27/05/2012

Entracte et anecdotes

Qu'entend-on, chez nous, durant l'entracte : "Chocolats glacés. Pralines glacées. Esquimaux.". Rien de nécessairement bon pour la santé, mais cela temporise le stress que le film avait des tendances à souscrire. Aujourd'hui à Bruxelles, je crois que, vu la température, ce sera même en dehors des salles de cinéma. Pourquoi, je vous parle de ceci? Parce qu'il n'y pas eu un film mais, il y a eu un stress et une pugnacité dans les commentaires à la suite du dernier article "Le rêve américain vit-il encore?". Chaque bord se réfugiant derrière ses propres visions, de ses propres convictions et de ce que peut ou ne peut pas être ou faire un monde. Alors, il faut sortir des clichés et même extraire les vérités. Rien ne vaut les anecdotes pour y arriver et peut être sortir les diversions par une digression...

0.jpgQuand j'ai écrit l'article qui précède sur les États-Unis, connaissant ceux qui ont l'habitude de venir lire ou commenter les articles, je savais qu'ils allaient bondir sur l'os à ronger.

Sujet passionnel s'il en est. Donc tout était programmé, le sujet et la date de la parution comme on va le voir ici, plus loin.

Je me suis armé de beaucoup de précautions, ai regardé quelques vidéos très explicites, ai questionné ceux qui ont connu dans une autre vie le passage de l'autre côté de l'Atlantique. Il n'y a pas qu'un océan qui nous sépare, il y a aussi le côté "image", "snapshot" si pas "préjugé", de "on dit".

Qu'on ne prenne pas mal, ce que je vais dire ou ai-je déjà dit. Je vais comme ceux qui ont participé "jouer à l'hypocrite" sans prendre vraiment ouvertement position. Cela me rappellera une autre vie active pendant laquelle l’hypocrisie était obligatoire sinon fortement conseillée.

Des mails en commun en parallèle et après, me sont arrivés. Réconcilier l’inconciliable? Un problème de quadrature du cercle.

Une question très générale m'est même parvenue "Les allochtones ont des droits et les autochtones des devoirs". J'y ai répondu comme il se doit. Mais cela nous enverrait trop loin d'aller plus avant dans cette réponse.

Pourquoi y a-t-il encore beaucoup d'Européens qui font le pas et vont en Amérique, le pays de Satan?

Je répète, je veux faire digression.

La musique adoucit les mœurs et le sport les fait oublier.

L'actualité bruxelloise m'en donne l'occasion pendant ce weekend. En dehors, du côté "musique" il y a eu le Concours de l'Eurovision, mais par ici, ce fut le "Jazz Marathon" et la finale du Concours Reine Elisabeth violon pour les mélomanes de musique classique.

Du côté "sport", ce furent les joggeurs à l'honneur dans les "20 kilomètres de Bruxelles". Cette fois, contrairement aux années précédentes, je n'ai pas suivi, à vélo, la course. Je suis resté au Cinquantenaire, au départ qui était aussi l'arrivée, à observer les gens, les attractions et tout ce qui tourne autour d'une organisation comme celle-là.

 

Tout cela en images, c'est ici, en un clic

 

 

Même dans ces derniers cas, l'esprit de compétition est bien présent.

Rien ne sert de faire de la musique ou du sport pour le plaisir, il faut toujours quelque part gagner avec la médaille au cou ou perdre et passer son tour. Comparer les chronos.

Entrer en compétition avec soi-même n'est-il pas assez gratifiant? Faut-il la maladie pour arriver à y penser et passer aux grandes manœuvres de sauvetage? Un lauréat du Reine Elisabeth avait la bonne idée de dire que le concours était comme un entracte et que dès le lendemain, il fallait retravailler son violon. Et cela réconcilie avec les réalités.

Mais, je prométais aussi des "anecdotes à l'américaine".

Les miennes datent entre 30 et près de 20 ans d'ici. Les choses peuvent avoir évoluées même si les racines sont toujours là selon ce que j'en entends. 

Il faut savoir aussi que j'ai travaillé avec eux pendant 30 ans. C'est dire que je ne suis pas tout à fait idiot sur leur moyens de "persuasion", la main sur le coeur, pardon sur le portefeuille. Tout se monnaie aux States.

Arriver, une première fois, sur le sol américain, par la voie aérienne évidemment, c'est arriver à la douane et se voir condamné à répondre à une série de questions de plus en plus sensibles et parfois étonnantes. Je plains ceux qui n'ont pas une connaissance suffisante de l'anglais. Toutes les questions ont pourtant été demandées et répondues dans un questionnaire multilingue, mais encore faut-il faire le rapprochement entre langage écrit et parlé, ce qui est loin d'être le cas dans cette langue.

Une matrone noire me demande:

-Have you fruits with you?

Si la réponse est oui, il s'agira de les manger ou de les jeter avant de passer la barre pour pénétrer du transit, sur le sol américain. Si la réponse est "yes" quand il faut dire "no", c'est la sécurité qui, ensuite, est mise à l'épreuve des sacs. On dépiaute? semble demander quelqu'un à son chef...

Je vous parle d'un temps bien avant les attentats de 2001. La souplesse était encore relativement de mise, mais la première ségrégation "UK or Not UK" précédait la mention "UE or not UE".

Je ne sais pas mais cela me rappelle "To be or not to be, thats' the question".

Première anecdote à l'arrivée à l’hôtel à Miami.

Les hôtels les mieux cotés ont des noms français.

Les bagages à monter dans les chambres au sortir du taxi. Pas de problème, tout est pris en charge et se retrouvera dans les chambres.

Dans celle-ci, "the person in charge" vient chercher sa "participation aux frais".

En Européen, vu le travail, le reflex est de donner un dollar. Mal lui, en prend.

- That's not for me... It's at least one dollar by luggage.

Premier étonnement. Payer et vous serez considéré, se dit-on. Un rapide calcul, on ramasse, on sous-pèse et puis le visiteur s'en va. Une demi heure après, surprise:

- I bring your money back. Everything was included.

- Thank you.

Nouvelle Surprise. C'est vrai, les "All inclusive" n'étaient pas encore artifices de calcul des pompom-girls de la farce.

Deuxième anecdote, pendant la visite du Cypress Garden, pendant lesquelles il y a des spectacles de ski nautique. Endroit délicieux avec un décor et un parc où on se sentirait retrouver la période de 'Autant en emporte le vent". 0.jpg

Une tribune pour les "normal people" et une autre "For the photographs".

Je choisis le "Photograph minded way" pour expérimenter mon dernier caillou à longue vue.

Là, tout va aller tout seul.

Pendant les réalisations artistiques du show, tout est dit dans le micro.

L'exposition, la vitesse d'obturation, le moment de la prise de vue, cela en fonction de l'Ektachorme, Kodakchrome, suivi par le fatidique:

- And now shoot. (maintenant, tirez)

0.jpgA l'époque, le clic des appareils ne se réglait pas et on pouvait presque entendre un clic commun pour prendre la photo unique.

-You missed the photo. Don't panic. They are coming back. 

Et le cycle recommençait.

Troisième anecdote. Los Angeles, 09:00 du matin. Pourquoi pas un petit jogging pour se mettre en appétit? A peine, un kilomètre qu'une voiture de police suit mon mouvement avec inquiétude avant de se rendre compte qu'il doit s'agir un "fou de touriste", qui ne connaît pas les endroits réservés pour se genre d'exercice.

Quatrième anecdote, 0.jpgune question comment passer de 45°C et se retrouver en dessous de 0°C et avoir de la neige? Réponse, quitter Phoenix, où l'on mange du crotale au clair de lune et monter à Sequoia Park. Tout a été prévu même les parkas jaunes qui partirons au plus offrant. Les rangers vérifient si les chaînes sont bien présentes pour les pneumatiques.

Cinquième anecdote, se lever à 05:00 pour voir le lever de soleil sur le Grand Canyon. Oui, d'accord, mais vaut mieux ne pas souffrir de vertige. Quant à le survoler en hélicoptère, mieux vaut ne pas avoir déjeuner avant.

Sixième anecdote, le manque d'histoire que les Américains ont à transmettre dans leur patrimoine. Ce qui fait que tout à une importance démesurée et donnerait de la nostalgie. Il y a la ville de Floride, Saint Augustine, véritable symbole des premiers moments de ce pays. Certaines routes mythiques comme la route 66, droite à perte de vue, qui traverse le pays de Los Angeles à Chicago sur 3840 kms. Une route sur laquelle l'Américain essaye de se raccrocher à son passé, sur laquelle on s'arrête à une station service qui devient un musée avec Steinbeck comme fil rouge. Une station resto-routier où le plat du jour est traditionnellement un burger et des french fries. Sur laquelle, on trouve des noms de villes d'ailleurs comme Bagdad qui fait penser immédiatement au film "Bagdad café" avec sa chanson. Une route qui traverse des réserves indiennes. Une route sur laquelle, 90% des "passants" sont étrangers, mais qu'un guide ne manquera pas de vous rappeler à quel croisement précis où James Dean s'est tué à bord de son bolide. Tout est figé dans un temps qui ne bouge que quand la nostalgie s'étiole de vieillesse.

Un Américain a la nostalgie et les souvenirs qu'il peut seulement avoir et il la fait rêver, réveillées, avec de multiples détails à ses visiteurs ou touristes. Si vous voulez-voir un cimetière d'avions, un champ d'éoliennes, pas de problèmes, on a cela en stock.    

J'ai beaucoup d'autres anecdotes, mais je ne vais pas vous monopoliser votre journée. Les Américains sont de grands enfants avec des idées qui germent quand on s'y attend le moins,  pour réinventer leur futur. Parfois bien plus acceuillants que dans nos pays européens, mais ils vous oublieront dans la minute qui suit.

"Combien" le nouveau livre de l'américain, Douglas Kennedy disait que "L'argent nous définit" en préface.

Mon boulanger était dans la marine dans une première vie avant de se reconvertir dans la fabrication de pain, m'en a raconter d'autres, lui qui a fait le tour du monde plus d'une fois, à une époque où un blanc ne pouvait aller boire un verre dans un bistrot réservé aux noirs sans que la police ne vienne lui demander de déguerpir.

Le temps de Martin Luther King, probablement.

Effacé par l'arrivée d'Obama?

Non, pas vraiment, en profondeur, puisque justement c'est son élection qui a fait monter la consommation des armes malgré lui.

Il se rappelait avoir eu l'occasion de  parler avec des Américains qui parlaient français avec un terrible accent. Auquel j'ai ajouté, que dans un jacuzi, on fait très vite connaissance quand on entend parler en français. Comme quoi... rien n'était perdu à l'époque. Notre dialogue s'était terminé en me disant que quand il serait retraité, il irait en vacances avec son épouse aux States, sans me préciser où, parce que les States, c'est grand...

Je répète ma conclusion de l'article précédent "Comme avant, la question semble rester "And the winner is?", que cela ne m'étonnerait pas vu les nouvelles poussées identitaires du chacun pour soi aux États-Unis et ailleurs."

Bon weekend de Pentecôte (du grec ancien ἡμέρα πεντεκοστή / pentếkosta, « cinquantième jour»)

Rappel: "Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer." Actes 2:1-4


L'enfoiré,


Citations:

  • « Entracte : vide les baignoires, remplit les lavabos. », Tristan Bernard
  • « Si le monde entier est une scène et si nous ne sommes que les comédiens, à quand, diable, l’entracte ? », Anonyme
  • « La vie : une course contre la mort... Le meilleur ne gagne pas. », Henri Jeanson

24/05/2012

Le rêve américain vit-il encore?

Le Hors-Série de "Le Point", avec l'aide de "Institut des Amériques" se proposait de mettre les pendules à l'heure au sujet de l'appréciation de l'American dream. De séparer les faits des mythes. Tout en suivant, le fil du magazine, quelques constatations parallèles viendront l'émailler. 

0.jpgLes élections françaises sont derrière nous.

Aux suivantes...

Ce seront les prochaines élections présidentielles américaines qui vont progressivement monopoliser les médias puisque l'adversaire républicain d'Obama, Mitt Romney est connu.

Le G8 du weekend dernier a acté les réactions à la crise de la dette au niveau mondiale. Ce sera "retrouver la croissance avant de pouvoir espérer réparer les erreurs du passé par l'austérité", un pied sur l'accélérateur et un autre sur le frein.

En Europe, le sommet à Bruxelles est qualifié de temps perdu. Le nouveau président socialiste français, François Hollande, a commencé à bousculer quelques habitudes alors que c'est la deuxième tentative d'élections législatives grecques, style referendum,  qui plombe l'ambiance. Les États-Unis sont une fédération, l'Europe n'en est pas une et cela fait toute la différence.

Voyons, les autres relations opposées ou similaires entre les deux blocs, comme dans un bras de fer.

Dans les années 60, les États-Unis suscitaient l'attention, voire, l'admiration des autres pays, partenaires ou non. 

Depuis, il y a eu le premier coup de semonce important, celui du 11/9/2001 qui a donné l'illusion pendant un temps court de réunification des objectifs. Le second, la crise des subprimes ont fait oublier Enron et autres crises à bulles. Ce furent toujours des surprises. Aucun plan n'était prévu dans tous les cas de figure, alors que les germes de la destruction des mythes étaient bien présents, comme des croyants d'une religion qui ne dit pas son nom, si ce n'est en se réfugiant sous le pseudo de "capitalisme".

En 2008, le slogan "Yes, we can !", comme une sorte de leitmotive, a été la promesse de la présidence d'Obama. Un espoir de redressement pour les USA. Une espérance pour le reste du monde. Lors des joyeuses entrées et des visites à domicile, ce nouveau "Messie" américain a fait penser qu'il allait faire des miracles avec sa baguette magique. La baguette était bien trop souple, trop préformatée comme telle et le rendez-vous a eu quelques ratés.

Démocrate, Obama, et pourtant bien plus à droite que le nouveau locataire de l’Élysée. Le mot "socialisme" est un mot interdit, si pas honni, par un Américain pur souche, comme l'avait été "communisme" jusqu'à l'effondrement de l'URSS. L'approche de l'esprit américain par leurs présidents successifs donnait quelques indices dans la suite logique.0.jpg

Pour disculper Obama, la crise était déjà là, profonde, mais certaines promesses électorales de réformes n'ont pas été tenues au moment opportun, c'est-à-dire en début de mandat avec les votes favorables dans les deux chambres. A mi-mandat, première déception. Les convictions conservatrices républicaines étaient même dépassées par une droite plus dure qui renaissait de ses cendres: le Tea Party.

Il y a eu très vite un blocage ("gridlock") des Républicains pour ce qui était contraignant comme le fut le Medical Care. La Chambre, le Sénat et la Présidence peuvent, chacun à leur tour, faire obstruction aux décisions en "flibustier" et cela entame les enthousiasmes et les promesses.

Une joyeuse entrée et puis s'en retourne aux sources idéologiques bien américaines avec le capitalisme en tire-fesses.

C'est le moment de se poser la question de savoir si les Américains font encore rêver à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Que reste-t-il du rêve américain et de ses valeurs? Vivent-elles encore?

Les pères fondateurs avaient creuser un sillon dans la marche à suivre pour réussir dans l'Amérique profonde. Peu importait la manière avec la formule "Do it as you like, but do it".

0.jpgLes USA ont, alors, montré la voie au monde, l'ont imposée par la force ou conseillée aux autres par la persuasion. Au départ, une population d'immigrés, chassés d'Europe et qui voulaient trouver une meilleure vie dans le nouveau monde. La Symphonie du Nouveau monde que Dvorak compose en 1893 aux États-Unis, montre l'exaltation que pouvait inspirer la vue de la Statue de la Liberté à l'arrivée dans le port de New York  (version de Karaian). Ces immigrés sont là pour faire fortune et le plus vite possible. Qualifiée de terre promise, c'est la conquête du territoire toujours plus à l'Ouest comme chercheurs d'or que l'on disait exister en Californie ou s'arrêter et devenir cowboys. 

Entre l'Amérique et la France a toujours existé une relation de "je t'aime, moi, non plus", au niveau de la direction des deux pays. Paradoxes dans les relations franco-américaines. Dans le même temps, les deux populations éprouvaient plus une haine rédhibitoire, chacun méconnaissant l'un de l'autre. Un émigrant français, expatrié aux États-Unis qui tentait d'expliquer son vécu, parlait de son expérience, se voyait renvoyé dans ses nouvelles pénates dans un dialogue de sourds avec l'intime conviction d'être devenu un lâche à la nation française.

Paul de Saint-Victor, André Siegfried, ont initié ce sentiment. En 1930, Georges Duhamel écrit, en parlant de l'Amérique, "Ici tout est faux, l'écran et la musique" dans "Scène de la vie future". En 1959, François Mauriac, c'est dans "Bloc-Notes" que transpire la coca-colonisation. Après Robert Aron, Arnaud Dandieu lui parle de "Cancer Américain".   

Ce mardi, plus amusant encore, un article trop élogieux pour les USA d'un certain "magiciendos", sur agoravox.fr, disparaissait le lendemain, poussé vers la sortie par les commentaires, soit haineux, soit amusés. Auteur probablement très fictif. Excellent test de la part d'agoravox... En serait-il de même si un article élogieux sur la France paraissait dans un forum américain? Mon dieu, que la question, elle est bonne !!!

Un ingénieur indien en informatique, a Bill Gates comme modèle et arriver à émigrer aux USA est, pour lui, une consécration.

Il n'est pas question d'aimer ou de ne pas aimer le "Système américain", mais plutôt d'essayer de comprendre les racines du passé, de comparer, d'y sauver les avantages, de gommer les erreurs et espérer, ainsi, rectifier son propre futur. 0.jpg

Aujourd'hui, c'est en commun que les deux populations se partagent soit la nostalgie à la française entre espoir et désillusions, entre austérité et relance, soit le spleen à l'américaine entre surprises et relance forcée sur une planche savonneuse. 

Antagonisme que l'on retrouve dans ces deux démocraties, l'une à l'américaine avec son impérialisme appuyé par les Droits de Dieu, l'autre à la française, par la référence aux les Droits de l'Homme et ainsi prouver son bon droit, chacun à son tour.

Tous deux se considèrent comme des démocraties exceptionnelles et se snobent avec la fierté de leur culture que chacun d''eux veut imposer à l'autre comme la plus belle invention, comme un modèle exclusif pour le reste du monde. 

A l'actif des Américains, la créativité, l'esprit d'entreprise, un volontarisme inébranlable, un amour pour le risque, une volonté de se refaire en cas de faillite.

Au passif, une arrogance au service du dieu "dollar", de Dieu, tout court et ce n'est pas une crise qui aurait une influence sur le long terme aux yeux d'un Américain.

Le démocrate J.F. Kennedy disait lors de son investiture "« Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. ».

Phrase qu'avait extrapolé, le républicain, Ronald Reagan, par la phrase: "Dans cette période de crise, le gouvernement n'est pas la solution à nos problèmes; le gouvernement est le problème" suivant les idées d'Adam Smith, propagées par Alan Greenspan et qui ont abouti là où on sait.

Qui était Reagan? "Reagan, l'enfance d'un chef" sur ARTE encore visible ici (*) tente de l'expliquer. Quelqu'un d'intelligent, qui a compris qu'il faut ruser avec brutalité pour réussir, qu'il ne faut pas utiliser les mêmes armes que son adversaire, qu'il faut donner le change avec une image et pas nécessairement, des réalités et espérer dans l'ombre que l'adversaire le sous-estime. Son but, gagner la guerre froide. Ses artfices, l'humour et l'utilisation de son rôle d'acteur dans la vie politique. Son coup de poker de la "Guerre des Etoiles" comme un leurre, a rendu obsolète toutes les armes nucléaires, a détraqué le communisme et annihiler du même coup l'URSS. "La stratégie du choc" de Naomi Klein explique tout cela mieux que je ne pourrais le faire.

Nous n'en sommes plus là.

Au cours du 21ème siècle, comme pays le plus inégalitaire au monde, se voir dépassé par les nouveaux émergents comme la Chine et l'Inde, apporte une désillusion de ne pas être à la hauteur de l'ambition comme gendarme du monde et de ses idéaux de démocratie. C'est se rendre compte que la technologie la plus sophistiquée ne parviendra jamais à éradiquer la force de la guérilla comme au Vietnam, en Irak et en Afghanistan.

0.jpgLes soi-disant "chevaliers blancs américains" y ont été éconduits et les réductions des budgets militaires compensés par la technologie toujours plus performante n'y ont rien fait.

Y mettre le prix devient de plus en plus un problème quand on compare les budgets militaires dans le monde. L'austérité apparaît mais à l'OTAN.

Modèle ou repoussoir? Les icônes ternissent toujours un jour ou l'autre même si les mythes sont tenaces.

L'impérialisme yankee laisse toujours un arrière-goût de force à tous ceux qui se sentent un peu trop "impérialisés".

 

Disney, Walt pour les intimes0.jpg

Le 12 avril dernier, c'était le 20ème anniversaire de Euro Disney rebaptisé, depuis l'ouverture, en "Disneyland Paris". Le parc d'attraction est une organisation qui reflète, comme un microcosme, ce que peut être l'Amérique et les relations avec le pays d'installation dans la caricature d'une entreprise américaine. La montée dans la hiérarchie du français, Philippe Gas, devenu président depuis 2008 alors qu'il était engagé comme aide aux clients dans les parkings après l'ouverture, est une preuve de ce qui peut arriver dans une entreprise américaine. Tout n'y est pas rose. En 2011, une perte de 64 millions d'euros, une dette de 1878 milliards, 100 nouveaux millions investis pour 2012 et une trésorerie jugée saine avec 370 millions. Tout cela, sous la protection des banques et de la Corporation Walt Disney Comp. On investit sur le long terme et parfois on se serre la ceinture, mais pas trop. D'après Philippe Gas, c'est la France qui a été la gagnante jusqu'ici. L'engouement pour le monde enchanté de Mickey reste entier et les Français visitent toujours le parc d'attractions et seuls, les Asiatiques font la fine bouche. Donc, une fusion d'intérêts est possible.

 

My America

Peter Hegedus, réalisateur d'un documentaire présenté sur ARTE, intitulé "My America" (vidéo temporaire) peut montrer cette désillusion (il n'est plus disponible). Trentenaire, immigré magyar, parti de Hongrie pour l'Australie, avec sa mère, il avait nourri, petit garçon, un amour aveugle pour l'Amérique au travers des films hollywoodiens. 0.jpgL’Amérique où vivait son père, incarnait à ses yeux le triomphe du bien sur le mal. S'il sait désormais que Schwarzenegger, le héros de films d'actions de son enfance, ne représente pas forcément la liberté et la justice, que la guerre fut lancée contre des ADM fantômes, il s'interroge néanmoins: y a-t-il un peu de vérité dans cette idéalisation qu'il a partagé avec une large partie du monde et fini par aimer et détester l'Amérique en même temps. Alors il va au devant des gens.

Dans ce film, un Américain interrogé se définit et dit avec un certain cynisme, que "l'Amérique est un prétexte pour empêcher les autres de réfléchir à leurs problèmes. L'Amérique se devait d'exercer son leadership pour que cela n'éclate pas, mais les conséquences de ses actes restent les problèmes des autres. Il est fier d'être américain car c'est l'Amérique qui l'a accepté comme émigré et il  doit, donc, s'engager à fond pour défendre la cause. Où est l'égoïste?".

Hegedus va installer une cabine de fortune autour du monde. L'idée? Permettre aux passants d'enregistrer un message à l'attention de Barack Obama qu'il pense lui remettre en personne. Messages de paix et d'harmonie mondiales exprimées par des quidams australiens, chinois iraniens, kényans et hongrois, enregistrés sur une cassette qu'il finira par les envoyer par la poste devant la barrière infranchissable de la Maison Blanche.(sur Facebook).

 

Résillience et immobilisme

0.jpgDans le même temps, le reste du monde, les dernières photos prises par les GI's ont créé un scandale de plus après les guerres, dites "chirurgicales", mais qui déplorent des dégâts collatéraux.

La télé américaine traduit surtout une volonté de tout contrôler et de maîtriser n'importe quelle situation.

Elle influence le public avec de soi-disant experts en tout, public qui lui a son tour, influence les productions de sa chaîne télé rassurante de "Oz" qui dit que "it's no place like home".

Aujourd’hui, la "résilience" est bien réelle pour un Américain. Il permet de "prendre acte de l'événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression". Le rêve est pour certains, devenu réellement un cauchemar.

Même les feuilletons américains comme "The mentalist", "The Experts", "Desperate housewife" remettent tout sur le tapis pour le spectateur qui n'est plus dupe.

A New York, pourtant, on recommence même à rêver avec les nouvelles "Freedom Towers" pour effacer l'injure. Les leçons sont pour les autres quand elles ne peuvent plus en donner qu'une image.

Obama avait réveillé un espoir démesuré. Dès son investiture, il a essayé de changer les responsabilités dans le monde en les partageant avec les autres pays partenaires. Il perdait, ainsi, une partie de substance traditionnelle de la force entrevue dans une "guerre des étoiles". Inadmissible pour un républicain.

Ingouvernables, les US avec une Constitution, non revisitée depuis le début. Rédigée en 1787, par les Pères fondateurs, elle détient la raison de cet immobilisme dans ses 17 amendements, fondés pour une populations de cowboys de 4 millions d'habitants et donc, non conçue, pour les 313 millions de citoyens, d'aujourd'hui.

Dichotomie des visions "démocrate" et "républicaine" qui mène, obligatoirement, à un immobilisme quand ni l'un ni l'autre ne sont plus adapté à l'actualité. 

Les États-Unis, fédération avec un conservatisme dans le centre et le Sud, et des côtes qui voient l'avenir sous un angle plus progressiste, mais qui reste toujours fédérés autour d'un seul président.

Au lendemain des élections françaises: "Immobilisme": un mot qui décrit l’incapacité des gouvernements de la Troisième République à la Quatrième à changer quoi que ce soit.", donc, pas vraiment mieux.

 

La passion du droit

Les USA sont le royaume des avocats par excellence. L'absence de filet social, la complexité du droit américain, la recherche d'un vice de forme font tourner la machine "justice" dans un cercle vicieux arbitré seulement par un juge. Avocats aux rémunérations astronomiques payés au pourcentage en cas de procès gagnés et proportionnels aux dommages et intérêts("quota litis"). Conclusion, 10% d'affaires présentées dans un procès. Des frais exorbitants de publicité et de procédures sont engagés pour décomplexifier une affaire.Un accord à l'amiable est souvent proposé à mi-parcours dans le civil. Au pénal, nouvelle dichotomie, plaider "guilty or not guilty" permet d'alléger une peine, mais qui pousse l'innocent à choisir le moindre mal quand il n'a pas suffisamment de preuves en sa faveur. La formation d'un avocat coûte au moins 140.000$ en 3 ans à Harvard ou Yale. Somme qu'il faudra rentabiliser au plus vite en entrant dans des bureaux d'avocats. Le droit penal américain est très différents du français.

Pays de la peine de mort (43 exécutions en 2011 et 78 peines de mort prononcées) et 61% d'Américains favorables. Les films du "Justicier dans la ville" pour faire  face à la violence des villes mégapoles, ont fait un tabac à une certaine époque. Tolérance zéro à New York.

Une société sans classes, démocratique au sens de Tocqueville, comme un fait social fondé sur la centralité d'une vaste classe moyenne qui par le travail, les vertus et les talents pense pouvoir accéder à l'aisance. Ceux qui n'obéiraient pas à l'un des points seraient considérés comme mauvais. Si vous êtes "pour", vous êtes un "ami". Dans le cas contraire, passez votre chemin, la prison est à sa croisée...

 

"God create and bless America".

"In God, we trust", dans une allégeance sur la Bible inaugurée par George Washington. Un dieu patriote dans une démocratie laïque? Erreur de jugement ou une manière de justifier les actions militaires avec la Bible comme livre de chevet? Religions, sectes, francs-maçons confondus et la laïcité mise à l'épreuve comme Satan. Même le billet du dollar transmet le message. La Scientologie est reconnue comme relgion en proposant une "ascension spirituelle" par le bias d'étapes progressives et payantes. Le Web devient une "technoliturgie paroissiale" qui n'hésite pas à utiliser les tweets comme propagande et le show comme s'ils venaient de l'au-delà, mais qui brasse des millions de dollars bien terrestres. Nouvelle Sion, nouvelle Jérusalem, que Reagan ne démentait pas. Repris pour lancer les guerre en Irak et en Afghanistan. La lutte contre le Mal devient "la" croisade moderne. Le créationnisme n'est pas interdit et agit sur les cerveaux en arrière plan.  

37% de religieux, Amish, Mormons, new Age, Protestantisme, Scientologie, Unitarisme, témoins de Jéhovah, Juifs, Musulmans... et seulement 16% de laïques qui sont, donc, marginalisés de fait. Jésus-Christ est la superstar.

Dieu vaut-il une messe guerrière quand on est fier d'être Américain et puritain?  Internet permet ce prosélytisme débridé et, en plus, à bon marché. L'église de la Scientologie, elle, avait réussi à ne pas payer d'impôts, ce qui lui a permis de sortir de la vie du commun des mortels américain et de payer les procès en Allemagne et en France. L'église s'est depuis réorientée parmi les lobbyistes à Bruxelles.  

            

Liberté chérie

Les Américains progressistes ou au contraire, très rétro? En fait, les deux.

Évolution dans un féminisme à la "Clinton"? Il y a 140 ans, le 10 mai 1872, Victoria Woodhull, la première femme se présentait à la présidentielle dans un pays où les femmes n'ont pas le droit de vote. L'amour libre, en plus, préconisé ! Scandales.

Conservatisme avec a un modèle dont la source est Ayn Rand et qui se définit par l'égoïsme moral. La philosophie tient en une phrase: "Si vous voulez avoir de l'estime pour vous, commencez par traiter en prédateur tout homme qui exige que vous l'aidiez".

Fier d'afficher son appartenance politique dans la rue pendant les élections, de montrer sa fortune en autre temps. Objectivisme, égoïsme rationnel ne sont pas des mots en l'air, mais des professions de foi. "Atlas Shrugged" a la réputation d'être autant lu que la Bible. Les prêcheurs sont aussi nombreux que ses utilisateurs. 

Plus libertarianiste que libertaire, un Américain. Il a droit de faire fortune en dehors de tout socialisme, le droit de jouir de sa liberté. 

Cela se traduit par l'antagonisme démocrates de "gauche", héritiers de Roosevelt contre républicains conservateurs de "droite" hostiles à l’état et à l'impôt. Le New Deal n'a été qu'une solution de secours temporaire, balayée par la Reaganisme. Une extrême droite qui renait, définie par le Tea Party. Une extrême-gauche communiste ennemie, condamnée pendant la période du Maccarthisme. Islam et gens de couleur seulement acceptés. Clivages multidirectionnels.

0.jpg

Mais pour conserver ses avantages, il faut se préparer au pire, s'armer et être prêt à toute éventualité. Donc, ce sera "never without gun". Le droit de se défendre par les armes. "Porter une arme c'est être américain". Le lobby de la NRA (National Riffle Association") de feu Charlton Heston a même profité de l'élection d'Obama. Restriction amusante, en Virginie, on ne peut acheter plus d'une arme par mois. Un amendement de la Constitution pousse à l'achat d'armes pour "aider" la police. Dénombrer 75% de jeunes qui ont déjà vu quelqu'un se faire tirer dessus, n'est qu'un problème qu'il faut assumer comme dégât collatéral.

La liberté pousse à penser qu'il n'y a pas de problème à être obèse. Selon l'OCDE, 3 Américains sur 4 le seront en 2020. Beaucoup refusent d'entrer dans n'importe quel moule et devenir fier d'être gros comme une identification de leur potentiel à le devenir. Les MacDo sont là pour le confirmer et donner raison d'avoir cette conviction.  

 

Vivre ensemble: Du melting pot au salad bowl.

Fondre les cultures pour créer une identité américaine, à la base. Quand c'est chacun pour soi dans son propre ghetto dans une quête authenticité avec la seule norme qui frise l'excès. En définitive,  être "plus" ou être "moins" que son voisin c'est toujours s'attendre à un avenir de barbelés avec des liens sociaux communautaires. Les minorités poussent et veulent s'affirmer face à la culture majoritaire. La milliardaire russe propriétaire de la Standard Bank s'est offert une propriété de 25,5 millions de dollars. Comme c'est une affaire de prestige, d'image, il viendra très probablement un voisin qui s'en fera construire encore plus grande. Sunny Isles Beach est le "Little Moscow". Cosmopolite, Miami. La culture hispanique, majoritairement cubaine, fait concurrence à l'anglaise. 30.000 nouveaux immigrants, pauvres et riches, tous les ans. "Grouillement ethnique" mais "American first" avec le modèle américain. La mention "E pluribus unum" exite sur le billet d'un dollar.

La double nationalité n'existe pas aux États-Unis. On abandonne son ailleurs et son passé quand on s’installe sous la bannière étoilée et ensuite, on oublie qu'on s'y est installé.

La tolérance comme pilier de la République fédérale mais en même temps, un multiculturalisme qui aime garder ses particularismes dans ce qu'on appelle un "Salad Bowl". La discrimination positive se voit détrônée par la méritocratie. Rester plurielle mais pas vraiment intégrée et garder des ghettos noirs. Une éducation qui produit des individus avec un sens marqué pour le "self", sensé apporter la réussite à tous, par tous. 

Les États-Unis n'est pas à prendre comme le cliché de la pomme de New-York où tout est en hauteur dans l'ambiance du travail. L'Américain aime sortir des villes et s'étendre à l'extérieur. A Los Angeles, tout est en largeur dans des quartiers totalement différents. San Francisco est considérée, à juste titre, comme la ville la plus européenne, tempérée et méditerranéenne à la fois. 

 

Le règne du capital

L'agonie du capitalisme est vue avec des yeux européens. Est-ce l'Américain qui se voit emprisonné et obligé de faire une réédition indéfiniment des mêmes erreurs d'un "System" sans pouvoir pour en sortir ou y-a-t-il une renaissance avec d'autres traits de caractères de plus de sagesse? L'affaire récente de la JP Morgan semble prouver qu'il s'agit de la premier cas comme s'il s'agissait d'un cercle vicieux. Goldman Sachs, une société secrète? La "Firme", comme on l'a appelé dans le film, s'est fait connaître du public pour sa fabrication de Produit dérivé financier pendant la Crise des subprimes et la Crise de la dette grecque. Lire "Goldman finit toujours par brûler ceux qu'elle a portés au pinacle", c'est comme enfoncer une porte ouverte. Une nébuleuse, très probablement. Yoël Zaoui est fini chez Goldman Sachs mais retrouvera une autre chance, l'expérience et le succès ne reste pas lettre morte longtemps. "à rester trop longtemps à leur poste, les banquiers s'engourdissent, se reposent sur leurs lauriers et commettent des erreurs", encore du pragmatisme américain plus que cartésien.

Le film Margin Call n'est pas uniquement du cinéma, cela a été une réalité et cela existe encore avec d'autres acteurs, plus frais ou plus féroces encore, dit un acteur qui était dans le feu de l'action.

Le règne du capital, le fait que sans les dollars, on est "Mister Nobody", imposent des prises de consciences drastiques, pragmatiques dans un individualisme poussé à l'extrême.

0.jpg

Construire sa maison par le crédit. La crise des Subprimes devait survenir. S'en sont suivis: Le chômage en hausse. Une croissance faible. Une économie servie par la démographie et l'immigration qui apporte une forte productivité et une économie inventive. Une flexibilité du travail qui ne stimule pas l'emploi et qui ne récompense pas ses salariés. "Pas de véritable lobby juif en soi" dit André Kaspi. La raison serait que la communauté juive serait non homogènes. L'argent reste le carburant et cela dans tous les domaines.

Pour vivre aux States, il vaut mieux avoir une tête bien faite et bien pleine, alliée, à une chance qui crée la réussite. Le bien-heureux sera ensuite plébiscité, applaudi par tout son entourage proche ou éloigné. Celle-ci mise en avant comme modèle d'un monde déterministe. Être autodidacte et réussir est le nec plus ultra des modèles.

0.jpgRien d'anormal, d'avoir une moyenne de 325 ans de salaires d'un salarié moyen pour concurrencer le salaire annuel d'un patron. Ce n'est que la crise qu'à fait changer très péniblement les consciences.

Le "travailler plus pour gagner plus" français se traduit par "travailler plus, plus longtemps et surtout toujours mieux et plus efficacement" en Amérique.

Warren Buffet représente le premier parfait repenti des plus riches. D'autres ont suivi. Quand au bout, il n'y a plus rien à espérer pour soi-même, l'altruisme semble être un moyen de gagner son paradis surtout quand la religion se rappelle à soi.

 

Un rêve sans étoiles

Plus à la hauteur de l'ambition comme gendarme du monde et de ses idéaux de démocratie? C'est évident. La technologie ne parviendra jamais à éradiquer la force de la guérilla comme au Vietnam, en Irak et en Afghanistan. La Russie s'y est essayée avant l'Amérique sans plus de résultats.

Modèle ou repoussoir? Les icônes ternissent toujours un jour ou l'autre même si les mythes sont tenaces.

0.jpgL'American dream avait été soufflé par des Andy Warholl, comme Nouvelle Jérusalem.  Le rêve de la France vu par les Américains s'est probablement, tout autant, essoufflé.

L'ascenseur social est en panne comme une coquille vide? Bien sûr, un vers était dans le fruit.

Pas de sécurité d'emplois, pas d'indemnités conséquentes à une rupture de contrat d'emploi mais,  en contrepartie, une plus grande disponibilité de retrouver du travail avant la crise.

Crises financières, déficit budgétaire record, licenciements, délocalisations, montées de pays émergents...

Il faut se réinventer ou mourir et survivre, au besoin, en se créant plusieurs carrières complètement différentes dans une vie.

En août 2011, 46 millions de personnes (15% de la population) vivent grâce à des bons alimentaires. 8,6% sont au chômage. Les entreprises s'en sortent plutôt bien, mais pas les salariés.

Récompenser les actionnaires était plus profitable que d'augmenter les salaires des employés à l'exception des "cerveaux" qu'il faut maintenir "at home".

Chacun a sa devise pour sortir de la crise et de la mondialisation.

  • Favoriser ce qui est local et, ainsi, recourir au protectionnisme, contraire à l'idée de libre-échange.
  • Dévaluer sa monnaie.
  • Battre monnaie locale comme le Plenty.
  • A la limite, la relocalisation pour enrayer le processus de délocalisation.

Comme il est dit dans "Amercan Spleen. Un voyage au coeur du déclin américain"  de Olivier Guez, le spleen trouvent une réponse dans l'envie de recommencer à zéro même après une faillite. Pour la population, la leçon a été "qu'il ne faut pas s'offrir ce qu'on n'a pas les moyens de payer". Une austérité implicite plutôt qu'annoncée telle quelle. L'argent n'est pas fait uniquement des billets de banques. Potentiels à risques, mais avec le but ultime d'accroître, encore plus, ces même billets de banques.  "Les ranchers de l'Ouest américain vivent avec la peur au ventre, toujours armés et ne connaissent plus la pays et la sérénité d'antan". 

Pour la première fois, l'immigration en provenance du Mexique est en régression d'après un rapport récent. Sur 3 millions, 1,4 million de mexicains sont retournés dans leur pays à cause du manque de travail.

Qui mène la danse dans le monde? Plusieurs points d'interrogations et réponses n'y suffiraient pas. Quelques idées peut-être... et encore, le danger vient d'où on ne l'attend pas.

Voilà toute la "Pax americana" à la sauce actuelle.

"Pour qui voterait Wall Street?" "Il y a une forte corrélation entre le niveau d'approbation d'un président et le moral des consommateurs", disait l'article.

Le cas de l'entrée en Bourse de Facebook répond:  0.jpg

  • Les investisseurs détestent admettre qu’ils ont été mal informés, et ils s’obstinent à croire que leur raisonnement est rationnel ;
  • Les investisseurs américains sont toujours optimistes, même si l’histoire montre qu’ils ont eu parfois tort dans le passé ;
  • Wall Street a tout intérêt à ce que des millions d’investisseurs soient irrationnels, mal informés et naïvement optimistes ;
  • Les investisseurs américains sont crédules, ils veulent toujours croire que Wall Street leur dit la vérité, même si la plupart du temps, ce n’est pas le cas.

Douglas Kennedy, le plus européen des écrivains américains dont j'ai relu le livre "L'homme qui voulait vivre sa vie", décrit bien le phénomène américain.

Le sujet : un avocat quitte une vie pour une autre et se réfugie dans la nature sauvage du Montana dans un imaginaire collectif "on the road". Fondamentalement, l'américain est sédentaire et ne quitte pas aussi facilement son patelin. Le livre n'a vieilli qu'en apparence en ne suivant pas la technologie des portables et des géolocations d'aujourd'hui. Dans son livre, un paragraphe explique beaucoup de choses: "Si en Europe, c'est le travail qui est monté aux nues et qui prime dans l'esprit des gens, le truisme américain qui fait toucher à la grâce du succès, c'est d'être lancé pour que tout s'emballe et vous veut à n'importe quel prix. L'image de celui qui lutte pour arriver est intrinsèquement négative et catalogue comme un rien du tout, un raté à la recherche d'une chance de s'exprimer, de sortir de l'anonymat que personne ne lui accordera de bonne grâce".

Le succès attire le succès et les rémoras suivent les requins à la trace espérant récolter les miettes du repas. Peu importe qu'il y ait un crime à la base du succès, puisque une nouvelle vie est toujours possible ailleurs vu l'étendue du pays.


L'avenir des USA?

Pas de doute, les bonnes années des États-Unis se situaient au cours du 20ème siècle. 

Nation d'héritiers, ils croient toujours à leurs pairs.0.jpg

Il y a 21 ans exactement, c'était le feuilleton "Dallas, ton Univers impitoyable". Ils reviennent. JR Ewing est éternel. Mélange intemporel de sexe, d'argent, d'intrigues, de familles et de mensonges. Le "Time" écrit "JR Ewing a sorti les États-Unis des difficiles années du président Carter et les a guidés vers la confiance en soi, typique des années eigthies sous la houlette de Ronald Reagan".

Les remakes ne demandent jamais beaucoup d'efforts et, surtout, de remises en question.

Le slogan de campagne de Mitt Romney est "L'Amérique doit mener le monde".

"Le passé de Romney dans les affaires vire au handicap de campagne", lit-on. Le passé, c'est cela que les adversaires vont creuser pour les faire plier. 

Aux States, tout changer à cause des crises? Jamais. Pays brillant par ses intellectuels, mais qui comptent beaucoup d'ignorants. 48% de la population croit encore aux anges, hait les élites et pense qu'un système de santé n'est que du communisme. "Occupy Wall Street" a été réprimé et s'est dissipé.

Tout est donc encore en place pour concourir à l'immobilité.

Chris Hedge dit que Obama et Romney, c'est choux vert et vert choux. Tous deux technocrates qui servent un États dirigé par de grandes entreprises. Le coup d’État au ralenti des "super PACs" a bloqué le processus législatif. Comme avocats d'affaires, ils n'ont aucune possibilité de voter des lois néfastes aux entreprises comme Godman Sachs ou autres. 

Pourquoi en serait-il autrement? Les campagnes électorales américaines coûtent de plus en plus cher. Il faut pourtant s'y laisser séduire pour avoir une chance de régner. Les dons, non limités, proviennent des entreprises qui espèrent, toujours, un "return on investment".

N'est-ce pas, actuellement, passer de Charybde en Scylla?

Les crises ont démarré à partir des États-Unis. Au début, un éditorialiste  écrivait qu'elles devraient se résoudre à partir du même point de départ. La réélection dépend aussi de la relance de l'Europe jumelée à celle des États-Unis dans un même goulot d'étranglement.

La dette publique des États-Unis s'élève à 15.600 milliards de dollars.

Il y a 3 ans, j'écrivais "La bonne nouvelle et la mauvaise". C'est fou, comme on a l'impression que le temps n'a pas évolué. Sommes-nous dans des cercles vicieux concentriques? Peut-être faut-il encore plus d'espace temps pour en juger? Parler du capital à risque, des "small caps" ne fut même pas discuté.

0.jpgAlors remontons encore plus dans le temps.

Au film "West side story" de Léonard Bernstein, par exemple. C'était, il y a plus de 50 ans avec une musique joyeuse mais déjà, il y avait une opposition marquée d'appréciation de la vie américaine.

"Il était une fois, l'Amérique" de Sergio Leone, avec une musique triste, 20 ans plus tard, confirmait cette impression.

Sommes-nous dans des paradigmes qui ne se touchent plus que le temps de se rencontrer et de s'oublier après les rencontres comme celles du G8? 0.jpg

Une anecdote révélatrice: Le 12 mai dernier, sur France2, le journaliste Delahousse interrogeait l'acteur noir Will Smith pour la sortie du  troisième opus de  "Men in Black". Remake avec quelques nouveautés après un autre remake, qui arrivera, toujours, à la nausée. Une nouvelle leçon à l'américaine, on ne change pas un filon qui a donné de bons résultats financiers avant qu'il ne soit totalement épuisé. Ce qui ne marche pas une fois, ne le fera jamais. Will Smith déclarait être "pour Obama". La question des impôts venait dans la conversation. L'acteur disait n'avoir aucun problème pour payer des impôts. Quelqu'un qui gagnait au moins un million de dollars, doit payer en conséquence, aucun problème de devoir payer 30%, disait-il. La surprise est venue quand le journaliste lui a dit qu'en France, c'était 75% pour ce qui dépassait ce montant. "God Bless America" lui a-t-il été répondu après un temps mort et un sourire plutôt angoissé. 

Autre film, "Panique à Hollywood" de Barry Levinson est une satire de Hollywood. Un producteur de films sans idées qui doit affronter maintes difficultés entre un réalisateur et acteur éhonté pour boucler le budget de son prochain long métrage.

0.jpg- "François, tu pouvais enlever la cravate", disait Barack Obama à François Hollande lors d'une des premières réunions entre les deux hommes.

- "It's for my Press", répondit Hollande?

Une réflexion qui n'est pas aussi anecdotique, ni anodine, qu'il y parait.

La décontraction est-elle vraiment du côté américain? Allons-nous vraiment "Vers une nouvelle Amérique" comme le faisait comprendre l'éditorial de Catherine Golliau de "Le Point"?

Question piège quand les mythologies du passé, Marilyn, Mickey reviennent, lancinants, pour rappeler les jours heureux du passé, que l'on ne reverra plus quand on ne trouve pas un point G neuf en commun. Un G8 mais pas un G Fin de non recevoir, en quelques sortes... 

Paradoxale, l'Amérique? Chocs de cultures, mauvaise appréciation des enjeux. 0.jpg

Quant aux autres, européens ou faisant partie du BRIC, ils suivent le mouvement avec un effet retard.

Pour tenir la barre, quand le monde est devenu un village, il faut la légèreté des doigts d'une fée que l'on n'espère pas trop Carabosse. Les remakes, c'est pour le cinéma, pas dans le réel.

Comme avant, la question semble rester "And the winner is?", que cela ne m'étonnerait pas vu les nouvelles poussées identitaires du chacun pour soi aux Etats-Unis et ailleurs.

 

L'enfoiré,

 

0.jpgLes billets sur le sujet "Amérique" vont dans tous les sens, alors, sans être exhaustif, en voici certains:

It's only in America

L'état de l'économie mondiale en un graphique

La croissance des États-Unis comparée à celle de l'Europe.

Obama a donné plus d'argent aux États américains les plus démocrates et les plus riches.

“Romney le cruel” contre “Obama le mangeur de chien”?

Soutien moral des Américains aux marchés d'Europe

Les fables de la richesse: les capitalistes sont-ils des psychopathes?

Des visions citoyennes comme Roosevelt2012 ou un "y a qu'à"...

 

Mais comme les commentaires ont été assez vifs, passons à l'article suivant "Entracte et anecdotes"

 

Citations:

  • « Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d’une Amérique imaginaire qu’on croit être là mais qu’on ne voit pas. », Andy Warhol
  • « Il n'y a pas de chute de l'Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé. », James Ellroy
  • « En Amérique, le sexe est une obsession ; ailleurs c'est un fait. », Marlène Dietrich
  • « La société se caractérisera par une surabondance d'informations. Le défi sera de ne pas confondre l'accessoire et l'essentiel. »,  Aurélie Royet-Gounin

     


(*)Ronald Reagan, l'enfance d'un chef

"Ronald Reagan a été sous-estimé par tout le monde et, au fond, il considérait ça comme un énorme avantage", estime Richard Allen, ancien conseiller à la Maison-Blanche. Laissant de côté les facettes plus connues de l'ex-président des États-Unis - le conservateur, le néolibéral -, ce documentaire s'attache à son rôle décisif durant la guerre froide. Retraçant son parcours, il montre que derrière l'image du cow-boy sympathique et peu compétent se cache un homme intelligent et solitaire. Abonné aux rôles de "chic type" à Hollywood, il est au départ sensible aux idées de gauche. Mais en 1947, président du Syndicat des acteurs, il est confronté à la grève et aux menaces des employés des studios soutenus par le PC. Dès lors, Reagan devient un anticommuniste fervent. Peu écoutées au départ, ses idées finissent par s'imposer - l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS y contribuera - jusqu'à le hisser à la Maison-Blanche. Dès lors, il mettra en place une stratégie qui précipitera la chute du régime soviétique. Plongeant dans les arcanes des négociations entre les deux puissances, ce film donne, entre autres, la parole à de nombreux proches de Reagan (Richard Allen, Martin Anderson...), ainsi qu'à George Shultz, qui fut son secrétaire d'État, et à Oleg Kalouguine, ex-général du KGB.0.jpg

 

Quand au rêve belge, cela ressemble à ça.

Pour ce qui est des vacances, ce n'est pas tout à fait vrai. Le belge part toujours. Seulement plus souvent et moins longtemps. >>>

 

 

0.jpg

Tandis que pour un Américain, ce serait plutôt cette vision

 

Maintenant c'est l'heure de préparer les élections.

Livre de Corine Lesnes "Amérique, années Obama. Chroniques d'un pays ingouvernable" et celui de Ron Suskind "Obama, la vérité"

 

0.jpg

0.jpg

 

 

0.jpg0.jpg0.jpg                   0.jpg0.jpg0.jpg

17/05/2012

Feu vert à Jacques Careuil

Une autobiographie rapportent les souvenirs en boîte. Pas uniquement pour celui qui l'écrit. Il les fait remonter à la surface, à ses contemporains. Voici du vécu qui n'est pas trop romancé, ce qui apporte une touche de vérité à cette époque révolue. Le médiatique, Jacques Careuil, a fait partie de notre passé télévisuel, du temps où la télé était en noir et blanc sur un écran bien bombé sur les bords. Une époque, pendant laquelle, les moeurs "déviantes" étaient controversées. Nous n'en sommes plus là, enfin...on le croit.

0.jpg

Wikipedia dit de lui : Jacques Careuil de son vrai nom, Guido Neulinger est né le 8 août 1935 et est un ancien animateur belge de la RTBF. De 1966 à 1980, il présente avec André Remy les jeux télévisés "Feu vert" et avec Albert Deguelle, "Voulez-vous jouer ?". Il fait ses débuts dans une dramatique enfantine, "Il était un petit navire", diffusée dans l'émission Les "1001 jeudis". En 1964 et 1965, en alternance avec Jacques Mercier, il présente les émissions de soirée du week-end "Entrée libre". En 1995, il anime "L'Énigme du cristal" aux côtés de Sam Touzani. Entre les doublages de films, les pubs radio, les bandes-annonces télé et les services audiotels, il prête également sa voix au personnage de Tintin dans le dessin animé Tintin et le lac aux requins et participe au conseil de direction de la RTBF. Aujourd'hui, retraité, l'homme est surtout connu pour ses prestations d'ingénierie culturelle à Ibiza.

L'histoire de la télévision belge vient à la rescousse à cette entrée en matière. Un véritable carrousel aux souvenirs. Beaucoup d'acteurs ont pris de l'âge ou sont disparus.

Au verso du livre de Jacques, on peut lire: "Qui ne connaît pas les émissions "Feu Vert", "Voulez-vous jouer?"... Jacques Careuil fut l'idole de notre enfance, une des toutes premières vedettes de la télévision, l'animateur de jeux inoubliables des sixties aux années quatre-vingt. A cette époque-là, le rêve était encore unique. Une télévision, un programme, une attente hebdomadaire...".

Rien de plus vrai. Pas d'Internet, pas de téléphone portable, à l'époque. La télé était très nature avec des moyens limités. Personnellement, ce n'est qu'à la fin des années 60 que la télé est entrée à la maison et l'émission de jeu et de variétés "Feu vert" s'adressait, le mercredi, à des jeunes de 7 à 15 ans, âge que j'avais dépassé à l'époque. "Voulez-vous jouer?" m'a laissé plus de souvenirs comme beaucoup de téléspectateurs.

Son livre raconte l'histoire avec l'intimisme et la sensibilité de son auteur. Claude Rappé de RTL a été le détonateur et apporté son aide. Une préface élogieuse de Jacqueline Bir.

Dans son livre, Jacques Careuil ne dénombre pas une mais sept vies qu'il est difficile de résumer sans aller dans certains détails de sa personnalité.

Dès le départ, c'est à Pattaya, qu'il lance son "Krup-Khoun-Krap" (merci) avant de recommencer à débobinner le fil de sa vie.

Sa vie commence avec son père juif, diamantaire anversois et sa mère, une "goy" catholique pratiquante comme on dit dans le milieu. Ce qui veut dire manger casher à la maison et la fréquentation de la synagogue, le samedi. La résultante, le rejet immédiat des grand-parents. L'amour du début dans le couple s'achève après la naissance de Jacques, à Berchem Sainte-Agathe. Inimitié parentale et une tante qui attire le regard du père. Pas beaucoup de souvenirs en commun. Puis quand vient la guerre, il s'agit de se cacher dans une cave. Des souvenirs douloureux de guerre. Sa mère lui donne l'éducation et l'envoie dans une école catholique à l'Institut Notre Dame. Là, le théâtre l'intéresse. Dans le "Malade Imaginaire", son rôle est celui de Toinette, mais, dans ce genre d'école, les jupons sont interdits. Bon élève, la carrière artistique l'attire. Ce sera l'Ancienne Belgique et le théâtre.

L'argent ne coule pas à flot, donc, il faut trouver très vite son chemin.

En 1953, la radio nationale, l'INR (futur RTB, puis RTBF) lui offre une occasion, un rôle à jouer de "mousse".

A cette époque, ce n'est rien que du direct, pas de magnétoscope, pas de prompteur. Cette méthode naturelle l'intéresse.

Ce qui fait que de "Feu vert", il n'y a aucune archive si ce n'est celle enregistrée avec Jo Dassin.  

Du pain, du vin et des jeux, vont devenir ses préoccupations.

Il vit avec Serge Michel du "Théatre des Galeries" pendant 3 ans. Le rôle du prétendant français dans la pièce bruxelloise célèbre "Le Mariage de Mademoiselle Beulemans" fait partie de son répertoire.

Puis, c'est un "feu rouge". Un blocage. Remonter à Paris au départ de Bruxelles, il ne l'envisage pas.

Le feu vert vient avec les émissions cultes pour enfants, appelées justement "Feu vert". Aimer les enfants pour se faire aimer d'eux, devient la source de son succès.

Des vedettes vont défiler dans ses émissions, dans un univers qui reste, néanmoins, superficiel.

Le magnétophone arrive et permet d'enregistrer les émissions à l'avance. C'est pas vraiment sa manière de travailler.

Hergé, lui donne l'occasion d'utiliser sa voix dans une BD. Mais, fait curieux, il ne s'y retrouve pas.

Une certaine Celina lui envoie des lettres. Elle a remarqué qu'il avait une attirance homosexuelle car elle avait les mêmes tendances. Une correspondance naît entre eux et subsiste encore.

Dès 1980, les déceptions arrivent une à une.

L'émission "Voulez-vous jouer" est, pour lui, un calvaire avec Albert Deguelde, totalement opposé à sa manière d'être, qu'il déteste dans le fond de lui. Inimitié cachée et persévérence car elle dure pendant 6 ans.

Il voudrait faire des émissions culturelles, mais quand on est catalogué dans un rôle, difficile de s'en échapper.

Pour lui, il n'y aura que deux présentateurs vedettes toujours au dessus de la mêlée et des malveillances: Jean-Claude Ménessier et Luc Varenne. Deux autres disparus qui ont jalloné notre jeunesse.

Toujours soutenu par le Service Jeunesse, le jeu de la chaise musicale se produit avec son collègue, Gérard Vallet. L'objectif devient d'éjecter Jacques Careuil. Une diffamation va faire l'affaire. Un journaliste du journal "Pourquoi Pas" va s'y atteler: "Jacques Careuil regarde trop les jeunes garçons de ses émissions" !!!

"Je suis homo comme ils disent". Ce n'est pas un secret. Homo, mais pas pédéraste. Il n'a jamais tenté de vivre quoi que ce soit avec une femme. Pas misogyne pour autant. Les femmes restent des amies et pas des femmes à marier. 

Engagé au cachet, la RTBF veut offrir des CDI à ses collaborateurs. Il refuse et quitte la RTB vers d'autres vies.

Un salon de coiffure pour dame, pourquoi pas?

Les disques, la danse vont le passionner. Ce seront Maurice Béjar, Rudolf Nouréev. Des rencontres qui marquent sa vie entre Ingrid Bergman à Christiane Lenain en passant par Annie Cordy. Tout est bon pour rire et faire rire.

Jacques Careuil, c'est surtout une voix très caractéristique, reconnaissable entre toutes, claire, fine. De lui, j'ai retrouvée ce  documentaire, plutôt scientifique, à contre-pied et donc pas vraiment représentative de ce que l'on connait de lui, mais qui est intéressante parc qu'il reflète la différence de technologie de l'époque.

Un vie de voyages commence dans une septième vie.

D'abord, sur l'île d'Ibiza que sa mère à aimer, il va y élever des animaux dans une "finca". Des chèvres pour produire du fromage. Ibiza est un pied-à-terre. Il passe de l'immobilier à l'architecte "de Interiores". Dans les années 80, Ibiza est l'île de toutes les évasions. Actuellement, habitée par des fêtards plagistes en boîte, elle est devenue un débit d'alcool et de drogues pour vacanciers.

Victime de sa belgitude? Il a toujours la même émotion sur la Grand Place, à chaque visite. Mais, les paupiettes que les Belges appellent des "Oiseaux sans tête", commencent à lui peser. La cuisine belge lui manque, parfois, dans ses péripéties de véritable "citoyen du monde". La gastronomie thaï est une des plus sophistiquée au monde et cela compense.

Vont se succéder des allers et retours entre Ibiza et Pattaya, entre Bo Rai et Bruxelles.

Des coups de cœur pour le Laos, le Mékong, l’Égypte, Luang Prabang, le Cambodge, Angor Vat qui lui rappelle le Mexique. La ville de Shanghai lui permet de retrouver le "Lotus Bleu" de Tintin.

Il avoue avoir été conquis par New York et Broadway après y avoir vu la "Cage aux foles" au programme qu'il a aimé. 

Le Vietnam et Bali sont des déceptions, à ses yeux, par manque d'intérêts communs pour le premier, par manque d'amabilité des habitants et la désuétude dans laquelle est tombée les temples pour le second. Le Bhutan, son dernier voyage dans le livre, est le pays extraordinaire où il est obligatoire d'être heureux, où même le tabagisme n'est permis qu'à des endroits très circonspects. Le moyen-âge mais avec des téléphones portables plein les poches.

Il se dit solitaire mais très entouré avec une passion pour tout ce qu'il entreprend.

Le Thaïlandais, Lang, est son nouvel amour. Avec lui, les projets se construisent. Il se sait accepté si pas intégré comme pourrait l'être tout "Farang". L'absence de culpabilité judéo-chrétienne, du péché originel qu'il a bien connu dans sa jeunesse ont fait place à la tolérance implicite en accord avec la mentalité thaïlandaise, sans, pour cela, passer par le bouddhisme. On peut tout y faire et entre autres choses, être heureux. Et, il l'est et le dit à ceux qui veulent l'entendre. Mais, encore une fois, comme le chantait Eddy Mitchel, on n'aime pas les gens heureux.

Nous sommes bien loin de la doctrine chrétienne qui poussée à l'abstinence en arrivent à la pédophilie chez ses représentants du culte. Certains paragraphes sont explicites à ce sujet.

Il y dit, entre autres, je cite: "Qu'il faut être opportuniste des petites choses qui rendent la vie heureuse. Qu'il faut accoster un instant. Peut-être avec une femme, même une pute de Pattaya, mais un être humain, une rencontre avec quelqu'un qui probablement a vécu plus de drames qu'un Européen. C'est, ce dernier, le fautif, s'il faut parler de faute. Il y a toujours un lendemain aux mots de passe. En Thaïlande, rien n'est grave. Peuple débonnaire, sali par beaucoup, mais exemplaire. La noblesse n'est pas dans les taux de change de l'euro, mais dans la générosité et dans cette faculté de vie telle qu'elle est, pauvre ou riche. La prostitution n'est pas une vocation pour les Thaïs, mais une question de survie. Je ne crois ni au ciel ni à l'enfer, mais à une forme d'énergie en moi qui ne disparaitra pas tout à fait à ma mort comme un Thaï qui croit à la réincarnation. Vivre au jour le jour, en attendant, sans prosélytisme en gardant pour chacun la liberté de croire ce qu'il veut."

Il avait décidé d'arrêter à 70 ans ses "activités". Près de 77 ans, aujourd'hui, Cela fait penser à la devise qui entourait les livres de Tintin qui étaient destinés aux lecteurs de 7 à 77 ans et qui le lisent encore plus tard.1.jpg

Ce n'est pas mon habitude d'écrire ce genre de billet ni de faire la promotion d'un livre. Mais ici, il y avait l'envie de présenter un cas aux multiples facettes. Facettes qui se sont enrobées de philosophie. Fataliste, le destin, pour lui, pousse les gens là où, parfois, ils doivent, simplement, être.

Ne pas nuire et vivre heureux en vivant sa vie au mieux, n'est ce pas la meilleure des philosophies? 

Dans ses chapitres, des références à des voyages avec Guy et Pierre dont il oublie les noms. Avoir vécu 23 ans avec Guy, en pleine harmonie, sans aucune perversité, jusqu'à sa mort qui l'a beaucoup affecté, explique cela. Seul les prénoms gardent une importance.

1.jpgIl espère avoir été un petit lutin de consolation.

Que dire comme conclusion?

Un livre bien écrit d'un belge bourlingueur à travers les monde.

Les enfants, Jacques les aime, comme les gens, qui oublient parfois de le lui rendre. Il a fait son deuil d'avoir des enfants de ses propres gènes. Il parle d'une petite cousine avec beaucoup d'amour pur.

Où est la normalité ou l'anormalité? On assume sa vie comme elle est, sans chercher à forcer le destin outre-mesure. Dans ce cas, le "qu'en dira-t-on" n'est pas de mise.

Pas de panique, artiste voyageur, les mentalités changent. L'homosexualité, l'homophobie entre en pleine actualité par plusieurs voies. L'humour a changé. On n'en parle plus comme d'une "Cage aux folles". Laurence Bibot avait un Café Serré, très chaud sur le sujet, la semaine dernière. Ce jour est, en plus, la "Journée internationale contre l'homophobie".0.jpg

Un interview très récente de lui, avec des anecdotes et l'humour toujours présent.

Samedi dernier, c'était la Belgian Gay Pride et il y a eu 50.000 participants. La journée se partageait avec la fête à l'Europe pour dissiper tous malentendus éventuels.

Tout cela, ici, en quelques photos, prises le matin.

Comme Jacques n'aime pas le mot "FIN", je terminerai, comme lui, dans son livre.

Ce sera donc au revoir, hasta la vista, good bye et Sawâsdee krap...

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Rien n'est ni bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l'on en pense », Shakespeare.
  • « Il voyage plus vite celui qui voyage seul. », Rudyard Kipling
  • « L'Homo sapiens est masochiste : il savoure la douleur sous de nombreuses formes. », Charlie Chaplin

10/05/2012

Fidèle, vous avez dit, comme c'est étrange...

La base de tout code éthique du couple est la fidélité. Un contrat, une signature au bas d'un parchemin, des vœux qui fixent la fidélité dans une sorte de CDI qui devient, souvent, un CDD. Il y a les anniversaires, les noces pour concrétiser, pour acter. On s'épouse pour le meilleur et pour le pire, dit-on... Oui, mais, il y a les réformistes, les conspirateurs, les prometteurs, les menteurs, les impulsifs, les "extra-conjugués", le "double-vital", les pressés, les décompressés et parfois, quelques fidèles et... un anniversaire.

2.jpgLa fidélité est, manifestement, mis à mal à notre époque. Pas uniquement dans les affaires de couples.

Dans ce dernier cas, on pense au dernier film de 2012, "Les infidèles" mais il y avait eu un précédent, avec le titre au singulier "Infidèle", en 2002. Entre les deux, il n'y a que la mise en forme, quelques mises en plis qui diffèrent pour faire évoluer les manières très personnelles de vivre intra-conjugales et extra-conjugales.

La fidélité n'existe plus toujours ni avec son entourage, ni dans les relations avec son employeur. Le mot "toujours" est à double tranchant.

Les contrats signés ne sont plus respectés ou sont détournés de leur but initial. Le turnover n’a jamais été aussi grand à tous les étages. Les sociétés restructurent. Elles le font d’autant mieux que les affaires vont bien. Il faut se rappeler que notre société de consommation pousse à l’égoïsme, au non-respect des promesses et par là, à l’infidélité.

Si l'adage "Un tien vaut mieux que deux tu l’auras" persiste dans les mémoires, il faut bien avouer que cela ne tient plus qu'à un fil très vite coupé derrière des réformes à répétition qui ne sont pas bien ficelées.

Pourquoi en serait-il autrement dans l'intimité d'un couple, avec sa moitié, comme on a l'habitude de dire? On frise plutôt des portions plus congrues que la moitié de part et d'autre de la balance. 

Irait-on, un jour, jusqu'à réformer la réforme, elle-même, rien que pour voir autre chose, un changement et dire, devant l'autel des Grands Hommes, que l'on serait fidèle à l'infidélité pour exister ou avoir encore des sujets à raconter?

Mon magazine parlait dernièrement des femmes des candidats à la présidence française, des épouses qui sortent plus de l'ombre. Le sexisme, le féminisme en est outrepassé. Seul, Melenchon et Bayrou avaient le conjoint d'origine. Ne parlons pas des artistes de variété, là, ce serait souvent le nième d'une longue série de paragraphes, de chapitres plus ou moins courts.

A la radio, à la TV, dans les journaux, on dénombre « 4% de nouveaux clients ». Pour les anciens, bizarre on n'en dit rien. N'y aurait-il aucune "offre alléchante" pour le justifier.

Les jeunes se "mettent" ensemble pour le meilleur et pour le moins pire, pour tout et tout de suite et la plupart du temps sans mariage officiel contre indiqué pour des raisons fiscales. Quand le pire arrive, quand tout n’arrive pas dans les temps, il n’y a plus personne, c'est la fuite. Tout le monde se rappelle de "Pour un flirt avec toi".

0.jpgFréréric Beigbeder parle de ses expériences dans le livre "L'amour dure trois ans". Il est passé au cinéma.  Comme préface du livre, on lit "La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne: dégoutée votre femme vous quitte. La mauvaise: vous commencez un nouveau livre. L'amour est un combat perdu d'avance". Cela voudrait-il dire que les rééditions de mariage ne marchent pas vraiment mieux? Il y a toujours une comparaison qui se produit, qui s'insinue en cachète.

L'Avventura, chantaient Stone et Charden, il y a bien longtemps....

Étaient-ils des précurseurs de l'infidélité avec une telle chanson sous la bénédiction de la musique?  

Samedi dernier, "Les années bonheur" enregistré avant le décès de Charden.

Stone et Charden y étaient bien vivant. Ces années bonheur avec Stone ont duré 5 ans. Après, il y a eu, pour lui, Pascale, Bénédicte, Gabrielle. Mais, c'est Stone, son "premier amour" qui l'accompagnait chez Drucker et chez Sébastien.   Le "gars chocolat" et la "fille à la vanille" bercés de fleurettes fleuraient bons le terroir français, ce qui a fait leur succès. C'est bon pour le moral et pour l'exemple, mais les réalités de la vie sont bien différentes. Est-ce dire que je suis contre le divorce? Non, surtout quand c'est pas consentement mutuel. Les atomes crochus ne sont pas forcément là.

Le même "cinéma" est partout et même tout en haut de la hiérarchie. On a connu les escapades de notre Roi Albert II, voici que celles du Roi Juan Carlos défraie la chronique de la monarchie espagnole dans le Paris-Match. Une princesse allemande, Corinna zu Sayn-Wettgenstein a, parait-il, fait ressortir le démon de midi ou celui du soir du Roi d'Espagne. "Son tableau de chasse serait de 1500 conquêtes", lisais-je ensuite. Un chaud lapin, quoi...

Le prestige de l'étiquette, de la renommée, du pouvoir et de l'argent vivent toujours à ce niveau.

Les médias s'en mêlent aussi. La chaîne télé AB4 s'est fait le propulseur de l'émission "Marrions-nous" qui institutionalise l'agence matrimoniale sur écran. Suggérer l'envie par de belles candidates aux échanges "culturels" et divers. Koh-Lanta avait donné quelques filons de plus dans ce sens.

0.jpg

Auparavant, les deux membres d'un couple vivaient parfois des vies conjugales parallèles entre domicile et bureau. L'infidélité est montée d'un cran dans la virtualité qui apporte encore plus de fantasmes et de suspense. Badinage et marivaudage en virtuel. Le pied...

Je vous en avais touché un mot sur le sujet dans "Mariage distancé".

Le Vif L'Express de mi-mars essayait de prouver "Comment le Web dope l'adultère". Ordinateur, téléphone savant et tablettes numériques deviennent complices des amours secrètes et 'traitres'. 

"Le Web ne crée pas le problème, mais il amplifie les pathologies", s'empresse de dire, le sexologue.

La proie pour l'ombre dans une affaire d'argent comme une autre.

Oui, on se rappelle de DSK. Pas un fan des TIC, lui. Simplement fou de voyages au septième ciel des hôtels pour calmer ses pulsions.

Les SMS sur ses portables complètent le tableau. Sur son lieu de travail, le "potentiel" de "recrutement" est devenue tellement important qu'on en oublie la prudence.  Dans la "Web connection", ce sont les femmes, en alternance, qui sont devenues des objets à force d'être convoitées.

L'agence 0.jpgGleeden est devenue une mine d'or. Les affiches se sont mises dans les valves publicitaires bruxelloises: "Contrairement à l'antidépresseur, l'amant ne coûte rien à la sécu". On se demande si ce n'est pas une pub pour les avocats.

Le phénomène du FOMO (Fear Of Missing Out) entre en jeu chez les autres. Les réseaux sociaux, Twitter font le reste. Dans la société moderne, il faut faire semblant d'être heureux, d'avoir des amis sous peine d'être rejeté comme oiseau de mauvaise augure. L'injonction du bonheur oblige presque à aller compléter son manque ailleurs et augmenter son palmarès. Femme ou homme sont au même niveau dans ce jeu d'à qui gagne, perd ou gagne.

Skype a un très bel outil de recherche de mâles en partance.

Le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans son livre "Sex@mour" rappelle tout cela. 

Les questions que se posent encore les adolescents trouvent la confirmation dans la pratique. L'éducation sexuelle a seulement montré le chemin.

"Les ados, l'amour et le sexe" de Alain Héril se fixe l'objectif d'être un mode d'emploi.

"La sexualité des adolescents n'est pas une préoccupation nouvelle tant pour les adolescents eux-mêmes que pour leurs parents ou éducateurs. Alain Héril dit qu'il faut protéger ces ados après avoir constaté de visu ce qui se passe dans les fils de la Toile. (livre "Les Ados, l'Amour et le Sexe")
Cependant, beaucoup d'événements médiatisés tendent à nous rappeler combien il est difficile pour les ados d'aujourd'hui d'aborder la découverte de la sexualité de façon neutre et positive.
L'accès facilité aux images représentant des situations sexuelles crues entraîne des malentendus et des interprétations parfois erronées.1.jpg
Il est donc important de comprendre les enjeux de l'adolescence aujourd'hui pour que parents et éducateurs puissent transmettre quelques clés d'analyse et permettre aux jeunes d'aborder cette problématique avec plus de sérénité.
La construction sexuelle (bouleversements hormonaux et psychologiques, premiers amours, mélancolie, timidité, fascination du risque…) et de ces composantes purement modernes (comportements transgressifs, rapport à la pornographie, importance des nouvelles technologies…), avec l'idée de redonner à l'adolescence sa fonction primordiale : une initiation riche et dynamique pour mieux amorcer l'entrée dans l'âge adulte.".

De plus, devenir adolescent est plus rapide qu'auparavant. Dans le passé, les découvertes laissaient plus de temps au temps pour imaginer.

0.jpgDes relations intimes d'un condisciple qui se sortent de Facebook et se retrouvent sur des sites pornos. Pourquoi en serait-il autrement?

Est-ce, d'ailleurs, toujours l'homme qui reste le chasseur?

Rien n'est moins sûr. Faut pas se leurrer. Le féminisme a changé la donne. Les cougars veillent.

La planète Vénus a-t-elle rencontré Mars?
Quand on connaît les différences entre les deux planètes, cela pourrait y ressembler, mais ce serait vu de trop loin ou alors par osmose, mais sans volonté naturelle de se
concilier les mêmes prérogatives.

Quand il y a de l'orage dans l'air, que des troubles se manifestent, que les flèches commencent à pleuvoir, il faut se rappeler que les femmes sont des Amazones et qu'elles en ont plein en stock avec agressivité.

Que reste-t-il à faire?

Simple, ne pas regarder la longueur des flèches mais seulement parrer au plus pressé: rester calme, répondre en parrant les pointes de flèches avec un certain flegme et pragmatisme.

C'est pas gagner d'avance, mais au moins, les parties d'échecs se termineront pas des "Pat".

1.jpg"60 clés pour réussir son couple" du Dr Marie-Claude Gavard, préconise d'entretenir la communication. Le casting mutuel du départ qui cachait les disgrâces potentielles, est loin et accepter les différences. Aimer est un drôle de mot qui détient quelques appendices inattendus qu'il faut apprendre à connaître.

Ne pas oublier le "J'ai besoin de parler". 

Avec deux divorces pour trois mariages, les Belges seraient les champions d'Europe avant les Lituaniens et les Tchèques. Quatorze ans de vie commune, c'est la moyenne européenne.

Chez les animaux, le sexe n'est pas une question mais une réponse de vie ou de mort. Prolonger la vie de ses gènes dans la génération suivante. Oui, il y a aussi les bonobos...

Mais, au fait, pourquoi ai-je pensé sortir ce billet aujourd'hui?

Ne le répétez pas, je fête, aujourd'hui, mes noces d'émeraude. Pour des jeunes, cela pourrait aller jusqu'à l'idée d'une catastrophe avec la phrase "Mes sincères condoléances" qui viendrait s'ajouter dans le processus.

0.jpg

Un dialogue entre une femme et un homme, jeunes, pourrait bien être:

-C'est notre anniversaire de mariage, trois ans, comment cela est-ce possible? Le temps a passé si vite. Est-ce l'égalité des sexes qui a permis cela?, dit l'homme.
-
Qu'est-ce que tu entendes par là?
-
Oh, par là, pas grand chose. Cela dépend de ma longueur, de tes grosseurs....
-
Je ne veux pas parler de ton sexe, mais de notre sexualité en couple.
-
Ah, bon, pardon, chérie. Que veux-tu entendre, alors? Qu'on se rapproche encore, qu'on se ressemble ou qu'on se fait dépasser par nos amis?
-Que notre amour n'aura pas de fin
.
-
Tu sais, c'est comme sur une autoroute. Je te rappelle, il y en a qui dépasse par la gauche, un autre par la droite. Et on finit toujours ensemble dans le même décor.
- Ah. Vu sous cet angle...

- Chérie, sache-le, je t'ai épousé afin qu'il n'y ait pas 4 malheureux.
-
4 malheureux ?
- Oui, toi, moi et les deux qui nous auraient épousés chacun.

La perception des noces, de l'amour d'une femme et d'un homme, des mots utilisés seront toujours, quelque part, différentes.

Bien sûr que sur l'oreiller, on oublie tout.

Il y a une petite règle de la sexualité qui s'appelle M.M.S

Vous ne la connaissez pas? Elle est pourtant connue, mais incomplète. Je la complète par tranche de dix ans puisque nous avons le système décimal et que la durée de vie s'allonge.

Aux noces de coton, MMS, c'est Matin, Midi et Soir.

Aux noces d'étain , c'est Mardi, Mercredi et Samedi.

Aux noces de porcelaine, c'est Mars, Mai et Septembre.

Aux noces de perle, c'est Miel, Marmelade et Sel

Aux noces d'émeraude, c'est Musique, Murmures et Solitude

Aux noces d'or, c'est Meilleurs Moments de Souvenirs

Aux noces de diamant, c'est Money, Momentum et Sensibilité

Aux noces de platine, c'est Motus, Mollesse et Sinistrose

Aux noces de chêne, c'est Monologues, Motus et Silence

Aux noces d'eau, c'est l'arrosage des fleurs, tout simplement.

Dans le haut de la barre des âges, on entend  des blagues comme "Avec l'âge, les raideurs se déplacent", "Les vieux regardent toujours les filles mais ne savent plus pourquoi". 

Quand on partage toutes les heures à deux, là, mettre de l'eau dans son vin, partager les tâches, ne pas avoir deux coqs sur un même "fumier", laisser de la liberté à l'autre sans intervenir, chercher la complémentarité plutôt que l'opposion peut aider. Eliminer les excès de part et d'autre. Tout le monde doit garder un "jardin secret", une "indépendance" d'esprit pour pouvoir tourner les pages à problèmes. Regretter les erreurs du temps passé, être revanchard, c'est perdre son temps. Alors, se ressembler trait pour trait ou au contraire, être complémentaire?

Je dirais complémentaire. Pas deux coqs sur le même fumier...

Askmen propose donc quelques petits conseils pour aider les hommes à gagner plus de points dans les joutes domestiques

0.jpgLes hommes sont désavantagés par rapport aux femmes en matière de disputes, parce que celles-ci expriment leurs émotions bien plus facilement. 

Alors, ils donnent 5 conseils pour gérer les disputes et les raisons invoquées sont parfois amusantes si pas stratégiques:

  • Ne jamais lui dire de « se calmer » (ou ses variations)

Et surtout pas si elle est déjà hors d’elle ! Cette expression particulièrement agaçante ne fera que jeter de l’huile sur le feu.

  • Employez la première personne

Au lieu de dire « tu ne m’écoutes pas », dites plutôt « j’ai l’impression que tu ne m’écoutes pas ». Les phrases qui commencent par la première personne semblent moins accusatrices, et seront plus susceptibles de recueillir son écoute et sa bienveillance. Et peut-être pourrez-vous obtenir des excuses ? Qui sait ?

  • Laissez l’opinion de vos amis hors de cette affaire

    0.jpg

Les femmes redoutent de passer pour des folles. Il est donc malvenu d’insinuer que vos amis ont fait des remarques à propos de sa « bizarrerie ». De toute façon, ce type d’argument n’amènera rien : elle ressentira que vos amis ne peuvent que vous soutenir. De plus, lors de la prochaine rencontre avec les amis en questions, elle se sentira très mal à l’aise. Enfin, c’est le type d’argument qui risque de vous poursuivre pendant des lustres…

  • Ne faites pas de menaces creuses

Pour la bonne raison qu’il y a de fortes chances qu’elle vous prenne au mot… Ne donnez jamais d’ultimatum.

  • Mentez !

Dès qu’elle vous demande avec un regard agressif si vous comprenez ce que vous venez de lui faire ou de lui dire, mentez, et dites que oui, vous voyez bien de quoi il s’agit, et demandez-lui si elle veut en parler tout de suite, ou un peu plus tard. Avec cette réponse surprenante, vous pouvez lui faire baisser la garde et vous laisser le temps d'essayer de comprendre effectivement pourquoi vous l’avez offensée, pour trouver ensuite un moyen de vous faire pardonner.

0.jpgParler de « nuit de noces », de « lune de miel », c'est remonter à l'époque babylonienne où l'on y buvait de l'hydromel, le vin de miel et s'est perpétuée grâce à la culture grecque. En effet, la mère de la mariée donnait un pot de miel au jeune couple avant de les laisser.

Dans le folklore français, on donne des noms de noces aux anniversaires de mariage, associés à une matière.

Mais pourquoi, diable, 40 ans de mariage représentent les noces d'émeraudes? Il n'y a pas longtemps, je l'ignorais. 0.jpg

L'étape d'avant, les 35 ans, les noces de rubis, sont passés sans avoir fêté quoique ce soi.

Avec le poids des ans, cela prend, tout à coup, plus d'importance. Dès les noces d'or, ce sont les maisons communales qui invitent les "rescapés" qui sont malgré l'allongement de la vie de moins en moins nombreux.

J'ai cherché. Et ce que j'ai trouvé, m'a stupéfait. Des noces "anniversaires", cela va de 1 à 100 ans. On a vraiment pensé à tout.

Mon hebdo en parle même. Non, pas de mes noces d'émeraude. Du 29 avril et des noces de cotons de William et de Kate avec la mention "Sa place à la Cour et dans les coeurs". 0.jpg

Il est dit: "Premier anniversaire de mariage dans la plus "stricte intimité" après un milliards lors du mariage. Un tendre tête-à-tête après une séparation, due aux obligation du Prince, en mission aux Malouines avec la RAF. Belle-maman a fêté, pendant cela, son jubilé de diamant avec 60 ans de règne. Kate a su se montrer à la hauteur de son rang, sans arrogance ni timidité"

Plutôt "glamour" que cela, tu meurs. Jeune et beau, cela fait toute la différence et organise le buzz.

Un an pour Kate et William et ce sont les "Bravos" de la foule... Faudra qu'ils y mettent beaucoup du leur pour arriver aux noces d'émeraude. A la cour d'Angleterre, il y a eu, quelques ratés avec les couples qui y ont gravité. L'expérience de belle-maman, the Queen Élisabeth II, la matriarche, n'a pas servi d'exemple à son entourage.

Donner des filons de l'expérience en comptant les années? Le calcul mental s'effrite et s'embrouille avec les années.

Laissons, donc, parler les "spécialistes" et pas uniquement les sexologues.

0.jpg

Le magazine Philosophie questionnait Jacqueline Bir, 78ans, a marqué le théâtre bruxellois pendant 60 ans. Mariée à Claude Volter, décédé en 2002. Elle dit "Je suis une enthousiaste lucide positive. J'ai le devoir d'être joyeuse. Quand il y a quelque chose d'exaltant qui naît entre deux êtres, ça vous marque à vie. Réussir sa vie amoureuse est un travail surhumain. L'amitié reste la plus forte, la plus solide. Rien n'a été créé pour être pérenne. Les gens qui ont peur, qui repoussent l'autre en le sommant de s'adapter à nous, ignorent tout de l'Histoire. Nous sommes ce que nous créons, jour après jour, en gardant la dérision, en sortant de l'image. Jouer, comme vivre, c'est l'art de l'éphémère. Nous ne sommes qu'une plume dans le vent".

"Mars, le mois des divorces", dit une analyse de findlaw.com. C'est évident, c'est le printemps et la sève monte. "Les recherches sur Internet concernant le mot-clé « divorce » augmentaient de 50% en janvier et connaissaient aussi leur apogée en mars.". Les affaires reprennent pour les avocats, au mois de mars. Relation de cause à effet. Il faut toujours des gagnants quelque part.

Le neurologue Amir Levine distingue trois types d'attachement :

  • Confiant : Si vous aimez authentiquement et recherchez la proximité, mais sans vous soucier d’être aimé en retour, vous appartenez à cette catégorie, comme la moitié de la population.
  • Anxieux : Vous appartenez à cette catégorie lorsque vous avez privilégiez l'intimité et la proximité dans vos relations amoureuses, mais que les sentiments que l’autre éprouve à votre égard ont beaucoup d’importance pour vous. Les personnes de ce groupe ont tendance à avoir du mal à oublier un chagrin d’amour, et elles se sont encore amoureuse d'une personne aimée même des années plus tard. Elles sont très sensibles aux petits changements dans l'humeur de leur partenaire et redoutent de manquer de proximité avec lui.
  • Fuyant : Vous êtes du genre fuyant si votre priorité, c’est l’indépendance, et que vous avez tendance à mettre de la distance entre vous et votre partenaire. Souvent, les personnes de cette catégorie ont l’impression qu’elles n’ont pas encore rencontré « le prince charmant » ou « la femme de leur vie » , et elles sont tentées de mettre fin à la relation en cours pour cette raison. Mais le problème n’est pas là, selon Levine, mais il provient plutôt de leur manque d’aisance avec la notion d'intimité.

    0.jpg

Et quand on est confiant, anxieux et fuyant, à la fois? Cela devient quoi? Explosif?

Une vidéo sur la sexualité des seniors "Safe sex for seniors", faisait dernièrement le buzz sur Internet.

Dernièrement, une discussion "to be or not to be parent" faisait débat.

Et oui, il n'y en a pas eu en stock. Suis-je parmi les anormaux ou est-ce une connerie que de le penser?

Dans la chanson, on parle plus d'amour que de fidélité.

Il y a eu TrenetRoch Voisine et Julio Iglésias.

Après cela peut devenir ou ressemble aux chansons de Brel des "Vieux Amants" ou de Regiani avec "Le temps qui reste"...

Et puis, c'est tout. Plus rien.

Je ne vais pas en ajouter une. Juste un petit coup d'anniversaire en vers.

 

Noces d'Émeraude
Quarante ans d'odes
D'années qui s'érodent
Pas de terribles périodes
Juste une vie bien chaude
Qui jamais ne démode

Un anniversaire, une noce
Souvenirs que l'on endosse
Que l'on espère pas rosses
Mais que l'on désosse
Sans avoir de bosses
Avec la seule aide d'Éros

On espère toujours une bonne suite
Qu'elle ne devienne pas une fuite
Poussée, à la dispute, qui trop vite
S'envenime avant qu'elle ne s'effrite

En attendant les noces de diamants
Tout reste à faire en tant qu'amants
Tant qu'il y a de bons sentiments
Tant que l'amour, jamais, ne dément

Revenons à nos moutons, à mes noces d'émeraude.

Je suis fana d'Internet, pas d'enfant, au vu de ce que j'ai lu ailleurs, je dois être un incurable "fidèle"...

Les enfants synchronisent souvent la vie de couple. Parfois, ils la saturent et l'étouffent.

Les "vieux amants" de Brel pourrait tout résumer pour certains. Lui parlait seulement de 20 ans.

Que dire sinon que si on parvient déjà à être fidèle à soi-même, en accord avec soi-même, c'est un premier pas vers la sagesse.

"Pour pouvoir aimer, il faut d'abord s'aimer soi-même", écrivait encore Beigbeider dans son livre. S'aimer permet de se remettre en question en toute conscience du chemin à parcourir.

Surtout, oublier les contes de fées et les fantasmes.

Les enfoirés le sont et le restent. 

Fermez le ban, à la suivante... décénie.

Pas "femme", voyons, on investit dans un fond qui donne confiance... 

 

L'enfoiré,


Mise à jour 27/9/2012: Une étude norvégienne, qui expliquerait bien des choses


1.jpgCitation:

  • "Non, Pénélope, on ne dit plus "bonne chance" aux gens qui se marient. Que "courage", Corine Piget
  • « Célibataire : Accro au sexe ou à Internet. Sinon : divorcé. », Luc Fayard
  • "Je préfère glisser ma peau sous les draps pour le plaisir des sens que la risquer sous les drapeaux pour le prix de l'essence." Raymond Devos

05/05/2012

Montréal, la francophone

Je connais Pierre Chantelois depuis six ans en tant que blogueur de textes. Depuis sa création, je consulte son blog orienté photos "Les beautés de Montréal". La Belgique, mon pays, s'y est insérée. Des photos échangées, un peu de poésie. Récemment, une sorte de compétition amicale sur le thème de nos automnes respectifs. Aller plus loin. Sortir des seuls clichés. L'inviter à dire ce qu'il pense de sa ville, y ajouter un texte plus personnel, plus intime. Voici la vision de sa ville, Montréal, qu'il m'a offerte.. Je vous confie à lui dans ce voyage et en fin, une surprise.

Mon ami Guy – lorsqu’il m’a demandé de présenter dans ses pages une vision personnelle de Montréal – a fait preuve d’une grande cruauté à mon égard. C’est un doux reproche que je lui adresse. Mais diantre comment parle-t-on de la ville qu’on habite depuis plus de soixante-cinq ans. Je viens de vous faire une première confidence, vous l’aurez remarqué. Sous quel angle devrais-je aborder cette périlleuse mission? Montréal n’est pas Bruxelles. Montréal est une ville résolument moderne, nord-américaine, sans architecture particulière, avec ses quartiers anciens, ses quartiers modernes et ses quartiers de grande pauvreté. Montréal est toutefois une ville de destination prisée par les touristes. Pour aucune majeure. Elle est située au Québec, pays francophone dans une mer nord-américaine. Au Québec, nous nous identifions d’abord en tant que québécois avant d’être canadien. Montréal est la ville avec une majorité francophone et une minorité anglophone. Elle est le pôle économique du Québec, la ville de Québec étant la capitale. Au Québec, nous avons deux réseaux d’éducation importants : les commissions scolaires francophone et anglophone. Nous avons deux réseaux de santé francophone et anglophone. Le Québec a fait l’objet de deux référendums pour solliciter la population si elle désire ou non son indépendance et son détachement du Canada. À deux reprises, la population a manifesté, avec des majorités variables, son rejet de cette option d’indépendance. Et le débat se poursuit toujours. Voilà campée en quelques mots la ville dans laquelle j’habite, le pays pour lequel je souhaite depuis cinquante ans son indépendance.

0.jpg


La population de la ville de Montréal est de 1.649 519 habitants. La population de la grande agglomération de Montréal est de 1.886 481 habitants. En 2011, selon les statistiques émises par Citoyenneté et immigration Canada, au total, 26 090 jeunes étrangers fréquentaient un établissement collégial ou universitaire montréalais, soit un nombre inégalé pour la métropole. La population du Québec a atteint, en 2012, le chiffre de 8.013 073 habitants.
Approximativement, 6 millions de Québécois sont francophones, plus de 600 000 sont anglophones, environ 75.000 sont Amérindiens et Inuits. Près de 80% des Québécoises et des Québécois habitent dans les localités situées le long du Saint-Laurent. Environ 35% habitent à Montréal (sans compter la grande zone métropolitaine qui l'entoure). Avec ses habitants, Montréal concentre plus de 45% de l’ensemble de la population du Québec et regroupe 3,5 millions d’âmes (la population actuelle du «Grand Toronto» est de 4,8 millions habitants) (Source).

0.jpg


Le Québec pourrait compter 9,2 millions habitants en 2056. Si les tendances récentes en matière de fécondité et d'immigration se maintiennent, le Québec connaîtra un accroissement de sa population d'ici 2056, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). La population québécoise a franchi le cap des 8 millions habitants fin septembre 2011 et s'établira à 9,2 millions dans moins de 50 ans. (C'est la première fois depuis au moins 25 ans que les statisticiens de l'ISQ avancent que la population québécoise ne déclinera pas à moyen ou à long terme.) (Source)
Un récent sondage CROP indiquant que les anglophones, particulièrement les plus jeunes, envisagent que Montréal puisse devenir plus tard une ville où l'anglais prédominera. Plus de 77 pour cent des personnes sondées estime notamment que la métropole deviendra à prédominance anglophone, alors que le reste du Québec devrait conserver son aspect francophone, indique le sondage (Source)
Pour contrer cette tendance, un député de l’Opposition au Parlement du Québec, Pierre Curzi, a proposé que le français soit décrété langue commune, que l'affichage d'une raison sociale ait obligatoirement un nom générique francophone et qu'une entreprise obtienne un certificat de conformité à la Charte pour obtenir un contrat public. Le projet de loi, déposé par le député Curzi, modifie considérablement la Charte québécoise de la langue française adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque. Le gouvernement actuel, dirigé par le premier ministre Jean Charest, n’est pas favorable à la réouverture d’un débat sur l’avenir du français au Québec en raison de ses positions fédéralistes et de son appartenance à la Fédération canadienne. Toujours selon l'opposition au Parlement du Québec, le gouvernement cacherait une dizaine d’études commandées au cours des dernières années et portant sur le fonctionnement du fédéralisme canadien. Les études portent sur divers sujets, allant du droit constitutionnel à l’avenir du Québec au sein de la fédération canadienne.

0.jpg

Nous retrouvons sur le territoire de Montréal deux grandes universités anglophones, McGill et Concordia, et du côté francophone, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ainsi que l’Université de Montréal. L’Université Concordia offre plus de 180 programmes de premier cycle dans 4 facultés (Arts et sciences, Génie et informatique, Beaux-arts, École de gestion John-Molson), et 70 programmes de maîtrises et de doctorats. L'Université McGill compte, pour sa part, onze facultés et onze écoles, dans des disciplines aussi variées que le droit, la musique ou les études religieuses et propose plus de 300 programmes d’études sur deux campus.
L’Université du Québec à Montréal (UQAM) est composée de sept facultés (Arts, Éducation, Lettres, langues et communications, Science politique et droit, Sciences, Sciences de la gestion, Sciences humaines) et elle offre 116 programmes de premier cycle, 96 programmes d’études supérieures, 13 centres de recherche, 21 chaires d’enseignement et de recherche, 9 chaires de recherche du Canada, et 2 instituts. Enfin, l'Université de Montréal, avec ses écoles affiliées, HEC et l'École Polytechnique, reçoit 7 000 étudiants internationaux en provenance de 120 pays et elle se fonde sur 800 projets de collaboration internationale en enseignement et en recherche. Elle dispose aussi de 600 ententes internationales ciblées dans 90 pays. Elle regroupe 450 chaires et unités de recherche et un grand réseau de bibliothèques.

0.jpg

Avec ses 1.782.835 habitants, la région de Montréal regroupe 25 % de la population québécoise. Elle offre une qualité de vie enviable et est reconnue pour son ouverture, son dynamisme artistique, sa vigueur économique et sa vitalité culturelle. Le coût de la vie y est abordable comparativement à celui observé dans d’autres régions métropolitaines de même envergure. Montréal est une ville sûre, où l’on peut vivre en toute tranquillité.
La région de Montréal est constituée de la ville de Montréal et des villes de banlieue suivantes : Beaconsfield, Baie-D’Urfé, Côte-Saint-Luc, Dollard-Des-Ormeaux, Dorval, Hampstead, Kirkland, L’Ïle-Dorval, Montréal-Est, Montréal-Ouest, Mont-Royal, Pointe-Claire, Sainte-Anne-de-Bellevue, Senneville, Westmount.

0.jpg


Le Stade olympique est un monument unique au monde : évoquant des mains gigantesques aux doigts recourbés, les 34 consoles en porte-à-faux, auxquelles s'ajoutent quatre consoles tronquées à la base de la Tour, déterminent la géométrie d'ensemble du Stade. Elles supportent l'anneau technique, la toiture et les tableaux d'affichage électronique. L'anneau technique peut se comparer à une maison de deux étages; au premier étage sont logés les équipements de ventilation et le rez-de-chaussée abrite l'éclairage du Stade constitué de 1.146 lumières de 2000 watts. Le stade peut contenir 53.858 personnes et jusqu'à 62.000 avec l'ajout de gradins. C’est le monument le plus visité de la grande région de Montréal.

0.jpg


La métropole du Québec bat au rythme des multiples cultures qui la composent. La ville de Montréal jouit d’une renommée internationale auprès des nombreux touristes qui affluent de partout en toute saison pour la visiter. Ville moderne et de haute-technologie, elle attire également les investisseurs de nombreux pays. Montréal offre une gamme complète d’événements et de festivals, et ce, durant toute l’année. Se succèdent festivals de musique, d’humour, de gastronomie, de sport, ainsi que des festivals d’envergure internationale. Tous prennent part à la fête, les résidents comme les touristes. Certains événements reviennent d’année en année, tandis que d’autres sont une chance unique de prendre part à une fête.

0.jpg


Françoise Ligier, dans Le Français dans le monde, a écrit un beau texte sur les escaliers de Montréal. Notamment ceci : « Pourquoi, dans un pays de neige et de glace comme le vôtre, avoir construit ces successions d’escaliers pour relier la rue aux logements du deuxième et parfois du troisième étage ? Telle est la question la plus fréquemment posée aux Montréalais. Qu’ils soient simples, doubles, jumelés ou en rangée, qu’ils soient en échelle, à quartier tournant, en spirale, en colimaçon, au gracieux déhanchement ou au tortillement mathématique, en forme de L, de S ou de T… ils étonnent. Ils peuvent être humbles ou somptueux, discrets ou flamboyants, gris souris, jaune d’or, vert émeraude… Lorsqu’un chat dort sur leurs marches, qu’un écureuil trotte sur leur rampe la queue en l’air ou qu’une bicyclette y est coquettement appuyée, ils sont abondamment photographiés. Sous un épais manteau de neige, ils peuvent aussi ressembler à une descente de toboggan. Et on rit beaucoup lorsque quelqu’un, sous l’effet du verglas, les descend alors qu’il voulait les monter… Au printemps, les Montréalais lavent et astiquent ces escaliers : ils effacent ainsi toute trace de l’hiver et leur rendent, à coup de pinceaux, une nouvelle jeunesse ».

0.jpg


Montréal est l’objet également de poésies. Des poètes ont exprimé à l’égard de leur ville d’origine ou d’adoption des sentiments partagés.
« Il y a des villes dont les vents rendent fou. Entrer dans une ville, c’est la comparer. L’aimer et la métaphore surgit. Certaines villes ont plus d’imagination que d’autres. À l’image des artisans qui la façonnent. Puisque la ville est la création de l’humain. Souvent elle les inspire. La ville est un joyau précis et précieux d’une civilisation. En Amérique, c’est plein de villes super-écran. De villes King-Kong aux dentitions dinosauriennes !
Et Montréal qui s’était barricadée du fleuve. L’île voulait être d’abord sûre de ne pas partir avec lui. Mais maintenant cette confiance retrouvée. Des fenêtres s’ouvrent sur le Saint-Laurent. L’histoire installée, elle lorgne l’avenir. Les villes sont des folies dont on ne saurait se passer.
Dans les villes on peut jouer : aux oiseaux comme aux fourmis. Certains jours on voit les nuages, en bas ! Et sur les murs de la ville des graffitis assiègent le conformisme de la cravate. La ville se défend de tout statu quo. Il y a, par contre, des villes plus féminines, d’autres plus masculines. Montréal est une ville androgyne. D’où son côté à la fois rond et pointu. »
Jean DAOUST in « Montréal des écrivains » L’Hexagone, 1988

0.jpg


Comment terminer cette présentation sur la ville que j’habite, sur la ville que j’aime, sur la ville qui me nourrit d’espoir, de déceptions, d’illusions et de désillusions? Montréal est une ville paisible. Avec des soubresauts. Montréal est une ville prématurément usée en raison de la négligence et de l’insouciance d’une succession de maires imprévoyants. Montréal est une ville qui se développe sans un plan précis pour protéger sa beauté. Montréal s’anglicise parce que les nouvelles générations rejettent les espoirs des plus vieilles générations. Montréal se cherche. Montréal vit ses conflits de ville culturelle et de pôle économique. Montréal est trop jeune pour apprécier son patrimoine culturel et architectural. Montréal se bat contre des fantômes qui s’opposent à elle et la fait mal paraître. Montréal multiculturelle est coincée entre l’obligation de défendre sa langue et de s’ouvrir aux grands courants culturels du monde. Montréal regarde tristement le flux d’immigration préférer la langue anglaise et ainsi renier des années de combat pour faire du Québec une terre d’accueil francophone. Montréal c’est tout cela. Naviguer entre la jeunesse et la vieillesse, entre la culture et les impératifs commerciaux et économiques, entre ses traditions centenaires et les influences d’une modernité qui lui est totalement étrangère et véhiculée par un flux migratoire. Montréal en définitive est une ville qui migrera vers un avenir métamorphosé par ses résidents d’aujourd’hui et par les générations de demain. Je ne serai plus là pour vivre ces profonds changements. Entre temps, je vis au présent l’évolution de ma ville et je n’ai guère le temps de conjuguer au futur mes craintes et mes désillusions sur Montréal demain.

0.jpg

 

Je remercie, Pierre, d'avoir pris le temps d'aller au fond de sa pensée pour nous faire comprendre ce que peut ressentir quelqu'un qui vit sa vie dans cette ville de Montréal et dans un pays, qui est 327 fois plus grand que le mien. Il dit que Montréal n'est pas Bruxelles et pourtant, je lui ai trouvé des caractères de ressemblance qu'il serait trop long d'énumérer ici.

0.jpg

Il y en a un que je retiens de vos billets quotidiens: l'envie de faire la fête.

Ce 5 et 6 mai, alors que l'on s'apprête au deuxième tour des élections en France, c'est notre fête, la Fête de l'IRIS.

Je vous ai donc réservé une surprise.

Des caisses à savons, nous en avions eu en 2008 pour la même occasion. Il faisait, alors, 25°C. Cette fois, il faudra se contenter de 10°C.

Alors, pour les photos de ce matin, avant toutes les télés du monde : les voici.

 

01/05/2012

La cerisaie au printemps et à Toots' Suite

Premier mai, jour du muguet porte-bonheur. En plus, c'est la fête dutravail. Je n'ai pas souvent écrit de billet en hommage à quelqu'un de célèbre. Je l'ai fait pour Bourvil. Dimanche dernier deux événements en opposition. La mort d'Eric Charden, après une longue maladie, alors qu'on l'avait vu chanter encore avec son épouse, Stone, le dimanche d'avant, à Vivement Dimanche chez Drucker. Donc, un premier hommage. Puis, un autre, le même jour, un anniversaire, celui des 90 ans de Toots Thielmans, ce ketje de Bruxelles, né dans les Marolles à la rue Haute et qui, avec son harmonica, a joué avec tout le monde. Hommage à la vie, au renouveau, donc, que cette promenade à laquelle je vous invite aujourd'hui.

0.jpg

Une cerisaie, c'est un endroit où l'on plante des cerisiers. Chercher le mot sur Wikipedia, on apprend que c'est un parc lyonnais. une pièce de théâtre de Tchekhov.

J'ignorais tout cela. 

A Bruxelles, plus confidentiel, plus intimiste, il y a un quartier très spécifique où fleurissent, au printemps, les cerisiers du Japon.

Nous sommes, donc, au printemps depuis plus d'un mois déjà. Tout renait, oui, mais on croit que tout va être beau et chaud. Cette fois, on s'étonne que la saison ne soit pas aussi belle que la référence de l'année 2011. Cette année-là, l'été, avait devancé le printemps et réservé les pluies, les giboulées, les tempêtes et les catastrophes pour l'été.

Pendant ce mois d'avril, les températures ont été en dessous des normales saisonnières. Vingt jours de pluies. On commençait à prier pour que le soleil revienne sans qu'il soit suivi par des averses.

Je connais le dicton, "en avril, ne te découvre pas d'un fil, mais en mai, fais ce qu'il te plait", mais il ne faut pas trop pousser la chansonnette sans réfléchir.

Changer de braquet, voilà ce qui s'imposait. Oublier les crises et tout le reste. Faire du tourisme en local avec des yeux neufs... à vélo et changer les sujets et la forme d'écriture.

C'était, ce jour-là, le 22 avril. La France monopolisait les esprits avec le premier tour des élections présidentielles. A Bruxelles, les électeurs potentiels français avaient, nombreux, retrouvé les urnes au Heysel.

Du côté climat, je vous le disais, il fallait faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Un bataillon de nuages se dépêchaient d'être les premiers pour nous tomber dessus, dans un ciel mi-figue, mi raisin avec une température qui plafonnait, péniblement, à du 8°C.  

J'ai enfourché mon vélo. Des averses étaient prévues. Quand il pleut, le vélo, je n'en fais pas volontiers. Mais, prenons des risques. 

Un plan précis: voir où en était la floraison des cerisiers de Watermael-Boitsfort. Cela faisait quelques temps depuis ma dernière visite. La bien nommée "Cité-Jardin des Logis et Floréal" attire pour l'occasion beaucoup plus que d'habitude, de visiteurs et de photographes, de peintres en herbes.

Plantons le décor, avant de continuer:

"Les premiers logements sociaux belges virent le jour après les grèves de 1886. La révolution bolchévique suscita un regain d'intérêt pour le logement à bon marché après la grande guerre. L'architecture moderniste nait avec l'art deco. Ces cités jardins datent de la période 1922-1949, conçues par les architectes Eggerickx et Van der Swaelmen. Le non remboursement des dommages de guerre allemands obligea les promoteurs à modifier leur projet. Ce sont deux cités-jardins, côte à côte, probablement les plus connues et les plus importantes de par leur étendue et leur qualité. Inspirées des réalisations de style cottage anglais et de cités sociales néerlandaises. Elles sont aujourd’hui classées et ont servi à plusieurs reprises de décor pour le cinéma. Les Cerisiers du Japon bordent toutes les voiries. 

Le Logis, au total, 726 maisons unifamiliales, sur 32 ha, sur le site dit des "Trois Tilleuls". Des boiseries de couleur verte et des rues portant des noms d'animaux.

Floréal, au total, 350 maisons unifamiliales, sur 17 ha, construites à l’initiative d’un premier noyau d’ouvriers typographes du journal "Le Peuple". Des boiseries peintes en jaune et des rues qui portent des noms de fleurs. La végétation tient un rôle important et un labyrinthe de chemins piétons serpente entre les jardins plantés d'arbres fruitiers. Le terrain au relief plus marqué que celui du Logis offre un plan plus pittoresque épousant les courbes de niveau.".

Oui, vous avez bien lu dans la description de Watermael-Boitsfort, c'est la commune la plus prospère de Bruxelles, avec son revenu annuel moyen par habitant  de 15.541 € (en 2005), le plus élevé de la Région de Bruxelles-Capitale. Et vous avez aussi lu qu'au départ, cette cité jardin était réservée aux ouvriers du journal du peuple. Ceci démontre le paradoxe de Bruxelles. Une ville riche et pauvre à la fois, tout dépend du quartier, de la parcelle de terrain dont on parle.

En chemin je ne sais pourquoi, j'avais entamé la chanson "Les cerisiers sont blancs" de Gilbert Bécaud. La chanson me revenait à l'esprit sans même réfléchir. Non, ils n'étaient pas blancs, les "Prunus serrulata" dit "cerisiers du Japon". Ils étaient toujours bien roses.

Devant moi, pour y aller, la montée, bien forte, se dessine, dure. Un restaurant indien, "La rive du Gange", à ses pieds. Des souvenirs de près de trente ans me reviennent. Je l'avais fréquenté très souvent, alors qu'il avait une cuisine bien française.  Une fois, arrivé au sommet, aux "Trois Tilleuls", on arrive à l'altitude 100. Replantés, trois jeunes tilleuls, encore bien chétifs, avaient pris la place des anciens, probablement trop usés par le temps et la polution. Une plaque, don de la Chambre de Commerce belgo-japonaise, dit "Au 18ème siècle, cet emplacement servit de point de repère et de signal géodésique au lieutenant-général comte, de Ferrarris chargé de dresser la carte des Pays-Bas".

Ce comte n'avait, manifestement, pas dû monter à vélo mais, à cheval, sans se fatiguer.

Sinon, tout le reste était identique à mes souvenirs, toujours en couleurs avec des maisons aux boiseries bien peintes en vert au Logis ou en jaune, à Floréal, mais toutes deux, cerclées de noir.

Et ensuite, ce fut le Temps des Cerises qui me vint à l'esprit. Une chanson triste, dont les paroles furent écrites en 1866 et dédiée par l'auteur à une infirmière morte. Non, ce n'est pas la version chantée par Yves Montand qui me venait dans la mémoire, mais celle jouée à l'harmonica par un véritable ketje de Bruxelles, Toots Thilemans qui a fêté ses 90 ans le 29 avril.

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur !

Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles...
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour,
  Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour...
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour !

J'aimerai toujours le temps des cerises,
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !

Et dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saurait jamais calmer ma douleur...

J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !

Une invitation au karaoké, puisque sans paroles dans cette version à l'harmonica. 0.jpg

Une histoire longue comme le bras, que celle de Toots Thielmans. Et un album de souvenirs musicaux à la pelle.

J'aime les gens qui restent simples malgré leur célébrité. Toots n'a jamais renié ni oublié son origine avec son accent du terroir, c'est déjà bon signe. 

Mais, après le karaoke, nous ne sommes pas là pour pleurer, pour parler uniquement avec le cœur, ni pour reconstruire l'histoire, même si l'envie de la changer est parfois bien présente pour calmer les douleurs de crises qui s'éternisent. Il s'agit de reprendre la bicyclette. 

Au retour de cette promenade, ce fut la "drache" avec des grelons. Je n'eus que le temps de m'écarter de mon chemin, en me réfugiant, sous une aubette de tram et attendre que cela passe. Un climat tempéré qu'ils disaient de notre pays!

Après cette dédicasse, il me reste à écouter quelques vieux morceaux.

Toots serait donc un harmoniciste. L'harmonica a une origine assez floue, est il remarqué. Le Larousse lui donne une origine pour le moins bizarre (mot angl., du lat.). 

N'est-il pas, surtout, le symbole de l'harmonie, du gr. harmonia, assemblage)?

C'est ce que fait exactement Toots qui assemble tous les autres instruments sous sa direction.

Bonne fête du travail, du muguet à tous et à Toots's Suite.

Et ensuite, pour vous et pour moi, restent les images de la promenade.

Les mots, comme les images, nous font fantasmer, nous trahissent ou dépassent souvent nos pensées, mais ils ont l'avantage de ne pas voir le temps passer, alors qu'ils ne sont que le reflet d'un instantanné.


L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Les auteurs de recueils de citations sont comme ces gens qui mangent des cerises, qui commencent par les meilleures et qui finissent par les manger toutes. », Chamfort
  • « La vie est une cerise La mort est un noyau L'amour un cerisier. », Jacques Prévert
  • « Il faut cueillir les cerises avec la queue. J'avais déjà du mal avec la main ! », Coluche