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28/05/2008
Ote ton bandeau et ajuste ta balance (3)
Dernières critiques ou constations
La Justice est la même pour tous, dit on, mais n’est-elle pas un peu plus juste pour certains ? En son âme et conscience, le juge doit établir la culpabilité ou l’acquittement des inculpés. Tâche lourde de conséquence. Quelle responsabilité si la tâche est réalisée, comme il se doit, dans les règles de l’art!
Dans mon premier article, je soulevais le problème des arriérés judiciaires. Une émission télé "Opinions publiques" en parlait avec tous les acteurs : avocats, politique, justiciables. Il en ressortait qu'il est fonction du type de justice. Equilibre entre temps de préparation nécessaire à une bonne justice et retards pour cause de mauvaise infrastructure. Le droit pénal, réglé par l'appareil d'état, le tribunal du travail et du commerce n'avaient pas beaucoup d'arriéré. Le Droit civil, réglé par les acteurs même, était reconnu comme un point plus noir. La Justice administrative, qui fait intervenir le Conseil d'Etat, était pointé comme le pompom de la lenteur. Le Tribunal de Police était peut-être pire encore. Une nouvelle loi de 2007 impose en Belgique d'établir un calendrier précis pour tout jugement. Cette réforme n'a pourtant pas fait que des heureux du côté des avocats qui la désignent comme invivable. Retards de dossiers, textes de mauvaises qualités, les deux langues nationales et deux cultures différentes, comme raisons invoquées...étaient les excuses, mais pas pour en faire des généralités. Multiplier les audiences, le rendement obligé par les magistrats pour appliquer des lois précises, diminuer les reports, étaient les solutions avancées. Si l'arriéré a été diminué pendant la période préparation du dossier, celui du jugement lui-même est perfectible. Depuis l'affaire Dutroux, la confiance en la justice est parait-il passée à 70%. Les avocats qui allongeraient les honoraires avec le temps ne seraient que des clichés. Il est vrai que les clients eux-mêmes y trouvent parfois un intérêt. Un bon dossier est un dossier clôturé pour les deux partis. Les cours d'appel réunissent parfois dans leur juridiction trop d'arrondissements. Celle de Bruxelles avait déjà reporté des affaires pour 2011. Les tribunaux de Première instance trop enclins à repousser dans la cour suivante? Une étude a été en charge de mesurer la charge de travail du magistrat. La Réforme du Grand Franchimont devra encore s'ajuster. Il n'en reste pas moins que l'arriéré doit se résorber pour éviter le sentiment d'impunité.
Statuer en toute équité avec des précédents comme base: principe qui évite au juge d'appliquer le droit d'une manière aveugle. Théoriquement, voilà un principe qui dans le fond est parfait. Mais, c'est également donner au juge un très large pouvoir d'appréciation des faits. La psychologie des parties en présence influence tout homme de bonne volonté. Une jurisprudence future, moins adaptée à l'exception présentée dans l'actuel, pourrait ressortir du chapeau avec quelques imperfections.
La "Cours n'est pas compétente" ou "Affaire recevable mais non fondée" sont des formules bien pratiques qui pourraient être traduite plus simplement et correctement par "Je ne veux pas entendre". Mais je peux me tromper...
Juger les juges, certains en imaginent la possibilité quand la justice dérape. Les avocats seraient aussi au dessus des conventions de séparation des pouvoirs? Même si ce n'est pas l'exception.
La culpabilité des puissants sera également mieux défendue par le choix de ténors du barreau que les avocats « pro deo » commis d’office pour le commun des mortels sans gros moyens financiers?
Dans le fond, la justice, à ne pas confondre avec la Justice, n'a-t-elle pas été inventée par les grands de ce monde pour empêcher les petits de la rendre? Personne ne peut se faire justice à soi-même. Belle idée, mais qui n'est que purement théorique quand elle ne vient que d'un côté. Le jugement de Dieu est aussi une belle invention historique, dont on connaît maintenant l'ignoble machinerie pour casser l'ego de quelqu'un.
Dernièrement, en Belgique, l'Assurance Justice a été remise sur la table. Le but : permettre aux "petites" gens de requérir une justice qui ne serait pas réclamée par eux en temps normal par manque de moyens financiers.
L'immunité des parlementaires ou des ressortissants étrangers VIP prouve s'il est besoin que la justice est une affaire qui ne touche pas tout citoyen de la même manière. La levée de l'immunité est nécessaire avant toute action possible.
Les trois pouvoirs politiques sont et doivent rester séparés et ne peuvent s'influencer mutuellement. Et pourtant... Je ne reviendrai pas sur certaines "dérogations" voulues ou non.
Comme "injustices" dans l'enceinte de cette grande institution, j'oserais dénoncer le manque d'obligation pour le juge de justifier ses propres décisions au bas de l'échelle de la classification des jugements, la politisation des nominations, les jugements par contumace des inculpés qui ne se présentent pas à l'audience alors que les avocats en retard sont excusés et le jugement ajourné...
Je ne sais si les choses ont changé depuis peu, mais une critique importante a toujours été lancée par les victimes, partie civile, quand il fallait accéder aux dossiers de l'affaire et l'injustice pour laquelle ils espéraient une réparation fournie par la justice. Les inculpés, eux, y ont eu toujours accès. Que cache cette discrimination?
Prenons du recul vis-à-vis de cette Grande Dame.
D'une façon générale, rien ne pourrait contraindre quelqu'un à commettre un acte qu'il juge comme injuste. Ne pas accepter la loi est un devoir dans certains cas très précis qui devront s'accompagner d'une action pour remédier aux règles injustes. Refuser de porter les armes pour apprendre à tuer un autre homme en temps de guerre a toujours été considéré comme une désertion et condamné très sévèrement. La possibilité d'être objecteur de conscience n'a été obtenue que qu'après une grève de la faim en 1962.
John Rawls se posait la question en ces termes : "La question est de savoir dans quels cas et jusqu'à quel point nous sommes obligés d'obéir à un système injuste".
Dernièrement, on apprenait que le Ministère de la Justice faisait la réception des nouveaux locaux de la Justice à Mons. Tout nouveau, tout beau, plus d'espace pour permettre de prendre plus de place aux dossiers et ... aux hommes de loi. On n'a rien résolu du côté de la rationalisation des dossiers.
Le projet Phénix s'est perdu, a-t-on dit, et n'avait pas résolu le problème qui nécessitait un révolution de l'archivage des dossiers. Le projet Cheops Justice, tout récent, le permettra-t-il? Affaire à suivre, encore une fois.
Ailleurs
Je vous ai parlé de cas qui se sont passés en Belgique et un peu en France. Aux États-Unis, l’utilisation de la Justice pour faire de l’argent est encore plus difficile à accepter. Les avocats ne sont pas rétribués pour la défense de leurs clients par les provisions de ceux-ci, ils le sont au pourcentage qu’ils pourront soutirer d’une affaire gagnée et de l’argent du dédommagement qui aura été décidé en conclusion des procès dont ils avaient la charge et la défense. Avec de tels incitants, tout est prétexte à procès. Attendre tout accidenté de la route, tout patient sortant des hôpitaux pour les questionner et leur faire découvrir l’injustice qui aurait pu leur être passée inaperçue est devenu une habitude.
Les énormes sommes réclamées en dommages et intérêts pour les soi-disant préjudices subis lors de procès retentissants expliquent l’opulence des bureaux d’avocats américains. On arrive à l’effet pervers qui oblige les médecins à s’assurer au maximum et les mènent parfois à refuser d’exercer leur métier dans le cas d’interventions risquées de peur de représailles financières exagérées et qui dépasseraient la garantie.
L'industrie pharmaceutique, elle aussi, est attaquée comme dernièrement avec la condamnation élevée à 250.000 dollars qu'elle devrait verser à la veuve d'un homme qui avait pris leur l'anti-inflammatoire Vioxx. Ce médicament avait soulagé, pendant des années, les malades avec succès mais devait être utilisé avec une dose contrôlée d'une manière stricte et pour une durée limitée. Il n'est pas question ici de contester la responsabilité de l'industrie pharmaceutique ou de prendre leur défense. Quand trop d'argent est en jeu et quand on sait qu'un pourcentage non négligeable des "compensations" est destiné aux bureaux d'avocats, on est en droit de craindre un esprit de "piratage". Son alter ego, le Celebrex de Pfizer est encore en vente en Belgique, toujours non remboursé par la mutuelle.
Le 12 décembre, Merck, fournisseur du produit, recevait une réponse d'annulation du procès, une fin de non-recevoir ou une preuve d'incompétence tout simplement d'une des deux parties en présence.
Les fusions et les acquisitions de sociétés sont également un domaine dans lequel les bureaux d'avocats n'ont pas manqué de faire des étincelles dans leurs résultats. Les cabinets d'avocats tirent de mieux en mieux leur épingle du jeu dans la demande d'aide en justice. En 2005, une augmentation de 47% des opérations enregistrées dans le marché européen (782 milliards d'euros) a été comptabilisée. ("Allen & Overy" pour le Benelux avec plus de 42 millions d'euros et 78 dossiers traités).Fusionnez, chères entreprises, nous sommes là...
Aux Etats-Unis, encore, le principe de la liberté sous caution, est, lui aussi, tout simplement inique. Pouvoir se retrouver chez soi après le payement d'une somme énorme prouve l'existence d'une justice à deux vitesses. L'exemple du meurtrier de "Mississipi Burning", ex-responsable du Ku Klux Klan est suffisamment éloquent pour s'y attarder un peu dans la réflexion.
Robert Clark a été libéré aux USA, ce 10 novembre 2006, après 24 ans d'incarcération pour un viol qu'il n'avait pas commis. Son blog.
La sanction, qui suit la non observance de la loi, doit tenter de rester fondamentalement pédagogique appuyant la nécessité du respect de règles communes. Dissuasive par l'exemple, elle associe la peur et pourrait susciter les transgressions par une répression aveugle.
Comment peut-on associer l'idée de "donner" la mort à une peine? La loi du Talion, bien sûr. L'inconscience de la barbarie peut être argumentée par manque d'efficacité dans l'éradication du crime et par le risque d'erreur non nul. Aujourd'hui, Amnesty International dénonce les 4 pays principaux qui pratiquent encore des exécutions que sont la Chine, l'Iran, le Vietnam et les États-Unis (dans 38 états). Après un arrêt, c'est reparti. La Chine est en pleine actualité pour ce qui est des Droits de l'Homme.
1977 sonnait le retour de la peine de mort aux US et l'histoire de Gary Gilmore, premier condamné exécuté après la décision de la Cour suprême, mit fin au moratoire et est restée dans les mémoires avec "Le Chant du Bourreau". Ces dernières années, un revirement est occupé à se produire dans l'opinion publique et les jurés, eux-mêmes, ont la main moins lourde. Les tests ADN ont sauvé 14 détenus des couloirs de la mort. En dehors de ce test scientifique, comme je l'ai dit plus haut, rien ne permet d'affirmer aujourd'hui à 100% la culpabilité d'un coupable et cela même si lui-même s'est nommé de ce nom pour des raisons qui lui sont propres. Je ne pourrai donc jamais souscrire à une quelconque justice qui apporterait cette solution finale. Les Etats-Unis viennent de remettre les exécutions à l'actualité après un sursaut d'humanité pendant quelques mois. L'article "Justice ou barbarie" vient ajouter un peu d'huile sur le feu de notre conscience.
Les droits de la femme ne sont malheureusement pas égaux dans pas mal de pays. C'est évidemment bien pratique pour les hommes.
Incomprise, la justice se perd dans des simulacres.
Le dernier jugement de "cols blancs", autour de l'affaire Sabena et Swissair, fut appelé le plus grand procès économique. Il a été rendu en Suisse pour répondre à la partie civile qui représentait tous les citoyens. Il en est un de simulacre. La Suisse est le pays de l'argent. Et cela explique peut-être le résultat qui a débouté les plaignants. Les citoyens comprenaient que les patrons de Swissair et de la Sabena, mal gérés par leurs patrons, soient acquittés, mais qu'ils soient en plus bien récompensés au niveau de prêt de 2 millions d'euros. Là, il est clair qu'on risque beaucoup moins sur les hautes marches de la société.
Pour prouver que les choses changent, je lancerai un dernier clin d'oeil avec une jurisprudence gabonnaise savoureuse et qui date de 1964.
Les suites de la justice
Comment parler de la justice sans aborder les suites de son action. Je veux parler des peines et des prisons pour les "pratiquer". Le problème des prisons sont très souvent remises sur la table des négociations de tous les gouvernements. Trop petites, pas assez nombreuses, surpopulation. Alors les idées germent pour remédier au mieux avec les compressions de budget qui sont suffisamment restrictifs pour ne pas verser dans les ces "extras" ou ce "mal nécessaire" de la société moderne. Les prisons sont un endroit que le citoyen ne connaît pas. Le mot "attendre" prend encore plus de sens derrière les barreaux que dans les prétoires. L'oisiveté est le mal de base (80% de détenus restent sans occupation, sans job qui pourrait leur servir lors d'une réinsertion dans la société). Lire, la télévision quand on peut la payer, sont là. Oui.
Les procès postposés, les procédures de libérations conditionnelles qui n'en finissent pas pour des prévenus prennent des dimensions encore plus aigues. La sanction est acceptée par les coupables. Si le crime demande une peine qui apporte une protection de la société. Le statut du détenu existe depuis la loi de principes de Dupont en Belgique mais reste encore loin de la réalité. Alors il faut conscientiser. Ressortir de la prison n'aura jamais le résultat espéré dans une amélioration. Le travail psychologique est loin d'avoir été entrepris. L'apprentissage du détenu en prison sera beaucoup plus négatif. Alors, est-ce la digne suite du budget engagé par la population pour se donner une justice?
En parallèle, il y a les victimes "parallèles" des familles d'emprisonnés, les "dégâts collatéraux", et les gardiens de prisons qui subissent aussi de plein fouet, la dureté du processus trop peu adapté aux besoins.
Le livre "Ce monde hors du monde", par Claire Capron, visiteuse de prisons (éd. Couleur Livre) faisait comprendre la relation de confiance qui doit se greffer entre les détenus et les prisonniers pour en faire comprendre les problèmes internes.
Aspirations et conclusions
En dehors de la Cours des Grands, toutes les étapes de notre vie croisent des jugements divers faits par des instances différentes qui apporteront le blanc sein (au lieu de blanc-seing) ou non à nos actions ou à notre simple présence dans la société. D'abord, notre naissance pontifiée par le corps médical et la reconnaissance du "viable". Ensuite, la fin de chaque année d'études sanctionnée avec nos examens de passage de classe en classe par des "maîtres" ou des profs, se continuer par notre entrée dans la vie active professionnelle ponctuée par des décisions de conformité avec les besoins de sociétés commerciales, parallèlement, pour l'accès au podium pour les sportifs et les artistes, et, pour finir, la maladie qui peut donner un point final à tout ce qui précède.
Tout est fait le plus souvent pour intimider, désarçonner et déstabiliser le candidat: le jargon, les robes et les jabots, la hauteur de l'estrade ou le grand bureau qui le sépare de ses juges, le secret d'instruction qui entoure l'affaire qui nous concerne, la grandiloquence des propos qui l'accompagne, l'impressionnante hauteur des palais de Justice par son côté solennel...
Dès lors, comment ne pas espérer le maximum de respect mutuel, le besoin d'égalité de part et d'autre dans ces lieux de justice? Être condamné, être débouté sont des actes qui nécessitent l'obtention d'une justification claire, compréhensible et incontestable du "pourquoi". Ne pas s'y inscrire, c'est faire preuve d'absolutisme arbitraire contraire à la doctrine de Justice.
Un justiciable qui se retrouve devant ses juges peut se retrouver inculpé mais de base non coupable. Je ne parle pas, ici, du concept "responsable mais pas coupable". Trop souvent l'amalgame est trop vite fait d'entrée de jeu. Si, les média ont certes leur responsabilité dans le phénomène, les acteurs des tribunaux ne sont pas tout à fait étrangers à cet état d'esprit.
Il serait néanmoins malhonnête d’accuser la justice de tous les maux. Le but de la justice est de faire respecter les lois, non de les créer. La complémentarité entre la justice et le législatif est telle que le respect de la distinction demande un moment de réflexion. Le législatif a sa part de responsabilité dans la lenteur par l’amendement d’une loi incompatible avec une justice bien adéquate. Cela devait être rappelé.
Est-ce aussi mon esprit trop cartésien qui l'imagine? Est-ce qu'une « Justice Universelle » ne serait pas faire preuve de reconnaissance dans l'humanisme? Une Justice qui jugerait une affaire, un délit de la même façon et avec les mêmes pénalités à la clé, d’une manière indépendante de la couleur des prévenus, du pays où elle sera nécessaire ou du pouvoir en place. Mais, la Justice, étant chasse gardée des États, cette idée-là ne restera probablement qu'une élucubration du domaine de l'imaginaire.
Il n'est pas question de laisser la Justice entre des autres mains qui ne seraient pas celles de la proximité. La confiance est encore moins présente vis-à-vis de celle d'un autre pays.
Comme nous venons de le revoir, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. La Cour de Justice européenne distribue les mauvais points aux Etats avec une fréquence commune. La justice ne suivra jamais que sa population à la trace au travers des lois qu'elle voudra bien s'imposer par l'entremis de ses représentants. Lois qui se feront respectées par des sanctions de la Justice locale. Représentants qui seront les élus de ceux qui voudront se déplacer pour voter. Les lois ne viennent pas, ou plus, du ciel. La vigilance contre les dérives s'impose donc partout et surtout dans les pays dits « démocratiques ». C'est une base. Pas de chevalier blanc, mais une conscience de vouloir vivre en commun, pour le bien commun. Le "Dura lex, sed lex" peut se retrouver du coup dans l'obsolescence et dans la compréhension. Un adage, "La loi est dure mais c'est la loi", qui ne représentera que la suite des paramètres auxquels on y ajoutera de la valeur.
En y réfléchissant, cette Justice de rêve existe déjà: c'est ce que certains appellerait "Justice naturelle". Celle-ci, pour bons ou mauvais, pour riches ou pauvres, sanctionnera la vie toujours au même tarif. Ce sera à la fin 'perpette' pour tous. Ce n'est, dans cette échéance, plus seulement selon une seule vision personnelle. Mais cela c'est une autre histoire.
Alors, en attendant, justice des Hommes, soit à la portée de tous et prompte dans tes jugements, ensuite, tu pourras remettre ton bandeau. La Justice dans le box des accusés, il fallait bien y arriver un jour.
"Vous n'aurez pas ma liberté de pensée", chantait Florent Pagny.
L'enfoiré,
Article sur le même sujet de Frankie
Remerciements à KROLL et RIF pour leurs caricatures
L'Enfoiré,
Citations:
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"Maintenant les gens, ils font des procès pour un rien. Sur les cigarettes, il y a écrit "Fumer tue". J'ai un copain qui fume depuis 30 ans, il veut faire un procès parce qu'il n'est pas encore mort", Anne Roumanoff
11:08 Publié dans Actualité, Justice, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
23/05/2008
Ote ton bandeau et ajuste ta balance (2)
"Les chauffards sont-ils criminels" titrait la RTBF dans son magazine "Questions à la une" du 11 janvier 2007. Voilà bien un domaine de la justice qui mériterait, vu les cas très fréquents, un peu plus de célérité dans les jugements qui suivent les délits. La vitesse excessive, ou plus judiciairement inadaptée, l'alcool au volant sont la cause de 1500 morts sur nos routes belges. Des homicides involontaires peuvent, théoriquement, donner d'après la loi, une peine de cinq ans de prison. La pratique est tout autre. Seuls quinze jours sont nécessaires au conducteur irresponsable pour retrouver son permis après la déchéance. Pas de préventive. L’incapacité de conduire est seule capable de faire le contraire. Le sentiment d’impunité, la récurrence de l’alcoolisme au volant et les récidives ne sont que les conséquences de cette pénurie de lois ou son manque d’application. La police n’est pas mise au courant des individus connus pour récidive. Pourtant, exemple à l’appui dans l'émission, l’exécution d’un jugement peut aller très vite. Une condamnation de 3 ans de déchéance et de 6 mois de prison avait été prononcée dans un cas pareil, lors de l'émission. Le principe de précaution a, peut-être, été remis en chantier. Au sujet des peines encourues dans ce cas précis, un travail obligatoire d’intérêt public, dans les hôpitaux et dans l’ambiance des victimes des chauffards pourrait encore une fois avantageusement prendre la place d’années de prison.
Dernièrement, pour un délit de fuite, le dossier ne présentait pas le document de désignation d'un juge d'instruction. Résultat lors du procès: vice de forme, affaire ajournée retour à l'arriéré judiciaire.
Ce 13 janvier 2006, le juge, Luc Monin était condamné à six mois de suspension sans solde pour raison de retards qu’il a mis pour rendre une série de jugement dans les années 90. Ma première réaction fut : "Serait-on à l’aube d’une remise en question de cette Justice qui se veut équitable? Les juges seraient-ils devenus autre chose que des intouchables?". Je serais resté sur cette opinion quand le 15 mars 2007, encore une fois "Questions à la Une" revenait sur le sujet sous un autre jour avec cette suspicion "La justice est-elle sous influence?" Le juge Monin est ce magistrat de Dinant qui a refusé publiquement de signer un jugement en septembre dernier. Une grande première dans les annales judiciaires belges! Le juge rebelle revenait sur son geste inédit en apportant des justifications à son refus des plus troublantes. Il dénonçait, en effet, une justice partisane et influencée. Influencée par des réseaux d'amitiés, des réseaux maçonniques, par le pouvoir politique, ou simplement par des magistrats qui faussaient la vérité judiciaire. Alors indépendante ou pas, la justice belge ? Tout n'est pas noir, mais tout n'est pas blanc non plus. C'est l'avis d'un magistrat en vue. Bouc émissaire? Non, je ne devrais pas y croire car on ne badine pas dans la cour des gens qui n’ont que cette alternative pour se défendre!
Il n'y a pas si longtemps la nomination des juges se faisait en fonction de l'appartenance politique. Comme on dit dans ces cas-là: "Affaire à suivre".
Le 7 février 2007, l'émission "Questions à la Une" me donnait, encore une fois, matière à réflexion. Le titre évocateur était tout simplement "Diplomates: Immunité ou Impunité ?". Il s'agissait, en effet, de diplomates qui passent par chez nous et dans tous les pays du monde et qui se permettent des « extras » sur le compte de l'immunité diplomatique. Par cet artifice, les pays d'accueil n'ont plus les possibilités de saisir les comptes bancaires, de pénétrer dans les domiciles, d'ouvrir les bagages, d'inquiéter tous membres, famille comprise de l'ambassade.
Dernièrement une lettre était tombée dans de mauvaises mains et il était clair qu'un certain démarchage auprès du gouvernement se faisait en dehors de tout chemin éthique.
Un magistrat suspecté de faux? Surprise sur prise pourrait-on conclure. Quand les possibilités existent de passer outre la barre, comment résister à l'envie?
Le dopage et le cyclisme sont des clients de la justice. Elle avait accepté de reporter à une date ultérieure l'examen du cas de Floyd Landis, dépisté positif à la testostérone après la victoire dans le dernier Tour de France en échange de sa non-participation à des courses futures sur le sol français. Floyd Landis révélait aux journalistes qu'il n'était pas contre les Agences antidopages, mais qu'il croyait davantage dans le système américain. "Les Agences ne veulent pas les droits (de la défense) qui seraient fournis pourtant au pire des criminels dans notre pays." était la conclusion de l'article !
Les divorces, il n'y a pas photos, sont la "vache à lait" de la Justice. La procédure en sera désormais accélérée. Des opposants se sont manifestés directement après l'annonce. On ne tue pas aussi facilement la poule aux oeufs d'or.
C'est évident. Nous ne sommes pas devenus plus "sages" avec le temps. Bien au contraire. Nous avons une recrudescence de crimes en série, comme nous l'avons rappelé dans l'article précédent. Alors, la Justice s'est organisée. Elle s'est attelée à tout expliquer même l'inexplicable. Des avocats plaideront pour les causes les plus indéfendables pour sauver un client qu'ils ne pourraient accepter dans leur propre environnement. Il existe des maîtres du barreau qui sont intéressés par les affaires les plus scabreuses. Est-ce par jeu, effet de pub ou pour démontrer au monde leur expertise? Des spécialistes existent dans tous les pays. Ils doivent exister, c'est sûr, mais pourquoi dans l'exclusivité et pas nécessairement payés au juste prix? Alors tout est bon pour disculper le client. L'affaire récente en Autriche avec la séquestration des enfants d'un père indigne et incestueux va être plaidée par la démence. Vingt quatre ans pour découvrir un dément? Construire un bunker à la vue de tout le monde. L'urbanisme se serait-il endormi? Les agents de quartier auront encore du travail avant de mourir par manque d'effectifs.
Il est clair que vu le nombre de délits "comptabilisés", "rapportés", nous sommes sûr que la plupart ne seront jamais traités. Chacun a peut-être encore sa déclaration inventoriée dans les dédales des couloirs d'un des Palais de Justice. Qui croit encore à l’anonymat pour les témoignages et les dépositions?
D'où la question: L'existence de cette dernière, est-ce pour rassurer, pour donner bonne conscience aux âmes sensibles et aussi laisser au citoyen lambda de croire qu'il est encore très bien de ne pas être passé par là et qu'on ne peut subsister au dessus des lois? Encore une, style "Harakiri", probablement, bête et méchante.
Les espoirs possibles pour y remédier
Ces dernières années, l’informatique tentait de mettre un peu d’ordre dans ce fatras par un accès plus rapide aux procès jugés précédemment et qui pourraient faire jurisprudence. Numériser tout cela, la tâche n’était guère facile cependant. Un tel retard de modernisme ne se règle pas en quelques mois. Ce « mammouthland » a aussi ses prérogatives. Les arriérés judiciaires restent un véritable boulet. Les communications internes et externes, la conservation des dossiers, la constitution d'une base de données de jurisprudences, l'élaboration de statistiques et l'administration des institutions faisaient partie de cette modernisation. Les jurisprudences devaient être mémorisés dans leur complète intégralité dans des bases de données et être accessibles par les hommes de loi, habilités pour apporter une solution au problème de sécurité et de détermination dans la pérennité. Mais, sous des couverts de progrès, avoués, est-ce que l'appareil judiciaire avait-il vraiment intérêt et l'envie à mettre à nu ces petites affaires, ces petits privilèges, moins avoués? Des tentatives ont eu lieu de résoudre l'impossible avec le projet Phénix en Belgique. Projet qui a capoté parce qu'il n'était simplement pas élevé à la bonne hauteur de l'ampleur de la tâche et aussi, peut-être, parce que l'envie n'y était pas d'ouvrir la boîte de Pandore, parmi tous ses acteurs.
La justice en panne par le manque de confiance du justiciable moyen et l'engorgement des prétoires commencent timidement à trouver remède par ce que l'on appelle les Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (M.A.R.C.). Quand il y avait contestation envers un homme de loi, le Conseil de l'Ordre des Avocats aurait pu être de bon remède. Comme tous Conseils de l'Ordre, celui-ci a certes à protéger ses propres membres.
Avec l'arbitrage et la conciliation, la médiation avec ombudsman va pouvoir contribuer à alléger les tribunaux comme c'est déjà le cas dans les pays anglo-saxons. Des médiateurs familiaux dans le cas de divorces, des médiateurs commerciaux pour éclaircir le travail du juge dans des litiges entre entreprises, des médiateurs sociaux pour trouver un arrangement entre un employé et son employeur lors d'un licenciement ne sont plus une utopie d'une Justice rendue plus rapide et plus efficace. Ces procédés attendent seulement le bon vouloir de la classe politique et leurs arrêtés d'application et aussi l'indépendance d'action.
Benoit Friedman, professeur de droit à l'ULB, rapportait ce 24 novembre 2006 dans une interview à la radio les éléments de la commission de réforme de la Cour d'Assises.
L'engorgement des prisons est souvent avancé pour démontrer qu'il ne faudrait pas trop pousser sur le champignon des condamnations de prison. La surpopulation carcérale est chronique.
Un plan 2008-2012 vient de voir le jour pour rénover les prisons et pour en créer 3 nouvelles. Les sanctions commuées en travaux d'intérêt public sont aussi un moyen pour désengorger les prisons dans les cas de police correctionnelle. Ces travaux d'intérêts généraux peuvent profiter à la communauté et, au besoin, même aux victimes. Les budgets alloués au ré-aménagement des prisons sont évidemment lourds pour tous gouvernements. Tout dépend du délit et du repentir de l'inculpé. Il est appliqué en Belgique depuis 5 ans. Par exemple, le tarif pour les infractions aux codes de la route est de 45 heures minimum. Des assistants de justice accompagnent le système. Le bracelet électronique est aussi un moyen d'assurer la surveillance et de réinsertion dans la vie pour le condamné. Récemment, je parlais des puces RFID qui rendait l'homme repérable et satellisé dans son espace temps. Mais, la justice doit avoir les moyens de faire appliquer les sanctions qu'elle édicte. Tout a un prix. Sans cette constatation, ce serait l'impunité puisque la justice manquerait de moyens. A qui profiterait un tel crime?
Suite au prochain numero.
L'enfoiré,
Remerciements à KROLL et RIF pour leurs caricatures
Citations :
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"Ce n'est jamais la Justice qui rend la justice, ce sont des juges, c'est-à-dire des hommes et des femmes susceptibles, comme tout autre de commettre des erreurs.", Lionel Jospin
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"La Justice, c'est six mille ans d'erreurs judiciaires", Robert Brasillach
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" Droit et Justice ! La meilleure marque de maquillage qui soit au monde, résultats garantis !", Pierre Pellot
09:05 Publié dans Actualité, Belgique, Justice, Organisation, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : justice
19/05/2008
Le Prestige d'être simplement "con"
Le peloton des gens qui ont un quotient intellectuel, le fameux QI, en dessous de la barre existe. Alors, les autres sont au balcon pour leur lancer des invectives. Et pourtant, ils ont, tout idiot, le droit et le devoir d'exister et d'imposer une prise de conscience pour l'autre bord qui lui se dit si "intelligent".
Combien de phrases assassines pour désigner les "cons"? "Quand on mettra les cons sur orbite, t'auras pas fini de tourner", "Quand on voit la connerie humaine, on a une idée de ce que peut être l'infini", n'avons-nous pas entendu? Pas besoin de commander, elles arrivent toutes seules. Voilà le genre de dictons, généreusement distribués dans l'oreille de ceux à qui l'on veut du bien... naturellement. Les commères sont de service, la combinaison qui dépasse, pour comparer chaque comportement. Que peut-on conclure? Les conifères ne perdent pas leurs feuilles toute l'année? Y faire le con, non plus. Mais à part, cette inversion... Tout le monde consomme donc il consume et compresse avant de se retrouver constipé.
Michel Audiard disait "J'parle pas aux cons, ça les instruit" et "J’ai divisé la société en deux catégories : mes amis ou mes cons à moi et les cons des autres que je ne supporte pas". Un voyage dans ses dialogues ne manque pas de se retrouver parmi le public et les conversations autorisées de ceux qui se sentent en dehors du lot. Le but: se moquer et conspuer évidemment. Si le "généreux conseilleur consciencieux" a vérifié ses "sources", importe peu. Il faut être consistant dans un consistoire. Dans ce genre de style, on peut être comparse, condisciple ou complice.
Et si, pour une fois, on essayait de comprendre et tentait de les sortir du trou dans lequel on les y a mis par l'habitude ? D'abord, les consoler avec compassion. De la concupiscence? Pas du tout. Pas de coma à avoir. Pas de passion pour les cons, non plus.
D'abord, il y a "con" et "con". Il y a souvent une combinaison de circonstances qu'il ne faut pas mélanger. C'est con, mais c'est comme ça. Pas besoin de commuer la peine d'un copain en connerie. Les candides ne sont pas cons.
Penser qu'ils soient "inutiles", ces gens que l'on rejette de "bon" ou de "mauvais" coeur, est la pire des idioties. Ce serait conneries de cloisonner trop hâtivement les "exclus" de l'intelligence pour des esprits bien sensés et pleins de d'idées généreuses ou intéressées.
La plus grande raison en est ce simple coup de semonce des idées parallèles en candide. Un candide n'est pas "con", il s'instruit et il peut instruire les autres. Faire réfléchir à ceux qui sont en mal d'idées nouvelles et extrêmes est vraiment l'avantage de cette catégorie de personnes en marge des idées reçues.
S'ils énervent à priori par des questions hors tempo, ils font aussi un peu plus au passage sans le vouloir: apporter une réflexion et une ouverture d'esprit différent ou biaisée mais qui est aussi avec un esprit pluraliste. Il n'y pas de questions idiotes, il n'y a que de mauvaises réponses. Encore faut-il que le message dit "idiot" passe dans une oreille qui y prête attention à une juste valeur sans le rejeter d'office dans l'oubli ou l'inconscient.
Les inepties ne sont pas d'office à coller dans les rébus et peuvent cacher les frontières du réel dans le pays de l'"Absurdie" comme dirait Sardou. Même là, la concurrence est concrète. Non, ce n'est pas une confrérie qui s'ignore. Elle est conforme à un état d'esprit. Mais elle reste confidentielle et connue.
Sans eux pas de rêveries honteuses, et peut être pas de rêve du tout.
Ne le font-ils pas par le bout de la lorgnette originale et en connaissance de cause? Et puis il faut conjurer le sort.
Les Messieurs Pignon ont des succès incontestables et pas seulement d'estime. Il ne cherche pas à conquérir la place par leur conscience. Ils font d'abord sourire et puis rire aux éclats. Réfléchir, ensuite, est la suite logique que tout homme sensé devrait entreprendre au plus vite.
Les films qui sont sortis récemment autour de la personne de Pignon n'apportent pas uniquement rire mais aussi tendresse, compréhension et intérêt. Le théâtre actuel que l'on appelle du "boulevard" se réfugie le plus souvent dans des comiques de situation en se qu'on a appelé "théâtre de l'absurde". En faisant ressortir des scènes de la vie en commun dans un couple, nous trouvons des sujets pour se remettre en question à chaque instant par leur côté insolite mais tellement vrai. L'absurde de son propre statut va ressortir à l'analyse.
C'est loin d'être rien dans le résultat et le bienfait moral qui peut en découler.
Tout le monde en a, dans ses connaissances, de ces créatures dignes des meilleures caricatures humoristiques.
Si le bonheur est à ce prix, peut-être, faudrait-il aller jeter un coup d'oeil dans le bocal à poisons rouges? Cela éviterait de passer à côté de la montre en or de la sagesse.
Les soucis de la vie sont des fardeaux bien lourds et ne pas prendre du recul pourrait verser l'intelligence dans l'absurde.
Modérateur sur Agoravox, je me rappelle, un article refusé qui proposait de taxer les cons. Refusé par le seul fait que l'article "Exprimait une opinion personnelle pas assez argumentée", ce qui voulait dire en clair qu'il visait de manière trop ostentatoire une personnalité. Taxer de petits, grands et moyens cons semblait être le but essentiel en appliquant des pourcentages de taxation pour catégoriser la « smala de gens en manque de neurones efficaces ». Il concluait par "On a toujours besoin de petits cons chez soi'.
Reprendre la discussion après cette aparté instructif, je renverserais la vapeur. La bêtise des intelligents a été décrite en blogs et en livres.
Car, les lanternes rouges du peloton des cyclistes sont toujours récompensées. Pourquoi, les retardés de la cervelle ne le seraient-ils pas aussi?
Et puis, cela fait rire un con de première sans aucune autre tare et tant qu'il n'y a pas de mal à la clé. Merci, mes chers cons, rien qu'en pensant à vous, vous m'avez fait gagner ma journée ! Même le bas de l'échelle devrait pouvoir avoir son mot "perso". Pour le "Dîner de cons", Francis Veber reconnaissait qu'il n'était pas difficile de jouer au con et qu'on l'est toujours de quelqu'un. Le théâtre y a trouvé sa Molière, Labiche, Feydeau sa tarte à la crème. Les bouquins écrits pour les "Nuls" fleurissent comme des petits pains.
Le journal "Marianne" n° 571 parlait de "sublîme bêtise". Son article "La promotion des nuls" disait que dénoncer la bêtise n'est pas toujours un signe d'intelligence.
Quand j'étais en phase finale de ce texte, je joggais comme d'habitude. Il faut bien conserver la forme. Cette fois, je convergeais vers le centre de Bruxelles. C'était la Gay Pride, l'après-midi. Pas une question que cela m'intéresse mais que de couleurs pour les photos. Ce matin-là, en pleine confiture, il pleuvait des cordes. La pluie consumait les seuls points secs de mon corps. Je venais à regretter le confort de la maison. Alors, en route, je me suis rappeler une phrase d'un certain président. "Pauv'con"qu'il disait à l'adresse d'un citoyen lambda. Je me l'attribuais immédiatement en pensant qu'en rentrant mon conjoint ne manquerait pas de m'attribuer un pseudo de même acabit. Je ne sais si celui qui recevait cette critique, le méritait. "Pauv", peut-être. Il était peut-être limité à la portion congrue. Étiez-vous compétent, Monsieur le Président, pour le constater?
Vous ne buvez que de l'eau, avez-vous dit après une remarque d'un de nos journalistes.
Chez nous, on aime la bière, la compote, les frites et les moules. On peut vous en servir plus de différentes conceptions. En plus, l'autodérision nous connaît. Elle est compactée, condensée avec les compromis et la dérision. Pas "condor" pour un sou.
Notre premier ministre Leterme vous a visité récemment à Paris. Je ne sais quelle hymne national vous lui avez offert.
Lui, avec le recul, son lapsus de la Marseillaise, n'était pas aussi con qu'il y parait. L'air n'est pas mal et facile à fredonner. Seulement, à mon avis, il faudra peut-être en changer légèrement les paroles. Je commencerais plutôt par "Aux larmes, citoyens...". ![]()
Mais si un jour, vous lui concoctez une visite à Bruxelles, pour complimenter, pour assister à un concert ou à un congrès, que sais-je. Si j'y étais aussi, moi, l'Enfoiré, un conseil, ne me consultez pas, ne recommencez pas la même comédie. N'y voyez aucune conspiration. Je ne suis pas compulsif mais ce serait le comble des combles. J'aime les figures. J'ai un peu de style, mais j'ai horreur des pléonasmes. Car comme chantait Gabin "Je sais qu'on ne sait jamais". Je resterai toujours consensuel mais ni consentant, ni conservateur, ni consigné.
Brassens se lamentait en chantant "Le temps n'y fait rien à l'affaire", quand on est con, on est con. Donc, à chacun son combat.
Un contretemps, la semaine prochaine je serai en congé. "Cela ne nous ramènera pas le Congo", allez vous dire et je confirme. Mais sans contrordre, j'ai la conviction que je ne serai pas souvent en connexion même si je ne change pas de continent.
Alors, compagnons de route, apportez votre contribution par vos commentaires dans une conversation non conventionnelle et peu de contrôles.
L'enfoiré,
Un autre avis sur ceux que l'on dit "con"
Sur Le Panda, plus on est de cons, plus... on se congratule
Citations:
- "L'intelligence a été inventée il y a bien longtemps par un type vachement malin. La connerie, c'est tout autre chose, c'est une création collective", Philippe Geluck
- "Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes.", Jacques Rouxel
- "La connerie absolue n'existe pas car, à partir d'un certain degré, le con cesse d'être rentable.", Yvan Andouard
- "La connerie, c'est la décontraction de l'intelligence !", Serge Gainsbourg
- "Certains ne sont jamais seuls, ils sont toujours accompagnés de leur connerie.", Arletty
- "Pauvre con ! Désolé d'ennuyer les autres avec ça; mais il y a un con à qui il fallait que je dise ce que je pense. J'espère au moins que ce con lit mon article", Philippe Geluck
08:30 Publié dans Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : homme
14/05/2008
Drame du foot ou du "fout fout"?
A 3 heures du matin, le 9 mai, François Sterchele, Liégeois de 26 ans et footballeur d'avenir et déjà renommé, se tuait à bord de sa Porsche à la vitesse de 200km/h, une vitesse qualifiée d'inadaptée. Après les larmes, sincères et les hommages, médiatisés, ne faudrait-il pas rechercher les vraies responsabilités?
Le football belge est en deuil. Personne n'aurait osé chercher par où le coup du sort avait lâché ce jeune plein d'avenir. Les supporters étaient loin de pouvoir faire l'exercice immédiatement. Le drame en image est encore plus dur à accepter. Les paroles étaient émouvantes à l'enterrement hier. Plus tard, ne pas rechercher les responsabilités, serait plutôt lâche. Nous sommes près d'une semaine plus tard. Une leçon et une conclusion sortent toujours d'une analyse.
Etait-ce le jeune qui a poussé sur le champignon un peu trop fort? Oui, probablement, une erreur à la base existe bien. Mais il faut remonter le cours des fautes, des laxismes et rechercher la dilution des responsabilités. Il est vrai, aujourd'hui, qu'un jeune qui "réussit" trop vite, échappe aussi vite à toute supervision, à tous conseils de sagesse de parents dépassés dans leur rôle. Le signe extérieur de la réussite est, cette fois, une Porsche !
La société de consommation exige des héros et transforme en martyrs lorsque l'échéance mortelle est brutallement avancée. Coup du sort ou nécrologie programmée?
Etait-il expérimenté pour atteindre des vitesses folles? Oui, ce véhicule, il pouvait se le payer. L'argent n'est pas tout quand la vie de tierces personnes peut être en jeu. Il ne faut pas oublier qu'un bolide tel que cette voiture peut devenir une bombe dans des mains non expérimentées. L'acuité visuelle est ce qu'elle est, elle assume un nombre d'images par seconde mais a ses limites pour un chauffeur surtout dans l'obscurité. Un pilote de rallye peut monter en régime par l'habitude, mais on parle ici d'un footballeur. C'est un autre sport. Il vivait encore chez ses parents, mais, la libération de mai 68 est passé par là. Un surdoué est choyé par le club, pas par ses parents. Les erreurs sont aussi plus fondamentales et plus en amont.
Il y a, d'abord, les assureurs qui se contentent de faire payer plus cher l'assurance qu'ils délivrent à ses assurés trop jeunes sans autre distinction. Il n'y a pas eu, heureusement, d'autres morts dans l'accident. Il faisait nuit. En-dessous d'un âge de raison, à fixer, et une preuve de capacité pratique par exemple, pas de bolide en dehors des pistes balisées et conçues pour la cause.
Il y a, ensuite, le législateur qui n'oblige pas la détention d'un permis spécial, délivré après un examen sérieux, pour pouvoir piloter une voiture de cette puissance. Une arme demande un permis.
La raison aussi, qui pourrait faire croire qu'avec un tel potentiel de chevaux sous le capot, personne ne se donnerait la baraka de l'expérimenter un jour. Potentiel qui pourtant, rappelons-le, est inutilisable sur nos routes limitées à 90, 120 voir 130 km/h.
Afficher une accélération 0 à 100 kms/h au compteur avec une tonne à arracher, demande aussi une consommation qui dépasse l'entendement eu égard la pénurie future du carburant.
Tout en haut, il y a le constructeur qui vend ses voitures à celui qui en possède la force financière et qui ne se préoccupe pas des conséquences de la transaction.
La route, elle, déclare forfait.
Alors, cette fois, sommes-nous, quelque part, responsable ou coupable?
L'Enfoiré,
Drame chez Le Panda? Ben, non...
Citations:
-
« S'il y a tant d'accidents sur les routes, c'est parce que nous avons des voitures de demain, conduites par des hommes d'aujourd'hui sur des routes d'hier. », Pierre-Jean Vaillard







