Puis, à droite, le golf Ravenstein qui se cache derrière des barbelés. 0.jpg

Un autre rond-point avec une fontaine et des animaux exotiques, crocodiles, hypopotames et tortues, tous métalliques, qui s'amusent dans un orchestre à vous donner envie de danser.

Même Léopold II n'y aurait pas pensé.

Ne confondez surtout pas entre averse et drache nationale, dans cette avenue pas comme les autres... Ce serait mal vu.

Wiki dit de, Léopold II, deuxième roi des Belges "...très admiratif devant la beauté récente et la grandeur du Paris hausmannien, Léopold II est à l'origine de la transformation de Bruxelles qui devint une capitale internationale de renom. S'il lui arrive de participer au financement de ses projets, il incite aussi l’État et les communes à investir dans l'urbanisme. C'est sous son impulsion que l'on assiste à la construction du Musée de Tervueren, à la transformation du Palais Royal et du château de Laeken avec la création de ses serres exotiques, à la création du Parc du Cinquantenaire et de son Monument aux trois Arches. Il fait aussi donation à l'état de parcs et de propriétés boisées.

L'Arboretum, aussi, on oublie, mais on en a déjà parlé.

Mais au fait, d'où vient le mot "Tervuren" ou "Tervueren" dans sa version francophone?

J'ai cherché sans trouver. Il y a les chiens "Tervueren", avec "e" en plus comme l'ancien nom.

0.jpgUne ville qui aurait à l'origine des chiens ou "du chien"? Si vous avez la réponse, n'hésitez pas de me contacter.

Si les Belges sont connus pour avoir une brique dans le ventre, il a aussi un optimisme mesuré en fonction des voisins européens. Les habitants de cette avenue doivent, eux, avoir une terrible indigestion, tellement elles sont grosses ces briques.

Mais, on ne va pas faire la fine bouche. Surtout qu'on a appris que les marchés veulent nous prêter de l'argent à taux négatif. Vous vous rendez compte? Plus on en demande, plus on en reçoit en retour... Si c'est pas le "paradis", ça?

Confiance, confiance... Non peut-être... 

Visite terminée... Reprenez le tram chocolat pour retourner en ville. N'oubliez pas le pourboire du guide, évidemment...

Rien ne vaut les images qui vous attendent sous ce clic. 

L'année passée nous étions au pied du goufre. On n'a pas mis un pied en avant. La ville fêtera un autre cinquantenaire. Une histoire de scission aux lettres de feu "BHV", une véritable Bombe à Haut Voltage, dégoupillée est arrivée à son terminus pour entrer dans un autre musée, celui de l'histoire ou de l'imaginaire... 

Pas de trams dans ce musée-là, bien que les Bruxellois peuvent toujours en "rester chocolat"...

 

L'enfoiré,

Livre de Geneviève Lacroix Wolluwé Saint Pierre, Histoire et terroir préfacé par Willem Draps, bourgmestre de la commune.

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Citations:

 

  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « Les avenues de la rêverie sont la promenade préférée du diable. », Julien Green
  • « La vie est une avenue à deux voies. », Marc Gendron

12/07/2012

Le Laos est un pays communiste !

Aujourd'hui, nous partons loin. Je cède la place à un autre p'tit Belge comme moi. Un Zinneke qui a choisi d'aller déposer ses valises successivement en Équateur, à Cuba, à Molenbeek, en Thaïlande, au Laos, où il vit actuellement. Il va vous servir de guide dans ce dernier pays. Certains le connaissent et le reconnaîtront. Son pseudo, Sapanhine.  

0.jpgLe Laos est un pays communiste ! Oui, communiste mais cela ne se voit pas. Ni dans l’ordre social, ni dans la répression attenante à ce type de gouvernement plus autoritaire que ce que nous nommons, de manière pédante, une démocratie de type occidental. Il n’est ni la Chine conquérante, ni Cuba la répressive à tout va.

En quoi le Laos est-il communiste, alors ?

Certainement pas au niveau de l’initiative privée qui est omniprésente. Il n’y a quasi pas de réglementation de l’accès au travail, une forme de consensus social où tout le monde voudrait passionnément devenir riche et se sacrifie pour. Dans le respect des traditions bouddhistes, d’abord éradiquées par le nouveau régime qui l’avait interdit après la révolution mais redevenues, avec l’aval des autorités, omniprésentes dans la société. Ce Bouddha Dieu le Père qui veut que tout le monde ait à manger. Ce Moloch pacifique de l’anti-désir, de la solidarité des petits, de la superstition et des fantômes, du billet de loterie gagnant, de la vie qui renaît, paraît-il sept fois et toujours en mieux si l’on obéit à ses préceptes, ou si l’on donne sous forme d’indulgences assez d’argent à la construction de nouveaux temples pour se faire pardonner les excès commis durant la vie présente. L’espoir de renaître mieux que cette fois-ci, dans une famille plus opulente, épargnée par le malheur qui se doit donc d’être présentement accepté en tant que tel. 

Efficacité, efficacité : voilà qui évite de facto toute contestation, toute remise en cause de l’ordre, je ne vais pas dire public mais social.

Si Bouddha n’existait pas, on devrait l’inventer car, ne nous leurrons pas, d’ordre public, il n’y en a guère. De l’anarchie organisée pour tout modernisme, ça oui. Et plus qu’il n’en faut ! On ne change pas ce qui ne va pas, on s’adapte parce qu’on a toujours fait comme cela depuis des siècles. Ne rien remettre en question, pourquoi voudriez-vous que cela change ? Se dissocier du temps présent implique remise en cause. On ne remet rien en cause au nom de l’ordre immémorial.

Quel ordre ?

En quoi est-il immémorial ?

Parce que le puissant est resté puissant. Il a changé de camp en devenant la nouvelle aristocratie rouge que lui a imposé l’histoire mais est resté le puissant, celui qu’on respecte, qu’on adule et que l’on craint, celui dont il ne viendrait jamais à l’idée de contester le jugement, le pouvoir. Les familles nobles ont toutes immigré et nombre d’entre elles reviennent au pays, fortune faite ailleurs. Le puissant est celui dont le père, ou la génération précédente, a choisi le bon camp lors de la guerre du Vietnam. C’est lui le chef, le nouveau noble, le nouveau propriétaire. Celui qui s’en met plein les poches, car le décideur s’en met toujours plein les poches, c’est cela l’ordre immémorial. Au vu et au su de tous, sans révolte, juste avec une pointe d’envie de la part de ceux qui n’aspirent qu’à en être.

Le veau d’or, plus le mouton à 5 pattes et le Naja qui veille à la prospérité. 0.jpg

Un monde sans pitié, mais la compassion compense. Allez comprendre…

Sachez également que le Laos fut le pays le plus bombardé au monde. Une horreur dont le pays subit encore les stigmates aujourd’hui. Merci à ces satanés Américains !

Tout Laotien veut posséder une moto et un téléphone portable. Celui qu’on jalouse de tous ses pores dispose ou est propriétaire d’un pick-up dont il ne sait pas se servir, sauf pour aller droit devant lui avec le droit de tout écarter sur son passage, une performance sans trop de morts au passage vu le taux d’alcoolémie ambiant (1,7 pour mille, tel est le niveau d’infraction!) Heureusement qu’il y a des trous partout et que tout le monde roule à la tortillard au milieu des voies, sinon ce serait le massacre. Pensez : il y a onze fois plus de morts accidentelles qu’en Belgique pour une population qui en fait les deux tiers. Des trous, encore des petits trous, toujours de plus grands trous. Peu, très peu de routes et des pistes souvent à la limite du praticable. Jamais de casque à moto, c’est comme cela et cela le restera malgré le lourd tribut payé à l’inconscience. De la Lao beer, toujours plus de Lao beer depuis que l’opium est devenu interdit - une réussite ! Les jeunes générations n’ont même plus idée de cet enracinement culturel, cet esclavagisme qu’ont favorisé Français et puis Américains. Elles préfèrent le Yabba (textuellement, le médicament qui rend fou…), ces pilules de méthamphétamines réduites en poudre que l’on inhale à l’aide d’un billet roulé. L’effet est sensiblement égal à celui de la coke, addiction comprise. Trois jours de montée, d’excitation totale. Attention, la descente prendra au bas mot huit jours. Atroce cette descente. Impossible de dormir et hallucinations à tout va. Le seul remède, c’est d’en reprendre. Six mois d’usage vous rendent fou, cassé des neurones, débile, incontrôlé, vieilli de 20 ans. Cinglé, quoi !

0.jpgTout le monde sait qu’il ne faut pas y toucher, mais il n’y a aucune campagne gouvernementale qui le rappelle (un peu comme chez vous avec la coke…) et bien trop d’individus, ignorant pour la plupart, tombent dedans par manque d’information. Des jeunes et des moins jeunes. Seules dissuasion : les sanctions énormes en cas de trafic et l’obligation de cure pour les consommateurs qui en font la demande à condition d’avoir de quoi la payer ou pris dans l’engrenage des petits délits.

Une chance de s’amender, une seule. Elle consiste en une mise à l’écart à long terme dans des camps qui ne sont pas des hôpitaux ou des hôpitaux qui ne sont pas des camps. Une solution à méditer chez nous, chez vous…  Le meilleur des mondes a un prix et le prix de celui-ci est cher, très cher. Sans doute le Yabba est-il devenu impossible à éradiquer car personne n’en comprend les dangers à titre individuel. On en produit trop, très facilement et partout, que ce soit ici, en Chine, au Myamar ou au Cambodge, en Thaïlande aussi mais les Thaïs vous jurent que non. Ils sont si menteurs.

Une arme de guerre pointée sur le monde de demain qui rapporte gros à ceux qui ne se font jamais prendre parce qu’ils sont trop hauts dans la société, trop protégés. Et leurs petites mains éparpillées dans une jungle si impénétrable. 

Chez nous, le succédané s’appelle l’extasy, du pipi de chat à côté de l’original. Ce problème est en passe de devenir un danger majeur pour toute la jeunesse d’Asie et s’incruste lentement en Occident aussi.

Oh, ne croyez pas pour autant à l’effet colombien. Ici, tout est feutré, ne dépasse pas le cadre qui lui est indiqué. Aucune violence envers le citoyen lambda. Aucun camé ne vous tombera sur le râble, vous pouvez vous promener partout sans crainte. Bizarre alchimie ! Il doit être communément admis par la société qu’on ne peut faire de mal qu’à soi. Mais attention lorsqu’on a trahi les siens, auquel cas cela n’ira jamais devant les tribunaux.

A bon entendeur…

Mais, c’est un enfer chez vous ! Pas du tout, vraiment pas du tout. Étranger, ne te mêle de rien et rien ne t’arrivera, c’est tout simple. Contrairement à la Thaïlande où ils pullulent, les zonards n’ont rien à faire ici.0.jpg

Fondamentalement, le Laotien de base est un brave type. Un travailleur acharné mais uniquement quand cela lui botte. Un fêtard invétéré quand cela lui botte aussi. Il brûlera aussi sec tout l’argent qu’il a en poche, uniquement pour montrer aux autres qu’il en a. Aujourd’hui, pas demain qui est un autre jour, un autre défi à la subsistance. Qu’il ait 1, 10, 100 ou 1.000 euros en poche ne changera rien au problème, il va se précipiter pour acheter le futile, tout ce dont il rêve en pensant qu’il aura une vie meilleure, qu’il a le droit d’oublier provisoirement ses malheurs présents.

Et demain, il repartira à zéro. Comme si de rien n’était.

Seul le riche met son argent en banque. Des banques à peine surveillées par un ou deux flics, par la milice en civil qu’on ne voit pas mais qui est partout. Des liasses et des liasses. Des millions de dollars à vue – preuve que de l’argent, il y en a - sans que personne ne songe à se les accaparer. Qui tenterait le diable le sait : il va être tiré à vue comme un lapin sans aucune chance de s’en sortir vivant. L’économie d’un procès et personne ne s’en plaindra… L’inverse serait incongru. L’argent se respecte, comprenez-vous ?

C’est que la richesse permet tout et surtout d’écraser l’autre qui vous enviera d’être plein aux as. Mieux, il n’y a personne, vraiment personne pour remettre ce blanc-seing financier en cause. Ni cela, ni la corruption qui tourne autour. Le politicien en vit, le flic pourra racketter où il l’entend dans le territoire qui lui a été concédé, l’administratif vous exigera un dessous de table, cela fait partie intrinsèque de son salaire et vous évitera d’avoir à faire la file, de vous voir opposé un  "non !" forcément comminatoire. Plus le zig est haut dans la hiérarchie, plus il le fera. Tout service se paie, non ?

Un exemple : vous vous faites voler ? Soit le système récupérera à votre place, soit – c’est plus rare - il attendra sa légitime récompense et ne vous avisez pas de refuser de la lui donner, c’est presque un crime.

L’ordre règne. Est-ce un bien ou est-ce un mal ? Depuis que je suis ici, je n’ai plus de vraie réponse, d’autant que je n’ai jamais volé ni corrompu personne.

Le Laos connaît deux saisons : celle de la poussière et celle de la boue. L’eau qui tombe du ciel, drue, drue ! C’est le moment de piquer le riz (manger se traduit littéralement par "manger du riz", car sans riz, il n’y a pas de subsistance) Tous les paysans, hommes et femmes réunis, vont travailler aux champs des jours durant, courbés pieds nus dans la fange sous une chaleur étouffante. La récompense viendra trois mois plus tard sous forme de sacs de nourriture céleste qui, une fois délestés de vingt pour cent par le propriétaire de la machine à écosser, permettront aux familles de passer la saison sèche le ventre plein. Avec en supplément le cochon, les poules, les oies, quelques canards, des bœufs quand on en a. On baffrera les jours de fête sous une musique tonitruante crachée par les immenses baffles d’un DJ amateur (vraiment amateur !) ou les amplis crachotants d’un orchestre lorsqu’on a les moyens ou l’envie de s’en payer un. En attendant la prochaine fête, les prochaines fiançailles, un autre mariage, une autre grande bouffe collective sur le dos de l’invitant qui donnera l’occasion  de s’envoyer encore et toujours des litres et des litres de Lao beer ou de Lao-kao, cet alcool de riz distillé on ne sait trop où ni comment, mais toujours avec des racines censées vous donner … la gaule, comprenez-vous ?

Et tout le petit peuple dansera la gigue jusqu’à plus soif devant les autorités forcément logées à la plus belle table sous le parasol. Chokdee, chokdee (à ta santé !) Et chacun beuglera tour à tour sa petite chansonnette dans le micro de 8 heures du matin jusque passé minuit, sans respect pour les vieux du hameau qui s’endorment avec les poules. Et les basses boum-boum badaboum s’envoleront jusqu’au village d’à côté lorsque les jeunes vont à leur tour s’y mettre avec leur satanée techno chinoise qui s’entend sur des kms, c’est une question de standing.

Non, je n’ai pas à juger. De là à comprendre…

Et personne ne se plaint. Non pas que cela dérange, là c’est évident. Mais un tien vaut deux tu l’auras. Le village d’à côté fera de même un de ces jours prochains pour une autre promesse de mariage, une autre fête de divinité. Et il n’est jamais de bon ton de rouspéter, tout le monde sait cela. Alors, on s’exaspère de l’intérieur en attendant la légitime revanche, le droit d’agir de même lorsque son tour viendra.

Simple, non ? Et puis, c’est si "sanouk"  de s’amuser sans tenir compte de rien…

Le Laos régi par un parti unique, mais qui présente des candidats qui ne sont pas du Parti sur ses listes, est un pays à la fois hyper-centralisé et hyper-décentralisé. Comme cela, pas de jaloux. Chacun aura sa part, s’il dispose d’une parcelle de pouvoir bien entendu. Car sinon…

Le Gouvernement reçoit ses invités de marque en grandes pompes, encaisse ses commissions sur tous les travaux d’infrastructure, l’aide internationale et autres concessions de terrains agricoles ou miniers sans propriétaire légal. Gens de la haute, ministres et députés roulent tous en Toyota Fortuner, en Mercédes grand sport ou en Hummer (des monstres américains sur roues qui ressemblent à des tanks à tourelles, consomment au moins 25 litres au 100 et coûtent presque 200.000 euros l’unité). Les gouverneurs de province font la loi chez eux. Les chefs de district et les maires - appellés Maey baan - aussi. Les flics locaux font leur loi et l’appliquent à qui ils veulent. Tout se passe bien, personne n’empiète sur le pouvoir d’autrui, d’ailleurs est-il seulement au courant de ce qui se trame ailleurs que dans sa sphère propre ? Quel serait son intérêt de le savoir ?

Le plouc besogneux et sans qualifications (un mot qui ne veut rien dire ici car ils sont tous à la fois maçons, charpentiers, paysans, réparateurs de tout et n’importe quoi, de vrais multi-spécialistes pour tout dire) gagnera un peu moins de 100 euros par mois, travaillera six jours par semaine à raison de dix heures passées à crever dans les champs ou au volant, à moins que ce soit au meilleur des cas sur une chaise en attendant que le client les interpelle ou que le chef - qui ne foutra jamais rien, lui - leur en donne l’ordre. Dans ce genre d’emploi, la productivité n’est pas vraiment un élément qui rentre en ligne de compte.

Tenez, il y a huit jours, je suis allé acheter du carrelage. J’étais seul dans le magasin plus grand qu’un terrain de foot. Six comptables toutes habillées de seyants tailleurs roses, trois hôtesses tout sourire dont une avec ses deux enfants, quelques hommes à tout faire qu’il ne fallait manifestement surtout pas déranger, un gardien de parking et deux femmes de ménage sempiternellement occupées elles à briquer le sol. Le plein emploi, quoi ! Aucun membre de ce staff d’entreprise n’a su me renseigner sur le prix d’un litre de peinture, sauf la seule capable de manipuler un ordinateur. Tenez, je suis même persuadé qu’ils ont dans un parfait ensemble trouvé ma question bizarre, moi qui m’enquérais de savoir combien de mètres-carrés on couvrait avec un litre de peinture blanche.0.jpg

Ces Occidentaux ont de ces questions… Pourquoi veulent-ils tout savoir alors que cela n’a manifestement aucune importance ?

Bo pe gnaan. Relativisez, relativisez, vous ne vous en porterez que mieux, amigos !

Ceci dit, si le boss, souvent un Chinois, en fout un dehors ou se met à pousser une gueulante, il risque bien de se retrouver sans personne à son service demain. Le bloc au boulot, c’est la version locale du syndicat. Et du travail – sous-payé, il est vrai - il y en a partout. Donc, pourquoi se casser la tête ? Si le patron est méchant, on se barre, point ! Pourquoi faire grève lorsqu’on dispose de l’arme absolue ?

Vu comme cela, à se demander qui est au pouvoir.

Chacun pour soi et Bouddha pour tous. C’est très efficace. Moral même !

0.jpgEt si tu ne travailles pas, ce qui est ton droit le plus strict, il y aura toujours bien quelqu’un pour te donner une assiette de riz aux légumes et une natte pour aller passer la nuit au temple en attendant des jours meilleurs ou de refaire fortune. Au moins 50 euros, la fortune ! Les pauvres les plus riches n’ont qu’à les demander à leur famille, ils auront largement de quoi ne jamais rien faire, sinon s’amuser durant les sept jours que comporte la semaine. Pourquoi travailler dans ces conditions si dantesques puisqu’un prestigieux tonton, l’amant de votre grande soeur ou papa satisfera à tous vos besoins, mmh ?

Ne croyez pas que je suis pour. Ni que je suis contre. Je constate seulement et là, j’en arrive bêtement à ne plus être aussi sûr des valeurs qu’on m’a enseignées. En quoi seraient-elles effectivement les bonnes? Avons-nous, nous les héritiers d’une culture doublement millénaire qui a réussi à garder une partie des traces et des leçons de son passé, vocation à nous considérer comme l’exemple à suivre, les meilleurs ? De vrais démocrates, ceux qui savent, ceux qu’il faut imiter dans leurs délires, singer et copier au nom du progrès économique censé tout guérir.

Ouais, je crois qu’on doit s’être gouré quelque part. Dubito ergo sum…

Cette terre laotienne qui mérite mille fois d’être vue par tout touriste féru de nature, de culture et de sociologie , je l’ai fait mienne après de nombreuses pérégrinations qui m’ont mené d’abord chez les Incas d’Equateur, puis dans l’enfer cubain, à Molenbeek commune la plus kasbhatique de Belgique et dans le Nord de la Thaïlande que j’ai parcouru durant 4 ans en vélo. Fait curieux, jamais durant ces quatre années, je n’ai envisagé mettre ne fut-ce qu’un pied au pays des mille éléphants par peur, par révulsion du drapeau rouge (l’effet Cuba, me direz-vous…). Un quart d’heure après avoir passé, toujours en vélo, la frontière terrestre qu’est le pont sur le Mékong pour y faire renouveler mon visa à l’ambassade thaïe, je m’y suis immédiatement senti chez moi. Pourquoi? Je n’ai pas de réponse, si ce n’est a contrario : le dégoût du matérialisme sans foi ni loi, de la putasserie immonde et du racisme profondément culturel des Thaïs.

Un jugement que j’ai affiné depuis. Sauf sur les Thaïs, cela va sans dire.0.jpg

Je ne tiens pas à jouer au guide touristique de type initiatique, mais Luang Prabang est magnifique sur deux kilomètres-carrés, la rivière Nam. Ou à remonter en pirogue, Phongsaly tout en haut à la frontière vietnamo-chinoise hors du temps, les pistes ne menant qu’à des villages perdus extraordinaires, le plateau des Boloven et les 4.000 îles dans le sud à voir au moins une fois dans sa vie, par exemple avant d’aller à Anghor au Cambodge qui n’est plus qu’à 300 km. Où que vous soyez et quel que soit votre moyen de transport (vélo – jeep – moto) vous trouverez un logement pour deux muni de toutes les commodités au prix de 10 euros par jour (sauf à Vientiane et à Luang Prabang où il vaut mieux compter le double) Bannissez la plaine des Jarres où il n’y a rien à voir, sauf le souvenir des cratères creusés par les bombes américaines. Un conseil, il vaut ce qu’il vaut : SURTOUT n’entreprenez pas un périple en voyage organisé où vous serez plumés, non par les locaux, mais par les agences vide-goussets qui vous proposent à trois fois le prix le nec plus ultra du tourisme toc. Ici, l’aventure a encore un sens mais encore faut-il avoir la volonté d’aller à elle.

0.jpgDans mes rêves d’enfant, il y avait encore la Nouvelle-Zélande et le YuCON pour que je finisse mon tour de ce que je voulais voir du monde, mais je commence à me faire vieux. Ayant atteint l’âge fatidique de 65 ans aujourd’hui même, je sais juste que le paradis terrestre n’existe pas. Mais aussi que s’il existait, il devrait probablement se trouver ici. Les paysages sont somptueux, les gens fondamentalement gentils même s’ils sont rivés sur vos dollars (trois jours, pas plus car la nécessité refera immanquablement surface), la nature vierge, la vie douce et pas chère, aucune agressivité, les demoiselles gentilles et diablesses à la fois mais pas farouches pour un sou ( cfr Malraux ).

Dans le fond, le Laos ne m’a appris qu’une chose : ne pas juger.

Et une autre : avec le sourire, on ouvre toutes, vraiment toutes les portes.

Une troisième et ce sera la dernière : le respect de l’autre tel qu’il est, sans préjugé aucun.

Le Laos, c’est le port d’attache de ceux qui n’en ont plus. 0.jpg

S’il n’existait pas, il faudrait absolument l’inventer.

Bien à vous tous,

 

Alain alias Sapanhine (le 28.06.12)

 

Proverbes laotiens:

 

  • "Il ne faut croire que d’une oreille et réserver l’autre."
  • "Pour juger d’un éléphant il faut regarder sa queue ; pour une jeune fille il faut voir sa mère."
  • "Les animaux peuvent glisser ; les savants peuvent se tromper."
  • "Quand on a entendu, il faut voir; et quand on a vu, il faut juger avec son cœur."
  • "Tel est courageux au village, qui est peureux en forêt. "
  • "Supportons la boue pour (en) manger les anguilles. "
  • "La voix du pauvre ne résonne pas."
  • "Quand les buffles se battent, c’est l’herbe qui en pâtit"

 

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Puis il y a eu cette annonce touristique du Touring-Explorer (ci contre) à laquelle Alain avait répondu de manière impromptue, d'un seul jet, sans même réfléchir:

La belle saison, c'est de novembre à mars. La croisière sur le Mékong, c'est un peu toc. Mieux vaut remonter la Nam ou de Luang Prabang vers Phongsaly. Les Akha, venus de là-bas, issus du Yunnan, sont aussi immigrés dans le nord de la Thaïlande où ils sont considérés comme des sous-hommes, comme d'anciens spécialistes de la culture de l'opium puisqu'ils sont les avant-derniers arrivants. Ils ont occupé les terres entre 500 et 1.000 mètres de haut, là où le pavot pousse tout seul. On y construit des pièges à serpents qui viennent manger les oeufs des pigeons. Un militaire, qui royalement y est payé 60 euros par mois, a un boulot qui consiste à capturer les clandestins Chinois qui viennent empoisonner les rivières du nord en se livrant à l'orpaillage illégal ... et bien sûr rejettent sans le moindre état d'âme le mercure dans les rivières. Cela ce militaire ne savait pas et a même été surpris d'apprendre que cela tuait toutes vies animales en aval et, pire encore, que ce poison se concentrait dans le foie de tous ceux qui ingèrent du poisson ! Il venait enfin de comprendre le sens de son travail... Un militaire est là pour obéir, pas pour comprendre le sens de ce qu'on lui demande de faire. Tout un symbole...
Vulnérable le Laos ? Oui et non, sa position centrale fait que Vientiane deviendra un jour la capitale de l'ASEAN parce qu'elle sera le second choix de toutes les autres capitales après elles-mêmes évidemment.
Les Vietnamiens colonisent l'armée et l'administration.
Les Chinois achètent toutes les terres cultivables. Les Japonais, payent pour des épouses car la Laotienne est réputée être restée fertile.
Les Thaïs sont détestés pour des raisons historiques et de comportement. Mais ce sont eux qui importent tout ce qui est l'alimentaire dit de luxe. Le Laos n'a aucun grand magasin de style "grande surface". Les Laotiens se précipitent, dès lors, tous de l'autre côté du Mékong, là où il y a un pont - donc un poste frontière - et en reviennent émerveillés par l'abondance. S'ils savaient...
Le gouvernement s'en met plein les poches. Les Laotiens ne sont pas scandalisés, tout au plus jaloux de ne pas pouvoir en faire autant. Pire, il ne s'intéresse aucunement au problème, tant il s'enfonce dans la spirale de la consommation. Là où je vis à la campagne, toutes les terres agricoles sont à vendre. Dès que la vente est devenue effective, ils s'achètent tous des Toyota Fortuner et, six mois plus tard, ils n'ont même plus de quoi mettre de l'essence dedans. Alors, ils redeviennent ouvriers agricoles pour les autres...
L'artisanat reste confiné. Chaque village ayant sa spécificité et tous les locaux vont alors faire la même chose, ce qui permet aux acheteurs de fixer eux-mêmes le prix minimum.
Luang Prabang est magnifique sur 2 km carrés, bordélique partout ailleurs. L'UNESCO et les autorités locales sont en perpétuelle bagarre. On trouve un nombre d'experts internationaux largement payés à ne rien faire et plus de touristes que d'indigènes dans les rues...
A Vientiane, il n'y a pas grand'chose à faire. La ville ressemble à une sous-préfecture française. 
Le beau Laos, c'est celui de la campagne, des sentiers non-battus. Celui où les touristes ne vont jamais par manque de temps. Bokéo dans le Nord, le plateau des Bolovens dans le Sud.
La religion a été interdite après la guerre mais les autorités lui ont redonné force parce qu'il sert de CPAS et entraîne les gens à obéir à certaines valeurs sans se poser de questions.
Ponsavan et la plaine des Jarres, il n'y a vraiment RIEN à voir.
Ce que j'aime vraiment, la tranquillité et partir à l'inconnu le long des pistes en jeep (hélas plus à vélo). L'aventura, quoi....
Il faut être conscient qu'il y a 25 ans, le Laos était plus pauvre que n'importe quel pays africain sauf peut-être le Soudan. Aujourd'hui, il est plus riche et le standing de vie augmente tous les jours. Grenier à riz et électricité via les barrages qu'on construit partout où c'est possible. Regrettable peut-être mais les lacs de retenue sont empoissonnés. 60 pour cent des protéines consommées sont à base de poisson.
Pas beaucoup d'imagination, aucun respect de l'environnement, le déboisement sauvage puisqu'on ne leur apprend pas ce que cela veut dire. 

Un article d'Agoravox parlant du Laos, avait généré une longue réaction

Mais il y a aussi les images et un clic pour y partir en voyage

10/07/2012

Intermède historique bruxellois: l'Ommegang

Je vous avais déjà parlé de l'Ommegang. Je l'avais ajouté en photos en vous disant "Pourquoi Bruxelles?" ou alors, "Tout touristiquement vôtre". Cette année, cette histoire de Charles Quint qui vient présenté son fils à la ville de Bruxelles a eu lieu et Stephane Bern, le chroniqueur des grands noms de hier et d'aujourd'hui, était là pour commenter. Je rencontre des amis au Théâtre des Galeries, tous les ans, depuis quelques années et voilà qu'ils m'envoient leurs photos et leur présence à cette occasion. Je ne pouvais pas la rater...

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"J'apprécie de participer à un spectacle qui, par sa symbolique, défend l'idée d'une Belgique unie, royale et forte", a dit Stéphane Bern.

L'histoire de l'Ommegang Le terme Ommegang, en latin "circumambulatio" ou amburbium, signifie « marcher autour » en vieux flamand.0.jpg

La procession de l'Ommegang a été fondée en 1348, pour célébrer l'arrivée surnaturelle sur une barque, d'une vierge miraculeuse taillée dans le bois, Notre Dame à la Branche. Celle-ci d'abord protectrice de la ville d'Anvers et déposée dans la cathédrale, y avait été déposé par l'anversoise Béatrice Soetkens. La Vierge, apparue par deux fois dans un songe, lui ordonnait de transporter cette statue sur un bateau qui devait la mener merveilleusement jusqu'à Bruxelles, où elle fut accueillie sur le quai par le duc de Brabant en personne et les arbalétriers, prévenus de ce prodige.

Devenue tour à tour, Notre Dame des Victoires, puis Notre Dame du Sablon, plus proche et plus familière que le terrible Archange demeurant dans les hauteurs célestes.

Depuis 1930, c'est devenu un spectacle reproduisant et répétant le somptueux Ommegang offert par la ville de Bruxelles à Charles Quint en 1549 et à son fils Philippe II.

 

03/07/2012

Cap en Cappadoce

Destination très prisée des Belges d'aujourd'hui, la Turquie. A l'ouest avec Kusadasi (l'île aux oiseaux), au sud avec Sidé (antique Kymé).  Des souvenirs d'aventures qui remontent pour moi de 1989 à 2001 et qui conduisent dans le centre en Cappadoce.

0.jpgSoleil, mer, histoire, hôtels étoilés comme le cognac avec cinq étoiles, à des prix all-inclusive défiants toutes concurrences pour accompagner des annonces du type "Go with the rythm" ou "I dream of" ou s'y retrouver même Welcome Home.

Alors, essayons de mettre de l'ordre dans ces publicités peut-être légitimées et souvent justifiées.

Des guides multilingues vous emportent en excursions au travers de ce pays immense entrecoupé par des haltes dans les fabriques de tapis ou de bijoux.

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Une superficie totale de 783.562 km2 pour 75 millions d'habitants, c'est à dire moins de 100 habitants au km2.

C'est tout cela, la Turquie et plus encore et elle a raison d'en être fière.

Et oui, il y a de quoi passer de bonnes vacances pour pas cher, enfin tout dépend de l'endroit et de ce qu'on entend par "pas cher".

Bodrum, la mythique Halicarnasse, est devenue le Saint-Trop de la Turquie avec le luxe de ses hôtels, de ses yachts. Je n'y ai pas été, je n'en parlerai pas. L'Ouest et le Sud, je connais un peu mieux.

L'histoire, voilà un aspect de la Turquie qui l'a marqué par plusieurs points de références.

Viens à l'esprit, Troie à l'entrée de Hellespont, mieux connu comme détroit des Dardanelles (Çanakkale boğazı en turc, de Çanakkale, le « castel (Kale) aux poteries (Çanak) ») que Homère avait décrit dans l'Iliade et l'Odyssée. Grec et Romains, empire ottoman de 1299 à 1922, ont laissé leurs empruntes jusqu'à la naissance de la République turque, édifiée par Atatürk.0.jpg

A l'Ouest, Ephèse monopolise tous les questionnements avec Artémis de type turc (et non pas grecque). Une des sept merveilles du monde antique. C'est aussi, ici, selon la tradition chrétienne,  que Jean aurait rédigé son évangile, rappelé par la basilique et son tombeau. Sur une colline à 7 km au Sud d’Éphèse, aurait résidé la Vierge Marie, à qui le Christ sur la croix avait confiée à la garde du «disciple que Jésus aimait». Une petite église byzantine du XIIIe siècle, connue sous le nom de «Maison de la Vierge Marie» (Meryemana Evi), y conserverait le souvenir de ce séjour marial.

Izmir, l'ancienne Smyrne et Kuşadası, "l'île aux oiseaux", deux destinations de départ à l'ouest comme départ.

Sur les sites historiques, ce sont les temples, les agoras, les théâtres qui se succèdent avec chacun leurs particularités.

0.jpgAphrodisias avec sa nécropole, Priène avec son Bouleuterion, la Méduse de Didymes comme refuge à la Pythie (plus habituellement représentée à Delphes), Milet avec son fleuve Méandre qui a donné son nom au nom commun et j'en passe sur un véritable chapelet de vestiges antiques qui n'a rien à envier à ceux de la Grèce.

Pour la nature et la vue extraordinaire, il y a Pamukkale (le "chateau de coton") avec ses bassins d'eaux salées qui forment une tache blanche et qui se voit de très loin, sur un fond de montagnes grises.

Au Sud, à la Côte turquoise, Sidé et Antalia. Ils seront le départ de notre escapade vers la Cappadoce, mais avant cela, de petits sauts pour connaître le littoral sud.

Sidé, déjà, c'est se retrouver à l'époque d'avant Jésus Christ. Une agora, un théâtre, deux temples et non des moindres.

Nous qui fêtons, Belges, Saint Nicolas le 6 décembre, il serait temps de savoir qu'il vivait à Myra, une ville de la côte au sud. Protecteur des enfants, Saint Nicolas ou légende? Fils de négociant, devenu prêtre, c'est à peu prêt tout ce dont on est sûr. Quant au Père Fouetard, si vous avez une version turque, cela m'amuserait. Tout prêt, des maisons funéraires greffées dans la montagne font penser aux troglodytes.

Des fresques murales à Demre pour illustrer la vie du saint témoigneraint si ce n'était le comble de la non-reconnaissance, car ses reliques se trouvent dans la crypte de la Basilica di Sa Nicolas à Bari.

Entre Myra et Antalya que de panoramas, sur les baies, les orangeraies qui apportent les couleurs du contraste sur le bleu de la mer et du ciel.

Perge et surtout le théatre, le mieux conservé d'Aspendos sont à mettre à l'agenda s'une visite. Déjà, une remarque, Aspendos (en grec ancien Ἄσπενδος) est une ancienne cité gréco-romaine. Ce qui montre les connexions avec les voisins et souvent ennemis.

La baie de Kekova montre une ville engloutie de la côte lycienne avec un sarcophage à demi-immergé et des marches qui sortent de la mer, à l'abordage de l'île. Recouverte de maquis et d'oliviers, l'île était jadis habitée avant un séisme qui l'a enfoncée de quelques mètres sous le niveau de la mer.

Sous l'eau, là, il y a encore beaucoup travail de prospection et des découvertes historiques surprenantes à réaliser. Le navire Titanic était plus gros, perdu au fond de l'eau mais il attirait les convoitises et il y avait des investisseurs. Ici, l'histoire remonte bien plus haut, bien plus loin. On a le temps, pour en faire l'exploration mais il faut manifestement beaucoup des fonds financiers pour organiser les fouilles. Dès lors, on postpose. L'exploration sous-marine était interdite autour du site et les moyens pour sonder les ruines de manière officielle manquaient à l'époque. 

Mais, cap sur le centre du pays et la Cappadoce.

Certains le font à partir du Nord, d'Istanbul vers le Sud. Cette ville, à cheval sur deux continents, compte près de 20 millions d'habitants alors que la capitale, elle, n'en compte que 4 millions.

Pour moi, ce fut l'inverse en direction de la capitale Ankara. Une route qui monte sur le plateau turque et qui une fois arrivé, se parcoure avec une certaine lassitude. Aspect désolé, morne, sans arbres, peu de villages. Plateau avec une vision sur un horizon plat de chaque côté. Un autocar, limité à 90 kms/h, avec rappel du dépassement par un méchant klaxon, cela pesait encore plus. Heureusement, quelques arrêt au passage des caravanserails. Sulthanhani arbore une architecture seldjoukide. Les caravanes passaient par ici pour aller en Extrême-Orient et s'arrêtaient dans ces caravanserails constitués par un chapelet de gîtes tous les 30 kilomètres, représentant la distance correpondant à une journée de marche à dos de chameau.

Konia est sur la route. Tout y change. Véritable oasis dans un désert, il est le grenier à blé de la Turquie. Il y a 18.000 ans une mer intérieur alimentait la région. Ville religieuse et cloître des derviches tourneurs du 13ème siècle. Lors de ma visite, ce furent des mannequins qui rendaient la scène plus ou moins vraie. Mevlana, fondateur de la confrérie soufie mystique, y est enterré avec d'autres sarcophages. Et l'endroit est ainsi devenu un haut lieu de pélérinage.

Cappadoce, un cap mais loin d'une péninsule dirait Cyrano

0.jpgEnfin, la région de la Cappadoce qui approche avec son sol devenu crayeux. La Cappadoce, la région la plus visitée de Turquie comprend 15.000 km2 (la moitié de la Belghque) que l'on peut survoler en ballons. Miracle de géologie, constitué, il y a 20 millions d'années, par les volcans Erciyes ("Argée", altitude 3916 m) et Hasan Dag, qui ont comblé quelques milliers de kilomètres de lave, de cendres et de basaltes. Les roches tendres de tuf ont été errodées, scuptées par le vent et les ruissellement d'eau en des cônes rocheux, appelés "cheminées de fée", haute de 40 mètres et qui parfois prennent des allures de gigantesques champignons si pas coïtales. Paysages lunaires et féeriques en surface. Galeries souterraines en dessous. Des habitations troglodytes, creusées par les hommes depuis la préhistoire qui constituaient des abris pour s'y cacher pour se préserver des attaques et les invasions. Les premiers chrétiens s'y sont cachés. Terre chrétienne, byzantine pendant seize siècles jusqu'en 1923, année pendant laquelle la population grecque fut échangée contre les Turcs du Bosphore. Elle devint ainsi musulmanes à tendance chiite. Dans les maisons, électricité mais pas d'eau courante si ce n'est via les ruisseaux. Surnatalité, chômage et émigration que le tourisme va progressivement espacer avec la vente de poteries et le résultat du travail du coton et des tapis (le kilim).

Granges, étables, chambres, reliées par des couloirs formant des villes souterraines, avec jusqu'à 7 niveaux se superposent. Refuges, dans une température constante, pour 60.000 personnes jusqu'à 75 mètres en sous-sol avec entre les étages un énorme pierre pour sécuriser. 0.jpg

La visite sous-terraine de Kaymakli peut d'ailleurs provoquer un sentiment de claustrophobie. S'habituer à la lumière du soleil en sortant pour ne pas en devenir aveugle pendant quelques instants.  Des chapelles, des couvents et des églises dans les parois rocheuses. Des graffitis qui se mélangent au fresques dans des églises rupestres. Construites au Xe siècle par des chrétiens et décorées de fresques colorées. Superbes témoignages de l'art byzantin. Pour les découvrir, le meilleur moyen est une balade dans les riches vallées de Cappadoce, dont la plus connue est la vallée de Gorëmme que l'on peut survoler en nacelles de ballons. Vallées de la Rose, du Rouge, du Soleil, des Pigeons, les noms ne manquent pas aux promeneurs ou aux avioneurs d'un jour.

La région d'Ürgup fait poussé la vigne, fait sécher le raisin sur les toits avant d'être envoyé vers Ankara et Istanbul avec les tomates, les figues et les pistaches. Sur le site de Zelve, inhabité, abandonné à la suite d'un glissement de errain en 1952, on s'y attend encore à rencontrer les anciens habitants, tout est resté tel quel.   

Sur un mur, un "carré magique" de mots écrit l'un sous l'autre ( SATOR, AREPO, TENET, OPERA, ROTAS) que l'on peut lire dans tous les sens, dans la basilique pythagoricienne, reste une surprise.    

Uçhisar, un village qui combine les maisons troglodytiques, des pigeonniers, aussi, posées sur une colline, le Kale (="chateau") et qui devient, ainsi, le point culminant de la Cappadoce avec ses 1.300 mètres d'altitude. Vingt étages de galeries se superposent comme un véritable labyrinthe. L'élevage des pigeons remonte à l'antiquité. Leur fiente apporte l'engrais agricole.

Il fut le décor choisi par Paolo Pasolini pour son film "Médée" avec Maria Callas.

Endroit mystique, réservé à la méditation et à la retraite, sous le soleil couchant.   

 

Histoire de la Cappadoce(source)

0.jpgMalgré son relief peu avenant, la Cappadoce abrite des civilisations depuis plus de 3 000 ans. Elle fut habitée dès la Préhistoire. Les Hattis, qui peuplaient la région au IVe millénaire avant notre ère, se soumirent à l'invasion des Hittites vers 1800 avant J.C. Les Hittites assimilèrent leurs dieux et leurs traditions. A la chute de l'Empire Hittite vers 1200 avant J.C., la Cappadoce entra dans une période d'instabilité. Les Phrygiens régnèrent un temps sur la région.

Au VIe siècle avant J.C., la Cappadoce fut conquise par les Perses. On la nomma Katpatuka, le « pays des chevaux de race ». A partir du Ier siècle, elle devint une province romaine avec Césarée (l'actuelle Kayseri) comme capitale. C'est à ce moment-là qu'elle accueillit les chrétiens qui fuyaient les persécutions des Romains. La Cappadoce devint un important foyer du christianisme. A partir du IXe siècle, les moines et les ermites creusèrent des monastères et des églises dans les roches et les falaises. Ils reproduisirent la construction classique des églises (nef, narthex, transept, coupoles..). Sur les murs ont été peints des scènes bibliques en fresques. A l'abri dans les rochers, certaines échappèrent à la "guerre des images" (iconoclasme) et nous sont parvenues dans un assez bon état de conservation.

Au VIIIe siècle, les habitants imitèrent les moines. Pour échapper aux troubles qui agitaient la Cappadoce, ils creusèrent à l'intérieur des rochers des cachettes qui devinrent ensuite de véritables villes souterraines sur plusieurs niveaux. Ils pouvaient vivre ainsi plusieurs mois, en totale autarcie. Une manière de confirmer l'adage "Pour vivre heureux vivons caché".

A partir du Xe siècle, la Cappadoce connaît une période de paix et d'oubli durant laquelle les monastères fleurissent. Le XIe siècle voit l'arrivée des Seldjoukides dans la région. Sous leur règne, la Cappadoce renoue avec la prospérité commerciale. Mosquées et caravansérails (sortes d'auberges-entrepôts) sont construits dans les villes d'Aksaray, Nidge et Kayseri.

La Cappadoce demeura une zone d'échanges pendant cinq siècles jusqu'à la découverte d'une nouvelle route maritime au XVIe siècle qui récupéra tous les flux de marchandises. La découverte de ses églises rupestres en 1907 par un prêtre français l'a remise au goût du jour. Le tourisme date de 1980. Le Club Med qui s'y installé, a fait explosé le tourisme.

Turquie et politique d'aujourd'hui.

Parler d'histoire, c'est aussi finir par parler politique à la turque.0.jpg

Suite à un voyage de 1987, à Chypre, ce fut "Le chic, le chèque et le choc" sous l'administration grecque. Le chic et le choc, y sont toujours. Le chèque n'est plus de rigueur. De la Chypre du Nord, on pourrait plutôt l'appeler "Le pays qui n'existe pas" parce qu'il y a eu une sorte de boycott international. Représailles à l'invasion de l'île en 1974. Le mur de Berlin a sauté depuis longtemps, mais pas à Nicosie malgré quelques tentatives avortées. Chypre grecque, trop liée à la Grèce du continent, a appelé officiellement à l'aide financière de ses partenaires. Le pourcentage pourrait s'élever à la moitié du PIB pour redresser les banques et l'État chypriote.

En 2004, le PIB par habitant dans la partie sud grecque était de 18.000 euros et de 8.000 euros dans le nord turc. Un référendum s'est soldé par un échec. Les sudistes grecques refusaient de financer les nordistes turques moins riches économiquement.

En mai 2010, le fait que neuf activistes turcs tués lors de la tentative de secourir Gaza, alors que la partie grecque a des accords avec Israël, a augmenté le contentieux entre les deux parties. Depuis, en Méditerranée, 280 milliards de mètres cubes de gaz, récemment découverts au large sud de Chypre, génère le mécontentement des Turcs et est lorgné par la Chine et la Russie.

0.jpgAnkara avait menacé l'UE de geler toutes les relations avec elle si Chypre, non réunifiée, exerçait la présidence comme prévu. Échanges donnant-donnant, mais statu quo, pas de Turquie, même si elle le voulait encore, dans l'UE.
En 2007, une crise a révélé la division de la Turquie, entre une opposition kémaliste pro-laïque et les partisans de l'
AKP.

Depuis ce 1er juillet, Chypre assure la présidence tournante de la Communauté européenne pour 6 mois sous la présidence de Christofias. Cela peut donc faire désordre.

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Retour de manivelle, Chypre devient ainsi le cinquième pays de l'Union monétaire à faire appel à l'aide financière de ses partenaires. Le gouvernement chypriote pourrait demander 1,8 milliard à la zone euro pour recapitaliser sa deuxième banque, "Popular Marfin Bank".

En 2006, de la Turquie, j'en avais parlé dans des "Trucs pour les Turcs". A cette époque, la Turquie était bien candidate pour entrer dans la C.E.

Depuis, il est fort probable que le désir soit beaucoup moins fort.

Désormais, la Turquie est le pays le plus fort économiquement de toute la région et il entend avoir une place prépondérante qui compte sur l'échelle des nations. Sa position stratégique, à cheval entre l'Europe et l'Asie, fait qu'il est l'allié rêvé des États-Unis, en même temps que celui d'Israël. L'Europe, trop idéaliste, si parfois son union fait rêver, ne fait plus le poids avec les cauchemars.

La Turquie doit faire envie à l'Europe avec ses 8,5 % de croissance du PIB en 2011, alors que son voisin, la Grèce connaît les problèmes majeurs de l'Europe. Une inflation qui plane aux environs de 10,4%.

0.jpgAtatürk est toujours considéré comme le fondateur de la Turquie moderne. C'est lui qui avait déplacé la capitale à Ankara, lui qui, sous son commandement des forces turques avait vaincu les armées arméniennes, françaises et italiennes... Nous n'en sommes plus là, même si le spectre de sa dépouille repose encore dans un mausolée sous bonne garde. L'esprit démocratique, plus affirmé, des pays de l'ensemble des nations ne le permettraient plus.

A l'ère d'Erdogan, la Turquie n'est plus ni européenne, ni asiatique.

Erdogan, bien que très populaire, doit garder cette popularité et composer avec des adversaires plus proches, avec une population tournée vers l'Islam à 80% et une armée laïque, et, sans doute essayer de les ressembler. Il voudrait bien laisser une trace de lui comme un digne successeur d'Atatürk. La démocratie a parfois des surprises sur prises. Et comme le rappelait un journaliste chinois au sujet du "Piège des élections" d'un politologue: la majorité n'a pas toujours raison et qu'arriver au pouvoir c'est une chose et comment le quitter en est une autre (cf le 1er commentaire). Ce qui se passe en surface n'est parfois qu'une pale figure de ce qui se passe sous elle.

Alors parfois, la Turquie bande ses muscles, ce 26 juin, devant l'OTAN à Bruxelles. Position stratégique avec un pied en Europe et un autre en Asie, c'est aussi se retrouver à proximité des conflits. Comme voisin, il y a eu l'Irak, le problème des Kurdes, voici celui de la Syrie. 0.jpgUn avion turc abattu pour violation de l'espace aérien syrien ou un simple rappel que la Turquie a encore quelque chose dans le pantalon? Madame Clinton disait que ce incident était inacceptable, avis confirmé par l'OTAN.

Les réfugiés, en provenance de la Syrie, cela commence aussi à bien faire. Le torchon brule ou rebrule. Les touristes sont très rares de ce coté est, sud-est. Les témoins médiatiques se concertent.

Les relations avec la France étaient à l'orage avec la reconnaissance du génocide arménien.

L'ère de Sarkozy est finie. Place à celle de Hollande et cela se réchauffe. Rien n'est jamais immuable en politique.

Une écrivaine Elif Shafak choquait la Turquie en s'affichant dans une publicité pour une carte de crédit. Ce serait rien d'anormal chez nous, mais nous sommes en Turquie et les susceptibilités ne sont pas les mêmes. 

Alors quand on parle des problèmes de la Grèce et qu'une journaliste turque est là pour donner son avis et l'impression turque, face à une grecque, c'est immédiatement le rejet comme dans ce Kiosque (09:00-14:00) qui ressurgit, appuyé par le québecois: "Pour les Turcs, les Grecs n'ont jamais travaillé assez". On aurait cru entendre Madame Merkel. Clichés? Pas seulement, nationalisme, aussi. Et qui sait, une certaine jalousie de part et d'autre de la Méditerranée. Car des deux côtés, on s'est chamaillé, on s'est pacifié, mais on se regarde toujours en chien de faïence.

0.jpgUne expression française dit "Fort comme un turc". L'expression est née 1453, un peu après la prise de Constantinople par les troupes du sultan Mehmet II. S'il y a des Turcs qui détiennent des records du monde en haltérophilie, avant que la Turquie ne devienne ce qu'elle est aujourd'hui, il y a eu l'Empire ottoman bâti par un peuple de guerriers à coups de conquêtes en Europe, en Afrique et en Asie. Ces combattants turcs ou ottomans impressionnaient par leur force, leur courage et aussi leur brutalité, leur cruauté. Au XVIIe et XVIIIe siècle, le Turc symbolisait l'incroyant, l'ennemi brutal. On disait de quelqu'un de rude et de sans pitié qu'il était "un vrai Turc" et traiter quelqu'un "à la turque", c'était le traiter sans ménagement. Aujourd'hui, cette envie d'être fort se retrouve dans le sport de lutte, pendant laquelle tout huilés, les Turcs s'affrontent à main nue.0.jpg

Les spécialités de la Turquie? Le travail de l'or, de l'or qui coulerait à flot lors de mariages. La créativité aussi. Elle se retrouve dans le design et au cinéma où la vie des sultans ottomans apparait en long et en large. Un passé prestigieux mis au goût du jour.

Un GEO de 1982, avait un article avec le titre de "Troglodytes de la foi". "Voyager en Turquie, c'est dialoguer avec l'Histoire. On y marche à travers les siècles. En Cappadoce, il faut un corps d'acrobate et une tête de penseur pour garder son équilibre et sa raison", disait l'auteur. 0.jpg

Alors, si d'aventure, vous mettez le cap sur la Cappadoce, habituez-vous toujours à boire du café turc. Un café bien noir avec un fond bien serré à couper au couteau. Ou alors, un thé à la pomme, ou un Raki (version turque de l'ouzo grec, du pastis français) avec le baklava sucré, si vous n'aimez pas le café. Cela fera très bien passer la cuisine turque, l'une des plus riches du monde. 

C'est une manière habile de se mettre dans l'ambiance. Surtout, ne dites pas que le baklava est d'origine grecque et encore, moins qu'il y est meilleure.

Mais si vous voulez communiquer avec un Turc, quelle langue utiliser? Cela dépend où. Le turc, là, ce n'est pas aussi simple. A l'hôtel, l'anglais. Dans la rue, c'est l'allemand qui sera la première tentative du Turc pour essayer de vous attirer dans leur magasin de bijoux.

0.jpgQuestion religion, là, on pourrait rapprocher la Turquie de l'Egypte actuelle. L'armée reste une force incontestable que l'on ne peut ignorer ni au gouvernement, ni ailleurs.

Tant de choses à dire et à faire en Turquie, un empire, un monde, à elle toute seule.

Turquie News tient à jour. Istanbul, ce sera encore un autre monde. Oui, avec ou sans humour, on bosse fort et pas uniquement au Bosphore même si les Dardanelles laissent parfois un goût amère avec le souvenir d'une bataille en 1915.

Vous en ai-je trop dit ou pas assez, vous en voulez en plus sous forme certainement d' images alors, clic, clac, c'est ici....


L'enfoiré,


Un site de plus, sur la Cappadoce....

0.jpgVendredi dernier, "Faut pas rêver" sur France3, présentait la Turquie d’Istanbul aux confins de l’Anatolie, en passant par les paysages uniques de la Cappadoce, une traversée de la Turquie d’ouest en est. Un voyage de 1.500 km entre Occident et Orient, plein de charme et de saveurs…

Je vous avais prévenu, juillet serait un mois de voyages...

L'exotisme s'y retrouvera aussi comme nous allons le voir dès la semaine prochaine.

Proverbes turcs:

  • « Le sage ne dit pas ce qu’il sait, le sot ne sait pas ce qu’il dit.  »
  • « Ne croyez pas qu'en laissant vos cheveux chez le coiffeur, vous l'avez payé. »
  • « Le vinaigre trop acide ronge le vase qui le contient »


0.jpgMise à jour 06/07/2012: Le chypriote Demetris Christofias disait, dans son discours-fleuve d'investiture, qu'il va prendre un tournant très politique pendant sa présidence et qu'il va mettre en avant ses préférences. Son hostilité vis-à-vis de la Turquie, son amitié avec la Russie en feront partie. Dramatiser à l'extrême avec son grand voisin turc et rappeler que la Russie n'est plus comme avant.
Pas question de parler des faiblesses du côté financier qu'il réserve aux questions-réponses. Son effort pour unifier l'île depuis 2008 qu'il dit "Nous faisons un pas en avant et deux en arrière". Des Turcs du Turquie qui sont exportés dans la partie nord de Chypre d'une manière organisée à tel point que les chypriotes nordistes sont inquiets de perdre leur personnalité.
La Turquie va boycotter la C.E. pendant 6 mois. Chypre a déjà demandé de l'aide de 2,5 milliards à la Russie en décembre, il a réédité cette action en même temps qu'à la C.E. Beaucoup contes de fées sur Chypre....
Une conclusion pourrait être "Les amis de mes amis sont mes amis, du moment qu'ils ont du répondant".


0.jpgMise à jour 26 décembre 2012: L'indice vedette ISE100 de la Bourse d'istambul a progressé de 50% en 2012. Superperformé parmi les pays émergent comme le Mexique, la Corée du Sud et l'Indonésie. Cela après une récession de -5% en 2009.

Dans les "next eleven" de Godman Sachs..

La question est "La fête va-t-elle durer?" Une nouvelle phase de croissance plus "souple" en 2013?