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25/12/2025

Le libre arbitre dans la post-vérité

Capture d'écran 2025-12-11 171600.png Il y a quinze jours, je parlais du droit de polémiquer en douce.
La semaine dernière, ce furent les discriminations raciales au Rwanda.

Nous sommes entré dans la période qu'on appelle la Trêve des Confiseurs. et que je proposais déjà comme souhait en décembre 2009. 

Pendant une trêve, on peut mettre les problèmes à plat sur une table avec d'autres formes de discriminations philosophiques et psychologiques. Cette trêve accompagne une période de fêtes. C'est alors que le libre arbitre gagne ou perd. (*)


...

Prologue
Le libre arbitre est la capacité humaine de choisir et d'agir librement, par sa propre volonté, sans être entièrement déterminé par des causes extérieures (déterminisme) ou du destin (fatalisme).
Le libre arbitre est au cœur des questions sur la liberté, la responsabilité et la nature humaine, avec des arguments qui continuent d'explorer s'il s'agit d'une réalité fondamentale ou d'une perception. 
Capture d'écran 2025-12-27 085225.pngNotion centrale en philosophie et théologie, il oppose la croyance en notre pouvoir de décision à l'idée que nos actions seraient prédéterminées par la causalité physique ou divine. Certains penseurs comme Saint Augustin, le considèrent comme un don divin, d'autres comme Spinoza comme une illusion due à notre ignorance des causes profondes. 

La philosophie cherche la vérité par la raison et la logique, en promouvant l'autonomie et la remise en question, tandis que la religion s'appuie sur la foi, le dogme et l'autorité, cherchant un lien avec le sacré, par des rites et des croyances partagées.

Mais 2024, un dialogue s'impose "Face au pouvoir de l'autorité

...

Le magazine Le Point

Pose une question judicieuse : Y a-t-il une seule vérité ?

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Résumé : Ne pas dire la vérité est un invariant de l'esprit humain. 

Plus grave est le brouillage en cours des catégories du vrai et du faux qui passe à la post-vérité.

"Il est vital de miser sur l'éducation à l'esprit critique pour nous en prémunir", dit Gérald Bronner

L'éducation pourrait apporter une force consistant à ne jamais dépendre de personne pour nourrir sa propre force de caractère.

Le film "Mon nom est personne" dont j'ai revu le film récemment, montre bien les zones de limites de la confiance en soi comme minimum avant d'affronter un adversaire éventuel. La peur est nécessaire avant la réflexion. Pas de panique.

Le réel se fait connaître par les rebuffades qu'il impose à l'expression de nos désirs. 

La post-vérité est le moment où nous allons nous organiser collectivement pour ne plus entendre les rebuffades du réel.

Les philosophes de l'histoire ont eu chacun différentes manières pour atteindre le réel.

  • Aristote invente la déduction.
  • Hume, l'empirisme sceptique.
  • Schopenhauer a identifié la réalité comme des illusions.
  • James met les hypothèses à l'épreuve de l'expérience sans logique mais par l'intuition et par le biais de l'autorité du conformisme, de l'autocomplaisance et du statu quo.
  • Trump est pris dans la pandémie des contre-vérités et de la dystopie.

La zététique du scepticisme met en évidence l'incohérence de raisonnement sans preuve.

"La mémoire trompe en s'offrant des troubles anxieux et de l'humeur noir", selon Russel..

En résumé tout un chacun a sa propre vérité qu'il crée et essaye de vendre à d'autres.

Parfois cela réussit, parfois cela rate.

...

Le magazine "Philosophies"

Répond partiellement au magazine Le Point.

Les étapes   

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Capture d'écran 2025-12-14 095303.png Pierre Bayard va plus loin, en posant la question "et si nous avions plusieurs moi ?

Il voit une qualité de faire preuve de narcissismes multiples en parlant à son double ?

Le principe de la science est d'aller à rebours du sens commun en étant attentif à la manière dont les gens réagissent en observant leurs blessures narcissiques. 

Capture d'écran 2025-12-14 095131.png"Nos régimes politiques extérieur peuvent aller de la démocratie à la dictature. Les liens profonds avec la scène subjective et les débats pris en compte par l'inconscient ou le subconscient dans l'analyse par le narcissisme plus que par l'image de soi. La politique est une addiction déterminée par le narcissisme et l'incapabilité de décrocher de l'obstacle à la victoire de son camp ou d'accepter que l'on annule toute réforme à laquelle on tient. L'économie psychique est avec l'économie, le grand facteur souterrain à la politique. On n'est pas assez multiple à critiquer par les palinodies. Dire le contraire de ce qu'on avait dit et penser la semaine précédentes implique de la modestie et le sens de la nuance. Un revirement est une manifestation d'un tour de parole. Capture d'écran 2025-12-14 134122.pngL'irresponsabilité dabs le droit pénal va dans le sens de la théorie des personnalités multiples. Si je te tue, tu ne seras pas là pour voir si j'avais raison mais l'intérêt de la science passe avant.

- C'est complètement dingue ce que tu dis.

- Moi ? Et bien adieux.

Pierre Bayard suivait l'idée dans son livre  : "Je sommes plusieurs'.

Extrait : "La pluralité psychique permet d'éclairer la personnalité des autres et d'aider à mieux comprendre qui je suis en profondeur. On est différent selon les moments, les contextes et les interlocuteurs. Il existe des modèles freudiens, proustiens et Sybille. Des alternances, dynamiques ou en succession. Des expressions par des noms, des genres et des langues. Des conceptions du désire...".

Une pathologie liée au syndrome du savant montre là encore la capacité à recevoir des signaux multiples appelé "Trouble Dissociatif de l'Identité", qu'on appelait autrefois "Trouble de la Personnalité Multiple" comme phénomène psychologique où plusieurs personnalités distinctes cohabitent dans un seul corps, en s'apparentant à un mécanisme de défense face à des abus physiques ou sexuels répétés. La seconde identité, l'alter, se manifeste pour endure la douleur, en encaissant le traumatisme à sa place, en victime par procuration qui supporte l'angoisse et oblitère tout souvenir d'un drame en permettant à l'hôte de se dissocier de sa propre souffrance. Cet hôte peut présent de manière permanente en qualité de protecteur pour effacer les souvenirs les plus sombres du sujet grâce à une forme d'amnésie pour continuer d'avancer s'il devenait pas à la longue la personnalité dominante. Robert Louis Stevenson en avait écrit "L'Etrange Cas du Dr Jekyll et de Mr. Hyde". Fait notable, les alters peuvent avoir une voix, un accent, une écriture, des aptitudes, des goûts, des orientations et même un quotient intellectuels  différents. Certains alters sont conscients de la présence d'autres identités et savent qu'ils appartiennent à un système. D'autres ignorent l'existence du système et se croient seuls dans l'hôte.  

Bref, on peut être naïf dans sa première personnalité, mais dans sa seconde personnalité quand elle existe, non. 

...  

En Belgique

Capture d'écran 2025-12-18 092755.pngPro-européenne, au sommet du Conseil européen devait décider sur le sort des avoirs russes gelés à Bruxelles. L’Union européenne souhaitait confisquer plus de 100 milliards d’euros, conservés chez Euroclear, pour financer l’aide à l’Ukraine.Capture d'écran 2025-12-19 093708.png Mais la Belgique, prudente, craignait des représailles de Moscou, a résisté en plaidant pour une position commune moins risquée. Le Premier ministre Bart De Wever a défendu victorieusement cette ligne dure pour convaincre les partenaires européens. Soulagement.
podcast

Les agriculteurs qui sont descendus sur Bruxelles ont obtenu un report de l'accord avec le Mercosur.

Bruxelles a repris sa place de capitale de l'Europe et la Belgique de centre de réflexions en étant un des plus petits pays européens. 

Capture d'écran 2025-12-19 093832.pngLes manifestants agriculteurs ont permis de reporter la décision au sujet le Mercosur.   

C'est dire que les opinions peuvent virer dans le sens inverse des options et opinions des autres grands pays en fonction des circonstances. 

Un conseil : "Foutez-vous et nous la paix", dormez quelques fois avant de décider. Le sommeil apporte des solutions inédites de sauvetage quand cela tourne à l'aigre.

Cela ne veut pas dire que tout est résolu. 

Dans les "Petits papiers", Mathieux Ricard parlait de ses étapes de la vie
podcast.

...

Réflexions du Miroir

Capture d'écran 2025-12-20 094545.pngPersonnellement, pour éviter les pulsions et les convictions, je me suis souvent trouvé devant cette altérité en rencontrant mon double entre ma conscience et mon subconscient lors de l'analyse d'un problème à la recherche de la meilleure solution finale. C'est une des raisons qu'en politique, je suis très centriste en pouvant aller avec plus facilité, vers la gauche ou la droite en fonction d'une situation spécifique. Il m'est déjà arrivé de commencer l'écriture d'un billet en allant dans un sens et de le terminer dans l'autre.

Comme Bart Dewever, je me suis aussi senti esseulé en porte-à-faux par rapport à une majorité silencieuse, à avoir toujours une pièce à mettre dans le trou, à cause de mon esprit critique exacerbé. Cela m'avait apporté le pseudo d'enfoiré, mais cela est déjà une autre histoire de contre-pouvoir.

C'est fou de devenir un inconnu célèbre avec ce pseudo fleuri en incluant sa responsabilité quand on est trop sérieux... 

...

Les discriminations religieuses

En 2020, intrigué par un S&V qui avait pour titre "Pourquoi on croit en Dieu" avec en sous-titre "Les mathématiques ont enfin la réponse", j'avais écrit "Les croyances expliquées par les maths". La foi serait nécessaire pour des raisons anthropologiques, neurologiques, et culturelles. Elle est contagieuse tout en étant introspective.

Un raisonnement en 12 étapes accompagnait :

Capture d'écran 2025-12-13 093029.png

Moi qui aime les formules parfois tarabiscotées, j'en suis resté pantois en cherchant les relations avec ce que les formules étaient sensées expliquer.

Avoir une foi existentielle en Dieu autour de la vie et de la mort, c'est avoir une foi en ce que l'on ne comprend pas.

La foi s'intéresse aux concepts de la métaphysique computationnelle à travers une expérience mystique au travers d'un calcul symbolique.

Si elle dope le cerveau à croire en une entité invisible et intangible, cela me parait dangereux de rater quelques marches de l'évolution.

Avoir une foi trop rigide, c'est, quelque part, la mort du libre arbitre. Si les choix innés ont déjà été faits, transférés au cerveau et qu'ils ne sont devenus qu'une illusion, alors le libre arbitre n'existe pas. Plus de découvertes, plus d'imagination. 

Les sciences et les mathématiques sont aux antipodes des croyances religieuses.

L'utilisation des chiffres est basée sur du tangible par l'analyse et reproductible.

Capture d'écran 2025-12-15 091527.png<<<----Représentation de moi, réactualisée par ChatGPT

Les chiffres ne trompent pas. Leur interdisciplinarité se retrouve dans les symétries  du monde physique et les régularités au cœur des mathématiques. Matures, les mathématiques entrainent des fondements et l'apparition de paradoxes dans la logique et les algorithmes dans des projets quantiques ou biologiques intégratives par des théories de probabilités et de statistiques. 

La mécréance ouvre toutes les portes des éventualités par la recherche scientifique. 

Les concepts numériques assurent chaque étape d'un raisonnement juste et sans erreur possible, une fois imaginé et après, testé.

 Capture d'écran 2025-12-31 110258.pngIl faudra peut-être jeter un coup d'œil sur les analyses de Fabrizio Bucella pour concrétiser ce qui est écrit dans ce billet au sujet des chiffres.

« Le Père Noël est une arme de destruction massive » selon ce physicien qui tient ses calculs à l'appui. S'il existait vraiment, le grand-père en rouge préféré des enfants serait un danger pour toute vie sur Terre, c'est la science  qui le dit.

Interrogé par Le HuffPost, il est revenu sur cette modélisation « écrite sur un coin de table » avec l’équipe qui l’accompagne dans ses vidéos.

Il se doutait bien que ses résultats ne donneraient rien de bon pour l’humanité : « Je savais que les rennes deviendraient du plasma, mais je me demandais si les rayons qui en découleraient seraient des rayons X ou des rayons gamma. Bon, dans deux cas, ça ne change pas grand-chose au résultat : vous êtes mort carbonisé », précise-t-il en riant.

Il ajoute que le Père Noël, comme tous les autres humains, est soumis à ce que les scientifiques appellent le « paradoxe du voyageur de commerce ». La science actuelle ne permet pas de calculer un itinéraire optimisé passant par plusieurs points en ne s'y arrêtant qu’une fois.

Il a, par contre, une autre solution. « Si on veut réfléchir en physicien au problème du Père Noël, on peut transformer son concept en un système distribué. On pourrait imaginer qu’il pose toute l'année ses cadeaux dans des entrepôts plus proches des lieux de livraison et la veille, ou l’avant-veille, c’est son armée de lutins et de lutines qui vont distribuer des cadeaux. Ça fonctionne, et on l’utilise déjà tous les jours. Ça s'appelle La Poste ! »

Les hommes ne le savent peut-être pas, mais ils sont quantiques.  

Arte présente 3 documentaires avec le titre générique "L'odyssée des chiffres". 

Petits symboles au pouvoir infini, les chiffres ont bouleversé l’humanité et impulsé l’essor de nos civilisations. Un voyage sur plusieurs millénaires et continents pour retracer leur histoire et explorer leur dimension économique, scientifique et politique.

Les secrets de nos pensées se construit en équations mathématiques 

Ces chiffres sont souvent détournés de leurs objectifs par les hommes qui les ont transformés en montants et en argent comme outil d'échange dans une exclusivité du monde du vivant.

Les montants peuvent tromper énormément, mais pas les chiffres.

En soi, avec l'esprit critique, l'argent n'est pas un problème en devenant matérialiste, c'est ce qu'on en fait qui peut être problématique.

Les concepts des chiffres ne sont PAS liés à l'Intelligence Artificielle. Ils gravitent sur des chemins parallèles. L'IA contribue à gommer les frontières entre le vrai et le faux dans la post-vérité.

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Capture d'écran 2025-12-19 191952.pngA chacun de choisir ce qu'il estime être réel ou artificiel, avéré ou inventé avec l'aide des chiffres et de ses statistiques.

Dans le futur, des vérités mathématiques éclairciront les points d'interrogation aux problèmes existentiels actuels. 

En perdition, la presse se voit obligée comme interface entre elle et ses lecteurs, d'inclure de la publicité pour survivre. Les éditeurs sont contraints de se rapprocher ou de fusionner pour générer des économies d'échelle. Cela réduit leur pluralisme et leur liberté.

Mon éducation ne fut pas touchée par les religions et idéologies.

J'avais écrit un triptyque  titré "Le ciel pour horizon" suivi par "Le miracle, c'est d'y croire"  pour tenter de comprendre pourquoi on croit, que la foi ne pense pas assez aux réalités et évolutions du monde. La science préconise les acquis par l'expérience plutôt que se limiter à l'inné transmis de génération en génération.

  Le philosophe Frédéric Lenoir s'est intéressé aux religions, émet une réponse à ma question dans son livre "L'odyssée du sacré. La grande histoire des croyances des spiritualités des origines à nos jours", en commençant par ce court extrait :

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Il reprenait les idées d'autres philosophes à ce sujet. La religion c'est :

  • pour Feuerbach, c'est une aliénation anthropologique
  • Pour Marx,  une aliénation économique
  • Pour Freud, une aliénation psychique 
  • Pour Nietzsche,  une aliénation théologique à un arrière monde

En opposition, André Comte-Sponville a une spiritualité athée. 

Capture d'écran 2025-12-15 093657.png"L'histoire des mythes dans l'imaginaire de l'humanité est reconnue dans la vérité des autres. Un récit qui dit le vrai sur le monde relève d'une prétention énorme, les problèmes. Les conflits qui en découlent sont précisément à la hauteur de cette prétention. Les complotismes actuels reprennent souvent dans leurs récits des thématiques médiévales sans avoir conscience", dit Jean-Loïc Le Quellec

La règle d'or du mécréant est de vivre côte à côte avec les croyances et les mythes sans les partager, sans les propager, mais ne s'y adaptant par la neutralité avec le principe de base qui dit que la liberté de l'un s'arrête là où commence celle de l'autre.

L'athéisme est minoritaire mais il progresse. La France comptent 26% de croyants en Dieu. C'est l'un des pays les plus athées du monde. Les agnostiques ne se prononcent pas et ne se dénombrent pas.. 

Je n'ai jamais considéré avoir eu une autorité divine ou profane au dessus de ma tête qui déciderait à ma place sur des principes. Je prends mes responsabilités sans demander qui va me soutenir dans la hiérarchie. Les allégeances du passé ont engendré des vassalités hiérarchiques et des sociétés représentatives en "Top down" dans une lutte de pouvoirs. L'instruction augmentant permettra un jour d'inverser la tendance en "bottom up" ( "L’intelligence en top-down ou en bottom-up").  

Bref, on ne me commande pas au doigt et à l'œil. Quand je ne suis pas d'accord, cela s'entend. J'ai pris évidemment des risques en m'opposant à ce qui semble dogmatique. J'ai assumé mes erreurs et mes réussites. Comme un diamant brut non taillé, j'ai rayé les idées toutes faites. 

Je n'ai jamais fait partie d'un parti politique, non plus.

Dès qu'on entre dans un parti qui a généralement un maitre à penser, on n'est plus jamais une entité libre penseuse. Si on tente d'exprimer ses propres idées, on devient un renégat, un traitre. L'exemple de Yvan Verougstraete président des Engagés, construit un gouvernement pour Bruxelles et met Georges-Louis Bouchez du MR dans l'opposition qui lui, n'a pas réussi la même mission auquel il s'était engagé.  

Le cas de Henri Deman, mentionné dans "Gauche, droite, gauche." prouve que l'on change en politique pas nécessairement en mieux.

N'oublions pas qu'Hitler avait fondé sa stratégie et son pouvoir dans le parti National-Socialiste.

Capture d'écran 2025-12-20 093719.pngJe suis centriste de droite.

J'ai appris très jeune que pour être un minimum respecté par les humains, il fallait avoir du répondant en disposant d'argent en suffisance pour assurer toute une vie sans passer par la corruption ou la mendicité. 

Le Cactus fait des calculs sur ce qu'il faudrait pour arriver à un point de non retour
podcast.

Je déteste les pouvoirs qui se disent forts et autocratiques dans lesquels il faut la fermer pour rester en vie, que l'on perdrait si on ne suit pas les idées d'un personnage qui au plafond tente de mener les gens comme des marionnettes à tringles.

Toone VIII a été reconnu comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

S'il reste au niveau immatériel, pas de problème.

La vie après la mort est une invention qui permet aux mortels de supporter leur existence. 

Je revins avec l'humoriste Watrin pour clore avec sa question 

"Comment laisser tomber ses vieilles croyances ridicules pour consacrer enfin à une vraie religion d'amour de soi-même?" (clic)

Nous avons toujours été "Sur le chemin de la violence".

Ce matin, à la radio, était rappelé les "Tueries du Brabant" : "Les tueurs sont devenus des entités presque démoniaques", raconte Hervé Algrain, l’auteur du livre de fiction TBW, Narration tristement logique de l’ensemble des faits des années de plomb, au-delà des théories du complot. Ou comment une affaire criminelle ricoche sur les structures de l’État profond et conduit à la gestation d’un monstre (retour au billet "Les tueries du Brabant, "1985" et aujourd'hui")

J'avais 38 ans en 1985...

La neutralité se retrouve-t-elle dans la laïcité ?

"Laïc, c'est le hic" écrivais-je en 2007.

Ce billet prouvait que son but se limitait  par la dissociation de l'Etat et des Eglises, Etait-ce suffisant ?

Dans une période trouble, les objectifs ont été plus souvent bafoués par les trois religions monothéistes dans des attentats et des massacres au nom de Dieu. L'antisémitisme est une des manières d'exprimer son opposition aux religions mais il y a aussi sur la patate des préjugés qui servent à ne pas accepter l'autre.  

Le 9 décembre 2025, la France célébrait les 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l'État, promulguée en 1905. Un débat était organisés ce jour-là sur Fr2 Les bases de la laïcité étaient sensées  garantir ainsi la liberté de conscience par la neutralité de l'État. En 2025, plusieurs événements marquaient cette commémoration, tels qu'une exposition à l'Assemblée nationale et un colloque sur le thème de la laïcité.

Si la laïcité reste un principe clair et fondamental dans l'esprit de la République pour respecter les services publics, elle est confrontée à des interprétations variées et des tensions sociales avec l'idée et le principe de la liberté du culte. Elle n'évite pas les radicalismes engendrant le séparatisme. Le multiculturalisme et le pluralisme s'opposent aux fondamentalismes sécuritaires et identitaires. Au concept de laïcité, 21% de la population y voient des contraintes et 79%, une protection de la liberté. 

En France, des adaptations à cette laïcité se sont ajoutées depuis 1905 au sujet des signes distinctifs de leurs différentes religions alors qu'en Angleterre, on ne s'en formalise pas. 


...

Les discriminations politiques

Dans les Coulisses du Pouvoir politique au 550ème jour d'absence de gouvernement  à Bruxelles, est mis à rude épreuve le libre arbitre en appelant "Le Seigneur des Anneaux" à la rescousse pour l'expliquer
podcast.

Cela ne veut pas dire qu'il faille avoir un culte de sa personnalité ou de respecter amoureusement ceux qui l'ont.

Capture d'écran 2025-12-14 095445.pngAprès plus de 20 ans sur ce site "Réflexions du Miroir", je dois dire que j'ai une certaine expérience pour tenter de comprendre les humains sans adopter de sensiblerie.

J'ai eu plusieurs contacts parfois très temporaires et parfois plus longs.

Je n'ai jamais recherché des gens qui me ressemblaient ni dans ma vie publique ni dans celle de mon privé.

Ce sont les complémentarités d'opinion qui m'intéressent. Des situations du type du Yin et du Yang

A niveau privé, cela fait plus de 55 ans (après une rencontre en juillet 1970 et un mariage dont je faîaiss le mariage en 1972) que cela marche très bien ainsi.

En public, cela commence généralement bien et se termine parfois mal en dépassant les bornes de l'entendement de chaque partenaire dans une discussion.    La sensibilité dans les propos a complètement disparu dans les réseaux sociaux.

Ceux-ci ressemble plutôt à du domaine de l'Haïkido à distance en comparant les forces d'adversaires et de leur agressivité.

L'espace virtuel est un sous-ensemble du monde réel transporté dans celui de l'artificiel très loin de la formule traditionnelle en fin de lettre "Je vous prie d'agréer, Monsieur, Madame, l'expression de mes salutations distinguées".

Capture d'écran 2025-12-17 103803.pngAvec le "Smartphone distingué" via internet, bien des choses de masse y sont écrites sans plus réfléchir, derrière des pseudos et des avatars qui n'ont aucun lien qui dans le monde réel où ceux qui les utiliseraient, recevraient un marron, bien réel celui-là. Les réseaux sociaux sont comme une source de renseignements comme le confessionnal et une bonne école de résistance avec l'expérience que j'ai pratiqué pendant 20 ans dans Mon histoire sur les réseaux sociaux.

Capture d'écran 2025-12-13 082421.pngAujourd'hui c'est Sainte Taylor Swift...

Nous nous retrouvons dans un monde magique...

En 2015, j'écrivais "Le monde comme il me parlerait si j'osais"

En 2020, "Un autre monde est possible" reprenait des commentaires d'interlocuteurs repris dans des emails.

En fait, il n'y a pas un autre monde possible mais plusieurs mondes possibles dépendantes de la formation de chacun. Formation qui n'est pas souvent décrite en avant propos.  

L'humour, la dérision et l'autodérision m'ont toujours servi de bouclier.

Quand l'humour existe de part et d'autre, compris comme une résistance dans sa fonction d'apaisement, cela fonctionne sinon la relation ne marchera jamais.

La catégorie "Parodie et humour" est celle que je préfère.

Avec quelqu'un qu'on ne connait pas, il faut "choser" et jouer serrer sans intimité et prendre des risques à la recherche d'une ligne rouge variable en la dépassant au besoin.
Tester une relation inconnue, c'est parfois prêcher le faux pour savoir où se situe le vrai par le libre arbitre pour pousser l'interlocuteur  à se dévoiler. 
Si, cela change progressivement, en fonction la manière de se lever du lit le matin, à gauche ou à droite, les discussions deviennent plus arides, à couteaux tirés, alors qu'on ne connait pas les clés. 
   Les clés des données sont essentielles dans le monde du numérique pour établir des liens entre les fichiers. Elles le sont tout aussi importantes dans le monde des humains.
Pour définir un logiciel, il faut savoir quelles sont les informations dont on dispose avant de commencer et les liens qui existent entre les données avant de fixer des objectifs à atteindre en déterminant leurs limites pour obtenir de donner de bons résultats en suivant un cahier des charges en utilisant l'héritage de situations identiques.
Sur Internet, il n'y a pas de cahier des charges.
Il faut rechercher le fil rouge de contact.

Capture d'écran 2025-12-16 092355.pngQuand une relation humaine est construite sur de fausses évaluations, avec des convictions intangibles en dénigrant en permanence l'autre sans donner ni les raisons ni les corrections susceptibles d'accepter des compromis, cela se termine par un jeu de massacre.

J'ai eu des rapports en dents de scie avec certains contacts.

Mon site personnel a toujours été voulu être didactique et informationnel. Rien de plus, rien de moins. Je n'ai jamais imposé mes idées.

Capture d'écran 2025-12-14 100306.png

En 2021, en accord avec mon concept de vie, j'écrivais "Eclectique heureux".

Je survole tout comme un extraterrestre qui survolerait la Terre. Tout m'intéresse. Tout me sert. Tous les jours sont susceptibles de me faire changer d'avis.

Spécialiste en rien, généraliste, je touche à un peu de tout comme les fromages belges.

Il y en a qui sentent mauvais comme le Herve et que je mange avec un plaisir limité et d'autres plus onctueux qui, sentent fort aussi quand ils sont faits et coulant comme le Camembert.

 Recevoir uniquement des retours de flamme en dénigrant l'autre, n'arrange jamais un bon contact. "Ce n'est pas les polémiques ni même les insultes qui sont les plus importantes, c'est ce qu'on y répond qui l'est, tout en restant raisonnable et proportionnel à l'attaque de l'adversaire d'opinion"

Comment dialoguer sans agresser et remarquer qu'en se voulant du bien on arrive à se faire du mal avec l'air d'essayer.

Avec un peu de philosophie et l'âge avançant,  on découvre, tout à coup, qu'il peut y avoir du "prestige d'être simplement con".

Rien n'est ridicule. Je ne sais pas tout. J'espère qu'un interlocuteur complète mes lacunes. Je ne me suis jamais disputé avec mon miroir. Quand je rie avec toutes mes dents naturelles (ou fausses), il rie en même temps,

De toutes manières, ne pas se sentir responsable d'un raté, c'est toujours suggérer qu'un autre l'est tout en se trompant. 

Dans le vieux billet de 2006 "Rions un bon coup", je terminais par écrire 'Serait-ce un virus, une maladie du bien heureux qui se serait réfugié dans mes gènes? Pour une fois, je suis heureux d'être malade. Le rire, c'est véritablement du "sérieux" si l'on veut vivre vieux. Les contacts humains s'améliorent sensiblement, il donne confiance au moral et renvoie au vestiaire les agressions latentes et le stress. Il procurerait un massage des organes internes grâce au système cardio-respiratoire mobilisé à l'extrême. Il dope le cerveau grâce à la dopamine et la sérotonine antidépresseurs. Le fou rire est une séance de relaxation. Il existe des moyens de s'éclater.. Alors, recommençons l'exercice d'assouplissement: tirez avec détermination sur la lèvre à gauche, puis passez à la droite de part en part en prenant appui au besoin de la main. Recommencez l'exercice encore et encore. Plus fort, dégagez les dents au passage, elles ne sont pas faites uniquement pour mordre dans le genre humain. Et puis, cela fait tellement de bien. Le rire allonge la vie, c'est une découverte de la Science. Il faut garder en mémoire. L'évolution nous apprend qu'un organe, que l'on n'utilise pas, s'atrophie. Avoue, que ce serait dommage, non? Surtout pour les photos du bonheur."

Mon site est un journal personnel. Il me sert en puisant des idées dans mes souvenirs avec les décombres du passé pour les redécouvrir dans l'actualité.

Pour conclure, je vais reprendre à nouveau, à haute voix, une des questions de "Adieu Monde de Brutes, bonjour Monde d'Abrutis" de l'humoriste Dominique Watrin.
"Comment s'épanouir en harmonie avec soi-même sans afficher un drôle de genre qui fait mauvais genre (clic)"

Côte à côte, deux marioles de la politique de notre temps...

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Dans mon journal personnel, je signe mes billets par "Allusion" et pas par "Illusions".

L'intelligence est pleine d'artifices pour s'adapter à l'évolution, écrivais-je en 2013. 

Les cerveaux artificiels en faisait déjà partie avec l'IA, se construisait sous forme de ChatGPT. 

Capture d'écran 2025-12-13 125939.pngSamedi dernier, Pasquale Nardone parlait du lien entre l'âge et la musique
podcast.

Mon choix, je l'ai déjà mentionné lors de ma sortie des artistes ,  "Rock around the clock" de Bill Haley

Capture d'écran 2025-12-20 093226.pngEn 1955, cette chanson faisait partie du film "Blackboard Jungle" comme point de départ de l'année zéro de l'histoire du rock en deux minutes et huit secondes. 

ChatGPT ne laissera jamais une question sans donner de réponse bonne ou mauvaise et ne coupera jamais une discussion en cours de route.

Réactualisé par ChatGPT, cela donne

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Pas étonnant, qu'un écrivain passe ses nuits avec une intelligence artificielle.en disant que « Quand cela ne va pas fort, j’ai décidé d’arrêter de boire. Et pour y parvenir, je n’ai qu’une seule solution : limiter ma vie sociale, ne plus voir personne. ».

Pour parler de l'Intelligence artificielle, il faut pouvoir utiliser des antiphrases à notre époque.

La perception humaine est pleine de défauts, de taches aveugles. A regarder dans une direction précise, on ne voit plus ce qu'il y a sous notre nez.

Le plus "marrant" ou le plus "désolant", c'est qu'en relisant mon billet la "Trêve des Confiseurs" de décembre 2009, j'ai retrouvé Zazie qui chantait "Je suis un homme" et répétait "on tourne en rond" en passant dans la deuxième décennie du 21ème siècle.  


La dernière plume de cette année utilisait parfaitement l'antiphrase en parlant de ce ce qui s'est déroulé en 2025podcast.

A un mois près, Julien Clerc a le même âge que moi,

Invité dans "Quelle époque" son album "Une Vie" rappelle ses 50 ans dans la chanson. Et cela m'a fait du bien de défiler ces années-là... 


"Les réactions du cerveau précèdent la projection de l'image et réagit avant que le programme de tirage aléatoire n'ait choisit ladite image. Le cerveau ne se contente pas d'anticiper le résultat mais le crée de toutes pièces", dit les neurosciences.

Ce concept trouve écho dans la philosophie contemporaine comme dans l'art. 

Autre billet correspondant à celui-ci "Face au pouvoir de l'autorité"

La "Dérive des Continents" posait une autre bonne question en retour :

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...

Que fêtons-nous à Noël ?

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Il y a l'Heure H de décembre 2022 (clic)

Le film "Le Père Noël est une ordure" de 1982 repassait sur RTL ce 17 décambre. Il représente quelques bénévoles sans famille, en permanence téléphonique de l'association « SOS Détresse Amitié », alors que les autres sont en congé, font des kilomètres en voyage et s'musent.

Dans ce genre de Noël, les acteurs se doivent de tout tourner en dérision. puisque "lLe Père Noël n'en a rien à cirer".

A la télé, en cette fin d'année dans l'ambiance de la Noël, il y a un film que j'ai préféré.

"Le Noël de Monsieur Hubert (clic)"

Diffusé en Belgique pour la première fois le il a été regardé par 178.714 téléspectateurs et s'est classé premier en termes d'audience.

un village reculé, avec Hubert comme vieux gronchon, un maire séduisant, une nouvelle venue avec son petit garçon curieux, un décor féérique et une carte au trésor...dans la magie des fêtes

A l'approche du 24 décembre, Hubert, toujours grincheux, se casse une jambe et le maire lui impose Nora, une mère célibataire joyeuse et grande gueule engagée comme aide à domicile avec son fils de 10 ans. Elle va chambouler la vie d'Hubert dans une cohabitation agitée.

Capture d'écran 2025-12-22 161426.pngOn comprend seulement dans la 2ème partie du téléfilm, l'origine du caractère litigieux de Hubert qui a engendré sa hargne envers la société.

En streaming gratuit à cette adresse

Souvent, il faut remonter à la source du caractère de quelqu'un avant de le juger à l'emporte-pièce avec sa seule apparence.

Capture d'écran 2025-12-24 091609.pngOser avouer et définir ce qui se cache derrière une mauvaise humeur, un mal-être ou une opinion politique, exprimé par des polémiques, apporte déjà son amélioration.

Les espoirs, les peurs, les rêves, les souvenirs, ce ne sont qu'un ensemble de molécules tenues en suspension par des charges électriques. La noétique se charge du reste et désigne un terme de la philosophie moderne pour désigner divers concepts liés à la pensée et à la compréhension.

Dans ce téléfilm, j'ai appris ce qu'est le "sprout alsacien".

Et moi, j'ai 'informé ce qu'est le "Sprout du Brusselers"

Aujourd'hui, il faut avoir la capacité d'écouter ce que tout le monde demande et ensuite, faire ce que personne n'attend. C'est la capacité d'entreprendre " comme dit la pub.

C'est ainsi que naissent les grandes inventions d'après le cactus
podcast.

Le Noël blanc en Belgique, un mythe en voie de disparition.

La neige existe encore mais pas synchronisée avec le jour de Noël

Cela n'empêche pas d'avoir un hiver ensoleillé et froid en 2025

Aujourd'hui, c'est en Californie que des pluies diluviennes et la neige sont présentes. 

Premier discours de Noël pour Leon XIV dans une homélie Urbi at Orbi. « Nous prions tout particulièrement pour le peuple ukrainien meurtri : que le bruit des armes cesse et que les parties impliquées, soutenues par l’engagement de la communauté internationale, trouvent le courage de dialoguer de manière sincère, directe et respectueuse. pour « ceux qui souffrent à cause de l’injustice, de l’instabilité politique, de la persécution religieuse et du terrorisme. Pour ceux qui sont en proie à la faim et à la pauvreté, comme le peuple yéménite. Pour les nombreux migrants qui traversent la Méditerranée ou parcourent le continent américain. Pour rétablir l’ancienne amitié entre la Thaïlande et le Cambodge. », a-t-il déclaré.

Aucun nom cité de ceux qui sont les responsables, pour référencer les événements.

"J’ai écouté leurs craintes et je connais bien leur sentiment d’impuissance face à des dynamiques de pouvoir qui les dépassent", impuissance partagée par lui-même.

Bill Halley dont je parlais ci-dessus, est vu par beaucoup comme étant le premier à populariser le genre musical du rock 'n' roll, s'inspirant à la fois de la musique noire (rhythm and blues) et de la musique blanche (country) du début des années 1950, avec son groupe "Bill Haley & His Comets"..

Noël en jazz me fait aussi penser à Count Basie dont j'ai encore quelques disques.


Le discours du roi à l'occasion de Noël et du Nouvel An résume les points positifs du bien commun en n'oubliant pas l'aspect négatif des relations dans la politique à Bruxelles. 

Conclusion : Il y a encore beaucoup de choses à prendre en compte pour finir l'année avec un bilan en fin d'année, les actifs et les passifs, dont la somme du débit et du crédit tombe à zéro pour solder les échecs par les réussites. Tout se tient avec le libre arbitrage. 

 

 

Capture d'écran 2025-12-05 171200.png

Comme j'ai le virus du voyage", mon père Noël arrive avec son attelage de rennes.

Christmas Wallpaper Gifs at Dean Bruce blog


Joyeux Noël à tous 

Allusion

...

(*) Infos : Une préversion de ce billet avait été envoyée précédemment.

Celle-ci est la définitive.

Du 26 décembre au 30 décembre : Des éclats de rires aux larmes, le Festival Noël au Théâtre, c’est une explosion de vie !

Capture d'écran 2025-12-25 105304.png

Rendez-vous la semaine prochaine fin de 2025

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Emission spéciale de Matin Première

https://auvio.rtbf.be/media/matin-premiere-matin-premiere-3418067

Écrit par : Allusion | 19/12/2025

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Le groupe de pirates informatiques pro-russe DDoSia a lancé des cyberattaques massives contre le gouvernement belge à l'occasion du sommet européen. Secutec, la société de cybersécurité qui surveille les infrastructures critiques en Belgique pour le compte du Centre belge de cybersécurité a fait ce constat vendredi. Aucune des quelque 1.250 attaques DDoS n'a abouti.
Les pirates informatiques ont tenté d'infiltrer les sites web du Parlement fédéral à 40 reprises, celui de la province de Limbourg à 45 reprises et celui de la province d'Anvers à 32 reprises. Des entreprises des secteurs nucléaire et énergétique ont également été visées.
"En novembre, l'attention s'est principalement portée sur les administrations locales et provinciales, tandis qu'en décembre, elle s'est concentrée sur les institutions fédérales et les infrastructures critiques", a déclaré Geert Baudewijns, CEO de Secutec. Il a ajouté que les pirates visaient clairement à perturber les services essentiels en Belgique afin de maximiser l'impact à l'échelle nationale.
Entre le 2 et le 18 décembre, Secutec a recensé pas moins de 1.249 attaques, soit une augmentation de 190% par rapport au mois précédent. Les deux tiers de ces attaques visaient des cibles gouvernementales. Les infrastructures de santé et autres infrastructures critiques, telles que la société énergétique bruxelloise Sibelga et ASCO Industries, fournisseur du secteur nucléaire, figuraient parmi les autres cibles principales. Secutec met donc en garde contre une dangereuse escalade des attaques contre les gouvernements, qui pourraient désormais toucher les secteurs de l'énergie et du nucléaire.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/des-hackers-pro-russes-ont-tent%C3%A9-de-mener-une-attaque-massive-contre-le-gouvernement-belge/ar-AA1SGHta?ocid=msedgdhp&pc=EDGEDSE&cvid=69458953d5fb494db69db8ad634263bb&ei=14

Écrit par : Allusion | 19/12/2025

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C’était mardi dernier, lors de la cérémonie annuelle d’allumage des bougies de Hanoucca à la Maison Blanche. L’ambiance était, disons, plutôt détendue. Le président Donald Trump a invité Miriam Adelson, donatrice républicaine majeure, à s’adresser aux invités. Pourquoi ? Eh bien, probablement à cause de ses dons colossaux lors des campagnes précédentes. Et là, ça a pris une tournure inattendue.
Pendant son discours, la milliardaire a lâché qu’elle avait discuté de la légalité d’un potentiel troisième mandat de Trump avec l’avocat Alan Dershowitz. Il n’en fallait pas plus pour que la salle s’enflamme : des chants de « Four more years » (Quatre ans de plus) ont éclaté dans l’audience. Trump et Adelson se sont alors donné une accolade, avant que le président ne reprenne le micro pour une petite phrase qui a fait mouche. Il a lancé : « Elle a dit : ‘Penses-y, je te donnerai encore 250 millions de dollars’ ». Rires généralisés dans la salle, auxquels Adelson a répondu du tac au tac : « Je donnerai ».
Bon, même si le moment semblait ludique, presque une blague entre amis riches, cela a instantanément relancé le débat : le président pourrait-il vraiment envisager de se représenter malgré la limite constitutionnelle des deux mandats ? C’est là que ça coince. Le 22e amendement, ajouté à la Constitution américaine en 1951, est formel : « nul ne pourra être élu à la présidence plus de deux fois ». Et pour ceux qui pensaient à une vice-présidence ? Le 12e amendement précise que personne d’inéligible à la présidence ne peut être vice-président. C’est assez verrouillé.

D’ailleurs, Trump lui-même semblait l’avoir admis. En octobre, s’adressant aux journalistes à bord d’Air Force One, il avait déclaré que la Constitution est « assez claire », ajoutant avec une pointe de regret : « Je n’ai pas le droit de me présenter. C’est dommage… mais nous avons beaucoup de gens formidables ». Il avait aussi exclu l’idée de passer par la vice-présidence. Pourtant, l’ancien stratège Steve Bannon insiste : il y aurait un plan pour garder le président à la Maison Blanche après 2028.
Mais est-ce que les électeurs suivent ? Pas sûr. Selon un sondage The Economist/YouGov réalisé entre le 28 novembre et le 1er décembre, les avis sont partagés, voire réfractaires. Tenez-vous bien : 45 % des électeurs de Trump ne veulent pas qu’il reprenne le pouvoir une troisième fois, contre seulement 43 % qui le souhaitent. Il reste 11 % d’indécis qui ne savent pas trop quoi en penser.

Les cordons de la bourse : Une pluie de millions
Revenons à l’argent, car les chiffres donnent le tournis. Lors de cette réception de Hanoucca, Trump a affirmé devant l’assemblée que Miriam Adelson — veuve de Sheldon Adelson et donatrice républicaine de longue date — avait donné à sa campagne, « indirectement et directement », la bagatelle de 250 millions de dollars. Concernant ce fameux troisième mandat, Adelson a raconté durant son discours : « J’ai rencontré Alan Dershowitz et il a dit le truc légal sur quatre années supplémentaires et j’ai dit ‘Alan, je suis d’accord avec toi’, donc nous pouvons le faire, pensez-y ».

Il faut dire que depuis la campagne de 2016, les Adelson sont des piliers financiers pour Trump. Jetons un œil aux registres de la Commission électorale fédérale (FEC) examinés par Newsweek. C’est impressionnant : Adelson a versé 100 millions de dollars à un super PAC pro-Trump, Preserve America, pour la campagne présidentielle de 2024. Mais ce n’est pas tout. Elle a aussi lâché 3 300 $ pour la campagne du sénateur républicain Bernie Moreno et — tenez-vous bien — 5 millions de dollars au Senate Leadership Fund avant les élections de mi-mandat de 2024.
Et comme si ça ne suffisait pas, plus tôt cette année, les registres montrent qu’elle a fait don de plus de 400 000 $ au Comité national républicain. Quand on voit ces montants, on comprend mieux les blagues sur les chèques à la Maison Blanche.

Conclusion : Ce que disent les experts et la suite
Alors, que faut-il en penser ? Steve Bannon, fidèle à lui-même, déclarait dans une interview à The Economist en octobre : « Il va obtenir un troisième mandat… Donc Trump sera président en 2028, et les gens devraient juste s’y habituer ». Une affirmation péremptoire qui contraste avec l’avis des experts. Costas Panagopoulos, prof de sciences politiques à l’Université Northeastern, a confié à Newsweek qu’il y a certes une « ambiguïté technique » dans les statuts, mais que l’intention des 22e et 12e amendements est claire : la limite, c’est deux mandats.
Panagopoulos ajoute un point crucial : même si Trump trouvait une faille, ce serait extrêmement controversé. Il n’est pas certain que le GOP ou ses partisans suivraient, surtout qu’il sera alors octogénaire. « D’ici là, peu de gens voudront peut-être qu’il serve un autre mandat », conclut-il. Quant à la suite ? Trump a déjà évoqué des successeurs potentiels. Il a cité le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio. En août, il avait même désigné Vance comme son candidat « le plus probable » pour être l’héritier du mouvement MAGA. Affaire à suivre, je suppose.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/trump-un-troisi%C3%A8me-mandat-contre-250-millions-de-dollars-il-rouvre-la-pol%C3%A9mique/ar-AA1SIHzK?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=694691699b254d5894815188645af13f&ei=9

Écrit par : Allusion | 20/12/2025

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Un visage reconstruit, une vie brisée
Pavlo Martsenyuk ne voit plus rien. Ses yeux ont disparu dans l’explosion d’une mine antichar, quelque part sur le front ukrainien. À 34 ans, ce soldat a perdu bien plus que sa vue — il a perdu des dizaines de camarades, des amis qu’il essaie désespérément de garder vivants dans sa mémoire. Depuis un an, les chirurgiens de l’hôpital Unbroken à Lviv reconstruisent son visage, morceau par morceau. Mais personne ne peut reconstruire ce qu’il a vu avant de perdre la lumière. Personne ne peut effacer les images de cette guerre qui dévore l’Ukraine depuis bientôt quatre ans. Et maintenant, alors qu’il apprend à vivre dans les ténèbres, on lui demande de céder encore plus. On lui demande d’accepter que les terres pour lesquelles il s’est battu, pour lesquelles ses frères d’armes sont morts, soient offertes à l’agresseur en échange d’une paix hypothétique.
L’administration Trump pousse Kiev à abandonner des territoires à la Russie. C’est le plan. C’est la solution miracle que Jared Kushner et Steve Witkoff sont allés présenter à Vladimir Poutine à Moscou début décembre 2025. Une proposition qui fait froid dans le dos quand on écoute Pavlo poser cette question déchirante : « Nous avons déjà abandonné des territoires — nous avons donné une partie de nous-mêmes. Combien de plus pouvons-nous donner ? » Cette interrogation résonne comme un cri dans le vide, un appel à la conscience que personne ne semble entendre à Washington. Car pendant que les émissaires américains négocient des concessions territoriales avec le Kremlin, des hommes comme Pavlo continuent de payer le prix fort, dans leur chair, dans leur sang, dans leurs yeux arrachés par la violence de cette guerre.
Je ne peux pas rester neutre face à cette histoire. Comment le pourrais-je ? Pavlo Martsenyuk incarne tout ce que cette guerre a de plus brutal, de plus injuste. Il a tout donné — sa vue, sa vie d’avant, ses camarades tombés — et maintenant, on lui demande de donner encore. On lui demande d’accepter que son sacrifice soit négocié comme une vulgaire transaction immobilière. Ça me révolte. Profondément. Viscéralement. Parce que derrière chaque kilomètre carré de territoire que Trump veut céder à Poutine, il y a des Pavlo. Des milliers de Pavlo qui ont versé leur sang pour défendre leur terre. Et on voudrait leur dire : « Désolé, c’était pour rien » ? Non. Mille fois non.

Le marchandage de Washington
Le plan de paix américain obtenu par l’Associated Press ne laisse aucune ambiguïté. L’Ukraine devrait céder des territoires à la Russie. Point final. C’est écrit noir sur blanc dans ce document qui circule entre Moscou, Kiev et Washington depuis plusieurs semaines. Donald Trump lui-même a confirmé l’existence de ce plan lors d’une conférence de presse fin novembre, affirmant que la Russie fait « de grandes concessions » en acceptant simplement de « cesser de se battre et de ne plus prendre de terres ». Comme si l’arrêt d’une agression était une faveur. Comme si le voleur qui accepte de ne plus voler méritait des applaudissements. Cette logique tordue fait bondir les dirigeants européens, à commencer par le Premier ministre polonais Donald Tusk qui a lancé un avertissement sans équivoque : « Aucun d’entre nous ne devrait faire pression sur Zelensky pour des concessions territoriales. Nous devrions tous faire pression sur la Russie pour qu’elle cesse son agression. L’apaisement n’a jamais été le chemin vers une paix juste et durable. »
Mais Trump n’écoute pas. Ou plutôt, il écoute d’autres voix — celles de ses conseillers qui voient dans cette guerre une opportunité de deal, de transaction, de compromis. Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain, et Jared Kushner, le gendre du président, ont rencontré Poutine à Moscou le 2 décembre. Ils ont discuté, négocié, marchandé. Pendant ce temps, Volodymyr Zelensky multiplie les rencontres avec les dirigeants européens, cherchant désespérément à consolider le soutien à son pays. Car il le sait : si l’Ukraine cède maintenant, si elle accepte de sacrifier une partie de son territoire pour obtenir un cessez-le-feu, elle enverra un message catastrophique au monde entier. Elle dira aux dictateurs qu’il suffit d’envahir, de tuer, de détruire pendant assez longtemps pour finalement obtenir ce qu’on veut. Elle validera la loi du plus fort. Elle enterrera le droit international.
Et moi, je me demande : où est passée l’Amérique qui défendait les valeurs démocratiques ? Où est passé ce pays qui se présentait comme le gardien de la liberté ? Trump traite cette guerre comme un deal immobilier. Il négocie des frontières comme on négocie le prix d’un appartement. Mais ce ne sont pas des mètres carrés qu’on marchande — ce sont des vies humaines, des familles déplacées, des villages rasés, des histoires effacées. Chaque territoire que Trump veut céder à Poutine, c’est un morceau d’Ukraine qui disparaît. C’est une partie de l’âme de ce pays qu’on sacrifie sur l’autel du pragmatisme cynique.

Sources secondaires
Center for Strategic and International Studies, « Russia’s Battlefield Woes in Ukraine », juin 2025. Le Monde, « Guerre en Ukraine : les négociations de paix se heurtent au mur de l’intransigeance russe », 18 décembre 2025. Le Figaro, « Guerre en Ukraine : ces annexes secrètes du plan de paix de Donald Trump qui inquiètent les Européens », 11 décembre 2025. BBC News, « What we know about leaked US draft plan to end Russia’s Ukraine war », décembre 2025. Al Jazeera, « Trump’s 28-point Ukraine plan in full: What it means, could it work? », 21 novembre 2025.

Section 2 : le témoignage qui dérange
Dans les couloirs de l’hôpital Unbroken
L’hôpital Unbroken de Lviv porte bien son nom. « Incassable ». C’est ici que les soldats ukrainiens brisés par la guerre viennent se reconstruire. Pavlo Martsenyuk y passe ses journées à réapprendre à vivre sans ses yeux. « Je ne pouvais pas me calmer et contrôler le flot de mes pensées », confie-t-il aux journalistes de CBS News. « Tout bourdonnait, jusqu’à ce que je commence à travailler activement sur ma santé mentale. » Un an après l’explosion qui l’a défiguré, les médecins ont reconstruit son visage. Mais reconstruire un visage ne suffit pas à effacer les traumatismes. Pavlo doit maintenant apprendre ce qu’il appelle « une vie entièrement nouvelle ». Une vie dans le noir. Une vie où il ne verra plus jamais ses enfants grandir. Une vie où les souvenirs de ses camarades tombés au combat sont tout ce qui lui reste de cette guerre qui continue de faire rage.
Pavlo ne demande pas la pitié. Il le dit clairement : « La pitié n’est pas nécessaire. C’est la compréhension qui est nécessaire. Il y a très peu de compréhension. » Cette phrase résume tout le drame ukrainien. Le monde regarde, compatit peut-être, mais ne comprend pas vraiment ce que vivent les Ukrainiens. On ne comprend pas que chaque jour qui passe, des hommes et des femmes meurent pour défendre leur pays. On ne comprend pas que l’Ukraine a déjà perdu entre 60 000 et 100 000 soldats selon les estimations du Center for Strategic and International Studies. On ne comprend pas que derrière ces chiffres, il y a des Pavlo, des pères, des mères, des fils, des filles. Des vies fauchées. Des familles détruites. Des communautés décimées. Et maintenant, on voudrait leur dire que tout ça, c’était pour rien ? Qu’il faut abandonner les territoires pour lesquels ils se sont battus ?
Pavlo Martsenyuk me hante. Son histoire me poursuit. Parce qu’elle incarne l’absurdité de ce qui se passe. Cet homme a tout donné. Littéralement tout. Et maintenant, on lui demande de donner encore plus. On lui demande d’accepter que son sacrifice soit négocié, marchandé, bradé. Je ne peux pas accepter ça. Je refuse d’accepter ça. Parce que si on accepte ça, on accepte que la violence paie. On accepte que l’agresseur gagne. On accepte que le droit du plus fort remplace le droit tout court.

La question qui tue
Quand on demande à Pavlo ce qu’il pense du plan de paix qui circule, sa réponse est d’une simplicité dévastatrice : « Nous avons déjà abandonné des territoires — nous avons donné une partie de nous-mêmes. Combien de plus pouvons-nous donner ? » Cette question devrait résonner dans tous les bureaux de Washington. Elle devrait empêcher Trump de dormir. Elle devrait hanter Kushner et Witkoff. Parce qu’elle va au cœur du problème : jusqu’où peut-on demander à un peuple de céder avant qu’il ne reste plus rien de lui ? L’Ukraine a déjà perdu la Crimée en 2014. Elle a déjà vu des parties du Donbass tomber aux mains des séparatistes pro-russes. Elle a déjà subi l’invasion à grande échelle de février 2022. Elle a déjà payé un prix monstrueux. Et maintenant, on lui demande de payer encore ?
Pavlo ajoute une autre phrase qui fait froid dans le dos : « Ne pouvons-nous pas analyser l’histoire ? Tout cela sent quelque chose qui a déjà été fait auparavant. » Il fait référence, bien sûr, aux accords de Munich de 1938, quand les démocraties européennes ont cédé les Sudètes à Hitler en espérant acheter la paix. On connaît la suite. L’apaisement n’a pas fonctionné. Il n’a jamais fonctionné. Céder face à un dictateur ne fait que nourrir son appétit. Poutine ne s’arrêtera pas si on lui donne le Donbass. Il reviendra. Peut-être pas demain, peut-être pas dans un an, mais il reviendra. Parce que c’est ce que font les dictateurs. Ils testent les limites. Ils poussent jusqu’à ce qu’on les arrête. Et si on ne les arrête pas, ils continuent. Encore et encore. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
L’histoire nous crie de ne pas répéter les erreurs du passé. Mais on dirait qu’on n’écoute jamais. On dirait qu’on est condamnés à revivre les mêmes tragédies, génération après génération. Trump joue à l’apprenti Chamberlain, croyant qu’il peut acheter la paix en sacrifiant l’Ukraine. Mais la paix ne s’achète pas. Elle se construit. Sur des principes. Sur le respect du droit international. Sur le refus de récompenser l’agression. Pas sur des concessions territoriales arrachées à un peuple qui a déjà trop donné.

Section 3 : le plan Trump décortiqué
Ce que contient vraiment le document
Le projet de plan de paix obtenu par l’Associated Press révèle l’ampleur du marchandage envisagé. Selon ce document, l’Ukraine devrait accepter de céder des territoires à la Russie en échange d’un cessez-le-feu. Les détails précis restent flous, mais plusieurs sources concordantes indiquent que le plan prévoit le gel de la ligne de front actuelle. Concrètement, cela signifierait que la Russie conserverait le contrôle des territoires qu’elle occupe actuellement — soit environ 20% du territoire ukrainien, incluant la Crimée, une grande partie du Donbass, et des zones dans les régions de Zaporijjia et Kherson. En échange, l’Ukraine recevrait des « garanties de sécurité » de la part des États-Unis et de l’Europe. Mais quelles garanties ? Le document reste vague sur ce point crucial. On parle de livraisons d’armes, d’aide financière, peut-être même d’une protection aérienne. Mais rien de contraignant. Rien qui ressemble à l’article 5 de l’OTAN.
Le plan prévoit également que l’Ukraine renonce définitivement à rejoindre l’OTAN. C’était l’une des exigences principales de Poutine avant l’invasion. Il l’obtient donc sans avoir à négocier. En revanche, l’Ukraine pourrait continuer son processus d’adhésion à l’Union européenne. Les sanctions contre la Russie resteraient en place « jusqu’à ce qu’une paix stable soit établie et que la menace d’une nouvelle attaque russe disparaisse ». Mais qui décide quand cette menace a disparu ? Et surtout, comment faire confiance à Poutine pour respecter un accord alors qu’il a violé tous les traités qu’il a signés avec l’Ukraine depuis 1991 ? Le mémorandum de Budapest de 1994, dans lequel la Russie garantissait l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de l’abandon de son arsenal nucléaire, n’est plus qu’un chiffon de papier. Pourquoi un nouveau traité serait-il différent ?
Ce plan est une insulte. Une insulte à l’intelligence, une insulte à la justice, une insulte aux Ukrainiens qui se battent depuis quatre ans. On leur demande de renoncer à 20% de leur territoire, de renoncer à l’OTAN, de renoncer à leur souveraineté pleine et entière. Et en échange, on leur offre quoi ? Des promesses. Des garanties floues. Des engagements non contraignants. C’est du vent. C’est de la poudre aux yeux. C’est une capitulation déguisée en compromis.

Les « grandes concessions » de Poutine selon Trump
Donald Trump a défendu son plan lors d’une conférence de presse fin novembre, affirmant que la Russie fait « de grandes concessions ». Quelles sont ces fameuses concessions ? Selon Trump, la Russie accepte de « cesser de se battre et de ne plus prendre de terres ». Relisez cette phrase. La Russie accepte de ne plus envahir. C’est ça, la grande concession. L’agresseur accepte de ne plus agresser, et on devrait le remercier ? C’est comme si un cambrioleur acceptait de ne plus voler votre maison après avoir déjà emporté la moitié de vos biens, et qu’on lui disait : « Merci pour cette généreuse concession ! » C’est absurde. C’est grotesque. C’est une inversion totale de la logique et de la morale. Mais c’est la logique Trump. Une logique transactionnelle où tout se négocie, où tout s’achète, où tout se vend. Y compris l’intégrité territoriale d’un pays souverain.
Cette vision a provoqué l’indignation en Europe. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a été particulièrement virulent, rappelant que « l’apaisement n’a jamais été le chemin vers une paix juste et durable ». La Pologne sait de quoi elle parle. Elle a été occupée par l’Allemagne nazie après les accords de Munich. Elle a vu ce qui se passe quand on cède face à un dictateur. Et elle refuse de voir l’histoire se répéter. D’autres dirigeants européens ont exprimé des réserves similaires, même s’ils restent plus diplomatiques dans leurs formulations. Mais le message est clair : l’Europe ne veut pas d’un accord qui récompense l’agression russe. Elle ne veut pas d’une paix qui sacrifie l’Ukraine sur l’autel du pragmatisme américain. Elle veut une paix juste, basée sur le respect du droit international et de l’intégrité territoriale.
Trump ne comprend pas. Ou plutôt, il ne veut pas comprendre. Pour lui, cette guerre est un problème à régler, un dossier à classer, un deal à conclure. Peu importe si le deal est juste ou non. Peu importe si le deal récompense l’agresseur. Peu importe si le deal trahit les valeurs que l’Amérique prétend défendre. Ce qui compte, c’est de pouvoir dire : « J’ai résolu le conflit en Ukraine. » Même si cette résolution est une capitulation déguisée. Même si cette résolution plante un couteau dans le dos des Ukrainiens.

Section 4 : la résistance ukrainienne
Un peuple qui refuse de plier
Face aux pressions américaines, les Ukrainiens tiennent bon. Un sondage réalisé par l’Institut international de sociologie de Kiev en décembre 2025 révèle des chiffres stupéfiants. 63% des Ukrainiens sont prêts à supporter la guerre aussi longtemps qu’il le faudra. 75% rejettent catégoriquement le plan de paix promu par la Russie et soutenu implicitement par l’administration Trump. Ces chiffres sont remarquables quand on considère ce que les Ukrainiens ont enduré depuis bientôt quatre ans. Des milliers de morts. Des centaines de milliers de blessés. Des millions de déplacés. Des villes entières rasées. Des infrastructures détruites. Des hivers sans électricité ni chauffage. Et malgré tout ça, ils refusent de céder. Ils refusent d’abandonner leur terre. Ils refusent de récompenser l’agresseur.
Le sondage révèle également que 61% des Ukrainiens font confiance au président Volodymyr Zelensky, tandis que seulement 32% ne lui font pas confiance. C’est un soutien solide pour un dirigeant en temps de guerre. Mais le plus révélateur, c’est peut-être ce chiffre : seulement 9% des Ukrainiens souhaitent que des élections aient lieu le plus tôt possible, même avant la fin des hostilités. Cela montre que les Ukrainiens ont compris que ce n’est pas le moment de se diviser. Ce n’est pas le moment de jouer à la politique politicienne. C’est le moment de rester unis face à l’agression. C’est le moment de tenir bon, coûte que coûte. Parce qu’ils savent que s’ils cèdent maintenant, tout ce qu’ils ont sacrifié aura été vain.
Ces chiffres me donnent de l’espoir. Ils me montrent qu’il existe encore des peuples qui refusent de se soumettre. Des peuples qui préfèrent se battre plutôt que de vivre à genoux. Des peuples qui comprennent que certaines choses valent la peine de se battre — la liberté, la souveraineté, la dignité. Les Ukrainiens nous donnent une leçon de courage. Une leçon que l’Occident semble avoir oubliée. Une leçon que Trump refuse d’apprendre.

Zelensky face au mur
Volodymyr Zelensky se retrouve dans une position impossible. D’un côté, il subit une pression énorme de la part de l’administration Trump pour accepter des concessions territoriales. De l’autre, il sait que son peuple refuse catégoriquement ces concessions. Il sait que s’il cède, il trahira la confiance de millions d’Ukrainiens qui se battent depuis quatre ans. Il sait que s’il accepte de sacrifier une partie du territoire ukrainien, il enverra un message catastrophique : la violence paie, l’agression est récompensée, le droit international n’est qu’une illusion. Alors Zelensky résiste. Il multiplie les rencontres avec les dirigeants européens, cherchant à consolider le soutien à son pays. Il rappelle sans cesse que l’Ukraine ne cèdera pas un pouce de territoire sans garanties de sécurité solides et contraignantes.
Mais Zelensky sait aussi que le temps joue contre lui. L’Ukraine dépend massivement de l’aide militaire et financière occidentale. Si Trump décide de couper les robinets, l’Ukraine sera en grande difficulté. La Russie, elle, peut tenir indéfiniment. Elle a les ressources, elle a la population, elle a le soutien de la Chine et de l’Iran. L’Ukraine, elle, est seule. Ou presque. L’Europe soutient Kiev, mais jusqu’à quel point ? Jusqu’à quand ? Les opinions publiques européennes commencent à se lasser de cette guerre qui n’en finit pas. Les factures d’énergie restent élevées. L’inflation persiste. Les gouvernements européens font face à des défis internes considérables. Combien de temps pourront-ils maintenir leur soutien à l’Ukraine si les États-Unis se désengagent ? C’est la question qui hante Zelensky. C’est la question qui l’empêche de dormir.
Zelensky porte le poids du monde sur ses épaules. Il doit tenir tête à Trump, résister à Poutine, rassurer son peuple, convaincre l’Europe. C’est un équilibre impossible. Un numéro de funambule au-dessus du vide. Et pourtant, il tient. Il refuse de céder. Il refuse de trahir son peuple. Même si ça signifie se mettre à dos l’administration américaine. Même si ça signifie risquer de perdre le soutien occidental. Parce qu’il sait que certaines choses ne se négocient pas. La souveraineté ne se négocie pas. La dignité ne se négocie pas. La liberté ne se négocie pas.

Section 5 : les leçons de l'histoire ignorées
Munich 1938, le précédent qui hante
Les accords de Munich de 1938 restent gravés dans la mémoire collective européenne comme le symbole de l’échec de l’apaisement. Cette année-là, la France et le Royaume-Uni ont accepté de céder les Sudètes à l’Allemagne nazie, espérant ainsi satisfaire Hitler et éviter la guerre. Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain est revenu à Londres en brandissant le traité et en proclamant qu’il avait obtenu « la paix pour notre époque ». Six mois plus tard, Hitler envahissait le reste de la Tchécoslovaquie. Un an plus tard, il déclenchait la Seconde Guerre mondiale. L’apaisement n’avait rien apaisé. Il avait simplement donné à Hitler le temps de se préparer et la conviction qu’il pouvait continuer à avancer sans rencontrer de résistance sérieuse. Cette leçon aurait dû être gravée dans le marbre. Elle aurait dû être enseignée dans toutes les écoles. Elle aurait dû guider les dirigeants occidentaux face à l’agression russe.
Mais apparemment, l’histoire ne suffit pas. Apparemment, il faut répéter les mêmes erreurs, génération après génération. Donald Trump joue aujourd’hui le rôle de Chamberlain, croyant qu’il peut acheter la paix en sacrifiant l’Ukraine. Il ne voit pas — ou ne veut pas voir — que Poutine est un dictateur expansionniste qui ne s’arrêtera pas tant qu’on ne l’aura pas arrêté. Il ne comprend pas que céder maintenant ne fera que nourrir l’appétit du Kremlin. Demain, ce sera la Moldavie. Après-demain, les pays baltes. Et puis quoi ? La Pologne ? La Roumanie ? Où s’arrête-t-on ? À quel moment dit-on : « Ça suffit » ? Les dirigeants européens, eux, ont compris. Ils ont lu les livres d’histoire. Ils savent ce qui se passe quand on cède face à un dictateur. C’est pourquoi ils résistent aux pressions américaines. C’est pourquoi ils continuent de soutenir l’Ukraine.
L’histoire nous crie de ne pas répéter Munich. Elle nous supplie de ne pas commettre la même erreur. Mais Trump n’écoute pas. Il est sourd aux leçons du passé. Il croit qu’il est plus malin que Chamberlain, qu’il peut réussir là où d’autres ont échoué. Mais il se trompe. Lourdement. Tragiquement. Et ce sont les Ukrainiens qui paieront le prix de son erreur. Ce sont eux qui subiront les conséquences de son aveuglement. Ce sont eux qui verront leur pays dépecé parce qu’un président américain a cru pouvoir faire un deal avec un dictateur.

La Crimée, premier acte d’une tragédie
L’annexion de la Crimée en 2014 aurait dû servir d’avertissement. Poutine a violé le droit international, envahi un territoire souverain, organisé un référendum bidon, et annexé la péninsule. Et qu’a fait l’Occident ? Des sanctions molles. Des condamnations verbales. Mais rien de concret. Rien qui aurait pu dissuader Poutine de continuer. Résultat : huit ans plus tard, il lançait une invasion à grande échelle de l’Ukraine. Parce qu’il avait compris qu’il pouvait le faire sans conséquences réelles. Parce qu’il avait testé les limites occidentales et découvert qu’elles étaient floues, négociables, déplaçables. La Crimée était un test. Un test que l’Occident a échoué. Et maintenant, on s’apprête à échouer à nouveau en acceptant que la Russie conserve non seulement la Crimée, mais aussi une grande partie du Donbass et d’autres territoires ukrainiens.
Les Ukrainiens n’ont pas oublié la Crimée. Ils n’ont pas oublié que l’Occident les a abandonnés en 2014. Ils n’ont pas oublié que les garanties de sécurité du mémorandum de Budapest n’ont servi à rien quand Poutine a décidé d’envahir. C’est pourquoi ils sont si méfiants vis-à-vis des nouvelles « garanties de sécurité » que Trump leur propose. Parce qu’ils savent que les promesses occidentales ne valent pas grand-chose quand les choses deviennent sérieuses. Parce qu’ils savent qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. C’est une leçon amère, mais c’est une leçon qu’ils ont apprise dans le sang et les larmes. Et c’est pourquoi ils refusent de céder maintenant. Parce qu’ils savent que si ils cèdent, ce sera le début de la fin. Ce sera le signal que l’Ukraine peut être dépecée morceau par morceau, et que personne ne fera rien pour l’empêcher.
La Crimée nous a montré ce qui se passe quand on laisse un dictateur agir impunément. Elle nous a montré que l’inaction a un prix. Un prix terrible. Mais on dirait qu’on n’a rien appris. On dirait qu’on est prêts à répéter la même erreur, encore et encore. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Jusqu’à ce que Poutine ait avalé toute l’Ukraine. Et peut-être même au-delà. Parce que les dictateurs ne s’arrêtent jamais d’eux-mêmes. Il faut les arrêter. Il faut leur dire non. Il faut tracer une ligne rouge et la défendre. Sinon, on finit par ne plus avoir de lignes du tout.

Section 6 : les émissaires de Trump à Moscou
Kushner et Witkoff, les négociateurs improbables
Jared Kushner et Steve Witkoff ne sont pas des diplomates de carrière. Kushner est le gendre de Trump, un promoteur immobilier reconverti en conseiller politique. Witkoff est un autre promoteur immobilier, ami personnel de Trump, nommé envoyé spécial pour l’Ukraine sans aucune expérience diplomatique. Ce sont ces deux hommes que Trump a choisis pour négocier la fin de la guerre en Ukraine avec Vladimir Poutine. Pas des experts en relations internationales. Pas des spécialistes de la Russie. Pas des diplomates aguerris. Non, deux businessmen habitués à négocier des contrats immobiliers. Et Trump pense que c’est suffisant pour résoudre l’un des conflits les plus complexes et les plus dangereux du XXIe siècle. Cette approche en dit long sur la vision trumpienne de la diplomatie : tout est négociable, tout est transactionnel, tout peut se régler autour d’une table comme un deal immobilier.
Kushner et Witkoff se sont rendus à Moscou début décembre 2025 pour rencontrer Poutine et ses conseillers. Les détails de ces rencontres restent largement confidentiels, mais plusieurs fuites ont révélé l’essentiel : les émissaires américains ont présenté un plan prévoyant des concessions territoriales ukrainiennes en échange d’un cessez-le-feu. Poutine aurait accueilli favorablement cette proposition, tout en posant ses propres conditions : reconnaissance officielle de l’annexion de la Crimée, neutralité permanente de l’Ukraine, levée progressive des sanctions occidentales. En d’autres termes, Poutine veut tout. Il veut garder les territoires qu’il a conquis, il veut empêcher l’Ukraine de rejoindre l’OTAN, et il veut que l’Occident lève les sanctions qui pèsent sur l’économie russe. Et en échange, il offre quoi ? Un cessez-le-feu. Pas la paix. Pas le retrait des troupes russes. Juste un cessez-le-feu qui lui permettra de consolider ses gains et de se préparer pour la prochaine phase de son expansion.
Kushner et Witkoff sont des amateurs qui jouent dans la cour des grands. Ils pensent qu’ils peuvent négocier avec Poutine comme ils négocient avec des promoteurs immobiliers à New York. Mais Poutine n’est pas un promoteur immobilier. C’est un ancien agent du KGB, un dictateur impitoyable qui a passé sa vie à manipuler, à mentir, à trahir. Il va les manger tout crus. Il va leur faire croire qu’ils ont obtenu un bon deal, alors qu’en réalité, il aura obtenu tout ce qu’il voulait. Et les Ukrainiens paieront le prix de cette naïveté américaine.

La réaction du Kremlin
Le Kremlin a accueilli les propositions américaines avec un mélange de satisfaction et de prudence. Satisfaction, parce que le plan Trump valide essentiellement les conquêtes russes. Prudence, parce que Poutine sait qu’il peut obtenir encore plus s’il joue bien ses cartes. Les porte-paroles russes ont multiplié les déclarations ambiguës, affirmant que la Russie est « ouverte au dialogue » tout en posant des conditions de plus en plus exigeantes. Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a déclaré que « toute solution doit prendre en compte les réalités sur le terrain » — une façon polie de dire que la Russie ne rendra pas les territoires qu’elle occupe. Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, a ajouté que l’Ukraine doit « reconnaître les nouvelles réalités géopolitiques » — une autre façon de dire que Kiev doit accepter la perte de 20% de son territoire.
Mais le plus révélateur, c’est peut-être ce que Poutine n’a pas dit. Il n’a pas accepté le plan Trump. Il n’a pas dit qu’il était prêt à signer un accord. Il a simplement dit qu’il était « prêt à discuter ». Parce que Poutine sait qu’il est en position de force. Il sait que Trump est pressé de conclure un accord, n’importe quel accord, pour pouvoir dire qu’il a résolu le conflit ukrainien. Il sait que plus il attend, plus Trump sera prêt à faire des concessions. Alors il joue la montre. Il pose des conditions. Il négocie. Il marchande. Et pendant ce temps, ses troupes continuent d’avancer en Ukraine. Lentement, mais sûrement. Parce que Poutine sait que chaque kilomètre carré qu’il conquiert maintenant, c’est un kilomètre carré qu’il pourra garder dans l’accord final. C’est la logique de la guerre. C’est la logique de la force. Et c’est une logique que Trump semble incapable de comprendre.
Poutine joue Trump comme un violon. Il le manipule, il le flatte, il lui fait croire qu’un accord est possible. Mais en réalité, il gagne du temps. Il consolide ses positions. Il prépare la prochaine phase. Parce que Poutine ne veut pas la paix. Il veut la victoire. Il veut détruire l’Ukraine en tant qu’État indépendant. Il veut reconstruire l’empire russe. Et Trump, dans sa naïveté ou son cynisme, est en train de l’aider à atteindre cet objectif.

Section 7 : l'Europe face au dilemme
La fracture transatlantique
L’approche de Trump creuse un fossé de plus en plus profond entre les États-Unis et l’Europe. Les dirigeants européens regardent avec inquiétude et incrédulité les négociations menées par Kushner et Witkoff. Ils voient bien que le plan américain sacrifie l’Ukraine sur l’autel du pragmatisme. Ils comprennent que si ce plan est mis en œuvre, ce sera un désastre pour la sécurité européenne. Parce que si Poutine obtient ce qu’il veut en Ukraine, il ne s’arrêtera pas là. Il testera les limites ailleurs. En Moldavie, peut-être. Ou dans les pays baltes. Ou en Pologne. L’Europe sait qu’elle est la prochaine sur la liste. C’est pourquoi elle résiste aux pressions américaines. C’est pourquoi elle continue de soutenir l’Ukraine, même si les États-Unis semblent prêts à l’abandonner. Parce que l’Europe comprend que la sécurité de l’Ukraine, c’est la sécurité de l’Europe.
Mais l’Europe est divisée. Certains pays, comme la Pologne et les pays baltes, sont farouchement opposés à tout accord qui céderait des territoires ukrainiens à la Russie. D’autres, comme la Hongrie, sont plus ambigus, voire ouvertement pro-russes. La France et l’Allemagne naviguent entre ces deux extrêmes, cherchant à maintenir l’unité européenne tout en défendant les intérêts ukrainiens. Emmanuel Macron a multiplié les déclarations de soutien à Kiev, affirmant que « l’Europe ne laissera pas tomber l’Ukraine ». Olaf Scholz a été plus prudent, mais il a néanmoins maintenu l’aide allemande à l’Ukraine. Le problème, c’est que l’Europe n’a pas les moyens de soutenir l’Ukraine seule. Elle dépend de l’aide militaire américaine. Si Trump coupe les robinets, l’Europe ne pourra pas compenser. C’est le dilemme européen : comment soutenir l’Ukraine sans les États-Unis ?
L’Europe se retrouve face à un choix impossible. Soit elle suit Trump et accepte de sacrifier l’Ukraine, au risque de voir Poutine continuer son expansion. Soit elle résiste à Trump et risque de se retrouver seule face à la Russie. C’est un choix terrible. Un choix que l’Europe n’aurait jamais dû avoir à faire. Mais c’est le choix que Trump lui impose. Parce que Trump ne se soucie pas de la sécurité européenne. Il ne se soucie pas de l’ordre international. Il ne se soucie que de son image, de son héritage, de sa capacité à dire qu’il a résolu le conflit ukrainien. Peu importe le prix. Peu importe les conséquences.

Le sondage qui dit tout
Le sondage réalisé par l’Institut international de sociologie de Kiev en décembre 2025 révèle un autre aspect crucial de la situation : l’évolution de la confiance des Ukrainiens envers leurs alliés. Entre décembre 2024 et décembre 2025, la confiance dans les États-Unis a chuté de 41% à 21%. La confiance dans l’OTAN est passée de 43% à 34%. En revanche, la confiance dans l’Union européenne reste relativement stable à 49%. Ces chiffres montrent que les Ukrainiens ont compris que les États-Unis ne sont plus un allié fiable. Ils ont compris que Trump est prêt à les sacrifier pour obtenir un accord avec Poutine. Alors ils se tournent vers l’Europe. Ils espèrent que l’Europe tiendra bon. Qu’elle ne les abandonnera pas. Qu’elle continuera de les soutenir même si les États-Unis se désengagent.
Mais cette confiance dans l’Europe est-elle justifiée ? L’Europe a-t-elle la capacité et la volonté de soutenir l’Ukraine seule ? C’est la question à un million de dollars. Pour l’instant, l’Europe maintient son soutien. Elle continue de fournir des armes, de l’argent, de l’aide humanitaire. Elle continue d’accueillir des millions de réfugiés ukrainiens. Elle continue d’imposer des sanctions à la Russie. Mais combien de temps pourra-t-elle tenir si les États-Unis se retirent ? L’Europe a ses propres problèmes : une économie fragile, des tensions politiques internes, une opinion publique de plus en plus lasse de cette guerre qui n’en finit pas. Les gouvernements européens font face à des défis considérables. Ils doivent gérer l’inflation, la crise énergétique, les migrations, le changement climatique. Peuvent-ils vraiment se permettre de continuer à soutenir l’Ukraine indéfiniment ? C’est la question qui hante les chancelleries européennes.
Les Ukrainiens ont raison de se méfier des États-Unis. Trump leur a montré qu’on ne peut pas compter sur l’Amérique. Qu’elle peut vous abandonner du jour au lendemain si ça arrange ses intérêts. Mais peuvent-ils vraiment compter sur l’Europe ? L’Europe a de bonnes intentions, mais a-t-elle la force de les mettre en œuvre ? A-t-elle le courage de tenir tête à la Russie sans le soutien américain ? Je veux croire que oui. Je veux croire que l’Europe ne répétera pas les erreurs du passé. Mais j’ai des doutes. De sérieux doutes.

Section 8 : le coût humain de la guerre
Les chiffres qui font mal
Entre 60 000 et 100 000 soldats ukrainiens sont morts depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022. C’est l’estimation du Center for Strategic and International Studies. Le gouvernement ukrainien ne publie pas de chiffres officiels, mais ces estimations sont probablement proches de la réalité. 60 000 à 100 000 morts. Des pères. Des fils. Des frères. Des maris. Des amis. Chacun de ces chiffres représente une vie fauchée, une famille détruite, un avenir effacé. Et ce ne sont que les morts. Il faut ajouter les blessés — des centaines de milliers. Il faut ajouter les traumatisés — des millions. Il faut ajouter les déplacés — plus de six millions d’Ukrainiens ont fui leur pays, et des millions d’autres ont été déplacés à l’intérieur du pays. C’est une catastrophe humanitaire d’une ampleur inimaginable. Et maintenant, on voudrait dire à ces gens que tout ça, c’était pour rien ? Qu’il faut abandonner les territoires pour lesquels ils se sont battus ?
Pavlo Martsenyuk incarne ce coût humain. Il a perdu ses yeux. Il a perdu ses camarades. Il a perdu sa vie d’avant. Mais il n’est pas seul. Il y a des milliers de Pavlo en Ukraine. Des soldats mutilés, amputés, défigurés. Des civils traumatisés par les bombardements, les viols, les tortures. Des enfants qui ont grandi dans les abris anti-aériens, qui ont vu leurs maisons détruites, leurs parents tués. Des villes entières rasées — Marioupol, Bakhmout, Avdiivka. Des villages disparus de la carte. Des infrastructures détruites — centrales électriques, barrages, ponts, routes. L’Ukraine est un pays meurtri, brisé, saigné à blanc. Et pourtant, elle tient. Elle refuse de céder. Elle refuse d’abandonner. Parce qu’elle sait que si elle cède maintenant, tous ces sacrifices auront été vains. Parce qu’elle sait que la liberté a un prix, et qu’elle est prête à le payer.
Ces chiffres me hantent. 60 000 à 100 000 morts. Ce n’est pas juste un nombre. C’est 60 000 à 100 000 vies. 60 000 à 100 000 histoires. 60 000 à 100 000 familles détruites. Et Trump voudrait qu’on oublie tout ça ? Qu’on fasse comme si ces sacrifices ne comptaient pas ? Qu’on accepte de céder des territoires comme si c’était juste une transaction immobilière ? Non. Mille fois non. Ces morts méritent mieux. Ces familles méritent mieux. L’Ukraine mérite mieux.

Les cicatrices invisibles
Au-delà des morts et des blessés physiques, il y a les traumatismes psychologiques. Des millions d’Ukrainiens souffrent de stress post-traumatique. Ils ont vu des choses qu’aucun être humain ne devrait voir. Ils ont vécu des choses qu’aucun être humain ne devrait vivre. Les bombardements constants. Les sirènes d’alerte aérienne. Les nuits passées dans les abris. La peur permanente. L’incertitude du lendemain. Cette guerre a marqué toute une génération. Les enfants ukrainiens qui grandissent aujourd’hui ne connaissent que la guerre. Ils ne se souviennent pas d’un temps où il n’y avait pas de sirènes, pas de bombardements, pas de peur. Comment vont-ils grandir ? Quelles cicatrices porteront-ils toute leur vie ? Et comment pourront-ils pardonner si on leur dit que tout ça, c’était pour rien ? Que les territoires pour lesquels leurs parents se sont battus ont été cédés à l’agresseur ?
Pavlo Martsenyuk parle de sa santé mentale. Il dit qu’il a dû « travailler activement » dessus pour ne pas sombrer. Mais combien d’autres n’ont pas eu cette force ? Combien d’autres ont sombré dans la dépression, l’alcoolisme, le suicide ? Les statistiques sur la santé mentale en Ukraine sont alarmantes. Les hôpitaux psychiatriques sont débordés. Les psychologues manquent cruellement. Les ressources sont insuffisantes. Et pendant ce temps, la guerre continue. Les bombardements continuent. Les traumatismes s’accumulent. C’est une bombe à retardement. Une génération entière marquée par la guerre, par la violence, par la peur. Et on voudrait leur dire d’accepter un accord qui récompense l’agresseur ? On voudrait leur dire de tourner la page et de passer à autre chose ? C’est impossible. C’est inhumain. C’est une insulte à leur souffrance.
Les cicatrices invisibles sont parfois les plus profondes. Elles ne se voient pas, mais elles sont là. Elles rongent de l’intérieur. Elles détruisent lentement mais sûrement. Et ces cicatrices, l’Ukraine les portera pendant des générations. Longtemps après la fin de la guerre, longtemps après que les ruines auront été reconstruites, ces cicatrices resteront. Elles marqueront toute une génération. Elles façonneront l’avenir de ce pays. Et si on accepte maintenant un accord qui trahit les Ukrainiens, ces cicatrices ne guériront jamais. Elles s’infecteront. Elles pourriront. Elles empoisonneront l’âme de ce pays.

Section 9 : les enjeux géopolitiques
Un précédent catastrophique
Si le plan Trump est mis en œuvre, il créera un précédent catastrophique pour l’ordre international. Il enverra un message clair à tous les dictateurs du monde : l’agression paie. Si vous êtes assez fort, si vous êtes assez patient, si vous êtes assez impitoyable, vous pouvez envahir un pays voisin, tuer des milliers de personnes, détruire des villes entières, et finalement obtenir ce que vous voulez. L’Occident protestera, imposera des sanctions, fournira des armes à votre victime. Mais au final, il se lassera. Il cherchera un compromis. Il acceptera de sacrifier votre victime pour obtenir la paix. C’est le message que Trump est en train d’envoyer. Et c’est un message extrêmement dangereux. Parce qu’il ne concerne pas seulement l’Ukraine. Il concerne tous les pays qui vivent sous la menace d’un voisin agressif. Taïwan, par exemple. Ou les pays baltes. Ou la Moldavie. Ou la Géorgie.
La Chine observe attentivement ce qui se passe en Ukraine. Xi Jinping tire des leçons de cette guerre. Il voit comment l’Occident réagit face à l’agression russe. Il voit les limites du soutien occidental. Il voit que l’Occident est prêt à accepter des compromis, à sacrifier des alliés, à fermer les yeux sur les violations du droit international si ça permet d’éviter un conflit direct. Et il en tire des conclusions pour Taïwan. Si Poutine peut envahir l’Ukraine et finalement obtenir ce qu’il veut, pourquoi Xi ne pourrait-il pas faire la même chose avec Taïwan ? C’est la question qui hante les stratèges occidentaux. C’est la question qui devrait empêcher Trump de dormir. Mais apparemment, ça ne le dérange pas. Apparemment, il ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Apparemment, il ne comprend pas que ses actions en Ukraine auront des répercussions dans le monde entier.
Trump est en train de détruire l’ordre international. Il ne s’en rend peut-être pas compte, mais c’est ce qu’il fait. En acceptant de sacrifier l’Ukraine, il envoie un signal à tous les dictateurs du monde : allez-y, envahissez, tuez, détruisez. Au final, l’Occident acceptera un compromis. Au final, vous obtiendrez ce que vous voulez. C’est un message catastrophique. Un message qui nous ramène à l’époque d’avant 1945, quand la force primait sur le droit. Quand les grands pouvaient écraser les petits sans conséquences. Quand la loi de la jungle régnait. Est-ce vraiment le monde dans lequel nous voulons vivre ?

L’OTAN en question
Le plan Trump prévoit que l’Ukraine renonce définitivement à rejoindre l’OTAN. C’était l’une des exigences principales de Poutine avant l’invasion. Il l’obtient donc sans avoir à négocier. Mais cette concession pose une question fondamentale : à quoi sert l’OTAN si elle ne peut pas protéger les pays qui veulent la rejoindre ? À quoi sert l’article 5 si on abandonne les pays qui ne sont pas encore membres ? L’OTAN a été créée pour défendre la liberté et la démocratie en Europe. Mais si elle accepte que l’Ukraine soit sacrifiée, que signifie cette mission ? Les pays baltes regardent avec inquiétude. Ils sont membres de l’OTAN, mais ils savent qu’ils sont vulnérables. Ils savent que Poutine les considère comme faisant partie de la « sphère d’influence » russe. Si l’OTAN abandonne l’Ukraine, pourquoi défendrait-elle les pays baltes en cas d’agression russe ?
Cette question mine la crédibilité de l’Alliance atlantique. Elle crée des doutes, des incertitudes, des peurs. Les pays d’Europe de l’Est se demandent s’ils peuvent vraiment compter sur l’OTAN. S’ils peuvent vraiment compter sur les États-Unis. Trump a déjà menacé de se retirer de l’OTAN s’il était réélu. Il a déjà dit que les États-Unis ne défendraient pas les pays qui ne paient pas assez pour leur défense. Ces déclarations ont semé le doute. Et maintenant, son plan pour l’Ukraine confirme ces doutes. Il montre que les États-Unis sont prêts à sacrifier leurs alliés si ça arrange leurs intérêts. C’est un message dévastateur pour l’Alliance atlantique. C’est un message qui pourrait conduire à son effondrement. Parce qu’une alliance basée sur la méfiance ne peut pas survivre. Une alliance où chacun se demande si les autres viendront à son secours ne peut pas fonctionner.
L’OTAN est en train de perdre son âme. Elle a été créée pour défendre des valeurs — la liberté, la démocratie, le droit international. Mais si elle accepte de sacrifier l’Ukraine, ces valeurs ne signifient plus rien. Elles deviennent des mots creux, des slogans vides de sens. Et si l’OTAN perd son âme, elle perd sa raison d’être. Elle devient juste une alliance militaire comme les autres, basée sur des intérêts égoïstes plutôt que sur des principes. Est-ce vraiment ce que nous voulons ?

Section 10 : les alternatives possibles
Une paix juste est-elle possible ?
Face au plan Trump, certains proposent des alternatives. L’Union européenne a élaboré son propre projet de paix, qui prévoit des garanties de sécurité beaucoup plus solides pour l’Ukraine. Ce plan européen inclurait une protection aérienne assurée par les pays européens, des livraisons d’armes garanties sur le long terme, et peut-être même un engagement à défendre l’Ukraine en cas de nouvelle agression russe. En échange, l’Ukraine accepterait un gel temporaire de la ligne de front, mais sans reconnaissance officielle des annexions russes. Les territoires occupés resteraient juridiquement ukrainiens, même si la Russie les contrôle de facto. Cette solution permettrait de gagner du temps, de renforcer l’Ukraine, et de maintenir la pression sur la Russie. Mais elle a un défaut majeur : elle nécessite un engagement européen massif et durable. Et il n’est pas certain que l’Europe soit prête à prendre cet engagement.
Une autre alternative serait de continuer la guerre jusqu’à la libération complète du territoire ukrainien. C’est la position de principe de Kiev. Zelensky a répété à maintes reprises qu’il ne cédera pas un pouce de territoire ukrainien. Mais cette position est-elle réaliste ? L’Ukraine peut-elle vraiment reconquérir tous les territoires occupés par la Russie ? La contre-offensive de l’été 2023 a montré les limites de la capacité militaire ukrainienne. Malgré l’aide occidentale, malgré le courage de ses soldats, l’Ukraine n’a pas réussi à percer les lignes russes. La guerre s’est enlisée dans une guerre de position qui rappelle la Première Guerre mondiale. Des gains minimes payés au prix de pertes énormes. Dans ces conditions, une victoire militaire totale semble improbable. Mais abandonner cet objectif, c’est accepter la défaite. C’est accepter que l’agression russe ait réussi. C’est un dilemme insoluble.
Il n’y a pas de solution facile. Il n’y a pas de compromis magique qui satisferait tout le monde. Soit on accepte de sacrifier l’Ukraine pour obtenir la paix, et on envoie un message catastrophique au monde entier. Soit on continue la guerre, et on accepte que des milliers d’autres personnes meurent. C’est un choix terrible. Un choix que personne ne devrait avoir à faire. Mais c’est le choix que Poutine nous impose. Parce que Poutine ne veut pas la paix. Il veut la victoire. Et tant qu’il voudra la victoire, il n’y aura pas de paix juste possible.

Le rôle de la Chine
La Chine pourrait jouer un rôle crucial dans la résolution de ce conflit. Xi Jinping entretient des relations étroites avec Poutine. Il pourrait exercer une pression sur le Kremlin pour qu’il accepte un compromis. Mais la Chine a-t-elle intérêt à le faire ? Pour l’instant, la réponse semble être non. La Chine bénéficie de la guerre en Ukraine. Elle achète du pétrole et du gaz russes à prix cassés. Elle voit l’Occident s’affaiblir et se diviser. Elle observe comment l’Occident réagit face à l’agression, et elle en tire des leçons pour Taïwan. Pourquoi la Chine voudrait-elle mettre fin à une situation qui lui est si favorable ? Certains espèrent que la Chine finira par comprendre que la stabilité internationale est dans son intérêt. Qu’une guerre prolongée en Ukraine nuit à l’économie mondiale, et donc à l’économie chinoise. Mais pour l’instant, ces espoirs semblent vains. La Chine joue son propre jeu, et ce jeu ne passe pas nécessairement par la paix en Ukraine.
Il y a eu quelques tentatives de médiation chinoise. Xi Jinping a proposé un plan de paix en mars 2023, mais ce plan était largement favorable à la Russie et a été rejeté par l’Ukraine et l’Occident. Depuis, la Chine s’est contentée d’appeler à des négociations sans proposer de solution concrète. Elle maintient une position ambiguë, refusant de condamner l’agression russe tout en affirmant respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les pays. Cette ambiguïté lui permet de ménager ses relations avec la Russie tout en évitant de s’aliéner complètement l’Occident. Mais elle ne contribue pas à résoudre le conflit. Au contraire, elle permet à Poutine de continuer sa guerre en sachant qu’il a le soutien, au moins tacite, de la deuxième puissance mondiale. C’est un facteur crucial que l’Occident ne peut pas ignorer.
La Chine est le grand absent de cette équation. On parle beaucoup des États-Unis, de l’Europe, de la Russie. Mais on parle trop peu de la Chine. Pourtant, c’est elle qui détient peut-être la clé. Si Xi Jinping décidait de faire pression sur Poutine, la guerre pourrait se terminer rapidement. Mais Xi ne le fera pas. Parce que la guerre en Ukraine sert ses intérêts. Elle affaiblit l’Occident. Elle distrait l’attention de Taïwan. Elle lui permet d’acheter des ressources russes à bas prix. Pourquoi y mettrait-il fin ? C’est la question que personne ne veut poser. Mais c’est une question cruciale.

Section 11 : l'opinion publique occidentale
La fatigue de la guerre
L’opinion publique occidentale commence à se lasser de la guerre en Ukraine. Les sondages montrent une baisse du soutien à l’aide militaire et financière à Kiev. Les gens sont fatigués. Fatigués de voir cette guerre qui n’en finit pas. Fatigués de payer des factures d’énergie élevées. Fatigués de l’inflation. Fatigués de l’incertitude. Ils veulent que ça s’arrête. Ils veulent retrouver une vie normale. Et Trump exploite cette fatigue. Il promet de mettre fin à la guerre rapidement. Il promet de ramener la paix. Peu importe si cette paix est juste ou non. Peu importe si cette paix sacrifie l’Ukraine. Ce qui compte, c’est que la guerre s’arrête. C’est un message séduisant pour une opinion publique lasse. Mais c’est un message dangereux. Parce qu’il ignore les conséquences à long terme d’une paix injuste.
Cette fatigue est compréhensible. La guerre en Ukraine a des répercussions concrètes sur la vie quotidienne des Occidentaux. Les prix de l’énergie ont explosé après l’invasion russe. L’inflation a atteint des niveaux record. Les gouvernements ont dû dépenser des milliards pour aider l’Ukraine, au détriment d’autres priorités. Les gens se demandent : pourquoi devrions-nous payer pour une guerre qui se passe à des milliers de kilomètres ? Pourquoi devrions-nous sacrifier notre niveau de vie pour défendre un pays que la plupart d’entre nous ne connaissaient même pas il y a quatre ans ? Ces questions sont légitimes. Mais elles ignorent un point crucial : si on abandonne l’Ukraine maintenant, on paiera un prix encore plus élevé à l’avenir. Parce que Poutine ne s’arrêtera pas. Parce que d’autres dictateurs suivront son exemple. Parce que l’ordre international s’effondrera. Et quand l’ordre international s’effondre, tout le monde en paie le prix.
Je comprends la fatigue. Je comprends que les gens en aient assez. Je comprends qu’ils veuillent retrouver une vie normale. Mais abandonner l’Ukraine maintenant, ce n’est pas la solution. C’est juste repousser le problème. Parce que si on laisse Poutine gagner, il reviendra. Peut-être pas demain, peut-être pas dans un an, mais il reviendra. Et la prochaine fois, ce sera pire. La prochaine fois, ce sera peut-être un pays de l’OTAN. Et alors, on n’aura plus le choix. On devra se battre. Alors autant arrêter Poutine maintenant, en Ukraine, plutôt que d’attendre qu’il frappe plus près de chez nous.

Les voix dissidentes
Heureusement, il existe encore des voix qui refusent d’accepter le plan Trump. Des intellectuels, des politiciens, des militants qui continuent de défendre l’Ukraine et de dénoncer l’apaisement. En Pologne, en particulier, le soutien à l’Ukraine reste très fort. Les Polonais n’ont pas oublié leur propre histoire. Ils savent ce que signifie être sacrifié par les grandes puissances. Ils savent ce que signifie vivre sous la domination russe. Et ils refusent de voir l’histoire se répéter. Donald Tusk, le Premier ministre polonais, a été particulièrement vocal dans sa défense de l’Ukraine. Il a rappelé que « l’apaisement n’a jamais été le chemin vers une paix juste et durable ». Il a appelé les dirigeants occidentaux à ne pas faire pression sur Zelensky pour des concessions territoriales. Il a insisté sur le fait que c’est la Russie qui doit être mise sous pression, pas l’Ukraine.
D’autres voix s’élèvent également. Des historiens rappellent les leçons de Munich. Des experts en sécurité internationale avertissent des dangers d’un précédent ukrainien. Des organisations de défense des droits humains dénoncent les crimes de guerre russes et appellent à la justice, pas à l’impunité. Ces voix sont importantes. Elles rappellent que la paix ne peut pas être construite sur l’injustice. Qu’un accord qui récompense l’agresseur n’est pas une paix, c’est une capitulation. Qu’il existe des principes qui ne se négocient pas — la souveraineté, l’intégrité territoriale, le droit international. Mais ces voix sont-elles assez fortes pour contrer la fatigue de l’opinion publique et le pragmatisme cynique de Trump ? C’est la question qui se pose aujourd’hui. C’est la bataille qui se joue dans les médias, dans les parlements, dans les rues.
Ces voix dissidentes me donnent de l’espoir. Elles me montrent qu’il existe encore des gens qui refusent de céder, qui refusent d’accepter l’inacceptable. Des gens qui comprennent que certaines choses valent la peine de se battre. Que la liberté ne se négocie pas. Que la justice ne se marchande pas. Que la dignité ne se vend pas. Ces voix sont notre dernier rempart contre le cynisme et l’apaisement. Si elles se taisent, si elles sont étouffées par la fatigue et le pragmatisme, alors tout est perdu. Alors l’Ukraine sera sacrifiée. Et avec elle, l’ordre international que nous avons construit après 1945.

Conclusion : le choix qui nous définira
Un moment de vérité
Nous sommes à un moment de vérité. Un moment qui définira notre époque. Un moment qui dira qui nous sommes vraiment. Sommes-nous prêts à défendre nos valeurs, ou sommes-nous prêts à les sacrifier pour un peu de confort ? Sommes-nous prêts à tenir tête aux dictateurs, ou sommes-nous prêts à les apaiser en espérant qu’ils se contenteront de ce qu’on leur donne ? Sommes-nous prêts à payer le prix de la liberté, ou sommes-nous prêts à accepter la servitude pour éviter les sacrifices ? Ce sont des questions fondamentales. Des questions qui vont au cœur de ce que signifie être une démocratie. Des questions auxquelles nous devons répondre maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Parce que si nous choisissons mal, si nous acceptons de sacrifier l’Ukraine, nous le regretterons. Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain, mais nous le regretterons.
Pavlo Martsenyuk a posé la question qui résume tout : « Combien de plus pouvons-nous donner ? » Cette question s’adresse aux Ukrainiens, mais elle s’adresse aussi à nous. Combien de plus sommes-nous prêts à donner pour défendre la liberté ? Combien de plus sommes-nous prêts à sacrifier pour maintenir l’ordre international ? Combien de plus sommes-nous prêts à payer pour arrêter les dictateurs ? Ce sont des questions difficiles. Des questions qui n’ont pas de réponses faciles. Mais ce sont des questions auxquelles nous devons répondre. Parce que si nous ne répondons pas, si nous laissons Trump décider pour nous, alors nous aurons abandonné non seulement l’Ukraine, mais aussi nous-mêmes. Nous aurons trahi nos valeurs. Nous aurons renoncé à ce qui nous définit en tant que sociétés libres et démocratiques.
Je ne sais pas comment cette histoire va se terminer. Je ne sais pas si l’Ukraine tiendra bon. Je ne sais pas si l’Occident trouvera le courage de la soutenir jusqu’au bout. Je ne sais pas si Trump réussira à imposer son plan catastrophique. Mais je sais une chose : nous serons jugés sur nos choix. L’histoire nous jugera. Nos enfants nous jugeront. Et si nous choisissons de sacrifier l’Ukraine, si nous choisissons l’apaisement plutôt que la résistance, si nous choisissons le confort plutôt que la justice, alors nous aurons échoué. Nous aurons échoué en tant que génération. Nous aurons échoué en tant que civilisation. Et nous porterons cette honte pour toujours.

L’appel de Pavlo
Revenons à Pavlo Martsenyuk, ce soldat aveugle qui se reconstruit dans l’hôpital Unbroken de Lviv. Il dit qu’il ne veut pas de pitié, mais de compréhension. Il dit que le monde ne comprend pas vraiment ce que vivent les Ukrainiens. Il a raison. Nous ne comprenons pas. Nous ne pouvons pas comprendre. Parce que nous n’avons pas vécu ce qu’ils ont vécu. Nous n’avons pas vu nos villes détruites. Nous n’avons pas perdu nos proches dans des bombardements. Nous n’avons pas passé des nuits entières dans des abris anti-aériens. Nous n’avons pas été forcés de fuir nos maisons. Nous n’avons pas sacrifié nos yeux, nos membres, nos vies pour défendre notre pays. Mais même si nous ne pouvons pas comprendre pleinement, nous pouvons au moins essayer. Nous pouvons au moins écouter. Nous pouvons au moins respecter leur sacrifice. Et nous pouvons refuser de le trahir en acceptant un accord qui récompense l’agresseur.
Pavlo demande : « Combien de plus pouvons-nous donner ? » La réponse devrait être : « Vous avez déjà trop donné. Vous ne devriez pas avoir à donner plus. » Mais la réalité est plus cruelle. La réalité, c’est que l’Ukraine devra peut-être donner encore plus. Parce que Poutine ne s’arrêtera pas. Parce que Trump est prêt à la sacrifier. Parce que l’Occident est fatigué. Mais même si l’Ukraine doit donner encore plus, même si elle doit continuer à se battre, même si elle doit continuer à saigner, elle ne devrait pas avoir à le faire seule. Nous devrions être à ses côtés. Nous devrions la soutenir. Nous devrions lui donner les moyens de se défendre. Nous devrions lui montrer qu’elle n’est pas seule. Que nous n’avons pas oublié. Que nous ne l’abandonnerons pas. C’est le moins que nous puissions faire. C’est notre devoir moral. C’est notre responsabilité historique.
Pavlo Martsenyuk ne me quittera pas. Son visage reconstruit, ses yeux perdus, sa question déchirante — tout cela restera gravé dans ma mémoire. Parce qu’il incarne tout ce que cette guerre a de plus terrible et de plus noble. La souffrance et le courage. Le sacrifice et la résistance. La perte et l’espoir. Si nous abandonnons Pavlo, si nous abandonnons l’Ukraine, nous nous abandonnerons nous-mêmes. Nous abandonnerons tout ce qui fait de nous des êtres humains dignes de ce nom. Alors non, nous ne pouvons pas accepter le plan Trump. Nous ne pouvons pas accepter de sacrifier l’Ukraine. Nous ne pouvons pas accepter de récompenser l’agression. Nous devons tenir bon. Pour Pavlo. Pour l’Ukraine. Pour nous-mêmes. Pour l’avenir que nous voulons construire. Un avenir basé sur la justice, pas sur la force. Sur le droit, pas sur la violence. Sur la liberté, pas sur la servitude. C’est notre choix. C’est notre responsabilité. C’est notre moment de vérité.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/quand-trump-marchande-la-terre-ukrainienne-un-soldat-aveugle-demande-jusqu-o%C3%B9-devrons-nous-c%C3%A9der/ar-AA1SL5MB

Écrit par : Allusion | 21/12/2025

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Des pages noires et un président muet
Vendredi 19 décembre 2025. Le ministère de la Justice américain publie enfin les documents tant attendus sur l’affaire Jeffrey Epstein. Après des mois d’atermoiements, après des promesses répétées, après une loi votée sous la pression du Congrès. Mais voilà. Ce qui devait être une révélation historique se transforme en mascarade. Des milliers de pages caviardées. Des photos supprimées quelques heures après leur mise en ligne. Un document judiciaire entièrement noirci sur cent dix-neuf pages. Cent dix-neuf pages d’encre noire, comme un trou béant dans la vérité. L’administration Trump nie toute tentative de dissimulation. Pourtant, les faits parlent d’eux-mêmes. Les victimes crient leur déception. Les élus, démocrates comme républicains, dénoncent une manipulation. Et le président, lui, reste silencieux.
Cette affaire remonte à 2019, quand le monde découvre l’ampleur des crimes de ce financier milliardaire new-yorkais. Plus de mille victimes présumées. Des mineures exploitées pendant des décennies. Un réseau tentaculaire impliquant des personnalités du monde entier. Donald Trump, Bill Clinton, le prince Andrew, des stars du cinéma, de la musique, des affaires. Tous ont côtoyé Epstein à un moment ou un autre. Tous jurent n’avoir rien su. Tous affirment avoir coupé les ponts avant que la justice ne s’en mêle. Mais aujourd’hui, alors que la transparence était promise, c’est l’opacité qui règne. Les documents publiés le 19 décembre soulèvent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses. Et cette publication partielle, largement expurgée, ressemble davantage à une opération de communication qu’à un exercice de vérité.
Je regarde ces pages noircies et quelque chose se brise en moi. Pas de la colère, non. Quelque chose de plus profond. Une lassitude face à cette mécanique du mensonge institutionnel. Ces femmes ont attendu des années. Des années pour que leurs témoignages soient entendus, pour que la vérité éclate, pour que les puissants répondent de leurs actes. Et qu’obtiennent-elles ? De l’encre noire. Des rectangles qui cachent des noms, des visages, des preuves. On leur dit que c’est pour les protéger. Mais qui protège-t-on vraiment ? Les victimes ou les coupables ? Je pense à Marina Lacerda, à Jess Michaels, à toutes ces femmes qui ont eu le courage de parler. Leur déception n’est pas qu’une émotion. C’est une trahison de plus dans une longue série de trahisons.

Une promesse brisée dès le premier jour
La loi était pourtant claire. Le ministère de la Justice devait publier l’intégralité du dossier avant minuit dans la nuit du 19 au 20 décembre. Une échéance fixée par le Congrès, votée sous la pression d’élus des deux bords, promulguée par Trump lui-même en novembre après des mois de résistance. Le président avait d’abord promis durant sa campagne électorale de tout dévoiler. Puis il avait fait volte-face, parlant d’un canular orchestré par les démocrates. Finalement, face à la pression de sa propre base électorale et de membres de son parti, il avait cédé. Mais céder en apparence ne signifie pas céder en réalité. Car ce qui a été publié vendredi n’est qu’une fraction du dossier. Des milliers de photos, de vidéos, de documents, certes. Mais combien manquent à l’appel ? Combien ont été retenus ? Combien ont été caviardés au point de devenir illisibles ?
Le lendemain, samedi 20 décembre, la situation empire. Au moins seize fichiers disparaissent du site du ministère de la Justice. Parmi eux, une photo montrant diverses images disposées sur un meuble et dans un tiroir. Sur l’une de ces images, on distingue Donald Trump. La photo est retirée. Les médias s’emparent de l’affaire. L’opposition démocrate crie au scandale. Chuck Schumer, chef des sénateurs démocrates, tonne : s’ils suppriment cette information, imaginez tout ce qu’ils essaient de cacher. Il pourrait s’agir de l’une des plus grandes affaires de dissimulation de l’histoire américaine. Le ministère se défend. Todd Blanche, numéro deux du département et ancien avocat personnel de Trump, explique que des préoccupations concernant des femmes présentes sur le cliché ont motivé le retrait. Dimanche, la photo est finalement republiée sans modification ni expurgation. Mais le mal est fait. La confiance est rompue.
Il y a quelque chose d’obscène dans cette danse macabre. On publie, on retire, on republie. On explique, on se justifie, on minimise. Pendant ce temps, les victimes attendent. Elles attendent que justice soit faite. Elles attendent que les noms soient révélés. Elles attendent que les puissants tombent. Mais les puissants ne tombent jamais vraiment, n’est-ce pas ? Ils ont des avocats, des communicants, des alliés au sommet de l’État. Ils ont le pouvoir d’effacer, de caviader, de faire disparaître. Et nous, spectateurs impuissants de cette mascarade, nous regardons en nous demandant si la vérité finira un jour par éclater.

Section 2 : L'architecture de l'autoritarisme
Le démantèlement méthodique des garde-fous
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter aux premiers jours du second mandat de Trump. Dès son retour au pouvoir, l’administration a lancé une offensive méthodique contre tous les mécanismes de contrôle et de surveillance des agences fédérales. Le Bureau des droits civils et des libertés civiles (CRCL), créé par le Congrès après le 11 septembre 2001, était l’un des rares organes capables d’enquêter sur les abus commis par les agents du DHS. Composé principalement de juristes, ce bureau traitait des milliers de plaintes chaque année — 3000 rien qu’en 2023. Allégations de viol, fouilles illégales, manque d’accès aux soins médicaux, agressions sexuelles dans les centres de détention. Le CRCL enquêtait, documentait, transmettait les cas les plus graves au Département de la Justice. Il retardait des expulsions précipitées, garantissait l’accès des détenus aux téléphones et aux avocats. Certes, ses pouvoirs étaient limités. Mais il existait. Il fonctionnait. Il protégeait, tant bien que mal, les droits fondamentaux. Environ 600 plaintes étaient en cours d’examen quand le travail a été brutalement suspendu.
L’administration Trump a vidé le bureau de sa substance. Licenciements massifs. Réorganisation. Mise au placard. Ce qu’il en reste a été confié, pendant un temps, à un jeune homme de 29 ans nommé par la Maison Blanche, un contributeur du Projet 2025, ce plan directeur de l’extrême droite qui appelle ouvertement à la restriction de l’application des droits civils. Le message est clair : la surveillance, c’est fini. Les garde-fous, terminés. Les enquêtes sur les abus, oubliées. Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure choisie par Trump, a justifié cette purge en affirmant que le CRCL fonctionnait « comme des adversaires internes qui ralentissaient les opérations ». Ralentir les opérations. Autrement dit, empêcher les abus. Garantir le respect de la loi. Protéger les droits humains. Voilà ce qui est désormais considéré comme un obstacle à éliminer. Trump a également supprimé le Bureau du médiateur du département des services de citoyenneté et d’immigration, chargé de signaler les conditions inhumaines dans les centres de détention de l’ICE. Ce bureau a été rétabli suite à une action en justice, mais il ne dispose que de très peu de personnel. Symbolique, mais impuissant.

L’explosion des moyens sans contrôle
Pendant que les mécanismes de surveillance sont démantelés, l’ICE bénéficie d’une manne financière sans précédent. Le budget annuel de fonctionnement de l’agence s’élève déjà à 10 milliards de dollars. Mais ce n’est pas suffisant pour Trump. La loi dite « One Big Beautiful Bill » a ajouté 7,5 milliards de dollars supplémentaires par an pour les quatre prochaines années, uniquement pour le recrutement et la fidélisation du personnel. Dans le cadre de cette campagne de recrutement éclair, l’ICE a abandonné les critères d’âge, de formation et d’éducation. Les primes à la signature peuvent atteindre 50 000 dollars. Le Centre fédéral de formation des forces de l’ordre se prépare à accueillir 11 000 nouvelles recrues d’ici le début de l’année prochaine. La formation a été « rationalisée et améliorée grâce à la technologie », selon la porte-parole du DHS, Tricia McLaughlin. Rationalisée. Autrement dit, raccourcie. Simplifiée. Allégée. On recrute en masse, on forme vite, on déploie immédiatement. Peu importe la qualité. Peu importe l’expérience. Peu importe la formation aux droits civils. L’objectif, c’est le nombre. La quantité. La force de frappe.
Un ancien haut fonctionnaire du DHS, s’exprimant sous couvert d’anonymat par crainte de représailles, résume la situation avec une clarté glaçante : « On booste cette agence chargée de l’application de la loi et en même temps, on en supprime le contrôle. C’est terriblement effrayant. » Michelle Brané, avocate spécialisée dans les droits humains qui a dirigé le bureau du médiateur du DHS sous l’administration Biden, va plus loin : « L’adhésion de Trump à un modèle autoritaire n’est même pas subtile. L’ICE, qui est leur police secrète, est leur outil. Une fois qu’ils ont ce pouvoir, ce qui est le cas aujourd’hui, il n’y a plus rien qui puisse les empêcher de s’en servir à l’encontre des citoyens. » Des citoyens. Pas seulement des immigrés sans papiers. Des citoyens américains. Parce que oui, l’ICE a déjà arrêté des citoyens américains par erreur. Parce que oui, des élus ont été menottés. Parce que oui, la ligne entre application de la loi sur l’immigration et répression politique devient de plus en plus floue. Et c’est précisément ce qui terrifie les experts de l’autoritarisme.
Vous voulez savoir ce qui me fait vraiment peur ? Ce n’est pas tant ce qui se passe aujourd’hui. C’est ce qui pourrait se passer demain. Parce qu’une fois qu’on a créé une force de police fédérale sans contrôle, sans surveillance, sans comptes à rendre, on peut l’utiliser contre n’importe qui. Aujourd’hui, ce sont les immigrés. Demain ? Les manifestants ? Les journalistes ? Les opposants politiques ? L’histoire nous a appris, encore et encore, que les régimes autoritaires commencent toujours par cibler un groupe marginalisé. Et puis, progressivement, inexorablement, le cercle s’élargit. Jusqu’à ce que personne ne soit plus en sécurité. Jusqu’à ce que la peur devienne la norme. Jusqu’à ce que l’arbitraire remplace l’État de droit. C’est ça, le vrai danger. Pas juste les raids d’aujourd’hui. Mais la machine qui est en train de se mettre en place. Une machine qui pourra être utilisée contre n’importe qui, n’importe quand, pour n’importe quelle raison.

Section 3 : Les méthodes qui font froid dans le dos
Le masque comme symbole de l’impunité
Les agents de l’ICE portent des masques. Systématiquement. Pas pour se protéger du Covid — cette excuse ne tient plus en 2025. Non, ils portent des masques pour une raison beaucoup plus sinistre : l’anonymat. L’impossibilité d’être identifiés. L’impunité totale. David Sklansky, professeur à la faculté de droit de Stanford qui mène des recherches sur les forces de l’ordre et la démocratie, le dit sans détour : « Ce n’est pas seulement que les gens ne peuvent pas voir le visage des agents. Les agents ne portent ni insigne d’épaule ni badge nominatif. » Rien. Aucun moyen de savoir qui ils sont. Aucun moyen de les identifier en cas d’abus. Aucun moyen de porter plainte contre un agent spécifique. C’est délibéré. C’est calculé. C’est la garantie de l’impunité absolue. Le juge de district William G. Young, nommé par Ronald Reagan — un conservateur, donc — a récemment souligné dans une décision cinglante que l’utilisation d’agents masqués était depuis longtemps considérée comme un anathème aux États-Unis. « Pour nous, les masques sont associés à des desperados trouillards et au méprisable Ku Klux Klan. Dans toute notre histoire, nous n’avons jamais toléré une police secrète armée et masquée. »
Mais l’administration Trump s’en moque. Elle a même encouragé le port du masque. McLaughlin, la porte-parole du DHS, justifie cette pratique en affirmant que les agents portent des masques « pour se protéger contre des gangs très sophistiqués ». Une excuse qui ne convainc personne. Parce que si c’était vraiment une question de sécurité, pourquoi ne pas porter des cagoules de protection standard avec des numéros d’identification visibles ? Pourquoi refuser de s’identifier clairement ? Pourquoi opérer dans des véhicules sans plaque d’immatriculation ou avec des plaques d’autres États ? Non, la vérité est beaucoup plus simple et beaucoup plus effrayante : les masques sont là pour garantir l’anonymat. Pour empêcher toute forme de responsabilisation. Pour créer un climat de terreur où personne ne sait vraiment qui sont ces hommes armés qui débarquent en plein jour. L’administration Trump a fait appel de la décision du juge Young. Elle veut continuer à utiliser des agents masqués. Elle veut préserver cette impunité. Elle veut maintenir cette terreur.

Les raids qui ressemblent à des enlèvements
Le 1er avril 2025, dans le comté de Hays, au Texas, non loin d’Austin, l’ICE a appréhendé 47 personnes, dont neuf enfants, lors d’une fête d’anniversaire au petit matin. L’agence a décrit l’opération comme faisant partie d’une enquête d’un an ciblant « des membres et des associés supposés faire partie du gang transnational vénézuélien, Tren de Aragua ». Six mois plus tard, le juge du comté Ruben Becerra, un démocrate, déclare à ProPublica que le gouvernement fédéral a refusé de répondre à ses demandes d’explications. « Nous ne savons pas pourquoi ils les ont emmenés, ni où ils les ont emmenés. Par définition, il s’agit d’un enlèvement. » Un policier du Texas a obtenu un mandat de perquisition sous prétexte de suspicion de drogue, permettant aux forces de l’ordre de pénétrer dans la maison, une location Airbnb. Becerra pense que cette suspicion n’était qu’un prétexte pour faire sortir les gens afin que les agents de l’ICE, qui n’avaient pas de mandat, puissent les mettre en garde à vue. L’administration Trump n’a toujours pas fourni de preuves à l’appui des allégations d’implication de gangs. Karen Muñoz, avocate spécialisée dans les droits civils, le confirme : « Il n’y a aucune preuve que les personnes enlevées lors de cette fête soient membres d’un groupe criminel organisé. »
Ce schéma se répète partout. Des raids basés sur des prétextes douteux. Des arrestations massives sans preuves solides. Des familles séparées. Des enfants traumatisés. Et surtout, une opacité totale. Les familles ne savent pas où leurs proches ont été emmenés. Les avocats ne peuvent pas les contacter. Les élus locaux n’obtiennent aucune réponse. Le système judiciaire est submergé. Les centres de détention débordent. L’administration Trump a même lancé une expansion agressive des sites de détention, avec des noms qui trahissent des conditions difficiles : « Alligator Alcatraz » dans les Everglades de Floride, construit par l’État et géré en partenariat avec le DHS, ou la « Taule écorcheuse de maïs » dans le Nebraska. Des noms qui sonnent comme des menaces. Des noms qui annoncent la couleur. Des prisons pour immigrants, construites à la hâte, sans surveillance adéquate, sans garanties de respect des droits humains. Le Bureau du médiateur qui était censé signaler les conditions inhumaines a été vidé de sa substance. Qui va surveiller ces nouveaux centres ? Personne. Qui va s’assurer que les détenus ne sont pas maltraités ? Personne. Qui va garantir leurs droits ? Personne.
Une fête d’anniversaire. Laissez-moi répéter ça. Une fête d’anniversaire. Des familles réunies pour célébrer. Et soudain, au petit matin, des hommes armés débarquent. Ils arrêtent 47 personnes. Dont neuf enfants. Neuf enfants. Et six mois plus tard, personne ne sait vraiment pourquoi. Personne ne peut prouver qu’il y avait des membres de gangs. Personne ne peut justifier cette opération. Mais les gens sont toujours détenus. Ou déportés. Ou disparus dans le système. Et leurs familles vivent l’enfer. C’est ça, l’Amérique de Trump. C’est ça, la « loi et l’ordre ». Des raids arbitraires. Des arrestations sans preuves. Des familles détruites. Et une administration qui refuse de rendre des comptes. Qui refuse de s’expliquer. Qui refuse même de dire où sont les gens qu’elle a arrêtés. Comment peut-on appeler ça autrement qu’un enlèvement ?

Section 4 : Le manuel de l'autoritarisme appliqué
Quand les experts sonnent l’alarme
Erica Frantz, politologue à l’université de l’État du Michigan qui étudie l’autoritarisme, ne mâche pas ses mots : « Nous nous retrouvons dans une situation choquante que personne n’avait anticipée il y a un an. Nous aurions pu penser que nous allions assister à un glissement, mais je ne pense pas que quiconque ait anticipé la rapidité avec laquelle cela se produirait, et maintenant les gens à tous les niveaux se démènent pour trouver un moyen de riposter. » La rapidité. C’est le mot clé. En quelques mois seulement, l’administration Trump a réussi à mettre en place une infrastructure autoritaire que d’autres régimes mettent des années à construire. Démantèlement des garde-fous. Augmentation massive des moyens. Encouragement à l’anonymat. Impunité garantie. Raids spectaculaires. Terreur généralisée. Tout est allé très vite. Trop vite. Et maintenant, les experts qui étudient les systèmes autoritaires dans d’autres pays reconnaissent les mêmes schémas aux États-Unis. Lee Morgenbesser, professeur australien de sciences politiques spécialisé dans l’autoritarisme, explique ce qui l’a alerté : « Ce qui m’a amené à me demander si l’ICE n’était pas une force de police secrète, c’est l’enlèvement en plein jour de l’étudiante de Tufts. »
Il fait référence à Rümeysa Öztürk, doctorante à l’université de Tufts, qui a été appréhendée après avoir co-écrit un article d’opinion pour le journal du campus critiquant la réaction de l’école à la guerre de Gaza. L’ICE l’a détenue au secret pendant 24 heures, puis l’a fait transiter par trois États avant de l’emprisonner en Louisiane. Une étudiante. Une intellectuelle. Arrêtée pour avoir exprimé une opinion critique. Détenue au secret. Transférée à travers le pays. Emprisonnée loin de tout soutien juridique ou familial. C’est exactement le type de tactique utilisée par les régimes autoritaires pour intimider les dissidents. Morgenbesser a également été frappé par les cas très médiatisés où l’ICE a détenu des élus qui tentaient de se mettre en travers de son chemin. Brad Lander, contrôleur de la ville de New York, a été arrêté pour avoir demandé un mandat judiciaire à l’ICE. Le sénateur américain Alex Padilla a été expulsé de force d’une conférence de presse du DHS. Des élus. Des représentants du peuple. Menottés. Expulsés. Humiliés. Pour avoir osé demander des comptes. Pour avoir osé exiger le respect de la loi. Pour avoir osé défendre leurs électeurs.

Les parallèles avec les dictatures
Frantz et d’autres chercheurs qui étudient les systèmes politiques antidémocratiques dans d’autres pays affirment qu’il existe de nombreux exemples où les activités de l’ICE semblent tirées tout droit d’un manuel de l’autoritarisme. La détention d’opposants politiques ou de voix critiques. L’utilisation d’agents masqués et anonymes. L’absence de transparence sur les lieux de détention. Les transferts de détenus loin de leurs avocats et de leurs familles. L’intimidation des élus qui tentent de s’opposer. La création d’un climat de peur généralisée. Tous ces éléments sont des caractéristiques classiques des régimes autoritaires. Et tous sont désormais présents aux États-Unis. L’ancien haut fonctionnaire du DHS qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat a dressé une liste glaçante : « Aborder des gens à la sortie de leur audience au tribunal de l’immigration, alors même qu’ils y étaient convoqués, puis les emmener dans une prison pour immigrants au milieu du pays, où ils ne peuvent pas voir leurs proches ni parler à un avocat. Des groupes d’hommes masqués arrêtent des gens en plein jour dans la rue et les emmènent. Ils font disparaître des gens vers un pays tiers, vers une prison où il y a des preuves de tortures graves et de violations des droits humains. »
Cet ancien fonctionnaire a marqué une pause avant d’ajouter : « Nous sommes à un tournant de l’histoire et c’est effrayant. » Un tournant de l’histoire. Pas une simple dérive. Pas un accident. Un tournant. Un moment où tout bascule. Où les lignes rouges sont franchies. Où les principes fondamentaux sont abandonnés. Où la démocratie cède la place à l’autoritarisme. Et le plus terrifiant, c’est que tout cela se passe au grand jour. L’ICE invite même des influenceurs conservateurs des médias sociaux à accompagner ses agents lors de raids très médiatisés. C’est du spectacle. De la propagande. Une démonstration de force destinée à intimider. À terroriser. À soumettre. Mais derrière ce spectacle, il y a une réalité beaucoup plus sombre : une agence fédérale qui opère dans l’opacité totale, sans surveillance, sans contrôle, sans limites. Une agence dont les agents peuvent faire pratiquement n’importe quoi sans craindre de conséquences. Une agence qui est devenue, de fait, une police secrète.
Vous savez ce qui me hante ? C’est cette phrase de l’ancien fonctionnaire du DHS : « Nous sommes à un tournant de l’histoire. » Parce qu’il a raison. On n’est pas en train d’assister à une simple politique d’immigration plus stricte. On n’est pas en train de voir une application plus ferme de la loi. Non. On est en train d’assister à la transformation des États-Unis en quelque chose de fondamentalement différent. En quelque chose qui ressemble de plus en plus aux régimes que l’Amérique prétendait combattre. Et ça se passe maintenant. Sous nos yeux. En temps réel. Les experts de l’autoritarisme tirent la sonnette d’alarme. Les anciens responsables de la sécurité nationale sont terrifiés. Les juristes sont horrifiés. Mais l’administration Trump continue. Imperturbable. Déterminée. Convaincue de son bon droit. Et pendant ce temps, la démocratie américaine se fissure. Se craquelle. S’effrite.

Section 5 : Les victimes de la machine
Downey, ou quand les citoyens se rebellent
Le 12 juin 2025, Melyssa Rivas, 31 ans, fille d’immigrants mexicains, venait de commencer sa journée de travail à Downey, une banlieue de Los Angeles que les habitants appellent le « Beverly Hills mexicain » en raison de ses maisons somptueuses et de ses familles hispaniques aisées. Soudain, un collègue fait irruption dans son bureau : « L’ICE est là. » Rivas appartient à des groupes Facebook où les résidents partagent des informations sur les festivals culturels, les programmes paroissiaux et, ces derniers temps, la présence des soldats de Trump chargés des expulsions. Elle avait vu des messages concernant les agents de l’ICE balayant Los Angeles. Elle s’est dit que le tour de Downey était arrivé. Elle et son collègue se sont précipités vers le bruit des cris à une intersection voisine. Rivas a appuyé sur « enregistrement » sur son téléphone alors qu’un demi-cercle de camions et de camionnettes apparaissait. Elle a filmé au moins une demi-douzaine d’hommes masqués portant des vestes de camouflage qui encerclaient un homme hispanique à genoux. Son incompréhension augmentait au fur et à mesure qu’elle enregistrait des détails qui « ne semblaient pas coller ». Les camionnettes garées portaient des plaques d’immatriculation d’un autre État ou n’avaient pas de plaque. Les hommes armés ne portaient que des écussons génériques de « police » et la plupart étaient en tenue de ville. Aucun insigne visible ne les identifiait.
« Depuis quand avons-nous décidé de faire les choses différemment ? Il y a une procédure régulière, il y a une voie légale, et cela ne semble plus avoir d’importance », a déclaré Rivas lors d’une interview. « Où sont passés les droits humains ? » Les images vidéo montrent Rivas et d’autres personnes fustigeant les agents, leur reprochant d’être complices de ce qu’ils ont qualifié d' »enlèvement ». Les chaînes d’information locales ont ensuite indiqué que les véhicules avaient pris l’homme en chasse après une descente dans une station de lavage voisine. « Je sais que la moitié d’entre vous les gars, sait que c’est du grand n’importe quoi », a déclaré Rivas aux officiers. Et puis, quelque chose d’inattendu s’est produit. Quelques instants plus tard, la scène a pris une autre tournure. Aussi soudainement qu’ils étaient arrivés, les agents ont regagné leurs véhicules et sont partis, sans présenter d’excuses ni donner d’explications à l’homme désemparé qu’ils ont laissé sur le trottoir. À travers son masque, l’un d’eux a dit : « Bonne journée. » Cette intervention citoyenne a eu un effet. Les agents sont partis. L’homme n’a pas été arrêté. Mais combien de fois cela peut-il fonctionner ? Combien de fois les citoyens peuvent-ils s’interposer avant que la situation ne dégénère ?

La peur qui paralyse les communautés
Des mois après les raids largement médiatisés de l’ICE, la peur continue de régner sur Santa Ana, une ville à majorité hispanique qui compte une importante population immigrée. La maire Amezcua a déclaré que les raids avaient compliqué le travail de la police locale et que les parents avaient peur d’aller chercher leurs enfants à l’école. Le gérant municipal, citoyen californien et latino, garde toujours sur lui trois cartes d’identité gouvernementales, dont un passeport. Les descentes dans les stations de lavage de voitures et les immeubles d’habitation se poursuivent, mais la communauté a commencé à « riposter », a déclaré Amezcua. « Comme dans beaucoup d’autres communautés, les voisins réagissent. Les gens s’arrêtent au milieu de la circulation. » Avec si peu de contrôles institutionnels sur les pouvoirs de l’ICE, les citoyens s’en remettent de plus en plus à eux-mêmes. Mais cette résistance citoyenne a ses limites. Elle ne peut pas remplacer un système judiciaire fonctionnel. Elle ne peut pas remplacer des mécanismes de surveillance institutionnels. Elle ne peut pas garantir le respect des droits fondamentaux. Et surtout, elle expose les citoyens qui osent s’interposer à des risques considérables.
La peur s’est installée dans des dizaines de villes à travers le pays. À Chicago, les raids de l’ICE sont devenus encore plus violents qu’à Santa Ana. Des portes défoncées. Des fenêtres brisées. Des familles terrorisées. À New York, des agents de l’ICE attendent à la sortie des tribunaux d’immigration pour arrêter des personnes qui se présentaient à leurs audiences, respectant ainsi la loi. À travers tout le pays, les communautés immigrées vivent dans la terreur. Les gens ont peur de sortir de chez eux. Peur d’aller travailler. Peur d’emmener leurs enfants à l’école. Peur de se rendre à leurs rendez-vous médicaux. Peur de faire leurs courses. La peur est devenue la norme. Et c’est exactement ce que recherche l’administration Trump. Créer un climat de terreur tel que les gens se soumettent. Qu’ils n’osent plus résister. Qu’ils acceptent l’inacceptable. Qu’ils renoncent à leurs droits. Qu’ils abandonnent toute idée de justice. Mais cette stratégie a un coût. Un coût humain terrible. Des familles détruites. Des enfants traumatisés. Des communautés brisées. Et un coût pour la démocratie américaine elle-même.
Melyssa Rivas est une héroïne. Voilà, je l’ai dit. Cette femme de 31 ans qui a sorti son téléphone, qui a filmé, qui a confronté ces agents masqués, qui a refusé de se taire — c’est une héroïne. Parce qu’elle a fait ce que trop peu de gens osent faire : elle a résisté. Elle a dit non. Elle a refusé d’accepter l’inacceptable. Et vous savez quoi ? Ça a marché. Les agents sont partis. L’homme n’a pas été arrêté. Mais combien de Melyssa Rivas faut-il pour contrer une machine de répression de plusieurs milliards de dollars ? Combien de citoyens courageux pour compenser l’absence totale de contrôle institutionnel ? Et surtout, combien de temps avant que cette résistance citoyenne ne soit elle-même réprimée ? Parce que ne nous y trompons pas : si l’administration Trump continue sur cette lancée, ceux qui osent filmer, ceux qui osent s’interposer, ceux qui osent résister deviendront les prochaines cibles.

Section 6 : La réponse de l'administration
Le déni et la contre-attaque
Face aux accusations de plus en plus nombreuses, l’administration Trump a choisi la stratégie du déni total et de la contre-attaque agressive. Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe aux affaires publiques du DHS, a réfuté les descriptions de l’ICE comme étant une force de police secrète. Elle a qualifié ces comparaisons de « diffamation et de diabolisation » qui ont conduit à la récente attaque d’un centre de l’ICE au Texas, au cours de laquelle un homme armé a pris pour cible un fourgon de transport de l’ICE et a abattu trois migrants détenus, dont deux mortellement, avant de se suicider. Dans une réponse écrite à ProPublica, McLaughlin a qualifié les responsables de la sécurité nationale, anciens et actuels, et les universitaires interrogés par ProPublica de « socialistes caviar-champagne d’extrême gauche » qui n’ont jamais vu de près les opérations de l’ICE. « Si cela avait été le cas, écrit-elle, ils sauraient que lorsque nos héroïques agents des forces de l’ordre mènent des opérations, ils s’identifient clairement comme des agents des forces de l’ordre tout en portant des masques pour se protéger contre des gangs très sophistiqués » et d’autres criminels. Une affirmation qui contredit directement les témoignages de dizaines de témoins, les enregistrements d’appels d’urgence et les vidéos filmées lors des raids.
La porte-parole de la Maison Blanche, Abigail Jackson, a également salué la conduite de l’ICE et a accusé les démocrates de se livrer à des « calomnies dangereuses et mensongères ». « Les agents de l’ICE agissent héroïquement pour faire respecter la loi, arrêter les clandestins criminels et protéger les communautés américaines avec le plus grand professionnalisme, a déclaré Jackson. Tous ceux qui pointent du doigt les agents des forces de l’ordre plutôt que les criminels ne font qu’obéir aux ordres des étrangers en situation irrégulière et alimentent des récits erronés qui mènent à la violence. » Cette rhétorique est révélatrice. L’administration refuse catégoriquement toute critique. Elle rejette toute remise en question. Elle attaque ceux qui osent documenter les abus. Elle inverse la responsabilité, accusant les critiques de l’ICE d’être responsables de la violence contre les agents. C’est une tactique classique des régimes autoritaires : diaboliser les opposants, rejeter toute critique comme étant de la propagande ennemie, se présenter comme les victimes alors qu’on est les bourreaux.

La justification par la nécessité
Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure choisie par Trump pour licencier la quasi-totalité du personnel chargé de la surveillance des droits civils, a déclaré que cette mesure était une réponse au fait que les CRCL fonctionnaient « comme des adversaires internes qui ralentissaient les opérations », selon un porte-parole du DHS. Ralentir les opérations. Voilà l’argument. Les mécanismes de protection des droits civils ralentissaient les opérations. Ils empêchaient l’ICE d’agir aussi rapidement, aussi brutalement, aussi efficacement qu’elle le souhaitait. Donc, il fallait les éliminer. C’est la logique de l’efficacité au détriment des droits. La logique de la fin qui justifie les moyens. La logique autoritaire par excellence. McLaughlin a également affirmé que la campagne de recrutement éclair ne compromettait en rien les exigences. Elle a écrit que le Centre fédéral de formation des forces de l’ordre était prêt à accueillir 11 000 nouvelles recrues d’ici le début de l’année prochaine et que la formation avait été « rationalisée et améliorée grâce à la technologie ». « Notre personnel ne cesse jamais d’apprendre », a écrit McLaughlin. Des mots rassurants. Des promesses vides. Parce que la réalité sur le terrain contredit totalement ces affirmations.
Les témoignages s’accumulent. Les vidéos se multiplient. Les enregistrements d’appels d’urgence ne mentent pas. Les agents de l’ICE opèrent avec une brutalité et une impunité qui n’ont rien à voir avec un « professionnalisme exemplaire ». Ils défoncent des portes sans mandat. Ils arrêtent des gens sans raison valable. Ils refusent de s’identifier. Ils portent des masques pour garantir leur anonymat. Ils transfèrent des détenus à des milliers de kilomètres pour les couper de tout soutien juridique. Ils détiennent des gens au secret pendant des heures, parfois des jours. Ils séparent des familles. Ils traumatisent des enfants. Et quand on les confronte à ces faits, l’administration Trump nie. Attaque. Accuse. Mais ne change rien. Au contraire, elle intensifie. Elle recrute plus. Elle dépense plus. Elle raid plus. Elle arrête plus. Elle déporte plus. La machine tourne à plein régime. Et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ni les critiques. Ni les manifestations. Ni les actions en justice. Ni les décisions de juges. Rien.
Vous avez remarqué ? L’administration Trump ne répond jamais vraiment aux accusations. Elle ne fournit jamais de preuves. Elle ne justifie jamais ses actions de manière concrète. Non, elle attaque. Elle insulte. Elle diabolise. Les experts qui critiquent l’ICE ? Des « socialistes caviar-champagne d’extrême gauche ». Les élus qui demandent des comptes ? Des complices des « clandestins criminels ». Les journalistes qui documentent les abus ? Des propagandistes qui « alimentent des récits erronés qui mènent à la violence ». C’est du Trump pur jus. Jamais de réponse sur le fond. Toujours de l’attaque sur la forme. Toujours de la diversion. Toujours de la victimisation. « Nous sommes les héros. Eux sont les méchants. » C’est simple. C’est binaire. C’est faux. Mais ça marche. Ça marche auprès d’une partie de l’opinion publique qui veut croire que tout va bien, que les agents de l’ICE sont des héros, que les critiques sont des exagérations. Sauf que non. Les faits sont là. Les preuves sont là. Les témoignages sont là. Et ils racontent une histoire terrifiante.

Section 7 : Les précédents historiques inquiétants
Quand l’Amérique a déjà franchi la ligne
Ce n’est pas la première fois que les États-Unis flirtent avec l’autoritarisme. L’histoire américaine est jalonnée de moments sombres où les droits fondamentaux ont été bafoués au nom de la sécurité nationale ou de l’ordre public. L’internement des Américains d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Le maccarthysme et la chasse aux sorcières communistes dans les années 1950. Le programme COINTELPRO du FBI qui a espionné et harcelé les militants des droits civiques dans les années 1960 et 1970. Les abus de la CIA révélés par les Church Hearings. La surveillance de masse après le 11 septembre. À chaque fois, l’Amérique a franchi des lignes rouges. À chaque fois, elle a justifié ces dérapages par la nécessité, l’urgence, la menace. Et à chaque fois, avec le recul, l’histoire a jugé ces actions comme des erreurs graves, des violations inacceptables des principes démocratiques. Mais voilà la différence avec aujourd’hui : ces dérapages passés ont généralement été suivis de corrections. Des enquêtes parlementaires. Des réformes législatives. Des mécanismes de contrôle renforcés. Des excuses officielles. Des réparations, parfois. L’Amérique reconnaissait ses erreurs et tentait de les corriger. Mais aujourd’hui ? Aujourd’hui, l’administration Trump ne reconnaît aucune erreur. Elle ne voit aucun problème. Elle ne prévoit aucune correction. Au contraire, elle intensifie.
Le juge William G. Young, dans sa décision contre l’utilisation d’agents masqués, a rappelé cette histoire. Il a souligné que les masques sont associés, dans l’imaginaire américain, aux desperados et au Ku Klux Klan. Que jamais, dans toute l’histoire des États-Unis, le pays n’avait toléré une police secrète armée et masquée. Jamais. Même pendant les périodes les plus sombres, même pendant les guerres, même pendant les crises les plus graves, l’Amérique avait maintenu cette ligne rouge. Les forces de l’ordre devaient être identifiables. Elles devaient rendre des comptes. Elles devaient opérer dans le cadre de la loi. Mais Trump a franchi cette ligne. Il l’a franchie délibérément, méthodiquement, sans hésitation. Et il refuse de faire marche arrière. L’administration a fait appel de la décision du juge Young. Elle veut continuer à utiliser des agents masqués. Elle veut préserver cette impunité. Elle veut maintenir ce système. Parce que ce système fonctionne. Il terrorise. Il soumet. Il brise toute résistance. Et c’est exactement ce que recherche Trump.

Les leçons ignorées des autres pays
Les experts qui étudient l’autoritarisme dans d’autres pays voient des parallèles troublants entre ce qui se passe aux États-Unis aujourd’hui et ce qui s’est passé ailleurs. En Amérique latine, où les dictatures militaires des années 1970 et 1980 ont utilisé des escadrons de la mort et des disparitions forcées pour terroriser leurs populations. En Europe de l’Est, où les polices secrètes communistes ont créé des climats de peur et de méfiance généralisées. En Asie, où des régimes autoritaires ont utilisé des forces de sécurité sans contrôle pour écraser toute dissidence. Partout, le schéma est le même. On commence par cibler un groupe marginalisé — les immigrés, les minorités ethniques, les opposants politiques. On crée une force de police spéciale, avec des pouvoirs étendus et peu de contrôle. On encourage l’anonymat et l’impunité. On démantèle les mécanismes de surveillance. On intimide les élus et les juges qui tentent de s’opposer. On crée un climat de peur généralisée. Et progressivement, inexorablement, le cercle des cibles s’élargit. Jusqu’à ce que personne ne soit plus en sécurité. Jusqu’à ce que la peur devienne la norme. Jusqu’à ce que l’arbitraire remplace l’État de droit.
Lee Morgenbesser, le professeur australien qui étudie l’autoritarisme, l’a dit clairement : ce qui se passe aux États-Unis aujourd’hui ressemble de plus en plus aux tactiques utilisées par les régimes autoritaires qu’il étudie. L’enlèvement en plein jour de l’étudiante de Tufts. La détention d’élus qui demandent des comptes. L’utilisation d’agents masqués et anonymes. L’absence de transparence sur les lieux de détention. Les transferts de détenus loin de leurs avocats. Tout cela fait partie du manuel de l’autoritarisme. Et le plus inquiétant, c’est la rapidité avec laquelle tout cela s’est mis en place. En quelques mois seulement, l’administration Trump a réussi à créer une infrastructure autoritaire qui aurait normalement pris des années à construire. Parce qu’elle a profité de structures existantes — le DHS, l’ICE, les centres de détention. Elle n’a pas eu besoin de créer de nouvelles institutions. Elle a juste eu besoin de détourner celles qui existaient déjà. De les vider de leurs mécanismes de contrôle. De les transformer en outils de répression. Et ça a fonctionné. Terriblement bien.
L’histoire nous enseigne. Elle nous avertit. Elle nous montre où mènent ces chemins. Mais est-ce qu’on écoute ? Est-ce qu’on apprend ? Apparemment non. Parce que tout ce qui se passe aujourd’hui aux États-Unis, on l’a déjà vu ailleurs. On connaît la fin de l’histoire. On sait où ça mène. On sait que ça commence toujours par cibler un groupe marginalisé. On sait que ça continue par l’élargissement progressif du cercle des cibles. On sait que ça finit par la destruction de la démocratie elle-même. Mais on regarde. On observe. On documente. Et on se demande si cette fois, ce sera différent. Si cette fois, l’Amérique saura s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. Si cette fois, les institutions démocratiques seront assez fortes pour résister. Je veux y croire. Vraiment. Mais chaque jour qui passe, chaque nouveau raid, chaque nouvelle arrestation, chaque nouveau témoignage d’abus me fait douter un peu plus.

Section 8 : L'impact sur le système judiciaire
Des avocats submergés et impuissants
Le système judiciaire américain, censé être le dernier rempart contre l’arbitraire, est en train de s’effondrer sous le poids des arrestations massives de l’ICE. Les avocats spécialisés dans le droit de l’immigration sont submergés. Ils ne peuvent plus suivre. Leurs clients sont arrêtés par dizaines, par centaines, par milliers. Et surtout, ils sont transférés. Loin. Très loin. Un immigrant arrêté en Californie peut se retrouver détenu en Louisiane. Un autre arrêté à New York peut être envoyé au Texas. Un troisième arrêté à Chicago peut finir dans le Nebraska. Ces transferts ne sont pas accidentels. Ils sont délibérés. Ils sont stratégiques. Ils visent à couper les détenus de leurs avocats, de leurs familles, de tout soutien. Un avocat basé à Los Angeles ne peut pas facilement défendre un client détenu à 3000 kilomètres de là. Les visites deviennent impossibles. Les consultations juridiques se font par téléphone, quand elles sont autorisées. Les familles ne peuvent plus rendre visite à leurs proches. Les enfants ne peuvent plus voir leurs parents. C’est une stratégie d’isolement total. Et elle fonctionne. Beaucoup d’immigrants détenus finissent par renoncer à se battre. Ils acceptent la déportation volontaire. Parce qu’ils n’ont plus d’espoir. Parce qu’ils n’ont plus de soutien. Parce qu’ils sont seuls, perdus, brisés.
Karen Muñoz, l’avocate spécialisée dans les droits civils qui aide les familles à retrouver leurs proches, décrit une situation kafkaïenne. Des familles qui ne savent pas où leurs proches ont été emmenés. Des avocats qui ne peuvent pas localiser leurs clients. Des détenus qui disparaissent littéralement dans le système carcéral fédéral. Pendant des jours, parfois des semaines, aucune nouvelle. Aucune information. Aucun moyen de savoir si la personne est toujours aux États-Unis ou si elle a déjà été déportée. Et quand les avocats finissent par localiser leurs clients, il est souvent trop tard. L’audience d’expulsion a déjà eu lieu. Sans avocat. Sans défense. Sans possibilité de faire valoir ses droits. Le système judiciaire, censé garantir une procédure équitable, est devenu une simple formalité. Une façade. Un simulacre. Les juges d’immigration sont eux-mêmes débordés. Ils doivent traiter des centaines de cas par jour. Ils n’ont pas le temps d’examiner chaque dossier en détail. Ils n’ont pas le temps d’écouter chaque histoire. Ils appliquent la loi de manière mécanique, automatique, sans nuance. Et les déportations s’enchaînent. Implacables.

Les juges qui tentent de résister
Quelques juges tentent de résister. Comme William G. Young, qui a rendu cette décision cinglante contre l’utilisation d’agents masqués. Comme d’autres juges fédéraux qui ont bloqué certaines politiques de l’administration Trump. Mais ils sont peu nombreux. Et leurs décisions sont systématiquement contestées en appel par l’administration. Le processus judiciaire est long. Très long. Et pendant ce temps, les raids continuent. Les arrestations continuent. Les déportations continuent. L’administration Trump joue la montre. Elle sait que même si certaines de ses politiques sont finalement jugées illégales, elle aura eu le temps de déporter des milliers de personnes. Elle aura eu le temps de créer un climat de terreur durable. Elle aura eu le temps de transformer profondément le paysage de l’immigration aux États-Unis. Et même si les tribunaux finissent par la condamner, le mal sera fait. Les familles seront détruites. Les communautés seront brisées. La confiance dans les institutions sera anéantie. C’est une stratégie du fait accompli. Agir vite, agir fort, agir massivement. Et s’inquiéter des conséquences juridiques plus tard. Beaucoup plus tard. Quand il sera trop tard pour réparer les dégâts.
Certains juges d’immigration ont démissionné, incapables de continuer à participer à ce qu’ils considèrent comme une parodie de justice. D’autres continuent, mais avec un sentiment croissant de malaise et d’impuissance. Ils savent qu’ils ne font qu’appliquer des politiques qu’ils jugent injustes. Ils savent qu’ils participent à un système qui bafoue les droits fondamentaux. Mais que peuvent-ils faire ? Démissionner en masse ? Refuser d’appliquer la loi ? Ce serait la fin de leur carrière. Et ça ne changerait rien. L’administration Trump nommerait simplement de nouveaux juges, plus dociles, plus complaisants. Le système continuerait à tourner. Peut-être même plus vite, plus brutalement. Alors ils restent. Ils font leur travail. Avec un poids de plus en plus lourd sur la conscience. Avec un sentiment croissant de complicité dans quelque chose de profondément injuste. C’est ça aussi, la réalité de l’autoritarisme. Il ne transforme pas seulement les victimes. Il transforme aussi ceux qui sont censés les protéger. Il les force à choisir entre leur conscience et leur carrière. Entre leurs principes et leur sécurité. Et beaucoup choisissent la sécurité. Par peur. Par résignation. Par épuisement.
Imaginez être avocat spécialisé dans le droit de l’immigration aujourd’hui. Imaginez voir vos clients disparaître dans le système. Imaginez ne pas pouvoir les localiser pendant des jours. Imaginez découvrir qu’ils ont été transférés à l’autre bout du pays. Imaginez apprendre qu’ils ont été déportés sans que vous ayez pu les défendre. Imaginez l’impuissance. La frustration. La rage. Et maintenant, imaginez être juge d’immigration. Imaginez devoir traiter des centaines de cas par jour. Imaginez ne pas avoir le temps d’examiner chaque dossier correctement. Imaginez devoir appliquer des lois que vous jugez injustes. Imaginez participer à un système que vous savez être brisé. Imaginez vivre avec ça. Jour après jour. Cas après cas. Déportation après déportation. Comment on fait ? Comment on continue ? Comment on garde sa santé mentale, sa dignité, son humanité dans un système qui broie tout sur son passage ?

Section 9 : Les conséquences à long terme
Une société fracturée et traumatisée
Les conséquences de cette politique vont bien au-delà des immigrés directement ciblés. C’est toute la société américaine qui est en train d’être transformée, fracturée, traumatisée. Les communautés immigrées vivent dans la peur permanente. Les enfants grandissent en sachant que leurs parents peuvent être arrachés à tout moment. Les familles sont détruites. Les liens sociaux se brisent. La confiance disparaît. Pas seulement la confiance envers les autorités fédérales. Mais la confiance envers toutes les institutions. Envers la police locale. Envers les écoles. Envers les hôpitaux. Envers les services sociaux. Parce que personne ne sait plus qui collabore avec l’ICE. Qui transmet des informations. Qui peut déclencher un raid. Alors les gens se replient. Ils évitent les institutions. Ils ne vont plus à l’hôpital quand ils sont malades. Ils ne signalent plus les crimes dont ils sont victimes. Ils n’envoient plus leurs enfants à l’école. Ils se cachent. Ils survivent. Mais ils ne vivent plus vraiment. C’est ça, le coût humain de cette politique. Des millions de personnes qui vivent dans la peur. Qui renoncent à leurs droits. Qui acceptent l’inacceptable. Parce qu’elles n’ont pas le choix.
Et ce n’est pas seulement les immigrés qui sont affectés. C’est toute la société. Parce que quand on crée un climat de peur généralisée, quand on normalise l’arbitraire, quand on accepte que des agents masqués puissent arrêter des gens sans raison valable, on change quelque chose de fondamental dans la société. On brise le contrat social. On détruit la confiance dans les institutions. On crée une société où chacun se méfie de l’autre. Où la délation devient la norme. Où la peur remplace la solidarité. Les voisins se surveillent. Les collègues se dénoncent. Les amis se trahissent. Parce que dans un climat de terreur, la survie individuelle prime sur tout le reste. C’est exactement ce qui s’est passé dans tous les régimes autoritaires. La société se fragmente. Les liens sociaux se dissolvent. La solidarité disparaît. Et à la place, il ne reste que la peur, la méfiance, l’isolement. C’est ça, le vrai objectif de l’administration Trump. Pas juste déporter des immigrés. Mais transformer la société américaine en profondeur. La rendre plus docile. Plus soumise. Plus facile à contrôler.

L’érosion de la démocratie américaine
Au-delà des conséquences sociales, il y a les conséquences politiques. L’érosion progressive mais inexorable de la démocratie américaine. Parce qu’une démocratie ne peut pas survivre avec une police secrète. Elle ne peut pas survivre avec des agents masqués qui opèrent sans contrôle. Elle ne peut pas survivre avec des mécanismes de surveillance démantelés. Elle ne peut pas survivre avec des élus intimidés. Elle ne peut pas survivre avec un système judiciaire paralysé. Tous ces éléments sont les fondations de la démocratie. Et Trump est en train de les détruire. Méthodiquement. Délibérément. Sans hésitation. Les experts de l’autoritarisme le disent clairement : nous sommes à un tournant. Un moment où tout peut basculer. Où la démocratie peut céder la place à l’autoritarisme. Où les États-Unis peuvent devenir quelque chose de fondamentalement différent. Quelque chose qui ressemble de plus en plus aux régimes qu’ils prétendaient combattre. Et le plus terrifiant, c’est que tout cela se passe sous nos yeux. En temps réel. Documenté. Filmé. Analysé. Et pourtant, ça continue. Parce que les mécanismes de résistance sont affaiblis. Parce que les institutions sont paralysées. Parce que la société est divisée. Parce que trop de gens préfèrent regarder ailleurs.
Michelle Brané, l’ancienne directrice du bureau du médiateur du DHS, l’a dit sans détour : « Une fois qu’ils ont ce pouvoir, ce qui est le cas aujourd’hui, il n’y a plus rien qui puisse les empêcher de s’en servir à l’encontre des citoyens. » Des citoyens. Pas seulement des immigrés. Des citoyens américains. Parce que c’est ça, la logique de l’autoritarisme. On commence par cibler un groupe marginalisé. Et puis, progressivement, on élargit. Aujourd’hui, ce sont les immigrés sans papiers. Demain, ce seront les immigrés légaux. Après-demain, les citoyens d’origine étrangère. Et puis, tous ceux qui osent s’opposer. Les manifestants. Les journalistes. Les avocats. Les juges. Les élus. Personne ne sera épargné. Parce qu’une fois qu’on a créé une machine de répression sans contrôle, on peut l’utiliser contre n’importe qui. C’est la leçon de l’histoire. Une leçon que l’Amérique semble avoir oubliée. Ou qu’elle refuse d’apprendre. Et pendant ce temps, la démocratie américaine s’effrite. Jour après jour. Raid après raid. Arrestation après arrestation. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Jusqu’à ce que l’Amérique ne soit plus reconnaissable.
Je suis en colère. Vraiment en colère. Parce que tout ça était prévisible. Tout ça était évitable. On savait où menait ce chemin. On connaissait les risques. On avait les exemples historiques. On avait les avertissements des experts. Mais on n’a rien fait. On a laissé faire. On a regardé Trump démanteler les garde-fous. On a regardé Trump créer sa police secrète. On a regardé Trump transformer l’Amérique en quelque chose de méconnaissable. Et maintenant, on se réveille. On découvre l’horreur. On réalise l’ampleur des dégâts. Mais c’est trop tard. Le mal est fait. La machine est lancée. Et elle ne s’arrêtera pas toute seule. Il faudra la combattre. Il faudra résister. Il faudra se battre. Mais combien de temps ? Combien d’énergie ? Combien de sacrifices ? Et surtout, est-ce qu’on pourra réparer ce qui a été détruit ? Est-ce qu’on pourra reconstruire la confiance ? Est-ce qu’on pourra restaurer la démocratie ? Je ne sais pas. Honnêtement, je ne sais pas.

Section 10 : Les voix qui résistent encore
Les organisations de défense des droits
Face à cette machine de répression, quelques organisations continuent de se battre. L’American Civil Liberties Union (ACLU) multiplie les actions en justice. Human Rights Watch documente les abus. Des dizaines d’organisations locales de défense des droits des immigrés tentent de fournir un soutien juridique, malgré des moyens limités et une demande qui explose. Ces organisations sont en première ligne. Elles voient les dégâts au quotidien. Elles entendent les témoignages. Elles recueillent les preuves. Elles tentent de tenir l’administration Trump responsable. Mais elles sont débordées. Submergées. Épuisées. Parce que pour chaque cas qu’elles traitent, dix autres apparaissent. Pour chaque action en justice qu’elles intentent, l’administration en conteste dix. Pour chaque victoire qu’elles remportent, l’administration trouve dix façons de contourner la décision. C’est une bataille asymétrique. D’un côté, une administration avec des ressources quasi illimitées, le soutien de l’appareil d’État, et une détermination sans faille. De l’autre, des organisations à but non lucratif, financées par des dons, avec des équipes réduites et des moyens limités. Le combat est inégal. Terriblement inégal.
Mais ces organisations ne renoncent pas. Elles continuent. Parce qu’elles savent que c’est vital. Parce qu’elles savent que si elles abandonnent, il ne restera plus rien. Plus aucun rempart contre l’arbitraire. Plus aucune voix pour dénoncer les abus. Plus aucun espoir pour les victimes. Alors elles tiennent. Elles se battent. Elles résistent. Avec l’énergie du désespoir. Avec la conviction que l’histoire finira par leur donner raison. Avec l’espoir que la démocratie américaine finira par se réveiller. Mais cet espoir s’amenuise. Jour après jour. Parce que les victoires sont rares. Parce que les défaites s’accumulent. Parce que la machine continue de tourner, implacable, indifférente aux protestations, aux actions en justice, aux décisions de juges. L’administration Trump a compris qu’elle pouvait ignorer les tribunaux. Qu’elle pouvait contester chaque décision. Qu’elle pouvait jouer la montre. Et pendant ce temps, les raids continuent. Les arrestations continuent. Les déportations continuent. Et les organisations de défense des droits regardent, impuissantes, la démocratie américaine s’effondrer sous leurs yeux.

Les élus qui osent s’opposer
Quelques élus tentent également de résister. Des maires comme Valerie Amezcua à Santa Ana. Des membres du Congrès qui dénoncent les abus. Des sénateurs qui demandent des enquêtes. Mais ils sont peu nombreux. Et surtout, ils sont impuissants. Parce que l’administration Trump contrôle l’exécutif. Elle contrôle les agences fédérales. Elle contrôle l’ICE. Et elle n’a aucune intention de rendre des comptes au Congrès. Les demandes d’information restent sans réponse. Les convocations sont ignorées. Les enquêtes sont bloquées. L’administration Trump a compris qu’elle pouvait défier le Congrès sans conséquences réelles. Parce que le Congrès est divisé. Parce que les républicains soutiennent Trump. Parce que les démocrates sont minoritaires. Et même quand ils parviennent à organiser des auditions, à obtenir des témoignages, à documenter les abus, rien ne change. L’administration continue. Imperturbable. Déterminée. Convaincue de son bon droit. Certains élus ont même été directement ciblés par l’ICE. Brad Lander, le contrôleur de New York, arrêté pour avoir demandé un mandat. Le sénateur Alex Padilla, expulsé de force d’une conférence de presse. Ces incidents ne sont pas des accidents. Ce sont des messages. Des avertissements. « N’essayez pas de nous arrêter. N’essayez pas de nous tenir responsables. Sinon, vous serez les prochains. »
Et le message est reçu. Beaucoup d’élus préfèrent se taire. Par peur. Par calcul politique. Par résignation. Ils savent qu’ils ne peuvent rien faire. Ils savent que s’opposer à Trump ne fera que les exposer à des représailles. Alors ils baissent la tête. Ils évitent le sujet. Ils se concentrent sur d’autres dossiers. Et pendant ce temps, l’administration Trump consolide son pouvoir. Elle élimine les opposants. Elle intimide les récalcitrants. Elle récompense les loyaux. C’est la logique autoritaire classique. Diviser pour mieux régner. Récompenser la soumission. Punir la résistance. Et ça fonctionne. Terriblement bien. Parce que les êtres humains sont prévisibles. La plupart choisissent la sécurité plutôt que le courage. La survie plutôt que les principes. Le silence plutôt que la résistance. Et c’est exactement sur ça que compte Trump. Sur la lâcheté. Sur la résignation. Sur l’épuisement. Sur le fait que la plupart des gens finiront par accepter l’inacceptable. Par normaliser l’anormal. Par s’habituer à l’horreur. Et malheureusement, il a raison. Ça marche. Ça a toujours marché. Dans tous les régimes autoritaires. À toutes les époques. Dans tous les pays.
Vous savez ce qui me brise le cœur ? Ce n’est pas tant la brutalité de l’administration Trump. C’est la résignation de ceux qui pourraient s’y opposer. Les élus qui se taisent. Les juges qui appliquent des lois qu’ils savent injustes. Les fonctionnaires qui exécutent des ordres qu’ils trouvent immoraux. Les citoyens qui regardent ailleurs. Parce que c’est ça, le vrai problème. Pas Trump. Pas l’ICE. Pas les agents masqués. Mais tous ceux qui laissent faire. Tous ceux qui acceptent. Tous ceux qui se résignent. Parce que sans cette résignation collective, Trump ne pourrait rien faire. Sa machine de répression s’effondrerait. Mais tant que la majorité accepte, tant que la majorité se tait, tant que la majorité préfère sa sécurité à la justice, la machine continuera de tourner. Et l’Amérique continuera de sombrer dans l’autoritarisme. Lentement. Inexorablement. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour faire marche arrière.

Section 11 : Ce qui nous attend
Les scénarios possibles
Alors, que va-t-il se passer maintenant ? Plusieurs scénarios sont possibles. Le premier, le plus optimiste, c’est que la résistance s’organise. Que les organisations de défense des droits gagnent leurs batailles juridiques. Que les tribunaux imposent des limites à l’ICE. Que le Congrès finisse par agir. Que l’opinion publique se réveille. Que les élections de 2026 changent la donne. Que l’Amérique se ressaisisse avant qu’il ne soit trop tard. C’est possible. Théoriquement. Mais c’est peu probable. Parce que tous les mécanismes qui pourraient permettre ce retournement sont affaiblis. Les tribunaux sont débordés et leurs décisions sont systématiquement contestées. Le Congrès est divisé et impuissant. L’opinion publique est fragmentée et polarisée. Et les élections sont encore loin. Beaucoup trop loin. D’ici là, combien de personnes auront été déportées ? Combien de familles auront été détruites ? Combien de dégâts irréparables auront été causés ? Le deuxième scénario, plus réaliste, c’est que la situation continue de se dégrader. Que l’administration Trump intensifie encore ses opérations. Que les raids deviennent encore plus violents. Que les arrestations deviennent encore plus massives. Que le cercle des cibles s’élargisse. Que l’ICE commence à cibler non plus seulement les immigrés sans papiers, mais aussi les immigrés légaux, les citoyens d’origine étrangère, les opposants politiques.
C’est ce que craignent les experts de l’autoritarisme. Que cette force de police fédérale sans contrôle finisse par être utilisée contre n’importe qui. Contre les manifestants qui protestent contre les politiques de Trump. Contre les journalistes qui documentent les abus. Contre les avocats qui défendent les victimes. Contre les juges qui osent s’opposer. Contre les élus qui demandent des comptes. Contre tous ceux qui représentent une menace pour le pouvoir de Trump. C’est la logique de l’autoritarisme. On commence par cibler un groupe marginalisé. Et puis, progressivement, on élargit. Jusqu’à ce que personne ne soit plus en sécurité. Jusqu’à ce que la peur devienne universelle. Jusqu’à ce que la soumission devienne la seule option. Et le troisième scénario, le plus pessimiste, c’est que l’Amérique bascule complètement dans l’autoritarisme. Que la démocratie s’effondre. Que les institutions soient définitivement détruites. Que l’État de droit disparaisse. Que la terreur devienne la norme. Que l’Amérique devienne méconnaissable. Que le pays qui se proclamait phare de la démocratie mondiale devienne un exemple de dérive autoritaire. C’est possible. Ça s’est déjà produit ailleurs. Dans des pays qui se croyaient à l’abri. Dans des démocraties qui semblaient solides. Ça peut arriver ici. Ça est en train d’arriver ici.

L’urgence d’agir
Face à ces scénarios, une chose est claire : il faut agir. Maintenant. Immédiatement. Avant qu’il ne soit trop tard. Mais comment ? Comment résister à une machine de répression aussi puissante ? Comment s’opposer à une administration qui contrôle l’appareil d’État ? Comment protéger les victimes quand les mécanismes de protection ont été démantelés ? Il n’y a pas de réponse simple. Pas de solution miracle. Mais il y a des pistes. D’abord, documenter. Filmer. Enregistrer. Témoigner. Comme l’a fait Melyssa Rivas à Downey. Parce que la lumière est l’ennemi de l’autoritarisme. Plus les abus sont documentés, plus ils sont difficiles à nier. Plus ils sont exposés, plus ils deviennent inacceptables. Ensuite, résister. S’organiser. Se mobiliser. Manifester. Faire pression sur les élus. Soutenir les organisations de défense des droits. Financer les actions en justice. Ne pas accepter. Ne pas se résigner. Ne pas normaliser. Parce que la résignation est l’alliée de l’autoritarisme. Tant qu’il y a de la résistance, il y a de l’espoir. Tant qu’il y a des gens qui refusent d’accepter l’inacceptable, la démocratie a une chance de survivre.
Et enfin, se préparer. Parce que la situation va probablement empirer avant de s’améliorer. Les prochains mois, les prochaines années vont être difficiles. Très difficiles. Il va falloir tenir. Résister. Ne pas abandonner. Même quand tout semble perdu. Même quand la machine semble invincible. Même quand l’espoir semble vain. Parce que l’histoire nous enseigne que les régimes autoritaires finissent toujours par tomber. Pas toujours rapidement. Pas toujours pacifiquement. Mais ils tombent. Parce qu’ils sont construits sur la peur. Et la peur, à long terme, ne peut pas remplacer la légitimité. El

Écrit par : Allusion | 22/12/2025

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Même en Belgique il y a eu ces derniers jours des cyberattaques par des hackers pro-russes ! les guerres entre personnes ennemis ne finiront jamais. Bref, essayons de rester informés mais profitons de la joie de se retrouver en famille et avec nos amis. Bonne journée de NOEL.

Écrit par : elisabeth | 25/12/2025

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Le président américain Donald Trump a marqué la veille de Noël en interrogeant les enfants qui l'appelaient sur les cadeaux qu'ils étaient impatients de recevoir, tout en promettant de ne pas laisser un "mauvais père Noël" s'infiltrer dans le pays et en suggérant qu'un bas rempli de charbon n'était peut-être pas si mal.
En vacances dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride, le président et la première dame Melania ont poursuivi la tradition en s'adressant directement aux jeunes qui composent le numéro du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), pour suivre la progression du Père Noël autour du globe.
"Nous voulons nous assurer que le Père Noël est bon. Le Père Noël est une personne très bonne", a déclaré Donald Trump en s'adressant à des enfants âgés de 4 à 10 ans dans l'Oklahoma. "Nous voulons nous assurer qu'il n'est pas infiltré, que nous n'infiltrons pas dans notre pays un mauvais Père Noël." a-t-il ajouté de la plus curieuse des manières.
Le président américain, qui était d'humeur joviale lorsqu'il parlait avec les enfants, a déclaré à un moment donné qu'il "pourrait faire cela toute la journée", mais qu'il devrait probablement revenir à des questions plus urgentes, telles que les efforts visant à calmer les combats dans la guerre que la Russie mène contre l'Ukraine.
Trump évoque un « mauvais Père Noël » et défend le charbon lors d’un appel avec des enfants
Lorsqu'un enfant de 8 ans de Caroline du Nord a demandé si le Père Noël serait fâché si personne ne lui laissait de biscuits, Donald Trump a répondu qu'il ne le pensait pas, mais a ajouté : "Mais je pense qu'il sera très déçu".
"Vous savez, le Père Noël a tendance à être un peu du côté chérubin. Vous savez ce que signifie "chérubin" ? Un peu sur le côté lourd", a plaisanté Trump.

Une poupée Barbie et non du charbon
À une fillette de 8 ans du Kansas qui lui demandait ce qu'elle aimerait que le Père Noël lui apporte, la réponse a été : "Euh, pas de charbon".
"Vous voulez dire du charbon propre et beau ?" Trump a répondu, évoquant un slogan de campagne favori qu'il utilise depuis longtemps lorsqu'il promet de relancer la production nationale de charbon.
"J'ai dû faire ça, je suis désolé", a ajouté le président en riant, ce qui a même poussé la première dame, qui était en communication séparée, à se tourner vers lui et à sourire.

"Le charbon est propre et beau. N'oubliez pas cela, à tout prix", a déclaré Donald Trump. "Mais vous ne voulez pas de charbon propre et magnifique, n'est-ce pas ?
"Non", a répondu l'enfant, précisant qu'elle préférait une poupée Barbie, des vêtements et des bonbons.
Donald Trump a souvent marqué les Noëls passés en critiquant ses opposants politiques, notamment en 2024, lorsqu'il a posté "Joyeux Noël aux fous de la gauche radicale".
Peu après avoir terminé les appels de la veille de Noël, mercredi, il a repris ce thème en postant un fois encore : "Joyeux Noël à tous, y compris à la racaille de la gauche radicale qui fait tout son possible pour détruire notre pays, mais qui échoue lamentablement."
"Ce que nous avons (aux États-Unis), c'est un marché boursier et des 401K records, les chiffres de la criminalité les plus bas depuis des décennies, pas d'inflation, et hier, un PIB de 4,3, soit deux points de mieux que prévu", a-t-il ajouté.

Un post qui n'a pas manqué de faire réagir les réseaux sociaux.
"Les droits de douane nous ont apporté des milliers de milliards de dollars de croissance et de prospérité, ainsi que la sécurité nationale la plus forte que nous ayons jamais eue. Nous sommes à nouveau respectés, peut-être comme jamais auparavant. Que Dieu bénisse l'Amérique", a-t-il conclu.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/trump-%C3%A9voque-un-mauvais-p%C3%A8re-no%C3%ABl-et-d%C3%A9fend-le-charbon-lors-d-un-appel-avec-des-enfants/ar-AA1T1ofG?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=694e323c6fbf4e448db566b60c515edd&ei=13

Écrit par : Allusion | 26/12/2025

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Une provocation qui ne passe pas
L’automne 2025 restera dans les mémoires comme le moment où Donald Trump a redoublé d’agressivité dans sa quête obsessionnelle du Groenland. La nomination du gouverneur de Louisiane, Jeff Landry, comme « envoyé spécial » pour faire de ce territoire danois une partie des États-Unis a provoqué une onde de choc diplomatique sans précédent. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a répliqué avec une fermeté glaciale : « Le Groenland appartient au peuple groenlandais, et l’intégrité territoriale doit être respectée ». Cette déclaration, prononcée le 22 décembre 2025, marque un point de bascule dans cette confrontation qui dure depuis des années.
Les propos de Trump sont devenus « de plus en plus antagonistes », selon l’expert Marc Jacobsen du Collège de la défense danoise royal. Le président américain ne se contente plus de suggérer une acquisition, il évoque désormais ouvertement des raisons de « sécurité nationale » pour justifier ses ambitions. Cette escalade verbale s’accompagne de pressions concrètes, comme la suspension de projets éoliens danois dans les eaux américaines, une mesure de rétorsion qui montre que Trump est prêt à utiliser tous les leviers pour parvenir à ses fins.
Chaque fois que j’entends Trump parler du Groenland comme d’un bien à acquérir, mon sang ne fait qu’un tour. Comment peut-on, au 21e siècle, traiter un peuple et sa terre comme une simple marchandise sur un marché ? Ce n’est pas seulement de l’arrogance, c’est une forme de néocolonialisme déguisé en « sécurité nationale ». La réaction des Groenlandais me redonne foi en l’humanité – cette dignité face à l’humiliation, cette fierté face à la condescendance. C’est un souffle d’air pur dans un monde de cynisme.

Section 2 : Howard Lutnick, le chantre de l'optimisme économique
Le disciple inconditionnel de Trump
Howard Lutnick s’est imposé comme l’un des plus fervents défenseurs de l’agenda économique trumpiste, un véritable missionnaire de la déréglementation technologique et de l’expansion industrielle tous azimuts. Lors de son apparition sur l’émission de Sean Hannity, ce magnat de Wall Street converti en homme politique n’a pas ménagé ses efforts pour peindre un tableau idyllique de l’économie américaine sous Trump, utilisant des termes grandiloquents comme « âge d’or » pour décrire une réalité bien plus nuancée. Lutnick n’est pas simplement un porte-parole, il est l’architecte principal de certaines des politiques les plus controversées de l’administration, des tarifs douaniers exorbitants au soutien inconditionnel à l’intelligence artificielle. Son parcours à la tête de Cantor Fitzgerald, puis sa transformation en secrétaire au Commerce, ont fait de lui le pont parfait entre le monde de la finance de New York et les ambitions nationalistes de Trump, créant une alliance dangereuse entre les intérêts corporatistes et la politique économique populiste.
Ce qui est particulièrement troublant dans l’approche de Lutnick, c’est son refus catégorique d’envisager les risques potentiels des politiques qu’il promeut. Lorsqu’il parle d’intelligence artificielle, il ne voit que les opportunités de croissance et de compétitivité, complètement aveugle aux warnings répétés sur les pertes d’emplois massives que cette technologie pourrait engendrer. Son discours ressemble à une litanie de promesses technologiques sans aucune considération pour les conséquences sociales et économiques. Sous sa direction, le département du Commerce est devenu un incubateur de politiques pro-business qui privilégient les gains à court terme des actionnaires sur la stabilité économique à long terme du pays. Cette approche idéologique, qui rejette toute prudence économique comme de la « fatigue » ou du « négativisme », met l’Amérique sur une trajectoire potentiellement catastrophique où la croissance économique mesurée par des indicateurs abstraits prime sur le bien-être réel des citoyens.
Cet homme me fascine par sa capacité à ignorer complètement la réalité. Comment peut-on diriger le département au Commerce avec une vision aussi étroite, si concentrée sur les bénéfices des entreprises qu’on en oublie les humains qui travaillent dans ces entreprises ? Lutnick incarne parfaitement cette déconnexion totale entre l’élite économique et la réalité vécue par la majorité des Américains.

Un défenseur acharné des tarifs douaniers
La politique tarifaire de Lutnick représente l’une des facettes les plus controversées de son approche économique. Partisan convaincu de « l’America First », il a été l’un des principaux architectes des nouveaux tarifs douaniers qui ont frappé de nombreux produits importés, particulièrement ceux en provenance de Chine. Pour Lutnick, ces tarifs ne constituent pas simplement une mesure protectionniste, mais un instrument stratégique dans la guerre économique globale contre Pékin. Il défend cette approche avec une ferveur quasi-militaire, affirmant que les sacrifices à court terme des consommateurs américains constituent un prix nécessaire à payer pour regagner l’indépendance économique nationale. Cette vision, cependant, ignore complètement les répercussions inflationnistes que ces politiques ont déjà commencé à provoquer dans l’économie américaine, affectant particulièrement les ménages les plus modestes qui consacrent une plus grande partie de leurs revenus à l’achat de biens de consommation.
L’argumentaire de Lutnick en faveur des tarifs repose sur une prémisse simpliste : que les entreprises américaines vont simplement relocaliser leurs chaînes d’approvisionnement aux États-Unis une fois que les importations deviendront trop coûteuses. Cette vision ne prend pas en compte la complexité des chaînes d’approvisionnement mondiales modernes, ni le fait que de nombreuses entreprises américaines n’ont tout simplement pas la capacité de relocaliser rapidement leur production. Les conséquences se font déjà sentir : hausse des prix pour les consommateurs, perturbation des relations commerciales avec des alliés traditionnels, et reprisals commerciales qui menacent des secteurs exportateurs américains vitaux. Malgré ces évidences, Lutnick persiste et signe, convaincu que sa vision protectionniste finira par triompher malgré tous les indicateurs contraires. Cette obstination révèle une idéologie économique qui place la politique avant la pragmatisme, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour l’économie américaine.
Je suis consterné par cette vision économique moyenâgeuse qui prétend que des tarifs douaniers vont magically résoudre tous les problèmes industriels de l’Amérique. C’est comme si on essayait de soigner un cancer avec des saignées – une approche dépassée qui risque de tuer le patient avant de guérir la maladie. Lutnick et Trump jouent avec l’économie comme si c’était un jeu vidéo, sans comprendre les vraies vies humaines en jeu.

Section 3 : L'executive order IA du 11 décembre 2025
Un cadre réglementaire unifié par la force
Le 11 décembre 2025 marquait un tournant décisif dans la politique technologique américaine avec la signature par Trump d’un executive order établissant un cadre réglementaire fédéral unique pour l’intelligence artificielle. Cette décision, prise dans le faste du Bureau Ovale en présence de figures clés comme le sénateur Ted Cruz, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick, et le nouvellement nommé « tsar de l’IA et de la crypto » David Sacks, représente une offensive coordonnée contre les tentatives des États individualistes de réglementer cette technologie explosive. L’ordre exécutif déclare sans détour que « pour gagner, les entreprises américaines d’IA doivent être libres d’innover sans une réglementation pesante », qualifiant explicitement les régulations étatiques d' »obstructives » à l’impératif national. Ce document ne constitue pas simplement une orientation politique, mais une véritable déclaration de guerre contre la souveraineté réglementaire des États, particulièrement ceux dirigés par des démocrates comme la Californie et New York.
Ce qui rend cet executive order particulièrement préoccupant, c’est l’arsenal de mesures coercitives qu’il contient pour forcer la compliance des États. L’ordre prévoit la création d’une « Task Force de Litigation sur l’IA » dont la responsabilité exclusive sera de contester les lois étatiques sur l’intelligence artificielle. Plus inquiétant encore, il menace de restreindre l’accès au financement fédéral pour les États qui refusent de se conformer au cadre réglementaire national. Le programme BEAD (Broadband Equity Access and Deployment), doté de 42,5 milliards de dollars pour étendre l’accès haut débit dans les zones rurales, devient ainsi un levier de pression considérable pour forcer les États à abandonner leurs propres initiatives réglementaires. Cette approche heavy-handed révèle une philosophie politique qui valorise l’uniformité fédérale sur l’expérimentation démocratique locale, créant ainsi un précédent dangereux pour l’équilibre des pouvoirs aux États-Unis.
Cette prise de contrôle fédérale de la réglementation IA me terrifie. Comment peut-on prétendre défendre la liberté tout en imposant une vision unique et uniforme à un pays aussi divers que les États-Unis ? Trump utilise l’IA comme prétexte pour centraliser le pouvoir et museler la démocratie locale. C’est un coup de force autoriste déguisé en politique industrielle.

La victoire du lobbying technologique
Cet executive order représente le couronnement d’une campagne de lobbying intensive menée par les géants de la technologie et leurs alliés capitalistiques-risques. Des entreprises comme OpenAI, Google, et des firmes d’investissement comme Andreessen Horowitz ont investi des millions de dollars dans cette bataille réglementaire, ouvrant des bureaux près du Capitole et lançant même un super PAC avec au moins 100 millions de dollars à dépenser lors des élections de mi-mandat de 2026. Leur argument central – que des réglementations variables à travers le pays entraveraient la capacité de l’Amérique à compétitionner dans la course mondiale à l’IA – a trouvé un écho favorable dans une administration déjà naturellement encline vers la déréglementation. David Sacks, l’architecte principal de cette politique, incarne parfaitement cette alliance entre l’administration Trump et la Silicon Valley, un investisseur technologique devenu décideur politique qui promeut activement les intérêts de ses anciens collègues.
La victoire du lobby technologique est particulièrement évidente dans le langage même de l’executive order, qui semble avoir été dicté quasi-textuellement par les associations industrielles. Les termes comme « réglementation pesante » et « obstruction » reflètent le discours corporatif plutôt qu’une analyse objective des besoins réglementaires. Cette capture réglementaire représente un danger fondamental pour la démocratie économique, permettant à une industrie concentrée de dicter les termes de sa propre supervision. Les conséquences pourraient être devastatrices : sans garde-fous appropriés, l’industrie de l’IA pourrait évoluer de manière irresponsable, créant des risques systémiques pour l’économie et la société. Cette victoire du lobbying révèle également les contradictions profondes d’une administration qui prétend lutter contre les « élites » tout en servant aveuglément les intérêts de l’une des élites les plus puissantes et riches au monde.
Je suis écœuré de voir comment l’argent a encore une fois acheté la politique américaine. Trump prétend être l’homme du peuple, mais il livre les clés du royaume technologique à des milliardaires de la Silicon Valley qui n’ont aucun compte à rendre au public. Cette trahison des valeurs populistes est si flagrante qu’elle en devient presque caricaturale.

Section 4 : La course contre la Chine dans la technologie
Une obsession sino-centrée
La politique technologique de l’administration Trump est entièrement structurée autour d’une obsession : la compétition contre la Chine. Cette fixation pékinoise transforme chaque décision politique en une manœuvre stratégique dans ce qui est perçu comme une guerre technologique existentielle. Howard Lutnick et d’autres responsables de l’administration ne parlent presque jamais de l’intelligence artificielle ou de la robotique sans évoquer immédiatement la menace chinoise. Cette perspective, bien que partiellement justifiée compte tenu des ambitions technologiques réelles de la Chine, conduit à des politiques shortsighted qui privilégient la vitesse et l’agressivité sur la réflexion et la planification prudente. L’administration Trump semble déterminée à gagner cette course technologique à tout prix, même si cela signifie prendre des risques considérables avec l’économie et l’emploi américain.
Cette obsession se manifeste de manière concrète dans les chiffres vertigineux de l’investissement chinois dans la robotique et l’automatisation. Selon la Fédération Internationale de la Robotique, la Chine comptait déjà 1,8 million de robots industriels dans ses usines en 2023, soit quatre fois plus que les États-Unis. Cet écart massif a provoqué une véritable panique au sein de l’administration Trump, qui y voit une menace existentielle pour la compétitivité manufacturière américaine. La réponse a été une accélération frénétique des politiques d’automatisation et d’IA, sans considération adéquate pour les implications sociales de cette transformation. L’administration semble avoir conclu que la seule façon de battre la Chine est de l’égaler dans sa capacité à remplacer les humains par des machines, une logique qui pourrait s’avérer autodestructrice pour la société américaine et son contrat social.
Cette obsession de la Chine me fascine et m’effraie. Comment peut-on permettre à une rivalité étrangère de dicter complètement notre politique économique et industrielle ? Au lieu de développer notre propre vision basée sur nos valeurs et nos besoins, nous réagissons frénétiquement à chaque move de Pékin. C’est une façon de gouverner complètement réactive, qui nous prive de toute autonomie stratégique.

Le prix de la compétition technologique
La course à la domination technologique contre la Chine a un coût humain et économique que l’administration Trump refuse de calculer honnêtement. Goldman Sachs estime que le marché mondial des robots humanoïdes pourrait atteindre 38 milliards de dollars d’ici 2035, tandis que le financement dans ce secteur devrait doubler en 2025 pour atteindre 2,3 milliards de dollars. Ces chiffres astronomiques reflètent une ruée vers l’or technologique qui ignore complètement les externalités négatives potentielles. L’administration Trump, dans sa hâte de dépasser la Chine, a créé des conditions pour une bulle spéculative massive dans le secteur de l’IA et de la robotique, avec des conséquences potentiellement catastrophiques si cette bulle venait à éclater.
Le plus ironique dans cette approche est qu’elle pourrait finalement nuire à la compétitivité américaine à long terme. En sacrifiant la stabilité économique et le bien-être des travailleurs sur l’autel de la compétition à court terme, l’administration Trump risque de créer un backlash social qui pourrait entraver le développement technologique pendant des décennies. Les tentatives de l’administration d’imposer une réglementation minimale sur l’IA pourraient également se retourner contre les entreprises américaines si des scandales majeurs ou des accidents technologiques venaient à se produire. Une approche plus équilibrée, combinant ambition technologique et prudence réglementaire, aurait probablement été plus durable et plus efficace à long terme. Mais cette nuance est complètement absente de la politique trumpiste, qui ne connaît que l’accélération frénétique et l’opposition binaire.
Je suis horrifié de voir comment cette administration transforme chaque complexité économique en une simple bataille nous contre eux. La compétition technologique contre la Chine devient une excuse pour justifier des politiques qui nuisent aux travailleurs américains. Au lieu de construire un avenir technologique qui sert les gens, nous construisons une machine de guerre économique qui sacrifie tout le monde.

Section 5 : L'invasion des robots dans les usines américaines
La révolution robotique accélérée
Cinq mois seulement après avoir dévoilé un plan pour accélérer le développement de l’intelligence artificielle, l’administration Trump fait maintenant pivoter vers une autre frontière technologique : la robotique. Howard Lutnick a été rencontré intensivement avec des PDG de l’industrie robotique, et selon trois sources familiarisées avec ces discussions, il est « totalement engagé » dans l’accélération du développement de ce secteur. L’administration envisagerait même d’émettre un executive order sur la robotique l’année prochaine, marquant une escalation significative dans sa politique d’automatisation industrielle. Le Département des Transports prépare également l’annonce d’un groupe de travail sur la robotique, potentiellement avant la fin de l’année, indiquant une approche gouvernementale coordonnée pour promouvoir cette révolution technologique.
Cette frénésie robotique s’inscrit directement dans la stratégie plus large de compétition contre la Chine, qui dominait déjà massivement le secteur avec ses 1,8 million de robots industriels en 2023. L’administration Trump semble avoir conclu que la seule façon de revenir dans cette course est de créer un environnement réglementaire et financier extrêmement favorable aux entreprises de robotique. Les leaders de l’industrie, comme Jeff Cardenas, PDG d’Apptronik (une startup du Texas soutenue par Google et valorisée à 5 milliards de dollars), ont été extrêmement actifs à Washington, faisant pression pour des incitations fiscales, un financement fédéral et des politiques commerciales qui confrontent les subventions chinoises. Leur argument est simple : les robots représentent l’expression physique de l’IA, et toute stratégie de compétitivité IA doit inclure un plan pour faire avancer la robotique.
Cette ruée vers les robots me glace jusqu’aux os. Comment peut-on avec tant d’enthousiasme promouvoir des technologies qui pourraient rendre des millions de travailleurs obsolètes ? L’administration Trump traite les humains comme des variables ajustables dans une équation économique, sans aucune considération pour la dignité et la sécurité des travailleurs qui construisent ce pays.

Les conséquences paradoxales pour l’emploi manufacturier
Ce qui est particulièrement ironique dans cette poussée robotique, c’est qu’elle menace de saper l’un des objectifs principaux affichés par Trump : la revitalisation de la main-d’œuvre manufacturière américaine. Les sceptiques avertissent que si les entreprises automatisent trop agressivement, les États-Unis pourraient finir par rapatrier des usines uniquement pour les doter de machines – pas de personnes. Cette contradiction fondamentale au cœur de la politique trumpiste révèle soit une incohérence intellectuelle profonde, soit un cynisme calculé qui sacrifie les promesses faites aux travailleurs sur l’autel de la compétition technologique. Les partisans de l’automation soutiennent que les robots rendent les travailleurs plus productifs, ce qui pourrait élargir les opportunités d’emploi, mais cet argument optimiste ignore la réalité historique de la disruption technologique.
Une étude publiée par le National Bureau of Economic Research a révélé qu’à mesure que les entreprises s’automatisent, de nombreux travailleurs dans des roles routiniers ou remplaçables connaissent des opportunités d’emploi réduites et des revenus diminués. L’administration Trump semble ignorer complètement cette réalité, préférant se concentrer sur des scénarios optimistes où la robotique et la fabrication se renforcent mutuellement. Certains leaders de l’industrie, comme Brendan Schulman de Boston Dynamics, reconnaissent cette tension, insistant sur le fait que « les robots qui augmentent les capacités humaines et la capacité humaine, contre les robots qui nous remplacent » représentent la bonne voie. Mais cette distinction subtile est complètement perdue dans une administration qui ne voit la robotique que comme une arme dans sa guerre économique contre la Chine.
Je suis révolté par cette hypocrisie monumentale. Trump promet de ramener les emplois manufacturiers tout en promouvant activement des technologies qui les éliminent. C’est la trahison la plus éhontée de la classe travailleuse qu’on ait vue depuis des décennies. Les gens qui ont voté pour lui parce qu’il promettait de protéger leurs emplois vont être les premières victimes de cette folie robotique.

Section 6 : Le mythe du "golden age" économique
La propagande économique trumpiste
Lorsque Howard Lutnick a proclamé que nous vivions « l’âge d’or qui vient » sous Trump, il ne faisait pas simplement une déclaration optimiste, il participait à une construction narrative délibérée qui déforme la réalité économique à des fins politiques. Cette propagande économique s’appuie sur des statistiques sélectives et des interprétations tendancieuses pour créer une image de prospérité qui résiste mal à un examen approfondi. L’administration trumpiste aime citer la croissance annuelle de plus de 4% au dernier trimestre comme preuve du succès de ses politiques, mais ce chiffre isolé cache des vulnérabilités structurelles importantes et des inégalités croissantes. Le « golden age » promis ressemble davantage à une illusion dorée pour les actionnaires et les entreprises technologiques qu’à une réalité tangible pour la majorité des Américains.
Ce qui est particulièrement insidieux dans cette propagande, c’est comment elle utilise des vérités partielles pour construire un mensonge global. Il est vrai que certains indicateurs économiques, comme la croissance du PIB et les bénéfices des entreprises technologiques, sont solides. Mais ces succès sont concentrés de manière extrême dans certains secteurs et certaines régions, laissant de larges pans du pays dans des difficultés économiques persistantes. L’administration trumpiste ignore systématiquement les indicateurs qui contredisent son narratif : la stagnation des salaires réels pour la plupart des travailleurs, la précarité croissante de l’emploi, et les signes avant-coureurs d’une bulle spéculative dans le secteur technologique. Cette approche sélective de la réalité économique crée une version alternative des faits qui sert les intérêts politiques de l’administration tout en trompant le public sur la véritable santé de l’économie.
Cette propagande économique me révulse. Comment peut-on avec tant d’effronterie proclamer un âge d’or économique alors que des millions de familles luttent pour joindre les deux bouts ? L’administration Trump ne gouverne pas basée sur la réalité, mais sur une fiction auto-congratulatoire qui sert ses intérêts politiques. C’est une insulte à l’intelligence des Américains ordinaires.

Les chiffres qui contredisent le narratif
Malgré les triomphalismes de l’administration, plusieurs indicateurs économiques fondamentaux contredisent le mythe du « golden age ». Les sondages d’approbation de Trump sur les questions économiques ont chuté de manière significative au cours des derniers mois, reflétant une anxiété économique réelle parmi le public. L’inflation, bien qu’ayant modérément baissé par rapport à ses pics, reste supérieure aux cibles de la Réserve Fédérale, érodant le pouvoir d’achat des ménages. Les taux d’intérêt élevés continuent de peser sur le secteur immobilier et l’accès au crédit pour les petites entreprises. De plus, la croissance économique est extrêmement inégale, avec des gains massifs concentrés dans le secteur technologique tandis que d’autres industries traditionnelles stagnent ou déclinent.
Le plus préoccupant est peut-être la détérioration de la stabilité financière à long terme. Les politiques de l’administration Trump ont considérablement augmenté le déficit budgétaire et la dette nationale, créant des vulnérabilités fiscales qui pourraient exploser en cas de récession. La déréglementation financière agressive, bien que présentée comme un moyen de stimuler la croissance, a éliminé des protections essentielles mises en place après la crise financière de 2008. Ces politiques shortsighted pourraient conduire à une instabilité économique sévère à l’avenir. Malgré ces signaux d’alarme évidents, l’administration continue de promouvoir son narratif de succès économique, refusant d’admettre les faiblesses structurelles qu’elle a elle-même créées ou exacerbées.
Je suis scandalisé par cette manipulation cynique des données économiques. L’administration Trump ne se contente pas d’interpréter différemment les chiffres, elle les déforme activement pour servir son agenda politique. Cette désinformation économique n’est pas simplement malhonnête, elle est dangereuse car elle empêche le pays de faire face aux vrais défis économiques qui menacent notre avenir.

Section 7 : Les avertissements des économistes ignorés
La communauté économique en état d’alerte
Alors que l’administration Trump poursuit son agenda économique avec une confiance inébranlable, la communauté des économistes professionnels sonne l’alarme avec une urgence croissante. Des institutions respectées comme le Brookings Institution, le National Bureau of Economic Research, et d’autres think tanks économiques publient des rapports soulignant les risques considérables associés aux politiques trumpistes. Darrell M. West, chercheur principal au Brookings Institution, a récemment mis en garde contre la possibilité d’une crise majeure dans le secteur de l’IA qui pourrait nécessiter un plan de sauvetage fédéral similaire aux sauvetages bancaires de la Grande Récession. « L’IA est trop gros pour échouer, donc il est vraiment important que le gouvernement apprenne les leçons des bulles passées », a-t-il averti, soulignant que « nous ne savons pas si nous sommes dans une bulle, car personne ne le sait jamais avant qu’il ne soit trop tard, mais il y a certainement de nombreux signes avant-coureurs. »
Ces avertissements ne proviennent pas seulement des cercles académiques, mais aussi de certains secteurs de l’industrie technologique elle-même. Contrairement au soutien unanime que l’administration prétend recevoir, plusieurs voix importantes dans la Silicon Valley expriment des préoccupations sur la vitesse et les méthodes qui ont permis à l’industrie de l’IA de croître de manière potentiellement insoutenable. Des chercheurs en éthique de l’IA, des spécialistes de la sécurité technologique et même certains investisseurs technologiques s’inquiètent des risques systémiques créés par un développement trop rapide et insuffisamment réglementé. Ces voix dissidentes sont cependant systématiquement ignorées ou marginalisées par une administration qui préfère les éloges des lobbying corporatifs aux mises en garde des experts indépendants.
Ce déni massif de l’expertise économique me terrifie. Comment peut-on gouverner un pays en ignorant délibérément les avertissements de ceux qui comprennent le mieux les cycles économiques et les risques systémiques ? L’administration Trump préfère l’optimisme aveugle à la prudence informée, une approche qui nous précipite vers une catastrophe économique prévisible.

Les risques systémiques minimisés
L’un des aspects les plus préoccupants de l’approche trumpiste est sa minimisation systématique des risques systémiques associés à ses politiques technologiques et économiques. L’administration traite les warnings sur la bulle potentielle de l’IA comme du « négativisme » ou de l’opposition politique, plutôt que comme des préoccupations légitimes basées sur l’analyse historique des bulles économiques précédentes. Cette attitude est particulièrement dangereuse compte tenu de l’interconnexion croissante entre les entreprises technologiques et le système financier plus large. Un krach majeur dans le secteur de l’IA pourrait avoir des effets domino dévastateurs sur l’ensemble de l’économie américaine, potentiellement pires que la bulle internet de 2000 en raison de la plus grande intégration de ces technologies dans tous les secteurs économiques.
Les économistes avertissent également des conséquences sociales à long terme de pertes d’emplois massives dues à l’automatisation et à l’IA. L’histoire montre que les transitions technologiques rapides sans filets sociaux adéquats peuvent créer des troubles sociaux importants, des inégalités extrêmes et même des instabilités politiques. L’administration Trump semble complètement indifférente à ces considérations, se concentrant uniquement sur les gains d’efficacité et la compétition internationale. Cette approche réductionniste ignore le fait que la stabilité économique dépend non seulement de l’efficacité productive, mais aussi de la cohésion sociale et de la distribution équitable des bénéfices du progrès technologique. En ignorant ces dimensions fondamentales, l’administration Trump risque de créer une prospérité superficielle qui cache des vulnérabilités sociales profondes.
Je suis consterné par cette arrogance intellectuelle qui consiste à rejeter toute expertise qui contredit l’idéologie préconçue. L’administration Trump se comporte comme un driver ivre qui refuse d’écouter les passagers qui lui disent qu’il va dans le mur. Cette obstination dangereuse n’est pas simplement de l’incompétence, c’est une trahison de la responsabilité fondamentale de gouverner pour le bien-être du public.

Section 8 : La bulle IA : "too big to fail" ?
Les parallèles avec la crise financière de 2008
L’avertissement de Darrell M. West du Brookings Institution selon lequel l’IA pourrait devenir « too big to fail » résonne avec une ironie historique dérangeante. Les mêmes mécanismes qui ont créé la bulle immobilière et la crise financière de 2008 semblent être à l’œuvre dans le secteur de l’intelligence artificielle aujourd’hui : une spéculation effrénée, une déréglementation agressive, et une croyance aveugle dans l’innovation technologique comme solution à tous les problèmes économiques. Les investissements dans l’IA ont atteint des niveaux stratosphériques, avec des valorisations d’entreprises qui semblent déconnectées de leurs revenus ou bénéfices réels. OpenAI, par exemple, est valorisée à des dizaines de milliards de dollars malgré des pertes opérationnelles massives, un schéma qui rappelle étrangement les entreprises internet de la fin des années 1990 juste avant l’éclatement de la bulle.
Ce qui rend la bulle IA potentiellement plus dangereuse que ses prédécesseurs, c’est son interconnexion profonde avec tous les secteurs de l’économie moderne. Contrairement à la bulle internet qui était relativement confinée au secteur technologique, l’IA s’infiltre désormais dans la finance, la santé, l’éducation, le transport et pratiquement tous les aspects de la vie économique. Un effondrement du secteur de l’IA pourrait donc avoir des effets domino bien plus étendus et dévastateurs. L’administration Trump, dans sa hâte de promouvoir cette technologie, a activement supprimé les régulations qui auraient pu servir d’amortisseurs à un tel effondrement, créant ainsi les conditions parfaites pour une crise systémique majeure.
L’idée que l’IA puisse être « too big to fail » me terrifie. C’est la reconnaissance implicite que nous créons un monstre économique que nous ne pourrons pas contrôler s’il se retourne contre nous. Au lieu de tirer des leçons de la crise de 2008, nous reproduisons exactement les mêmes erreurs avec une technologie encore plus puissante et imprévisible.

Les signes avant-coureurs ignorés
Les signes d’une bulle spéculative dans le secteur de l’IA sont nombreux et évidents pour ceux qui veulent bien les voir. La valorisation excessive des entreprises IA, la concentration des investissements dans quelques startups vedettes, et les promesses irréalistes de transformation économique immédiate ressemblent étrangement aux indicateurs qui ont précédé les bulles technologiques précédentes. Plus inquiétant encore, on observe une rotation croissante des talents et des capitaux vers l’IA sans égard à la viabilité commerciale réelle des projets, un signe classique de bulle spéculative. Des entreprises dans des secteurs traditionnels changent leur nom pour inclure « IA » ou « intelligence artificielle » simplement pour attirer des investissements, un phénomène qui rappelle le changement de nom en « .com » pendant la bulle internet.
L’administration Trump non seulement ignore ces signaux d’alarme, mais les active encourage par ses politiques. La déréglementation agressive, les incitations fiscales massives et le soutien politique inconditionnel créent un environnement de « moral hazard » où les entreprises sont encouragées à prendre des risques excessifs, sachant qu’un plan de sauvetage fédéral est probable si les choses tournent mal. Cette situation crée un dilemme moral classique : les entreprises peuvent privatiser les profits tout en socialisant les pertes, un schéma qui a été au cœur de la crise financière de 2008. En promouvant activement cette dynamique, l’administration Trump prépare peut-être la prochaine crise financière majeure.
Je suis sidéré de voir comment nous répétons collectivement les erreurs du passé. L’avidité, l’arrogance et l’amnésie historique créent une potion toxique qui nous dirige vers une nouvelle crise économique. Le plus ironique est que ceux qui créent cette bulle seront probablement les derniers à en souffrir, tandis que les travailleurs ordinaires paieront le prix une fois de plus.

Section 9 : L'impact sur l'emploi américain
La menace silencieuse de l’automatisation
L’impact le plus immédiat et personnel de l’agenda technologique trumpiste se fait sentir sur le marché du travail américain. Malgré les affirmations de l’administration selon lesquelles la technologie et l’automatisation créeront plus d’emplois qu’elles n’en éliminent, les premières données suggèrent le contraire. Des études récentes indiquent que l’IA commence déjà à affecter les opportunités d’emploi, particulièrement pour les jeunes Américains et les récents diplômés universitaires. Les emplois dans des secteurs comme le service client, la saisie de données, l’analyse juridique de base et même certains rôles de programmation sont de plus en plus menacés par les systèmes d’IA avancés. Cette transition se produit à une vitesse qui dépasse largement la capacité du marché du travail à s’adapter, créant un risque de chômage technologique massif.
Ce qui est particulièrement insidieux dans cette transformation, c’est qu’elle affecte d’abord les emplois qui étaient traditionnellement considérés comme des passerelles vers la classe moyenne pour les travailleurs éduqués. Contrairement aux vagues précédentes d’automatisation qui affectaient principalement les emplois manuels et routiniers, l’IA menace désormais des professions qui exigeaient une éducation supérieure et des compétences analytiques. Les assistants juridiques, les analystes financiers juniors, les journalistes et même certains professionnels de la santé voient leurs rôles progressivement érodés par des systèmes d’IA capables d’effectuer leurs tâches plus rapidement et à moindre coût. L’administration Trump, obsédée par la compétition internationale, semble complètement indifférente à cette transformation fondamentale du marché du travail américain.
Cette destruction silencieuse d’emplois me brise le cœur. Comment peut-on avec tant d’insouciance permettre l’élimination de carrières qui représentaient l’accomplissement du rêve américain pour des millions de personnes ? L’administration Trump sacrifie l’avenir d’une génération entière sur l’autel de la compétition technologique.

L’inadéquation des politiques de formation
Face à cette transformation massive du marché du travail, les politiques de l’administration Trump pour aider les travailleurs à transitionner sont notoirement inadéquates. Les coupes budgétaires dans les programmes de formation professionnelle et l’éducation, combinées à une approche idéologique qui considère la transition technologique comme un simple problème d’adaptation individuelle, laissent des millions de travailleurs sans soutien adéquat. Le discours officiel prétend que la « formation en IA » et la « reconversion » résoudront magically le problème du chômage technologique, mais cette approche ignore la réalité complexe de la disruption économique. La formation individuelle ne peut pas compenser la demande réduite de certaines catégories de travailleurs lorsque la technologie peut effectuer leurs tâches plus efficacement.
De plus, l’administration Trump semble ne pas comprendre que le problème n’est pas simplement un manque de compétences technologiques, mais une réduction fondamentale de la demande de travail humain dans de nombreux domaines. Même les travailleurs bien formés en IA pourraient se retrouver en compétition directe avec des systèmes d’IA qui continuent de s’améliorer exponentiellement. Cette réalité nécessite des politiques beaucoup plus ambitieuses : revenu de base universel, semaine de travail réduite, ou des investissements massifs dans des secteurs qui restent intrinsèquement humains comme les soins, l’éducation et les services communautaires. Au lieu de cela, l’administration Trump continue de promouvoir des politiques du 20ème siècle dans un monde économique du 21ème siècle.
Je suis en colère contre cette complaisance criminelle face à la destruction d’emplois. L’administration Trump traite les travailleurs comme des pièces interchangeables dans une machine économique, sans aucune reconnaissance de leur dignité humaine ou de leurs contributions passées. C’est une trahison fondamentale du contrat social qui lie le gouvernement à ses citoyens.

Section 10 : Les tarifs douaniers comme arme économique
Le protectionnisme comme stratégie
La politique tarifaire agressive de l’administration Trump constitue l’un des piliers de sa stratégie économique « America First », mais cette approche produit des résultats contradictoires et souvent contre-productifs. En imposant des tarifs douaniers élevés sur une large gamme de produits importés, particulièrement ceux en provenance de Chine, Trump cherche à protéger les industries américaines et à réduire le déficit commercial. Cependant, cette stratégie néglige les complexités des chaînes d’approvisionnement modernes où les frontières entre produits nationaux et importés sont de plus en plus floues. De nombreuses entreprises américaines dépendent de composants étrangers pour leurs produits, ce qui signifie que les tarifs douaniers finissent souvent par pénaliser les fabricants américains autant, voire plus, que leurs concurrents étrangers.
Cette approche protectionniste a également des conséquences inflationnistes significatives qui affectent particulièrement les ménages à faible et moyen revenus. Les tarifs sur les biens de consommation, les matériaux de construction et les composants électroniques se traduisent par des prix plus élevés pour les consommateurs américains, érodant leur pouvoir d’achat. De plus, les pays cibles de ces tarifs ont imposé des représailles commerciales qui ont blessé des secteurs exportateurs américains vitaux comme l’agriculture et l’aviation. Malgré ces évidences, Howard Lutnick et d’autres responsables de l’administration persistent dans leur soutien à cette politique, la présentant comme un mal nécessaire pour restaurer la souveraineté économique américaine. Cette vision simpliste ignore le fait que l’intégration économique globale a produit des bénéfices considérables pour les consommateurs américains à travers des prix plus bas et plus de choix.
Ce protectionnisme économique me semble si primitive et contre-productif. Comment peut-on croire qu’on peut prospérer au 21ème siècle avec une stratégie commerciale du 19ème siècle ? Les tarifs douaniers sont comme essayer d’arrêter la marée avec un seau – une tentative futile qui finit par noyer ceux qu’on prétend protéger.

Les coûts cachés du protectionnisme
Au-delà des impacts économiques directs, la politique tarifaire de Trump a des coûts cachés significatifs qui affaiblissent la position américaine à long terme. Les relations avec des alliés traditionnels comme l’Union Européenne, le Canada et le Mexique se sont détériorées suite à ces politiques commerciales agressives, créant des fractures géopolitiques que la Chine exploite habilement pour étendre son influence. L’administration Trump, dans sa vision transactionnelle des relations internationales, ne semble pas comprendre que la puissance économique américaine dépend non seulement de la force de son économie, mais aussi de la robustesse de ses alliances et de sa capacité à diriger des coalitions internationales.
De plus, cette approche protectionniste décourage l’investissement étranger aux États-Unis, car les entreprises internationales deviennent hésitantes à établir des opérations dans un pays où les politiques commerciales peuvent changer radicalement et imprévisiblement. Cette incertitude politique constitue un coût économique invisible mais significatif qui ralentit l’investissement et la croissance à long terme. Ironiquement, en essayant de protéger les industries américaines de la concurrence étrangère, l’administration Trump pourrait finalement les rendre moins compétitives globales en les isolant des pressions qui stimulent l’innovation et l’efficacité.
Je suis consterné de voir comment cette administration sacrifie les relations diplomatiques et la coopération internationale sur l’autel d’un nationalisme économique borné. Les tarifs douaniers ne protègent personne à long terme – ils isolent l’Amérique et affaiblissent sa capacité à façonner un ordre économique mondial qui servirait ses intérêts.

Section 11 : Le lobbying technologique à Washington
L’argent contre la réglementation
La capture réglementaire de Washington par le lobby technologique représente l’une des menaces les plus insidieuses pour la démocratie économique américaine. Des entreprises comme OpenAI, Google, Microsoft et des firmes d’investissement comme Andreessen Horowitz ont investi des sommes astronomiques pour influencer la politique technologique de l’administration Trump. Selon des rapports récents, l’industrie technologique a lancé un super PAC avec au moins 100 millions de dollars à dépenser lors des élections de mi-mandat de 2026, une somme sans précédent qui témoigne de la détermination de ce secteur à façonner la réglementation à son avantage. Cette offensive de lobbying s’accompagne d’une stratégie de « revolving door » sophistiquée, où d’anciens responsables gouvernementaux sont embauchés par les entreprises technologiques pour leur expertise réglementaire, tandis que des dirigeants de l’industrie sont nommés à des postes clés dans l’administration.
Ce qui est particulièrement préoccupant dans cette dynamique, c’est comment elle déforme le processus politique au détriment de l’intérêt public. L’executive order sur l’IA du 11 décembre 2025 ressemble beaucoup plus à un document dicté par l’industrie technologique qu’à une politique conçue pour protéger les citoyens américains. Les termes comme « réglementation pesante » et « obstruction » reflètent directement le discours corporatif plutôt qu’une analyse objective des besoins réglementaires. Cette capture réglementaire est d’autant plus dangereuse qu’elle s’opère dans un domaine – l’intelligence artificielle – où les enjeux pour la société sont immenses et les risques systémiques potentiels considérables. En permettant à une industrie concentrée de dicter les termes de sa propre supervision, l’administration Trump crée les conditions parfaites pour une crise future.
Cette corruption légale de notre processus politique me révulse au plus haut point. L’argent a acheté non seulement l’accès, mais le pouvoir de rédire les règles du jeu. Comment peut-on prétendre vivre dans une démocratie quand quelques entreprises technologiques peuvent acheter des lois qui servent leurs intérêts au détriment du bien commun ?

La contradiction populiste
Ce qui rend la collusion entre l’administration Trump et le lobby technologique particulièrement cynique, c’est la contradiction fondamentale avec la rhétorique populiste qui a mené Trump au pouvoir. Trump a été élu en promettant de « drainer le marais » et de lutter contre les « élites » corrompues, mais sa présidence a vu une concentration sans précédent du pouvoir économique entre les mains de quelques entreprises technologiques géantes. L’administration qui prétendait défendre « l’homme ordinaire » contre les élites côtoie désormais les milliardaires de la Silicon Valley comme David Sacks et Chamath Palihapitiya, qui ont des intérêts directs dans les politiques qu’ils aident à formuler.
Cette trahison des principes populistes révèle la nature fondamentalement opportuniste du trumpisme, qui n’a jamais eu de véritable engagement idéologique au-delà de la promotion des intérêts personnels de Trump et de ses alliés. Les travailleurs qui ont voté pour Trump parce qu’il promettait de protéger leurs emplois contre les menaces de la mondialisation et de l’automatisation se retrouvent maintenant trahis par une administration qui active promeut ces mêmes menaces. La déconnexion entre la rhétorique populiste et la réalité politique est devenue si flagrante qu’elle défie toute crédibilité. L’administration Trump a échangé une élite contre une autre, remplaçant les élites politiques traditionnelles par les élites technologiques, avec des conséquences potentiellement encore plus dangereuses pour la démocratie économique.
Je suis écœuré par cette hypocrisie monumentale. Trump a vendu un rêve aux travailleurs américains et leur a livré un cauchemar corporatiste. La trahison est si flagrante qu’elle en devient presque caricaturale – un populiste qui sert les intérêts des milliardaires de la tech tout en prétendant lutter pour le petit homme.

Section 12 : Les conséquences pour les États démocrates
Une guerre contre la souveraineté étatique
L’executive order sur l’IA du 11 décembre 2025 représente bien plus qu’une simple politique technologique – il constitue une offensive directe contre la souveraineté réglementaire des États dirigés par les démocrates. En menaçant de restreindre l’accès au financement fédéral pour les États qui refusent de se conformer au cadre réglementaire national, l’administration Trump utilise le pouvoir du portefeuille fédéral comme arme politique. Cette approche particulièrement agressive vise des États comme la Californie et New York, qui ont développé leurs propres approches réglementaires pour protéger leurs citoyens contre les risques de l’intelligence artificielle. Le programme BEAD de 42,5 milliards de dollars pour étendre l’accès haut débit devient ainsi un levier de pression considérable pour forcer les États à abandonner leurs initiatives réglementaires.
Cette centralisation du pouvoir réglementaire représente une contradiction fondamentale avec la philosophie politique conservatrice qui prétend valoriser les droits des États et la subsidiarité. L’administration Trump révèle ainsi que son engagement en faveur du fédéralisme est purement pragmatique – elle soutient les droits des États uniquement quand ils servent son agenda politique. La création d’une « Task Force de Litigation sur l’IA » dont le seul objectif sera de contester les lois étatiques sur l’intelligence artificielle constitue une escalulation sans précédent dans les tensions fédérales-étatiques. Cette approche heavy-handed risque de créer un précédent dangereux pour l’équilibre des pouvoirs aux États-Unis, permettant au pouvoir exécutif fédéral d’imposer sa volonté aux États par la contrainte économique plutôt que par la persuasion politique.
Cette attaque contre la souveraineté étatique me terrifie. Comment peut-on prétendre défendre la liberté tout en détruisant le droit des États à protéger leurs citoyens comme ils l’entendent ? Trump utilise l’IA comme prétexte pour centraliser le pouvoir et museler la démocratie locale.

La Californie comme cible principale
La Californie, avec son économie massive et son leadership technologique, représente la cible principale de cette offensive fédérale. L’État a développé certaines des réglementations les plus progressistes sur la protection des données, la transparence algorithmique et l’éthique de l’IA, politiques que l’administration Trump considère comme des obstacles à l’innovation et à la compétition mondiale. En forçant la Californie à abandonner ces approches, l’administration fédérale détruit des années de travail législatif et d’expertise réglementaire accumulée. Cette confrontation est particulièrement ironique compte tenu que la Silicon Valley, le cœur de l’industrie technologique américaine, se trouve en Californie.
Les conséquences de cette bataille fédérale-étatique dépassent largement la question de la réglementation de l’IA. Elles touchent aux fondements mêmes du système fédéral américain et à la capacité des États à servir de laboratoires de démocratie expérimentale. Historiquement, les États ont joué un rôle crucial dans l’innovation politique, testant des approches différentes que le gouvernement fédéral pouvait ensuite adopter ou adapter. En éliminant cette capacité d’expérimentation, l’administration Trump centralise non seulement le pouvoir, mais aussi le risque – si la politique fédérale sur l’IA s’avère erronée, il n’y aura aucun contrepoids étatique pour atténuer les dommages. Cette centralisation du pouvoir et du risque représente une menace existentielle pour la résilience démocratique et économique du système américain.
Je suis révolté de voir comment l’administration Trump sacrifie la démocratie locale sur l’autel de l’idéologie. La capacité des États à expérimenter et à innover a toujours été une force du système américain. En détruisant cette capacité, Trump affaiblit non seulement la démocratie, mais aussi la capacité du pays à s’adapter aux défis futurs.

Conclusion : Vers une précipitation économique contrôlée
Les points de rupture approchent
Alors que l’administration Trump continue sa course effrénée vers la domination technologique et économique, les points de rupture de cette approche deviennent de plus en plus évidents. Les contradictions internes de cette politique – promouvoir simultanément le retour des emplois manufacturiers tout en investissant massivement dans l’automatisation, prétendre défendre l’homme ordinaire tout en servant les intérêts des élites technologiques, clamer un « âge d’or » économique tout en ignorant les signaux d’alarme des experts – ne peuvent pas être maintenues indéfiniment. L’économie américaine, malgré sa résilience historique, fait face à des tensions systémiques qui pourraient se résoudre de manière abrupte et douloureuse. Les bulles spéculatives dans l’IA et la robotique, les dettes croissantes, et les fractures sociales créées par la transition technologique créent une conjonction périlleuse.
Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est que l’administration Trump semble non seulement incapable de reconnaître ces dangers, mais activement hostile à toute perspective qui pourrait tempérer son optimisme idéologique. Cette cécité volontaire face aux risques économiques crée une situation où les ajustements nécessaires deviendront de plus en plus difficiles et coûteux avec le temps. L’histoire économique suggère que les bulles spéculatives finissent toujours par éclater, et plus elles sont autorisées à grossir, plus l’explosion est violente. En ignorant systématiquement les avertissements des économistes et en supprimant les garde-fous réglementaires, l’administration Trump pourrait être en train de préparer non seulement une récession, mais une crise économique potentiellelement comparable aux plus grandes catastrophes financières de l’histoire américaine.
Je suis terrifié par cette précipitation collective vers l’abîme économique. Nous voyons le train arriver en pleine vitesse et nous refusons de bouger. L’administration Trump nous conduit vers une catastrophe prévisible avec le sourire, convaincue que sa volonté politique peut défier les lois économiques fondamentales.

Le choix de société fondamental
Au-delà des considérations économiques techniques, la politique de l’administration Trump révèle un choix de société fondamental : entre une approche qui valorise la compétition à tout prix et une qui cherche à équilibrer le progrès technologique avec la justice sociale. En choisissant la première option, Trump place les États-Unis sur une trajectoire qui pourrait produire des gains technologiques impressionnants mais au coût d’une désintégration sociale profonde. Cette approche sacrifice la stabilité économique à long terme pour des gains à court terme, la cohésion sociale pour l’efficacité productive, et la démocratie délibérative pour l’autorité technocratique.
Ce choix de société n’est pas seulement économique, il est moral et civilisationnel. Il détermine quel genre de pays l’Amérique deviendra dans les décennies à venir : une société hyper-competitive mais profondément inégale, ou une société qui cherche à distribuer plus équitablement les bénéfices du progrès technologique. L’administration Trump, par ses politiques et ses priorités, a clairement choisi la première option. Ce choix aura des conséquences qui dureront bien au-delà de sa présidence, façonnant non seulement l’économie mais aussi la structure sociale et politique américaine pour les générations à venir. La véritable tragédie est que ce choix est fait sans débat public véritable, sans considération adéquate des alternatives, et sans reconnaissance des sacrifices qu’il exigeira des citoyens ordinaires.
Je suis profondément attristé par cette trajectoire que nous prenons. Nous avons le choix entre construire un avenir technologique qui sert l’humanité ou un qui l’asservit. L’administration Trump a choisi la seconde option sans même poser la question au peuple américain. Cette précipitation vers un avenir économique de plus en plus inégal et précaire représente non seulement une erreur politique, mais une faute morale historique.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/trump-pr%C3%A9cipite-l-am%C3%A9rique-dans-l-ab%C3%AEme-technologique-malgr%C3%A9-les-alarmes/ar-AA1T5Mbf?ocid=msedgdhp&pc=EDGEDSE&cvid=694f899f9c4c441bb8ca9e9255f35bf8&ei=12

Écrit par : Allusion | 27/12/2025

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Des promesses de paix aux frappes de Noël

On se souvient tous de ce sentiment, n’est-ce pas ? Cette fatigue générale face aux conflits interminables. Donald Trump, lors de sa première campagne, avait su capter cette lassitude en promettant d’arrêter d’entraîner le pays dans des bourbiers à l’étranger, qu’il qualifiait souvent de gaspillage d’argent et de vies humaines. C’était un discours qui résonnait fort.
Lors de son discours d’investiture en janvier, il a même insisté : le succès ne se mesurerait pas aux batailles gagnées, mais aux guerres terminées, et surtout à celles « que nous ne commençons jamais ». Il a souvent répété, notamment devant les cadets de West Point en 2020, que l’ère des guerres sans fin était révolue. C’est lui qui avait lancé les négociations avec les talibans pour quitter l’Afghanistan — un plan exécuté plus tard par Joe Biden, avec la fin tragique que l’on connaît à Kaboul.
Aujourd’hui, l’administration Trump ne manque pas d’aplomb. Le département d’État a récemment diffusé une image triomphante le qualifiant de « PRÉSIDENT DE LA PAIX », affirmant qu’il a mis fin à 8 guerres en 8 mois. Ils ont même renommé l’Institut américain pour la paix en son honneur !
Pourtant, il y a comme un hic. En voyant les frappes lancées en Afrique le jour de Noël, certains de ses propres supporters commencent à se poser des questions… Est-ce qu’il le pensait vraiment quand il disait qu’il ne déclencherait pas de guerres ?

Une administration « pro-conflit » : plus de 500 bombardements en 2025
Malgré les beaux discours et le marketing politique, la réalité du terrain raconte une tout autre histoire. Et les chiffres sont têtus. Selon les observateurs, Trump n’hésite pas à utiliser la force militaire dans des endroits que, soyons honnêtes, beaucoup d’Américains auraient du mal à placer sur une carte.
Clionadh Raleigh, qui dirige l’ACLED (un organisme indépendant qui surveille les conflits), n’y va pas par quatre chemins. Pour elle, tout ce baratin sur la paix, c’est juste des relations publiques. « Cette administration est très pro-conflit », a-t-elle confié à CBC News. En fait, selon leurs données, il y a déjà eu bien plus de 500 bombardements américains à travers le monde rien qu’en 2025.
C’est assez fascinant — ou inquiétant, selon le point de vue — de voir la différence avec l’équipe Biden. Là où l’administration précédente semblait parfois paralysée par la peur de faire un faux pas alors que la violence montait partout, les officiels de Trump font, selon Raleigh, « exactement l’inverse ». Ils bombardent tout ce qui ressemble à une cible valable.
Le raisonnement semble être d’une simplicité désarmante : « On a cette armée, on a tous ces gars et toutes ces bombes, autant s’en servir. » Trump a lancé plus de frappes aériennes dans les six premiers mois de son second mandat que Biden durant ses quatre années entières. C’est dire l’intensité.
De l’Iran au Venezuela : tour d’horizon d’une guerre qui ne dit pas son nom
Alors, où tombent ces bombes ? Un peu partout, c’est ça le plus surprenant. Le programme nucléaire iranien a été pilonné, et une vaste campagne a visé les Houthis au Yémen. Mais ce n’est pas tout.
Regardons du côté du Venezuela. Les forces américaines ont frappé des bateaux vénézuéliens — accusés de transporter de la drogue vers les États-Unis — et les ont littéralement explosés. Trump ne cache pas son jeu : il veut mettre la pression sur Nicolás Maduro, ce « socialiste autoritaire » comme on dit, qui dirige un pays que Trump qualifie de narco-État. Il a même laissé entendre qu’une guerre n’était pas exclue.
Et puis, il y a l’État islamique (Daech). Trump avait dit les avoir « vaincus », mais il semblerait qu’ils reviennent, et la réponse américaine est brutale. Jeudi dernier, des frappes ont visé ce que Trump appelle la « racaille terroriste » de l’ISIS au Nigeria, en réponse à des violences contre des chrétiens. C’était un peu… impulsif, peut-être ? Raleigh suggère que la réflexion s’est limitée à : « On va faire quelque chose pour les chrétiens. C’est Noël. Allons-y. »
En Syrie, c’est encore plus sérieux. Après une embuscade ayant tué deux soldats américains et un interprète civil, Trump a autorisé des représailles massives : 70 cibles frappées d’un coup. En novembre, c’était la Somalie. Si les frappes au Yémen semblent avoir un impact, l’efficacité de celles au Nigeria, où la violence est complexe et sectaire, reste douteuse.

Conclusion : Malaise chez les fidèles et fissures dans le mouvement MAGA
Toute cette agitation commence à créer des remous, même chez les plus fidèles. La base électorale de Trump, ceux qui croyaient dur comme fer à l’isolationnisme et à l’Amérique d’abord, commence à voir des fissures dans l’édifice MAGA.
L’attaque de juin contre l’Iran a été un déclencheur. Marjorie Taylor Greene, qui était pourtant une inconditionnelle, a fini par craquer. Elle a démissionné du Congrès et n’hésite plus à critiquer un président qu’elle juge à la gâchette trop facile. Pour elle, personne ne se soucie de ces pays lointains ; elle voudrait que Trump s’occupe plutôt du coût de la santé ici, chez nous.
Bien sûr, l’administration a sa réponse toute prête. Pete Hegseth, le secrétaire à la Guerre (oui, le titre donne le ton), assure qu’il n’y a pas de contradiction. C’est la « paix par la force », portée par l’esprit guerrier. Pour lui, Trump défend simplement les intérêts de la nation, point barre.
Mais pour d’autres, comme Matthew Bartlett, un stratège républicain nommé par Trump lui-même, la situation devient confuse. Surtout concernant le Venezuela, où l’on compte 29 bombardements dans la région depuis septembre. On est passé de la lutte antidrogue au changement de régime… C’est alambiqué, non ? Bartlett résume bien le sentiment général : cela va à l’encontre de l’idée d’un « président de la paix », et beaucoup d’Américains sont sincèrement alarmés.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/trump-se-qualifie-de-pr%C3%A9sident-de-la-paix-malgr%C3%A9-plus-de-500-frappes-am%C3%A9ricaines-en-un-an/ar-AA1T79Kz?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=694ff8cfc7974254acb65775a032463d&ei=8

Écrit par : Allusion | 27/12/2025

Charlotte Gaccio, qui a été l’héroïne du téléfilm "Les Trois Brestoises" il y a quelques jours, s’est confiée sur l’envers du décor lié à la notoriété.

Elle est revenue sur les insultes qu’elle a reçues au moment de la grossesse de ses jumeaux, notamment à propos de son poids, sur le plateau de l’émission Piquantes diffusée sur l’antenne de Teva. « J’ai beaucoup, beaucoup pleuré, parce que je ne comprends pas pourquoi on perd du temps de vie à écrire des saloperies sur quelqu’un qui va bien », a-t-elle affirmé.

Charlotte Gaccio immunisée par les insultes
Celle qui incarne Audrey Roussel dans la série Demain nous appartient sur l’antenne de TF1 a toutefois trouvé un moyen d’évacuer cette méchanceté gratuite. « Heureusement, une heure après, j’avais rendez-vous chez ma thérapeute, donc on a bien parlé là-bas, on a bien évacué tout ça. Et puis maintenant, je peux entendre ça sans problème », a-t-elle expliqué auprès de Nicole Ferroni.
Ces attaques ont également eu des répercussions sur ses proches. Invitée quelques semaines plus tard, sa mère Michèle Bernier n’a pas pu retenir ses larmes en évoquant les insultes reçues par sa fille quelque temps auparavant. « C’est insupportable en fait », a-t-elle confié après un long moment de silence.

Michèle Bernier piquée au vif
La comédienne, qui incarne La Stagiaire sur France 3, a ensuite expliqué l’attitude de sa fille face à cette situation. « Elle est incroyable, parce qu’elle ne m’a rien dit, elle a voulu m’épargner ça. Je l’ai appris quand elle a fait son documentaire. J’ai pris une claque terrible », a-t-elle raconté au début du mois de décembre 2025.
Sur le plateau de l’émission de Teva, Michèle Bernier a enfin livré son point de vue sur le sujet. « Je pense qu’il y a certainement des gens qui devraient se regarder avant de parler. Le physique des femmes reste un sujet profondément sexiste. Encore aujourd’hui, il faut être comme les hommes ont envie qu’on soit, c’est-à-dire des objets de désir et des petites poupées fragiles », a-t-elle conclu.
Elle est revenue sur les insultes qu’elle a reçues au moment de la grossesse de ses jumeaux, notamment à propos de son poids, sur le plateau de l’émission Piquantes diffusée sur l’antenne de Teva. « J’ai beaucoup, beaucoup pleuré, parce que je ne comprends pas pourquoi on perd du temps de vie à écrire des saloperies sur quelqu’un qui va bien », a-t-elle affirmé.

Charlotte Gaccio qui incarne Audrey Roussel dans la série Demain nous appartient sur l’antenne de TF1 a toutefois trouvé un moyen d’évacuer cette méchanceté gratuite. « Heureusement, une heure après, j’avais rendez-vous chez ma thérapeute, donc on a bien parlé là-bas, on a bien évacué tout ça. Et puis maintenant, je peux entendre ça sans problème », a-t-elle expliqué auprès de Nicole Ferroni.
Ces attaques ont également eu des répercussions sur ses proches. Invitée quelques semaines plus tard, sa mère Michèle Bernier n’a pas pu retenir ses larmes en évoquant les insultes reçues par sa fille quelque temps auparavant. « C’est insupportable en fait », a-t-elle confié après un long moment de silence.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/mich%C3%A8le-bernier-en-larmes-apr%C3%A8s-des-insultes-j-ai-pris-une-claque-terrible/ar-AA1T6X97?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=694ff7363837428cb1712fc75628833b&ei=20

Écrit par : Allusion | 27/12/2025

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Le milliardaire américain Elon Musk a une nouvelle fois suscité la controverse. Sur X (anciennement Twitter), il a relayé une publication affirmant que « près de trois enfants sur quatre à Bruxelles sont d’origine non européenne ». Il a commenté ce message avec une déclaration choc : « La capitale de la Belgique n’est plus belge. »

Une source liée à l’extrême droite flamande
La publication à l’origine de ce débat a été rédigée par l’homme d’affaires Mario Nawfal, connu sur les réseaux sociaux. Elle s’appuie sur un graphique publié par le site Immigration Barometer, une plateforme lancée en 2020 par le parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang. Ce site prétend offrir des données « plus claires et accessibles » sur les migrations en Belgique.

Le graphique mis en avant affirme qu’une majorité d’enfants bruxellois seraient issus de familles non européennes, en lien notamment avec le regroupement familial. Cependant, les chiffres précis mentionnés dans le message partagé par Elon Musk ne figurent pas directement sur le site officiel de l’Office des migrations, qui est censé être la source principale.

Elon Musk ne s’attaque pas uniquement à la Belgique. Ces derniers mois, le patron de Tesla et de SpaceX s’est exprimé à plusieurs reprises contre les politiques migratoires en Europe et aux États-Unis. Il accuse les partis de gauche d’utiliser l’immigration pour renforcer leur base électorale.
Selon lui, cette stratégie fragilise les démocraties occidentales. Dans une publication datant du 21 décembre, Musk affirmait notamment que « l’Europe ne sera bientôt plus l’Europe » si elle ne renverse pas la tendance démographique actuelle, en augmentant les naissances et en procédant à des expulsions massives de migrants.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/selon-elon-musk-la-capitale-de-la-belgique-n-est-plus-belge-le-milliardaire-s-en-prend-%C3%A0-notre-pays-via-le-vlaams-belang/ar-AA1T7VrM

Écrit par : Allusion | 27/12/2025

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Star planétaire, icône féminine du cinéma puis pasionaria de la cause animale coutumière des sorties polémiques : Brigitte Bardot est décédée à l’âge de 91 ans, longtemps après avoir tiré un trait sur la célébrité et le monde du 7e art.

« La Fondation Brigitte Bardot annonce avec une immense tristesse, le décès de sa fondatrice et présidente, Madame Brigitte Bardot, actrice et chanteuse mondialement reconnue, qui a choisi d’abandonner sa carrière prestigieuse pour dédier sa vie et son énergie à la défense des animaux et à sa Fondation », indique-t-elle dans un communiqué transmis à l’AFP.
L’actrice de « Et Dieu… créa la femme » et du « Mépris » est décédée dimanche matin dans sa célèbre résidence de La Madrague à Saint-Tropez, a précisé la fondation à l’AFP.
Hospitalisée courant octobre à Toulon (Var) pour une opération chirurgicale dont la nature n’avait pas été précisée, elle était rentrée se reposer chez elle à Saint-Tropez. Après des informations de presse faisant état d’une nouvelle hospitalisation fin novembre, elle avait tenu à rassurer sur son état de santé. Et invité « tout le monde à se calmer ».
Celle que l’on surnommait par ses initiales, B.B., avait tourné le dos au monde du cinéma il y a plus de cinquante ans, laissant derrière elle une cinquantaine de films et deux scènes entrées dans la légende: un mambo enfiévré dans un restaurant de Saint-Tropez (« Et Dieu… créa la femme », 1956) et un monologue où elle énumérait, nue, les différentes parties de son corps, en ouverture du « Mépris » (1963).
Mondialement connue, elle a façonné la légende de Saint-Tropez et de Buzios au Brésil, a imposé un style vestimentaire composé de ballerines, de marinières et d’imprimés vichy et popularisé l’image d’une femme libre « qui n’a besoin de personne », comme elle l’a chanté pour Serge Gainsbourg.
Elle fut une sorte de Marilyn Monroe à la française, comme elle blonde, à la beauté explosive et à la vie privée tumultueuse, poursuivie par les paparazzi.

« Même quand ça dérange »
Après un dernier film en 1973, elle avait quitté les plateaux pour attirer la lumière sur le combat de sa vie, celui de la défense des animaux, en créant notamment la fondation Brigitte Bardot en 1986.
Ces dernières années, l’ancienne actrice se distinguait surtout pour ses prises de positions politiques et ses propos acerbes sur l’immigration, le féminisme, les chasseurs… dont certains lui ont valu des condamnations pour injure raciale.
« La liberté, c’est d’être soi, même quand ça dérange », proclamait-elle en exergue d’un livre intitulé « Mon BBcédaire », écrit de sa main et sorti début octobre chez Fayard.
Elle y jugeait aussi que la France était « devenue terne, triste, soumise, malade, abîmée, ravagée, ordinaire, vulgaire… ». La droite est le « seul remède urgentissime à l’agonie de la France », ajoutait celle qui a revendiqué sa proximité avec les idées de Marine Le Pen (Rassemblement national, RN).
Ces dernières années, Brigitte Bardot vivait dans le sud de la France, entre La Madrague et une seconde maison cachée dans la verdure, La Garrigue, abritant des animaux et une chapelle privée.
Dans une interview accordée en mai à BFMTV, elle confiait avoir envie « de la paix, de la nature ».
« Maintenant je vis comme une fermière avec mes moutons, mes chèvres, mes cochons, mon petit âne et ma ponette, tous mes chiens, mes chats », déclarait l’ancienne idole planétaire.

https://www.msn.com/fr-be/divertissement/actualite/la-fin-d-un-mythe-brigitte-bardot-est-d%C3%A9c%C3%A9d%C3%A9e/ar-AA1T9MTZ?ocid=msedgdhp&pc=EDGEDSE&cvid=6951162ab92f4277afcceb2e72cca3ff&ei=8

Écrit par : Allusion | 28/12/2025

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La nouvelle est tombée le 28 décembre dernier. Après avoir joué dans les plus grands films, fait rêver le monde entier et s'être battue corps et âme pour le bien-être animal, Brigitte Bardot nous a quittés à l'âge de 91 ans. Depuis, de nombreuses personnalités ont tenu à lui rendre hommage comme des milliers d'anonymes partout en France. Difficile de passer à côté du visage de B.B. en circulant sur les réseaux sociaux ces derniers jours tant celle qui vivait à La Madrague a marqué plusieurs générations.Ainsi, nul doute qu'ils seront très nombreux à faire le déplacement jusqu'à Saint-Tropez le 7 janvier prochain. C'est là que seront organisées les obsèques de la star qui n'avait pas la langue dans sa poche. D'ores et déjà, plusieurs détails ont été révélés sur cette journée qui s'annonce particulièrement riche en émotions. Ainsi, une cérémonie aura lieu à l'église Notre-Dame-de-l'Assomption dans cette commune huppée du Var. Un événement qui sera retransmis sur deux écrans géants pour le public. Par la suite, Brigitte Bardot sera inhumée au cimetière de la commune prisée du Var aux côtés de ses parents et ses grands-parents. Une inhumation "privée et confidentielle" où seront sans doute présents son fils unique Nicolas-Jacques Charrier et son mari Bernard d'Ormale. En revanche, une chose est sûre, Emmanuel et Brigitte Macron ne seront pas là. Et pour cause… Ils n'ont tout simplement pas été invités !
Brigitte Bardot inhumée à Saint-Tropez : double revers pour l’Élysée
Suite à l'annonce de la disparition de Brigitte Bardot, l’Élysée s'est rapproché de la famille de la défunte afin de proposer l'organisation d'un hommage national mais… Cette proposition est restée sans réponse ! "Il y a eu un échange avec la famille, avec proposition qu’un hommage ait lieu, sans que la famille ne donne suite", a dévoilé un proche d'Emmanuel Macron. Le chef de l’État et son épouse Brigitte qui ne feront pas le déplacement à Saint-Tropez le 7 janvier prochain.En effet, nos confrères du Canard Enchaîné ont dévoilé l'information ce 30 décembre. Selon eux, la famille de Brigitte Bardot a fait savoir à Emmanuel Macron qu’il n’était pas le bienvenu dans le Var. En revanche, une autre figure politique sera présente. Il s'agit de Marine Le Pen. L'entourage de la cheffe de file des députés Rassemblement National l'a confirmé à BFM TV. Pour rappel, l'époux de Brigitte a été conseiller de Jean-Marie Le Pen par le passé. La Parisienne qualifiait même sa fille de "Jeanne d'Arc du XXIe siècle"

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/brigitte-bardot-vire-emmanuel-macron-de-ses-obs%C3%A8ques/ar-AA1TkGUr?ocid=msedgdhp&pc=EDGEDSE&cvid=695506c7f1db4901b925a8a1c6145b6c&ei=7#comments

Écrit par : Allusion | 31/12/2025

C’est une nouvelle qui tombe au pire moment, ou peut-être au meilleur, cela dépend de quel côté de la lorgnette on se place. Ce samedi 27 décembre, alors que le président Volodymyr Zelensky venait tout juste de faire ses valises pour les États-Unis, une véritable bombe a explosé à Kiev. L’agence anticorruption ukrainienne, que l’on appelle là-bas le Nabu, a publiquement accusé plusieurs députés d’avoir accepté des pots-de-vin. La raison ? Monnayer leur vote au Parlement, tout simplement.
L’agene n’y est pas allée par quatre chemins sur Telegram. Elle parle d’avoir « mis au jour un groupe criminel organisé comprenant des membres actuels du Parlement ». Rien que ça. Selon eux, ces élus recevaient « systématiquement des avantages illégaux pour voter à la Rada ». C’est assez effrayant quand on y pense, cette idée de système bien huilé. Les enquêteurs ont même tenté de mener des perquisitions dans les bureaux gouvernementaux à Kiev pour saisir des preuves.
Mais voilà, tout ne s’est pas passé comme prévu sur le terrain. L’instance a rapporté avoir été empêchée d’entrer par les forces de sécurité, ce qui a provoqué une certaine colère des enquêteurs qui ont rappelé, à juste titre je suppose, qu’« entraver les actions d’enquête constitue une violation directe de la loi ». Un peu plus tard, comme pour calmer le jeu, le service de sécurité de l’État a assuré que l’accès au quartier gouvernemental avait finalement été autorisé. On ne sait pas encore, à l’heure où j’écris ces lignes, si des arrestations ont eu lieu, le flou persiste un peu.

L’ombre de la corruption plane sur le voyage en Floride
Le timing est tout de même incroyable, vous ne trouvez pas ? Ce scandale éclate pile au moment où Volodymyr Zelensky s’envole pour la Floride. Il doit y être reçu ce dimanche par le président américain Donald Trump. L’enjeu est colossal : ils doivent discuter du plan pour mettre fin à cette terrible guerre avec la Russie. C’est dommage d’arriver à la table des négociations avec une telle affaire dans les valises.
D’autant que ce n’est pas la première fois que l’entourage du président est éclaboussé, loin de là. Souvenez-vous, la présidence avait déjà été fortement secouée par une histoire de détournement de fonds assez vertigineuse. On parlait tout de même de près de 100 millions de dollars qui se seraient volatilisés dans le secteur énergétique. Et qui était impliqué ? Un ami proche de Zelensky, qui a d’ailleurs pris la poudre d’escampette et se trouve aujourd’hui en fuite à l’étranger.
Cette précédente affaire avait fait des dégâts considérables au sommet de l’État. Elle avait poussé vers la sortie deux ministres, mais surtout le très puissant chef de l’administration présidentielle, Andriy Iermak. C’était lui, pourtant, le négociateur privilégié avec Washington. Le voir cité dans un tel dossier avait jeté un froid, c’est le moins qu’on puisse dire.

Un système judiciaire sous tension et des tentatives de contrôle
Il faut bien comprendre comment ça marche là-bas. L’Ukraine possède bien ses outils pour lutter contre ce fléau : le Nabu pour les enquêtes, et le Sap, un parquet spécialisé. Ces structures ont été créées en 2014, il y a dix ans déjà, sous une forte pression des Européens et des Américains. Sur le papier, le Nabu jouit d’une indépendance au sein de l’appareil d’État, même si son directeur est nommé par le cabinet des ministres. Le problème… c’est que les affaires sortent, font du bruit, mais se traduisent rarement par des condamnations fermes en justice.
Et puis, il y a ces jeux de pouvoir en coulisses qui inquiètent. Pas plus tard que cet été, la présidence a tenté un coup de poker : priver le Nabu et le Sap de leur indépendance. L’idée était de subordonner leurs activités au procureur général. Or, ce procureur répond directement à… Volodymyr Zelensky. Vous voyez le souci ?
Heureusement, la société civile et les alliés occidentaux de Kiev ont immédiatement levé les boucliers. Face à la gronde, le président a dû faire marche arrière. Cette tentative avait même provoqué les premières manifestations d’ampleur dans le pays depuis le début de l’invasion russe en 2022. C’est dire si le sujet est sensible pour les Ukrainiens.

Conclusion : Un mal profond et persistant
Il faut se rendre à l’évidence, la corruption reste un mal endémique en Ukraine, comme c’est malheureusement le cas dans beaucoup de pays de l’ex-URSS, y compris la Russie d’ailleurs. C’est une vieille habitude dont il est difficile de se défaire.
Depuis que l’invasion russe a commencé en 2022, on aurait pu espérer une sorte d’union sacrée, mais de multiples affaires ont continué d’éclater, touchant même des secteurs critiques comme l’armée et la défense. C’est triste, vraiment. De leur côté, les militants anticorruption tirent la sonnette d’alarme : ils se plaignent régulièrement de subir des pressions politiques et même un harcèlement judiciaire visant, selon eux, à entraver leur travail de nettoyage.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/coup-de-tonnerre-%C3%A0-kiev-des-d%C3%A9put%C3%A9s-accus%C3%A9s-de-corruption-juste-avant-la-rencontre-zelensky-trump/ar-AA1T9ZPv

Écrit par : Allusion | 28/12/2025

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Introduction : Le rêve doré d’un président qui ne connaît rien à la mer
Une annonce spectaculaire à Mar-a-Lago
Le vingt-deux décembre deux mille vingt-cinq, Donald Trump s’est levé dans son palais doré de Mar-a-Lago pour annoncer au monde entier qu’il allait révolutionner la marine américaine. Pas avec des idées nouvelles. Pas avec une stratégie repensée. Non. Avec des cuirassés géants portant son nom. Le USS Defiant, premier d’une classe baptisée « Trump », serait le navire de guerre le plus imposant construit par les États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. Trente-cinq mille tonnes d’acier. Des missiles hypersoniques. Des railguns. Des lasers. Et surtout, beaucoup, beaucoup d’ego présidentiel. Trump a déclaré que ces bâtiments seraient « les plus rapides, les plus grands, et cent fois plus puissants que n’importe quel cuirassé jamais construit ». Cent fois. Rien que ça. L’homme qui a passé sa vie à construire des tours dorées veut maintenant construire une flotte dorée. La « Golden Fleet ». Un nom qui sonne comme une publicité pour un casino flottant plutôt qu’une force de dissuasion militaire crédible.
Derrière le président, des rendus informatiques montraient un navire massif, élégant même, avec des lignes qui rappellent les croiseurs soviétiques de la classe Kirov mélangés aux cuirassés américains de la classe Iowa. Le logo du navire ? Une photo prise lors de la tentative d’assassinat contre Trump en juillet deux mille vingt-quatre, son poing levé, du sang sur le visage. Defiant. Défiant. Le message est clair : ce navire, c’est Trump. Cette flotte, c’est Trump. Cette vision militaire, c’est Trump. Le secrétaire à la Marine, John Phelan, a promis que le USS Defiant serait « le navire de guerre le plus grand, le plus mortel, le plus polyvalent et le plus beau des océans du monde ». Le plus beau. Parce qu’apparemment, l’esthétique compte autant que la capacité opérationnelle quand on conçoit un instrument de guerre moderne. Trump lui-même a précisé qu’il dirigerait personnellement la conception, « parce que je suis une personne très esthétique ». Voilà. Le commandant en chef des armées américaines va dessiner des bateaux.
Je regarde ces images de synthèse, ces promesses grandioses, et quelque chose se brise en moi. Pas de la colère. Pas vraiment. Plutôt une forme de lassitude profonde, presque existentielle. Nous sommes en deux mille vingt-cinq. La Chine construit des navires à une cadence industrielle que l’Occident a oubliée. La Russie teste des torpilles nucléaires capables de raser des côtes entières. L’Iran développe des essaims de drones navals qui coûtent quelques milliers de dollars pièce et peuvent paralyser un destroyer à deux milliards. Et nous ? Nous construisons des monuments à l’ego d’un homme. Des cuirassés. En deux mille vingt-cinq. Comme si nous étions revenus en mille neuf cent quarante-deux, quand les géants d’acier régnaient encore sur les mers. Sauf que nous ne sommes pas en mille neuf cent quarante-deux. Nous sommes dans un monde où un missile anti-navire chinois DF-26 peut frapper un porte-avions à trois mille kilomètres de distance. Où des drones sous-marins autonomes peuvent miner des ports entiers sans qu’un seul humain ne mette les pieds en mer. Où la guerre navale moderne privilégie la dispersion, la redondance, la multiplicité des plateformes plutôt que la concentration de puissance sur quelques coques géantes. Mais Trump veut des cuirassés. Parce qu’ils sont beaux. Parce qu’ils portent son nom. Parce qu’ils incarnent une vision de la puissance qui appartient à un autre siècle.

Un projet pharaonique aux contours flous
Les détails du projet restent remarquablement vagues pour une annonce aussi tonitruante. Trump parle de commencer par deux navires, puis d’en construire dix, avec un objectif final de vingt à vingt-cinq unités pour la classe complète. La construction devrait débuter en deux mille trente, avec les premières coques livrées « au milieu des années deux mille trente ». Peut-être. Probablement. On verra. Le USS Defiant mesurerait entre huit cents et huit cent quatre-vingts pieds de long, déplacerait entre trente mille et quarante mille tonnes, et aurait un tirant d’eau de vingt-quatre à trente pieds. Pour comparaison, les destroyers de classe Zumwalt, actuellement les plus gros navires de surface de la marine américaine, ne déplacent que quinze mille tonnes. Le Defiant serait donc plus du double. Plus gros que tout ce que l’Amérique a construit depuis le USS Missouri, le cuirassé sur lequel le Japon a signé sa reddition en mille neuf cent quarante-cinq.
L’armement prévu donne le vertige. Douze cellules de lancement pour des missiles de frappe conventionnelle rapide, ces armes hypersoniques à longue portée que la marine peine encore à déployer de manière fiable. Cent vingt-huit cellules de lancement vertical MK-41 pour des missiles de croisière Tomahawk, des missiles anti-navires, ou des intercepteurs de défense antimissile. Des canons de cinq pouces. Un railgun de trente-deux mégajoules, cette technologie que la marine a abandonnée en deux mille vingt-et-un parce qu’elle ne fonctionnait pas. Des armes à énergie dirigée, ces lasers qui existent surtout dans les présentations PowerPoint. Et potentiellement, des missiles de croisière à capacité nucléaire lancés depuis la mer. Le tout propulsé par des turbines à gaz et des diesels alimentant un réseau électrique capable de générer assez de puissance pour faire fonctionner tous ces systèmes d’armes futuristes. Le navire pourrait atteindre des vitesses supérieures à trente nœuds. Il pourrait opérer indépendamment, au sein d’un groupe aéronaval, ou commander son propre groupe d’action de surface. Il pourrait accueillir des V-22 Osprey et les futurs aéronefs à décollage vertical. Il serait, selon la fiche technique de la marine, « capable de fournir le commandement et le contrôle avancés pour les plateformes habitées et non habitées ».
Tout cela sonne extraordinaire sur le papier. Révolutionnaire même. Un navire qui combine la puissance de feu d’un croiseur lance-missiles, la capacité de commandement d’un navire amiral, et l’autonomie stratégique d’un groupe de combat complet. Un seul problème : rien de tout cela n’existe vraiment. Les missiles hypersoniques ? En développement. Le railgun ? Abandonné. Les lasers de haute puissance ? Prototypes. La capacité de construire un navire de cette taille dans les délais annoncés ? Inexistante. L’industrie navale américaine peine déjà à livrer des frégates en retard de trois ans. Elle n’a pas construit de cuirassé depuis quatre-vingts ans. Elle manque de main-d’œuvre qualifiée, de capacité de chantier, de chaînes d’approvisionnement fiables. Et Trump veut qu’elle produise vingt-cinq super-navires d’ici les années deux mille trente ? C’est comme demander à quelqu’un qui a du mal à faire cuire un œuf de préparer un banquet pour mille personnes. Avec des ingrédients qui n’existent pas encore. Dans une cuisine qui n’a pas été construite.

Section 2 : Jimmy Kimmel et la guerre contre le rire
Quand l’humour devient dangereux
Septembre 2025. Jimmy Kimmel fait ce qu’il fait depuis des années : de l’humour politique. Ce soir-là, il se moque de la réaction de Trump suite à l’assassinat de Charlie Kirk, commentateur conservateur. Quand un journaliste interroge le président sur cette tragédie, Trump répond en parlant… de la construction d’une salle de bal à la Maison-Blanche. Kimmel ne peut s’empêcher de relever l’absurdité : « Ce n’est pas comme ça qu’un adulte pleure le meurtre de quelqu’un qu’il appelait un ami. C’est comme ça qu’un enfant de quatre ans pleure un poisson rouge. » La blague fait mouche. Trop, peut-être. Car dans l’Amérique de Trump, l’humour n’est plus un droit—c’est un risque. Le lendemain, ABC annonce la suspension indéfinie de l’émission de Kimmel. Officiellement, pour des raisons éditoriales. Officieusement ? Tout le monde comprend. La Federal Communications Commission, dirigée par Brendan Carr, un proche de Trump, avait menacé le réseau de sanctions réglementaires quelques heures avant la décision. Le message est limpide : critiquez le président, et vous en paierez le prix.
Trump jubile sur Truth Social : « Excellente nouvelle pour l’Amérique : l’émission de Jimmy Kimmel, en difficulté dans les audiences, est annulée. Félicitations à ABC pour avoir enfin eu le courage de faire ce qui devait être fait. » Mais il ne s’arrête pas là. Il s’en prend également aux autres présentateurs de late-night. « Kimmel n’a aucun talent, et des audiences pires que celles de Colbert, si c’est possible. Il reste Jimmy [Fallon] et Seth [Meyers], deux perdants totaux. » Cette attaque généralisée contre l’humour politique révèle quelque chose de fondamental : Trump ne supporte pas qu’on se moque de lui. Pour un homme dont l’ego est la boussole principale, le rire des autres est une agression insupportable. Et quand on est président, on a les moyens de faire taire ce rire. Les experts en liberté d’expression tirent la sonnette d’alarme. « La décision d’ABC intervient après des pressions de l’administration Trump », expliquent plusieurs analystes. « C’est de la censure déguisée. » Seth Meyers, lui aussi dans le viseur présidentiel, dénonce « une répression de la liberté d’expression » lors de son émission sur NBC. Stephen Colbert, dont l’émission sera annulée quelques mois plus tard, parle de « censure flagrante ».

Le retour impossible de Kimmel
Une semaine plus tard, Jimmy Kimmel Live! revient à l’antenne. Kimmel consacre son monologue d’ouverture à défendre la liberté d’expression. Mais le mal est fait. Le précédent est créé. Désormais, tous les humoristes américains savent qu’ils évoluent sur un terrain miné. Critiquer Trump peut coûter une carrière. Et cette autocensure rampante est peut-être pire que la censure directe. Car elle s’installe dans les esprits, elle modifie les comportements, elle étouffe progressivement toute forme de dissidence humoristique. Kimmel, lui, refuse de plier. En décembre, il participe au « message de Noël alternatif » de Channel 4, une chaîne britannique. Face caméra, il s’adresse directement aux Britanniques : « Vous voyez ce type qui pense être notre roi ? La tyrannie est en plein essor en Amérique. » Il fait référence aux manifestations « No Kings » qui ont lieu dans tout le pays, ces rassemblements où des Américains protestent contre ce qu’ils perçoivent comme une dérive autoritaire. Trump, évidemment, ne laisse pas passer. Nouvelle salve d’insultes sur Truth Social. Nouvelles menaces voilées.
Mais l’histoire de Kimmel n’est qu’un chapitre d’une guerre plus large contre les médias critiques. Stephen Colbert en fait également les frais. En juillet, CBS annonce l’annulation de The Late Show pour des raisons financières. Personne n’est dupe. L’annonce intervient quelques jours après que Colbert ait qualifié de « gros pot-de-vin » le règlement de seize millions de dollars versé par Paramount, la maison-mère de CBS, à Trump. Ce règlement concernait le montage d’une interview de l’ancienne vice-présidente Kamala Harris dans l’émission 60 Minutes. Colbert avait fait le lien avec la vente en cours de Paramount à Skydance Media—une transaction nécessitant l’approbation de l’administration Trump. Quelques jours plus tard, son émission était condamnée. Trump célèbre cette victoire sur Truth Social. L’émission diffusera son dernier épisode en mai 2026. Deux des voix les plus critiques de la télévision américaine réduites au silence en moins d’un an. Coïncidence ? Personne n’y croit vraiment.
Je pense à ces humoristes. À leur courage, d’abord. Puis à leur solitude. Car faire rire d’un président qui utilise le pouvoir d’État pour vous détruire, ça demande des tripes. Kimmel et Colbert ont continué. Ils ont résisté. Mais combien d’autres ont préféré se taire ? Combien de blagues n’ont jamais été écrites par peur des représailles ? Combien de sketches ont été autocensurés dans les salles de rédaction ? On ne le saura jamais. C’est ça, le vrai danger de la censure : elle ne se mesure pas seulement à ce qui est interdit, mais à tout ce qui n’est jamais créé par peur de l’interdiction. Et dans cette Amérique de 2025, la peur s’est installée. Même le rire n’est plus libre.

Section 3 : Elon Musk, l'allié devenu ennemi
L’alliance qui devait tout changer
Janvier 2025. Elon Musk est au sommet de sa gloire politique. Le milliardaire, qui a massivement soutenu la campagne de Trump en 2024, reçoit sa récompense : il est nommé responsable officieux du Department of Government Efficiency, le fameux DOGE. Sa mission ? Démanteler l’État fédéral. Supprimer des agences entières. Virer des dizaines de milliers de fonctionnaires. Le rêve libertarien de Musk semble à portée de main. Il s’attaque au Département de l’Éducation, à l’Agence américaine pour le développement international, à tout ce qui représente l’État providence. Pendant quelques mois, Musk et Trump forment le duo le plus puissant—et le plus effrayant—de Washington. Deux égos démesurés unis dans un projet de destruction créatrice. Ou plutôt, de destruction tout court. Car la partie « créatrice » tarde à se matérialiser. Ce qui se matérialise, en revanche, ce sont les licenciements massifs, les services publics paralysés, le chaos administratif.
Mais cette lune de miel ne pouvait pas durer. Deux narcissiques de cette envergure ne peuvent pas cohabiter longtemps. Le Dr Shanahan l’avait prédit : « Il n’y a pas beaucoup de générosité d’esprit chez Trump, donc il ne partagera jamais les projecteurs avec quelqu’un d’autre. Il y aura une autre dispute à un moment donné. » Ce moment arrive plus tôt que prévu. En mai, les républicains présentent un projet de loi budgétaire titanesque, pompeusement intitulé « One Big, Beautiful Bill ». Un texte de plusieurs milliers de pages censé régler tous les problèmes financiers du pays. Sauf que Musk, en lisant les détails, réalise que ce projet va à l’encontre de tout ce que DOGE est censé accomplir. Les dépenses explosent. Le déficit s’envole. Dans une interview à CBS, Musk ne mâche pas ses mots : « Je suis déçu de voir ce projet de loi de dépenses massives. Cela sape la mission de DOGE. » C’est la première fois qu’il critique publiquement Trump. Ce sera aussi le début de la fin de leur alliance.

La bombe Epstein
Trump ne supporte pas la contradiction. Encore moins venant de quelqu’un qu’il considérait comme un allié. Sa réponse est glaciale : « Je suis déçu, moi aussi. » Deux mots qui, dans le vocabulaire trumpien, équivalent à une déclaration de guerre. Les jours suivants voient une escalade verbale spectaculaire. Musk et Trump s’échangent des piques sur les réseaux sociaux. Puis, le six juin, Musk franchit la ligne rouge. Il publie sur X (anciennement Twitter) : « Il est temps de lâcher la vraie bombe : @realDonaldTrump est dans les dossiers Epstein. » Le tweet est supprimé quelques heures plus tard. Mais le mal est fait. Musk vient de toucher au sujet le plus sensible, le plus dangereux de l’univers Trump. Jeffrey Epstein, le financier condamné pour trafic sexuel de mineures, mort en prison dans des circonstances troubles. Les « dossiers Epstein » contiennent les noms de dizaines de personnalités ayant fréquenté le prédateur. Et Trump y figure. Musk le sait. Tout le monde le sait. Mais personne n’ose le dire publiquement. Jusqu’à maintenant.
La réaction de Trump est immédiate et violente. Mais curieusement, il ne nie pas. Il n’explique pas. Il attaque simplement Musk sur d’autres sujets. Comme si mentionner Epstein était un tabou tellement absolu qu’il valait mieux l’ignorer complètement. Quelques jours plus tard, le onze juin, Musk fait marche arrière. Il publie un message d’excuses, reconnaissant que certains de ses commentaires sont « allés trop loin ». L’affaire semble close. Musk se retire de DOGE. L’alliance est terminée. Mais les questions demeurent. Pourquoi Musk a-t-il mentionné Epstein ? Que sait-il exactement ? Et pourquoi Trump a-t-il réagi avec une telle violence à cette simple mention ? Le Dr Shanahan a une théorie : « Epstein est sa kryptonite politique. Il a tout fait pour dévier, pour s’éloigner d’Epstein, de ce qui pourrait être incriminant. Cela l’inquiète clairement, ce qui se trouve dans ces dossiers. » Cette inquiétude explique peut-être pourquoi Trump a réagi si violemment quand Marjorie Taylor Greene a elle aussi réclamé la publication des dossiers quelques mois plus tard.
Epstein. Ce nom revient sans cesse. Comme un fantôme qui hante la présidence Trump. Chaque fois que quelqu’un le mentionne, la réaction est disproportionnée. Violente. Presque panique. Qu’y a-t-il dans ces dossiers ? Nous ne le saurons probablement jamais. Mais le simple fait que Trump réagisse avec une telle intensité en dit long. Un homme innocent n’aurait rien à craindre de la vérité. Un homme innocent réclamerait même la publication de ces documents pour prouver son innocence. Mais Trump fait l’inverse. Il attaque ceux qui posent la question. Il les détruit politiquement. Il les force au silence. C’est le comportement de quelqu’un qui a quelque chose à cacher. Et tant que ces dossiers resteront secrets, le doute persistera. Comme une ombre permanente sur sa présidence.

Section 4 : Gavin Newsom, le gouverneur qui ose résister
La Californie en flammes, Trump en guerre
Janvier 2025. Le sud de la Californie brûle. Des incendies massifs ravagent la région de Los Angeles. Des milliers de personnes évacuées. Des maisons détruites. Un désastre naturel d’une ampleur rare. C’est dans ce contexte tragique que Trump choisit de relancer sa vieille guerre contre Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie. Sur Truth Social, il ressort son surnom préféré : « Newscum » (un jeu de mots entre Newsom et « scum », ordure en anglais). Il accuse le gouverneur d’être responsable des incendies, de ne pas avoir géré correctement les ressources en eau, d’avoir privilégié un poisson rare plutôt que la sécurité des Californiens. Les accusations sont aussi nombreuses que fantaisistes. Mais elles trouvent un écho chez les supporters de Trump, toujours prompts à croire que la Californie démocrate est responsable de tous ses malheurs. Le bureau de presse de Newsom répond sobrement : « Le gouverneur se concentre sur la protection des gens, pas sur les jeux politiques. » Mais Trump n’en a cure. Pour lui, chaque catastrophe est une opportunité politique.
Christina Bellantoni, professeure de journalisme à l’Université de Californie du Sud, identifie cette querelle comme « l’un des affrontements politiques les plus révélateurs de l’année—un affrontement dans lequel Newsom a délibérément ‘piqué l’ours' ». Car contrairement à beaucoup de démocrates qui préfèrent éviter la confrontation directe avec Trump, Newsom a choisi une stratégie différente : lui tenir tête. Publiquement. Agressivement. En utilisant les mêmes armes que Trump. Les réseaux sociaux. Les petites phrases. Les provocations calculées. C’est une approche risquée. Mais Newsom semble avoir compris quelque chose que beaucoup de démocrates ignorent encore : face à Trump, la modération est perçue comme de la faiblesse. Il faut frapper fort. Ou se faire écraser. Et Newsom a choisi de frapper. Encore et encore. Tout au long de l’année 2025, les deux hommes vont s’affronter sur tous les fronts. L’immigration. La Garde nationale. Le redécoupage électoral. Chaque sujet devient prétexte à une nouvelle bataille.

La Garde nationale comme arme politique
L’été 2025 marque un tournant. Des manifestations éclatent à Los Angeles contre les raids de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) dans la ville. Des milliers de personnes descendent dans les rues pour protester contre les arrestations massives d’immigrés sans papiers. Trump voit dans ces manifestations une opportunité. Sans demander l’autorisation—ni même informer—les autorités locales, il déploie la Garde nationale à Los Angeles. C’est une décision sans précédent. Jamais un président n’avait envoyé des troupes fédérales dans une ville sans l’accord de ses dirigeants. Newsom qualifie cette décision de « délibérément inflammatoire » et décide de se battre. Pas dans les médias cette fois. Devant les tribunaux. Il attaque le déploiement de la Garde nationale en justice. Et contre toute attente, il gagne. Plusieurs fois. Les tribunaux donnent raison à la Californie, jugeant le déploiement illégal. C’est une humiliation pour Trump. Et une victoire symbolique majeure pour Newsom.
Mais Trump ne lâche rien. Il continue d’attaquer Newsom sur tous les fronts. Le redécoupage électoral en Californie ? Trump s’en mêle, accusant les démocrates de tricher. Les politiques environnementales de l’État ? Trump les dénonce comme « destructrices d’emplois ». Chaque décision de Newsom devient prétexte à une nouvelle attaque. Et Newsom répond coup pour coup. Il lance même un « Patriot Shop », une boutique en ligne vendant des produits pro-Californie, en réponse directe au magasin MAGA de Trump. Il adopte le style de communication de Trump sur les réseaux sociaux—messages en majuscules, ton agressif, provocations calculées. Certains démocrates s’inquiètent de cette stratégie. N’est-ce pas abaisser le débat au niveau de Trump ? Newsom assume complètement : « Si vous avez des problèmes avec ce que je publie, vous devriez vraiment vous inquiéter de ce qu’il publie en tant que président. » Le message est clair : on ne combat pas Trump avec des discours policés et des arguments rationnels. On le combat avec ses propres armes.
Newsom fascine. Et il inquiète aussi. Car en adoptant les méthodes de Trump, ne risque-t-il pas de devenir comme lui ? C’est la question que beaucoup se posent. Mais je crois qu’ils passent à côté de l’essentiel. Newsom n’est pas Trump. Il utilise les mêmes outils de communication, certes. Mais pour défendre des valeurs opposées. Pour protéger les immigrés que Trump veut expulser. Pour préserver l’environnement que Trump veut sacrifier. Pour maintenir les droits que Trump veut supprimer. La forme peut être similaire. Le fond reste radicalement différent. Et peut-être que c’est exactement ce dont les démocrates ont besoin : quelqu’un qui sait se battre dans l’arène médiatique moderne. Quelqu’un qui ne recule pas. Quelqu’un qui comprend que dans cette nouvelle ère politique, la gentillesse est une faiblesse et la modération une capitulation.

Section 5 : Marjorie Taylor Greene, la fidèle devenue traîtresse
L’alliance qui semblait indestructible
Il y a encore un an, Marjorie Taylor Greene était l’une des alliées les plus fidèles de Trump. La représentante de Géorgie défendait le président sur tous les fronts. Les émeutes du six janvier au Capitole ? Elle les justifiait. Les politiques d’immigration les plus dures ? Elle les applaudissait. Les théories du complot les plus folles ? Elle les relayait. Greene incarnait l’aile la plus radicale du trumpisme. Celle qui ne doutait jamais. Celle qui ne questionnait jamais. Celle qui suivait aveuglément. Trump adorait cette loyauté inconditionnelle. Il la citait en exemple. Il la défendait quand elle était attaquée. Il la présentait comme le modèle du républicain moderne. Leur alliance semblait indestructible. Jusqu’à ce qu’elle commette l’erreur fatale : poser une question. Une seule question. Mais la mauvaise. Celle qu’on ne doit jamais poser dans l’univers Trump. Elle a demandé la publication des dossiers Epstein.
Pour Greene, c’était une question légitime. Ces dossiers contiennent les noms de dizaines de personnalités ayant fréquenté Jeffrey Epstein. Des politiciens. Des businessmen. Des célébrités. Le public américain a le droit de savoir qui figurait dans le carnet d’adresses du prédateur sexuel. C’est une question de transparence. De justice. De vérité. Greene commence à faire campagne pour la publication de ces documents. Elle en parle dans les médias. Elle interpelle l’administration. Elle fait pression sur ses collègues républicains. Au début, Trump ignore ses demandes. Puis il commence à s’agacer. Puis il explose. En novembre, il annonce qu’il retire son soutien à Greene, la qualifiant de « lunatique délirante ». Greene publie alors une capture d’écran d’un texto qu’elle semble avoir envoyé au président, le pressant de publier les dossiers. « Apparemment, c’est ce qui l’a fait basculer », écrit-elle. Basculer est un euphémisme. Trump entre dans une rage folle.

La chute brutale
Les jours suivants sont un déluge d’insultes. Trump qualifie Greene de « traîtresse » et de « honte » pour le parti républicain. Lui qui la portait aux nues quelques mois plus tôt la traîne maintenant dans la boue. Publiquement. Violemment. Sans retenue. Greene tente de résister. Elle explique sa position. Elle défend son droit de poser des questions. Elle rappelle toutes les fois où elle a soutenu Trump. Rien n’y fait. Dans l’univers Trump, la loyauté passée ne compte pas. Seule compte la loyauté présente. Et en posant cette question sur Epstein, Greene a franchi la ligne rouge. Quelques jours plus tard, elle annonce sa démission du Congrès. Sa lettre de démission est un cri du cœur : « Défendre les femmes américaines qui ont été violées à quatorze ans, trafiquées et utilisées par des hommes riches et puissants, ne devrait pas me valoir d’être appelée traîtresse et menacée par le président des États-Unis, pour qui je me suis battue. » C’est un moment extraordinaire. Une trumpiste pure et dure, chassée du mouvement pour avoir osé demander la vérité sur Epstein.
Le Dr Shanahan analyse cette rupture : « Epstein est sa kryptonite politique. Il a tout fait pour dévier, pour s’éloigner d’Epstein, de ce qui pourrait être incriminant. Cela l’inquiète clairement, ce qui se trouve dans ces dossiers. » Cette analyse explique la violence de la réaction de Trump. Greene n’a pas simplement posé une question gênante. Elle a touché au sujet le plus sensible, le plus dangereux de toute sa présidence. Et pour cela, elle devait être détruite. Complètement. Publiquement. Pour servir d’exemple. Le message aux autres républicains est limpide : ne posez jamais cette question. Ne mentionnez jamais ce nom. Sinon, vous subirez le même sort. Et ça fonctionne. Depuis la chute de Greene, plus aucun républicain n’ose parler des dossiers Epstein. Le silence s’est installé. Un silence pesant, complice presque. Car tout le monde sait. Mais personne ne dit. C’est l’omerta trumpienne dans toute sa splendeur.
Greene me fait de la peine. Je ne pensais jamais écrire ces mots. Cette femme a défendu l’indéfendable pendant des années. Elle a relayé les théories du complot les plus délirantes. Elle a attisé la haine. Elle a divisé. Mais là, sur ce sujet précis, elle avait raison. Les dossiers Epstein devraient être publics. Les Américains ont le droit de savoir. Et elle a été détruite pour avoir osé le dire. Il y a quelque chose de tragique dans sa chute. Pas parce qu’elle était une héroïne—elle ne l’était pas. Mais parce que sa destruction illustre parfaitement le fonctionnement du système Trump : la loyauté absolue ou l’anéantissement total. Pas de nuances. Pas de pardon. Juste la soumission ou la mort politique. Et dans ce système, même les plus fidèles ne sont jamais vraiment en sécurité.

Section 6 : Jerome Powell, le banquier qui refuse de plier
Le président contre la Réserve fédérale
Jerome Powell a un problème. Il est président de la Réserve fédérale, l’institution censée être indépendante du pouvoir politique. Son rôle est de gérer la politique monétaire américaine en fonction de critères économiques, pas politiques. Mais il a aussi été nommé par Trump lors de son premier mandat. Et Trump considère que cette nomination lui donne un droit de regard permanent sur les décisions de Powell. Sauf que Powell ne l’entend pas de cette oreille. Quand Trump lui demande de baisser les taux d’intérêt pour stimuler l’économie avant les élections, Powell refuse. Quand Trump critique publiquement ses décisions, Powell ne répond pas. Quand Trump menace de le virer, Powell rappelle calmement que le président n’a pas ce pouvoir. Cette résistance tranquille rend Trump fou de rage. Car Powell représente tout ce que Trump déteste : l’indépendance institutionnelle, l’expertise technique, le refus de se plier aux pressions politiques. Et surtout, Powell a quelque chose que Trump n’aura jamais : la légitimité des marchés financiers.
En avril 2025, Powell commet le péché impardonnable : il critique publiquement les tarifs douaniers de Trump. Lors d’un discours, il met en garde contre « l’incertitude » créée par ces mesures protectionnistes. Pour Trump, c’est une trahison. Il réagit immédiatement sur Truth Social, réclamant la « résolution » de Powell et affirmant qu’il aurait dû baisser les taux d’intérêt. Quelques jours plus tard, dans le Bureau ovale, Trump va plus loin devant les journalistes : « Si je veux qu’il parte, il sera dehors très rapidement, croyez-moi. » C’est une menace directe. Une tentative d’intimidation publique. Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison-Blanche, suggère même que Trump étudie la possibilité légale de virer Powell. Mais face au tollé—y compris parmi les républicains—Trump fait marche arrière. « Je n’ai pas l’intention de virer Powell », déclare-t-il finalement. Avant d’ajouter qu’il aimerait simplement le voir être plus « actif ». Traduction : plus obéissant.

La confrontation publique
Juin 2025. Trump repart à l’attaque. Il qualifie Powell de « l’une des personnes les plus stupides et les plus destructrices du gouvernement » sur Truth Social. Puis vient juillet. Un moment extraordinaire. Trump et Powell doivent inspecter ensemble les travaux de rénovation du bâtiment de la Réserve fédérale. Les deux hommes se retrouvent côte à côte devant les caméras. Trump affirme que le coût des travaux est passé de 2,7 à 3,1 milliards de dollars. Powell secoue la tête et le contredit publiquement : « Je ne suis pas au courant de cela. » C’est un moment rare. Un président contredit en direct par le chef de la banque centrale. Trump est humilié. Sa réaction ne se fait pas attendre. Dans les jours suivants, il traite Powell de « crétin têtu », de « désastre » et de « moron ». Les insultes pleuvent. Mais Powell ne répond pas. Il continue son travail. Il maintient sa politique monétaire. Il refuse de céder aux pressions. Cette résistance silencieuse est peut-être la plus efficace. Car elle révèle l’impuissance de Trump face aux institutions qui refusent de se soumettre.
Le mandat de Powell en tant que président prend fin en mai 2026. Son mandat en tant que gouverneur continue jusqu’en 2028. Trump a déjà confirmé qu’il cherche un remplaçant. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a révélé en octobre une liste de cinq candidats. Trump a depuis réduit cette liste à « trois ou quatre » personnes. Le message est clair : Powell sera remplacé par quelqu’un de plus docile. Quelqu’un qui comprendra que dans l’Amérique de Trump, l’indépendance institutionnelle est une illusion. Quelqu’un qui baissera les taux quand on le lui demandera. Quelqu’un qui ne contredira jamais le président en public. Quelqu’un, en somme, qui ne sera pas Jerome Powell. Et c’est peut-être la plus grande victoire de Powell : avoir maintenu l’indépendance de la Fed pendant deux ans face à un président qui voulait la transformer en instrument politique. Il n’a pas gagné la guerre. Mais il a gagné du temps. Et dans le contexte actuel, c’est déjà beaucoup.
Powell est un héros improbable. Un banquier central. Pas vraiment le genre de personnage qui inspire les foules. Mais dans cette Amérique de 2025, où toutes les institutions plient les unes après les autres, sa résistance tranquille prend une dimension presque héroïque. Il n’a pas fait de grands discours. Il n’a pas organisé de manifestations. Il a juste fait son travail. Avec compétence. Avec intégrité. En refusant de se laisser intimider. Et ça, dans le contexte actuel, c’est révolutionnaire. Car la plupart des autres ont cédé. Par peur. Par calcul. Par lâcheté. Powell, lui, a tenu bon. Jusqu’au bout. Sachant qu’il serait remplacé. Sachant qu’il serait insulté. Sachant qu’il ne gagnerait rien personnellement à cette résistance. Il l’a fait quand même. Par principe. Voilà ce qu’est le courage institutionnel.

Section 7 : La BBC et la guerre contre les médias étrangers
Un documentaire qui dérange
Novembre 2025. Le Telegraph, journal britannique conservateur, publie un article explosif. Il révèle qu’un documentaire de BBC Panorama sur les émeutes du six janvier au Capitole contenait des images montées de manière trompeuse. Le programme, diffusé en octobre 2024, avait assemblé deux extraits différents de discours de Trump à Washington, donnant l’impression qu’il avait tenu des propos qu’il n’avait jamais prononcés dans cet ordre. Un mémo interne, consulté par le Telegraph, montrait les inquiétudes d’un conseiller indépendant concernant un biais « systémique » dans le montage. C’est une erreur grave. Pas nécessairement malveillante—les montages sont courants dans les documentaires—mais problématique quand il s’agit d’un sujet aussi sensible que les émeutes du Capitole. Trump, évidemment, voit là une opportunité en or. Enfin une preuve concrète du « fake news » qu’il dénonce depuis des années. Enfin une erreur documentée d’un média majeur. Il va en profiter. Massivement.
La réaction est immédiate. Tim Davie, directeur général de la BBC, et Deborah Turness, PDG de l’information, démissionnent de leurs postes. La BBC publie une note de correction concernant le montage et présente ses excuses à Trump pour cette « erreur de jugement ». Mais pour Trump, des excuses ne suffisent pas. Il veut du sang. Le quinze décembre, son équipe juridique dépose une plainte en diffamation contre la BBC. Montant réclamé : cinq milliards de dollars. Oui, cinq milliards. Le document judiciaire décrit le montage comme « une représentation fausse, diffamatoire, trompeuse, dénigrant, inflammatoire et malveillante du président Trump ». La plainte accuse également la BBC d’avoir tenté « d’interférer et d’influencer » l’élection présidentielle de 2024. C’est une accusation extraordinaire. Trump affirme qu’un média britannique a essayé de manipuler l’élection américaine. La BBC annonce qu’elle se défendra contre cette action en justice. Mais le mal est fait. Le précédent est créé.

Un message aux médias du monde entier
Cette attaque contre la BBC n’est pas anodine. C’est un message envoyé à tous les médias étrangers : critiquez Trump, et vous serez poursuivis. Peu importe que vous soyez basés à Londres, Paris ou Tokyo. Peu importe que vous ne soyez pas soumis à la juridiction américaine. Trump trouvera un moyen de vous attaquer. Et même si ces poursuites n’aboutissent jamais—la BBC est protégée par le droit britannique—elles créent un effet dissuasif. Elles coûtent cher en frais d’avocats. Elles mobilisent des ressources. Elles créent de l’incertitude. Et surtout, elles envoient un signal aux journalistes : attention à ce que vous publiez sur Trump. Car même une erreur mineure peut se transformer en procès à plusieurs milliards de dollars. C’est une forme de censure par l’intimidation juridique. Et ça fonctionne. Depuis cette affaire, plusieurs médias européens ont revu leurs protocoles de vérification concernant Trump. Certains ont même décidé de réduire leur couverture du président américain, jugeant le risque juridique trop élevé.
L’ironie de cette situation n’échappe à personne. Trump, qui se présente comme le défenseur de la liberté d’expression, utilise le système judiciaire pour faire taire les médias. Trump, qui dénonce la « cancel culture », essaie littéralement d’annuler un média étranger. Trump, qui critique les « élites mondialistes », poursuit une institution britannique vieille de cent ans. Mais ces contradictions ne semblent pas le déranger. Car pour Trump, la liberté d’expression ne s’applique qu’à lui et à ses supporters. Les autres doivent se taire. Ou payer. La BBC a choisi de se battre. Elle a les moyens financiers et juridiques de le faire. Mais combien de médias plus petits, plus vulnérables, préféreront l’autocensure à la confrontation ? C’est la vraie question. Et la réponse est probablement : beaucoup trop. Car c’est exactement l’effet recherché par Trump. Pas nécessairement gagner ces procès. Juste créer suffisamment de peur pour que les médias se censurent eux-mêmes.
La BBC. Cette institution britannique. Ce monument du journalisme mondial. Poursuivie par un président américain. Il y a quelque chose de surréaliste dans cette situation. Comme si Trump avait décidé de déclarer la guerre au monde entier. Aux médias américains, d’abord. Puis aux médias étrangers. Bientôt, peut-être, aux médias de l’espace ? Je plaisante. Mais à peine. Car il n’y a plus de limites dans l’univers Trump. Plus de frontières. Plus de règles. Juste un ego démesuré qui ne supporte aucune critique, d’où qu’elle vienne. Et le plus terrifiant, c’est que ça marche. Les médias ont peur. Ils se censurent. Ils évitent certains sujets. Ils adoucissent leurs critiques. Par peur des représailles. Par peur des procès. Par peur de Trump. Et quand les médias ont peur, la démocratie meurt un peu plus chaque jour.

Section 8 : Le Parti démocrate, l'opposition qui plie
Les villes sous occupation
2025 a vu Trump déployer la Garde nationale dans plusieurs villes démocrates sans l’accord de leurs dirigeants. Portland. Washington D.C.. Los Angeles. Chicago. À chaque fois, le même scénario : Trump décrète une « prise de contrôle fédérale » de la ville, invoquant des problèmes de criminalité ou d’immigration. Il envoie des troupes. Il contourne les autorités locales. Il impose sa loi. C’est une stratégie sans précédent dans l’histoire américaine moderne. Jamais un président n’avait utilisé l’armée de cette manière contre des villes américaines en temps de paix. Certaines villes se battent devant les tribunaux. D’autres, comme la Californie avec Newsom, obtiennent des victoires juridiques. Mais le message est envoyé : les villes démocrates ne sont plus maîtresses chez elles. Trump peut intervenir quand il veut. Où il veut. Comment il veut. Et les démocrates semblent impuissants à l’arrêter. Ou plutôt, ils ne semblent pas vraiment vouloir l’arrêter. Car au-delà des déclarations indignées et des procédures juridiques, l’opposition démocrate reste étrangement timide.
Le symbole le plus frappant de cette impuissance démocrate est le shutdown gouvernemental. Quarante-trois jours. Le plus long de l’histoire américaine. Les républicains et les démocrates s’affrontent sur l’extension des subventions Obamacare, qui doivent expirer fin 2025. Les démocrates, menés par le sénateur Chuck Schumer, refusent de voter le budget sans cette extension. Ils pensent avoir un levier. Ils pensent pouvoir forcer Trump à négocier. Ils se trompent. Trump laisse le gouvernement fermé. Des millions d’Américains ne reçoivent plus leurs allocations SNAP (aide alimentaire). Des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux sont mis en congé sans solde. Les services publics sont paralysés. Et Trump ne cède pas. Il attend. Il sait que les démocrates finiront par craquer. Car ils ont toujours craqué. Et effectivement, le treize novembre, les démocrates capitulent. Ils votent le budget. Sans l’extension des subventions Obamacare. Ils ont perdu. Complètement.

L’échec de la résistance
Trump jubile. « Il pensait pouvoir briser les républicains, et ce sont les républicains qui l’ont brisé », déclare-t-il en parlant de Schumer. C’est une humiliation publique pour le leader démocrate au Sénat. Et une victoire écrasante pour Trump. Car ce shutdown prouve quelque chose de fondamental : les démocrates n’ont pas le courage de leurs convictions. Ils parlent beaucoup. Ils s’indignent. Ils dénoncent. Mais quand vient le moment de vraiment résister, de vraiment tenir bon, ils cèdent. Ils préfèrent la défaite à la confrontation prolongée. Et Trump le sait. Il l’a toujours su. C’est pour ça qu’il gagne. Pas parce qu’il est plus intelligent. Pas parce qu’il a de meilleures idées. Mais parce qu’il est prêt à aller plus loin que ses adversaires. À tenir plus longtemps. À infliger plus de douleur. Et les démocrates, eux, ne sont pas prêts à ça. Ils veulent gagner. Mais pas à n’importe quel prix. Trump, lui, est prêt à tout.
Le dix-huit décembre, Schumer tente une dernière fois de sauver la face. « Quinze millions de personnes vont perdre leur assurance santé parce que Donald Trump l’a laissé faire », déclare-t-il. C’est vrai. Mais c’est aussi une admission d’échec. Car si Trump « l’a laissé faire », c’est parce que les démocrates n’ont pas réussi à l’en empêcher. Ils ont essayé. Ils ont échoué. Et maintenant, ils se contentent de pointer du doigt en espérant que les électeurs s’en souviendront en 2026. Mais se souviendront-ils ? Ou retiendront-ils surtout que les démocrates ont fermé le gouvernement pendant quarante-trois jours pour finalement céder sans rien obtenir ? C’est la grande question. Et la réponse déterminera peut-être l’avenir du Parti démocrate. Car si cette stratégie de résistance molle continue, si les démocrates continuent de parler fort mais d’agir faiblement, ils perdront. Encore et encore. Face à Trump. Face aux républicains. Face à l’histoire.
Les démocrates me désespèrent. Vraiment. Pas parce que je suis en désaccord avec leurs idées—au contraire. Mais parce qu’ils ne savent pas se battre. Ils arrivent à un combat de rue avec des arguments rationnels et des procédures parlementaires. Pendant que Trump arrive avec des insultes, des menaces et une volonté de fer. Et ils s’étonnent de perdre. Regardez Newsom. Il a compris. Il se bat avec les armes de Trump. Et il gagne des batailles. Pas la guerre, peut-être. Mais des batailles. Les autres démocrates devraient prendre exemple. Arrêter de jouer selon les règles quand l’adversaire les a déjà jetées par la fenêtre. Arrêter de chercher le compromis avec quelqu’un qui ne comprend que la force. Arrêter d’espérer que la raison finira par triompher. Elle ne triomphera pas. Pas toute seule. Il faut se battre. Vraiment. Durement. Sans retenue. Ou accepter de perdre. Encore et encore.

Section 9 : Rosie O'Donnell, l'ennemie de toujours
Une querelle qui traverse les décennies
Rosie O’Donnell et Trump se détestent depuis les années 2000. Bien avant que Trump ne devienne président. Bien avant qu’il ne se lance en politique. C’était une querelle de célébrités new-yorkaises. Futile. Médiatique. Presque amusante à l’époque. Mais en 2025, cette vieille animosité prend une tournure beaucoup plus sombre. Car Trump n’est plus juste un promoteur immobilier avec une émission de télé-réalité. Il est président. Et il a le pouvoir de transformer ses rancunes personnelles en politique d’État. En janvier 2025, O’Donnell annonce qu’elle quitte les États-Unis pour l’Irlande. Elle ne supporte plus l’idée de vivre sous une présidence Trump. Elle s’installe à Dublin et commence des démarches pour obtenir la citoyenneté irlandaise par ses grands-parents. Pour beaucoup d’Américains, c’est juste une célébrité qui fait un caprice. Mais pour Trump, c’est une opportunité. Une occasion de montrer ce qui arrive à ceux qui le critiquent et qui osent partir.
Juillet 2025. Trump publie sur Truth Social : « En raison du fait que Rosie O’Donnell n’est pas dans le meilleur intérêt de notre Grand Pays, j’envisage sérieusement de lui retirer sa citoyenneté. » C’est une déclaration extraordinaire. Un président qui menace de déchoir une citoyenne américaine de sa nationalité parce qu’elle l’a critiqué et qu’elle a quitté le pays. C’est illégal. C’est anticonstitutionnel. C’est absurde. Mais Trump s’en fiche. Il sait que cette menace ne sera jamais mise à exécution. Ce n’est pas le but. Le but est d’humilier O’Donnell. De montrer qu’il n’oublie rien. Que même à des milliers de kilomètres, même dans un autre pays, elle n’est pas à l’abri de sa vindicte. La réponse d’O’Donnell est cinglante. Elle publie sur Instagram une photo de Trump avec Jeffrey Epstein. « Hey Donald—tu es encore énervé ? Dix-huit ans plus tard et je vis toujours gratuitement dans ce cerveau qui s’effondre. Tu veux révoquer ma citoyenneté ? Vas-y, essaie. »

Le Kennedy Center, symbole ultime
Décembre 2025. Trump décide de renommer le Kennedy Center. Ce centre culturel de Washington, nommé en l’honneur du président John F. Kennedy, est une institution américaine. Un symbole. Un lieu dédié aux arts et à la culture. Trump veut y apposer son propre nom. Parce que pourquoi pas ? Parce qu’il peut. Parce que dans son esprit, tout doit porter son nom. Les immeubles. Les golfs. Les universités. Et maintenant, les centres culturels nationaux. O’Donnell réagit violemment sur TikTok. Elle qualifie cette décision de « débâcle » qui « est allée trop loin ». Pour elle, c’est la goutte d’eau. Trump peut l’insulter. Il peut la menacer. Mais s’attaquer au Kennedy Center, c’est s’attaquer à l’héritage culturel américain. C’est franchir une ligne que même lui ne devrait pas franchir. Mais Trump s’en fiche. Il a déjà franchi tellement de lignes que celle-ci n’est qu’une de plus. Et il continuera. Parce que personne ne l’arrête. Parce que personne ne peut l’arrêter.
La querelle entre Trump et O’Donnell illustre parfaitement la nature profondément personnelle de la présidence Trump. Ce n’est pas une question de politique. Ce n’est pas une question d’idéologie. C’est une question d’ego. O’Donnell l’a insulté il y a vingt ans. Il ne l’a jamais oublié. Il ne l’oubliera jamais. Et maintenant qu’il a le pouvoir, il l’utilise pour se venger. Peu importe que ce soit mesquin. Peu importe que ce soit indigne d’un président. Peu importe que ce soit ridicule. Trump s’en fiche. Car pour lui, la présidence n’est pas une fonction. C’est une arme. Une arme qu’il utilise contre tous ceux qui l’ont un jour contrarié. Et la liste est longue. Très longue. O’Donnell n’est qu’un nom parmi des centaines. Mais son cas est emblématique. Car il montre que Trump n’oublie rien. Qu’il ne pardonne rien. Et qu’il est prêt à utiliser le pouvoir présidentiel pour régler les comptes les plus personnels, les plus futiles, les plus pathétiques.
Rosie O’Donnell me fait rire. Pas par ses blagues—même si elle est drôle. Mais par son courage. Cette femme refuse de se taire. Malgré les menaces. Malgré les insultes. Malgré le fait que le président des États-Unis la harcèle publiquement depuis des mois. Elle continue. Elle répond. Elle provoque. Elle résiste. À sa manière. Avec humour. Avec insolence. Avec cette liberté que seuls possèdent ceux qui n’ont plus rien à perdre. Car O’Donnell a déjà tout perdu, en un sens. Sa carrière à la télévision américaine est terminée. Sa réputation est détruite par des années d’attaques trumpiennes. Elle a dû quitter son pays. Mais elle a gardé quelque chose que beaucoup ont perdu : sa dignité. Et sa capacité à rire de l’absurdité de la situation. Car c’est absurde. Complètement absurde. Un président qui passe son temps à insulter une comédienne. Qui menace de lui retirer sa citoyenneté. Qui la poursuit d’une haine obsessionnelle depuis vingt ans. C’est pathétique. Et O’Donnell le sait. C’est pour ça qu’elle rit. Parce que rire, c’est refuser de donner à Trump ce qu’il veut : sa peur.

Section 10 : Les médias, entre censure et autocensure
La fin du late-night tel qu’on le connaissait
2025 restera comme l’année où le late-night américain est mort. Pas complètement. Pas officiellement. Mais dans les faits, oui. Jimmy Kimmel suspendu puis contraint à l’autocensure. Stephen Colbert annulé. Seth Meyers et Jimmy Fallon marchant sur des œufs. Le late-night, cette tradition américaine de l’humour politique, a été décimé en quelques mois. Et ce n’est pas un accident. C’est une stratégie délibérée. Trump a compris quelque chose que ses prédécesseurs n’avaient pas compris : l’humour est dangereux. Plus dangereux que les éditoriaux sérieux. Plus dangereux que les analyses politiques. Car l’humour désacralise. Il ridiculise. Il rend le pouvoir moins impressionnant. Et Trump ne peut pas tolérer ça. Il ne peut pas accepter qu’on se moque de lui chaque soir à la télévision. Alors il a décidé de faire taire ces voix. Pas directement—ce serait trop évident. Mais indirectement. En menaçant les chaînes. En utilisant la FCC. En créant un climat de peur.
Le résultat est là : les humoristes américains ont peur. Ils continuent de faire des blagues sur Trump, certes. Mais plus douces. Plus prudentes. Plus autocensurées. Les punchlines les plus dures sont coupées au montage. Les sketches les plus provocateurs ne sont jamais produits. Et personne ne le dit ouvertement. Parce que reconnaître l’autocensure, c’est admettre la défaite. Alors on fait comme si tout était normal. Comme si rien n’avait changé. Mais tout a changé. Le late-night américain de 2025 n’a plus rien à voir avec celui de 2020. Il est devenu sage. Domestiqué. Inoffensif. Exactement ce que Trump voulait. Et le plus terrifiant, c’est que la plupart des Américains ne s’en rendent même pas compte. Ils regardent leurs émissions préférées. Ils rient aux blagues. Ils ne voient pas toutes celles qui n’ont jamais été faites. Ils ne voient pas le vide. L’absence. Le silence assourdissant de l’humour qui n’existe plus.

Les journaux qui plient
Mais le late-night n’est que la partie visible. Les journaux traditionnels aussi ont plié. Pas tous. Pas complètement. Mais suffisamment pour que ça se remarque. Les éditoriaux sont plus prudents. Les enquêtes sur Trump moins nombreuses. Les unes moins agressives. Pourquoi ? Par peur des représailles. Trump a montré qu’il était prêt à poursuivre les médias en justice. À les menacer de retrait de licences. À les attaquer publiquement jour après jour. Et ça fonctionne. Les propriétaires de journaux, souvent des milliardaires avec d’autres intérêts commerciaux, préfèrent éviter la confrontation. Ils demandent à leurs rédactions d’être « équilibrées ». De donner « les deux côtés ». De ne pas « prendre parti ». Ces consignes, en apparence raisonnables, sont en réalité des formes d’autocensure. Car comment être « équilibré » face à un président qui ment quotidiennement ? Comment donner « les deux côtés » quand un côté nie la réalité ? Comment ne pas « prendre parti » face à des attaques contre la démocratie elle-même ?
Certains journalistes résistent. Individuellement. Courageusement. Mais ils sont de plus en plus isolés. Leurs articles sont édulcorés par les rédacteurs en chef. Leurs enquêtes sont retardées, voire annulées. Et quand ils protestent, on leur rappelle gentiment que le journal doit survivre. Qu’il ne faut pas provoquer Trump inutilement. Qu’il faut penser aux actionnaires. Aux revenus publicitaires. À la survie de l’entreprise. Et face à ces arguments économiques, les principes journalistiques pèsent peu. Alors les journalistes se taisent. Ou ils partent. Beaucoup sont partis en 2025. Vers des médias indépendants. Vers des newsletters personnelles. Vers l’étranger. Loin de cette Amérique où faire du journalisme est devenu un acte de résistance. Et où la résistance est de plus en plus dangereuse. Car Trump ne se contente plus d’attaquer les médias verbalement. Il utilise maintenant le pouvoir d’État pour les faire plier. Et ça marche. Terriblement bien.
Je pense aux journalistes. À ceux qui restent. À ceux qui continuent. Malgré tout. Malgré les menaces. Malgré la peur. Malgré la solitude. Car c’est solitaire, le journalisme en 2025. Quand vos patrons vous demandent de vous autocensurer. Quand vos collègues préfèrent ne pas prendre de risques. Quand le président vous traite d’ennemi du peuple. C’est solitaire. Et épuisant. Et dangereux. Mais ils continuent. Parce qu’ils croient encore que la vérité compte. Que les faits comptent. Que leur travail compte. Je ne sais pas s’ils ont raison. Parfois, je me demande si la vérité compte encore dans cette Amérique. Si les faits ont encore un poids face aux mensonges répétés mille fois. Si le journalisme peut encore changer quelque chose. Je ne sais pas. Mais je sais une chose : si les journalistes arrêtent d’essayer, c’est fini. Complètement fini. Alors je les admire. Ces soldats d’une guerre perdue d’avance. Ces gardiens d’une vérité que personne ne veut plus entendre. Ces témoins obstinés d’une démocratie qui s’effondre. Ils méritent mieux que cette époque. Nous méritons mieux que cette époque.

Section 11 : 2026, l'année de tous les dangers
Les midterms qui approchent
2026 arrive. Avec les élections de mi-mandat. Ces élections qui, traditionnellement, sanctionnent le parti au pouvoir. Les démocrates espèrent. Ils se disent que les Américains en ont assez. Que le chaos Trump finira par lasser. Que les querelles permanentes, les institutions attaquées, les libertés grignotées finiront par provoquer une réaction. Ils se trompent peut-être. Car Trump a réussi quelque chose d’extraordinaire : normaliser l’anormal. Rendre banal ce qui devrait être scandaleux. Transformer l’exception en règle. Et dans ce contexte, les midterms de 2026 ne seront pas un référendum sur Trump. Ce sera un référendum sur la capacité des démocrates à proposer une alternative crédible. Et pour l’instant, cette alternative n’existe pas. Ou plutôt, elle existe en plusieurs versions contradictoires. L’aile progressiste veut aller plus à gauche. L’aile modérée veut revenir au centre. Et entre les deux, personne ne s’accorde. Pendant ce temps, Trump consolide son emprise sur le Parti républicain. Il élimine les dissidents. Il impose ses candidats. Il transforme le GOP en parti trumpiste.
Les experts politiques sont divisés. Certains pensent que 2026 marquera le début du déclin de Trump. Que les Américains finiront par se réveiller. Que la démocratie américaine a des ressources insoupçonnées. D’autres sont plus pessimistes. Ils voient dans les événements de 2025 les signes d’une transformation profonde, peut-être irréversible, du système politique américain. Le Dr Shanahan appartient à cette seconde catégorie : « Newsom utilise la tactique de Trump, et ça pourrait s’avérer utile pour les démocrates qui cherchent à renverser les positions républicaines lors des midterms de l’année prochaine. Mais il faudra plus que ça. Il faudra une stratégie cohérente. Une vision claire. Et surtout, le courage de se battre vraiment. » Ce courage, les démocrates l’ont-ils ? La réponse à cette question déterminera l’avenir de l’Amérique. Car si les démocrates continuent leur stratégie actuelle—parler fort, agir faiblement—ils perdront. Encore.

Les fractures qui s’approfondissent
Mais au-delà des élections, c’est toute la société américaine qui se fracture. Les manifestations « No Kings » se multiplient dans tout le pays. Des millions d’Américains descendent dans les rues pour protester contre ce qu’ils perçoivent comme une dérive autoritaire. Mais ces manifestations restent largement ignorées par les médias mainstream. Ou minimisées. Ou présentées comme des mouvements marginaux. Pendant ce temps, les supporters de Trump se radicalisent. Ils voient dans chaque critique une attaque personnelle. Dans chaque manifestation une tentative de coup d’État. Dans chaque article négatif une preuve du complot des élites. Le pays ne se parle plus. Il se hurle dessus. Ou pire, il s’ignore. Chacun dans sa bulle médiatique. Chacun avec ses propres faits. Chacun avec sa propre réalité. Et Trump prospère dans ce chaos. Car le chaos est son élément naturel. Il ne cherche pas à unir. Il cherche à diviser. À opposer. À créer des ennemis. Car dans un pays uni, Trump n’aurait pas sa place. Mais dans un pays fracturé, il est roi.
Les institutions américaines tiennent encore. Mais pour combien de temps ? La Réserve fédérale résiste, mais Powell sera bientôt remplacé. Les tribunaux donnent parfois raison aux opposants de Trump, mais il nomme de nouveaux juges chaque mois. Le Congrès pourrait servir de contre-pouvoir, mais les républicains sont alignés et les démocrates divisés. Les médias pourraient informer le public, mais ils sont censurés ou autocensurés. Alors que reste-t-il ? Les citoyens. Les Américains ordinaires. Ceux qui manifestent. Ceux qui votent. Ceux qui résistent à leur échelle. Sont-ils suffisants pour sauver la démocratie américaine ? Personne ne le sait. Mais 2026 nous donnera peut-être la réponse. Ce sera l’année de tous les dangers. L’année où l’Amérique devra choisir. Entre la démocratie et l’autocratie. Entre les institutions et l’homme providentiel. Entre l’État de droit et la loi du plus fort. Le choix semble évident. Mais l’histoire nous a appris que les choix évidents ne sont jamais garantis. Surtout quand la peur, la colère et la division dominent le débat public.
2026 me terrifie. Vraiment. Pas parce que je sais ce qui va se passer. Mais justement parce que je ne le sais pas. Tout est possible. Le meilleur comme le pire. Les démocrates pourraient reprendre le Congrès et freiner Trump. Ou Trump pourrait consolider son pouvoir et achever la transformation de l’Amérique en démocratie illibérale. Les institutions pourraient résister. Ou s’effondrer définitivement. Les Américains pourraient se réveiller. Ou s’enfoncer plus profondément dans leurs bulles respectives. Je ne sais pas. Et cette incertitude est peut-être le pire. Car elle signifie que rien n’est joué. Que tout dépend des choix qui seront faits dans les mois à venir. Par les politiciens. Par les médias. Par les citoyens. Par chacun d’entre nous. Et ça, c’est une responsabilité écrasante. Car si ça tourne mal, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Nous savons. Nous voyons. Nous comprenons. La question est : allons-nous agir ? Ou allons-nous regarder, impuissants, la démocratie américaine s’effondrer sous nos yeux ?

Conclusion : l'année où l'Amérique a basculé
Le bilan d’une année de chaos
Décembre 2025 touche à sa fin. Le moment est venu de faire le bilan. Et ce bilan est accablant. Une année de querelles permanentes. Une année d’institutions attaquées. Une année de libertés grignotées. Une année où le président des États-Unis a transformé sa fonction en arme personnelle contre tous ceux qui osaient le contredire. Jimmy Kimmel censuré. Stephen Colbert annulé. Elon Musk humilié. Marjorie Taylor Greene détruite. Gavin Newsom combattu. Jerome Powell insulté. La BBC poursuivie. Rosie O’Donnell menacée. Le Parti démocrate écrasé. La liste est longue. Vertigineuse. Épuisante. Et ce n’est qu’une année. La première année du second mandat de Trump. Il en reste trois. Trois années pendant lesquelles Trump, fort de cette première année de victoires, pourra aller encore plus loin. Encore plus fort. Encore plus violent. Car il a compris quelque chose de fondamental : personne ne l’arrête. Ou plutôt, ceux qui essaient sont systématiquement détruits.
Mais au-delà des individus, c’est tout un système qui a vacillé en 2025. Le système de checks and balances, ces contre-pouvoirs censés empêcher les dérives autoritaires, a montré ses limites. Les médias peuvent être censurés. Les tribunaux peuvent être contournés. Le Congrès peut être paralysé. Les institutions peuvent être attaquées. Et face à un président déterminé à utiliser tous les leviers du pouvoir pour ses fins personnelles, ces garde-fous se révèlent fragiles. Terriblement fragiles. Le Dr Shanahan résume parfaitement la situation : « La présidence entière de Trump repose sur la querelle publique. Il doit gagner, et pour qu’il gagne, quelqu’un d’autre doit perdre. » Cette logique binaire, cette vision du monde en noir et blanc, en vainqueurs et vaincus, a transformé la politique américaine en champ de bataille permanent. Et dans cette bataille, Trump a remporté presque toutes les victoires en 2025. Presque toutes. Car quelques résistances subsistent. Newsom en Californie. Powell à la Fed. Quelques journalistes courageux. Quelques juges intègres. Mais sont-ils suffisants ? L’année 2026 nous le dira.

Et maintenant ?
Alors que faire ? Comment réagir face à cette dérive ? Les réponses sont multiples et contradictoires. Certains appellent à la résistance totale. À descendre dans les rues. À bloquer le pays. À rendre l’Amérique ingouvernable jusqu’à ce que Trump parte. D’autres prônent la stratégie institutionnelle. Gagner les élections. Reprendre le Congrès. Utiliser les tribunaux. Faire confiance au système. D’autres encore plaident pour l’adaptation. Accepter que Trump est là pour trois ans encore. Choisir ses batailles. Ne pas s’épuiser dans des combats perdus d’avance. Chaque approche a ses mérites. Chaque approche a ses limites. Et peut-être que la vraie réponse est une combinaison des trois. Résister quand c’est nécessaire. Utiliser les institutions quand c’est possible. S’adapter quand c’est inévitable. Mais surtout, ne jamais abandonner. Ne jamais accepter que cette situation est normale. Ne jamais se résigner à ce que l’Amérique de Trump soit l’Amérique définitive.
Car c’est ça, le vrai danger. Pas Trump lui-même. Mais la normalisation de Trump. L’habitude. La résignation. L’acceptation progressive que oui, c’est comme ça maintenant. Que oui, les présidents peuvent insulter les journalistes. Que oui, ils peuvent menacer les humoristes. Que oui, ils peuvent poursuivre les médias étrangers. Que oui, ils peuvent utiliser l’armée contre les villes américaines. Que oui, ils peuvent transformer la présidence en instrument de vengeance personnelle. Si nous acceptons ça, si nous nous habituons à ça, alors Trump aura gagné. Même s’il perd les élections de 2028. Même s’il quitte le pouvoir. Car il aura changé définitivement ce qui est acceptable en politique américaine. Il aura déplacé les lignes rouges. Il aura normalisé l’anormal. Et ça, c’est peut-être son héritage le plus durable. Le plus toxique. Le plus dangereux. Alors non, nous ne devons pas nous habituer. Nous ne devons pas accepter. Nous ne devons pas nous résigner. Chaque jour, nous devons nous rappeler que ce n’est pas normal. Que ce n’est pas acceptable. Que ce n’est pas l’Amérique que nous voulons. Et nous devons nous battre. À notre échelle. Avec nos moyens. Mais nous battre. Car l’alternative—l’acceptation, la résignation, l’oubli—est bien pire que la fatigue du combat.
Je termine cet article épuisé. Pas physiquement. Mentalement. Émotionnellement. Car écrire sur Trump, c’est plonger dans un univers de violence verbale, de mensonges constants, de chaos permanent. C’est se confronter à l’absurdité érigée en système de gouvernement.

Écrit par : Allusion | 29/12/2025

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Comme chaque année au Réveillon, le Souverain s’adresse aux Belges, depuis le château de Laeken. Pour faire le bilan de l’année écoulée, et parler de celle qui arrive : l’actualité belge, internationale, les préoccupations des citoyens, les conflits dans le monde.
En plateau du RTL info 13h, notre journaliste Chantal Monet est revenue sur les moments forts de ce discours. Premier détail, qui a son importance, le Roi a prononcé son discours, dans un lieu inédit.
« Dans la bibliothèque de l’Octogone, au château de Laeken, construite en 1905 », précise-t-elle. « Elle accueille une grande collection de livres de Léopold Ier. Elle servait aussi à l’époque des précepteurs de classe pour les enfants royaux. Elle n’est quasiment plus utilisée, même si le roi Baudouin y a déjà prononcé un discours dans les années 80 ».
Dans le contenu, un fil rouge : le bien commun, décliné à quatre niveaux, mondial, européen, belge et bruxellois. « Au niveau mondial, la conférence climatique au Brésil et la reconnaissance des forêts tropicales comme bien commun. L’occasion pour le roi de remettre à l’avant-plan l’écologie et aussi d’évoquer le bassin du Congo, une région et un pays qui lui sont très chers ».
Au niveau européen, c’est un soutien royal à l’Ukraine : « Il semble que Philippe ait été très meurtri par l’image dépeinte à l’étranger d’une Belgique alliée de Vladimir Poutine, suite à la position de Bart De Wever dans le dossier des avoirs russes gelés », précise-t-elle. Le chef de l’État souhaitait mettre les points sur les i, être sans ambiguïté : soutien à l’Ukraine, tout en rappelant l’engagement belge au profit de la paix, notre autre bien commun.
Dernier focus : le niveau belge et bruxellois. Ici, le Roi reconnaît qu’il faut faire des efforts budgétaires pour assainir les finances publiques. « Avec une mise en garde : attention aux tensions sociales, attention à notre solidarité, notre bien commun. Le roi montre qu’il n’est pas sourd aux inquiétudes qui se sont exprimées régulièrement ces derniers temps dans la rue ».
En effet, à Bruxelles, il n’y a toujours pas de gouvernement. Le roi évoque une situation déraisonnable : « Il se fait le relais du sentiment d’abandon des Bruxellois, certains, dit-il, des héros du quotidien. Le souverain rappelle les politiques à l’ordre et à la raison ».
« Au final, c’est un discours plus classique, plus belge que ceux de juillet et de Noël dernier, qui, eux, étaient plus inattendus et plus internationaux aussi », conclut notre journaliste.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/il-semble-que-le-roi-ait-%C3%A9t%C3%A9-meurtri-dans-son-discours-philippe-revient-sur-un-%C3%A9v%C3%A9nement-qui-a-marqu%C3%A9-la-fin-d-ann%C3%A9e-2025/ar-AA1SXRJq?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=69540082ad854a71b8cd7865b137c663&ei=14

Écrit par : Allusion | 30/12/2025

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Une annonce qui embrase le détroit de Taïwan
Le mercredi 18 décembre 2025 restera gravé dans les mémoires diplomatiques comme le jour où l’administration Trump a franchi une ligne rouge que Pékin considérait infranchissable. 11,1 milliards de dollars. Ce chiffre vertigineux représente le plus important paquet d’armements jamais vendu par les États-Unis à Taïwan depuis que Washington et Pékin ont établi des relations diplomatiques en 1978. Une somme colossale qui comprend des systèmes de roquettes HIMARS, ces mêmes lanceurs qui ont fait leurs preuves sur les champs de bataille ukrainiens, des obusiers, des missiles antichars Javelin, des drones de munition rôdante Altius, et une panoplie d’équipements militaires de pointe. L’annonce a provoqué une onde de choc immédiate à travers l’Asie-Pacifique, transformant ce qui était déjà une poudrière géopolitique en un baril de poudre prêt à exploser. Le ministère taïwanais de la Défense a salué cette décision comme un soutien crucial à ses efforts de modernisation militaire, affirmant que ces armes permettront à l’île de maintenir des capacités d’autodéfense suffisantes et de développer rapidement un pouvoir de dissuasion solide en s’appuyant sur les avantages de la guerre asymétrique. Pour Taipei, c’est une bouée de sauvetage dans un océan de menaces croissantes. Pour Pékin, c’est une provocation intolérable qui mérite une réponse cinglante.
La réaction chinoise ne s’est pas fait attendre. Huit jours après l’annonce américaine, le vendredi 26 décembre 2025, le ministère chinois des Affaires étrangères a dégainé son arme de représailles économiques en imposant des sanctions contre 20 entreprises de défense américaines et 10 cadres supérieurs, dont le fondateur d’Anduril Industries. Parmi les sociétés visées figurent des géants de l’industrie militaire comme Northrop Grumman Systems Corporation, L3Harris Maritime Services, et la branche de Saint-Louis de Boeing, spécialisée dans les travaux de défense. Ces sanctions, bien que largement symboliques étant donné l’absence de relations commerciales entre la Chine et ces entreprises de défense américaines, envoient un message politique retentissant. Elles gèlent tous les actifs que ces entreprises et individus pourraient détenir en Chine et interdisent aux organisations et individus chinois de faire affaire avec eux. Les cadres sanctionnés se voient également interdire l’entrée sur le territoire chinois. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré sans ambages que la question de Taïwan se trouve au cœur même des intérêts fondamentaux de la Chine et constitue la première ligne rouge qui ne doit jamais être franchie dans les relations sino-américaines. Cette escalade marque un tournant dangereux dans une rivalité qui définira l’ordre mondial du XXIe siècle.
Je regarde ces chiffres défiler sur mon écran et une question me hante : combien coûte vraiment la paix ? 11 milliards de dollars en armements, des sanctions qui pleuvent comme une averse tropicale, des menaces qui s’accumulent comme des nuages d’orage au-dessus du détroit de Taïwan. Nous assistons à un jeu d’échecs géopolitique où chaque pièce déplacée rapproche le monde d’un conflit que personne ne veut vraiment, mais que tout le monde semble préparer avec une détermination glaçante. Et pendant ce temps, 23 millions de Taïwanais vivent sous l’épée de Damoclès d’une invasion potentielle, tandis que Washington et Pékin se livrent à un bras de fer dont l’issue pourrait redessiner la carte du pouvoir mondial. Cette histoire n’est pas qu’une affaire de missiles et de sanctions… c’est l’histoire d’un monde qui marche sur le fil du rasoir, les yeux grands ouverts.

L'appel avec Poutine : un prélude troublant
Plus de deux heures au téléphone
Juste avant l’arrivée de Zelensky et de sa délégation à la résidence floridienne de Trump, le président américain et Vladimir Poutine ont eu un échange téléphonique que Trump a qualifié de « productif » et que l’assistant de politique étrangère du Kremlin, Yuri Ushakov, a décrit comme « amical ». Cette conversation a duré plus de deux heures, un détail qui n’a pas échappé aux observateurs. Que peuvent bien se dire deux dirigeants pendant plus de cent vingt minutes alors que l’un d’eux s’apprête à rencontrer le président du pays que l’autre bombarde quotidiennement? Trump a révélé que Poutine s’était engagé à aider à reconstruire l’Ukraine, notamment en fournissant de l’énergie bon marché. « La Russie veut voir l’Ukraine réussir », a déclaré Trump, ajoutant avec une pointe d’ironie: « Ça sonne un peu étrange ». Un peu étrange, en effet. C’est le moins qu’on puisse dire.
Selon Ushakov à Moscou, Poutine a dit à Trump qu’un cessez-le-feu de 60 jours proposé par l’Union européenne et l’Ukraine ne ferait que prolonger la guerre. L’assistant du Kremlin a également déclaré que l’Ukraine devait prendre une décision sur le Donbas « sans plus tarder ». Cette pression temporelle n’est pas anodine. Elle révèle la stratégie russe: forcer une décision rapide pendant que Moscou est en position de force sur le terrain. Trump a affirmé qu’il rappellerait Poutine après sa rencontre avec Zelensky, maintenant ainsi un canal de communication direct avec le dirigeant russe. Le Kremlin a exprimé son soutien aux négociations de Trump. « Le monde entier apprécie les efforts de paix du président Trump et de son équipe », a posté Kirill Dmitriev, envoyé spécial de Poutine, sur X après les discussions. Cette approbation russe des efforts de Trump devrait pourtant soulever des questions. Quand votre adversaire applaudit vos efforts de médiation, c’est généralement parce qu’il pense en tirer avantage.

Un schéma qui se répète
Ce n’est pas la première fois que Trump parle à Poutine avant de rencontrer Zelensky, et ce schéma a déjà causé des problèmes par le passé. En octobre 2025, après un appel avec Poutine, Trump avait refusé de fournir à l’Ukraine de nouveaux missiles à longue portée alors qu’il avait précédemment semblé ouvert à cette idée. Les partisans de l’Ukraine s’inquiètent de cette séquence: avant de rencontrer Zelensky, Trump entend le point de vue de Poutine, et la rencontre subséquente tourne mal. Cette fois, l’échange avec Poutine n’a pas empêché une rencontre positive avec Zelensky. Mais Trump a tout de même loué Poutine dans un domaine spécifique: sa gestion de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, un point de friction majeur dans les négociations. « Le président Poutine travaille en fait avec l’Ukraine pour la remettre en service », a déclaré Trump. « C’est un grand pas en avant qu’il ne bombarde pas cette centrale ».
Cette déclaration mérite qu’on s’y attarde. Trump félicite Poutine de ne pas bombarder une centrale nucléaire. Réfléchissons un instant à ce que cela signifie. On en est arrivé à un point où ne pas commettre un acte qui pourrait causer une catastrophe nucléaire est considéré comme un geste positif méritant des éloges. C’est comme féliciter quelqu’un de ne pas avoir mis le feu à votre maison. La barre est tombée si bas qu’on célèbre l’absence de catastrophe absolue. Trump a ajouté qu’il pensait toujours que Poutine était sérieux au sujet de la paix. « Il veut que ça arrive. Il veut le voir », a-t-il dit. « Il me l’a dit très fermement, je le crois ». Cette confiance de Trump envers Poutine contraste fortement avec le scepticisme de nombreux observateurs internationaux qui voient dans les actions russes une volonté de gagner du temps tout en consolidant les gains territoriaux.
Je le crois. Trois mots qui résument tout le problème. Trump croit Poutine. Sur parole. Malgré les preuves accablantes du contraire. Malgré les bombardements qui continuent. Malgré les morts qui s’accumulent. Il le croit parce que Poutine le lui a dit « très fermement ». Comme si la fermeté du ton garantissait la sincérité des intentions. C’est d’une naïveté confondante ou d’un cynisme calculé, difficile de trancher. Peut-être les deux à la fois. Pendant ce temps, Zelensky doit écouter ces louanges adressées à l’homme qui détruit son pays. Il doit sourire. Il doit rester poli. Il doit jouer le jeu diplomatique parce qu’il n’a pas le choix. Son pays dépend du soutien américain. Alors il incline la tête et il sourit. Un sourire qui cache tout ce qu’il ne peut pas dire.

Les points de friction : le Donbas et au-delà
Le cœur du problème territorial
En entrant dans la réunion, Zelensky avait déclaré que 90% des termes du plan de paix avaient été convenus, reprenant un chiffre utilisé par les responsables américains. Après la rencontre, Zelensky a utilisé le même pourcentage, bien que Trump ait dit qu’il n’aimait pas utiliser des pourcentages. Mais ce sont les 10% restants qui se sont révélés si difficiles à résoudre, un fait que Zelensky semblait évoquer. Les principaux points de blocage incluent le sort de la centrale nucléaire et les questions de concession territoriale. Trump a suggéré qu’il valait mieux faire des concessions territoriales maintenant, avant que la Russie n’envahisse davantage. « Une partie de ce territoire a été prise. Une partie de ce territoire est peut-être en jeu, mais elle pourrait être prise au cours des prochains mois », a-t-il déclaré. « Et vaut-il mieux conclure un accord maintenant? »
Cette question rhétorique de Trump révèle sa vision pragmatique, certains diraient cynique, de la situation. Il suggère essentiellement que l’Ukraine devrait céder du territoire maintenant pour éviter d’en perdre davantage plus tard. C’est une logique qui fait abstraction de principes fondamentaux comme la souveraineté territoriale et le droit international. Avant la réunion, Zelensky avait fait preuve d’une nouvelle flexibilité, déclarant qu’il était prêt à soumettre tout accord de paix à un référendum (la constitution ukrainienne exige que tout changement de frontières nationales soit soumis au vote). Mais il a précisé qu’un cessez-le-feu serait nécessaire pour l’organiser. La Russie, qui a lancé un nouveau barrage de missiles et de drones sur l’Ukraine avant les discussions de dimanche, a refusé toute discussion sur un cessez-le-feu. Lors de l’appel téléphonique de Trump avec Poutine, les deux dirigeants ont exprimé qu’ils « partageaient généralement des points de vue similaires » selon lesquels une trêve temporaire ne ferait que prolonger le conflit en Ukraine, selon l’assistant du Kremlin Yuri Ushakov.

Les exigences russes maximales
Poutine a publiquement déclaré qu’il voulait que toutes les zones des quatre régions clés capturées par ses forces, ainsi que la péninsule de Crimée illégalement annexée en 2014, soient reconnues comme territoire russe. Il a également insisté pour que l’Ukraine se retire de certaines zones de l’est de l’Ukraine que les forces de Moscou n’ont pas capturées. Kyiv a publiquement rejeté toutes ces demandes. Le Kremlin veut également que l’Ukraine abandonne sa candidature à l’OTAN. Il a averti qu’il n’accepterait pas le déploiement de troupes de membres de l’alliance militaire et les considérerait comme une « cible légitime ». Poutine a également déclaré que l’Ukraine devait limiter la taille de son armée et donner un statut officiel à la langue russe, des exigences qu’il formule depuis le début du conflit.
L’assistant aux affaires étrangères de Poutine, Yuri Ushakov, a déclaré au quotidien économique Kommersant ce mois-ci que la police russe et la garde nationale resteraient dans certaines parties de Donetsk – l’une des deux zones majeures, avec Luhansk, qui composent la région du Donbas – même si elles deviennent une zone démilitarisée dans le cadre d’un plan de paix prospectif. Ushakov a averti que tenter de parvenir à un compromis pourrait prendre beaucoup de temps. Il a déclaré que les propositions américaines qui tenaient compte des demandes russes avaient été « aggravées » par les modifications proposées par l’Ukraine et ses alliés européens. Cette position russe est maximaliste. Elle demande essentiellement à l’Ukraine de capituler sur tous les fronts: territorial, militaire, linguistique et géopolitique. C’est une demande de reddition déguisée en proposition de paix.
Appelons les choses par leur nom. Ce que Poutine propose n’est pas un accord de paix. C’est une capitulation. Il veut garder tout ce qu’il a volé, plus ce qu’il n’a pas encore réussi à prendre. Il veut qu’on reconnaisse ses conquêtes comme légitimes. Il veut affaiblir l’armée ukrainienne pour qu’elle ne puisse jamais se défendre à nouveau. Il veut imposer la langue russe. Il veut empêcher l’Ukraine de rejoindre l’OTAN. En gros, il veut transformer l’Ukraine en État vassal. Et on nous demande de considérer ça comme une base de négociation raisonnable. On nous demande de trouver un « compromis » entre l’agression et la défense, entre l’envahisseur et l’envahi. Comme si les deux positions étaient moralement équivalentes. Elles ne le sont pas. Elles ne le seront jamais.

Les garanties de sécurité : un enjeu crucial
L’alternative à l’OTAN
Zelensky a déclaré qu’un accord sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine avait été atteint. Trump s’est montré légèrement plus prudent, affirmant qu’ils étaient à 95% du chemin vers un tel accord et qu’il s’attendait à ce que les pays européens « prennent en charge une grande partie » de cet effort avec le soutien américain. Le président français Emmanuel Macron, dans un message sur X après la réunion, a déclaré que des progrès avaient été réalisés sur les garanties de sécurité et que les pays de la « coalition des volontaires » se réuniraient à Paris début janvier pour finaliser leurs « contributions concrètes ». Cette question des garanties de sécurité est absolument centrale. Sans elles, tout accord de paix ne serait qu’un répit temporaire avant une nouvelle agression russe.
Zelensky a déclaré précédemment qu’il espérait adoucir une proposition américaine selon laquelle les forces ukrainiennes se retireraient complètement du Donbas, une demande russe qui signifierait céder certains territoires détenus par les forces ukrainiennes. Alors que Moscou insiste pour obtenir tout le Donbas, Kyiv veut que la carte soit gelée aux lignes de bataille actuelles. Trump et Zelensky ont tous deux déclaré après la réunion que l’avenir du Donbas n’avait pas été réglé, bien que le président américain ait dit que les discussions « allaient dans la bonne direction ». Les États-Unis, cherchant un compromis, ont proposé une zone économique franche si l’Ukraine quitte la zone, bien qu’il reste flou comment cette zone fonctionnerait en termes pratiques. « C’est non résolu, mais ça se rapproche beaucoup. C’est une question très difficile », a déclaré Trump.

Le rôle de l’Europe
Les deux dirigeants n’ont pas non plus fourni beaucoup d’informations sur les accords qu’ils avaient conclus concernant la fourniture de sécurité à l’Ukraine après la fin de la guerre, quelque chose que Zelensky a décrit comme « l’étape clé pour parvenir à une paix durable ». Zelensky a déclaré que tout accord de paix devrait être approuvé par le parlement ukrainien ou par référendum. Trump a dit qu’il serait prêt à parler au parlement si cela permettait de conclure l’accord. Des chefs d’État européens ont rejoint au moins une partie de la réunion de dimanche par téléphone. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré sur X que « l’Europe est prête à continuer de travailler avec l’Ukraine et nos partenaires américains », ajoutant que des garanties de sécurité solides seraient d’une importance « primordiale ».
Un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que les dirigeants européens « ont souligné l’importance de garanties de sécurité robustes et réaffirmé l’urgence de mettre fin à cette guerre barbare dès que possible ». Cette implication européenne est cruciale. Les États-Unis sous Trump ont montré qu’ils pouvaient être un partenaire imprévisible. L’Europe doit donc intensifier ses efforts pour garantir la sécurité de l’Ukraine à long terme. Mais la question demeure: ces garanties seront-elles suffisamment fortes pour dissuader une future agression russe? Ou ne seront-elles que des promesses creuses qui s’évaporeront à la première crise? L’histoire récente ne nous incite pas à l’optimisme. En 1994, l’Ukraine avait renoncé à son arsenal nucléaire en échange de garanties de sécurité dans le Mémorandum de Budapest. On voit ce que ces garanties valent aujourd’hui.
Les garanties de sécurité. Des mots. Des promesses. Du papier. L’Ukraine a déjà eu des garanties de sécurité. Elles n’ont servi à rien quand les tanks russes ont franchi la frontière. Alors pourquoi cette fois serait-elle différente? Parce que Trump le dit? Parce que l’Europe promet de s’impliquer? Pardonnez mon scepticisme, mais j’ai du mal à y croire. Les garanties de sécurité ne valent que ce que valent ceux qui les donnent. Et l’histoire nous a montré que quand les intérêts nationaux entrent en jeu, les promesses s’envolent. L’Ukraine le sait mieux que quiconque. Elle a appris cette leçon dans le sang et les larmes. Alors oui, négocions des garanties de sécurité. Mais ne nous faisons pas d’illusions sur leur valeur réelle.

La centrale nucléaire de Zaporizhzhia : une bombe à retardement
Un enjeu stratégique et humanitaire
Les négociateurs américains ont également proposé un contrôle partagé de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia. Des réparations de lignes électriques avaient commencé là-bas après un autre cessez-le-feu local négocié par l’Agence internationale de l’énergie atomique, a annoncé l’agence dimanche. Les négociateurs, a déclaré Trump, avaient fait des progrès pour décider du sort de la centrale, qui pourrait « redémarrer presque immédiatement ». Le président américain a déclaré que « c’est un grand pas » que la Russie n’ait pas bombardé l’installation. Cette centrale est la plus grande d’Europe et son sort est devenu l’un des symboles les plus inquiétants de cette guerre. Depuis que les forces russes l’ont capturée en mars 2022, elle est devenue une source constante d’inquiétude pour la communauté internationale.
La centrale a été régulièrement bombardée, chaque camp accusant l’autre d’être responsable des tirs. L’AIEA a maintenu une présence permanente sur le site pour surveiller la situation et tenter de prévenir une catastrophe nucléaire. Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a effectué plusieurs visites sur place et a averti à plusieurs reprises que la situation était extrêmement dangereuse. La proposition de contrôle partagé soulève de nombreuses questions pratiques. Comment fonctionnerait exactement un tel arrangement? Qui prendrait les décisions opérationnelles quotidiennes? Que se passerait-il en cas de désaccord entre les parties? Et surtout, comment garantir la sécurité de l’installation dans un contexte où les combats pourraient reprendre à tout moment? Ces questions n’ont pas encore trouvé de réponses claires.

Le précédent de Tchernobyl
L’Ukraine connaît trop bien les dangers d’une catastrophe nucléaire. La catastrophe de Tchernobyl en 1986 reste gravée dans la mémoire collective du pays. Les conséquences de cet accident se font encore sentir aujourd’hui, près de quarante ans plus tard. Une zone d’exclusion de 2600 kilomètres carrés entoure toujours le site. Des milliers de personnes ont été exposées à des radiations. Les effets sur la santé se transmettent de génération en génération. L’idée qu’une nouvelle catastrophe nucléaire pourrait se produire sur le sol ukrainien est insupportable. Pourtant, c’est exactement le risque que fait courir la situation actuelle à Zaporizhzhia. Chaque jour qui passe sans résolution augmente la probabilité d’un accident, qu’il soit causé par des bombardements, une erreur humaine ou une défaillance technique.
La communauté internationale a une responsabilité particulière dans ce dossier. Une catastrophe nucléaire à Zaporizhzhia ne se limiterait pas à l’Ukraine. Les retombées radioactives ne connaissent pas de frontières. Elles affecteraient toute l’Europe, voire au-delà selon les conditions météorologiques. C’est pourquoi la question de Zaporizhzhia dépasse largement le cadre du conflit russo-ukrainien. C’est une menace existentielle pour toute la région. Le fait que Trump félicite Poutine de ne pas avoir bombardé la centrale montre à quel point la situation est devenue absurde. On en est réduit à espérer que les belligérants feront preuve d’un minimum de bon sens pour éviter une catastrophe qui pourrait affecter des millions de personnes. C’est une bien maigre consolation.
Zaporizhzhia. Un nom qui devrait nous glacer le sang. Une centrale nucléaire au milieu d’une zone de guerre. Des réacteurs qui pourraient exploser à tout moment. Et on nous dit que c’est un « grand pas » que la Russie ne la bombarde pas. Vous vous rendez compte de la folie de cette situation? On en est là. On remercie un pays de ne pas provoquer une catastrophe nucléaire qui pourrait tuer des millions de personnes. C’est notre nouveau standard. C’est ce qu’on appelle maintenant du progrès. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Probablement les deux. Cette centrale est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes. Et pendant qu’on négocie, pendant qu’on discute de contrôle partagé et de zones démilitarisées, le danger reste entier. Chaque jour qui passe est un jour de trop.

La relation Trump-Zelensky : un équilibre précaire
Des débuts catastrophiques
Depuis leur première rencontre désastreuse en février 2025, chaque entrevue entre Trump et Zelensky durant le second mandat de Trump a été scrutée de près pour déceler son ton et sa teneur. Aucune de leurs discussions ultérieures n’a dégénéré en une telle acrimonie, bien que certaines aient été décrites comme difficiles en coulisses. En accueillant Zelensky dans son domaine de Palm Beach, Trump a offert des louanges. « Ce gentleman a travaillé très dur, et il est très courageux, et son peuple est très courageux », a déclaré Trump. Zelensky a commencé et conclu ses remarques en remerciant Trump, ce qui est notable étant donné que le président américain et le vice-président JD Vance l’avaient réprimandé en février pour ne pas être assez reconnaissant envers les dirigeants américains pour leur rôle dans la médiation.
Trump a utilisé Mar-a-Lago par le passé pour cultiver des relations plus personnelles avec ses homologues mondiaux, notamment le dirigeant chinois Xi Jinping et le défunt Premier ministre japonais Shinzo Abe. Bien que cela ne semblait pas être le but exprès de la réunion de dimanche – Zelensky est venu à Palm Beach parce que Trump y passe les vacances – le cadre offrait néanmoins une toile de fond moins formelle que le Bureau ovale ou la salle du Cabinet de la Maison Blanche. « Il est entré, il a dit: ‘Cet endroit est magnifique' », a raconté Trump à propos de Zelensky à la fin de la réunion. « Je ne pense pas qu’il veuille retourner à la Maison Blanche ». Cette boutade de Trump, typique de son style, cache une réalité plus sombre. Zelensky n’a pas vraiment le choix de l’endroit où il rencontre Trump. Il doit aller là où le président américain le convoque.

Le poids de la dépendance
La relation asymétrique entre les États-Unis et l’Ukraine place Zelensky dans une position extrêmement difficile. L’Ukraine dépend du soutien militaire, financier et diplomatique américain pour sa survie. Sans les armes, les renseignements et l’aide économique fournis par Washington, l’Ukraine aurait probablement déjà succombé à l’invasion russe. Cette dépendance donne à Trump un pouvoir de négociation considérable. Il peut se permettre d’être capricieux, de changer d’avis, de faire des demandes déraisonnables. Zelensky, lui, doit sourire et acquiescer, même quand Trump fait l’éloge de Poutine. Il doit remercier, même quand l’aide américaine arrive au compte-gouttes. Il doit être reconnaissant, même quand on lui demande de sacrifier le territoire de son pays.
Cette dynamique est profondément injuste, mais c’est la réalité de la géopolitique. Les petits pays dépendent des grands. Les pays en guerre dépendent de leurs alliés. Et cette dépendance crée un déséquilibre de pouvoir qui peut être exploité. Trump l’a bien compris. Il utilise le levier de l’aide américaine pour pousser Zelensky vers des concessions que ce dernier ne ferait probablement pas autrement. C’est une forme de chantage diplomatique, même si personne ne l’appelle ainsi. Les rencontres passées entre Trump et Zelensky ont montré à quel point cette relation peut être volatile. En octobre 2025, après avoir parlé à Poutine, Trump avait refusé de fournir à l’Ukraine des missiles à longue portée. Cette décision avait été un coup dur pour Kyiv, qui comptait sur ces armes pour frapper des cibles en profondeur sur le territoire russe.
Imaginez devoir sourire devant quelqu’un qui tient votre destin entre ses mains. Quelqu’un qui peut décider, d’un coup de fil, de vous abandonner. Quelqu’un qui flirte avec votre ennemi mortel. C’est la position de Zelensky. C’est son calvaire quotidien. Il doit jouer le jeu, faire bonne figure, rester poli et reconnaissant. Parce qu’il n’a pas le choix. Son pays brûle. Son peuple meurt. Et il dépend de la bonne volonté d’un homme imprévisible qui pourrait changer d’avis à tout moment. C’est une position intenable. C’est une humiliation constante. Mais c’est la réalité de la guerre moderne. Les victimes doivent supplier leurs sauveurs. Et parfois, ces sauveurs font l’éloge de leurs bourreaux.

Les réactions internationales : entre espoir et scepticisme
L’Europe en première ligne
Les réactions internationales à la rencontre de Mar-a-Lago ont été mitigées. L’Union européenne et plusieurs pays européens ont exprimé leur soutien aux efforts de paix tout en insistant sur la nécessité de garanties de sécurité solides pour l’Ukraine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’Europe était « prête à continuer de travailler avec l’Ukraine et nos partenaires américains ». Le président français Emmanuel Macron a annoncé qu’une réunion de la « coalition des volontaires » se tiendrait à Paris début janvier pour finaliser les contributions concrètes aux garanties de sécurité. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a souligné « l’importance de garanties de sécurité robustes » et « l’urgence de mettre fin à cette guerre barbare dès que possible ».
Ces déclarations européennes reflètent une préoccupation croissante quant au rôle de l’Europe dans la sécurité du continent. Avec un président américain imprévisible et une Russie agressive, l’Europe réalise qu’elle doit prendre ses responsabilités. Mais la question demeure: l’Europe a-t-elle la volonté politique et les moyens militaires de garantir effectivement la sécurité de l’Ukraine? Les pays européens sont divisés sur cette question. Certains, comme la Pologne et les États baltes, sont prêts à s’engager fortement. D’autres, comme la Hongrie, maintiennent des liens étroits avec la Russie. Cette division affaiblit la capacité de l’Europe à parler d’une seule voix et à agir de manière décisive. Le Canada a également exprimé son soutien. Le Premier ministre Mark Carney, lors d’une rencontre avec Zelensky à Halifax samedi, a annoncé une aide économique supplémentaire pour aider l’Ukraine à se reconstruire.

Le silence assourdissant de certains
Ce qui est également frappant, c’est le silence de certains acteurs internationaux. La Chine, qui se présente souvent comme un médiateur potentiel, n’a fait aucun commentaire public sur la rencontre. Les pays du Sud global, qui ont souvent adopté une position neutre dans ce conflit, sont restés silencieux. Ce silence n’est pas anodin. Il reflète une réalité géopolitique complexe où de nombreux pays préfèrent ne pas prendre position, soit par calcul stratégique, soit par manque d’intérêt réel pour le sort de l’Ukraine. Cette indifférence internationale est l’un des aspects les plus déprimants de cette guerre. Pendant que l’Ukraine se bat pour sa survie, une grande partie du monde regarde ailleurs, préoccupée par ses propres intérêts.
Les organisations internationales comme l’ONU ont également été largement inefficaces. Le Conseil de sécurité est paralysé par le veto russe. L’Assemblée générale peut adopter des résolutions, mais elles n’ont aucune force contraignante. Le secrétaire général António Guterres a appelé à plusieurs reprises à la paix, mais ses appels sont restés lettre morte. Cette impuissance des institutions internationales soulève des questions fondamentales sur l’ordre mondial actuel. Si le système international ne peut pas empêcher ou arrêter une guerre d’agression flagrante, à quoi sert-il? Si le droit international peut être violé impunément par une grande puissance, quelle est sa valeur? Ces questions dépassent largement le cadre du conflit ukrainien. Elles touchent aux fondements mêmes de l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale.
Le monde regarde. Le monde commente. Le monde exprime ses préoccupations. Mais au final, que fait vraiment le monde? Pas grand-chose. Oh, il y a des déclarations. Des communiqués. Des réunions. Mais des actions concrètes? Des engagements fermes? Pas vraiment. L’Ukraine se bat seule, ou presque. Quelques alliés fidèles l’aident, c’est vrai. Mais la majorité de la communauté internationale préfère rester en retrait, observer de loin, ne pas trop s’impliquer. C’est plus confortable ainsi. On peut se donner bonne conscience avec quelques mots de soutien sans vraiment prendre de risques. C’est la lâcheté institutionnalisée. C’est l’indifférence déguisée en neutralité. Et pendant ce temps, des gens meurent.

Les enjeux économiques : reconstruire sur des ruines
Le coût astronomique de la guerre
Au-delà des questions territoriales et sécuritaires, la dimension économique de tout accord de paix est cruciale. La reconstruction de l’Ukraine nécessitera des centaines de milliards de dollars. La Banque mondiale estime que les dommages directs causés par la guerre dépassent déjà 400 milliards de dollars, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Les infrastructures ont été massivement détruites: routes, ponts, centrales électriques, hôpitaux, écoles, logements. Des villes entières comme Marioupol ont été réduites en cendres. Le tissu économique du pays a été déchiré. Des millions de personnes ont fui, privant l’Ukraine d’une partie de sa main-d’œuvre. Les entreprises ont fermé ou délocalisé. L’agriculture, pourtant un pilier de l’économie ukrainienne, a été gravement perturbée.
Trump a mentionné que Poutine s’était engagé à aider à reconstruire l’Ukraine, notamment en fournissant de l’énergie bon marché. Cette promesse soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Comment peut-on faire confiance à celui qui a détruit pour reconstruire? Comment l’Ukraine pourrait-elle accepter de dépendre économiquement de la Russie après tout ce qui s’est passé? Et surtout, cette promesse n’est-elle pas un moyen pour Moscou de maintenir son influence sur l’Ukraine même après la fin des combats? La reconstruction ne peut pas être un cheval de Troie permettant à la Russie de contrôler l’Ukraine par d’autres moyens. L’Union européenne et les États-Unis devront jouer un rôle majeur dans le financement de la reconstruction, mais les montants nécessaires sont colossaux et les budgets nationaux sont déjà sous pression.

La question des réparations
Une question fondamentale se pose: qui doit payer pour la reconstruction? Selon le droit international, l’agresseur doit payer des réparations à la victime. La Russie devrait donc théoriquement financer la reconstruction de l’Ukraine. Mais comment forcer Moscou à payer? Les avoirs russes gelés en Occident représentent environ 300 milliards de dollars. Certains proposent de les utiliser pour financer la reconstruction. Mais cette option soulève des questions juridiques complexes et pourrait créer un précédent dangereux. D’autres suggèrent d’imposer des sanctions économiques à la Russie jusqu’à ce qu’elle paie. Mais les sanctions n’ont pas réussi à arrêter la guerre, pourquoi réussiraient-elles à forcer le paiement de réparations?
La réalité est probablement que l’Ukraine ne recevra jamais de réparations complètes de la Russie. Ce sera aux alliés occidentaux de l’Ukraine de financer la majeure partie de la reconstruction. C’est injuste, mais c’est la réalité pragmatique. Cette situation crée une autre forme de dépendance pour l’Ukraine. Après avoir dépendu de l’aide militaire occidentale pour survivre à la guerre, elle dépendra de l’aide économique occidentale pour se reconstruire. Cette dépendance prolongée pourrait avoir des implications politiques importantes. Les pays donateurs voudront avoir leur mot à dire sur la manière dont l’argent est dépensé, sur les réformes à entreprendre, sur l’orientation politique du pays. L’Ukraine risque de perdre une partie de sa souveraineté économique au moment même où elle tente de préserver sa souveraineté territoriale.
Reconstruire. Un mot si simple, si plein d’espoir. Mais derrière ce mot se cache une réalité brutale. Comment reconstruire quand tout a été détruit? Comment reconstruire quand on n’a pas d’argent? Comment reconstruire quand celui qui a tout détruit promet de vous aider? C’est absurde. C’est obscène. C’est comme si un pyromane proposait de reconstruire la maison qu’il a incendiée. Et on devrait le remercier? On devrait accepter son aide? Non. Mille fois non. La Russie doit payer. Pas avec des promesses. Pas avec de l’énergie bon marché qui ne serait qu’une nouvelle chaîne. Mais avec de l’argent réel. Des réparations réelles. Une reconnaissance réelle de sa responsabilité. Sinon, ce n’est pas la paix. C’est juste une pause avant la prochaine agression.

L'opinion publique : entre lassitude et détermination
La fatigue de la guerre en Occident
Un facteur souvent négligé dans les analyses géopolitiques est l’opinion publique. En Occident, après près de quatre ans de guerre, une certaine lassitude s’installe. Les images de destruction, les récits de souffrance, les appels à l’aide se succèdent sans que la fin semble en vue. Cette fatigue se traduit par une baisse du soutien à l’aide militaire et financière à l’Ukraine dans certains pays. Aux États-Unis, les sondages montrent que le soutien à l’Ukraine reste majoritaire, mais qu’il s’érode lentement. Une partie de l’opinion publique américaine estime que les États-Unis en font déjà assez et que l’Europe devrait prendre le relais. En Europe, la situation varie selon les pays. Les pays d’Europe de l’Est, qui se sentent directement menacés par la Russie, maintiennent un soutien fort à l’Ukraine. Mais dans certains pays d’Europe occidentale, les voix s’élèvent pour demander une réduction de l’aide ou une pression accrue sur l’Ukraine pour qu’elle accepte un compromis.
Cette évolution de l’opinion publique n’échappe pas aux dirigeants politiques. Trump, en particulier, est très sensible aux sondages et à l’humeur de son électorat. Sa volonté de conclure rapidement un accord de paix, même au prix de concessions ukrainiennes importantes, reflète en partie cette pression de l’opinion publique américaine. Le risque est que cette lassitude occidentale soit exploitée par la Russie. Moscou peut se permettre de jouer la montre, sachant que le temps joue en sa faveur. Plus la guerre dure, plus le soutien occidental s’érode, plus l’Ukraine sera isolée et forcée d’accepter des conditions défavorables. C’est une stratégie cynique mais potentiellement efficace. Poutine parie que l’Occident se lassera avant la Russie. Et il pourrait avoir raison.

La résilience ukrainienne
En contraste frappant avec la lassitude occidentale, le peuple ukrainien fait preuve d’une résilience remarquable. Malgré près de quatre ans de guerre, malgré les bombardements quotidiens, malgré les privations et les souffrances, la détermination ukrainienne ne faiblit pas. Les sondages en Ukraine montrent que la majorité de la population refuse toute concession territoriale majeure à la Russie. Les Ukrainiens sont prêts à continuer le combat plutôt que d’accepter une paix qu’ils considéreraient comme une capitulation. Cette détermination est à la fois admirable et tragique. Admirable parce qu’elle témoigne du courage et de la fierté d’un peuple qui refuse de se soumettre. Tragique parce qu’elle signifie que la guerre pourrait continuer longtemps encore, avec son cortège de morts et de destructions.
Le décalage entre l’opinion publique ukrainienne et les pressions internationales pour un compromis rapide crée une tension politique majeure pour Zelensky. Il doit naviguer entre les exigences de ses alliés occidentaux, qui veulent une solution rapide, et les attentes de son propre peuple, qui refuse les concessions majeures. C’est un exercice d’équilibriste périlleux. S’il cède trop aux pressions occidentales, il risque de perdre le soutien de sa population. S’il reste trop ferme, il risque de perdre le soutien de ses alliés. Cette situation explique en partie pourquoi Zelensky a récemment fait preuve d’une certaine flexibilité, proposant notamment de soumettre tout accord de paix à un référendum. C’est une manière de partager la responsabilité de décisions difficiles avec le peuple ukrainien.
La lassitude. Ce mot me hante. Nous sommes fatigués de cette guerre. Fatigués des images de destruction. Fatigués des appels à l’aide. Fatigués de payer pour soutenir l’Ukraine. Nous voulons que ça s’arrête. Nous voulons passer à autre chose. C’est humain, je suppose. Mais c’est aussi profondément égoïste. Parce que pendant que nous sommes fatigués de regarder la guerre à la télévision, les Ukrainiens sont fatigués de la vivre. Fatigués de courir aux abris. Fatigués d’enterrer leurs morts. Fatigués de reconstruire ce qui est détruit le lendemain. Leur fatigue n’est pas la nôtre. Leur souffrance n’est pas la nôtre. Et pourtant, c’est notre lassitude qui pourrait décider de leur sort. C’est notre impatience qui pourrait les forcer à accepter l’inacceptable. Cette pensée me révolte.

Les scénarios possibles : entre espoir et catastrophe
Le scénario optimiste
Dans le meilleur des cas, les négociations aboutiraient à un accord de paix durable qui préserverait l’essentiel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Cet accord inclurait des garanties de sécurité solides, peut-être sous la forme d’un engagement de l’OTAN ou d’une coalition de pays volontaires à défendre l’Ukraine en cas de nouvelle agression. La reconstruction commencerait rapidement, financée par un mélange d’aide occidentale et de réparations russes. L’Ukraine pourrait alors se concentrer sur sa reconstruction économique et politique, sur son intégration européenne, sur la guérison des traumatismes de la guerre. La Russie, de son côté, pourrait progressivement réintégrer la communauté internationale si elle respecte les termes de l’accord. Ce scénario optimiste n’est pas impossible, mais il nécessiterait une convergence de volontés politiques qui semble actuellement absente.
Pour que ce scénario se réalise, plusieurs conditions devraient être remplies. Premièrement, Poutine devrait accepter de renoncer à ses ambitions maximalistes et se contenter de gains territoriaux limités. Deuxièmement, l’Occident devrait s’engager fermement et durablement à garantir la sécurité de l’Ukraine. Troisièmement, l’Ukraine devrait accepter certains compromis douloureux tout en préservant son indépendance et sa souveraineté. Quatrièmement, la communauté internationale devrait mobiliser les ressources nécessaires pour financer la reconstruction. Chacune de ces conditions est difficile à remplir. Leur réalisation simultanée relève presque du miracle. Mais l’histoire nous a parfois surpris. Des conflits apparemment insolubles ont trouvé des solutions inattendues. Peut-être que cette guerre en fera partie. Peut-être.

Le scénario pessimiste
Dans le pire des cas, les négociations échoueraient et la guerre continuerait indéfiniment. La Russie poursuivrait son avancée lente mais constante, grignotant progressivement le territoire ukrainien. Le soutien occidental s’éroderait avec le temps, laissant l’Ukraine de plus en plus isolée. Les pertes humaines et matérielles continueraient de s’accumuler des deux côtés. L’Ukraine pourrait finalement être forcée d’accepter une capitulation déguisée, cédant de vastes territoires à la Russie et renonçant à ses ambitions européennes et atlantiques. Ce scénario catastrophique n’est malheureusement pas improbable. Il correspond à la logique d’usure que Poutine semble avoir adoptée. Si la Russie peut tenir plus longtemps que l’Occident, elle finira par gagner, même au prix de pertes énormes.
Un autre scénario pessimiste serait une escalade du conflit. Si les négociations échouent et que l’une des parties se sent acculée, elle pourrait être tentée de franchir de nouvelles lignes rouges. L’utilisation d’armes nucléaires tactiques par la Russie, bien qu’improbable, ne peut être totalement exclue. Une intervention directe de l’OTAN, déclenchée par exemple par une attaque russe contre un pays membre, pourrait transformer le conflit régional en guerre mondiale. Ces scénarios d’escalade sont terrifiants, mais ils doivent être pris au sérieux. L’histoire nous enseigne que les guerres ont souvent une logique propre qui échappe au contrôle des acteurs. Ce qui commence comme un conflit limité peut dégénérer en catastrophe globale. La Première Guerre mondiale en est l’exemple le plus tragique.

Le scénario du statu quo
Entre l’optimisme et le pessimisme, il existe un troisième scénario: le statu quo prolongé. Dans ce cas, un cessez-le-feu serait conclu, gelant les lignes de front actuelles, mais sans accord de paix formel. La situation ressemblerait à celle de la Corée, où un armistice a mis fin aux combats en 1953 mais où techniquement la guerre n’est jamais terminée. L’Ukraine resterait divisée, avec une partie sous contrôle russe et une partie indépendante. Cette situation pourrait durer des décennies. Ce scénario du statu quo présente des avantages et des inconvénients. L’avantage principal est qu’il mettrait fin aux combats actifs et permettrait de sauver des vies. L’inconvénient majeur est qu’il ne résoudrait rien fondamentalement. Les tensions resteraient vives. Le risque de reprise des hostilités serait constant. L’Ukraine resterait dans un état de guerre froide permanent avec la Russie.
Ce scénario est peut-être le plus probable à court terme. Ni la Russie ni l’Ukraine ne semblent prêtes aux concessions nécessaires pour un accord de paix complet. Mais les deux parties pourraient accepter un cessez-le-feu qui leur permettrait de souffler, de se réorganiser, de se préparer à la suite. Pour l’Ukraine, ce serait l’occasion de reconstruire, de renforcer ses défenses, de consolider son intégration européenne. Pour la Russie, ce serait l’occasion de digérer ses gains territoriaux, de reconstituer ses forces, de préparer peut-être une nouvelle offensive. Ce statu quo ne satisferait personne pleinement, mais il pourrait être le compromis le moins mauvais dans les circonstances actuelles. C’est une perspective déprimante, mais peut-être réaliste.
Trois scénarios. Trois futurs possibles. Lequel se réalisera? Personne ne le sait. Pas même Trump avec toute sa confiance. Pas même Poutine avec tous ses calculs. Pas même Zelensky avec tout son courage. L’avenir est opaque. Il se dessine dans les salles de négociation, sur les champs de bataille, dans les chancelleries occidentales, dans les rues de Kyiv. Chaque décision compte. Chaque jour compte. Et pendant qu’on spécule sur les scénarios possibles, des gens continuent de mourir. Des familles continuent d’être déchirées. Des vies continuent d’être brisées. C’est ça la réalité de la guerre. Pas les grands discours. Pas les négociations diplomatiques. Mais la souffrance quotidienne de millions de personnes prises au piège d’un conflit qu’elles n’ont pas choisi.

Conclusion : le sourire de Zelensky
Un symbole puissant
Revenons à cette image qui a ouvert notre récit. Trump fait l’éloge de Poutine. Zelensky incline la tête et sourit. Ce moment, capturé par les caméras, restera comme l’un des symboles les plus puissants de cette guerre. Il résume toute l’absurdité, toute la cruauté, toute la complexité de la situation. Ce sourire de Zelensky n’est pas un sourire de joie. C’est un sourire de survie. Un sourire diplomatique. Un sourire qui cache la douleur, la colère, la frustration. C’est le sourire de quelqu’un qui doit jouer un jeu dont il ne contrôle pas les règles. C’est le sourire de quelqu’un qui doit faire bonne figure alors que son pays brûle. C’est le sourire de quelqu’un qui sait que sa survie et celle de son peuple dépendent de sa capacité à naviguer dans les eaux troubles de la diplomatie internationale.
Ce sourire nous interpelle. Il nous force à nous regarder dans le miroir. Que faisons-nous, nous, spectateurs lointains de cette tragédie? Nous regardons. Nous commentons. Nous exprimons notre sympathie. Mais faisons-nous vraiment tout ce que nous pourrions faire? Soutenons-nous l’Ukraine avec la détermination qu’exige la situation? Ou nous contentons-nous de gestes symboliques qui nous permettent de nous sentir bien sans vraiment changer la donne? La rencontre de Mar-a-Lago n’a pas produit de percée spectaculaire. Les négociations continueront. Les combats aussi, probablement. L’avenir reste incertain. Mais une chose est sûre: le sourire de Zelensky restera gravé dans nos mémoires comme le symbole d’une époque où les victimes devaient sourire pendant qu’on négociait leur sort.
Ce sourire me hante. Il me poursuit. Il me questionne. Que ferais-je à la place de Zelensky? Pourrais-je sourire pendant que quelqu’un fait l’éloge de mon bourreau? Pourrais-je rester calme et diplomatique alors que mon pays est en flammes? Je ne sais pas. Personne ne le sait vraiment tant qu’on n’est pas confronté à une telle situation. Mais ce que je sais, c’est que ce sourire est un acte de courage extraordinaire. C’est un acte de résistance silencieuse. C’est un refus de donner à ses adversaires la satisfaction de le voir craquer. Zelensky sourit, mais derrière ce sourire, il y a une volonté de fer. Une détermination inébranlable. Un refus de se soumettre. Ce sourire est un défi. Un défi à Poutine. Un défi à Trump. Un défi au monde entier qui regarde sans vraiment agir. Et ce défi, nous devons l’entendre.

L’urgence d’agir
Le temps presse. Chaque jour qui passe sans solution voit de nouvelles victimes tomber. Chaque semaine qui s’écoule voit de nouvelles destructions s’ajouter au bilan déjà catastrophique. Chaque mois qui passe voit l’espoir s’éroder un peu plus. Trump a dit que dans quelques semaines, on saura si un accord est possible. Quelques semaines. C’est à la fois très court et terriblement long. Court pour résoudre un conflit aussi complexe. Long pour ceux qui vivent sous les bombes. La communauté internationale doit intensifier ses efforts. Les États-Unis doivent maintenir leur soutien à l’Ukraine tout en poussant pour une solution négociée équitable. L’Europe doit assumer ses responsabilités et se préparer à jouer un rôle majeur dans les garanties de sécurité et la reconstruction. La Russie doit comprendre qu’elle ne peut pas gagner cette guerre par la force et qu’un compromis est dans son intérêt à long terme.
Mais au-delà des gouvernements et des diplomates, c’est à nous tous, citoyens du monde, de maintenir la pression. Nous ne devons pas laisser l’Ukraine tomber dans l’oubli. Nous ne devons pas accepter que la lassitude l’emporte sur la justice. Nous ne devons pas permettre que la force prime sur le droit. L’histoire nous jugera sur notre réaction à cette crise. Dirons-nous à nos enfants que nous avons tout fait pour aider l’Ukraine? Ou devrons-nous admettre que nous nous sommes lassés, que nous avons détourné le regard, que nous avons laissé faire? Le sourire de Zelensky est un appel. Un appel à ne pas abandonner. Un appel à rester vigilants. Un appel à continuer le combat pour la justice et la liberté. Entendrons-nous cet appel? L’avenir le dira. Mais une chose est certaine: nous n’avons pas le droit de rester indifférents. Pas maintenant. Pas alors que tant est en jeu.
Je repense à ce sourire. Encore et encore. Il me poursuit dans mes pensées. Il m’empêche de dormir tranquille. Parce que ce sourire, c’est nous. C’est notre époque. C’est notre échec collectif. Nous avons construit un ordre international censé empêcher ce genre de tragédie. Et pourtant, elle se déroule sous nos yeux. Nous avons des institutions, des traités, des lois. Et pourtant, ils sont impuissants face à la brutalité de la force. Nous avons des valeurs, des principes, des idéaux. Et pourtant, nous les sacrifions sur l’autel de la realpolitik. Le sourire de Zelensky est un miroir tendu à notre conscience. Il nous demande: que valent vraiment nos belles paroles? Que valent nos engagements? Que valons-nous, nous qui regardons sans vraiment agir? Je n’ai pas de réponse. Juste une certitude: ce sourire ne doit pas être vain. Cette souffrance ne doit pas être inutile. Cette guerre doit finir. Et elle doit finir de la bonne manière. Pas par une capitulation déguisée. Pas par un abandon des principes. Mais par une paix juste et durable. C’est le moins que nous devions à Zelensky. C’est le moins que nous devions à l’Ukraine. C’est le moins que nous nous devions à nous-mêmes.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/quand-trump-louait-poutine-zelensky-inclinait-la-t%C3%AAte-et-souriait/ar-AA1Thy0W

Écrit par : Allusion | 30/12/2025

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Une annonce qui embrase le détroit de Taïwan
Le mercredi 18 décembre 2025 restera gravé dans les mémoires diplomatiques comme le jour où l’administration Trump a franchi une ligne rouge que Pékin considérait infranchissable. 11,1 milliards de dollars. Ce chiffre vertigineux représente le plus important paquet d’armements jamais vendu par les États-Unis à Taïwan depuis que Washington et Pékin ont établi des relations diplomatiques en 1978. Une somme colossale qui comprend des systèmes de roquettes HIMARS, ces mêmes lanceurs qui ont fait leurs preuves sur les champs de bataille ukrainiens, des obusiers, des missiles antichars Javelin, des drones de munition rôdante Altius, et une panoplie d’équipements militaires de pointe. L’annonce a provoqué une onde de choc immédiate à travers l’Asie-Pacifique, transformant ce qui était déjà une poudrière géopolitique en un baril de poudre prêt à exploser. Le ministère taïwanais de la Défense a salué cette décision comme un soutien crucial à ses efforts de modernisation militaire, affirmant que ces armes permettront à l’île de maintenir des capacités d’autodéfense suffisantes et de développer rapidement un pouvoir de dissuasion solide en s’appuyant sur les avantages de la guerre asymétrique. Pour Taipei, c’est une bouée de sauvetage dans un océan de menaces croissantes. Pour Pékin, c’est une provocation intolérable qui mérite une réponse cinglante.
La réaction chinoise ne s’est pas fait attendre. Huit jours après l’annonce américaine, le vendredi 26 décembre 2025, le ministère chinois des Affaires étrangères a dégainé son arme de représailles économiques en imposant des sanctions contre 20 entreprises de défense américaines et 10 cadres supérieurs, dont le fondateur d’Anduril Industries. Parmi les sociétés visées figurent des géants de l’industrie militaire comme Northrop Grumman Systems Corporation, L3Harris Maritime Services, et la branche de Saint-Louis de Boeing, spécialisée dans les travaux de défense. Ces sanctions, bien que largement symboliques étant donné l’absence de relations commerciales entre la Chine et ces entreprises de défense américaines, envoient un message politique retentissant. Elles gèlent tous les actifs que ces entreprises et individus pourraient détenir en Chine et interdisent aux organisations et individus chinois de faire affaire avec eux. Les cadres sanctionnés se voient également interdire l’entrée sur le territoire chinois. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré sans ambages que la question de Taïwan se trouve au cœur même des intérêts fondamentaux de la Chine et constitue la première ligne rouge qui ne doit jamais être franchie dans les relations sino-américaines. Cette escalade marque un tournant dangereux dans une rivalité qui définira l’ordre mondial du XXIe siècle.
Je regarde ces chiffres défiler sur mon écran et une question me hante : combien coûte vraiment la paix ? 11 milliards de dollars en armements, des sanctions qui pleuvent comme une averse tropicale, des menaces qui s’accumulent comme des nuages d’orage au-dessus du détroit de Taïwan. Nous assistons à un jeu d’échecs géopolitique où chaque pièce déplacée rapproche le monde d’un conflit que personne ne veut vraiment, mais que tout le monde semble préparer avec une détermination glaçante. Et pendant ce temps, 23 millions de Taïwanais vivent sous l’épée de Damoclès d’une invasion potentielle, tandis que Washington et Pékin se livrent à un bras de fer dont l’issue pourrait redessiner la carte du pouvoir mondial. Cette histoire n’est pas qu’une affaire de missiles et de sanctions… c’est l’histoire d’un monde qui marche sur le fil du rasoir, les yeux grands ouverts.

L'appel avec Poutine : un prélude troublant
Plus de deux heures au téléphone
Juste avant l’arrivée de Zelensky et de sa délégation à la résidence floridienne de Trump, le président américain et Vladimir Poutine ont eu un échange téléphonique que Trump a qualifié de « productif » et que l’assistant de politique étrangère du Kremlin, Yuri Ushakov, a décrit comme « amical ». Cette conversation a duré plus de deux heures, un détail qui n’a pas échappé aux observateurs. Que peuvent bien se dire deux dirigeants pendant plus de cent vingt minutes alors que l’un d’eux s’apprête à rencontrer le président du pays que l’autre bombarde quotidiennement? Trump a révélé que Poutine s’était engagé à aider à reconstruire l’Ukraine, notamment en fournissant de l’énergie bon marché. « La Russie veut voir l’Ukraine réussir », a déclaré Trump, ajoutant avec une pointe d’ironie: « Ça sonne un peu étrange ». Un peu étrange, en effet. C’est le moins qu’on puisse dire.
Selon Ushakov à Moscou, Poutine a dit à Trump qu’un cessez-le-feu de 60 jours proposé par l’Union européenne et l’Ukraine ne ferait que prolonger la guerre. L’assistant du Kremlin a également déclaré que l’Ukraine devait prendre une décision sur le Donbas « sans plus tarder ». Cette pression temporelle n’est pas anodine. Elle révèle la stratégie russe: forcer une décision rapide pendant que Moscou est en position de force sur le terrain. Trump a affirmé qu’il rappellerait Poutine après sa rencontre avec Zelensky, maintenant ainsi un canal de communication direct avec le dirigeant russe. Le Kremlin a exprimé son soutien aux négociations de Trump. « Le monde entier apprécie les efforts de paix du président Trump et de son équipe », a posté Kirill Dmitriev, envoyé spécial de Poutine, sur X après les discussions. Cette approbation russe des efforts de Trump devrait pourtant soulever des questions. Quand votre adversaire applaudit vos efforts de médiation, c’est généralement parce qu’il pense en tirer avantage.

Un schéma qui se répète
Ce n’est pas la première fois que Trump parle à Poutine avant de rencontrer Zelensky, et ce schéma a déjà causé des problèmes par le passé. En octobre 2025, après un appel avec Poutine, Trump avait refusé de fournir à l’Ukraine de nouveaux missiles à longue portée alors qu’il avait précédemment semblé ouvert à cette idée. Les partisans de l’Ukraine s’inquiètent de cette séquence: avant de rencontrer Zelensky, Trump entend le point de vue de Poutine, et la rencontre subséquente tourne mal. Cette fois, l’échange avec Poutine n’a pas empêché une rencontre positive avec Zelensky. Mais Trump a tout de même loué Poutine dans un domaine spécifique: sa gestion de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, un point de friction majeur dans les négociations. « Le président Poutine travaille en fait avec l’Ukraine pour la remettre en service », a déclaré Trump. « C’est un grand pas en avant qu’il ne bombarde pas cette centrale ».
Cette déclaration mérite qu’on s’y attarde. Trump félicite Poutine de ne pas bombarder une centrale nucléaire. Réfléchissons un instant à ce que cela signifie. On en est arrivé à un point où ne pas commettre un acte qui pourrait causer une catastrophe nucléaire est considéré comme un geste positif méritant des éloges. C’est comme féliciter quelqu’un de ne pas avoir mis le feu à votre maison. La barre est tombée si bas qu’on célèbre l’absence de catastrophe absolue. Trump a ajouté qu’il pensait toujours que Poutine était sérieux au sujet de la paix. « Il veut que ça arrive. Il veut le voir », a-t-il dit. « Il me l’a dit très fermement, je le crois ». Cette confiance de Trump envers Poutine contraste fortement avec le scepticisme de nombreux observateurs internationaux qui voient dans les actions russes une volonté de gagner du temps tout en consolidant les gains territoriaux.
Je le crois. Trois mots qui résument tout le problème. Trump croit Poutine. Sur parole. Malgré les preuves accablantes du contraire. Malgré les bombardements qui continuent. Malgré les morts qui s’accumulent. Il le croit parce que Poutine le lui a dit « très fermement ». Comme si la fermeté du ton garantissait la sincérité des intentions. C’est d’une naïveté confondante ou d’un cynisme calculé, difficile de trancher. Peut-être les deux à la fois. Pendant ce temps, Zelensky doit écouter ces louanges adressées à l’homme qui détruit son pays. Il doit sourire. Il doit rester poli. Il doit jouer le jeu diplomatique parce qu’il n’a pas le choix. Son pays dépend du soutien américain. Alors il incline la tête et il sourit. Un sourire qui cache tout ce qu’il ne peut pas dire.

Les points de friction : le Donbas et au-delà
Le cœur du problème territorial
En entrant dans la réunion, Zelensky avait déclaré que 90% des termes du plan de paix avaient été convenus, reprenant un chiffre utilisé par les responsables américains. Après la rencontre, Zelensky a utilisé le même pourcentage, bien que Trump ait dit qu’il n’aimait pas utiliser des pourcentages. Mais ce sont les 10% restants qui se sont révélés si difficiles à résoudre, un fait que Zelensky semblait évoquer. Les principaux points de blocage incluent le sort de la centrale nucléaire et les questions de concession territoriale. Trump a suggéré qu’il valait mieux faire des concessions territoriales maintenant, avant que la Russie n’envahisse davantage. « Une partie de ce territoire a été prise. Une partie de ce territoire est peut-être en jeu, mais elle pourrait être prise au cours des prochains mois », a-t-il déclaré. « Et vaut-il mieux conclure un accord maintenant? »
Cette question rhétorique de Trump révèle sa vision pragmatique, certains diraient cynique, de la situation. Il suggère essentiellement que l’Ukraine devrait céder du territoire maintenant pour éviter d’en perdre davantage plus tard. C’est une logique qui fait abstraction de principes fondamentaux comme la souveraineté territoriale et le droit international. Avant la réunion, Zelensky avait fait preuve d’une nouvelle flexibilité, déclarant qu’il était prêt à soumettre tout accord de paix à un référendum (la constitution ukrainienne exige que tout changement de frontières nationales soit soumis au vote). Mais il a précisé qu’un cessez-le-feu serait nécessaire pour l’organiser. La Russie, qui a lancé un nouveau barrage de missiles et de drones sur l’Ukraine avant les discussions de dimanche, a refusé toute discussion sur un cessez-le-feu. Lors de l’appel téléphonique de Trump avec Poutine, les deux dirigeants ont exprimé qu’ils « partageaient généralement des points de vue similaires » selon lesquels une trêve temporaire ne ferait que prolonger le conflit en Ukraine, selon l’assistant du Kremlin Yuri Ushakov.

Les exigences russes maximales
Poutine a publiquement déclaré qu’il voulait que toutes les zones des quatre régions clés capturées par ses forces, ainsi que la péninsule de Crimée illégalement annexée en 2014, soient reconnues comme territoire russe. Il a également insisté pour que l’Ukraine se retire de certaines zones de l’est de l’Ukraine que les forces de Moscou n’ont pas capturées. Kyiv a publiquement rejeté toutes ces demandes. Le Kremlin veut également que l’Ukraine abandonne sa candidature à l’OTAN. Il a averti qu’il n’accepterait pas le déploiement de troupes de membres de l’alliance militaire et les considérerait comme une « cible légitime ». Poutine a également déclaré que l’Ukraine devait limiter la taille de son armée et donner un statut officiel à la langue russe, des exigences qu’il formule depuis le début du conflit.
L’assistant aux affaires étrangères de Poutine, Yuri Ushakov, a déclaré au quotidien économique Kommersant ce mois-ci que la police russe et la garde nationale resteraient dans certaines parties de Donetsk – l’une des deux zones majeures, avec Luhansk, qui composent la région du Donbas – même si elles deviennent une zone démilitarisée dans le cadre d’un plan de paix prospectif. Ushakov a averti que tenter de parvenir à un compromis pourrait prendre beaucoup de temps. Il a déclaré que les propositions américaines qui tenaient compte des demandes russes avaient été « aggravées » par les modifications proposées par l’Ukraine et ses alliés européens. Cette position russe est maximaliste. Elle demande essentiellement à l’Ukraine de capituler sur tous les fronts: territorial, militaire, linguistique et géopolitique. C’est une demande de reddition déguisée en proposition de paix.
Appelons les choses par leur nom. Ce que Poutine propose n’est pas un accord de paix. C’est une capitulation. Il veut garder tout ce qu’il a volé, plus ce qu’il n’a pas encore réussi à prendre. Il veut qu’on reconnaisse ses conquêtes comme légitimes. Il veut affaiblir l’armée ukrainienne pour qu’elle ne puisse jamais se défendre à nouveau. Il veut imposer la langue russe. Il veut empêcher l’Ukraine de rejoindre l’OTAN. En gros, il veut transformer l’Ukraine en État vassal. Et on nous demande de considérer ça comme une base de négociation raisonnable. On nous demande de trouver un « compromis » entre l’agression et la défense, entre l’envahisseur et l’envahi. Comme si les deux positions étaient moralement équivalentes. Elles ne le sont pas. Elles ne le seront jamais.

Les garanties de sécurité : un enjeu crucial
L’alternative à l’OTAN
Zelensky a déclaré qu’un accord sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine avait été atteint. Trump s’est montré légèrement plus prudent, affirmant qu’ils étaient à 95% du chemin vers un tel accord et qu’il s’attendait à ce que les pays européens « prennent en charge une grande partie » de cet effort avec le soutien américain. Le président français Emmanuel Macron, dans un message sur X après la réunion, a déclaré que des progrès avaient été réalisés sur les garanties de sécurité et que les pays de la « coalition des volontaires » se réuniraient à Paris début janvier pour finaliser leurs « contributions concrètes ». Cette question des garanties de sécurité est absolument centrale. Sans elles, tout accord de paix ne serait qu’un répit temporaire avant une nouvelle agression russe.
Zelensky a déclaré précédemment qu’il espérait adoucir une proposition américaine selon laquelle les forces ukrainiennes se retireraient complètement du Donbas, une demande russe qui signifierait céder certains territoires détenus par les forces ukrainiennes. Alors que Moscou insiste pour obtenir tout le Donbas, Kyiv veut que la carte soit gelée aux lignes de bataille actuelles. Trump et Zelensky ont tous deux déclaré après la réunion que l’avenir du Donbas n’avait pas été réglé, bien que le président américain ait dit que les discussions « allaient dans la bonne direction ». Les États-Unis, cherchant un compromis, ont proposé une zone économique franche si l’Ukraine quitte la zone, bien qu’il reste flou comment cette zone fonctionnerait en termes pratiques. « C’est non résolu, mais ça se rapproche beaucoup. C’est une question très difficile », a déclaré Trump.

Le rôle de l’Europe
Les deux dirigeants n’ont pas non plus fourni beaucoup d’informations sur les accords qu’ils avaient conclus concernant la fourniture de sécurité à l’Ukraine après la fin de la guerre, quelque chose que Zelensky a décrit comme « l’étape clé pour parvenir à une paix durable ». Zelensky a déclaré que tout accord de paix devrait être approuvé par le parlement ukrainien ou par référendum. Trump a dit qu’il serait prêt à parler au parlement si cela permettait de conclure l’accord. Des chefs d’État européens ont rejoint au moins une partie de la réunion de dimanche par téléphone. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré sur X que « l’Europe est prête à continuer de travailler avec l’Ukraine et nos partenaires américains », ajoutant que des garanties de sécurité solides seraient d’une importance « primordiale ».
Un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que les dirigeants européens « ont souligné l’importance de garanties de sécurité robustes et réaffirmé l’urgence de mettre fin à cette guerre barbare dès que possible ». Cette implication européenne est cruciale. Les États-Unis sous Trump ont montré qu’ils pouvaient être un partenaire imprévisible. L’Europe doit donc intensifier ses efforts pour garantir la sécurité de l’Ukraine à long terme. Mais la question demeure: ces garanties seront-elles suffisamment fortes pour dissuader une future agression russe? Ou ne seront-elles que des promesses creuses qui s’évaporeront à la première crise? L’histoire récente ne nous incite pas à l’optimisme. En 1994, l’Ukraine avait renoncé à son arsenal nucléaire en échange de garanties de sécurité dans le Mémorandum de Budapest. On voit ce que ces garanties valent aujourd’hui.
Les garanties de sécurité. Des mots. Des promesses. Du papier. L’Ukraine a déjà eu des garanties de sécurité. Elles n’ont servi à rien quand les tanks russes ont franchi la frontière. Alors pourquoi cette fois serait-elle différente? Parce que Trump le dit? Parce que l’Europe promet de s’impliquer? Pardonnez mon scepticisme, mais j’ai du mal à y croire. Les garanties de sécurité ne valent que ce que valent ceux qui les donnent. Et l’histoire nous a montré que quand les intérêts nationaux entrent en jeu, les promesses s’envolent. L’Ukraine le sait mieux que quiconque. Elle a appris cette leçon dans le sang et les larmes. Alors oui, négocions des garanties de sécurité. Mais ne nous faisons pas d’illusions sur leur valeur réelle.

La centrale nucléaire de Zaporizhzhia : une bombe à retardement
Un enjeu stratégique et humanitaire
Les négociateurs américains ont également proposé un contrôle partagé de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia. Des réparations de lignes électriques avaient commencé là-bas après un autre cessez-le-feu local négocié par l’Agence internationale de l’énergie atomique, a annoncé l’agence dimanche. Les négociateurs, a déclaré Trump, avaient fait des progrès pour décider du sort de la centrale, qui pourrait « redémarrer presque immédiatement ». Le président américain a déclaré que « c’est un grand pas » que la Russie n’ait pas bombardé l’installation. Cette centrale est la plus grande d’Europe et son sort est devenu l’un des symboles les plus inquiétants de cette guerre. Depuis que les forces russes l’ont capturée en mars 2022, elle est devenue une source constante d’inquiétude pour la communauté internationale.
La centrale a été régulièrement bombardée, chaque camp accusant l’autre d’être responsable des tirs. L’AIEA a maintenu une présence permanente sur le site pour surveiller la situation et tenter de prévenir une catastrophe nucléaire. Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a effectué plusieurs visites sur place et a averti à plusieurs reprises que la situation était extrêmement dangereuse. La proposition de contrôle partagé soulève de nombreuses questions pratiques. Comment fonctionnerait exactement un tel arrangement? Qui prendrait les décisions opérationnelles quotidiennes? Que se passerait-il en cas de désaccord entre les parties? Et surtout, comment garantir la sécurité de l’installation dans un contexte où les combats pourraient reprendre à tout moment? Ces questions n’ont pas encore trouvé de réponses claires.

Le précédent de Tchernobyl
L’Ukraine connaît trop bien les dangers d’une catastrophe nucléaire. La catastrophe de Tchernobyl en 1986 reste gravée dans la mémoire collective du pays. Les conséquences de cet accident se font encore sentir aujourd’hui, près de quarante ans plus tard. Une zone d’exclusion de 2600 kilomètres carrés entoure toujours le site. Des milliers de personnes ont été exposées à des radiations. Les effets sur la santé se transmettent de génération en génération. L’idée qu’une nouvelle catastrophe nucléaire pourrait se produire sur le sol ukrainien est insupportable. Pourtant, c’est exactement le risque que fait courir la situation actuelle à Zaporizhzhia. Chaque jour qui passe sans résolution augmente la probabilité d’un accident, qu’il soit causé par des bombardements, une erreur humaine ou une défaillance technique.
La communauté internationale a une responsabilité particulière dans ce dossier. Une catastrophe nucléaire à Zaporizhzhia ne se limiterait pas à l’Ukraine. Les retombées radioactives ne connaissent pas de frontières. Elles affecteraient toute l’Europe, voire au-delà selon les conditions météorologiques. C’est pourquoi la question de Zaporizhzhia dépasse largement le cadre du conflit russo-ukrainien. C’est une menace existentielle pour toute la région. Le fait que Trump félicite Poutine de ne pas avoir bombardé la centrale montre à quel point la situation est devenue absurde. On en est réduit à espérer que les belligérants feront preuve d’un minimum de bon sens pour éviter une catastrophe qui pourrait affecter des millions de personnes. C’est une bien maigre consolation.
Zaporizhzhia. Un nom qui devrait nous glacer le sang. Une centrale nucléaire au milieu d’une zone de guerre. Des réacteurs qui pourraient exploser à tout moment. Et on nous dit que c’est un « grand pas » que la Russie ne la bombarde pas. Vous vous rendez compte de la folie de cette situation? On en est là. On remercie un pays de ne pas provoquer une catastrophe nucléaire qui pourrait tuer des millions de personnes. C’est notre nouveau standard. C’est ce qu’on appelle maintenant du progrès. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer. Probablement les deux. Cette centrale est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes. Et pendant qu’on négocie, pendant qu’on discute de contrôle partagé et de zones démilitarisées, le danger reste entier. Chaque jour qui passe est un jour de trop.

La relation Trump-Zelensky : un équilibre précaire
Des débuts catastrophiques
Depuis leur première rencontre désastreuse en février 2025, chaque entrevue entre Trump et Zelensky durant le second mandat de Trump a été scrutée de près pour déceler son ton et sa teneur. Aucune de leurs discussions ultérieures n’a dégénéré en une telle acrimonie, bien que certaines aient été décrites comme difficiles en coulisses. En accueillant Zelensky dans son domaine de Palm Beach, Trump a offert des louanges. « Ce gentleman a travaillé très dur, et il est très courageux, et son peuple est très courageux », a déclaré Trump. Zelensky a commencé et conclu ses remarques en remerciant Trump, ce qui est notable étant donné que le président américain et le vice-président JD Vance l’avaient réprimandé en février pour ne pas être assez reconnaissant envers les dirigeants américains pour leur rôle dans la médiation.
Trump a utilisé Mar-a-Lago par le passé pour cultiver des relations plus personnelles avec ses homologues mondiaux, notamment le dirigeant chinois Xi Jinping et le défunt Premier ministre japonais Shinzo Abe. Bien que cela ne semblait pas être le but exprès de la réunion de dimanche – Zelensky est venu à Palm Beach parce que Trump y passe les vacances – le cadre offrait néanmoins une toile de fond moins formelle que le Bureau ovale ou la salle du Cabinet de la Maison Blanche. « Il est entré, il a dit: ‘Cet endroit est magnifique' », a raconté Trump à propos de Zelensky à la fin de la réunion. « Je ne pense pas qu’il veuille retourner à la Maison Blanche ». Cette boutade de Trump, typique de son style, cache une réalité plus sombre. Zelensky n’a pas vraiment le choix de l’endroit où il rencontre Trump. Il doit aller là où le président américain le convoque.

Le poids de la dépendance
La relation asymétrique entre les États-Unis et l’Ukraine place Zelensky dans une position extrêmement difficile. L’Ukraine dépend du soutien militaire, financier et diplomatique américain pour sa survie. Sans les armes, les renseignements et l’aide économique fournis par Washington, l’Ukraine aurait probablement déjà succombé à l’invasion russe. Cette dépendance donne à Trump un pouvoir de négociation considérable. Il peut se permettre d’être capricieux, de changer d’avis, de faire des demandes déraisonnables. Zelensky, lui, doit sourire et acquiescer, même quand Trump fait l’éloge de Poutine. Il doit remercier, même quand l’aide américaine arrive au compte-gouttes. Il doit être reconnaissant, même quand on lui demande de sacrifier le territoire de son pays.
Cette dynamique est profondément injuste, mais c’est la réalité de la géopolitique. Les petits pays dépendent des grands. Les pays en guerre dépendent de leurs alliés. Et cette dépendance crée un déséquilibre de pouvoir qui peut être exploité. Trump l’a bien compris. Il utilise le levier de l’aide américaine pour pousser Zelensky vers des concessions que ce dernier ne ferait probablement pas autrement. C’est une forme de chantage diplomatique, même si personne ne l’appelle ainsi. Les rencontres passées entre Trump et Zelensky ont montré à quel point cette relation peut être volatile. En octobre 2025, après avoir parlé à Poutine, Trump avait refusé de fournir à l’Ukraine des missiles à longue portée. Cette décision avait été un coup dur pour Kyiv, qui comptait sur ces armes pour frapper des cibles en profondeur sur le territoire russe.
Imaginez devoir sourire devant quelqu’un qui tient votre destin entre ses mains. Quelqu’un qui peut décider, d’un coup de fil, de vous abandonner. Quelqu’un qui flirte avec votre ennemi mortel. C’est la position de Zelensky. C’est son calvaire quotidien. Il doit jouer le jeu, faire bonne figure, rester poli et reconnaissant. Parce qu’il n’a pas le choix. Son pays brûle. Son peuple meurt. Et il dépend de la bonne volonté d’un homme imprévisible qui pourrait changer d’avis à tout moment. C’est une position intenable. C’est une humiliation constante. Mais c’est la réalité de la guerre moderne. Les victimes doivent supplier leurs sauveurs. Et parfois, ces sauveurs font l’éloge de leurs bourreaux.

Les réactions internationales : entre espoir et scepticisme
L’Europe en première ligne
Les réactions internationales à la rencontre de Mar-a-Lago ont été mitigées. L’Union européenne et plusieurs pays européens ont exprimé leur soutien aux efforts de paix tout en insistant sur la nécessité de garanties de sécurité solides pour l’Ukraine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’Europe était « prête à continuer de travailler avec l’Ukraine et nos partenaires américains ». Le président français Emmanuel Macron a annoncé qu’une réunion de la « coalition des volontaires » se tiendrait à Paris début janvier pour finaliser les contributions concrètes aux garanties de sécurité. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a souligné « l’importance de garanties de sécurité robustes » et « l’urgence de mettre fin à cette guerre barbare dès que possible ».
Ces déclarations européennes reflètent une préoccupation croissante quant au rôle de l’Europe dans la sécurité du continent. Avec un président américain imprévisible et une Russie agressive, l’Europe réalise qu’elle doit prendre ses responsabilités. Mais la question demeure: l’Europe a-t-elle la volonté politique et les moyens militaires de garantir effectivement la sécurité de l’Ukraine? Les pays européens sont divisés sur cette question. Certains, comme la Pologne et les États baltes, sont prêts à s’engager fortement. D’autres, comme la Hongrie, maintiennent des liens étroits avec la Russie. Cette division affaiblit la capacité de l’Europe à parler d’une seule voix et à agir de manière décisive. Le Canada a également exprimé son soutien. Le Premier ministre Mark Carney, lors d’une rencontre avec Zelensky à Halifax samedi, a annoncé une aide économique supplémentaire pour aider l’Ukraine à se reconstruire.

Le silence assourdissant de certains
Ce qui est également frappant, c’est le silence de certains acteurs internationaux. La Chine, qui se présente souvent comme un médiateur potentiel, n’a fait aucun commentaire public sur la rencontre. Les pays du Sud global, qui ont souvent adopté une position neutre dans ce conflit, sont restés silencieux. Ce silence n’est pas anodin. Il reflète une réalité géopolitique complexe où de nombreux pays préfèrent ne pas prendre position, soit par calcul stratégique, soit par manque d’intérêt réel pour le sort de l’Ukraine. Cette indifférence internationale est l’un des aspects les plus déprimants de cette guerre. Pendant que l’Ukraine se bat pour sa survie, une grande partie du monde regarde ailleurs, préoccupée par ses propres intérêts.
Les organisations internationales comme l’ONU ont également été largement inefficaces. Le Conseil de sécurité est paralysé par le veto russe. L’Assemblée générale peut adopter des résolutions, mais elles n’ont aucune force contraignante. Le secrétaire général António Guterres a appelé à plusieurs reprises à la paix, mais ses appels sont restés lettre morte. Cette impuissance des institutions internationales soulève des questions fondamentales sur l’ordre mondial actuel. Si le système international ne peut pas empêcher ou arrêter une guerre d’agression flagrante, à quoi sert-il? Si le droit international peut être violé impunément par une grande puissance, quelle est sa valeur? Ces questions dépassent largement le cadre du conflit ukrainien. Elles touchent aux fondements mêmes de l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale.
Le monde regarde. Le monde commente. Le monde exprime ses préoccupations. Mais au final, que fait vraiment le monde? Pas grand-chose. Oh, il y a des déclarations. Des communiqués. Des réunions. Mais des actions concrètes? Des engagements fermes? Pas vraiment. L’Ukraine se bat seule, ou presque. Quelques alliés fidèles l’aident, c’est vrai. Mais la majorité de la communauté internationale préfère rester en retrait, observer de loin, ne pas trop s’impliquer. C’est plus confortable ainsi. On peut se donner bonne conscience avec quelques mots de soutien sans vraiment prendre de risques. C’est la lâcheté institutionnalisée. C’est l’indifférence déguisée en neutralité. Et pendant ce temps, des gens meurent.

Les enjeux économiques : reconstruire sur des ruines
Le coût astronomique de la guerre
Au-delà des questions territoriales et sécuritaires, la dimension économique de tout accord de paix est cruciale. La reconstruction de l’Ukraine nécessitera des centaines de milliards de dollars. La Banque mondiale estime que les dommages directs causés par la guerre dépassent déjà 400 milliards de dollars, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Les infrastructures ont été massivement détruites: routes, ponts, centrales électriques, hôpitaux, écoles, logements. Des villes entières comme Marioupol ont été réduites en cendres. Le tissu économique du pays a été déchiré. Des millions de personnes ont fui, privant l’Ukraine d’une partie de sa main-d’œuvre. Les entreprises ont fermé ou délocalisé. L’agriculture, pourtant un pilier de l’économie ukrainienne, a été gravement perturbée.
Trump a mentionné que Poutine s’était engagé à aider à reconstruire l’Ukraine, notamment en fournissant de l’énergie bon marché. Cette promesse soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Comment peut-on faire confiance à celui qui a détruit pour reconstruire? Comment l’Ukraine pourrait-elle accepter de dépendre économiquement de la Russie après tout ce qui s’est passé? Et surtout, cette promesse n’est-elle pas un moyen pour Moscou de maintenir son influence sur l’Ukraine même après la fin des combats? La reconstruction ne peut pas être un cheval de Troie permettant à la Russie de contrôler l’Ukraine par d’autres moyens. L’Union européenne et les États-Unis devront jouer un rôle majeur dans le financement de la reconstruction, mais les montants nécessaires sont colossaux et les budgets nationaux sont déjà sous pression.

La question des réparations
Une question fondamentale se pose: qui doit payer pour la reconstruction? Selon le droit international, l’agresseur doit payer des réparations à la victime. La Russie devrait donc théoriquement financer la reconstruction de l’Ukraine. Mais comment forcer Moscou à payer? Les avoirs russes gelés en Occident représentent environ 300 milliards de dollars. Certains proposent de les utiliser pour financer la reconstruction. Mais cette option soulève des questions juridiques complexes et pourrait créer un précédent dangereux. D’autres suggèrent d’imposer des sanctions économiques à la Russie jusqu’à ce qu’elle paie. Mais les sanctions n’ont pas réussi à arrêter la guerre, pourquoi réussiraient-elles à forcer le paiement de réparations?
La réalité est probablement que l’Ukraine ne recevra jamais de réparations complètes de la Russie. Ce sera aux alliés occidentaux de l’Ukraine de financer la majeure partie de la reconstruction. C’est injuste, mais c’est la réalité pragmatique. Cette situation crée une autre forme de dépendance pour l’Ukraine. Après avoir dépendu de l’aide militaire occidentale pour survivre à la guerre, elle dépendra de l’aide économique occidentale pour se reconstruire. Cette dépendance prolongée pourrait avoir des implications politiques importantes. Les pays donateurs voudront avoir leur mot à dire sur la manière dont l’argent est dépensé, sur les réformes à entreprendre, sur l’orientation politique du pays. L’Ukraine risque de perdre une partie de sa souveraineté économique au moment même où elle tente de préserver sa souveraineté territoriale.
Reconstruire. Un mot si simple, si plein d’espoir. Mais derrière ce mot se cache une réalité brutale. Comment reconstruire quand tout a été détruit? Comment reconstruire quand on n’a pas d’argent? Comment reconstruire quand celui qui a tout détruit promet de vous aider? C’est absurde. C’est obscène. C’est comme si un pyromane proposait de reconstruire la maison qu’il a incendiée. Et on devrait le remercier? On devrait accepter son aide? Non. Mille fois non. La Russie doit payer. Pas avec des promesses. Pas avec de l’énergie bon marché qui ne serait qu’une nouvelle chaîne. Mais avec de l’argent réel. Des réparations réelles. Une reconnaissance réelle de sa responsabilité. Sinon, ce n’est pas la paix. C’est juste une pause avant la prochaine agression.

L'opinion publique : entre lassitude et détermination
La fatigue de la guerre en Occident
Un facteur souvent négligé dans les analyses géopolitiques est l’opinion publique. En Occident, après près de quatre ans de guerre, une certaine lassitude s’installe. Les images de destruction, les récits de souffrance, les appels à l’aide se succèdent sans que la fin semble en vue. Cette fatigue se traduit par une baisse du soutien à l’aide militaire et financière à l’Ukraine dans certains pays. Aux États-Unis, les sondages montrent que le soutien à l’Ukraine reste majoritaire, mais qu’il s’érode lentement. Une partie de l’opinion publique américaine estime que les États-Unis en font déjà assez et que l’Europe devrait prendre le relais. En Europe, la situation varie selon les pays. Les pays d’Europe de l’Est, qui se sentent directement menacés par la Russie, maintiennent un soutien fort à l’Ukraine. Mais dans certains pays d’Europe occidentale, les voix s’élèvent pour demander une réduction de l’aide ou une pression accrue sur l’Ukraine pour qu’elle accepte un compromis.
Cette évolution de l’opinion publique n’échappe pas aux dirigeants politiques. Trump, en particulier, est très sensible aux sondages et à l’humeur de son électorat. Sa volonté de conclure rapidement un accord de paix, même au prix de concessions ukrainiennes importantes, reflète en partie cette pression de l’opinion publique américaine. Le risque est que cette lassitude occidentale soit exploitée par la Russie. Moscou peut se permettre de jouer la montre, sachant que le temps joue en sa faveur. Plus la guerre dure, plus le soutien occidental s’érode, plus l’Ukraine sera isolée et forcée d’accepter des conditions défavorables. C’est une stratégie cynique mais potentiellement efficace. Poutine parie que l’Occident se lassera avant la Russie. Et il pourrait avoir raison.

La résilience ukrainienne
En contraste frappant avec la lassitude occidentale, le peuple ukrainien fait preuve d’une résilience remarquable. Malgré près de quatre ans de guerre, malgré les bombardements quotidiens, malgré les privations et les souffrances, la détermination ukrainienne ne faiblit pas. Les sondages en Ukraine montrent que la majorité de la population refuse toute concession territoriale majeure à la Russie. Les Ukrainiens sont prêts à continuer le combat plutôt que d’accepter une paix qu’ils considéreraient comme une capitulation. Cette détermination est à la fois admirable et tragique. Admirable parce qu’elle témoigne du courage et de la fierté d’un peuple qui refuse de se soumettre. Tragique parce qu’elle signifie que la guerre pourrait continuer longtemps encore, avec son cortège de morts et de destructions.
Le décalage entre l’opinion publique ukrainienne et les pressions internationales pour un compromis rapide crée une tension politique majeure pour Zelensky. Il doit naviguer entre les exigences de ses alliés occidentaux, qui veulent une solution rapide, et les attentes de son propre peuple, qui refuse les concessions majeures. C’est un exercice d’équilibriste périlleux. S’il cède trop aux pressions occidentales, il risque de perdre le soutien de sa population. S’il reste trop ferme, il risque de perdre le soutien de ses alliés. Cette situation explique en partie pourquoi Zelensky a récemment fait preuve d’une certaine flexibilité, proposant notamment de soumettre tout accord de paix à un référendum. C’est une manière de partager la responsabilité de décisions difficiles avec le peuple ukrainien.
La lassitude. Ce mot me hante. Nous sommes fatigués de cette guerre. Fatigués des images de destruction. Fatigués des appels à l’aide. Fatigués de payer pour soutenir l’Ukraine. Nous voulons que ça s’arrête. Nous voulons passer à autre chose. C’est humain, je suppose. Mais c’est aussi profondément égoïste. Parce que pendant que nous sommes fatigués de regarder la guerre à la télévision, les Ukrainiens sont fatigués de la vivre. Fatigués de courir aux abris. Fatigués d’enterrer leurs morts. Fatigués de reconstruire ce qui est détruit le lendemain. Leur fatigue n’est pas la nôtre. Leur souffrance n’est pas la nôtre. Et pourtant, c’est notre lassitude qui pourrait décider de leur sort. C’est notre impatience qui pourrait les forcer à accepter l’inacceptable. Cette pensée me révolte.

Les scénarios possibles : entre espoir et catastrophe
Le scénario optimiste
Dans le meilleur des cas, les négociations aboutiraient à un accord de paix durable qui préserverait l’essentiel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Cet accord inclurait des garanties de sécurité solides, peut-être sous la forme d’un engagement de l’OTAN ou d’une coalition de pays volontaires à défendre l’Ukraine en cas de nouvelle agression. La reconstruction commencerait rapidement, financée par un mélange d’aide occidentale et de réparations russes. L’Ukraine pourrait alors se concentrer sur sa reconstruction économique et politique, sur son intégration européenne, sur la guérison des traumatismes de la guerre. La Russie, de son côté, pourrait progressivement réintégrer la communauté internationale si elle respecte les termes de l’accord. Ce scénario optimiste n’est pas impossible, mais il nécessiterait une convergence de volontés politiques qui semble actuellement absente.
Pour que ce scénario se réalise, plusieurs conditions devraient être remplies. Premièrement, Poutine devrait accepter de renoncer à ses ambitions maximalistes et se contenter de gains territoriaux limités. Deuxièmement, l’Occident devrait s’engager fermement et durablement à garantir la sécurité de l’Ukraine. Troisièmement, l’Ukraine devrait accepter certains compromis douloureux tout en préservant son indépendance et sa souveraineté. Quatrièmement, la communauté internationale devrait mobiliser les ressources nécessaires pour financer la reconstruction. Chacune de ces conditions est difficile à remplir. Leur réalisation simultanée relève presque du miracle. Mais l’histoire nous a parfois surpris. Des conflits apparemment insolubles ont trouvé des solutions inattendues. Peut-être que cette guerre en fera partie. Peut-être.

Le scénario pessimiste
Dans le pire des cas, les négociations échoueraient et la guerre continuerait indéfiniment. La Russie poursuivrait son avancée lente mais constante, grignotant progressivement le territoire ukrainien. Le soutien occidental s’éroderait avec le temps, laissant l’Ukraine de plus en plus isolée. Les pertes humaines et matérielles continueraient de s’accumuler des deux côtés. L’Ukraine pourrait finalement être forcée d’accepter une capitulation déguisée, cédant de vastes territoires à la Russie et renonçant à ses ambitions européennes et atlantiques. Ce scénario catastrophique n’est malheureusement pas improbable. Il correspond à la logique d’usure que Poutine semble avoir adoptée. Si la Russie peut tenir plus longtemps que l’Occident, elle finira par gagner, même au prix de pertes énormes.
Un autre scénario pessimiste serait une escalade du conflit. Si les négociations échouent et que l’une des parties se sent acculée, elle pourrait être tentée de franchir de nouvelles lignes rouges. L’utilisation d’armes nucléaires tactiques par la Russie, bien qu’improbable, ne peut être totalement exclue. Une intervention directe de l’OTAN, déclenchée par exemple par une attaque russe contre un pays membre, pourrait transformer le conflit régional en guerre mondiale. Ces scénarios d’escalade sont terrifiants, mais ils doivent être pris au sérieux. L’histoire nous enseigne que les guerres ont souvent une logique propre qui échappe au contrôle des acteurs. Ce qui commence comme un conflit limité peut dégénérer en catastrophe globale. La Première Guerre mondiale en est l’exemple le plus tragique.

Le scénario du statu quo
Entre l’optimisme et le pessimisme, il existe un troisième scénario: le statu quo prolongé. Dans ce cas, un cessez-le-feu serait conclu, gelant les lignes de front actuelles, mais sans accord de paix formel. La situation ressemblerait à celle de la Corée, où un armistice a mis fin aux combats en 1953 mais où techniquement la guerre n’est jamais terminée. L’Ukraine resterait divisée, avec une partie sous contrôle russe et une partie indépendante. Cette situation pourrait durer des décennies. Ce scénario du statu quo présente des avantages et des inconvénients. L’avantage principal est qu’il mettrait fin aux combats actifs et permettrait de sauver des vies. L’inconvénient majeur est qu’il ne résoudrait rien fondamentalement. Les tensions resteraient vives. Le risque de reprise des hostilités serait constant. L’Ukraine resterait dans un état de guerre froide permanent avec la Russie.
Ce scénario est peut-être le plus probable à court terme. Ni la Russie ni l’Ukraine ne semblent prêtes aux concessions nécessaires pour un accord de paix complet. Mais les deux parties pourraient accepter un cessez-le-feu qui leur permettrait de souffler, de se réorganiser, de se préparer à la suite. Pour l’Ukraine, ce serait l’occasion de reconstruire, de renforcer ses défenses, de consolider son intégration européenne. Pour la Russie, ce serait l’occasion de digérer ses gains territoriaux, de reconstituer ses forces, de préparer peut-être une nouvelle offensive. Ce statu quo ne satisferait personne pleinement, mais il pourrait être le compromis le moins mauvais dans les circonstances actuelles. C’est une perspective déprimante, mais peut-être réaliste.
Trois scénarios. Trois futurs possibles. Lequel se réalisera? Personne ne le sait. Pas même Trump avec toute sa confiance. Pas même Poutine avec tous ses calculs. Pas même Zelensky avec tout son courage. L’avenir est opaque. Il se dessine dans les salles de négociation, sur les champs de bataille, dans les chancelleries occidentales, dans les rues de Kyiv. Chaque décision compte. Chaque jour compte. Et pendant qu’on spécule sur les scénarios possibles, des gens continuent de mourir. Des familles continuent d’être déchirées. Des vies continuent d’être brisées. C’est ça la réalité de la guerre. Pas les grands discours. Pas les négociations diplomatiques. Mais la souffrance quotidienne de millions de personnes prises au piège d’un conflit qu’elles n’ont pas choisi.

Conclusion : le sourire de Zelensky
Un symbole puissant
Revenons à cette image qui a ouvert notre récit. Trump fait l’éloge de Poutine. Zelensky incline la tête et sourit. Ce moment, capturé par les caméras, restera comme l’un des symboles les plus puissants de cette guerre. Il résume toute l’absurdité, toute la cruauté, toute la complexité de la situation. Ce sourire de Zelensky n’est pas un sourire de joie. C’est un sourire de survie. Un sourire diplomatique. Un sourire qui cache la douleur, la colère, la frustration. C’est le sourire de quelqu’un qui doit jouer un jeu dont il ne contrôle pas les règles. C’est le sourire de quelqu’un qui doit faire bonne figure alors que son pays brûle. C’est le sourire de quelqu’un qui sait que sa survie et celle de son peuple dépendent de sa capacité à naviguer dans les eaux troubles de la diplomatie internationale.
Ce sourire nous interpelle. Il nous force à nous regarder dans le miroir. Que faisons-nous, nous, spectateurs lointains de cette tragédie? Nous regardons. Nous commentons. Nous exprimons notre sympathie. Mais faisons-nous vraiment tout ce que nous pourrions faire? Soutenons-nous l’Ukraine avec la détermination qu’exige la situation? Ou nous contentons-nous de gestes symboliques qui nous permettent de nous sentir bien sans vraiment changer la donne? La rencontre de Mar-a-Lago n’a pas produit de percée spectaculaire. Les négociations continueront. Les combats aussi, probablement. L’avenir reste incertain. Mais une chose est sûre: le sourire de Zelensky restera gravé dans nos mémoires comme le symbole d’une époque où les victimes devaient sourire pendant qu’on négociait leur sort.
Ce sourire me hante. Il me poursuit. Il me questionne. Que ferais-je à la place de Zelensky? Pourrais-je sourire pendant que quelqu’un fait l’éloge de mon bourreau? Pourrais-je rester calme et diplomatique alors que mon pays est en flammes? Je ne sais pas. Personne ne le sait vraiment tant qu’on n’est pas confronté à une telle situation. Mais ce que je sais, c’est que ce sourire est un acte de courage extraordinaire. C’est un acte de résistance silencieuse. C’est un refus de donner à ses adversaires la satisfaction de le voir craquer. Zelensky sourit, mais derrière ce sourire, il y a une volonté de fer. Une détermination inébranlable. Un refus de se soumettre. Ce sourire est un défi. Un défi à Poutine. Un défi à Trump. Un défi au monde entier qui regarde sans vraiment agir. Et ce défi, nous devons l’entendre.

L’urgence d’agir
Le temps presse. Chaque jour qui passe sans solution voit de nouvelles victimes tomber. Chaque semaine qui s’écoule voit de nouvelles destructions s’ajouter au bilan déjà catastrophique. Chaque mois qui passe voit l’espoir s’éroder un peu plus. Trump a dit que dans quelques semaines, on saura si un accord est possible. Quelques semaines. C’est à la fois très court et terriblement long. Court pour résoudre un conflit aussi complexe. Long pour ceux qui vivent sous les bombes. La communauté internationale doit intensifier ses efforts. Les États-Unis doivent maintenir leur soutien à l’Ukraine tout en poussant pour une solution négociée équitable. L’Europe doit assumer ses responsabilités et se préparer à jouer un rôle majeur dans les garanties de sécurité et la reconstruction. La Russie doit comprendre qu’elle ne peut pas gagner cette guerre par la force et qu’un compromis est dans son intérêt à long terme.
Mais au-delà des gouvernements et des diplomates, c’est à nous tous, citoyens du monde, de maintenir la pression. Nous ne devons pas laisser l’Ukraine tomber dans l’oubli. Nous ne devons pas accepter que la lassitude l’emporte sur la justice. Nous ne devons pas permettre que la force prime sur le droit. L’histoire nous jugera sur notre réaction à cette crise. Dirons-nous à nos enfants que nous avons tout fait pour aider l’Ukraine? Ou devrons-nous admettre que nous nous sommes lassés, que nous avons détourné le regard, que nous avons laissé faire? Le sourire de Zelensky est un appel. Un appel à ne pas abandonner. Un appel à rester vigilants. Un appel à continuer le combat pour la justice et la liberté. Entendrons-nous cet appel? L’avenir le dira. Mais une chose est certaine: nous n’avons pas le droit de rester indifférents. Pas maintenant. Pas alors que tant est en jeu.
Je repense à ce sourire. Encore et encore. Il me poursuit dans mes pensées. Il m’empêche de dormir tranquille. Parce que ce sourire, c’est nous. C’est notre époque. C’est notre échec collectif. Nous avons construit un ordre international censé empêcher ce genre de tragédie. Et pourtant, elle se déroule sous nos yeux. Nous avons des institutions, des traités, des lois. Et pourtant, ils sont impuissants face à la brutalité de la force. Nous avons des valeurs, des principes, des idéaux. Et pourtant, nous les sacrifions sur l’autel de la realpolitik. Le sourire de Zelensky est un miroir tendu à notre conscience. Il nous demande: que valent vraiment nos belles paroles? Que valent nos engagements? Que valons-nous, nous qui regardons sans vraiment agir? Je n’ai pas de réponse. Juste une certitude: ce sourire ne doit pas être vain. Cette souffrance ne doit pas être inutile. Cette guerre doit finir. Et elle doit finir de la bonne manière. Pas par une capitulation déguisée. Pas par un abandon des principes. Mais par une paix juste et durable. C’est le moins que nous devions à Zelensky. C’est le moins que nous devions à l’Ukraine. C’est le moins que nous nous devions à nous-mêmes.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/quand-trump-louait-poutine-zelensky-inclinait-la-t%C3%AAte-et-souriait/ar-AA1Thy0W

Écrit par : Allusion | 30/12/2025

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« Tu as lâché prise hier soir, tu ne souffres plus » : Fabienne Égal, co-animatrice de « Tournez Manège ! », réagit au décès d’Evelyne Leclercq


https://www.sudinfo.be/id1089312/article/2025-12-31/tu-lache-prise-hier-soir-tu-ne-souffres-plus-fabienne-egal-co-animatrice-de

Écrit par : Allusion | 31/12/2025

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Tatiana Schlossberg, journaliste et petite-fille de l’ancien président américain John F. Kennedy, est décédée le 30 décembre 2025 à l’âge de 35 ans, selon plusieurs médias américains. Sa mort a provoqué une forte émotion aux États-Unis, à la fois en raison du poids symbolique de la famille Kennedy dans l’histoire politique du pays et du parcours personnel et professionnel que Tatiana Schlossberg avait construit loin de la politique électorale.
Fille de Caroline Kennedy, ancienne ambassadrice des États-Unis au Japon, Tatiana Schlossberg avait rendu publique en 2024 sa lutte contre une leucémie myéloïde aiguë. Elle expliquait avoir découvert sa maladie après la naissance de son deuxième enfant, en mai 2024, lorsque son médecin avait constaté un déséquilibre préoccupant dans son taux de globules blancs.

« J’ai ajouté une nouvelle tragédie à sa vie »
Contrairement à de nombreuses personnalités publiques qui choisissent la discrétion face à la maladie, Tatiana Schlossberg avait décidé de mettre des mots sur son expérience. Dans un texte largement relayé, elle décrivait avec une grande sobriété la charge émotionnelle du diagnostic, en particulier dans sa relation avec sa mère et sa famille.
« Toute ma vie, j’ai essayé d’être gentille, une bonne élève, une bonne sœur et une bonne fille, et de protéger ma mère et de ne jamais la mettre en colère ou l’inquiéter », écrivait-elle. « Aujourd’hui, j’ai ajouté une nouvelle tragédie à sa vie, à la vie de notre famille, et je ne peux rien faire pour l’arrêter. »
Ces mots ont été lus comme un témoignage rare sur la vulnérabilité individuelle au sein d’une famille historiquement associée à des drames publics, de l’assassinat de John F. Kennedy aux nombreuses pertes qui ont jalonné l’histoire des Kennedy.

Une trajectoire professionnelle indépendante
Diplômée de Yale University, Tatiana Schlossberg avait délibérément choisi une voie éloignée de la politique institutionnelle. Elle s’était spécialisée dans le journalisme environnemental et climatique, un domaine dans lequel elle cherchait à relier données scientifiques, décisions politiques et conséquences sociales concrètes.
Ses articles abordaient les effets du changement climatique sur les communautés, les infrastructures et les choix économiques, avec un souci constant de clarté et de contextualisation. Son approche se distinguait par un refus de l’alarmisme comme de la simplification excessive, dans un champ médiatique souvent polarisé.

Héritage et discrétion
Être la petite-fille de John F. Kennedy et de Jacqueline Kennedy Onassis plaçait Schlossberg sous une attention symbolique constante. Elle entretenait toutefois un rapport mesuré à cet héritage, préférant une forme de service public fondée sur l’information et la pédagogie plutôt que sur l’exposition médiatique.
Sa mort prématurée laisse derrière elle deux enfants et une œuvre journalistique respectée. Plus que son nom, c’est désormais son travail et sa manière d’habiter l’espace public avec retenue qui constituent son principal héritage.

https://www.msn.com/fr-be/actualite/other/mort-de-tatiana-schlossberg-petite-fille-de-jfk-%C3%A0-l-%C3%A2ge-de-35-ans/ar-AA1TkWZi?ocid=msedgntp&pc=EDGEDSE&cvid=695511fa91a04ebfaa68a6a28d8b7ea2&ei=15

Écrit par : Allusion | 31/12/2025

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