27/10/2009
Rêver pour travailler
"Rêver au travail: tout bénéfice!", lisais-je. Voilà une information qui va battre de vieilles idées préconçues.
J'avais déjà osé annoncer que dans notre monde du travail que "La technicité n'était plus seule". Voilà que les neurologues affirment que rêvasser empêcherait de 'patiner' sur place dans le travail. S'imaginer être à une autre place que celle qu'on est, par les obligations, peut être tout bénéfice pour celui qui rêve, ainsi que pour l'entreprise elle-même. Il y avait bien les pauses cafés que le patronat avait accepté à des moments précis de la journée pour dynamiser le travail et recharger les batteries.
Si tous les appareils se rechargent aujourd'hui avec l'énergie en conserve des batteries,.l'homme est, de nature, plus complexe qu'une machine. Relaxations diverses pour construire un ailleurs meilleur?
L'article proposait de "coincer un bic ou un crayon entre les dents, regarder dehors ou fixer un point au plafond et respirez profondément. Ne pas oublier de sourire de temps à autre. Visualisez son rêve. Testez mentalement tout et n'importe quoi.".
Surpris d'une telle proposition? Le règne de l'efficacité aurait-il pris une mauvaise voie? Je suppose que les neurologues ne sont pas payés par les rêveurs. Tellement d'activités sont planifiées dans une journée de travail qu'il faille un agenda en permanence devant les yeux. Aurait-on remarque que le metro-boulot-dodo, a quelques tares dans sa besace? L'efficacité et la rentabilité ne seraient qu'un moyen de rater plus important encore: la coordination qui communie tous les potentiels ? La recherche de la 25ème heure n'a manifestement pas donner ses fruits. Le stress empêcherait de découvrir les bonnes solutions parmi une série de possibilités.
Cette fois, les neurologues le confirment. Ils nous apprennent que rêvasser favorise la clairvoyance, la créativité, la flexibilité et même l'efficacité. Justement les compétences tant désirées dans la vie des entreprises.
Trop en porte à faux sur le futur, cela demanderait toujours plus d'« overhead ». Sous peine d'accuser un « overflow » de travail, il fallait, jusqu'à il y a peu, diviser le temps, le planifier en lui attribuant des priorités pour réagir aux événements.
Un agenda bien remplis et divisé entre tâches bien définies entre important et urgentpour assurer une bonne organisation. C'est vrai cela supprime une partie de stress. Il était recommandé ensuite de classez pour moins avoir à chercher.
"Priority Management" avait fait son succès dans les entreprises sur ces seules découvertes d'organisation. Il ajoutait dans le "programme du règne de l'efficacité" de la journée, quelques moments réservés à l'insouciance, à l'évasion. Moments de délassement pour oublier l'abondance d'une vie trop stressante.
Pour corser les difficultés, certains services sont à la merci d'un coup de téléphone et doivent laisser s'échapper le travail en cours pour passer à une tâche nouvelle "super importante", "super urgente". Achevée, cette activité, bulle dans le temps, elle restera latente dans l'esprit. Retourner à la tâche -1 fait reperdre un temps de récupération du problème là où il a été laissé.
Exercice d'adaptation aux circonstances, bien sûr.
Prenons du recul. La complexité des choses n'a fait que s'amplifier, diminution des coûts obligent, et les tâches attribuées par personne n'a fait que qu'augmenter. La réflexion pour imaginer des corrections à ces processus que seules les machines pourraient assumer, serait bien nécessaire. Rien n'est moins réglé comme du papier à musique que l'invention forcée.
Les résultats d'enquêtes vont plus loin. La "to-do list" du type bien organisé comme le préconisait Priority Management ferait partie d'un temps révolu.
Rodin avait raison de faire penser son "Penseur". L'activité cérébrale est plus complexe que prévu. Elle "travaillerait" même pendant notre subconscient, dans le rêve-éveillé comme elle le fait naturellement quand on respire, sans s'en rendre compte. Les deux niveaux cérébraux, le conscient et le subconscient, rendraient les possibilités illimitées. Certains spécialistes du cerveau disent que l'on utilise 30% de notre temps éveillé à rêvasser. C'est dire que tout le monde y gagne et que cela marche. Approche intuitive, qu'il faudra être capable de l'identifier comme une idée opportune si pas neuve, pour passer à la vitesse supérieure.
Le peintre belge, Magritte, devait avoir beaucoup de moments de rêve pour gérer sa créativité, son surréalisme de ses peintures. Il faudrait seulement s'en donner l'occasion et le temps ailleurs que devant une toile. "Voir" des choses qui n'existent pas, qui ne se trouvent pas devant nous, rend plus créatif.
Amy Fries parle d'un tunnel de la pensée qui par l'imagination permettrait de trouver la solution à un problème qui sans le rêve resterait sans solution. Travailler sans se donner des moments de repos et de réflexions serait contre productif.
Son livre "Daydream at Work" concluait que l'avenir de l'entreprise serait plus judicieux, plus radieux avec le rêve parallèle au travail.
Les exemples sont nombreux pour étayer la thèse. Les endroits de l'invention par inadvertance sont des plus amusants. Le cri "Eureka" dans son bain. L'inventeur du post-it, le pasteur Arthur Fry, associa, un jour, lors d'un de ses sermons, les petits papiers pour retrouver facilement les psaumes, avec la colle détachable sans laisser de traces pour les réunir et ne plus les égarer.
Garder tout sous contrôle, en quantifiant tout, feraient échapper une partie des solutions, si pas l'essentiel. Réagir sur le tas, au coup par coup, serait plus profitable à la découverte de l'inattendu. Un "accident" n'est jamais prévisible, l'imagination non plus.
Nous n'en sommes plus loin, non plus, avec les moments de recueillement des athlètes avant tout saut en hauteur, du lancer le javelot après un élan. Je me voyais déjà.... La revalidation utilise les mêmes artifices de récupération.
"Imaginer le problème résolu et n'en parlons plus", me disait, dans ma jeunesse et avec humour, un professeur.
Personnellement, je me souviens d'un cas où il nous avait fallu changer un programme de rapport que personne ne connaissait et qui devait cumuler les résultats autrement et cela dans le plus bref délais. Pas le temps d'analyser le programme et aucune aide à espérer. La solution avait été posée à plusieurs personnes avant de nous parvenir. Pour se rendre compte de l'opération, il s'agissait de prendre en charge un Oracle Report, en extraire la conception , l'adapter et le passer à la réalisation. Une idée adéquate, vint d'on ne sait où. Quand on ne peut changer le programme facilement, pourquoi ne pas changer les données, elles-mêmes, et forcer ensuite le programme à réagir sans qu'il ne s'en rende compte du changement? Banal. Rien de vraiment nouveau. Absolument. Ce fut tout de même la surprise des demandeurs de voir les résultats espérés, le lendemain.
Une pause rêverie obligatoire au bureau? Peut-être. La programmer à des moments précis sera, seulement, plus difficile.
De toute manière, à la fin d'un rêve ridicule, n'oublions pas d'en rire. La nuit, d'en rêver, réellement. Tout cela fait aussi partie du "traitement" ou du "jeu".
En ces temps troublés, de stress, de suicides à répétition, aller à contre courant s'impose. L'affaire inquiète sérieusement les autorités publiques.
Je lisais dans mon journal "L'entreprise doit constituer un terrain fertile pour développer l'humain. Puisqu'on ne peut plus battre les Chinois en travaillant plus rapidement ou plus efficacement, il s'agit de sortir de l'engrenage du travailler plus et se rendre compte ensuite qu'on a perdu son temps. Il faut désormais de l'originalité, de la créativité, de l'innovation parallèle à une gestion de qualité". Les « workflows », imposés par le traitement de l'information, seulement fonctionnel, pourraient donner des dérapages d'exploitation. Travailler les relations entre les hommes est un processus pour donner une signification à ceux-ci, et faire comprendre le but commun de l'entreprise et rendre la fierté au travail. La précipitation mène dans le mur... Uniformiser les procédures est un temps révolu. Herman Wittockx ajoutait même que le "contrôle accapare un tiers de notre temps de travail". A bon entendeur, salut.
Ce lundi 26 octobre, sur France3, un documentaire Hors-Série va plus loin dans l'analyse de cette mise à mort du travail. En France trois salariés sur quatre travaillent dans les services. Productivité maximale et client-roi, du moins l'espère-t-on, car, c'est lui qui a les moyens de payer la production. Le traitement de l'Information, je me souviens, comptait un input, un output et un traitement de l'information, au milieu. L'input informelle s'est amplifié en nombre et en complexité. L'output, l'offre, s'impatiente et s'intensifie pour assure le maximum de chance de plaire. Le traitement, lui, est négligé. Le management a mis en place une manipulation pour diminuer les coûts au maximum. Ce n'est plus les revenus qui font les bénéfices. Les salariés "se payent", dès lors, maladies, accidents de travail, souffrances physiques et psychologiques. L'aliénation de l'homme travaille, dès lors, à sa propre destruction. Le travail , deshumanisé, devenu une tâche que l'on exécute et non plus, comme un service à rendre à la communauté. Recherche du maillon faible dans une course au podiim, portée par une pression de la compétition avec les collègues, pour la simple volonté d'augmenter les seuls profits.
Alors, si rêver permet d'éviter les conflits d'intérêts...
Le titre de l'article, je ne vous l'ai pas encore donné. Il s'agissait de "Même les animaux savent ce qu'ils veulent". Avec nos neurones, en plus...
A l'école, rêvasser équivalait à un morceau de craie à la figure. Plus tard, un bourrade de ceux qui nous voulaient du bien. Maintenant, on sait que c'est pour la bonne cause.
Alors, allez, donc, rêver à votre « impossible étoile » comme le chantait Brel dans l'"Homme de la Mancha".
Peut-être y aura-t-il un prodige au détour d'un chemin. Si alors, au bureau, on vous surprend à regarder la montre d'un peu trop près, ou trop longtemps, n'oubliez pas de dire à celui qui vous l'empêcherait et vous interrompait : "Silence. Je réfléchis. Je travaille.".
Que les idées géniales soient avec vous, dans ce cas-là.
Je dis cela juste au cas où celui qui en ferait le reproche n'aurait pas lu l'article.
L'enfoiré,
Sur Agoravox, les rêveurs existent-ils?
Citations:
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« On croit que les rêves, c'est fait pour se réaliser. C'est ça, le problème des rêves : c'est que c'est fait pour être rêvé. », Coluche
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« Lorsqu'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité. L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire. », Elder Camara
18:05 Publié dans Organisation, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Science | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
21/10/2009
New deal entre privé et public?
Aujourd'hui, il y a de moins en moins de différences de politique entre le secteur privé et public. Le particulier consommateur, lui, suit le mouvement, compte les points, sans pouvoir agir ou réagir qu'aux moments critiques lors des élections.
La triangulaire des interlocuteurs se relient par un bout: l'argent et la taxe. La taxe se veut juste et loyale,est-il dit.
La crise s'est invitée, depuis. Elle a bouleversé bien des donnes, bien des opinions pourtant bien ancrées. Les deux secteurs en arrivent à entrer en compétitions dans leurs prétentions, dans leurs manières expéditives.
Si le secteur public avait quelques spécificités de protection de son personnel, avec des barèmes sur les salaires, ce n'est plus tout à fait le cas. Si on n'y éjecte pas vraiment de la vie public, on démotive ses participants. Secteurs publics et privés se rejoignent de plus en plus dans les compétences exigées, dans les volontés d'éliminer le personnel, dans les salaires qui ne sont plus maintenus bas pendant la vie active pour assurer une meilleure pension dans le secteur public que l'on retrouve dans les clichés. Ils vont même jusqu'à se concurrencer. Melting pot de moyens qui passent ou trépassent au travers du même entonnoir.
Payer la crise mondiale. Tout un programme. Il y a les imaginatifs de la droite. Ceux qui veulent réduire les fonctionnaires de 15.000 unités en 10 ans. Donc, 15.000, nouveaux chômeurs de plus, est le réflexe de la pensée même si le processus est dit lissé ? Premier monstre du Loch Ness qui ressort périodiquement son nez des eaux troubles.
Fin 2008, le secteur public est venu au secours des banques et du secteur financier.
Il a fallu trouver toujours plus de sous... Là, où il y en a. Là, où cela fera le moins mal.
A ce jeu-là, on imagine que certains régimes seront un peu plus "salés" et d'autres un peu mieux "sucrés".
Rien d'anormal dans nos pays qui se targuent d'un humanisme avec un programme social. Obligations pour se donner les moyens de vivre en bonne communauté. Payer n'a jamais été un réflexe automatique. Encore moins aujourd'hui où la jeunesse aime tout trouver en gratuit sur Internet ou ailleurs. L'impôt et les taxes sont pourtant les outils forcés de la solidarité pour obtenir une vie meilleure en commun. Pas de plainte sur le principe, donc.
Larousse nous rappelle d'ailleurs: Taxe: Prélèvement fiscal obligatoire perçu par l'Etat. Parafiscales, perçues dans un intérêt économique ou social au profit de personnes morales, publics ou privées autres que l'Etat. Taxage: Au Québec, action de taxer, d'extorquer... (clairvoyants, nos québecois...)
D'abord, il y a les taxes directes sur les salaires et qui, proportionnelles avec l'importance de ceux-ci, suivent plus ou moins la normalité. La TVA (Taxe sur la Valeur Ajouté) ("taxe calculée et payée à chaque stade de production et de distribution sur la valeur ajoutée au bien ou au service vendu par la personne morale ou physique assujettie"), dans son principe, est bien pensé. Et puis, il y a les taxes sur les taxes. Les taxes indirectes sur tout ce qui est acheté, produits ou services ou même sur argent non consommé et épargné. Il vaut mieux ne pas trop vouloir calculer la valeur marchande finale réelle de l'euro qui sera très faible, très certainement. Les accises sur lesquelles sont comptés de la TVA.
E
n Belgique, un "Questions à la Une" se posait la question de notre situation avec "Enfer ou paradis fiscal?".
Conclusions? Enfer pour les travailleurs salariés et paradis pour les plus fortunés. Les salariés sont tout de suite taxés à 25% minimum. L'inventeur du précompte professionnel exigible à la source par des barèmes fiscaux n'ait pas pensé à l'indexation. En quelques années la pression fiscale pendant les années 70 avait doublé avec l'inflation galopante. Les tranches de taxes s'arrêtent pourtant à 50%. La délocalisation avancée est le prétexte à ne pas l'augmenter car ces capitaux sont les plus mobiles. Les impôts sont payés par le travail et la consommation. Le système providence n'existe plus vraiment face à un habitant sur sept qui vit sous le seuil de pauvreté.
Répartition équitablement entre des bénéficiaires moraux et physiques, un programme de plus en plus difficile à établir! Pas de rage taxatoire. La taxe s'ajuste en fonction des disponibilités ou des carences. Il s'agit de la cibler au mieux et de s'assurer que l'étiquette du bon destinataire soit bien collée sur le "paquet cadeau". Les législateurs ont établit des cahiers de charges dont les articles se sont retrouvés dans les lois de répartitions.
Cette fois, avec cette crise, les difficultés sont encore plus complexes. Il faut chercher des débouchés possibles chez les plus "généreux" donateurs. Pour cela, on est prêt à faire des concessions et oublier des principes et des lois déjà signées.
Les taxes, pour suivre la mode, on les veut plus écologiques. Ratées pour les taxes sur l'emballage, sacs en plastique et l'aluminium.
La fiscalité sur le transport. Bien sûr. Le diesel, lui, qui est moins cher par rapport à l'essence, devrait subir une petite saignée du côté des accises? Intéressant fiscalement, trois quart des véhicules roulent au diesel en Belgique. Son problème écologique, l'émission de particules fines et d'oxyde d'azote, on y pense bien à propos. Le filtres minimisent ce côté négatif, dit-on de l'autre côté de la barre pour maintenir la pression de la vente des véhicules diesels. L'utilisateur fera la balance des pertes et profits.
Pour y échapper, il y a le vélo et les transports en commun. Tout dépend de l'éloignement et où on trouve le travail qui fera vivre. Enfin, 'travail', quand il y en a. Il faudrait que l'industrie des transports, des automobiles se grouillent pour sortir des voitures encore plus propres. En attendant... faudra apprendre à se passer de gaz et de pétrole. Le RER, c'est pas pour demain. On vient de l'apprendre.
Il y a la taxe carbone. Le carbone, élément simple, inoffensif mais qui peut passer au dioxyde de carbone en donnant des gaz à effet de serre. Allez hop, taxé. On prévoit des primes pour entrer dans le cycle de l'écologique BCBG. Se protéger du froid et utiliser le soleil, le vent comme sources d'énergie. Vite dit. On apprend que les ecobonus sont réajustés: primes en hausse mais seuils d'émissions en baisse. Le photovoltaïque devra se débrouiller sans aides de l'Etat. Retour en arrière?
Il y a quelques années, la DLU avait pour tâche de rapatrier les fonds garés et exempt de taxes de l'étranger. C'est fait. Opération non récurrente. Il faut trouver autre chose.
Il y a un an, on constatait que si les impôts sur le travail avait diminué, les recettes des accises avaient explosé.
La pression fiscale, chez nous, s'élevait, au niveau maximum, à 44,10% du PIB à l'époque (détails, ci contre).
Rappel pour le Gouvernement qu'il ne faut pas abuser des "bonnes choses".
Le consommateur toujours en aval. Le producteur privé et public en services en amont. Tous dans une politique d'efforts en communs. Oui, mais jusqu'où et jusqu'à quand?
Budget d'austérité avec le pied au plancher. Il s'agissait, cette fois, de combler le déficit dû au rachat des dettes de quelques banques qui avaient abusé des risques.
On était arrivé à la période de calcul des budgets pour l'année prochaine.
Il y a, d'abord, les bons mouvements. La TVA de 21% dans l'Horeca baissera, baissera pas à 6%. Non, ce sera à 12%. Mais, ce qui, pour modérer les enthousiasmes, ne changera pas beaucoup pour le consommateur.
Du côté retour sur investissements, les pistes sont les accises sur le diesel, impôts sur les la fortune, stabilisation des coûts des soins de santé, la taxe sur l'épargne. Il faut trouver mieux encore.
Histoire de gros sous et plus de fonds de tiroir à remplir. Espérons même que l'on puisse les rendre plus récurrents.
Et puis, miracle. C'est fait. Voilà que le budget belge est bouclé et, en plus, il ménage le citoyen, est-il dit ce 13 octobre.
On n'a pas de pétrole, mais on a des idées, pourrait-on penser avec un peu d'humour. Les nouveaux créditeurs sont là, efficaces et puissants pour assumer. Du moins, on veut y croire.
Tout le monde le dit, la situation redevient plus conforme à une période d'accalmie, il était normal de penser que les banques participent. Remarques, tout de même. Cela s'est réalisé, souvent, à coup de restrictions et de restructurations, mais, tout n'est pas joué et revenu à la stabilité.
On va, dès lors, faire payer les banques. Première bouée de sauvetage.
Les petites banques, inégales devant ce budget, disent qu'il faut être plus circonspect et rester en rapport avec les risques encourus par elles. Elles n'ont pas pris de risques, disent-elles, et ne sont pas venues demander de l'aide à l'Etat.
Qui va, de toute manière, trinquer?
La Deutsche Bank a été honnête de l'annoncer: les usagers, les consommateurs. Pas de surprise, les coûts sont toujours répercutés au dernier échelon. Ce n'est pas le Ministre des Finances qui pourrait faire croire du contraire en affirmant que la concurrence jouera. Les accords pour limiter la casse existent. On cherche, mais, en somme, on ne change pas trop les habitudes.
Deuxième bouée, prolonger l'exploitation des centrales nucléaires de 2015 à 2025, pour espérer des compensations des producteurs d'électricité, un bon calcul mais une solution controversée, à la base, par les écologiques. La loi de 2003 sera mise en veilleuse pour les trois plus vieilles centrales nucléaires (sur 7). Celles-ci devraient tenir le coup encore dix ans de plus après les 40 ans prévues. En compensation, 200 à 250 millions d'euros seraient demandés en échange les prochaines années.
Actuellement, pour évaluer la situation, 55% de l'énergie sont fournis par le nucléaire dont 30% pour ces trois centrales en limite d'âge. Cette prolongation rapporterait 1 milliards net aux électriciens. L'énergie renouvelable, elle, représente 4% du total.
Q
ue ne ferait-on pas pour redresser la barre de l'économie?
Pas d'accord,.les producteurs d'électricité ont déjà donné des millions l'année passée et doubler la dose les suivantes. Pas question... Ici, il s'agit d'une entreprise commerciale française comme adversaire contre le Gouvernement et l'Etat Belge.
Exigence du gouvernement d'avoir un accord signé pour jeudi... ou c'est la guerre.
La justice sera-t-elle appelée à la rescousse pour temporiser ? Car qui dit "justice", dit un certain délais pour le jugement pour ne pas dire, un délais certain.
Une "Pax Electrica" ou une nouvelle bombe nucléaire à fragmentations?
Et, si GDF-Suez décidait de fermer les centrales?, lisais-je dans la presse.
Dernier coup de Jarnac, il y a aussi l'Europe. La Belgique est rappelée à l'ordre par la CE pour déficit excessif. Tiraillée par devant et par derrière et le torchon brûle. La nouvelle dame de fer, Nelly Kroes veille.
Retour à la case départ et retrouver des moyens de combler des déficits, ces milliards à injecter dans l'économie?
Non, vraiment, il doit y avoir quelques "deals" secrets entre privé et public comme par le passé. Le projet Unidata entre Siemens et le Gouvernement belge qui s'en souvient? Pacte où il était question en 1973 de compensations dans l'engagement de nouveaux personnels chez Siemens en échange d'avantages fiscaux. Le quotas d'emplois créés n'a jamais été rempli, mais, il faut dire que les Gouvernements passaient alors, plus vite que leur ombre et que les Sociétés privées avaient les dents longues.
Pour les consommateurs, il y a aussi des "trucs", chez les plus "fins" contribuables qui jouissent d'une armée de conseillers, de fiscalistes. Cette historette, racontée le 16 mars de manière philosophante par Paul Hermant, journaliste à la RTBF et que je ressors de mes tiroirs avec un certain humour:
"Je pensais à ce contribuable lessinois qui vient de remporter son combat fiscal contre sa commune et je me disais que le surgissement du citoyen dans les affaires publiques prend parfois des formes curieuses. Ce contribuable lessinois, par ailleurs expert-comptable, avait en effet remarqué que le Conseil communal avait voté de façon rétroactive l'augmentation de l'impôt communal. Il avait introduit un recours pour frapper cette majoration de nullité et l'affaire avait traîné quelques années avant d'être tranchée ces jours derniers. Le contribuable a raison. La commune a tort. Ce ne serait rien ou pas grand-chose, une affaire clochemerlesque, si beaucoup de communes n'étaient dans la même situation. En foi de quoi, cette décision pourrait créer un cataclysme dans les pouvoirs locaux. Lisant et écoutant ce qui se dit ici et là à propos de cette histoire, j'ai cru comprendre qu'une certaine sympathie entoure cet expert lessinois. Ça y est, on en tient un, de Robin des Bois fiscal ! Parce que, comme disait d'ailleurs un bourgmestre, sic, « on n'aime pas de payer ». Mais si « on n'aime pas de payer », on aime tout de même bien utiliser ce à quoi les impôts servent. Je veux dire, dans une commune, les crèches, les voiries, la piscine, la bibliothèque, le centre sportif, enfin, toutes ces choses qui nous tiennent ensemble. Aussi bien, on peut se demander, tout de même, où réside l'intérêt général dans cette affaire ? Que tout le monde récupère le montant d'une taxe illégale ou bien que tous les citoyens utilisent le fruit d'un impôt légitime, même si tardivement voté ? Il est vrai que notre rapport à l'impôt est brouillé depuis longtemps. Notre main gauche qui donne ne voit pas ce que notre main droite reçoit. Nous sommes sur cette question, terriblement hémiplégiques. Cela fait des années, maintenant, que l'impôt est remis en question, qu'il est considéré comme injuste, oppressant, inique. On peut discuter à l'infini sur la manière de le rendre plus harmonieux, mais il y a un fait têtu : pour vivre ensemble, nous devons payer ensemble. Et si cette affaire, finalement, en restait au plan des principes ? La commune a fauté, la commune est condamnée. C'est juste. Pour le reste, je suis certain qu'on peut s'arranger. René Magritte aussi était lessinois. Il a peint en 1964 un tableau intitulé « L'ami de l'ordre». Deux ans plus tard, il en peignit un autre qu'il appela « L'heureux donateur». Hé bien, vous savez quoi ? C'est presque le même. "
Le message était clair. Du moins, je le crois. La taxation est un "must", une autre manière de solidarité qu'il serait impardonnable de ne pas comprendre dans les obligations naturelles. Les entreprises ne sont pas égales devant le fisc et encore moins le particulier.
Les règles passent au second plan quand il s'agit de mettre la main à la poche. Quand il s'agit de faire un don, on reconnaît en général la sébile ou le pot en forme de cochonnet. Pas besoin de verser dans l'extra légal.
Bien sûr qu'il faut penser à des arrangements comme il est dit. En général, quand il s'agit de s'acquitter d'une dette, une visite devant un juge pourra trouver l'accord en fonction de raisons bien compréhensibles. Normal, enfin, presque...
La suspicion d'un intérêt "quelconque", comme il se dit naturellement dans les rapports de jugement, serait même à envisager. Mais de cela, je ne veux pas croire. Quoique...
On apprend, par un journal, en catimini, que les fonds placés en banques et qui servent souvent à financer un complément de pension, subiraient une ponction qui passerait d'un pourcentage de 15% à 25%. Il est vrai que le pourcentage ne correspondait pas à celui des taxes payées sur les salaires. Mais un étalement progressif aurait peut-être été nécessaire pour faire passer la pilule.
Eluder l'impôt par des mécanismes légaux frise la combine légale. Les voitures de sociétés souvent mises en avant pour combler le salaire trop taxé ne participe pas aux allocations sociales. L'impôt sur la fortune n'a pas les moyens de sa politique au niveau des contrôles. 700 dossiers par mois à traiter avec moins de contrôleurs.
La plus grande affaire traitée et jugée, il y a 7 ans, la KB-Lux n'a toujours pas eu de dénouement avec pénalité. Le procès commençait lundi (400 millions au prétoire). Inculpations des petits et des gros poissons?
Notre modernisme, généreusement arrosé par la pub, pour inciter à consommer toujours plus, est arrivé à un point de rééquilibrage.
Les vannes resteront toujours à ouvrir à un moment ou à un autre dans la triangulaire du privé, du public et du consommateur. Autant tenir le robinet adapté en mains propres eu égard les besoins de chacun, sans faux semblant ni orientation non conformes sous peine de se noyer et ne pas arriver à ses fins de citoyen responsable et solidaire. Main dans la main ou pied contre pied? Une simple continuité? Une complexité insoupçonnées?
Si jamais, vous connaissez des alchimistes, des inventeurs d'une nouvelle politique monétaire, je peux vous donner des adresses de personnes très intéressées.
- Allô, Père Noël, n'avez-vous pas, par hasard, reçu le Nobel de l'Economie?
Vous en avez, vous, dans votre hotte, des moyens pour investir et faire investir.
Comme vous semblez toujours avoir la même santé, c'est dans le privé ou le public ?
L'enfoiré,
Sur Agoravox, des commentaires publiques ou du privés?
Citations:
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"L'intellectuel dont la richesse est toute intérieure n'a rien à craindre du percepteur qui voudrait le taxer sur ses signes extérieurs de richesse.", Raymond Devos et un se ses sketchs
-
"Les gouvernements ont une vision très sommaire de l'économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s'arrête de bouger, donne des subventions.", Ronald Reagan
-
"L'amour est la seule chose au monde que le gouvernement ne peut pas taxer.", Anonyme
09:00 Publié dans Actualité, Belgique, Monde des affaires, Nature et Ecologie, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : taxe
12/10/2009
L'Economie sous le feu du Nobel
L'économie devait subir les contre coups de ... l'Économie. Le Prix Nobel de l'Économie devait être attendu au coin de la réflexion cette année après la crise qui a failli faire imploser notre monde par l'effet domino.
Ce 12 octobre, le Prix Nobel de l'Économie est tombé... en retard sur l'horaire.
Il s'agit d'américains, une femme (pour la première fois) Elinor Ostrom et Oliver Williamson pour leurs travaux sur la gouvernance économique. lls n'étaient pas dans la liste des candidats présentis. Travaux sur la gouvernance qui démontrent l'efficacité des entreprises et des associations locales. Doutes sur l'efficacité des marchés. Plus de pouvoirs aux communautés publiques ou privées pour agir vite et à moindre coût. La gestion des conflits par l'utilisation des hiérarchies. Limites des trop grandes entreprises impactées par les fusions.
Elinor Ostrom, de l’Université d’Indiana (centre), « a démontré comment les co-propriétés peuvent être efficacement gérées par des associations d’usagers », précise le comité.
Oliver Williamson, de l’Université californienne de Berkeley (ouest), « a montré que les marchés et les organisations hiérarchiques, à l’image des entreprises, ont des structures de gouvernance alternatives qui diffèrent dans leur façon de résoudre les conflits d’intérêt ».
Elinor Ostrom est optimiste si pas admiratrice de la méthode chinoise.
Le point de départ de Williamson et de la TCT (Théorie par Coûts de Transactions) est de postuler que toute transaction économique engendre des coûts préalables à leur réalisation : coûts liés à la recherche d'informations, aux "défaillances" du marché, à la prévention de l'opportunisme des autres agents etc.
Ce prix de l'Economie cloturait comme toujours les Nobel. Il n'existait, d'ailleurs, pas dans les projets d'Alfred Nobel. Pas de Nobel des mathématiques, non plus. En 1969, il est créé sur les recommandations du Gouverneur de la Banque de Suède, la plus ancienne banque centrale du monde. Derrière elle, très certainement, une envie de mesurer cette économie pour l'améliorer et pour rechercher les meilleurs moyens, les plus performants d'augmenter, toujours plus, la compétitivité, au besoin avec cynisme.
Cette fois, on l'attendait, ce prix de l'Économie, si pas avec impatience, avec beaucoup de curiosité. L'histoire officielle récente a secoué les habitudes et la routine. Les questions étaient nombreuses. Allait-on ronronner comme d'habitude? Allait-on connaître les moyens d'éviter une nouvelle crise ou faire fondre les grandes disparités de notre monde par des formules "savantes" de solidarité? Comment sortir des exceptions alors que tout est prévu pour les protéger comme les paradis fiscaux?
Il fallait changer les idées et les conclusions, souvent prises dans les périodes d'euphories jusqu'en mi-2008. C'était sûr.
Le Nobel de la Paix n'a peut-être jamais été aussi proche ou même intégré à celui de l'Économie.
Qu'est ce qui fait un Nobel de l'Economie?
Dans mon article, "Et la raison fut", de l'année passée, je reprenais quelques constatations et erreurs du processus de modélisation qui n'étaient pas adaptés aux réalités plus complexes. Mettre le futur en formules s'est montré très hasardeux. Faute de paramètres oubliés ou mal interprétés par leur importance, on arrive parfois à "adoucir" des courbes graphiques de l'évaluation des risques. L'effet levier et l'effet domino passent souvent au second plan des réalités. Le modèle brownien sous-estime complètement ces effets vitaux analogiques et par là, humains, totalement en dehors de la relation avec le numérique. Se baser sur le jeu, pour parallèle, comme cela l'a été fait, pouvait donner des surprises que l'on n'oublie pas quand on perd et fait rêver quand on gagne.
L'Economie n'est pas une science exacte.
Une science? Le Robert dit "'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables".
Relations objectives vérifiables? Tout dépend de ce que l'on en fait. L'homme passe très vite du rationnel à l'irrationnel.
Le prix de 2008 par Paul Krugman prêterait à sourire. Paul Krugman analysait la mondialisation des capitaux et de la main d'œuvre. Je rappelais ce détail: cet économiste de gauche n'hésitait pas à dire : "Croire qu'il suffit d'aligner la rigueur budgétaire, l'orthodoxie monétaire, la logique antiétatique pour conduire au succès économique, tient de l'hérésie". Cela a, plutôt, un goût de réchauffé aujourd'hui.
Si on remonte à 2003, ce n'est plus sourire mais franchement rire des théories de Robert Engle et de Clive Granger qui étaient récompensés par le prix Nobel de l'Économie grâce à leur analyse sur la fiabilité des prévisions économiques. LOL.
Joseph Stiglitz avec son "nouveau keynesianisme" a reçu le prix en 2001 et reste écouté, encore aujourd'hui, avec beaucoup d'attention mais plus comme un Messie que comme un rêveur socialisant. L'économie du développement par l'obtention de l'information et par son traitement ne suffit plus. Le salaire de l'efficience pour optimiser le profit n'est plus respecté ni dans un sens ni dans l'autre. Pas plus d'ouvertures entre le haut et le bas de l'échelle des valeurs au niveau mondial.
Son adversaire, patron au FMI, Kenneth Rogoff, dit "Les humains sont d'une arrogance ! Lorsque tout va bien, ils oublient l'histoire et pensent que cette fois, les choses vont tourner différemment".
Quels étaient les candidats, cette fois?
Ce n'est pas comme les prédicateurs tel Nouriel Roubini qui avait lancé la sonnette d'alarme en premier, qui apporterait la solution miracle. Il fallait rester positif et pas se transformer en Cassandre dès les premiers signaux qui pouvaient être aussi mal argumentés ou trop liés à la boule de cristal. Il faut apporter des raisons, des corrections, des solutions, construire et pas seulement détruire.
Ernst Fehr et Matthew Rabin suivaient l'économie comportementale avec la psychologie et la sociologie comme fil rouge.
William Nodhaus et Martin Weitzman faisaient la relation entre l'économie et les changements climatiques.
Récompenser pour la remise en cause des modèles dominants pouvait s'imaginer.
Jean Tirole, Robert Shiller sont dans la veine de Krugman en généraliste de l'économie.
Tony Atkinson pourrait-il tirer des conclusions efficaces sur la seule question des inégalités?
Le capitalisme et le libéralisme ont, tous deux, été montrés comme les responsables de la chute vertigineuse de nos économies. Toute la planète a subit une hécatombe de crises successives: immobilières, financières, commerciales, sociales et j'en passe. Reprendre des vieux trucs du passé, Plan Marshall, New Deal, Bretton Woods, ne permettent pas, sans une réactualisation, bien adaptée aux réalités d'aujourd'hui, d'assurer la réussite.
Milton Friedman, à sa mort , était baptisé par "The Economist", comme l'économiste le plus influent du 20ème siècle et des autres. Il ciblait son action sur la quantité de la monnaie en soutenant les taux de change flottants qui étaient à la base de la dérégulation des marchés financiers. Maîtriser l'inflation. comme l'ennemi numéro un. Il a avoué qu'il s'était trompé. La mondialisation et les produits à bas prix en provenance des pays à bas salaires a contrecarré l'inflation. Bretton Woods qui poussait à alimenter la planète de dollars a fait plongé le déficit des Etats-Unis dans les abîmes d'un déficit structurel. La convertibilité du dollar et les taux de change fixes ont sauté en 1973. La volatilité des monnaies a poussé à se protéger contre les fluctuations et par extension, à la spéculation. Aujourd'hui, 80% des transactions financières ne sont plus que des allers et retours dans une même semaine. Alors, une taxe Tobin, pour inverser la vapeur?
Combler les trous, les déficits en catastrophe pour ne pas plonger corps et biens, a été la solution "save", mais toujours à posteriori , réactive plutôt que proactive avec véritable plan de bataille dans le parfait accord mondial. La plupart des crises qui feraient sombrer l'ensemble, sont passées. C'est le moment d'analyser, de synthétiser pour espérer des ajustements et un avenir plus radieux. On reparle même de pertes de valeurs morales plutôt que financières auprès des jeunes qui ne voient plus l'argent comme une source de bien être mais comme une pierre qui fait sombrer le bateau corps et biens. Les problèmes écologiques ont aussi apporté une impression de mauvaise conscience.
Comment tout changer, sans tout bouleverser et revenir à la case départ?
Modéliser les corrections au "système" pour supprimer un risque d'une autre crise encore plus désastreuse?
Les modèles en économie ne sont pas une affaire de modes. Il a ses principes et règles.
Mais, l'économie réserve des surprises qui n'obéissent jamais totalement au passé. Alors...
Et si je reprenais un billet de l'année passée de Paul Hermant, journaliste à la RTBF, qui avait cette chronique philosophique, il y a déjà un an et qui rassemblait les événements avec une vision décalée mais qui ne pouvait pas voir avec la distance du temps:
"Il est question du présent qui n’est jamais actuel, du passé qui vient trop tard et du futur qui arrive trop tôt…Cette question revient de savoir pourquoi, nous autres qui sommes gens postmodernes, sommes tellement désireux de disqualifier notre passé, de le flétrir, de l’abîmer. .... Tout se passe comme si nous avions besoin de rendre notre passé suspect — comme si nous n’avions pas vécu ce que nous avions pourtant cru vivre — pour nous convaincre que l’avenir est décidément plus vivable que ce que l’on nous dit et que tout ce qui est annoncé aujourd’hui à son propos est sujet à caution. Il est vrai que nous allons sur ces questions de dates butoirs en dates butoirs. Et l’on ne peut s’empêcher en égrenant ces échéances ... de nous rendre malgré nous à une sorte de millénarisme consenti car voilà : nous en sommes aujourd’hui à programmer une fin tous les jours, le pétrole, les abeilles, l’archipel de Tuvalu, etc…De sorte que dans cette querelle entre un passé indésirable et un futur non désiré, c’est finalement le présent que nous ne voyons plus. Nous n’avions pas vu, par exemple, que les banques étaient une espèce menacée de disparition."
"Le Nobel a une jeunesse éternelle" constatait mon journal. Qui dit jeune, dit malléable. Rien d'immuable, donc, derrière des formules. Si à la foire, nous aimons tout ce qui augmente l'adrénaline, nous aimons le suspense, à être surpris, il ne faudrait pas pousser trop loin cette envie. Tous n'y survivraient pas.
On est bien loin de la solution humoristique de Raymond Devos "Si on veut avoir un peu d’argent devant soi, il faut le mettre de coté".
Si, avant hier on disait, "Rien ne se perd, rien ne se crée". Hier, "Tout évolue, tout change, tout se déplace". Aujourd'hui, on constate, après coup, que changer, c'était surtout de poche.
La gouvernance méritait une analyse plus fine dans tous les domaines de son pouvoir.
La méfiance envers l'Économie augmentait car elle décevait. Des groupes se sont formés. Ce ne sont plus des Economistes, à part entière. Le cercle s'est élargit à des penseurs. Il s'appelle, parfois, d' INET ("Initiative for a New Economic Thinking").
Il s'agit de partager l'information de haut en bas de la hiérarchie. L'information asymétrique ne fonctionne plus. Les marchés ne peuvent plus fontionner parfaitement sans observer un recul. Réguler, oui. Mais avec tous les éléments, tous les artifices en main. Réguler les produits, aussi. La modélisation en réseau avec interactions des marchés et du monde du travail en son complet. Complément de l'un par l'autre.
Jacques Attali préconise sept remèdes miracles: le respect de soi, l'intensité, l'empathie, la résilience, la créativité, l'ubiquité et la pensée révolutionnaire.
Derrière la méfiance, d'autres se nomment, désormais, "Objecteurs de Croissance".
Peut-être, le Nobel de 2010?
L'Enfoiré,
Citations:
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« Le prix Nobel, c'est une bouée de sauvetage lancée à un nageur qui a déjà atteint la rive. », George Bernard Shaw
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« Se donner du mal pour les petites choses, c'est parvenir aux grandes, avec le temps. », Samuel Beckett
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« Un prix Nobel a décrit le bonheur comme étant l'accomplissement de plus que ce que vous n'étiez en droit d'espérer. », Anonyme
13:35 Publié dans Actualité, Histoire, Monde des affaires, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
07/10/2009
Echo à l'Echo
On me dit long dans mes articles et par cela, je serais devenu vieux, disait un commentaire. L'idée de ce qu'est la vieillesse serait-elle liée à ne pas pouvoir suivre l'évolution que par le bout de la lorgnette comme il est très souvent le cas dans les médias? Notre ère d'agitation ne permet plus de faire le lien entre les événements comme s'ils étaient chacun dans un tube sans interactions. Alors, si j'appelais un jeune à la rescousse...
La longueur n'est-elle pas simplement une habitude de vouloir tout découper en rondelles? La jeunesse, l'expert ne se se confronte plus avec l'autre que pour suivre la compétition. La solidarité, appuyée comme solution à nos crises, ne se trouve que dans les beaux principes du dons du plus riche vers le plus pauvre...
Bien facile de donner l'aumône. Bien facile de pleurer pendant un instant et de penser à autre chose par après. Il y a un temps pour tout, pour expliquer nos penchants. L'analyse demande plus de temps. Chercher les sources des problèmes, les tenants et les aboutissants. Les historiens seront là pour rassembler tout cela mieux que nous ne pourrions le faire. On ne peut être long. Tout doit aller tellement vite. Analyser n'est plus de mise.
Une voix jeune, plus forte, plus savante que les autres, se fait entendre.
- Cela prend du temps et on n'en a plus, t'as donc rien compris, l'Enfoiré. On a le temps de voir des images. Mais, nous sommes au temps de l'image, de la vidéo, pas au temps de l'écrit. Tu peux pas nous faire un dessin à la place? Si tu fais un billet, cela doit être comme tout le monde avec la réduction des traditionnelles 3 minutes impartîtes à tout bon éditeur en monologue.
- Mais je laisse ce rôle aux spécialistes, non? A des journalistes de grands journaux qui sont payés pour se trouver là où se passe l'action. A des caricaturistes pour donner une idée décalée avec le plus d'humour possible. Les médias sont limités par l'espace visuel et par le temps d'antenne et doivent se plier à ce genre de contrainte. A nous de les reprendre pour en tirer la substantifique moelle.
- Quand cela ne coute rien, je survole, je virevolte. Quand j'y ai mis le prix, je lis ce qui me plait. Je sélectionne. Je choisis. C'est mon droit, non?
- Bien sûr. Mais, tu payes pour des textes dont tu n'as que foutre en laissant peut-être échapper la montre en or? Tu te limite aussi dans tes progrès. Pas entendu parler du sommet de l'iceberg? En fais-tu au moins une synthèse, une analyse globale de ce que tu lis?
- Pourquoi faire? On ne me payes pas pour cela. Je consomme. Faut pas mélanger les pommes et les poires.
- Ne consumerais-tu pas plutôt que de consommer? Nous sommes à l'époque du durable. Ce qui nous impose d'utiliser l'information, de l'user jusqu'à risquer en abuser pour son propre besoin. Mais tu verras que tu as partiellement raison.
- Te rends-tu compte qu'en rassemblant tout cela comme si les éléments devaient se ressembler pour subsister, tu deviens complexe?
- Mais vivre est complexe. Je dois t'avouer que je suis un généraliste éclectique. Je vais t'étonner. Je suis d'accord avec toi. L'abondance de l'information nuit à sa compréhension. Elle noie son lecteur. Les médias sont tellement nombreux qu'il te font perdre énormément de temps dans une suite de répétitions, de déviances, de mauvaises prises de conscience. Les médias peuvent, en plus, te tromper. C'est pour cela qu'il faut toucher à tout. Car tout se tient, quelque part, pourtant.
- Ouais. Tu l'as dit. J'ai lu cela. Et tu voudrais, maintenant, que j'en fasse une analyse et que je te présente l'addition dans une synthèse?
- Ben, oui. C'est ça lire l'information. Tiens, on va se limiter. Je vais te prouver qu'il est possible d'aller bien plus loin avec une seule source, un seul journal. Prenons l'exemple de l'Echo que je viens d'acheter. L'Echo, journal qui se dit "Journal économique et financier". Le mot "écho" est bien choisi, à mon avis. Il veut dire "répétition d'un son due à la réflexion des ondes sonores sur un obstacle" d'après Larousse. Une "répétition", cela veut dire qu'il y a eu une origine précédente à ce son. Une "réflexion", une nécessité pour être bien comprise. Un "obstacle" puisque c'est ton rôle de jouer cette opposition en objectant par ta thèse, par ton opinion, si nécessaire, pour suivre ta propre pensée et ton expérience. Tu vas voir que tout se tient, pommes et poires, à condition d'en trouver la queue et d'ouvrir ces deux fruits pour en faire ressortir les pépins avant de l'avaler jusqu'au trognon. Commençons, résumons, mais, asseyons-nous, tout de même, car cela peut prendre du temps même pour résumer. Que tirer d'important de ce fatras d'informations qui te sont jetées en pâture et qui pourrait avoir un lien avec ton ego comme fil rouge et ton avenir dans la lucarne? Analysons chaque bout et faisons une synthèse intermédiaire avant d'en rassembler tous les bouts en finale. On risque de s'apercevoir qu'on a lu pour rien. C'est le risque.
- Essayons. Je te laisse le choix.
Première page: "La pyramide des âges pourrait permettre de faire des économies de plus de 3% de la masse salariale sans nuire au service".
- Sous-titre intéressant pour l'administration wallonne en temps de crise. L'atout magique serait la pyramide des âges. Un rapport de la DG Personnel, commandé par le ministre de tutelle. "Les départs massifs d'agents au plus haut niveau de leur rémunération devraient dégager de nouveaux moyens pour autant que le politique d'engagement veille à recruter des agents avec peu ou pas d'ancienneté". La logique du remplacement serait "davantage de "une entrée" pour "deux départs". "Le remplacement par des jeunes et leur embauche est, par ailleurs, cruciale, parce que les effectifs ne permettraient pas de remplacer le départ massif de cadres en préretraite", est-il ajouté. Et "La cote d'alerte est atteinte car il faudra ramer à contre-courant et développer des moyens pour allonger la durée d'activité des seniors".
Réactions : n'ai-je pas entendu qu'on est de plus en plus nombreux à chercher du travail et qu'il faut travailler plus et plus longtemps pour gagner plus? Le publique deviendrait-il l'équivalent du privé? Main dans la main, gauche et droite? L'expérience, on n'en a rien à faire. On redémarre à zéro, quitte à réinventer la roue. Adieu le savoir-faire par l'expérience. Où a été envoyé le "gras" de ce rapport? Ah, oui, plus loin, il faut "saisir l'opportunité d'adapter nos structures aux besoins d'une entreprise moderne. Le recrutement devient une priorité pour permettre une prise en charge progressive des postes tenus par les agents qui vont remplacer les futures retraités. Revisiter les processus, en les simplifiant ou, mieux, les automatiser dans l'urgence à mettre en place la structure hiérarchique.". Donc, revirement complet. Serait-ce plus de chefs pour faire tourner le bidule? Et, accroitre encore le problème. A qui profite la crise? Quand on sait qu'au cours des 5 dernières années, il y a eu 5318 départs contre 2658 entrés. Qui a besoin de travailler après l'âge limite? Cherche bien. Moi, j'ai trouvé.
- Que vais-je tirer de cela? Ben, on dit tout et son contraire, à mon avis.
- Bien vu. Voilà le type de rapport qui veut le beurre, l'argent du beurre, le sourire de la crémière et la bénédiction par les esprits jeunes et vieux. Une sorte de quadrature du cercle consensuel. D'accord?
- Information nulle. Qui n'apporte aucune conclusion, si ce n'est de faire perdre le Nord et l'argent de ceux qui ont payé le rapport.
- Tout compris. Passons au sujet suivant.
"Il faut prolonger le nucléaire en Belgique.
-
Le ministre de l'Energie plaide pour le maintien en activité de trois réacteurs nucléaires et prône un prélèvement structurel sur Electrabel. Ne trouves-tu pas qu'en période de crise, ce ne serait pas une solution? Je sais, l'énergie nucléaire fait toujours peur, mais qu'est-ce que quelques années en plus pourrait changer? Les experts de Gemix chargés de dessiner l'horizon 2020 préconisent de retarder la fermeture des centrales de dix ans. Une manière de reculer pour mieux sauter.
- "Pour mieux sauter". Amusant. Et les éoliennes, le solaire, les marées, n'est-ce pas la solutions dans le durable? Il faut investir dans celui-ci.
- C'est une optique. Tu as raison par "investir", mais ne se rend-on pas compte que l'approche de l'énergie produite par le nucléaire pourrait se faire par une autre manière? La fission, c'est le plus facile. La radioactivité existe déjà sous cette forme dans le processus naturel spontané. Créer l'énergie comme le soleil le fait, c'est moins facile. La fusion produit, après un "starter" important d'énergie, une énergie bien plus impressionnante encore. Alors, par manque d'investissements, pour des raisons politiques et financières, l'énergie pour tous et presque gratuite, a été mis entre parenthèses depuis des dizaines d'années. Le budget militaire, bien plus important, a permis de construire la bombe H avec la fusion nucléaire. Nous étions en 1945. Les écologistes ruent devant cette décision d'allonger de 10 ans l'usage des centrales, mais n'est-ce pas perdre une partie des solutions?
- On patiente avec du charbon, des éoliennes, du soleil, de l'énergie humaine à bon marché. C'est sûr. Mais quand dans la balance, il y a le risque le risque et les déchets...
- C'est comme devant ton banquier qui te parle des risques des actions avec des plus values importantes contre la sécurité des bons de caisse. Connais-tu des actions en Bourse qui préconiserait l'utilisation de la fusion nucléaire? Pour s'électrifier, le nucléaire "fission" est sauvé par le manque d'investissements. Le renouvelable, c'est bien. L'éternité, c'est encore mieux, non? C'est fou, ce qu'on traîne à trouver les bonnes et définitives solutions.
- Où en est-on dans la fusion? Pas bien loin. On s'impatienterait?
- On pourrait, oui, ta planète en dépend et t'auras toujours besoin de plus d'énergie avec tes gadgets.
- Lol... Passons à une autre page.
"La récession en Irlande sur le point de sauver le traité de Lisbonne"
- Il y avait la démocratie, il y a aujourd'hui la récession. "Par devant par derrière, tristement comme toujours", on ne chante plus cela de ton temps?
- Que veux-tu dire?
- Lis ceci: "Si l'Irlandais n'avait pas fait partie de l'union monétaire, nous aurions eu un scénario à l'islandaise. Qui nous dit que si l'Irlandais rejette le traité, la BCE continuera à injecter des liquidités dans notre secteur bancaire". La peur du vide. Une crise dans la crise. C'est à coup de référendum que l'on use tous les principes et les idéologies. Suspense? Ton pronostic, c'est quoi?
- J'en ai rien a cirer. Je n'ai jamais rencontré un Irlandais.
- C'est peut-être le même problème et ta réponse semblable pour le sujet suivant.
"La Lettonie, en récession profonde, paie cash sa folie des grandeurs"
- On y lit: "Une chute de 18,5% de son PIB. Ils vont devoir apprendre à gagner leur argent au lieu de l'emprunter. Dégringolade des salaires de 35% et les retraites de 10%. Plus grave pour l'avenir, les universités ont des budgets rabotés de 45%. Les gens voulaient tout et tout de suite." Tu te rends compte des résultats? Tu n'es pas un peu comme ça, aussi?
- Mais nous, jeunes, n'avons rien. Pas d'avenir.
- Conseil d'ami, ne pense pas ainsi. Nous n'avons pas d'avenir. Toi, bien, mais ce sera un peu plus dur pour trouver la bonne porte d'entrée et méritera beaucoup de patience, j'en conviens. Le sujet suivant, ce n'est plus pour toi, quoique...
- 3,7 % d'octogénaires. Voilà un secteur en expansion. Les plus de 60 ans varie de 9 à 25 % selon les régions. Les "baby boomers" attendent le 4ème âge sans impatience. L'autonomie recherchée donne des opportunités dans les portefeuilles immobiliers. Car il y a encore des moyens de ce côté-là. Les rendements sont en hausses pour suivre la demande.
Mais si si cela ne t'intéresse pas, si tu veux, nous pourrions passer à la synthèse.
- Pas si vite. T'as pas vu la dernière page?
"Spéculations dans la mode".
- Voilà, le bling-bling qui réapparait. Les ventes mondiales du luxe ont chuté de 10% en 2009. Des rumeurs de rapprochements. C'est encore des fusions de sociétés?, dit le jeune.
- Ouais. Même, dans le prestige, on ne compte pas que des amis. Là, on ...
- C'est bien fait pour eux. Le luxe, nous, jeune, on n'en veut pas.
- Tu as peut-être raison, mais, là aussi, dans le beau, il y a du business. Le low-cost regarde où cela a mené? Du chômage, des produits qui ne tiennent pas la route dans le temps. Toi, qui aime le durable. D'ailleurs, même après cette chute, on lit "à moyen terme, les acteurs du luxe ne devraient pas tous profiter de la même façon de la reprise attendue de la croissance". L'horlogerie-joaillerie, ce sera plus dur vu les prix d'entrée plus élevés que ceux de la mode ou de la maroquinerie. Donc, là, aussi, il faudra se plier à la demande.
- Mais, quel est le lien entre tout cela? Toi, qui aime en chercher partout.
- N'oublie pas de lire l'éditorial d'un journal. Le travail de collecte a souvent été prémâché. On y lit "La logique et l'équité voudraient que tous les acteurs socio-économiques participent à l'effort selon leur capacité contributive. Et c'est que l'on touche à l'essence du débat", voilà une synthèse, non? Et ta conclusion serait?
- Plus loin. "Secteur public à la diète ou dans la profusion comme pour le secteur privé. La concurrence existent même entre les deux". C'est la m... partout, quoi. Ils cherchent encore des profils de plus en plus qualifiés ? Mais jusqu'où ira-t-on?
- C'est pas la joie. Faut pas rêver. Tous resteront à naviguer sur un bateau imaginaire en louvoyant entre deux eaux. Ce sera ceux qui auront le gouvernail en main. Sous la pression, ils se retrouveront sur des bateaux de plus en plus rapides mais avec le feu du moteur des actionnaires au cul. Les autres devront apprendre le maniement du tuba. Au milieu, on apprend la brasse-clown en passant par la grève du zèle comme seul moyen de réaction. En fait, tout le monde est pris par les c... mais avec la pièce supérieure plus ou moins longue. Alors, on ne réfléchit plus. On fonce. Tu avais raison, je me fais vieux. Avant, on avait les moyens de sa politique. Aujourd'hui, la politique, sans moyens, ne sait plus où donner de la tête. Alors, quelle voie aimerais-tu suivre? Par ton Internet, tu tchates, tu ne lis plus que les eMails des copains...
Tiens,
la Poste veut engager des facteurs de quartiers. Facteurs que tout le monde reconnait aussi comme du "low-cost". Le rendement n'est pas tout si l'on ne veut pas se limiter au superficiel.
- La Poste? Quelle importance? Tu me parles d'Internet et des mails, donc, on a la solution. Et puis, toujours l'argent...
- Mais tout ne passe pas par là. Tu devrais le savoir. Les colis, les lettres existeront toujours. C'est l'Europe qui veut privatiser à tout va. Elle dit qu'il faut toujours rester compétitif, mais par rapport à qui, à quoi? A eux-même, en cercle fermé? L'argent, comme disait Jacques Attali dans son "Le sens des choses", peut-être un instrument de la valeur, un moyen d'échange et un instrument de la conservation de la valeur".
- T'as pas vu, ils proposent d'accepter une croissance zéro pendant un temps?
- Cela impliquerait quoi? Le budget pour la croissance zéro, c'est quoi, d'après toi?
- Ben, c'est de ne plus lire les informations. Cela me donne mal à la tête et des nausées à l'estomac. Cela pousse à ne plus rien faire...
- Tu m'énerves. Dialoguer, avec toi, reste difficile. Du temps et de la longueur, je veux bien te les consacrer. Nous sommes en plein dans un conflit de l'eugénisme. Un nouveau conflit de générations. Tu deviens long, long à digérer. Tu n'aurais pas une boule de cristal pour lire notre présent en commun et pour entrevoir votre avenir? Çà, au moins, c'est un média qui nous manque déjà. Si je parle de tout, sans oublier d'ajouter son contraire, je ferais preuve d'un certain manque d'universalité dont nous avons tellement besoin dans un monde en expansion. Gardons l'ouverture d'esprit.

Je ne vais pas te gâcher ta journée en te disant que réduire son horizon, c'est, justement, un symptôme de la vieillesse et, sinon, d'un autre, plus grave, l'autisme.
L'Enfoiré,
Echo, écho, écho sur Agoravox?
Citations:
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« Quand on montre du doigt, c'est parce qu'on veut être certain d'être du bon côté du doigt », F. Lordon
-
« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. », Jean de La Fontaine
-
« La vie n'est ni longue ni courte ; elle a des longueurs. », Jules Renard
-
« Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets. », Alfred Sauvy
08:35 Publié dans Actualité, Belgique, Monde des affaires, Presse et media, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note






