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29/04/2008

Enlève-moi, mes puces

 

Le "Question à la Une" du 22 avril a de quoi inquiéter. Les puces sont là. Ne préparez pas vos insecticides. Celles-là sont faites "maison", électroniques. La technologie est passée par là. "Big brother" aussi. Les RFID vont apprendre beaucoup de choses sur nous à notre insu. Démocratie en danger? "Confiance, ce n'est qu'une fausse alerte", disent certains. Mais encore...

Le code-barres, c'est décidément ringard. Cette fois, il faudra compter sur la Radio Frequency Identification (RFID) et elle va générer un risque bien plus important dans notre vie de citoyen au quotidien. Celui-ci a peur d'être fiché. Il va être servi.

Certains scientifiques qui analysent le problème, nous disent même que le RFID serait plus dangereux que tout ce qui a été créé pour assurer la sécurité avec en contrepartie un avantage bien trop spécifique. dans le domaine de la sécurité, les caméras de surveillance ne seraient désormais qu'un complément vis-à-vis de ce nouveau moyen de catégoriser les citoyens. Dangereux, car tout le monde en tirerait un profit apparent au départ. Si cela n'avait pas de points positifs, cela le serait moins. Sans un caractère imposé à terme et un risque de ne pas être au courant de ce qui s'y cache, ce pourrait n'être qu'un gadget de plus. Une caméra au dessus d'un immeuble, cela se voit. Ici, ce n'est plus le cas, c'est invisible et, de plus, l'information qui s'y réfugierait pourrait s'alimenter à distance et à l'insu de son porteur. Le piratage pourrait bien vite s'interfacer. Implantés sous la peau, dans les dents, ces puces, on en oublierait leur présence et leur potentiel. Autorisation d'en insérer sous la peau depuis 2004 aux États-Unis. Les raisons se retrouvent dans les domaines pratiques, sécuritaires, publicitaires et commerciaux. Les étiquettes RFID attachées aux vêtements complètent la panoplies. Les applications sont infinies.

Pratique, car il pourrait être considéré un système "carte proton" ambulant, porte monnaie électronique, rechargeable à la demande. Biométrie avec cartes médicales sous la peau. Santé en liberté? Les produits vendus se verraient fichés et inventoriés dans un temps bien plus court et moins coûteux. Utilisée en test, des étiquettes RFID accélère de manière drastique le travail du stockiste dans son inventaire. Elles communiquent à distance, leur présence à une distance maximale de 10 m. Le stockiste n'aura plus qu'à se balader avec des détecteurs entre les rayons pour établir l'inventaire. Stock réel minimum garanti. Clients et fournisseurs contents. Les nouvelles cartes d'identité électroniques contiennent déjà une puce électronique et contiendront toutes les informations personnelles nécessaires que l'on voudrait y insérer: mutuelle, santé par le remplacement de la carte SIS...

Sécuritaire, pour les bébés identifiables et les personnes âgées soufrant de la maladie d'Alzheimer. Traçabilibilité dans le temps et l'espace. L'émission présentait une situation qui allait jusqu'à l'impossibilité de quitter le bâtiment, ascenseurs bloqués. Elle ne disait rien dans le cas d'incendie. Repérables aussi par GPS en cas de perte ou de disparition. Avec les caméras de surveillance, criminels sous garantie de repérage, encore mieux cernés qu'avec bracelet électronique à la cheville. La prison virtuelle est à portée quand on sait le pénurie de places dans les prisons.

Publicitaire, car les clients ne recevraient plus que des publicités ciblées. Habitude de consommation espionnée. Profil de l'acheteur capté. En Belgique, les chiens sont déjà obligatoirement "pucés" pour rester identifiable vis-à-vis de leur maître.  Des milliards de puces sont prêtes à l'emploi. Coût de production, un euro. Prix de vente jusqu'à 150 euros suivant l'usage. Sur ces puces, un catalogue de numéro à 16 chiffres peuvent être relié avec des bases de données de tous les types rassemblées sur ordinateurs. Pour le présent, il ne faudra pas oublier que les puces, c'est aussi un marché énorme qui ne correspond pas du tout à l'idée du marché aux puces. Désormais, il a même son salon, son journal, son fil rouge... Microsoft a une version Beta de son BizTalk RFID Mobile. Des espions dans tous les étages de l'entreprise sont probablement déjà programmés. Pour le futur, un choix entre sécurité et liberté individuelle et peut-être d'autres applications dont on n'a pas encore imaginé les retombées. Des associations se sont créées pour attirer l'attention sur les dangers, mais elles restent bizarrement très confidentielles. Il est certains que des règles précises, des limites d'utilisations soient légifèrées.

"La puce" est passée au cinéma. L'insecte aptère ne pouvait jamais trouver meilleure correspondance technologique. Il faudait seulement se rappeler que ces puces sautent, piquent et propagent les maladies.

L'enfoiré,

Des puces chez Le Panda?

 

Citations:

  • « On dessine toujours les éléphants plus petits que nature, mais les puces sont toujours plus grandes. », Jonathan Swift

  • « Il n'y a pas de preuve que la puce, qui vit sur la souris, craigne le chat. », Henri Michaux

  • « Quand on se cherche des puces, on finit par devenir pouilleux. », Adrien Therio

  • « Une puce ne peut pas piquer une locomotive, mais elle peut rendre fou le machiniste. », Quino

25/04/2008

Ingérence ou somnolence?

ingerence-ou-somnolence_2.jpg La souveraineté d'un pays passe-t-elle avant la bienséance de sa population?

Tout dernièrement, le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht s'est rendu en délégation au Congo. Un certain froid entre la Belgique et le Congo n'est pas nouveau depuis que la situation au Congo ne semble pas s'améliorer. Un rendez-vous manqué avec le président congolais, Joseph Kabila, mettait déjà mal à l'aise d’entrer de discussion. Des propos assez vifs qui reprochaient de ne tenir plus compte de l'intérêt particulier que des intérêts du peuple. Cela rendait la discussion à la limite de la rupture. Le reste ne fut pas meilleur pour créer une relation franche et honnête. "Le rapport maîtres-esclaves, c'est fini" était lancé, le lendemain, par le président congolais, Joseph Kabila lors d’une interview accordée au Soir. En lisant les propos du président congolais, une question se pose une nouvelle fois: « Est-ce que la diplomatie qui doit perdre sa franchise et oublier les Droits de l'Homme pour raison de bienséance? ». Les délégués visiteurs avaient à transmettre un message de réprobation qui ne venait pas uniquement de lui, vis-à-vis d'une situation interne qui ne s'améliore pas malgré les effets d'annonces avant élection. Il n'y a plus de relations avec des relents de l'esclavage. Il s'agit d'affaire d'intérêts communs entre deux pays qui se jaugent, s'apprécient ou se communiquent des griefs comme la diplomatie doit s'acquitter. L'un, investisseur, l'autre, chercheur d'appuis pour remédier à une situation difficile et endémique. Y a-t-il eu arrogance ou information? Entre caresser et secouer, il y a manifestement de la marche. Personne n'était là en présence du président Kabila pour le contredire ou justifier qui que ce soit, sinon deux ministres flamands et un francophone. Relations incompatibles entre mentalités ou entre personnalités? Question de mentalités. Colette Braeckman du Soir qui connaît depuis longtemps les affaires du Congo et du Zaïre d'avant, ne mâchait pas ses propres mots dans les « couacs du Belgian Circus ». Kabila fâché, c'était très problable. Pas de polémique avec Kabila, demandait De Gucht. D'ailleurs, De Gucht a parlé au nom du gouvernement Le fait que le président congolais met dans son interview, en parallèles et sur le même pied, les relations du Congo avec la Belgique et avec la Chine donne des indices. Il est vrai que la Chine a placé depuis quelques temps ses pions partout en Afrique. "Afrique, le Far West des Chinois" écrivait le magazine Geo en avril.

La Belgique n'est devenu qu'un partenaire parmi les autres. Il n'est plus privilégié comme il l'était par le passé. Voilà, le fait nouveau auquel il faudra s'y habituer.

Le Congo a totalement changé vis-à-vis de l'extérieur, comme disait son président. A-t-il vraiment changé de l'intérieur? Dire, oui, serait pour le moins prématuré. Désormais, son pouvoir est légitime et a été en place suites à des élections démocratiques. Une tutelle ne peut s'exercer par un pays sur un autre que s'il l'un d'eux en fait la demande. Il n'y a plus question de colonie mais de démocratie. Un État souverain prend et doit prendre ses décisions en fonction de ses intérêts propres. L'obligation de résultat, ni les délais pour y arriver n'ont jamais été stipulé sinon devant les électeurs. Mais, ce qu'on oublie c'est que des préambules, des préréquis existent. Des investissements belges plus anciens sont encore en cours, il faut aussi comprendre qu'il faille protéger ses investissements et les ressortissants restés dans le pays. Donc, droit ou devoir d'ingérence? Jusqu'où aller trop loin?

Véritable dilemme que d'aller à l'encontre des idées reçues qui voudrait oublier qu'il y a des hommes et des femmes en arrière plan dans chaque côté.

La Communauté congolaise est loin d'être insignifiante en Belgique. Cela non plus, il ne faut pas l'oublier. Le monde est devenu un village et les Congolais vivent et travaillent en Belgique et s'y sentent apparemment bien. L'ingérence est un grand mot souvent galvaudé ou mis en exergue l'espace d'un moment ou d'une guerre. L'invasion de l'Irak par les Etats Unis n'en est qu'un exemple qui a dû se justifier par d'autres éléments plus ou moins humains et surtout des prétextes. On était bien loin de l'ingérence humanitaire acceptée lors de la Guerre du Biafra de 1967. Aucune guerre en vue, ici, heureusement, il aurait fallu seulement, disons, une mise au point entre gestionnaires sans jugement avec le bien commun en porte clé.

Dans le cas des Jeux Olympiques de Pékin, les autorités chinoises avaient aussi parlé d'ingérence dans leur politique. Comment exprimer par l'extérieur ce que l'intérieur ne peut pas manifester par ses citoyens sans avoir de gros problèmes?

La diplomatie est et reste maîtresse du jeu. Elle est le lien de la sagesse, mais elle ne peut être ni faible ni exigeante. Elle ne doit pas jouer à l'intrus ni se taire devant ce qu'elle voit avec des yeux qui lui sont propres. Les lunettes ne sont pas bonnes? Donner un correctif n'est peut-être pas superflu. Justifier son action n'a fait de mal à personne. La Belgique a toujours été maîtresse « es-compromis ». La compromission n'a jamais porté de bons fruits.

L'objectivité et l'intérêt général devraient passer avant l'intérêt particulier. Mais, les affaires d'Etats ont des raisons que la raison oublie trop souvent.

Le Droit d'ingérence dans les affaires d'un État a été reconnu par l'ONU dans certains cas. On parle même d'afficher un devoir d'ingérence quand manifestement un peuple est en position de faiblesse pour exprimer sa volonté. Alors, qui va pouvoir objectivement avoir un devoir de regard dans un pays? Par l'intermédiaire de l'ONU?

C'est, en effet, le devoir de l'ONU de veiller à la bonne gestion du monde. Il est loin d'avoir énormément de succès à son actif.

L'opposition à Mugabe demande, dans le même temps, à l'ONU de s'interposer au Zimbabwe. Depuis 2002, dans le collimateur, ce pays avait subit des sanctions occidentales incluant un embargo militaire. Un embargo international sur les armes est, depuis, demandé par la Grande Bretagne puisque la Chine l'ignore complètement. La Chine, souvent hors jeu, a commencé une entreprise de charme en Afrique. Elle se lance dans un néo-colonialisme de l'Afrique qui ne dit pas son nom. Le Congo devra juger où sont ses véritables collaborateurs. Anciens et nouveaux auront leurs avantages et inconvénients.

Que conclure? Tempête dans un verre d'eau, certainement pas? Le respect entre partenaires est la seule voie du succès. Les citoyens, eux, sont aussi partenaires par héritage. Les citoyens, indépendamment des frontières, devront aussi, un jour, s'exprimer et déterminer où ils veulent aller et comment.

1746090597.jpgLa démocratie a de ses surprises qui ne parviennent à se régler qu'à terme échu par des élections. Assumer ses bons et mauvais points pendant une longue période deviendra de plus en plus mal aisé.

Les retards dans l'achèvement des buts à réaliser seront toujours de plus en plus mal ressentis par la population et par n'importe quel partenaire dans notre monde qui veut aller de plus en plus vite. Alors, parler de "relations maître à esclave", dans ce cas, est exagéré. Tout le monde est maître ou esclave à un moment donné. Relations parent - enfant. Relations dans un couple. Et cela dans l'alternance. Le progrès est à ce prix.    

Cela n'est pas une histoire coloniale. Elle est bien plus générale. Consulter la population sur des points tangibles de la vie commune plutôt que sur des têtes représentatives pourrait changer drastiquement la diplomatie, elle-même. Mais cela est aussi une autre histoire...

ingerence-ou-somnolence_1.jpgPatience et longueur de temps font plus que force et ni que rage...

Espérons seulement qu’Ahmadou Kourouma aura tort en définissant l': « Ingérence humanitaire, c'est le droit qu'on donne à des Etats d'envoyer des soldats dans un autre Etat pour aller tuer des pauvres innocents chez eux, dans leur propre pays, dans leur propre village, dans leur propre case, sur leur propre natte. »

L'Enfoiré,

Le Panda serait-il un maître des commentaires? 

Questions publiques à la radio sur le sujet

22/04/2008

Amitié, échange de bons procédés ?

amitie-echange-de-bons-procedes_00.jpg

L'amitié dans la proximité et le concret, tout le monde pouvait la connaître depuis longtemps. Avec Internet et le virtuel, peut-on encore parler d'amitié?

Dans le concret avec les amis locaux de proximité, il existe une foule de gradation dans les relations privilégiées humaines. Connaissez-vous un mot qui aie autant de synonymes que le mot "ami"? Sans passer à l'argot, la liste des synonymes ne serait pas complète. Les citations innombrables ne sont pas en reste non plus.  

L'homme est-il sociable, ermite ou grégaire? Faut-il avoir beaucoup d'amitiés autour de soi ou peu pour bien vivre?

Avoir un ami, à quoi cela sert-il? Pour le plaisir ou les coup durs? Pour supprimer la solitude? Pour des références qui peuvent toujours servir par après? Ne dit-on pas "Les amis de mes amis sont mes amis", comme si cela était un dû dans une chaîne logique?

Toute relation humaine est fondée sur un échange d'informations, de sentiments. Le coeur ou la raison. Échanges croisés et pas nécessairement à partir et vers les même bords hiérarchiques. Ils peuvent être complémentaires ou aidés par les compromis. L'amitié se crée le plus souvent grâce à une certaine affinité de raisonnement, une envie de fréquentation courante. Cette proximité oblige parfois à jouer "masquer" pour plaire à son interlocuteur dans les conventions pour ne pas vexer. C'est son côté négatif.

Mais, alors, quand la fréquentation devient virtuelle, comment peut-elle se générer et qu'en reste-t-il dans la durée? Internet et ses conversations virtuelles à des milliers de kilomètres a ajouté l'universalisé dans les relations humaines. Le tchat, les blogs commentés, les sites citoyens ont véritablement bouleversé les envies et les liens entre les hommes. Nous sommes entrés dans le monde du superficiel, pourrait-on penser, sans impact physique pour les interlocuteurs. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ai pas de conséquences dans le moral et dans la création de relations plus vraies que dans le monde réel. Dans ce monde du virtuel, les masques tombent. Des pseudos, des avatars qui ne représentent pas la personnalité, sont les nouveaux pare feux d'Internet. Le plus souvent les textes qui sont publiés ne sont que prétextes d'entrée de jeu dans l'arène. L'auteur ne peut absolument pas évaluer la direction des commentaires. De nouvelles règles s'imposent pour canaliser les impulsions de chacun. Un lecteur qui n'aurait pas l'habitude de cet espace virtuel, en reviendrait surpris, parfois épouvanté par la violence dont il détecterait les traces. Cela peut exister. Des précautions s'imposent, c'est vrai. S'introduire dans une conversation physique, déjà en cours, pouvait aussi prendre des allures véhémentes. Les intrus ne ressortent jamais indemnes de toutes relations concrètes ou virtuelles dont il ne comprend pas la totalité de l'enjeu.

Ici, dans le virtuel, il s'agit de relations parfois bien plus intéressantes et profondes pour ce qui compte vraiment pour chacun des internautes. Rien n'empêche de ne pas entrer dans une conversation ou d'en sortir si les informations ne correspondent plus aux envies du lecteur.  Personne n'en fera le reproche. Cette liberté est bien plus grande que dans le concret. Mais, sans connaître la personne qui est à l'autre bout, on parvient avec l'imagination à en faire un portrait robot moral. Le physique n'y est pas, mais le fond de l'interlocuteur se découvre plus clair, pour celui qui, avec un peu de psychologie, peut en définir les contours. 

Écouter les petits tracas d'une vie ne devient plus une obligation mais une participation voulue et comprise. La vie réelle en ressort parfois bien mieux qu'avec des phrases toutes faites de l'improvisation. Le choix de se retrouver, loin de tout, oublie le physique mais impose des rapprochements plus virils, peut-être, mais bien plus vrais. Peut-être est-ce la raison que l'on y voit peu de femme dans ces sites de rencontres citoyens. Les sujets de conversations sont naturellement différents souvent et ceci explique cela. 

Quand les distances et les frontières n'ont plus cours, une amitié véritable, peut-elle se former sans jamais espérer une rencontre dans le réel? Là, cela dépend des cas. Des similitudes de comportement, de réactions aux événements pourraient parfois le faire croire, mais pas toujours. Les joutes créent aussi un nouvel échange de bons et mauvais services à une humanité conglomérée qui se cherche. Il faut simplement connaître les règles du jeu et savoir, comme avec tous les média, raccrocher le combiné quand il le faut.

Construire son "moi" peut parfaitement se faire par les contacts avec les autres, de milieu, de culture totalement différents. La diversité d'idées, voilà la différence et l'avantage. Vaincre cette peur du refus de l'autre, s'investir, se découvrir plus puisque la "capote" est mise. Faire le premier pas, sans arrière pensée. Chercher la vérité universelle, plutôt que le conformisme ambiant et locale. Chance réelle de compréhension du monde dans un chemin médian. Les hommes se rencontrent, cette fois, un peu comme des atomes, mot qui garde tout son sens, dans ce cas, par son origine de "non sécable" et pour ce qui est de son caractère intransigeant avec des charges puissantes. Certains de ces atomes vont fusionner, d'autres s'éviter avec des charges identiques.

Être identique de conception n'intéresse plus vraiment. Seule la contestation est constructive pour forger l'homme qui reste ouvert et qui se recherche. La dure loi de la différence et du pluralisme d'idées ont beaucoup plus d'aspects positifs que les risques d'une rencontre entre Titans.

Une fois comprise, cette situation apporte une amitié nouvelle dans l'équilibre des forces sans faux fuyants. Ne pas s'effacer devant l'autre mais trouver un bon milieu du compromis sans compromissions devient la bonne conclusion.

Si la famille et parfois les amis de proximités, triés sur le volet, apporteront souvent le réconfort, il est vrai que ses membres sont des amis par conformité, par l'habitude ou même forcés par les convenances.

Avoir beaucoup de relations ne veut pas dire beaucoup d'amis. Dans le concret, des impératifs financiers ou autres peuvent cacher des raisons bien peu louables et loin du coeur. Accepter que l'on ne peut être amis avec tout le monde est aussi le départ du bon sens ("A cash city"). Rester critique en aparté, avec le filtre de protection de crainte de retombées sans affronter la personnalité de l'autre sont des contraintes qui n'existent plus dans le virtuel. Les critiques de l'autre bord, loin d'être toujours des attaques, sont très certainement utiles dans ces échanges de "bons procédés".

"Ce n'est pas un ami que l'ami de tout le monde.", disait Aristote

Revendiquer d'avoir des ennemis donne l'équilibre. Dans le passé, il y a eu les grandes amies "Les vamps" qui ont fait rire pendant des années.

Sur le net, l'humour est aussi une arme très utile, redoutable, même, sur la toile. Susciter celui de l'autre deviendra du grand art de la persuasion. La toile, c'est du théâtre mais sans trac. Ne pas craindre de paraître ridicule. Avoir confiance en soi est de première nécessité. Chacun a son rôle à jouer, tout dans le doigté et la finesse. Le "premier pas", il faudra choisir qui le fait. Garder le sourire sympa, le respect, ne pas frapper au départ, garder le naturel, sans dérapage, écouter, pardon lire, et apporter un complément d'expérience personnel, intéresser l'autre, critiquer mais à petites doses, mettre en confiance, rester positif sans exposer toutes ses charges et contrariétés.  

Ici, rien de plus faux dans la durée que ce dicton: "Qui se ressemble, s'assemble". Bien trop morne, que de fusionner des idées qui se situent trop sur la même ligne de conduite.

La franchise peut être une entorse à l'amitié dans le monde réel. Ici, le manque de franchise et de clarté peut faire plus mal encore. Toute relation mérite analyse et recherche de la conformité du partage. C'est un pacte et l'on signe ou on passe son chemin.

Une amitié qui se créerait ainsi pourrait être plus durable car moins astreinte à des conventions dues aux rapprochements trop courants. La discussion reste le point de ralliement quand un orage survient. Clarifier les positions et trouver les points d'achoppements pour les dénouer. Le Modus vivendi est probablement moins difficile à surmonter pour les raisons d'éloignement dans le temps et l'espace. Les réconciliations se passent dans la communication jamais dans le silence. Bouder n'est plus la solution.

"Celui qui n'est plus ton ami ne l'a jamais été" disait encore Aristote.

amitie-echange-de-bons-procedes_25.jpg Polluer la vie de l'autre avec la sienne ne sera jamais une preuve d'amitié mais un étalage de ses propres tares ou bons coups.

Les synonymes de "ami et amitié" sont innombrables comme je le disais: acolyte, adepte, allié, alter ego, amant, amateur, amical, aminche, camarade, coalisé, collègue, compagnon, compère, confident, connaissance, copain, copine, familier, frère, intime, partisan, pote, proche, relation,... peut-être faudra-il y ajouter un nouveau sur la toile: l'amiweb.

En mars, "Test Achat" faisait une enquête au sujet des plus de 65 ans. Les résultat présentaient leurs besoins et leurs manques. Le manque principal était justement d'avoir de véritables amis. Amis auxquels se confier lors d'une crise, de problèmes. 6% d'entre eux se plaignaient même de n'avoir aucun ami, d'être isolés. La famille, bien que précieuse, n'apportait pas la totalité de leurs besoins.

Oublier ce qu'est un ami, un camarade, un copain, du moment qu'il y a l'ivresse des moments privilégiés des deux côtés de la table des négociations virtuelle ou bien concrète.

amitie-echange-de-bons-procedes_05.jpgJ'ai joué à l'enfoiré, une nouvelle fois. Cela n'est pas exclu. Quand, il y a bonne amitié durable, il y a toujours échange de procédés. Rien de grave, pourtant, l'amitié et c'est un scoop, se porte toujours bien à qui veut en donner les prémisses.

La solitude entre les "plis" des rencontres, c'est aussi une chance de rester zen. Se parler à soi-même, mélanger ses conflits et ses complexes ne sont pas toujours des maux en soi, malgré la chanson de Serge Reggiani qui en parlait de cette solitude ressentie et mal vécue. Il ne faut pas la détester. Gilbert Bécaud chantait même que la « Solitude, ça n'existe pas ». Cette fois, dans le virtuel, elle pourrait ne plus exister vraiment.

En tout, l'amitié, c'est intéresser l'autre par la présence de l'esprit et du coeur.

C'est là que le terrain virtuel ou concret se gagne ou se perd.

 

L'enfoiré,

 

Le Panda, nid d'amis ? 

 

Citations:

 

  • "Trois sortes d'amis sont utiles, trois sortes d'amis sont néfastes. Les utiles : un ami droit, un ami fidèle, un ami cultivé. Les néfastes : un ami faux, un ami mou, un ami bavard.", Confusius

  • "Mon ami signifie mon esclave. Mon cher ami veut dire vous m'êtes plus qu'indifférent.", Voltaire

  • "Il n'y a pas d'ami, il n'y a que des moments d'amitié.", Jules Renard

16/04/2008

Le show avant tout

le-show-avant-tout.jpgUn article du Soir m'a interpellé par son analyse et sa justesse. Il s'agissait d'essayer d'expliquer le pourquoi de l'attraction dont Silvio Berlusconi jouissait aux yeux du peuple italien. Pascal Martin en était l'auteur. Comme il risque d'être archivé, je le soumets ici pour le commenter et le comparer avec d'autres cas en Europe.

Son retour en force pose question. Quand on connaît son passé et la manière dont il vient de conquérir le nouveau "trône" d'Italie, il y a de quoi s'inquiéter pour l'Europe.

Voici le texte:

>>> 

« La société italienne est une société où les mamans veulent que leur petite fille soit Miss Italie et leur fils footballeur. Tout ça sans trop travailler ».

Élu en 2006, le Vert Arnold Cassola faisait partie dans la précédente législature des députés venus de l’étranger. Mi-Maltais, mi-Italien, il habitait alors Etterbeek. En s’installant à Rome, il a découvert une manière très différente de faire de la politique. Comme un coup sur la tête.

« Depuis deux ans, Silvio Berlusconi a tout fait pour faire tomber le gouvernement Prodi. Il y a beaucoup de désillusion à gauche car le public n’a pas mesuré les conséquences positives de son travail. La baisse du déficit public, par exemple », explique le député. Côté Berlusconi en revanche, tout serait négatif : plusieurs tentatives de corruption auprès de certains sénateurs, les affaires (désormais prescrites), des mensonges en pagaille, et son indécrottable machisme. « Au palais des Sports il y a peu,raconte Cassola, il a réuni 8.000 femmes et il leur a dit que “dona” venait du verbe latin qui signifie dominer. Oui, a-t-il dit, vous êtes bien dominatrices à la maison. Mais le prix à payer pour cela est de bien cuisiner pour donner des forces aux guerriers. Et tout l’auditoire a applaudi. »

Mauvais goût

L’Europe a multiplié les populismes au cours de la dernière décennie, mais aucun n’égale ce mélange de puissance, d’arrogance et parfois de mauvais goût. Et pourtant ça marche. Pourquoi ?

La réponse la plus fréquente est que dans un pays où l’individualisme est la règle, la réussite professionnelle de celui que l’on surnomme aussi Sua Emittenza tient lieu de modèle. En tant qu’entrepreneur, propriétaire du Milan AC, homme de média et de politique. Sa fortune est immense. Sa présentation soignée, son bronzage permanent et ses liftings à répétition achèvent l’image d’un gagneur, paré à gérer l’Italie comme une de ses entreprises.

Mais cela ne suffit pas. Le sociologue Franco Ferrarotti voit en lui un catalyseur. Silvio Berlusconi exprimerait les contradictions de la péninsule italienne qui n’en manque pas. « L’Italie, explique-t-il, est une société trimillénaire qui est en même temps une structure politique très récente avec un sens de l’Etat qui n’est pas encore là ».Berlusconi en tirerait largement profit. « En Italie,continue Ferrarotti, il n’y a pas d’idée de la fonction publique comme telle. Le pouvoir est fait pour favoriser la famille. »

Famille, Eglise, réussite sociale… les valeurs de la droite berlusconienne séduisent du Nord au Sud, passent outre les fractionnements et les clivages sociaux grâce… au petit écran. Par le truchement de ses télés, Berlusconi a réussi à donner du rêve à tous, en livrant au téléspectateur ce qu’il veut entendre. Cette thèse est défendue par Carlo Freccero, le responsable de la RaiSat, qui a payé par plusieurs années de placard le fait d’avoir diffusé une contre-programmation aux télés berlusconiennes. « Berlusconi a donné une identité par le truchement de la télé à ceux qui sont loin des centres-villes et des lumières. Quand ils sont chez eux brille le reflet bleu de la télévision. Comme dans la pub de L’Oréal, il leur dit “Perchè tu vali”. “Parce que tu le vaux bien”. » Le message fonctionne. Il capture le téléspectateur lambda, le remplit.

Depuis quinze ans, ce cocktail de séduction a permis au Cavaliere de rester dans le cœur des Italiens. Et dans les urnes.

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Un an avant, nous avions Nicolas Sarkozy, que l'on a aussi découvert bling bling. Il y a bientôt huit ans, le phénomène "je ne sais rien, mais je dirai tout" était déjà plébiscité aux États-Unis. J'avais déjà eu un article sur le sujet "Italie à coup de bottes". C'est Berlusconi III qui opte, une nouvelle fois, de chasser le naturel, pour revenir au galop.

Le Vif - L'Express paru avant les élections du 13/14 avril, se posait la question "Italie Western ou spaghettis?".

Walter Veltroni, comme opposant, comme suiveur de Romano Prodi. Les deux hommes de cette opposition "tous feux, tous flammes" avaient quoi à opposer au rêve proposé par Silvio Berlusconi? Le message socialiste "L'Italie vers la croissance zéro" est invendable. L'Europe, avec ses problèmes, face au nationalisme qui voulait faire revenir l'Italie sur le podium des grandes nations.

Walter Veltroni ne s'est pas vraiment affronté avec son adversaire politique.  Le match était Super Walter contre Sua Emittenza. Veltroni susurrait à l'oreille des Italiens déprimés :" Si puo fare" ("On peut le faire"), comme s'il voulait se donner le courage pour lui-même de rentrer dans la cage aux fauves.  

Car, de fauves, il faut parler.

2066637746.jpgSourire éclatant, Il Cavaliere sait montrer les points négatifs de ses adversaires. Tous les coups sont permis. Tout dans l'image. Tout dans le show. Savoir ce qui fait plaisir à entendre. Moins regardant dans sa propre assiette et ses scandales remisés aux objets perdus.  Chercher les faiblesses de l'autre et trouver les bonnes paroles humoristiques adéquates pour faire rire. Acceuillit à Palerme avec des pancartes "Silvio santo subito" comme le Pape Jean-Paul II. Une place de président lui suffira en premier ressort. Voilà les recettes.

L'histoire humaine retient ceux qui passent la rampe et qui gagnent, jamais ceux qui tente d'y arriver. Y a pas photo. Campagne sans bataille. Charisme à la sauce populiste. Trop de faiblesses dans l'analyse des électeurs pour contrer. Rien ne marche mieux que de flatter l'ego de ses électeurs par les rêves. Un peu de "bling bling" existe en chacun d'entre nous. Certains s'en font l'écho et les idoles. Le citoyen doit seulement garder les pieds sur cette terre, tout en regardant parfois, un peu, les nuages au travers du ciel bleu.

Y a-t-il des différences entre ce genre de coups de buttoir aux États-Unis, en France, en Italie?

Pas beaucoup, si ce n'est que pour réussir, on doit s'associer de plus en plus avec ce que l'on sait être un peu moins démocratique comme Forza Italia.

La France avait connu le même phénomène, il y a moins d'un an. Le rêve de faire de la France une nation de prestige. On sait ce qu'il en sort à présent.

1299838265.jpgEn Belgique, pour faire passer en force le projet de scission de Bruxelles-Hal-Vilvoorde, malgré un cordon sanitaire, les partis d'extrême droite ont été appelés à la rescousse. 

L'Italie avait connu le Duce, il y a désormais "Il Cavaliere", "Sua Emmittenza". On est moderne. Une chaîne de télévision virtuelle permet d'atteindre plus de monde que les discours les plus physiques.

Décidemment, il faudra beaucoup de messages positifs et du charisme objectif et motivé en contre pouvoir. Peut-être quelques cauchemards aussi....   

Mais puisque le "bis repetita placent" (les choses répétées plaisent)...

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L'Enfoiré,

Le show chez Le Panda?

Je tiens à remercier RIF et KROLL pour leurs caricatures

Citations:

  

  • "Egalitarisme : rêve de pauvre, cauchemar de riche.", George Elgozy

  • "L'histoire est un cauchemar dont je cherche à m'éveiller.", James Joyce

     

 

15/04/2008

Ote ton bandeau et ajuste ta balance (1)

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance00.jpgLe grand procès Fourniret est en cours. L'émotion et la colère contre la justice ("Incurie du système judiciaire. Son imbécilité..." Marie-Noel Bouzet). Et si on prenait un peu de recul et si on parlait de cette Justice, elle-même. La justice, qui fait partie du pouvoir judiciaire, un de nos trois pouvoirs belges, est-on dans son "bon droit" de prendre un peu de temps pour l'analyser plus intimement? L'arroseur arrosé, en quelques sortes. 

 

Prélude

A tort ou à raison, je dois avouer que je n’ai jamais été en pleine confiance devant l’équité, les verdicts, les sentences au devant des procès pour lesquels la Justice doit statuer. Dans cette première phrase toute anodine, que de mots liés avec cette la justice et pourtant, l’homme de la rue en est très éloigné et a souvent du mal à en comprendre le suivi. Peut-être, le justiciable en attend trop de la Justice, présentée comme "La" solution à leurs conflits. Il y fait appel dans la majorité des cas pour défendre ses droits dans un esprit très peu rassuré en recourant à un avocat, le plus souvent, ou parce qu’il est appelé à comparaître dans une affaire dont il est témoin.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance03.jpgGarde fou de nos actions et de nos agissements, la justice permet de vivre en harmonie en société. Elle est là pour faire respecter les lois édictée par un autre pouvoir. Sans elle, l’anarchie perpétuelle et les pires méfaits régneraient. Les Droits de l’Homme sont bien clairs à ce sujet. La responsabilité de chacun doit être contrôlée pour permettre toute vie en commun par l'intermédiaire de la Justice. Il n'y a société que dans le cas où le droit est présent. La Constitution, faisant part de tout État qui se veut démocratique, est la loi fondamentale en fonction de laquelle la société est constituée. Les droits fondamentaux que l'on nomme nourriture, chaleur, logement, éducation, soins et justice, ont leurs places dans cette charte de l'individu et des personnes. Cette liste évolue en fonction des exigences du bien être et pour corriger une erreur d'appréciation de l'histoire. Le recours au juge est donc la manière normale de résoudre un conflit avec son voisin, son débiteur, son employeur, l'assassin et j'en passe dans la liste des litiges de la vie en commun. Notre Palais de Justice à Bruxelles, plus vaste que la Basilique Saint-Pierre à Rome est une preuve que la Justice veut en imposer. Gageons qu'on y arrivera dans l'intimité du citoyen, aussi. 

 

L'histoire
 

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance02.jpgDe tout temps, pharaons, seigneurs et clergés exercaient le pouvoir de Justice et avaient droit de vie ou de mort sur les habitants gérés par eux. Au Moyen-Age, les auteurs de meurtres étaient traînés sur une claie avant de subir la pendaison qui, en général, était réservée aux larrons. Les criminels de lèse-majesté étaient décapités. Les aveux s'arrachaient souvent par la torture. Le rituel de la peine de mort, orchestré par la présence de la foule, était vivement ressenti comme une atteinte à l’honneur personnel et familial.

Ensuite, et jusqu’au 13e siècle, le Roi reçevait de Dieu le pouvoir spirituel et temporel de rendre justice. Entouré de conseillers, il expédiait, lui-même, les affaires. Les peines étaient codifiées dans des écrits appelés Coutumiers en fonction des types de délits.

Par après, le Roi allait déléguer ses pouvoirs judiciaires à des juges spécialement nommés. A la révolution française, la réorganisation de la justice s’imposait aux révolutionnaires, pétris de philosophie des Lumières. Les Constituants élaboraient la Déclaration fondamentale des Droits de l’Homme. Fin de la torture. Les débats contradictoires permettaient aux citoyens d’exposer leurs points de vue.

Napoléon réalisait l’unification des lois et un nouveau code civil porte, désormais, son nom. Il restait conscient du lien existant toujourss entre le temporel et le spirituel pour s'assurer un maximum de plébiscites. Les degrés des tribunaux suivaient déjà la même hiérarchie que nous connaissons encore aujourd'hui: juges de paix, du civil, de cours d’appel, de cassation. L'impunité et les privilèges de l''Ancien Régime", représentés dans une justice privée, dès la fin du 18ème siècle, ont été remplacés par une justice publique et civile.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance07.jpgA la fin du 20ème siècle, l’abolition de la peine de mort était de plus en plus observée. En Belgique, elle datait de 1996 bien qu’elle n’était plus été exercée depuis plusieurs années auparavant. Ensuite, plus beaucoup de bouleversement jusqu’à nos jours. Seulement, une évolution douce s'en est suivie, toujours embourbées dans des dossiers de plus en plus volumineux.

Les nouvelles méthodes

Les méthodes récentes de découverte de la vérité évoluent en efficacité: la biométrie, l’identification criminelle par les empreintes digitales sont utilisés depuis 1897. La biotechnologie, la génétique et l’étude de l’ADN apportent, aujourd'hui, une approche scientifique de plus en plus précise dans la recherche des culpabilités.
La recherche de la vérité reste la préoccupation des prétoires. Aucun moyen actuel ne permet encore, à coup sûr, l’identification d'un coupable que ce soit à l’aide de sérum de vérité ou de la machine habilitée à la détection des mensonges. Indications, sans plus, mais pas preuve.

Science non exacte, par définition, elle ne devrait, malgré tout, pas trop s’en éloigner car il en va de la liberté ou de la punition par emprisonnement d’hommes et de femmes. Les erreurs judiciaires brisent une vie car, même si, après de multiples tentatives, la vérité éclate, enfin, au grand jour et que l’inculpé est blanchi, aux yeux de l’entourage, les rumeurs courront encore et le doute subsistera. Le "Pas de fumée sans feu" poursuit la pensée du citoyen lambda. Certains journaux à sensation prennent souvent un malin plaisir à amplifier cet état d’esprit, à forger une opinion avant et pendant les procès. « Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées » (Art.. 11 des Droits de l’Homme). Cet article est néanmoins caduque dans les faits dans certains cas. Depuis le 8 Janvier 2008, l'assemblée nationale française a adopté le projet de de loi relatif à la détention se sûreté permettant de faire une entorse à cette règle. La présomption d'innocence tombe aussi facilement devant la raison d'Etat.   


Constatations préliminaires

L’éloignement, parfois le divorce, entre la population et la Justice trouve son origine dans l’usage d’un vocabulaire codifié, sibyllin aux formules ésotériques qui reste parfaitement étranger ou incompris même dans la description des événements les plus communs.

Avec l’esprit verlans, on pourrait dire : « Pourquoi faire simple, quand il y a moyen de faire compliqué ».

Un tel langage est-il nécessaire dans un monde qui se veut proche de ses citoyens? Dénouer les arcanes des procès demande des spécialistes. "Nul n'est censé ignorer la loi", mais, en pratique, il en va tout autrement. Prendre un avocat pour se défendre dans le moindre litige, dans la moindre affaire, est devenu une obligation pour l’homme de la rue qui sinon se trouve marginalisé de fait.

Plus grave encore, se défendre seul devant un tribunal est autorisé, mais jouer son propre avocat, c’est souvent vouer à l’échec la cause la plus juste, la mieux défendable.

La justice se plaint d'être submergée par les affaires. N'est-elle pas volontairement responsable de ses propres contraintes? Emphases, trémolos de préambules ne font qu'alourdir artificiellement la lecture du texte qui le décrit. A bon escient? La justice ne vit-elle pas de ce manque de concision? L'imprécision des lois n'offre-t-elle pas la protection de ses membres? Qui bloque ou ajourne un dossier?

Face à l'affaire d'un client, l'avocat a souvent un rôle initial de recherche de "calques "que l'on appelle "jurisprudences", dans l'arsenal du passé de la justice. Les intégrer, en détecter les failles possibles, broder autour du sujet sont des actions de pure routine.

Une loi, qui est à la base de tous jugements, qu'est-ce? "Prescription établie par l'autorité souveraine de l'Etat, applicable à tous, et définissant les droits et les devoirs de chacun". Rien d'anormal? Et bien si. Il n'est nullement dit qu'elle doit être "précise" et "rigoureuse". Cela veut dire, qu'elle doit pouvoir être interprétée en fonction de la "culture", de l'expertise, des faits sans précédents ou non d'une affaire. Si elles étaient précises, ce serait une véritable révolution. Vous pourriez en principe vous défendre vous même, comme il est d'ailleurs permis. Et les avocats auraient moins de travail.

Les erreurs d'aiguillage ne vous ont jamais effrayées? Non? Comment se fait-il que tellement de Cours ont été choisies par les avocats et qu'en définitive, après des mois, on apprenne que le jugement est remis pour cause de "non-compétence"? On s'étonne de l'engorgement des palais, devant ce qui manifestement, n'a pas été enseigné ou incorrectement, à l'avocat. L'Etat belge vient d'être condamné à 30.000 euros par la "Cour européenne des Droits de l'Homme" dans l'affaire de la décharge de Mellery pour la lenteur de son action.

"Responsabilité: avantage à la magistrature" posait la bonne question de la réforme de la Justice en France. Les réalisateurs de cinéma ont d’ailleurs très bien compris l’intérêt qu’ils pouvaient en tirer en introduisant le suspens dans leurs films ayant pour cadre un procès. Car, la Justice passionne les foules et le cinéma vérité donne le meilleur taux d'écoute.

 

Affaires de pédophie ou "Sérial killers"

Fin des années 90, la Belgique a subit un haut le coeur en découvrant les actes de pédophilie et les rapts d'enfants. Des 'marches blanches' ont suivi cette prise de conscience pour protester.

La justice et la gendarmerie ont été mis sur la sellette et ont du réagir après les commissions d'enquête médiatisées. Des promesses ont été faites à la population. Les choses devaient changer et ont partiellement évoluées.

Avec le recul, qu'en est-il des résultats: une gendarmerie réformée et uniformisé avec les forces de police, le budget de la justice augmenté mais une relation plus étroite de confiance avec la population s'est-elle pas vraiment produite? Les déclarations des victimes prouveraient le contraire. Le procès de l'affaire 'Dutroux' belge n'a pas eu assez de coupables à se mettre sous la dent d'après l'opinion publique. Dessaisissement de juge en charge des affaires. Show spectacle aussi dans une Commission d'enquête télévisée à l'américaine.

Plus de dix ans après l'affaire, Anne Thilly, Procureur Général émérite au Parquet de Liège, en charge de l'affaire, rappelait, lors de son retrait de la vie active, ces moments d'émotions intenses qui ont fait pleurer la population belge et montrait ce qui a changer depuis lors au département de la Justice. Une meilleure communication entre les acteurs du drame (police, gendarmerie et justice), un dialogue entre les acteurs, suppression de la concurrence entre eux, éléments divers qui ont créé les pires dysfonctionnements et le véritable ratage. "Child focus" est né en Belgique. La commission parlementaire organisée pour en tirer les leçons n'a pas été épargnée par les médias. Y-a-t-il une meilleur compréhension après cet anniversaire entre justice et justiciables? Un peu, c'est à espérer.

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance-fourniret2.jpgL'affaire 'Fourniret' a montré, aussi, les limites de la Justice. Le silence du prévenu n'en est qu'une interprétation. Même genre de victimes, même manière dans la prise en charge de l'affaire. "Négligences ou connivences" était le titre d'un « Envoyé Spécial » de l'époque. Assassins en séries, viols de plus faibles. Dysfonctionnements par les informations qui n'ont pas transité de pays à pays. Manque de recherche de liens entre des affaires géographiquement éloignés. Affaires trop vite classées. Casier judiciaire non centralisé. La Justice a oublié que le crime s'est industrialisé, s'est surtout décentralisé, délocalisé, mondialisé. La recherche de la vérité n'est plus ce qu'elle était. Elle nécessite autre chose que  des pertes de temps. Des décades pour ceux qui ont été les parents de victimes et pour les risques de reproduction des délits rejetés dans l'impunité ne sont plus permises. C'est le travail des enquêteur de police. Bien sûr. Ils doivent travailler dans l'urgence. S'entourer de tout le côté scientifique pour atteindre des niveaux proches de ceux qu'on voit dans des séries comme "Les experts". Il est reconnu que les premières heures après la découverte d'un délit, sont capitales. Dans une affaire d'enfant disparu, c'est essentiel ("Child focus"). Une chance énorme a permis de sortir l'aiguille de la botte de foin. Il ne s'agit pas de mettre des bâtons dans les roues et de travailler en équipes solides et internationales. Le transit d'informations a été aussi amélioré par le Système de Traitement des Infractions Constatées de la police (STIC) et le Système Judiciaire de Documentation et d'Exploitation (JUDEX) référencent 22 millions de personnes en France. Les Renseignements Généraux (RG), le Système d'Information Schengen et le Système d'information d'Europol (TECS), la Commission Nationale Informatique et des Libertés (CNIL) comblent les trous. Cela fait beaucoup d'organismes qui ne sont pas sous le même chapeau. En Belgique, Cedric Visart de Bocarné, nommé à 53 ans comme le plus jeune Procureur Général de Liège avait suivi de près l'affaire Brichet. Il faisait parlé de lui dans le Vif-L'Express de cette semaine. Défini comme homme de communication avec la presse n'était pas exempt de détracteurs.  

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance-fourniret.jpgA cheval sur la France et la Belgique,  cette affaire Fourniret, mari et femme, "tueurs en série" ou "hors série", passe devant la juridiction de Charleville-Mézierre à partir du 27 mars 2008. Sept meurtres connus, des tentatives d'enlèvement sont à leur actif. Encore une affaire qui a révélé que la criminalité est internationale, alors que la justice de chaque pays se réserve son terrain de prédilection. Interpol absent? Une des victime, la petite Elisabeth Brichet est restée 14 ans dans l'obscurité de la recherche. Le 14 avril avait ses parent à la barre et les mots d'émotion pouvait difficilement dissimulé le chagrin. La Justice était visée par son "Incurie et insouciance".  

Les victimes, perdues, ne demandent, souvent, que la justice soit faite

Le coût du procès est déjà évalué à près de 2 millions d'euros. Seront-ils productifs d'une amélioration?

En France, Lionel Jospin avait pourtant mis en place le Fichier National des Empreintes Génétiques (FNAEG) pour recueillir l'ADN des délinquants sexuels jugés coupables.  

L'affaire de l'enlèvement des deux fillettes, Stacy et Nathalie ont eu une meilleure approche et un dialogue s'est mieux installé pour les retrouver. Elle n'est pas plus facile pour autant. La recherche de preuves restent toujours le problème principal quand l'inculpé nie les faits. Mais, est-il "apte" géographiquement et psychologiquement à être le vrai coupable?

ote-ton-bandeau-et-ajuste-ta-balance_55.jpgEn France, le procès d'Outreau, sombre affaire de pédophilie collective, apparaissait comme telle en février 2001, laisse un goût amer aux faux coupables. Fiasco inverse dans la construction d'un château de cartes en mettant sur le gril tout un village (60 personnes accusées au début) dans une affaire sordide d'inceste qui s'est emballée en inculpant 17 innocents jetés en prison pour des années. Surréalisme de la justice? Confusion dans les noms de personne et de lieu, mythomanes dans les accusés, juge d'instruction sans expérience qui a besoin de tenir son dossier à flot coûte que coûte pour suivre le jeu de la presse qui associe l'affaire belge et française. Pressions énormes. Viols de dossiers d'instruction. Il a fallu, pour six accusés, faire appel pour éviter  un véritable naufrage judiciaire. Tous ont été acquittés. Devenu la caricature du dérapage à tous niveaux, ce procès a nécessité les excuses du Ministère de la Justice en bonne et due forme. Est-ce une erreur judiciaire comme les autres? L'innocence des accusés étaient tellement évidentes au vu de l'impossibilité de certaines situations, que c'en est devenu un véritable mystère. Une commission d'enquête a été aussi créée pour en tirer les leçons. Le juge d'instruction, Burgaud, malgré tout ce fiasco, n'a pas jugé bon de s'excuser devant les victimes mais a été promu comme substitut du parquet anti terroriste de Paris après une prime de mutation très probablement pour éviter toutes représailles.

Reconnaître l'erreur et la réhabilitation coûtent cher.

Commentaires et remarques rapides:

  •  bizarrement, les ténors du barreau se sont bousculés au portillon pour défendre ce genre de personnage et cela même gratuitement (pub!). La réalité rejoint toujours la fiction d'une manière ou d'une autre quand on pense au film "