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28/08/2007

Grève autrement

Il y a eu le socialisme et le communisme qui se sont mis dans la bataille contre le capitalisme. Même aujourd'hui pour David, les armes pour contrer Goliath ne sont plus nécessairement ajustées. David reçoit des coups par la bande larvée.

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Dernièrement, la compagnie aérienne irlandaise à bas coûts, Ryanair se plaignait d'avoir subi une grève sauvage dont ils n'étaient pas en cause. Le patron Michael O'Learly n'a pas digéré et l'a fait savoir à la région wallonne ce 21 août. Pour la bonne forme, il réclamait un million d'euros de dédommagements aux responsables de l'aéroport pour avoir été clouée sur le tarmac de Charleroi pendant le week-end du 15 au 17 juin dernier. 22.500 passagers avaient alors été pris en otages de cette "grève sauvage".

Un protocole d'accord pour sécuriser la gestion de la sécurité des aéroports avait été signé avec les syndicats. Mais, cette compagnie n'est pas un modèle de respect vis-à-vis des législations belges.

L'accord était clair: un revenu pour les travailleurs et possibilité, s'ils le désirent, de retourner travailler pour l'administration. En attendant, Ryanair a décidé de suspendre ses réservations à Charleroi à partir du 12 novembre. Bluff? Peut-être. Date du hasard? Non, certainement. Pas de mal pour la période d'été, on assure et on a le temps pour trouver des solutions. Ryanair se dit prêt à assurer ses vols avec "l'assurance qu'une éventuelle grève ne pourra plus bloquer cet aéroport international". Un "Signal fort" est demandé pour mettre la pression au besoin par un coup de force.

L'argent ne semble pas être la seule revendication. Ryanair espèrerait que l'esprit de la grève, lui-même, change. En fait la grève ne serait plus permise dans certains cas. Et si la recherche d'une volonté était plus profonde et n'était pas recherchée? Est-ce briser le pouvoir de grève.

Le ministre des télécommunications, André Antoine persiste et signe: le droit de grève doit être maintenu. Le lendemain, les choses semblent s'arranger. Le million demandé n'était là que pour donner du poids à la revendication. Le lendemain, les responsables de l'aéroport s'envolaient pour l'Irlande pour discuter avec ceux de Ryanair. Fumée blanche, tout est rentré dans l'ordre. Il est annoncé un plan d'urgence qui va être constitué pour "arrondir les angles". On ne dit pas qui et comment on prendra en charge cette nouvelle bouée de secours. Mais, supposons le problème résolu et n'en parlons plus.

De quoi débattre à nouveau sur le service minimal?

En juillet, déjà, la question s'était posée dans le sens de revoir la notion d'"emploi convenable". Cette notion permettrait un service minimum dans les ports et les aéroports. L'Echo en parlait dans un article qui avait pour chapeau: "Cette mesure devait faciliter la mobilité régionale des travailleurs", cela en marge du rapport de Didier Reynders dans son rapport au Roi. Il était question d'une discussion entre les acteurs riverains de l'aéroport et du patron de Belgocontrol. La logistique est bien entendu importante pour un pays. Veiller à l'accessibilité en toutes circonstances des aéroports. « Bloquer » est le mot qui énerve. Une zone neutre comme un Parlement est même envisagée. Annoncer 48 heures avant une grève, un mot d'ordre de grève, préconisé par Nicolas Sarkosy qui a aussi dû plancher sur le problème. Ce qui, il faut bien l'avouer perd un peu de son « sel ».

La question à se poser est simple comme toujours: "jusqu'où aller trop loin en croyant gagner la proie pour l'ombre?". La lutte des classes existera toujours. Les compromis, toujours eux, pourront sauver des situations conflictuelles. Probablement.

Où est la limite de l'acceptable. Si la force du travail avec les syndicats lâchent du lest et qu'on interdise la grève dans certains cas, soit par une formule de service minimum, soit en refusant ce droit parce qu'on ne peut plus assumer un service parce que les effectifs trop réduits ne le permettent pas, que se passera-t-il?

Comment contrer un patron qui dirait que son staff en entier est absolument nécessaire en toute occasion et qu'ainsi, une grève serait complètement mal venue et préjudiciable pour l'économie du pays?

Quelles seraient les professions qui pourraient user encore du droit de grève sans risquer un retour de flamme devant un juge?

Tous conflits futurs proposés à la justice se réfèreront d'une manière ou d'une autre au poids de la jurisprudence.

A des arguments aussi convaincants que répondre? La population et les consommateurs des services sont eux-mêmes souvent lésés et considère que quand cela va trop loin, cela commence à bien faire.

J'avais écrit dans le passé un article intitulé "Grèver la grève" pour un conflit ancien qui avait généré des piquets de grève, des manifestations musclées très durs en Belgique.

Alors, que dire pour avancer le schmilblick?

5aefde333991f3863703bc9f601bd3a3.jpgComment exprimer son ralbol devant une situation inextricable sans rendre difficile ou inextricable la situation des "voyageurs du même temps mais sur des voies différentes". Ce voyageur est le consommateur dans la triangulaire.

La grève est affaire de combat dès le début et sans elle, y aurait-il une véritable classe moyenne qui serait née chez nous pendant le 20ème siècle? La Chine n'est qu'un des exemples connus du résultat de cette absence.

La grève ne pourrait-elle trouver une autre forme par les résolutions des problèmes et les conflits de pouvoir? Question difficile et je n'ai pas vraiment trouvé une option adaptée à toutes les situations.

La solidarité dans la compréhension des buts à atteindre par exemple? Etre dans le même bateau ne veut pas dire couler ensemble.

En Belgique, dans le secteur des transport, des tentatives de solutions avaient été utilisées en ne faisant pas payer à l'utilisateur le titre de transport en commun à l'entrée. Les utilisateurs en étaient évidemment à s'en féliciter par cette initiative.  

A la suite d'une augmentation des prix à cause de l'euro, l'Italie avait boycotté les commerces pendant une journée de grève de ... la consommation.

Dans un monde démocratique, qu'espérer de mieux qu'une franche explication sans effusion de sang, ni grosses colères, mais avec efficacité sur le domaine sensible de l'économie et de l'argent, nerf de toutes les guerres? Une sorte de responsabilisation du client qui se trouve un jour ou l'autre sur un des bancs de gauche ou de droite. Les problèmes peuvent ne pas être uniquement au niveau "fournisseur" mais se répercuter au niveau "client". Une sorte de conscientisation de tous les acteurs à tous les niveaux de la chaîne. Une concurrence qui élargirait le cadre de la production pour augmenter la qualité de l'ensemble. Tout ne trouve pas solution par cette voie, bien sûr. Ne pas en tenir compte...

Je viens de lire dans la presse qu'au sujet de la consommation, il y aurait de plus en plus de rappels d'articles défaillants (poupées, hamburgers, appareils électriques, véhicules, cosmétiques...). Il y a manifestement un problème qui plombe bien plus que les travailleurs.

Internet est l'outil qui est sous la main de chacun et à portée de click. Il ne sert pas qu'à vendre. Et, en plus, il dépasse allègrement toutes les fontières. Mais seul la solidarité restera seule efficace.

Autant s'en souvenir.

 

L'enfoiré,

 

Déjà discuté sur Agoravox

 

Citations:

 

  • « La tendresse du père est presque toujours en conflit avec les intérêts du chef », Marguerite Yourcenar

  • « Quand, dans un État, vous ne percevez le bruit d'aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n'y est plus. », Edouard Herriot

  • « Nous avons tous trop souffert, anges et hommes, De ce conflit entre le Pire et le Mieux. », paul Verlaine

  • « Les difficultés doivent pousser à l'action et non décourager. L'esprit de l'homme se renforcera par le conflit. », William Ellery Channing

 

22/08/2007

Symphonie indienne

L'Inde est la deuxième nation la plus peuplée du monde avec plus d'un milliard d'habitants. Véritable mosaïque mélangée entre cultures et religieux. Depuis le 15 août 1947, indépendance et démocratie. Chez nous, depuis quelques temps, dans plusieurs sociétés commerciales, l'outsoucing offshore n'a plus de secret. Elle existe dans les activités de la TIC (Technologie, Information, Communication). De l'autre côté, sur place, comment s'en sort-on?

 

27570ac48020dbdf395d8ee05ed4fd3b.jpgARTE programmait pour l'occasion son "Thema" ce 12 août. L'immense marché potentiel indien affiche 9% de croissance par an et il est le seul avec sa main d'oeuvre qualifiée qui puisse faire contrepoids à la Chine. L'Inde est le premier exportateur au monde de services d'aide à la programmation informatique et d'experts en pharmacologie et en biotechnologie. Huitième importateur de produits belges. Les pierres précieuses, par exemple, représentaient en 2004, 85% des exportations belges. Les textiles indiens suivent le chemin inverse.

Un million de diplômés par an souvent en provenance des universités de type "américain". Les sociétés d'informatique ont montré le chemin de cette importation de travail en provenance de l'Inde. Les banques, la distribution et beaucoup d'autres secteurs de l'économie ont suivit en délocalisant leurs activités annexes, en ouvrant une filiale à dans le Sud rural ou en recrutant des ingénieurs locaux pour les importer ensuite en Europe et palier une soi-disant pénurie d'informaticiens. Pénurie surtout d'ingénieurs bon marchés.

L'Inde est constituée de 28 États avec une vingtaine de langues officielles. Hindouistes, musulmans, sikhs, jaïns, chrétiens se partagent le domaine du culte. Le capitale du Karnataka, Bangalore, temple de l'informatique continue de manière exponentielle son Big Bang comme plus gros fournisseur de main d'oeuvre qualifiée dans la haute technologie mais dont les campagnes restent malgré tout sous-développées.

Mais, l'Inde n'est pas Bangalore, les agriculteurs ont aussi des griefs. Cette video en apporte la preuve.

Seuls freins à son expansion, son opposition chronique avec le Pakistan, le pouvoir des autocrates, une administration corrompue et le système des castes toujours bien ancré au sein de la société. Un tiers de la population vit avec un dollar par jour et on compte 40% d'illettrés. L'Inde tisse sa toile sur toute la planète. C'est un fait. Elle s'intègre, elle rachète des sociétés européennes et américaines. Elle ne s'accorde pas facilement avec ses concurrents directs la Chine et le Pakistan. Les normalisations bilatérales de 2003 ne sont que des exemples de recherche de dialogues. En 2030, elle aura probablement dépassé la Chine en population. Pour les États-Unis, elle reste le partenaire potentiel dans la gestion de l'ordre global. L'océan Indien et les relations avec l'Iran sont un peu les chasses gardées de l'Inde.

7b374f28034c4fafdf1bdd0cabf8f402.jpgRevenons dans le secteur informatique privilégié.

De ce côté, Jacques Dutronc devrait chanter une version du genre "un million d'informaticiens indiens et moi, et moi, et moi?"

La situation évolue très rapidement. Les rotations et les chaises musicales ont aussi démarré en Inde. Un nettoyage à 50% du personnel dans l'année n'est pas rare désormais. Comme partout, on joue des coudes. Une fois qualifié, avec l'expérience requise, l'ingénieur indien a des envies bien naturelles de changer d'air et de partir chercher fortune en fondant sa propre société. L'Europe, d'abord, par Londres, en premier. Les États-Unis pour conclure et installer son aura de manière définitive comme base de lancement finale à sa propre société, avec le réseau des compatriotes restés au pays.

Des projets à longs termes sont les plus prisés. Des possibilités d'être envoyé parfaire les formations dans les pays européens est aussi une manière de garder le sourire. Mais, sortons de cette vision pour faire le saut dans l'autre environnement.

Un article de l'Echo attirait, en mi 2006, mon attention. Sous une série d'articles avec pour titre générique "Ces Belges qui travaillent à l'étranger", il s'agissait, cette fois, d'un ingénieur, Daniel Mertens, envoyé par Tractebel du Groupe Suez, qui avait dû revoir sa conception de ce que pouvait être mener un projet, seul, dans l'aventure du management avec à son bord 150 ingénieurs indiens. Son expérience m'a paru intéressante pour en apporter quelques idées. J'y ai ajouté des impressions vues par l'autre bout et par mon expérience.

Notre ingénieur belge, lui aussi bardé de diplômes et surtout d'expériences acquises sous toutes les latitudes racontait son histoire "Au pays des maharadjahs".

Il n'en était pas à son coup d'essais, trente ans déjà, avouait-il. Donc, les histoires du terroir et de folklore, il connaissait. Les projets qui se construisaient autour des chantiers gaziers ont toujours été sa passion et de son métier toujours entouré de gens de couleurs et de coutumes diverses.

Le Congo, Singapour et cette fois, New Delhi se succédaient dans ses pérégrinations et ses découvertes de petit belge aventureux, réédition de Tintin.

Marié lors de son passage à Singapour, il s'était fait aider, alors, par son épouse d'origine de Singapour, pour son initiation et son intégration. Cette fois, c'était sans tuteur ou tutrice qu'il devait se caser et trouver sa niche agréable. Six mois avaient été nécessaires pour s'adapter et trouver des marques dans ce pays haut en couleurs mais aussi aux coutumes ancestrales et parallèles aux nôtres.

Un logement à trouver, tout d'abord, mais pas n'importe lequel. C'était le pays des castes. Il ne s'agissait pas, même si le temps le permettait, d'établir ses pénates à la belle étoile. Il fallait positionner son niveau au "juste prix". L'habitation restait un luxe adapté.

L'étape suivante, c'était équiper cette maison. Et là, les choses se corsaient vraiment. Les produits "made in India" trouvés de ci de là, n'avaient pas la solidité, escomptée à ses yeux, et reflétée par les étiquettes quand celles-ci existaient. Il fallait avoir des adresses fournies par le bouche à oreille pour arriver, enfin, à trouver son environnement immédiat à la hauteur de ses ambitions et ses habitudes européennes de confort. Dans un pays où on manque un peu de tout, les bricolages des artisans faisaient offices de « nec plus ultra ». Se mettre au diapason était décidément une opération de haute voltige et il fallait ajuster ses ambitions en conséquence.

Le temps passait et il fallait bien entreprendre la partie de ce pourquoi on était là.

Donner des délais, établir un planning ne semblaient plus avoir la même rigueur habituellement exigée par les grands pontes des pays dits plus conformes aux normes.

Un calendrier, on connaissait mais c'était plutôt décoratif sur le mur. Déléguer une tâche à quelqu'un n'était pas non plus une affaire d'accord entre deux personnes. Beaucoup de deuxièmes couteaux étaient de la partie et les responsabilités étaient partagées sur plusieurs étages. La cascade d'ordres allait devoir se déverser de proche en proche, de haut en bas et remonter en douceur une fois le travail effectué. Faire le casting de son bras droit était primordial pour effectuer la vérification intermédiaire. Sans cette étape, les dates butoirs n'auraient qu'une raison d'être que pour établir le nombre de jours de retard. Ce qui ne n'était évidemment pas du goût des procédures liées au secteur gazier.

Alors, quant à l'horaire, il valait mieux parler d'autre chose. Le sacro-saint week-end ne se retrouvait pas dans la charte du travail et il fallait être disponible de 9h à 21h, week-end compris, pour être sûr de faire progresser au mieux le projet.

Si le téléphone sonnait pour questionner le chef, il fallait décrocher le cornet en oubliant sa vie privée. Cette obligation était effective par l'interne et l'externe avec les fournisseurs commerciaux. Dans le même temps, ou en contre partie, les fêtes religieuses ou plus prosaïquement du mariage étaient nombreuses et devaient être respectées à la lettre même s'il s'agissait de 2 ou 3 jours.

Ce chef délégué sur place, venu d'un autre ailleurs, en arrivait vite à se demander s'il était payé en fonction des heures prestées.

A l'étage du dessous, on ne discutait pas un ordre venu d'en haut même pas pour donner un avis contraire justifié par une expérience de terrain. On ne disait pas "non" par politesse et par pure déférence à son interlocuteur gradé. Le savoir devait être respecté. Le chef avait ses raisons et on s'adressait à lui comme à la "bonne parole". Le bras droit désigné avait ses prérogatives et occupait heureusement sa place d'interface dans les tâches d'intendance.

N'étant pas indien et donc sans castes, il fallait jouer les arbitres ou de paratonnerre à force de persuasions et de bonnes volontés. Déléguer toujours les tâches qui n'avaient pas d'importance valorisantes et seulement, ces dernières, restaient le "must" réservé sous peine de perdre une place dans l'esprit hiérarchique. L'oublier, c'était générer l'étonnement et la grogne larvée. L'Indien voulait bien faire son travail, c'était visible. Mais, problème de culture, allait-il comprendre toujours la finalité ou se lancer dans une interprétation de ce qu'il croyait avoir compris?

Le pardon de l'"erreur d'appréciation" du chef étranger devait ensuite être accordé de bonne grâce avec le sourire qui effaçait les pires bévues. Le chef, lui, avait le devoir de comprendre pour fidéliser ses troupes. La mentalité d'un autre monde ne s'apprendrait pas comme une science? L'histoire ne dit pas si l'étude de l'hindi était au programme dans son travail de parachèvement du transfert d'information par la suite.

Dur, dur, la vie de cornac.

Mais s'adapter à ce genre de situation n'était-ce pas une expérience de plus à faire valoir aussi, pour plus tard, de retour sous des cieux plus pluvieux?

Si ça coince, il sera toujours possible de se reconvertir par après, de ressortir sa baguette et de mener le grand orchestre. Une symphonie est toujours construite avec un allegro moderato, un andante con moto. Espérons seulement que l'allegro con fueco finale ne prenne des allures de cacophonie surréaliste. Et, cela, ici ou ailleurs.

Ce ne sont qu'une série de constatations et d'expériences qui devraient se retrouver dans le manuel du parfait voyageur avec la mention "Autant savoir". Le voyageur qui souhaite la réussite de ce grand pays peut se préparer à une amère déception lors de sa visite en milieu rural. Tirer parti de cette population-là n'est pas toujours à l'ordre du jour.

Ce témoignage datait de l'année passée. Les choses changent très vite.

Alors, en attendant, il mangeait probablement du riz très épicé et il buvait du thé en silence et religieusement.

Tout était une question d'habitude.

Son retour était prévu en 2007. Aura-t-on la suite et fin de l'histoire ?

Son rêve, il l'a dit, était de retrouver les journaux à heure et à temps, un pique-nique sur la terrasse en famille, hors de l'air conditionné, faire ses emplettes au supermarché et, pour finir, bien belge, une bière, le chocolat et le "moules et frites", mais, pas ensemble, évidemment. Il faut bien cela pour se faire une nouvelle santé.

 

L'enfoiré,

Même article sur Agoravox avec des commentaires

Autre article sur le sujet  "Le nouveau géant émergent".

Citations :

  • "Le Moyen Age est un monde merveilleux, c'est notre western, et en cela il répond à la demande croissante d'évasion et d'exotisme de nos contemporains.", Georges Duby

  • " La cloche dit : Prière ! Et l'enclume : Travail !", Victor Hugo

  • "L'Inde a ceci d'extraordinaire qu'elle est l'un des rares pays au monde où des gens vivent ensemble en relative harmonie alors que plusieurs siècles les séparent", Pr G.Metha

  • "L'Inde est l'endroit idéal pour apprendre à concevoir et à produire des investissements limités", Carlos Ghosn (Renault)

  • "Contrairement à la Chine, en Inde, l'initiative revient aux entrepreneurs", Anand G. Mahindra (Logan)

Pour terminer pourquoi pas une petite réflexion blague pleine d'intimité en provenance de Bangalore en anglais? Je n'ai pas la version hindi.
DADDY! HOW WAS I BORN?" Junior asks his dad, His dad, who is a software engineer sighs and replies, "Ah, my son, I guess one day you would have to find out anyway!"
"Well, I saw your Mom and I first got together in a chat room on MSN. Then I set up a date via e-mail with your mom and we met at a cyber-cafe. We sneaked into a secluded room, where your mother agreed to a download from my hard drive. As soon as I was ready to upload, we discovered that neither one of us had used a firewall, but it was too late to hit the delete button."

"Six weeks later your mom sent me an instant message saying that her operating system was showing signs of unauthorized program activity from a self extracting file which had implanted in her BIOS. Then nine months later a little Pop-Up appeared and said:
You've Got Male'!"


16/08/2007

Marchands de petites histoires

"Hétéroclite et insolite" sont les mots qui viennent à l'esprit à la vue d'une brocante, d'un marché aux puces. Pourtant, un certain charme envoûtant demeure.

0d2f2bf4c59ea10392d3f4ce79d2e54f.jpgCe n'est pas un marché comme un autre. C'est une braderie où l'on brade le passé. Les brocantes sont toujours les antiquités du pauvre. Quand elles passent un autre cap, elles ne se retrouvent plus à mène le sol mais derrière des vitrines bien éclairées. Celles-ci se doivent seulement de sortir de l'ombre, en plein jour, pour exister et espérer reprendre de la valeur dans l'imagination du visiteur d'un matin. Le marchand de ces objets n'est que l'intermédiaire distrait des petites histoires du réel vendeur dont on a oublié jusqu'au nom. Les acheteurs de tous les horizons sont là à l'appel. Moments de vie que l'on vient voir par curiosité plus que pour le plaisir d'acheter. Quoique... la belle affaire attire comme l'aimant.

Le plus souvent, les matins de week-end sont réservés à cette sortie dominicale. On faisait jusqu'ici grise mine dans les rangs des vendeurs et des acheteurs. Les dimanches se ressemblaient un peu trop l'air renfrogné et grisaillant. Ce matin, 5 août, le soleil est encore bas sur l'horizon, mais bien présent déjà. On sait qu'avec une journée, telle que celle-ci et qui fait soudain commencer réellement l'été dans la pratique, cela allait faire du monde. Alors, on se rassemble, on se rencontre sur la grande place. 

Cette rencontre avec le passé se fait souvent  bizarrement dans le voisinage des églises. L'affluence est là, silencieuse, religieuse ou bruyante et dépendante des tempéraments, des origines des interlocuteurs vendeurs ou acheteurs.

52227b8e3e6ae44d6c1783db76b1c8bb.jpgLe moment est solennel, mais on n'y pense plus. Le présent va rencontrer le passé pour espérer créer le futur. Les "vide-greniers" ont fait ample moisson de choses d'un autre temps, d’une époque complètement révolue même et qui se réfugie dans les souvenirs les plus reculés. On vend de tout sur ce marché, sur ce bazar de l'insolite.

Avec mon vélo à mes côtés, mon appareil numérique en batterie, je m'avance, je fends la foule bien décidée à réveiller ces objets par l'esprit. On va "chiner", on va fouiner, on va brocanter. Pour y arriver, on est près à vendre son âme au diable. Pour se faire, blaguer, charrier, plaisanter, critiquer, râler sont les verbes qui vont le mieux dans le décor. b9f27fbea3e73ebf117a06900b20c6a4.jpg

Les échoppes d'occasions sont là, tantôt à même le sol, tantôt sur des présentoirs en échafaudage patiemment agencés pour offrir le maximum d'impact dans le domaine de l'imaginaire ou du rêve tortueux. 

Pas moyen d'énumérer les objets qui vont défiler dans l'espace restreint: des vieux bouquins, des tableaux voisinent avec des miroirs, des fers à repasser, des abat-jour, des machines à laver dont on ne doit surtout pas demander le certificat de garantie..... des éléphants roses ou peut-être au fond d'une boîte, la perle du Bengale. Parfois, au sortir d'un détour, on aperçoit une belle commode qui dérange le désordre établi avec l'imagination du hasard.

141118a45ce471b554beb5afbe8011a1.jpgPour ajouter à l'exotisme, les vendeurs se sont habillés en dignes représentants camelots. L'exotisme est de la partie.

Non, nous ne sommes pas dans les souks, enfermées à l'abri du soleil. Souks qui feraient resurgir les souvenirs des vacances récentes, nous sommes au grand jour, sur une place inondée de soleil.

Les prix chantonnent doucement. On ne compte pas en milliers d'euros. On se trouve à l'étage bien en dessous. Il ne s'agit pas d'antiquaires de la place du Grand Sablon de Bruxelles. Sur la plus connue Place du Jeu de Balle dans les Marolles, les antiquaires supplantent aussi de plus en plus les brocanteurs au grand dam de ces derniers et des habitants qui touchent parfois les mêmes secteurs d'activité.

Nous sommes sur une place d'une commune près de chez moi. Dans le même espace temps, je suis sûr que les mêmes scènes se déroulent de multiples fois.

La nostalgie est bien là, lassive. On prend en main certains objets, délicatement, de peur de casser. On se questionne parfois, mais que vais-je pouvoir faire de cela dans mon intérieur cossu? Et, puis tout à coup, étincelle: "et, si je mettais cette assiette au côté de celle que ma donné grand-mère qui y tenait tant ?". 

48f0fc78af01793aa537b7288acee368.jpgOn achète pourtant sans beaucoup réfléchir. L'hésitation n'est que passagère. Pris dans un engrenage avec molette à deux direction: "oui" ou "non". Le "ce n'est pas cher", l'emporte à coup sûr pour effacer le "peut-être".

On le serait à moins. Tout ce qui se trouve ici a été récupéré dans les greniers pour pas grand chose. Le pourfendeur des greniers délaissés a plus pensé à la quantité qu'à la qualité. Du moins, c'est ce qu'il a laissé comprendre au vendeur initial de ce passé d'occasion.

La Tranche Valeur Ajoutée viendra plus tard. Ici, même, peut-être, sur cette place de soleil vêtue.

Les objets ont accompagné des vivants qui ne sont plus là pour en discuter les prix. Ils auraient certainement refusé de lâcher l'objet de nombreuses fois époussetés, usés presque par le frottement de la main caressante et par le temps. Ces objets, ils veulent encore vivre dans une autre vie. Un objet ne meurt pas comme un humain. Ils se soignent, ils se bichonnent avant et peut-être bien par après pour ressusciter. Ils sont uniques par par leur physique mais aussi par tout ce qui l'ont fait vivre. Ils ont trop de choses à raconter pour celui qui sait les entendre, avant de tomber définitivement, lamentablement dans la poubelle ou dans l'oubli définitif et irrémédiable.

Je disais "hétéroclites", particuliers certainement, ces objets. C'est évident. Une vie n'est pas une autre. Celle-ci s'est effilochée dans le pluralisme et la diversité.

925928f12fe3ff07e13eec5cd7107fbf.jpgPourquoi d'ailleurs chercher à rassembler les exemplaires d'un même assortiment? Tout s'éparpille, se dissoud dans l'environnement créé par le hasard.

Nous, humains, ne sommes pas des clones non plus et, certes, un peu plus que des "objets" du passé. Chacun, en écho avec les objets de son environnement, y a mis du sien, de sa personnalité. Là, réside la valeur ajouté. 

Je m'arrête. Je plonge la main vers un disque 33 tours qui me ferait ressurgir une musique bien connue. Un Nat King Cole de première. Vais-je me renseigner sur le prix? Non, je suis à vélo. Comment pourrais-je emporter ce souvenir sans risquer le casser? Et, je le remets dans sa caisse, malheureux, lui et moi, désolés de ne pas avoir fait plus ample connaissance. Peut-être m'aurait-il fait danser comme il l'a certainement fait dans le passé. Perte sèche pour moi.    

Tout à coup, je suis sorti de ma rêverie. Mon vélo gêne un acheteur qui me le fait remarquer de manière assez ostentatoire. Je dois dégager. Ce rappel à l'ordre était certainement nécessaire. Rêver n'est pas salutaire pour tous. La réalité a de ses lois où la raison et le temps prennent la prépondérance.

Les magasins qui bordent  la place n'en ont cure. C'est dimanche, on se ressource pour le lendemain.  Car, demain, c'est un autre jour. Celui-ci aura été un intermède. La folie, il faut bien qu'elle trouve des exutoires. 

Je souris et je m'avance un peu plus loin après une dernière photo.

Un air de revanche se dessine sur mes lèvre et je plante là mon "disturbateur" en lui disant que j'ai rendez-vous avec Louis, La Brocante, un peu plus loin. Il me regarde étonné de cette familiarité mal venue. Il ne cherchera pas à me comprendre. Il s'écarte et ne pense déjà plus à moi. 

Le monde du réel est bien plus dur. La lutte entre les vides-greniers, les brocanteurs professionnels et les antiquaires n'a pas fini de faire du bruit pour dénoncer une concurrence déloyale entre ces vrais et faux métiers. Commerce parallèle et en décallage? Vu la situation économique paupérisante, ce marché attire de plus en plus de monde. Ce n'est plus l'attirance vers l'ancien seul qui prend le pas, mais la recherche de l'utile au meilleur prix. Peu importe le vieillissement. Des paires de chaussures de deuxième "pied" sont là pour le faire comprendre.

Alors, vendre pour combler un manque, oui. En supporter les charges, il faut y passer pour éviter de déforcer l'entièreté du commerce. Quand les gros sous entrent en jeu, des règles s'imposent plus drastiques et plus lointaines du rêve dans lequel j'avais commencé cet article.

Il paraîtrait même que les brocanteurs ont leurs secrets d'après Hubert Duez.... Un autre brocanteur (à Londres, cette fois) parlait de son métier. Dans un autre temps, en 1769, la brocante avait également son histoire.

Personnellement, je me devais d'écrire ce billet sur le vif, sur place, en direct indépendamment de l'aspect économique pourtant bien présent.

Chacun son truc et sa vision. Chez moi, l'hétéroclite finit toujours en hétero-clic ou en hétéro-script.

Michel Jonasz chantait "Le Brocanteur" pour nous en rappeler les fondements tandis que Serge Lama, lui, l'associait à une vieille qui inspire à une nouvelle vocation.

J'espère seulement avoir réveillé vos imaginations, vos rêves par cette matinée dominicale.

Qui sait, à l'intérieur d'un de ces bibelots d'une de ces lampes du passé, y aura-t-il un sortilège compris dans le prix? En héritier, notre rêve serait alors devenu réalité pour pas grand chose.

 

L'enfoiré,

Sur Agoravox, sur le sujet, on chine ou chinoise? "Les puces: émotions durables?"

 

Citations:

 

  • « Vieux foin est difficile à enflammer, plus difficile à éteindre. », Miguel de Cervantes
  • « N'importe quel objet peut être un objet d'art pour peu qu'on l'entoure d'un cadre. », Boris Vian
  • « Nos coeurs et nos greniers sont des cimetières d'objets. », Monique Corriveau
  • « Plus un objet nous devient précieux, plus il nous semble fragile. », Madeleine Ferron

 

Des images de la Mecque bruxelloise de l'antique

08/08/2007

Mariage distancé

La différence d'âge entre les époux ne fait plus l'exception. Problème ou éblouissement de notre époque?


40935a102fd09723342f22f959edc7c5.jpgLe 19 février 2006, Michel Drucker recevait
Francis Perrin dans son émission "Vivement Dimanche". La carrière bien remplie de cet acteur au cœur tendre et au rire généreux nous était montrée. Son épouse, Gersande Perrin, faisait partie des invités. La différence d'âge des deux époux était bien visible sans être exagérée. Son entrée en scène fut précédée par l'interprétation d'une chanson émouvante composée par elle à l'adresse de son mari. "Nous ne vieillirons pas ensemble" a fait fondre celui-ci et l'émotion était forte sur le visage ridé par les rires habituels de Francis. Sujet humain, intimiste que celui-là. Sujet de notre temps, plus que par le passé ou qui passe mieux l'anonymat. Le showbiz dénombre beaucoup d'exemples: Roger Hanin, Renaud ont refait leur vie en passant par cette alternative. Il est parfaitement vrai qu'une différence d'âge importante entre des époux en début de vie n'aura pas les mêmes conséquences qu'aux moments plus avancés de l'aîné des deux. Le sexe (car, il faut bien parlé de lui quelque part) n'aura plus le même degré de sensibilité dans la 2ème partie, c'est un fait. La pertinence de l'amour en commun, les conciliations auront aussi en principe plus d'efficacité (à part dans des cas repris dans le film "Le chat" qui fait réfléchir) dans cette même période.

La différence d'âge entre conjoints est souvent une cure de sourires sinon de rires pour les commérages. Ceux-ci, sous le couvert du manteau et d'innocences, partie des révélations et de on-dit n'ont pas fini de défrayer toutes les chroniques de quartiers. La rumeur est souvent imprégnée de sottises, de faux semblants.

Des quiproquos loufoques sont aussi du parcours lors de la présentation de la famille ainsi constituée qui suivra immanquablement. Des situations des plus savoureuses peuvent se produire, en effet, quand la jeune fille doit présenter l'heureux élu aux parents qui se sentent, eux, tout à coup, revenus ... dans le coup.  

Comme il faut que jeunesse (laquelle?) se passe, il faut bien avoir des sujets grésillants à se mettre sous la dent. Cette différence est malgré tout plus acceptée avec un homme plus âgé et la femme, sa cadette. Serait-ce pour combler la différence de maturité de l'homme? (oui, dites le, Mesdames...)  La femme qui "se paierait" un plus jeune, on parle de manière péjorative de gigolo. (Comment?)

Très peu analysé, psychologiquement et mis au grand jour, ce problème, si problème il y a, ne se fait écho que dans les journaux à sensations. D'abord confiné, il est vrai, dans les milieux aisés du showbiz et du cinéma, il se répand progressivement dans les étages moins huppés. Tous les amours sont possibles. Il est possible sans préjugés ni mensonges, mais il faut en annoncer la couleur.

Fana de citations, je les prendrai comme charpente à ce billet qui n'est pas toujours "doux" dans toutes les approches possibles.

« Chez l'homme, je cherche le chic, le chèque et le choc », lançait Alice Sapritch qui n'était pourtant pas une reine de beauté comme d'autres collègues du cinéma et du théâtre.

Belle entrée en matière que celle-là ! C'est vraiment un programme à multiples facettes plein d'idées opportunistes.
L'âge du partenaire ne serait plus le vrai problème dans ces conditions.

"L'argent ne fait pas le bonheur" est-il encore bien adapté quand il contribue grandement à son aboutissement en l'occurrence?

Alors, pourquoi s'arrêter en si bon chemin et restreindre un potentiel de choix quand une extension sans limite apporte plus de résultats?

"Un de perdu, dix de retrouvés" est une phrase de circonstance en rapport avec la grandeur de l'événement du mariage. Eddy Barclay, s'il était encore de ce monde, ne contredirait pas cet adage. Mais le coût des "opérations" n'a pas été perdu pour tout le monde, ni pour toutes dans ce monde. En fin de parcours, les avoirs avaient été dissipés dans des coffres dont les prête-noms étaient peut-être bien fictifs par la suite.

L'histoire de Jacques Yves Cousteau a été aussi un modèle du genre de l'incompréhensible et de l'incompressible légèreté de l'âme!   

Mais, malgré ce que pense la plupart, tout n'est pas toujours qu'argent, heureusement. L'âme sœur n'est pas nécessairement là où on la cherche naturellement. Par un échange de "bons procédés", la rencontre inédite teintée de différences notoires peut mener à l'aube d'une idylle très tendre.

Une différence d'âge plus importante que celle attribuée à un retard physiologique bien connu de maturité par rapport à la femme, peut faire apparaître un handicap. Mais, pas toujours. D'ailleurs quelles limites restent dans le domaine de l'acceptable? Rien n'est moins sûr. Une génération? Deux générations d'entre chats? Nous sommes vraiment dans le domaine des cas particuliers.

Une situation mieux assise par une carrière déjà remplie, apporte évidemment, à la compagne, confort et sécurité perdue dans les souvenirs du père.

Si celle-ci est très jeune et vient de quitter le giron du papa, l'image très tendre qui en résulte peut appeler l'élue à des sentiments qui préconisent un certain paternalisme de remplacement.

2b52a0dae37971e915ff634fc9ad3b14.jpgLui, de son côté, est prêt à accorder ce qu'elle désire de bon cœur. Un peu macho, sa fierté de la conquête "interdite" fait toute la contrepartie. Son ego de dompteur reprend du galon. "Sa valeur marchande" est, tout à coup, redevenue intacte. Séduire aussi avant qu'il ne soit trop tard.

L'équilibre est encore moins difficile à réaliser si l'union se fait encore relativement jeune pour les deux.

Les soucis auront tout le temps de poindre avec le temps et l'usure irrémédiable de celui-ci. L'écart ne se creusera évidemment jamais quantitativement mais, plus tard, qualitativement et physiquement.
"Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes". Il n'y aurait donc aucun "lézard"et la morale serait sauve.

Elle le serait beaucoup moins quand cette fraîche union est précédée par une rupture avec un passé toujours bien présent. Si, le "démon de midi" survient et que l'esprit s'échauffe à la vue de toute jupe un peu trop courte, il y a plus à se poser de questions. Le désir de conquête n'est plus vraiment seul dans le parcourt et des dégâts irréparables se pointent. "Changement de viande exciterait-il toujours l'appétit?"

Le phénomène peut très bien être inversé, d'ailleurs. Des dames d'âge mûr peuvent avoir des envies de rajeunissement. Les charmes et la tendresse ne sont plus limités au seul sexe dit "faible".

France2 dans Envoyés Spécial du 6 avril 2006 en parlait avec son reportage "Gambie: charters de l'amour".

Le film "Vers le Sud" avait pour thème ce genre d'aventure d'aujourd'hui.

"Trop jeune pour moi", programmé à la télé en cette fin de juillet, c'était la dame qui avait un peu plus d'heures de vol que le médecin qu'elle convoitait sans oser le dire pour refaire une vie qui s'effilochait.

Dans le registre inversé, un autre film, "Tout peut arriver",  faisait rire avec le personnage bien campé de Jack Nicholson en phallocrate sexagénaire friand de jeunes filles.

A ce sujet, les Agence de voyages jouent également le jeu à fond. Les célibataires sont le nouvel enjeu et leur offrent des formules « adaptées » pour voyageurs en solo. Sous le couvert d'explorations « classiques » culturelles, de découvertes et en se défendant souvent de marcher sur les plates bandes des « agences matrimoniales », ces agences jouent pratiquement la carte de la rencontre un peu moins « fortuite » entre des âmes en perdition. Formule à thèmes? Formule qui resterait encore marginale en Belgique mais un peu moins en France. Sur 13 millions de célibataires français, 70% estimeraient que le voyage est le cadre idéal pour trouver un partenaire.

537dec2ef29b7342acde28b1714cd3fa.jpgInternet, c'était parfois la "mise en bouche" en restant très virtuelle. Il faudra toujours avoir des choses plus "physiques" à raconter au retour, non?

Mais, comme chantait Serge Reggiani, s' "Il suffirait de presque rien", cela se saurait.

Pour remédier les affres du temps, pour paraître, le besoin de rafraîchir une "façade", d'effacer une ride disgracieuse se fait sentir alors du côté de la "malchanceuse", la moins gâtée par l'âge. Un rajeunissement en surface peut huiler certains rouages internes endormis. Le miracle de l'esprit opère parfois mieux qu'un placebo.

La chirurgie esthétique est aussi venue bien à propos à la rescousse pour cet office de secours des âmes en peine. Le business est plus que fructueux. La cure de jouvence ne restaure pourtant pas tout et l'oublier serait ridicule. "Une belle carrosserie" ne fait jamais avancer le moteur qui toussote. Il faudra toujours que la "jeunesse intérieure" se passe et l’âge n’a pas vraiment d’importance.

Une cynique conclusion aurait voulu lancer l'idée qu' "il vaut mieux vivre seul que mal accompagné" ou de cette rengaine bien connu: "il vaut mieux être riche, beau et bien portant que pauvre, laid et maladif".

Trouvez bien tard "chaussure à son pied", c'est bien. Il faudra seulement se donner l'objectif que ce ne soit pas une savate ou une pince sans rire.

Le "Tu t'laisses aller" du grand Charles, a tout de suite été enchaîné par la version féminine d'Annie Cordy, sa complice de toujours.

3f65905ee68c2f674be9a92a8011e0a7.jpgAutre part, je lisais un article dont le titre du début "Nous ne vieillirons pas ensemble" revenait mais cachant un autre aspect de la vie de couple. Cette fois, le chapeau révélait que le nombre de mariages rompus chez les plus de 60 ans était en constante augmentation. Quarante ans de vie commune ne serait plus une raison du sine qua non de la vie en "vieux couple".

Aille... Vivre chacun de son côté semblerait, donc, aux yeux de ces seniors comme la panacée nouveau format. Se reprendre en main était invoqué comme sauvetage à la lassitude. Les enfants, traits d'union, ne seraient plus à la maison pour chauffer la colle. ARTE en parlait et relevait la barre en pourcentage de 28% chez les femmes, 39% chez les hommes. Les quinquas se payeraient cette "folie" à plus de 50%.

Le dialogue et la passion auraient-ils quitté les sexas en période de remise en question ? La retraite est souvent un catalyseur du phénomène. Les 24H sur 24 de présence en commun, les possibilités de reconstruire la jeunesse de l'apparence pour séduire sont des incitants nouveaux portés par la publicité. La femme plus jeune ne serait dans ce cas plus nécessairement la cerise sur le gâteau.

Le "Papy boom", contrat rempli avec le travail de parents, permet des ouvertures qui ne sont pas nécessairement de tout repos dans cette vision d'une 2ème, 3ème vie. Les femmes, par exemples, restent les parents pauvres de la reconstruction. Deux fois plus d'aventureuses que d'aventureux restent en rade. La dernière Saint Valentin avait donné l'idée d'en faire des statistiques. Une personne sur sept vit dans la solitude sans réelle vie affective ou sexuelle. Chiffres qui sont aussi en continuelle augmentation. Les célibataires endurcis seraient 38%, incluant les "faux" esseulés pour raisons fiscales.

Tout âge confondu, la Belgique a, parait-il, une place de tête dans les changements de cap avec 3 divorces prononcés contre 4 mariages. Bon business aussi pour les avocats.

4c3349e01dbab94688da87e51cdc4e41.jpgMais, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs, dit-on. Les expériences restent une affaire de labos et pas à l'extérieur sans les fonds nécessaires. Si l'aventure, c'est l'aventure, la vie en rose ne durerait-elle qu'un jour à la Saint Valentin. Non, mais autant savoir, alors.

Et puis, au diable le qu'en dira-t-on, il faudra toujours laisser des sujets passionnants et plein de sentiments à tous les écrivains, les cinéastes et chanteurs de la terre. On ne va pas refaire le monde, non?

L'été est souvent le théâtre de la naissance de nouvelles amourettes. Cet article intimiste, un peu « presse du coeur », avait donc sa place dans nos cancans habituels, cette fois, avec un peu plus de bouteille en plus dans le regard !

Un article récent sur Agoravox "Relations sexuelles: qu'est-ce qui nous motive?" vient étayer mon billet de manière plus scientifique et plus intime.

Une vie de couple, c'est surtout "à bas la routine !", autant s'en souvenir.

Le mot "couple" recherché sur Wikipedia m'a inspiré de manière humoristique en mélangeant les disciples.

Si je comprends bien, le "couple" serait: un ensemble de deux éléments qui dans un effort de rotation arrivent à une résultante nulle mais avec un rapport à un point non nul et dont les pièces de structure symétrique joignent la quille au plat-bords mais en se rappelant qu'il faut disposer de deux avirons pour ramer mariés ou de manière équivalente en libre surtout en temps de 'pax'. 

Tout un programme en somme !

"La maladie d'amour" restera toujours autre chose qu'une maladie.

"Non, rien de rien. Non, je ne regrette rien" chantait la Môme Piaf.

Je crois que je peux, cette fois, signer: 

 

L’enfoiré,

Sur Agoravox, y aurait-il des commentaires volages?

 

Citations:

 

  • "Je dois avouer que lors de mon divorce, les torts étaient partagés. 50% des torts à ma femme et 50%  à sa mère.", François Olléry

  • "Voulez-vous savoir ce qui fait les bons mariages ? - les sens dans la jeunesse - l'habitude dans l'âge mûr - le besoin réciproque dans la vieillesse.", Duc de Lévis

  • "Les épouses sont les maîtresses des jeunes gens, les compagnes de l'âge moyen et les gardes-malades des vieillards.", Francis Bacon

  • "Ne dites pas du mal de la masturbation. Après tout, c'est une façon de faire l'amour avec quelqu'un qu'on aime", Woody Allen<