29/12/2011

Les Rois Mages en eMages

Lettre ouverte aux trois Rois Mages...

Chers Melchior, Balthazar et Gaspard,

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Pour la fin d'année, je me suis rappelé du temps mythique de votre dernière visite parmi nous en 2001.

Pour l'occasion, on vous avait filmé dans notre modernité  en partie 1, partie 2, partie 3, partie 4, partie 5.

De beaux souvenirs. Il y a déjà dix ans et tellement de choses ont changé. 0.jpg

On a cru que vous nous reveniez quand on a vu une nouvelle étoile dans le ciel de la nuit de Noël. On apprenait ensuite qu'il s'agissait banalement d'une boule de feu, d'un débris du dernier étage de Soyouz qui retombait sur le plancher des vaches. Aucun présage, donc... 

Désormais, plus besoin de marcher sur des chemins enneigés de Compostelle. Plus besoin d'emprunter les sables et les cailloux du désert vers Damas. 

A Compostelle, ils n'ont plus le sou. Et pour en emprunter, je ne vous dis pas à quels taux, ils peuvent le faire!

A Damas, c'est la révolution. Une des révolutions arabes, car il y en a eu un peu partout, cette année. Donc, allez-y, mais pas sans "biscuits".

En plus, en route, vous risquez de rencontrer des indignés de tous pays.

Indigné par ce "vieux capitalisme" qui a germé un peu trop et à fait perdre les illusions sur sa rentabilité. Beaucoup de rêves se sont perdus en chemin.

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Les crises ont pris des allures de croisière. Elles sont bancaires, financières, étatiques, communautaires, systémiques, boulimiques, mais surtout bancales... On ne sait même plus comment les dissocier entre elles. C'est vous dire...

Plus beaucoup d'étoiles à suivre dans ce ciel-là et assurer votre fonction de Mage.

Si c'était ringard de visiter les lieux saints pour prêcher la bonne parole en 2001, depuis, tellement de choses sont devenus ringardes. Vous n'y comprendriez plus rien. Cela sent la résignation.

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Je vais tenter de faire partie de votre "Comité des Fêtes".

Si vous avez des intentions de revenir, je vous conseille de changer le message, sa communication et ce qui fera son support. Le monde est devenu trop complexe et plus virtuel, encore, que lors de votre dernière escapade chez nous.

Avant de partir, renseignez-vous sur les cours de ces euros qui sont restés au fond de vos poches au moment de votre départ. Il y en a qui disent qu'ils n'auraient plus cours très bientôt. Quant aux dollars, ils ont dévissés. Prenez, plutôt, des yuans, des yens, ils montent aux dernières nouvelles.

0.jpgVous allez trouver de nouveaux noms dans le grand livre des "Mages Célèbres". Les bonnes paroles n'y ont pas disparu chez eux. 

Parmi ces Mages modernes, à l'Ouest, il y a Obazar, Sarkor et Merkard.

A l'Est, Jintard qui trépignait d'impatience lors de votre visite parmi nous et qui depuis se retrouve partout là où il peut aider notre occidentalisme en perdition. Pour cela, il apporte les billets sur la table (devises au choix).

Obazar a faire croire à tous que le Messie était revenu avec son slogan "Yes, you can". Aujourd'hui, c'est plutôt "How, we could".

Au centre, Sarkior et Merkard se saoulent de guerre lasse, aux filtres et s'essayent aux élixirs d'amour. Cameronix n'aime pas tenir la chandelle et se retire du jeu quand il doit dépenser de lui-même.

Dans l'ombre, il y a aussi Putinator qui gardait son gaz à bonne température et qui espère tenir ses pipes toujours en ligne.

Tous des caractères très différents, très trempés dans l'imagerie, ces Mages du siècle.  Quant à leurs discours, ils s'entrechoquent en style dodécaphonique à l'intérieur mais consensuels à l'extérieur.0.jpg

Lullamor avait quitté la scène avec les applaudissements du public et cédé la place à son élève. La voilà dans les tops 6 en repoussant d'une place les UKazors.

Les bonnes paroles ne viennent plus par téléphone. Elles vont plus vite par Internet. Des ragots, des rumeurs s'y intercalent. Exercez-vous à les déceler. Je préviens, ce ne sera pas une mince affaire.

0.jpgPuis il y a les "leaks", les fuites, arrivées par un certain Angelasstor. Ces fuites, il les a envoyées en avalanche, par câbles. Non pas les câbles que l'on utilise pour haler les bateaux, ceux-ci sont bien plus torsadés entre eux.

Les Mages officiels, eux, criaient au scandale.

Puis, dans d'autres camps, ils se taisent, s'observent. Quand on n'a plus les cordons de la bourse, il faut toujours rester discret et copier ce qui peut l'être et planer dans le "Loft Story", en espérant que l'"Ile de la tentation" ne s'approche pas trop du continent suite à la dérive des continents.

La magie de la lévitation s'est accentuée mais les chutes d'Icare ne sont plus rares.

Nous sommes en fin d'année et, la suivante, si vous ne passez pas, on vous la souhaitera la meilleure possible... 

Je ne vous ai pas dit, ce sera 2012. L'année d'Apocalypse 2012.

Pas vraiment d'"Apocalyse Now" mais d''Apocalypse tomorrow".

Une année qui se termine par une fin du monde. C'est même précisé au 21 décembre d'après le calendrier Maya. Un 21 décembre, premier jour du mois de nivôse, dénommé jour de la tourbe. Les idées qui s'y cachent font sourire.

Pour ce jour "fatidique", vous avez de la concurrence en ligne, chers Mages.

Des eMages qui ont flairé la bonne affaire. Leurs ouailles sont appellées des "survivalistes".

Faites gaffe, ils vont essayer de vous faire fantasmer autour d'une grande toile ronde avec de bonnes vieilles histoires terribles "Nostradamusiennes"... devant l'écran noir de vos nuits blanches. Ne vous laissez pas embourber dans leurs fils. Ils comptent en chiffres et décomptent en jours jusqu'à cette fin du monde.

0.jpgL'Arche de Noé est devenue ce qu'on appelle "Facebook". Non, pas faces de boucs, je n'ai pas dit cela. En fait, s'il y a des faces, elles restent virtuelles et pas sûr du tout qu'elles soient synchronisées avec la réalité.

S'il était dit, lors de votre dernier passage, que "Dieu a créé l'homme pour que l'homme crée Internet", c'était sans connaître les réseaux sociaux.

Le Comité des Mages Réunis a, depuis, revu sa copie.

A la base, une nouvelle version du rôle de la "Revanche du solitaire" dans des réseaux à épingles à cheveux. En cherchant bien, on peut y trouver des solutions aux problèmes de toutes les "crises en thèmes" de cette dernière décennie. Elles sont, en plus, gratuites.  Un danger de plus.

Avec un demi milliards d'usagers actifs dans le monde, c'est vrai qu'il était possible d'assurer ce club de "gens biens sous tous rapports" et de concourir aux meilleures trouvailles dans le domaine de l'eMagerie.

Sans le dire, ce fut pourtant le retour au voyeurisme dans un remake du film d'Hitckock "Fenêtre sur cour", à la recherche de "Cœur solitaire" mais sans la cour. Faut pas rêver, le prince charmant n'y est pas plus charmant qu'ailleurs. Des hackers s'y promènent pour vous voler ce que vous avez de plus cher.

Un pseudo pour camoufler une barbe trop hirsute et personne pour contrôler ce qu'il y a dessous.

Vos interlocuteurs sont aussi là pour passer leurs temps en bonne compagnie... de murs (de "Wall" en anglais). Le temps disponible s'est accru à l'insu de leur plein gré.0.jpg

Le patron de "la chaîne", l'eMage, "Montagne Sucrar", lui, est intéressé par tout ce qui se dit sur son antenne pour rentabiliser. 

Le "temps" des uns est, toujours quelque part, l'"argent" des autres.

Dans la bouteille à la mer virtuelle, jetez-y une photo mais penser aux risques du rivage où elle échouera. Pas besoin de vous coiffer pour l'occasion. Pas besoin, non plus, d'écrire votre histoire, non plus. Elle n'intéresserait personne car personne n'aurait le temps de la lire. 

N'oubliez pas que vous envoyez votre message, non pas à Wall Street mais sur Wall Book.

Restez zen et à la page. Découvrez votre ration d'emails, de courriers. Amusez-vous à bord de ce grand vaisseau d'"anonymes célèbres" qui vous donneront, peut-être, "la" nouvelle du siècle en chemin et l'impression d'exister réellement.

0.jpgSi vous êtes entré par la mauvaise maille du filet, pas de panique, regrattez, plus tard ou, mieux, agrandissez votre cercle. La place est infinie. Ouvrez un autre "bal" avec des danseurs qui ne vous marcheront pas trop vite sur les écoutilles.

Si vous recevez des idées non-conformes aux vôtres que l'on sait être bonnes, oubliez-les, illico. 

Toute cette partie de passes-passes, cela fait partie de ce qu'on a appelé "communautarisation sociale". Ne cherchez pas trop à comprendre la signification.

Si "communautarisation" est un joli mot, long et un peu alambiqué mais à la mode, le mot "social" pourrait paraître bizarre, voire étrange.

Vous avez presque tout compris aux eMageries qui passe sur l'écran. Désolé, on n'y parle plus de contes, on y règle ses comptes.

La morosité se ressent et se résume par cette maxime "Hier, la situation était grave mais pas désespérée. Aujourd'hui, elle est désespérée, mais c'est plus grave".

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Dans l'Arche de Noé, la botte secrète reste à l'économie, celles des paroles et l'austérité des gestes. Esther Dyson voit dans les réseaux sociaux la clef pour le changement, mais ajoute: "La prise de conscience, les protestations, le renversement des pouvoirs établis, les révolutions... et après... Des résultats prévisibles car inféodés à des membres du gouvernement qui prennent leurs bénéfices au passage. La conjoncture reste désastreuse même en démocratie car les informations trop gênantes aux yeux des ayant-droits sont censurées. Les bureaucraties, sans concurrence, s'emploient à maintenir des emplois plutôt qu'à servir leurs administrés. Le monde des affaires influence toujours et fausse les règles du jeu en introduisant les miettes du repas gargantuesque. Sans ombudsman, pas de modèle responsable. Prenez un Président, pas un parti.

Voilà un rôle pour vous, chers Mages, ombudsmen.

Les véliplanchistes continuent à surfer sur la vague des crises tandis que des annonceurs de cataclysmes financiers ou économiques oublient de donner la médication pour sauter les obstacles.

"Comment rater son réveillon?" Une question posée, dans un journal, plutôt innocente.

Il suffirait de penser à ce que 2012 serait "Une année de fourmis contribuables qui règleront la facture. Egoïste aux impératifs politiques intérieurs, sans cohérence, résolue au coup par coup, avec l'austérité et la récession au menu"...

Un réveillon de la Saint-Silvestre pour tous les styles et toutes les bourses?

Plus difficile de le réussir, au contraire, ce réveillon et ce qui ce dira à cette occasion.

Alors, si vous repreniez en cœur, une très vieille chanson :

Comme les rois Mages, en Galilée
Suivaient des yeux l'étoile du Berger
Je te suivrais, où tu iras j'irais
Fidèle comme une ombre jusqu'à destination

Comme les Rois Mages en Galilée
Suivaient des yeux l'étoile du Berger
Comme Christophe Colomb et ses trois caravelles
Ont suivi le soleil avec obstination

Plaise au ciel que j'ouvre mes fenêtres
Le matin au bord d'un étang bleu
Plaise au ciel que rien ne nous arrête
Dans ce monde aventureux

Comme les Rois Mages en Galilée
Suivaient confiants l'étoile du Berger
Mon Amérique, ma lumière biblique
Ma vérité cosmique, c'est de vivre avec toi

Plaise au ciel que s'ouvrent les nuages
L'éclaircie dévoile le chemin
Plaise au ciel qu'au terme du voyage
Son triomphe soit le mien.

Donc, chers Mages, pas besoin de mythes d'antan. Les mythes et les croyances sont en recrudescence à notre époque.

Renversez la vapeur, faites nous oublier ce mot "crise", cette soi disant "der des ders" qui fait cauchemarder certains. Revenez-nous en pleine forme, bien formés aux nouvelles techniques et technologies. On veut du tangible, de la "sonnante et trébuchante". 

Des cadeaux en or jaune. L'argent, lui, dévalue bien trop vite.

Érotique, cette année 2012?

Non, "eurotic", tout simplement...

Je vous laisse une histoire pour la circonstance qui ne commence pas par "Il était une fois":0.jpg

Une jeune journaliste de CNN avait entendu parler d'un très, très vieux Juif qui se rendait deux fois par jour prier au Mur des Lamentations depuis toujours.
Pensant tenir un sujet, elle se rend sur place et voit un très vieil homme marchant lentement vers le mur.
Après trois quarts d'heure de prière et alors qu'il s'éloigne lentement, appuyé sur sa canne, elle s'approche pour l'interviewer :
- Excusez-moi, monsieur, je suis Rebecca Smith de CNN. Quel est votre nom?

- Moshe Aknoun, répond-il.
- Depuis combien de temps venez-vous prier ici ?
- Plus de 50 ans, répond-il.
- 50 ans !!! C'est in-cro-ya-ble !!! Et pour quoi priez-vous ?

- Je prie pour la paix entre les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans. Je prie pour la fin de toutes les guerres et de la haine. Je prie pour que nos enfants grandissent en sécurité et deviennent des adultes responsables qui aiment leur prochain.

- Et que ressentez-vous après 50 ans de prières ?
- J'ai l'impression de parler à un mur !

0.jpgMurs, peurs et prières entrent souvent en connivence.

Maintenant que vous pouvez, tous trois, surfer sur la vague, dans le monde de l'inédit, je vous ai concocté une visite dans le Bruxelles insolites, en images.

En vous attendant, je souhaite une "Bonne année et bonne santé pour 2012" pour vous, chers Melchior, Balthazar et Gaspard, ainsi qu'aux eMages et aux iMages.

Mais si vous préférez un billet à cliquer en provenance de Californie...
 

L'enfoiré,

23/12/2011

La solitude, ça n'existe pas

La solitude, une bonne ou une mauvaise chose? L'homme est un animal grégaire. Pourtant, il se retrouve parfois solitaire ou pire, ermite, volontaire ou non. Les fêtes de Noël font rugir de plaisir certains et pleurer d'autres.

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La solitude a été chantée par Serge Reggiani, par Moustaki.

Mais, c'est la version de Gilbert Bécaud, qui sera à l'honneur dans ce texte.

Dimanche dernier, 18 décembre, cela faisait dix ans que Gilbert Bécaud nous a quittés.

Son surnom de « Monsieur 100.000 volts » n'était pas usurpé dans le sens du swing, mais aussi à cause des passions qu'il soulevait sur son sillage. 

Sa biographie est éloquente. Pourtant, il a quitté les avant-plans dans une solitude publique. Et il faut le dire, il est passé dans l'ombre des radios en dehors de Radio Nostalgie.

Ses chansons expriment encore des pensées intimistes de sa propre vie. L'intimisme qu'il projetait sur l'entourage. Rien d'alambiqué. Pas de mots cherchés dans un vocabulaire d'esthète mais dans celui de la simplicité.

Dans ma jeunesse,  Gilbert était comme une première idole et probablement une dernière. Le Grand Jacques Brel touchait un autre registre sous forme de maître à pensées.

En une idole, on veut toujours finir par s'identifier à elle. Je connaissais beaucoup de paroles de chansons par coeur. La scène de l'Ancienne Belgique m'avait permis d'approcher ce gars de la balle. Comme un fan, je m'étais inscrit à son club. Sur Facebook, il y a toujours Gilbert Bécaud d'hier à demain.

Les enfants reprennent le flambeau avec ses chansons à la Vienne. Des artistes les ont repris avec bonheur. Un choix parmi 400 chansons...

"La solitude, ça n'existe pas" d'après sa chanson, on s'y habitue. Pas si sûr que Bécaud ne l'ait pas ressentie sur sa péniche amarrée au pont de Saint-Cloud quand à 74 ans, il était en partance pour l'endroit d'où on ne revient pas. Il avait Kitty, un mannequin américain, son guide. Sa Nathalie, son guide, sa femme durant 37 ans. Gaya, son fils et ses filles. 0.jpg

En écrivant le mot "Fin" à sa vie, on se sent toujours un peu seul en manque de paroles, poursuivi de souvenirs qui collent dans la mémoire. Le "Et maintenant que vais-je faire?" et l''amour des uns et l'Indifférence des autres nous emportent, alors, sans pouvoir dire "Je reviens te chercher", le jour de l'adieu au Jugement dernier.

Sa fin est plus tragique: "Le titre de son album, sorti en 1999, y fera référence: Faut faire avec…, avec la maladie, avec la vieillesse, avec le temps qui emporte ses meilleurs amis et les plus grands chanteurs du 20e siècle (Trenet, Gainsbourg, Ferré, Barbara, …). Malade, affaibli, par le cancer, Gilbert Bécaud trouve cependant la force d’enregistrer "Le Cap", un disque qu’il n’aura pas le temps de voir publier. Il meurt le 18 décembre 2001, d’un cancer du poumon, sur sa péniche parisienne. Il est enterré au Père Lachaise, près de ses « pairs », Piaf et Montand. Le tout Paris lui rend un dernier hommage le 21 décembre, à l’église de la Madeleine, dans un Paris en larmes qu’il aimait tant. Il laisse l’image d’un jeune homme électrique, toujours en mouvement, exemple d’une chanson française sans frontières. Sa cravate à pois, son costume bleu, ses quelques 400 chansons et sa main sur l’oreille lors de ses concerts restent à jamais dans les cœurs.".

Puis, il y a "Je me fous de la fin du monde" qui résume peut-être tout, avec ce refrain:

Je me fous de la fin du monde
Mais j’aimerais pas la fin de toi

Ce 18 décembre, un "Vivement dimanche" lui était consacré en hommage. On y apprenait ce qu'il était dans la vie privée. Une version en 50.000 volts, bien plus cool. Père de six enfants, deux garçons et quatre filles. Trois de ses filles étaient présentes ainsi que Kitty, son épouse. Charles Aznavour parlait de lui et se rappelait de sa clope et de son scotch. Peut-être a-t-il voulu vivre vite en brûlant la chandelle par les deux bouts?

Un artiste ne s'oublie pas vraiment. Il laisse des traces par ses chansons.

La solitude est tout un programme dans sa formation et dans ses conséquences.

0.jpgDans les villes, le potentiel de faire des rencontres est, en principe, plus grand.

Que voit-on en réalité?

On se croise, on s'échange à la rigueur, un bonjour, parfois un sourire et puis on ferme les bans; on rentre chez soi, pour se coller à la télé. Les chiens de compagnie sont aussi devenus de plus en plus nécessaires. Dans les villes de Grandes Solitudes...

Cette solitude se ressent, encore plus, lors de la période de Noël, dans la solitude, qui reste une fête de famille avec l'obligation de faire la fête.

Il y a un an, jour pour jour, une émission radio de Vivacité rappelait que certains esseulés ne supportent pas cette solitude. Une auditrice avait ému les autres auditeurs et elle avait pu, peut-être, trouvé une famille pour un soir.

L'argent n'y change rien. La dernière histoire triste de cette Amy Winehouse qui meurt à l'âge de 27 ans, seule chez elle, avec un excès d'alcool dans les veines, le prouve. Le mal-être de la solitude? Son album "Hidden Treasure" a été numéro un des ventes pour la dérision... Elle rejoint ainsi d'autres figures de la musique mortes à l'âge de 27 ans comme Jimi Hendrix, Janis Joplin, Kurt Cobain, Jim Morrison, Robert Johnson ou encore Brian Jones, intégrant ainsi ce que l'on nomme le Club des 27.

Les chansons de Noël, toujours renouvelées au moment le plus opportun, n'apportent pas la quiétude de l'esprit. La tendresse de Bourvil nous fait croire plutôt que voir de toutes les couleurs.

Leurres du bonheur?0.jpg

Mon ami québecois évoquait, dernièrement, la solitude sous la forme d'une amie, d'une plénitude.

Il y a, aussi, un solitaire de profession, sur lequel je me suis retourné. Quelqu'un que j'ai apprécié de plus en plus à la lecture de son livre "Ocean's songs". Navigateur solitaire, Olivier de Kersauson écrivait dans l'épilogue cette série de pensée:

"La médiocrité de l'autre a pu me désarçonner plus d'une fois. Mais elle ne me surprend plus; je connais la mienne. Il est admis qu'on meurt seul. Mais pourquoi la solitude ne serait-elle que les deux extrémités de cette histoire? Je trouve que c'est bien de vivre seul, et tout le temps. J'ai compris que je mourrai seul. C'est un geste d'amour de tenir la main de celui qui se débat dans les affres de la mort. Je ne me fais pas d'illusion: je finirai seul. Je suis accroché à ma solitude. Cela ne signifie pas que je suis complètement fermé à l'amitié, mais c'est mon plaisir d'être seul comme c'est mon plaisir de naviguer. La solitude n'est pas forcément réconfortante mais elle me ramène à mes actes et me conduit à être en perpétuelle négociation avec moi-même. Je ne suis jamais fatigué de la solitude et c'est souvent une corvée d'en sortir. Être seul me permet des débordements avec moi-même et de me sentir grisé par le silence. Je peux rester assis sur un banc sous les châtaigniers trois heures en correspondance avec moi-même. Aucune fatigue et une jubilation intellectuelle au bout du compte. Seul, je brûle d'activités. J'évapore de la pensée en paroles. Un atelier de fumigation à moi tout seul. La solitude me permet de faire passer avec une vertigineuse rapidité images, idées, rêves fous, hypothèses cinglées, parfois fécondes. Et ainsi de remonter le film de ma vie. Je peux rester ainsi une demi-journée à la lisière de mes rêves et de mes souffrances. Je suis ramené à moi-même. Que vais-je entreprendre demain? Quel sera mon prochain rêve? Je suis seul avec ma conscience. Tous les deux, nous formons un vieux couple de jumeaux un peu acariâtres qui s'engueulent, boudent et prennent toute la couverture. Seul, je purge mon esprit. Ce n'est pas une satisfaction de soi-même ou un dédain pour les autres. Seul, je fais une copie au net de ma vie."

Oui, on peut aimer sa solitude pour faire le net de sa vie et sans être navigateur. La remplir de choses que l'on ne pourrait pas s'offrir en fondu enchainé dans un contact qui boucherait un horizon personnel.

Une autre chanson, Les uns contre les autres, exprimait une autre vérité tout aussi  essentielle que l'on est toujours seul à un moment en dépit des rêves.

On dort, les uns contre les autres
On vit, les uns avec les autres
On se caresse, on se cajole
On se comprend, on se console
Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu'on est toujours tout seul au monde

On danse, les uns contre les autres
On court, les uns après les autres
On se déteste, on se déchire
On se détruit, on se désire
Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu'on est toujours tout seul au monde

Pour Noël que dire à ceux qui sont dans la détresse de la solitude?

0.jpgIl y a les enfants, mais, eux-aussi, veulent vivre leur vie.

Alors, "J'ai besoin de parler" comme le chante Lisa Angell avec une sensibilité à couper le souffle.

Il y a bien longtemps, j'écrivais un texte doux-amer "Le Père Noël n'en a rien à cirer".

De la nuit de Noël, le cinéma en a fait un sujet de prédilection que la télé continue dans des téléfilms.

Le Père Noël est une ordure? Et, oui, pour certains, il peut l'être. 

Avec humour, "A la maison pour Noël", ajoute la volonté de trop préparer ce jour, de trop le rêver. Ce qui mène indubitablement à la désillusion et au cauchemar.

"Drôle de Noël", un Noël plus cynique, encore, plus insolite et mouvementé et qui se termine plus mal dans le temps.  

Rien à voir avec le dernier de Disney, en 3D pour faire plus vrai, mais qui ne fait plus rêver que les enfants et ceux qui n'y pensent plus.

Lui donner une alternative par l'histoire de Noël à ce Père qui ne fait pas bien son travail auprès des exclus, comme il m'a été rapporté?

Une histoire qui se voudrait complète et qui expliquerait tout?

Noël ou la diversité des traditions

La fête de Noël tombe le 25 décembre. C’est une date qui fut très convoitée autour de l’histoire et non seulement par les Églises chrétiennes. La tradition veut que Jésus de Nazareth soit né ce jour-là. Mais la tradition est une chose et les phénomènes naturels en sont une autre.

Les païens vivant dans l’hémisphère nord célébraient le retour de la lumière le…25 décembre. Observant les jours précédant le 25 décembre, les hommes primitifs étaient très effrayés de voir que les jours raccourcissaient de plus en plus. Ils étaient persuadés que la nuit allait s’installer à tout jamais et qu’ils allaient mourir d’inanition car, privée de lumière, la terre deviendrait aride.0.jpg

En fait, les jours raccourcissent de plus en plus jusqu’au 22 décembre, date du solstice d’hiver. A partir de ce jour-là, la lumière reste plus ou moins stable pendant 3 jours. Mais, au grand soulagement de tous, le soleil reprend sa course ascendante le 25 décembre. Le retour de la lumière fut alors l’occasion de grandes célébrations païennes.

Ce n’est pas une simple coïncidence si nous continuons à célébrer aujourd’hui Noël dans un flot de bougies et de lumière. Il est intéressant aussi de noter que le mot allemand pour désigner Noël est le mot Weihnachten, une forme plurielle signifiant « les nuits sacrées », c.à.d. les nuits du 22 au 25 décembre.

La date du 25 a exercé une fascination sur pas mal de monde.  Au IVème siècle, un moine, du nom de Denis le Bref, s’est efforcé de calculer la date de naissance du Christ. Est-ce le fruit du pur hasard qui lui a fait désigner la date du 25 décembre ?

Cependant, bon nombre d’historiens s’accordent à dire que Jésus serait né aux environs de la Pâque juive. Ceci expliquerait pourquoi Marie et Joseph n’avaient pas trouvé de quoi se loger car une foule de gens se rendaient à cette occasion à Jérusalem.

Denis le Bref n’a cependant pas été le seul à s’emparer du 25 décembre ! En effet, bien avant lui, les Romains vénéraient le dieu Mithra, né le 25 décembre.

0.jpgBien plus tard, au début du XIXème siècle, quelques Américains ont progressivement créé une version américaine de St. Nicolas. De fil en aiguille, à travers des illustrations et des poèmes, ils ont transformé le personnage de Saint Nicolas, introduit aux États-Unis par des immigrants belges, néerlandais et allemands et fêté le 6 décembre.

Le trouvant bien trop catholique avec sa mitre, sa crosse et son long manteau, ils ont raccourci le manteau et l’ont remplacé par une veste et un pantalon, troqué la mitre contre un bonnet, supprimé la crosse, lui ont mis des bottes et donné un traineau tiré par des rennes volants, et… déplacé son jour de fête du 6 au 25 décembre.

Avec le temps, le nom de Saint Nicholas changea, d’abord en Sankt Nicholaus, pour devenir finalement Santa Claus. Et l’américanisation du Saint Nicolas européen fut un grand succès.

Ce sont les troupes américaines qui introduisirent, au cours de la première guerre mondiale, la version américaine en Europe. Là aussi, ce fut un succès, malgré la résistance d’un certain nombre de curés ou pasteurs, français ou allemands, qui jusque là, prétendaient que les cadeaux destinés aux enfants à Noël étaient un don du petit Jésus.

En Europe, Santa Claus devint le père Noël dans les régions francophones et reçu des noms similaires dans toute une série d’autres pays.

Mais quelle que soit votre propre conviction, que vous célébriez le retour de la lumière, Chanukah ou la Noël chrétienne, nous partageons tous symboliquement la recherche de la lumière afin que celle-ci l’emporte sur les ténèbres.

Que retenir de cette histoire?

Que cette fête est surtout un symbole de renouveau. Qu'elle n'a pas de dates précises. Que la fête, c'est à vous et à vous seul, à vous la mettre dans la tête, croyants ou non croyants. Peu importe ce qui l'incite, ce qui l'inculque et garder toujours l'humour. Si la solidarité n'y est pas, il reste la solide-hilarité

Que tous les solitaires se réunissent pour dire que la solitude, ça n'existe pas, "Avec un peu d'amour et d'amitié" dans un "Bain de minuit", même si "T'es venu de loin", puisqu'"on ne fait que passer", alors "Fais-moi signe". Toutes des chansons de Gilbert...0.jpg

Une fête particulière pour ceux qui sont malades et pour ceux qui devront travailler cette nuit de Noël.

J'ai recherché les magasins de Bruxelles qui essaient de rendre leurs vitrines à leur sommet pour l'événement, c'était samedi dernier.

Cliquez ici--->>>>>

Joyeux Noël à tous et toutes.


L'enfoiré,


Citations au sujet de Bécaud:

  • « On me demande souvent : « Qu'est-ce que ça vous fait d'être le fils de Gilbert Bécaud ? ». Je dis toujours : «  Je ne peux pas vous répondre, je n'ai jamais eu un autre père ! ». Ce qu'il nous a transmis, à mon frère, mes sœurs et moi, c'est une énergie dans le travail. » - Gaya Bécaud
  • « Bécaud est aussi français que le camembert, mais Dieu merci, il voyage beaucoup mieux. » - paru dans un quotidien
  • « Gilbert Bécaud est sans conteste un des grands de la chanson française. Il laisse en héritage un catalogue de quelque quatre cents chansons et le souvenir d'une présence intense sur scène. » - Radio Canada

16/12/2011

Du Caprice des dieux au Parc des dieux

Comment une promenade est déviée de ses objectifs et se révèle tout aussi intéressante, en définitive.

0.jpgLes Eurocrates sont-ils trop payés?

C'était une Question à la Une qui valait le détour. Alors, comme une expo leur est consacrée, cela valait le déplacement pour essayer de remettre les pendules à l'heure.

De l'Europe, de sa crise, de sa disparition éventuelle, on ne fait qu'en parler sur les plateaux de télé ou ailleurs en se bousculant entre droite et gauche pour l'expliquer.

Samedi dernier, il faisait beau. Froid, mais beau.
Jogging habituel, direction le nouveau Parlamentarium de Bruxelles dans le quartier de l'Europe.

"Géniale, cette expo", m'avait-on dit. Des panneaux qui invitent à le visiter.
Entrée gratuite. Pourquoi ne pas écrire un article sur le sujet?

Une heure de visite devrait suffire.

A la réception du Parlamentarium, je demande:0.jpg

-Puis-je prendre quelques photos à l'intérieur?
-Avez-vous une carte de presse?
-Non, mais j'ai l'intention d'écrire un article sur le Parlamentarium avec quelques photos annexées.
-Si vous prenez des photos de votre famille à l'intérieur, c'est Ok, sinon, ....
-Quand je veux prendre des photos de famille, je les prends à l'extérieur, en général. Pas besoin d'autres décors. Je suis seul, si vous n'avez pas remarqué. Désolé, j'arrête ici. Merci et à bientôt.

Et je suis parti, réservant cette visite pour un avenir plus radieux, moins capricieux. Je n'aime pas les caprices, même s'ils sont des Dieux.

Nous sommes justement dans le quartier de l'Europe, dans l'environnement du bâtiment que l'on a appelé "Caprice des Dieux", en effet.

Débobinons la pelote de laine... mêlons l'histoire à l'actualité.

La publicité pour l'événement "Parlamentarium" existe, bien en vue, partout à Bruxelles. On y veut des visiteurs. Alors, pourquoi ne pas préciser, "caractériser" cette volonté et la faire connaître avec ce qu'on y fait dans ces bureaux de l'Europe?

Europe qui pourrait subir un scénario à la japonaise, si l'on n'y prend garde.

0.jpgEn sortant, il y avait bien d'autres choses à photographier.

L'Europe et l'euro, ce sont les deux pièces maîtresses dont on parle actuellement dans le monde. Alors explorons.

Le visiteur étranger de cet environnement commencerait peut-être en arrivant en sortant de la gare de Luxembourg.

Celle-ci est méconnaissable pour celui qui ne serait plus passé par ici depuis une dizaine d'années, perdue dans un ensemble plus vaste de gratte-ciel et, puis, à l'arrière, il y a le quartier du Parc Léopold qui rappelle l'histoire.0.jpg

Première constatation, pour le visiteur qui en semaine, dans les environs de ces immeubles, rencontrerait les lobbies les plus divers, des travailleurs qui déambulent, des navetteurs, quand arrive le soir et le week-end, c'est le désert qui s'installe.

Après le boulot, il y a le dodo. Et ce dodo se passe en périphérie. Bruxelles est devenu, ainsi, le parent pauvre de la Belgique. Les navetteurs bénéficient des avantages de la ville mais paient leurs impôts là où ils résident.

Le niveau de richesse de Bruxelles est le seul à avoir baissé, alors que la Wallonie est en progression et que la Flandre suit se poursuit. Les communes les plus pauvres sont, bien sûr, Saint-Josse, Molenbeek, Saint-Gilles et Schaerbeek, mais les environnements plus riches demandent aussi du répondant.

0.jpgCette semaine, le Vif-L'Express parlait de Bruxelles, de ses habitations et de ses bureaux dans un article dont le titre était "Dormir au bureau n'est plus un rêve". 

Les bureaux ne font plus recette. Les affiches telles que Jones Lang, fleurissent un peu partout.

En cause la tendance à la réduction de la surface moyenne accordé à un employé. Une surface de 11 à 25 m2 maximum.  Cela grâce à l'informatisation du travail, de l'économie potentielle des charges locatives, le travail à domicile, les business centers qui font moins de volume nécessaire pour travailler.

Aujourd'hui, à Bruxelles, il y a 1.420.000 de m2 de bureaux inoccupés que l'on cherche à réaffecter en séniories, en écoles, en hôtels et  en appartements d'habitations. 

Si 2000 habitations sont prévues et 33 projets espèrent une réalisation prochaine, il y a pénurie de logement et l'augmentation des prix résultante n'arrange rien.

C'est que la population bruxelloise augmente. Entre 2003 et 2010, la population accroissait de 10%. On attend près de 200.000 habitants de plus pour 2020. L'exode vers la périphérie devient insupportable avec ses bouchons.0.jpg

Nous ne sommes pas dans une ville chinoise, qui a construit plus de logements à appartements et qui, trop chers pour le niveau de vie, ne trouvent plus d'acquéreurs. Pas question de réhabiliter le problème des subprimes comme là-bas.

Ici, les moyens pour acheter existent, mais les terrains résidentiels deviennent particulièrement rares. Il faut démolir pour reconstruire.

Bruxelles n'a pas vocation de devenir une mégapole comme Paris. Le prix au mètre carré y reste encore abordable. Fixé en moyenne à 2500 euros en dehors des bureaux, les prix restent à mi-course de ceux pratiqués à Paris. Le seul problème qui subsiste pour la récupération des bureaux est la différence de prix entre les locaux réservés aux logements et ceux assignés aux bureaux. Un ratio reste élevé entre 1 à 10.

Si on entend parler d'élargissement de Bruxelles comme solution, cela ne résoudrait rien dans les navettes qui deviennent trop importants aux heures condensées du matin et du soir, autour de Bruxelles et à l'intérieur de ses rues étroites.

Le point positif de la ville est qu'elle est restée à dimension humaine. Un vélo suffit pour se déplacer et en découvrir les aspects les plus caractéristiques. Les vélibes ont de plus en plus de succès. Alors, en faire, une mégapole avec des quartiers qui ne se reconnaissent plus, ce n'est pas trop un désir charnel.

Mais, revenons à nos moutons,... à notre "Caprice des Dieux" avec le Parc Léopold comme cadre et refuge du repos des "guerriers eurocrates". La place ne semble pas y manquer.

On ne va pas en faire une pub de fromage, même si l'immeuble concerné pourrait y faire penser. Pas plus de beaux messages d'amour, non plus.

Si cette similitude d'apparence au sens propre de "Caprice des dieux" comme nom que les Bruxellois ont donné, ironiquement, au Parlement européen, au sens figuré, ils se rappellent les expropriations que cela avait créé dans les années qui ont précédé l'inauguration de 1999. Le Quartier est encore dans les mémoires des anciens. Si la polémique avec Strasbourg avait fait rage, à l'intérieur les pétitions n'ont pas été plus calmes pour calmer les ardeurs de gigantisme et le nombre de mètres carrés a été réservé aux Eurocrates.

Le Parlement européen partage, désormais, avec le Conseil de l'Union européenne le pouvoir législatif communautaire. C'était écrit et ce fut réalisé.

Commissions, sous-commissions, commissions spéciales y ont élu domicile dans le bâtiment en hémicycle avec le nom de Paul-Henri Spaak, l'un des Pères de l'Europe.

L'histoire va peut-être nous réconcilier avec le présent.

0.jpgL'ancienne gare de Luxembourg (1854) est œuvre de jeunesse de l'architecte Gustave Saintenoy. En style néo-classique, il annonce l’Eclectisme. Sa forme ancienne a perdu totalement sa fonction, entourée de bâtiments ultramodernes de la CE qui se greffent à une esplanade surmontée de passerelles de connexion entre eux.

Le magnifique Parc Léopold est classé depuis 1976. On y découvre un platane d'Orient bicentenaire et un arbre Sri Chinmoy, planté en 1991, symbole de paix et de l'union et dédié de ce fait, à l'Union Européenne.

Un arbre de Paix, mon dieu, que l'idée est bonne. Avec le nom d'un gourou indien qui est dit écrivain, musicien, peintre et sportif. Les gourous, c'est ma tasse de thé même de Ceylan. Mais faisons contre mauvais jugement, bonne figure... et continuons notre chemin.

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Jusqu'en 1880, il fut le cadre d'un jardin Zoologique. Il comporte toujours une série de bâtiments prestigieux de l'époque glorieuse de la Belgique et une étendue verdoyante avec en son centre un étang du plus bel effet.

L'idée d'en faire une Cité Scientifique avait germé dans l'esprit complice d'Ernest Solvay et de Paul Héger.  Cinq instituts universitaires allaient y naître. Mais, au lendemain de la guerre 14-18, ce sera le site du Solbosch qui sera préconisé dans cette fonction et le Parc Léopold est tombé en désuétude comme un sous-ensemble.

La Bibliothèque Solvay était un des plus impressionnants exemples d'Eclectisme de Belgique. Elle date de 1902. Comme ancien institut de Sociologie, l'immeuble était devenu la proie du vandalisme alors qu'il contenait un riche décor de bois précieux, de mosaïques et de vitraux.

Puisqu'on parle de Solvay, une parenthèse. Il y a actuellement le siège social de la société Solvay qui se cherche une restructuration de ses locaux. Transformés, cela ferait quelques 50.000 m2 de surface à échanger de fonctionnalité. Un investissement qui s'élèverait à 100 millions d'euros.

En continuer la visite dans le Parc, il y a aussi l'Institut dentaire de George Eastman, véritable curiosité architecturale en art déco. Curieux, vous direz-vous. Oui, c'est bien lui, le même Eastman qui lança le premier appareil photographique sous la marque Kodak. Le bâtiment fut un ex-institut d'hygiène qui permit de soigner des enfants défavorisés.

Cela ne s'invente pas.

Le Lycée Emile Jacqmin, fondé en 1922, fut consacré à la Chimie et à la Physique. Le grand Conseil de prestige date de 1927 sur le thème des électrons et des photons pour y discuter de la mécanique quantique. Y étaient présents entre autres:  A. Einstein, M. Curie, M. Planck, H. Poincaré, H. Lorentz, N. Bohr ou encore E. Schrödinger. Sur les 29 participants, 17 ont reçu le Prix Nobel.

Einstein, sceptique au sujet des principes de l'incertitude d'Heisenberg lança alors:

- Dieu ne joue pas aux dés. (« Gott würfelt nicht »), pour marquer son opposition à l’interprétation probabiliste de la physique quantique.

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- Qui êtes-vous Albert Einstein pour dire à Dieu ce qu’il doit faire ?, répondit Niels Bohr.

Ben, oui, il a ses caprices, Dieu.

Et, ils ont toujours raisons, les Dieux.

Parlementer dans le forum d'un Parlamentarium européen, mène à tout, fait parler de tout, au delà de son espace et hors de son temps...

Tout cela en photographies, c'est ici

 

L'enfoiré,

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Mise à jour 23 mars 2012: Le take-up en bureaux pour 2011, avec 350.000 m2, était déjà inférieur à celui de 2010 de 30%. Les entreprises doivent réduire leurs coûts et le déménagment coût cher. En 2012, on espère garder le statu quo. Mais comme, on a construit relativment peu vue les prêts qui sont devenus parcimonieux...


 


 

Citations:

  • "Les choses ne sont pas bonnes parce qu’elles sont anciennes; elles sont anciennes parce qu’elles sont bonnes.", André Toulouse
  • «Tout ce qu’il faut pour faire une comédie c’est un parc, un policier et une jolie fille.», Charlie Chaplin
  • «Qui aime l'arbre aime la branche.», Proverbe français

10/12/2011

La Russie, un pays à la mode?

Hélène Carrère d’Encausse dans un ouvrage, « La Russie entre deux mondes » voit le besoin de respect des institutions en Russie. La démocratie est en crise dans notre civilisation occidentale. La Russie, précédemment l'URSS, a toujours été dans un bloc de l'opposition. Un gros morceau dans l'Europe géographique. Quid, dans la Russie d'aujourd'hui? 

0.jpgLa Russie a élu son nouveau parlement législatif. Les élections étaient sous tension. Scrutin test pour Poutine et pour le parti "Russie Unie".

Les résultats tombèrent et ce furent 48,5% pour le parti au lieu des 2/3 précédents. Une chute de 15 points, tout en gardant la majorité absolue.

Une farce pour certains? Une élection sanction. Cela rappelle les pays qui ont dans leurs cartes, la démocratie. Une ostalgie qui a commencé à remettre les communistes en selle? 

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Nostalgie à l'anniversaire de la chute de l'URSS pour des jeunes d'une vingtaine d'années. Le filet à provision, le boulier, le kéfir, le papier journal toujours à disposition, le radiototchka, ... Le rêve d'un monde merveilleux de l'URSS, mais une démocratie avec la carte du parti unique...

Alors une démocratie réelle, aujourd'hui?
Les
manifestations se sont poursuivies avec des
calicots qui criaient "Poutine, voleur". "Entachée de violations fréquentes de la procédure" selon la formule officielle. Des fraudes qui seraient constatées dans les urnes. C'est surtout l'arbitraire du régime qui pourrait être contesté. Quinze ans de présence de Poutine au pouvoir. 

L'année 2012 sera l'année de l'élection présidentielle. Une "terrible" année que celle de 2012 en nombre d'élections de par le monde. 

D'après Hélène Carrère d’Encausse, à 75 % de la société russe, admire le travail de Poutine et aurait souhaité qu’il resta à la présidence plus longtemps que ses mandats lui permettaient. Mais, une démocratie à l’occidentale avec les droits de l’homme associés ne serait pas la préférée.

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A l'opposé de cette vision, il y a celle de Virginie Raisson, l'auteure de "2033 Atlas des futurs du mondes" qui décrivait l'évolution de la planète dans les deux décennies à venir. "En 2033, la monde sera celui de notre choix", à notre mesure, pensait-elle. La démographie capricieuse, l'urbanisation galopante et l'absence de gouvernance globale (extraits) lui faisait penser que dans une Russie du futur, la démocratie ne pourrait être qu'une utopie ou qu'une prise du pouvoir non démocratique.

En Occident, le tandem que Poutine forme avec le président Medvedev, donne l’impression d’un jeu de rôles entre le méchant et le gentil.

Tous deux de Saint-Pétersbourg, une des villes les plus ouvertes à l’Occident, ils étaient proches de son ancien maire, Anatoli Sobtchak qui avait un esprit occidental. Ils ont été ses protégés.

Parallèlement, Vladimir Poutine est passé par le FSB (anciennement le KGB) et s’était adonné notamment à l’espionnage industriel en Allemagne.

Dimitri Medvedev, lui, a fait une carrière d’administrateur, tout à fait différente. Treize ans de différence d’âge entre les deux hommes n'est pas peu pour une période de transition. Mais ils ont gardé en commun un sens profond de leur identité russe, attachée au sol, avec un ensemble de références morales, historiques et spirituelles.

Patriotes, serviteurs de la patrie russe, croyants liée à la foi orthodoxe.

Au gratin de l'économie mondiale de Davos, sans les événements de Moscou, c'était Medvedev qui aurait dû prononcer le discours inaugural.

Quand, en 2000, Vladimir Poutine a pris la présidence, il s'était trouvé face à un pays en pleine décomposition. Il avait mis l’accent sur la puissance, alors que Dimitri Medvedev a pris, en main, un pays reconstruit, avec l’enjeu de la modernisation. Poutine a une vision de la démocratie au niveau institutionnel, de celle qui à partir de là, pensent que les gens peuvent être éduqués en tenant compte de leurs propres contraintes intérieures.

Poutine en tant que Premier ministre travaille à l’économie et aux relations internationales pendant que Medvedev, comme président, s’appuie sur les projets modernisateurs et la lutte contre les grands fléaux de la corruption. Pour l’élection en mars 2012, l’un et l’autre affirment ne pas vouloir de conflit ouvert. Pourtant, dans les situations de crises comme lors des attentats, que l'un gagnera des points sur l'autre.

Pacte de non-agression, pendant lequel chacun à son tour, roque sa place comme Roi et laisse la Reine agir.

Alexei Kudrin, le ministre des finances, avait fait obstruction à ce jeu d'échecs, il fut congédié. Pour les élections de 2012, tout est réglé. Mascarade de démocratie? Pas de possibilité de briquer 3 mandats de Président, pas de problème, on patiente. Après le népotisme, voici l'échangisme en carrousel. "Nous avons tout prévu, il y a quelques années", avoue Poutine. Medvedev défend Poutine et annonce qu'il ne serait pas le même.

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Super-Poutine, comme héros de la com', il ne manque pas de parfaire son image à coups d'exploits, comme un Schwartzenheger, sauveur à l'américaine. Il semble vouloir accomplir, un à un, ses rêves de gosse comme un découvreur d'amphores, un pilote de Canadair ou de Formule 1, et cela sans faire semblant de faire du cinéma glamour. (extrait du Vif-l'Express 7/10/2011)

Comme un maître du temps, il abolit, dernièrement, par décret, deux des neufs fuseaux horaires du territoire russe.

On s'en fout, un macho-viril, les Russes aiment. 0.jpg

Ses échecs sont camouflés comme le fut le naufrage du sous-marin Koursk. 

Un pays qui a la plus vaste étendue géographique de la planète et compte 150 millions d’habitants ne se gouverne pas comme un petit État. Il faut tenir compte, en même temps, de la pesanteur de l’ancien système communiste, du célèbre KGB. Les régions disposent d’une certaine autonomie mais, depuis 2005, les gouverneurs des régions ne sont plus élus mais désignés par le président.

Premier producteur d'hydrocarbure, la Russie peut se permettre de fermer les yeux sur les inégalités sociales. Personne à l'ouest n'oserait le lui reprocher. Alors pourquoi se gêner?

Nina Bachkatov, spécialiste de la Russie en Belgique, invitée par notre radio en janvier 2010. Elle parlait, ce jour-là, de l'Ukraine, de la situation en Russie... Elle se montrait optimiste tout en exprimant la dégression de la popularité de Poutine.

L'attentat dans l'aéroport de Moscou, celui de mars 2010 dans le métro ou la prise d'otages de Beslan, rappelaient que la Russie était un pays qui reste sécuritaire par obligation. Peu importe les origines supposées, caucasienne djihaddiste, qui relèvent plus de la politique extérieure. Le Dagestan est une poudrière en permanence et Moscou en est loin pour s'en rendre compte.

La sécurité a un prix. Pris au dépourvu, les dirigeants ont augmenté la sécurité et baisser les niveaux de certaines libertés. Une nouvelle haine de ce qui n'est pas russe, pourrait prendre des idées nationalistes même si la logique indépendantiste est dépassée.  

On lit depuis "Made in Russia", mais ce que la Russie exporte à l'Ouest n'est pas toujours en ligne avec ce qui se passe en interne. Les clichés se trimbalent par l'intermédiaire d'Internet.

L'époque de l'URSS avec ses mensonges par omissions, est-elle révolue?

Le blogueur français, Alexandre Latsa, vit en Russie avec un blog au titre générique de "Un autre regard sur la Russie".

0.jpgSa phrase de départ était assez explicite "Pour beaucoup de Français  et pour beaucoup d’européens de l’ouest, la Russie reste un pays méconnu, voire inquiétant et dont beaucoup doutent de la capacité à devenir "moderne, européen et stable", sur le modèle imaginé par les démocraties occidentales. La crise économique dans les pays occidentaux à secoué ceux qui avaient ces préjugés, et les perspectives économiques paraissent aujourd’hui plus attrayantes en Russie que dans nombre de pays d’Europe de l’ouest. On commence à s’en rendre compte et de plus, l’objectif primordial pour la Russie de s’ouvrir sur le monde devient de plus en plus lisible et crédible.".

Les articles d'Alexandre permettaient de se mettre dans l'ambiance avec une vision par l'intérieur du pays.    0.jpg

"Ce sera donc Vladimir" à l'ouest, on parle de la collusion entre Poutine et Medvedev, la solidité du tandem suite à une amitié ancienne. Est-ce tromper l'esprit de la démocratie?

"Rostov la douce" du tourisme pour décompresser de Moscou.

"Le projet fou de tunnel sous Béring" A se demander qui en tirera le plus d'avantages, les États-Unis ou la Russie?

"Le 21ème siècle de l'Arctique" Avec des règlementations internationales équilibrées?

"Révolution arabes diplomatie 2.0" Le 4 octobre, la Russie et la Chine avaient opposé leur véto contre l'idée de mettre la Syrie sous pression pour assurer la protection de la population syrienne. Ce qui se cache en dessous des cartes est cette fois plus clair. Alors que les Tunisiens se préparaient en premiers élections libres, les Syriens en sont encore à tomber sous les coups d'une brutale répression. A New York, rien ne devrait vraiment changer après ce refus. La formation du "Conseil national syrien" regroupant les opposants de diverses croyances et communautés. Principales tendances de l'opposition nationaliste, libérale et islamiste, comme militants de terrain s'ajoutaient aux représentants des communautés kurdes et assyriennes, probablement poussé dans le dos par Washington.

"Où vont les touristes russes?" Les grandes v0.jpgilles se vident. Les Russes cherchent le soleil en bord de mer pour sa chaleur et sa lumière. La Turquie, l'Egypte, la Chine, la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, alors que la Russie n'est pas prisée par les étrangers... dus aux prix élevés des hôtels de luxe à l'occidental. 

"Affaire Breivik, la piste russe" Fantasme? Vu les attentats de Moscou et en Tchétchenne, manque de multiculturalisme? L'extrême-doite aurait-elle disparu en Russie?

"Politique et érotisme" Poutine, émule de Berlusconi, de DSK ou autres?

"Réconciliations nationales" Les républiques de l'ancien URSS, deviennent-elles des compétiteurs mal famés?

"Des émigrants fantômes" La mafia russe n'est pas un mythe. Elle a certainement intérêt à émigrer. Vivre à l'Ouest reste cher pour un Russe moyen. Il existe à Moscou, une jeunesse russe riche qui s'amuse dans les dancing de Moscou.

Son dernier opus "Le mouvement prométhéen?" Le Caucase est aujourd’hui et a toujours été un objectif géopolitique prioritaire, pour la Russie comme pour les occidentaux. Dès la première partie du 19ème siècle, pendant que le grand jeu faisait rage en Asie centrale (pour aboutir notamment à la création de l’Afghanistan), l’Angleterre avait bien compris l’importance et la menace pour elle des récentes conquêtes russes aux dépens de l’empire Ottoman dans la région du Caucase".

Je n'ai été ni en Chine, ni en Russie. Deux pays immenses avec ethnies très différentes. Tous deux ont des cadavres dans les placards avec des régimes dictatoriaux tandis que les pays occidentaux cachent leurs casseroles au pied sous le couvert de la démocratie.
 
Que voit t-on de la Russie, par ici, dans les grandes villes occidentales?
Des Russes qui font leur shopping dans les magasins de luxe et fréquentent les hôtels de la même catégorie avec une certaine arrogance non dissimulée et à la limite de la bienseillance.

C'est clair, la Russie a décidé d'entreprendre une marche vers le modernisme libéral. Cela se sait et se ressent à l'Ouest, toujours en quête de faire fructifier leurs investissements. Alors, les commerçants n'y font pas la fine bouche. 

0.jpgLa Russie, est-elle encline à entrer, un jour, dans l'Europe et sa CE? La question n'est pas posée en ces termes. Elle fait cavalière seule. Elle a peut-être raison en fonction des derniers événements et quand on se pose la question si les Britanniques y ont encore leur place.

Comme lourd héritage, la Russie est toujours à la recherche de redonner sa grandeur passée du temps de l'URSS, en manque de réformes structurelles. L'histoire va-t-elle reconstruire cette Russie pour la nième fois, en mieux? L'histoire russe est pleine de rebondissements souvent liés à l'Europe.

Entre autres, la création de la Russie d'Europe date de l'époque des Tatars avec la Horde d'OrLa Grande Catherine II, avec Odessa et la Pologne modernisait le pays à la mode européenne. L'opposition est-ouest, en bloc, pendant la guerre froide a cassé cette tentative de rapprochement.


Dans des informations financières récentes, on pouvait y lire:0.jpg
  1. Un potentiel significatif de rattrapage pour la Bourse russe sous-valorisée, malgré la hausse de l'indice RTS en valeur absolue depuis le creux de 2008-2009. Le marché russe reste l'un des moins cher de la planète finance.

  2. La Russie bénéficie du boom des prix des matière qui s'envolent depuis des mois. Gros producteur du palladium, du platine, de pétrole, de blé et de gaz... notamment. Le monde selon Gazprom.

  3. Des milliards vont être investis tous azimuts par Medvedev, dans l'industrie, les services et l'infrastructure du pays.

  4. Jeux politiques, corruption, abus de biens sociaux, expropriation des actionnaires privés... ont fait fuir les capitaux étrangers de Russie. Un "vent de moralisation" semble souffler sur la Bourse russe.

0.jpgLa Russie, en mutation, a rejoint le club des pays qui suivent l'idéologie du progrès à l'occidentale, ce qui fait que tout reste tourner autour de la finance, du fric, de la croissance à tout crains. Medvedev y voit deux ombres au tableau: l'inflation et la fuite des capitaux. L'attraction vis-à-vis de cette Europe reste entière et la Croatie se présente  à sa porte lors du dernier sommet de la CE comme carotte des Balkans.

Comme Wiki le dit, la Banque d'Etat de l'Empire russe était la principale banque de l'Empire russe de 1860 à 1917. La banque est considérée comme le prédécesseur de la Banque Centrale de la Fédération de Russie qui fait aujourd'hui office de banque centrale en Russie. La continuité est assurée. Elle est le principal régulateur du système bancaire russe. Elle est responsable de l'octroi des licences aux nouveaux établissements bancaires et définit les principes de gestion et les normes comptables du système bancaire russe. La BCR est un prêteur de dernier recours aux établissements financiers.

Parler de la Russie comme partie des BRIC?

Il vaut mieux la définir comme puissance "ré-émergente" dans une "paix froide" qui n'a pas perdu son autoritarisme susceptible de mettre à mal les libertés publiques.

Lundi dernier, Standard & Poor's sortait son bazooka. Il envisageait de dégrader les notes de 15 pays d'un coup de plume. Tous sous surveillance. Six pays considérés comme AAA compris. Après l'effet "papillon", voici, l'effet "mammouth".1.jpg

A part UK, Danemark, Suède, Suisse, Norvège, Australie, Canada et Singapour, tous se retrouvent en sursis de dégradation. En cause, le manque d'union politique, économique et fiscal.

Une réponse systémique était demandée et ce furent des augmentations de la discipline domme au bon vieux temps du serpent monétaire et un peu les choquottes dans le rétroviseur du temps en pensant à seulement devoir travailler pour être libre.

Mais, bon... la Russie, elle, a déjà donné. Enfin presque... Si elle est déjà en zone BBB, sa notation dépend de paramètres plus flexibles.

Rien de nouveau sous le soleil ni à son levé, ni à son couché.

Depuis l'annonce du 24 septembre, le suspense n'existe plus. Comme des frères de sang, ce n'est plus le réformiste Medvédev, contre le conservateur, Poutine. Ils se retrouvent en alternance aux postes principaux.

Comme la réforme de la constitution a élargi le mandat présidentiel de 4 à 6 ans, on aurait Poutine au sommet depuis 2000 jusqu'en 2024.

Une fin de mandat à 71 ans? On n'est pas encore dans le pays de Ronald Reagan mais un portrait satirique de lui, vieilli, en Camarade Vladimir, a fait du buzz sur la Toile russe.

0.jpgLe Poutine "inoxydable" n'aurait aucune doute de gagner les élections en 2012 et Medvédev deviendrait, ainsi, premier ministre...

Le procédé de l'homme fort, du parti unique, permet toujours d'accélérer les décisions, avant de dégénérer en fin du processus.

Toujours est-il que s'il y a un nouveau mandat, il serait plus contesté que le précédent.

Quelle force se présenterait en opposition? Une génération apolitique pourrait-elle s'y installer?

Lundi dernier, le Russe Alexei Navalny vient d’être condamné à 15 jours de prison pour avoir « fait obstacle » à la police tandis que des milliers de Moscovites manifestaient dans les rues de la capitale russe. On se rappelle de Anna Politskovskaïa. L'enquête sur son assassinat a été close en juin 2008 par la mise en examen de quatre suspects, dont trois originaires de Tchétchénie et un officier du FSB. 0.jpg

"Sergueï Magnitski, l'argent, l'Etat, la mort" est le titre d'un article du jour.

Le Kiosque de TV5Monde en parle longuement (de 30:00 à 54:00)
C'est aussi le "C'est il y a" qui reprend le 20ème anniversaire de la disparition de l'URSS (le 8 décembre 1991).

Le 10 octobre dernier, Mikhael Gorbatchev, le mal-aimé dans son pays, était nommé Docteur Honoris Causa à l'ULg de Liège. Il répondait à une interview et disait qu'il n'appréciait pas le ping-pong à la tête de la Russie. La Russie, pour lui, est en transition entre un état totalitaire et une démocratie. Les oligarques ont déjà confisqué les richesses du pays. Santé et éducation étaient garantis du temps de l'URSS. 0.jpgCe n'est plus le cas puisque tout se paie cher. La consommation et la surconsommation sont les erreurs du capitalisme et l'Europe a tort de nous regarder de haut et de travailler trop lentement. La société russe va résister. Poutine pourrait initier le changement, dès mars 2012, mais j'y crois peu. Il viole l'esprit de la Constitution en se présentant une 3ème fois à la présidence. Aujourd'hui, les postes s'achètent.   

Après un printemps arabe, un hiver russe plus doux que d'habitude?

Et pour les Agences de notation, sera-ce, à nouveau, "A vos marques"?

Non, vraiment, longue vie à la Russie et à son président, qui a tout compris de la com dans un pays tout à fait à la mode de chez nous.

 

L'enfoiré,


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PS: Le légendaire Orient-Express reprend du service après 20 ans d'arrêt. Le train classe luxe est parti le 12 décembre de Moscou, a fait une escale à Berlin pour arriver à Paris le lendemain soir après un trajet tout confort de 38 heures. Prix entre 330 et 1050 euros pour un aller simple. Vladimir Iakounine était content. Toutes les places avaient été vendues.

 

Citations:

  • "La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid.", Salvador Dali
  • "La tragédie russe a ceci de spécifique que d'abord elle suscite le rire, ensuite l'horreur, et enfin une indifférence obtuse.", Alexandre Zinoviev
  • "Droit devant, c'est le sud : l'Afrique. A ma gauche, les Russes ; à ma droite les Amerloques. Les premiers crèvent de faim, les seconds d'envie et les troisièmes d'indigestion", Frédéric Beigbeder

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Mise à jour 30 août 2012: L'héritier du système KGB n'est plus intouchable. Poutine est devenu la cible de l'opposition par ses vices. L'opposition n'est plus une mascarade, elle s'organise. Boris Nemtsov a préparé un rapport à charge.
Le Bling Bling de Poutine qui lui a fait acquérir quelques 20 résidences, 43 avions, 15 hélicoptères, des yachts, des collections de montres... se trouvent dans ce rapport. 
Les Pussy Riot, Kasparov ne sont que le sommet de l'iceberg.


0.jpgMise à jour 06 avril 2013
: Réaction violente de Moscou à l'égard de l'Europe dans la crise chypriote ne fait que s'inscrire dans une campagne générale de dénigrement de l'Occident, menée par le président Poutine.
La jeunesse n'y croit guère, elle aime l'Europe mais garde un sentiment de fierté nationale viscéralement ancré. 
"This is Russia today" répondent les jeunes.
 

06/12/2011

Le Père Fouettard aurait-il frappé?

Communiqué de l'APQ

Rédaction en ligne

Mardi 06 décembre 2011, 00:01

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Chez nous, au Canada, ni Saint Nicolas, ni Père Fouettard

Que dit-on du Père Fouettard?

Tout comme le Père Noël ou Saint-Nicolas, le Père Fouettard est une des figures incontournables des fêtes de fin d'année. L'origine du Père Fouettard est très controversée, comme dans toutes les légendes, chacun a sa version et le Père Fouettard change de nom selon les pays qu'il traverse. Il est très souvent associé à Saint Nicolas ou au Père Noël comme étant le méchant qui distribue des punitions aux vilains enfants alors que son compagnon offre des douceurs aux enfants sages.

Etait-ce seulement pour les enfants? me suis-je demandé.

C'est alors que grâce au moteur de recherche, je suis tombé sur l'article du belge l'enfoiré qui écrivait à notre sujet. Il disait, je cite: "que le tour du Canada d'avoir été dégradé par l'Agence Standard & Poor's", datait de 1992. L'endettement canadien atteignait, alors, 64% du PIB et que trois ans avaient été nécessaires pour que cette affaire de dettes redevienne "under control"."

Trop "dispendieuses", nos petites habitudes, à l'époque?
 
J'ai continué à lire son billet et la fin m'a beaucoup amusée.
"Le 1er décembre, c'était Saint-Eloi, patron des ouvriers et des métallos, reconnu comme un orfèvre de talent et réputé pour son honnêteté ..., n'oubliez pas de mettre quelques carottes en plus dans la cheminée pour Saint Nicolas. Cela peut toujours servir, même pour un Saint. C'est que ça bouffe de plus en plus, un âne.", concluait-il.

Contacté, il m'a parlé d'une vidéo de Paul Jorion qui faisait référence à son interview (ou interrogatoire) pendant laquelle il défendait son opinion reprise dans son livre  "L'agonie du capitalisme". 

L'enfoiré y avait apporté un commentaire. Le voici:

Bonjour Paul,

  Bon départ de réflexions.

  Que vous reproche-t-on?
 
Un rédacteur d'Agoravox, disciple a également sorti un article à la suite de votre intervention de jeudi.
Un commentateur, un certain Bernard29, a pris le contre pied, a remonté le flux du courant de consensus.

Que dit-il?

Je cite: "Pas très intéressant. Le système est mort, le cœur a fondu, personne ne sait comment ça marche, C’est la mort de la machine, c’est la fin de la civilisation "Mayas".
- Une idée ? , non! Moi, je fais des analyses... "Tous les systèmes essayés, capitalisme, communisme, tendent à créer une oligarchie. Il faut un système qui n’en crée pas.
- Une orientation ? Non ? Je ne suis pas un prophète...il faut attendre et voir..
- Une piste sur la BCE pour racheter la dette, planche à billet ?  Oui, c’est une idée .. bla bla bla ...bla bla bla, et puis non, c’est encore une erreur fatale, le coeur est mort.
Merci Monsieur Jorion. A l’année prochaine..."

Il a été évidemment attaqué suite à cette intervention. Crime de lèse majesté pour les fidèles de la pensée Jorienne.

Mais, il a embrayé et a poursuivi par :
"Qui ne sait pas que l’on est arrivé au bout de quelque chose. Là, n’est pas le problème. Je suis d’accord avec son analyse. Son interview revient simplement à constater "la mort" du système. Bon, il remue encore un peu quand même, du moins l’oligarchie gesticule autour de "la moissonneuse batteuse".
Si Jorion dit qu’il faut attendre une nouvelle civilisation (dans un système sans oligarchie), les anars le disent depuis longtemps et la seule question est donc celle du POUVOIR. Mais il n’y aura pas de nouvelle civilisation sans que la civilisation préexistante ne meure ou qu’une révolution vienne mettre tout par terre.
Ce qui m’intéresse, c’est quand même de savoir si l’intellectuel Jorion, pape du cataclysme financier, envisage ou perçoit quelque chose ou pas. (faut ’il attendre l’enterrement ?)
Il est peut être inutile ou prématuré en effet, d’avoir des idées (nouveau concept de richesse, de la création de production, nouvelle répartition des pouvoirs ou seulement réflexion sur le Pouvoir,.. etc etc..) tant que "les bœufs" que nous sommes, n’auront pas compris leurs analyses qui signifient l’absurdité morbide du système actuel.
Il y a quand même beaucoup d’idées sur le tapis, mais il ne se mouille sur aucune. (planche à billet de la BCE, nationalisation ou contrôle des banques, dettes illégitimes suppression des dettes, banques à prêt sans intérêt (banques que l’on dit "islamiques"), contrôle des taux d’intérêts, taxe sur la spéculation) et puis au point de vue économique (décroissance, mesures fiscales, répartition de richesses produites, contrôle des multinationales, paradis fiscaux..etc) et au point de vue démocratique (quid du partage du pouvoir pour lutter contre l’oligarchie).
Comment, par exemple, faire participer les "techniciens en interne" des banques qui sont d’après lui plus compétents que les élites politco-expertes qui discourent à longueur de médias... ? Il ne le dit pas mais il dit que ces techniciens existent..
Non rien, on parle de la fin d’une civilisation et on attend pour analyser.
Son interview est donc frustrante, parce que l’on croule sous les analyses."

Tout était dit, même si cela laissait un arrière goût. Je vous avais personnellement consacré un article et demi pour avertir. 
Les mails, Monsieur Jorion vous y répondez du bout de de la plume ou des doigts. Ceux qui annonçaient deux billets sur les Empires économiques ne vous avaient pas inspiré ou effleuré.
Vous vivez sur vos souvenirs, cher Paul, d'une vision de votre travail rémunéré dans les banques. Fort bien. Saint Juste a, très certainement, écrit un de vos livres de chevet. Yes.
Mais vous vivez fin 2011, pas avec Saint Juste et vous n'adaptez que vaguement les réflexions en fonction de vos commentateurs ou contradicteurs. 0.jpg

Vous êtes belge. Nous venons de sortir d'une crise politique sans précédent en Belgique. Si en place de Di Rupo, vous y étiez, est-ce que nous aurions eu un gouvernement?
Notre Vif L'Express a fait une tentative de créer un gouvernement en nommant des "techniciens" dans chacune des disciplines comme ministre. Je ne vous dis pas les conclusions de l'enquête. Philippe Maystadt devenait premier ministre pour la forme. :-)

90% si pas plus, de ce que vous dites est non contestable. Mais prévenir n'est pas guérir.
Ce qui manque, c'est le système D, si possible, un oeuf de Colomb.

Une anecdote?
Senior Développeur informatique dans un département "pompier", c'est-à-dire quand toutes les tentatives de trouver une solution en changeant un programme avaient échoué. Un rapport était à sortir, pour avant-hier, en mal de solution, il arrivait dans nos bras velus. Il ressemblait à un programme existant, mais pas vraiment... Recommencer la prise en charge du programme? Et, non. On a changé la structure et le contenu des données pour correspondre au programme. Le rapport est arrivé le lendemain, là où il le devait.
0.jpg

Que vous conseiller?
D'abord de vous reposer. De lever le pied. De tenter de briser les rêves d'un absolu qui n'existera jamais. Ne perdez pas votre sang-froid. Poussez l'humour. Composez, compilez, quoi.
Dans un article récent, j'ai repris vos idées parmi d'autres qui se trouvaient dans le journal Marianne. La lutte contre la corruption, les passe-droits, la censure, ce n'y était  pas repris. Oubli?
Échangez vos idées dans le virtuel avant d'être confronté avec d'autres en dur.
Intéressez-vous à vos adversaires de conviction.
C'est fou ce qu'on apprend en essayant de les comprendre avec leur diversité et par l'origine de leur différence.
Un prophète pour moi est quelqu'un qui existe grâce à ses disciples.
Cela devrait faire partie des cours d’anthropologie. A mon avis.
Ici, ce n'est pas une question de réputation mais de prestation, de compréhension, d'ajustement.
Ne prenez pas les autres pour des ennemis parce qu'ils disent autrement que vous. Ce ne sont pas tous des kamikazes".

D'après l'enfoiré, ce commentaire était resté, pendant plusieurs heures, en modération, avant de disparaître, le lendemain, volé par quelqu'un qui n'avait pas dit son nom, ni les raisons de son acte. Là, j'ai "atchoumé".

Ce n'est plus l'heure aux économistes de n'être qu'un thermomètre.

Il faut dire qu'il avait réussi à faire passer un autre commentaire qui disait "A revoir Cyrano de Bergerac. "A la fin de l'envoi, je touche".

Les conseils ne seraient-ils pas à envoyer à un professeur, à celui qui ne se dit pas "prophète", mais qui joue à l'Oracle? Attention, pas celui de Delphes. Celui qui connaît bien Manneken Pis. C'est vrai qu'il avait l'air fatigué, Paul Jorion et, même, irascible en fin d'interview.

Dans "Le dernier Oracle" de James Rollins, il était rappelé que les adorateurs de la Pythie étaient Platon, Sophocle, Aristote, Plutarque et Ovide. Il est vrai qu'en 2001, des archéologues ont découvert que sous le Parnasse, un alignement des plaques tectoniques dégageait des hydrocarbures gazeux susceptibles de déclancher une euphorie hallucinatoire proche de la transe.

"Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux" est écrit sur le fronton du temple de Delphes. Pour Bruxelles,de toutes façons, pas de Pythie.

0.jpgPendant, un séminaire, Paul Jorion expliquait la théorie du Modèle Black-Scholes et de son erreur. Mandelbrot disait déjà que cette théorie était totalement déconnectée de la réalité des marchés financiers et de la rationalité des investisseurs.

Langages "babillard"... Je dois avouer que je me suis assoupi. Un chat reste un chat, peu importe si on "articule" le discours et la couleur du chat. Mais, je ne vais pas "badtripper". Pas question de faire la "grippette".

Très bien pour la théorie, mais la pratique m'intriguait plus.

Chez l'enfoiré, j'ai trouvé cet article dans lequel Jorion était mentionné. J'ai suivi les liens et j'ai compris que ce n'y était pas la tasse de thé de chercher à aider les âmes en perdition. Ce qui me donne un peu d'"achalage" et ne pas y ajouter trop de sirop d'érable.

Quant à Agoravox, c'était rebelote. Je ne sais si vous avez jeté un coup d'oeil, un autre article mettait les pieds dans le plat. "Internet est encore libre", était-il affirmé dans l'article et que pour fonctionner, toutes (r)évolutions devraient être "mondialisée" avec la population mondiale partageant un idéal commun. 

Cela commençait fort, aussi, du côté commentaire:

Deux préceptes fondamentaux pour une société libre et saine :
1. Liberté absolue d’expression.
2. Répression sévère de toute forme de violence physique.0.jpg

Tout à fait. Mais, quand la carotte disparaît de la cheminée avant l'heure, que reste-t-il au moment opportun? demande Saint Nicolas. Il faut la remplacer. La liberté et l'indignation ne sont rien sans qui suit.

-Le bâton, répondrait alors, à coup sûr, le Père Fouettard.

Pas la peine de lui donner une "jobine" à celui-là, même s'il faut parfois le "poussailler", un peu.

On sent que si dans nos pays occidentaux, la démocratie prend un coup de vieux, ce n'est plus uniquement dans les relations de haut en bas que la déchéance se produit. La contagion se porte bien sur la toile complète d'Internet. La politique, par la censure, y a pris goût et une place dans les rangs, parmi le public.

Ayoille ! Depuis lors, on ne sait pas pourquoi, l'âne, dans son enclos, ne fait plus que braire.

Moi, je m'en vais "bretter" à côté de ma "chaufferette". Fait plus froid que chez vous, par ici.

 

CassCendres,

 

PS. Je remercie l'enfoiré pour m'avoir laissé la parole. Si vous désirez un lexique de mon accent québecois, n'hésitez pas, je peux toujours vous le "placoter". :-)

01/12/2011

Que la fête commence ... et vite...

Les affaires ne sont pas au top. S'il y a toujours autant de monde qui se promène dans les galeries commerciales, c'est de moins en moins derrière les caisses. Alors, il faut se saouler de fêtes pour oublier la morosité. Saint-Nicolas n'est pas encore là qu'on trouve déjà tout ce qu'on pense trouver pour la Noël. On y installe des lumières. La fête doit être là et de plus en plus tôt. Elle doit être prête à s'imposer pour faire rêver de plus en plus vite.

0.jpgTout arrive plus tôt. Saint Nicolas, début novembre, Noël à mi-novembre. Pour les enfants, c'est même déstabilisant, était-il constaté à la télé. Eux, ils n'en ont rien à cirer. Ils veulent être servi de cadeaux et tout de suite.

A Montréal, chez mon ami, Pierre, les lumières ont envahi les rues très haut dans le ciel.

Loin des problèmes de l'Europe, toujours AAA. Pas vraiment. Leur tour, c'était en 1992. L'endettement canadien atteignait 64% du PIB et S&P's les dégradaient. Trois ans ont été nécessaires pour que cette affaire de dettes redevienne "under control".

Mais, on ne connait pas Saint Nicolas au Québec.

Chez nous, on se prépare à tout. Voir monter l'arbre de Noël sur la Grand Place, monter les lumières surplombant le milieu des rues... Tout est bon.

Quand "les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent", cela remonte les bretelles du pantalon.0.jpg

Manifester pour faire entrer de l'argent dans les caisses, pas dans une mais dans toutes à la fois, n'est pas une sinécure. On parle d'inflation, de déflation, de récession, de stagflation, de dépression, de diminution... d'irritation... On ne sait plus très bien ce que cela veut dire, où on en est, quel est le niveau de chacun de ces mots, s'ils sont atteints ou si l'on stagne. Tout est une question de baromètre ou de thermomètre.

Les jours de congés du 11 novembre ont été "pontés" dans un dernier sursaut, sous le soleil exactement, mais, ils sont déjà loin. Oubliés.

Les Trois Rois Mages doivent se remettre en marche pour annoncer la bonne étoile. Nous sommes à l'ère des jets, l'ère où les affaires sont les affaires qui vont de plus en plus vite, il faut retirer les consciences de leurs torpeurs.

0.jpgSaint Nicolas n'a plus rien dans sa hotte. OK.

Si les files sont toujours longues devant son trône, certains resquilleurs essayent de faire l'économie de temps et poussent leurs enfants à regarder par la petite lucarne, plutôt que d'entrer dans la file.

Quand il n'y a plus rien, plus de gâteries à récolter, il vaut mieux passer son chemin, chers enfants. Le Père Fouettard n'a plus sa belle couleur noire luisante pour infliger les corrections. L'élastique trop détendu qui retient la barbe de Saint Nicolas, lui tombe sur la gorge et étrangle son héros. 

Secouer le prunier sans se fâcher, quand on voit le prix des prunes, on hésiterait. Les remises, les réductions de prix sont en perte de vitesse, juste au moment où l'on avait besoin d'elles. 

On a plus l'impression d'avoir les boules dans la gorge que sur ses branches de l'arbre de la Grand-Place. Les lumières font tout de suite penser à ce qu'elle pourraient coûter en électricité une fois en fonctionnement. 0.jpg

Ni boules de neige ni barbe à papa sur l'arbre. La neige et le froid se font attendre, c'est déjà ça de moins à chauffer.

La nature est débousollée, dit-on. A peine cinq litres d'eau de pluie pour le mois de novembre. Voilà, que la nature est compatissante et fleurit cinq mois à l'avance. Ce qui ramènent des frelons asiatiques, des mouches des sables qui remontent se réfugier chez nous.

Gilles Dal racontait nos désespérances bien belges dans un café serré qu'avec la météo comme acteur principal.

Alors, on cherche un avenir différent.

0.jpgChez nous, après l'armistice nord-sud, c'est l'opposition gauche-droite qui embrayait de plus belle.

Le politologue Vincent De Coorbyter présentait "l'affaire belge" (extraits), mais c'est un politologue avec une vision de bien plus haut.

L'aspect communautaire, c'est bien beau, mais le nerf de la guerre, les 1,3 milliards à trouver avec des bras raccourcis, ça c'était plus dur. Les recommandations de l'Europe, quand on n'a plus rien d'autres dans sa besace, pouvaient servir pour remplir les poches vides. Ce qui se passe ailleurs permet parfois de contribuer à être d'accord avec soi-même et ses convictions partisanes et intimes.0.jpg

Mais, on n'allait pas sortir son dernier lapin hors du chapeau, lors de la fête Halloween.

Alors, penser à Saint Nicolas, ne serait pas mal, pour faire oublier le mot à la mode, "austérité".

Wikipedia dévie même le mot sur ceux de "politique de rigueur" qui serait une politique économique conjoncturelle consistant à donner la priorité à la croissance économique de long terme, quitte à freiner la croissance immédiate par la réduction de la hausse des prix et l'élimination ou la diminution du déficit de la balance des transactions courantes, voire des déficits publics.".

Calme! Conjoncturelle ou structurelle? Faudrait savoir. 

0.jpgIl faut définir ce que sont les classes moyennes avant de les privilégier. En déterminer les contours, la structure qui correspondrait à quelque chose de tangible, à cette "moyenne". Ce qui est une moyenne n'est pas, d'office, une tendance. Vérifiez sur n'importe quel graphique.

Et si on ressortait les tickets de rationnement en bout de la course, les lampes à huile comme en "bon vieux temps".

Des les grandes surfaces, on paye déjà les achats avec des tickets de restaurants. La Belgique est championne de cet échange de "bons pour" dans un jeu de troc.

-Merci, pour votre visite et si vous revenez plusieurs fois, vous recevrez une réduction ou un bon pour réaliser un de vos rêves intimes.

"Quelles banques belges dans 10 ans? lisais-je.

Ce jour-là, l'économiste de service, Bruno Colman, se livrait à l'exercice d'équilibriste pour dessiner l'avenir des "pauvres" banques après avoir constaté qu'"elles sont sur la ligne de front de la crise financière en canalisant l'épargne".

Pour ce faire, il faudrait:

  • Simplifier mais pas trop pour ne pas devenir un seul distributeurs de productions étrangères.
  • Diversifier les activités pour traverser des scénarios et pour surmonter une collecte de l'épargne plus onéreuse.
  • Avoir une gestion mécanisée et mathématisée.
  • Communautariser les activités en back offices.
  • Gérer les bonnes compétences humaines.".

Les bonnes compétences humaines, de qui? Des employés, des vendeurs, des patrons ou des clients?  

0.jpgLes enfants ont la chance de n'être que des adultes en formation pour un Saint Nicolas.

Et si pour les grands, c'était la fête toute l'année pour mettre les petits plats dans les grands, pour se mettre parfois sur son 21, pour mettre du beurre dans les épinards, pour faire semblant qu'il y a encore quelques bonnes affaires à faire?

Pendant ce temps-là, les taux belges continuaient à grimper.

Un budget pour 2012 s'impose. tout le monde le dit, à tort et à cris. Comme, quelqu'un le disait, en général, on crée un budget avec un gouvernement bien en place. En Belgique, on aime les tiercés dans le désordre.

Et puis, l'œuf de Colomb, un conseil vint: Investissez...

Comme l'idée, elle est bonne! Inattendu ou planifié de longue date? Quelle importance? Voilà que la population belge se rue sous forme d'emprunts d'État. Les 200 millions espérés, au départ se convertiront, à l'heure actuel, le cap des 5 milliards est visé.

0.jpgSursaut de civisme, de patriotisme? Non, un peu de confiance latente en la Belgique ou comme, qui dirait une sorte de "conscience professionnelle" ou de Telethon.

Le lendemain de l'idée, coup de Jarnac, Standards & Poor's mettait sa menace à exécution par une dégradation de la note de la Belgique orpheline de son "+" pour devenir seulement AA.

Plus question de fuite en Égypte, à Varennes ou à Ciergnon.

Ce "+", en moins, fut le catalyseur. Le lendemain, après dix-huit heures de négociations, miracle, c'est comme si on passait des "Alcooliques Anonymes Plus", en titubant de gauche et de droite, pour se retrouver au bout du chemin sinueux entre "Artistes Associés". 0.jpg

Le budget ficelé et un nouveau gouvernement est dans le collimateur pour la fin de la semaine, après plus de 530 jours de tergiversations. "Gouvernement Standard & Poor's" ou "Gouvernement papillon"' ou encore "Gouvernement standard", tout court?

"Et alors, Grand Elio est arrivé, sans se presser, avec son budget et ses impôts". Il était là, mais il ne parlait pas avec les mots et la même langue comme le chantait Bert Kruysman avec humour.

0.jpgPuis, après la recherche du sexe des anges, voilà que l'on trouve du sexe dans la langue en politique. Ce qui vaudra un nouveau café serré encore plus corsé.

Des négociations au pas de course avec un grand lasso pour attraper l'euro million et aujourd'hui on relisait l'accord.

A l'étage du dessus, celui de l'Europe, on parle de "spread" qui s'allonge puisque l'Allemagne fait toujours semblant d'unir le destin de ses membres.

Une Banque d'Investissements européenne, ce serait arriver trop haut ou trop loin pour Madame Merkel qui a peur de devoir payer ses emprunts dans la marmite commune.

Comme disait Anne Blanpain, spécialiste des questions européennes "l'Allemagne c'est un peu le costaud de la bande, celui avec qui on est pas toujours d'accord mais comme c'est lui qui paye le cinéma et qui régale au resto... L'Allemagne aurait trouvé LE modèle économique qui sauvera la zone euro. Un modèle basé sur les exportations, la fiscalité orientée sur la consommation plutôt que sur le travail, ce qui permet aux entreprises allemandes d'exporter plus facilement. 0.jpgAvec 60% de ces exportations qui atterrissent dans le reste de la zone euro. L'Allemagne n'a pas intérêt à voir ses principaux clients se casser la figure ni même appliquer les mêmes recettes que Berlin. Enfin, si tous sont d'accord pour dire que l'imbrication des économies de la zone euro réclame davantage de convergence entre les 17, l'Allemagne fait preuve d'une arrogance alors que l'intégration politique et économique nécessitent, au contraire, beaucoup d'explications, beaucoup de confiance et beaucoup de solidarité. Cette intégration signifiera une perte de souveraineté nationale, difficile à digérer quand on entend un député allemand se vanter devant son parlement que désormais l'Europe parle allemand, sous entendant que c'est l'Allemagne qui dirige la zone euro. Si, vraiment, Berlin veut prendre la direction des opérations, qu'elle commence par s'attaquer au problème le plus urgent, sauver la zone euro, éviter que l'incendie ravage entièrement la maison européenne, on s'occupera de la couleur du futur papier peint plus tard. L'Allemagne devrait le comprendre, elle ne s'en sortira pas seule, les investisseurs ont boudé l'emprunt lancé par Berlin.

Ouf...On n'est plus les seuls à en recevoir sur ses doigts de fée...

Aux États-Unis, c'était Thanksgiving, jeudi dernier.

Obama avait, pour le symbole, gracié deux dindes, "Liberty" et "Peace".

Le lendemain, le Black Friday, la chasse aux bonnes affaires, ce qu'on appelle les soldes, chez nous, n'a pas été particulièrement faste, plutôt frugale. On devient économe, même outre-Atlantique surtout quand un autre accord sur la dette ne trouve pas la solution préconisée.

On ne connait pas ces deux fêtes, chez nous.

0.jpgA Bruxelles, on innove dans la tradition pour la 10ème des Plaisirs d'Hiver. Sur la Grand-Place, réglée au nombre d'or, une scupture en spirale surmontée d'une spirale de lumières. Au Mont des Arts, une piste verte avec des remonte-pentes, des moniteurs et des sapins viennent s'ajouter à la traditionnelle patinoire de la Place Sainte-Catherine. L'invitée d'honneur, la Grèce. Le pkasimadi de Crète, les biscuits des Astypalaia, les tomatines de Santorin ou les pistaches d'Egine se confondent en émotions et en goûts avec les smoutebollen, les frites, les saucissons, le chocolat et le vin chaud. A l'inauguration, Manneken Pis avait porté le costume traditionnel grec. Hellas, vive la Grèce. Faudra que je m'en rappelle pour les prochaines vacances... avec Zorba et le sirtaki.

0.jpgNon, il faut oublier la morosité et faire semblant avec des fêtes. N'importe lesquelles, du moment que c'est bon pour le moral des troupes.

Les trouble-fêtes continuent à envisager de baisser les notes de la France et des États-Unis

Après ce weekend à l'arraché des Belges, les populations du monde ont fait la nique aux rumeurs. Il y a eu les élections en Egypte, au Maroc, au Congo, c'est leur année d'élections. En haut, à gauche et à droite, ce sera en 2012.

Début de semaine, les marchés décollent, flambent même, du doping dans l'air, l'euphorie sur toutes les Bourses du monde.

L'effet papillon de Banabar existerait-il vraiment?

"La rigueur, c'est l'austérité plus l'espoir", disait Pierre Maurois

Alors, si on inventait pour le 1er décembre, un autre "Thanskgiving" comme action de grâce envers les Européens et les Africains, pour les récompenser de tenir le coup? 0.jpg

Ce jour-là, c'est Saint-Eloi, patron des ouvriers et des métallos, reconnu comme un orfèvre de talent et réputé pour son honnêteté. Il n'en faut pas plus.

Mais, en attendant, n'oubliez pas de mettre quelques carottes en plus dans la cheminée pour Saint Nicolas. Cela peut toujours servir, même pour un Saint.

C'est que ça bouffe de plus en plus, un âne.

 

Tout cela en photos, c'est ici.  

 

L'enfoiré,


Mise à jour 17/01/2011: Il y a dix ans, l'Argentine sortait de la crise en rejetant l'austérité0.jpg


Dictons populaires:

  • « Saint Éloi, de soleil gourmand, nous donne trois jours de beau temps. »
  • « À la saint Éloi, la nuit l'emporte sur le jour qui luit. Quand arrive la saint Eloi, laboureur, tu peux rester chez toi. »
  • « À la saint Éloi, les jours allongent du cri d'une oie. »