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30/01/2008

Le spéculte

Retour dans les arcanes de la Bourse par la petite porte mais avec des résultats négatifs que cette porte-là fait entrevoir. Comment gagner en bourse sans se fouler outre mesure? Pas de miracle. De la réflexion, c'est tout.

 

71253b39b7baa4925570b40c7c3fced3.jpgJe ne reviendrai pas à l'étude que j'avais entreprise pour éclaircir les différentes idées tournant autour de la bourse. Si l'envie vous en dit, il s'intitulait "Spéculons en paix". J'y rappelais les tenants et aboutissants de ce moyen financier de faire marcher les affaires: le besoin des entreprises d'avoir du cash-flow pour s'épanouir et les particuliers qui ont l'argent pour investir et pouvoir récolter l'usufruit de leurs placements.

Quelques éléments à connaître, rien de bien sorcier, rien de vraiment négatif dans le principe non plus pour celui qui a bien réfléchi aux règles du jeu. Pas de prophétie dans la Bourse, rien que du concret à qui sait lire les résultats d'une entreprise. L'antagonisme entre rendements et risques est à la base.

A cause des faibles rendements des placements sans risques, les Belges, pour la première fois depuis 5 ans, ont viré de bord et ont lâché les placements de bons pères de familles: bons de caisses, livrets d'épargne sont en nette régression. Les 2 à 4% d'intérêts sans risques ne font pas le poids face à la Bourse qui enchaîne les records historiques pour passé en 2006 à un progrès de 22%. En Belgique, les encours des carnets d'épargnes continuent de s'éroder avec un seuil de 150 milliards d'euros (Echo 5/11/2007).768ea14dfea7863d85efbb7f5f54e1c7.jpg

Alors qu'en 2000, une période d'euphorie qui s'est terminé dans un crash mémorable, il n'en était pas question d'après les spécialistes pour 2007. Presque....

Preuve, que les spécialistes n'ont pas de boule de cristal, ils disaient en fin 2005 que l'année 2006 allait être plus modeste en 2006. La croissance cette année-là aurait dû subir une décélération d'après le banquier genevois Serge Lederman, responsable des investissements (LODH). Cela n'a pas été le cas.

C'était l'été dernier 2007, notre "première subprime party" comme aimait le clamer un humoriste. Les fondamentaux sont touchés dans ce cas. Les effets s'amortissent encore dans la douleur de tous les investisseurs. Il faut acheter au moment de la rumeur et vendre lors de l'annonce officielle, est-il dit. Donc, déceler la rumeur "vraie" de celle qui est "fausse" est devenu le sport à la mode des analystes.

Les coups de semonces de l'année 2007 devaient principalement déroulés dans les pays anglo-saxons et certains pays asiatiques. L'inflation devait avoir été la préoccupation principale des banques centrales. Les actions américaines auraient progressé au détriment des européennes. Des performances à un chiffre étaient annoncées. 2008 se réveille avec un boulet au pied.  

Beaucoup de désordre dans ce tiercé, pourrait-on conclure.

Pour tenter de gagner dans cette Bourse, il existe des méthodes bien définies pour orienter sa décision à acheter ou vendre une action. Ce minimum de connaissances est nécessaire, si pas obligatoire, pour en connaître les bases et pouvoir réagir aux propositions des conseilleurs. Pour comprendre le "système" plus à fond, très vite, des méthodes, bien plus cachées au petit porteur vont se présenter. Le petit porteur va souvent réagir, en toute logique, sainement, en fonction des règles et va se faire "avoir" sans en avoir pu déceler les raisons dans le respect et la rigueur de vouloir faire fructifier son avoir.

Le délit d'initier est le premier des aspects "noirs" des processus boursiers. Sur le lieu des décisions, tout est plus facile pour "comprendre" le futur de l'entreprise. Il est bien entendu recherché et puni en justice. Le problème est qu'il est sournois et difficile à déceler et à prouver.

Une autre forme de délit est le lancement de "vérités" très peu vérifiables en peu de temps. Hors, la Bourse fonctionne à la vitesse de la lumière. Par l'intermédiaire d'Internet, une nouvelle qui va déstabiliser dans un sens ou dans l'autre pour maquiller une volonté de faire mousser les chiffres ou de créer un dommage irrémédiablement du moins dans l'immédiat. Ce qu'il faut faire: acheter la bonne rumeur et vendre la nouvelle. Oui, mais...  une annonce, loin d'être très "innocente" d'un concurrent, clame qu'une société a falsifié certaines factures. Comment réagir dans un temps très court sans avoir jeté un "coup d'œil" plus averti que d'habitude. Une enquête car personne ne peut assurer les malversations internes.

Que s'est-il passé? Ce qui normalement doit arriver par manque de confiance: des ragots et la chute du cours de l'action en l'espace d'une journée. De bonne guerre ou de mauvaise guerre? Bien plus tard, les recherches effectuées ont prouvé par A + B qu'il n'y avait aucune malversation. Le cheval de bataille de la société est bien celui de la transparence et de l'éthique. Elle a seulement rencontré un autre cheval qui a la vie dure, celui de Troie. Combien de temps faut-il pour redresser la barre? Ce ne seront pas les actionnaires, ni les dirigeants qui pourront donner suffisamment de vigueur pour vendre le message à l'extérieur qui est de mise et contraint à son personnel.

Les audits internes et externes seraient-ils aussi dans le collimateur? Enron est un souvenir trop chaud pour s'en laisser conter. Depuis Enron, on a installé une batterie de "protections" et de garde-fous. Mais à quel prix? Aux États-Unis, Sarbanes-Oxley n'a pas toujours apporté la solution en se tournant vers l'extrême inverse et en faisant retarder le progrès de la production en finale. D'une exagération, on est passé à une autre, entraînant des impossibilités de travailler pour toutes les autres sociétés. De véritables boulets aux pieds d'argile, opposés aux pays qui n'ont pas à suivre le nouveau mouvement et qui entrent comme dans du beurre dans le marché.

Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs, mais, dans ce cas, il y a fort à parier qu'ils auront amassé autre chose que de belles paroles. Pour les traders, c'est pile, je gagne, face, tu perds, comme le faisait remarquer le Nouvel Obs. 

d4f474aece6e448ff0625fb7c812c6e6.jpgLa nouvelle affaire de la "Société Générale" pousse les actionnaires dans ses derniers retranchements. Un jeune trader, Jérome Kerviel, de 31 ans parvient à miner les résultats de la banque. 4,9 milliards d'euros détournés, perdus par un seul jeu de balance entre un faux achat et une vente du même montant. Les subprimes avaient déjà miné la banque. 120.000 personnes qui y travaillent dans le monde. Des procédures de contrôles qui, manifestement, étaient trop "huilées". "Dysfonctionnement d'ensemble", si pas des hommes, du système en lui-même.  Le PDG, Daniel Bouton, doit reconnaître l'"extraordinaire talent" de son employé. On annonce malgré tout un bénéfice de 600 millions. Pas de recherche d'intérêt personnel chez le trader. "Suicide professionnel par la malveillance", peut-être. Il faut reconnaître qu'il ne faut pas avoir une expérience d'une vie pour percer les verrous. Seul? On se pose la question. Lampiste? Certains osent dire que c'est pour cacher des pertes énormes dues au Subprime. Les plaintes commencent.cbda6d944d215dacc9a396c3b7789fd0.jpg En revanche, si la Société Générale n'avait pas décidé de liquider immédiatement les positions prises par son trader, pour près de 50 milliards, le bénéfice de la banque aurait pu s'avérer substantiel, était-il dit. La bonne vieille phrase "Responsable mais pas coupable" va ressortir. On cherche d'ailleurs. Tout à fait ailleurs: rumeurs de rachats par BNP Paribas (titres SG augmente de 10%).

Comme disait feu Alain Bombard : "Seul l'impossible arrive toujours".  Le "casse du siècle" faisait-il partie de l'impossible coup de dés malheureux ou plutôt des suites du manque de contrôle programmé à la base? Une véritable histoire vue par des humoristes en ligne?

Le trading est une des forces majeures dans lequel s'engouffrent les boursicoteurs et la Bourse en général. Dans la même journée, sans se fatiguer, il est loisible, le mot est bien choisi, de se faire des ponts d'or pour ceux qui sont un tant soit peu assidus au Grand Jeu.

c8d4abfddaccc128b4f506b6e59d5130.jpgDans ce Grand Jeu, il y a eu des experts. Marc Rich a été incontestablement un maître du genre. Dès l'âge de 19 ans, il entre dans cette cour des traders de haut vol chez Philip Brothers. En 1973, il quitte son employeur après avoir pompé un maximum d'informations et douze des meilleurs collègues pour fonder sa propre entreprise. Très vite, les dollars vont affluer sur son compte en banque. Ses collaborateurs ne tardent pas à le surnommer "Matador" car rien ne lui résiste. L'achat et la vente du pétrole dans un laps de temps très court est son fond de commerce et continuera à faire grossir sa fortune. Les affaires sont les affaires et on ne s'embarrasse pas de sensiblerie et de coups fourrés. Avec l'or noir, on n'a pas toujours l'obligation de faire toute la lumière sur des transactions qui se déroulent par l'entremise d'ordinateurs. Le légal aime côtoyer l'illégal sans délimiter les réelles frontières. Le marché spot d'Amsterdam est son champ de bataille de prédilection et le décor de beaucoup de coups fumants mais sans feu de repérage. La spéculation est simplement le dénominateur commun qui doit échapper au contrôle qui, lui, doit se retrouver en interne exclusivement. En 2005, 100 milliards de barils de pétrole ont transité uniquement par la spéculation. Les manipulations des prix organisent le contrôle du marché. Les contrats à long terme restent bas tandis que les prix affichés chez les clients plafonnent à des sommets. Pour arriver à ces fins, des mises de fonds dérisoires (3 à 4% seulement) permettent de balancer anormalement des bénéfices plantureux engrangés. Le baril de Brent de la Mer du Nord qui donne la température des prix aux consommateurs ne représente qu'à peine 1/2 % de la production mondiale mais aussi 60% des prix globaux. Des leviers artificiels, avec les chiffres comme seuls outils, réalisent en effet des bénéfices bien réels. Les pénuries jumelées avec de fausses abondances sont subtilement orchestrées curseur en main. Crises et embargos n'inquiètent que le consommateur, mais rassurent le spéculateur-trader sur son terrain de prédilection. Les compagnies pétrolières, elles-mêmes, sont prises de vitesse ou doivent transiger avec des intermédiaires puissants. Avant d'atteindre sa destination, le tanker pétrolier qui quitte son port d'attache voit souvent sa cargaison changer de main plus de 50 fois pendant son voyage de 3 mois. Des nébuleuses sociétés écrans ajoutent le brouillard nécessaire pour éviter toute identification. La corruption met le point final pour compléter le tableau de pillage de pays tel le Nigeria, 6ème producteur mondial de pétrole mais qui est en pénurie constante sur son territoire. "Pétrole contre nourriture", charitable dans son principe se traduit dans les faits en "Pétrole contre armes et contre dollars".

Le magazine "Sciences et vie" le rappelait dans son numéro de septembre 2006 avec le titre "Le Grand Bluff des modèles financiers".

La finance, oui, c'est du sérieux. Efficient et équilibré, le marché? Que nenni. Se tromper, sous-estimer les risques, voilà les artisans du "spéculte" à l'ouvrage. Ces spécialistes, ces gourous vendent leur savoir ou plutôt une interprétation de celui-ci. Ils expliquent à posteriori, le plus généralement, le pourquoi des réactions subites de la Bourse. 908b91ee804fa8047f7fac8d3ea309a9.jpg

Dans un passé récent, Lernaut & Hauspy, l'affaire du Tunnel sous la Manche laissent des goûts amers chez les investisseurs.

Dans l'histoire, Henri Poincaré a été un des précurseurs du Système, de la Théorie de la Spéculation. Selon lui les facteurs qui orientent la Bourse se standardisent par la bonne vieille courbe de Gauss. Quelques cas de figure donneraient pour parachever le tout des indications pour les décisions à prendre dans le futur. Des variations de plus de 7% ne se produiraient que tous les 300.000 ans selon les statistiques. Le 20ème siècle a été plus gourmand (48x). Les courbes de moyennes se lissent, en effet, dans le temps. Mais entre-temps, pour retrouver le chemin commun que de dérives dangereuses. Cette capacité de variation vantée par les acteurs des produits boursiers ne serait-elle qu'une vaste escroquerie pour attirer le chaland à acheter les titres de toutes sortes? La folie de la Bourse est un risque dangereux. La formule de Black-Scholes n'élude pas que la Bourse est pieuvre géante qui aurait retrouvé subitement des pieds d'argile par l'évolution. Les traders ne sont pas rationnels. La raison est vite dépassée par l'émotion. Les cracks de 1929, 1987 et la bulle internet de 2000 sont là pour remémorer les risques que fait peser la guerre des courbes.

Paramétrer les calculs n'évitera jamais de laisser en rade une foule d'autres paramètres dont on n'avait supposé l'existence. La géométrie fractale introduite par le français Mandelbrot s'est développée autour de constatations et basée sur les "sauts de Lévy" qui décrivent les risques comme plus importants et donc plus réels.

Les livres expliquant la Bourse sont légions. Source inépuisable. Ils essayent d'exhorter le petit possesseur de biens épargnés à la sueur de son front. Tant mieux. Elle permet si on n'est pas pressé de récupérer sa mise et que l'on ne soit pas trop cardiaque, de s'assurer une retraite moins cassée par l'inflation. Les actions, rappelons-le, sont mises sur le marché pour que l'investisseur participe à la vie de la société dont le nom est écrit sur l'entête. Par la même, il prend une partie proportionnelle du risque. La société, elle, n'en profite pas en direct. L'argent, elle l'a eu lors de l'augmentation de capital. Est-ce dire que se lancer dans les achats quand une société rachète ses propres actions?

Le "jeu achat-vente" va faire monter ou descendre le prix de l'action en fonction de la confiance des investisseurs et de la valeur intrinsèque de ce petit bout de société. Le courtier et l'état seront les intermédiaires reflétés par le courtage et la taxe.

La Bourse, la population l'aime quand les choses vont bien pour son portefeuille et la rejette comme un souillon quand elle chute. La Bourse, ce n'est pas le Far West et si cela était, il vaut mieux connaître le maniement du lasso. Plus on est près du marchand de lassos, plus on aura de la chance d'attraper la bonne affaire du siècle. Un lasso, cela monte et descend, mais là s'arrête le parallélisme avec la Bourse. Son histoire remonte au 14ème siècle à Bruges sur une place du nom de la famille Van Der Buerse. On y réglait ses affaires. Anvers (Antwerpen) a pris la relève, Londres et Amsterdam, ensuite. Et pourtant, la Bourse reste une inconnue pour la plupart des gens aujourd'hui. Souvent, faute de temps, les populations se laissent conseiller par des spécialistes et les écrits des "gourous".

"L'information économique automatisée sans journaliste" était le titre sur www.news.fr le 21 août 2007. Des ordinateurs allaient produire des articles d'analyse boursière sans aucune intervention journalistique ou autre. Uniquement l'IA, l'intelligence Artificielle, devait donc apporter une opinion d'arbitre. La méthode des arbres et le calcul des probabilités allaient pouvoir orienter tous les acteurs habituels: gourous, traders, boursicoteurs, banques, agents de change. Comme, c'est l'ordinateur qui le dit: si hier, nous étions au bord du gouffre, cette fois, allons-nous bientôt faire ensemble un grand pas en avant?

Aujourd'hui, comme précédemment, même cette manière de voir ne donne plus sécurité. Le temps passe plus vite dans l'enceinte de la Bourse qu'ailleurs. C'est peut-être cela le problème.

Alors, quoi? Spéculer, un culte? Risquer ou placer ses avoirs dans des comptes non risqués mais aussi dont la rémunération de l'épargne reste chiche si pas dérape légèrement par rapport à l'évolution du coût de la vie? L'histoire de la Bourse montre un cycle de sept ans dans l'alternance des courbes haussières et baissières.

Le XIXème siècle fut celui de l'Europe, le XXème des USA, le XXIème sera-t-il celui de l'Asie avec 2,5 milliards de consommateurs en puissance? Inflation, énergie, pollution, matières premières, démographie et vieillissement de la population sont à surveiller. La spéculation du pétrole n'est poussée que par la rumeur, une raison plus fondamentale ratifiera très certainement cette hausse par sa raréfaction. Les alternatives énergétiques commencent à poindre écologique ou traditionnelle, c'est pour une rumeur déjà bien mûrie. Le "Durable", on annonce. Sous ou surévalué?

De toute manière, quand il y a un plus grand potentiel à gagner, comment résister au culte de la spéculation? Impossible. Le potentiel de la poche aura toujours son mot à dire. Un choix de société, comme un autre.

3ef94d92451406a20236930ce91add4b.jpgLe mois de janvier a été super éprouvant pour l'investisseur en Bourse. Le lundi noir du 21 janvier 2008 comme point majeur. Crack boursier qui repose sur une récession aux Etats-Unis avec la crise du Subprime, la baisse du dollar par rapport à des monnaies plus fortes comme toile de fond. On parle de stagflation. La Chine est même touchée avec près de 8 milliards de titres à risque et cela même si la Bourse y cartonne toujours (17% en 2007). On cherche les mots qui pourront définir un certain malaise général. Pas de problème structurel car les résultats des entreprises n’ont en général aucune panique à devoir ressortir des tiroirs comptables. Les fondamentaux conservent une valeur intrinsèque. Pourtant, la rumeur va plus vite que la vérité chiffrée. Casino, culte de la spéculation. Très certainement. Bush avec sa rallonge de cash n'a pas réussi à rassurer. On aime à jouer le sketch du "Fais-moi peur" et la boule de neige grossit car tout est imbriqué. Le rebondse fait toujours un peu plus tard pour licer les grandes pertes et gains, mais à quel prix? On cherche les responsables? Alan Greenspan anciennement à la FED aurait encouragé la dérive des banques par le crédit à risque, est-il dit dans l'Écho. 488ed0c790d3d8ce6531ccd68becacac.jpg

Certains seront même plus Cassandre en affirmant que tout irait mieux le jour où la Bourse se serait plantée. Dire cela c'est se condamner à oublier les investissements faits pour les pensions. Les fonds de pensions ne sont pas loin de la Bourse. Avouer ne pas être détenteur d'action est par ce fait absolument faux. Autant s'en souvenir avant les déconfitures.

La question a se poser lors d'une crise financière "A qui profite le "crime"?".

Le Nouvel Obs se posait la question aussi dans un article de fin janvier. Il y était dit:  "Crise. Faut-il craindre le pire?  Immobilière et boursière, récession économique, de la dette et du crédit. Les experts veulent penser qu'il s'agit d'un trou d'air. Pas de catastrophe en Europe". Oui, mais toutes les Bourses sont imbriquées. Question de confiance. Les liquidités seront là. Ouf. 

Il restera toujours la lecture entre les lignes, entre les mots et les lettres. Décortiquer, déceler, "graphiquer" en place de "trafiquer", quel bonheur si l'on oublie le risque.

L'homo economicus est faillible, c'est un fait avéré. Gourou compris.

Quand une entreprise fonctionne et que la Bourse ne reflète pas cet état, il y a doute. L'inverse de même.  "Les valorisations boursières seraient-elle caduques?" osait se demander l'Echo en décembre 2007. Les actions restent bon marché, peut-être, mais le P/E n'est-il pas maintenu artificiellement au raz des pâquerettes? Principe de base: il faut toujours garder la confiance des investisseurs.  Le P/Eest l'instrument le plus connu pour se rendre compte de l'état d'une société, mais il date de la dernière soumission des résultats à Wall Street. Aux États-Unis, ceux-ci sont évalués tous les trimestres. Est-ce dire que cela prendra en compte la stratégie à long terme?

Le CE a découvert subitement qu'il y avait quelque chose à faire pour protéger le consommateur investisseur: le MiFID (Markets in Finantial Instruments Directives). Désormais, la banque doit apprendre à connaître mieux son client et ses limites, son profile de risques, sous peine de se voir attaquée par lui en cas de litige. Manoeuvre qui n'a pas été comprise à son début par les uns et pas portée avec entrain par les autres. Espérons qu'il y aura de bons "profilers". 

Le capitalisme a ses règles, ses indices de référence, ses risques et ses fraudes. Il faudra choisir un jour de manière définitive entre vivre dans un zoo ou vivre dans la jungle. D'autres systèmes ont existé mais n'ont tenu qu'en cadenassant le droit à la parole. Annoncer innocemment comme solution que la Bourse crève, serait suicidaire. Un bas de laine à placer, une pension à préparer, la Bourse ne sera jamais loin.

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La Bourse n'est que le reflet de la valeur d'un temps présent qui présume du futur en prospective. Encore faut-il en saisir le sens pour le petit porteur et à encadrer celui qui possède trop de pouvoir. Se rappeler aussi qu'il n'y a jamais d'arbre qui monte jusqu'au ciel.


 
L'enfoiré,

 

Chez Le Panda, y a-t-il des spéculateurs?

Article de même sujet sur Agoravox :  "La Bourse, une machine infernale?"

 

Citations:

 

  • "Il est aisé d'écraser, au nom de la liberté extérieure, la liberté intérieure de l'homme", Rabindranath Tagore

  • "En vérité, la vérité, il n'y a pas de vérité !", Jean-Claude Van Damme

  • "Nous ne croyons pas que la vérité reste encore vérité quand on lui enlève ses voiles.", Friedrich Nietzsche

  • "Je mens, mais mes mensonges deviennent des vérités", André Malraux

25/01/2008

Auto, mobile-moi, mais en douceur

Le salon de l'auto à Bruxelles de janvier fait toujours revenir le combat entre les "pour" et les "contre" de la voiture.

76d6871c6dab1844584c110939cb44a1.jpgBeaucoup plus énergique ce combat que d'habitude à l'occasion de ce salon 2008.

Al Gore est passé par là.

Choix de société qui date depuis 100 ans et qu'il faudrait inversé en beaucoup moins de temps par des obligations indépendantes de la volonté des usagers. Dans le même temps, on acceptait que la voiture entraîne un encombrement inimaginable et un sacrifice humain très important. La banalisation des morts et des accidentés à vie est choisie dans ce modèle de société. Comme d'habitude, ce sera beaucoup de bruit, des filles au milieu et le rabotage léger des prix pour vendre un maximum de véhicules.

Cette fois, l'écologie, déjà présente précédemment, est parvenue à pousser la porte des consciences. L'auto a du coup un peu plus de plomb dans l'aile. Ce n'est pas les "gadgets" même très pratiques comme le GPS intégré en série qui changera le problème fondamental. La pub lance: "votre insouciance, on s'en soucie...".  On ajuste le tir au plus près du consommateur. Entre la familiale petite ou moyenne pour les réalités en accord avec les moyens financiers en chute libre et le rêve des grosses cylindrées sous les photos de paysages idylliques, le consommateur se balance.

25% de la pollution globale par le CO2 sont attribués à la voiture et au transport routier. Le climat et la pérennité du carburant ont condamné la voiture à plus ou moins longue échéance. Alors, on se presse encore avant l'échéance.

La consommation du pétrole comme énergie bon marchée et relativement facile à produire va à contresens avec la possibilité d'en produire.

La production de pétrole est, en effet, arrivée à un pic. J'avais déjà eu l'occasion d'en parler en parlant du livre d'Eric Laurent "La Face cachée du pétrole";

L'article "Home sweet home" remettait le couvert en se rappelant les deux mouvements contraires: la mobilité demandée par les entreprises et le besoin d'avoir un chez soi, une vie privée pour le particulier. La destruction de la ville et des campagnes pour seul résultat. Les bouchons sur les routes, coûtent chers en temps perdu et en dégâts environnementaux. Ce serait moins de carburant consommé et donc un manque à gagner du côté recettes fiscales. "L'Etat belge aussi "accro" à la voiture que le citoyen", titrait l'Echo récemment. 

Les alternatives à la voiture sont, il faut bien le dire, inférieurs en quantités et en qualités que ce que l'usager pourrait en espérer. Dans les airs, il en va tout autre. A moins de revenir au ballons, pas d'alternatives. Le kérosène, non taxé, est une aberration d'aujourd'hui.  

Alors, stop ou encore? Il est vrai que l'impasse est au bout du parcours.

La mobilité selon René Schoonbroodt est à retrouver dans l'esprit de la "ville". La convivialité et son coût social en seraient accrus. L'accessibilité aux "choses" est importante, pas le tempo pour y arriver.

"Mobilité contrôlée" et "Mobilité super contrôlée" en parlaient au présent et au futur.

"Question à la Une" se posait la question de "Mourir pour la voiture?" en parlant de cette fuite en avant poussée par la pub, de la vente de voitures les émettrice de CO2. Les 4X4, les hummers qui consomment de 30 à 90 litres/100km, font une percée étonnante aux USA et en Europe. Le "client est roi" pour seule réponse des producteurs de voitures. Des pressions sur la communauté scientifiques allant jusqu'à "retoucher" leurs rapports alarmants ne sont pas rares. "Le lobby automobile américain va-t-il nous asphyxier? Une voiture par habitant aux USA.

Les nouvelles technologies environnementales préconisées par la sécurité active et passive et une infrastructure routière toujours plus coûteuse n'empêcheront pas les encombrements et un rapport de force destructeur pour le piéton. Les prix porteront bientôt la question de rouler ou manger. Le pétrole vert, comme alternative, est également polluant et surtout monopoliserait des espaces de champ perdus pour l'agriculture nourricière.

La liberté, la voiture, plaisir de conduire? Oui, mais diablement contrôlés et à contrôler.b3ddfb20b2906475dbd9d1b67db80aa3.jpg

La futurologie à la rescousse devant ce dilemme?

Le salon aura une nouvelle fait rêver avec un thème le plus proche de l'environnement. Il faut rester dans l'ère du temps. De la cosmétique, probablement, pour cacher le problème du pot de fer contre le pot de terre, de l'automobiliste qui rencontre le piéton. La voiture de demain y sera, c'est sûr. Le contraire m'étonnerait. La crise pétrolière avec son aboutissement, on a encore un peu de temps. 2050 est le "bottle neck". Le fossile ne se régénère pas. Il faut des millions d'année pour cela. Alors, il faudra économiser tout de suite pour donner une chance de trouver des alternatives. Les pays en voie de développement, il faudra les aider pour qu'ils en fassent de même. L'Indien Tata montre le chemin avec sa nouvelle "Nano" à 1700 euros. Un cuistax électrique, oui.

Il faudra se déplacer dans le futur et avec le maximum de confort et de sécurité. Pas de retour à la course à pied. La mondialisation ne le permettrait pas. La ville peut revenir dans le champ de la convivialité qu'elle n'aurait jamais dû quitter. La pile à combustion à l'hydrogène n'a pas encore dit son dernier mot. Totalement propre de sa production jusqu'à son utilisation.

89d900f2e2664477dc8306330b953887.jpgL'électricité est l'atout maître. Les batteries et accumulateurs progressent dans la longévité. Electricité est propre, incolore, inodore, insonore. Lent et lourd? Peut-être. Les corps humains dans l'habitacle aussi. Pour la ville exclusivement? Pourquoi pas. Les transports collectifs en train prendraient l'échelon suivant.

L'hydrogène est cher dans l'esprit d'aujourd'hui. Ce n'est pas une source d'énergie en tant que telle. Comme l'électricité d'ailleurs. De rendement élevé et sans bruit ni vibration donc, inusable, en plus. L'échelle industrielle pourrait améliorer l'accessibilité. Il est difficile à "manager" sans risque. Une bombe? Comme les centrales nucléaires d'ailleurs. Il faudra y mettre le prix et mettre en place un réseau de distribution à la hauteur de l'ambition. Chaque technologie mise en place pour réduire les émissions correspond à une augmentation 600 à 3000 euros à insérer dans le prix de vente. Le parc vieillit et seulement 10% des ventes en Belgique sont en dessous des 120 g de CO2 par km. La moyenne se situant à hauteur de 160g par km. Les gouvernements commencent à donner des primes aux acheteurs de véhicules répondant à cette norme. Est-ce peu? Peut-être aussi 120g en trop. 

La biomasse, le biométhane, peut-être, mais l'énergie verte est un pis aller. De céréales, il en faut 2,4 tonnes pour obtenir l'équivalent de 1000 litres de mazout. Du côté « pollution », c'est pas gagné d'avance. L'espace nécessaire pour le créer pourrait créer le dilemme du "conduire" ou "manger". Investir et anticiper. Rendre plus fluide, peut-être mais avec le maximum de futur. Deux kilos de pellet, petit graminé, fabriqué à partir de bois comprimé, peuvent remplacer un litre de mazout.

a9bc99e16baf7c68295d8ba901ad9b8d.jpgLe tramway ou train électrique sur rails porteur (si besoin sur coussins d'airs) existe au Japon par exemple, pour rendre le paysage et l'espace de la ville aux piétons. Il coûte bien moins cher que le métro qui lui date de près de 150 ans. Plus convivial de voir le paysage de très haut que dans un tunnel. La 3ème dimension est à deux sens.

Les industriels de la voiture rétorquent qu'ils ne sont responsables que de 25% de pollution et que les habitations devraient y mettre un coup. Exact.

Les panneaux solaires avec cellules thermiques ou photovoltaïques existent et donnent une électricité gratuite et non polluante. Si tous les toits en étaient équipés, aujourd'hui, il serait bien moins cher de le reconstituer avec des technologies plus récentes encore. On pourrait même laisser les fenêtres ouvertes pour aérer. Cher à l'achat. Moins s'il y a une intervention des pouvoirs publiques. Sept ans pour l'amortissement parait-il. Mais cela évolue à grand pas, dit-on. Les nouveaux devoirs belges pour le climat sont projetés. 

Continuer à investir dans les routes et autoroutes de papa? a143eb247e41046c5970517d8d822a79.jpg

Cela donne du travail à beaucoup de salariés. Avec le maximum d'efficacité à long terme? Question à vérifier.  

La Toile est, aujourd'hui, virtuelle, connectée avec le monde et reliant ses membres.  

Demain, pourrait-elle montrer l'exemple en vrai dans le concret? Pas sûr. La Toile, paraît-il, frise aussi l'indigestion devant certains bouchons sur la bande passante. Les opérateurs se veulent rassurants, bien sûr. Payer, encore une fois, pour faire sauter le bouchon semblerait la solution.

Bouger ne serait plus alors une obligation mais un seul dérivatif. Toujours du côté porte-monnaie, bien entendu.

Un salon à ciel ouvert.

 

L'enfoiré,

Le Panda est-il à pied, à cheval ou en voiture?

Citations:

 

  • "Si vous voulez faire de la mise en scène, n'achetez pas d'auto. Prenez le métro, l'autobus, ou allez à pied. Observez de près les gens qui vous entourent", Fritz Lang

  • "Le différence entre une auto et une moto, c'est que sur la moto il y a deux places du mort.", Patrick Timsit

  • "Beaucoup de gens, à peine ont-ils acheté une auto, pensent déjà au jour où ils vont la revendre", Pierre Daninos

  • "La pensée primitive de l'être humain n'est pas l'envie de procréation, mais la recherche de la satisfaction, de la jouissance individuelle, l'auto-érotisme.", Henri Barte

  • "La plupart des accidents d'auto ont une cause très simple : la voiture était en prise directe et l'attention du conducteur au point mort", Anonyme

17/01/2008

Riche à la super

Le club des riches s'agrandit. De nouveaux participants se sont inscrits sur les listes du magazine "Fortune". La mondialisation aurait-elle fait des petits? Pardon, des "gros".

riche-a-la-super_30.jpgLe Nouvel Obs n° 2248 de décembre 2007 parlait du pouvoir d'achat et des promesses en trompe l'oeil. Le "travailler plus pour gagner plus" avait ses détracteurs et parfois du plomb dans l'aile. Peu de Français seraient concernés.

Si la durée du travail et le payement des RTT pouvait être discuté, il fallait relativiser cette annonce. Même le patron d'une grande entreprise n'y trouvait pas ses petits et craignait pour le futur management de cette allocation ré-allouée. Plus vite dit que fait, donc. La souplesse a un prix. Le "président du pouvoir d'achat", comme la appelé Sarkosy, ne parlait évidemment pas des aléas de son système.

Le troc des RTT contre de la monnaie, les 35 heures préconisés par les socialistes d'avant étaient-ils complètement respectés? Dans les grandes entreprises avec des syndicats au balcon, peut-être, à condition qu'ils soient d'accord majoritaire. Le but des 35 heures étaient de placer plus de chômeurs au niveau de l'emploi. Produire au meilleur niveau de prix pour contrer le low-cost qui vient d'ailleurs, a déjà coupé le potentiel de travail.

Dans le bas de l'échelle, quand il faudrait fournir un travail coûte que coûte avec le personnel qui ne correspond pas toujours au niveau de l'expertise demandé, ce n'est pas la même petite bière. Y a-t-il vraiment le choix?

La stagnation des salaires, elle n'est pas un leurre, d'après le même article. Alors, on compte les points en plus du côté des prix de l'alimentation, de la consommation courante. Les heures supplémentaires ont coûté en manque à gagner plus de 5 milliards de non-taxe. Alors, certains s'organisent dans les PME. S'exonérer des 35 heures après accord avec les syndicats, oui, quand il y en a.

Non, vraiment à cet échelon, il faut bien l'avouer, on coupe les cheveux en quatre. On s'essouffle, on s'étiole ou on pète d'aisance après avoir câliné pour arriver à ses fins. C'est tout autre chose, quand on continue à lire plus loin. C'est plus du même "tabac".

Dans le même Nouvel Obs, le cas du patron de Dassault System, Bernard Charlès était analysé. retournement de situation style "douche écossaise".

En vrac, les chiffres tombaient un à un pour faire contrepoids.

riche-a-la-super_20.jpgEn 2006, 1,57 millions d'euros de salaire annuel. 200 millions d'euros en stock options depuis le début du mandat. La stratégie de l'entreprise pousse à accorder 6 millions d'euros en stock options future. Coke en stock sans option? Pas étonnant, comme on va le voir plus bas.

Plus d'un millier de jets privé vendus en 2007.

Le patron est devenu un leader mondial dans les logiciel industriel et est reconnu par les actionnaires pour la justesse de ses décisions. Si pas de réussite en bout de course, ce sera "au suivant". J'en avais déjà touché un mot dans "Virez-moi car j'ai péché".

Le milliards d'euros de chiffre d'affaire le prouve.

Fin décembre, l'article du même journal (n° 2250) parlait de cet autre volet avec plus d'amplitude encore. Il pourrait s'agir de Martiens que cela ne m'étonnerait point. Le luxe et la planètes des ultra-riches se présentait sous les traits du prince saoudien Al-Walid dans son Boeing 747. Au diable les tarifs et le pouvoir d'achat en perte de vitesse.

Parle-t-on de la même planète? Le désir n'a plus de prix sur cette planète du luxe. La super fait de ce côté la richesse avec le pétrole qui a décidé de plafonner au 100$ le baril.

La boulimie n'a pas de limites. L'indignation n'y a plus cours.

Je me souviens d'une enquête de journalistes en mal de sensation qui allaient interviewer des personnes qui avaient gagné le gros lot. A la question de savoir s'ils étaient heureux, la réponse a été bien mitigée. Certains ont répondu qu'ils regrettaient la période pendant laquelle, ils allaient travailler. Le comble du comble, plus aucun patron ne les accepte à bord, craignant d'être rejetés pour un "oui" ou pour un "non". La vie n'est pas tendre pour tous les échelons de la société. Se retrouver, quand tout est possible, sous un palmier avec la mer en avant plan est un repos dont on se lasse. A méditer donc.

Dans le même temps, le nombre de millionnaires en dollars ne fait qu'augmenter de partout. Les Japonnais, les Américains, les Européens sont rejoints par des "petits nouveaux". Russes, Chinois, Indiens se pressent pour faire partie du "grand club". Le ticket d'entrée tourne avec un compteur échelonné à vingt fois plus. Le magazine Fortune suit le mouvement et ses "bons éléments".

On aime s'afficher dans ce monde-là. Pour vivre heureux autant ne pas rester trop caché. La mondialisation a de ses secrets que la raison ne connaît plus.

Les noms de prestige se bousculent sur la place publique. Pas besoin de noblesse pour y arriver. Une carte de visite, avec des chiffres, suffit.

Bizarrement, les spectateurs se pressent aussi balcon. Peut-être en recherche de têtes de pipe dans les conversations.

L'article du Nouvel Obs se terminait par la philosophie d'Aristote et son ouvrage "Ethique à Nicomaque". "Pas de mal à aimer l'argent", comme morale. L'infini dans les limites donne seulement, en plus, le tournis et la folie.

Alors, je me suis demandé à quoi sert ces fortunes pour l'intéressé? Avoir un avion à disposition, d'accord. Est-ce tous des collectionneurs de voitures de marques prestigieuses? Avoir une villa dans chaque port? Quel gâchis et perte de rendement. Cela laisse une seule habitée à la fois. Auraient-ils trouvé les lois de la téléportation? 

Une réserve pour une éventuelle deuxième vie?

Les Pharaons égyptiens ont tenté d'effacer les affres du temps dans l'au-dela sans y réussir. Il est clair que la valeur ne se transmet pas de génération. Les clones sont toujours au niveau des clowns.     

Je reste sans réponse. Le pouvoir, le potentiel en poche seraient-il seuls responsables de l'orgueil de l'homme? Se voir dans les magazines spécialisés?  Est-ce gagner son ticket d'entrée, de plus en plus cher, dans le jet set, chez les people? Dans des pages, bêtement en papier glacé? Il doit y avoir un truc. 

En étudiant les résultats dans l'objectivité, c'est indiscutable. Qui oserait dire qu'il n'y a pas de charisme et d'une certaine intelligence, la dessous ? Certains font le pas inverse et se lance dans une croisade à bord de leur Fondation. Là, on touche à plus de réalisme. 

On pourrait seulement utiliser un autre mot, un néologisme, "cherisme", un peu plus adéquat. Les "isme" font tellement rêver et cela même s'ils sont chers et pas uniformément distribués.

 

L'Enfoiré,

Le Panda a-t-il de la richesse dans ses poils? 

Pas convaincu ? La pièce de Jean-Marie Chevret "Numéro complémentaire" avec Francis Perrin et Stéphane Bern... devrait rafraîchir

Citations:

  • "Bienheureux les riches ! Car ceux qui sont riches, vraiment riches, n'ont jamais à savoir le prix des choses : il y a toujours quelqu'un qui passe derrière eux régler l'addition.", Jacques Godbout

  • "Les riches qui pensent que les pauvres sont heureux ne sont pas plus bêtes que les pauvres qui pensent que les riches le sont.", Mark Twain

  • "Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça.", Coluche

     

15/01/2008

Sarko en jupe avec frites et mayonnaise ?

Mon article, cette fois, ne sera pas de moi. Il s'agit d'une enquête entreprise et écrite par Marc Vanesse du Soir. Elle s'intitulait "Raz-de-Marie". Pas le même parti au départ et pourtant certaines procédures sont assez semblables. Même si les faits ont été montés en épingles, il y a des ressemblances avec personnes et objets existants ou ayant existés qui ne sont pas nécessairement fortuits. A la base une autre enquête de Patrick Remacle de la RTBF, qui il faut le dire est un habitant de la ville.

 

Voici, les résultats de l'enquête du Soir  :

 

L'enquête tournait autour de dossiers de tracts qui auraient été distribués durant les heures de service qui taraude les esprits. Les pratiques d'Anne-Marie Lizin, bourgmestre de Huy, provoque le courroux. Et Huy semble sorti de son omerta hivern.   

 

6fe01d7262e4e9c7ea299716387c22c0.jpgDrapé dans un épiderme de pierres grises, le décor charmeur de la Grand-Place conduit le regard vers la balustrade de l'hôtel de ville. Accroché aux ferronneries, un immense panneau affiche le visage couronné de Miss Belgique : « Bravo Alizée. La Ville de Huy remercie sa citoyenne de porter haut ses couleurs en 2008 ». Huy, « la belle ville qui bouge », parvient toujours à faire rebondir son aura sur les murs opportunistes de toute notoriété. À commencer par Anne-Marie Lizin, bourgmestre de la cité du Pontia depuis 1983, qui a vissé sur sa limousine une plaque d'immatriculation à rendre jaloux le plus James Bond des Narcisse : HUY001.

Disposant d'une majorité socialiste absolue jusqu'en 2006 (après un recul significatif du PS, une coalition avec le MR vient d'être installée), « la patronne » tient les rênes de sa ville (« mon bijou ») d'une main de fer. Glissée, selon l'humeur, dans un gant de boxe ou de velours. « Il y a des jours, où elle se veut roucouleuse, charmante, enjouée. Et le lendemain, elle vous marche sur les pieds sans même vous saluer », s'étonne encore ce vieux compagnon de route. « Lorsque vous exprimez votre désaccord, elle en vient vite aux insultes et vous traite de tous les noms en public », embraie un autre. Parmi ses noms d'oiseau favoris, plusieurs témoins retiennent les très classieux « sale con », « sale pute », « nazi », « facho », « gibier de potence » et « couille molle »

Outre ces traits d'esprit frappeurs, la bourgmestre « adore humilier son entourage », insiste l'une de ses victimes : « Elle trouve, par exemple, amusant d'appeler son échevin de l'environnement, “l'échevin des poubelles” ». Rabaisser, humilier, brocarder. À force d'abuser de sa mainmise, Lizin fatigue son entourage, irrite son second cercle, hérisse ses opposants. Comme Joseph George, le chef de l'opposition Ensemble (CDH-Ecolo), qui se souviendra longtemps de ce jour où elle lui a asséné : « Vous, je vous déteste physiquement ! »

Si chacun salue sa grande énergie, son intelligence politique, ses combats féministes, son engagement international, son culot légendaire, on en arrive vite à la liste de ses excès. Dont ce talent incomparable pour flatter les médias et se propulser sans vergogne devant le viseur de chaque caméra. Du moins quand ça l'arrange. « Ivre d'elle-même, elle use et abuse de son carnet d'adresses qui parvient encore à impressionner quelques mandataires locaux, déplore ce baron socialiste. Pour une photo aux côtés de Boutros Ghali ou Yasser Arafat, elle est prête à traverser les océans et à bousculer les usages pour se planter devant tout le monde ».

On l'aura compris, « Madame sans gêne », « Madame 100.000 volts » ne laisse personne indifférent. « Plus on s'éloigne de Huy, plus son image embellit, résume cet édile. Mais plus vous la voyez fonctionner dans sa ville, plus vous vous apercevez de ses travers indélébiles. Elle veut tout contrôler, tout connaître, tout décider. Pour y parvenir, elle a installé un système hallucinant, qui muselle toute contradiction ».

Un système ? Plusieurs barons socialistes le confirment : « Huy ne serait pas Huy sans Anne-Marie. Mais son intransigeance est trop forte, comme sa mauvaise foi et sa démagogie. Pendant des années, elle s'est appuyée sur des moutons qu'elle a propulsés à ses côtés. Comme ils lui étaient redevables, ils disaient “amen” à tout. Avec l'usure inévitable du pouvoir, cette chaîne de fidèles commence à craquer. Ils ne supportent plus ses méthodes. C'est le retour du boomerang ! »

Un autre ajoute : « Anne-Marie utilise des méthodes ancestrales et dramatiques pour le parti. La crise actuelle va vite dépasser le cadre de Huy. Cela laissera des traces pour les élections de 2009 et 2012. Quelle est la proportion de vrai dans tout ce que l'on entend ? Je l'ignore. Sans doute un mélange de rumeurs, de règlements de compte et de vérités. De toute manière, la seule vérité sur ces petits arrangements entre amis est détenue par ceux qui en ont le plus profité ».

Soulignons-le encore, la lourdeur de ces témoignages émane des seuls rangs socialistes… C'est dire assez l'ire soulevée par l'ancienne présidente du Sénat dont d'aucuns prédisent déjà la fin politique : « On n'arrivera pas à calmer le jeu sans qu'un geste fort du parti soit posé, annonce ce poids lourd du PS. Et rapidement ! Il faut une prise de position ferme du parti pour qu'Anne-Marie soit en porte-à-faux. On ne peut laisser la confiance se dégrader davantage ».

« Il n'y a pas une ville de 20.000 habitants qui a un personnel aussi nombreux », lance Anne-Marie Lizin, radieuse devant ses troupes réunies pour la cérémonie des vœux au personnel. « C'est un choix volontaire de maintenir le service public communal. Vous êtes fantastiques ! Huy est un petit paradis car vous disposez des 35 heures et des horaires variables ».

« Tout le système d'Anne-Marie Lizin repose sur cela, analysent les gros bras de l'opposition Ensemble. Avec 500 employés à la Ville et 900 au CHRH (Centre hospitalier régional de Huy) dont elle a longtemps assuré la présidence, elle tient énormément de gens qui redoutent de perdre leur emploi. De plus, elle refuse de nommer les agents pour les maintenir dans la situation fragile de contrats à durée déterminée. Même le secrétaire communal est à sa botte puisqu'il n'est pas nommé ». Une amie de l'intéressé nous confie : « Michel Borlée fait ce qu'il peut pour essayer de montrer qu'il n'est pas manipulé. Mais il est conscient qu'il l'est… »

Dernier épisode à attiser les passions, quelques employés de la Ville auraient distribué, durant leurs heures de service, des tracts électoraux au bénéfice de la sénatrice Lizin, peu avant les élections de juin dernier. Une dénonciation initiée par Micheline Toussaint (PS), collaboratrice de la première heure de Lizin.

Dans le salon confortable de sa maison proche de la centrale de Tihange, l'échevine responsable du personnel communal ouvre les horaires du service enseignement pour étayer sa position. « Le système est très clair concernant les congés. Même si l'employé doit récupérer un quart d'heure, c'est aussitôt inscrit au tableau. Et vous voyez qu'aucun congé n'a été signalé pour les personnes ayant distribué les tracts. Je suis très étonnée que l'on affirme aujourd'hui qu'il s'agit d'un oubli concernant cette semaine litigieuse (du 4 au 8 juin). Personne n'y croit ! La chef de service va servir de bouc émissaire. Peu après la dénonciation faite à la RTBF, j'ai reçu des messages d'employés paniqués ».

Parmi les SMS reçus, on pressent la gêne des fonctionnaires : « Micheline, dois-je dire la vérité ? » Ou un autre : « On me demande de rédiger une déclaration sur l'honneur affirmant que je suis allé distribuer les tracts de mon plein gré ».

« Tout cela a été répété chez le secrétaire communal chargé de l'enquête mais cela n'apparaît nulle part dans son rapport », s'étonne l'échevine Toussaint. Dans l'entourage d'Anne-Marie Lizin, l'attitude de la mandataire rebelle est balayée d'un revers de la main : « Micheline n'a pas accepté de perdre son mandat au sein de l'intercommunale ALg (gaz), explique Véronique Jadot, administratrice à l'ALg, infirmière au CHRH, conseillère provinciale et étoile montante de l'écurie Lizin. Depuis cela, elle fait du tort et ternit l'image du parti. Je ne peux accepter que l'on sème la zizanie ! » Conseiller socialiste, Angelo Carlozzi nuance : « Micheline Toussaint a rendu d'énormes services au parti, je ne comprends pas pourquoi on lui cherche des poux. Le drame d'Anne-Marie Lizin, c'est qu'elle a fait le vide autour d'elle ».

Etonnamment, chaque rencontre, chaque discussion, chaque témoignage annoncent l'entame d'une inquiétante catharsis, seul remède contre le désarroi provoqué par des années de clientélisme. Ici, un message anonyme s'inscrit sur le portable d'un édile dénonçant l'utilisation de camionnettes de la ville à des fins électorales dans la région de Mons. Un autre témoin fait état du même usage avec les véhicules du CHRH. Un troisième nous emmène devant cette propriété privée dont il affirme avoir vu « les ouvriers communaux construire les murs d'entrée ». Un climat délétère que résume ce pensionné de la commune : « Qui va aller coller des affiches ou distribuer des tracts et prendre officiellement congé ? Des collègues de la ville ont dû aller décoller des affiches d'Anne-Marie sur lesquelles on avait dessiné un nez rouge. Tout le monde a dû faire des choses bizarres. On ne pouvait pas refuser. Lizin, c'est un dictateur en jupon ! »

Huy sort de ses gonds. Huy part en vrille. Huy semble émerger d'une omerta hivernale cadenassée par des lustres de marchandage. « Après les anciens qui n'ont plus rien à perdre ou à gagner, on sent que d'autres osent enfin se mettre à parler », nous répètent en boucle de nombreux acteurs locaux. Dans l'entourage présidentiel du PS, on nous dit Elio Di Rupo « de plus en plus irrité » : « S'il admire la femme d'action, la globe-trotter internationale, il aimerait qu'elle ouvre davantage sa gestion publique locale ».

Et chacun d'évoquer l'épisode affligeant du parc des Récollets (la construction d'un immeuble souhaité par Lizin) ponctué, après le combat des riverains, par une consultation populaire évacuée par la bourgmestre : « Là, Anne-Marie a dépassé les bornes, assène ce mayeur PS. En affirmant que seulement 25 % des gens étaient venus voter contre le projet et que 75 % de non-votants étaient donc d'accord, elle s'est foutue du monde ! » Un avis partagé par Marc Tarabella, ministre socialiste et mandataire de la fédération Huy-Waremme du PS : « Elle mouille son maillot comme personne pour sa ville. Mais je n'admire pas toujours la manière. Une consultation populaire est souveraine ».

Poids lourd du MR, bourgmestre de Hannut, Hervé Jamart ajoute : « Je m'étonne qu'après cette succession de dossiers “délicats”, elle n'ait pas encore été dégommée. La plupart des gens auraient été débarqués en faisant le dixième de ce qu'elle a fait ! ALEm, CHRH, lettre à la juge (qui me reste en travers de la gorge), parc des Récollets, tracts… Elle donne l'impression que, quoi qu'il arrive, elle continuera. On se croirait dans une série télé. »

Au CHRH, plongé dans la tourmente judiciaire depuis la découverte de pratiques douteuses (dont l'utilisation abusive de cartes de crédit), les langues commencent aussi à se délier. « Désirant imposer un proche à la tête de l'hôpital, Lizin a échoué, son candidat n'ayant pas le profil, nous raconte ce témoin. En compensation, elle lui a donné le bureau attribué à Pierre Tilkin, président du conseil d'administration. Il n'a pas eu le choix et s'est retrouvé dans un placard. C'était le bureau ou la démission. »

Pour asseoir son emprise, la bourgmestre use parfois de son droit d'ingérence : « L'échevin Dosogne (PS) a demandé un poste au CHRH pour arrondir ses fins de mois, affirme un proche. Du coup, on a éjecté Eric Lomba (mayeur PS de Marchin) pour lui offrir sa place d'administrateur. Les proches de Lizin sont partout où il y a des jetons de présence. »

0c9866052b65a48500cd75fe2114eb5e.jpgAutres bénéficiaires de Lizin, les fidèles membres de la famille Ronveaux dont on trouve un secrétaire général du CHRH et chef de groupe PS ainsi qu'une responsable des achats au même hôpital.

Et Stéphanie, la méticuleuse chef de service de la Ville, qui aurait « oublié » d'inscrire les congés des employés ayant distribué les tracts de leur mentor. « Un fusible idéal en cas de tentative de mise à mort d'Anne-Marie, conclut ce vieux briscard. Elle a tellement l'habitude de jeter les gens comme des Kleenex. »

Aux larmes, citoyens !  Marc Vanesse 15 Janvier 2008 

 

La réponse de la bergère au berger, le même jour et elle ne LIZINe pas.

Les suites par des auditions enquête interne d'abord

 

"Au Nord, c'était les corons,

La terre c'était le pognon,

Le ciel c'était la prison,

Les hommes des pilleurs de fonds.",

        Pierre Bachelet revu et corrigé par des Enfoirés.

 

D'autres liens complémentaires:

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/de-nouvelles-accu...

http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/181660/ann...