18/11/2009

L'art du jeu

Nous sommes déjà entrés par la grande porte du jeu de la loterie. A côté d'elle, à l'échelle nationale, existent bien d'autres moyens qui permettent de passer le temps agréablement ou de manière vraiment plus stressante. Le jeu a une histoire. Profite-t-il à nous mêmes ou est-ce pour un profit bien plus commun, plus trouble aussi?

 

L'art du jeu.jpgNous avons fêté le jeu par la Loterie à la suite de son 75ème anniversaire. Superstition aidant, vendredi 13 dernier, 15.000 euros de mise, plus de 7000 transactions s'ajoutaient toutes les minutes. Plus de onze millions, cela laisse rêveur. Cela a aussi créé un blocage du système et le lotto a perdu la boule. A l'occasion de l'anniversaire, à Bruxelles, un exposition "L'art du jeu" présente une collection de 130 objets, de tableaux, de sculptures et de documents historique. "Elle illustre le thème central de la fascination séculaire de l'homme pour le jeu de hasard, de l'Antiquité à nos jours", dit la publicité de l'exposition. Alors, remontons dans l'histoire.

L'histoire du jeu remonte vraiment à l'apparition de l'homme. D'abord très simple, le jeu s'est très vite complexifié pour grimper le jeu au niveau du culte, de la passion, de l'abrutissement, quitte à en devenir stressant.L'art du jeu10.jpg

Dérivatifs des esprits troublés par une situation difficilement supportable psychologiquement, les jeux de société, les jouets ne sont que le reflet de la réussite ou de l'inconfort de nos sociétés. Beaucoup de petites histoires, de légendes tournent autour des jeux.

Les Égyptiens auraient inventé une forme primitive du jeu de l'oie, les Grecs, les dames, l'Orient, les échecs, les Américains, le Monopoly en 1935, ... Pas de limites sinon l'imagination. Depuis lors, ce dernier jeu serait le plus vendu dans le monde avec ses 200 millions d'exemplaires à la disposition d'un demi-milliard de joueurs. Ce premier jeu "à devenir millionnaire" a rendu son mythique inventeur, Charles Darrow, (ou successeurs de Elizabeth Magie, 30 ans plus tôt) millionnaire en dollars de l'époque. Le Scrabble, en trouvant à placer ses lettres dans 29 langues différentes et 121 pays, suit immédiatement. En 1948, Alfred Mosher, alors au chômage, avait exploité sa passion pour les mots et développé le Lexiko ancètre du Scrabble.

L'art du jeu20.jpgLes Échecs, le maitre des jeux de réflexion et de stratégie rend ses plus fanatiques, fou des points ELO. Ce jeu reste le meilleur microcosme de vie pour apprendre à reconnaitre les forces et les faiblesses d'un adversaire dans une joute.

Le fameux "wargame" (jeu de guerre) effraie par son concept de simulation des batailles et des guerres.20081022Crise Paradis.jpg

Mais, il y a les jeux moins casse-tête qui n'entraîne que le porte-monnaie. On peut miser dans ces jeux,  y parier sur n'importe quoi, désormais. Les paris en ligne sont de ceux-là. En Europe, dix milliards d'euros en 2006 y transitaient. Au grand dam des Etats concernés, ses producteurs utilisent encore par des endroits comme Malte pour contourner la législation et échapper aux 30% des bénéfices à verser dans les caisses de l'État.

Jouons ensemble_licencié.jpgLa modernité d'Internet, les solitudes d'Internet cachent, dès lors, les vices les plus cachés! Tout se retrouve dans le virtuel, dans l'anonymat.

Deuxième business d'Internet après le sexe, le jeu pourrait le dépasser ! En temps de crise, on peut encore plus justifier de vouloir gagner le gros coup, vite fait.

Nous en sommes de plus en plus loin de cette idée de délassement apportée par le jeu. L'attirance de l'argent a pris le relais.

Le Nouvel Obs titrait récemment "Internet. Le tripot va s'ouvrir". Fini le le monopole du Loto et du PMU. Des dizaines de nouveaux acteurs - souvent proche de l'Elysée - se lancent dans les paris sportifs et le poker en ligne...". Alors, si l'Etat s'en mêle...

Ce sont des jeux de société dans lesquels il devient difficile de trouver une société. Comment exprimer sa joie ou son amertume devant une machine inerte et sans âme? La machine va dans son plus grand effort envoyer un cordial "Bravo" pour féliciter son joueur, mais à part cela ? La présence d'un "adversaire" de jeu, par son côté visuel, vocal, émotionnel si nécessaire dans les instants de mise en parenthèse de la vie est devenu bien absent. Pendant que nous séchons devant un coup à faire ou ne pas faire, la pub en coin aura eu, aussi probablement, l'occasion d'attirer le regard  sur autre chose et rien que cela aura justifié l'installation d'un jeu dit "gratuit".

Le Vif L'Express parlait récemment de la métamorphose des jeux vidéo et d'une année 2009 historique dans le domaine. Au Festival de Gamescom à Cologne, le 22 août dernier, on s'y pressait de partout pour s'exercer au Nitendo DSi. La version Go de la Playstastion, était annoncée pour le 1er octobre. Elle sera portable sous forme de jeux uniquement accessibles après téléchargements, était-il dit. "Aion, ton univers impitoyable". Bizarrement, la distribution en ligne ne s'est pas encore frottée à la loi HADOPI. Les nouvelles générations arrivent et se bousculent. La Playstation 3 Slim ne sera qu'un intermède avant la version 4.

Les adeptes de la joystick, n'en déplaise à certains, s'abrutissent par leur fanatisme. Les raisons de cette intoxication? Un esprit qui se veut jeune, poussé par l'obligation d'être dans le coup? La violence qui en fait partie ne me donne pas la confiance que l'on devrait trouver dans tous les délassements. Un "Questions à la Une" du 9 mai 2007 (vidéo) se posait la question "Les jeux vidéo forment-ils des meurtriers?". Serait-on dans la représentation de la violence gratuite pour associer, plus tard, les dérives du virtuel vers le réel? GTA, Manhunt, Dead Rising, ultra réalistes, permettent d'incarner ni plus ni moins que des « serial killers ». Rendent-ils agressifs? Les psychologues n'ont pas une réponse commune. Mais, la dépendance poussent ces pratiquants à accumuler les heures nocturnes jusqu'à en perdre le sommeil et écarte toute envie de s'adonner à toutes autres activités. Dérivatifs stressants à souhait et sans beaucoup d'intérêt, sinon tenir éveillé et stressé. La tactique se résume à sa plus simple expression et la réflexion n'est vraiment plus de la partie. Douze à vingt heures accrochés devant l'écran du PC force à penser que lui, au moins, restera toujours le plus fort.

Le replis et l'agression sont du parcours quand une discussion s'engage avec un "moralisateur" du jeu. Les jeux vidéos sont devenus les plus vendus sur les marchés. Ce qui rend, déjà, ce "moralisateur" sujet à caution. Les fabricants de ces jeux en veulent plus et ne cherchent pas, nécessairement, à attirer toujours d'autres consommateurs tels que des amateurs de devinettes, énigmes qui demanderaient trop de remue-méninges. Alors, on ratisse de plus en plus large, mais on ne rase plus  vraiment plus gratis. Douze milliards de dollars en 2008 aux États-Unis. Ce n'est plus Tintin qui a un public de 7 à 77 ans (pub probablement déposée), mais on espère atteindre un public de 6 à 60 ans, plus rentable. On va donc d'une version d'Alice détective chez Majesto Games à un jeu à coup de questions-réponses pertinentes à des âges divers bien ajustés chez Electronic Arts (Smarty Pants). On parle même de ces jeux comme remplacement des moteurs de recherches. C'est déjà un mieux par rapport aux jeux violents. Mais...

Peut importe les média utilisés pour y arriver. On peut, désormais, tout faire. A distance, par portable, pourquoi pas?

Nintendo est limité même si celui-ci fait un malheur dans les ventes. Les démons du jeu, qui se retrouvent parmi adultes et enfants, ont été envoutés par "World of Warcraft" (WOW) qui se joue dans le monde virtuel d'Internet où les abonnés vont pouvoir s'adonner 24h sur 24h. L'année passée, son éditeur, filiale de Vivendi, allait encaisser 400 millions d'euros (CD=45euros + 13euros par mois pour l'abonnement) parmi les cinq millions d'adeptes, anonçait-on. Vivre une vie en parallèle dans des personnages de fiction du passé avec des noms moyenâgeux, des avatars dans le monde d'Azeroth. Pièce de théâtre de drogués de jeux, dans laquelle, il n'est pas permis de laisser la vraie vie suivre son cours bien qu'on encourage, paraît-il, les joueurs à faire des pauses. Bien qu'interdit, un trafic d'objets virtuels existe bien et de l'argent bien réel entre en jeu. Un monde lucratif virtuel, parfois plus cruel, plus capitaliste que le réel, donc.

Une forme de jeu nouvelle vague (apparue en 2003) entre dans les dédales d'une "Second life". Univers de soleil et de couleurs mais qui se vit de nuit. L'"ancienne vie" est mise de côté pour faire place, cette fois, à un monde où tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Écologique, le voyage n'existe plus: on se téléporte. Tous les phantasmes y sont permis déguisé par un avatar. Jeu de rôle théâtral, du style Mangas japonais, qui transgresse le réel sans avoir étudié les règles du théâtre. Encore marginal en Belgique (6500 adeptes), SL, sera-ce le nouvel opium jeune où il faudra être présent pour exister ?

S'il s'agissait d'étudier de recréer l'histoire par le jeu, il n'y aurait pas de risque en la demeure. Mais, le goût ou l'esprit guerrier serait moins appréciable et pourrait trouver une finalité dans d'autres environnements beaucoup moins pacifiques.

Pour les grands consommateurs du réels, il y a les machines à sous. Deux casinos, déjà, au centre de Bruxelles. Serge Minet, thérapeute clinicien, responsable de la clinique du jeu pathologique au CHU Brugman (auteur de «Le plaisir du jeu : entre passion et souffrance : La joueuse») crévelait le caractère de danger dont on ne peut encore estimer les effets. La fraicheur de l'événement d'être la seule ville à avoir ce dérivatif dans son sein empêche les statistiques fiables. On dénombre 100.000 Belges "passionnés" par le jeu. 15% d'entre eux sont clairement "à risque". Il parait que les Belges sont de plus en plus accros aux jeux. Les jeux à effets immédiats par le gain ou la perte (Presto) sont évidemment plus dangereux. Mais, tout jeu comprenant une récompense en argent peut être considéré comme des "toxiques" à risques comme les drogues douces ou fortes par la dépendance qu'il entraine. Jouer, cela n'est rien. C'est rejouer qui est le problème majeur. Le joueur "mordu" va jurer qu'on ne l'y prendra plus à son entourage, mais, en le disant, il se lance dans le parjure. L'excitation face aux machines à sous est trop forte. Les thérapies habituelles sensibilisent et forcent à parler de leur vice en voulant être solidaire. Un profile pathologique a été dressé en 2005 par la Commission des jeux de hasard. Le rapport qui en a été fait ne manque de soulever le problème des troubles psychologiques et compulsifs perçu par l'anxiété et la dépression des accros. Le sur-endettement et la contagion chez les proches dans le vice ne trouvent de solution que par l'abstinence complète et l'interdiction d'accès aux tables de jeux comme il serait fait pour une drogue forte.

Plus il y a de l'argent à la source et plus, il y aura de candidats à l'accomplissement du vice. Ce qu'on appelle les drogués du jeu se retrouvent dans toutes les classes sociales. Le casino est leur refuge de prédilection. Darry Cowl avait demandé aux casinos qu'il fréquentait de lui en interdire l'accès. Ce réveil n'a pas été automatique et a nécessité de l'aide de son entourage et une thérapie de psychanalystes si cela ne suffisait pas. Les machines à sous génèrent une addiction telle que 300.000 personnes sont "accros" en France d'après de statistiques récentes mais certainement incomplètes. Certains joueurs repentis ont entrepris des actions en justice contre ces casinos pour leur manque de prévention et de précautions prises vis-à-vis de leurs "victimes volontaires". Arrivé au stade où le joueur ne peut s'arrêter. Il est, alors, difficile de s'apercevoir qu'il perd jusqu'à son instinct de conservation. Dans cette spirale, le domaine du jeu est passé dans celui de la roulette russe. Les innocentes cartes de jeu et les dés arrivent vite à passer la ligne verte. Ils se faufilent dans les poches avec trop de facilité même s'ils affichent une popularité qui ne s'émousse jamais. Grâce au hasard, au bluff et à la stratégie que le jeu de cartes demande, le poker est un phénomène de société qui traverse le temps. Poussé par le showbiz, 80 millions de joueurs réguliers est en augmentation. Prochainement, une nouvelle loi belge va mettre le holà à des parties clandestines qui se terminent parfois très mal.

On pourrait croire que les attrait des relations humaines ne font plus recette. Heureusement, il y a les jeux traditionnels à l'ombre, à la maison ou ailleurs. Jeux sans gagnants ni perdants et qui font participer les joueurs en coopération par le besoin de relations humaines qu'ils procurent. Les jeux de rôle ont pour objectif de défendre ensemble une position dans "Les Chevaliers de la table ronde" ou "Donjons et dragons", par exemple. Plus besoins nécessairement de récolter des points ou de faire plier un adversaire. Il s'agit, plutôt, de faire partie d'un univers imaginaire.

Après les effets pervers, du côté des bons points, car il y en a, évidemment, ce sera un meilleur apprentissage de la complexité par le jeu, parfois un microcosme de la vie réelle. Constater la facilité des tout jeunes faces aux ordinateurs. Pour eux, le jeu a été l'initiation naturelle qui fait la différence par rapport aux séniors. Jeux d'acteurs, aussi, dont le joueur ne serait que l'un des personnages du scénario.

Les jeux éducatifs existent, mais, il est avoué, qu'ils n'attirent pas les foules. Peut-être un manque de bon scénario?

Exorciser nos pulsions primaires, les transgresser, pour fonction du jeu vidéo? Peut-être. Tout dépend du joueur, lui-même. S'il est seul, en permancence, face à un écran, cela ne devient pas nécessairement du jeu. Un paliatif, du temps perdu sans dépense physique du corps, très certainement.

20071121R Jeu de l oie.jpgLe jeu dévoile toujours son caractère. Ne réussit pas qui veut quand il s'agit de lancer un coup de bluff au poker ou lors de la recherche d'un emploi.

Quant à moi, je parle de jeu et pourtant, je suis loin d'être ce qu'on peut appeller un "joueur".  Je suis probablement complètement dépassé par l'actualité.

Sur mon PC, ce sera très difficile de trouver beaucoup de programmes qui font partie de cette catégorie. S'ils sont là, c'est qu'ils y étaient au départ. Je n'ai jamais voulu frapper mon supérieur dans le réel, alors dans le virtuel, je n'y aurait pas même pensé...

La tombola n'est pas mon truc. Les lotos qui fleurissent de temps en temps, n'ont vraiment pas eu l'art d'attirer mon attention. J'ai, même, du mal à définir les règles du jeu qui alimentent toutes les cases de ces petits billets qui permettront en principe à l'un des joueurs de sortir gagnant de sa condition à bon compte, si l'on en croit les annonces de la publicité.Devenez Scandaleusement Riche.jpg

Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de passer deux jours à Las Vegas. Selon les statistiques, que l'on m'a données, seulement 2% des visiteurs ne touchent à aucune machine à sous pendant leur séjour. Je me retrouvais, sans le savoir, dans cette minorité.

Donc, désolé, c'était mal parti que d'en parler, je l'avoue. Vous aurez, probablement, d'autres expériences plus passionantes à raconter.

Le jeu ne sert pas qu'à jouer, à se faire plaisir, à faire passer le temps agréablement. Ne pas le savoir, c'est répondre, sans réfléchir, aux désirs de quelques uns de plus intéressés aux grands jeux. Ne pas se le rappeler, jouer, deviendrait  dans ce cas, à une perte de sa liberté.

Le jeu en vaut-il la chandelle? Si la mèche n'est pas trop chaude, oui.

Alors, sera-ce, les jeux sont faits: perd, impairs et ... trépasse ou voulez-vous jouer avec moi, ce soir?

 

L'enfoiré,

Des gagnants ou des perdants sur Agoravox?



Citations :

  • "On ne réalise vraiment que l'on a perdu à la roulette qu'une fois sorti de la salle de jeu, pas à l'intérieur.", José Artur

  • "La partie la plus cérébrale du jeu - de beaucoup la plus importante - demeure invisible ; c'est donc que le muscle y sert d'écran à l'intelligence", Pierre de Coubertin

  • "Le jeu permet de tout oublier, y compris qu'on n'a pas les moyens de jouer", Philippe Bouvard

 

10/11/2009

Chienne de guerre

"Si tu veux la paix, prépare la guerre", pour expliquer l'armée. Mais, après la guerre, que reste-t-il. La paix? Les souvenirs? Un musée de la guerre? Ca, c'est presque sûr. Des expositions qui se suivent et se ressemblent pour faire comprendre du genre de connerie, la guerre. La dernière exposition "Chienne de guerre" rappelait que les animaux sont utilisés en temps de guerre.

Chienne de guerre_01.jpgLes budgets de la Défense ont toujours été hors normes dans toute l'histoire des nations. Comme signataires de l'Europe, nous avons plus de 60 ans de paix derrière nous. On oublie vite les acquis apporté par cette signature. Depuis, lors, les générations se sont suivies. La guerre a été dite "froide", économique. La mémoire de la guerre est pourtant rafraichie par la représentation quotidienne derrière la petite lucarne. Le documentaire télévisé, avec des images d'archives, colorisées pour réactualiser avec nos habitudes, "L'apocalypse" a fait revivre la 2ème guerre mondiale.

La mémoire, c'est, aussi, les expositions spécialisées, les anniversaires  et les jours de fêtes nationales permettent de ressortir toute ses armes lors de défilés prestigieux. Rien que le mois de juillet compte 20 fêtes nationales dont les plus connues chronologiquement, le Canada, les États-Unis, la France et notre petite Belgique. Les défilés militaires pendant les fêtes nationales sont là pour impressionner. Ils sont les vitrines de notre style de vie et de défense.

Le Cinquantenaire a, dans son sein, une annexe suffisamment importante pour abriter le musée de l'armée. Il pris forme à la fin du XIXème siècle. Léopold II voulait rivaliser avec Paris. Une arcade monumentale s'éleva, dès lors, au milieu d'un parc.En 1923, sous le nom de "Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire", le musée fut créé. Armes, uniformes, médailles, chars, tableaux et statues d'époque vont y trouver place pour rappeler des moments de gloires. L'évolution technique commence avec les brillantes armures du Moyen Age, véritables œuvres d'art pour arriver aux solutions plus modernes au travers des 2 guerres mondiales, après les Pays-Bas autrichiens et l'époque napoléonienne. Visite qui se prolonge par l'aviation militaire et civile dans un hall à la mesure de ces machines volantes.

Chienne de guerre 1.jpgActuellement, une exposition "Chienne de guerre" présente la guerre de 1914-18 avec le rôle joué par les animaux pour soutenir les efforts guerriers des humains. Parfois, pour le meilleur; souvent, pour le pire.

Ce sont, donc, les animaux qui sont à l'honneur comme accompagnateurs de l'homme dans beaucoup de fonctions. Il aurait mieux valu pour eux qu'ils ne nous obéissent pas trop et ne nous fassent pas confiance au vu du tribu qu'ils ont laissé à notre gloire.

Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate en 1914, l'animal est une force de travail dans sa relation avec l'homme. Le conflit va lui faire prendre un rôle bien plus important. Les chevaux d'abord, les chiens et les pigeons, ensuite. L'uniforme du soldat, lui-même, est équipé de matière d'origine animale: cuir pour les chaussures et ceinturons, drap de laine pour l'uniforme, plumes et crin de cheval pour le couvre-chef. Le coton remplacera le cuir et la laine en temps de pénurie comme substitut. Prendre soin de son chien et de son cheval devient crucial pour exécuter les opérations de guerre. Chiens mitrailleurs, jouissant d'une ouïe fine et d'un flair, ils sont devenus un auxiliaire de premier ordre comme sentinelle et comme garde. Les pigeons, pour les transmissions. Entre temps, un cinquième de la population civile va se retrouver sur les routes pour fuir la Belgique à bord de charrettes tirées par des chevaux, par le bétail et les chiens et se retrouver sous le feu nourri des avions ennemis. La pénurie de nourriture oblige à devenir écologique avant l'heure. On reconnait et on se protège contre les petits ennemis acariens et autres. Les réquisitions massives des chevaux se multiplient. Dans les milieux colombophiles, l'autorité occupante oblige à déclarer les pigeons, à les enfermer et interdit de les vendre. Les chiens de plus de 40 cms au garrot sont réquisitionnés.

Des souvenirs, donc, à ne plus savoir comment les oublier. On aime se souvenir mais les générations successives usent le souvenir.

Premières constatations générales pour le visiteur d'une telle exposition: beaucoup de visiteurs et ce n'est pas la gratuité seule qui attire. On y vient en famille. Papa, maman et les gosses. C'est le papa qui montre, avec de nombreux gestes aux gosses, le maniement des armes, qui pointe du doigt, avec un certain enthousiasme, les décorations et autres ex-voto. Récompenses des guerres. Quand on pense à ce qu'est une guerre, ce qu'elle rappelle dans la réalité, je reste perplexe par cet enthousiasme. Je me demande incrédule, quel est le but de la manœuvre?

Faire peur? Si c'est le cas, c'est raté. Toutes ouïes, le gamin, cela n'a pas l'air de le faire trembler. Le gamin pense, au contraire, à faire son marché, au nouveau révolver qu'il va pouvoir demander à Saint Nicolas. Est-ce une vue plus pratique  du papa qui se rappelle les difficultés pour trouver de l'emploi, aujourd'hui? Pense-t-il faire un militaire, de son gamin, plus tard? Oui, c'est vrai, il y a quelques bonnes places à prendre dans un futur assez problématique. La propagande militaire "Engagez-vous" pousserait à le croire. Si les quelques galons et décorations, c'est, peut-être, plus gênant à porter sur la poitrine, cela fait briller l'ensemble. Il fut, un jour, où j'avais même rapproché, dans un article, l'esprit du scoutisme avec l'esprit militaire à la vue de la présence mixée et partagée dans une idéologie commune et que l'on pourrait retrouver à l'occasion des jamboree.

Il y avait aussi des militaires d'un âge certain parmi les visiteurs. Eux, ce n'était pas, visiblement, avec une nostalgie contenue, que leur visite se déroulait. Pas d'exubérance, une exploration qui faisait défiler des images contenues au fin fond de leur mémoire.

Plus tard, lors de la visite, je me trouve devant un avion. Un groupe de Japonais s'approche. L'un d'entre eux s'écarte du groupe pour venir se placer devant un avion de la dernière guerre. Associant un grand salut militaire à un sourire plein de dents, il s'attend à ce que ses copains le prennent en photo avec patience et fixité. Clic clac, dans la boîte à souvenirs. Je ne peux m'empêcher de lui faire remarquer en un anglais parfaitement compréhensible "the war is not as simple as a smile and a military salute with the hand" (la guerre n'est pas aussi simple qu'un sourire et qu'un salut militaire). Il continue son sourire et rejoint ses amis sans rien ajouter. Je n'ai pas chercher plus tard à savoir s'il avait compris et s'il était d'accord avec ma réflexion trop philosophique pour un lieu de tant de prestiges.

N'est-ce pas normal de vouloir par idéal défendre l'endroit où l'on est né, "sa" patrie? N'est-il pas normal de montrer à l'autre que notre culture est plus avancée, plus technologique? Vision souvent faussée car qui prendrait l'habitude d'aller en délégation voir cet autre avant de le déclarer comme ennemi? La bonne vie a pris heureusement plus de valeurs. Le temps a effacé les envies belliqueuses. Plus question dans nos pays occidentaux de se lancer dans une aventure sans lendemain.

"Mourir pour des idées, d'accord, mais de mort lente" chantait, déjà, Georges Brassens.

C'est presque un lieu commun que de le dire. L'armement a toujours été la préoccupation première des hommes pour défendre leur intégrité, leurs idéologies, leurs frontières. Après, on construit, dès lors, des murs. On vient de fêter le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Celui d'Israël, celui de la Ligne verte, à Nicosie, tomberont, aussi, un jour. La question reste, à quel prix? Mais tous les murs ne peuvent disparaître sans la compréhension que vivre ensemble est la meilleure manière de vivre. Cela imposera une éthique toute particulière dans un monde qui grandit et qui aura de plus en plus de différences de conceptions. Ethique qui ne permettra plus des distortions trop importantes.

Aujourd'hui, les murs passent, parfois, par plus de virtualité mais restent présents en esprit. A Berlin, ce n'est pas de la nostalgie, on parle d'ostalgie. Passer du zoo à la jungle n'est pas une sinécure.20091109Ein Berliner.jpg

Un homme politique disait avant la chute, "j'aime tellement l'Allemagne, que j'en veux deux".

Dans des phases défensives alternées avec des phases offensives et de plus en plus techniques, la peur de l'autre subsiste même si, cette fois, elle devient indéfinissable et moins marquée par deux blocs idéologiques. Moins agressive, mais tout aussi efficace dans leur volonté de détruire les opposants de sa propre idéologie ou pour répondre à une agression. Autre histoire de l'œuf et de la poule probablement. Le fautif est toujours l'agresseur de l'autre camp.

« L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat. », disait le grand guerrier Sun Tzu.

Le patriotisme est-ce la clé du succès et de la vie sereine? Symbole des symboles, le drapeau national et ses couleurs spécifiques. Prestige de combattre pour lui avec des médailles en récompense des loyaux services à la patrie.

20091110Mur de Berlin.jpgEt si les frontières disparaissaient? Arte s'était posé la question dans le Théma du 22 janvier 2008. A l'échelle mondiale, l'ONU tente d'abolir les frontières entrainant la possibilité de s'établir où l'on veut. Fausse sortie, souvent. Il faut en avoir les moyens de cette politique. L'Europe, tente la même opération de rapprochement à l'échelle du continent. Schengen avait élargi le cercle des "amis". Mais, les souverainetés sont toujours présentes pour freiner le mouvement de communion des peuples. L'influence, l'impact de ces décisions de recherche d'identité est énorme. Si les marchandises transitent sans plus beaucoup de documents, l'immigration des hommes n'apparait toujours pas ringarde pour l'accepter de bonne grâce dans un visage que l'on donne de l'humanité. L'extrême droite en fait son leitmotive.

Le 26 novembre, la RTBF se posait vraiment la Question à la Une, du "quoi faire" avec une armée? Cela remettait quelques idées préconçues à leur juste niveau.

Humanitaire ou militaire? C'est un peu le choix aujourd'hui en dehors des points réellement chauds de la planète comme l'Irak et l'Afghanistan.

Les objectifs de l'armée, maintenir la paix. L'ennemi a changé de visage. Plus de confrontation entre deux blocs Est et Ouest. Le communisme s'est mis en veilleuse avec la chute du Mur de Berlin. Le service militaire des jeunes a été supprimé dans beaucoup de pays. Les troupes stationnées en Allemagne en sont sorties. Il s'agit de soutenir l'ONU. Depuis le 11 septembre 2001, l'ennemi se cache derrière le terrorisme qui n'a, lui, plus de frontières. La sophistication ne se retrouve plus nécessairement dans le matériel ad hoc. On cherche à vendre le matériel obsolète. 1500 véhicules de l'armée sont ainsi vendu par an en Belgique, ce qui représente quelques 300 millions d'euros depuis quelques années. Il faut que les nouvelles armes remplacent les anciennes. L'OTAN, trop américain, ne fait pas confiance.

Nous sommes, désormais, à l'ère de la guerre des étoiles et des informations: guerre de tranchée derrière celle des claviers. Ce qui change la donne. Les civiles sont, aussi, devenus plus exposés que les militaires.

La présence militaire en Afghanistan fait débats. Obama se cherche encore dans une question de "stop ou encore". En Belgique, 30 millions d'euros par an et 5 millions pour raison humanitaire. Se spécialiser dans les objectifs devient obligatoire en période de crise.

Les missions à l'étranger sont devenues les raisons principales de l'armée. Au Kosovo, la KFOR après 10 ans sur place, continue à établir des contacts avec la population locale en tenant écartés serbes et Albanais. Le rôle de sociologue apparaît là-bas. A Kandahar ou à Kaboul, c'est plutôt rester sur le qui-vive en attendant que cela passe. Échec en Irak, échec en Afghanistan de la pacification sous la forme uniquement militaire.

Pour recruter de nouveaux jeunes militaires de métier, il faut présenter l'aspect sécuritaire du rôle de l'armée. La sécurité d'emploi en poussant la motivation du côté social. Pourtant, on n'aime pas trop garder les anciens, trop âgés, de plus de 40 ou 50 ans. Retrouver une place dans le civil reste une possibilité, mais c'est un autre monde avec une guerre commerciale comme seule similitude. Tout dépend de l'occupation sous les drapeaux. Pilotes, informaticiens, on aimera peut-être, mais tireur d'élite? Ce n'est pas gagné.20080402Poisson Flahaut.jpg

La sophistication des outils technologique dépasse les anciens outils. Tanks et jeeps, même si ils ont évolué ne trouvent plus vraiment preneur dans la préparation du guerre moderne. Le Président Sarkosy a d'ailleurs réassigné les budgets militaires pour les orienter vers l'espionnage par satellite et la tendance "guerre des étoiles". Les dernières poussées de nationalisme, d'identité nationale ont aussi des relents de trop de déboires à leur actif et ne génèrent pas uniquement les bravos.

Les Balkans ont été le cadre de quelques hésitations de la pacification de l'Europe. La violence dans la fédération de Yougoslavie, assez factice, il est vrai, a été dépecée. La Russie, elle-même, se retrouve seule dans l'ancienne URSS.

En 2007, l'Estonie avait subit une attaque en règle qui avait bloqué tous les réseaux informatiques. La guerre technologique avait commencé. La Russie avait été désignée comme coupable potentiel. Les ordinateurs zombies ont générés paniques et pagailles. Nouvelle stratégie: les Armes d'Informatisations Massives ou de Armes de Désorganisation Massive La bande passante bloquée, les informations et les états ont été obligés de déclarer forfait. Couper les lignes et relancer. Bugs et virus sont les armes de demain pour déstabiliser et il ne faut pas nécessairement une armée pour y arriver. Le piratage et la guerre télécommandée. Des kits de pirate existent dans le commerce. La Société Kaspersky découvre 500 nouveaux virus par jour et évalue à 10.000 internautes capables d'être des cyber-criminels. Le commerce de l'antivirus est évalué à un budget de 100 milliards de dollars. Certains hackers sont contactés et engagés dans les rangs de l'armée de l'ombre. Un pacte de non-agression ne semble se créer que dans la logique. Hacker, une profession à part entière pour demain?

Daniel Cohen sortait récemment un livre qui raconte par le menu cette histoire au travers des siècles avec le titre "La prospérité du vice". Une introduction (inquiète) à l'économie? Pas seulement. L'équilibre des puissances par l'intermédiaire des guerres, parfois religieuses, poussées par le pouvoir et les richesses. "L'Europe pour lui devra apprendre à conjuguer l'idée de l'Empire universel, présente à travers la foi chrétienne, notamment, et le génie singulier de chaque nation", écrit-il.

"Enrôlez-vous", qu'ils disaient. Il est vrai qu'aujourd'hui, vous serez peut-être plus à l'abri à l'intérieur de l'armée qu'à l'extérieur comme civil. Quant à la sécurité d'emploi, elle n'est plus une raison d'assurance dans la longueur, car le carriérisme n'est pas plus prisé qu'ailleurs.

20091027Conflit d'interet.jpgL'Europe, quoi qu'on en dise, a contribué à la paix que nous connaissons. Ceux qui n'en font pas partie rêvent d'y entrer, ceux qui n'y sont pas, rêvent d'en sortir. Paradoxe de notre temps qui cherche son origine dans des raisons économiques et sociales trop peu agencées avec succès. Une vue raccourcie par des pensées d'être à la botte des USA, quelque part, aussi. Et pourtant... La paix reste toujours fragile et dépendante de beaucoup de paramètres de confiance et de compréhension mutuelle. Elle restera toujours dans les mains des populations concernées d'évaluer les risques de ne pas trouver les concessions nécessaires. La Turquie, à cheval sur deux continents, on peut comprendre la difficulté à faire partie du "club" des européens. La Russie, elle, fait partie physiquement du territoire de l'Europe.

Cynisme complet, on avait même entendu "Mieux vaut profiter de la guerre. La paix sera pire". Les armements nouveaux, même avec le prix de la technologie qui diminue, resteront très gloutons en énergie et en monnaie. (USA 500 milliards de dollars, un quart du budget fédéral. L'Europe, le cinquième). Surveiller les amis de nos ennemis dans une hypersurveillance?

20090917Baroso réelu.jpgCanaliser, les instincts, les idées et les idéologies deviendra de plus en plus difficile à l'ère d'Internet.

Ce sera s'armer toujours d'avantage ou s'allier comme seule autre solution. Supprimer les casernes et les militaires, ce n'est pas le premier point dans la "check list" d'installation de la paix durable.

Alors, l'armée au musée ou pour construire la paix? A nous de choisir.

Et si on demandait leur avis à nos animaux de compagnie? Pas sûr de la réponse.20091116Service militaire volontaire.jpg

Entre temps, je cède la parole à la chanson "Des hommes pareils" de Cabrel.

Pour les images de tout cela, c'est ici.


L'Enfoiré,


"A quoi sert l'armée" se posait la question un rédacteur français.

Sur Agoravox, pas de guerre mais des opinions?

Mise à jour du 13/11/2009 : Voici que l'actualité bouscule l'article ou le complète de manière inattendue:Le service militaire réapparait mais il est volontaire. Les inscriptions commencent.


Citations:


  • « Les guerres ont toutes sortes de prétextes, mais n'ont jamais qu'une cause : l'armée. Otez l'armée, vous ôtez la guerre. », Victor Hugo

  • « Les plus grands musées du monde ne contiennent que des butins. », Frédéric Dard

  • «  Autrefois on cherchait des armées pour les mener combattre dans un pays. A présent on cherche des pays pour y mener combattre des armées. », Montesquieu

  • « Il y a des hommes politiques éclairés en France et en Allemagne qui ont dit que des pays qui ont la même monnaie ne s'enfermeront plus jamais dans des querelles. », Angela Merkel


02/11/2009

L'après "Point mort"

L'année passé, à la même époque, je parlais de la mort sous l'angle de la science. Cette fois, j'aborderai le sujet par le côté économique, mercantile. J'ai oublié de vous dire le principal, c'est la fête de la Toussaint, celles des morts, aussi. Et les morts, on les aime avec humour et respect.


L'après point mort4.jpgL'année passée, c'était "Point mort". Je parlais de la mort avec des accents scientifiques. Beaucoup de points finaux mais qui ont tous un avant et un après. La mort, un sujet difficilement classable dans la catégorie "parodie".

Encore une fois, Halloween est passé dans la confidentialité de ce côté de l'Atlantique. Les sorcières ont remisé leurs ballets et  leurs masques de terreur jusqu'à l'année prochaine. Elles ne feront plus peur. Fête très rentable pour les commerçants était-il rappelé pour l'occasion.L'après point mort.jpg

La Toussaint, elle, fête catholique, tombe un dimanche. Jour de repos, de récupération, donc, pour ceux qui travaillent. Les cimetières vont  faire le plein de visiteurs pour honorer leurs morts malgré une météo très peu encourageante. 

Il suffit de se promener dans les cimetières à l'occasion de ces moments de recueillements pendant lesquels on fait revivre ceux qui ne sont plus. Pour beaucoup, ce sera la visite annuelle des parents et amis, passés de l'autre côté du miroir. Certains se promènent avec un plan en main. D'autres se questionnent pour retrouver la tombe.

- Non, c'est pas ici. C'est la rangée suivante...

- Tu es sûr? Cela a beaucoup changé depuis notre dernière visite de l'année passée.

L'après point mort5.jpgLa mémoire, c'est vraiment d'une infidèlité notoire. Faire oeuvre de mémoire, un sacerdoce.

Mourir, c'est même tout un programme. Programmé pour une date indéterminée.

La chanson de Brel, je la prendra sous sa forme raccourcie "Mourir cela n'est rien. Mourir la belle affaire".

Car, dans le programme, il y a les "avants" et les "après" qui ne manquent pas de piquants. La mort fait vraiment vivre beaucoup de monde. Moments de recueillements dans un monde de brutes.

Rebobinons les événements qui entourent ces moments de tristesse ou la préparation pour le grand voyage.

Dans l'ordre, on pourrait commencer par la préparation. Une vie pour résoudre le problème de mettre de l'argent de côté, tout en  en gardant  devant soi. Les banques sont là pour vous y aider.

Il existe aussi une série de sociétés, de professions qui s'intéressent à votre fin.Oublions les frais qui se joignent aux alea de la vie. Les frais de santé, dans la case "Frais de maintenance".

Les Assurances Funérailles vous rappellent qu'il faut penser à ce point de non retour pour l'organiser au mieux de vos intérêts et ceux de vos ... héritiers. A la radio, les publicités pour ces sociétés sont plus fréquentes que d'habitude.

L'après point mort6.jpgPour ce faire, des contrats avec la mort sont présentés sous plusieurs formules. On vous dit  avec la publicité "Prévoir son départ, c'est vivre en pensant à l'avenir". Mais, pas folle la guêpe, le prix à payer est dépendant de votre âge, de votre sexe. Vous ne devez pas passer à un examen médical, ni  apporter un certificat de santé préalables. Vous pouvez choisir la périodicité. Un prix spécial, (on n'y a pas encore pensé), si  les mensualités, vous les payez suite à un ordre permanent. On vous dit que l'héritier, nommé par vous, disposera d'un capital pour éviter le blocage de vos comptes pendant la période variable avant la succession. Quinze ans de participations aux frais pre mortem seront suffisants pour "assurer" parait-il. Les suivants le seront,  assurés. Rassurés, même. Pour vous-même, s'il le faut pour n'être pas envoyé à la casse, d'autres assurances existent aussi.

Il est vrai, on assure tout de nos jours, alors pourquoi pas la mort et l'après?

La rente viagère pour assurer une fin honorable? Tout le monde se souvient du film "Le viager" qui occasionnait une franche rigolade. Signe des temps, les banques veulent , elles aussi, jouer ce rôle pour ceux qui n'ont pas de successeurs avoués quitte à ajouter quelques centimes additionnels calculés par les actuaires.

Je viens de faire un test proposé par ce site qui se targue d'établir votre ligne de vie et votre longévité. Le résultat est troublant. Je devrais vivre jusqu'à 99 ans. Je ne suis pas sûr que cela va rassurer mes héritiers.

Les anciens Egyptiens prévoyaient la vie éternelle. Nous n'irons pas jusque là. L'éternité qui en parle aujourd'hui dans notre époque du cours terme?

Continuons notre chemin de la vie à la mort.

L'après point mort7.jpgUn jour, la fin est consommée. On est arrivé. On a raccroché. Les suivants que l'on appelle "successeurs", devront faire appel aux "spécialistes", les pompes funèbres.  Qui oseraient encore les appeler "croque mort"? Ils ont de véritables talents d'organisateurs. Ce sont de fins psychologues à l'écoute des interlocuteurs d'un jour. Là, tout va bien. Ils arrangent tout.  C'est du sur mesure. La liste des choses à faire, les certificats à fournir, les actes de naissances, le choix de la "caisse", pardon du cercueil, le choix du mode de transfert dans l'au delà.  Fleurs ou couronnes? C'est vrai que personne n'est prêt devant la mort et les traumatismes qu'elle engendre. Tout, je vous dis. Pas de soucis et avec le sourire réparateur de circonstance. C'est fou, comme l'on commence à exister  quand on n'y est plus. C'est à croire que les tickets de cinéma ne sont pas fournis pour  vous arrêter de pleurer et vous faire penser à autre chose. Serait-ce pour suivre la chanson "Et mourir de plaisir"? Passionnant métier celui de pompes funèbres, disait l'un d'entre eux, lors d'un interview. On voudrait bien le croire avec un sujet aussi délicat. Condoléances, mes frères.

Ah oui, j'oubliais, il y a l'église aussi, par laquelle il faudra transiter ou non. Monsieur le curé se fera une joie de vous rappeler les étapes de la vie en général, avec des psaumes et épitres écrits, pour la circonstance, depuis des milliers d'années. Cela n'a, peut-être, rien à voir avec votre cas précis, mais qui s'en plaindrait.

Première intrusion des fleuristes dans le parcours. Car qui imaginerait un enterrement sans fleurs. Cela ne se fait pas chez les gens biens et les gens de biens.

Ensuite, très vite, il faut écrire les faire parts, les formules de politesse. Appeler les notaires qui doivent entrer dans le jeu. Il y a de quoi organiser. Les successions et les testaments, ce ne sont pas de minces affaires à prendre à la légère. Il ne faudra pas oublier les petites enveloppes comme le faisaient quelques banques. Il faut dire qu'il y a du travail de recherche. L'Etat aura sa part du gâteau avec les bougies en sus si les dons du vivant du défunt n'auront pas été préenregistrés. Les fameux trois pourcents en ligne directe se gonflent très vite quand les montants ont été épargnés trop longtemps. Mais, quand on aime, on ne compte pas. On prie. Plus tard, ce sera le choix de la pierre tombale.

L'après point mort8.jpgA la Toussaint, le fleuriste ne craint pas d'être oublié à cette occasion. Son chiffre d'affaire en dépend.

Puis, il y a ces jours de congés que l'on s'est réservés, que l'on ne peut pas perdre et qu'il serait intéressant d'accommoder avec un petit voyage d'une semaine au soleil. L'Egypte attire le maximum de candidats belges au voyage pour cette semaine de congé des écoles  et des parents.  L'Egypte? Est-ce une volonté de revoir ceux qui espéraient de vivre l'éternité? Si vous changez de direction et allez jusqu'à La Havanne, par contre, le cimetière de la ville sera probablement la première visite organisée qui vous sera offerte. Il faut dire que l'époque d'avant Castro a vu porter quelques grands  mafiosi jusqu'au repos éternel. Tout y est bon pour faire revivre ce passé complètement révolu, que l'on exècre, mais qui s'accorde au futur sous de meilleurs auspices. On aime le passé et le souvenir, même quand il est malheureux et qui ne fait plus partie de nos "tendres" jours d'existence. Les cérémonies ont commencé pour la chute du Mur de Berlin. Un anniversaire, comme celui-là, cela fait des souvenirs à ne plus savoir qu'en faire.

Dans mon cimetière, plus discret, on pouvait lire ces paroles pleines de sagesse: "Habitants de ces demeures, bientôt nous vous rejoindrons. Vous êtes les pionniers. Bientôt nous vous suivrons". Il faut dire que mourir, cela ne veut pas dire la même chose dans toutes les cultures. La simplicité et l'étroitesse des tombes tranchent parfois avec l'exubérance d'autres. Tout le monde ne peut pas occuper le Cimetière Marin de Sète, comme le rappelait France2., samedi dernier Les places sont chères dans l'éternité face à la mer. Tiens, Menton, sur la bute, ce ne serait pas mal non plus. On y venait de loin pour finir ses jours.L'après point mort9.jpg

Sur le panneau qui explique ce qu'est la nécropole de Bruxelles, on peut lire : "Après l'indépendance de la Belgique, la gestion des cimetières devint l'objet d'un conflit entre l'Eglise et le pouvoir civil. Un arrêté de cassation de 1864 trancha le différend en faveur des communes. C'est dans ce contexte que fut créé l'actuel cimetière de Bruxelles. Il se voulait aussi une réponse aux problèmes de salubrité publique que posait la localisation en pleine agglomération des anciens cimetières bruxellois. D'une superficie de trente hectares, la nouvelle nécropole fut inaugurée le 15 août 1877. A compter de cette date, plus aucune inhumation ne fut permise dans les anciens cimetières. Leur fermetures entraîna le transfert de près de neuf cents concessions à perpétuité. La fin du XIXème siècle s'inspire largement des styles du passé, l'antiquité ou le Moyen Age ou l'Art Nouveau et l'Art déco."

Décidément, nous en occasionnons des problèmes à la communauté, nous, les mortels. On s'inspire de l'art ancien ou nouveau. Monuments classés, pas toucher.

L'après point mort3.jpgSoyons moderne.

Alors, l'argent pour conjurer le sort et la mort?

Le souvenir a un prix, faudra en faire son deuil de son vivant.

La mort est une petite entreprise qui ne connait pas la crise.

Que cela soit à la mode Brel, lui qui l'a souvent chanté, dans un Tango funèbre, dans un dernier repas, ou dans le moribond, ce sera pour après, bien après.

Carpe diem pour tous...

 

L'enfoiré,

 

Tout cela en photos?


Pour l'occasion, si je mettais à l'honneur un poème récent trouvé ici et écrit par un certain Jamal.

Sur Agoravox, pas de point mort?


Citations:

  • "Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables et qu'on n'a pas remplacés.", Françoise Giroud
  • "Je ne regrette pas les grosses sommes que j'ai dilapidées. L'idée d'être l'homme le plus riche du cimetière me répugne.", Roman Polanski
  • "Le cimetière est un jardin où l'on vient apporter des fleurs une fois par an.", Méon Bloy
  • « Les cimetières, ces musées de menhirs. », Jules Renard

  • « On ne meurt qu'une fois et c'est pour longtemps  », Molière


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